Irvin Fowler - Journal de Bord

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Pseudo : Isou, BreizhClafoutis
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Lieu de résidence: Quartiers Résidentiels des Faubourgs, partie traditionnelle, en colocation avec Torvi Von Wrangel et une petite Hobbite fraîchement née
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Sujet: Irvin Fowler - Journal de Bord | Mar 18 Avr - 11:55
Chronologie


Biographie

Juillet 1975 : Emménagement de Louisa Fowler et Isabel Rees à Flagley-le-Haut
24 septembre 1975 : Naissance d'Irvin à la maternité de Leeds
18 avril 1977 : Naissance des jumelles, demi-soeurs d'Irvin
12 mars 1980 : Naissance de Matilda Rees Fowler
1er septembre 1987 : Irvin entre à Poudlard et est réparti à Serdaigle. Il y rencontre Mia.
Octobre 1988 : Irvin et Mia découvrent un épouvantard par accident. L'incident les rapproche et ils deviennent amis.
Novembre 1991 : Rencontre d'Irvin et Milo à un match de Quidditch
Juin 1994 : Irvin termine Poudlard et se fait embaucher dans un magasin de fournitures et de réparation moldues/magiques à Londres.
Juillet 1997 : Irvin démissionne, retourne vivre à Flagley-le-Haut et s'inscrit à un programme de rattrapage en sciences moldues par correspondance.
Septembre 1997 : Louisa Fowler apprend qu'un groupe de résistants à Voldemort s'est installé dans la forêt voisine du village et décide de les soutenir. Réticent à les aider, Irvin préfère rester neutre.
Octobre 1997 : Irvin accepte finalement de participer à la cause du groupe de résistants et rencontre Léandre.
Septembre 1998 : Irvin débute un cursus de physique à l'Université de Leeds.
25 août 1999 : Irvin contracte une scrofulite aigüe et est hospitalisé à Sainte-Mangouste.
Fin septembre 1999 : Après un mois d'hospitalisation et plusieurs opérations, les médicomages parviennent seulement à lui faire récupérer une dizaine de décibels : Irvin reste sourd sévère. En quête de solutions, il se tourne vers la médecine moldue et débute un suivi au Royal Throat, Nose and Ear Hospital à Londres.
Octobre et novembre 1999 : Implantation bilatérale et début de la rééducation.
Janvier 2000 : Irvin s'inscrit à l'UPA avec l'espoir que les progrès technomagiques lui permettront de compenser plus efficacement sa surdité, tout en continuant sa rééducation à Londres.
Mars 2000 : Arrêt de la rééducation


Mars 2000

Looking for Connor Abandonné
Irvin rate les cours pour conseiller Milo dans l'achat d'un boursouf. Parce qu'avoir des priorités dans la vie, c'est important. Il fait la connaissance de Milanka.

Every adventure requires a first step Terminé
Irvin bricole tranquillement sa radio dans la bulle de simulation quand Poppy débarque et tente de le... noyer. Tout ça va dégénérer, évidemment.

Les retrouvailles tombées du ciel Terminé
Alors qu'il bricole tranquillement en plein milieu de la forêt (pour éviter de croiser une Poppy sauvage), Irvin se fait accoster par Emilia, qu'il n'a pas revu depuis 2 ans.

La soirée d'inauguration (Intrigue officielle) Terminé
Irvin se rend à la soirée de présentation de la nouvelle machine d'Atlantis. Il soutient Milo, se fait kidnapper par Poppy et réussit à parler à Steve Jobs, avant que tout ne dégénère. Encore.
   


Avril 2000

De l'art et de l'usage du Rappeltout Abandonné
Irvin fait la rencontre de Meical.

"Attendez qu'on vous appelle !" Abandonné
Trois jours après la soirée d'inauguration râtée, Irvin se rend au centre médical pour une visite de contrôle de ses appareils. Il y retrouve Arabella.

Elémentaire, mon cher ! Abandonné
Dans le jardin d'Emilia, Irvin et la vétérimage découvrent par hasard des runes étranges, premier indice d'une chasse au trésor qui va les mener jusqu'aux tréfonds d'Atlantis...

La fièvre du dimanche après-midi Abandonné

Les maux de la mer Terminé
Irvin fait la connaissance de Torvi. Cette dernière emménage provisoirement avec Milo.

Mi-avril : Torvi et Irvin deviennent colocataires et emménagent dans les Faubourgs.


Juin 2000

A quel point méprisez-vous les règles ? Terminé
Après avoir évité Erich pendant des mois, ce dernier réussit finalement à provoquer une rencontre.

7 juin : Torvi apprend qu'elle est enceinte et décide garder le bébé.

Beaucoup peuvent supporter le mauvais temps qui n'ont pas le goût pour la tempête Abandonné

Allez on se presse, y en aura pas pour tout le monde ! Abandonné

Accalmie Abandonné

Après l'horreur Terminé



Juillet 2000

12 juillet : Tentative de suicide d'Irvin et début de sa dépression. Il reprend un suivi psychomagique, interrompu en janvier.

SOS Balai en détresse En cours

Keeping your head above water Terminé



Août 2000

Des excuses, toujours des excuses Terminé
Irvin fait la connaissance de Grace.

It would be so nice if something made sense for a change Terminé



Septembre 2000

Que sont mes amis devenus ? Abandonné
Irvin retrouve Mia, sa plus ancienne amie de Poudlard, avec qui il n'avait plus de contact depuis plus de 2 ans.

#YOLO Terminé
Tout est dans le titre.

I'll make you feel real good Terminé
Suite de l'épisode précédent.

Don't let the lights go down Abandonné


Décembre 2000

My name is Hamilton, Matthew Hamilton Terminé
Irvin découvre Matthew en train de fouiller l'atelier du magasin de Milo, à la recherche d'informations.

Bonnie and Clyde Abandonné
Irvin et Adrasteia se rencontrent à la maternité, en pleine crise de nerfs.

A celebration of the moments to come En cours
Irvin, Matilda, Milo, Grace, Matthew et Emi fêtent le nouvel an ensemble. Et Irvin est ravi de revoir le frère de la française.



Janvier 2001

Nouveau départ pour une nouvelle année Terminé

Roses are red, violets are blue Abandonné
Naissance de Rosie.



Février 2001

Nouvelle maison pour petit chaton Terminé
Grace recueille un chaton abandonné et convainc Irvin de l'adopter.



Mars 2001

Le temps des malentendus En cours

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Sujet: Re: Irvin Fowler - Journal de Bord | Dim 3 Sep - 5:08
Flagley-le-Haut, maison des Fowler, 20 juin 2000

Louisa était encore seule dans la maison, assise dans le canapé, un livre sur les genoux ouvert à la même page depuis une demi-heure. Elle se leva, trouva un verre à laver dans la cuisine, vérifia le niveau de croquettes dans la gamelle du chien, puis retourna s’asseoir dans le salon. 19 heures sonnaient tout juste. Son fils n’allait pas tarder à rentrer. Son dernier examen, celui qu’il redoutait le plus, était normalement terminé et elle s’attendait à le voir passer la porte d’un instant à l’autre. De quelle humeur par contre, ça restait à voir.

Un quart d’heure passa, rythmé seulement par le tic tac de la petite horloge en forme de maison posée sur la cheminée. Cinq interminables minutes s’écoulèrent encore avant que des pas précipités résonnent dans le jardin. La porte d’entrée claqua, et aussitôt, une silhouette longue et mince se jeta dans l’escalier.

- Irvin ?


Le jeune homme s’interrompit, le pied sur la première marche. Louisa s’approcha, du pas souple et mesuré d’une soignante jaugeant une bête blessée. Il avait le teint pâle, le visage fatigué, mais les yeux brillants de frustration, presque de colère. Il jeta son sac dans l’entrée et sa veste, sans plus de précaution – lui qui était toujours si précautionneux – sur le porte-manteaux.

- Comment ça s’est passé ?

La porte claquée et les affaires jetées lui avaient déjà apporté la réponse. Mais elle voulait l’entendre de sa bouche, il avait besoin d’en parler. Il bouillait sur place, littéralement, et elle vit même ses poings se serrer subrepticement.

- Echec total. L’examinateur parlait trop vite, j’ai essayé de lui demander de ralentir et de me regarder mais il ne m’écoutait pas. J’ai pas compris ce qu’il me demandait, j’ai tout confondu et je me suis planté. Et il n’a pas voulu me donner un deuxième essai. Il m’a demandé de me concentrer plus, il n’arrêtait pas de le répéter, en boucle. Me concentrer ! Comme si je ne faisais pas que ça, tout le temps, rien que pour le comprendre, lui !

Louisa s’approcha pour poser une main sur son épaule, compatissante, mais Irvin se déroba. Il se glissa dans le salon et, incapable de se calmer, se mit à tourner en rond comme un fauve en cage. Sa mère ne pouvait pas prétendre comprendre, mais elle brûlait d’aller s’expliquer avec ce professeur, de foncer à l’Université pour exiger que son fils repasse l’épreuve ; mais ça ne servirait à rien. Le mal était fait, Irvin avait échoué, et c’était une tare impardonnable pour lui et son exigence démesurée. Il n’avait pas seulement raté une matière ; il avait échoué à être un étudiant lambda. Hors c’était tout ce qu’il avait essayé de faire pendant cette année, tout ce pourquoi il avait travaillé, tant et si bien qu’il avait presque réussi à s’en persuader lui-même. Louisa souffrait de le voir s’obstiner dans cette direction, et encore plus de le voir se heurter de plus en plus violemment à ses limites, qu’il refusait pourtant d’admettre.

- Les étudiants autour nous regardaient, c’était humiliant. J’ai jamais été aussi humilié de ma vie !

- C’est inacceptable, je suis d’accord, tu devrais écrire à l’Université pour leur demander de repasser l’examen.
Elle reprit, d’une voix plus douce. Tu pourrais leur amener le papier de l’hôpital, celui qui justifie d’avoir plus de temps pour les épr...

- Je veux pas de passe-droit. J’ai raté, c’est tout, il n’y a rien d’autre à dire.

Sa voix était implacable, sa décision définitive. Il ne ferait aucun recours qui confirmerait son statut d’étudiant particulier. Le rôle de fils irréprochable qu’il s’était attribué était difficilement compatible avec un handicap. Mais tant qu’il n’accepterait pas de poser ce mot sur lui-même, il ne pourrait pas avancer et accepter vraiment sa nouvelle condition. Alors ses mères attendaient, tentaient parfois par des mots soigneusement choisis de lui faire prendre conscience de sa nouvelle réalité.

- Tu as réussi ton année, de toute façon, en à peine 6 mois, c’est déjà un exploit en soi. Et puis maintenant, tu vas pouvoir te reposer un peu, et profiter de l’été, ta sœur arrive d’ailleurs, ce soir !
Elle tenta de se donner une mine et une voix plus joyeuse. Ton parrain nous a invités, je crois qu’il a prévu une petite soirée pour vous deux. Comme je le connais, tu auras de quoi ramener à manger pour une semaine.

Irvin leva enfin la tête vers elle, le regard dur et la voix cassante. Les repas étaient depuis des mois un sujet de tension, car il s’était tant perdu dans son travail qu’il en oubliait souvent de se nourrir, et sa minceur le trahissait.

- Arrêtez de vous inquiéter, tous ! Je suis plus un enfant, je sais me débrouiller.

- Justement, on s'inquiète. Tu manges à peine, tu ne dors presque pas, tu es toujours si nerveux… Il faut que tu te reposes un peu et que tu prennes soin de toi. Les médecins te l’ont dit
– il pesta à ce rappel -, et tu as manqué ton dernier contrôle, d’ailleurs.

Il balaya sa dernière phrase d’une main.

- C’est important, si tu veux progresser !

- Et qu'est-ce que je fais à ton avis !

- Ne crie pas, s'il te plaît…

- Qu'est-ce que je devrais faire ?! Attendre ici que les médicomages progressent et trouvent une solution miracle ? Mes recherches sont plus importantes que ces foutus contrôles ! Il faut que je trouve une solution, que j'améliore ces appareils, je peux pas rester comme ça !

Il tremblait, les poings serrés, debout de toute sa hauteur au milieu du salon. Il était impressionnant dans sa colère, imposant malgré le poids qu’il avait perdu ces derniers mois.

- Je vais pas passer le reste de ma vie comme ça !


Il lui lança un dernier regard, toujours dur mais où pointa soudain une lueur de crainte, à peine échappée et aussitôt enfouie. Puis il recommença à faire les cent pas, tapant nerveusement le long de sa jambe d’une main tremblante.

- Irvin…

Sa voix tremblait, elle aussi. Elle ne savait plus quoi dire pour le calmer. Aucun de ses mots n’auraient pu soulager son fils, et cette pensée lui nouait l’estomac.

Et puis soudain, Irvin s’immobilisa, et sa tête se releva. Son regard croisa le miroir accroché au dessus de la cheminée et il la fixa, comme pétrifié. L’image qu’il y vit n’était pas la sienne. C’était celle, dégradante, insupportable, d’un homme amputé de ses sens et condamné à la pitié des autres. Ce n’était pas lui. Ce ne serait jamais lui.

Il poussa un cri de rage, plus fort qu'elle ne l'avait jamais entendu crier, si fort qu'elle sursauta. Brusquement, il porta la main à son oreille gauche. Le premier appareil céda et il le lança de toutes ses forces, droit vers le miroir. Il vola, sous les yeux effarés de sa mère, trop stupéfaite pour saisir sa baguette et l’immobiliser. L’objet rata la cible, heurta le mur, rebondit et atterrit, éventré, sur le sol où le reste de ses entrailles se fracassa sur le parquet. Le regard ivre d'une violence que sa mère ne lui avait jamais vue, Irvin empoigna le deuxième. Il le jeta, encore plus fort, plus violemment, contre le miroir qui cette fois-ci explosa sous le choc. L'appareil se fendit et éclata au sol sous une pluie de verre. L’étudiant resta debout, au milieu des dégâts, tout son corps tremblant de fureur, les poings serrés comme s'il allait attraper chaque objet du salon un à un pour leur faire subir le même sort. Mais il vacilla. La vue des appareils détruits le fit sursauter, et son visage se décomposa. Alors sa colère s’évanouit et l’abandonna, épuisé et honteux. Sa mère le regardait, il le savait, il sentait ses yeux rivés sur lui, craignant qu’il ne se remette à crier ou détruise le reste de la pièce. L’envie de fuir lui saisit le cœur. Il recula et s'effondra dans le canapé. Ses mains tremblaient quand il y enfouit son visage, et laissèrent échapper des larmes silencieuses impossibles à retenir. Alors sa mère s'approcha, doucement, s’assit à ses côtés, l'enserra de ses bras et posa sa tête sur son épaule. Il n'opposa aucune résistance et elle le serra plus fort, luttant contre ses propres larmes, sans plus oser bouger ni rien dire dans le salon redevenu silencieux.

Après quelques minutes, il remua, se dégagea, et frotta vigoureusement ses yeux avant de se remettre debout. Le silence l’enveloppait et sa tête lourde vibrait désagréablement, de toute l’émotion qu’il venait de laisser échapper.

- Je vais me coucher.

Sans un regard pour ses prothèses, il avança à pas lents vers l’escalier et sa chambre, évitant le regard de sa mère, puis grimpa à l’étage, ouvrit la porte et se laissa tomber sur son lit, vidé brutalement de toute énergie. En bas, Louisa s’approcha des prothèses et leur lança un Reparo, puis les posa sur le manteau de la cheminée avec toute la précaution dont ses mains tremblantes étaient capables. Elle s’essuya les yeux à son tour puis monta discrètement les escaliers et glissa un œil inquiet dans la chambre de son fils. Il dormait déjà, et le réveiller ne lui ferait aucun bien, alors elle referma la porte avec soin et redescendit. Le chien l’attendait dans l’entrée, couinant, apeuré par le tapage. Il la suivit jusqu’au canapé où elle se laissa tomber, et posa sa tête sur ses genoux, ses yeux inquiets levés vers elle.

- Peut-être que Milo saurait quoi dire, qu’est-ce que tu en penses ?

Mieux que moi, en tout cas, et elle ravala un sanglot à cette pensée. Puis elle saisit une plume, un bout de papier, et griffonna un mot à l’adresse de l’Italien. Le chien sur ses talons, elle marcha jusqu’à l’atelier où dormait la petite chouette familiale et lui confia le précieux papier. Puis elle retourna dans l’entrée et s’y assit, guettant le moindre bruit qui s’échapperait de la chambre d’Irvin. Jamais il n’avait été aussi violent, et elle craignait le pire. Les médicomages l’avaient prévenue : plus long était le déni, plus dure serait la chute. Et il avait chuté, après presque un an. Tout ce qu’elle espérait maintenant, c’était de réussir à lui tendre une main pour l’aider à se relever.



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Sujet: Re: Irvin Fowler - Journal de Bord | Sam 30 Sep - 11:37
25 août 1999, Flagley-le-Haut

Mummy


Irvin s’était réveillé avec un simple mal de crâne ce jour-là. Pas de ceux inquiétant, ceux qui indiquent juste un peu trop de travail, ou de lecture. Il n’en avait pas parlé jusqu’au soir, où sa voix soudainement cassée trahissait une gorge douloureuse à son tour. Il se plaignait peu en général, et je savais que c’était déjà plus grave que ce qu’il voulait bien admettre. Il alla se coucher tôt, sans rien accepter pour soulager son mal, cela passerait, ce genre de petit souci passe toujours vite. Et je ne m’inquiétais pas plus que nécessaire.

Le lendemain matin, je me réveillai au son de sa respiration sifflante, perceptible depuis le couloir. La fièvre n’avait pas baissé et il pouvait à peine bouger, tremblant de froid sous ses couvertures ; j’appelai un médicomage et quittai la maison à contrecoeur, laissant Isabel se charger de la suite. Il était rarement malade, mais jamais il ne s’était affaibli aussi brutalement. Je chassai l’inquiétude dans un coin de ma tête pour la journée ; il n’était plus un enfant, il serait vite sur pied.

Quand je rentrai ce soir-là, Isabel était sortie pour une réunion et le repas préparé trônait, intact, sur la table, quand je rentrai. J’allais monter voir Irvin mais il descendait déjà l’escalier, agrippé à la rambarde comme si la maison tanguait autour de lui. Monsieur Spock dévalait les marches à ses côtés, trop précipitamment, trop vite ; il sauta entre les jambes d’Irvin et le fit trébucher sur la dernière marche. Je le rattrapai au vol et le serrai quelques instants contre moi - il bouillait littéralement de fièvre. Il semblait presque perdu, le regard vague et le visage terriblement pâle.

Il fallait l’emmener à Sainte-Mangouste. Je repris aussitôt mon sac et courut dans sa chambre chercher ses papiers, puis passai un bras sous ses épaules pour un transplanage d’escorte. Il protesta un peu, comme toujours lorsqu’il s’agissait de sa santé, mais sa fatigue eut vite raison de sa volonté.

Je transplanai devant l’entrée des urgences, et l’état d’Irvin sembla s’aggraver brutalement : malmené par le voyage, son estomac se rebella et il vomit tout son contenu à ses pieds, sans pouvoir se retenir. Il vacillait comme pris de vertige, et je resserrai mon étreinte pour le guider jusqu’à la salle d’attente, après avoir nettoyé la rue. Le coeur battant, je l’assis sur la première place libre et courut au guichet pour l’enregistrer.


Irvin


Du haut de mon crâne jusqu’à mes côtes, tout est douloureux, perclus de courbatures. La potion du médicomage n’a eu aucun effet, et j’ai été incapable de me lever de toute la journée. Une journée de perdue, alors que j’avais prévu de travailler en prévision de la rentrée. Quelle heure est-il d’ailleurs ? Je jette un œil à ma petite horloge - 16h30 – et je soupire. Pourquoi cette foutue potion ne fonctionne-t-elle pas ? Je me retourne et remonte un peu mes couvertures trempées. Je tuerais pour une tasse de thé, ou de café, quelque chose de chaud, si j’étais en état de l’avaler. Mais la maison est vide, et descendre à la cuisine me semble insurmontable. Je m’enfonce à nouveau sous les draps quand un petit jappement éclate dans le silence de ma chambre. Monsieur Spock saute sur mon lit, sa truffe inquisitrice reniflant d’un air inquiet, puis sans crier gare me lèche le nez et la joue, avant de me gratifier d’un aboiement joyeux. Devant mon manque de réaction, il abaisse ses petites oreilles, et s’étend de tout son long à côté de moi. Je n’ai pas la force de le repousser, et puis sa présence est réconfortante. Au moins, il me tient chaud.

18h30. Ma tête me brûle, me lance, mes poumons et mes côtes aussi. Je me réveille en crachant mes poumons et Monsieur Spock quitte le lit en signe de protestation. Un bourdonnement douloureux emplit mon crâne. Je m’allonge sur le dos et j’essaie de me calmer. Quelque chose ne va pas. J’ai déjà été malade, mais jamais aussi fortement, aussi vite ; ma poitrine se serre, et l’angoisse arrive. Amplifiée par le silence et le vide de la maison.

Puis la porte d’entrée claque, en bas. Je me lève, grimaçant en essayant de bouger mes membres aussi lourds que du plomb, et marche jusqu’au palier. Spock m’y attend déjà, et dévale les marches au moment où je descends. Ma tête tourne toujours, et ma vue me trahit ; le chien se jette sous mes pieds et me fait glisser. Heureusement, une masse familière de cheveux bouclés me rattrape, de justesse. Mummy est rentrée, un peu plus tôt que d’habitude d’ailleurs, et le contact avec ses bras frais me fait frissonner. Hors de mon lit, le froid m’assaille brutalement, et je tremble sans pouvoir me retenir. C’en est apparemment assez pour Mummy qui décide de m’emmener à l’hôpital, de gré ou de force ; je cède sans trop de difficultés.

Nous transplanons. Le monde tourne, beaucoup trop vite, et j’ai l’impression que ma tête va être emportée par le tourbillon autour de moi. Puis soudain, tout s’arrête, et je perds l’équilibre, trébuche et manque de tomber ; mais la poigne ferme de Mummy me retient. Le contenu de mon estomac se déverse sur les pavés, et je serais mort de honte si je ne me sentais pas aussi vaseux.

Puis nous entrons dans le hall, dont l’éclat immaculé me fait plisser les yeux. Le bruit aussi est assourdissant, mes oreilles sifflent, et bien que Mummy soit à côté de moi, j’ai l’impression que sa voix est lointaine, comme transportée par l’écho. Elle me fait asseoir sur un banc et j’appuie ma tête contre le carrelage froid du mur, rafraîchissant, agrippant le bord de l’assise des deux mains, car tout bouge encore, comme dans un bateau en proie à la tempête. La nausée revient et je me force à rester immobile, mais sans résultat. J’appelle ma mère, une fois. Quelque chose ne va pas. Ma poitrine me fait mal, brutalement, et j’ai l’impression de tomber, comme dans ces rêves étranges dont on se réveille en chutant.

Ma respiration devient douloureuse. J’étouffe. Je l’appelle, encore une fois. Et puis je crois que je m’évanouis, je glisse, vers le sol et dans un sommeil noir et profond, qui avale tous mes sens.

Mom


Isabel arrive au moment où l’on emporte Irvin, sur un brancard, vers une salle annexe. Louisa est penchée dessus, sa longue silhouette courbée par l’angoisse, sa main tremblante serrant celle de leur fils. Elle ne la lâche pas alors qu’elle serre son épouse contre elle et lui résume d’une voix apeurée les derniers évènements – Irvin s’est écroulé dans la salle d’attente, et les médicomages s’inquiètent  maintenant de son pouls rare et faible. Elles suivent les brancardiers dans un dédale de couloirs, puis s’arrêtent devant ce qui ressemble à un sas de salle d’opération. Le brancard s’y engouffre et disparaît, et elles attendent là, pendant de longues minutes. Puis un médicomage vient les voir, leur demande d’attendre là, encore, leur explique à toute vitesse qu’il va falloir agir vite, opérer peut-être, car ses poumons sont atteints, son coeur et sa tête aussi, il est encore difficile d’estimer l’étendue des dégâts, il ne peut rien leur dire de plus pour le moment. Mais il a de bonnes espoirs, le traitement fonctionne bien, en général. Et il disparaît lui-aussi.

Au petit matin, le traitement a fait son effet, la surveillance peut se relâcher. Irvin est emmené dans une salle de réveil, puis une chambre, pendant que le médicomage présente son diagnostic à ses mères épuisées et à son parrain, qui les a rejoint aussitôt le hibou d’urgence reçu. On leur conseille d’attendre, d’être patients, sa situation s’améliorera ; et surtout, d’être là à son réveil. Le choc risque d’être rude à encaisser.  


26 août au soir, Sainte-Mangouste


Irvin


Trop de lumière, je la vois à travers mes paupières fermées. Trop de mouvement autour de moi. Les mains qui se glissent dans mon dos pour me soulever me réveillent. Je veux me relever, mais les mains m’arrêtent et me forcent à m’allonger, je tousse, mes poumons me font encore mal, ma tête tourne. J’essaie de me concentrer mais les formes autour de moi sont floues, se mélangent, trop de mouvement, j’ai envie de vomir à nouveau. Une aiguille se plante dans mon bras et une douce chaleur se répand dans tout mon corps. Je demande où je suis, enfin j’essaie mais je n’entends rien, et puis la chaleur engourdit tout. Je ferme les yeux et je me sens glisser, encore une fois.


27 août au matin, Sainte-Mangouste


Je me réveille lentement, luttant pour ne pas céder au sommeil si agréable qui voudrait m’absorber encore. Le lit est si confortable… Mais j’ouvre les yeux. La pièce me semble plus claire maintenant. Plus nette. Je fixe le plafond pendant plusieurs minutes, sans oser bouger la tête, de peur que le vertige revienne. Tout est blanc. Ou bleu clair, peut-être ? Je dois encore être à l’hôpital. Tout mon buste est courbaturé, respirer me brûle un peu. Quelque chose me chatouille le visage. Je fixe mon nez : une espèce de bulle le recouvre, avec ma bouche, bouge au rythme de ma respiration et insuffle de l’air dans mes narines. Je panique d’un coup, est-ce que mes poumons ne fonctionnent plus ? et j’essaie de la chasser d’une main, sa présence m’oppresse. Mais elle résiste et glisse contre ma peau, avant de se remettre en place. Je passe mes mains sur ma tête, mes épaules trop raides protestent mais je veux vérifier qu’il n’y a rien d’autre. Heureusement, mon crâne semble indemne sous mes doigts, et je soupire de soulagement. Il y a un truc bizarre au bout de mon index par contre, une espèce de pince à linge qui se met soudain à briller.

Je tourne la tête, très doucement. Quelqu’un est assis dans le fauteuil à côté du lit. Je me concentre, je lutte contre la brume cotonneuse qui enveloppe tout, pour percer le flou. C’est Mummy. Appuyée contre l’accoudoir, elle a l’air de dormir. J’essaie de l’appeler - ma gorge me fait mal, je force mais aucun son ne sort. Elle se réveille, pourtant, et saisit ma main, la serre trop fort, se penche vers moi. Je sens sa paume dans mes cheveux, sur ma joue, et ça me calme un peu. Ses lèvres bougent mais je ne comprends rien, n’entends rien de plus qu’un vague murmure embrouillé. Je veux lui demander de répéter, mais aucun mot ne sort de ma gorge. Alors je parle fort, plus fort, je crois crier mais je n’entends toujours rien, toujours ce fichu bourdonnement. Les yeux de Mummy s’embuent, elle me serre contre elle et je lui parle encore, j’essaie de lui demander pourquoi tout est si silencieux. Mes cordes vocales fonctionnent pourtant, je les sens vibrer sous mes doigts, alors pourquoi je ne m’entends pas ?

Soudain, elle me relâche. Une médicomage et un infirmier sont entrés. L’infirmier porte quelque chose, qu’il envoie flotter d’un coup de baguette au bout du lit, face à moi. Je me concentre à nouveau. C’est un petit tableau noir. Pour quoi faire ? Il s’approche avec un sourire et me tend une potion, qu’il me fait signe de boire. Mummy m’aide à me redresser et je l’avale, me retenant de tousser. Je sens mes pensées devenir plus claires, doucement mais sûrement. Quand je regarde à nouveau dans la direction de la médicomage, une phrase est apparue sur le tableau.

Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?

Mes yeux sautent de la médicomage à Mummy, puis à l’infirmier. Qu’est-ce qu’il se passe ? La médicomage approche une chaise de l’autre côté de mon lit, là encore sans plus de bruit qu’un lointain raclement, et je vois ses lèvres s’agiter dans le silence. Mes doigts se lèvent en réflexe pour déboucher mes oreilles, et je vois Mummy retenir un sanglot. Je me tourne vers la médicomage.

- Pourquoi je n’entends rien ? 

Je vois son regard tressaillir une demi-seconde avant de reprendre sa contenance habituelle. Et la panique monte, menace de me submerger, brutale et inattendue ; je m’efforce de lutter, mais les larmes qui coulent maintenant sur les joues de Mummy me font flancher.

- QU’EST-CE QU’IL SE PASSE ?


La main de la médicomage se lève, comme pour m’inciter à me calmer. Elle ne comprend pas, ce silence est à rendre fou, qu’est-ce qu’il m’arrive ?

- DITES MOI !


La phrase sur le tableau s’efface, bientôt remplacée par une autre, tracée du bout de la baguette de la médecin.

Ne criez pas, s’il vous plaît. Il y a 3 jours, vous avez contracté une scrofulite et vous êtes arrivés ici juste à temps. Nous vous avons mis sous traitement intensif, vous êtes hors de danger maintenant. Votre poitrine est encore douloureuse ? Vous avez des céphalées, des nausées ?


Je hoche la tête presque en réflexe, le cœur battant si vite que je le sens prêt à exploser dans ma poitrine. Elle hésite, suspend son geste, guette mes réactions. Qu’elle abrège, pitié…

La bactérie s’est propagée très vite, vous avez eu de la chance. Votre cœur et vos poumons ont été atteints mais tout est sous contrôle de ce côté-là. Ce qui est plus grave, c’est qu’elle a aussi touché votre tête et vos oreilles. La plupart des cellules de vos cochlées, des deux côtés, ont été détruites. Nous avons pu stopper sa progression et nous allons tenter de vous faire récupérer un maximum de capacité auditive. Mais malheureusement, une certaine perte, importante, est irrémédiable.

Mon cœur se suspend. Un mur tombe entre eux et moi, isolant mon lit du reste du monde. Je reste interdit devant l’annonce, figé, soudain incapable de bouger, comme si la foudre m’avait frappé, paralysant chaque muscle, chaque cellule. Une vague glaciale s’élève en moi et emporte tout, ne laissant que le dernier mot de la médicomage, envahissant, s’insinuant dans le moindre interstice de mon esprit.

Les bras de Mummy qui viennent m’entourer m’arrachent à ma torpeur et me ramènent brusquement à la réalité, mais je me sens glisser dans son étreinte.

Nous vous réopérerons demain, pour essayer de...


Je me laisse tomber sur l’oreiller et je ferme les yeux. Je me sens assommé, vide, et le sommeil m’enveloppe aussitôt. Je vais me réveiller. Ce doit être un rêve, on m’a donné trop de potions et je vais me réveiller. Je sens la couverture se rabattre sur moi et je m’enfonce profondément dans le lit, sans aucune envie de lutter, juste celle de m’abandonner à ce sommeil si réconfortant.



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Sujet: Re: Irvin Fowler - Journal de Bord | Sam 30 Sep - 12:04
Eté 1983, Flagley, salon de la maison familiale

- Iiiiiiiiirvin.
- …
- Iiiiiirvin ! Répète !
- Nini !

Je mis mes poings sur mes hanches, comme Mom le faisait quand le chien avait mangé une chaussure, ce qu'il faisait souvent parce qu'il aimait bien les chaussures de Mom, surtout celles qu'elle mettait pour aller au cinéma le soir avec Mummy. Elle disait qu'elle était devenue très forte pour les réparer maintenant.

- Moooom ! Elle le fait encore !

La tête de Mom apparut sur le côté de la porte. Elle était très forte pour faire ça aussi.

- Qui fait quoi ?

- Matilda ! Elle m'appelle Nini ! Elle veut pas dire mon nom en entier !

- Elle est petite, Irvin, elle fait ce qu'elle peut.

J'essayais d'apprendre à ma petite sœur à bien dire mon nom depuis des jours et des jours et des jours, mais elle continuait à répéter Nini en souriant comme si elle était contente d'elle. Mummy et Mom refusaient de voir la vérité, mais moi je le savais : ma petite sœur était feignante. Je refusais d'avoir une petite sœur feignante. Les autres allaient penser que j'étais feignant aussi et je ne pourrais pas aller à Poudlard après.

J'avais étalé mes lettres en bois rouge devant elle, et j'avais écrit Irvin avec. C'était clair quand même ! Elle y mettait vraiment de la mauvaise volonté. Je répétais mon nom, en montrant chaque lettre. Mom allait bien voir que Tilly ne voulait pas apprendre. Elle me regarda, la bouche ouverte, et puis d'un coup, mis ses mains dans mes lettres et fit tout bouger en criant NINININI. Je remis toutes mes lettres en ordre, et je lui fis les yeux gros, ceux de Mummy quand j'avais fait une bêtise. Tilly ouvrit grand la bouche pour me montrer ses dents et se leva et marcha vers moi en continuant de dire Nini.

- Elle fait aucun effort ! Regarde ! Elle pense qu'à jouer ! Elle pourra jamais réussir à l'école en parlant comme ça.

-… Irvin, elle a deux ans.

- C’est pas une excuse !

- Elle est trop petite pour savoir lire. Laisse la tranquille un peu.

Mom enjamba mes lettres et pris Tilly dans ses bras, et l’emmena avec elle dans la cuisine. Je rangeai bien toutes mes lettres dans la boîte et puis je la remis dans mon étagère.

Je retournai voir Mom dans la cuisine, elle avait posé Matilda dans sa chaise et surveillait quelque chose dans le four. Mummy l’appela depuis le jardin, elle ouvrit la fenêtre, et je regardai Tilly, qui me fixait aussi, son visage tout sérieux d’un coup. Et puis j’ai eu une très bonne idée, je devais l’emmener chez parrain, il avait un chouette livre pour apprendre à lire, il me le montrait quand j’allais chez lui le mardi et le jeudi après l’école, parce que Mom devait rester plus tard à l’école pour parler dans une pièce avec plein de gens qui lisaient des papiers.

Je pris Tilly sous les bras et la sortis de sa chaise, et puis je partis de la cuisine tout doucement, sans faire de bruit comme quand j’allais chercher un livre dans le salon la nuit. Je tanguais un peu, parce que Matilda était lourde, même si elle était petite, et puis elle gigotait et c’était pas très pratique pour la porter. En sortant je vérifiai que Mummy ne me voyait pas, et puis je marchai vite vite jusqu’au portail. Le chien me suivait, j’aurais pu poser Tilly sur son dos, mais elle risquait de tomber, et si elle tombait sur la tête elle apprendrait encore moins vite à bien parler, c’est Mom qui me l’avait dit une fois où j’essayais de lui apprendre à sortir toute seule de son lit à barreaux.

Je venais tout juste de passer le portail et Mom arriva en courant, elle avait le visage tout inquiet.

- Qu’est-ce que tu fais, tu vas où comme ça ?

Elle était toute rouge et elle parlait fort et Matilda se mit à pleurer. Le chien aboyait et Mom me faisait les gros yeux et ça faisait un drôle de cirque dans la rue. Une dame passa en nous lançant un regard bizarre et je me sentis tout triste pour Mom, alors je rentrai en courant dans ma chambre.

Je suis allé lire un livre et j’étais bien tranquille quand Mom m’appela à nouveau. Dans l’escalier,  ça sentait bon le chocolat et je me rappelais que c’était l’heure du goûter. Mom amena Tilly et une grosse boîte remplie de cubes dans le salon et elle me donna un bout de gâteau, très bon. Elle prit son regard tout gentil, comme quand elle voulait m’expliquer quelque chose de grave, et elle me dit que je pouvais jouer avec Matilda si j’étais gentil avec elle et que je ne la poussais pas trop, mais moi je ne voulais pas la pousser, je voulais juste qu’elle parle mieux.

Je sortis les cubes et je montrai à Matilda comment les empiler pour faire une tour très très haute qui ne tombe jamais. Elle avait des trop petites mains pour bien tenir les cubes alors je l’aidais. Mais elle gigotait encore, et puis elle s’allongea à côté de moi sur le tapis et elle s’enroula comme fait le chien pour dormir, et elle s’endormit. C’est terrible de s’endormir aussi vite. Mom la porta dans son lit, je surveillai qu’elle soit partie et puis je glissais mon livre d’école sous la couette de Tilly, au cas où elle se réveille et s’ennuie. Mom et Mummy ne s’inquiétaient pas assez de son avenir, heureusement que j’étais là.



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Sujet: Re: Irvin Fowler - Journal de Bord | Mar 3 Oct - 7:53
Atlantis, appartement de Torvi et Irvin, le 7 juin 2000

Torvi parvint finalement à rentrer sans un bruit. Sans un mot. Suffisamment hébétée par l'annonce et la situation rocambolesque dans laquelle une pareille découverte la mettait. Il n'y avait rien de surprenant, néanmoins : parce que les symptômes ne mentaient pas. Pas plus que ce léger renflement sur la courbe de son ventre. La révélation s'avérait somme toute logique. Elle expira alors doucement la tension palpable qui lui piquait les poumons et vint s’asseoir sur le canapé. Les résultats précautionneusement pliés entre ses mains. Comme s'ils étaient d'une préciosité évidente. Ou d'une inquiétude exubérante. Elle-même ne savait pas quoi en dire.

Elle expira encore, lentement. Jusqu'à en émettre un léger couinement de par le manque d'air.

***

Je m'étais absenté pendant une heure seulement, le temps d'emprunter quelques livres à la bibliothèque de l'université ; je sortais le moins possible, car les examens approchaient et je devais y consacrer tout mon temps. Certains points du programme d'alchimie me résistaient encore, et l'examinateur avait la réputation d'être une teigne : je devais donner mon maximum. Je m'inquiétais un peu de la santé de Torvi, car bien qu'elle en parle peu, elle ne pouvais pas cacher ses mains qui se crispaient parfois sur son ventre, ou les nausées qui la gagnaient sans prévenir. Elle m'avait prévenu qu'elle se rendrait finalement au centre médical pour se faire examiner, et j'en étais soulagé.

Je poussai la porte de notre appartement, les bras chargés de livres que je laissai tomber sur l'étagère de l'entrée. L'alarme visuelle brilla, annonçant ma venue et l'ouverture de la porte ; cette petite merveille me rendait bien service maintenant. Alors que j'enlevai ma veste, mes yeux tombèrent sur Torvi, presque prostrée dans le canapé, le regard vissé sur un papier. J'eus un peu peur soudain, et je m'approchai doucement.

- Tout va bien ?

***

Et les mots dansèrent dans la pièce et dans sa tête: est-ce que tout allait bien ? Théoriquement, à en croire les mots du médicomage, la réponse ne pouvait être que positive. Elle l'était même sans aucun doute, n'est-ce pas ? Mais Torvi ne pouvait pas s'empêcher de douter. Ou de ne pas savoir, plus exactement, ce que cette révélation pouvait bien entraîner. Pouvait bien changer.

Elle inspira longuement, comme pour se donner du courage, avant de lever son regard troublé vers Irvin.

- Je ... Oui et ... Non. Je ... Sais pas, Irvin.

Les mains serrant d'autant plus fort le parchemin sur lequel étaient gravés les résultats.

***

Le temps nécessaire à sa réponse m'inquiéta encore plus. Je ne lâchais pas son regard, troublé, plongé dans le mien, de plus en plus inquiété par le contenu de ce papier qu'elle serrait avec une force peu ordinaire. Une lettre ? Une mauvaise nouvelle ? Ou pire, un papier du centre médical, quelque chose de grave concernant son ventre ?

Sa voix était faible et je m'approchai pour mieux entendre, jusqu'à m’asseoir à ses côtés dans le canapé. Je la regardai à nouveau, sans m'autoriser encore à lire le papier, préférant qu'elle me le dévoile elle-même. Je détestai qu'on s'invite dans mon intimité et je n'allais pas commencer à le faire moi-même.

- C'est une mauvaise nouvelle ? Tu as besoin de traduction ?


***

- Je ...

Les mots s'éteignirent dans sa bouche avant qu'elle s'osa vraiment à les prononcer. Tout était si délicat, à ses yeux. Si imprévisible. Un rien chamboulait un tout. Le tout. A moins que ce rien était déjà tout ? Elle se fit silencieuse, quelques minutes.

Le temps de considérer la question avec distance. D'essayer et d'échouer à le faire, surtout. Parce qu'il lui était impossible d'appréhender ça avec assez de recul.

- Je ... Croire pas ça mauvaise nouvelle. Mais ... Je croire ... Je crois ... Je sais pas, Irvin ... C'est ... Bizarre ?

De nouveau, elle hésita à se taire. Incertaine quant à la conduite à tenir. Cependant, peut-être qu'il pourrait ... Qu'elle pourrait ...

- Tu peux ... Lire ? Je crois ... Comprendre ... Et j'ai ... Peur ?


Et malgré l'intention qu'elle avait de lui céder le papier, elle éprouva quelques difficultés à en défaire la crispation naturelle de ses doigts autour de la vérité.

***

Je restai immobile devant son silence, pas sûr de ce qu'elle attendait de moi, et encore moins de ce que j'étais censé faire. Elle semblait bouleversée, perdue comme le jour de notre rencontre. Je ne parvins pas plus longtemps à retenir un coup d’œil en direction du papier, qui confirma mes craintes : l'intitulé du Centre Médical d'Atlantis trônait en en-tête, menaçant, et déjà beaucoup trop d'options plus ou moins effrayantes se déroulaient dans mon esprit. Enfin, elle parla de nouveau, mais ses mots rajoutèrent encore à mon trouble.

Je l'écoutai, silencieux, lui laissant le temps d'organiser ses pensées. Elle hésita. Et puis me tendit le papier, presque malgré elle, comme si elle craignait la découverte que j'y ferai.

- Peur ? C'est grave ?

Je saisis un peu trop vite le papier et le parcourut aussitôt. Les mots jaillirent de la feuille, d'abord rassurants, affirmant qu'elle était en parfaite santé ; et puis je découvris la dernière ligne, et je restai figé une seconde. Elle n'était pas malade. Elle attendait un enfant.

- Tu es… enceinte ? Tu connais le mot ?


Je tentai de dissimuler ma surprise, car je n'avais plus aucune idée de la bonne réaction à présenter. De toute évidence, elle était aussi surprise que moi, et pas ravie par l'annonce. J'étais étonné, franchement étonné, car je ne lui connaissais pas de relation, mais après tout elle n'avait pas à me tenir au courant de sa vie privée. Je relus la fin du courrier. 8 semaines environ. 2 mois. Cela devait dater de son arrivée à Atlantis. Elle avait encore le temps de décider quoi faire, enfin je l'espérais.

- Tu... tu vas faire quoi ?


***

Maintenant qu'il était en possession du fameux papier, de ces résultats criants, Torvi se mordit la lèvre avec appréhension. Mais il n'advint aucune hostilité. Aucune critique - à l'évidence, elle s'était effrayée d'une éventualité impossible chez Irvin tant il se montrait compréhensif avec elle. Tant il était assurément et définitivement son sauveur.

- Enceinte, oui ... Médi ... Médo ... Il a dit enceinte, oui, Irvin. Et ... J'ai ... Jam-jamais ... Être enceinte ? Été enceinte ?

De ses doigts, elle vint enserrer ses propres épaules. Cherchant à se réconforter. A se stabiliser face à une équation inconnue.

- Je sais pas ... C'est ... Quel est le mot ? Peur mais ... Pas ... Triste ? Pas ... J'ai pas le mot, Irvin. C'est ... Bizarre. Oui. C'est bizarre. Et toi, Irvin ... Tu es ... Peur mais pas triste aussi ?


***

Je remuai un peu dans le canapé, impuissant face à la foule de sentiments qui l'assaillaient, et desquels elle cherchait à se protéger en se recroquevillant encore plus. D'un coup de baguette, je fis venir à nous le dictionnaire anglais-suédois de la bibliothèque, une de nos premières acquisitions après notre emménagement, et le lui tendis.

- Je ne sais pas. Excité ?

Je n'avais aucune idée de ce que je ressentais, pour être honnête. Absolument aucune idée, tant mes pensées se contredisaient face à la nouvelle. Je répétai "Je ne sais pas", ma main venant machinalement se perdre dans mes cheveux, sans que je puisse la contrôler, me trahissant malgré moi.

***

Voyant le dictionnaire s'approcher d'eux, Torvi cessa de s'apposer un étau légèrement anxieux. Du bout des doigts, quoi qu'un peu tremblante, elle se saisit de l'épais opuscule et y mena une incursion bien nécessaire. Appréhender.

- J'appréhende, Irvin.

Elle fit tourner quelques pages, pour revenir à un terme beaucoup plus commun. Curiosité.

- Mais je suis ... Curieuse. Excitée ? Curieuse et excitée. Je pensais pas ... Être enceinte, Irvin. C'est …

Une nouvelle salve parcourue. Cassant, chez elle en tout cas, cette inquiétude languissante qui vibrait encore au fond de sa voix jusque là.

- Étonnant. Je sais pas qui ... Peut-être ... Non ... Pas de père. Il a pas de père. Elle ? Tu croire ... Tu crois ça possible ?

Quelques secondes, elle s'imposa un énième silence.

- Mais pas grave. Non ? Pas de ... (elle s'aida du dictionnaire pour sélectionner le mot exact) Géniteur. Mais ... Tu crois, Irvin ... Je peux tenter ? Et toi ... Je tente et toi ... Tu penses quoi ? Ici assez grand ? Et toi assez patient ?

***

Ce que j'en pensais ? Je n'avais rien à dire après tout, ce n'était pas mon enfant, et qu'elle veuille le garder ou non, c'était à elle seule de décider. Mais s'il fallait être honnête, j'avais envie de lui répondre non. Elle n'avait pas beaucoup d'argent, un travail depuis peu, le moment me semblait très peu propice pour avoir un bébé. Mais même moi, je savais parfois reconnaître que la logique avait ses limites. Il n'était pas vraiment question de raison ici, enfin pas seulement ; si mes mères avaient été raisonnables, elle n'auraient pas eu deux enfants dans les années 70, alors que leur propre pays les considérait encore comme psychiatriquement malades, qu'elles n'avaient quasi aucun droit sur nous et qu'à peu près tout jouait contre elles. Ma propre naissance était illégale après tout, alors j'étais peut-être mal placé pour parler de comportement raisonnable. Et puis le regard de Torvi brillait un peu, plus assuré à mesure que la nouvelle et ce qu'elle impliquait prenait de la consistance dans son esprit. Elle le voulait peut-être, cet enfant imprévu.

Je ne savais pas quoi répondre à propos de ce "elle", désarçonné face à la question. Elle était sérieuse ou bien... ? Je devais avoir mal compris sa question. Tout comme je l'avais écoutée sans rien dire, elle conservait le silence en attendant mes réponses. Je remuai à nouveau dans le canapé, perturbé par sa dernière phrase. Moi, assez patient ? Pour l'aider ? Je n'en avais aucune idée, encore une fois, et je n'avais surtout pas imaginé qu'elle me rajoute dans l'équation.

- Pas grave si pas de père, je pense. Si tu ne veux pas lui dire. Je lui lançai un regard perplexe. "Elle" non, pas possible. L'appartement est petit mais... pour un bébé, ça doit suffire ? Je pense... Tu veux être une mère ?

***

- Pas grave. Oui. Pas grave, Irvin.


Elle se tapota brièvement le menton de l'index, réfléchissant à la suite des choses. Jusqu'à l'entendre mentionner ce 'Elle', l'obligeant à écarquiller les yeux. Puis à rire. Sincère dans cette incompréhension commune.

- Oh, Irvin ! Je dis ... Il ... Ou Elle ... Pour le bébé !


Dans ce léger embarras que provoquait ses difficultés persistantes en anglais.

- Oh ... Oui. Je pensais ... Avant. Un jour, peut-être. Et ensuite j'ai ... Oublié ? Bien oublié (elle se remit à consulter l'ouvrage) ... Mais aujourd'hui ... Peut-être c'est ... Une chance, Irvin ? Je crois ça une chance ... Pour moi.

Elle cessa peu à peu de s'égayer de sa faute verbale pour fixer autrement Irvin. Le détaillant d'une manière peu habituelle. Le cœur vivement altéré par une pensée qui lui était déjà venue auparavant.

- Irvin ... Si ... C'est une chance ... Pour toi, aussi ?


***

- Pour moi ?

Je demeurai stupéfait, incapable de lui répondre autre chose que mes yeux ronds écarquillés de surprise. Qui venaient décorer mon visage sûrement rouge comme une tomate, car je sentais mes joues brûler de honte sous le coup de ses rires. Torvi avait parfois un phrasé particulier qui, ajouté à ma mauvaise audition, me perdait parfois, et je me sentis noyé sous le ridicule. Je me levai et marchai un peu dans le salon, pour éloigner mes joues cramoisies de la vue et du rire de ma colocataire. Une chance, pour moi ? Pour elle, oui, sûrement, car plus elle en parlait et plus elle semblait vouloir se projeter dans ce rôle de mère, et je pouvais bien l'y voir. Mais moi, non. Je secouai la tête. Pas maintenant, avec les études qui me prenaient tant de temps, le travail dans la boutique de Milo, et surtout...

- Toi oui. Pas moi. Je peux pas.


Je continuai de faire les cent pas, cherchant mes mots pour lui faire comprendre, pour refuser sans la brusquer. Parce que j'étais touché qu'elle me le propose, au fond de moi je l'étais énormément, et sa proposition était presque tentante, mais je ne pouvais pas accepter. J'évitai son regard que je sentais rivé sur mon dos.

- Je... peux pas. Je ne suis pas capable de m'occuper d'un bébé.

Et s'il pleurait et que je ne l'entendais pas ? Et si quelque chose lui arrivait, n'importe quoi, et que je ne réagissais pas à temps ? Je n’entendais pas assez bien pour lui apprendre à parler correctement, et je ne voulais pas penser à ce qu'on pourrait lui dire à l'école, quelles moqueries il devrait supporter à mon sujet. Non. Son bébé, si elle le gardait, méritait mieux. Je me tournai dans sa direction, sans toutefois oser vraiment la regarder.

- Je peux pas, pardon. Pas avec ça
, ajoutai-je en pointant un de mes implants. Je peux aider, si tu veux, mes mères peuvent donner des affaires, un lit et des habits. Je peux aider pour ça.

***

Et plus il parlait, plus il avançait dans sa logique, moins Torvi se sentait apte à le fixer. Au-dedans, quelque chose lui faisait mal et elle n'était pas certaine de vouloir véritablement l'extirper pour en contempler le soufre. C'était comme ...

- Je comprends.

Comme si elle avait espéré ce petit ... Avantage, auprès de lui. Comme si elle avait escompté dépasser la rudesse de leurs ... Difficultés respectives. Mais certainement que ce n'était pas des choses avouables, alors, elle fit mine de comprendre.
Elle fit taire en sa poitrine ce qui se tordait avec indélicatesse depuis quelques temps déjà, et se contenta de hocher la tête. Déployant là une douceur dont elle rêvassait parfois par égarement ou par manque.

- Je comprends, Irvin. Pas grave. Aider, m'aider, c'est bien. C'est très bien. Et toi assez patient ... C'est ... J'ai besoin de ta patience. C'est bien.

Elle s'efforça de sourire pour en noyer le trouble.

- Tes mères peuvent ... Donner des conseils ?


***

- Oui.

Je sentais dans son silence et son regard que je l'avais blessée. Qu'elle avait compté sur moi, espéré que j'accepte, préparé sa demande peut-être, et je m'en voulais terriblement. Mon ventre se noua, douloureux comme si on m'avait frappé, alors que j'osai enfin la regarder dans les yeux, cherchant à m'excuser par un regard, à lui expliquer. Torvi comptait beaucoup, avait pris au fil des semaines une place que je n'aurais pas imaginée, bien plus que celle de n'importe quelle colocataire. Je tenais à elle, à sa présence. Je revins lentement m'asseoir sur le canapé à ses côtés.

- Des conseils oui, elles seront contentes d'aider. Pour les habits, et les jouets, et pour la grossesse. Et j'aiderai aussi, bien sûr. Je serai patient. Si tu as besoin de quelque chose, dis moi.

Je hochai la tête.

- N'importe quoi.


Parce que je voulais l'aider, je le souhaitais vraiment, sincèrement. Alors je ferais de mon mieux. J'arrachai une page d'une vieille Gazette qui traînait là, et avec l'aide de ma baguette, je tentai de la plier en une vague forme de chat... qui se révéla plutôt être une sorte de pomme de terre avec des pattes, mais l'intention y était.

- J'ai encore 7 mois pour m'entraîner ?


***

- C'est bien assez ... Sept mois, non ?


Elle observa l'étrange réalisation avec un petit sourire. Doux. Amusé. S'acharnant, au-delà des apparences, à ensevelir les espérances qui lui étaient apparues précédemment. Emportées, désormais, par la réalité de ce « je peux pas » qui ne cessait pas de lui lacérer l'âme.

- Tu crois ... Milo, il peut ... Aussi aider ? Je me dis ... Les balais ... Pas pratique pour les bébés ? Alors ... Je ... Je peux utiliser une ...
(elle retourna vivement vers le dictionnaire, y décelant son sésame) Poussette ! Une poussette ... Volante ? Dangereux, non ?

Et d'un geste qui lui semblait inimaginable par le passé, Torvi délaissa l'opuscule pour porter ses mains à son ventre.

- Sept mois, c'est bien assez ... Pour se préparer.


***

Alors elle gardait, définitivement. Je souris.

- Oui, c'est assez je pense. Milo peut aider aussi, oui. Mais pas avec les balais !
Je souris un peu plus largement. Et pas de poussette volante non plus, si Milo la fabrique, elle ira beaucoup trop vite !

La douleur persistait au creux de mon ventre, mais je me sentis un peu plus léger, un tout petit peu plus. Je m'adossai contre le canapé. Il y avait une autre chose à ma portée, pour l'aider, échappée longtemps de mon esprit mais qui révélait maintenant son utilité.

- J'ai... Je peux avoir de l'argent, pour ça
, dis-je en pointant mon oreille. C'est de l'argent, de l'Etat, un peu tous les mois, pour les gens handicapés, l'hôpital m'avait donné un papier pour le demander, mais je suis pas... enfin je ne voulais pas le demander. Mais si tu veux, si tu en as besoin, je peux demander. Ça peut aider, aussi.

***

Les doigts de la Suédoise esquissèrent d'infimes caresses sur la courbe de son ventre.

- Oh, Irvin ... C'est ... On va ... Trouver. Je promets ... Je vais travailler encore l'anglais ... Je promets, ça être bien. Ça ira bien ? (elle lui adressa un regard pour le moins enjoué, loin des douleurs qui bourdonnaient encore en son cœur) Pas problème ... Petit bébé peut dormir. Toi et moi ... Trouver sans problème.

***

J'acquiesçai, soulagé en mon for intérieur qu'elle refuse. Tout comme j'avais refusé cet argent et l'étiquette qui allait avec.

- Ça ira bien, oui. On trouvera, on réussira.


Je souris en réponse à son regard, et je tendis une main pour attraper et serrer l’une des siennes, posée sur son ventre.

- Alors, j'imagine que ce que je dois dire maintenant, c'est félicitations ?


Parce qu'elle ferait une très bonne mère, j'en étais persuadé.



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Sujet: Re: Irvin Fowler - Journal de Bord | Dim 31 Déc - 9:50
Salle commune des Serdaigles, 1er septembre 1987

Première soirée à Poudlard. Le repas de bienvenue vient de se terminer et les premières années découvrent leur dortoir.


Alors qu'Irvin ôtait sa cape avec mille précautions pour la poser sur sa nouvelle chaise de bureau (si différente de celle de sa chambre à Flagley, mais exactement comme Mom lui avait raconté) un petit objet tomba sur le sol. C'était une feuille, une simple feuille de papier pliée en quatre, mais une feuille du carnet à dessin de Mom qu'Irvin reconnut aussitôt.

On espère que ta première soirée s'est bien passée ! Il y a une petite surprise cachée dans ta valise, profite-en bien et partage la, c'est le meilleur moyen de te faire des copains ! Le 2ème petit cadeau est seulement pour toi, pour que nous gardes avec toi jusqu'à Noël.
Amuse-toi bien !
Tes mamans


Irvin ouvrit sa valise avec toute la retenue dont il était capable face à la promesse d'une surprise et y plongea les yeux et les mains. Il en tira vite un gros paquet de chocogrenouilles puis, soigneusement enveloppé dans du papier de soie et dissimulé entre ses chaussettes, un petit cadre cerclant de bois la photo prise pendant l'anniversaire du petit garçon, une semaine auparavant. Il était né en septembre, mais sa famille avait décidé d'un commun accord d'avancer la date pour le fêter dignement avant son départ à Poudlard. Il y avait tout le monde sur cette photo, tout ceux qui comptaient : Mom et Mummy, Matilda, son parrain, sa marraine et leurs deux filles et les parents de Mummy. Irvin s'assit sur son lit, son trésor dans les mains, souriant devant la photo que ses mères avaient dû faire développer à toute vitesse pour qu'il l'ait, ce soir.

- Pourquoi c'est signé "tes mamans" ?

Un camarade de chambre avait saisi la lettre et l'observait d'un air curieux. Irvin se redressa, tout fier.

- Parce que j'ai deux mamans.

- T'as pas de papa ?

- Non, mais j'ai un parrain.

- Et ton père, c'est qui ?

- C'est mon parrain, mais je l'appelle pas papa, parce qu'il préfère que je l'appelle parrain, et parce qu'avec deux mamans, j'ai assez de parents.

Le garçon fixa Irvin, de plus en plus perplexe, puis décida que la conversation était trop complexe pour l'heure tardive. Il se laissa tomber sur son lit et tira sa valise à lui.

- T'es bizarre.

Irvin se raidit. Il avait déjà entendu cette remarque, chez lui, trop souvent pour déjà lui rappeler des mauvais souvenirs. Mais il ne pensait pas l'entendre ici, et surtout pas à Serdaigle où ses mères lui avaient assuré qu'il serait plus tranquille.

- Etrange, continua le garçon. Mais tu corresponds bien à cette maison alors.

Irvin se redressa à nouveau.

- Je suis ici parce que nous sommes les plus intelligents !

C'était bien ce qu'avait dit le Choixpeau dans sa chanson, non ? Il ne s'était pas trompé en insistant pour aller à Serdaigle et non Poufsouffle ?

Le garçon secoua les épaules, et ce fut au tour d'Irvin d'être perplexe. S'il s'était trompé, il pourrait toujours aller voir la professeure Chourave pour négocier, elle avait l'air gentille avec ses chapeaux bizarres et son odeur de plantes, elle comprendrait sûrement. En attendant, il posa le cadre sur son chevet, avec encore plus de précautions que pour sa cape, puis resta assis sur son lit, les jambes ballantes, examinant ce qui serait sa nouvelle chambre pour les sept années à venir.

Puis son regard tomba sur la lettre.

- Tu veux une chocogrenouille ?



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