I was born in a thunderstorm ; I grew up overnight - Erich & Honoria.
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MessageSujet: I was born in a thunderstorm ; I grew up overnight - Erich & Honoria.    Jeu 22 Juin - 17:55


Dans une ruelle sombre - Fin avril 2000


H
onoria lançait tout autour d'elle des regards anxieux, tandis que son coeur battait beaucoup trop vite, et trop fort, pour que cela soit naturel. Se retrouver ainsi, dans les bas fonds d'une ville qui, finalement, lui était encore bien inconnue... cela n'avait définitivement rien pour la rassurer. Au contraire. Alors, cachée dans une ruelle perpendiculaire à une sorte de rue principale - s'il était possible de la nommer ainsi - méticuleusement dissimulée sous sa cape de sorcière, ses longs doigts fins serraient sa baguette en bois de tilleul argenté aussi fort qu'il lui était possible de le faire. Prête à s'en servir au besoin. Ses yeux, quant à eux, n'avaient de cesse de faire des allés et retours entre la rue et le bout de la ruelle où elle se trouvait, qui, en vérité, n'était qu'un cul de sac. De toute évidence, Honoria n'était pas la plus courageuse de toutes les jeunes sorcières, mais s'il le fallait, elle se servirait de sa baguette. Ou tout du moins elle essayerait. Au moins pour transplaner.

Actuellement, au moins un millier de scenarii se déroulaient en même temps dans sa tête, qu'elle secoua finalement de droite à gauche pour tenter de tout oublier. Quelle idée saugrenue avait-elle eue. Comment Honoria Rosier avait-elle pu ne serait-ce que prévoir de se rendre dans un coin aussi mal famé que celui-ci ? C'était absurde ; et particulièrement dangereux. Plus les minutes s'écoulaient, et plus elle en venait à espérer que, au cas où quelque chose se produirait, une vision la préviendrait à temps pour lui permettre de transplaner à l'avance. Mais rien ne venait. Alors de deux choses l'une : ou elle ne risquait rien dans cet endroit, ou alors son don commençait sérieusement à lui jouer des tours - ce qui, finalement, n'aurait sans doute pas été si surprenant que ça. Et depuis le temps qu'elle attendait à présent... elle commençait sérieusement à se poser la question.

Et soudain elle entendit des pas, exactement comme sa vision l'avait laissé présager. Ainsi, il arrivait enfin. Avec plus d'une heure de retard sur ce qui était prévu, certes, mais il arrivait et Honoria en fut particulièrement soulagée ; elle n'avait pas attendu pour rien. Cependant, il était hors de question de rester là. Après tout, quand bien même sa vision - ses visions - était-elle limpide et lui permettrait-elle de reconnaître avec exactitude et sans le moindre mal le protagoniste, de là où elle était, il lui était impossible de voir à quoi ressemblait le nouvel arrivant. Alors elle tenta de se cacher dans le renfoncement d'une porte, espérant que les propriétaires de la demeure ne se décideraient pas à sortir à ce moment-là. Ce n'était pas une très bonne cachette, cela va sans dire, mais c'était là le mieux qu'elle pouvait faire avec les moyens du bord.

Finalement, le jeune homme arriva. Remontant le col de sa cape jusqu'à son menton, elle attendit le coeur battant à tout rompre, que l'ombre de celui-ci finisse finalement par arriver jusqu'à elle. Et quand enfin elle pu apercevoir son visage, c'était avec un soulagement non fin qu'elle reconnu chacun de ses traits, ceux-là-mêmes que ses visions lui permirent de découvrir. Honoria n'était de toute évidence pas une experte dans l'art de la dissimulation, et elle était tant habituée à son univers luxueux et clinquant que le simple fait de tenter de se fondre dans le décor lui était impossible - elle n'était de toute évidence pas assez discrète pour cela. Finalement, elle décida qu'il était temps et elle s'élança à sa suite, tandis que les petits talons de ses chaussures claquaient derrière elle. « Bonsoir, Parzival. Tu m'as fait attendre », murmura-t-elle presque à son oreille lorsqu'elle fut assez proche de lui pour y parvenir. Des airs de reproche à peine dissimulés teintaient le ton de sa voix.

Et si ces quelques mots pouvaient paraître étranges, ceux qui suivirent le furent tout autant. « Je ne saurais affirmer avec exactitude ce que tu t'apprêtes à faire mais j'en ai un aperçu bien assez net pour parvenir à réprouver ces actes ». C'était tout à fait caractéristique d'Honoria ; sermonner un inconnu dans une ruelle sombre, sans même prendre la peine de le vouvoyer. A la différence, sans doute, qu'elle ne considérait pas véritablement ce jeune homme comme un inconnu, puisqu'elle avait, régulièrement, de ses nouvelles. Depuis quelques temps maintenant, elle avait des visions de lui au moins une fois par semaine. Très floues au départ, puis de plus en plus précises à mesure que les jours s'écoulaient. Elle voyait des moments de sa vie, à présent à Atlantis, tout aussi simples que brefs, et elle parvenait à connaître des détails plus précis le concernant, tels que son prénom - ou du moins ce qu'elle croyait l'être. Poussée par un élan de courage, de sottise ou d'inconscience - son choix n'était pas encore arrêté sur la question -, elle s'était décidée à lui écrire mais... jamais il ne lui avait répondu. Alors elle avait voulu briser la glace. Et comprendre pourquoi il occupait tant ses visions.



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And If you were the ocean, I was the sun. In your heart, in your head, in your arms, in your bed ; under your skin. Until there’s no way to know where you end and where I begin. I wanna melt in, I wanna soak through, I only wanna move when you move ; I wanna breathe out when you breathe in then... - I wanna fade into you.





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MessageSujet: Re: I was born in a thunderstorm ; I grew up overnight - Erich & Honoria.    Mar 25 Juil - 14:16

Il détestait travailler pour d’autres. Sinon, pourquoi n’aurait-il pas suivi un chemin facile ? Travailler au Ministère, devenir auror. Un truc du genre. Un sourire passa, furtif, sur son visage, alors que Erich s’engageait dans la rue principale qui reliait la Ville Haute au Centre-Ville. Ces petites livraisons étaient nécessaires, le temps qu’il finisse de lancer son affaire. Ses propres duels, ses propres lieux, ses propres règles. C’était tentant. Exaltant, même. Bien plus que devenir une baguette presque mercenaire au service d’un fonctionnaire gras et ralenti. Néanmoins, il devait faire un effort pour accepter ses jobs, un rictus presque blessé pour confirmation, à chaque fois qu’il recevait une adresse dont il savait déjà qu’elle ne serait pas la bonne. On n’écrit pas le lieu de dépôt d’un colis si… précieux. Et si il ne trouvait pas, l’Allemand savait qu’il serait contraint soit d’abandonner le petit paquet recouvert de papier kraft, soit de le ramener chez lui. Deux solutions qui n’en étaient pas vraiment.

Agacé, en retard sur le planning qu’il s’était fixé pour une nuit bien chargée, il battait à grand pas les pavés, le col de son trench-coat remonté parmi ses boucles brunes. Il aimait travailler son apparence, emprunter celle d’un gendre idéal, bon chic, bon genre. Un sourire de dramaturge et un anglais parfait malgré ses origines. Il était facile de se vendre tel un homme de confiance. Rassurant. Rangé. Et lorsqu’on l’interpellait dans une ruelle, il suffisait de prétexter l’erreur, le doute. De s’excuser en disant qu’on cherche un bar, l’appartement d’un ami, dont on a perdu l’adresse et désolé, mon sens de l’orientation est si déplorable. Erich se fondait partout, trop banal pour être remarqué.

Mais la colère grondait, ce soir-là. Rien n’allait assez vite. Il était depuis plusieurs mois à Atlantis, et son réseau grandissait à peine. Cette ville paraissait trop parfaite elle aussi, à l’image de celle qu’il s’était forgée – ce qui constituait une ironie qu’il gouterait sans doute dans quelques années. Même le port, avec ses appartements chics et ses professeurs d’université résistait, en partie, à la colonisation par l’infamie, aux râles salés, aux moues plaisantes à vendre pour quelques Mornilles, et aux échanges entre doigts crasseux, derrière les étals de poissons. Atlantis, la nouvellement née, semblait être la ville parfaite. Erich, cependant, était bien décidé à la corrompre. Alors il marchait, pas plus vite, mais d’un pas plus décidé, quittant la grand’rue alors qu’il entrait dans le centre-ville, pour se faufiler de ruelles en ruelles, perdre un fileur, habitude tellement ancrée qu’elle était même devenue routine.

Il voulait visiter les sous-sols d’une maison de maître, extraordinairement laissée inoccupée par les colons. Ce serait sans doute un local précaire, provisoire, mais il ne lui fallait rien de plus, en attendant de se faire un nom. Après tout, tous les clubs les plus demandés n’étaient accessibles qu’aux initiés, et pour cela, il suffisait d’une adresse volante. Un peu de brutalité à l’entrée. Et une certaine dose de vice.

« Bonsoir, Parzival. Tu m'as fait attendre »
Il avait presque la main sur la porte de service, mais il s’immobilisa à temps, un frisson parcourant son échine. Jamais il ne perdait son sang-froid, mais cette voix-là, inconnue, caressant son prénom avec la délicatesse d’une menace lui fit perdre une seconde. Mais juste une. Erich se retourna, affichant une moue sympathique, le regard brillant, et détaillant les traits de la jeune femme. « Je ne sais pas qui est le bougre qui vous a donné rendez-vous ici, mais ce n’est pas moi. » Il allait tendre la main, se présenter, proposer de la ramener chez elle car il allait pleuvoir, la nuit tombait et même ici, les rues n’étaient jamais entièrement sures, ce soir. En parallèle, il songeait au contenu du colis qu’il avait déposé dans la Ville Haute, à l’éventualité d’une erreur qu’il aurait alors commise, avant de se rassurer, car ce commanditaire ne pouvait décemment rien savoir de son passé.

La brune continua cependant, accentuant son malaise.  « Je ne saurais affirmer avec exactitude ce que tu t'apprêtes à faire mais j'en ai un aperçu bien assez net pour parvenir à réprouver ces actes ». Il choisit de feindre l’innocence. L’Allemand se gratte les cheveux, substituant le malaise par une gêne polie, travaillée. « Hm. Je ne sais pas ce que vous insinuez, mais c’est plutôt vexant. Je sais que rentrer par la porte de derrière à une signification souvent très romancée, mais je vous assure que je ne suis pas celui que vous croyez. » L’innocence du Don Juan, une excuse dont il ne se lassait pas. Elle avait le mérite de dévier le fil de pensée des interlocuteurs. Impossible de ne pas penser à ce qui vient d’être évoqué ; et détricoter une métaphore alambiquée distrait la pensée des détails qui doivent rester cachés. Il tend la main, finalement. Une paume chaude, accueillante, de celles à qui on a envie de faire confiance. « Je connais plutôt bien le quartier. » Demi-mensonge, il connaît bien mieux les docks – ce qui le fait réaliser que ça le rend trop prévisible – « et il ne me semble pas y avoir déjà rencontré un… comment avez-vous dit ? Parzival. Ça s’oublie pas, pourtant. Mais, si je peux vous aider… ? »
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