De l'art et de l'usage du Rappeltout | Irvin
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MessageSujet: De l'art et de l'usage du Rappeltout | Irvin   Dim 11 Juin - 10:15

Meical pousse un énième soupir. Un soupir assez reconnaissable, celui du devoir à rendre par écrit, le truc qui lui prend le double du temps qu’un élève lambda passerait sur un même devoir avec la recherche. Certes, c’est toujours mieux qu'un partiel, là, Eireann se prendra deux bonnes heures pour relire ce que sa plume à papote. Si elle ne divague presque plus depuis l’épisode Englyn, elle décide des fois de ne pas marquer certaines choses, juste par rébellion. Peut-être que si elle avait perdu un peu plus de barbe qu’elle n'oserait plus rien faire. Ses camarades en ingénierie magique ont beau lui promettre que cela n'a rien à voir, que ce genre d'aventure (Englyn mâchonnant avec entrain la plume à papote comme elle mâchouille sa corde nouée jouet) n'a eu aucune incidence sur l’objet, Meical est persuadé du contraire et ceux même après un semestre d'ingénierie magique. Sa plume a probablement une âme. Et puis c’est plus joli de penser comme ça. Plus facilement accessible. Ce n’est pas pour rien qu’il a donné un nom à sa plume. Malgré ces péripéties, il apprécie son aide qui lui facilite grandement la vie, lui et son incompétence.

Quoi qu'il en soit, il est maintenant dans l’Atelier pour se concentrer, un rapeltout brisé devant lui et un sujet de dissertation enregistré sur son dictaphone, lu par la douce voix d’Eireann. Elle lui lit aussi les articles scientifiques fournis dans le corpus. La lecture est d’ailleurs ponctuée certaines fois par des remarques de la jeune femme qui font rire aux éclats Meical. Elle peste notamment contre le troisième auteur du corpus qui visiblement raconte n’importe quoi à ses yeux. Meical lui se contente d’écouter. Après tout, il est seul dans cet atelier, alors autant en profiter. Englyn est probablement en train de se rouler dans l’herbe du jardin ou de roupiller dans sa niche, bref, faire ses trucs de chien. Eireann, elle, est en cours .Voilà autour de quoi tourne sa vie à Atlantis : Englyn et Eireann. A l’aide d’une pince et de sa baguette, au son de la voix crachotée par le dictaphone, il étale les morceaux du rapeltout pour analyser ses composants. Dans un sens, ça l’intéresse, ça lui fait manipuler de la magie autre que ses baguettes et peut être que cela lui servira à l’avenir.

Maintenant, il faut commencer, il ne sait pas exactement combien de temps il aura encore l’atelier avant qu’un ou une étudiante d’ingénierie occupe le terrain et fasse exploser la salle. Commencer un devoir. Eireann conseille. D’abord introduction. Avec définition du sujet, le problème qu’il soulève. Alors Meical éteint le dictaphone, organise sa pensée et commence son devoir, tapotant en rythme sur ses cuisses pour se concentrer, les yeux clos. Sa voix est douce est basse. Il ne porte aucune attention à ses cheveux en bataille, à son polo légèrement ouvert et visiblement usé malgré sa facture fait main .D’habitude, il fait attention, un peu, à sa tenue, pour se fondre dans la masse. C’est pour ça qu’Eireann lui a offert, un jour, le jean qu’il porte, quand elle en a eu marre de ses pantalons usés aux jointures et aux genoux et parce que le jean, c’est très résistant. Concentré sur son travail, il n’entend pas la personne qui entre dans la salle à son tour. Meical se triture les doigts, signe qu’il est en difficulté.


« Attends ! Arrête, il faut que je réécoute le truc. »

Dit-il à la plume à papote qui se repose sagement sur la table en attendant d’autres instructions. Meical fouille soigneusement son bazar étalé sur le plan de travail, passe devant le type avant de comprendre qu’il n’est pas seul.

« Pardon. »

Un silence

« Vous avez besoin de la salle ? »


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MessageSujet: Re: De l'art et de l'usage du Rappeltout | Irvin   Dim 11 Juin - 11:47

La bibliothèque. L'aile d'ingénierie. J'y passe ma vie, littéralement. Et pourtant, je suis loin d'avoir tout visité, tout découvert. J'aime ces endroits autant qu'ils me frustrent, parfois. La magie qui y règne dérègle mes appareils, et malgré tout mon travail, tous mes efforts depuis janvier, je ne parviens pas à trouver une solution. Je fulmine, je tourne en rond comme un lion en cage, bloqué dans cet entre-deux, ni sourd ni entendant. Aujourd'hui particulièrement, tout m'insupporte. Le brouhaha des étudiants de ma résidence m'a fait fuir ma chambre, et même la bibliothèque joue contre moi : les grincements insupportables de l'échelle du bibliothécaire me vrillent encore la tête, alors que je marche à grands pas dans les couloirs de l'aile d'ingénierie, à la recherche d'une salle vide où je pourrais travailler tranquillement. Un peu de calme, c'est trop demander ?!

J'ouvre à la volée puis claque quelques portes au hasard, dévoilant toutes des pièces déjà occupées. Face aux protestations qui en jaillissent, j'éteins mes appareils et je fais demi-tour. Je déteste le faire lorsque je suis en mouvement, et ça ne fait qu'aggraver mon humeur déjà massacrante.

A force de tourner dans le bâtiment, je finis par me retrouver devant l'atelier d'enchantements. Je soupire. Ce lieu est un des plus fascinant de l'aile ; et évidemment, un des plus difficiles à gérer pour moi, à cause de toute la magie qui s'y déroule. Je suis forcé d'y travailler avec mes oreilles éteintes, ce qui peut se révéler carrément dangereux, selon la population et les sorts utilisés. La seule solution trouvée pour le moment est d'y travailler les soirs de fêtes estudiantines, quand les salles de travaux pratiques sont désertées au profit des bars peuplant Atlantis. Je pousse la porte, trop vivement, sans grand espoir de la voir libre.

Elle l'est, pourtant ; enfin, calme à défaut d'être vide. Un seul type est penché sur une table, non loin. Avec appréhension, je rallume mes appareils… et je soupire à nouveau, mais de joie cette fois. Plus de sifflements ou de grésillements, et le volume est apparemment redevenu normal lui aussi. Ça m'apaise, un peu. Je me frotte le visage dans les mains, et avance dans la salle, le pas plus tranquille. J'entends même l'étudiant m’interpeller alors que je passe devant lui, même si sa voix est légèrement étouffée. Je me retourne pour lui faire face et lire sur ses lèvres.

- Vous avez besoin de la salle ?

- Si tu ne comptes pas faire exploser des trucs, partager ne me dérange pas.


Je jette un œil curieux à sa plume à papote. Ce type ne m'est pas inconnu, en fait. Peu d'étudiants utilisent ce genre d'objets au quotidien, car elles ont mauvaise réputation, en plus d'être souvent interdites par crainte de tricherie. Alors évidemment, j'aurais difficilement pu rater cette plume et son possesseur ; pourtant, je ne lui ai encore jamais parlé. Ce n'est pas étonnant en soi, je connais mal les autres étudiants de ma promotion - nouer des liens devient légèrement compliqué quand on a du mal à comprendre des choses aussi basiques que les noms des gens. Sa plume a l'air particulièrement docile, de plus : argument supplémentaire pour faire connaissance.

Un autre détail aiguise mon intérêt : son dictaphone. C'est la première fois que j'en vois un dans des mains sorcières ! Je suis curieux de connaître son utilité ici. Ce type a tout d'un étudiant qui ne sort pas trop de son atelier : cheveux en bataille, fringues usées et tête concentrée. Je donne sûrement la même impression, avec mes cheveux un peu trop longs (mais je déteste l'idée de les couper, ils cachent au moins un peu mes appareils), mon gros pull roussi au poignet et mon sac en bandoulière un peu usé. Je tire une chaise et m’assoit à sa table, ma mauvaise humeur s 'évanouissant à mesure que ma curiosité grandit.

- Il est enchanté ? J'ai déjà vu ta plume en cours, elle a l'air plus docile que la mienne, comment tu fais ? Celle que mes mères m'avaient offerte à Noël se retenait rarement d'ajouter aux paroles des professeurs des commentaires de son cru, sur le look desdits professeur-e-s ou les derniers ragots à leur sujet. Exaspérant.

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MessageSujet: Re: De l'art et de l'usage du Rappeltout | Irvin   Lun 12 Juin - 13:57

Meical s’apprête à ranger son matériel. Le dictaphone est déjà en train de rejoindre le fond de son sac à dos sans fond. C’est en général la première chose qu’il range. Qu’il cache. Pour qu’on ne lui demande, jamais, l’utilité de cette technologie moldu. Il a déjà deux trois idées de réponses préconçues, quelques idées de réponses ni mensonge ni vérité. Mais il espère n’avoir jamais à les mettre en place. Il n’aime ni mentir, ni tromper, grand-mère dit que c’est profondément impoli et malvenu. Ce que grand-mère dit est parole d’évangile. Le type rentre complétement, il semble s’apaiser dans l’endroit. Meical guette toutes les réactions qui se font sans mot, les réactions que les humains normaux apprennent à décrypter de manière automatique pour mieux s’adapter au groupe. L’atelier est donc un endroit apaisant pour lui. C’est bon à savoir. Il parle de faire exploser des trucs. Meical prend sa moue d’enfant. Il n’y a que les gens en ingénierie magique que ça amuse, de faire sauter des trucs et de détruire à moitié le labo à chaque tentative d’inventions ultra super géniale. Mais il ne peut pas dire ça. D’abord parce que le type en face de lui est probablement de cette filière, l’effectif des autres filières suivant ce cours et donc ayant possiblement usage de l’atelier est suffisamment réduit pour qu’il sache en détecter tous les visages, même les plus récents. Et puis ce n’est pas gentil. Eireann appelle ça un préjugé. Dans préjugé, il y a prè-, qui veut dire avant dans les mots. Et juge. Ce qui juge avant. Avant de connaitre, avant de tester. Pour découvrir, il faut se débarrasser de ses préjugés. C’est Tad qui dit ça. Et Tad a souvent raison. Sauf quand il contredit grand-mère, là, il a tort. Pour suivre la logique.

Le garçon s’assoit à côté de lui. A son assertion sur l’explosion, Meical s’est contenté de répondre un petit « non » murmuré, appuyé par un secouement de la tête. Comme un enfant. Mais le type est trop rapide, juste avant que le dictaphone disparaisse, il le désigne alors le gallois se stoppe dans son mouvement cherche un regard, celui de son interlocuteur. Il pose deux questions. Une sur le dictaphone auquel Meical prendra soin de ne surtout pas répondre et une sur la plume à papote. Là, tout de suite, ça l’inspire plus. Surtout pour dévier la conversation sur un sujet nettement plus intéressant. Ces plumes peuvent être un sujet de discussion inépuisable. Même raconter la pseudo théorie de la docilité de la plume Barde.

« La plume ? …. Englyn a tenté de la manger, elle a failli y perdre son cal …. La partie de la plume qui écrit du coup elle croit que je la donnerais à manger à Englyn si elle divague. Donc elle ne divague presque plus. Et puis, peut-être qu’elle s’est lassée. Mes amis en ingénierie magique disent que ça n’a rien à voir, que j’ai juste eu de la chance dans ma fainéantise. »


Il dodeline un peu, semble réfléchir un long moment. A cette étape de la discussion, Englyn pourrait être une petite fille, un niffleur, un chat ou un dragon. Meical observe sa plume, joue un peu avec

« Peut-être qu’elle a une âme en fait. Comme les fantômes. »


Sérieux. Infiniment sérieux. Meical détourne la conversation avec un grand sourire empli de curiosité. Nouveau venu veut dire nouvelles histoires. Et il adore les histoires. Il tutoie alors Meical tutoie. Eireann dit que ça fonctionne comme ça. Sauf avec les personnes âgées. Pourtant, ses seuls références personnes âgées, c’est-à-dire Tad et sa grand-mère, il les a toujours tutoyée. A ne rien comprendre, ces normes de politesse.


« Et toi ? Qu’est ce qui t’amène ici ? Tu es en ingénierie magique, non ? Tu as le droit au sujet très compliqué, pas celui des débutants sur les rapeltouts. Surement. Il faut être plus intelligent pour intégrer les parcours et les cursus que les formations. »


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MessageSujet: Re: De l'art et de l'usage du Rappeltout | Irvin   Sam 24 Juin - 7:20

Une fois assis, je me dis que j'aurais dû lui demander son accord avant ; et me présenter, aussi. Tant pis. Il a l'air du genre conciliant, pas énervé ou vexé que j'interrompe sa séance de travail. Tant mieux. Je me présente rarement, si je peux l'éviter, parce qu'alors les gens se présentent à leur tour, et j'ai souvent du mal à saisir leurs prénoms. Surtout les prénoms sorciers, qui redoublent souvent d'exotisme ou d'originalité. La lecture labiale a ses limites, et je préfère éviter de me ridiculiser en me trompant. Il ne semble pas remarquer mes appareils, ou alors il a assez de tact pour ne pas les fixer des yeux comme la plupart des gens.

Les mains du type plongent sur le dictaphone pour le ranger dans son sac, et il me fixe directement. Un peu trop directement même, et je détourne mes yeux sur sa plume avant de les reposer sur ses lèvres quand il recommence à parler.

In… Qui ? Son explication me laisse perplexe, et je l'observe, franchement étonné, pendant une seconde, avant de me ressaisir. L'idée que les plumes ont des sentiments et des pensées me semble ridicule - et son explication me déçoit, car je peux difficilement l'appliquer à ma propre plume. Ma frustration revient au galop à l'idée que je vais devoir continuer à expérimenter seul sur le sujet. Mais cet homme a un effet bizarrement apaisant. Le grand sourire qu'il m'adresse ensuite, et sa façon de parler, sérieuse et en même temps naïve, me fait penser à un enfant.

Fainéantise ? Ça me semble peu probable. Utiliser une plume à papote se révèle rapidement plus contraignant que d'écrire soi-même quand elle décide de divaguer. Et s'il s'agissait vraiment de flemme, ces objets seraient beaucoup plus répandus. Il a l'air d'en avoir autant besoin que moi, et j'aimerais savoir pourquoi.

Ses phrases sont longues, un peu fouillies. Heureusement que mes appareils coopèrent, sinon je peinerais à le comprendre. J'espère qu'il ne notera pas mon léger temps de latence qui suit chacune de ses questions. Questions auxquelles il apporte lui-même des réponses, d'ailleurs, comme s'il se parlait plus à lui-même qu'à moi.

- Ingénierie magique, oui. C'est quoi ton sujet ? Je sors de ma sacoche un long parchemin griffonné de notes et de références sur toute sa surface : il ne me reste plus qu'à organiser le tout et rédiger la version finale. Je dois réfléchir aux enchantements les plus efficaces pour ralentir un objet lancé à pleine vitesse et minimiser les dégâts en cas de collision avec un autre objet. Une sorte d'airbag magique extérieur, en gros. Potentiellement utile pour les voitures moldues ou les balais ; ce point m'intéressait particulièrement, pour les améliorations que nous pourrions apporter aux balais de Milo. Mes yeux se posent dans le vague, derrière l'étudiant. Je ne pense pas que ce soit juste une question d'intelligence, plutôt une tournure d'esprit, non ? Je n'ai jamais rien compris à la botanique, c'est si… variable, inconstant. Rien de très logique là-dedans.

Je suis quand même un peu flatté de sa remarque. Je tire ma propre plume à papote de mon sac et la fait rouler entre mes doigts, repensant à la réflexion de l'étudiant.

- Je ne pense pas qu'elle ait une âme. Plutôt une intelligence artificielle, créée par les sorts de métamorphose. Mais une intelligence un peu capricieuse… Ça vient peut-être du sort en lui-même. Si elle avait une âme, elle écrirait sûrement sans qu'on le lui demande. Et on se réveillerait le matin avec des parchemins couverts d'états d'âme de nos plumes.


Je le regarde à nouveau.

- Pourquoi t'en utilises une, au fait ?

La question s'échappe de ma bouche avant que mon cerveau ait eu le temps de m'avertir qu'elle manquait légèrement de tact.

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MessageSujet: Re: De l'art et de l'usage du Rappeltout | Irvin   Mer 9 Aoû - 18:48

Meical a l’air d’un enfant pris en flagrant délit de mensonge et autre bêtises. Par plusieurs fois, il caresse son dictaphone dans le fond de son sac. Plusieurs fois, son cerveau tourne et retourne à la recherche d’une excuse valable pour l’utilisation de sa plume. Cela viendra, forcément, dans la discussion. Il n’aime pas parler de lui, il n’a jamais aimé le faire, se dévoiler. Il aimerait tant dévier le sujet, maladroitement. Il n’a pas envie, pas envie de parler de son sujet, de ses études qu’il peine à suivre et qu’il ne pourrait probablement pas suivre sans Eireann. Pas envie de répondre aux questions. D’habitude, il dévie en parlant d’Englyn a tort et à travers. Il passe pour un type gaga de son chien, ce qui est vrai mais c’est un excellent déviateur de conversation. Ses mots restent cependant pendu au creux de ses lèvres, un maladroit « je », « I » avec un accent étrange. Il les cherche, ses mots, pour mieux les choisir. Les bons mots. Simple et efficace. Mais la rhétorique, c’est pour les gens savant. Lui se contente de savoir que ça s’appelle rhétorique, l’art de savoir parler. Et puis, c’est tout. Le type semble tiquer parfois, se perdre un peu.


« Moi, je ne suis pas intelligent. Je suis stupide. Un peu. Alors j’ai le sujet sur les rappeltouts cassés. Je vais soigneusement travailler à avoir une note suffisant en mettant tout ce dont je suis capable. En espérant que ça suffise. »



Il n’est pas aussi passionné que son interlocuteur, dont il admire visiblement, transparent, l’énergie dès qu’il se met à parler de son sujet  qui a l’air de l’emballer. Par contre, Meical tique avec une énorme appréhension. Pas Botanique. Pour une fois. Botanique, il voit ce que c’est, c’est les leçons où il fallait connaitre et reconnaitre les plantes par cœur et il était plutôt bon à ça, merci mémoire visuelle. Non, son problème, c’est plus ….

« Airbag …. Un sac … avec de l’air ? Une manche à air pour la direction du vent ? Je … »




Ne vois pas du tout de quoi tu parles. Mais il ne finit pas sa phrase. Pour lui, une voiture est un étrange engin tout en ferraille qui avance avec ses quatre roues et l’opération du saint esprit alors un airbag, cela va au-delà de sa conception de l’engin.

La conversation repart sur la plume, mais sur les plumes à papote en général. Si Meical évince tout de suite la question du « Pourquoi tu t’en sers » en y répondant pas, il préfère continuer sur le terrain que propose l’étudiant.
« L’âme et la volonté, ce n’est pas pareil. Dans un sens, écrire n’est pas « vital » pour cette plume. Elles sont peut-être comme les méduses de l’Aquarium de Dublin. Enfin, il n’est pas tout à fait à Dublin. Et puis, des fois, c’est juste bien d’imaginer. Ça rend le monde moins gris. On pourrait donner un nom à ta plume. Un joli nom, élégant. Peut-être qu’elle écrirait moins de bêtises comme ça .C’est peut-être idiot mais ça ne coute rien d’essayer. Il faut un nom qui te plaise à toi aussi. Puis un nom, c’est bien pour pester contre quelqu’un. Ma mère dit qu’il y a des prénoms qui se grondent mieux que d’autres. »



Il lui sourit gentiment, avec bienveillance, toujours. Il tente de sonder ce nouvel interlocuteur, lui permettre de se livrer un peu pour mieux le connaitre et éviter les impairs.

« En tout cas, tu as l’air d’avoir beaucoup travaillé ce devoir. Ta page est couverte de texte. »


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MessageSujet: Re: De l'art et de l'usage du Rappeltout | Irvin   Ven 8 Sep - 7:05

Je le trouve un peu puéril, soudain, à se plaindre et à espérer réussir. Prier ne lui servira à rien, espérer non plus, face aux difficultés il n’y a qu’une solution : se mettre à travailler. De plus, lui n’a pas à prouver constamment qu’il est intelligent et il ne se rend pas compte de son petit privilège. Je perds le compte du nombre de fois où, alors que je me rends accompagné dans un endroit quelconque, on finit par m’ignorer, parler de moi sans me regarder, comme si je ne comprends plus, comme si mal entendre m’a ôté un peu d’intelligence. C’est infantilisant, frustrant, humiliant. Et l’entendre se rabaisser ainsi lui-même, alors que les autres le font bien assez en général, est presque rageant.

- Pourquoi stupide ? Personne n’est stupide, il suffit de travailler assez dur, de ne pas se contenter du « juste assez ». Et ne dis pas aux gens que tu es idiot, ou ils finiront par le croire.


Ou tu finiras par t’en persuader toi-même. Et c’est sûrement là le plus grave. Mon ton est un peu trop cassant, sans doute, mais sa réaction a titillé une vieille douleur, dans un coin de ma tête, que je préfère loin de mes pensées. Je préfère me concentrer sur mon devoir, que le type scrute avec son intérêt enfantin et sincère. Il me fait penser à ma plus petite sœur, les yeux grands ouverts de curiosité face à un nouveau livre que je lui lisais, tous deux cachés sous ma couette après que mes mères nous ait couchés. Les airbags étaient une amélioration sur laquelle Milo et moi planchions depuis un petit moment déjà, mais les sortilèges de ralentissement se révélaient plus difficiles à manier que dans nos espérances.

- Non, un airbag est une sorte de sac, vide, caché dans le volant de la voiture, et qui s’ouvre en cas de choc. Il se remplit d’air, pour amortir la collision.

L’idée me vient soudainement qu’il ignore peut-être tout des volants et des voitures moldues en général. J’ai moi-même passé le permis de conduire, même si pour l’instant cela ne s’est pas révélé être d’une utilité flagrante, mais je ne me suis plus assis devant un volant depuis ma maladie.

- Un volant de voiture moldue, tu vois ?

Le sol vibre un peu sous mes pieds, et un bruit sourd cogne contre le mur adjacent. Mes implants protestent aussitôt et un sifflement pénible emplit mes oreilles, avant de laisser place à un grésillement qui me fait serrer les dents. Je rate le début de la tirade de l’étudiant… et je me perds, le sens de ses phrases confuses m’échappe et ses mots, ponctués d’hésitations et de son accent un peu étrange, glissent trop vite pour que je puisse entendre et comprendre à la fois. Quelles méduses ? Imaginer quoi ? Et pourquoi me parle-t-il de sa mère ? Je sens la frustration remonter, lentement mais sûrement ; et une légère honte aussi, à l’idée de passer pour un idiot devant ce type qui voyait en moi un étudiant talentueux, quelques secondes auparavant. Je lève la main pour l’arrêter mais il fait enfin une pause, et me regarde, bienveillant. Je n’ai aucune idée de la réponse qu’il attend, et je reste silencieux. Puis il parle à nouveau, et je hoche la tête à sa louange.

- Tu peux répéter ce que tu as dit avant ? Moins vite ?


Je bouge, involontairement, sur ma chaise. Je déteste faire répéter, chaque demande est pour moi une petite avanie dont la trace amère persiste longtemps après la fin de la discussion.

- Merci, j’ai beaucoup bossé, oui. Je travaille dans un magasin de fournitures sorcières et moldues, et ces sorts nous seront très utiles. C’est pour ça que j’ai choisi ce sujet.

Parler du magasin de Milo est mille fois plus confortable.

- Tu connais peut-être le magasin, c’est le Milo’s Magical Sports Supplies.

Et avec un peu de chance, ça le distraira de poser des questions personnelles.

- Et ton sujet consiste en quoi ?

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