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 i'm so tired... [Jonathan]

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Mielikki JårvisenMielikki Jårvisen
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MessageSujet: i'm so tired... [Jonathan]   i'm so tired... [Jonathan] EmptyJeu 30 Jan - 19:22


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i'm so tired... ft. Jonathan

La nouvelle était tombée comme un couperet, tranchant net tous ses espoirs. Bam. Il est mort. Bam. C’était de la main de Khorshid qu’elle avait reçu l’information fatidique. C’était comme si on lui avait coupé toute source d’air. Il était mort. Sa réaction avait eu lieu au ralenti, elle avait cligné des yeux, une fois, deux fois, relisant la phrase encore et encore, comme si elle ne comprenait plus le farsi. Mais elle le comprenait, elle avait bien lu. C’était fini. Tout était fini. Il avait été tué, et par des Américains en plus. Toute sa magie avait été impuissante face à la rafale de mitraillette qui l’avait traversé au niveau de la cage thoracique. Le visage de Miel était resté impassible alors qu’elle lisait les mots griffonnés à la va-vite sur le parchemin. « Désolée, » écrivait la jeune femme, « Je sais que vous étiez très liés. J’espère que tu trouveras la paix. » La paix ? Elle trouverait la paix lorsqu’elle serait rentrée en Afghanistan, qu’elle aurait tué tous les soldats, d’un camp comme l’autre, qu’elle aurait mis à feu et à sang leur campements, qu’il ne resterait que des cendres de leur guerre stupide. La colère bouillonnait en elle, mais elle n’avait rien montré. Elle était, après tout, dans la salle des professeurs, entourées de collègues. On lui avait demandé « ça va ? Tu es livide, » et elle s’était fait violence pour sortir un fin et bref sourire. « Tout va bien, » avait-elle assuré d’une voix peu convaincue et peu convaincante. « Juste fatiguée, » avait-elle encore menti au sorcier compatissant. Elle s’était levé, avait ramassé ses affaires, et était partie. Elle avait même fait cours dans l’après midi, mais elle n’était pas présente. Les bruits du monde bourdonnaient en sourdine à ses oreilles, les traits des visages étaient flous devant ses yeux. Elle était comme abasourdie, assommée, sonnée. Puis elle s’était traînée jusqu’à son bureau, songeant d’abord à rentrer chez elle avant de laisser tomber cette idée, et là, elle s’était effondrée. Les murs qui tenaient encore le masque qu’elle avait porté s’étaient avachis sur eux mêmes, les pierres qui les composaient ne tenant plus ensemble.

Les larmes avaient commencé à couler avant même qu’elle puisse poser ses affaires où que ce soit. Elle avait donc laissé tombé sa sacoche, son écharpe, et elle même, son corps heurtant le sol recouvert d’un tapis avec un bruit mat. Elle s’était traîné jusque sous son bureau et, là, s’était recroquevillée en position fœtale, gémissant doucement comme un nouveau né malade. Ses mains agrippèrent son ventre, ses doigts s’emmêlant avec le tissus de sa robe. Elle resta comme ça un temps indéterminé. Ses yeux à peine entr’ouvert ne voyaient pas assez pour distinguer s’il faisait jour ou nuit, et les gémissements coulaient de sa bouche comme un ruisseau sans qu’elle fasse quoi que ce soit pour les intensifier ou les arrêter. Ses larmes coulaient toujours et elle ne prêtait même plus attention aux pensées qui tourbillonnaient dans sa tête, à la culpabilité qu’elle ressentait, à la honte aussi d’avoir été lâche, elle les laissait se déverser librement de ses yeux sans que ça l’apaise pour autant. Elle ferma ses paupières fatiguées, reprenant avec peine son souffle pour ensuite de nouveau pleurer avec plus de ferveur, ses lamentations gagnant en puissance de nouveau alors que son corps tout entier était secoué par les sanglots. Elle ne l’avait pas aimé d’amour, mais il avait été l’une des personnes les plus importantes dans sa vie, voire la personne la plus importante dans sa vie pendant ces dernières années. Et maintenant, il était… Il était mort. Et il n’y avait rien qu’elle puisse faire pour changer ça. Elle pressa son visage contre la laine du tapis afghan, laissant ses larmes imprégner le tissus rouge du kilim. Elle allait rester là, allongée, sans rien faire, pendant autant de temps qu’il le faudrait. Jusqu’à ce qu’à son tour la mort l’emporte. Elle ne méritait que ça, de toute façon.



@Jonathan Rowle
Jonathan RowleJonathan Rowle
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MessageSujet: Re: i'm so tired... [Jonathan]   i'm so tired... [Jonathan] EmptyVen 31 Jan - 14:14


I'm so tired...

- Jonathan Rowle — Mielikki Jårvisen -


"Between the wars we will stay, fading echoes spin in the way. We'll stand by worried in the memory. I steal the rest hasn't happened yet." Between the wars - Allman Brown
Je marche dans les couloirs de l’université, serrant contre mon torse des copies fraîchement remplies par des élèves appliqués. Je peine à ouvrir la porte de mon bureau et laisse échapper une feuille par mégarde – je jure, essayant de rattraper le papier avant qu’il ne s’envole hors de ma portée, manque de renverser le gobelet de café chaud que je tiens dans ma main gauche. Heureusement, je reprends bien vite mes esprits et aucune goutte ne vient souiller le blanc des copies. Je ramasse la feuille volante, puis ferme la porte derrière moi. Je soupire. Je n’ai jamais été si maladroit, plus jeune : ou peut-être l’étais-je, mais ça ne me posait aucun problème puisque je n’avais qu’à brandir ma baguette pour réparer toutes mes erreurs. Aujourd’hui, bien entendu, cela m’est impossible. Oh, je sais que rien ne m’empêche réellement de tenir le bout de bois entre mes doigts, de sentir ma magie s’éveiller, de prononcer une formule que même un élève de Poudlard serait capable de connaître. Mais malgré les mois qui passent, malgré ma thérapie intensive et les essais infructueux de mon psychomage, je m’en sens toujours incapable. Je l’ai toujours près de moi, ma baguette. Elle est comme une vieille amie à laquelle on s’accroche, même lorsqu’elle ne nous adresse plus la parole : comme un souvenir, quelque part, de la partie de moi qui est morte en même temps que mon frère, durant la Grande Bataille.
Je dépose mes affaires près du grand fauteuil de cuir noir qui trône derrière le bureau en acajou, avant de m’y installer. Mes os craquent. Mes lèvres s’ourlent d’un petit rictus de douleur, et je m’empresse de les occuper en buvant une longue gorgée de café, comme pour leur faire oublier ce qui vient de se passer. Lorsque je sens l’amertume de la boisson hanter le fond de ma gorge, je saisis une plume et me met à corriger les copies de mes élèves.

Si je suis au départ concentré sur l’écriture plus ou moins malhabile de mes étudiants, mon esprit se met bientôt à errer, sans que je ne parvienne à l’en empêcher. Il vogue un instant sur les petits tracas de mon quotidien – les problèmes d’Annie à l’école, qui est toujours bien trop intelligente pour son propre bien, ce qui l’empêche de nouer des amitiés avec la plupart des camarades de son âge ; les factures d’eau, d’électricité et de gaz qui s’empilent sur un coin de buffet, dans mon entrée, et qui attendent de pied ferme d’être payées ; mes interrogations infinies sur les étranges événements survenus à Atlantis depuis mon emménagement, que la lettre de Kingsley en réponse à ma propre missive n’a fait que renforcer. Mais bien vite, quelqu’un d’autre s’interpose à mon esprit, un visage plus doux, plus jeune, des cheveux blonds, mais différents de ceux de ma nièce. Mielikki. Cela fait quelques semaines maintenant qu’elle est venue me voir pour discuter du temps qui a passé depuis la guerre et que nous n’avons pas su retenir, malgré nos efforts respectifs. A l’issue de cette entrevue pour le moins éprouvante, mais nécessaire, elle m’a invitée à dîner et j’ai accepté, contre toute attente. Plus étonnant encore, je suis… impatient de partager ce moment avec elle, et je n’arrive pas vraiment à en comprendre les raisons. J’ai mis tant d’effort à mettre derrière moi tout ce qui pouvait me rappeler l’ancien Jonathan Rowle, celui qui était Auror, héros, homme de valeur qui intimait le respect, et voilà que je laisse entrer à nouveau dans ma vie une jeune femme que j’ai connu durant la guerre ? C’est incompréhensible, et pourtant. J’en ai parlé à mon psychomage, et pour la première fois, j’ai cru voir dans son œil une lueur d’espoir. Vous savez, Monsieur Rowle, peut-être que c’est le signe, quelque part, que vous êtes prêt à tourner la page sur ce chapitre de votre vie, m’avait-il dit en se redressant sur son siège de velours vert. Je lui ai répondu par un simple petit ricanement las. La guerre ne serait qu’un chapitre de mon existence ? J’ai pourtant l’impression qu’elle a pris le pas sur l’histoire toute entière, et qu’elle y a mis le point final.

Je pose ma plume, lorsque je me rends finalement compte que je n’ai absolument pas lu le contenu du devoir de mon élève. Je me relève, prend une autre gorgée de café, puis je remets mon manteau. Je dois en avoir le cœur net. Et je pense que faire une visite de courtoisie à ma collègue n’est pas inconvenant de ma part, n’est-ce pas ? Je sors de mon bureau pour me diriger vers le sien, quelques portes plus loin. Je frappe à la porte, attend quelques secondes. Aucune réponse. Je remarque que le battant est ouvert de quelques centimètres, comme si l’on n’avait pas pris le temps de le refermer correctement. Et c’est là que je crois entendre le premier sanglot.

Je reste interdit quelques instants, n’étant pas sûr de comprendre l’information que mes oreilles viennent de me fournir. Serait-ce un effet de mon imagination ? Mais non, voilà que le bruit reprend. Je pousse délicatement la porte d’une main tremblante, et c’est maintenant un gémissement court qui m’interpelle. On dirait un animal blessé. J’essaie de localiser la provenance du son, et pénètre dans le bureau.

« - Miel ? »

Elle n’est pas là, en tout cas, je ne la vois pas au premier abord. Un pas, deux pas, le plancher craque. J’ai l’impression de pénétrer dans son intimité, à rentrer dans son bureau sans son autorisation. Je déglutis lorsque je remarque ses affaires au sol, abandonnées. S’il lui est arrivé quelque chose… Non. Je ne dois pas penser au pire, pas maintenant. Je prononce son nom encore une fois, alors que les sanglots continuent de plus belle. Je fais le tour de son bureau de bois, semblable au mien, et enfin, je la vois. Le tableau est déchirant, elle est affalée sous le meuble et des larmes coulent le long de ses joues.

- Miel, je suis désolé, je… Tu es blessée ? Tu as besoin d’aide ? »
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MessageSujet: Re: i'm so tired... [Jonathan]   i'm so tired... [Jonathan] EmptyLun 17 Fév - 17:05


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i'm so tired... ft. Jonathan

Alors qu’elle gisait là, le visage trempé par les larmes, la peau froissée contre le tapis qui garnissait le sol, Miel n’avait pas songé que, peut-être, elle n’avait pas bien fermé la porte. À vrai dire, elle n’avait pas la force de s’en soucier. Elle n’avait la force de rien, d’ailleurs. Ses yeux la brûlaient, qu’ils soient ouverts ou fermés, abimés par le sel s’en déversant. Elle essayait tant bien que mal de reprendre son souffle, mais ses inspirations faisaient un son de banshee qui geindrait. Son nez coulait et elle l’essuyait, tremblante, d’un revers de manche avant d’agripper de nouveau sa propre manche, ses ongles accrochant les fils du tissus.  Elle ne prêta même pas attention au son de quelqu’un qui frappait à la porte, se contentant de rester blottie là, sous le meuble en bois foncé, qui lui apparaissait en cet instant comme un abri contre le monde et ses dangers. Protection illusoire, bien sûr. La douleur venait de l’intérieur. Ainsi, elle serrait les pans de sa veste contre son cœur comme si cela pouvait suffir à la sauver du froid qui d’un seul coup s’était répandu en elle et semblait ne pas vouloir la quitter. Elle ne répondit pas quand elle entendit son nom, rendue sourde par sa propre peine. Si elle avait tendu l’oreille, elle aurait sûrement eu honte en réalisant qui était là, mais de toute façon elle n’aurait pas eu la force de se redresser, d’essuyer ses larmes, de faire bonne figure. Elle n’en avait plus l’énergie. Elle était si fatiguée… Son nom retentit une deuxième fois. Elle tenta de gémir à l’intrus de partir, mais sa bouche n’arrivait pas à articuler quoi que ce soit. Elle tourna son visage entièrement contre le tapis, dans l’espoir puéril que si elle ne voyait pas, on ne la verrait pas. Du coin de l’œil néanmoins, elle vit ce visage familier s’approcher d’elle. Elle avait honte. Honte qu’il la voie comme ça, honte d’être dans cet état, honte d’être rentrée poursuivre ses petits buts égoïstes au lieu de rester se battre. Honte d’être la cause de la mort d’un homme aussi brillant qu’Aman. Elle entendait l'ancien auror s'excuser, lui demander si elle avait besoin d'aide. Pourquoi s’excusait-il ? Il n’y était pour rien. Il n’avait rien fait qui nécessite des excuses. C’est elle qui aurait voulu s’excuser de se montrer comme ça devant lui. Elle tenta de parler, de lui dire de partir, que tout allait bien, mais rien ne sortit de sa bouche si ce n’est un gémissement douloureux qui se brisa dans les aigus avant de disparaître complètement alors qu’elle restait là, bouche entrouverte, lèvres tremblantes, le front fiévreux et les yeux mi-clos. Sa tête la lançait, comme une décharge électrique qui aurait traversé d’une tempe à l’autre. Elle respirait avec de plus en plus de difficulté, et tenta de se redresser légèrement pour le rassurer. Ses lèvres s’agitaient mais aucun son n’arrivait à sortir et son bras tremblant ne la soutenait pas.

Elle n’arriverait pas à s’en sortir seule, c’était de plus en plus évident. Elle répugnait à l’idée de s’imposer à qui que ce soit, encore plus à John, et même si elle acceptait la tendresse et les attentions de Lemmi, il était son frère. C’était sa famille. Jonathan avait ses propres problèmes, c’était évident. Mais là, il n’y avait rien qu’elle puisse faire. Elle ferma les yeux, s’efforça de respirer, inspirer, expirer, inspirer, expirer, recommencer, à un rythme qui avait du sens. Elle y arrivait plutôt bien au début mais soudain il y eu un dérapage et sa respiration reprit un rythme aléatoire. Elle se laissa retomber sur le sol, sa tête heurtant le tapis avec un bruit mat mais sans douleur, étant donné qu’elle ne tombait pas de bien haut, et son regard croisa celui de son ami, du moins le supposait-elle puisqu’elle voyait à peine à travers ses larmes. Elle ferma les paupières un instant, lasse, avant de les rouvrir, et dut s’y reprendre à plusieurs fois pour finalement réussir à articuler avec difficulté : « J'arrive pas... Je... S'il te plaît. » C’était tout ce à quoi elle arrivait, et elle se remit à pleurer de plus belle, toutes sortes de larmes se mélangeant à la sortie de ses canaux lacrymaux sans qu’elle n’en puisse vraiment tarir aucune des sources. Elle tendait la main à l’aveugle et agrippait la première chose qu’elle trouvait à sa portée, sans se soucier qu’il s’agisse d’une main, d’une manche, ou d’une chaussure. L’hyperventilation lui faisait danser des points noirs devant les yeux et elle arrivait à peine à refermer les doigts.


@Jonathan Rowle
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MessageSujet: Re: i'm so tired... [Jonathan]   i'm so tired... [Jonathan] EmptySam 29 Fév - 15:11


I'm so tired...

- Jonathan Rowle — Mielikki Jårvisen -


"Between the wars we will stay, fading echoes spin in the way. We'll stand by worried in the memory. I steal the rest hasn't happened yet." Between the wars - Allman Brown
J’ai parfois cette impression distincte d’être devenu le reflet de celui que je regarde dans le miroir. Peut-être que je suis tombé de l’autre côté de la glace, quelque part sur le chemin, et que je suis réapparu dans un monde tordu, aux contours flous, qui ressemble à celui dans lequel je suis né mais qui n’est pourtant qu’une vision erronée de la réalité, qu’un monde où tout est un peu trop gris, un peu trop sombre. Tout se mélange, et j’oublie la véritable intensité des couleurs, la beauté des sons, toutes ces petites choses qui rendent notre quotidien unique. Je ne me souviens que de la morosité de ce côté du miroir, et petit à petit, j’en deviens la parfaite représentation : une copie, un homme vide qui ne peut jamais apaiser sa soif, alors même qu’il est entouré d’eau. C’est, quelque part, l’expression de ma frustration, puisque je me rends compte que le monde continue d’avancer autour de moi, alors que je suis bloqué irrémédiablement dans ma condition de malade, traumatisé par une guerre qu’il a subi, et cette lassitude semble pire encore que les affres de la mort. Si j’étais décédé à la place de mon frère, tout serait bien plus simple. Oh, j’ai conscience que c’est égoïste, de penser ainsi, de me plaindre alors que tant de gens qui ne méritaient aucunement leur sort ont péris, de me morfondre alors même qu’une petite fille compte sur moi pour remplacer son père. C’est pour ça que je me tais. Chaque matin, je me lève et je vis, en essayant d’oublier le trou béant dans ma poitrine, qui suinte de l’amer coulis de ma détresse.

Et de voir Miel ainsi, ravagé par un mal qui ne manque pas de faire écho en moi, menace d’ouvrir mes propres blessures internes. Pourtant, je n’y pense pas. Ce n’est pas important, je ne compte pas, à ce moment précis. Je la vois lutter contre ses larmes, contre son propre corps qui lui fait défaut, et tout ce à quoi je peux penser, ce n’est pas la bataille finale ou l’expression de Thorfinn lorsque je l’ai froidement assassiné. Non, l’espace d’un instant, j’oublie mes propres traumatismes pour me concentrer entièrement sur le bien-être de ma cadette. Que puis-faire pour lui porter assistance ? Ais-je la capacité de l’apaiser, ne serait-ce que de quelques grammes de ce poids qui semble peser sur elle, jusqu’à l’étouffer ? Je n’en ai aucune idée, et ça me fait bien plus peur que n’importe quel souvenir. Je me sens impuissant.
Pourtant, la voilà qu’elle tend la main, elle essaye de toutes ses forces de se redresser sans succès, elle me demande de l’aide entre ses lèvres blanches tremblantes, et je la trouve incroyablement courageuse. Moi, lorsque je vais mal, je refuse de le montrer, j’enterre mes troubles jusqu’à ce qu’ils me dévorent. Bien sûr, elle n’a pas choisi que je la vois dans cet état, mais elle ne cherche pas à me repousser et, au contraire, semble accepter mon aide, bien que je ne sache pas vraiment quoi faire. Et c’est beau, cette propension qu’à Miel à être entière et sans détour, même dans un tel moment.

J’attrape sa main qui se resserre sporadiquement sur l’air qui l’entoure, se changeant en griffes acérées tel un animal blessé, cherchant un appui qui tarde à arriver. Je crains qu’elle ne tombe à la seconde où je parviendrais à la hisser sur ses membres tremblants, si j’essayais de la relever. Je me contente donc de la redresser pour pouvoir me glisser à ses côtés. J’hésite un instant, je doute que mon contact soit apprécié, pire, j'ai peur qu’il ne soit source d’une plus grande détresse encore pour la jeune femme. J’ai tellement de mal, moi-même, à apprécier la chaleur d’un autre corps contre le mien, peu importe la bienveillance de la présence à mes côtés… Mais je connais Miel. Je sais qu’elle n’a pas mes réservations, bien au contraire, et si j’ai appris quelque chose à la côtoyer durant les pires moments de nos existences respectives, c’est qu’elle tire du réconfort dans les étreintes : et tout ce à quoi je pense, à cet instant précis, c’est ce que je peux faire pour la rassurer, certainement pas mes propres retenus.

Alors j’entoure sa frêle stature de mes bras, je la laisse pleurer sans rien dire, en la berçant, simplement, et enlevant les mèches de ses cheveux qui tombent sur son visage ravagé par les larmes. Je la tiens. De toutes mes forces. Et je sais que la terre pourrait se mettre à trembler, ou le monde venir à sa fin, que je ne la lâcherai pas.
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MessageSujet: Re: i'm so tired... [Jonathan]   i'm so tired... [Jonathan] EmptyJeu 5 Mar - 11:41


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i'm so tired... ft. Jonathan

Blottie dans son abri de fortune, Miel arrivait à peine à comprendre ce qui se passait autour d’elle. Elle avait tendu un bras désespéré dans l’espoir que quelqu’un le saisisse… Et ce fut le cas. Elle ressentit à la fois un immense soulagement et de la panique, mais dans tous les cas, elle se laissa faire, se blottissant contre John. Son odeur était familière. Elle ne l’avait pas senti depuis des années mais elle la reconnaissait aisément. Ce n’était pas une question de parfum ou quoi que ce soit d’autre. C’était juste lui. Elle se blottissait, sa tête contre la poitrine de l’ancien auror, les yeux fermés, ses mains agrippant le tissus de ses vêtements. Elle était comme un chaton nouveau né, aveugle, uniquement capable de gémir et de se traîner au sol. Bien sûr, la culpabilité la rongeait de l’intérieur comme un rat qui grignoterait les contours de son estomac, et c’était comme s’il n’y avait rien qu’elle puisse faire. Une douleur atroce lui traversait le ventre de haut en bas d’abord, puis de bas en haut, aussi intense que si on l’avait poignardée, mais ce n’était pas le cas. L’une de ses mains vint se placer à l’endroit d’où la douleur venait, agrippant, malaxant la chair crispée, tandis que ses sanglots redoublaient de plus belle, mouillant la chemise de John dans laquelle son visage était enfoui, la maculant de traces de mascara et du peu de rouge à lèvres qu’il lui restait de lorsqu’elle s’était maquillée ce matin là. Elle se blottit un peu plus, se recroquevillant contre lui comme s’il était son dernier lien avec le monde réel. La chaleur qui émanait de lui, son odeur, le simple fait de savoir qu’il était là, c’était déjà quelque chose à quoi se raccrocher. Mine de rien, c’était énorme. Néanmoins, vu son état, ce n’était pas suffisant. Ses lèvres remuaient sans un son alors qu’elle essayait de parler, action difficile à accomplir quand elle avait déjà du mal à respirer.

Elle finit, cependant, par réussir à articuler quelques mots, petit à petit. « Jo…John… » balbutia-t-elle. C’était un début. Elle allait tenter de lui parler, mais sa culpabilité lui revint en pleine face et les mots sortirent en brouhaha de sa bouche, un peu emmêlés les uns aux autres. « C’est de ma faute… Tout est de ma faute… J’aurais dû rester là bas… » Elle pleurait à nouveau, encore plus fort que précédemment, arrivant à peine à respirer entre les mots. « À nous tous on aurait eu plus de chance… J’ai été lâche… » Ses yeux la brûlaient et elle vint les frotter d’une main alors que la douleur dans son ventre s’intensifiait. « Tellement… Tellement lâche… » Après tout, c’était vrai. Alors même que le conflit grondait, elle s’était rapatriée en Europe, toute seule, se mettre à l’abri. « Je- j’au… j’aurais dû insister pour qu’il vienne avec moi… Et m…maintenant il est… » Elle n’osait pas dire le mot. Si elle disait le mot, alors ce serait vrai. Et elle ne voulait pas que ça soit vrai. Parce qu’il ne méritait pas ça. Il était jeune, il était intelligent, il avait toute la vie devant lui, il lui avait fourni toute l’aide dont il avait besoin, et elle, elle l’avait laissé se défendre seul contre une armée. D’ailleurs, ça n’avait pas le moindre sens. Pourquoi s’étaient-ils attaqués au village ? Il fallait être stupide pour ne pas voir qu’il ne s’agissait pas de Talibans, mais d’infortunés civils qui tentaient tant bien que mal de survivre. Une nouvelle fois, la colère revenait entre elle, et ses mains crispées se mettaient à trembler sans qu’elle ne puisse le contrôler ou y faire quoi que ce soit, et elle serrait les dents, respirant fort par le nez, pour essayer d’éviter de faire quelque chose qu’elle regretterait. Elle releva la tête vers lui, les joues ruisselant de larmes, les yeux rouges, les cheveux en bataille. « Tout ça, c’est de ma faute, » disait-elle d’une voix blanche, légèrement rauque, avant de cacher à nouveau sa face dans les plis des vêtements de son ami.


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MessageSujet: Re: i'm so tired... [Jonathan]   i'm so tired... [Jonathan] EmptyMar 10 Mar - 18:16

I'm so tired...

- Jonathan Rowle — Mielikki Jårvisen -


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Je ne sais pas combien de temps passe exactement, mais c’est étrange, j’ai l’impression que les minutes mettent des heures à s’écouler, et en même temps, qu’elles passent en une fraction de seconde. Je tiens Miel dans le creux de mes bras, la berçant doucement, comme j’ai l’habitude de le faire avec Annie lorsqu’elle a fait un cauchemar. Et je suis là, j’existe dans le temps et l’espace, pourtant je me perds dans cet instant d’infini où je n’existe que pour rassurer la jeune femme et essayer du mieux que je peux de la calmer. Je ne sais pas quoi lui dire, après tout, je n'ai aucune idée de ce qui provoque une telle détresse en elle, et je ne sais pas si elle veut m’en parler, alors, je me contente de la tenir. D’être une présence, en fait. De lui dire, non pas par les mots, mais par mon étreinte, que peu importe ce qui peut se passer, je suis là.
Elle se met à essayer de formuler des mots confus, des phrases décousues, et j’essaye de l’encourager en frottant son dos à l’aide de la paume de ma main, dans un geste circulaire que j’espère apaisant. Je ne suis pas la personne la mieux placée pour l’aider, j’en ai conscience, probablement que son frère ou même, quiconque sur cette planète qui serait plus doué que moi pour les relations humaines serait bien plus adroit pour l’épauler, mais je fais de mon mieux. J’écoute ce qu’elle me dit, sans réellement saisir la teneur de ses propos. De quoi peut-elle bien parler ? Elle fait allusion à une faute, et je peux ressentir toute la culpabilité qui dégouline de chacun des mots qui sortent de sa bouche. Cette honte, je ne la connais que trop : je la ressens à chaque fois que je pense à l’instant où j’ai ôté la vie de mon frère, où je l’ai tué de sang-froid sans penser un seul instant à l’horreur de mon acte. Pourtant, je connais Miel. Je sais qu’elle n’aurait jamais fais une chose pareille, qu’elle est incapable de faire du mal à qui que ce soit. Mais je ne vais pas la questionner, pas encore. Ce n’est pas ma place et je crains de la blesser encore plus en ne disant pas ce qu’il faut : alors, pour l’instant, je me contente de l’écouter en la serrant toujours dans mes bras.

Un il revient dans ses pleurs, un il que je peine à démasquer. Elle serait lâche, il serait mort. La condition de cet homme mystérieux n’est pas à remettre en question, je me doute que mon amie ne se mettrait pas dans un état pareil si elle n’était pas sûre du décès de la personne dont elle parle, mais quand elle parle de sa lâcheté, je sais de source sûre qu’elle se trompe. Miel est probablement la personne la plus courageuse que je connaisse, et ayant côtoyé des Aurors pendant la majeure partie de ma vie, ainsi que des membres de l’Ordre du Phénix, ce ne sont pas des paroles que je prononce à la légère.

« - Je ne sais pas ce qu’il s’est passé ni de quoi tu parles… je lui souffle délicatement à l’oreille, en mesurant prudemment mes mots. Et tu n’es pas obligée de me raconter, ce n’est pas ce qui m’importe. Simplement, je ne peux pas te laisser dire du mal de toi, comme ça. Parce que je te connais, et ce que tu dis est faux. Tu n’es pas lâche, loin de là. Bien sûr, je ne connais pas la… situation… ni la personne dont tu parles, mais… quoi qu’il se soit passé, je sais que je ne m’avance pas en disant que tu ne l’as pas tué de ta main, et que par conséquent, ce n’est pas ta faute.

Je sais qu’elle ne va pas me croire, que je dis des mots qui seront vides de sens à ses oreilles, mais c’est important qu’elle les entende quand même. Miel n’est pas une meurtrière, je le suis ; ses mains sont bien trop pures pour être teintées de sang. Alors, je crierai à qui voudra bien l’entendre qu’elle n’est pas coupable du crime qu’elle croit avoir commis, même si elle est la juge de son propre procès.

- Le monde est fou, Miel, je continue en passant ma main dans ses cheveux bouclés, pour écarter les quelques mèches tombant sur son visage. Je le sais, tu le sais, on l’a tous compris pendant la guerre… Et nous, on doit essayer d’avancer, malgré tout, malgré les choses horribles qui arrivent et qui continueront d’arriver. C’est dur. Mais je sais que tu peux y arriver. »

Moi, c’est une autre histoire, mais Miel ? Je n’en doute pas une seule seconde.
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