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A Tale of Muggles and Wizards
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 I can't hear you ft. Theodora Knight

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Ezekiel G. WolfeEzekiel G. Wolfe
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MessageSujet: I can't hear you ft. Theodora Knight   I can't hear you ft. Theodora Knight EmptyVen 27 Sep - 10:07


I can't hear you

- Ezekiel G. Wolfe — Theodora Rose Knight -


"All the boys who the dance floor didn't love, and all the girls whose lips couldn't move fast enough : sing, until your lungs give out." This ain't a scene, it's an arm race - Fall Out Boy
L’ambiance d’un festival, c’est toujours quelque chose d’un peu mystérieux. C’est comme un système de caste, de ces étranges sectes avec des barbus dans des tentures colorées qui accomplissent des rites incompréhensibles : on passe l’entrée, on nous donne un bracelet qu’on arbore fièrement à son poignet comme les hommes d’antan affichaient leurs blasons, et nous voilà plongé dans un univers qui a ses propres codes, ses propres règles, qu’on se doit de respecter sous peine de représailles et ce, peu importe la taille de l’événement. Il y a les habitués, qui, la bière à la main, se fondent dans la foule en agitant la tête au rythme de la musique, et ne manquent pas d’arborer des tee-shirts bariolés au logo de leurs groupes préférés.  Il y a les nouveaux, plus timides, qui se contentent d’observer au loin les experts en se demandant si, un jour, ils finiront par rentrer dans leur cercle. Et il y a les musiciens, qui sont élevés au rang de dieux vivants, dont la parole fait office de sacrements et les chansons de cantiques.

Enfin, ça, c’est quand les groupes sont appréciés par la foule. Ce n’est pas le cas des Chicken Nuggets, qui quittent la scène sous quelques applaudissements faiblards et des soupirs étouffés : ce n’est pas durant ce tremplin « jeunes talents », organisé par une petite association de quartier, qu’ils vont se faire repérer et devenir les grandes stars qu’ils aspirent être. L’ensemble du groupe, pourtant, a un sourire plaqué sur le visage. Qu’est-ce qu’ils aiment être sur scène. Qu’est-ce qu’ils aiment produire, ensemble, de la musique. Qu’est-ce qu’ils aiment sentir la scène sous leur pied tandis que les premières notes retentissent dans une appréhension palpable, avant que la mélodie ne se mette à se délier dans un enthousiasme endiablé. C’est leur raison de vivre, ce qui les fait se lever le matin – ou l’après-midi, dans le cas d’Ezekiel. Tant pis s’ils ne récoltent pas de hourras ou de bravos. Leur heure viendra, ils en sont persuadés.

Les trois compères sortent de scène après avoir emportés leurs instruments, laissant les techniciens prendre le relai pour préparer la scène pour le groupe suivant. Ils passent un peu de temps au bar, discutant du concert, des ratés qu’ils ont repérés dans leurs morceaux, de ce qu’ils jugent être une réussite, aussi. Zeke lève les bras dans tous les sens en parlant à toute vitesse, comme à son habitude. Les minutes défilent, puis Gersende, suivi de près par Galaad, finissent par s’en aller pour rentrer dans leurs demeures perspectives. Ils ont cours, le lendemain, après tout. Ce n’est pas le cas de l’exorciste qui, lui, se permet de prendre un dernier verre, embrassant l’ambiance électrique de ce festival, ne manquant pas d’adresser la parole à qui voudrait bien supporter sa présence. Il boit sa pinte, le cuir de son perfecto le protégeant du froid mordant de l’hiver écossais, mais pas autant que son enthousiasme débordant.

C’est au tour d’un autre groupe de passer sur scène maintenant, et il se met à écouter leur musique, similaire dans le style, différent, cependant, dans l’exécution. Ils jouent tous ensemble, et c’est déjà un bon point : le batteur est là pour orchestrer avec maestria le rythme des chansons, qui s’enchainent les unes après les autres, au plus grand bonheur de la foule.  Car les Chicken Nuggets ne sont pas… mauvais, à proprement parler. En tout cas, pas individuellement. Zeke est un guitariste tout à fait honorable, dont le manque de technique est compensé par son charisme de showman né. Galaad a une belle voix, malgré des textes bien fades qui dégoulinent de clichés. Quant à Gersende, sa maîtrise de la basse est tout à fait admirable, mais elle ne peut pas faire grand-chose, lorsque son colocataire et meilleur ami a la fâcheuse tendance de partir dans des solos de guitare passionnés en plein milieu d’un morceau, sans prévenir personne. Avec plus de rigueur, et quelqu’un qui unirait leurs talents individuels pour faire d’eux un véritable groupe, ils pourraient percer, mais pour l’instant, c’est loin d’être une possibilité.

Zeke soupire lorsqu’il constate que le public est bien plus enthousiaste, à la fin du set de cet autre groupe, qu’à celui des Chicken Nuggets, et finit son verre d’une rasade. Il lui en faudra plus pour vaincre son optimisme légendaire, mais il ne peut cacher le fait que leur manque de succès, malgré leurs efforts, commence à le peser. Un jour, pense-t-il silencieusement, ils verront. Ils diront avec fierté qu’ils ont vu les Chicken Nuggets sur scène, avant qu’ils ne soient connus, et ils s’en vanteront auprès de leurs amis.
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MessageSujet: Re: I can't hear you ft. Theodora Knight   I can't hear you ft. Theodora Knight EmptyDim 6 Oct - 3:17

Les conversations allaient bon train autour d’elle comme si chaque groupe se devait de couvrir le bruit du voisin, voire de tous les autres. Elle restait muette. Des étoiles pétillaient au fond de ses yeux et un sourire amusé égayait sans arrière-pensée, son visage pâle de rousse. Cela faisait une éternité qu’elle n’avait pas mis les pieds dans un festival ou comme c’était le cas ce soir-là un tremplin musical.

Fillette et adolescente, elle avait pris des cours de batterie qui l’avaient un peu dévergondée de sa vie de petite fille irréprochable que ses parents lui tricotaient jour après jour à force de compréhension et d’amour contre lesquels il était bien difficile de se rebeller, sauf à faire preuve de la mauvaise fois adolescente. Commencer jeune et travailler régulièrement parce qu’on veut faire plaisir au professeur et à ses parents lui avaient permis d’atteindre un niveau intéressant.

De profil elle tentait de se frayer un chemin entre les perfectos et bandanas qui côtoyaient Dreadlocks et Sar Wells au milieu d’odeurs contrastées de sueur et de d’herbe. Elle avait réussi à s’extraire de devant le zinc avec une bière qu’elle tenait avec précautions par le haut, plus ou moins au-dessus des têtes, histoire de ne pas se la voir renverser. De temps en temps un mouvement de foule imprévu faisait monter la mousse blanche dangereusement au-dessus du col du récipient en plastique. Dans ce genre d’endroit, pour de telles occasions, le verre était sans doute jugé trop risqué à bien des égards… Elle en était quitte pour un sourire navré lorsqu’elle marchait alors sur un pied. Cela suffisait pour que chacun retourne à sa conversation. Qui n’avait ici maltraité des arpions ?...

Un groupe de lycéens plus échevelés qu’elle l’avait embringuée dans un groupe de reprises rock. Cela avait eu pour effet de la décoincer un peu jusqu’à sortir brièvement avec le guitariste. Elle n’avait que quinze ans et ses complices, émules de Page, Plant et Jones avaient déjà “beaucoup vécu” pour rester pudique et cela ne pouvait coller très longtemps avec la rouquine. Elle admirait et travaillait les triplets à la Bonham mais n’était pas prête aux débordement charnels et extatiques de ceux qui finissaient par ne pas la trouver assez rock’n roll. Ils avaient pourtant eu le temps de faire quelques apparitions dans les cafet’ estudiantines et même de remporter un joli succès lors d’une fête de la musique dans une petite ville de Cornouaille.

Elle sourit amusée à l’œillade et au toast porté de loin par un jeune homme les cheveux noirs tombant sur la poitrine. Elle remarqua le blouson brodé, s’il vous plait, d’un succube assis sur un Black Sabath horrifique. Certains groupes étaient visiblement faits pour traverser les décennies tout comme apparemment l’attirance physique. Cependant elle ne dévia pas de son chemin en direction de la scène où elle espérait que le groupe suivant serait aussi prometteur que celui qui l’avait fait sauter et agiter la tête comme une lycéenne au son de rifs endiablés. Elle serait sans doute couverte de bleus demain mais qu’importait.

« Good Times, bad Times » était sorti crème comme si c’était eux qui l’avaient composé, mais cela n’avait pas suffi à colmater les différences entre la sans doute trop jeune rouquine et les autres chevelus. Après cela, elle n’avait pas recherché de nouveaux partenaires, mais les concerts lui avaient inoculé un virus dont il lui était difficile de se défaire. Fallait-il dire “heureusement” les études de médecine servirent de sevrage et elle s’éloigna des fosses de concerts où on se délecte d’être écrasée contre les barrières de sécurités pourvu que votre regard croise un centième de seconde le regard d’un musicien.

Aujourd’hui était comme renouer avec les petits démons d’une jeunesse qu’elle savait depuis longtemps ne pas devoir être éternelle malgré toutes les précautions pour repousser les ravages des ans. Pour la circonstance, elle avait ressorti son jean le plus usé et délavé et avait retrouvé, _ fallait-il que la nostalgie de manifeste à son insu _ , un t-shirt noir floqué du symbole du batteur de Led Zeppelin. Incrédule elle l’avait tenu à bout de bras durant plusieurs secondes comme pour vérifier qu’il s’agissait bien de la relique du passé qu’elle croyait. Lorsqu’elle l’avait enfilé, elle avait pu constater qu’il lui allait encore et que sa longueur était encore acceptable, pas de rangers ni de boots dans son placard à chaussure et ses pieds se contentèrent d’une vieille paire de basket qui n’avait pas encore trouvé le chemin de la poubelle même depuis qu’elle avait acheté une nouvelle paire pour ses footings. L’hiver ne l’avait pas découragée de porter un blouson aussi élimé que son pantalon et son maquillage était de circonstance. Elle s’était beaucoup amusée devant la glace à assombrir plus que de raison son regard et choisir un rouge à lèvre cerise noire. Elle avait relevé sans ménagement ses cheveux en un rapide chignon, si l’on pouvait appeler chignon l’entortillement de feu qui trônait au sommet de son crâne.

La scène dans l’obscurité, lui semble étrangement vide alors que les garçons de scène finissent de se faufiler dans l’obscurité pour vérifier un micro ou la présence de la guitare. Sans doute l’effet des fumigènes et de contraste entre la lumière de la salle et de l’obscurité des planches. L’attente est un peu longue et elle joint sa voix aux cris impatient du public qui l’entoure…

Mais c’était quoi ce groupe ? Le speaker avait annoncé les Chicken Nuggets. Avec un nom comme celui-ci on pouvait s’attendre à tout et au moins à un peu d’autodérision, de provocation et donc à passer un moment haut en couleur. Mais elle avait en fait bien fait d’avoir pensé à une bière et ne pas avoir cédé à sa première tentation de retourner rapporter son gobelet au bar. Au moins elle avait eu la consolation au milieu de ce mélange d’ennui et de prétention de pouvoir siroter sa mousse. Ils n’étaient pas sérieux ?!!! Un groupe de rock sans batteur ?!!! C’était faire insulte au genre et à la fan de Bonham et Paice. Pourtant elle avait tenté de leur laisser une chance en se disant qu’elle assistait peut-être à la prestation de précurseurs. Mais il n’en avait rien été enfin de son point de vue. Encore, si le bassiste faisait le job !...

Lorsqu’ils avaient enfin décidé de quitter la scène il était temps d’aller se consoler au bar quoiqu’elle n’eût pas vraiment soif mais avait assez refroidie par la prestation des Chicken Nuggets pour avoir envie de s’éloigner de la scène. Pour la forme une nouvelle mousse avait pris place à côté de son coude posé sur le comptoir tandis qu’elle observait la salle et le public apparemment guère plus satisfait par le dernier concert qu’elle. L’électricité des précédentes prestations semble avoir disparu. Le programme n’est pas encore terminé et les gens sont souvent indulgents, même en cas de contre-performance. Ils n’avaient pas perdu leurs sourires, seule une petite lueur d’ennui ne parvenait qu’à peine baisser d’un ton les conversations.

Elle se retourna vers son gobelet frappé au logo du mini festival dont la mousse na paraissait pas aussi fraîche et tentante que tout à l’heure. Heureusement pour eux, les personnes qui partageaient le comptoir avec elle ne semblaient pas avoir perdu de leur enthousiasme. Le regard de la rouquine se posa sur eux avant qu’elle ne laisse échapper un petit gloussement à demi-étouffé. Evidemment il ne pouvait que s’agir des musiciens qui avaient réussi à doucher l’ambiance de la soirée ! Eux seuls pouvaient être satisfait de leur concert. Enfin, si elle avait commis pareille prestation, Theodora n’aurait eu qu’une envie, celle de disparaître dans un trou de souris. Leur inconscience ne parvient pourtant pas à agacer la généticienne mais au contraire à lui dessiner un sourire amusé bien que tinté d’un peu de moquerie. Bientôt le guitariste se retrouve seul tandis que le groupe suivant prend possession de la scène. La rouquine risque de regretter de na pas avoir rejoint le public. Sa tête se balance au rythme des tournes rythmiques et une moue approbatrice gonfle ses lèvres. Un break de batterie lui arrache même un cri d’enthousiasme.

« Wooohooo !
_ Ah oui, c’est autre chose là. »


Elle tourne la tête vers la voix du serveur qui la débarrasse de son gobelet finalement vidé. Elle lui envoie un sourire complice et hausse la voix pour couvrir les décibels qui leur arrivent malgré l’éloignement.

« Clair ! Rien ne vaut des musiciens qui jouent ensemble ! Et puis la batterie !... Du rock sans batterie ! ... »


Comment imaginer The Police sans Stewart Copeland, Nirvana sans Grohl, les Red Hot sans Chad Smith ? … Il y en a bien d’autres, indispensables au même titre que le chanteur de leur groupe.  Le serveur approuve du chef, pris dans la même transe que la généticienne et essuie ses gobelets au rythme de la musique. Il est plutôt bien de sa personne et la femme s’attarde un peu sur sa silhouette découplée et l’amusement qui se peint sur son visage et semble faire partie de ses traits un peu creusés. Ses cheveux courts contrastent avec ceux qui se portent ce soir. Elle a un peu oublié le guitariste à quelques pas de là et son attention retourne vers la scène.
Ezekiel G. WolfeEzekiel G. Wolfe
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MessageSujet: Re: I can't hear you ft. Theodora Knight   I can't hear you ft. Theodora Knight EmptyDim 13 Oct - 9:48


I can't hear you

- Ezekiel G. Wolfe — Theodora Rose Knight -


"All the boys who the dance floor didn't love, and all the girls whose lips couldn't move fast enough : sing, until your lungs give out." This ain't a scene, it's an arm race - Fall Out Boy
Pour devenir une star, il faut avoir la peau dure, au risque de faire fondre ses ailes de cire en s’approchant trop près du soleil. Car si la vie sous le feu des projecteurs est bien plus facile qu’une existence de misère, c’est évident, il n’empêche qu’elle comporte de nombreux challenges que les quidams, protégés par leur anonymat, ne pourront jamais réellement comprendre. Outre le harcèlement constant des paparazzis et sa vie privée passée sous un microscope, il y a les critiques constantes sur ce qui nous est le plus cher : pour Zeke, il s’agit de sa musique. Heureusement pour lui et ses ambitions de célébrités, il a cette capacité inouïe à faire abstraction de tout sentiment négatif, lorsqu’on en vient à deviser des Chicken Nuggets. Certains appelleront ça de la naïveté, d’autres, de l’inconscience, mais il est persuadé que tous ceux qui les critiquent changeront d’avis, un jour ou l’autre, et ouvriront les yeux sur leur véritable potentiel. Oh, bien sûr, il sait qu’ils ont encore du travail à faire, un long chemin à parcourir avant de devenir aussi géniaux que ce qu’ils espèrent, mais il n’a pas l’ombre d’un doute qu’ils y arriveront un jour ou l'autre. C’est une foi presque religieuse. Un mantra, qu’il se répète chaque seconde, inlassablement.  

Alors, lorsqu’il entend une femme d’une trentaine d’année, peut-être un peu plus, critiquer leur passage précédent sur scène – s’ils ne sont pas nommés directement, ils sont les seuls sans batteurs s’étant produits ce soir, il n’est pas difficile de faire le lien -, Zeke ne s’en formalise pas forcément. Bien sûr, sa mâchoire se serre, bien sûr, il saisit de manière un peu plus vive son verre, bien sûr, il lève les yeux au ciel, mais il n’est certainement pas du genre à aller la confronter directement pour connaître la raison qui pousserait une femme comme elle à se rendre dans un tremplin jeune talent, si c’est pour critiquer les dits talents. Il ne la voit pas se produire, elle, après tout. De quel droit se permet-elle de donner ainsi des leçons ?

Ok, peut-être qu’il n’a pas la peau aussi solide qu’il ne le pense. C’est tellement important, pour lui, après tout, qu’il est difficile de prendre du recul et de faire la part des choses. Ezekiel, il se lève musique, il pense musique, il respire musique, il vit musique. C’est une passion qu’il a découvert à Poudlard, alors que rien ne le prédestinait à ramasser une guitare et à en caresser les cordes : personne n’est réellement artistique, dans sa famille. Les Wolfe ont toujours été tristement cartésiens et terre à terre, entreprenant des carrières sérieuses si elles n’appartenaient pas à l’entreprise familiale. Peut-être que ça lui vient de son père, il n’en a aucune idée, sa mère refuse catégoriquement de lui révéler quoi que ce soit sur lui. Non pas que ça l’intéresse, de toute façon, si cet enfoiré a décidé de quitter sa mère du jour au lendemain en abandonnant au passage ses deux fils, il ne mérite pas qu’on s’interroge à son sujet. Le jeune homme prend une gorgée de sa pinte, son doigt tapotant machinalement le bar. C’est rare qu’il pense à son géniteur, Zeke. Il a toujours un petit pincement au cœur quand ça lui vient à l’esprit, bien qu’il refuse de l’admettre.

Plongé dans ses pensées, le destin aide - ou contraint, tout dépend des points de vue - pourtant l’exorciste à affronter ses détracteurs, puisqu’un festivalier, qui a visiblement un coup dans le nez (qui peut le blâmer, il est loin d’être le seul ici) le bouscule violemment, entraînant son corps vers l’avant et, ce faisant, renversant sa bière en plein sur la rouquine ayant critiqué les Chicken Nuggets. C’est la faute à pas de chance, comme on dit, et ce n’était certainement pas une volonté de sa part que de souiller ainsi le vêtement de l’inconnue. Cependant, une sorte de satisfaction s’empare d’Ezekiel alors qu’il voit la tâche s’agrandir sur le tee-shirt Led Zeppelin, comme un pied de nez inconscient à ces critiques qui n’avaient pas forcément lieu d’être. C’est un sentiment honteux et quelque peu immoral, mais terriblement humain, qu’il ne peut pas forcément contrôler, bien qu’il connaisse sa nature indécente.

« - Oh, désolé, madame. Qui appelle quelqu’un madame dans un festival ? Mais il faut bien avouer que son âge dénote, dans cet environnement où les jeunes âmes côtoient seulement quelques briscards à la retraite, aux cheveux gras et à la moustache proéminente, qui font plus piliers de bar et vieux motards n’ayant pas vécu le changement de génération, plutôt que des hommes et des femmes dans la vie active. Laissez-moi vous aider, attendez. »

Ezekiel sort de sa poche, avec un peu de difficulté il faut bien l’avouer, tellement son slim est serré, sa baguette magique, puis la pointe sur le décolleté de la rouquine, avant de lancer un petit Tergeo qui a tôt fait de sécher le tissu. Il lui fait un grand sourire, toutes dents dehors. Au moins, il est un minimum serviable, on ne peut pas lui enlever ça.
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MessageSujet: Re: I can't hear you ft. Theodora Knight   I can't hear you ft. Theodora Knight EmptyMer 16 Oct - 3:10

L’avantage des activités de recherche c’est qu’à moins de se voir décerner le prix Nobel, personne ne connaît jusqu’à votre existence. Évidemment, il y a vos proches qui sont forcément pétris d’admiration pour votre passion ou par le domaine de vos activités, même s’ils n’y comprennent pas un traître mot lorsqu'ils sont le malheur de vous interroger sur le sujet. Mais hormis ces personnes toujours prêtes à s’extasier sur vos activités, aucune chance de voir apparaître votre visage en première de couverture des magazines ou sur les écrans des JT même de fin de soirée. C’est assez souvent le cas des batteurs également qui peuvent faire le show mais que l’on connaît bien moins que le guitariste ou le chanteur du groupe dont les égos respectifs rivalisent d’importance. Le professeur de batterie de la rouquine plaisantait souvent à propos de ses concours de personnalités. “Déjà avec un guitar-hero et un chanteur, les groupes finissent par splitter alors imagine si les batteurs et les bassistes se mêlaient à ce concours de baudruche…”

Dans les deux cas cela convenait parfaitement à la rouquine. Bien à l’abri à l’arrière de la formation, elle pouvait passer inaperçue lors de son expérience de la scène et se lâcher lorsqu’elle se sentait bien et encore sans piétiner les platebandes du chanteur ou du guitariste solo, tous deux imbus de leurs prérogatives et du regard que le public posait sur eux. C’était très cliché mais cela se reproduisait presque invariablement dans les groupes qu’elle avait croisés. Jusqu’à les voir sortir du lieu de concert au bras de groupies même sans la renommée qui pouvait justifier un tel prestige. C’était tellement convenu ! De ce côté non plus elle n’avait pas trop de souci à se faire, les filles derrière une batterie ce n’était pas vraiment glamour, enfin c’est ce qu’elle se disait et elle n’avait pas d’avance particulière à repousser et cela lui convenait parfaitement. Elle n’aurait sans doute pas su quoi faire de ce genre d’attention…

Maintenant, plongée dans son labo lorsqu’elle n’était pas dans son cabinet, elle ne se souciait pas de savoir ce que l’on pensait de ses travaux, que ce soient les officiels ou les clandestins. L’estime que le lui témoignaient ses confrères internationaux tout aussi anonymes qu’elle lui suffisait amplement.

On pouvait dire ce que l’on veut, mais l’expérience de la gloire ne lui manquait pas et on pouvait la taxer de vivre procuration grâce à l’admiration qu’elle pouvait porter à tous les artistes qui créeraient tout ce dont elle avait rêvé en secret ou pensait l’avoir fait, cela lui importait peu. Chacun son champ d’action et elle avait depuis longtemps abandonné l’idée d’être ou d’avoir pu être une artiste. Elle pouvait dans certains domaines se sentir un peu initiée à force de fréquenter les expositions, et les salles de spectacle, mais elle savait ne jamais pouvoir se mêler à leur tribu bien éloignée des contingences terre à terre de ses activités où la rigueur se rendait incompatible avec la fièvre créative. Fièvre qui ne serait sans doute jamais la sienne même si certains moments de la recherche pouvaient y être apparentés.

Elle se contentait donc de louer leur talent et les œuvres dont ils peuplaient avec bonheur, les marges de son quotidien. Les artistes avaient le don de toucher les cœurs que ce soit en les flattant ou en les choquant. De toute façon, ils parlaient l’Homme, ils lui parlaient d’elle. Ce qui n’en étaient pas capable étaient soit des génies qu’elle ne pouvait comprendre soit simplement des gens qui s’étaient fourvoyés. Mais de toute façon, que serait sa vie sans Velázquez ou Kandinsky, sans Beethoven ou Nirvana, Shakespeare ou Brecht ? Que serait la vie, tout court, sans leurs œuvres qui jalonnaient l'histoire d’une humanité contrainte de ramper d’une calamité à une autre ? Indispensables artistes ! Et cela n’avait bien sûr rien à voir avec l’âge qu’on pouvait avoir ou même le look qu’on pouvait arborer.

Elle aurait pu expliquer à n’importe qui que les années pouvaient bien passer, qui pouvait juger de ce qui pouvait avoir changé dans son âme de jeune fille, ou de jeune femme pour faire d’elle ce qu’elle était ? Pourquoi serait-elle moins encline à se perdre dans les transes d’un concert parce qu’elle approchait doucement de la quarantaine ? Pourquoi ne se sentirait-elle pas aussi amoureuse à l’occasion qu’une collégienne ? Parce que les années vous apprennent bien des choses sur vous et l’Homme ? Sans doute, mais cela change-t-il ce que nous sommes au plus profond de nous ? Devait-elle se sentir différente à cause de ces quelques années dont elle refusait obstinément le poids ? Si elle avait su qu’on ne lui donnait qu’une trentaine d’années, elle qui venait de fêter ses 37 ans, elle aurait trouvé déjà là un motif de satisfaction dans cette soirée, malgré la piètre prestation des Chicken Nuggets.

Mais en regardant les mains du serveur qui s’affairaient afin que les festivaliers puissent avoir de quoi se désaltérer dans des contenants les plus propres possible si l’on s’en référait au contexte peu regardant, elle était à vingt mille lieues de ces considérations et bien loin de se demander quelles pouvaient être les motivations des artistes pour courir après la gloire et la postérité. Les gestes alertes et précis donnaient d’autres idées à la rouquine. C’était peut-être une soirée à laisser de côté la maîtrise qu’elle s’imposait de chaque instant de sa vie…

Mais il semblerait que l’exultation des sens ne soit pas pour aujourd’hui. Sans qu’elle comprenne vraiment comment les choses arrivèrent, elle sentit le froid d’un liquide percer son haut noir et le coller à son flanc tandis que baissant le yeux le blanc des trois cercles entrelacés prenait des teintes jaunâtres. Sous l’effet de la surprise, elle fit un pas en arrière et manqua de renverser sa propre bière d’un coude maladroit rattrapée de justesse par ses doigts manucurés. Alors que le reste de la pinte de bière s’écoulait du bar vers le sol dans un filet navrant, elle remonta la flaque et planta son regard étonné sur le guitariste des Chicken Nuggets. En plus d’avoir fait retomber l’ambiance voilà qu’il se mettait en tête de ruiner sa relique. Et puis le comique de la situation prit le dessus et sa bouche s’élargit d’un sourire qui aurait bien pu s’ouvrir sur un éclat de rire. Les excuses du jeune homme et sa volonté maladroite de vouloir réparer sa balourdise le rendaient presque touchant et pour le moins comique. Il n’y avait pas mort d’homme et l’accumulation de maladresses que ce soit sur scène ou en dehors des planches du pauvre garçon avait quelque chose de cocasse.

Cocasse jusqu’au moment où il braqua sa baguette sur la rouquine qui sentit la panique l’envahir et tenta un nouveau recul renversant derrière elle un tabouret de bar, qu’elle tenta de retenir dans sa chute alors qu’elle sentait quelque chose se produire sur elle son t-shirt. Le tabouret reprit son aplomb alors qu’elle se coinçait l'annulaire entre le siège et le zinc. Vivement comme pour se tenir prête à en découdre, elle se retourna vers celui qu’elle tenait maintenant pour un agresseur. Son regard furibond fusilla le sorcier tandis que sa mâchoire se contractait et que sa respiration s’amplifiait en même temps que le battement de son cœur accélérait. Elle ne sut pas très bien combien de temps cela dura. Une fraction de seconde ? Une minute ? Voir une baguette braquée sur elle avait fait ressurgir sa peur et sa haine de la magie. C’était la première fois que cela lui arrivait et elle n’avait pas anticipé qu’on puisse lui jeter un sort. Ce fut le sourire bétassou du chanteur et le serveur derrière son comptoir qui lui sauvèrent la mise. La main de ce dernier, armée d’une éponge pour nettoyer les dégâts passa dans son champ de vision. Elle remonta son bras jusqu’à son visage impassible où se dessinait juste l’ombre d’une ironie et ce fut comme s’il venait de s’interposer entre elle et un sortilège de mort. Ses épaules se détendirent et elle parvint à déglutir même péniblement. A tâtons, elle tira le tabouret dont elle avait évité la chute sous elle tenta de masquer la disproportion de sa réaction derrière la façon peu conventionnelle du sorcier de faire connaissance.

“Ce... n’est rien, mais un simple “bonjour” ou “salut” pouvait suffire comme entrée en matière.”

Rien de tel que replonger son interlocuteur dans ses torts présumés pour rééquilibrer le malaise. Sa gorge s’était soudain asséchée et elle aurait bien pris quelque chose pour finir de se remettre de son émotion. Elle renvoya son sourire au musicien et poursuivit.

“Un verre et tout sera oublié.”


S’il ne comprenait pas qu’il se devait de lui offrir un verre, il était vraiment demeuré. En même temps, elle se demandait pourquoi elle faisait mine de vouloir prolonger la rencontre. Juste pour se donner un alibi après sa réaction disproportionnée ? Elle aurait pu feindre la colère de la fille outragée par la maladresse d'un type bien lourd. On ne pouvait pas toujours avoir la bonne réaction et puis l'hystérie était bien loin de son panel de réactions personnelles. Elle était le plus souvent posée, calme, voire, comme le disaient certaines de ses connaissance, froide face au monde qui s'agitait autour d'elle. Le docteur Page savait lui, qu'elle cachait une humanité plus grande que le plupart des gens ne le soupçonnaient. Mais seul le contact avec les malades semblait pouvoir réveiller cette chaleur. C'était évidemment faux mais qui à Atlantis pouvait se vanter de la connaître vraiment? Alistair? Et encore... Malgré l'intimité dans laquelle il avait pu pénétrer, jusqu'où s'était-elle livrée? Cette question la taraudait pourtant parfois, consciente de l'erreur que cela avait été.
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MessageSujet: Re: I can't hear you ft. Theodora Knight   I can't hear you ft. Theodora Knight EmptyDim 3 Nov - 2:20

I can't hear you

- Ezekiel G. Wolfe — Theodora Rose Knight -


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Il y a la théorie et la pratique. Le ressenti et le vécu. C’est probablement la pluralité de ce monde qui rend l’univers dans lequel on vit si passionnant : le tiraillement constant de l’homme entre chaque facette de l’existence constitue peut-être sa nature, quelque part. Et Atlantis en est l’apogée, la démonstration parfaite, puisque la ville a l’audace d’essayer de regrouper tradition et science, magiciens et moldus, et de les faire vivre ensemble. Si certains n’ont aucun mal à s’habituer à ce mélange, se nourrissant, même, de la richesse qu’il apporte, d’autres sont bien plus réfractaires à de tels rapprochements. Zeke a peut-être tendance à l’oublier, lui qui a adopté l’adage « dans le doute, je t’aime bien, à part si t’es un connard », et se met parfois des œillères alors même qu’il a vécu, de l’intérieur, les événements troubles survenus dans la cité de la mixité. Oui, il a entendu les prédicateurs qui jugeaient les sorciers comme des démons venant détruire le mode de vie des honnêtes gens ; il a vu ses compères se hisser sur des piédestaux qui n’ont pas lieu d’être, simplement parce qu’ils sont capables de produire des étincelles avec une baguette magique. Il est probablement trop naïf, le Wolfe, de croire qu’en croisant les doigts et qu’en espérant très fort, tout va miraculeusement s’arranger.

Et la réaction de la rouquine ne fait qu'encourager cette folle espérance, puisqu’il remarque, bien entendu, la panique dans les yeux de la trentenaire, qu’elle essaye de masquer au mieux, mais qui est bientôt remplacée par une proposition de tout oublier en lui payant un verre. Il est si facile à manipuler que c’en est risible. Il est trop entier, en fait, dans sa petite bulle d’enthousiasme et de candeur, semblant occupé à chasser des papillons lorsque le monde est en train de brûler. Un sourire. Il range sa baguette dans sa poche, ayant déjà oublié la réaction de rejet, et lui répond d’un ton enthousiaste :

« - Ça, ça peut se faire, carrément ! C’est quoi ton poison ? demande-t-il en transformant son précédent vouvoiement, prononcé sous l’effet de la panique et d’une politesse de circonstance vu sa maladresse, en tutoiement involontaire. Il ne se veut pas irrespectueux, mais il est comme ça, Zeke, il est familier sans le vouloir, et ça lui joue parfois bien des torts. Barman, donne-lui tout ce  qu’elle veut, c’est pour moi !

Et l’employé du festival de ricaner de son air survolté, de la façon dont il a de taper du poing sur le comptoir comme s’il était un viking revenu de quelques pillages et célébrant ses victoires guerrières. Théâtral jusqu’au bout des ongles, le musicien attire, fascine dans son comportement. On dit souvent du jeune homme qu’il est solaire, et c’est vrai, quelque part : mais la chaleur, elle a tendance à brûler, et c’est la raison pour laquelle de nombreuses personnes trouvent son sourire, sa frénésie, tout ce qui fait qu’il fait lui et pas un autre, profondément irritant.

- Mais ouais, t’as raison, en vrai je t’ai même pas dis bonjour, j’avoue, c’est pas ouf. Salut, donc, dit-il en tendant la main vers elle, se demandant si elle voudra bien la saisir. Je te promettrai bien que c’est pas dans mes habitudes de renverser mon verre sur les habits des gens, mais ça serait un mensonge. Je suis tellement maladroit, ça en devient handicapant, putain.

Et il se plaint, et il emploie un langage tout sauf châtié, mais avec un tel charme que c’en est insolent.  Parce qu’il est vrai, en fait. Il ne joue pas de rôle, il est vraiment comme ça, décalé, totalement à l’ouest, mais avec tant de bonhomie qu’il en devient profondément sympathique. Il est là, au milieu de la foule, mais il parle avec cette étrangère comme si elle était la seule personne qui existait dans le monde, mettant toute son énergie dans leur discussion, et c’est une qualité rare.

- Tu passes une bonne soirée ? »

Il n’évoque pas les commentaires précédents, espérant lui faire changer d’avis au grès de leur discussion, et en priant qu’elle ne lui balance pas ses reproches à la figure. Zeke est plus sensible qu’il n’y parait au premier abord, et ne pourrait probablement pas supporter d’entendre des critiques concernant son rêve de la part d’une parfaite inconnue.
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MessageSujet: Re: I can't hear you ft. Theodora Knight   I can't hear you ft. Theodora Knight EmptyLun 4 Nov - 12:19

Il sera dit qu’il ne lui laissera pas le loisir de se poser plus longtemps la question de pourquoi elle lui a suggéré de lui offrir un verre. Si elle avait été superstitieuse, elle aurait presque pu penser qu’elle payait ainsi ses mauvaises paroles de toute à l’heure. Mauvaise ? Pas plus que cela. Si on pouvait faire du rock sans batterie, il faudrait le lui démontrer. De même qu’il restait à prouver qu’on pouvait faire de la musique sans s’écouter les uns les autres et sans établir une structure éprouvée et des grilles de référence sur lesquelles alors on pouvait improviser mais là n’était plus le sujet, ou pas encore selon qu’il reviendrait ou pas sur le zinc.

Ce qui allait la tarauder était de tenir une conversation informelle avec un sorcier. Non pas qu’elle ne s’était jamais pliée à l’exercice _ ces derniers temps elle avait eu à se livrer à la chose plus souvent qu’elle ne l’aurait souhaité _ mais plutôt qu’elle n’en avait pas envie le moins du monde. De l’autre côté de la salle, le jeune homme qui avait croisé son regard lui en lança un navré. Le genre de regard qui fait qu’on se sent moins seule dans le traquenard qu’on s’est soi-même tendu.

La première chose qu’elle devait faire c’était se répéter qu’il n’était pas responsable de sa nature de sorcier et que bientôt grâce à ses travaux il en serait délivré et ne représenterait plus aucun danger. Elle se rendait compte de la prétention de cet espoir, mais en même temps, si personne ne s’attelait à la tâche, les choses n’étaient pas près de changer. D’ailleurs ce jeune sorcier n’était-il pas un péril pour lui-même ? Maladroit comme il était sur scène et en dehors, il allait bien finir par se blesser sérieusement.

Sa seule chance d’échapper à la conversation qui s’annonçait avec ce maladroit était qu'il ait autre chose à faire, qu’il ne comprenne pas l’allusion ou qu’il ait entendu ces paroles peu flatteuses et décide d’écourter la rencontre. Accoudée au comptoir, elle baisse les paupières vers son reflet un peu flou que lui renvoie la surface de métal pour qui la soirée commence à être un peu longue. Elle ne peut pas reculer devant l’invitation claire qui vient de lui être lancée. Lorsqu’elle redresse le regard, un sourire fairplay fait pétiller ses yeux verts. Son poison ? Elle n’avait jamais entendu cette expression pour parler d’un verre d’alcool. On la dirait tout droit sortie de la bouche d’un éducateur de prévention en addictologie. La commissure gauche de son sourire accentue l’ironie qui effleure son esprit.

Les dernières personnes qui l’ont tutoyée étaient ses amants de passage, C’est étrange comme lorsqu’on laisse les gens accéder à son corps, ils finissent à chaque fois par penser qu’ils sont autorisés à plus de familiarité. Elle préfère encore le tutoiement du jeune musicien et elle ne s’en formalise pas. Après tout, elle sait parfaitement où elle est et c’est assez flatteur de se sentir adoptée par la faune festivalière, comme si elle avait rajeuni d’au moins dix ans ou que son attitude générale laissait à penser qu’elle ne dénotait pas dans le décor. Honnêtement elle ne se faisait pas trop d’illusion sur le sujet mais si tel était le cas, soit. Elle fit comme si elle ne remarquait pas l'exubérance du guitariste et tourna son visage vers le serveur comme si elle voulait avoir son avis avant de répondre presqu’en hésitant.

Une Belhaven? A la pression… Vous avez ?
_ Vous plaisantez ! Vous êtes en Ecosse ici.”


Le tutoiement n’avait pas duré, mais le visage bleui par une barbe qui demandait à ce que le rasage du matin arrive promptement était encore souriant malgré l’heure tardive mais sûrement de complicité. Il se tourna vers le musicien et attendit sa commande tout en se saisissant à l’aveugle d’un des sempiternels gobelet de plastique consignés.

“Si nous n'avions pas de Belhaven, les gonzes auraient déjà fait sauter la baraque.”

Bientôt une mousse prometteuse glissait vers la rouquine tandis que l’autre se répandait en excuses, enfin, faisait son mea culpa de ne s’être présenté. Elle saisit la main, maintenant dépourvue sa maudite baguette. Maladroit, oui c’était le moins qu’elle pouvait constater et sa façon de se présenter laissait un peu à désirer. Mais il était assez drôle et touchant dans sa naïveté.

“Salut ! Theodora…”

Voilà qu’elle omettait son deuxième prénom et son patronyme qu’elle sa faisait un point d’honneur à citer lorsqu’elle se présentait d’ordinaire. Sans doute la contagion des familiarités du guitariste dont elle ne connaissait pas l’identité. Si le speaker l’avait cité, elle ne s’en souvenait pas et lors de la traditionnelle présentation des musiciens, elle avait déjà décroché. Comme les choses avaient commencé, elle se dit qu’il n’était pas certain qu’il se présente, mais elle n’en avait cure. Dans l'enchaînement des imprévus, c’était bien la dernière chose qui pouvait la chagriner. Elle porta son verre à ses lèvres en regardant son interlocuteur au-dessus de la mousse. La bière, n’avait pas usurpé sa réputation et était capable à elle seule de lui faire oublier bien des désagréments.

“Merci pour le verre.”

Elle ne sait pas trop comment répondre à la question sur sa soirée. Et elle profite de ramasser du bout d’une timide langue la guirlande de mousse au-dessus de sa lèvre supérieure pour se fabriquer une réponse passe-partout.

“Oui oui. Sauf quand on m’agresse à la bière.”


Bien loin d’elle l’idée de remettre la pression sur le jeune sorcier en lui ressortant sa maladresse comme si elle était rancunière. Loin de là mais peut être que son malaise face à la magie ne s’était pas totalement dissipé et qu’elle avait besoin de lutter même à son insu. Elle se crut alors obligée de renvoyer la question.

“Et toi? ...”

L'interrogation était autant dirigée vers le fait de savoir s’il avait passé effectivement une bonne soirée mais aussi si elle devait le tutoyer. Beaucoup de subtilité pour quelqu’un qui n’avait jusqu’alors pas manifesté énormément de finesse dans l’approche sociale...
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MessageSujet: Re: I can't hear you ft. Theodora Knight   I can't hear you ft. Theodora Knight EmptyLun 11 Nov - 14:02


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Quand il était petit, Zeke faisait sans cesse le même cauchemar. Il était dans un long couloir sombre, sans porte ni fenêtre, et il entendait un cri perçant, déchirant : celui d’une femme qui avait besoin d’aide, mais dont il ne pouvait pas trouver la localisation, malgré ses efforts. Il courait, dans ce corridor qui s’étalait, sans fin, et n’ouvrait les yeux que lorsqu’il apercevait au sol une mare de sang qui laissait présager le pire. Lorsqu’il se réveillait en sursaut, Magdalene lui caressait les cheveux et lui disait que tout allait bien, que ce n’était qu’un mauvais rêve et qu’il était en sécurité. Drôle de vie, pour un petit garçon. Etrange existence que d’avoir des rêves si morbides, et de se faire consoler par un fantôme, le tout avant son huitième anniversaire. On aurait pu croire, connaissant cette habitude bien insolite, qu’il aurait grandi déséquilibré, voire fou dangereux, et ça aurait pu peut-être être le cas, s’il n’avait pas rencontré Galaad et Gersende, s’il n’avait pas créé les Chicken Nuggets. La musique a été un moyen, pour lui, d’embrasser sa bizarrerie. Oui, il est excentrique, saugrenu, certains iront même jusqu’à poser le mot de dégénéré concernant sa nature : mais il l’exprime à travers sa passion, alors, il en fait sa force. Qu’importe, au final, les moqueries sur son ADD, sur sa bonhomie, sur son look un peu trop undergroung pour les bien-pensants. Qu’importe les commentaires sur son groupe d’une rouquine qu’il ne connait ni d’Eve ni d’Adam. Il a décidé de relever le menton et d’assumer ce qu’il est, dans toute ses imperfections. Et de toute façon, il sait qu’elle finira par changer d’avis sur leurs chansons : les Chicken Nuggets rencontreront le succès qu’ils méritent, il le sent, tout au fond de ses entrailles. C’est plus qu’une foi, c’est une certitude.

Il parle déjà à Theodora comme à une collègue, alors même qu’il vient de la rencontrer – une vieille habitude dont il n’arrive pas à se débarrasser, malgré les remontrances de ses professeurs à Poudlard. Elle semble s’adapter rapidement à ses manières, cependant, et bientôt, commande sa bière sans se soucier de l’incident précédent. Le barman la sert, elle se présente. Scène plutôt insignifiante, pour un lieu tel que celui-ci, pas vrai ? Une discussion lambda, qui s’éternise dans des banalités attendues, des "comment ça va" et des plaisanteries qui ne feront jamais que sourire. Pourtant, la remarque de la moldue est toujours marquée dans son cerveau, comme au fer rouge.

« - Ben écoute, ça se passe plutôt bien, répond-t-il à son tour. Il va le dire. Il les sent déborder de sa bouche, les mots, puissants, irrésistibles, et franchir la barrière de ses lèvres sans qu’il ne puisse rien faire pour les retenir. Ce n’est pas bien intelligent, que de la confronter sur des propos qu’il n’était probablement pas censé entendre – qui n’a pas parlé sur le dos de quelqu’un, pensant qu’il ne l’apprendrait jamais, après tout ? Mais il ne peut pas s’en empêcher. En vrai, ça se passait bien, mais j’ai entendu ce que t’as dis à propos des Chicken Nuggets. Enfin. Ce que t’as dis sans dire. Ouais, je sais, on a pas de batteurs, mais on le compense en enthousiasme et en passion.

Il hausse les épaules. Il n’y a aucune dureté dans ses mots, même pas de reproches : seulement la naïveté candide d’un enfant qui soutient corps et âme que le Père Noël existe, peu importe les preuves qu’on présente devant lui. Au final, peu importe qu’il arrive à convaincre Theodora. Lui, il sait ce qu’ils valent, et c’est le plus important.
Il commande à son tour une bière, se retourne vers la rouquine en s’adossant au bar, son pied ne cessant de s’agiter au rythme de la musique environnante. Incapable de tenir en place, le Wolfe.

- Et puis, c’est plus dur que ça en a l’air, de trouver un batteur hein. On joue tous les trois depuis qu’on est môme, et c’est pas facile d’accepter un étranger dans la petite famille qu’on s’est créé, tu vois ? Mais on va pas s’arrêter pour autant, ça serait bête. Genre, me dire de poser ma guitare, de toute façon, c’est pareil que d’insinuer qu’on va me couper le bras, et ça peut sembler extrême, mais c’est vrai. Le voilà qu’il parle plus à lui-même, qu’à son interlocutrice, maintenant. Il blablate sans s’arrêter, sa voix peinant à percer au milieu du bruit environnant. Mais si t’as des conseils à nous donner, vas-y, hein. On prétend pas être des génies, loin de là, et on a plein de trucs à apprendre, encore. Mais au moins, on a pas peur de montrer au monde qui on est, et j’pense que c’est suffisamment cool pour pas à avoir en plus à supporter des remarques pas forcément constructives. »

Il est plus abrasif qu’il ne l’avait prévu au départ, mais hey, elle l’a quand même un peu cherché. Et puis, il lui a payé un verre pour donner le change, alors ça reste socialement acceptable, pas vrai ?
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MessageSujet: Re: I can't hear you ft. Theodora Knight   I can't hear you ft. Theodora Knight EmptySam 16 Nov - 3:05

Elle se demande bien comment va tourner cette rencontre. A son grand dam, les rencontre de sorciers lui ont réservé la surprise si l’on peut s’exprimer ainsi de la mettre en face de gens brillants, intelligents et courtois. Le mot « surprise » n’est évidemment pas aussi approprié qu’il pourrait le paraître. Depuis toujours elle sait que dans toutes guerre au sein de l’humanité, il y a des esprits brillants dans les deux camps. Napoléon et Wellington, Montgomery et Rommel, Yamamoto ou Mac Arthur… La liste serait longue à compléter. La science en sait quelque chose elle qui fut si souvent l’enjeu de récupération de la part des états. Von Braun a envoyé les Américains dans la lune après avoir envoyé les V2 sur l’Angleterre. Ce qui serait rassurant serait de rencontrer un sorcier qui complèterait son intuition qu’il doit bien y avoir de petits esprits dans les deux camps. Au sein de Gloriam, certains se conduisent comme des demeurés voire des barbares. Elle espère bien que le niveau des sorciers n’est pas homogène. Le guitariste sera-t-il un exemple qui la conforterait dans son intuition ? Elle attend de voir même si elle n’est pas aussi motivée par la conversation qui s’annonce que lors de ses précédentes rencontres. Keith Campbell avait pu se montrer un brin arrogant mais quel brillant professeur ! Que dire de Jonathan Rowle aussi brillant que courtois ?

Elle détailla cette nouvelle rencontre au-dessus de sa bière, les lèvres plongées dans le mousse. Il avait tout de ce qu’il voulait paraître. Rocker avant-gardiste et incompris de préférence. Cela pouvait lui donner un certain charme, mais qui pouvait bien vite être exaspérant suivant le ton qu’il adopterait et les arguments qu’il développerait si tant est qu’en matière de musique les arguments avaient à faire. A cette pensée, elle se fit elle-même un procès en arrogance et suffisance. Qui était-elle pour juger de l’intelligence d’autrui ? Qui était-elle pour émettre un jugement sur la musique de ce groupe ? A peine pouvait-elle dire qu’elle n’avait pas aimé et développer pourquoi en tant que petite ex-batteuse qui avait abandonné bien vite la musique.

Elle détestait le défaut qu’elle venait de constater chez elle. Elle détestait en découvrir dans son portrait. Rares doivent être les gens qui aime cela mais certains doivent l’assumer plus que d’autres se disait-elle souvent. Elle ne savait pas si elle devait bénir son père qui lui avait appris très jeune à se pencher sur elle et faire le point, si ce n’était analyser, sur quelle personne elle était. A l’origine c’était pour lui redonner confiance, pour qu’elle puisse être fière de ce qu’elle faisait de ce à quoi elle parvenait. Un père est toujours fier de ses enfants et ne peut sans doute pas imaginer que l’arme qu’il lui met entre leurs mains puisse se retourner contre eux. C’est ce que se dit souvent la rouquine qui garde sans doute au fond d’elle une part de la petite fille mal assurée qu’elle était. Et pour tout dire cela avait été effectivement une force pour elle. C’est tellement facile de se sentir satisfaite tant que la vie ne vous réserve que le meilleur !

Et puis il y avait eu la mort de son fiancé, la mort de ses parents et son entrée en guerre. La face sombre de la vie semblait tout à coup s’abattre sur elle et avec elle, elle faisait sortir de l’ombre tous les mauvais penchants qu’elle ne croyait être que l'apanage des autres. La duplicité, la suspicion, la lâcheté se mirent à la réveiller à coup de cauchemars tous plus réels les uns que les autres. Les enlèvements d’enfants sous couvert d’aider ses recherches, restaient comme une tache indélébile sur son âme. Elle avait béni le ciel qu’ils aient été délivrés alors qu’elle n’avait pas réussi à convaincre Gloriam que c’était une folie, une barbarie inutile lorsqu’on travaille à l’hôpital et que les patients, moldus ou sorcier viennent directement à vous. A cette époque sa voix n’avait pas le poids qu’elle a maintenant. D’ailleurs c’est l’échec de cette opération qui l’avait propulsé parmi les personnes les plus écoutées de l’organisation et ce peut-être aussi parce qu’elle ne se sentait pas investie d’un rôle dirigeant et ne s’exprimait que lorsqu’on le lui demandait et de préférence sur son domaine d’expertise.

Mais ce soir, les choses étaient bien plus futiles et ne prêtaient pas à autant de conséquence que ses activités clandestines. Cette pensée la soulagea. Ce soir était un soir de légèreté, un soir ou faire de la peine à ce pauvre guitariste ne prêterait pas à conséquence, même si elle n’avait pas envie de le peiner intentionnellement. Elle avait dit innocemment ce qu’elle pensait de ce qu’elle avait écouté et ne s’adressait pas du tout à ce moment-là au musicien et s’il la relançait et bien soit, elle répondrait. Elle le ferait de la même façon : avec innocence et sincérité. Ce soir donc les sourires peuvent se succéder sur son visage sans culpabilité : sourire ému par l'enthousiasme de son interlocuteur, sourire amusé par sa façon d’aborder l’inconnue qu’elle est pour lui, et peut être plus tard, il se montre de mauvaise foi, sourire ironique dont la vie a augmenté la panoplie de ses expressions…

En tout cas, elle ne peut être déçue par sa franchise et son côté direct. Il a entendu et il a envie d’en découdre ou pour le moins l’entendre s’exprimer sur le sujet qu’elle a abordé à brûle pourpoint avec le barman. Elle jette un regard amusé à ce dernier avant de reposer sa mousse sur le comptoir maintenant rutilant de propreté. Elle n’a pas envie de blesser le guitariste, mais elle est capable de développer sa pensée puisqu’on l’interroge. Elle peut même le rassurer en avouant qu’elle n’est pas une spécialiste, mais elle ne mettra pas de far sur ses goûts musicaux et les rares connaissances dans le domaine qu’elle a. Accoudée au bar, et le pied sur la barre qui le longe à quelques quinze centimètres du sol et donc un de de guingois, elle lui adresse un sourire bienveillant.

“Ecoute.”

Son sourire s’élargit en s’entendant adopter le même ton que le musicien.

“Je n’avais pas l’intention de te vexer, mais oui, du rock, sans section rythmique qui assure, bah pour moi, c’est bancal et ça perd de l’énergie indispensable. Pour ce qui est de l’enthousiasme et de la passion on ne peut pas vous retirer ça, mais quand Philip Pickett dirige aussi à de l’enthousiasme mais ce n’est pas sensé rendre la même chose. “

Elle ne savait pas vraiment si elle avait choisi le bon exemple avec le chef d’orchestre du New London Consort, d’autant qu’elle parlait à un sorcier et qu’elle n’avait que des références de moldue. Cependant elle continua.

“L’avantage qu’il a sur vous c’est que tous ses musiciens jouent le même morceau en même temps.”

C’était un peu dur comme dernière remarque et elle avait fait attention à ne pas en rajouter par une physionomie goguenarde. Elle avait encore en mémoire les démarrages de soli sur la mauvaise gamme d’accord par rapport aux autres membres et les changements dans les structures des morceaux en décalé. Elle ne pouvait se dire que c’était fait exprès. Le type ne semblait devoir se vexer sur rien et continuait à argumenter sur les faiblesses de leur prestation.

“Ah ça ! Trouver un batteur qui soit à la hauteur, j’avoue... Mais vous devriez bien trouver, quitte à prendre une femme…”

Elle marqua une pause se demandant si elle devait réagir sur le sujet de la petite famille. Quand on voulait donner dans l’avant garde on se devait, d’après elle de se montrer un peu plus ouvert et puis organiser des auditions ça servait aussi à voir comment le feeling passait entre les gens. Mais bon, elle préféra garder le silence malgré les exemples qui lui venaient à l’esprit de recompositions de groupes qui avaient ainsi pris leur envol et était sortis de l’ombre. Elle prit donc le temps d le laisser finir de développer son enthousiasme extrême en reprenant quelques gorgées de la bière écossaise. Elle ne put s’empêcher de hausser les sourcils en fin de tirade ponctuée par la charge qu’elle venait de subir. Et puis ses yeux pétillèrent d’amusement. De la légèreté, de la légèreté ce soir. Elle n’avait pas envie de se vexer pour si peu. Après tout, elle était médecin et avait le droit de se tromper dans son analyse musicale et ne pas apprécier la conception du rock de son interlocuteur tout en assumant ses goûts.

“Ecoute, je n’avais pas l’impression de parler à ton producteur ou ton manager…”

Elle re-jeta un regard complice au barman avant de poursuivre.

“Si tu veux des choses constructives, je ne suis sans doute pas la meilleure personne mais ce qui saute aux yeux d’une novice…”

Novice elle ne l’était pas tout à fait mais elle n’avait pas non plus les moyens de la jouer experte.

“... c’est que vous n’êtes pas au clair sur les structures de vos morceaux et même si vous êtes une famille, vous ne vous écoutez pas lorsque vous jouez. Ça donne l’impression confuse que vous tapez le bœuf entre potes qui viennent de se rencontrer. Vous les écrivez vos morceaux pour les fixer ?”


Effectivement si elle se forçait à n’écouter qu’un instrument isolément, elle pouvait reconnaître sa valeur technique mais le but d’un groupe n’est-il pas de jouer ensemble et d’additionner les spécificités de chaque instrument et instrumentiste pour obtenir quelque chose de plus transcendant ?

“Je veux pas être vexante hein ? Individuellement vous avez des qualités ça saute aux oreilles.”

C’était toujours bien de finir sur un compliment pour restaurer le narcissisme de son interlocuteur et montrer qu’on n’était pas juste une rageuse qui n’a que l’envie de démontrer.
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