We won't let you get us down. - Léandre.
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MessageSujet: We won't let you get us down. - Léandre.   Lun 10 Avr - 16:34


Allée des Embrumes
le jeudi 2 mars 2000


M
archant silencieusement au côté de son frère, Honoria était pensive, songeuse, tandis qu'elle se remémorait, une fois de plus, les détails de la vision qu'elle avait eue il y avait de cela plusieurs semaines maintenant. Ayant promis à son frère de l'aider et de ne pas l'abandonner dans cette épreuve, elle prenait depuis très à coeur de lui remonter le moral et d'être présente dès qu'il semblait avoir besoin d'elle. Honoria était certes concernée par la question aussi - elle ne voulait pas être héritière, et encore moins que sa famille soit déchirée par des guerres fratricides - mais bien qu'elle puisse souvent se montrer très personnelle et égocentrique, la personne qui l'inquiétait le plus en ce moment... c'était son frère. Léandre n'allait pas bien, ça se voyait, et ainsi elle considérait qu'il était de son devoir, en tant que soeur, de se montrer la plus présente possible pour lui.

Ce jour-là, Honoria et Léandre se trouvaient sur le Chemin de Traverse. Tranquillement, ils marchaient sur les pavés tout en conversant de choses et d'autres, mais leur sujet principal restait toujours le même : la nécessité, pour le jeune homme, de trouver une épouse et de fonder une famille au plus vite. « Il faut te reprendre, mon cher frère. Tout espoir n'est pas perdu ! Irma nous l'a dit. Nous pouvons aisément nous en sortir ! ». Du moins, c'était ce que Honoria espérait, car en l'état, elle ne savait pas réellement quoi faire d'autre que se montrer rassurante pour tenter d'apaiser les craintes de son frère. Passant devant quelques boutiques dont elle regardait distraitement les devantures, elle tentait de ne pas montrer à son frère à quel point elle s'inquiétait pour lui.

« Allons, Léandre. La situation n'est pas si dramatique que ça. Vois le bon côté des choses : nous sommes prévenus, au moins ». Honoria n'avait jamais été quelqu'un de réellement optimiste. Bien au contraire, elle voyait plutôt les choses telles qu'elles étaient, d'autant plus qu'il était bien rare de la voir prendre des gants lorsqu'elle tentait de s'exprimer. Il lui arrivait donc très souvent de se montrer pessimiste, voire même alarmiste, comme c'était un peu le cas à présent. Elle n'était définitivement pas douée pour remonter le moral aux autres - mais elle essayerait pour son frère ! Et tandis qu'elle tentait d'être rassurante cette fois-là... ce n'était sans doute pas très réussi. « Ce qui veut dire... », commença-t-elle avec un sourire énigmatique. « Que nous avons un moyen d'éviter les choses. A présent que nous avons conscience du... hé bien du... enfin. Du problème. Il ne nous reste plus qu'à trouver des solutions ! ». Facile. Evidemment, cela semblait bien simple, dit comme ça, mais c'était en vérité le plus gros du problème : comment faire pour éviter que ce drame ne se produire.

Mais il lui faudrait sans nul doute éviter de penser à cela pour le moment, car bientôt, ce fut l'entrée de l'Allée des Embrumes qui apparut devant eux. Un endroit bien mal fréquenté mais qui, toutefois, cachait quelques petites choses très intéressantes, comme ce vendeur chez qui ils se rendaient... celui-là-même proposait à la vente un large choix d'elfes de maison. Mais afin d'en acquérir un, il leur faudrait marcher encore un peu. Par réflexe - mais aussi et surtout parce qu'elle commençait à avoir peur -, Honoria se colla à son frère et posa sa main sur son coude. Cet endroit ne lui inspirait vraiment pas confiance. « Oh ! Nous arrivons bientôt, je suppose ? Il me tarde déjà de quitter ce lieu épouvantable... », murmura-t-elle.
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MessageSujet: Re: We won't let you get us down. - Léandre.   Sam 15 Avr - 8:43

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le jeudi 2 mars 2000

Ils marchaient, silencieusement, vers les ondulations précipitées et extravagantes du devoir familial. Côte-à-côte. Sans qu’un seul souffle ne se trouva être troublé par l’ampleur de la tâche attendue. Sans qu’une seule pensée ne s’exhorta de l’urgence précautionneusement envisagée. Et cette mouvance mesurée vers une distraction passagère, s’affirmait telle une offrande déjà beaucoup trop positive, au vu des derniers événements.

Parce qu’ils étaient écrasés par le poids d’une vérité. D’une possibilité future qu’ils ne pouvaient pas répéter. Avouer. Laisser soupçonner à qui que ce soit dans leur lignage. Alors, ils mentionnaient d’autres nécessités – des exigences sociales et proprement humaines. Ils mentaient consciencieusement à leurs aînées et à leurs cadettes. Ils omettaient l’avertissement sibyllin de Dieu qui s’était brutalement magnifié, il y a des mois de cela, dans les rêves épouvantés d’Honoria.

Ils pêchaient, alors. Seulement, avaient-ils le choix ? Le risque étant définitivement trop grand pour oser inquiéter les autres Rosier. Le secret était donc soigneusement conservé entre le frère et la sœur. Dissimulé sous d’innombrables entrelacs émotionnels. A l’espoir d’une solution miracle – que Léandre envisageait avec la plus grande impatience – se rattachait une réflexion plus logique. Pragmatique. Implacable.

En des gestes prudents, ils guidaient leurs pions sur le terrible échiquier de l’aristocratie sorcière. Chaque avancée impliquant des menaces qu’ils savaient être incapables de prévoir exactement – ils jouaient à l’aveugle contre un temps et des ennemis impossibles à identifier. Et même leurs propres pièces – Léandre refusait de le croire encore, pour le moment, mais pouvait-il réellement nier les preuves de Siobhan éternellement ? – laissaient planer des doutes sur l’issue.

Ils étaient une meute avec les leurs. Mais, pour la première fois de leur existence, ils ne pouvaient pas se fier aux autres. Ils ne pouvaient pas anticiper toutes les réactions. Alors ils mentaient. Ils tournaient l’urgence en quelque chose de plus convenable pour un sorcier tel que Léandre. Ils voilaient la cruelle prophétie.

Celle qui murmurait, tremblante et sifflante, que si Léandre ne se mariait pas – ne donnait pas un avenir à son nom – les Rosier seraient tous condamnés. Des infantes légitimes aux bâtardes. Tous, ils seraient dévorés par les ténèbres. Par le sang. Par la violence. Offerts, de Ravenna à Ombeline, à la faim avide, gargantuesque, de leurs ennemis. Ceux qu’ils ne soupçonnaient pas.

Et les Rosier cesseraient alors d’exister.

Il faut te reprendre. Léandre s’arracha, difficilement, aux méandres souffreteux de cette nuit désormais lointaine. « C’était un avertissement, je sais. » Son pâle regard glissa vers les traits tant connus de sa cadette. Honoria. La sibylle aux paroles aussi douces que piquantes, dont les yeux voyaient au-delà du monde connu. « Seulement … Je ne suis pas particulièrement à l’aise. Chasser le pouvoir est une chose aisée, autant que de défaire les partisans des ténèbres, mais conquérir l’offrande ultime d’une femme … » Les derniers mots se dilatèrent dans un soupir prononcé. Pas si dramatique que ça. « Oui, heureusement. Mais il s’agit tout de même d’une finalité qui me concerne plus particulièrement… Puisque, vraisemblablement, ma vie – ma survie – autant que celle de toute notre lignée dépend de ma bonne performance dans l’affaire. » Il se tait, quelques infimes secondes. « Je serais certainement moins anxieux si notre problème ne se résumait pas à une question de vie ou de mort. » De ses doigts, le frère adressa une caresse volatile à la chevelure de sa brune parente. « Mais nous sommes prévenus, effectivement. Nous allons agir. »

Oh. Il ne doutait pas une seule seconde lorsqu’il le disait. Ils allaient s’armer de ferveur et de combattivité. « Tu connais aussi bien que moi la solution. Il nous faut une épouse. » En un agacement certain, Léandre fit claquer sa langue contre son palais. « Tu as déjà connaissance de nos critères, à ce sujet. Et je persiste, je veux Parkinson et Raventhrone sur la liste. » Des attraits dangereux. Des choix déroutants. Qui ne correspondaient pas réellement à ce que l’on attendait de lui. « Raventhrone m’intrigue. Il y a quelque chose chez elle … Déjà à l’époque. Sur ses traits. »

Mais qui connaissait sincèrement Léandre ?

« Quel regret que Loukkia soit subtilisée par notre bon vieux Chems. » La silhouette de sa sœur vint chercher de la sécurité dans sa proximité. « Là-bas, Honoria. » De son bras libre, il lui indiqua l’embranchement d’une ruelle insalubre, faisant le coin avec la devanture d’une boutique correspondant en tout point à l’atmosphère délétère de l’allée des embrumes. « Tu sais, nous ne risquons plus rien ici, aujourd’hui. Même si… Disons qu’on ne change pas les vieilles habitudes des sorciers. »

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MessageSujet: Re: We won't let you get us down. - Léandre.   Sam 15 Avr - 14:00


Allée des Embrumes
le jeudi 2 mars 2000


L
es minutes s'enchaînaient doucement, les unes après les autres, et la conversation se poursuivait bien tranquillement. Tout du moins, aussi tranquillement qu'il était possible avec une révélation comme celle qu'elle avait eue voilà quelques mois de cela, dans l'un de ses rêves. « Oh, tu sais... après tout, personne ne t'a jamais demandé d'aimer ta future épouse, alors ça ira vite. Il suffit simplement d'en trouver une qui veuille bien de toi... là, la tache est sans doute un petit peu plus compliquée ». Et sur ces paroles amusées, Honoria gratifia son frère ainé d'un clin d'oeil, tentant de détendre légèrement l'atmosphère - ce pour quoi elle n'était absolument pas douée. En vérité, à chaque fois qu'elle essayait, il lui semblait plutôt qu'elle ne faisait qu'horrifier un peu plus ses proches ; elle appuyait, plus ou moins sans le vouloir, là où ça faisait mal. « Je veux bien concevoir que je t'ai présenté les choses d'une façon bien dramatique. Tu m'en vois navrée ». Cependant, il n'y avait pas d'autre moyen de le faire, car elle était bien décidée à être honnête avec lui - et si lui mentir ne l'avait jamais vraiment perturbée, dans le cas présent, ce n'était même pas envisageable.

« Raventhrone ? », cracha-t-elle presque, la voix sifflante, comme si c'était là une véritable insulte à leur nom que de ne serait-ce que songer à l'ajouter à leur arbre généalogique. « Nous avons des critères, Léandre. Comme tu viens de le dire. Je préfèrerais encore une roturière moldue à cette fille - pour te souligner le peu de considération que je lui porte », murmura-t-elle entre ses dents. « Honnêtement, Léandre, je ne sais pas ce que tu lui trouves mais... ». Elle soupira. Après tout, elle aurait bien assez de temps pour... régler ce problème plus tard. Honoria reprit, lasse et dépassée, comme si elle ne savait plus vraiment quoi dire et quoi faire pour que son frère ouvre les yeux. « C'est une grande brune aux yeux clairs et aux origines slaves. Comme des dizaines d'autres. Elle n'a absolument rien de plus que toutes ces filles. Je pensais que tu avais meilleur goût que cela », le réprimanda-t-elle. « Certes, elle pourrait être très utile. Je dois bien avouer que les carrières de sa famille m'ont souvent fait de l'oeil... ». A quoi bon cacher son côté opportuniste ? Surtout devant Léandre qui la connaissait si bien, c'était absolument inutile.

« Ne pense-tu pas que la jeune Avery serait tout aussi bien qu'elle, si ce n'est mieux ? Nous étions amies, à l'époque de Poudlard, en plus. Je sais que c'est un bon choix, elle », dit-elle en appuyant sur ce dernier mot. Surtout en comparaison d'Adrasteia Raventhrone. « Quant à Pansy Parkinson... elle, je suis entièrement d'accord. N'oublie pas que la survie d'Ombeline, autant que la mienne, est aussi en jeu. Je ne te laisserai prendre aucun risque quant au choix de ta future épouse, sois-en sûr. Peu importe qu'une russe batte des cils devant toi ». Ses mots auraient pu paraître bien cinglants, mais en vérité, la voix d'Honoria tremblait à cet instant. Elle avait peur, tout simplement. Peur que son frère ne choisisse la mauvaise personne, qu'il choisisse cette fille, cette Raventhrone, alors qu'Honoria était intimement convaincue qu'elle n'était pas la bonne. Elle le présentait. Mais comme toujours, elle oubliait que son don n'indiquait pas forcément des choses justes... « Oui... pauvre Loukkia... je ne souhaiterais pas être à sa place... ». Les mariages arrangés n'avaient jamais dérangé Honoria. Bien au contraire, elle était la preuve que l'on pouvait avoir envie de s'épanouir dans une union de convention. Ce qu'elle regrettait, pour la jeune Shafiq, était le choix de son époux - Honoria n'appréciait absolument pas Chems. « Mais elle est toutefois bien jeune... comparée à toi », dit-elle avec un regard lourd de sous entendus. Après tout, la jeune fille n'était pas vraiment plus âgée qu'Ombeline.

« Sommes-nous obligés de passer par là ? Ne peut-il y avoir un endroit en plein coeur d'Atlantis où nous pourrions acheter ces petits elfes de maison ? », dit-elle, la voix légèrement tremblante à cause de l'effroi que lui inspirait l'endroit par où ils devaient passer. « C'est intolérable, Léandre. Sans doute pourrions-nous envoyer une missive au ministère de la magie pour régler ce détail ? Ou alors utilisons l'argent familial pour racheter ces rues ! Faisons une bonne action ! », dit-elle comme si elle venait d'avoir là l'idée du siècle, en se tournant vers son frère. « Après tout, nous en avons bien assez ! Et nous ne nous rendrons même pas compte de la dépense... ». Elle s'était arrêtée et avait posé la main sur le bras de son frère. « Oui, faisons cela ! Nous pourrons interdire l'accès à toute une catégorie de la société, sorcière comme moldue. On mettrait une belle grille en bronze doré à l'or fin à l'entrée, et je m'amuserais à décorer tout comme il faut. On pourrait avoir une énorme galerie marchande sous une verrière, là, en plein milieu aussi ! ». Et tandis qu'elle parlait, ses petites mains s'agitaient. Honoria s'emballait sans doute un petite peu. Et puis elle pensa à une chose très alléchante... les diamants d'Adrasteia Raventhrone aideraient fortement à participer à la dépense. « Toutefois... pour en revenir à notre préoccupation principale... pense-tu qu'Adrasteia soit une fille suffisamment généreuse pour que je parvienne un jour à l'apprécier ? ». MONEY. MONEY. MONEY.

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MessageSujet: Re: We won't let you get us down. - Léandre.   Sam 15 Avr - 15:22

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le jeudi 2 mars 2000

Ils continuaient d’avancer, sans vraiment prêter attention à leur environnement immédiat. Tout au plus, Léandre laissait son pâle regard se perdre quelques instants sur le pavé – à la fois pour le contempler et y affermir ses réflexions. Ils devaient déjouer le temps, leurs opposants potentiels et surtout l’avertissement précédemment légué par la nuit. Seulement … Aimer ta future épouse. « Et bien, je me contenterais de souligner que si je dois avoir des rapports humains, et notamment sexuels avec ladite future épouse, je préfère encore que ce soit dans un cadre suffisamment tendre pour que mes prouesses soient à la hauteur de l’héritage que l’on attend de moi. »

Sa langue claqua une nouvelle fois. Éminemment agacée. Troublée. Touchée de plein fouet par cette pointe ciselée un peu trop perforante à son goût. « Ta jeunesse bien trop innocente et perlée te dissimule sans doute la réalité de l’affaire, mais … » Il se pencha sur le côté, vers l’oreille de sa cadette bien plus implacable que lui pour l’occasion. Bien plus vexante, en vérité, qu’elle ne le voudrait réellement. « … Si je peux me permettre un conseil, qui éclairera probablement ton regard sur ce qui est réservée à ma future élue... Disons qu’il est plus agréable de s’offrir dans de bonnes conditions, dans une atmosphère qui n’instille ni la méfiance ni la rancœur, que de se retrouver enchainée contre sa volonté à des draps qui ne se souviendront que d’un souffle apeuré par les premiers éveils de l’humanité. » Bien plus naïve que lui, pourtant, sur ces détails libidineux que l’aristocratie ne tolérerait jamais en des lieux sacrés. Ni dans le discours prétendument sage d’un aîné envers un être de son propre sang.

Mais n’avait-elle pas posé le doigt sur une douleur qu’il redoutait ? Sur une faille qui le tourmentait par trop de fois en ces derniers mois ? Léandre s’immobilisa, obligeant sa parente à faire de même. « Mes espoirs sont certainement naïfs, à tes yeux. Mais j’espère au moins pouvoir prétendre à un peu de tendresse. Parce qu’il est hors de question que je ne serve qu’à saillir un terreau fertile. Si épouse il y a, et nous connaissons les enjeux, elle doit être bien plus que ça. » La tension tacla sa bouche d’une amertume qu’il ne parvint pas à dissimuler. Honoria avait visé trop juste.

Il y croit. Malheureusement. A cette possibilité. Cet écueil. Cet espoir de romance qui n’en a que le nom. « Mais il est vrai qu’il faudra en trouver une qui me supporte. Là-dessus, ma terrible pythie, tu as raison. » Et il s’efforça de se calmer ; de résonner cet emportement soudain qu’il avait senti grandir et rugir brièvement au fond de sa gorge. Alors, pour cautionner son égarement et reconnaître sa faute, le frère glissa ses doigts contre l’épaule de sa sœur. Il y froissa le tissu dans une caresse éphémère.

Honoria ne pensait jamais à mal, après tout.

C’est là qu’elle cracha, surprenant l’Auror dans une stupéfaction totale. « Une moldue ? » Il ne lâcha que ces deux mots. D’abord sous l’étonnement – fragile et fatal dans cet éclat imprévu – puis soudainement envenimé par l’ébranlement de ses choix. Par la mise en doute. Par le débit presque intarissable de sa cadette. Alors, il répéta. « Une moldue ? » Une interrogation qui sonnait entre ses dents comme un avertissement. Comme la limite de ce qu’il tolérait. Comme le réveil de ce fauve cruel auquel il s’apparentait. « Que ton esprit soit limpide sur l’affaire, Honoria Sixtine Cassandre Rosier. De mon vivant, je ne m’accouplerai jamais avec une engeance aussi basse et vulgaire. Et si tu ne veux pas que ce soit moi qui te glisse dans un hyménée avec l’un de ces êtres abjects, je te conseillerais que trop bien de prier la vierge sept fois avant d’ouvrir la bouche. » Lorsqu’il se pencha dans sa proximité, cette fois-ci, son mouvement dégagea une violence lugubre qui l’étonna lui-même. « Et tu sais ce que l’on dit, sur les moldus. Tu sais ce qu’ils font aux infantes. Tu sais ce qu’ils sont. » Il y avait du tonnerre dans sa voix. Un roulement qu’il ne maîtrisait pas et qu’il peinait à calmer tant le sujet lui était sensible. Une menace qu’il ne voulait pas prononcer mais qui luisait au coin de ses lèvres comme des maux terribles, des augures létales et froides tournoyant dans un ciel aride. « Il n’y aura pas de moldue sur cette liste. » Il se redressa, débordant de cette fureur animale qu’il déployait avec le faste démesuré d’un roi despotique. « Et il y aura Raventhrone. »

L’ordre tomba, sec et écrasant. Il n’était pas négociable. Il n’appelait à aucune contestation. Il n’appelait à rien si ce n’est la soumission. « Si c’est elle que Dieu dédie à mes honneurs, c’est elle que je prendrais contre l’autel. »

Respire. Léandre détourna immédiatement son attention vers l’allée. Il devait respirer. Expirer. C’est ce qu’il fit un moment, sonné par la propre violence de ses exaspérations. Par la brutalité explosive de ce qui venait de lui échapper. Le monde lui avait échappé – et surtout la raison. Entre eux, le silence s’étendit et étiola le fil du temps. « Mazikeen est sublime. C’est une candidate de choix. » D’une voix plus mesurée, quoi que toujours troublée d’une brûlure incertaine, il tenta de revenir aux idées de sa sœur. « Mais elle n’est pas la seule. Parkinson pourrait être également une option pertinente. » Expire. « Je sais que tu fais au mieux. Et je sais que je peux compter sur toi. Merci. »

Il s’obligea, enfin, à diriger ses yeux dans sa direction. Rechignant premièrement à constater les dégâts engendrés par ce courroux presque inexplicable. « Loukkia … Personne ne voudrait être à sa place. Et puis … Ce sont des aptitudes gâchées par une union aussi sordide. L’amour ne fait pas tout, tu es clairvoyante sur cet aspect, Honoria, seulement … La haine est, elle, un véritable rempart contre l’avenir. Ils n’auront jamais de descendance. Tu t’en doutes, n’est-ce pas ? » C’était une manière, détournée et distante, de se montrer moins féroce que précédemment. De faire amende honorable. « Lorsque ce sera à tes pas de porter le poids d’un nouveau nom, j’espère que tu ne partageras pas la couche d’un homme que tu détestes. »

Il se tût, une énième fois. Avant de laisser percer un sourire. Étrange. Pernicieux. Dangereux. « Du moins, si je le laisse vivre assez longtemps pour t’arracher à nos rangs. » C’était une promesse voilée ; une sauvegarde contre des douleurs qu’il craignait pour ses sœurs tant aimées.  « Hélas. Nous n’avons que cet endroit, et je préfère encore l’allée des embrumes à d’autres lieux. Notre avantage, ici-bas, c’est que je connais les environs. » Et il y avait tant de belles idées dans l’esprit de sa sœur. Tant de possibilités inexploitées. « Nous pourrions racheter beaucoup de choses à t’écouter. Je me demande parfois si tu n’es pas destinée à reprendre quelques affaires juteuses et florissantes de gobelins vieillissants. »

Adrasteia. Tel un écho, elle lui revint en mémoire ; agrémentée du questionnement intéressé de son interlocutrice au sang rutilant. « Et bien, nous le verrons. J’ai des idées à te soumettre. Des épreuves, plus exactement, pour nos candidates. Nous avons des critères, exact ? Alors, poussons-les à nous démontrer ce qu’elles valent. Il serait trop facile de nous contenter d’une aristocrate qui veuille bien de moi, tu ne crois pas ? »

Tant que Raventhrone figurait sur la liste, ils pourraient jouer la mélopée préférée d’Honoria : la compétition.

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MessageSujet: Re: We won't let you get us down. - Léandre.   Jeu 8 Juin - 15:34


Allée des Embrumes
le jeudi 2 mars 2000


D
écidément, la discussion qu'Honoria avait actuellement avec son frère ne ressemblait en rien à ce qu'elle aurait pu imaginer. Marchant dans l'allée des embrumes, ils commençaient à évoquer des choses qu'Honoria aurait préféré garder sous silence. Parler de « rapports humains » avec son frère... non, là, la jeune fille risquait d'en apprendre bien plus qu'elle ne l'aurait souhaité. Mais elle ne dit cependant pas un seul sur le sujet, se contentant de laisser son ainé parler, sans qu'elle ne juge bon de n'ajouter quoi que ce soit d'autre. En vérité, la discussion la mettait bien assez mal à l'aise comme cela, il était donc inutile d'en ajouter d'avantage. « Je te trouve bien exigeant pour quelqu'un dont la survie de ses propres soeurs est en jeu », dit-elle, tout en fronçant les sourcils et en essayant de ne pas laisser la possibilité à sa voix de trembler. Tentative de culpabilisation ? Oui, tout à fait. Et Honoria était suffisamment égocentrique pour ne rien regretter. A plus forte raison car cela risquait de provoquer encore plus l'énervement de son frère. Néanmoins, elle préférait une réplique aussi vague et détachée plutôt que de poursuivre un peu plus leur sujet de conversation actuel. « C'est sans doute là la tâche la plus ardue. Nous sommes d'accord », dit-elle, non sans un sourire amusé sur les lèvres, quand il affirma qu'il serait bien difficile de trouver une épouse assez conciliante pour le supporter.

Mais bien vite, la situation dérapa une fois de plus. Et tandis qu'Honoria se faisait venimeuse quant au choix de la promise de son frère, celui-ci ne la loupa absolument pas au tournant. « Tu n'oserais pas ! ». Mais cette affirmation, qu'Honoria voulait pourtant pleine de force, se muait en vérité en une interrogation masquée - et de la peur pouvait presque s'entendre dans sa voix. Non, Léandre n'oserait pas. Malgré tout ce qu'elle pourrait dire ou faire, il n'oserait pas... ou du moins l'espérait-elle. Car après ses malheureuses fiançailles consenties mais avortées, Honoria osait espérer de tout coeur que Léandre n'était pas sérieux. Il ne pouvait pas sérieusement penser à agir ainsi avec sa jeune soeur. Quand bien même était-elle la plus agaçante de toutes. Néanmoins, elle voulu lâcher une nouvelle réplique cinglante au sujet d'Adrasteia Raventhrone, mais son frère ne lui en laissa cependant pas le temps. Et sous la surprise, Honoria écarquilla les yeux. « Léandre ! », le reprit-elle, offusquée par les mots qu'il avait tout juste prononcé. « Te rend-tu seulement compte de ce que tu viens de dire ? ». Portant une main à sa bouche, elle observait son frère, secouée par les outrages que ses lèvres venaient de souligner. « Réalise-tu la portée de tout ce que tu me dis depuis tout à l'heure ? ». Pour cette fille. Cette Raventhrone. Il acceptait de s'enliser dans une dispute houleuse et difficile avec sa propre soeur. Et elle ne put que ressentir un poids qui se formait douloureusement dans son coeur. Son jugement ne comptait-il que si peu aux yeux de l'héritier de leur lignée ? Sans doute exagérait-elle - comme toujours ! - mais les faits étaient pourtant bien là. « Tes paroles et ta fureur ne font que renforcer mon jugement. Ainsi, il te serait acceptable de la choisir. Elle. En omettant de prendre en compte l'avis de ta soeur. Je vois. Mes paroles ne servent donc qu'à te prévenir d'une issue funeste, mais il ne te semble pas judicieux de suivre mon avis pour autant. Tu es donc prêt à tout pour cette fille. Pour cette Raventhrone. Et bien sache que cela me blesse énormément, Léandre ». Cette fois, ce fut la voix d'Honoria qui était sans appel. Elle avait toujours un goût - et un don - très prononcé pour la comédie et l'exagération en tout genre. Pire encore pour la tragédie. Et s'il pouvait sembler que cette fois encore elle s'amusait de ses talents, il n'en était toutefois rien. Elle était véritablement blessée.

Laissant s'échapper un profond soupir d'exaspération, Honoria préféra couper court. « Avery. Parkinson. Shafiq. Qu'importe, après tout, puisque ton choix semble d'ores et déjà arrêté. Pour une fille qui n'est même pas issue de l'une des Vingt-Huit Sacrées, je tiens à le préciser ». C'était un nouveau reproche. Et si elle se le permettait, malgré les répliques sans appel de son aîné, c'était parce que tout ceci lui faisait mal. Alors comme toujours, dès qu'il était question de sa peine, elle tentait de son montrer dure. Et intouchable. Ce qui était un véritable échec ce jour-là, car malgré son air hautain et son ton se voulant froid, il était aisé de sentir le manque d'assurance qui animait sa voix. De l'hésitation. De la peur. De la tristesse. « Tu sais très bien que te tromper dans ton choix serait fatal. Pas seulement pour toi, mais pour nous tous ». Cette conversation houleuse ne faisait que renforcer les craintes de la jeune fille, d'autant plus qu'ainsi, en remuant ses souvenirs, elle ne cessait de repenser, encore et encore, à ce qu'elle avait vu, et qui la perturbait tant. « Je ne vois pas pourquoi je me fatigue à perdre mon temps et mon énergie dans cette histoire. Sans doute devrais-je plutôt me concentrer sur le fait de perdre mon nom au plus vite pour me protéger de cette malédiction. Après tout... il était bien fait mention de la lignée Rosier. En changeant de patronyme, tout s'arrangera sûrement. Du moins dois-je l'espérer. Cela me protègera sans doute plus que de compter sur mon propre frère ». Malgré toute la peine qu'elle pouvait ressentir, elle se voulait piquante et acide. De toute évidence, Honoria était jalouse de cette préférence que semblait faire Léandre entre elle et l'héritière Raventhrone. Mais Honoria exagérait, bien sûr. Comme elle le faisait toujours. Pas pour attirer le regard de son frère ou sa compassion mais parce qu'à l'évocation de cette femme, elle sentait un fossé se creuser entre eux. Et que, quelque part... elle était jalouse d'Adrasteia Raventrone. Bien qu'elle ne l'avouerait jamais. Et cela lui était atrocement douloureux. « Et je m'occuperais d'Ombeline également ». Puisqu'il semblait elle aussi l'oublier. En vérité, plus ils parlaient d'Adrasteia et plus il lui semblait qu'il oubliait tout le monde autour d'eux.

Mais tout cela n'était - presque - que des paroles en l'air. Honoria avait conscience de l'attachement sans limite que Léandre lui portait, et il en était de même pour elle. Si bien qu'elle aurait tout donné pour son frère, tout comme la réciproque était sans doute vraie elle aussi. « Pour quelle raison n'en auraient-ils pas ? », demanda-t-elle, sans réellement comprendre. « Tu sais mieux que quiconque que, pour diverses raisons, j'étais prête à sceller moi-même mon union avec un homme que je n'aimais pas ». Et cela ne s'était pas fait. Inutile de dire que l'orgueil d'Honoria en avait pris un coup, et se retrouvait aujourd'hui encore affaibli et irrité par un tel affront. « Je serais bien curieuse de connaître le sort réservé à ce pauvre homme ». Ce fut à son tour de laisser un sourire s'étirer sur ses lèvres. « Et à présent que j'y pense. Sans doute aurais-tu dû songer à parler plus fort encore. Il me semble que les quelques sorciers étranges et effrayants qui se trouvent au bout de la rue n'ont pas entendu ce que nous disions. Evitons d'attirer plus encore l'attention... ». La suite de leur discussion se faisait plus légère tandis qu'ils avançaient petit à petit vers la boutique du vendeur d'esclaves. « Oh... des gobelins... je n'y avais pas songé... quelle merveilleuse idée ! Peut-être pourrions-nous faire un saut jusqu'à Gringotts pour discuter business au retour... ». Comme à son habitude, elle n'était pas décidée à perdre la moindre seconde de son temps. « Quoi que nous verrons cela plus tard. Des épreuves tu dis ? Tu sais... parfois je me demande si le mieux n'est pas encore de réquisitionner un manoir et de t'enfermer avec toutes les prétendantes à l'intérieur. Pour que tu puisses faire ton choix convenablement, Léandre ». De sa voix la plus douce, elle ignora avec superbe la préférence de son frère pour Adrasteia Raventhrone.

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And If you were the ocean, I was the sun. In your heart, in your head, in your arms, in your bed ; under your skin. Until there’s no way to know where you end and where I begin. I wanna melt in, I wanna soak through, I only wanna move when you move ; I wanna breathe out when you breathe in then... - I wanna fade into you.





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MessageSujet: Re: We won't let you get us down. - Léandre.   Jeu 27 Juil - 9:25

We won't let you get
us down
le jeudi 2 mars 2000

Et ils se saignaient encore de ce tourment novateur. De cet esclandre d’abord mesuré puis trop éclatant de tension, tant les divergences se faisaient sentir dans leur échange pour le moins laborieux. Je te trouve bien exigeant. Instinctivement, Léandre leva les yeux au ciel dans une expression de lassitude prononcée. Bien exigeant.

De toutes ses forces, il se retint de répondre. De rajouter un sel brûlant sur la plaie béante de leur conversation. Les lèvres pincées avec une fermeté presque maladive. Comment en étaient-ils arrivés là, déjà ? Une histoire de femme. De candidate envisagée. De cœur vacillant sous une mélodie oubliée par la nécessité de survivre.

Osait-elle réellement sous-entendre qu’il ne tenait pas à ses sœurs ? Alors que tout l’enjeu de la question était justement là ? Sur ce point précis ? Méticuleux ? Impardonnable, s’il venait à y manquer par quelques distractions passagères ?

Oh, hélas. Il s’était emporté. Il avait perdu de sa quiétude pour s’enfoncer dans des rugissements véhéments. Qui n’apporteraient rien à la situation, si ce n’est faire douter davantage sa cadette. Rouler les grondements de son désaccord tonitruant. Car il était né mâle, n’est-ce pas ? Ce simple fait ne l’exonérait-il pas des bas devoirs de sa chair ? Il avait tort. Peut-être. En vérité, il ne le savait pas lui-même.

Jamais ses ainés n’avaient forcé sa main en ce sens.

Te rends-tu compte seulement … L’Auror détourna le visage, cherchant à focaliser son esprit sur des détails plus affriolants que les paroles venimeuses d’Honoria. La portée de tout ce que tu me dis ? Guettant un élément intéressant, peu en importe la nature, tant que cela lui permettait de ne pas s’enfoncer davantage dans la colère. Dans la fureur qui grondait sous sa peau à chaque seconde, jusqu’à corrompre son sang d’une souillure détestable. « Je ne te permets pas, Honoria. » Et il sifflait, alors. Espérant obtenir le silence. Au moins la trêve.

Quoi, fallait-il qu’un mariage ne soit pas déjà suffisant, lui qui vivait si librement de ses rencontres jusqu’à présent ? Il devait encore se coltiner une potentielle épouse qu’il n’aurait pas sélectionné de sa propre voix ? Une alliée dont il n’aurait pas la sureté de l’allégeance ? Des cuisses dont il ne serait pas certain d’apprécier la délicatesse ou la pureté ?

Mais Honoria n’avait-elle pas raison d’appuyer sur les égarements de son raisonnement ?

Léandre lâcha un grondement, exaspéré par la tournure du réquisitoire mené à son encontre. Des accusations cumulées qui le firent expirer brutalement d’une violence périlleusement contenue. Car les affects pointés se trouvaient en des terrains mouvants. Dangereux. Prêts à broyer les naïfs qui osaient s’y aventurer. La seule sauvegarde de la Pythie y étant son statut – car n’importe quelle autre âme aurait été fracassée par la rage bouillonnante d’un héritier contredit.

Chaque mot lâché avec aigreur ne manquant pas … D’animer les muscles tendus d’une énième secousse maîtrisée. Oh, comme il aurait aimé répliquer et hurler. Lui rappeler que c’était lui et nul autre qui aurait le dernier mot. Et que si le destin n’avait pas choisi d’avance celle qu’il lui faudrait posséder, c’était pour une raison somme toute très précise. Mais il se taisait, avec le mécontentement le plus visible du monde.

Parce qu’il n’était pas certain de pouvoir se contrôler à la prochaine injonction – et il ne souhaitait pas vivre avec l’idée d’avoir levé la main sur Honoria. Aussi insupportable soit-elle.

Expire. Brièvement, il porta les doigts à son front pour soulager un peu des céphalées qui s’y cristallisaient. La dispute était trop éreintante. Mieux valait clore le sujet Adrasteia, pour le moment. Tout en conservant la carte de cette dernière au coin de la manche, prête à être dégainée à l’instant fatidique. « Voyons, je ne veux que le meilleur pour toi, Honoria. Si jamais nos alliances devaient t’entraîner vers des hyménées désagréables, je m’arrangerai pour que le fiancé ou l’époux connaissent une date de péremption précoce. C’est une garantie que beaucoup n’ont pas. » Se concentrer sur ces sujets plus légers – tout dépendant pour qui, bien entendu – ne pouvait que lui faire du bien. « Mais nous n’en sommes plus là. Ou pas encore. A moins que tu aies des ambitions récentes à ce sujet ? » Parler plus fort.

Ah. En effet. Il haussa les épaules en un mouvement indolent. Terrible contraste d’avec la rancœur foudroyante des minutes précédentes – et de ces mots horribles qu’il avait grondé contre sa sœur. Quoi qu’il ne rechignerait pas à s’occuper dudit autel et de ladite promise en des temps moins troublés.

Seulement, pas en présence de sa cadette. « Erreur d’appréciation. Cela dit, nous aurons sans doute la paix pour la suite de notre visite. » Respire. « Oui, nous pourrons largement y faire un détour. Je dois par ailleurs retirer quelques bourses. » Expire. Il devait absoudre ce conflit de feu et de cendre qui agitait ses veines, au risque de se laisser piquer à la moindre remarque. « Ah ! Je ne suis pas certain d’y survivre. Tant de femmes dévouées à une seule cause : m’épouser. Elles me tueront avant que je puisse choisir convenablement laquelle. »

Un instant, il se tût. « Il serait intéressant que la première épreuve soit de passer le baptême du Christ. L’acte de foi est un passage si intime et périlleux … Il m’apparaît difficile de le fausser par quelques envies déplacées. Qu’en penses-tu ? Les motivations les plus faibles seraient les premières à se soustraire d’une association aussi audacieuse … Après tout, à part notre lignage, peu de familles anglaises se tournent en prières vers Dieu. »

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