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 “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.”

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Idalina Cadena VerduzcoIdalina Cadena Verduzco
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MessageSujet: “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.”   “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.” EmptySam 25 Mai - 4:34

Parfois, tout de même, je me demande ce que je fais à l’endroit où je me trouve. Ancien lieu de culte ! Rien que son nom avait de quoi vous dissuader de vous rendre au rendez-vous auquel vous êtes conviée et ce même si c’est vous qui l’aviez sollicité. Rien que le nom vous renvoie à des pratiques païennes avec transes et sacrifices, humains de préférence même si les superstitions sur les sorciers pouvaient me rendre méfiante quand-aux clichés véhiculés par cette simple expression. D’ailleurs, j’imaginais assez que ce nom avait été donné par les chrétiens en butte aux anciens rites, à diaboliser de préférence. Hélas l'intellectualisation de la chose ne changeait rien à l’appréhension qui montait en moi.

Le jour même, j’avais reçu une réponse à ma demande en direction du dénommé James Finnerty. Pour être honnête, cette réponse, j’avais fini par faire une croix dessus et ne plus vraiment l’attendre. Mon cœur avait donc bondi d’un triomphe d’autant plus démesuré en considérant la petite note nerveusement écrite en script. Je songeai immédiatement au Sergent Pepper qui se cassait les dents à rechercher cette personne. L’avantage de ne pas faire partie des forces de l’ordre ! Au moins on ne menace personne de détraqueurs ou autres joyeusetés du genre. Inutile de préciser que c’est mon enthousiasme qui m’a guidée dès lors et là, à 00h50, je me demande si je n’aurais pas mieux fait de négocier un antre endroit pour ce rendez-vous. Sur le moment j’avais cru que c’était une bonne idée de ne pas faire d’histoire de peur que l’oiseau ne s’envole et ne disparaisse pour de bon.

Je sursautai pour la troisième fois depuis le petit quart d’heure que j’avais pénétré le quartier des profondeurs. Mon cœur bat au moins aussi fort que lorsque j’ai reçu le massage, mais pour bien d’autres raison. Cette fois, c’est la silhouette d’un homme sorti de l’ombre à ma droite avant de disparaître au détour du couloir taillé dans la pierre dans la direction d’où j’arrive. Tout à l’heure une chauve-souris dont je n’avais pas cherché à savoir si elle partait en chasse ou en revenait avait pris un virage sur l’aile autour de ma tête pour entrer dans une anfractuosité qui devait la mener… où elle voulait en fait. Qui a dit que les sorcières étaient familiarisées avec ces bêtes ? A ma décharge, dans la forêt autour de mon école, ce n’était pas de simples pipistrelles qui hantaient les ciels nocturnes mais bel et bien des vampires. Esas bestias ne sont pas aussi inoffensives… Bon, le rat, lui, avait fait rouler dans mon dos une boîte de conserve plus ou moins vide, plus ou moins cabossée…

J’étais à deux doigts de rebrousser chemin mais le souvenir des railleries de mes camarades de Castelobruxo qui me faisaient bien sentir que j’étais une fille à papa élevée dans du coton, suffit à me remettre sur le droit chemin. Droit, enfin, si tant est que les méandres des galeries humides que j’arpentais-là étaient droites. En plus ce n’est pas comme si je m’étais jetée tête baissée dans un traquenard sans prendre de précaution. Déjà, pas très ancienne sur l’île, je n’avais pas encore eu l’occasion, l’opportunité ou peut être le cran ou tout ça à la fois, de me rendre dans ce coin.

Lorsque qu’il avait fallu se demander où se trouvait l’ancien lieu de culte, je m’étais heurtée aux regards incrédules ou réprobateurs avant de finalement être guidée vers le quartier des profondeurs avec moultes mise-en-garde sur les différents secteurs dont certains étaient paraissait-il, mal fréquentés. Le coin n’était pas sûr, un peu en marge de la ville, on y rencontrait des gens louches. Mais tout cela ne semblait être fait que pour aiguiser ma curiosité, sans doute rassurée par le soleil d’août qui brillait et réchauffait la surface du monde. J’avais donc décidé de faire une petite reconnaissance pendant que la journée m’en laissait encore le loisir.

L’endroit était des plus pittoresques et j’avais pris le temps d’observer les activités des gens qui le fréquentaient. C’était ma foi, assez varié. Des boutiques creusées à même la roche aux ouvriers qui semblaient prolonger les excavations, les gens pouvaient tout aussi bien avoir des allures de dandy ou de truands, on y trouvait même à l’occasion de petits groupes qui avaient tout de touristes attirés par la réputation interlope des lieux. Les allées souterraines étaient relativement bien éclairées et lorsque l’éclairage artificiel se faisait plus chiche, c’était le signal que les endroits étaient moins bien fréquentés. Mon but en tête j’avais laissé une exploration plus poussée de ce quartier en me promettant d’y revenir plus tard. Les gens s’y montraient moins souriants et croiser les regards relevait de la gageure. Certains semblaient bugger sur ma petite personne. Il faut dire que je n’avais pas pris le temps de réfléchir à une tenue adéquate et mon allure de vacancière estivale dénotait. En outre les douze degrés qui régnaient là comme il se doit sous terre me donnait la chair de poule aussi sûrement que l’ambiance elle-même. J’étais d’ordinaire plus réfléchie que ça, mais je m’étais laissé entraîner par mon enthousiasme, mon impatience aussi et le peu de délai qui s’offrait à moi avant la rencontre tant attendue. C’était aussi le moment de faire attention au sol et où je mettais les pieds encore chaussés de talons qui s’accommodaient très mal de l’inégalité du sol qui passait en même temps du béton, ou tout au moins de revêtements lisses, à la sensation de me trouver dans une carrière. Les odeurs de salpêtre et de moisissure, d’humidité et parfois de pourriture prenait le dessus alors que je m’éloignais des galeries les plus fréquentés dominées, elles, par un mélange d’hydrocarbure et de transpiration.

J’étais cependant arrivée sans trop de problème à l’ancien lieu de culte comme chacun se plaisait à le nommer. Une fois qu’on manque de se fouler deux ou trois fois la cheville on devient plus circonspecte. Evidemment, il avait fallu descendre d’un bon niveau, peut être plusieurs. Outre une belle volée de marche à la rampe rouillée et patinée par les mains des explorateurs qui avait laissé sur la mienne une odeur de fer, les galeries étaient parfois en pentes insidieuse et je ne suis pas très sûre de la profondeur que j’avais atteinte. L’endroit n’était pas aussi accueillant que le premier niveau mais j’étais assez fière de l’avoir déniché sans trop de problème.

Je pris donc soin de l’explorer un peu. A l'extrémité du Quartier des Profondeurs, il était précédé d’une zone de pierre fraîchement fracturée où n’avait pas encore eu le temps de s’installer le salpêtre, ce qui confirmait le peu de renseignements que j’avais obtenus sur cet endroit. Niché dans une grotte naturelle, il contrastait avec les tailles rectilignes et fonctionnelle de la plupart des autres secteurs du quartier. C’est d’ailleurs pour ça sans doute que j’avais failli passer à côté. Dépourvu d’éclairage j’avais dû sortir ma baguette pour un Lumos rassurant qui me révélèrent alors diverses inscriptions partiellement effacées sur les parois. J’avais sorti mon carnet et les avais reproduites. il aurait été dommage de ne pas profiter de l’occasion pour s’instruire un peu. Evidemment je n’avais pas pu éviter de laisser tomber mon bloc-notes et l’avais ramassé maculée de terre humide. Caraï! J’étais complètement ridicule !

L’endroit était plein de recoins où se cacher et j’arrivais assez bien à imaginer les raisons du choix de ce lieu de rendez-vous. D’ailleurs il me vit à l’idée de camper là bien avant l’heure fixée histoire de ne pas me faire prendre de court, mais cela aurait fatalement indiqué un manque de confiance de ma part à l’égard de James Finnerty et ç’aurait été un bien mauvais départ, même si le rôle d’assassin ou en tout cas de personne prête à toute extrémité que mes contacts précédents m’avait dépeint aurait pu justifier ce genre de précautions.

Heureusement à presque une heure du matin je m‘étais un peu mieux préparé, je veux dire matériellement. Baskets et ensemble jogging-sweat noirs pour la température et le confort des mouvements en plus de tirer parti de l’obscurité, complété par un petit sac à dos de même couleur contenant bien sûr mon nécessaire de prise de note comme à l’accoutumé mais aussi une torche électrique au cas où la magie me ferait défaut, on ne sait jamais.

D’un point de vue psychologique par contre, les choses étaient moins évidentes. Déjà dans les niveaux et les secteurs fréquentables, les choses avaient bien changé, preuve que même sous terre les rythmes nycthéméraux influaient sur les activités humaines. Les rideaux de fer étaient abaissés et les l’activités générales avait bien diminué. Les gens qui restaient semblaient devoir passer la nuit sous terre ou se hâtaient vers la surface. Même le l’éclairage était devenu plus chiche et le demi silence qui régnait-là ne rassurait pas vraiment sur l’ambiance qui régnerait plus bas… Et pour le coup, je ne suis pas déçue, enfin si l’on peut dire. Me voilà plongée dans l’atmosphère d’un mauvais film. Juste assez éclairage pour indiquer que la galerie continue plus loin mais pas assez pour y voir correctement et puis ma parano qui monte en moi et déforme toutes mes perceptions ! Génial ! Impossible d’être certaine de la direction d’où viennent les quelques sons espacés et difficilement identifiables ! Une goutte d’eau qui tombe dans une flaque ou un pas derrière moi ? Une onde qui vient de la surface ou un truc qui roule derrière l’encoignure de l’allée ? Et là ? J’ai pas rêvé ! J’ai comme envie d'interpeller la silhouette que qui a disparu à l’angle là-bas. Vous ne l’avez pas vu, Mais si! Et puis je me ravise : juste l’ombre déformée par le relief des murs d’une enseigne sur pied. Une enseigne ? Là ? Même pas, enfin si mais utilisée comme paravent par un pauvre hère afin de passer la nuit à même le sol. Atlantis a beau être une belle utopie d’harmonie entre moldus et sorciers, elle ne résout pas pour autant les problèmes sociaux. Je m’arrêterais bien pour le questionner et démarrer un papier là-dessus mais ce soir j’ai d’autres chats à fouetter et j’avoue que l’angoisse qui monte en moi ne m’incite pas plus que cela à l’aborder.

Je reconnais maintenant le dernier tronçon qui va me mener à mon lieu de rendez-vous. Il est temps que je sorte ma torche électrique et ma baguette, une dans chaque main. Je regarde ma montre et réajuste mon petit sac sur mes épaules. 00h 56. En cet instant tout ce que je me suis préparé comme scénario s’envole de mon esprit. La réalité du terrain s’impose à moi et surtout, je sens que si je n’arrive pas à me calmer, je vais perdre le peu de lucidité qu’il me reste. Je respire lentement et profondément et regarde mes mains qui arrête petit à petit de trembler. Je me demande de plus en plus ce que je suis venue faire ici, mais ce n’est plus le moment ni pur cette question ni de reculer. Arriver sans précaution particulière pour montrer la confiance que j’ai en mon contact ? Raser les murs et me fondre dans l’obscurité parce que je ne suis tout de même pas naïve au point de penser que le type que je ne connais ni d’Eve ni d’Adam ne peut pas me vouloir le moindre mal. Les demies solutions ne sont pas mon genre. Je sais qu’elles n’atteignent aucun des buts recherchés. J’opte alors pour la prudence, ma torche restera éteinte en tout cas pour le moment et je garde ma baguette prête. Bien sûr je ne vois presque rien, mais je ne suis pas en retard et j’ai donc la possibilité d’assurer chacun des mes pas et la paroi contre laquelle j’évolue m’offre un soutien appréciable. Je progresse donc lentement en espérant que personne n’entend mon cœur qui cogne dans mes oreilles. Finalement j’arrive le mur qui semble fuir brusquement sur ma droite m’indique je suis arrivée dans le grande excavation. Je m’arrête et tend l’oreille, mes yeux tentant de scruter l’obscurité.

“Hominum Revelio”

Sort lancé en pure perte. Apparemment je suis seule. Je me décide à pénétrer plus profondément dans la caverne. Tout est silencieux. Dans quel traquenard me suis-je fourrée ?! Il n’est plus question de finasser, mais bien de se lancer définitivement à l’eau.

“Lumos.”

Je protège le bout de ma baguette de la main en coupole autour pour en atténuer l’éclat. Je m’attends à tout et surtout au pire. Par Merlin ! Si j’obtiens un article digne de ce nom, je l’aurai bien mérité ! Rien. Un rocher dans un renfoncement me paraît faire un bon poste d’attente. Prudemment je me dirige vers lui et m’appuis de la main sur lui. Il est humide mais pas tant que ça… Je soupire. Pas envie d’avoir les fesses trempées et le jogging collé. Et bien c’est debout que j’attendrai. 00h59. Face à l’obscurité je sais que cette dernière minute sera interminable. Je me fais l’effet d’une chèvre attachée à son piquet au milieu de la clairière et qui sent le tigre arriver et ne peut s’enfuir. J’enrage d’admettre que mon contact a toutes les cartes en main et que je ne suis maîtresse de rien. Seul avantage c’est que cette sourde colère fait baisser mon angoisse. Je me crispe un peu sur ma baguette ; Son contact me rassure et pas question de me faire désarmer comme une débutante ! Le sang qui bat à mes tempes égrène les secondes ; Je n’en peux plus de toute cette tension.
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MessageSujet: Re: “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.”   “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.” EmptySam 1 Juin - 19:43

Lorsqu’il avait reçu la lettre de la part de la journaliste, son sang n’avait qu’un tour. Comment avait-elle fait pour remonter jusqu’à lui ? Il avait tout fait pour que même les autorités ne puissent ne remonter jusqu’à lui. A moins que ce ne soit Léandre qui ne l’ait donné au Bureau des Aurors ? Non, Léandre n’aurait jamais fait ça. Ils étaient amis d’une part, et ils ne se jetteraient pas sous le bus comme ça l’un l’autre, peu importe ce qu’ils découvraient sur l’autre. Ils avaient toujours été comme ça, à se défendre l’un l’autre quoi qu’il n’arrive. Un lien indélébile était écrit entre eux, que ce soit par leurs aventures en trio à Poudlard avec Emilia, ou leurs de aventures au Bureau des Aurors. Et quoiqu’il arrivait, ils avaient leur accord. Depuis qu’ils s’étaient croisés à cet entretien que Léandre avait demandé avec MiM. Léandre gardait secret le fait que Matt soit toujours vivant, tandis que ce dernier ne disait à personne les liens que Léandre avait tissé avec le groupuscule, tout en respectant leur accord passé ce jour-là. Bref, cela ne pouvait être Léandre.

Il ne se souvenait pas avoir donné son nom à l’entrée de l’exposition, mais après tout ce qu’il s’était passé ce jour-là, ses souvenirs n’étaient plus aussi clairs qu’il ne l’aurait souhaité. Il avait appris à ce que son esprit soit clair en période stressante. Et il se souvenait de nombre de détails qu’il avait pu voir, apercevoir ou même percevoir lorsqu’ils étaient tous coincés dans la grotte qui accueillait l’exposition. Peut-être son esprit avait fait abstraction de ce qu’il s’était passé auparavant. Il se souvenait déjà n’avoir que peu prêté attention au discours de la doyenne de l’UPA, alors les détails administratifs, vous vous doutez bien de ce qu’il s’en souvenait. Tout ce dont il se souvenait, c’est qu’il avait échappé in-extremis aux autorités en taclant Ella pour transplaner et ensuite récupérer sa baguette après des négociations échouées. Il ne savait comment la journaliste avait eu son nom, mais nul doute que si elle avait mis la main dessus, il en était de même pour les autorités. Et cela signifiait qu’il était recherché, ce qui n’était pas bon signe dans son milieu. Heureusement qu’il s’était toujours débrouillé pour que James Finnerty soit une ombre, une personnalité difficile à saisir, à dénicher. Même pour ses lettres, il ne les relevait jamais lui-même, au cas où les autorités chercheraient à le coincer ainsi. Il connaissait nombre de méthodes mises en place par le Bureau pour suivre et observer leurs cibles, alors il avait bien évidemment réfléchi aux moyens à mettre en place pour les contourner. Cela l’avait toujours énervé lorsqu’il était en poste de devoir suivre scrupuleusement les procédures. Il savait que cela permettait d’éviter les vices de procédure et de devoir relâcher les criminels, mais certaines procédures étaient tellement prévisibles et dépassées qu’elles étaient faciles à contourner, même pour les criminels ne les connaissant pas.

Il s’était renseigné sur la journaliste l’ayant contacté avant de lui répondre. Il n’avait jamais entendu son nom, et pour une bonne raison : elle n’écrivait pas pour un journal britannique. Le Capoira bavard ne faisait pas parti de ses lectures. Et il ne savait absolument rien d’elle, et ça, c’était un sacré désavantage pour lui. Elle avait su remonter jusqu’à lui, mais lui ne savait pas qui elle était. Il ne savait pas qu’elles étaient ses valeurs, ses contacts, sa famille, ses amis. Il n’avait aucune idée de qui elle était. Mais cette inégalité ne serait pas gardée pour très longtemps. D’autant plus qu’il ne savait pas s’il pouvait lui faire confiance. Il planait toujours le risque qu’elle collabore avec les forces de l’ordre pour le coincer. Il ne pouvait prendre aucun risque. Il ne pouvait se mettre de reprendre contact - notamment en se faisant capturé – avec les autorités maintenant. C’était pour cette raison précise qu’il s’était enfui comme il l’avait pu lorsque les portes de l’exposition furent descellées. Ainsi avait-il répondu à la journaliste par une simple note en lui donnant rendez-vous à l’ancien lieu de culte, seule. Et il avait insisté sur le fait qu’elle devait venir seule. La note ne laissait absolument aucun indice sur lui, sur qui il était, ou sur où il se trouvait, ou même d’où venait la note. Il n’avait plus qu’à s’assurer qu’elle serait seule, et qu’elle ne représentait pas une menace.

Le quartier des profondeurs étant plus fréquenté en journée que la nuit, il avait éliminé la possibilité de repérer qui elle était si elle venait faire un repérage – et très probablement viendrait-elle en faire un selon lui, car il doutait qu’elle ne connaisse bien ce quartier de la ville. Il se tiendrait prêt lorsqu’elle arriverait dans le quartier. Il n’y avait rien d’autre à espérer ou préparer.

Il avait donc passé la journée à se reposer, comme à son habitude en fait, vivant ou effectuant ses missions principalement la nuit. Il s’était habillé dans une tenue permettant une grande amplitude de mouvement, tout en étant suffisamment chaude pour l’heure tardive, et ce même s’ils étaient presque en été. Bien entendu, cette tenue était noire, afin de se fondre dans l’ombre, ce qu’il était, ce qu’il se devait d’être. Il n’avait rien d’autre sur lui que sa baguette, et son carnet de note personnel, toujours prêt à noter la moindre information de valeur qui pouvait lui tomber sous la main. Il avait également pris une cagoule en soie noire qui ne présentait une longue ouverture horizontale au niveau des yeux et une ouverture au niveau de la bouche. Il faisait cela pour rester le plus discret possible, même aux lueurs des torches éparpillées le long des tunnels à même la roche du quartier. Il l’avait régulièrement sur lui mais ne la portait pas forcément. Mais cette nuit, il ne pouvait laisser aucun détail au hasard. Pas avec les risques qui planaient au-dessus de lui.
Il était tôt à l’entrée du quartier des profondeurs. Il était tapi dans l’ombre, observant les quelques personnes qui partaient du quartier pour rejoindre la surface et des coins plus fréquentables. Très peu étaient les personnes qui pénétraient dans le quartier. Aucune d’elle n’avait la silhouette d’une femme, ni n’avait de comportement si assuré qu’il ne semblait être à sa place. A ses yeux, il ne s’agissait que de personnes masculines habituées des profondeurs de la ville. Il espérait ne pas se tromper, et ainsi surveillait régulièrement sa montre pour être sûr de ne pas louper le rendez-vous qu’il avait fixé à la journaliste du Capoira bavard. Et il ne se détrompa pas. Il repéra une personne dont la démarche n’était pas des plus assurées. Il avait des doutes sur le fait que cela soit bel et bien la jeune femme qu’il devait rencontrer, mais il se mit tout de même à la suivre. Il gardait une distance certaine afin de ne pas être repéré, même si son pied devait taper contre une boîte de conserve au sol qu’il n’aurait vu. Bien qu’ayant l’habitude d’une telle obscurité, ses yeux ne pouvaient tout voir avec aussi peu de lumière. Il pensait à investir, quand il en aurait les moyens et l’occasion, dans des lunettes de vision nocturne. Ayant grandi dans un foyer mixte, il avait appris à allier le meilleur de la magie et de la technologie. Et cela n’avait pas changé.

Les quelques torches apposées le long de la paroi lui permettaient de garder un œil sur la silhouette qu’il filait. S’il ne s’était pas trompé et qu’il s’agissait véritablement de la journaliste, elle ne semblait effectivement pas accompagnée même s’il ne fallait douter de rien. Il veillait également à sa sécurité. La personne qu’il suivait se dirigeait effectivement vers l’ancien lieu de culte, et il voulait s’assurer de la sécurité de la journaliste, si tant est que ce soit elle. En effet, il ne voulait pas qu’il lui arrive quoi que ce soit en ces bas lieux alors que c’était lui qui lui avait fixé rendez-vous ici-bas. Il travaillait pour des monstres mais ne croyez pas un instant qu’il en était un. Ses méthodes n’étaient pas toujours conventionnelles, notamment depuis qu’il avait quitté le service et qu’il se faisait passer pour mort, mais son objectif n’avait pas changé : il travaillait toujours à assurer au maximum la sécurité de ses concitoyens et de la société en général. Et il avait bien fait de ne pas arriver en avance au rendez-vous et d’être resté en retrait, étant donné le sortilège qu’elle venait de lancer pour révéler la présence potentielle d’un être humain. Le Lumos qu’elle lança ensuite lui permit de mieux suivre ses déplacements et de savoir où elle se trouvait exactement malgré l’obscurité gênante. Il surveilla une dernière fois sa montre, s’assurant qu’il était bien l’heure du rendez-vous. A une heure du matin tapante, il pointa sa baguette vers la position où se trouvait la personne qu’il avait suivie et s’exclama :

- Expelliarmus !

Son ton était assuré bien qu’il avait veillé à ce que sa voix ne porte pas trop pour ne pas attirer l’attention sur eux. Il s’avança à pas légers vers la personne à qui il venait de subtiliser la baguette. L’obscurité se faisait plus forte depuis que le Lumos n’était plus actif. Comme un loup dans sa tanière, il se déplaçait en terrain connu sans émettre le moindre son. Ayant gardé une distance actuellement suffisante pour ce qu’il voulait savoir et garantir, il demanda d’une voix toujours aussi assurée et parfaitement compréhensible bien que basse :

- Vous êtes la journaliste du Capoira bavard, n’est-ce pas ? Êtes-vous venue seule ? Comment avez-vous eu mon nom ? Et par qui ?

Des questions simples mais dont chacune des réponses était d’une importance capitale pour lui.
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MessageSujet: Re: “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.”   “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.” EmptyDim 2 Juin - 13:32

Préparez-vous à toutes les éventualités et mêmes à ce qui vous arrive en réalité et tout ça pour rien. Parfois je me fais l’effet d’être aussi cruche que mes “gentilles” camarades de Castelbruxo! Et ce n’est pas... J’arrête avec ça. Ce n’est pas parce que je n’ai gardé que peu de contacts avec elles que je dois les dénigrer comme ça. Disons juste que nous ne sommes pas quittées dans les meilleurs termes. Et les garçons ? Les garçons, c’est un autre sujet et pour le moment j’en attendais un des plus mystérieux. Déjà, il était repéré comme quelqu’un qui semblait avoir sorti tout le groupe impliqué dans la fameuse inauguration de l’exposition Maclean mais aussi identifié comme un possible assassin. D’ordure à héros et vice versa, il n’y a souvent qu’un pas ou un décalage de point de vue que la justice se devait de trancher mais qui était parfois loin de l’équité. La presse se faisait souvent commentatrice des différentes décisions des tribunaux, même si pour ma part j’estimais souvent que mon travail s’arrêtait en amont.

Voilà les directions dans lesquelles vagabondait mon esprit. Je ne sais pas si c’était pour me débarrasser des angoisses qui montaient en moi ou par pure distraction d’un cerveau qui n’estime pas être suffisamment en danger. Pourtant, j’avais l’impression d’être absolument concentrée sur l’obscurité de la grotte et sur les sons qui me parvenaient. La preuve c’est que je sursautais à chaque goutte qui tombait dans une flaque sans doute non loin de là sur ma droite. A force j’avais même tenté de compter l'intervalle de temps entre chaque plic, pour arrêter de tressaillir bêtement. C’est peut-être la raison qui m’a empêché de l’entendre approcher. Este bastardo devait être entraîné aux approches discrète car je n’entendis pas un souffle, pas un frôlement, pas même le bruit d’une semelle, l’effet peut être d’un surdinam?

Ce qu’il y avait de certain c’est que je ne parvenais pas à savoir si j’avais entendu l’incantation avant de sentir ma baguette m’échapper ou l’inverse. Je me souvenais de mes doigts qui tentaient de retenir cette partie de moi dont on oublie trop souvent l’importance mais dont on se sent orpheline dès qu’elle nous échappe. Je tentai d’étouffer un gémissement de dépit. Je n’avais pas à me plaindre et de toute façon l’heure était plus à assumer ses erreurs que des se lamenter et de faire piètre figure devant son… Son quoi. Un instant je me demandai à qui j’avais affaire. Un sorcier certes, mais cela pouvait très bien être quelqu’un d’autre que mon rendez-vous du jour. Si c’était le cas je me maudissais encore plus de pas avoir pensé à cette éventualité. Pas la peine de renseigner sur les lieux si ce n’est pas pour tenir compte des avertissements de ceux qui vous indiquent que l’endroit pas n’est pas si bien fréquenté que cela. Je serrai les mâchoires de rage contre ma stupidité décidément à son comble ce soir!

*Tu te crois très maligne parfois, pero eres estupidissima!*

La seule éventuelle bonne nouvelle était que mon contact pourrait me venir en aide… Je n’y croyais pas trop. James Finnerty ne semblait pas aimer se trouver mêlé à trop d’histoires et pouvait très bien penser que la deuxième personne m’accompagnait et là ce serait le comble mais il avait toute légitimité de penser que je l’avais trahi et pfioutt! envolé le témoin et mon espoir d’article. Cette dernière pensée fit monter ma rage d’un cran supplémentaire mettant la peur que suscitait en ma nouvelle situation. Et ma baguette, ma toute belle ! Je revoyais encore l’air étonné du facteur de ce petit objet si mignon. Crin de sombral ? Pour un bout de chou comme moi ? Une baguette de guerrière partait-il. Je n’ai pas du tout la mentalité d’une guerrière, mais c’est surement ma baguette qui m’a permis de faire comme si lors des quelques reprises où je me suis laissée entraînée dans les clubs de duels. Ma baguette mais aussi un peu de fourberie je dois bien l’admettre, fourberie qui me faisait défaut ce soir tout ça parce que c’est moi qui attendais quelque chose de mon contact et non l’inverse et que j’avais dû laisser de côté les coups fourrés. Même en cet instant je me devais de me montrer franche et coopérante sous peine de voir tous mes efforts envolés. Ceci dit, j’aimais encore assez jouer des rôles et si c’était celui d’une nunuche, pourquoi pas ? A la guerre comme à la guerre ! Mais je n’eus pas le temps d’en penser plus que le nouvel arrivant me harcelait de questions. A sa voix ce n’était pas une fille c’était sûr. Je pose suffisamment de question et reçois suffisamment de réponses à côté pour savoir comment satisfaire les gens sans en dire trop jusqu’au moment où j’en saurai un peu plus.

Je pris une voix un peu craintive pour répondre tout en tentant de faire le point sur ce que je savais maintenant. Il faisait référence à mon statut de journaliste et à mon journal et cela plaidait pour que ce soit la personne que j'attendais qui venait de me désarmer, même si je ne pouvais exclure qu’il ait envoyé quelqu’un à sa place, mais pour quelqu’un qui se voulait discret, impliquer une autre personne augmentait d’autant la possibilité d’être trahi. Je décidai d’opter pour la première hypothèse. Bonne nouvelle, il était là et c’était déjà une bonne chose. Mauvaise nouvelle, c’était quelqu’un d'entraîné. Ma baguette n’était pas tombée à terre cela signifiait qu’il était assez aguerri pour qu’elle rejoigne directement sa main. Le fait que je ne l’aie pas entendu arriver renforçait cette impression. Assassin entraîné ! Dans quel guêpier je m’étais fourrée ! En même temps, un assassin se risquerait-il à une rencontre avec une journaliste qui viendrait peut-être mal accompagnée ? A moins de ne pas être aussi amoral que cela ou de craindre que je sache quelque chose de crucial et là, re-mauvaise nouvelle ! Si c’était vraiment les cas no llégaria à vieja! Je fronçai le nez malgré moi de crainte car ses questions allaient bien dans ce sens. Il me fallait donc le rassurer et ce n’était pas en lui répondant que c’était le Sergent Pepper qui m’avait donné une liste que j’y arriverais.

“Oui c’est bien moi ?”

Ma voix avait résonné comme je le voulais assez claire pour être comprise et assez craintive pour le rassurer en partie sur la fille ingénue et naïve que j’étais. Je tentais de scruter l’obscurité en direction de la voix, même s’il avait dû changer de place s’il était aussi entraîné que je ne le pensais. Même moi j’y avais pensé…

“ Je suis seule comme vous l’avez demandé. Vous voulez voir ma carte ? Elle est dans mon sac…”

Voilà une première preuve de bonne foi sans avoir répondre à toutes ses questions et dévoiler mes sources, immédiatement en tout cas.

“Il fait sombre et je ne me sens pas très… et j’ai fait tout ce que vous m’avez demandé…”

Garder une voix hésitante n’était pas bien compliqué étant donné la situation dans laquelle je me trouvais et les pensées qui m’avaient traversées. S’il s’était agi d’incarner un bravache, les choses auraient sans doute été plus compliquées.

“En plus vous avez ma baguette…”

Ce que j’allais dire était une vraie sottise mais c’était supposé sortir d’une cervelle de Troll et en conséquence, endormir sa méfiance à mon égard.

“Vous ne voudriez pas me la rendre s’il vous plait ?”

Quelle cruche pouvait penser que le type qui venait de la désarmer allait lui rendre sa baguette dans la seconde ? Je tentais en même temps de meubler le silence qui je dois l’avouer ne me rassurait pas le moins du monde, surtout lorsque la bavarde que je pouvais être ne savait pas dans quelle direction adresser son propos. Je me demandais qu’elle tête je faisais mais avec un peu de chance, personne ne la voyait. Sans doute le genre de tête qu’on fait quand on n’a rien révisé pour ses ASPIC et qu’on se retrouve en face du plus revêche des examinateurs une acromentula au-dessus de sa tête.

“Je suis contente que vous soyez venu…”


Je me raclai la gorge chasser de mon esprit, le malaise provoqué par la situation et me convaincre q'effectivement, j'étais contente.

“ Je peux comprendre votre méfiance mais je suis quelqu’un de réglo…”


Je ne m’attendais pas du tout à parler toute seul à l’obscurité et je me sentais de plus en plus mal et de plus en plus à la merci de James Finnerty. De plus en plus il était clair que j’avais sous-estimé les risques de cette rencontre, comme si mon métier de journaliste me protégeait de la malveillance des assassins ! Pourtant, comble de la naïveté qui s’acharne, je ne parvenais pas à me dire que celui avait accepté de me rencontrer n’était qu’un vulgaire assassin. C’était le genre d’inconscience qui me permettait de faire des trucs dangereux alors que je ne suis pas des plus aguerries ni des plus courageuses, juste téméraire je crois. C’est ce qui arrive lorsqu’on croit qu’on doit prouver à la terre entière que même petite bourgeoise gâtée, se puede tener pelotas

“Vous pensez vraiment que je puisse vous causer du tort ? ”
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MessageSujet: Re: “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.”   “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.” EmptyDim 2 Juin - 18:08

On ne pouvait jamais être trop sûr de ce qui allait se produire, même avec la divination. Et cette matière n’ayant jamais été le fort de Matt, il avait toujours planifié en avance ses actions, ses opérations. Et ce soir ne faisait pas exception. Il avait voulu la rencontrer en terrain connu pour avoir l’avantage, notamment face au risque qu’elle ne vienne pas seule. Après tout, il était recherché par les forces de l’ordre, si ce n’est pour l’exposition MacLean, pour ses activités quotidiennes pour MiM. Ses activités n’étaient pas celles d’un enfant de chœur, il fallait l’avouer. C’était pour cela qu’il l’avait attendue à l’entrée du quartier des profondeurs, tapi dans l’ombre, et qu’il l’avait suivie, toujours caché dans l’ombre. Il avait été entraîné à cela et il y était d’autant plus aguerri aujourd’hui de par ses activités. Et cela lui donnait un véritable sentiment de contrôle de la situation, ce dont il avait absolument besoin. Il ne savait qui était cette journaliste ni de Morgane, ni de Merlin, et il n’avait pas l’intention de se faire avoir comme un débutant. Pas comme elle venait de le faire en se faisant désarmer sans la moindre difficulté pour lui. Il ne pouvait être sûr qu’elle n’ait pas d’arme moldue, notamment une arme à feu, mais il s’était déjà rendu maître de la situation à ses yeux. Les sorcières et les sorciers se retrouvaient en situation de stress dès lors qu’il n’avait plus leur baguette. Cet être de bois les complétait, les rassurait, et ils étaient vite perdus sans ce complément. Il comptait bien là-dessus pour continuer d’imposer ses conditions. Il n’était pas foncièrement mauvais, contrairement à nombre d’occupants du quartier en ces heures avancées de la nuit, mais il savait obtenir les informations qu’il souhaitait. Et là, la journaliste devait commencer à paniquer, au point qu’elle lui révèlerait tout ce qu’il voudrait, il l’espérait.

Elle confirma son identité. Toutefois, elle ne répondit pas à ces autres questions, celles qui importaient le plus pour lui. Il restait muet, tapi dans l’ombre, un prédateur surveillant sa proie. Il avait montré ce dont il était capable. Et l’intonation qu’elle avait dans sa voix laissait effectivement présager qu’elle avait peur de lui. Peut-être faussait-elle ce ton, mais la situation le laissait penser qu’elle était sincère dans son inquiétude, même si elle pouvait l’accentuer. Il ne put retenir un sourire de se dessiner sur ses lèvres lorsqu’elle demanda naïvement s’il pouvait lui rendre le petit bout de bois qu’il venait de lui subtiliser. Bien sûr, il ne répondit pas à cette question, comme autres phrases de la jeune femme. Il n’allait pas réintroduire un risque qu’il venait de supprimer.

Les dernières phrases qu’elle prononça l’intéressèrent beaucoup plus. Elle commençait à parler de cette rencontre. Elle se disait contente qu’il soit venu. Qu’elle était naïve ! Pour ce qu’elle devait savoir, il était un tueur aguerri, et elle était tout de même contente de le voir. Il n’en revenait pas de l’insouciance dont elle pouvait faire preuve. Elle avait de la chance qu’il ne soit pas réellement celui qu’il prétendait être. Elle disait comprendre sa méfiance, mais c’est elle qui aurait du l’être davantage. Certes il aurait été moins disposé à répondre à ses questions s’il n’avait pas eu la certitude d’être en bonne position comme il l’était actuellement, mais il serait tout de même plus rassuré à l’idée qu’elle soit moins insouciante et ne prenne pas de tel risque. Il ne la connaissait pas, mais il ne pouvait s’empêcher de se soucier d’elle, c’était comme ça, il n’y pouvait rien. Ce n’était pas pour rien qu’il était rentré au Bureau des Aurors. Elle assurait être réglo, mais quelle assurance avait-il de cela ? Comment pouvait-il lui faire confiance ? Non, il ne le pouvait pas, pas comme ça. Mais ce fut sa dernière question qui le fit réellement tiquer. Quel tort pouvait-elle lui causer ? Tous les torts ! Selon ce qu’elle racontait dans son article, les regards pourraient se tourner vers lui bien plus qu’il ne le souhaiterait. Et ça, ça lui causerait de grands torts, bien plus qu’elle ne pouvait l’imaginer. Il en perdrait la vie très certainement, MiM ne pouvant se permettre une telle exposition. Il avait énormément à perdre, et il devait donc savoir ce qu’elle avait l’intention de publier dans son article.

Il ne prononçait toujours aucun mot, il restait silencieux. Il coinça la baguette de la sorcière au niveau de sa ceinture, puis s’approcha d’elle d’un pas déterminé. Lorsqu’il sentit sa présence se faire proche, il posa sa main sur son épaule et, aussitôt, entama un transplanage. Le doute qu’elle fusse accompagnée n’était plus, mais ils auraient bien plus l’occasion de parler dans un coin plus tranquille. Et il avait déjà préparé ce lieu. Il avait le contrôle et il le garderait. Sa main gauche sur l’épaule droite de la jeune femme, il les transplana dans une grotte dans les montagnes de l’île qu’il avait repérée et aménagée pour l’occasion. Il y avait une torche et deux fauteuils. A leur arrivée, il fit un geste sec de sa baguette pour allumer la torche et permettre à la journaliste de savoir où ils se trouvaient. Il lui dit « Asseyez-vous là » en montrant le fauteuil le plus proche de la torche. Tandis qu’il alla lui-même s’asseoir dans le fauteuil placé dans la pénombre. Ainsi, elle avait suffisamment de luminosité pour pouvoir écrire dans ce qu’elle avait certainement apporté pour prendre des notes, tandis que lui conserverait son apparence secrète. Tout ce qu’elle pouvait voir grâce à la luminosité de la torche était ses jambes, jusqu’au niveau de ses genoux. Il reprit la parole.

- Vous n’avez absolument rien à craindre. Je sais que mes méthodes ne sont pas des plus rassurantes, mais j’espère que vous comprendrez que je suis obligé de prendre de telles précautions étant donné les circonstances. Et je vous rendrai votre baguette à la fin de notre entretien. Je vous remercie d’avoir suivi mes instructions et d’être venue seule.

Il marqua une pause. Il voulait lui laisser le temps d’encaisser ce qu’il venait de se passer et ce qu’il venait de lui dire, ainsi que de s’habituer à ce nouvel environnement. Il reprit.

- Vous pouvez sortir de quoi prendre des notes si vous le souhaitez. Mais je préfère vous prévenir d’avance. Je suis quelqu’un de réglo aussi, et je m’assurerai que vous ne risquerez rien jusqu’à rentrer chez vous après notre entrevue. En revanche, je vais avoir besoin de savoir comment vous avez obtenu mon nom. Vous comprendrez que, si les autorités me recherchent, j’ai besoin de le savoir, pour ma vie.

Il espérait qu’elle lâcherait cette information, cruciale s’il en était pour lui. Il comprenait qu’elle devait protéger ses sources, mais c’était une question de réciprocité. Il acceptait de faire toute la lumière sur cette affaire, mais il risquait grand lui dans tout ça.
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MessageSujet: Re: “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.”   “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.” EmptyLun 3 Juin - 16:38

Je n’avais pas fini de me reprocher cette sortie. Et les mêmes questions tournaient sans arrêt dans ma tête depuis que j’avais perdu ma baguette. Mais qu’est-ce que j’étais venue faire dans cette grotte ? Moi que l’on disait cynique, comment avais-je fait pour me faire surprendre à ce point ? Pourquoi avais-je accepté cette rencontre dans ces conditions, ici et à cette heure ? Pourquoi n’avais-je pas pris plus de précautions ? Isolée dans le noir la rage grondait en moi et tenait compagnie à l’angoisse qui m’étreignait, renforcée par le silence et l’obscurité. J’avais beau justifier mon attitude par la nécessité de cette rencontre pour poursuivre mon enquête et le besoin de donner des gages sans lesquels cette rencontre ne pourrait avoir lieu, je ne parvenais pas à me pardonner ma naïveté. Je n’arrivais pas non plus à voir de côté positif à cette expérience. Il était trop tôt pour cela et ce ne serait possible qu’une fois cette aventure terminée si jamais j’étais encore capable de tirer quelque leçon que ce soit après. Le plus grand pessimisme envahissait petit à petit mon humeur. Et pour cause ! J’étais en pleine tempête, seule, désarmée dans le noir sans moyen de me défendre ou de fuir et pire, sans désir de fuir pour ne pas compromettre l’entrevue que j’avais appelée de mes vœux depuis les derniers jours. J’étais tout bonnement devenue stupide à mes yeux et j’avais du mal à le supporter, moi qui avais d’ordinaire une image plutôt positive de ma petite personne. L’homme avait bien manigancé et réussi son coup et je lui en voulais pour ça en même temps que je ne pouvais lui reprocher de s’assurer que je ne lui causerais pas de tort.

Je me sentais à la merci de toutes les émotions qui me traversaient et la meilleure chose que j’avais à faire pour le moment était de les discipliner de de me concentrer sur l’urgence de rester en vie en même temps que je ne compromettrai pas cette rencontre. Je n’avais pas envie de choisir entre les deux même si je savais que ce n’était pas très rationnel. Mais après tout, j’étais là pour obtenir son témoignage je n’allais pas tirer ma révérence sans avoir obtenu quoi que ce soit !

Maintenant je n’avais plus qu’à boire le calice jusqu’à la lie en espérant pouvoir tirer mon épingle du jeu. Le truc était de savoir à qui j’étais en train de parler et de savoir à peu près où il se trouvait et de ce côté j’étais dans le noir complet au propre comme au figuré. En plus comme ultime conséquence, je ne pouvais même pas tenter d’évaluer l’effet que ma petite comédie faisait sur lui, histoire d’adapter ma stratégie à ce qu’il aurait pu me laisser à voir ou deviner. Il me fallait donc être assez sûre de moi pour camper sur mon rôle et mon personnage jusqu’au bout. Vous parlez d’une sinécure ! Même en confrontation réelle, et sincère, chacun adapte son discours verbal et corporel aux réactions de son interlocuteur. Lorsque les choses sont un peu plus feintes comme ce soir c’est plus difficile mais là sans contact auditif ou visuel, c’était un drôle d’exercice.

En plus de garder les idées claires je me devais de rester fidèle à ce à l’image que j’avais envie de donner. Heureusement, j’avais retrouvé le souvenir d’une camarade de l’école qui correspondait parfaitement à la nunuche naïve et gentille et prête à s’effondrer au moindre revers. Mina était devenue assez vite le souffre-douleur des fiers à bras de l’école filles ou garçons et je ne savais pas trop ce qu’elle était devenue. Si cela se trouvait, elle avait fini parmi les aurors et je serais surprise de la retrouver en héroïne maîtresse d’elle et de ses actions, pas comme moi depuis les dernières minutes. Toujours est-il qu’elle trouvait son utilité ce soir même si ce n’était pas très flatteur pour elle. Ses yeux attristés et facilement apeurés, ses intonations un peu geignardes ou incrédules me revenaient comme si je venais de la laisser encore victime d’un mauvais tour.

Quant au tour que le type dans le noir me réservait, je ne me sentais pas très à mon aise. Evidemment, s’il était venu pour me tuer, cela fait sans doute longtemps qu’il l’aurait fait à moins de joindre à ses intentions létales un certain goût sadique de contempler ses futures victimes se noyer dans leur angoisse. Cette dernière pensée me rasséréna un peu. S’il voulait m’entendre le supplier, il était mal tombé et sinon j'espérais bien que la véritable confrontation allait débuter d’un instant à l’autre et c’était bien pour cela que j’étais venue non ? Je craignis un instant que ce nouvel espoir ne me détourne de mon rôle mais je repris bien vite mon personnage qui n’était pas vraiment sollicité jusque-là à cause du silence que l’homme semblait s’imposer depuis la rafale de question qui l’avait introduit dans le lieu de culte.

Et puis, tout alla très vite. J’entendis soudain son pas s’approcher, disons s'amplifier mais avec les échos produits par l’acoustique de la grotte j’hésitais sur la direction d’où il semblait venir. Je sentis le contact d’une main solide sur mon épaule et la sensation familière du transplanage, ce mélange de courant d’air, d’impression de désintégration, de légère nausée et de bien être en même temps. Bravo ! C’était le pompon ! Ce mec était vraiment très précautionneux et définitivement je ne lui arrivais pas à la cheville de ce point de vue. Je n’eus qu’à peine le temps de me demander où le sortilège allait nous emmener que déjà nous étions arrivés.

Je ne fus pas accueillie de la façon la plus mondaine qui soit, mais j’étais capable de supporter de ne pas être la reine de la soirée. Les ténèbres furent brusquement déchirées par un éclair de lumière suivi de la danse d’une torche. Le tout me fit papillonner des paupières pour me faire à cette nouvelle clarté.

“Où sommes-nous ?”

Pas difficile de maintenir mon personnage part cette simple question des plus évidentes et si en accord avec Mina et cette nouvelle situation. Je jetais les yeux alentour tandis qu’ils s’accommodaient à la lumière. L’endroit n’était somme toute pas très différent de celui d’où nous venions, une autre grotte, moins humide en apparence que la précédente et munie de quelques éléments de confort qui n’étaient pas pour me déplaire. La lumière de la torche faisait danser les ombres sur les parois de cette nouvelle tanière. Les fauteuils n’étaient pas de toute première jeunesse mais c’était mieux que les rochers couverts d’algues humide. Je ne résistai pas à l’injonction de m’asseoir que je reçus à peine libérée de la poigne ferme mais sans violence qui m’avait entraînée dans le transplanage. En fait je me laissai plus tomber entre les bras râpés du siège plus que je ne pris le temps de m’asseoir avec le peu de dignité qu’il me restait et ce n’était pas simplement par désir de maintenir le personnage de Mina en action. Les transplanage imposé et la tension qui pesait sur mes épaules me laissaient juste assez d’énergie pour garder les idées claires et il était pour l'heure inutile de vouloir manifester une quelconque résistance. D’abord parce que j’étais désarmée et pas assez très physique pour espérer opposer même un semblant d’opposition, ensuite parce que cette nouvelle donne me laissait un peu d’espoir de ne pas être promise à une exécution sommaire et donc d’obtenir ce que j’étais venue chercher. S’il n’y avait que cela pour finir de rassurer James Finnerty je voulais bien le lui accorder. Je tentai de le détailler pour savoir à qui j’avais affaire. Malheureusement je ne vis fugacement que son dos, le dos de quelqu’un d’énergique voire athlétique, en tout cas de ce que sa tenue pouvait me laisser voir. Mais bientôt, il sombra de nouveau dans l’obscurité sans que j’aie pu voir son visage ou d’autres aspects de sa personne qui pourraient m’être utiles. Il avait pris le deuxième fauteuil et je pus apprécier le soin qu’il avait apporté à l’éclairage. Hormis de ses genoux à ses chaussures de sport des plus communes, rien ne paraissait du reste de sa personne, et ce pour ma plus grande frustration. Ce mec était agaçant avec sa façon de tout prévoir et si je ne l’avais pas encore compris, je savais que la partie serait serrée et que j’aurai bien mérité tout ce que je pourrais lui soustraire.

Enfin, pour la première fois il m’adressa des paroles qui laissaient supposer qu’il avait une certaine éducation et conscience des convenances. Je ne savais cependant pas encore trop à quoi m’en tenir et je me contentai de lui adresser un petit sourire craintif attendant de connaître la suite. Cependant ces quelques mots me détendirent quelque peu et je respirai plus librement. C’est fou comme on peut être tendue et ne s’en rendre compte que lorsque les choses rentrent à la normale. Je me raclai la gorge et déglutis avec peine mais cela me fit le plus grands bien. Les choses avaient changé du tout au tout. Il me promettait maintenant un entretien et même de me rendre ma baguette. C’était trop beau pour être vrai et j’attendais de voir les choses se confirmer pour me réjouir vraiment.

A l’autorisation de sortir de quoi prendre des notes, je ne me fis pas prier et sortis sans hâte ni geste brusque mon fidèle carnet et mon crayon graphite ? De toute façon, sans baguette j’en étais réduite à tout écrire à la main sans sortilège d’écriture. Honnêtement issue d’un milieu mixte cela ne me dérangeait en aucune mesure, habituée que j’étais aux pratiques moldues.

*Bon sang ! Un chevalier servant ! Il cache bien son jeu celui-là ! *

En effet, je ne m’attendais pas à ce qu’il se soucie de savoir si je pourrai rentrer chez moi ensuite. Il allait finir par passer pour un vrai gentleman ! Un instant, interdite, je levai les yeux vers lui le visage encore penché vers mon bloc-notes. Je devais avoir l’air le plus incrédule et circonspect qui soit mais je gardai pour l’heure, le silence. Ce revirement d’attitude avait tout de rassurant et en même temps sentait le piège. Je me demandais juste ce qu’il voulait découvrir ainsi. Que je n’étais pas une nunuche apeurée ? Ce n’était pas bien grave mais pour le moment je décidai de maintenir l’illusion si jamais elle tenait toujours. Je tapotais nerveusement la tête de mon crayon contre la page vierge que j’avais réussi à atteindre en faisant défiler fébrilement les feuillets. Les jambes croisées me faisaient un support pour écrire le plus commodément possible, les accoudoirs ne me paraissaient pour ce modèle de fauteuil, les plus appropriés.

Lorsqu’il insista sur la fameuse de question de mes sources, je compris qu’ilk n’était pas décidé à lâcher le morceau et en même temps m’expliquer pourquoi il en avait besoin me laissait une ouverture pour ne pas lui répondre. Si c’était juste pour savoir si la forces de l’ordre le recherchaient, cela pouvait se régler assez facilement et d’ailleurs je ne comprenais pas qu’il en doute encore. En tout cas, j’allais encore une fois tenter de jouer au chat et la souris et on verrait bien s’il se contenterait de ma réponse et si surtout il m’accorderait de protéger mes sources comme je m’étais montrée digne de confiance jusque-là. Je tentai de diriger mes yeux vers l’endroit où j’estimais qu’ils devaient se trouver dans l’obscurité. Je gardai la voie contrite et craintive de Mina en me tortillant un peu sur le fauteuil

“Mais… Savoir si la police vous recherche ? La question est... étonnante. Vous devez le savoir mieux que moi, votre participation aux événements qui nous intéressent est très... controversée. Vous pouvez voir que je suis venue sans la police et que je ne m'intéresse qu’à votre témoignage et aucunement à votre sort judiciaire. En plus…”

Ma voix restait implorante et j’en profitai pour avancer l’idée qui venait de naître dans mon esprit et que je ne résistai pas à lui soumettre puisqu’il était premier concerné.

“... votre nom ne doit pas avoir bien d’importance car vos méthodes me laissent à penser que vous avez l’habitude de vivre caché. Alors est-ce que James Finnerty est votre véritable identité… personnellement je m’en moque. Je cherche juste de l‘aide pour tirer au clair cette affaire…”


Au fur et à mesure que je parvenais à aligner deux mots mon assurance revenait et je m’enhardis.

“Etes-vous disposé à m’aider contre l’assurance que je ne vous dévoilerai pas en tant que source ? S’il vous plait...”

Retourner une question face à une question était une ruse vieille comme le monde, mais qui fonctionnait assez bien. Pas à tous les coups c’était certains mais je ne risquais rien à tenter cette manœuvre. Alliée à ma supplique j’espérais que son côté chevalier servant ferait pencher la balance en ma faveur.
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MessageSujet: Re: “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.”   “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.” EmptyMer 5 Juin - 18:25

Matt avait bien prévu son coup. Il avait mesuré le risque que représentait une telle entrevue. Dans sa tête résonnait la possibilité que ce soit un guet-apens mis en place par les forces de l’ordre, qui cherchent très certainement à lui mettre la main dessus depuis l’exposition. Ce risque était bel et bien réel pour lui et il avait dû se montrer davantage précautionneux après avoir échappé à Ella. Chacun de ses déplacements devait être minutieusement calculé à l’avance, et il s’était lui-même surpris à prêter davantage à son environnement qu’à son habitude. Fort heureusement pour lui, il n’avait pas arboré son véritable look lors de l’exposition, sinon sa vie serait un véritable enfer. Déjà qu’elle était loin d’être un long fleuve tranquille depuis ces derniers mois.

Ainsi, il avait prévu ce piège pour la journaliste. Du moins, ce n’était pas réellement un piège puisqu’il n’avait rien contre la journaliste, il n’avait pas l’intention de lui faire le moindre mal. Certes, ce serait sûrement apeurant pour la journaliste, mais au moins il serait rassuré quant à sa sécurité et sa liberté. Et c’était bien suffisant pour lui. Au moins pour cette partie. Car il se voulait honnête avec elle, pour faire la lumière sur ce qu’il s’était passé ce jour-là. Il y avait tellement de mystère autour de cette exposition, de ce qu’il s’y était déroulé, de tout ce que cela cachait, qu’il espérait que le travail de la journaliste fasse l’effet d’un coup de pied dans la fourmilière. Il comptait sur cela pour l’aider sur ses propres recherches sur le sujet.

Il avait donc repéré et préparé une grotte dans les montagnes de Manadh pour l’occasion. Pas trop humide, pas trop petite pour éviter toute claustrophobie que ce soit, etc. Et elle n’avait pas besoin d’être plus grande pour ce qui était prévu. Il avait installé deux fauteuils ainsi qu’un porte-torche qui, une fois la torche allumée, ne devrait éclairer que ses jambes tout en offrant suffisamment de luminosité à la journaliste pour pouvoir prendre des notes. Et bien entendu tout cela n’était possible que si elle n’avait plus sa baguette, qu’il devra donc lui subtiliser. Cela dit, ce ne devrait pas vraiment être un problème pour lui étant donné son entraînement et l’avantage qu’il avait d’avoir fixé le lieu du rendez-vous à un endroit qu’il connaissait comme sa poche et qui lui permettrait de la désarmer.

Et les voilà dans la grotte, installés dans leur fauteuil respectif. Jusqu’ici tout se passait comme prévu. Lorsqu’elle lui avait demandé où ils se trouvaient, il avait hésité à lui répondre. Il commençait à douter que cela soit une bonne idée, finalement. Il avait l’impression qu’elle était stupide et il n’était pas sûr qu’elle soit à la hauteur de l’article qu’il attendait pour remuer toute cette affaire. Toutefois, il s’agissait d’une question légitime. Il venait de les transplaner et elle était en droit de se demander où ils se trouvaient. Il préféra garder le silence sur cette question et plutôt lui indiquer où elle pouvait s’asseoir et que lui aussi était quelqu’un de réglo, qu’il s’assurerait qu’il ne lui arrive rien jusqu’à ce qu’elle soit rentrée chez elle.

Et la réponse de la journaliste à sa propre interrogation le remit quelque peu à sa place. Il répondit à son tour. « Effectivement, je me doute bien que la police me recherche, ma question est sur le degré de cette recherche. Est-ce que cette recherche est active ou une affaire parmi d’autre ? » Il prêta attention à l’idée qu’elle avançait comme quoi James Finnerty n’était pas son réel nom et qu’il apparaissait comme quelqu’un qui avait l’habitude de vivre caché, de par les méthodes qu’il employait. Effectivement, préparer la grotte, donner rendez-vous à une heure tardive, au point que la visibilité est nulle même en été, tout cela montrait quelqu’un qui était préparé et entraîné. Il se demandait quelle idée elle commençait à se faire de lui. Il devait apparaître comme un véritable assassin professionnel à ses yeux actuellement.

- James Finnerty est pourtant mon véritable nom. Mais il est vrai que j’évite de le crier sous tous les toits étant donné mes activités. Et j’aimerais effectivement rester une source anonyme dans cette affaire. Moi aussi je cherche à démêler les mystères de cette exposition et des secrets des MacLean. Ce qu’il s’est passé pendant l’exposition, ce n’était pas normal, c’était même effrayant.

Il resta assis dans son fauteuil, le dos confortablement posé contre le dossier rembourré, profitant de l’obscurité qui l’entourait pour se rassurer que tout se passait comme prévu. Mais ce qui pouvait mal se passer était encore à venir. Il ne devait pas se tromper face aux questions de la journaliste, il ne devait distiller que le minimum d’information nécessaire pour secouer la fourmilière, sans révéler les plus gros points qu’il avait découvert. Il n’était pas James Finnerty, et il ne pouvait se permettre que ces informations ne tombent entre de mauvaises mains. Même si, bien entendu, il y avait très certainement d’autres personnes ayant cette information, à commencer par Léandre, et sans aucun doute des académiques ayant travaillé sur l’exposition. Pour se rassurer, et garder un sentiment de contrôle, et le montrer à son interlocutrice, il posa sa main tenant sa baguette sur son genou.
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MessageSujet: Re: “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.”   “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.” EmptyDim 9 Juin - 5:08

Maintenant que j’y étais autant chasser le plus loin possible toutes les pensées négatives que je me destinais sur mon imprévoyance et ma naïveté. Pour être honnête, ce n’est de toute façon pas mon style de me morfondre dans ce genre de posture. Très bien, j’avais sans doute commis des erreurs, et encore, pouvais-je faire autrement que me jeter dans la gueule du loup sans effaroucher mon contact ? Très bien donc, je m’étais mise dans de sales draps mais une fois qu’on avait dit ça, autant se remettre à réfléchir le plus sereinement possible histoire de ne pas ajouter de nouveaux faux pas aux précédents.

Après avoir perdu ma baguette, m’être faite transplaner par surprise et m’être retrouvée dans une grotte inconnue, j’avais un peu laissé l’angoisse de ce qui allait bien pouvoir m‘arriver ensuite obscurcir mon jugement et ma capacité de réflexion et j’avais même envisagé le pire. Jusque-là je m’étais contentée de sauver les meubles et il fallait que je me ressaisisse sinon tout cela n’aurait servi à rien. J’essayais de ne pas trop penser à ma baguette car la perspective de me la voir dérober définitivement faisait monter un peu (beaucoup) de panique en moi.

Je tentais donc de faire le point sur tout cela en tentant de sérier les problèmes même s’il n’y en avait en fait qu’un mais non des moindres : j’étais à la merci d’un potentiel assassin. Un assassin qui avait mis le temps à me répondre mais qui m'avait tout de même répondu. Pourquoi ? Mon crayon battait l’air entre mes doigts comme les ailes d’une libellule et tentait de me faire oublier… Décidément ! Il fallait que je fasse abstraction de la perte de ma précieuse baguette ! Je m’imaginais dans la position de James Finnerty et tentais de trouver ses motivations. Évidemment s’il avait tué pour sauver ses partenaires d’aventure et pour les protéger d’une fin inéluctable cela changeait la perspective. Ceci dit ses manières déterminées et calculatrices ne m’incitaient pas à le dédouaner complètement de la possibilité de tuer pour se protéger lui, d’écarter les soupçons de sa personne, ou tout autre raison très personnelle et cynique. Il devait avoir une vie un peu douteuse et mon hypothèse selon laquelle il désirait se disculper me paraissait bien fragile et quand-à m’aider, disons, encore moins. Cela en faisait une personne bien mystérieuse qui rendait à elle seule l’intérêt de cette rencontre encore plus évidente à mes yeux même si cela pouvait se révéler étranger à l’affaire qui m’occupait.

*¡Un problema a la vez! *

Je ne pouvais décidément pas me contenter de courir un lièvre à la fois et mon esprit était trop enclin à fonctionner en réseau au lieu de se concentrer sur une direction. Mais aucune idée ne devait être jetée aux orties et je notai rapidement dans la première page de carnet vierge qui arriva. “Quien es James Finnerty ?” Après tout, c’était un paramètre incontournable pour savoir comment accueillir son témoignage. Autant celui d’une fille comme Grace Hamilton pouvait être pris presque pour argent comptant si on éliminait les aprioris idéologiques et sa sensibilité exacerbée autant celui d’une personne qui entamait une rencontre par l’introduction de tant de mystère devrait sans doute être manié avec circonspection. C’était le genre de personne que je visais sans trop de scrupule de mes compétences de légimense, mais sans ma baguette cela se révélait tout de suite plus que compliqué. Ce que je pourrais tirer de lui sans “ma précieuse” n’irait sans doute pas plus loin que ce que je peux imaginer dans les circonstances actuelles.


Pour le moment, je ne sais pas trop si c’est voulu ou si c’est une erreur de sa part, personne n’est parfait, mais depuis qu’il a commencé à parler et à se montrer plutôt conciliant, il a perdu l’image implacable que je m’étais faite de lui et cela me permet de réfléchir plus librement et à voir l’angoisse des premiers moments s'évanouir, même si désarmée et face à quelqu’un de déterminée je pourrais être plus à mon aise. Mais c’est plus de la prudence qui me domine maintenant que la crainte. D’ailleurs mon envie de lui faire remarquer que ce n’est pas très poli de se dissimuler dans l’ombre pour échapper à la vue de son interlocutrice est là pour le prouver. Cela fait vraiment une drôle d’impression de voir ces genoux et ses pieds émerger du noir comme s’ils n’appartenaient à personne ! Cette réflexion finirait sans doute de me faire passer pour une nunuche qui ne sait pas où mettre ses priorités mais je préfère me concentrer sur ce qui est essentiel pour notre rencontre. D’ailleurs les choses traînent un peu à mon goût à entrer dans le vif du sujet. Je sais pourtant qu’il y a des préliminaires indispensables pour établir une ambiance propice à une entrevue fructueuse, mais on ne se refait pas et j’ai conscience que personne n’a rien à me refuser, chose sur laquelle mes proches s’évertuent à tenter de me détromper mais apparemment sans succès. Ce que ma tête admet intellectuellement, autre chose de plus primaire se refuse à l’intérioriser. Il parait que ça s’appelle l’égocentrisme…

Heureusement certaines choses semblent lui tenir à cœur et le silence ne persiste pas et cette fois j’ai une réponse ou tout au moins une pseudo réponse à lui fournir sur les recherches des forces de l’ordre. Je commence à me sentir très bien dans la peau de Mina et j’ouvre de grands yeux étonnés de la fille qui se demande comment elle pourrait être au courant.

“Mais !... Je ne suis pas dans les petits papiers de la police !... Comment pourrais-je savoir ? Cela fait seulement quelques semaines que je suis arrivée sur l’île ! ...”

Mais c’est la suite qui fit bondir mon cœur dans ma poitrine. Trop de chose dans une seule réponse. Trop non, ce n’est jamais trop mais de quoi déjà rassasier ma curiosité ou l’aiguiser, au choix. Ainsi donc, ses précautions sont en lien avec ses activités… Mais quelles activités ? Il voulait rester une source anonyme, cela ne posait pas de problème dans la mesure où ce qu’il allait lui révéler lui permettrait de progresser dans la compréhension de cette affaire dans le cas contraire, il était fort peu probable qu’elle se fatigue à le citer… Le deuxième point est des plus intéressants également. Il a envie d’en savoir plus ? Cela me paraissait bien loin des préoccupations d’un assassin. Evidemment on ne peut jamais vraiment se mettre dans la peau d’un tueur. J’imaginais cependant qu’après avoir fait son job, les conséquences et le contexte de son meurtre n’avaient pas vraiment d’importance. En outre avouer que cet épisode de sa vie avait été effrayant pour quelqu’un comme lui, me donnait une bonne idée du degré de tension que les malheureux participants avaient dû endurer. Même s’il n’était pas un assassin, ce que je savais de lui en tant que personne aguerri au mystère et à la dissimulation, donnait une échelle de comparaison intéressante, sans doute plus valable que celle de la gentille Grace Hamilton que j’imaginais déjà plus impressionnable. Cela me donnait aussi un aperçu de la difficulté que j’allais rencontrer à enquêter. Si ce type n’avait rien découvert encore, cela promettait de bonnes grosses difficultés. Ce n’était pas pour me décourager non, mais le journal n’était pas prêt de recevoir mon papier. En revanche, l’idée que nous pourrions nous associer pour mener cette enquête me traversa l’esprit avant de la rejeter

*No lo conoces y te figuras que se va a ayudarte?*

Sans parler du danger de côtoyer un potentiel tueur ! Cette idée était au mieux, prématurée et au pire, complètement stupide !

Et puis le silence sembla se réinstaller comme si la balle était dans mon camp. La difficulté allait être d’avancer mes pions prudemment. Si je posais les questions cruciales dès la première fois que j’ouvrais la bouche, Mina tomberait en morceau et je risquais d’attiser la méfiance de James Finnerty qui serait sans doute moins enclin à mes faire des confidences. Autant commencer par le plus anodin. Evidemment, je risquais d’avoir le même récit que celui fait par Grace Hamilton, mais avec un second point de vue cela ne pouvait qu’enrichir ma compréhension des événements.

“Peut-être…”


Merci Mina ! Mais par tous les dragons ! Je devais avoir l’air d’une journaliste de pacotille ! Il fallait vraiment que j’aime mon métier pour accepter de donner une telle image de moi !

“peut-être qu’en me racontant ce qui s’est passé… nous pourrions mettre à jour des détails ou des questions qui vous permettraient d’avancer ? “

Brave petite journaliste qui se met au service du vilain assassin ! Je n’étais pas certaine que mon personnage tienne très longtemps, mais ma proposition était des plus sincères. Mes questions pourraient vous permettre d’affiner les recherches d’indices. Je supposais qu’il avait dû tourner et retourner ce qui lui était arrivé et qu’à force de remémoration il ne devait plus trop y voir clair. Cela m’arrive régulièrement, d’où l’intérêt d’écrire et de se relire et de se rendre compte des différences entre les notes et les images qu’on a en tête.

“En commençant par le début et voir si de mon point de vue extérieur, des détails ne pourraient pas vous avoir échappés… Qu’en dites-vous ?”

Je comptais bien qu’en lui laissant l’impression de mener le débat, il se montrerait plus malléable, mais je me trompais peut-être et je devrai me montrer plus retorse que lui. J’espérais que mon habitude de ce genre de moment et le terrain du langage me serait davantage favorable que celui de la bataille où il m’avait dominée jusque-là. La vision de la baguette qui apparut sur son genou me confirma que sur ce terrain, j’étais une petite joueuse par rapport à lui.
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MessageSujet: Re: “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.”   “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.” EmptyJeu 27 Juin - 18:39

Il avait besoin de savoir le degré d’importance qu’accordait la police locale à sa recherche, si ce n’est sa capture. Il jouait un double jeu dangereux et il devait savoir à quoi s’attendre. Avoir une longueur d’avance, ce n’est pas suffisant, il fallait en avoir deux, trois, quatre si possible, penser au coup suivant avant que ne le fasse l’adversaire. Il n’était pas arrivé là où il en était par hasard. Il a l’esprit vif et énormément de temps pour réfléchir, ce que n’avait très certainement pas ceux qui le cherchaient. Et puis des années à travailler pour le Bureau des Aurors, avec toutes les collaborations que cela avait également pu engendrer, cela formait à réfléchir à tout cela, à comprendre comment ce jeu fonctionnait. Et il devait se montrer plus intelligent que ceux le cherchant, il le fallait s’il voulait éviter de se retrouver à Azkaban, surtout qu’il n’avait toujours rien à apporter, son enquête étant toujours au point mort. Il n’avait pas trouvé la moindre piste concrète sur les têtes pensantes de Magic is Might, et cela l’énervait grandement, il ne s’attendait pas à des adversaires aussi préparés et méticuleux.

Mais revenons à nos moutons. Matt se trouvait là, face à la journaliste, se demandant si cela avait été finalement une bonne idée de lui répondre et d’organiser cette entrevue. Il espérait sincèrement qu’elle se faisait plus cruche qu’elle ne l’était, car là, sa réponse faisait tilter quelque chose dans son esprit. Peut-être n’était-elle sur l’île que depuis quelques semaines, mais elle n’avait pu le retrouver par hasard. Ayant transplané avant que les autorités ne puissent relever son nom, il ne comprenait même pas comment son nom, même d’emprunt, avait pu se retrouver mêlé à cet évènement. Nul doute que la police le savait, et il avait besoin de tout savoir.

- Oh, ne vous faites pas plus imbécile que vous ne l’êtes ! dit-il en haussant le ton de sa voix, qui résonnait légèrement dans la grotte qui les abritait, tandis qu’une lueur apparaissait au bout de sa baguette. Je sais comment tout ce petit monde fonctionne. Vous avez vos indics au cœur de la police, et quelqu’un vous a très certainement fourni une liste des personnes présentes ce jour-là, et c’est contraire à toute règle d’enquête judiciaire. Il marqua une pause alors que la lueur magique disparaissait du bout de sa baguette. Il devait l’effrayer mais pas trop pour éviter que la peur ne lie sa langue et son esprit aux questions qu’il aurait. Cela dit, je suis même étonné que les autorités aient pu adjoindre mon nom à cette liste, alors que j’ai échappé à tous leurs contrôles à l’ouverture des portes.

Il ne l’importunerait pas davantage sur le sujet. Mais cette interrogation trainerait sans cesse dans son esprit. Comment avait-il pu être tracé ? Quel détail avait-il omis ? Il en avait déjà trop dit en révélant qu’il avait échappé à tous leurs contrôles, mais il avait dit comme s’il pensait à voix haute. De toute façon, la journaliste devait bien s’en douter que si les autorités compétentes lui avaient mis la main dessus dès l’ouverture des portes, elles ne le chercheraient pas aujourd’hui. Quelqu’un aurait forcément réagi, au moment où ils auraient pris son nom, et aurait dit ce qu’il avait fait.

Elle essayait toujours de l’amadouer en lui proposant de l’aider à y voir clair. Aussitôt, il reprit la parole. "Écoutez, j’ai accepté cette entrevue car je pensais avoir à faire à une véritable journaliste, mais si je me suis trompé, autant couper court tout de suite à ce cirque." Oui, il voulait y voir plus clair, et il espérait qu’elle avait réussi à dénicher des détails qui lui avaient échappés grâce à son enquête et très certainement des témoignages. Mais cela ne fonctionnerait pas si elle était réellement ce pour quoi elle apparaissait. Il avait besoin d’elle tout comme elle avait besoin de son témoignage. Ils devaient collaborer pour arriver là où ils voulaient, et ça, il l’avait bien compris. "Vous voulez des réponses à vos questions, tout comme j’en veux aux miennes. Je pense que dans votre enquête, vous avez obtenu des détails auxquels je n’ai pas accès. De la même manière, mon témoignage vous aidera à faire la lumière sur cette affaire, et peut-être que cela débloquera des chemins aujourd’hui obstrués. Je suis prêt à collaborer avec vous à ce sujet, et même je le dois. Les dangers sont grands, très grands, et j’aimerais savoir à quoi m’en tenir. Cela vous va comme termes de collaboration ?"

Il avait bien conscience qu’elle pourrait lui mentir sur ce point, qu’elle pouvait feindre de collaborer, mais il s’en rendrait rapidement compte dans le reste de leur discussion. Et puis, il avait toutes les cartes en main pour le reste. Il avait sa baguette, elle ne savait pas où elle se trouvait, et pour tout ce qu’elle savait, elle était dans une grotte avec un meurtrier. Cela était autant d’arguments en sa faveur pour que la collaboration se passe davantage selon ses envies. Après une réponse de la journaliste qui le satisfait, il entreprit de raconter sa vision des évènements.

- Eh bien, commençons par le commencement. Après le discours introductif de la doyenne de l’université, un petit groupe de visiteurs a eu l’occasion de pénétrer dans les lieux de l’exposition. Ces derniers étant plutôt exiguës, les entrées étaient naturellement limitées. Bref, j’ai fait partie des chanceux, si l’on peut dire ainsi étant donné ce qu’il s’est passé, qui ont pu rentrer dans la première vague. L’exposition était séparée en plusieurs salles, chacune apportant son lot de découvertes et d’objets. La première contenait principalement des objets du quotidien et des armes médiévales. Après cela, je me suis rendu dans la salle des œuvres d’art. On pouvait y voir la fascination des MacLean pour la magie, notamment par l’attrait qu’ils portaient à la Métamorphose. J’étais dans cette pièce lorsqu’une voix se fit entendre. Une voix monotone, presque robotique. Elle parlait d’une menace, qu’il fallait à tout prix éliminer, faute de quoi l’exposition serait détruite. Et lorsque tout le monde comprit que les portes avaient été scellées et que les autorités et la sécurité de l’exposition ne comprenaient rien eux-mêmes à ce qu’il se passait, la tension monta rapidement chez tout le monde, chacun se mettant à chercher des indices quant à ce que pouvait être cette menace. Persuadé que les peintures ne mèneraient nulle part, j’ai préféré changer de pièce. C’est là que je me suis retrouvé dans ce que l’on pouvait appeler une bibliothèque, avec nombre d’ouvrages et de parchemins sur la vie des MacLean, leurs bestiaires, leurs aventures, leurs études des créatures magiques, de la géographie de Manadh, etc. S’il fallait chercher des indices, c’était ici. Et je n’étais pas le seul à le penser, d’autres personnes recherchaient dans les précieux recueils de savoir le détail, l’information qui nous permettraient de déverrouiller les portes. Bref, plus le temps avançait, plus les esprits s’échauffaient, notamment lorsque le système de sécurité magique qui nous tenait captif menaça de tuer toute personne vivante avec la collection. Il y avait une quatrième pièce, dans laquelle se trouvait le système magique je pense, et les bruits qui en provenaient laissait penser que les choses commençaient à mal tourner. Bien sûr, j’avais ma baguette à la main pour éviter le moindre débordement dans la bibliothèque, car on avait absolument besoin de dénouer le mystère qui nous était posé. Quelle était la menace à éliminer ? Nombre de recherches dans la bibliothèque convergèrent vers le fait que les MacLean étudiaient énormément les créatures magiques et qu’ils avaient extrêmement peur de certaines, que c’était une menace à prendre au sérieux. Peut-être que cela a un lien avec les voyages qu’ils ont effectué, je n’en sais rien. Peut-être que c’est ce qu’ils faisaient sur cette île avant de disparaître : contenir cette menace. L’atmosphère devenait étouffante, le système magique de sécurité le réchauffant sans cesse, tout en commençant à incendier certains objets de l’exposition alors que le temps continuait inlassablement de s’écouler et que nous courrions droit vers une mort certaine. C’est alors que j’ai vu passer un gobelin drôlement agité, il était blessé d’ailleurs je crois. Je l’ai suivi et un autre gobelin, faisant parti de l’équipe censée assurer la sécurité de l’exposition, lui demandait ce qu’il faisait là. Il ne le reconnaissait pas. Et, c’est là que j’ai pensé que la menace à éliminer, c’était ce gobelin qui saignait. Une jeune femme discutait avec lui, elle cherchait à s’occuper de lui vraisemblablement. Toutefois, je m’étais fait mon idée de ce qu’il se passait et, le temps commençant à nous manquer, il fallait agir, faire quelque chose. On ne pouvait pas rester les bras croisés sans rien faire à attendre d’être carbonisés. J’ai écarté la jeune femme de la créature et j’ai pointé ma baguette sur le gobelin. Et… je lui ai ôté la vie.

Il marqua une pause. Cet instant, bien que déroulé il y a plusieurs mois de cela maintenant, était encore bien ancré dans sa mémoire. Parfois, il avait juste à fermer les paupières pour que la scène se déroule à nouveau, claire comme de l’eau de roche. Ce moment, il ne l’oublierait certainement jamais. Ce moment était gravé au fer rouge dans sa mémoire, et pas une semaine ne s’écoulait sans qu’il ne repense à ce moment traumatisant.

- A partir de là, les choses se sont emballées. Je me suis fait désarmer. Mais profitant du chaos naissant de la disparition de la cage dorée créée par le système de sécurité magique, de l’ouverture des portes et de l’arrivée des secours, j’en ai profité pour plaquer mon agresseur et transplaner avec elle. Après avoir récupéré ma baguette, non pas sans batailler, j’ai à nouveau transplané pour disparaître. Voilà ce qu’il s’est passé. Pendant votre enquête, peut-être avez-vous réussi à obtenir des informations qui me seraient inconnues et qui me permettraient d’y voir un peu plus clair à ce que recherchaient les MacLean, à cette menace contre laquelle ils luttaient.
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MessageSujet: Re: “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.”   “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.” EmptySam 29 Juin - 13:36

Ce round d’observation n’en finissait pas et je commençais à me demander comment il allait tourner, de moins en moins certaine que je parviendrai à mes fins. Pourtant cela ne faisait pas si longtemps que nous étions dans cette grotte, je ne savais pas trop où ? Si j’avais pu en juger par la durée du transplanage, nous devions encore nous trouver sur l’île, mais je ne l’avais pas suffisamment explorée depuis que j’y étais arrivée pour pouvoir reconnaître l’endroit ou même le supposer. Je n’avais pas perdu mon temps depuis mon installation à Atlantis et pourtant je découvrais des lacunes à mon exploration. Il faut dire à ma décharge, que je suis plus habituée aux occupations et investigations citadines qu’aux trekking dans le nature et encore moins spéléologiques. Castelobruxo et ses alentours étaient les endroits non urbains que je connaissais le mieux et lorsqu’on connaît les interdictions de se promener en dehors de son enceinte, on imagine assez bien comme je suis familiarisée avec la jungle qui l’entoure, même si pour me prouver que je n’étais pas juste une petite bourgeoise comme le pensais mes “très chères camarades” je m’étais imposée de faire le mur une nuit. Certes je l’avais fait mais je vous laisse imaginer comme cette expérience fut renouvelée. J’en avais tiré la leçon que j’étais capable de le faire, voire de faire n’importe quoi lorsque la motivation était suffisante, mais qu’il fallait tout de même que j’assume mon amour du confort et de la vie facile. Il y avait plus difficile à assumer...

De son côté l’angoisse dans laquelle James Finnerty avait réussi à me plonger pouvait expliquer aussi la relativité du temps qui s’était écoulé. Les toutes dernières minutes m’avaient permis de me ressaisir un peu et de me rendre un peu plus maîtresse de moi et de mes réactions, mais je ne faisais pas encore trop la fière, privée de ma baguette et sans idée de l’endroit où je me trouvais et très incertaine sur la qualité de la compagnie qui était le mienne, je pouvais très vite me retrouver dans une fâcheuse posture. Tenter de continuer à jouer mon rôle d’ingénue ignorante et trop inconsciente du pétrin dans lequel elle s’était fourrée restait pour moi, la meilleure attitude à adopter. Qui sait, peut-être qu’à la longue il finirait par lâcher quelques indices qui me permettraient d’en savoir plus sur cette grotte et même, je pouvais toujours l’espérer, cela ne coûtait rien, j’arriverais peut-être à lui faire commettre une erreur salvatrice…

En même temps l’image que je me faisais de James Finnerty ne me poussait pas à l’optimisme et visiblement il n’était pas prêt à lâcher le morceau et je me demandais pendant combien de temps j’arriverai à éluder ses questions sur la façon dont j’avais remis la main sur lui. Ce n’était pas là non plus un motif de me réjouir, car hormis le fait qu’il semblait faire partie de l’espèce des tueurs potentiels, je n’avais aucune idée de comment la police avait ajouté son nom à la liste des personnes impliquées et le sergent Pepper ne l’ayant pas mentionné plus qu’un autre. Je pouvais toujours lui jeter ça en pâture, mais c’était mettre le doigt dans l’engrenage des confidences qu’il attendait et j’avais décidé une bonne fois pour toute que je ne m’y résoudrais qu’en dernier recours. De plus en plus je me disais que ce mec pouvait être dangereux étant donné ce dont on l’accusait et ce qu’il semblait craindre la part des forces de l’ordre et plus j’aurais d’atout dans ma manche et plus j’avais des chances de me sortir sans trop de bobos de cette histoire.

Question bobos, le ton employé soudain par mon “hôte” ne laissait rien présager de bon et je sentis que mon insistance à ne pas répondre à sa principale remarque ne lui plaisait que moyennement. Seul point positif c’est qu’il confirmait tout ce que je pensais de lui et en outre, qu’il était habitué des arcanes de la justice, de la presse et de leurs rapports parfois troubles. J’étais bien placée pour en être consciente, même si en l’occurrence, mes investigations avaient été des plus softs. La lumière au bout de la baguette et le ton de la voix me firent frémir, intérieurement j’espère, car je n’avais pas envie de montrer que la peur avait prise sur moi. Ce gars n’avait pas envie d’être identifié, repéré et pire confronté à la police. Mon esprit se réjouissait d’avoir mis la main sur un poisson qui ne devait pas être du menu fretin et en même temps redoutait les conséquences que cela pouvait avoir sur ma santé.

Comme la première fois je décidai de garder le silence sur le sujet le laissant supputer voire se dire que je n’avais peut-être pas trouvé son nom grâce à la police. Cependant l’impatience qu’il commençait à manifester me faisait craindre que l’entrevue tourne court. Heureusement, il semblait tenir autant que moi à ce que cela ne tourne pas en pisse de boursouf et de mon côté je n’avais pas envie de le détromper sur notre collaboration possible. De toute façon pour l’heure, je ne pouvais être que gagnante. Mon enquête personnelle n’en était qu’à ses balbutiements et lui était un des témoins des événements donc j’avais tout à y gagner, contrairement à lui qui pourrait bien être très déçu. Bêtement, la mention du danger emballa le battement de mon cœur mais non de crainte comme cela aurait dû pour une fille aussi peu physique et rompue au combat que moi mais d’excitation. Chaque parole qui confirmait que j’étais sur une affaire importante mettait de côté les désagréments possibles pour ne retenir que la possibilité de soulever un lièvre d’importance, l’affaire de ma vie peut-être.

Mon hochement de tête se passait sans doute de commentaire et ainsi acquiesçai-je les termes de notre collaboration. Ce serait sans doute donnant donnant et en termes de confiance, nous n'avions sans doute pas fini de nous tester voire de nous réserver des coups fourrés, mais petits pas après petits pas nous n’aurions sans doute pas le choix pour progresser chacun dans notre direction. A moins que nous empruntions la même ?

A ma grande surprise il entra soudain dans le vif du sujet en entamant le récit des événements. Un instant, interloquée par ce revirement d’attitude, mon crayon se mit précipitamment à prendre le plus de notes possibles, voire le discours intégral de l’homme toujours caché dans l’ombre de la grotte tandis qu’il avait tout le loisir de m’observer. Cette position m’avait tendue dans un premier temps, mais maintenant que j’étais engagée dans une action professionnelle, je finissais petit à petit par oublier la dissymétrie de nos positions respective. C’est comme si son visage n’avait plus d’importance ou bien que je m’en étais fabriqué un qui ferait bien l’affaire, une sorte de tête d’épouvantail ou de bonhomme de neige qui serait peut-être remplacée plus tard par un vrai visage, sans doute carré, et aux cheveux bruns. Ses yeux devaient sans doute être noirs ou alors gris acier ? Pour l’instant il n’avait pas de nez ni de bouche particulière malgré le son dur de sa voix qui jouait avec l’écho de la grotte.

Dans un premier temps en tout cas, le déroulement collait parfaitement avec celui de Grace Hamilton avec des précisions que j’attribuais aux réflexes de fugitif et d’assassin recherché qui donnait beaucoup d’importance à la topologie des lieux dans lesquels il se trouvait. Contrairement à la jeune kinésithérapeute, son discours était circonstancié, plutôt précis et parfaitement chronologique. J’en profitai pour noter les différentes salles et les première déductions qui transparaissaient dans le discours de James Finnerty: “attrait des Mac Lean pour la métamorphose…” Etrangement les détails recoupaient parfaitement le témoignage de la jeune femme du Holiday’s Coffee. La description de la voix par exemple semblait sortie de la même bouche. Par contre, le service de sécurité prenait corps dans son discours et semblait autant pris au dépourvu que les visiteurs ce qui ne manquait pas de poser de nouvelles questions sur ceux qui avaient programmé cette réaction par l’intermédiaire de la voix. S’ils n'étaient pas en connexion avec le service de sécurité officiel de l’exposition, ils pouvaient très bien y être totalement étrangers et dans ce cas manipuler complètement les visiteurs ou alors venir de quelque chose préparé par les Mac Lean en parallèle, ce qui montrait une étrange défiance à l’égard de ce qui avait été mis en place. Un traditionnel point d’interrogation vint ponctuer cette partie du récit afin que je puisse y revenir plus tard. Il n’était pas question de couper l’homme dans son élan !

Les choses étaient narrées avec calme presque détachement mais je ne sais pas pourquoi, à mesure que les événements se déroulaient dans mon esprit par l’entremise de sa voix j’éprouvais bien plus de frayeur que lors de la narration de Grace Hamilton. La jeune femme était enflammée et maintenant qu’elle était sortie d’affaire, sa narration semblait hors contexte tandis que cet homme habitué à la stratégie et au calcul et sans doute à la violence en parlait comme s’il s’agissait de l’histoire d’un autre alors qu’il y était mêlé au premier chef. Je ne savais pas si c’était les événements eux-mêmes ou bien la façon d’être racontés qui m’effrayait le plus. En tout cas tout cela était très rationalisé et j’avais du mal à ne pas juger mon contact du jour. Je m’étais fixé comme ligne de conduite de ne pas préjuger de ce que je ferais à la place des témoins que j’interrogeais mais je devais avouer que les prises de décisions de James Finnerty me laissaient pantoise et je ne pouvais que comprendre Grace Hamliton que l’absence de procès et de recul avant d’ôter la vie de quelqu’un fût-il un Gobelin, avait scandalisée. De mon côté, j’avoue ne pas avoir de position bien arrêtée sur le sort qu’il est convenu de leur réserver. Sang -mêlée, un côté de mon éducation les considère comme des êtres dignes de respect tandis que je dois assumer ne pas me soucier beaucoup de leur sort en général.

James Finnerty pouvait en outre se vanter d’avoir sauvé les gens et la collection quoique si je l’en croyais, elle devait être un peu dégradée par l’incendie naissant. Petit à petit je reprenais le contrôle de ma posture professionnelle. Qui étais-je pour me permettre de le juger alors que je lui reprochais justement d’avoir eu un jugement expéditif dans la situation périlleuse où il se trouvait et qui faisait pression sur tout le monde et les décisions de chacun. Tout en prenant des notes, je me raclai rapidement la gorge pour chasser le malaise dans lequel je m’étais plongée toute seule. Durant sa pause, je relevai la tête comme si j’allais cette fois pouvoir croiser son regard. En pure perte bien évidemment. De son côté, il devait pouvoir deviner le nombre inconsidéré de questions qui me traversaient l’esprit. Les points d’interrogations constellaient maintenant mes notes concernant les autres personnages de cette histoire, les Mac Lean, le Gobelin...

La fin du récit était épique mais ne m’intéressais pas directement hormis pour me confirmer le portrait que je me faisais de mon contact du jour.

“Très intéressant…”

J’avais prononcé ces quelques mots presque pour moi et portait mon crayon à ma bouche tordue de concentration, tandis que je relisais les dernières notes.
Mon hôte attendait visiblement beaucoup de moi sans doute n’avait-il pas compris que j’en étais encore au début de mes investigations. Je me devais de le détromper tout en lui proposant des perspectives qui ne le fasse pas disparaître illico.

“Mon enquête n’en n’est qu’à ses débuts et pour l’heure, j’ai simplement réussi à comprendre que des personnes désirent que cette affaire soit étouffée. Mais je pense que je ne vous apprends rien. Ne vous est-il pas venu à l’esprit que les Mac Lean ne cherchaient plus, mais avait trouvé et qu’un objet de la collection exposée pouvait bien être assez important pour sacrifier la collection entière et des innocents ? Ce pouvait être ce qu’ils craignaient ou encore ce qui permettrait de combattre cette menace.... Si on pouvait en avoir un inventaire détaillé...Ou retourner sur les lieux ?”


Encore une fois j’avais un peu pensé à haute voix mais sciemment pour envoyer une sonde en direction de James Finnerty. Il était habitué, j’en était sûre à des missions clandestines et aller faire le tour de ce qui restait de l’exposition pourrait s’avérer utile.

“Savez-vous si la collection a été transférée ailleurs ? Ce serait assez logique mais peut être dangereux… et peut être propice à une nouvelle action.”

Je fronçais les sourcils au moment où une nouvelle idée venait de me traverser le cerveau.

“Si cet objet est si important pour toutes les parties qui le convoitent envoyer un simple Gobelin était dérisoire. Et si celui qui voulait récupérer cet objet n’avait tenté qu’une diversion avant de faire bouger l’échiquier et de remettre ça ? ”

Evidemment ce n’était que des supputations basées sur des hypothèses non vérifiées, mais c’était en les examinant toutes qu’on pourrait peut-être avancer et mon contact pouvait savoir des choses à ce sujet, confirmer ou infirmer tout cela. Avec tout ça j’étais passée directement aux questions qui fâchent sans passer par le case que faites-vous dans la vie, est-ce que vous connaissiez quelqu’un parmi les autres personnes, aviez-vous des raisons de penser qu’il allait se passer quelque chose en allant visiter l’exposition? Jusqu’à quel point cette affaire vous intéresse-t-elle… Cette dernière interrogation se situait déjà dans le vif du sujet il me faudrait sans doute y revenir plus tard. Mais pour l’heure j’attendais de voir ce qu’allaient donner mes premières questions dans lesquelles je me dévoilais un peu ne serait-ce que pour lui donner des gages de ma confiance et aussi fignoler l’image de nunuche qui lâche n’importe quoi dès qu’elle ouvre la bouche.
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MessageSujet: Re: “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.”   “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.” EmptyMar 2 Juil - 17:25

Il racontait son histoire, sa vision des événements de l’exposition MacLean, avec un certain détachement. Après tout, ce qu’il avait vécu, entre le stress et le danger pour sa propre vie, n’était rien d’inhabituel pour lui. En revanche, l’acte salvateur restait toujours aussi traumatisant pour lui, d’où la pause qu’il avait marquée. D’ailleurs, il voyait qu’il laissait la jeune femme songeuse quant à tous ces événements. Il comptait beaucoup sur elle pour lui apporter une vision différente des événements, une vision extérieure, de quelqu’un qui n’avait pas vécu de près cette dramatique situation. Et, plus que tout, il espérait qu’elle ait des informations inconnues de sa part, des réponses à ses questions. Il n’avait pas tout le temps qu’il souhaitait pour se consacrer à cette affaire. S’il avait bien appris une chose avec cette exposition, c’était que les MacLean combattaient un grand Mal, et qu’il y avait tout à penser que ce danger existait toujours.

Malheureusement, les premiers mots que la journaliste lui répondit le déçurent grandement. Elle n’en était qu’au début de son enquête ?! Par Merlin, à quoi bon allait lui servir cette entrevue si elle n’avait rien à lui apprendre ?! Sûrement allait-il devoir se montrer patient pour obtenir les potentielles informations qu’elle détenait. « Etouffer l’affaire ? Je n’en sais rien. Je ne suis pas sûr que les autorités savent vraiment de quoi il retourne réellement. Qu’est-ce qui vous fait penser que des gens veulent étouffer cette affaire ? » répondit-il et demanda-t-il à l’affirmation de la journaliste. Toutefois, la supposition qu’elle fit ensuite le laissa songeur. Les MacLean aurait trouvé l’objet – et c’était le cas de le dire – de leurs recherches, et qu’il se trouvait dans la collection le jour des événements discutés. Mais il ne pouvait accepter une telle hypothèse, cela ne lui faisait pas sens. « Mais pourquoi bon feraient-ils cela ? Si la collection contenait effectivement un puissant artefact qui aiderait à combattre une grande menace, pourquoi les MacLean détruiraient-ils cet artefact, sacrifiant très probablement l’humanité ? Non, ça n’a pas de sens. Pour moi, le Mal que combattait les MacLean était autre, et… je ne sais pas bien pourquoi ce système de sécurité était prêt à tout sacrifier de la sorte. Que pouvait-il bien y avoir à protéger ? Quant à retourner sur les lieux, cela risque d’être bien compliqué, ces derniers font l’objet d’une surveillance bien développée, et à part risque un aller sans retour pour Azkaban, il n’y a rien à obtenir à essayer cela. »

Il réfléchissait, les questions se bousculant dans son esprit. Cette affaire était des plus difficiles à démêler. Il n’était effectivement pas stupide de penser que le système de sécurité archaïque était là pour protéger quelque chose, un objet, magique ou non, très certainement. Mais pourquoi donc cette menace était-elle ce gobelin ? Et surtout, pourquoi le gobelin de l’équipe de sécurité n’était pas une menace, lui ? Ajoutant à tout cela l’information qu’ils avaient découvert avec Léandre sur les grandes pierres runiques tout autour de l’île, il était difficile d’y voir clair. Les MacLean avaient peur des créatures magiques, mais pas toutes. Tant de mystères tournaient autour de leur existence, de leurs voyages, de leurs observations, de leurs craintes, et de leur disparition, et il était difficile – pour ne pas dire impossible – de trouver la moindre information utile à la compréhension de tout cela. Et bien sûr, la fermeture de l’exposition, pour des raisons évidentes de sécurité, empêchait de retourner voir les parchemins et les livres contenus dans la bibliothèque. Peut-être était-ce cette interdiction que la journaliste qualifiait d’étouffement de l’affaire ? Il ne savait trop quoi penser. Si les raisons de sécurité étaient évidentes, mais il est vrai que les objets de la collection auraient pu être déplacés, notamment pour éviter qu’ils ne soient dégradés par un autre dysfonctionnement du système de sécurité archaïque inventé par les MacLean. Ou alors c’était ce dernier qui avait été déplacé ? Tant de questions et si peu de réponses, c’en était vraiment énervant. Et pourquoi, pourquoi par Merlin, ce gobelin était une menace ? Pourquoi avait-il fallu l’exécuter pour sauver leurs vies ? C’était la question brûlante, celle à un million de livres. « Je ne pense pas que le Gobelin était là pour récupérer quoi que ce soit. Mais pourquoi donc était-il considéré comme une menace par les MacLean ? » Il gardait certaines informations cachées et sûrement que cela n’aiderait pas la journaliste à avoir une réelle réflexion sur les événements, mais ses interrogations étaient véritables.
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MessageSujet: Re: “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.”   “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.” EmptyDim 7 Juil - 3:42

Evidemment, les réactions de l’homme dans le noir à mes hypothèses m'intéressaient au plus haut point sans indice visuels je devais me fier à d’autres indications. Son langage bien sûr était une porte vers son esprit mais le mensonge devait faire partie de la panoplie qu’il avait développée en même temps que les autres qualités que j’avais pu constater de stratégie et de rouerie. Qualité bien évidemment. Maintenant que j’étais un peu rassurée sur mon sort immédiat, je ne pouvais pas m’empêcher d’admirer sa façon de me prendre au piège, même si en parallèle cela me renvoyait la candeur dont je pensais être depuis longtemps débarrassée. Si je commençais à être bien plus à l’aise, l’absence de ma baguette restait un manque dont je n’avais jamais eu conscience auparavant. Lorsqu’on dit que nos baguettes sont une partie de nous, c’est dans ce genre d’instant qu’on l'expérimente vraiment. Cela doit faire le même effet d’être amputée d’un membre. On est persuadé qu’il est toujours là mais non. L’action ne se fait pas et c’est comme lorsqu’on replonge dans un cauchemar dont on tente de se persuader on va se réveiller immédiatement puisque c’est impossible que cela nous soit retiré.

En outre, sans elle, je n’étais pas encore assez experte pour utiliser la légimencie que j’aurais été tentée de diriger vers lui pour en savoir bien plus que l’ombre qu’il me proposait depuis le début. D’ailleurs, depuis que j’étais arrivée à Atlantis, j’avais un peu négligé mon entraînement et il faudrait que je m’y remette sérieusement. Pour l’heure, je n’avais pas d’autre choix que de me plier à son scénario mais mon esprit se débattait déjà avec les possibilités que j’avais de mettre un peu plus de symétrie entre nous deux si ce n’était de prendre le dessus. Si l’angoisse s’était un peu dissipée, la rage de ne rien maîtriser était toujours là malgré la bonne figure que je tentais de présenter.

En attendant, il semblait que chacune des réponses de James Finnerty était destinée à me faire douter des recherches que j’avais entreprises. Si le fait de ne pas plus s’inquiéter du meurtre d’un gobelin que cela d’empêcher l’accès au site des événements, de prendre contact avec la conservatrice de l’exposition et tout ça sous la houlette des forces de l’ordre ne ressemblait pas à un étouffement de l’affaire, je me demandais bien ce qu’il lui fallait. En outre, personne ne semblait avoir envie de traiter cette affaire ! Les témoins en étaient tout retournés pourtant. Je gardai pourtant le silence sur mes impressions car il avait l’air d’en savoir bien plus que moi à ce sujet et je préférai en profiter pour tenter une question.

“A quoi ils ont affaire… D’après vous, à quoi avons-nous affaire ? A vous entendre cela sort vraiment de l’ordinaire !”

Rien que de prononcer cette fin de question, je sentis ma curiosité et mon excitation monter d’un cran. J’avais bien envie de me lever pour m’approcher du fauteuil qui me faisait face, mais la pointe de la baguette qui émergeait de l’ombre m’en dissuadait grandement. Je me contentai d’essayer faire un peu d’humour.

“Azkaban ? Très peu pour moi !”

Malgré l’éloignement de Castelbruxo, nous avions tous entendu parler de cette terrible prison dont l’existence à elle seule aurait dû éradiquer dans l’esprit de tous les sorciers l’envie de commettre le moindre délit et même l’humour, vous l'aurez remarqué, la concernant était bien compliqué.

Durant tout ce temps mon crayon n’avait pas cessé de noter les affirmations de James Finnerty et en parallèle mes objections afin de pouvoir les confronter peut^-être plus tard. Ce n’aurait pas été la première fois que des évidences m’auraient sauté au visage à la relecture de mon précieux carnet.

“Ce puissant artefact n’est peut-être pas là pour combattre le mal dont vous parlez mais peut être un objet dont ce mal a besoin. La question est bien de savoir pourquoi ce mal à n’est pas encore à l’œuvre s’il est si redoutable que cela. Peut-être cherche-t-il quelque chose qui lui permettrait de mener ses desseins à bien.”

De ce côté j’avais du mal à partager la position de mon “hôte”. De ma place de non témoin des événements, je n’arrivais pas à me dire que je système de sécurité soit défaillant. C’est le genre de chose que l’on vérifie et re-vérifie avant l’ouverture d’une exposition. Cette éventualité ne me semblait pas tenir debout. Evidemment je pouvais me tromper mais si on partait de là, quelque chose qui pouvait justifier de sacrifier “quelque vies” y était exposé et quelque chose avait tenté de le dérober ou de tester ses défenses ou quelque chose dans ce goût-là.

“Vous même, avez -vous une idée de ce que peut être ce mal combattu par les Mac Lean ?”

Cela ne voulait rien dire, mais le fait de pouvoir aligner deux questions de suite sans me sentir moi-même mise sur la sellette, me redonnait encore un peu d’assurance. De quoi presque oublier la perte de ma baguette et celle qui demeurait une menace à quelque pas de là tenue par un homme dont je n’avais pas encore vu le visage. Cette nouvelle assurance semblait avoir de don de me refaire prendre conscience de mon environnement. Des odeurs de calcaire humide cohérentes avec le fait d’être dans une grotte. Le peu que j’avais lu grâce aux dépliant du coin m’avait appris que la géologie du coin comme celle de toutes les Hébrides intérieures était très variée et comprenait une mosaïque de terrains allant du magmatique au métamorphique et comprenant des lambeaux de bassin sédimentaire. Serait-ce suffisant pour retrouver l’endroit ? No esta nada claro! Mais cela me donnait la sensation d’avoir prise sur quelque chose dans l’histoire dans laquelle je m’étais fourrée et où je ne maîtrisais pas grand-chose. Une goutte d’eau qui s’écrasa quelque part dans une flaque finit de m’ouvrir mes sens à autre chose qu’à l'atmosphère pesante que James Finnerty avait réussi à bâtir autour de moi.

Je plissai les yeux à la nouvelle impression qu’il finissait par me donner. Au contraire des deux autres témoins que j’avais rencontré, cet homme ne se contentait pas de témoigner, il semblait véritablement avoir envie d’en savoir plus sur cette affaire. Cela posait la question du pourquoi. Un vulgaire assassin qui se serait trouvé là par hasard et aurait mis sa “facilité” à tuer au service du groupe ou tout simplement de sa propre survie ne justifiait pas cet intérêt. Il serait retourné à ses occupation en laissant cette affaire derrière lui. Il n’aurait sans doute pas non plus consenti à venir témoigner. Un petit soupir m’échappa par le nez. Mais qu’est-ce qui m’arrivait aujourd’hui ? J’avais les neurones qui fonctionnaient à deux à l’heure. Il était évident que cet homme n’était pas un vulgaire assassin ! Dans ce cas, il restait deux possibilités, soit il éta it mêlé à cette histoire de manière bien plus étroite que le simple fait de s’être fait coincer au mauvais endroit au mauvais moment, soit il était autre chose que ce qu’il paraissait être et un quelque chose intéressé par le fait d’élucider cette affaire. Je me demandai si une coopération avec lui serait une bonne idée. A vu des événements, il y avait dû pour et du contre. Avec un allié aussi prévoyant et stratège que lui et témoin de première main ce qui ne gâchait rien, ce serait du pain béni pour moi. D’un autre côté, ce mec pouvait être dangereux et bon, j’avais beau avoir progressé dans le domaine, il fallait que l’exposition au danger soit proportionnelle à ce que je pouvais en retirer et malgré mes rêves de grand article que pouvait susciter cette affaire je n'étais encore certaine de rien… Tenter de faire résonner nos idées durant ce premier entretien était déjà une bonne chose. Pour le reste on verrait plus tard.

“Je suis d’accord, ce Gobelin pose un problème. A moins de le sous-estimer, il n’avait sans doute pas les épaules pour s’emparer de quelque chose dans une exposition ultra sécurisée. C’est pourquoi j’avais pensé qu’il n’était là que pour faire diversion… ou simplement tester le système de sécurité, ou comme je vous le disais faire bouger les responsables de cette collection.”

Mon hésitation s’était accompagnée d’un écarquillement des yeux dont je n’avais été que trop consciente, en même temps que le mot “diversion” avait fait surgir une nouvelle hypothèse. Toutes ces pistes allaient finir par me perdre ! Chaque fois que j’envisageais quelque chose il semblait qu’une nouvelle porte se présentait dans la direction opposée. Une diversion ! Pouvait-on imaginer qu’un vol réel se déroulait ailleurs dans la demeure des Mac Lean tandis que les visiteurs de l’exposition se démenaient pour survivre ? Cette idée était malheureusement difficile à vérifier comme l’avait montré mon interlocuteur. Je gardai cette idée pour moi et poursuivis

“Il aurait pu avoir été marqué magiquement pour berner le système de sécurité et dans ce cas il y a fort à parier qu’il ait été innocent. Si je m’étais amusée à procéder ainsi, envoyer quelqu’un qui me soit proche pouvait constituer un début de piste… Là aussi difficile à vérifier...”

Mon ton s’était fait de plus en plus songeur et j’avoue avoir un peu laissé tomber mon rôle de nunuche. Je me demandais si James Finnerty allait s’en rendre compte et s’il était utile que je continue à jouer la comédie.
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MessageSujet: Re: “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.”   “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.” EmptyDim 7 Juil - 17:41

La situation semblait s’être arrangée, les langues se déliant de chaque côté au fur et à mesure de l’échange. Les deux protagonistes partageaient minutieusement les informations qu’ils avaient pour faire avancer la réflexion sur les événements qui se sont produits lors de cette fameuse journée. Et pourtant, les avis s’échauffaient plus qu’autre chose. La journaliste et l’ancien Auror ne semblaient pas vraiment d’accord sur les enjeux des événements et de chacun des détails discutés. Le principal point de discorde étant notamment le fait que les autorités souhaitent étouffer ce qu’il s’était passé lors de ces événements. Pour lui, ce n’était que la suite naturelle des choses. Cette sphère bizarre était l’une des attractions de l’exposition, malgré la méconnaissance totale de tout ce qui concernait son fonctionnement, qui aura été finalement révélé lors de leur présence dans l’exposition. Ce système de sécurité magique datant de l’époque des MacLean avait un comportement assez imprévisible, et Merlin savait quels autres artefacts présents pouvaient avoir des effets aussi puissants et incontrôlables. Sans parler des interactions qu’ils pouvaient avoir entre eux. Il était tout à fait normal que les autorités compétentes cherchent à éviter que la vie du public soit à nouveau mise en danger. Après tout, c’était le rôle des forces de l’ordre d’assurer la sécurité de chaque personne. La question de la journaliste sur ce dont ils avaient tous affaire était plus que légitime, malheureusement il ne savait s’il pouvait lui faire confiance. Bien sûr, il n’avait aucune idée que ce qu’il avait réussi à décrypter lors de l’exposition, et qui pour lui était une information d’une grande importance, serait révéler lors d’une interview dans le Breakfast Chronicles.

- Désolé, pour être tout à fait honnête, je ne peux pas vous en dire plus sur le sujet. C’est une piste que j’ai besoin de suivre jusqu’au bout, et c’est le genre d’information qui ne doit pas tomber entre de mauvaises mains.

Il était vraiment navré de ne pouvoir partager cette information, mais il ne connaissait la journaliste ni de Morgane ni de Merlin. Il n’avait aucune idée de s’il pouvait lui faire confiance, et ce malgré la collaboration qu’il voulait entreprendre avec elle. Cela commençait mal vis-à-vis de ça. Mais il ne pouvait pas laisser courir cette idée que les pierres runiques autour de l’île étaient là pour empêcher quelque chose de sortir, qu’elles étaient là pour maintenir quelque chose sur l’île. Il ne savait pas de quoi il s’agissait exactement, mais personne ne se serait donné autant de mal à installer toutes ces puissantes pierres runiques de protection si cela n’était pas nécessaire. Il n’était pas sûr que ce Mal qui était contenu sur l’île puisse être utilisé à souhait par quelqu’un de mal intentionné, mais dans le doute il ne pouvait partager cette information, pas tant qu’il n’aurait résolu ce mystère. Il avait trop d’enjeux pour prendre le moindre risque.

Les questionnements de la journaliste étaient vraiment intéressants. Il pouvait être effectivement difficile d’imaginer que ce mal soit toujours enfermé après tout ce temps. Et pourtant, c’était typiquement pour ce genre de maux que les sorciers avaient mis au point les runes de protection. Et ce qui l’inquiétait dans tout cela, c’était qu’il savait que l’une des pierres runiques avait montré des signes de dysfonctionnement, et Merlin savait combien d’entre elles avaient fait preuve de tels dysfonctionnements. Entre ça, et la mystérieuse crypte de l’ancien lieu de culte, il ne pouvait s’empêcher de penser que le système de sécurité archaïque des MacLean était là pour les protéger d’un démon, sûrement autrefois célébré ou vénéré dans l’ancien lieu de culte.

- A moins que ce Mal ne soit contenu par quelque chose. Je ne pense pas qu’il ait besoin de quoi que ce soit, car tout m’amène à penser qu’il s’agit d’un démon. Une force magique démoniaque pour être plus précis. Mais je ne peux vous dire pourquoi.

Il n’irait pas plus loin sur le sujet. Il n’avait pas trop de doute, ses dernières paroles allaient sûrement émoustiller la curiosité de la journaliste. Mais il ne pouvait l’aider, pas tant qu’il n’avait pas confiance en elle, ce qui n’arriverait pas tout de suite puisque sa confiance ne s’obtenait pas facilement, encore moins depuis qu’il avait endossé l’identité de James Finnerty.

Les hypothèses que la jeune femme faisait sur le gobelin le firent réfléchir. Elle envoyait plusieurs pistes, mais aucune ne faisait sens, pas pour lui en tout cas. Pourquoi confier la tâche de voler un artefact à un gobelin ? Et pourquoi le système de sécurité aurait détecté ce gobelin et pas celui de l’équipe de sécurité ? Non, rien de tout cela n’avait de sens.

- Mais non, ce n’était pas une diversion. Ce gobelin n’était pas un gobelin ordinaire. Autrement, le système de sécurité des MacLean qui s’est réveillé lors de l’exposition se serait réveillé contre le gobelin faisant parti de l’équipe de sécurité. Ça n’a pas de sens. Je pense plutôt que ce gobelin avait des liens avec les MacLean, d’une manière ou d’une autre, et très certainement avec le Mal dont on parle depuis tout à l’heure.
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MessageSujet: Re: “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.”   “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.” EmptyMer 10 Juil - 3:50

Il y avait sans doute quelques malentendus entre nous, mais je sentais que les échanges avec le gars qui se dissimulait dans l’ombre pouvaient nous aider à avancer lui et moi. Le problème était encore et toujours un souci de confiance. Sa clandestinité manifeste l’empêchait de me faire confiance et par ricochet, je ne parvenais pas à lui faire non plus confiance. Pourtant j’étais persuadée qu’on aurait tous les deux à y gagner à travailler ensemble. De son côté, il y avait sans doute beaucoup d’endroits où il ne pouvait se montrer et où ses investigations ne pouvaient se développer alors que moi, je n’étais que très peu connue à Atlantis et ma qualité de journaliste pouvait certes éveiller la méfiance de certaines personnes mais aussi m’ouvrir des portes. D’un autre côté, accéder aux informations de James Finnerty serait pour moi une aubaine si j’en croyais au peu qu’il avait laissé entendre. En tout cas, nous étions tous les deux engagés sur la même affaire et dans l’impossibilité de mettre notre travail en commun. il y avait quelque chose de rageant à analyser cette situation en apparence bloquée.

En tout cas j’étais bien décidée à sauter sur la première occasion qui se présenterait pour faire cheminer cette idée que collaborer s’avèrerait profitable à nous deux. Pour l’heure je me contentais d’analyser nos différents sur lesquels je n’avais pas envie de polémiquer. Il avait été témoin des événements et enquêtait depuis plus longtemps que moi sur le sujet et pouvait très bien avoir une meilleure vision des choses sans que cela m’oblige à évacuer mes propres interrogations et propositions. Il ne s’agissait pas là de savoir lequel de nous deux aurait raison. Il avait le droit de ne pas percevoir qu’on n’avait pas envie qu’on mette son nez dans cette affaire. Le premier “on” représentait les autorités d’Atlantis mais peut être quelqu’un caché derrière elles et le deuxième, tous les curieux et moi en particulier.

C’était étrange pour moi comme il semblait minimiser certains aspects et questions que posaient les événements. Cela ne faisait que me conforter dans l‘idée qu’il en savait beaucoup et que je voulais savoir ce qui se cachait dans sa tête. Il avait bien sûr lâché son histoire de démon et de mal contre lequel les Mac Lean avaient lutté génération après génération, mais à ce stade, il en avait trop dit ou pas assez. Il se devait de s’expliquer. Enfin, j’étais persuadée qu’il se devait de m’affranchir selon l’axiome de base qui veut que je sois satisfaite dans les attentes. Dans le genre il tombait pile et sa contrition de ne pas pouvoir m’en dire plus je m’en fichais comme de mon premier enchantement. J’allais lui en foutre des mauvaises mains ! Visiblement il n’était pas persuadé que je sois une personne réglo et je ne savais trop comment le lui prouver. J’en revenais toujours au même point, lui faire miroiter les avantages qu’il aurait à me mettre dans la confidence et à ce que nous marchions baguette contre baguette. D’ailleurs en matière de baguette, il avait toujours la mienne et si quelques minutes auparavant je pensais pouvoir me faire une raison je commençais à trouver cette situation pesante. Sans doute parce que les frustrations commençaient à s’accumuler… C’est peut-être pour cela que je ne pus m’empêcher de réagir. Cela allait finir par me faire vraiment passer pour une ingénue qui pense que tous ses désirs vont se réaliser comme dans un conte de fée, mais l’occasion me semblait cette fois trop belle et ne se représenterait peut-être pas alors quitte à faire une erreur que ce soit à un moment qui semble propice à une avancée.

“Bien sûr que vous pouvez m’en dire plus. Cela ne veut pas dire que je suis une écervelée qui va tout publier sans réfléchir !”

Mon ton se laissait un peu mener par mon enthousiasme et je tentai de le faire redescendre par une profonde inspiration, enfin, aussi profonde que mon caractère me le permettait sur le moment.

“Votre situation ne doit pas vous faciliter la tâche pour mener vos investigations alors que si nous travaillions de concert les choses seraient plus faciles et profitables à chacun d’entre nous. Je ne fais pas partie des mauvaises mains dont vous parlez et je pense que ma présence ici est un gage de ma bonne foi. J’ai voulu vous rencontrer parce que je voulais en savoir plus et de votre côté, de même si j’ai bien compris et pour ma part ahora tengo mas preguntas. Pardon, j’ai plus de question que de réponses.”

Je m’éloignais du sujet central qui nous avait amenés tous les deux dans cette grotte, mais cela nous permettrait peut-être d’avancer ensuite même si ce n’était pas aujourd’hui. Il fallait qu’on arrête de jouer au chat et à la souris d’autant que je me sentais plutôt jouer le rôle de la souris et que je détestais cette position ; habituée à mener la danse.

Mais il ne semblait pas vouloir entendre ce discours et la suite du sien commençait à m’inquiéter sérieusement et là encore, il en avait trop dit ou pas assez. Mon imagination pouvait tout envisager à propose de cette force démoniaque et me dire que l’île était le théâtre d’une lutte entre des forces qui dépassaient sans doute la plupart des gens qui l’habitait était des plus effrayants. Pourtant, je n’envisageais même pas de battre en retraite et de rentrer en Argentine. C’était stupide, mais j’avais encore plus envie de savoir le fin mot de cette histoire. Il fallait juste que James Finnerty se décide enfin à me faire confiance. Dans le cas contraire, il me faudrait décider ce qui serait bon de publier de ce que j’apprenais là. Il y avait déjà de quoi faire un papier intéressant mais avancer des choses sans preuve était plus digne d’une romancière que d’une journaliste et je risquais de perdre pas mal de crédit. Je sentais que j’étais à un poil de sombral de tenir le papier de ma vie sans pour autant pouvoir le concrétiser.

Je gardai le silence pour tenter de me calmer. Je sentais qu’heureusement mon visage parvenait à garder un minimum de neutralité malgré ma curiosité mise sur des charbons ardents. C’aurait été le bouquet qu’il pense maîtriser notre entretien. Quoiqu’à la réflexion si j’avais envie qu’il sorte de sa réserve, c’était peut-être le meilleur moyen de lui faire commettre une imprudence. Pourtant sa dernière intervention me laissait sans voix. J’avais dû mal m’exprimer ou alors il y avait quelque chose que je ne comprenais pas. Evidemment ce n’était pas un gobelin ordinaire ! Pourquoi avait-il compris que je soutenais l’inverse ? Son argumentaire tenait absolument la route quand-au système de sécurité. Et évidemment il avait, un lien avec ce mystère. Si on admettait que la sphère avait détecté une menace et qu’elle désirait protéger la collection il était certainement plutôt du côté du mal. Pour envisager que le gobelin soit plus en lien avec les Mac Lean il faudrait supposer que la sphère soit déréglée ou qu’elle ait peut-être, elle, des liens avec le mal dont parle James Finnerty. A toute vitesse je cherche comment provoquer de nouvelles confidences de cet homme qui n’a pas l’air facile à prendre en défaut et le Gobelin est peut-être sa seule faiblesse dans cette histoire. C’est son exécution qui lui vaut la haine (rien de moins) de certains participants à ces événements et d’être recherché par la police. En plus, il ne semble pas être pressé d’aller s’expliquer et dans ce cas le débarrasser de ce souci pourrait être un moyen de gagner sa confiance. Ma première proposition étant restée sans réponse je fais celle qui réfléchit à voix haute avant de le mettre dans la confidence.

“C’est dommage qu’il soit mort, il aurait sans doute pu nous indiquer tout cela. en même temps, pas certain que vous soyez encore vivant en le gardant en vie.”

Ca c’était manière de lui faire comprendre que je ne jugeais pas ses actes et qu’il était fort possible qu’il ait bien fait.

“Si on parvenait à faire la lumière sur lui, on ferait sans doute d’une pierre deux coups. On avancerait dans la résolution de l’énigme et on vous libèrerait de la pression des recherches qui pèsent sur vous…”

Avec soin j’avais évité de parler de police et il comprendrait ce qu’il voudrait bien comprendre.

“La recherche de la vérité, c’est ma partie, mais il me faudrait un point de départ solide pour que je puisse poursuivre et peut être vous tirer de ce sale drap…”

Voilà j’avais tenté deux fois de lui proposer que nous collaborions et j’avais fait mal part. S’il souhaitait continuer à se cacher et à se la jouer sorcier solitaire, j’avais encore des tonnes de questions sous le coude et on pouvait poursuivre l’entretien sur des bases plus anodines. Ce serait bien évidemment dommage pour l’intérêt de mon enquête pero a veces habia que poner a mal tiempo buena cara.
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MessageSujet: Re: “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.”   “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.” EmptyDim 21 Juil - 10:15

Elle ne semblait comprendre. Comment pouvait-il lui faire confiance aussi vite ? Elle n’avait rien à son actif qui puisse le faire penser autrement et, en dehors d’être effectivement venue seule au rendez-vous à l’ancien lieu de culte, elle n’avait rien fait pour mériter sa confiance. Ajouter à cela son métier, qui inspirait tout sauf la confiance pour un homme ayant des activités comme les siennes, la situation était extrêmement compliquée et n’était pas près de se débloquer si elle comptait sur le fait qu’il lui fasse confiance dès cette rencontre. Même si elle n’avait pas l’intention de publier toutes les informations qu’elle pourrait obtenir – là-dessus il n’avait pas besoin de plus pour être convaincu – cela n’empêchait en rien le manque de confiance dont il pouvait faire preuve envers elle.

- Je me doute que vous n’allez pas publier tout sans réfléchir. Mais pourquoi, par Merlin, vous ferais-je confiance ? Je ne vous connais pas, je ne sais pas quelles sont vos intentions réelles, ni quelles sont vos relations. Je ne sais rien de vous. Ainsi, je n’ai aucune façon de savoir si vous faites partie des mauvaises mains entre lesquelles certaines informations concernant cette affaire ne doivent pas tomber.

Il marqua une pause. Il était persuadé que ce qu’il venait de dire ne devait pas faire plaisir à la journaliste, qui pouvait même se sentir insultée par de tels propos, mais il fallait le comprendre. Certaines informations étaient, selon lui, bien trop sensibles pour être partagées aussi facilement au moindre inconnu. Bien sûr, il n’avait aucune manière de savoir que ces informations seraient révélées dans le Breakfast Chronicles quelques jours plus tard. En résultera une importante surprise et incompréhension de sa part sur ce sujet. Mais ceci concernait le futur, et non le présent.

- Le seul gage de votre bonne foi, c’est que vous soyez venue seule. Et même ça, je ne peux en être certain. La seule chose dont je peux être certain, c’est que j’ai pu vous isoler pour parler tranquillement. Si vous avez tant de questions, posez-les, et je verrais si je peux y répondre, même si je pense que soit je n’aurais pas la réponse, soit je ne souhaiterais pas la divulguer. Mais sait-on jamais.

Encore une fois, il était conscient que ses propos ne plairaient pas à la journaliste. Ils semblaient être dans une impasse. L’une voulant des réponses à ses questions, l’autre ne souhaitant révéler les informations qu’il possédait par manque de confiance. Et il ne voyait pas comment cette situation pourrait se débloquer en l’instant présent. Peut-être qu’avec le temps, et selon leurs interactions, il pourrait lui faire confiance. Mais cette dernière n’était pas simple à obtenir, d’autant plus dans sa situation actuelle, où la moindre information révélée sur lui-même pouvait l’amener tout droit vers Azkaban, ou dans les bras de la Mort. Il devait constamment faire confiance aux personnes avec qui ils interagissaient, aux moindres témoins, aux modifications physiques qu’il apportait à son corps, bref il devait être sur le qui-vive et être préparé à tout, à tout moment et en toutes circonstances.

La discussion alors autour du gobelin qu’il avait dû abattre pour sauver sa vie ainsi que celle de toutes les visiteuses et tous les visiteurs qui avaient fait partie du premier groupe à pénétrer dans l’exposition MacLean. Il s’agissait d’un sujet sensible pour lui, ôter la vie n’étant jamais une tâche simple, mais c’était encore pire lorsqu’il s’agissait d’ôter la vie à un innocent. Il doutait des capacités de la journaliste à le sortir des sales draps dans lesquels il était, car à moins de pouvoir prouver qu’il n’y avait aucune autre possibilité pour les sauver du système que de tuer ce gobelin, il était et resterait un meurtrier. Et les autorités n’allaient stopper leurs recherches tant qu’elles ne lui auraient pas mis la main dessus. Même si la vie des créatures magiques n’était pas reconnue égale à celles des sorcières et des sorciers dans le droit magique, un meurtre restait un meurtre. Et lancer le sortilège de Mort, tout comme l’un des deux autres sortilèges Impardonnables, restait une grave violation de la loi qui ne pouvait rester impunie.

- Bien sûr que faire la lumière sur ce que ce gobelin avait de particulier pourrait nous aider dans le mystère tournant autour du clan MacLean. Mais je ne vois pas comment on pourrait avancer de ce point de vue. Tout ce que je sais, c’est que ce gobelin avait quelque chose de particulier, de différent des autres gobelins, car c’est ainsi que l’a traité le système de sécurité. Ah oui, et le système l’a appelé l’Effigie. Quant au fait de me sortir des sales draps dans lesquels je me retrouve, je ne suis pas sûr que ce soit un jour possible, pas dans l’immédiat en tout cas.
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MessageSujet: Re: “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.”   “La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.” EmptyMer 31 Juil - 4:23

J’avais horreur des gens qui me résistent et pourtant, le mystère qui entourait cet homme m’empêcher de le maudire comme souvent lorsqu’une personne ne se décide pas à accéder à mes volontés. Cet homme avait trop de qualités pour que je me contente de le rejeter tout ça parce que je ne parvenais pas à obtenir ce que je voulais. Capable de mettre le contexte à son service et à se prémunir des embûches possibles, il était méfiant et rien ne semblait pouvoir le faire changer d’avis à mon sujet alors même qu’il s’était renseigné sur ma personne et que je lui avais donné tous les gages possibles. Apparemment il ne croyait que ce qu’il voyait et je ne pouvais pas le blâmer pour cela. Après tout, de mon côté, je m’étais laissée aller à trop de confiance et voilà où j’en étais rendue ? Prisonnière dans une grotte au milieu d’une île en face d’un quasi fantôme dont je n’obtiendrai visiblement rien de plus au rythme où allaient les choses.

Je sentais que mon visage commençait à arborer la mine sombre d’enfant frustrée qui faisait tant rire mon père lorsque j’étais enfant et qui devait me rendre ridicule et puérile. La frustration était bien réelle et je cherchais désespérément un moyen de débloquer la situation en ma faveur, mais chaque idée qui émergeait en moi semblait comme une lame de verre contre la carapace affichée de défiance de James Finnerty. Je n’avais plus qu’à l’écouter énoncer ses motifs et théories en espérant pouvoir m’accrocher à une aspérité sur cette paroi sans point d’appui qu’il me présentait minute après minute. Au moins m’accordait-il une certaine responsabilité professionnelle et c’était un bienfait sur la blessure d’amour propre que cette entrevue semblait s’évertuer à ouvrir. Difficile de me dire que cela faisait partie du jeu de mon métier ! A chaque fois que cela m’arrivait, je ressortais de ces expériences, mortifiée et je mettais souvent plusieurs jours à m’en remettre et à en garder le positif même si depuis longtemps j’avais compris que de toute expérience même négative on pouvait en ressortir du meilleur sur un plan ou un autre. En outre, il semblait vouloir me tendre une perche en me demandant la raison qui pourrait le pousser à me faire confiance en les rejetant presque aussitôt. C’était peut-être là-dessus que je devais jouer. Ma voix s’était faite plus ferme et plus sombre lorsque je repris la parole.

“Evidemment, je ne peux pas vous blâmer mais peut être pourrions nous tenter de bâtir cette confiance. Il doit sans doute exister un moyen d’à la fois travailler ensemble et de mettre ma bonne foi à l’épreuve, quitte à nous revoir après que j’ai pu continuer à enquêter, mais j’ai besoin de quelque chose pour m’orienter.”

Pas moyen pour l’heure de savoir si ma proposition rencontrerait un écho chez lui. Cette fois je sens que je vais commencer à le détester. Il doit bien s’amuser à me regarder me débattre avec ses refus perpétuels. Mais bon sang ! Qu’est-ce qu’il croyait en acceptant de rencontrer une journaliste ? Que je ne lui poserais aucune question ? Qu’il retournerait les rôles alors qu’il ne proposait rien ! Et voilà ! La rage commence à monter en moi. Heureusement qu’il me laisse la possibilité de les poser. Le malin ! Si ce n’est pas pour y répondre, je ne vois pas pourquoi. Mais enfin, une nouvelle fois je parviens à raisonner, c’est mon métier d’essuyer des échecs. Mais c’est tellement le contraire de moi ! Le prendre au mot et tenter de lui prouver que ce que je lui ai dit est vrai et pas aussi stupide que ce qu’il veut bien laisser entendre n’est pourtant que ce qui me reste pour rendre cette entrevue un peu productive pour mon enquête alors il n’est pas question que je laisse échapper la moindre chance d’obtenir quelque chose.

“Très bien.”


Je sens que mon ton n’est pas approprié pour l’amadouer et je marque une pause pour en reprendre un plus avenant grâce à une respiration un peu plus ample par le nez. Je ne sais pas si cela marche pour de vrai mais je suis en pleine autosuggestion afin de reprendre le dessus sur ma frustration. Je me rends compte que sa façon de renoncer à élucider certains points ressemble à une résignation qui ne va pas avec l’image que je me fais de lui. J’en suis presque déçue. Il a certainement cherché plus que moi qui arrive à peine sur cette enquête, mais il pourrait au moins accorder un peu d’intérêt au regard neuf que je pourrais peut-être lui apporter. Ou alors je suis encore plus stupide que ma façon de me laisser mener en bateau par James Finnerty ne le laisse supposer.

“Pour commencer, vous allez dire que je tourne en rond, mais il y a la nature du Gobelin. Evidemment qu’il n’était pas comme les autres Gobelins. On peut imaginer que le système de de sécurité n’a pas vocation à s’acharner contre les Gobelins dans leur ensemble mais contre une autre menace. Notre Gobelin était sans doute porteur de cette menace d’une façon où d’une autre. Sa désignation sous le terme d’Effigie est assez surprenante. Serait-il autre chose qu’un Gobelin ? Serait-il porteur de quelque chose qui pourrait être assimilé à une effigie ? S’il y a une effigie, et si l’on considère que le Gobelin est apparu soudainement on peut imaginer qu’il ou qu’elle ait été un des objets exposés, mais lequel ? Aurait-elle un rapport avec le mal auquel vous faisiez référence ? Si cette hypothèse se vérifiait ce ne serait pas une bonne nouvelle. Enfin si peut être pour vous. S’il était une émanation du mal ou d’un objet tout simplement vous ne pourriez plus être accusé de meurtre… Voilà pourquoi cela pourrait vous sortir du pétrin. Vous devez bien avoir une idée là-dessus ?
Ensuite si je ne me trompe pas il y avait une épée particulière qui n’a semblé faire effet que sur le Gobelin. Si l’on relie les deux choses entre elle. Est-elle conçue pour lutter contre ce fameux mal ?
Enfin mais je suppose que vous ne pourrez pas me répondre, qu’est-il arrivé à tous les objets après ces étranges événements ? En particulier qu’est devenu cette épée ?”


Je m’arrête là persuadée que si j’obtenais un semblant de réponse à une seule de ces interrogations je pourrais m’estimer heureuse. Depuis mon entrevue avec Grace Hamilton, je me dis qu’il faudrait que je me retourne vers le Sergent Pepper. Il faut absolument que je sache ce qui est advenu du Gobelin et s’il est la source d’informations qui serait passée sous silence jusqu’alors.

Je scrutais le noir qui enveloppait toujours aussi implacablement mon interlocuteur comme si l’intensité de mon regard et de mon espoir pouvait influer sur ce qui en sortirait. Si je ne voyais pas ses genoux, je pourrais presque penser qu’il était parti Il me semble avoir ouvert assez de piste de réflexion pour qu’il puisse trouver matière à me répondre. Peut-être pas de façon précise mais au moins donner son avis et ouvrir lui-même des pistes de recherche, mais encore une fois sans doute est-ce que je prends mes désirs pour la réalité. J’ai juste une furieuse envie de me lever pour me diriger vers le fauteuil en face de moi, mais déjà fait assez de tonterias pour ne pas en rajouter une. Mes doigts se contentent de pianoter impatiemment sur l’accoudoir du fauteuil en attendant qu’il daigne faire un pas dans ma direction.
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“La frivolité est la plus jolie réponse à l'angoisse.”
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