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 Ombeline Rosier - "Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur."
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Ombeline RosierNouvel arrivantavatarNouvel arrivant
MessageSujet: Ombeline Rosier - "Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur."   Lun 5 Déc - 16:48

Ombeline Rosier
Informations civiles
Nom : Rosier. La douceur et la puissance. La force et la beauté. L'amour et la violence. Il paraît que chaque rosier est unique. Que malgré leurs grandes similarités, aucun ne peut prétendre avoir tout à fait la même couleur que les autres. Que leurs pétales soyeux font oublier la hargne de leurs épines tant et si bien qu'on les enlace et qu'on s'y blesse.
Prénom(s) : Ombeline, Esther. L'ombre cachée, l'étoile scintillant au cœur de l'obscurité.
Date de naissance : Le 2 février 1983. De ces enfants nés de la liesse d'après guerre, de ces enfants du nouveau monde fait à leur image, un peu trop vite.
Âge actuel : Seize ans. Plus pour très longtemps, assurément.
Année d'études : Sixième année. Après des BUSEs éprouvantes, le temps de la spécialisation, du plongeon sans filet. Le temps du choix.
Alignement politique : Progressiste ? Ce n'est pas digne d'un Rosier, n'est-ce pas ? Il sera donc dit neutre. Avec un soupçon de méfiance malgré tout.
Informations Magiques
Origines : Sang-pur. Tout placard possède son lot de squelettes. Celui de la famille rosier étant fermé et gardé avec mille et une précautions, comment pourrait-on croire autre chose ? Inscrits sur le registre, c'est la la seule preuve nécessaire.
Baguette : Bois de houx, ventricule de dragon, 24.6cm, très fine et extrêmement flexible..
Patronus : Une hermine. Fragile, prisée. Quelques centimètres pour la protection de l'âme.
Épouvantard : Des aînés parés de noir, de la tête aux pieds. Pas une seule fibre blanche, pas une once de peau visible. Pas un regard. Trois êtres froids et indifférents, l'écho d'un cauchemar bien trop récurent.
Miroir du Riséd : La main de Léandre sur l'épaule, celle d'Honoria dans la main, le bras d'Ariane autour de la taille. Sourires et amour.
Animal de compagnie : Il est déjà assez difficile de s'occuper de soi.

 
Descriptions
Caractère de votre personnage
 
S'il peut sembler un peu cliché de dire qu'Ombeline à deux facettes, qu'il y a celle que l'on connaît et celle qui se cache plus loin, sous le masque de platine que la jeune sang-pur s'est construit en grandissant, c'est pourtant la meilleure façon de s'approcher de la vérité. L'infante est une médaille, polie par le temps et l'attention de ses aînés. Il y a la face baignée de lumière, offerte aux regards curieux et l'autre, le verso. Cette part que l'on garde contre la peau, contre le cœur. A l'abri. Plus par instinct de préservation que par besoin de dissimulation. La clarté et l'ombre. Aucune deux n'est fausse, pourtant, et cette apparence lisse que l'adolescente n'exhibe est loin de n'être que poudre aux yeux. C'est simplement ce qui lui permet de s'équilibrer, d'avancer sur le fil du rasoir sans tomber, sans trébucher. Sans faux pas. Cette partie d'elle qui mérite qu'on l'admire. Qui mérite qu'on la présente. Cette partie douce, délicate.

Car ce n'est pas qu'une impression liée à la pâleur de son regard, de tout son être. Ombeline est douce, et d'une délicatesse cultivée. C'est un détail qui se lit sur les traits de son visage, ou dans son regard souvent perdu, un peu rêveur. Bercée, dorlotée par des aînés bienveillants, dans une famille où l'unité est maître mot, la plus jeune des Rosiers a développé un caractère assez calme, poli au fil du temps, constant. Des sourires légers, des rires cristallins. Un petit quelque chose de reposant, d'apaisant. Ombeline est comme un souffle, comme une ombre. Elle n'est pas de ces sorciers remarquables, qui forcent l'admiration. Elle n'est pas de ces filles affirmées sur lesquelles on se retourne, oubliant parfois les convenances. Elle n'est pas timide, pourtant. Pas particulièrement effacée non plus. Elle est, simplement, et malgré ses tourments enfouis, elle dégage une impression d'équilibre assez forte. Quelque chose de rassurant, presque. Peut être aussi parce qu'elle ne présente aucune agressivité, que malgré une ambition travaillée, elle n'a aucun besoin de repousser ou d'écraser ses pairs. Elle bâtit son identité sans empiéter sur celle des autres. Dans son coin, dans son esprit, elle travaille sur elle-même. Elle observe et apprend, elle adoucit ses élans d'envie et de jalousie sous un amour débordant pour ceux qui lui sont proches.

La petite Rosier est une éternelle amoureuse, de ceux qui s'attachent avec passion, avec déférence, avec une loyauté que rien n'égale. Elle aime d'un sentiment qui ne connaît ni d'âge, ni de sexe, ni de différence d'aucune sorte. Aucune limite, aucune frontière. Elle se complaît dans l'attachement qu'elle éprouve pour autrui, et pour sa famille en particulier, y dénichant des forces insoupçonnées. Car si elle ressemble plus à un chaton fragile, elle peut être une lionne si on s'en prenait… non, quand on s'en prend aux siens. Elle donnerait tout, jusqu'à la dernière once de vitalité pour les protéger, pour les soutenir. Peu importe ce qui lui reste, tant qu'ils ne manquent de rien. Malheureusement pour elle, ce trait-là possède de nombreux désavantages. La facilité qu'elle a à se lier aux autres entraine parfois une confiance immérité, une naïveté douloureuse. Une sensibilité aux regards parfois inamicaux de ceux qu'elle prend pour des alliés, qui la poussent à se travestir, à s'altérer pour plaire ou pour se dérober.

Ombeline est aussi une grande contemplative. Elle se plaît à observer ce qui l'entoure, la nature en particulier. Les modifications qu'elle subit, son évolution forcée, sa façon de regagner du terrain là où les hommes tentent chaque jour de lui en dérober. Elle apprécie l'attente, car elle trouve qu'elle donne de la valeur aux choses. Elle chérit l'envie, pour ce qu'elle a d'encourageant, pour cette façon que le désir a d'agir comme un moteur. Elle analyse, elle apprend, silencieusement, ce qui pourra lui être utile au moment opportun. Patience et longueur de temps… Alors même si parfois elle se perd dans un sentiment d'empressement, elle fait de son mieux pour entretenir un flegme qu'elle juge doux et productif. Instructif.

Travailleuse, elle sait que rien d'autre que les efforts constants ne mène à la réussite. Elle sait aussi qu'il est essentiel de faire ses preuves pour ne pas être oublié, n'être que le piédestal d'un nom prestigieux. De n'être qu'une coquille vide. Apprendre pour s'armer, pour se donner les forces de toucher du doigt ses objectifs. Ceux qu'elle affiche comme ceux qu'elle abrite en son sein. De l'autre côté de la médaille. Là où malgré sa volonté, l'appréhension règne. Où le doute se louve et où la rancœur se faufile. Là où elle cache ce qu'elle n'assume pas. Sa jalousie pour Honoria par exemple, ce petit pic de mauvais caractère, de mauvaise humeur, ce petit rien de colère et de faiblesse. Ce qui la pousse à la stupidité, malgré ses efforts. Ce qui n'est pas digne, ce qui ne fait pas une Rosier.

Son besoin de s'affirmer, son sentiment de révolte se dessine aussi là, de l'autre côté. Dans l'ombre et prisonnier au creux des entrelacs formés par sa conscience et sa bonne éducation. Son dégoût pour la faiblesse qui la caractérise, aussi. Même si l'amour de ses proches lui a permis d'accepter son physique, d'admettre sa valeur, elle exècre cette fragilité qui va de paire avec son affliction. Car c'est ce qu'est l'albinisme pour elle, malgré que certains n'y voient qu'un symptôme de pureté et de rareté. Une gangrène qui la consume malgré ses efforts. Et ce sentiment d'insécurité, elle l'enfouit dans une bulle qui s'est formée tout récemment, avec les premiers élans de la puberté et la confrontation aux autres, à l'adolescence mesquine. Une bulle qui a grossi en elle un temps avant de l'avaler. Cette bulle d'illusion, de faux-semblants, de mensonge. De folie, un peu. Cette bulle sur laquelle elle a dessiné ce désir insensé d'être ce qu'elle n'est pas, ce qu'elle ne sera jamais. Ce qui donnerait du sens à ses maux. Qui transforme la maladie en vampirisme idéalisé. Une bulle qui, née de l'autre côté de la médaille, gagne peu à peu l'autre face, qui s'expose.

 
Informations importantes
 
• Comme tout Rosier, Ombeline porte la chevalière de la famille. Le bijou d'argent encercle son annulaire droit, seulement contrairement aux autres, l'anneau est placé afin que le blason familial soit tourné vers sa paume. Pas qu'elle ressente le besoin de cacher qu'elle est une Rosier, c'est plus une question d'intimité, d'envie de garder ce symbole familial pour elle, juste pour elle.
• Ombeline souffre de son albinisme. Si elle a accepté depuis longtemps son apparence, adoptant son reflet dans le miroir avant de savoir épeler albinos, elle peine à accepter le fait d'être différente des autres et particulièrement de son frère, sa sœur ou sa cousine. Elle souffre encore plus de sa vue défaillante, qui l'oblige à porter des lunettes lorsqu'elle étudie, par exemple. Si elle évite de les porter hors de ces temps d'effort oculaire, ce n'est pas parce qu'elle voit bien mais plus par habitude.
• L'adolescente porte une longue chaîne en or blanc au bout de laquelle pend une croix délicate, tout contre sa peau, juste sous la poitrine. Elle ne l'enlève jamais.
• Elle n'est jamais montée sur un balai, du moins pas devant témoin, et a été dispensée de vol dès le premier cours.
• Ombeline est un vampire. Du moins elle se plaît à le dire, parfois même à le croire. A priori, elle sait bien que c'est impossible, mais ne serait-ce pas parfait ? Ses faiblesses seraient en réalité l'autre face d'une médaille de puissance et de mystère. Elle appartiendrait à quelque chose, elle serait particulière, forte, intouchable. Elle ne serait pas celle que l'on attaque, pour une fois. Alors tant pis si cela fait d'elle une excentrique, si parfois on la regarde avec indignation. Oui, Ombeline est un vampire. Plus ou moins.
• Ombeline est tatouée. C'est sa rébellion personnelle, sa rébellion silencieuse. Personne ne le sait, pas même Léandre. Pas même Honoria, elle qui sait pourtant toujours tout. La plus jeune de la famille Rosier s'est rendue dans un salon de tatouage de Londres, cet été. Un de ces salons où jurer sur tous les saints que l'on est majeurs suffit. Et voilà. Dans le creux des reins, deux crocs sont dessinés à l'encre noire. Et elle prie chaque jour pour que sa famille n'en sache rien.
• Ombeline participe à la chorale de Poudlard depuis sa première année. Elle adore ça et ne manquerait une réunion du club pour rien au monde, sauf obligation familiale.
• Ombeline a une peur panique des licornes. Sombral, hypogriffe, abraxan, dragon... peu lui importe, mais jamais elle ne posera ne serait-ce que le bout d'un doigt sur le pelage d'une licorne. La pureté de l'animal l'effraie, et elle craint qu'un drame ne se produise si elle venait à en toucher une.

 
Goûts
 
• S'il est une chose qu'Ombeline aime plus que tout au monde, c'est sa famille. Ses parents, bien sûr, mais surtout sa fratrie. Léandre le fort, le brave. Léandre qu'elle a toujours perçu comme une figure d'autorité, un rempart protecteur entre elle et un monde trop violent et trop amer. Il est son roc, il est son ancre. Et quoi qu'il fasse, Léandre a toujours raison. Ariane, la douce et tendre Ariane qu'elle n'a jamais pu considérer autrement que comme une grande sœur, une seconde mère. Des bras réconfortants qui l'enserraient au cœur de la tourmente de ses cauchemars d'enfant, des regards aimants et des caresses distraites lorsqu'elles se croisaient. Et Honoria. Douce Honoria, parfaite Honoria. Il n'existe nul être humain aussi grand, aussi merveilleux que sa sœur. Honoria est parfaite en tout point, et peu importe si personne ne la croit. Ombeline en est sûre, elle le jurerait sans la moindre hésitation. Plus que de l'amour, elle lui voue une admiration sans limite qui, parfois, souvent en grandissant, tourne à la jalousie, quelques fois à la rancoeur. Si elle devait être une autre personne, Ombeline serait Honoria. Sans hésitation.
• La jeune fille, depuis sa plus tendre enfance, aime le sentiment d'être utile. Plaire, être là où on l'attend, servir les êtres aimés pour le bonheur de les voir sourire, mais aussi marquer ceux qui lui sont moins proches par sa capacité d'adaptation. Avoir l'impression qu'elle est importante, qu'elle est indispensable.  
• Puis il y a l'hiver. Doux hiver, délicat hiver. Le gel, le vent, la pâleur du temps. Elle aime que le monde se pare de ses couleurs fades, cette impression d'appartenir à l'univers. Elle est une hermine qui ne dépose jamais son manteau hivernal quand le printemps éclot, et elle se plaît à penser que la neige est faite pour les gens comme elle, pour que sur la Terre une chose soit aussi douce, aussi pâle, aussi froide qu'elle et ceux qui lui ressemblent.
• Elle aime les roses, en grande partie du fait de son patronyme. Elle frôle leurs épines, inspire leur parfum, caresse leurs pétales. Elle apprécie étrangement la sensation de la pointe de leurs piquants qui franchit la barrière de sa peau, la goutte de sang qui perle puis qui roule, colorant sa peau claire.
• Et oui, Ombeline aime les vampires. Elle aimait déjà leurs histoires avant, quand elle ne voyait en eux que des êtres mystérieux et incompris. Aujourd'hui, c'est plus de la fascination qu'autre chose et sa curiosité à leur sujet est insatiable.
• Elle apprécie la beauté des hommes, des femmes aussi. Elle aime contempler ses pairs, admirer les dessins de leurs traits, l'évolution de leur apparence, la façon dont leur expression se modèle en fonction de leurs émotions. Elle trouve l'être humain beau et attirant. Passionnant.
• Elle apprécie tout particulièrement les cours d'astronomie et de divination. L'idée qu'une vérité, quelque part, leur échappe. Qu'il existe des choses sur lesquelles l'homme n'a aucune emprise.
• Ombeline déteste l'ail.

 
Rêves & Ambitions
 
Il est des rêves que l'on murmure dans un demi sommeil, dans la pénombre protectrice d'une chambre d'enfant. Il est des rêves que l'on effleure du bout des doigts, que l'on abreuve d'un souffle timide, sans jamais vraiment les embrasser. Il est des rêves qui s'éteignent quand le jour s'allume, qui s'étouffent quand la parole naît. Ombeline, elle en a plusieurs de ces rêves-là. Elle n'a presque que ça, pour dire la vérité. Des gémissements de l'esprit, de l'ambition à ses balbutiements. Des idées si fragiles qu'on a peur de les dévoiler, pour ne pas qu'elles se dispersent dans le vent comme autant de grains de sable.

Elle voudrait grandir, d'abord. Cela semble évident, mais pour la plus jeune de la famille Rosier, c'est une idée précieuse, une idée douloureuse, parfois. Quand elle se sent enfermée dans son carcan de cadette, quand elle se sent faible, différente, poupée de porcelaine parmi les soldats de plomb. Plus que des centimètres, plus que des années, elle voudrait se déployer, comme un papillon qui s'extirpe de son cocon. Elle voudrait être l'élégance d'Honoria, la force de Léandre, la dignité d'Ariane. Elle voudrait que ses forces ne soient pas qu'un château de cartes qu'elle dresse pour la façade, elle voudrait apprendre de ses erreurs, grandir de ses épreuves, devenir la femme qu'elle craint de ne jamais être, bercée par ses illusions de môme qui la laissent penser qu'elle pourrait être figée dans le temps.

Elle voudrait s'épanouir aussi, et surtout, épanouir son pouvoir. Elle n'y peut rien, malgré les cheveux blancs, le teint trop pâle, la douceur de sa peau laiteuse, l'infante est une Rosier, une vraie. Quoi qu'elle puisse en penser quand le doute se niche au creux de sa poitrine et qu'elle contemple la réussite des siens avec une pointe d'envie et d'appréhension. Elle voudrait être de celles qui comptent, de celles dont on dépend. Il lui importe peu que son travail, quel qu'il soit, soit reconnu à sa juste valeur de son vivant à vrai dire. Les rêves d'Ombeline s'étendent plus loin que cela. Elle souhaite que, dans dix, vingt, cent ans, l'on se penche sur l'Histoire, sur cette page qui se tourne, entre déni et conscience du monde tel qu'il est, et que dans un souffle admiratif, son nom soit prononcé. Elle aura fait de grandes choses. Elle aura été là. Et on se demandera si, sans son existence, les choses auraient été les mêmes.

Elle voudrait l'unité aussi, aussi étrange que cela puisse paraître. Aussi étrange que cela lui paraisse, du moins. Que l'on ne se méprenne pas. Ombeline n'a aucun amour pour les moldus. Elle n'est pas comme certains de ses camarades, à rêver d'une technologie plus présente dans le monde sorcier, à rêver de magie hybride, d'inventions sensationnelles. Si elle a de bonnes notes en la matière, c'est qu'elle est travailleuse et que l'ignorance est le premier pas vers l'échec, vers l'impuissance. Ombeline n'a aucun amour pour les moldus. Mais ils existent, ils en ont le droit. Et il est important de se lier à eux, pour qu'une certaine paix soit instaurée. Car derrière les décors en cartons pâte destinés à laisser croire que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, l'adolescente sait que la crasse s'accumule. Qu'elle gagne du terrain, qu'elle souille tout, et surtout la magie. Et pour Ombeline, la magie doit être préservée à tout prix. S'ils ne peuvent pas simplement cohabiter, à l'écart, si cela implique l'inclusion des moldus dans certains domaines du monde magique, alors il faudra s'y résoudre. Une fois assimilés, leurs descendants sorciers pourront nourrir la magie, l'aider à grandir. Est-ce que ce n'est pas là l'essentiel ?

Bien sûr, ces espoirs silencieux ne suffisent pas. La société ne se contente pas de la pudeur de ceux qui gardent leurs désirs bien pour eux, et puisque l'une des premières question posée à un enfant est « que feras-tu quand tu seras grand ? », il est nécessaire de définir des souhaits d'apparat. De ceux que l'on arbore fièrement, entre le nom familial et les notes durement obtenues. Ombeline, une fois grandie, sera langue-de-plomb. Peut être. Parce qu'elle admire leur capacité à ne laisser savoir sur leur profession que le minimum, parce qu'elle les trouve nobles et qu'ils attisent la curiosité qu'elle met pourtant un point d'honneur à tenir muselée. Parce qu'il  est évident qu'elle ne sera pas auror comme les autres, et que langue-de-plomb, cela reste prestigieux. Cela peut être associé au nom des Rosier.

 

 
Histoire de votre personnage
Et la lumière fut. Blanche, douce et violente à la fois. Une lumière chaude, mais d'une pâleur extrême. Elle fut nommée Ombeline, en contradiction avec son teint, avec le duvet qui protégeait sa peau si fragile et qui était aussi clair que la neige. Pour qu'à jamais celle qui serait la petite dernière de la fratrie Rosier soit emplie de cette dualité, de cette richesse, de cette force.

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Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin. Un nom fut vite déposée sur l'affliction qui touchait la toute petite. L'Albinisme. Quelque chose d'assez méconnu chez les sorciers, tant leur constitution était différente de celle des moldus et, le plus souvent, leurs maladies aussi. L'on considérait dans le monde moldu que l'albinisme était soit un fléau, le signe d'une faiblesse, d'une malédiction, soit un cadeau, le signe d'une vie exceptionnel, une bénédiction. Des idées qui s'était répandues avant que la génétique n'apparaisse dans la bouche des scientifiques et, malgré les connaissances actuelles, étaient restées très présentes dans la majorité des esprits. Chez les sorciers, on considérait simplement qu'un être atteint d'albinisme était un être faible, qui ne développerait jamais convenablement ses capacités magiques. Le plus souvent des cracmols, car qui d'autre qu'eux pourrait être atteint par un mal moldu ? Chez les Rosiers, comme tout ce qui était difficilement explicable mais touchait un être cher, c'était un don de Dieu. Quelque chose qui rendrait leur fille exceptionnelle. Peu importait si sa magie s'avérait défaillante avec le temps, Ombeline était un joyau, au même titre que ses aînés, Honoria et Léandre, et que leur cousine Ariane, pièce rapportée qui était pourtant considérée par tous comme un membre de la fratrie.

La petite sorcière grandit donc dans un doux cocon, choyée par ses aînés, aimée, protégée, parfois même un peu trop. Dans sa petite enfance, elle se croyait princesse, rendue unique et donc forcément merveilleuse par cette chevelure si particulière. D'un caractère fort mais doux, elle appréciait la présence des siens, constante, enveloppante. Il ne fallait jamais que l'on soit loin d'elle. Elle était de ces enfants incapables de jouer seuls ou du moins, à l'écart et chaque rentrée scolaire, alors qu'Ariane et Léandre prenaient place dans le Poudlard Express, était un déchirement. Un abandon. Une trahison. En larmes effondrée, elle trouvait chaque fois refuge dans les bras de la seule qui restait. Honoria, la plus jeune de ses aînées, n'était pas encore assez grande pour s'éloigner d'elle. Pas assez grande pour Poudlard. Au yeux de la petite sorcière toutefois, elle était immense. Elle était le monde. Et baignée de son amour, Ombeline guérissait de ces plaies sentimentales. Alors, de retour à la maison, les sanglots ravalés, la peine adoucie par des friandises chaque année plus nombreuses et une douceur familiale inégalable, la petite lumière se transformait en ombre afin que même là où la lumière n'allait pas, Honoria n'en soit jamais privée. Elle la suivait partout, en toute occasion. Et quand par hasard elle ne pouvait pas le faire, elle la réclamait. Elle demandait où elle était, ce qu'elle faisait, comment elle allait. Parfois même, on la retrouvait devant la porte close d'une Honoria dont le besoin d'indépendance grandissait en même temps qu'elle. Elle était belle, douce, gentille, parfaite. Jusqu'à ce qu'à son tour, elle s'en aille.

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Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin. Et Ombeline se trouva à l'aube de quelque chose de nouveau. Pas bien grande, elle n'était pas capable de l'identifier tout à fait mais elle savait qu'il y avait un changement. Pas seulement pour Honoria mais aussi pour elle. Séparée, elle commençait à découvrir de nouveaux sentiments, de nouveaux mécanismes de pensée. D'abord dévastée, inconsolable malgré l'attention de ses parents ou d'Ariane et Léandre, déjà adultes, elle n'avait plus le goût de rien. Elle restait assise, poupée de porcelaine déposée là, dans une maison trop grande, trop triste. Ce n'était pas qu'elle ignorait que sa sœur reviendrait. Ce n'était pas non plus qu'elle ne comprenait pas l'importance de l'apprentissage, de la scolarisation. Elle était assez grande pour commencer à imaginer ce que serait Poudlard pour elle. Si elle y allait. Car c'était probablement ça au fond, le vrai problème. Maintenant plus grande que les autres quand ils avaient découvert leur magie, elle n'avait toujours rien eu. Pas une once de magie ne semblait l'habiter. Pour elle, peut-être bien qu'il n'y aurait jamais de Poudlard. Elle était différente. Et ce qui la rendait unique, ce qui la rendait princesse, la rendait maintenant triste. Faible. Pitoyable petite chose abîmée, défectueuse. Elle n'était pas comme eux. Elle ne leur ressemblait même pas. Elle avait les cheveux aussi blancs que les leurs étaient noirs. Elle était aussi fragile qu'ils étaient forts. Elle était aussi petite qu'ils étaient grands. Elle était aussi moldue qu'ils étaient sorciers. Peu importe ce que papa ou maman lui répétaient sans cesse. Peu importe ce qui était vrai pour eux. C'était ainsi pour elle. Peut-être… peut-être n'était-elle simplement pas une vraie Rosier, puisqu'elle était moins bien faite qu'eux.

Puis elle découvrit la colère. S'étaient-ils tous moqués d'elle ? Eux qui la disaient si jolie, eux qui la disaient si merveilleuse. Eux qui la trouvaient magique. S'étaient-ils joués de sa naïveté enfantine ? Avaient-ils eu pitié ? Elle avait posé la question à Iris, mais celle-ci s'était contentée de la prendre dans ses bras, dans un premier temps. De la serrer à un tel point qu'Ombeline entendait son cœur battre au même rythme que le sien. Que portée par son parfum si rassurant, elle en oubliait presque ses maux. L'étreinte silencieuse avait duré un long moment avant que sa maman ne l'éloigne un peu d'elle. Ses mains avaient caressé ses joues, essuyé les larmes de colère et les larmes de peine et son regard était devenu caresse. Ombeline avait fermé les yeux, tant pour savourer cet amour inconditionnel que pour dissimuler sa honte naissante de s'être donnée ainsi en spectacle, accusant à grand renforts de cris et de moulinets des bras celle qui était toujours là de n'être qu'une menteuse, qu'une méchante. Et la voix familière l'avait touchée, là. En plein cœur.

« Toutes les roses sont différentes. Elle varient en couleur, en taille, en parfum. Qu'elles soient colorées et très odorantes ou douces et au parfum plus subtil, elles sont toutes magnifiques. Elles feront juste des choses différentes mais que nulle autre rose n'aurait pu faire. Elles éclosent à leur rythme, mais elles le font toutes. Offre toi le temps, comme nous le faisons. »

Elle avait tiré avec douceur sur la chaîne qui retenait la croix au cou de sa fille, y avait déposé ses lèvres dans un pieu baiser et l'avait glissée à nouveau sous le t-shirt d'Ombeline, comme une protection divine. Ce n'était pas vraiment rassurant, à la vérité. Ça n'annonçait aucune réussite, aucun changement positif. Elle ne savait pas plus si elle verrait Poudlard, ou pourquoi elle était différente. Mais la douceur dans les mots maternels, cette conviction qu'elle sentait chez elle suffirent à l'apaiser. Bien sûr, elle ressentait la différence comme un fardeau, mais elle était décidée à faire avec, à faire preuve de patience.

Quand Honoria revenait, elle ramenait avec elle les devoirs, les histoires. Et si elle l'écoutait avec un intérêt non feint, une admiration intacte, une étincelle de jalousie s'allumait en elle. Sa sœur n'était pas pareille. Sa sœur était tout ce qu'elle n'était pas. Malgré cela, elle était fière. Et chaque moment d'attention que sa sœur lui offrait était accueilli avec un bonheur immense. Chaque secret sur Poudlard attisait l'impatience d'Ombeline qui faisait de son mieux pour étouffer la crainte que la magie en elle ne s'éveille jamais. Et pour ne pas trop penser, elle se laissa porter par une douce routine jusqu'à son onzième anniversaire.

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Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin. Et des cadeaux en abondance. Ombeline s'éveilla le jour de ses onze ans avec une excitation toute particulière, à l'idée de l'année qui s'annonçait. Si tout allait bien, elle irait bientôt à Poudlard. Elle imaginait souvent comment serait la chouette qui lui apporterait la lettre tant attendue, s'attachant aux détails pour que la scène soit la plus réaliste possible, se plongeant dans cette anticipation pour oublier que peut être, cela n'arriverait jamais. Car au matin de ses onze ans, Ombeline n'avait toujours pas usé de magie. Jamais. Personne n'avait rien constaté chez elle qui lui permettrait d'affirmer qu'elle était une vraie sorcière. Pour beaucoup maintenant, elle était une cracmole. Qu'attendre d'autre d'une albinos comme elle de toute façon ? Des ragots que Camille et Iris Rosier rejetaient avec mépris, certains que leur fille n'avait pas encore dévoilé toutes ses aptitudes.

Ombeline elle, ne réagissait pas. Elle ne protestait pas. Elle tâchait de garder la foi, malgré sa peur dévorante de ne jamais parvenir à produire ne serait-ce qu'une étincelle de sorcellerie. Mais en cette matinée d'anniversaire, cela ne devait pas compter. En cette matinée d'anniversaire, elle redevenait princesse. Et c'était doux. Elle s'était prise à prétendre, l'espace de quelques secondes, que la lettre que cette grosse chouette avait déposé sur son lit après avoir gratté au carreau avant même que le jour ne se lève était celle qui lui signifiait son entrée prochaine au collège de sorcellerie. Après tout elle était d'Honoria, venait de Poudlard. C'était assez semblable, non ? Dans sa fantaisie, elle gloussait de bonheur en brisant le sceau de poudlard qui gardait l'enveloppe bien close. Elle se laissait tomber en arrière, sur son lit, dans un feu d'artifice que sa magie non défaillante aurait produit sous le coup de l'émotion. Elle lut les quelques mots d'Honoria et sourit. Elle y parviendrait. Elle irait à Poudlard, quoi qu'il lui en coûte.

Honoria lui avait plusieurs fois parlé de ce concierge, Rusard, cracmol aussi. Il y était bien lui. Certes il était adulte et malaimé de tous, mais c'était aussi certainement dû à son caractère qu'elle ne partageait pas avec lui, au moins. Et puis elle lui avait parlé du demi-géant. Le garde-chasse, le professeur. L'hirsute Hagrid qui n'avait pas le droit de pratiquer la magie mais qui demeurait malgré tout au château. Ombeline s'était d'ailleurs renseigné à son sujet. C'était un être étrange, à la réputation pas particulièrement brillante. On disait de lui qu'il avait été renvoyé, enfant, du château. On disait aussi qu'il n'avait pas le droit de pratiquer la magie, car il était un danger pour lui-même et avant tout pour autrui. La petite Rosier pensait qu'il était simplement différent, inadapté, et probablement bien plus valeureux que ce que l'on racontait. Mais ce qui importait c'est que Dumbledore avait eu pitié de lui. Peut-être pourrait-elle lui prouver, elle aussi, qu'elle était digne de séjourner à Poudlard, qu'elle pouvait être utile. Elle pourrait rejoindre Honoria, sa détermination et son travail rendraient sa famille fiers d'elle. On médirait, bien sûr. La nature humaine était ainsi faite. Mais elle courberait l'échine et elle ferait ses preuves.

Alors, tête haute, elle affronta son onzième anniversaire, tâchant de se raccrocher à cette idée-là de toutes ses maigres forces.

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Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin. Et au matin, une lettre posée sur sa table de chevet, une rose blanche soigneusement cueillie déposée à son côté. Une rose tout juste éclose, à la fragrance délicate, mais une rose tout de même. Avec des pétales et des épines, comme toutes les autres. Et au matin, une vie nouvelle.

Pour Ombeline, il n'y avait jamais eu d'étincelle. Pas de magie, du moins pas qu'elle le sache. Personne n'avait jamais rien observé chez elle qui trahisse la présence de magie. Seule la foi de ses parents en son potentiel lui avait permis de garder dans un coin de son esprit résigné l'idée qu'elle pouvait être sorcière. C'était une possibilité, une faible probabilité. Un pourcentage bas, mais impossible à nier. Sans preuve du contraire, elle pouvait être sorcière. Mais elle n'y croyait pas vraiment. Cette lettre, c'était son ticket d'or, son laisser-passer. Sa carte au trésor. Son certificat de conformité. Chère mademoiselle Rosier. Poudlard vous attend.

Elle avait hurlé de bonheur. Une explosion de joie comme jamais elle n'en avait connu. Un raz-de-marée émotionnel. Elle avait sauté sur son lit à en avoir mal au jambe, à faire craquer les lattes de son sommier. Elle était cette Ombeline qu'elle n'avait encore jamais été et qu'elle ne serait jamais plus. La lettre dans les mains, elle dansait au dessus du matelas, ses cheveux flottant dans les airs. Elle tournait, elle virevoltait. Elle était une sorcière. C'était indéniable maintenant. Elle était une sorcière. C'était magnifique. C'était elle, vraiment elle qui recevait ce courrier. Elle était une sorcière !

Il y eut des embrassades, de longs discours de foi, quelques prières. Les louanges de la patience et de l'espoir. Il y eut le bonheur partagé d'une famille qui, bien que confiante en ce potentiel que la petite dernière renfermait sans doute, avait été témoin des craintes et de l'humiliation qu'elle ressentait. On alla sur le chemin de Traverse et, comme une seconde confirmation qu'elle était ce qu'elle avait tant désiré, elle obtint sa baguette. Le reste comptait moins. La baguette était belle, son bois doux et souple. Et Ombeline n'avait de cesse de l'admirer.

L'été sembla filer en seulement quelques secondes, empli de discussions entre la future collégienne et ses aînés pour en savoir plus sur ce qui l'attendait, d'encouragements maternels, de conseils paternels. Au premier septembre, Ombeline était prête. Elle avait retrouvé son calme, sa douceur coutumière. Elle écoutait les autres, dans le compartiment, parler des maisons, se demander dans laquelle ils se retrouveraient. Elle les observer imaginer, comme elle s'était imaginé découvrir sa lettre, des mois plus tôt, quand tout ça n'était encore qu'un rêve incertain. Elle, peu lui importait. Quand on lui demanda, elle haussa les épaules avec un sourire doux et son regard se perdit par la fenêtre. Ce n'était pas qu'elle n'était pas intéressée par ceux qui partageraient bientôt son quotidien, non. C'était simplement que toute anxiété avait disparu. Peu lui importait la couleur de son blason tant qu'elle était à Poudlard. Peu lui importait le nom de sa maison tant qu'elle y était chez elle, qu'elle n'y était pas seule. Elle se lierait avec ses nouveaux camarades, quels qu'il soit, pour découvrir une seconde famille. Alors elle attendait avec patience, ses doigts se perdant parfois pour chercher à travers les mailles de son uniforme, déjà enfilé depuis longtemps, la petite croix d'or blanc que sa mère avait embrassé encore avant qu'elles ne se séparent, pour lui offrir un peu de sa force et de sa bonne influence. Elle était sereine.

▲▼▲

Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin.

« Regarde. »

Le cours de potions était terminé, et Ombeline ramassait ses affaires, perdue dans ses pensées. Cette année, Honoria n'était plus là. Elle était maintenant trop grande pour lui en vouloir, pour s'apitoyer mais tout de même. Poudlard sans elle, ce n'était pas pareil. Bien sûr, elle se plaisait, bien sûr, elle avait des amis. Mais il y avait un monde entre l'amitié et le sang partagé, et être la dernière de la famille Rosier encore scolarisée lui semblait pesant, à ce moment. Cela la confortait dans l'impression que quoi qu'il arrive, elle serait toujours à la traîne. Elle avait fait promettre à Honoria qu'elle lui écrirait souvent, mais elle se doutait que la désormais jeune adulte aurait beaucoup à faire, et pas forcément le temps de coucher sur le parchemin le récit de toutes ces aventures. C'était sa première année en solo donc, et Ombeline s'était un peu effacée, déjà. Bien qu'elle n'ait jamais subi la moindre attaque, si ce n'était quelques moqueries enfantines stupides, elle savait que son aînée était là, jamais loin. Là, il faudrait qu'elle se défende, seule. Et l'infante avait toujours considéré qu'on n'affronte jamais mieux le mal que lorsque l'on est bien accompagné. Sans sa sœur, c'était plus compliqué. Et il lui semblait que certains jaloux le sentaient et s'en trouvaient galvanisés. Comme à ce moment précis.

« Non mais t'as vu ? »

Des gloussements digne d'une basse-cour, quelques coups de coudes. Certains s'amusaient, clairement. D'autres, le regard baissé, préféraient ne pas porter attention à ce qui se jouait sous leurs yeux. Parce qu'ils respectaient Ombeline sans avoir le courage de s'affirmer, de s'attirer des ennuis à leur tour. La sorcière ne faisait pas attention. Elle ne réalisait pas encore qu'elle était la cible des rires. Elle ôta ses lunettes et se frotta les yeux, grimaçant. L'écart n'était pas énorme, heureusement. Il fallait croire que ses gènes sorciers la préservaient d'une vue absolument désastreuse, comme elle s'y était attendue en faisant des recherches sur sa condition à la bibliothèque moldue. Il fallut un temps pour que sa vue se précise un peu, que ses yeux adaptent leur effort maintenant privés de leur outil correcteur. Et alors qu'elle glissait la paire de lunettes dans son sac elle posa sa main libre sur le plan de travail pour s'emparer de son livre et sursauta en sentant un papier un peu froissé. Elle baissa les yeux.

« Attends non, on peut pas laisser faire ça… »

Ombeline fronça un peu les sourcils et observa l'objet en question. Une sucette d'un rouge éclatant, en forme de goutte, au bout d'un bâton aussi blanc que sa chevelure. Réalisant de quoi il s'agissait, elle le lâcha dans un nouveau sursaut. Et les remarques lui parvinrent, enfin. Crevant sa bulle si douce. Elle déglutit. Elle avait vu ses confiseries chez Honeydukes. On disait que c'étaient des sucettes parfumées au sang. Des sucettes de vampire.

« Oh la pauvre... » « T'as vu qui a fait ça ? Franchement, c'est nul. » « Oh ça va, faut bien admettre qu'elle est bizarre. » « Mon père dit qu'ils ne sont pas de vrais sorciers. » « Oui mais quand même… c'est ridicule ! »

La sorcière qui avait prononcé ces mots s'avança, sans doute pour aider Ombeline, mais la jeune Rosier réagit trop vite. Alors comme ça, elle était différente ? Comme ça, ils voulaient faire d'elle un vampire ? Comme ça, elle n'était pas assez bien ? Elle défit le sachet et déposa la sucette sur sa langue, tâchant de ne pas réagir au goût ferrugineux qui commençait à envahir sa bouche. Ils voulaient qu'elle soit un vampire ? Elle le serait. Après tout, ses yeux d'un bleu trop pâle laissaient parfois voir quelques lueurs rouges parsemant les iris. Après tout elle était trop pâle, craignait la lumière. Au moins, elle serait forte. Les autres eurent un mouvement de recul et elle avala. Elle lâcha la sucette qui se brisa au sol en se brisant. Elle sortit de la salle, tête haute. Une héritière. Grand Dieu. Elle avait besoin de sa sœur, là, maintenant. Elle avait besoin de Léandre pour lui dire que tout irait bien. D'Ariane pour l'enlacer. De sa mère pour la consoler. De son père pour se perdre dans son regard plein d'amour. Mais ils n'étaient pas là. Elle n'était pas comme eux. Elle avait besoin de ne pas être seule, d'être avec quelqu'un. Tout le temps. Elle avait besoin, besoin de…

« Ombeline ! »

Celle qui s'était avancée quelques secondes plus tôt pour la soutenir l'avait suivie et la cadette Rosier tomba dans ses bras, éclata en sanglots. Loin des regards. Elle pleura tandis que sa camarade la soutenait. Elle pleura tandis qu'une nouvelle bulle se forma, enfla tant et si bien qu'elle l'avala. Il fallait qu'elle sache. Qu'avaient les vampires qui les rendaient si forts ? Etait-il possible qu'elle soit un peu comme eux ? Elle ferma les yeux. Le temps passerait. Les moqueries s'atténueraient. Mais dans son esprit, rien ne changerait. Oui, elle voulait être vampire. Elle voulait que sa faiblesse soit force.

▲▼▲

Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin. Le temps passa, l'attention aussi. Elle ne leur en avait jamais voulu pour cette blague idiote. Elle ne leur en avait jamais voulu de voir en elle ce qu'elle voyait déjà. Un être différent. Elle n'était peut être pas moins valeureuse qu'eux, mais il était impossible de nier qu'elle n'était pas tout à fait « normale ». Elle ne savait pas qui lui avait donné cette sucette, et elle s'en moquait. A vrai dire, elle en était plutôt satisfaite. Cela avait déclenché quelque chose, en elle. Quelque chose qui la rendait plus forte. Quelque chose qui lui avait permis de retrouver la douceur du fantasme. Elle imaginait, maintenant. De nouveau. Plus encore qu'auparavant. Elle s'était renseignée aussi sur les vampires. Elle avait lu des livres, elle avait même pris contact avec Eldred Worpel, dont on disait qu'il était le spécialiste en la matière. L'intérêt de la jeune sorcière pour ceux qu'il nommait « frères de sang » et l'influence de la famille dont elle était issue jouèrent sans doute en sa faveur, car une correspondance régulière s'en suivit.

Elle était un vampire. Elle l'affirmait et même si au fond elle savait raisonnablement que c'était faux, il lui arrivait parfois d'y croire elle-même. Bercée par les histoires qu'elle racontait, rassurée par ces liens imaginaires, Ombeline s'apaisait. Ce qui pour beaucoup ne semblait être qu'une lubie, un jeu malsain, devenait bien plus que cela. L'infante avait traversé la guerre des sorciers et tout ce qui avait touché Poudlard sans ciller. Elle avait ressenti de l'inquiétude pour sa famille et malgré son jeune âge, elle avait fait son possible pour aider, encourager, soigner, consoler. Pas de faux-pas, pas de drame. Mais la guerre qui se jouait dans son esprit, entre la réalité trop rude et l'illusion réconfortante, la plongeait dans un tourbillon de doutes, qu'elle cachait de son mieux. Elle était toujours elle, cette petite poupée trop pâle, cette petite fille à l'amour étouffant, cette petite sorcière hésitante. Mais elle était aussi un peu autre chose. Autre chose qu'ils ne comprendraient pas. Autre chose qu'ils n'aimeraient pas. Etait-il alors réellement nécessaire de le leur montrer ?

Pour dissimuler ce qu'elle considérait parfois comme des déviances, idée qu'on lui avait à l'occasion implantée dans le crâne sans délicatesse aucune, elle se rapprocha du monde moldu. Pas qu'elle les appréciât, bien au contraire. Ils étaient soit trop agressifs, soit trop avides, soit trop bêtes. Mais chez eux, elle n'aurait pas le regard des siens. Elle croyait qu'elle pouvait leur confier ses secrets afin qu'ils ne l'encombrent pas quand elle rentrait chez elle. A la bibliothèque moldue, elle avait découvert les ordinateurs. Et, dans les entrailles de ces engins, l'internet. L'internet, c'était une mine d'or. Ombeline peinait à reconnaître de l'intérêt à ces êtres qui menaçaient les siens trop souvent, mais elle devait l'admettre. L'internet était grandiose. L'internet était amusant. L'internet était intrigant. L'internet ferait de son été un été parfait. Maintenant, tout le monde était grand. Honoria, Léandre, Ombeline… Même les cousins avaient autre chose à faire. Ils devaient travailler, explorer, s'intégrer dans un univers de plus en plus riche, où trouver sa place n'avait plus rien d'évident. Alors elle avait beaucoup de temps pour elle et pour… oui, pour l'internet.

Dans cet antre étrange du monde virtuel, elle avait découvert les forums et, particulièrement, les forums sur les vampires. Elle avait trouvé un groupe pour qui les vampires étaient plus que des créatures sanguinaires, des êtres malsains et légendaires, méconnus. Un groupe qui simulait. Elle s'était renommée Esther là-dedans, comme chacun devait trouver un nouveau nom. Esther Bloodwitch. Elle trouvait ça amusant, elle pensait que le clin d’œil à ses origines lui permettrait de ne pas perdre de vue ce qu'elle était vraiment. Et elle avait pris confiance. En elle, en eux. Ils lui avaient expliqué qu'ils se rencontraient, parfois. Pour rendre le jeu plus réel. Alors elle avait voulu les voir, ceux qui croyaient, ceux qui acceptaient la différence. La magie. Parce que s'ils acceptaient les vampires, s'ils les idolâtraient même, ils devaient comprendre les sorciers. Mais les moldus n'ont aucune logique. Et le rendez-vous tourna au cauchemar. Des rires, des moqueries, quelques coups. Ils brisèrent sa baguette. Ils brûlèrent le bois qui crépita tristement tandis qu'Ombeline capitulait. Ils arrêteraient si elle leur disait. Elle ne savait pas quoi, mais ils trouveraient. Il y avait toujours des choses à dire sur les gens comme elle. Ils la firent parler. De sa famille, de ses amis. De son école et de sa vie. Ils la firent parler puis l'abandonnèrent. Seule, sans baguette. Sans magie. Sans force. Elle avait eu peur. Elle avait faiblit. Elle n'avait pas la force de ses aînés, de ses modèles. Oh, pauvre Honoria si elle savait… Honoria ne se serait jamais laissée piéger. Honoria n'aurait pas perdu sa baguette. Honoria les aurait détruits. Elle, elle n'en était pas capable. C'était elle qui s'effondrait. Et maintenant… maintenant ils n'étaient plus là, mais elle avait toujours peur. Parce qu'elle avait eu confiance, qu'elle leur avait beaucoup confié. Parce qu'ils lui avaient dit que tant qu'elle serait utile, ils ne blesseraient personne. Personne d'autre qu'elle. Et s'il y avait une chose qu'Ombeline pouvait encore faire, c'était protéger les siens.

Elle avait retrouvée sa meilleure amie dans un parc de Londres. D'un coup de baguette, à l'abri des regards, celle-ci avait effacé les bleus. Il avait fallu acquérir une nouvelle baguette aussi, tâche pour laquelle elle s'était tournée vers Siobhan. Elle lui avait demandé une journée entre filles, un moment juste toutes les deux. Parce qu'elle l'admirait, elle qui réussissait si bien. Elle qui était aussi un peu différente dans ses goûts, dans ses idées. Parce que c'était plus facile avec elle, qu'elle avait moins peur de la décevoir qu'elle ne craignait de le faire avec sa fratrie. Elle ne supporterait pas leur désamour. Elle lui avait expliqué qu'elle avait trébuché sur un passage clouté, que sa baguette était tombée de son sac et qu'avant qu'elle ne le réalise, une voiture l'avait réduite en allumettes. Elles étaient passée chez Ollivander's et Ombeline lui avait demandé une nouvelle faveur. Une dernière faveur. Elle devait promettre de ne rien dire. A personne. Parce que c'était important pour elle. Parce qu'elle se sentait faible, et qu'elle avait besoin de forces. Parce que si les autres savaient, ils l'inonderaient de leur amour et lui affirmeraient qu'elle n'avait pas besoin de ça, qu'elle était parfaite comme elle était.

Dans le Londres moldu, elles trouvèrent un tatoueur. Et son dos trop blanc fut marqué de noir et de rouge, de crocs et de sang. Comme une peinture de guerre. Elle était une Rosier, elle devait agir comme tel. Protéger sa famille. Taire la honte. Avancer. Droit devant, les yeux fermés. Tout irait bien.

▲▼▲

Elle embrassa sa croix, referma la lettre qu'ils lui avaient envoyée à Poudlard. Que Dieu la guide et protège les siens.

 

 
Répartition à Poudlard
Année souhaitée : Sixième année.
Options choisies en 3ème année : Etude des Runes, Divination

  Notes obtenues aux B.U.S.E.S
  A remplir seulement si vous êtes en 6e/7e Année.
  ATTENTION : Les notes en dessous de A montreront les matières que vous ne poursuivez pas en 6ème et 7ème année. N'oubliez pas de renseigner les noms de vos options dans la liste.
Sortilèges : O.
Métamorphose : E.
Potions : E.
Défense contre les forces du mal : A.
Histoire de la magie : O.
Botanique : A.
Astronomie : E.
Etude des moldus : E.
Etude des runes : E.
Divination : E.

 
Qui êtes-vous hors du jeu ?
Prénom ou pseudo : Zazou.
Âge : Vingt-*tousse*.
Célébrité sur votre avatar :Nastya Zidhkova.
De quelle manière avez-vous trouvé le forum ? Je dirais que c'était de la chance ? Je dirais aussi que c’est d’abord des rencontres. Des gens qui m’ont tendu la main, peut-être à un moment où je ne pouvais pas, où j’étais seule chez moi. Et c’est assez curieux de se dire que les hasards, les rencontres forgent une destinée... .
Avez-vous lu le topic dédié aux nouveaux joueurs (ici) ? Oui.
 

 
Signature du règlement
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  Ombeline Rosier
Angel JohnsonNouvel arrivantavatarNouvel arrivant
MessageSujet: Re: Ombeline Rosier - "Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur."   Jeu 29 Déc - 5:09

Bienvenue et bon courage pour ta fiche
InvitéInvité
MessageSujet: Re: Ombeline Rosier - "Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur."   Jeu 29 Déc - 14:00

Je passe déclarer mon amour de ce prénom ; Ombeline, c'est si ombrageux et pure à la fois. Je suis impatiente de te lire sous ce nouveau personnage, beauté. Eyes
Siobhan KvelgenProfesseuravatarProfesseur
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MessageSujet: Re: Ombeline Rosier - "Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur."   Ven 30 Déc - 18:12

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MessageSujet: Re: Ombeline Rosier - "Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur."   Sam 7 Jan - 8:25

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MessageSujet: Re: Ombeline Rosier - "Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur."   Dim 8 Jan - 7:35

Bienvenue à Poufsouffle !

Tu es dès à présent validé, le jeu se trouve désormais à portée de main !

Il te reste néanmoins quelques formalités importantes à finaliser afin de te garantir une évolution sans accroc dans l’univers de Catharsis.
Tout d’abord, pense à aller réserver ton avatar dans le bottin, à compléter le recensement de Catharsis et à signaler ton nouveau personnage dans registre des comptes multiples si nécessaire. Il est aussi utile de te créer un journal de bord pour garder le fil de tes aventures, ainsi qu’une fiche de liens pour décrire tes relations avec les autres.
Enfin, une boîte aux lettres permettra de te contacter facilement IRP et si tu le souhaites, tu peux également faire une demande pour être préfet ou pour jouer au Quidditch.

Bon jeu !
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MessageSujet: Re: Ombeline Rosier - "Je ne connaîtrai pas la peur, car la peur tue l'esprit. La peur est la petite mort qui conduit à l'oblitération totale. J'affronterai ma peur."   

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