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A Tale of Muggles and Wizards
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 With A Little Help From My Friends [Lemmi]

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Theodora Rose KnightTheodora Rose Knight
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MessageSujet: With A Little Help From My Friends [Lemmi]   With A Little Help From My Friends [Lemmi] EmptyVen 7 Fév - 11:23

Tête baissée, plongée dans ses pensées, elle referma doucement la porte de son appartement qu’elle avait personnalisé à son image, avant de donner un tour de clé. Le trousseau pendant au bout de son index gauche, au risque de rayer la brillance de plomb, les mains posées à plat sur le panneau laqué gris orage qui marquait la limite entre le monde extérieur et le sien, elle s’y appuya quelques secondes. Son regard encore inquiet chercha le réconfort de la présence de chaque élément. Tout était comme elle l’avait laissé et cela suffisait à la rassurer. Dans l’entrée, les portes coulissantes de la penderie et du meuble à chaussures étaient soigneusement fermées en face du miroir rectangulaire encadré de hêtre naturel, assorti au bois de la desserte et ses lignes tout aussi rectilignes. Dessus, ne trônait qu’une lampe à poser et un vide poche, vide. Du bout des orteils elle ôta ses escarpins dont les talons leur interdirent de rester en équilibre et le manteau demi-saison retrouva lentement sa place sur son cintre.

Mauvaise journée si ce n’est désastreuse. Pourtant, elle n’avait pas mis le nez au service. Au moins au service, elle maîtrisait les événements, au contraire de ce qui se jouait à la villa Gloriam où elle se sentait trop souvent isolée. Aujourd’hui, elle s’était faite piéger, rétrospectivement, bêtement. La plupart du temps, elle se contentait de garder le silence lors des conseils auxquels elle était expressément conviée, évitant les autres. Expressément conviée car elle savait qu’elle n’était pas, là, en position de force et que son influence se situait ailleurs, dans les tractations en marge et dans les avis qu’on venait prendre auprès d’elle. Présentation du bilan mensuel avec son lot d’action de propagande et d’assassinats et pourquoi n’a-t-elle pas vu arriver la manœuvre ?

“Quels progrès pour notre cause représentent tous ces faits d’arme ?
_ En l'absence d’autres moyens pour lutter contre les sorciers, recruter des sympathisants et éliminer des sorciers lorsque c’est possible restent nos seules options.
_ La patience ne serait-elle plus payante ?
_ Certes nous pourrions nous laisser marcher dessus par les les activistes de MIM, le temps que…”


L’amertume de l'intervenant était audible.

“Le temps que ?
_ Le temps que Mme Knight nous fournisse les résultats de ses recherches ?”


Le ton suspicieux lui avait vrillé les oreilles et elle avait soudain senti tous les regards se tourner vers elle en même temps qu’une nasse se tissait autour d’elle. Cela ressemblait à un traquenard préparé avec méthode. Là encore, dans son appartement elle se demandait pourquoi sans trouver de raison convaincante. Ses positions un peu en marge des va-t-en-guerre avait-elles essaimé parmi les membres de l’organisation devenant trop gênantes ? Un putsch de plus grande ampleur se préparait-il ?

Elle passa devant l’escalier qui menait à la mezzanine pour laisser son regard traverser le salon et la grande baie vitrée aux fines nervures de métal. Les mocassins renversés dans l’entrée la regardèrent se laisser tomber dans le grand canapé. Ramenant ses genoux sous son menton elle laissa son esprit divaguer sur l’enfer de cette journée. Les accusations qui avaient fusée contre elle étaient complètement crétines mais suffisaient à alimenter la méfiance de certains. Elle soignait les sorciers ! Évidemment qu’elle soignait les sorciers ! Même sans sa position contre la magie qui différait souvent de celle de ses accusateurs, le moyen de faire autrement sans se trahir immédiatement ?! Bien sûr la recherche prenait du temps, elle l’avait répété et sérieusement qui ne le savait pas ? Alors tout y était passé, les sommes investies, les soupçons de trahison. Bien sûr en dehors de l’agressivité d’un ou deux membres, tout cela fut dit en termes policés, mais suffisamment pour qu’elle comprenne qu’elle était sur la sellette, elle qui avait réussi, jusque-là, à rester en dehors de l’arène des luttes de stratège.

Elle serra les mâchoires et se tira les cheveux en arrière de ses doigts en peigne et soupira autant que ses poumons le lui permirent. Personne pour voir la femme de glace se relâcher. Elle le sentait, elle était sonnée et devait réagir. Elle pouvait aller se coucher, se mettre à pleurer, aller courir, ou bien…
Elle se leva et rejoignit l’îlot central de sa cuisine simplement séparée du salon par un demi muret surmonté d’une verrière. Ses pieds caressant le sol tiède lui redonnèrent le sentiment d’un bien être intérieur. La casserole d’eau tinta en se posant sur le la plaque, suivie par ceux du couvercle de la théière celui de la boîte de thé. Bientôt, les feuilles parfumées glissèrent dans le filtre de faïence.

La fin de du conseil aurait dû sonner la délivrance de la généticienne, mais elle comprit assez vite qu’elle était vraiment l’objet d’une attaque en règle qui n’allait pas s’arrêter là. Dans le couloir elle croisa les sourires ironiques de deux hommes qu’elle n’avait jamais vus. Elle avait serré les dents pour ne pas montrer la peur qui venait de s’insinuer en elle. Cette même peur qui revint à la charge lorsqu’elle tomba sur une note au fond de sa poche, elle qui n’y laisse jamais rien traîner.

Un anonyme a écrit:
“Si tu protèges les sorciers, c’est toi qu’il faudra protéger…”

C’était avec peine qu’elle s’était retenu de balayer l’espace autour d’elle afin de débusquer celui ou celle qui avait réussi à lui glisser ce morceau de papier assassin. D’une seule main, elle le replia et le refourra dans sa poche.  Cela pouvait toujours servir. Elle ne savait pas encore comment mais c’était un indice ou une preuve. Son cerveau s’était mis à envisager tous les scénarios qu'il était capable d'imaginer du plus simple au plus loufoque. Ne plus rien laisser au hasard dans cette affaire lui semblait la meilleure chose à faire.

Elle ne savait pas pourquoi elle n’avait pas présenté ses avancées dans ses recherches, ou plutôt si. Elle craignait une utilisation prématurée de la part de gens qui n'éprouvent aucun scrupule et pour qui la parole des scientifiques n’avait que peu de valeur face à leur soif de vengeance et de violence aussi. Comme elle se sentait loin d’eux ! Comme souvent le malentendu qui l’avait liée à Gloriam lui sautait au visage. Ces dernières semaines, elle avait fait des pas de géant jusqu’à trouver un protocole afin d’extirper la magie des sorciers. Mais comment entamer les essais cliniques ? C’est la question qui restait en suspens et à laquelle elle devait répondre. Il lui fallait venir devant le conseil avec un succès avéré mais pour l’heure elle se sentait acculée comme la chèvre dans toutes ces histoires où elle doit affronter le loup pour quelque obscure raison de fierté, de destin, de revanche d’une espèce sur l’autre. Mais dans lesquelles la logique était toujours respectée : le prédateur avait toujours le dessus sur la proie. Elle avait réussi à se faire passer pour un prédateur jusque-là, mais, elle le sentait à présent, elle n’était pas de taille à lutter contre toute cette violence à moins de se renier.

Le thé avait fini d’infuser et elle sortit une grosse tasse de porcelaine blanche et bientôt ses deux mains se moulaient autour, comme pour aspirer toute la chaleur que le liquide ambré diffusait à travers. Toujours pieds nus, elle se dirigea vers la baie et son regard plongea dans le parc de la résidence à travers le voilage qu’elle avait fait poser pour une petite fortune si l’on considérait la hauteur de la surface vitrée. Elle tressaillit ! Ce n’était pas possible ! Les deux ironiques étaient en bas de chez elle ! L’un était adossé tranquillement à un arbre tandis que l’autre faisait nonchalamment les cent pas. Elle les surplombait de quatre étages, mais il n’y avait pas de doute, c’était bien eux ! Elle reconnut leur silhouette et leur accoutrement de cuir. Ils avaient osé ! Elle ne pouvait pas croire qu’elle vivait un de ces mauvais films d’espionnage et que quelqu’un la prenait réellement en filature. La colère autant que la panique s’emparèrent d’elle. Elle reposa vivement la tasse sur la table basse du salon et une vague de thé dessina un archipel sur la laque taupe. Il pouvait bien rester là ! Ses mains glissèrent de ses joues à ses tempes comme pour se rassurer, comme pour s’éclaircir les idées, comme pour se réveiller d’un cauchemar qui durait un peu trop. La tête baissée et les doigts toujours sur les tempes, elle se mit à arpenter le salon afin de mettre ses idées en ordre.

*Calme-toi et réfléchis. Mets-toi à leur place ! Que veulent-ils ? Quels sont leurs projets ? *


Dans ce genre d’exercice elle était assez bonne lorsqu’il s’agissait de son métier, mais là il s’agissait d’intrigues, de conspiration. De conspiration à tiroirs. Elle impliquée dans l’une contre la magie et cible du groupe dans lequel elle était membre. Membre, c’était tout dire car elle ne partageait que l’intérêt de lutter contre la magie et la logistique du groupe. De plus en plus, elle se disait qu’il ne s’agissait que d’un vaste malentendu entre elle et eux. Et aujourd’hui, elle se sentait trahie et c’était comme s’ils venaient de la libérer du semblant de loyauté qu’elle leur devait. Pourtant elle se demandait comment gérer cette nouvelle liberté qui lui était presque imposée. Profiter des équipements qui lui avaient été offerts sans se sentir plus redevable envers Gloriam ? Oublier la villa et tracer sa route ? Ce serait sans doute très tentant et peut-être même possible si elle estimait sa position assez publique pour la protéger des représailles. D’un autre côté, retourner la situation et clouer le bec à tous ses détracteurs qui lui envoyaient des “ironiques” pour l’intimider _ ce qu’ils arrivaient très bien à faire… _ lui apporterait bien plus. Elle ne savait juste pas si elle avait la carrure pour tirer son épingle du jeu. Il lui faudrait être plus retorse qu’eux et cela ne faisait pas partie de sa culture, même si en quelques mois elle avait beaucoup appris. Elle devait peser le pour et le contre les sacrifices qu’elle devrait faire et les bénéfices qu’elle pourrait en avoir en retour. Elle devait être certaine de ce qu’ils voulaient faire. Juste lui mettre la pression ? S’emparer de ses travaux ? Mais pour en faire quoi ? Les confier à un autre chercheur et se débarrasser d’elle ? Dans le premier cas, elle pouvait gérer. Cela lui prouverait qu’elle leur était encore utile malgré leur impatience. Si elle pouvait en être certaine, elle pourrait jouer un peu plus sur du velours en leur laissant entrevoir qu’elle pourrait leur fausser compagnie s’ils se montraient trop pressants ou pas suffisamment compréhensifs. Les autres possibilités quand-à elles faisaient monter la panique en elle. Première chose assurer ses arrières en mettant ses recherches en sécurité.

Elle se rassit brusquement dans le canapé, toujours les pieds posés sur l’assise et la bouche collée sur les pouces de ses deux poings joints. Elle entra dans une intense réflexion. Elle sentait qu’après cela rien ne serait plus comme avant. Assurer sa sécurité et obliger l’autre camp à se dévoiler afin d’affiner sa stratégie, voilà ce qu’elle devait réussir à faire en premier lieu. Lorsqu’elle se releva, elle avait encore les mains qui tremblaient, sans doute de savoir des leurs escogriffes en bas de chez elle. Elle était consciente que cette pression l’empêchait d'être complètement lucide aussi s’efforça-t-elle de se plonger dans l’action pour évacuer leurs silhouettes de cuir de son esprit. Elle savait ce qu’elle avait à faire mais ne devait pas se laisser perturber de peur d’oublier quelque chose ou de les faire à l’emporte-pièce. Elle évita donc de retourner à la fenêtre. Qu’ils soient encore là ou pas ne changeait rien.

En premier lieu, s’occuper de ses travaux. Pendant que son iMac G4 lui souhaitait la bienvenue, elle sortit de son emballage une nouvelle disquette Zip. Il avait fallu acheter un lecteur périphérique qui nuisait au design légendaire de la marque, mais le graveur de CD intégré n’était pas très pratique pour des sauvegardes rapides. Elle dupliqua sur cette nouvelle disquette ses travaux stockés sur une disquette originale et la remit dans son emballage avant d’en faire une deuxième copie qu’elle ouvrit et se mit en devoir de modifier. Le résultat avait tout d’une recherche sérieuse mais de petits détails avaient été modifiés afin de mettre un usurpateur de données sur une fausse piste. De quoi, se disait-elle, faire perdre un temps précieux à ceux qui voudraient la mettre sur la touche, voire même se faire repérer par la mention d’un produit interdit. Quelqu’un qui voudrait enquêter ne manquerait pas, se disait-elle de repérer l’achat ou la commande de ce modulateur hormonal et métabolique. La copie rejoignit aussitôt son emballage qu’elle confina dans un petit sac congélation avec force ruban adhésif avant de lester le tout avec une boite de conserve dont elle avait ôté au préalable l’étiquette. Le tout rejoignit le réservoir de sa chasse d’eau. Pas facile de trouver une cache à la fois crédible et à la fois accessible. Elle ne pouvait que se fier à ses lectures de polars pour cela. Retour à la station de travail pour effacer le plus soigneusement possible toute trace de ses fichiers si précieux. Le plus important pour l’heure était fait.

Elle jeta un œil à sa montre. Seize heures. Avec un peu de chance, elle pourrait peut-être mettre la seconde partie de ses décisions à exécution. Encore fallait-il qu’elle parvienne à quitter la résidence sans être prise en filature, ou si c’était le cas, parvenir à brouiller les pistes. Elle se surprit à échafauder des plans à toute allure avec des embranchement de secours au cas où, elle qui n’était pas bien forte aux échecs. En quelques secondes, elle fut rhabillée. et délaissa l'ascenseur pour emprunter les escaliers qui lui permettraient de rejoindre les locaux techniques dont la porte donnait sur un autre côté du bâtiment. En rasant ce pignon de la façon la plus naturelle qu’elle pouvait pour ne pas donner l’impression de manigancer quelque chose, elle prit la direction du centre hospitalier. Durant tout le trajet qu’elle fit à bonne allure, elle exhortait de ne pas se retourner. En arrivant à la porte vitrée de l’hôpital c’est le reflet qui lui indiqua qu’elle avait eu raison de faire un crochet par son travail, les deux sbires étaient bien à quelques dizaines de mètres derrière elle. Et même si c’était sa parano qui la trompait, deux précautions valaient mieux qu’une. Lorsqu’elle parvint à son cabinet elle s’approcha de son assistante et secrétaire occupée à classer des dossiers. Ce visage familier et dévoué la rassura un peu.

“Bonjour Maggie ! Pas de nouveaux rendez-vous ?”

Elle laissa la secrétaire consulter le planning de la chercheuse avant de répondre par la négative.

“Votre planning est plein pour les trois prochains jours…
_ Très bien. Je passe au labo et je ne veux pas être dérangée. Je ne sais pas à quelle heure je partirai.
_ Très bien professeur.
_ Merci Maggie.


Elle n’avait pas le temps ni les pensées à se formaliser aujourd’hui de cette asymétrie de relation, mais elle n’avait jamais compris que sa secrétaire insiste pour se faire appeler par son prénom alors qu’elle lui donnait du Madame et du Professeur. Elle prit la direction du laboratoire, mais s’en écarta bien vite. L’hôpital était son univers, elle en connaissait tous les couloirs, tous les ascenseurs et escaliers et espérait bien que cela lui porte chance. Elle jeta en passant sous une horloge murale un oeil inquiet pour s’assurer qu’elle avait encore le temps de mettre sa manoeuvre à exécution. Seize heure vingt-trois, il n’y avait rien de trop mais cela devrait être suffisant. Lorsqu’elle déboucha sur l’arrière de l’hôpital, elle jeta un œil alentour sans voir trace de ses poursuivants et prit vivement la direction du quartier d’affaires. Là, elle entra sans se retourner dans la succursale que la Royal Bank of Scotland avait ouverte à Atlantis. Ce n’est qu’une fois à l’intérieur qu’elle s’assura qu’elle n’avait pas été suivie et que donc son petit manège n’avait pas été vain. Là-encore, elle ne vit aucune trace des ironiques de cuir.

Lorsqu’elle en ressortit, elle était délestée d’une copie de ses travaux qu’elle avait laissé dans un coffre en échange deux clés. Le retour à son appartement se fit sans encombre. Que les deux sbires soient encore en train de l’attendre devant l'hôpital ou qu’elle ne se soient pas aperçu qu’elle était suivie nulle trace de ses gardes du corps. Elle ne se faisait pas trop d’illusion, ils seraient bientôt de retour sur son chemin si elle ne trouvait pas le moyen de disparaître de leur “radar”. La gageure serait de continuer ses activités tout en disparaissant aux yeux de Gloriam, histoire de faire changer la pression de camp ou tout au moins de de rééquilibrer, les choses. Le problème était donc de continuer à aller à l’hôpital pour ses patients, sans se faire immédiatement reprendre en filature et donc localiser. Elle se demandait si elle n’allait pas être contrainte d’annuler tous ses rendez-vous jusqu’à nouvel ordre. Elle se voyait mal faire faux bond à ses patients quoique personne n’était indispensable et ils pouvaient être orientés vers d’autres confrères. Elle tentait d’imaginer la réaction du camp adverse si elle disparaissait de la circulation. Prendrait-il cela pour un aveu de culpabilité, comme une trahison ? Quoi qu’il en soit, la pression serait vraisemblablement de leur côté…

Lorsqu’elle revint chez elle donc, le jour commençait déjà à tomber. Une pression sur un interrupteur et les volets roulants occultèrent le paysage qu’elle avait sur Atlantis. Son problème restait sans réponse. La difficulté de sortir de l’hôpital sans se faire repérer restait l’aspect le plus délicat. En fait c’était LE problème. Sa stratégie du jour n’avait qu’un temps. Ses adversaire pallieraient très vite à leur première défaite si elle refaisait surface au centre hospitalier. Une idée loufoque lui vint à l’esprit. Si elle était présumée partie, la surveillance de l’hôpital serait sans doute abandonnée. Le tout était d’être suffisamment convaincante. Elle avait suffisamment d’argent pour se payer un billet d’avion, même pour rien… Elle savait que c’était risqué et que cela ne durerait sans doute qu’un temps. Qu’attendait-elle en fait de ce temps ? Qu’ils changent d’avis sur elle ? Qu’elle arrive à finaliser un premier essai réussi de son traitement anti-magie ? C’était bien beau de mettre la pression sur camp adverse, encore fallait-il savoir quoi faire ensuite. Elle se sentait un peu piégée par tout ce qu’elle venait de mettre en place. La seule chose sur laquelle elle pouvait un peu compter c’est que le camp adverse bouge. En fonction de ce qu’il ferait, elle pourrait réagir, mais décidément, elle avait la sensation de plonger vers l’inconnu, de mettre une machine en route qu’elle n’était pas certaine de contrôler. Si elle partait avec aussi peu de garanties sur l’avenir et la suite des événements, elle serait contrainte à l’improvisation, et rien ne la prédisposait à cela...

Soudain, et sans doute pour la première fois depuis très longtemps la solitude s’abattit sur elle et elle se sentit lâche, apeurée et incapable d’assumer ce qui lui tombait dessus depuis les dernières heures. C’est le moral en berne qu’elle décida de se mettre en tenue décontractée, avec l’espoir que le cocooning allait lui rendre un peu de douceur et de légèreté. Quelque part sous le plan de travail de la cuisine sa tenue du jour gisait maintenant dans le bac de linge sale. Legging gris et sans trop de forme, la faute à trop de passage en machine, et de grosses chaussettes sans doute faites pour les mollets de Mike Tyson, elle se laissa tomber dans son fidèle canapé les genoux rabattus sous un mohair écru, de ceux qu’on attribue aux irlandais et dont le col qui avait dû être jadis, roulé, lui remontait jusqu’aux yeux. Bravant la possibilité de ne pas fermer l’œil de la nuit elle s’était refait un thé et le premier vrai sourire de la journée se dessina sur ses lèvres en pensant que cette même scène ressemblait étrangement à celle qu’elle avait vécue quelques semaines plus tôt à la différence près qu’elle avait ce jour-là les cheveux mouillés et un chocolat chaud en lieu et place de son darjeeling. Elle pensa à Lemmi. Elle se demandait bien qu’elle image il avait d’elle, s’il s’imaginait qu’elle pouvait se mettre dans un pareil pétrin et si le numéro qu’il lui avait donné pour au cas où comprenait cette éventualité.

Son esprit partit vers les personnes à qui elle pouvait faire confiance pour l’heure. Alistair pouvait venir en tête de liste même si leurs rapports restaient trop ambigus pour la rouquine, elle le pensait loyal. Tatiana ?  Elle était sans doute trop jeune et passant petit à petit du côté de la magie, elle ne savait pas ce qu’elle pouvait attendre d’elle et puis la jeune violoniste lui témoignait trop de défiance pour le moment. Le professeur Page ? Oui, peut-être, hormis ou en dépit du fait qu’il travaille au même endroit qu’elle… Mais non, là aussi l’incertitude de leurs liens était un obstacle.  Arno ? Depuis le temps qu’il n’avait pas donné signe de vie, elle se demandait s’il se souvenait qu’elle existait. Le scandinave avait pour l’heure, toujours fait preuve à la fois d’intérêt pour elle et de respect pour ce qu’elle voulait taire. C’était une qualité rare, mais comment se sentirait-elle à lui demander de l’aide sans lui en dire trop à la fois pour elle et pour la sécurité du journaliste ? Pourtant c’était celui qui cochait le plus de cases si jamais elle se résolvait à demander l’aide de quelqu'un d’autant que pour Gloriam, il n’existait pas… Problème, ses sœurs étaient des sorcières. Problème ou parfait alibi. Qui irait la chercher là ? Elle devrait prendre sur elle certainement… Petit à petit, la suite de ses projets prenait corps. Elle consulta les sites de voyage, puis chercha un moyen de se rendre compte si quelqu’un était entré en son absence chez elle. Bien sûr, les trois points de fermeture et le profil plus que particulier de sa clé lui donnait assez d’assurance, mais chacun sait que si l’on veut vraiment entrer quelque part… Encore une fois, sa culture cinématographique lui souffla comment exploiter les longs cheveux, lien des plus fins et des plus fragiles dont elle relierait le cadre et le battant de la porte dans le coin supérieur. Un simple montage à la gom-fix permettait de le remettre en action simplement et de détecter un passage par son entrée par la rupture ou le décollage du cheveu. En d’autres circonstances, elle aurait pu trouver ça drôle de mettre en œuvre ce petit bricolage… Elle vida une petite bouteille de jus de fruit qu’elle rinça et laissa sur l’évier pour la laisser s’égoutter.

Elle dîna à peine ce soir et parvint tant bien que mal à dormir et décida de ne rien changer à ses habitudes, enfin, presque. De sauter dans ses baskets pour son footing entre chien et loup. Elle crut discerner les deux ironiques sans en être bien sûr en bas de chez elle, mais ils n’étaient pas en tenue pour la suivre à la course. Elle verrait bien s’ils allaient profiter de son absence pour violer son intérieur... Au milieu de son parcours, elle s’arrêta et sortit son téléphone et joignit Lemmi. Le rendez-vous fut rapidement pris pour 21h le soir dans le bar où ils avaient discuté pour la première fois. De nouveau, le journaliste s’était montré on ne peut plus compréhensif.

Revenue chez elle, le cheveu mouchard l’attendait intact ce qui ne l’empêcha pas de placer la bouteille vide en équilibre derrière la porte le temps qu’elle prenne sa douche et prépare un petit sac de voyage. Elle sortit de la résidence avec son bagage à l’épaule. Personne ne pouvait ignorer qu’elle s'apprêtait à partir. Lorsqu’elle arriva devant le bureau de Maggie Peterson, elle s’arrêta, elle la salua comme à l’ordinaire en ajoutant une requête inhabituelle.

“Pouvez-vous annuler mes rendez-vous de l’après-midi, avec toutes mes excuses aux patients, et me réserver un billet pour rejoindre le continent à douze heure dix-neuf si ma mémoire est bonne ? Plus un billet de train pour rejoindre l'aéroport de Glasgow et enfin le premier vol pour Londres ? Merci. Je sais que je peux compter sur vous.”

Cette demie journée de travail fut comme toutes les journées de travail et elle s’étonna en sortant de son cabinet toujours son sac de voyage à l’épaule, de ne pas avoir été parasitée par ses préoccupations du moment qui lui happèrent l’esprit dès la porte du cabinet fermée ? Elle y vit une nouvelle confirmation que le recherche était toute sa vie mais n’avait aucun sens sans le contact avec les malades. Un peu comme un musicien qui compose et répète avec minutie et exigence mais qui ne peut se passer de la scène pour exprimer son talent.

“Vos billets vous attendent à l’agence du port Mme Knight.”
_ Vous êtes parfaite ! Merci. Je vous appelle pour vous donner des nouvelles pour la suite du planning…


Elle évita de jeter un regard aux abords de l’hôpital pour savoir si elle était attendue. Inutile de laisser croire qu’elle s’y attendait. Elle l’espérait pourtant autant qu’elle le redoutait. Elle l’espérait pour que son plan ait une chance de réussir, elle le redoutait car elle ne pouvait pas être certaine des intentions des gorilles qui la suivaient. Ce n’était pas avec les quelques leçons de Krav Maga qu’elle pourrait leur résister s’ils tentaient de lui nuire physiquement…. Le printemps naissant était encore plus que frais et elle remonta le col de son manteau fauve et resserra d’une main le haut du revers sur son menton. Ses pas la menèrent très vite au port où l’agence de voyage tenait ses billets à disposition. Son paiement et un sandwich plus tard elle embarquait sur le ferry qui la ramènerait à l’île mère. Ce ne fut que lorsqu’il eut largué les amarres qu’elle s’inquiéta de savoir si elle avait été suivie. Elle ne reconnut personne mais sa parano du moment pouvait attribuer toutes les mauvaises intentions du monde au plus angélique des visages. Le plus dur serait de disparaître une fois débarquée. Elle monta dans le tortillard qui devait l’amener à Glasgow mais descendit au premier arrêt. Elle avait tant bien quel mal échangé dans les toilettes du train, sa tenue bon chic bon genre contre un jean moulant des baskets et un blouson de type parka qui lui changeaient la silhouette du tout au tout. Elle se paya ensuite un taxi pour rebrousser chemin jusqu’au port et attendre la dernière traversée. Elle profita du temps qu’elle devait tuer avant d’embarquer pour s’offrir une large casquette grise de feutre épais. Avec le luxe de précaution qu’elle avait pris elle espérait pouvoir rejoindre sans encombre Lemmi à l’heure prévue. Elle ne pouvait pas lutter contre la couleur de ses cheveux, mais maintenant relevé sous sa nouvelle acquisition, ils étaient bien moins accusateurs.

Lorsqu’elle entra dans le bar, les accents de la sonate dite au clair de lune de Ludwig Van Beethoven lui parvinrent comme une invitation à oublier ses soucis et apprécier les belles choses. Elle chercha des yeux Lemmi. Serait-il là ? Au fond, elle lui avait fait confiance, mais rien ne l’obligeait vraiment à être là même après sa promesse. La duplicité du monde devenait pour elle comme une chose générale.
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MessageSujet: Re: With A Little Help From My Friends [Lemmi]   With A Little Help From My Friends [Lemmi] EmptySam 8 Fév - 21:33

Lemmi devait bien avouer qu'il s'ennuyer ferme. Est ce que c’était vraiment un problème, cependant ? Pas forcément. Il était la, allongé dans la salle principale de l'appartement, c'est a dire la cuisine, en observant les pantoufles de sa sœur. C’était quand même incroyable. Plus il y pensait, et plus il essayait de trouver une explication scientifique, rationnelle, a ce phénomène. Il avait beau essayer comme un fou, lever les deux mains devant lui et lancer des incantations plus invraisemblables les unes que les autres, rien y faisait, les pantoufles restaient totalement immobile. Et sa sœur. Sa foutue Miel. Elle levait la main, et pouf, les deux pantoufles allaient ou venaient selon l'ordre donné. Déja qu'il avait toujours cru qu'il fallait une baguette pour ce genre de « miracle », voilà que sa sœur le faisait sans, a présent, c'etait a devenir fou.

Pendant de nombreux mois, en Afrique, il avait autant étudié la faune et la flore que la magie en générale. Il etait loin d'avoir les connaissances d'un sorcier formé dans le domaine, mais il avait des bases. Il connaissait des sorts, avait des connaissances en potions diverses, et était un des plus grands experts en faune magique parmi les moldus. Enfin, des espèces qu'il avait étudié, en tout cas. Combien de moldu pouvait se vanter d'avoir vu, de prêt ou de loin, un éruptif ? Dire zéro était sans doute un brun prétentieux, mais cela ne devait pas courir a chaque coin de rue. Et mine de rien, ce fait avéré, il en était plutôt fier. Mais il ne fallait pas, absolument pas qu'il se vante. Il n’était pas de ce genre hein ? Il fallait toujours rester humble, garder la tête froide, ne pas passer pour ce qu'il n’était pas. Ce qu'il n’était pas vraiment.

Un coup de téléphone résonna dans la piece, le faisant sortir de ses pensées. Il n’était pas tard, et il se demanda bien qui pouvait l'appeler en plein après-midi. Il chercha d'abord une bonne dizaine de secondes son téléphone, caché sous un livre ouvert a l’envers sur la table. « Étude de la civilisation marine », autrement dit les poissons et autres joyeusetés aquatiques. Le numéro affiché était inconnu, aussi il hésita un instant a ne pas décrocher. C’était encore une feuille de chou qui voulait qu'il vienne faire un papier sur deux lapins dans une école primaire ? Ou sur l'affaire des poules disparue de la ferme des Gunnard ? Un renard, un simple renard. Il avait perdu deux jours avec cette histoire, dans le nord de la Lituanie. Mais finalement, il décida de décrocher. Il n'avait pas grand chose a perdre.

La voix de Théodora le fit carrément sursauter, et il ne pu s’empêcher de sourire bêtement. Enfin, il n'avait pas besoin de se cacher, il était tout seul après tout. Comme souvent, sa sœur était en cours, surtout l’après-midi. Le savoir n'attendait pas, et le salaire encore moins. Le sourire du garçon ne resta cependant pas très longtemps affiché sur son visage. La voix de Théodora etait étrange. Presque tremblante ? Il avait bien du mal a l'imaginer en état de faiblesse. Et encore plus, devant lui. Si elle appelait, c’était qu'il y avait un problème, sinon, elle n'aurait pas brisé ce masque de force qu'elle affichait en public, ou tout du moins en sa présence.

Il n'eut pas le loisir de beaucoup parler avec elle. Elle était clairement pressé. Mais elle voulait le voir. Rapidement. Le soir même. Il n'eut pas besoin de réfléchir longtemps a un point de rendez-vous qu'elle évoqua aussitôt le bar ou ils avaient prit un verre ensemble, le jour de leur rencontre. Il n'y était pas retourné depuis. Il avait l'impression que c’était hier, mais pourtant, plusieurs semaines s’étaient bel et bien écoulés. Il accepta donc l'invitation, et ajouta a Théodora qu'il espérait que tout irait bien. Sans vraiment savoir de quoi cela pouvait bien être. Le rendez-vous n’était pas tout de suite, et pourtant, il monta aussitôt jusque dans la salle de bain pour se laver, se préparer. Il devait etre présentable. Non, plus que présentable. Il n'allait pas voir n'importe qui, il allait voir Théodora Knight. Et dans un coin de son esprit, le coin particulièrement joueur, il espérait secrètement que chacune de leurs entrevues ne les rapproches un peu plus.

La plupart du temps quand ils se voyaient, c’était en cours de sport, et il devait avouer que chacun avait un emploi du temps assez sévère pour empêcher de se voir trop en dehors. Ils avaient bien etait boire ensemble a nouveau, mais il n'avait pas encore osé vraiment aller plus loin, comme lui proposer un restau ou autre. Elle n'avait pas l'air de vouloir un vrai rendez-vous galant avec lui, ou tout du moins c’était l'impression qu'il en avait, et vu qu'il n'avait actuellement aucun véritable contact de gens de son age en dehors d'elle, il n'avait pas envie de tout gâcher pour un banal petit coup de cœur. Et puis, c’était simplement parce qu'elle lui portait un petit intérêt, au moins social. Il n’était pas au stade ou il ne dormait pas de la nuit ou qu'il rêvait d'elle constamment. Non, il l’appréciait, la trouvait jolie, et c’était tout.

Cette fois donc, pas de jogging, il enfila un jean assez classe, selon lui, noir, tout en sobriété, et enfila une chemise et une veste de costume, tenue qu'il portait quasiment tout le temps en dehors du loisir. Pour le boulot en somme. Mais il trouvait que cela lui donnait un air plus mature, un peu plus classe, et depuis une dizaine d'années, il avait du mal a se trouver vraiment sérieux sans porter cette tenue. Il enfila sa paire de chaussure foncé, et attrapa un parapluie, ainsi que sa sacoche qu'il emportait partout, avec ses affaires comme ses papiers ou son argent, ainsi que deux ou trois babioles toujours utiles, notamment pour son métier.

Il tourna la clé dans la serrure, et il était parti. Il remonta la rue, et s'en alla vers le bus. Quelques arrêts, et il se retrouva dans la grande rue qu'ils avaient remontés la première fois avec Théodora. Il dépassa le club, signe qu'il était sur le bon chemin. Il était globalement beaucoup trop en avance, il en était quasiment persuadé. Mais au pire, il prendrait un premier verre en l'attendant. Qu'est ce qu'elle pouvait bien vouloir lui dire ? Lui parler du club ? De son métier ou de la recherche peut être ? Il était surprit qu'elle ai utilisé ce numéro, et au fond de lui, avait ce pressentiment que si elle l'avait fait, c’était pour une autre raison. De plus grave. Ou tout du moins, de plus important, assez pour qu'elle ai besoin qu'il y jette un œil. Il avait des compétences un peu originale, meme si tout de suite, il voyait mal en quoi la recherche d'animaux pouvait etre utile a la chercheuse en médecine humaine. Enfin, il verrait bien assez rapidement.

Une fois au bar, en effet, il réalisa qu'il était le premier. Le bar etait quasiment vide, il etait encore assez tot, mais il reconnu la serveuse qui sembla faire de meme et lui fit un sourire. Il s'approcha, et lui demanda « la meme chose que d'habitude », en se satisfaisant du fait qu'elle comprenne aussitôt. Cela voulait il signifier qu'il etait vraiment en pleine sédentarisation ? En tout cas, c'etait agréable. Il se posa sur une table, a l'opposé de la fenetre cette, fois, et dégusta tranquillement son martini en observant la salle, parfois les yeux clos en appreciant la musique classique. Ca manquait de jazz, mais si on en ajoutait, alors il allait définitivement ressembler a un acteur de film noir.

La porte s'ouvrit finalement, quelque temps plus tard, sur Théodora. Avec un chapeau étrange qu'il n'aurait pas parié voir sur elle un jour, et un air fugitif peint sur le visage. Il se leva aussitôt en lui faisant un signe et il la regarda approcher de lui. Il lui prit la main, comme il faisait quand ils n'etaient que tout les deux, ou en tout cas, en dehors du cours, pour l'embrasser. C'etait presque devenu un rituel, basé sur une simple plaisanterie.

- Bonsoir Théodora, vous avez l'air affolée....tout vas bien ?

Non, il pouvait clairement sentir que tout n'allait pas bien. Il la dirigea vers sa table et la laissa s'installer avant de se mettre en face, en la detaillant. Elle avait le visage fatigué de quelqu'un qui stresse. Mais pour l'instant, la raison lui en etait inconnu. Il se pencha donc vers elle au dessus de la table, parlant moins fort :

- Dites moi tout, Théodora. Que je puisse soulager vos épaules tendues.

Il avait remarqué que son corps entier etait raide, plus qu'a l'accoutumé en tout cas. Encore un bienfait de ses capacités d'observations, qui tenaient cette fois davantage du fait qu'il avait l'habitude de beaucoup la relooker, surtout dans sa tenue de sport un peu moulante et...hum hum....il devait rester concentrer.

- Je suis la pour vous aider.
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MessageSujet: Re: With A Little Help From My Friends [Lemmi]   With A Little Help From My Friends [Lemmi] EmptyMer 12 Fév - 5:38

Un instant elle se demanda si Lemmi serait bien là. Après tout, elle était restée assez évasive sur les raisons de ce rendez-vous et le scandinave n’avait aucune raison de se mettre dans le pétrin pour elle. Enfin, bien sûr, il ne savait pas encore qu’il s’agissait de se mettre dans le pétrin. En tout cas, il n’avait pas de raison d’accourir à peine il recevait un coup de fil d’elle. Elle ne savait pas trop sur quel ressort elle pouvait compter pour qu’il lui vienne en aide.

S’ennuyait-il au point de se jeter dans n’importe quelle aventure sans en savoir plus ? Ses retrouvailles avec sa sœur n’étaient donc pas aussi palpitantes qu’elle avait pu l’imaginer ! Elle imaginait bien qu’après tout ce temps il devait y avoir des moments de malaise même des moments où ils devaient avoir envie tous les deux de garder leur autonomie.

Sa profession pouvait en être un autre. Un journaliste devait bien faire preuve d’un minimum de curiosité, non ? Et même si son domaine était très spécifique et ne le mettait sans doute pas aux prises avec l’animal le plus dangereux de la création, l’homme, il devait se laisser, assez facilement, motiver par le mystère et les questions sans réponses… Ils avaient débattu dès leur première rencontre de la recherche. S’il n’avait que la moitié de la curiosité qui habitait la généticienne et qui la poussait à aller répondre à la question suivante, celle soulevée par la dernière réponse, il allait fatalement accourir.

En dernier lieu, elle s’était déjà posé la question de l’intérêt qu’il lui portait. Sa prévenance et les attentions qu’il avait pour elle ne pouvait pas, à moins d’être un saint, _ ce dont elle le soupçonnait parfois _ être celles qu’il accordait à tout le monde. Pourtant, à chaque fois, elle se disait que c’était bien prétentieux de sa part de penser qu’il puisse être attiré par elle alors qu’elle ne lui avait pas retourné de message qui pourrait l’encourager. Bien sûr, il était adorable, cultivé, ouvert d’esprit, mais que ce soit à cause de sa propre situation de clandestine, ou de son âge, elle ne se permettait pas d’envisager une relation trop intime, sérieuse… Quel terme était le plus approprié ? Amoureuse ? Elle se demandait bien si elle était encore capable de se projeter dans ce mot qui s’était tenu si loin d’elle depuis tant d’années !

De toute façon, lorsqu’elle arriva dans le bar, elle avait bien d’autres choses en tête à commencer ce qu’elle allait bien pouvoir lui dire. Elle était tiraillée entre la nécessité de lui faire confiance, la moindre des choses envers une personnes qui vous vient en aide et le danger pour elle de se livrer complètement. Quelle était sa position par rapport à la magie ? Ils avaient laissé le sujet dans un flou diplomatique et avec des sœurs sorcières et une attirance pour les animaux fantastiques, elle ne parierait pas qu’il partage son envie d’éradiquer la magie. Sur un autre axe, il y avait toujours cette question de confiance et la sécurité de Lemmi. Était-ce encore une fois l’influence des films policiers, mais il lui semblait que moins il en saurait moins il courrait de risque. Mais comment envisager qu’il se contente de suivre les instructions qu’elle lui donnerait sans demander à en savoir plus ? Comment réagirait-elle si elle se retrouvait dans sa position ?

Alors qu’elle le cherchait des yeux, le coup de fil évasif qu’elle lui avait adressé, revenait à sa mémoire. Elle avait tout fait pour paraître maîtresse de ses émotions mais elle devait bien l’avouer, elle n’était pas parvenue à se convaincre elle-même alors le journaliste qui semblait avoir un don pour deviner des choses chez elle… D’ailleurs de son côté, le changement de timbre qu’elle avait perçu chez lui ne lui avait pas laissé longtemps de doute. Elle avait entendu son sourire avant que le froncement de sourcil qu’elle imagina n'assombrisse sa voix. Elle avait senti qu’elle devait abréger la communication si elle ne voulait pas être entraînée dans une avalanche de questionnement. Une fois qu’il lui avait promis d’être au rendez-vous, elle avait bien vite raccroché. Après coup, alors que la traversée vers l’Ecosse lui avait laissé le loisir de se replonger dans ses pensées sans sentir d’urgence la talonner, elle avait pris conscience de ses manières peut être abrupte de mettre fin à la conversation. D'ailleurs, elle ne se souvenait pas exactement ses dernières paroles : ”Merci à ce soir” ? Elle s’en voulait de sa désinvolture.

Son regard fit le tour de la salle pour trouver le scandinave et un instant elle pensa qu’il ne viendrait pas, ou qu’elle était arrivée en avance. La serveuse arriva alors à sa hauteur et avec un sourire silencieux et accueillant elle pointa discrètement une table à l’opposé de celle qu’ils fréquentaient d’ordinaire. Son contact y était déjà debout et lui faisait signe de venir le rejoindre

D’ordinaire, c’était tout dire. Ce n’était pas pour le nombre de fois où ils s’étaient retrouvés dans le bar tous les deux… En tout cas c’était apparemment suffisant pour la serveuse, pour reconnaître les clients qu’elle pouvait classer dans des habitués. D’un côté, elle fut rassurée en posant son regard sur le journaliste et de l’autre, elle se dit qu’elle aurait peut-être mieux fait de choisir un autre lieu s’il avait déjà été repéré comme leur lieu de rendez-vous. En un réflexe, elle jeta un regard dans la rue à travers la baie vitrée, mais ne vit personne de suspect.

Cette heure n’était plus celle de ceux qui doivent regagner leurs pénates et n’était pas encore celle des noctambules. En tout cas elle n’aperçut pas les ironiques. Depuis le premier jour, elle se demandait s’ils étaient juste là pour lui mettre la pression ou bien réellement pour la surveiller. Dans le premier cas, ils avaient parfaitement joué leur rôle dans le deuxième, ils s’étaient conduits comme des amateurs. Quels rapports avaient-ils fait depuis qu’elle les avait repérés ? “Mme Knight est partie cette après-midi pour l’Ecosse et si nos informations sont bonnes pour Londres”? Elle se demandait s’ils avaient importuné Maggie Petterson ou s’ils s’étaient contenté d’aller traîner leurs guêtres à l’agence de voyage du port. Et Comment avait réagi Gloriam à sa disparition ? C’était la question essentielle à laquelle elle devrait répondre en priorité. et qui lui permettrait d’envisager la suite des événements.

Pour le moment plusieurs options restaient ouvertes mais elles savaient qu’au fur et à mesure que les pièces de l’échiquier avanceraient, leur nombre se réduirait. A elle de garder l’initiative qu’elle avait réussi à reprendre _ enfin, le pensait-elle _ pour acculer Gloriam, ou en tout cas ses ennemis au sein de l’organisation, à se dévoiler ou à commettre des erreurs. Pour l’heure, tout le monde était un ennemi, il faudrait faire le tri sans se laisser berner par de nouvelles manœuvres. Garder un coup d’avance et un atout dans sa manche pour chaque situation serait sans doute la clé.

Pour l’heure elle se dirigea d’un pas alerte vers la table de Lemmi et s’assit en le gratifiant d’un sourire un peu malade. Elle le laissa se livrer à son baise-main traditionnel qui faisait partie de la complicité qui s’était établie petit à petit entre eux, mais qu’elle allait avoir du mal à apprécier ce soir. Affolée ? Elle était encore une fois transparente à ses yeux et comme par réflexe, elle se recomposa une physionomie censée donner le change d’une neutralité et un minimum de force et de prise sur les événements. Elle s’assit en se forçant à le pas quitter son regard afin de lui prouver qu’elle gérait la situation, même si ce n’était pas la complète vérité. Au moins n’avait-elle pas jeté un dernier coup d’oeil pour se rassurer et vérifier qu’elle n'avait pas été suivi et qu’aucune menace ne pesait sur leur entrevue. Sa réponse se voulut ferme et elle enchaîna assez vite alors que les premières notes de la pavane opus 50 de Gabriel Fauré lui parvenait tentant de lui imposer une douce mélancolie, capable de faire ressortir le vague à l’âme que les derniers événements et la solitude qu’ils avaient fait tomber sur ses épaules. Elle fronça les sourcils comme s'auto suggérer un courage qu’elle ne ressentait pas totalement au fond d’elle.

“Ça va. Et vous ? Merci d’être venu.”

Elle avait un peu honte de son ton d’”executive woman”, qui ne seyait pas à quelqu’un à qui l’on demande de l’aide et qui est de fait en passe de devenir un ami. Un ami ? Combien d’amis avait-elle sur cette Terre ? La question était sans fondement pour l’heure. Elle avait plus ou moins répondu à la question la veille lorsqu’elle avait envisagé d’appeler au secours quelqu’un qui lui fut assez proche. Lemmi ne semblait pas dupe des efforts qu’elle faisait pour garder la tête froide et ne pas l’inquiéter outre mesure par son attitude. Il aurait bien de quoi ensuite s’inquiéter lorsqu’elle lui aurait fait part de ses ennuis, si elle le faisait bien entendu. Pour le moment, elle avait encore besoin de gage pour finir de lui accorder une confiance totale. Elle reprit sa pose hiératique qui la caractérisait tant, droite devant la table, les deux avant-bras croisés sur le plateau, une main à plat et l’autre posée près du coude.

Il était là pour l’aider disait-il. Le pourrait-il ? Elle décida de tenter d’être assez prudente et de ne pas faire traîner trop les choses. Entrer dans le vif du sujet leur éviterait des questions inutiles et leur ferait gagner du temps. Elle avait l’impression d’être en réunion de service où elle posait d’abord le cadre et qu’ensuite elle pouvait écouter les uns et les autres. Inutile de faire croire de façon démagogique que tout était négociable. Elle était garante que le projet de service soit respecté et de ce fait, chacun devait connaître sa marge de proposition. Personne n’avait de mauvaise surprise, chacun pouvait alors compter sur son écoute attentive. Ce soir c’était un peu la même chose à la différence près qu’elle n’avait pas toutes les cartes en main.

“J’ai quelques scrupules à faire appel à vous. Ce que je vais vous dire risque de vous mettre en danger. Je ne sais pas jusqu’à quel point, mais tout peut très vite devenir au minimum très tendu. Je vais parfois vous paraître imprécise, mais c’est pour deux raisons. La première c’est que je ne suis pas certaine de tout et la deuxième, ce sera pour ne pas vous exposer plus que nécessaire.”

Elle fit une pause pour scruter le visage attentif du journaliste et lui laisser le temps d’intervenir, avant de poursuivre.

“Je sais que c’est sans doute beaucoup vous demander, mais je ne peux le demander qu’à vous.”

Avait-il saisi à son ton de voix l’espèce de faveur empoisonnée qu’elle lui faisait ?

“Pour gagner du temps, il s’agit de mes recherches et non, je ne peux pas faire appel à la police.”

Elle n’avait laissé aucun doute ni aucune possibilité de contester cette dernière affirmation avant de reprendre sa respiration et de finir par la question cruciale qui allait déterminer la suite de leur conversation. Toujours aussi droite, les prunelles rivées dans le regard de Lemmi elle se tut attendant, stoïque, la réaction et la réponse du journaliste. Ce qu’elle craignait le plus c'est qu’il n’essaie de négocier les termes de son aide. Elle le comprendrait, forcément, mais cela les mettrait tous les deux dans une posture sans doute plus fâcheuse et plus périlleuse, surtout pour lui. Comprendrait-il qu’elle voulait le protéger autant qu’il s’était montré compréhensif lorsqu’elle ne se livrait pas complètement dans leurs conversations ?

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MessageSujet: Re: With A Little Help From My Friends [Lemmi]   With A Little Help From My Friends [Lemmi] EmptySam 15 Fév - 11:43

Il fronça les sourcils. C’était plus compliqué que ce qu'il avait imaginé. Enfin, en même temps, si cela n’était pas compliqué, elle n'aurait clairement pas fait appel a lui. Elle etait clairement du genre a toujours tout faire au maximum sans demander d'aide a personne. Enfin, pas a lui en tout cas. Même si ils ne se connaissaient pas depuis longtemps, il doutait qu'elle fasse appel à qui que ce soit quand elle avait des problèmes. Et puis, surtout, le fait qu'elle décide soudainement d'évoquer des sujets dont elle s’était bien gardée de parler jusque la. Il avait bien remarqué qu'elle faisait toujours en sorte de ne pas trop se plonger dans certain sujet, de peur qu'il ne se décide a poser des questions a ce propos. Il n’était pas bête, il avait bien compris cela.

Et il n'aimait pas ça. Il n'avait pas envie d’être considéré comme une sorte de bouche trou, bon qu'a être appelé en cas d’extrême nécessité. Cela lui rappelait la façon dont ses sœurs avaient gérés leurs problèmes, sans jamais le contacter. Sans jamais accepter de le considérer comme vraiment l'un des leurs, comme une aide sur laquelle on pouvait compter.

Ce n’était sans doute pas comme cela qu'elles l'avaient pensées, mais c’était de cette façon que lui l'avait prit. Et si Théodora l'avait appelé, elle, elle commença son speech avec plusieurs mises en garde sur le fait qu'elle ne voulait pas le mettre en danger, ne pas l'exposer. Mais c’était a lui de décider ça, pas a elle. Il n’était pas si faible que ça quand même, si ? Pas au point que tout le monde veuille ainsi le mettre de coté dans une volonté de le protéger ? Il n’appréciait pas.

Ce n’était pas beaucoup lui demander tant qu'elle tournait autour du pot. Comme si elle n’était même pas convaincue elle même qu'elle voulait le mettre dans la confidence. Il songea qu'avant de lui demander si il était d'accord, elle aurait peut être du se demander elle même si elle avait vraiment envie de lui parler d'un tel secret. Elle n'avait pas l'air convaincu. Et il avait encore moins envie qu'elle lui parle de ça sous la contrainte. Cela voulait simplement dire qu'elle n'en avait pas vraiment envie, qu'elle ne lui faisait pas vraiment confiance.

- Theodora, je préfère vous arrêtez la.

Il jeta un coup d’œil discret dans le bar. Il avait eu l'habitude de discuter avec des gens recherchés, pour de vrais raisons ou non, surtout dans les pays les moins développés, souvent pour obtenir des informations qui n'avaient, certes, rien a voir avec les crimes que ces gens avaient commis, mais il avait quand même du apprendre a faire attention a lui. Le monde n’était pas forcément tout rose, après tout.

- Ne me dites rien. Je ne veux pas savoir. Enfin...non, je veux savoir en fait. Mais est ce que vous, vous voulez vraiment que je sache ? Je n'ai pas envie d’être la quatrième roue du carrosse. Je n’apprécie pas vraiment. Si vous avez si peu envie de m'en parler, alors ne me dites rien.

Il ne voulait pas qu'elle soit dans l'incompréhension de sa réponse. Il voulait l'aider, bien sur, mais il voulait qu'elle, elle soit sur d'elle. C’était la première étape de la confiance dans l'autre, non ? Si elle faisait ça par défaut, a regret, ce pourrait être pire.

- Si ce que vous avez a me dire est si compliqué a évoquer....si vous le faite a regret, alors vous allez vous en vouloir dans le futur. Et je n'ai pas envie que vous vous en vouliez de quoi que ce soit a cause de moi, vous comprenez ?


Il hésita a lui prendre la main, mais songea que c’était peut être trop. Sans aucun doute même. Il se pencha un peu en avant, cependant, pour que la conversation soit encore moins audible autour, même si il n'y avait pas grand monde dans le bar actuellement, et la fixa du regard.

- Cependant....si vous avez vraiment envie de me faire rentrer dans cette partie de votre vie, sans le regretter par la suite, alors je serais vraiment ravi de vous aider, encore une fois. Je ne peux pas dire que je suis un criminel endurcit, mais j'ai eu mes périodes de...comment dire....il m'est déjà arrivé de ne pas etre totalement en phase avec la vision de la loi, si je puis dire.

Il recula et reprit son verre pour boire une petite gorgée. Il pensa qu'il aurait peut etre du lui proposer un verre, avant toute chose, mais ils étaient lancés maintenant, aussi il l'observa simplement. Elle avait l'air fatiguée, et même malgré tout ses efforts pour ne pas le laisser paraître, elle était clairement au bord de la crise de nerf. Le stresse, a haute intensité, était impossible a totalement dissimuler. C’était l'une des émotions les plus imposantes pour un être humain, après tout, l'une des plus incontrôlable.

- Vous voulez parler de vos recherches médicales ? Expliquez moi donc, si vous me faite confiance. Je ferais mon possible pour bien suivre.

Aprés lui avoir dis tout ça, il se demanda si elle n'allait pas juste partir. Mais bon, au moins, si elle continuait, il serait sur qu'elle avait vraiment confiance en lui. Enfin...au moins un minimum....
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