Bienvenue sur Catharsis

#1Votez
#2Votez
#3Votez
Sondage d'Opinion : L'équilibre est-il menacé ?25 Août 2000 Après quelques rassemblements pacifiques suite aux attentats, le Breakfast Chronicles lance un sondage pour recueillir les avis de quelques citoyens sur la fragile cohésion entre moldus et sorciers... LIRE PLUS
Dérapage dans les préparatifs d'un cirque2-4 Septembre 2000 Un terrible accident est arrivé au sein du cirque The Wicked Bazaar, et un événement inattendu par la communauté magique et lourd de conséquences survient... LIRE PLUS
Épidémie de Dragoncelle6 Septembre 2000 L'épidémie de Dragoncelle continue son chemin allant jusqu'à mettre certains lieux en quarantaine magique. On recherche toujours un traitement à l'Hôpital de Sainte Mangouste... LIRE PLUS

 FaIling (ouvert)
AuteurMessage
Ombeline RosierNouvel arrivantavatarNouvel arrivant
MessageSujet: FaIling (ouvert)   Ven 20 Jan - 4:45

FaIling


Adossée au mur, les genoux contre la poitrine, Ombeline contemplait les flocons tomber en pluie sur le parc, mouchetant le ciel pâle de blanc avant de se fondre dans la masse, ne faisant qu'épaissir inlassablement le voile de neige épaisse qui recouvrait l'herbe. Tout était plus calme, plus doux. Tout était plus beau. Parfois, quelques élèves franchissaient les portes du château dans un éclat de rire, ou dans un frisson et un râle de mécontentement, avec quelques jurons contre le climat écossais. Parfois, on remarquait sa présence. Le plus souvent, on passait juste. On resserrait sa cape, on prenait une grande inspiration avec l'espoir que dans l'air se trouvait un peu de courage et on avançait, droit devant, vers le terrain de quidditch ou les serres de botanique. Ombeline observait leurs traces de pas, ces témoins de leur passage qui s'estompaient, peu à peu. Ces marques sombres qui souillaient la pureté du sol, pour lesquelles la neige n'avait aucune pitié. Il fallait que tout se fige. Que tout disparaisse, comme elle.

Emmitouflée dans sa cape la plus chaude, elle avait laissé la large capuche retomber sur ses épaules. Encore à l'abri, juste à côté de la lourde porte, elle profitait simplement du paysage, du ballet de cristaux gelés. Elle était absolument immobile, presque invisible aux yeux de ceux, trop pressés, qui ne portaient attention qu'à ce qui se manifestait juste devant eux, qu'à ce qui faisait l'effort d'attirer son attention. Parfois, un souffle de vent un peu plus fort apportait jusqu'à elle quelques flocons qui fondaient sur le tissu de sa cape ou se prenait dans ses cils, et elle battait des paupières quelques instants, avant de retrouver son immobilité parfaite. Pétrifiée par le calme inouï qu'elle ressentait. Du moins, en apparence. Car sous la cape, là où personne ne pouvait le remarquer, ses doigts ne cessaient de remuer, dans un manège régulier, faisant tourner avec constance la fine baguette qu'elle avait encore quelques peines à apprivoiser. Acquise cet été, elle était forcément faite pour elle. Toutes celles que vendaient Ollivander's étaient faite pour quelqu'un et jamais le vieil homme ne laisserait un sorcier partir avec une alliée de bois qui ne lui conviendrait pas. Mais elle avait acquis quelques habitudes avec l'ancienne, et chaque fois qu'elle utilisait celle-ci, elle ne pouvait s'empêcher de repenser aux circonstances qui avaient conduit à la perte de l'ancienne. A sa destruction violente et douloureuse. A la peur, à la peine, à l'erreur. A ces lettres qui n'en finissaient plus d'arriver, toujours au même moment, toujours pour la même chose. Alors, sous la glace, les flots battaient sans cesse. Sous le masque, il y avait de la vie. Sous le calme, une grande angoisse.

Qu'allait-elle faire, ensuite ? Et la prochaine fois ? Comment pourrait-elle faire pour leur dire toujours plus sans en dire trop ? Et si cela se savait ? Et si Léandre le savait ? Et Honoria ? Oh, pauvre Honoria ! Pauvre maman ! Ses doigts se crispèrent et elle se leva d'un bond, révoltée par elle-même, par ce qu'elle faisait. Elle savait qu'elle ne le voulait pas. Elle savait qu'elle n'avait pas le choix. Elle savait qu'elle était simplement trop terrorisée. Mais si elle avait été plus forte… Si elle avait été moins fragile, moins tourmentée… Si elle ne s'était pas laissée séduire par ces jeux moldus… aurait-elle échappé à ce genre de situation ? A la bibliothèque moldue, après ça, elle avait trouvé un livre qui lui avait plu. Un livre abandonné sur une table par un moldu trop feignant pour le remettre à sa place. Un livre dont le titre avait fait écho à ses pensées et qu'elle n'avait pu s'empêcher de prendre pour le lire en cachette. La Machine Infernale. Pouvait-on échapper à son destin ? Elle se leva d'un bond, donc. Une idée aussi mauvaise que celle de faire confiance à des étrangers, moldus de surcroît. Elle s'était heurtée à un élève qui sortait, comme par hasard pile à ce moment là, alors que les cours devaient déjà tous avoir commencé et qu'il restait beaucoup moins d'élèves livrés à eux-même dans ce maudit château. Elle s'était heurtée, donc. Avait perdu l'équilibre et s'était raccrochée, instinctivement. A sa main, à sa manche, à sa taille. Elle n'en avait pas la moindre idée. Sa main avait jaillit sans qu'elle n'ait le moins contrôle sur elle, et le mal avait été fait. Au lieu de la stabiliser, cet élan n'avait fait qu’entraîner l'autre dans sa chute. Ils étaient tombés ensemble, dépassant les quelques marches pour s'échouer dans la neige.

Sa cape s'était ouverte et plus rien ne la protégeait du froid, de la douleur de la chute, de l'humiliation. Du poids de l'autre, non plus. Elle réprima ses larmes, ayant assez à faire avec sa culpabilité et se confondit en excuses, toujours agrippée à sa pauvre victime, machinalement.

_________________


InvitéInvité
MessageSujet: Re: FaIling (ouvert)   Ven 20 Jan - 6:04

Je n’ai jamais vraiment compris l’amour porté à la neige, cet amour si répandu qu’il en devenait presque évident. Il était devenu inconvenant de s’interroger sur les raisons de cette fascination qui se rappelait à mon souvenir chaque année aux temps des neiges. Sur le plan théorique, ça n’avait pas grand-chose d’attirant, cela amenait bien plus d’inconvénients qu’autre chose : le froid ; la glisse, l’immobilisation des véhicules et j’en passe ! Pourtant les gens s’émerveillaient devant ce drap du ciel qui chutait pour couvrir notre monde le temps de quelques jours tout au plus. Je crois qu’au fond, c’est cette blancheur, cette pureté immaculable qui agissait comme aimant sur des êtres si impurs que les humains. Dans les reflets glacés, tout paraissait moins sombre, nos propres péchés s’évanouissaient un instant pour cristalliser ce miracle. Ce miracle, c’est bien entendu la purification de nos âmes tant souillées par ce que la vie a fait de nous.

Je n’exècre pas la neige et ses doux flocons, pas plus que ses froides sensations. Ce silence imposé ne peut qu’offrir un monde pour se reposer. En figeant tout ce qui vit sous son manteau innocent, la neige vient stopper le cours du temps, les images s’immobilisent et la terre, pour une fois, peut respirer. Quel pouvoir fabuleux, faire taire ces immondes créatures que nous sommes, ce n’est pourtant pas chose aisée ! Un simple phénomène météorologique plus fort que tous les sorts qui puissent exister ! Je ne m’émerveille pas plus devant ce paysage blanchi que devant les fortes pluies de novembre ou les éclosions du printemps, la nature est si belle quand on cherche à la voir sous un angle positif.

Il n’est pas rare d’entendre les foules se plaindre du temps qu’il fait et des désagréments qui y sont liés, bien sûr, il y en a toujours. En été, il fera trop chaud, en hiver, il fera trop froid. Un être en permanente recherche d’une satisfaction qu’il évite dès qu’il en a l’occasion. Ce caractère capricieux, à la limite du puéril, comble la vie des gens de peu de choses. Il n’est pas donné à tout le monde de pouvoir s’asseoir et d’observer patiemment le cours de la vie, oh non, pour beaucoup c’est une tâche bien trop complexe ! Qui l’eut cru ? L’être humain qui ne cesse de se placer comme supérieur à tout être vivant est incapable de se tenir à l’écart de son propre ego pour profiter du spectacle naturel le plus simple et le plus touchant qu’il soit.

Le froid me saisit jusqu’à l’échine, il faut dire que je ne suis pas des plus couverts. Je supporte mal les vêtements lourds qui altèrent la fluidité de nos gestes et je dois avouer me complaire dans cette atmosphère glaçante. L’air s’immisce sous ma cape et vient chatouiller chaque centimètre de mon ventre. Mes yeux s’emplissent de ces images calmes et reposantes que m’offre la neige mais mon esprit est ailleurs, comme bien souvent. Mon corps profite des plaisirs simples de l’existence mais mon esprit ne peut agir autrement qu’en se tracassant, encore, toujours.

Seul, assis dans la neige, je suis réduit à si peu de choses. Le blanc cache à ma vue les quelques êtres qui s’agitent, luttent contre les éléments quand ils pourraient simplement les épouser. Parfois, il m’arrive d’oublier que je suis humain, moi aussi. Comme si mon reflet dans le miroir était tout aussi défectueux que je le suis mais pour autant, il n’est pas moi. Bien sûr, il bouge lui aussi, comme moi, ou presque. Nos ombres ne sont jamais rien d’autres que des simulacres. Jamais je n’ai été le reflet dans le miroir, pourquoi serais-je comme ces gens que je croise au quotidien ? Cela ne fait aucun sens, nous sommes tellement différents dans nos défauts comme nos pensées.

« Qu’est-ce que c’était ? ». Je n’ai pas le temps de penser, une douleur vive me saisit sur le flanc gauche, quelqu’un m’est rentré dedans ou alors je n’ai pas remarqué un pilier sorti du sol comme par magie. Ce choc est brutal, soudain, et je ne comprends pas véritablement ce qui m’arrive. Par instinct, que je ne peux expliquer, je saisis le poignet de cet être si maladroit qui me percute sans avoir l’obligeance de prévenir, ça va devenir une habitude d’être ignoré par les autres au point de se cogner tous les jours. Elle aussi s’accroche, fermement, tentant d’éviter une chute glaciale. En s’agrippant si fermement à mon bras, la jeune fille, un regard m’eut permis de me rendre compte qu’elle en était une, déstabilise mes appuis et les bouleverse complètement : je chute.

Je n’ai pas le temps de comprendre plus de choses mais l’image est maintenant figée et pour cause, nous sommes tous les deux sur le sol, bêtement l’un sur l’autre. Mes mains creusent la neige qui entoure son visage et je prends de la hauteur pour me relever. Mon regard croise le fond de ses yeux clairs. En voilà une qui s’accorde parfaitement avec le thème du jour. Les secondes du sablier infernal de la vie s’écoulent bien plus lentement maintenant. Je me perds dans cet éclat nouveau qui semble empli de gêne, je l’entends s’excuser mais pour tout dire, cela m’importe peu. Je profite égoïstement de cette vision qui me fascine, m’important peu de ces mots qui se désolent d’une situation qui, de toute évidence, n’a été voulue par personne.

J’ai déjà vu cette fille mais je n’avais jamais eu l’occasion de la rencontrer, voilà qui est maintenant fait et pas n’importe comment ! Sa main ne cesse pas d’appuyer sur mon bras, cela ne me dérange pas, au contraire, cela m’amuse. Mes genoux s’enfoncent dans cette neige qui résiste à notre poids et de mon bras libre, je viens recouvrir ses épaules avec cette cape défaite. - Je vois que tu tiens à ce contact physique, peut-être serait-il, tout de même, plus confortable debout ? Parfois, je me maudis d’être toujours aussi taquin mais qu’y puis-je ? Chacun sa manière de survivre.
Ombeline RosierNouvel arrivantavatarNouvel arrivant
MessageSujet: Re: FaIling (ouvert)   Jeu 26 Jan - 4:32

Avec le manteau de neige qui recouvrait le sol gelé, atterrir n'était pas le plus douloureux, non. Plus dure était la chute en elle-même, ce sentiment de ne plus avoir d'ancre, de repères. Cette sensation de prévoir ce qui va se produire là, maintenant, mais de ne rien pouvoir faire. Rien du tout. Suspendue dans le vide, même si celui-ci était minime, Ombeline sentait son corps se crisper. Ses muscles contractés, sa main serrée sur le tissu. Elle sentait la morsure du froid qui profitait de cet instant d'égarement pour se faufiler sournoisement sous l'épaisse cape qui l'avait jusqu'alors protégée. Elle sentait un bref vertige qui sourdait dans son crâne. Elle sentait sa nuque se pincer, ses doigts qui tentaient de grappiller un peu plus de tissu, un peu plus d'aide. Elle sentait le bras de l'autre encercler son poignet, serrer un peu trop fort, dans un vague élan de compassion ou un instinct trop vif pour être réprimé. Et son autre main à elle, attraper son autre bras à lui, l'attirer vers elle au lieu de revenir à lui. Son autre main à elle se poser sur sa taille alors qu'ils chaviraient tous deux. Se serrer contre lui, se réfugier dans le confort tout relatif des bras d'un camarade non identifié. En vain. Poupée de plomb, elle tomba, incapable de lutter contre la pesanteur. Et l'autre la recouvrit de son corps, bien contre son gré.

Elle aurait pu le lâcher, sans doute. Elle aurait peut être dû. Mais il y avait un truc étrange dans son esprit. Maintenant que le mal était fait et les excuses offertes, il y avait le vide. Le néant absolu. Pas même un ersatz d'initiative. Elle ne pensait ni à le libérer de son étreinte involontaire, ni à se relever. Si une pensée résonnait quelque part, c'était qu'elle avait froid. Et aïeuh. Rien de plus. Et si la main qu'elle avait gardée contre la taille du garçon était légère et par conséquent pas forcément dérangeante pour lui, l'autre serrait le bras avec force, à s'en rougir les doigt. Comme si le lâcher pouvait la faire tomber encore plus bas. Elle balbutia de nouveaux « pardon », quelques autres « désolée ». Et elle le fixa d'un regard éperdu. Et comme une marionnette suspendue à ses fils, son bras bougea mollement quand il prit appui dans la neige, puis quand il vint rabattre les pans de sa cape sur ses épaules. Et là, elle réalisa. Doucement, progressivement. Un sourire naquit et les excuses se muèrent en remerciements qui moururent au bord de ses lèvres. Il était trop vif pour elle, et la moquerie étouffa les bonnes intentions de l'infante. Piquée dans son orgueil, elle le lâcha vivement, enfonçant ses bras dans la neige fraîche. Une moue pinça ses lèvres et son regard tâcha de se faire plus dur, chose peu évidente quand on a les yeux d'un bleu glacier. Sans se soucier d'avoirs plus l'air d'un chaton mouillé que de la digne descendante qu'elle était sensée être, elle haussa les épaules.

« Peut être que je pourrais plus facilement me relever si tu n'étais pas à quatre pattes sur moi. »

Et d'un mouvement irréfléchi, d'un geste qui se voulait insouciant et confiant, elle repoussa les bras du garçon, le dégageant de son appui. Sans doute une pire idée encore que celle qui l'avait poussée à se suspendre à lui quelques minutes plus tôt. Comme si le déstabiliser alors qu'il se tenait juste au dessus d'elle avait quelque chose d'intelligent. Comme si le blaireau pouvait se faire lion, se bouffir d'orgueil et se laisser emporter par un élan effronté sans que les conséquences d'un tel acte ne soit désastreuse. Forcément, il allait tomber. Encore. Et d'un rire idiot, d'un rire qui se voulait moqueur envers elle-même, Ombeline souffla des excuses, encore. Mais cette fois, secouée par l'amusement de sa stupidité, elle semblait peut être un peu moins sincère, un peu moins fragile. Cette fois, il lui en voudrait peut être. Oh, si Honoria les voyait, allongés l'un sur l'autre sous la neige qui faisait de son mieux pour les recouvrir de ses gros flocons… Elle gagnerait un aller simple pour Atlantis, à coup sûr. Scolarisée à domicile par la plus merveilleusement tyrannique des grandes sœurs. Enfermée jusqu'à la majorité, sous la surveillance abusive d'une armée d'elfes de maisons. Et le rire redoubla à cette idée. L'amusement adolescent craquela le masque de porcelaine, malmena la bulle qu'elle polissait avec tant d'attention chaque jour.

« Je suis vraiment désolée. Je suis absolument, terriblement navrée. Je suis désolée, pardon. »

Immobile pour ne pas causer d'autres désastres, les bras écartés dans la neige, elle gardait les yeux mi-clos pour ne pas qu'ils soient attaqués par la neige. Et elle riait. Sa dignité était gelée, et elle abandonnait. Elle enterrait les apparences, ainsi que le respect des convenances. De toute façon, que pouvait-elle faire d'autre, à cet instant ?

« Je… J'ai voulu… je ne suis pas très douée pour riposter, comme tu l'as remarqué. Je pensais répliquer de façon… Enfin c'est pas ce que je suis, et j'aurais du m'abstenir. Je te promets que je ne te ferai plus tomber. J'essaierai, du moins. Nous sommes de la même année si je ne me trompe pas. Ombeline. Ombeline Rosier, la sœur d'Honoria. »

Peut être faudrait-il, si elle voulait vraiment exister par elle-même, qu'elle cesse de se présenter en utilisant sa sœur.

_________________


InvitéInvité
MessageSujet: Re: FaIling (ouvert)   Dim 12 Fév - 8:40

Tout était gelé, l’instant s’était arrêté et le moindre de mes gestes avec. Mes genoux s’irritent, la neige fondant sur mon pantalon, l’humidifiant et lui donnant cette texture désagréable, cette seconde peau qui colle et applique fermement le froid sur la peau nue. Son regard ne me lâche pas et me pétrifie presque. Dans ses yeux, je me noie. Je plonge, tête baissée, dans le bleu envoûtant et ne me débat qu’au moment où je manque d’air, enfoncé trop profondément dans les eaux pour reprendre mon souffle. Je m’efforce d’atteindre la rive, ses pupilles noires qui contrastent la pureté de ces mers sauvages. Elles apportent une obscurité malsaine à ce paysage hors du commun mais me paraissent être les seuls refuges pour éviter la noyade. Il fait tellement froid, je suis littéralement glacé, comment me battre dans de telles conditions ? Dans ses yeux, les abysses ne me paraissent plus si effrayantes. L’envie devient de plus en plus forte et il me faut lutter de toutes mes forces pour ne pas obéir à cet ordre naturel.

Je ne suis plus que le premier insecte venu, se posant avec gourmandise sur cette népenthacée terrible. Je suis pris à mon propre piège, trahi par cet instinct que j’arbore pourtant fièrement. Mes doigts s’engourdissent, la neige est déjà coincée dans le creux de mes ongles et je sens sa froideur qui m’envahit. Cela ne dure qu’un instant, quelques secondes, pas même une minute. Ce simple regard me captive et m’ôte toute notion du temps, je ne suis plus que la proie d’un serpent qui s’entoure lentement autour de moi jusqu’à l’asphyxie. Quelle fin ironique pour un Serpentard. Un son, une mélodie ou simplement une voix vient m’aider à m’extirper de cette paralysie fatale. Quelques mots, une phrase. – … me relever si tu n’étais pas à quatre pattes sur moi. De bruits mis bout à bout pour former un délicieux sarcasme qui ranime mon corps à mesure qu’il vient à mes oreilles.

Un coup de vent me tire vers l’arrière, ou peut-être était-ce un geste violent ? Peu importe, me voilà libéré de cette étreinte qui m’a paru être une éternité. La douche froide offerte par cette neige qui vient recouvrir mon crâne à mesure que je la creuse m’offre un réveil efficace, à défaut d’être agréable. Je me relève à peine que j’entends de nouveau cette voix claire qui m’est apparue quelques secondes avant. Plus animale que tout à l’heure, elle se laisse emporter dans un rire déstabilisant. Je ne peux que constater mon manque de réactivité, je me sens étrange, dérangé. Mes mains s’étaient refermées sur la neige au moment même où je sentis mon corps être propulsé vers l’arrière. Comme s’il y avait un véritable danger, qu’il fallait se saisir de la situation immédiatement pour riposter et attaquer à mon tour. Maintenant que j’entends cette mélodie irrégulière et incontrôlée, je n’en ai plus envie.

Je ne sais ce qu’elle voit dans mon regard mais elle ne fait que s’excuser, encore et encore. Si d’ordinaire j’ai tendance à m’agacer de ce genre de comportement, je me retrouve là à lui excuser facilement, plaçant cela sur le compte d’une maladresse mignonne qui illumine les fragilités de cette jeune fille bien étrange. Je me demande pourquoi elle agit de la sorte, comment un être peut agir avec tant d’instinct et le réprimer juste après ? Je ne peux que plaindre ce conflit interne, ce plafond de verre qui s’impose de lui-même alors qu’il n’existe que dans l’imaginaire de cette personne. Il n’y a pas de verre, juste un obstacle à son propre épanouissement, à une acceptation de soi, de sa propre personne.

J’observe la situation à mesure que mes tympans s’imbibent de ses paroles, exalté par le son de sa voix. Nous voilà assis dans la neige, à quelques centimètres tout juste. Dans ma chute, mes jambes se sont allongées pour venir se placer de chaque côté de son corps, nous voilà comme deux enfants devant leur première neige. Comme deux écoliers de primaire qui rêvassent ensemble quand les autres jouent à la balle. Seulement, je ne connais pas cette fille. Et je suis le seul à rêvasser.
Elle balbutie, bafouille, incapable de s’exprimer librement. Librement comme elle le faisait lorsqu’elle riait. C’est là qu’elle se sublimait, exaltant mes sens et cette curiosité invasive. Je ne connais ce nom que trop vaguement, je m’en fiche à vrai dire. Peu importe qu’elle soit la sœur d’Honoria ou de qui que ce soit d’autre, cela m’importe peu. Cela ne fait qu’intensifier cette image de personne brimée, qui s’empêche d’étendre ses racines et ses feuillages. Cela me peine, un peu. – Tu t’excuses tout le temps de la sorte ou c’est seulement quand tu es impressionnée par la personne qui est en face de toi ? Si c’est le cas, je dois t’avouer que ça commence à se voir.

Je n’ai pas pour envie de l’inquiéter et d’appuyer un peu plus sur cette gêne qui est déjà bien trop présente en elle. Son apparente fragilité joue en sa faveur et je ne me sens pas d’humeur à la pousser dans ses retranchements. Et puis, je le fais déjà bien assez avec les autres. – Moi, c’est Stanley.
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: FaIling (ouvert)   

Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Bal costumé d'All Hallows' Even. [OUVERT À TOUS]
» Demande de partenariat (ouvert aux invités)
» Le Partenariat est-il ouvert aux invités?
» A coeur ouvert => Pierrick !
» Un entrainement au sabre ( ouvert )

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Catharsis :: Rp - Poudlard-
Sauter vers: