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A Tale of Muggles and Wizards
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Catharsis :: Atlantis & Manadh :: Les Salines :: Les demeures aménagées aux Salines
 

 puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley

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Tatiana L. VoronkovaTatiana L. Voronkova
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MessageSujet: puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley   puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley EmptyLun 2 Sep - 20:04



PUZZLE

12.11.01 § ft. Alistair Fawley

◊ ◊ ◊

C’est qu’elle avait joué à la maligne, Tatiana. Elle lui avait donné rendez-vous chez elle, à une date un peu au hasard, sans préciser d’indice de temps. Elle avait voulu paraître indépendante, détachée. Il était beau le résultat ; des heures et des heures déjà qu’elle angoissait comme une abrutie dans son appartement. Et puis, qu’espérait-elle de cette rencontre ? Déjà, il fallait qu’il se présente. Peut-être ne viendrait-il pas. Ce ne serait pas nécessairement bien surprenant, vu comme il s’était barré, la première fois. Peut-être avait-il décidé qu’il n’avait ni d’excuses, ni d’explications à donner à une gamine. Au fond, ils ne se devaient rien. Ils n’étaient ni parentés, ni en fréquentation. Qu’il disparaisse s’il veut, le Fawley ! Rien à foutre !

Dix-neuf heures. Il n’était pas du genre matinal, Alistair, donc il y avait toujours espoir qu’il se pointe. Car, bon, c’était tout de même la moindre des choses. Reconnaître qu’on avait merdé, et présenter des excuses pour ça. S’il n’avait pas envie de la revoir, ou de s’expliquer, il ne lui aurait pas envoyé sa lettre.

Sa lettre ! Parlons-en, de sa lettre. Ça la mettait tant hors d’elle qu’elle se leva du sofa et, pour la millième fois aujourd’hui, fit les cent pas dans son appartement. Sa putain de lettre, là. Datée de juillet, donnée en novembre. Et encore ! Il avait fallu qu’il la revoit à la mission pour que l’idée judicieuse de la lui rendre lui traverse l’esprit. « Rah ! lâcha Anya, qui se dirigeait maintenant vers la cuisine. » Non, mais, hé. Si elle n’avait pas été à cette soirée de meurtre et mystères organisée par Gloriam, aurait-il seulement songé à elle ? Lui avait-il donné la lettre par bonne foi, ou simplement pour qu’elle ferme sa gueule et qu’on clotûre le dossier ?

Elle ouvrit le cabinet de l’armoire un peu trop fort, et en sortit ses feuilles de camomille. Dans l’empressement, elle en renversa un peu partout. « Raah, b`lyad'! » Elle en avait marre. Dieu, qu’elle en avait marre. Elle attendait minuit presque impatiemment, pour que son angoisse se dissipe enfin et qu’elle en soit sûre : il n’était pas venu et ne viendrait pas. Plus tôt, le facteur lui avait apporté son courrier, et elle s’était presque tapé une crise de panique avant d’ouvrir la porte. Quand elle avait vu qu’il ne s’agissait que du service postal, elle avait failli pleurer. Lâcher l’angoisse qui lui collait à la peau depuis le vendredi, dans le quartier des profondeurs.

Car, elle savait bien qu’au fond, elle ne s’en foutait pas, qu’il vienne ou non. Elle voulait qu’il vienne. Elle voulait qu’il lui explique, elle voulait comprendre. Savoir enfin ce qu’elle avait fait de mal, le soir de son concert, pour qu’il disparaisse le lendemain, sans un mot. Savoir où était son erreur. S’excuser à son tour, si elle avait fait quelque chose de mal.

Elle attrapa sa tasse fumante et s’installa au salon d’un pas lasse. Dans le coin de la pièce, le caisson de Nikolaĩ reposait. C’était presque comme s’il la narguait. Il l’observait de loin, et lui rappelait ce dernier concert. Anya détourna la tête et l’appuya contre le dossier du sofa. Elle était vidée. Une journée entière, la boule au ventre, ça aspire votre énergie. Elle n’avait plus qu’une envie ; aller se coucher. Il ne viendrait pas, de toute façon. Elle finirait sa camomille et se poserait. Au diable qu’il était tôt ; elle méritait un peu de sommeil.

Mais on toqua à la porte. Elle crut d’abord à une hallucination auditive, après avoir espéré toute la journée. Pourtant, dans son coeur, elle savait bien que c’était réel. Qu’il y avait quelqu’un, de l’autre côté. Alors elle se leva péniblement et, la tasse à la main, une couverture de laine sur les épaules, elle ouvrit.

Ce n’était pas le facteur. Ce n’était pas non plus la voisine, ou Adra, ou Ella. Non. C’était lui. Elle avait répété toute la journée ce qu’elle lui dirait, lorsqu’elle le verrait. Elle avait réfléchi à une réplique montrant de l’enthousiasme, mais un certain détachement. Elle ne voulait pas laisser paraître qu’elle l’attendait. Il n’était qu’une surprise, un truc de plus dans sa journée chargée de femme indépendante. Et, pourtant, lorsqu’elle vu son visage, elle ne réussit qu’à balbutier : « T’es venu. »

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MessageSujet: Re: puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley   puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley EmptyMar 17 Sep - 8:13

Appartement de Tatiana - 11 décembre 2001.

Je n'avais pas posté la lettre ce jour-là, ce 17 juillet, parce que je m'étais senti faible. Quand je relisais ce que j'avais écrit, ou plutôt ce que j'avais mis une nuit entière à écrire, ce que j'avais raturé par douze fois avant d'arriver à cette version propre de mon discours... J'étais si frêle et délicat. Comme un minuscule avorton qui viendrait dans les jupes de sa mère pour se rassurer qu'il n'a pas fait de bêtise. Je m'étais haïs pour ça, pour me faire me sentir aussi chétif et lâche. Mais c'est bien ce que j'étais, non ? Tout petit, à côté des souvenirs de la douce Anya qui, même si elle n'en voulait pas, avait franchement réveillé une part de moi que je croyais morte et enterrée, ce jour là. Une sorte d'humanité, bizarre, difforme, planquée de la lumière depuis trop longtemps qu'elle en est devenu rachitique. Je vous jure, il avait suffit de trois coups d'archet sur son violon pour que j'aie envie de pleurer.

La différence entre le soir du concert et le soir de la lettre, c'était moi, et surtout mon égo qui s'était senti meurtri d'une incartade bien vite oubliée, tue. Et si Anya avait réussi à réveiller quelque chose de mort au fond de moi, elle ne tarderait pas à redonner la parole à cette erreur commise. C'était ça, qui me terrifiait. Ce n'est pas moi qui était faible, c'était Anya qui était ma faiblesse. Alors je ne l'ai pas posté. J'ai attendu, je l'ai étouffée, elle aussi, cette lettre, sous le poids de mes aventures en Angleterre puis sous le poids de mon retour, puis... Elle s'est évaporée quand j'ai recroisé Anya pour cette mission, quand j'ai bien cru qu'il allait lui arriver quelque chose, alors que c'est finalement elle qui s'en est bien sortie. Et la lettre était maintenant dans les molécules de CO² qui volaient dans l'air, je pouvais plus rien faire pour l'empêcher de sortir, alors j'ai fini par la lui rendre. C'était la sienne après tout, je l'avais écrite pour elle.

Je ne sais pas trop à quoi je m'attendais, pour être franc. Idéalement, la voir, lui expliquer, m'excuser et que l'on mette tout ça de côté. Mais je ne pensais pas vraiment que ça se déroulerait comme ça. Je l'ai revu depuis, mais on a joué les inconnus. Ca m'a fait mal, d'ailleurs. Fait prendre conscience de ce que j'étais en train de perdre, de ce que j'avais raté une fois encore, incapable de créer un véritable lien sous couvert d'une enfance difficile. Il fallait que j'arrête avec ça, ce n'était pas la faute de mon père si je n'arrivais pas à faire confiance à quiconque, si je me sentais toujours constamment menacé. C'est moi, qui suis tordu, qui ai cultivé ses erreurs au lieu de les outrepasser. Je le sais depuis toujours. Ils ne sont pas nombreux ceux qui traversent la carapace ; je croyais qu'Anya en serait mais maintenant... Je doute.

Et je doute toujours, bien qu'elle m'ait invité à venir chez elle. Oh, me faites pas dire c'que j'ai pas dis, je suis content. Profondément heureux, même. J'ai juste cette peur insensée et irrationnelle qu'elle me propose de venir juste pour mieux me piétiner. Alors j'hésite, chez moi, dans ma petite chemise blanche. Je me suis fait beau, mais j'ai l'air d'un con, un con naïf de 20 ans de plus qu'elle. Qu'est-ce que je crois, franchement ? C'est juste une gamine qui a encore assez de sympathie et de bonté pour me permettre de remettre sur les rails une relation professionnelle suffisamment amicale pour qu'on puisse travailler agréablement ensemble sur une mission.

Je ne fais rien devant mon miroir. Rien de plus que me regarder, lorgner chacune de mes rides en essayant de me souvenir quel évènement stressant et épuisant leur a donné vie. La plus grande, sur mon front, ce doit être cette fois à Belfast où je me suis retrouvé enfermé dans un sous-sol sans aération. Les deux au creux des lèvres, sont à force d'avoir trop ri, à Londres, quand j'ai passé un an entier à tester une drogue beaucoup trop forte pour être dans le commerce. Et celle-là, autour de mon œil gauche, je sais aussi d'où elle vient. Elle vient de ce foutu dragon qui a frôlé de trop près l'épaule d'Anya.  Je la vois encore, tandis que j'étais déjà à terre, cette flamme que j'aurais voulu tuer d'un Aguamenti. Si seulement...

Il est vingt heures. Quel abruti. Perdu dans mes pensées, je n'ai pas vu le temps défiler. J'avais beau hésiter, réfléchir, je savais bien dès le départ, au fond, qu'il était hors de question de poser un plan à Anya. J'attrape ma veste, et me met à courir en direction des Salines - et dieu sait que je déteste les Salines - jusqu'à arriver devant sa porte. Je ne crois pas être déjà entré. Je l'ai raccompagnée, une fois. Je savais où c'était. Mais je n'en ai jamais vu l'intérieur, senti la chaleur du salon ou les épices qui embaument la cuisine.

Devant la porte je suis essoufflé, mais ma main frappe déjà sans attendre que je puisse reprendre mon souffle. Je me retourne, comme si je cherchais quelque chose derrière moi, une planque, une porte de sortie. Mais c'est la porte d'entrée qui s'ouvre sur Anya, une couverture sur les épaules et une tasse, visiblement de thé, entre les doigts. T'es venu. Évidemment, que je suis venu. Je me contente de hocher la tête, continuant d'expirer avec difficulté après ma longue course jusqu'ici. Mais enfin, le but est atteint, je suis là, elle est là. Je sens mes jambes qui ont envie de flancher, mes poumons qui veulent se mettre sur pause. La réaction instinctive à cela est que mon dos commence à se courber en avant, forçant mes poings à s'appuyer sur mes propres cuisses. Juste une seconde, ou deux. Puis je me relève, et commence à murmurer à mon tour.

« Désolé... Pour le retard. », et je souffle, je respire fort, le cœur battant. Épuisé par ma course, si, bien sûr, c'est la seule raison logique à ce cœur qui se secoue si fort. La seule raison qui ait du sens, tout le reste n'est que trop stupide, je le sais bien. Je me remets bien droit, et ajoute dans un sourire un peu maladroit « Tu aurais un verre d'eau, pour moi ? Juste de l'eau... Qu'on puisse discuter calmement, si tu veux bien. ». J'étais toujours sur le pallier, j'attendais qu'elle me propose d'entrer, mais je voyais autour d'elle le début d'un hall se dessiner. Une petit meuble d'entrée, une jolie décoration. C'était un intérieur mignon, doux. Comme celui de mon premier appartement à Londres. Jeune. Trop jeune Alistair, beaucoup trop jeune.


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MessageSujet: Re: puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley   puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley EmptyDim 13 Oct - 18:06



PUZZLE

12.11.01 § ft. Alistair Fawley

◊ ◊ ◊

Elle lui avait lancé sa phrase sans attendre, comme surprise de le voir sur le pan de sa porte. Comme épatée qu’il se soit déplacé. Puis, elle avait remarqué son torse qui ondulait rapidement, sa respiration haletante qui ne se calmait pas, les perles subtiles d’eau qui brillaient sur son front. En réponse aux mots d’Anya, il se contenta de hocher la tête, incapable de lui offrir plus. Naturellement, la jeune femme fronça les sourcils, inquiète. Désolé... Pour le retard. Le retard ? Quel retard ? Lorsqu’elle l’avait vu, les heures d’attente s’étaient envolées, comme si elle n’avait pas été tourmentée toute la journée. « Pas de mal, fit-elle en ouvrant plus grand la porte. J’ai pas donné d’heure, donc c’est pas vraiment retard. » Elle tenta un sourire, mais il était amer. Bien entendu, elle jubilait à l’idée qu’il soit venu. Elle l’avait invité à entrer il y avait des mois, et il avait refusé, à ce moment-là. Qu’il veuille découvrir sa maison, son univers, ça lui faisait plaisir. Mais, à l’intérieur, elle se souvenait de cette nuit où il l’avait déposée après le concert. De cette soirée où il avait décliné son offre et qu’il avait disparu pour des mois. L’espace d’un instant, elle se demanda si sa présence était seulement polie. Si, dans une possibilité où leurs chemins ne s’étaient pas croisés par hasard depuis son retour à Atlantis, il aurait prolongé le silence. Si la présence d’Anya était vraiment si pénible.

Lorsqu’il lui demanda un verre d’eau, elle crut s’écrouler. C’était si banal, un verre d’eau. Mais ça impliquait de le laisser entrer, d’engager une discussion, d’écouter ses explications et sa description de son été en mentant éperdument sur le sien. L’inviter avait été une erreur. Et, pourtant, sa bouche articula automatiquement : « Oui, bien sûr. » Elle se dégagea de la porte et, de sa main tremblante —la traîtresse—, désigna le hall. « Viens, entre. » Elle traversa le corridor et prit la droite. « Ah, j’te préviens, fit elle en avançant. C’est… grand. Adra est extra. T’vois, elle voulait pas habiter dans les gros manoirs de sorciers. Elle voulait voir d’la ville. Donc elle a enchanté tout l’truc. » Elle agrippa la couverture qui s’échappait de ses épaules, et sourit à Alistair par-dessus son épaule. « Si t’as besoin des toilettes, dis moi. J’te ferai un plan. »

Elle s’arrêta à la première salle qui suivait le hall ; cette pièce qui lui servait de salon. Depuis qu’Adrasteia lui avait laissé l’appartement, elle avait ajouté sa petite touche personnelle aux allures victoriennes de la place. Des petits coussins bleu poudre et beiges —qui juraient tout de même atrocement avec la sévérité du bois foncé de l’endroit—, des vases de verre remplis de fleurs diverses ou de petites lumières LED, une photographie qui la représentait, avec sa petite bande de l’OSMA, et le caisson de Nikolaï, fermé, qui prenait la poussière dans le coin. « Tu peux t’assoir. J’sais que c’est un peu… voilà. Pas chaleureux pour tout l’monde. Mais comme j’paie pas, j’me plains pas. Je vais aller chercher l’eau. » Elle déposa sa tasse sur la table basse, histoire d’éviter de la renverser en tremblant jusqu’à la cuisine.

Lorsqu’elle fut suffisamment éloignée, elle s’appuya contre le mur pour s’empêcher de tomber. La tête lui tournait. Avoir Alistair chez elle, comme ça, avec sa vague d’émotions… c’était risqué. Affreusement risqué. Déjà qu’elle avait cru y passer dans le Quartier des Profondeurs, quelques jours plus tôt…
Elle se rendit tout de même à la cuisine, remplit une cruche et agrippa deux verres. Sa couverture tomba au sol, mais c’était tant pis. Elle avait de toutes façons d’atroces bouffées de chaleur, qu’elle tenta de dissimuler tant bien que mal en remettant les pieds dans la pièce. « J’ai oublié d’mettre des glaçons, c’est pas grave ? articula-t-elle au hasard pour paraître à l’aise. » Elle versa un verre à Alistair et lui tendit, avant de reprendre sa tasse et de s’installer à son tour sur le sofa. Elle aurait pu choisir le fauteuil, mais il était atrocement éloigné, et absolument pas propice à la conversation.

Elle prit une gorgée, mais n’osa pas parler. Elle ne savait pas par où commencer. Comme une idiote, elle tenta faiblement : « Alors, comment ça va ? » Elle chercha ses yeux, car c’était la bonne chose à faire, mais sentit sa gorge se nouer dès qu’ils eurent un contact. Alors elle les détourna en expirant fortement, et se racla la gorge pour chasser la boule de peine qui l’étouffait. Elle était blessée. Elle était en colère. Elle pouvait prétendre comme bon lui semblait, avec un sofa et une cruche d’eau, mais elle avait mal. Voilà des mois qu’elle souffrait en silence, dans son coin, et qu’elle n’avait le soutien que de ceux qui ne pourraient jamais vraiment la comprendre. Elle était reconnaissante, bien entendu, pour Ella et Adrasteia… mais leur dernière discussion lui avait fait réaliser à quel point, à nouveau, elle était un fardeau. Elle n’en pouvait plus de cette impression constante de déranger, de ce sentiment de vide qui la pesait depuis juillet. Alors elle tenta, honnêtement cette fois : « Pourquoi t’es v’nu, en fait ? J’suis… contente, hein. C’est pas ça. Mais, pourquoi maintenant ? Parce qu’en mai, la dernière fois que j’ai proposé, bah… » La boule, encore, toujours, qui nuançait sa voix et bloquait sa respiration. « La dernière fois, ça t’a fait partir pour des mois, donc, voilà… J’me demande, c’est tout. » Elle tenta un sourire, mais elle n’aurait pas convaincu le plus idiot des imbéciles ; elle n’allait pas bien.

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MessageSujet: Re: puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley   puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley EmptyDim 10 Nov - 16:22

Appartement de Tatiana - 11 décembre 2001.

Inspire. Expire. Inspire. Expire. C'est pas compliqué Al, il n'y a même rien de plus basique, alors pourquoi tu étouffes à chaque passage d'air entre tes lèvres, hein ? Les mouvements dans ma poitrine se font plus longs, moins intenses, le calme commence enfin à reprendre sa place dans ces poumons détruits par suffisamment de choses pour ne pas y ajouter du stress. Voir sa silhouette apparaître a sûrement aidé. Entendre ses mots me faisant entrer aussi. Et me voilà, comme un abruti, la quarantaine à refermer la porte d'entrée d'un palace enchanté derrière moi. D'habitude, quand je ferme la porte d'entrée de chez une femme, c'est pour mieux la rouvrir et la claquer définitivement dans les deux heures qui suivent, mais ici j'ai une intrigante envie de tout découvrir, de tout regarder. Ce hall est bien plus grand qu'il n'y paraît. Je suis Anya en me forçant à ne pas faire de bruit sur le parquet ciré, écoutant ce qu'elle me dit et épluchant les murs du regard. Je ne veux rien rater, je veux me souvenir de tout. De l'écorchure du meuble de droite, à la forme de la poignée de la porte du salon. L'odeur qui se dégage d'une pièce, sa chaleur, ses couleurs. La hauteur du plafond, les photos qui s'y trouvent. J'ai envie que tout reste intact dans ma mémoire, terrifié de ne plus avoir le droit d'y remettre un pied.

Je capte dans un glissement de regard son sourire, par dessus sa couverture. Elle est redevenue la petite Anya, espiègle et curieuse, pendant une bribe de seconde. C'est quand elle parle d'Adra, et à plus large échelle, quand elle parle de ceux qu'elle aime. Je l'avais remarqué depuis un bout de temps maintenant, et j'avais naïvement osé penser qu'elle avait toujours cet air avec moi car je faisais peut-être partie, moi aussi, de ces personnes qu'elle apprécie. Qui mérite sa douceur et sa malice.
J'expulse un petit rire quand elle parle de plan, heureux de voir qu'elle joue d'un peu d'humour dans cette situation, et continue de la suivre pour découvrir le salon. Dans le creux de mon œil, je vois Anya partir pour la cuisine chercher l'eau que je lui ai demandée. Cet instant ne va pas durer très longtemps, elle va bientôt revenir, mais ça me laisse le temps de tourner autour de la pièce, en découvrir rapidement les recoins. Je me demande si la décoration vient de la Raventhorne, ou d'Anya. La lumière, les fleurs, je crois y retrouver celle que je connais, mais au fond, je n'en ai aucune réelle preuve. Je frôle un des meubles du bout des doigts en avançant doucement. Une photo de l'OSMA se retrouve dans mes mains, sans que je n'y réfléchisse vraiment. Je reconnais deux ou trois visages du concert de la dernière fois, puis Anya, évidemment, dans une jolie robe blanche que l'on aurait juré dessinée pour elle. Mon pouce vient effleurer la vitre devant la photographie, se poser sur le visage d'Anya pour y épousseter quelques grains de poussière, avant que je repose le cadre sur le meuble. Plus loin, mes yeux capte le violon, son violon, son arme. Il a l'air enfermé depuis longtemps, comme mis de côté. C'est vrai que je n'ai pas eu vent d'un concert de l'OSMA auquel elle aurait participé depuis des mois. Est-ce qu'elle va seulement encore à ses cours ? Est-ce qu'elle joue ? Je suis comme pris d'une énorme culpabilité que je ne m'explique pas en voyant celui qu'elle appelle Nikolaï si bien rangé, se recouvrant de saletés et autres traces du temps qui passe.

C'est quand je m’apprête à vouloir prendre le caisson et l'ouvrir que j'entends ses pas revenir. Je me retourne alors sèchement, qui sait ce qu'elle me réserverait comme châtiment si elle voyait que mes grosses mains menacent son cher et tendre. « Hm, non, c'est parfait, merci. », je m'avance vers elle et le verre qu'elle me tend pour m'en saisir et l'engloutir d'une gorgée. Enfin désaltéré, je continue mon tour dans le salon et passe d'une photo à une autre, à un tableau, un nouveau meuble avec un bibelot accompagné de quelques dorures. Je regarde tout, curieux, comme un enfant découvrant un nouveau monde. Alors, comment ça va ? Je me retourne vers elle, mon verre vide à mes lèvres comme si en mordiller le contour m'autoriser à ne pas répondre à la question. J'accroche ses yeux du regard et je la découvre, enfin, nue et sans détour, cette colère que je soupçonne depuis mon retour sans la comprendre. Elle est là, bien visible, et elle m'est très nettement destinée dans toute son entièreté.

« Ca... Ca peut aller, je crois. ». Je murmure d'une voix faible, si faible, car je vois bien qu'elle a besoin de laisser s'exprimer la sienne et que sa question n'est qu'une formalité. Alors je m'avance, remettant à plus tard la suite de ma découverte de la pièce, jusqu'à arriver presque à sa hauteur, vers la table basse et le sofa. Et les voilà enfin, toutes ces questions qui lui brûlent les lèvres, toutes ces questions qui me permettent finalement de comprendre. Je l'écoute, muet, debout sur mes jambes qui ont repris de leur force, pour mieux me laisser m'écrouler lorsque cette phrase arrive. La dernière fois, ça t’a fait partir. Ca t'a fait partir. Ca résonne dans ma tête pendant une unique seconde, celle qu'il me faut pour déposer le verre vide sur la table et venir m'affaisser à côté d'elle sur le canapé et déposer mes deux mains sur chacune de ses épaules, comme pour la saisir et la ramener à la réalité, celle que je voit qu'elle ignore. « Oh non, non. Non. Non non. Pas du tout. C'est. Ce n'est pas toi qui m'a fait partir, jamais. Ca n'a jamais été toi. ». Mon cœur se remet à battre vite, trop vite. Je peux enfin faire la part des choses, enfin comprendre que la culpabilité qui me ronge n'est pas juste celle d'être parti sans prévenir, mais celle de lui avoir laissé croire qu'elle en avait été la cause. Mais quel con. « Mais quel con. », mes mains lâchent ses épaules pour se placer autour de ma tête, en laissant mes coudes s'appuyer sur mes jambes. Je me retrouve recroquevillé sur moi-même, à côté d'elle. « Quel con... Comment tu as pu croire que c'était de ta faute, comment j'ai pu te laisser croire ça... ». Je retourne ma tête vers elle, dans une sorte de sourire désolé. « Anya... Je sais pas quoi te dire, je suis tellement navré que tu aies cru ça, je suis vraiment le dernier des abrutis et tu as complètement raison de me haïr pour ça. ». Dans un geste que je veux le plus doux et le plus tendre possible, je me rapproche d'elle et l'entoure de mes bras pour l'enlacer. « Je suis désolé, tu n'as jamais été responsable de mon départ. ». Mes lèvres viennent lui embrasser les cheveux, ou le front, je ne sais plus vraiment, et je me retrouve à murmurer de façon presque inaudible « Si tu savais, au contraire comme j'aurais voulu que tu sois là-bas, avec moi. », tandis que mes yeux se ferment, juste pour un instant.

Lorsque je l'éloigne enfin de moi, je sèche discrètement un début de larme naissante pour qu'elle ne le voie pas, puis je soupire une ultime fois. Il est hors de question que je continue de me lamenter plus longtemps. Je toussote, puis ajoute « On a... On a du partir, rapidement, sans prévenir, avec Logan. Pour le boulot et pour lui, pour sa santé. Tu as lu ma lettre ? Ca ne disait pas grand chose, je sais, mais tout est tout de même là. ». Je m'enfonce dans le canapé, collant mon dos au dossier, puis je saisi sa main et caresse doucement ses doigts. « Je ne serais pas parti sans rien te dire, autrement. Pas après ce concert... Tu as été tellement... Une merveille. Tu me jouerais quelque chose, juste pour moi, le lac des cygnes ? ». Je regarde Nikolai quand je lui dit ça. Je n'ose pas lui dire pourquoi cet opéra en particulier, parler du cygne noir sur ma hanche et de ce qu'il représente. C'est lui qui me rappelle vraiment qui je suis. Il vient appuyer cette soudaine mise à nu. De mémoire, la dernière fois que ça m'est arrivé de ressentir cela, c'est quand mon père m'a jeté à la porte. Même avec Logan, cette nuit-là, je n'étais pas aussi vulnérable que je le suis maintenant. Et je commence à comprendre que cette fille, que je le veuille ou non, symbolise bien plus pour moi qu'une agréable collègue avec qui je partage quelques petites choses en commun. C'est donc pour ça que je suis là. Pour ne pas perdre ce qui est l'une des dernières attaches qui me relie à mon humanité. Car si elle peut me pardonner, alors peut-être, peut-être que je mérite de continuer de me battre pour avancer, et ne pas me laisser envahir par l’infâme, la barbarie et tout le hideux qui dégouline de chacun de mes pores et que je planque au mieux sous mon grand manteau. Peut-être qu'il reste un peu de bon en moi qui mérite d'être sauvé et qu'elle met en lumière cette beauté si bien cachée.



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PUZZLE

12.11.01 § ft. Alistair Fawley

◊ ◊ ◊

Elle n’avait pas fait de commentaire, à la vue de Nikolaï entre les mains d’Alistair. Elle avait seulement senti son coeur se serrer comme jamais, les yeux rivés sur eux. Son instrument, son allié, son partenaire, qu’elle avait délaissé après ces mois de malheur. Celui qui avait peint son passé d’allures moins macabres, qui lui avait donné une raison de s’accrocher. Elle voulait jouer, elle le voulait terriblement. Mais à chaque coup d’archet, à chaque doigté, c’était des vagues de souvenirs qui l'étouffaient. Elle n’était plus bercée par aucune mélodie ; rien que le chant douloureux d’une vie qu’elle avait laissé derrière. Avant d’avoir eu Gloriam, ou Adrasteia, ou Alistair, elle avait eu Nikolaï. Et le voir, dans son caisson poussiéreux, être tenu dans les mains fortes de cette homme qu’elle croyait connaître lui faisait tourner la tête. Après cette soirée, serait-il, lui aussi, chose de son passé ? S’était-il présenté pour lui présenter des adieux officiels, dans les règles ? Était-il là par simple culpabilité ?

Il l’avait déposé rapidement, mais avec une précaution minutieuse que l’on ne réserve qu’aux objets nous tenant à coeur. Il s’était alors rapproché et lui avait pris son breuvage, forçant leurs mains à se toucher un bref instant. Ce n’était rien, seulement un moment nécessaire pour lui offrir son verre. Et, malgré tout, le frôlement avait suffit à lui procurer cette même décharge qu’à leur première rencontre, à la villa. Un cocktail de nostalgie, de sensations et de chimie, qu’elle avait bien refoulé jusqu’à cette soirée de mai. Les choses auraient-elles été différentes, si elle ne lui avait jamais proposé ce thé ? Peut-être lui aurait-il écrit, ou lui aurait dit au revoir. Peut-être, même, qu’il n’aurait jamais accepté sa mission. Elle avait été trop rapide, avait brisé trop de frontières en trop peu de temps. Pourtant, si c’était à refaire, elle l’aurait invité quand même. Car Anya, après des années à jongler entre deux noms, après un existance à mentir sur ses origines, à inventer des raisons et des histoires à gauche et à droite, était fatiguée. Fatiguée des jeux, fatiguée des masques, fatiguée des mensonges. Elle n’en pouvait plus de mener sa vie comme une partie d’échec, de réfléchir à chaque mouvement, à chaque parole. Elle avait cru naïvement qu’en avouant la vérité à Adrasteia, toute la vérité, elle se sentirait délivrée d’un poids qui lui brisait les épaules. Et, pourtant, elle n’avait été qu’entraînée dans de nouveaux stratagèmes. Diverses magouilles pour la protéger, certes, mais des plans et des alliances malgré tout.

Alors, lorsqu’elle déballa son sac, lorsqu’elle ne laissa sortir qu’un infime morceau de l’enclume qui lui pesait le coeur, elle était persuadée que ses mots allaient de soi. Que sa demande d’explications était légitime. Et, pourtant, Alistair s’était vivement retourné, comme si elle venait de balancer la plus absurde des idées, et son estomac ne fit qu’un tour. Quelle idiote, d’avoir cru avoir la force de maintenir cette conversation. C’était facile de tenir tête à des inconnus, en pleine carrière d’un quartier puant. Mais là, dans son propre salon, elle ne se maîtrisait pas. Il lui aurait dit que le ciel était vert, elle aurait probablement hoché la tête. Elle portait le blâme de leurs mois de séparation, la faute d’avoir franchi un pas trop rapidement. Et pourtant…

Il s’était écroulé à ses côtés, le visage décomposé. Oh non, non. Ses mains s’étaient posées sur ses frêles épaules et leurs regards s’étaient accrochés l’un à l’autre. Non. Non non. Pas du tout. Anya fronça les sourcils, définitivement confuse. Que reniait-il ? C'est. Ce n'est pas toi qui m'a fait partir, jamais. Ca n'a jamais été toi. Elle avait écarquillé les yeux malgré elle, et ses fines lèvres s’étaient entrouvertes. Alors que Al avait reculé, recroquevillé sur lui-même comme un enfant coupable, la jeune femme avait lâché un soupir étouffé. Il n’avait fallu que cinq mots, cinq simples mots pour lui retirer en un claquement de doigts la peine immense qui lui rongeait le coeur depuis le début de l’été. Ça n’avait jamais été elle. Sa respiration s’était accélérée, malgré ses efforts vains de contrôler son corps qui s'emballait. Elle avait envie d’éclater de rire, de sombrer en sanglots. Dans sa poitrine, son coeur menaçait de s’échapper, tant il débattait fort à travers son torse. Ce n’est que lorsque Alistair la tira doucement vers lui que le temps s’arrêta. Elle en oublia même de respirer quelques secondes. C’était irréel. Un jour, il lui avait filé entre les doigts et, le suivant, il se trouvait là, contre elle, dans son appartement. Elle ne voulait pas pleurer, elle se l’interdisait. Sa gorge serrée l’étouffait et, pourtant, elle refusait d’installer un malaise suite à ses larmes. Mais sous son baiser, elle s’écroula. Elle s’était abandonnée à leur étreinte, et avait levé les yeux au ciel pour chasser les perles qui se coinçaient dans ses cils. Si tu savais, au contraire comme j'aurais voulu que tu sois là-bas, avec moi. Ah, par tous les Saints. C’est qu’elle aurait voulu y être aussi. Elle aurait préféré un été avec Al, même s’il fallait payer le prix de la présence de Logan, à ces mois d’enfer qu’elle avait connu à Atlantis. Quand elle était rentrée de l’exposition, quand elle s’était enfermée dans son appartement, et qu’elle avait passé son mois de misère, elle aurait voulu qu’il soit là. Plongée dans ses vagues d’émotions, Anya s’accrocha à la chemise blanche qui lui servait de bouée, et enfonça sa tête dans le creux de son épaule. De sa voix étouffée, elle articula tout de même, naturellement : « Tu m’as manqué. »

Lorsqu’ils s’éloignèrent, et que Alistair lui posa sa question, Anya hocha la tête. Oui, elle avait reçu sa lettre. En retard, certes, mais elle l’avait eu. C’était tout ce qui lui importait, à ce moment. « Oui, je l’ai lue. » Elle pensa un instant à Logan, à comment elle devrait prendre ses nouvelles, ne serait-ce que par politesse. Mais si elle n’avait, en temps normal, que très peu d’attention à offrir à cet homme, il était évident qu’elle n’en avait cure, ce soir. Elle s'inquiéterait de lui demain, ou la semaine prochaine. Mais pas maintenant. Logan avait eu Alistair tout l’été, et c’était à son tour, maintenant. Elle avait payé son dû de son attente. Elle méritait cette soirée. Il s’était enfoncé dans ce canapé qu’elle avait songé à éviter, quelques minutes plus tôt, et avait doucement attrapé sa main. L’envie de s’écrouler la tête sur ses genoux, ou de reproduire leur étreinte, ou de simplement se rapprocher d’une manière ou d’une autre lui brûlait au ventre. Mais, lorsqu’il lui fit sa demande, elle n’eut pas le coeur de refuser. Elle lui accorda un sourire doux, avant de se faire violence pour décrocher ses yeux des siens et aller chercher Nikolaï. Elle saisit prudemment le caisson et soupira avant de se décider à l’ouvrir. Sa robe foncée était aussi majestueuse que dans ses souvenirs. Près de six mois qu’il était enfermé là-dedans, prisonnier des malheurs d’Anya. Elle caressa ses cordes et lâcha, sans détourner les yeux de son instrument : « Sois pas trop dur. J’ai pas joué depuis… » Depuis mai. Elle n’avait pas joué depuis son dernier concert. L’OSMA s’était accordée quelques semaines de vacances après la prestation et, au moment de reprendre… Tout avait déjà basculé.

Derrière le canapé, elle accorda son violon machinalement, toujours en plein contrôle de ses gestes. Si sa tête avait fait une pause, ses mains habiles n’avaient pas oublié ses années d'expertise. Lorsqu’elle fut prête, elle se présenta devant Alistair. Elle aurait pu jouer assise, mais elle se sentait toujours coincée dans ses mouvements lorsqu’elle n’était pas droite, sur ses pieds. Elle savait que ce qu’il désirait entendre, c’était le thème du Lac des Cygnes. Celui qu’elle avait joué à son concert, celui que tous connaissaient. Et, pourtant, lorsque son archet se posa sur les cordes, c’était une autre partition qui s’affichait dans sa tête. Au milieu de ses idées embrouillées, c’était la mélodie de l’Entrée du Cygne Noir qui résonnait. Elle se savait menteuse, elle se savait hypocrite. Elle avait pleinement conscience que le moment qu’ils venaient de partager était basé sur ce lien qui les unissait. Elle était consciente que s’il s’était intéressé à elle, à prime abord, c’était car ils étaient semblables. Cracmols. Pour elle, tout était évident ; s’ils s’étaient un jour compris, ils se comprendraient toujours. Magie, sans magie, elle était persuadée qu’il y avait quelque chose de plus profond, de plus solide, qui les accrochaient l’un à l’autre. Mais elle était terrifiée de se tromper. Pétrifiée à l’idée qu’il ne la quitte à nouveau mais, cette fois, sans jamais revenir.

Alors elle serra les lèvres et joua le thème du ballet. Ses doigts connaissaient la danse, et ils s’éxécutèrent sans qu’elle n’y réfléchisse. Sa technique était parfaite, comme si elle ne s’était jamais arrêtée. Mais ses yeux absents fixaient droit devant elle. C’est que la culpabilité l’étouffait encore plus que sa mentonnière. Son archet avait ralenti, ses épaules s’étaient relâchées. « Je… » Elle avait baissé son violon, baissé les yeux, baissé la voix. « J’peux pas. » Ses mains tremblaient à présent et, soucieuse de son instrument, elle le déposa sur la table basse. Ses genoux claquants la tenait à peine debout, et elle succomba à leur faiblesse. Elle avait peur, terriblement peur. Mais elle n’avait plus la force de lutter, plus la force de se cacher. Au sol, à genoux devant le canapé, Anya se mordit la lèvre, et leva ses yeux humides vers Alistair. « Ste-plaît, me déteste pas… »

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MessageSujet: Re: puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley   puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley EmptyLun 11 Nov - 7:38

Appartement de Tatiana - 11 décembre 2001.

Je l'entends encore, qui résonne, cette lourde phrase. Ca t'a fait partir. L'abruti. Et moi qui pensais naïvement qu'elle était juste agacée que je sois monté dans un avion sans dire "à bientôt". Moi qui croyais qu'elle me trouvait juste un peu irrespectueux et que ça devait, d'une façon ou d'une autre, heurter ses valeurs de fille de l'Est. Quel con. Et en même temps... Ca veut dire quoi, qu'elle se persuade d'avoir été la cause de mon départ ? Pourquoi, comment, est-ce qu'elle a pu penser ça ? Elle s'est bloquée elle-même comme étant le méchant de l'histoire, l'ogre qui terrorise les populations et pousse à l'exil. Mais pour moi, elle n'a rien été d'autre que la délicate princesse que je pourrais enfin retrouver à mon retour.

J'avais senti ses toutes petites mains exercer une pression contre ma chemise, sa tête se faufiler dans le creux de mon cou. Pendant un instant, j'avais l'impression de revivre des scènes de mon passé, des scènes d'affection que j'ai tendance à oublier, effacer plutôt, comme si je ne méritais pas réellement de m'en souvenir. Anya me rappelait ma rencontre avec cette fille que j'avais croisée quand mon père m'avait chassé de la maison. Elle était grande, fine, et elle m'avait offert non seulement un toit pour quelques nuits mais aussi une oreille attentive que je n'avais pas su retrouver ailleurs. La différence est que dans ce couple insolite, c'était elle la plus âgée, la vingtaine déjà bien avancée quand moi je frôlais les 16 ans tout juste. J'étais resté avec elle, proche de sa chaleur et de sa sécurité pendant 4 jours interminables. Avec elle j'avais découvert une forme d'amour dont j'ignorais encore l'existence, le premier, le plus frêle mais le plus intense aussi. Je me souviens qu'elle me semblait si forte, sûre d'elle, comme si rien ne pouvait l'arrêter, certainement pas un gamin en fuite. Je me suis toujours dit que c'était pour ça qu'elle avait fini par m'envoyer proche d'une gare, trouver le reste de ma vie, comme elle disait. Elle m'avait libéré.

Mon retour à la réalité se fait dans une douceur étonnante, Anya lui ressemble vraiment, ou plutôt... Me ressemble vraiment, dans cette histoire. Spontanée, sincère. Naïve, aussi. Je la regarde s'éloigner du canapé en direction de son violon, et j'ai l'impression de me voir à son âge, tout aussi perdu dans l'avancée de ma vie. Ca me rend nostalgique, un peu. Triste, également, de constater que j'ai perdu toute cette délicatesse avec laquelle elle prend la vie qui lui tombe dessus, comme une gourmandise dont il faut de toute façon se rassasier pour s'assurer de ne pas mourir de faim. Je la regarde à nouveau, debout, somptueuse, et je me demande une fois encore pourquoi ce petit bout de femme que je vois la tout entier a-t-il pu croire qu'il avait été la raison de mon exil. Je ne suis pas dupe, ni totalement stupide. Si elle s'est tant projetée comme la cause de ma fuite, c'est qu'elle a voulu y être liée d'une façon ou d'une autre, et que le lien cause-conséquence est le seul qu'elle ait dû trouvé. Mais d'où est-ce que je mérite cette envie qu'elle a de se lier à moi ? Pourquoi est-ce qu'elle cherche désespéramment à motiver mes actions, là où moi je me languis de son pardon ? On a l'air de deux cons, qui s'attirent sans vraiment comprendre pourquoi et qui pensent que ni l'un ni l'autre ne se méritent. Voilà de quoi on à l'air, et le malin sait bien que ce n'est vraiment pas dans mon habitude de jouer à ce point au chat et à la souris.

Et je crois que je commence à en avoir mare, assez, de me voiler la face et me bloquer à accepter des envies et des sentiments que j'ai sous couvert d'une différence d'âge, d'un soit-disant conflit éthique... Quand la vraie raison de ce blocage qui me dévore est la seule sensation d'être persuadé de ne pas mériter ni amour, ni sympathie, de la part d'un ange comme elle qui n'a pas encore tenté de déployer ses ailes. Je ne suis qu'un échec, cuisant, qui a sombré depuis trop longtemps dans cet aspect noir de sa personnalité. Une Odile coincée à jamais qui ne redeviendra jamais Odette. Anya, c'est l'espoir de revenir, de retrouver du bienveillant en moi, mais à quoi bon. Foutu. Je suis complètement foutu. Et j'ai beau continuer de regarder cette jeune femme, ses doigts qui commencent à se déposer avec délicatesse sur les cordes, rêver à ce qu'on pourrait partager, à comment elle pourrait me sauver. Quel égoïste.

Les premières notes sonnent, dans une harmonie parfaite, évidemment, et je me retrouve plongé toujours plus dans ces pensées que je ne suis plus bon à sauver, une cause perdue. Elle est si belle, quand elle joue. A la fois légère comme une plume et puissante comme un roc, tel le roseau qui plie mais ne rompt pas. Mais ce roseau, soudainement, me semble si vide. Les sons restent délicats et justes mais sans âme, sans la Anya que je connais et que j'aime. Tandis que je m'étais relaxé, bien enfoncé dans les coussins du sofa, je me vois me raidir, mû par une peur nouvelle, une tension. Elle va casser. Elle va rompre. Et je n'ai aucune idée de comment l'arrêter.

« Anya... », je m'entends, le murmurer, peu avant que le silence ne vienne accabler le salon de son poids. Poussé par un instinct insoupçonné, je me suis levé et précipité vers elle, en voulant retenir son corps qui glissait vers le sol, mais je m'en suis retrouvé incapable. Je ne suis pas arrivé à temps. Mes mains esseulées, tendues vers le vide nouvellement installé, se sont refermées sur elles-mêmes, punies de ne pas avoir pu empêcher sa chute. De ne pas avoir su. Et elle est là, gisante dans une peine que je ne comprends pas. « Non, Anya, ce n'est pas grave... Je n'aurais pas dû te demander ça, je... Pardon... ». Après hésitation je me rapproche d'elle, m'autorisant à déposer une main hasardeuse sur son épaule. Je ne me sens pas légitime pour consoler ce chagrin, on dirait tant que j'en suis la cause. A moins que, comme elle, je ne cherche désespéramment à me lier avec ses sentiments, ce qu'elle ressent. Me déteste pas.

Me déteste pas ? Il faudrait déjà que je sache comment faire, comment te détester, si je souhaitais m'y empêcher. Me déteste pas. Ca pue l'abjection, la culpabilité. Pourquoi est-ce qu'elle ressentirait ça ? Est-ce qu'elle est finalement déjà détruite, elle aussi ? Non. Tout juste brisée. Fissurée. Je me refuse de la laisser se faire du mal à se projeter comme j'ai tant de fois pu le faire, en se persuadant qu'on s'est entièrement laissé aller à devenir ce cygne noir. « Anya... Qu'est-ce que tu me caches ? ». Délicatement, je lui saisis les bras sous les aisselles et la porte pour la remettre sur ses pieds. Elle me semble minuscule, juste devant moi. Si fragile. Je la traine, avec tout autant de gentillesse, pour retourner à ce canapé. Puis une fois assis, l'un a côté de l'autre, je passe mon pouce contre ses pommettes, chassant les restes de larmes qui s'y sont échouées. « Je t'en voudrais pas. Je te le promets. ».

Je te le promets. Allez. Dis-moi. Tu peux tout me dire, maintenant.



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MessageSujet: Re: puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley   puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley EmptyLun 11 Nov - 11:12



PUZZLE

12.11.01 § ft. Alistair Fawley

◊ ◊ ◊

Il avait essayé de la rattraper, de lui éviter la chute, mais ses jambes avaient flanché avant tout réflexe. Ses lèvres tremblaient, et elle avait joint ses mains l’une à l’autre. Elles étaient froides, tellement froides. Elle aurait cru que ses doigts allaient tomber chacun leur tour si elle ne les serrait pas fermement. Tout son corps, en fait, était consumé d’une onde glaciale qu’elle n’avait pas vécu depuis son adolescence. Semblable à cette impression que l’on a, après avoir passé trop de temps sous une pluie torrentielle, qui nous ronge les os de l’intérieur. Comme s’ils pourraient se rompre en un claquement. Lorsque Alistair déposa une main timide sur son épaule, cependant, ce fut pour elle toute une vague de chaleur. Ce lien, minime, infime, était suffisant à lui faire relever la tête, alors qu’il s’excusait pour quelque chose dont il ne portait pas la moindre faute. « Non, non… C’est pas toi. Je jure, c’est pas toi. » Il l’avait aidée à se relever, mais avait bien vite compris qu’elle serait mieux assise. De retour sur le canapé, elle avait articulé, en s’installant : « Faut pas penser que c’est toi, non… »

Elle avait appuyé ses coudes contre ses cuisses, et avait enfoui sa tête entre ses mains. La tête lui tournait tant. Elle se serait cru en plein carousel. Elle voulait que tout s’arrête, que tout aille bien, que tout soit comme avant. Elle voulait revenir en arrière, à ce jour où elle avait découvert qu’il y avait plus que la solitude, à la villa. Ce jour où ils s’étaient croisés, par pur hasard. Il la connaissait de nom, elle ignorait son visage. Tout lui avait semblé parfait. Le lien s’était créé, sans tension, sans pression. Il s’était fait de lui-même et, contre toute attente, avait réussi à survivre jusqu’à aujourd’hui. Mais Alistair laisserait-il cette chose inexplicable qu’ils partageaient sur le pan de la porte, lorsqu’il quitterait l'appartement ? Anya… qu’est-ce que tu me caches ? La même chose qu’à tout le monde, Alistair. La même. Je te cache moi.

Elle avait relevé les yeux à sa question. Yeux terrifiés, toujours humides, qui ne cherchaient que le soutien dans ceux de l’homme. Elle avait l’estomac si noué, la gorge si serrée, elle ne savait pas comment elle ouvrirait la bouche. Il passa son pouce contre sa joue et elle ferma les yeux, profitant du moment. Elle ne voulait pas que ce soit le dernier. Elle refusait. Je t’en voudrais pas. Je te le promet. Elle inspira profondément. Elle voulait le croire. Elle espérait sincèrement qu’il tienne parole, qu’il ne la laisse pas pour cette chose qui était bien plus grande qu’elle. Elle repoussait ces mémoires de promesses brisées qui tentaient de la dissuader, de la prévenir. De toute façon, il était trop tard pour reculer. Trop tard.

Elle rouvrit les yeux et serra les lèvres. Expire. Ça ira. Tout va bien aller. « Cet été… c’était un été terrible, Al. Terrible. » Elle ne voulait pas se lancer dans le vif du sujet. Elle en était incapable. « T’sais, cette histoire d’expo’, que les gens parlaient devant Price. J’y étais, moi. C’était début juin. J’y étais. Avec Adra, Léandre et la p’tite. » Ses doigts s’entremêlaient entre eux, dans un espoir vain de contrôler son anxiété. « On a été enfermé, et… y avait cette voix, là, qui disait de tuer la menace, l’intrus… Moi, avec Vass, on pensait que c’était peut-être nous, tu vois. » Elle lâcha un petit rire, coincé dans le fond de sa gorge. « Cracmol, tout ça. Mais, non. C’était pas nous. » Elle se pinça la lèvre, le temps de chercher ses mots, et reprit difficilement. « Mais le temps, il passait. Et la voix, elle disait qu’on allait tous crever, tu vois ? Que ça allait exploser ou j’sais pas quoi, mais qu’on allait mourir. Et la tension montait, et on était… pas bien. » Elle décrocha ses yeux de Al, et les dirigea vers ses cuisses. Elle ne pouvait pas le regarder pour la suite. « Et Adra et moi, on s’est pris la tête. J’sais même plus pourquoi. Mais on a gueulé, et… y avait un bloc de verre. Avec un livre, dedans, j’pense. J’sais plus. » Sa respiration s’était accélérée dramatiquement. Elle devait se calmer, ou elle tomberait dans les pommes avant la fin de son récit. « Mais, hum… Quand, quand moi j’ai crié… Le sanglot montait, menaçait d’interrompre son histoire de ses hoquets désastreux. Le truc de verre, il a… éclaté. Par lui-même. J’lui ai… pas touché. » Sans s’en rendre compte, elle avait commencé à se bercer subtilement, victime de ses angoisses les plus profondes. « On… On y a pas accordé trop d’attention, mais moi… J’savais. J’savais que c’était pas normal, de faire ça. J’ai jamais fait ça. » Elle se frotta le front en râclant sa gorge nouée. Elle tenta un bref regard vers Alistair, mais baissa les yeux presque aussitôt. Pas la force.

« C’est… après, que c’est parti en couilles. Après. J’suis rentrée toute seule. J’trouvais plus Adra. J’ai passé le mois ici. Toute seule. Je me souviens pas beaucoup. C’était… un très mauvais mois. Je sais juste que quand Ella est venue, genre début juillet, j’crois… » Elle tourna la tête vers la table basse, et la pointa faiblement. « Ça flottait. Tout flottait. Des fois c’était autre chose, genre une plante. Mais… on s’en fout. C’est pas ça l’important, je… » Ses épaules s’étaient soulevées, et elle avait pressé ses doigts contre ses lèvres pour s’empêcher de pleurer. Elle ne voulait pas. Pas encore. Elle était fatiguée de pleurer pour ça. « Je pensais pas que c’était… possible. Que ça arrive. J’ai rien eu pour dix-neuf ans, et là… » Sa lutte était vaine. Un gémissement s’échappa d’entre ses lèvres, et ses yeux s’innondèrent à nouveau. Si elle avait perdu cette bataille, alors elle se força à en gagner une autre ; elle releva le regard vers Alistair, en quête désespérée de support. « J’crois que je suis magique, Al. Non, je… Je suis magique. Et… » Elle ne se contrôlait plus du tout. La terreur accumulée depuis juin, la peine qui lui rongeait le coeur, elles se manifestaient là, maintenant. En entier, dans toute leur vulnérabilité. « Et j’ai tellement peur. Peur de Gloriam, peur de ce que ça veut dire, peur… » Elle s’essuya les yeux du revers de sa main, mais les larmes ressurgirent presque aussitôt. « Peur de te perdre, toi. »

Elle aurait voulu ajouter qu’elle n’avait jamais rien voulu de tout ça. Qu’elle aurait craché sur la proposition, si on lui avait offert des pouvoirs. Qu’elle aurait chéri son status quo jusqu’à sa mort. Mais elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait plus. Elle avait besoin de l’entendre, lui, maintenant.

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MessageSujet: Re: puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley   puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley EmptyLun 11 Nov - 17:51

Appartement de Tatiana - 11 décembre 2001.

Je ne l'avais pas prévu. Pas anticipé. Ce torrent qui s'abattait sur moi. Il était lourd, il était massivement lourd. Et mes yeux, grands ouverts, n'arrivaient ni à cligner, ni à pleurer, ni même à rester de marbre. Je sentais mes pupilles s'assécher à chaque nouvelle phrase, chaque nouvelle explication que Anya me donnait. C'était plus qu'un torrent, un putain de déluge, oui. Pris au piège sous ces eaux, j'étais incapable de bouger ou de parler. Je restais muet, seul avec toutes les réflexions qui me venaient à l'esprit. Elles tapaient comme les bruits des tambours lors des grandes fêtes irlandaises, résonnants, encore et encore.

J'avais l'impression de me dessouder de mon corps et de voir devant moi toutes les possibles issues de cet échange, tous mes sentiments qui se mélangeaient les uns aux autres. C'était simple. C'était un deuil. Son deuil.

Le choc & le déni.
La seule explication à tout ça, c'était simple, c'était l'erreur. Elle s'est trompée, avait rêvé. Rien n'avait volé autour d'elle, cette putain d'expo était visiblement remplie de conneries plus magiques les unes que les autres, qui dit qu'il n'y avait pas une sorte d'interrupteur qui aurait lancé un sort de lévitation ? Et quand seule, chez elle, la table volait... Les chaises, les coussins... Tout ça ce n'était qu'un rêve, un vieux rêve impossible. Mes pupilles s'étaient dilatées d'entendre tout ça, même si je ne pipais mot j'avais clairement laissé place à la panique. La peur, aussi. Mes mains s'étaient resserrées sur elles-mêmes, ne voulant pas déranger Anya en se déplaçant machinalement vers elle. Je tripotais donc mes doigts qui s'enlaçaient les uns sur les autres pour s'empêcher d'aller vers elle, vers son visage ou ses bras, serrer fort ce petit corps qui avait tant subi et souffert. Je m'étais concentré sur la première partie de son histoire, sur ce terrible été, sur cette menace de mort qu'elle a endurée. Qu'on lui a fait endurer... putain.

La colère.
C'était quoi ce bordel, de terrifier comme ça une pauvre gamine sans défense ?! C'était quoi ce karma injuste, à vomir, qui venait toujours nous foutre un coup derrière la tête, là où ça faisait bien mal et où on était incapable de se défendre ?! Hein ?! Et puis quoi, ça voulait dire quoi, tout ça... Elle m'avait menti ? Depuis des mois ? Est-ce qu'elle était seulement réellement cracmole ou juste une sorcière qui ne s'assumait pas depuis le début ?... Qu'est-ce que j'en sais, au fond. Comment je pouvais savoir, comment je pouvais lui faire confiance ? Comment je pouvais faire confiance à qui que ce soit, d'ailleurs ? Je suis magique. Et puis quoi encore. Je fais quoi, moi, de ça ? Je suis sensé le prendre et dire "okay, félicitations", avec la même niaiserie dans la voix que quand on fait face à un couple d'amis qui attend un enfant ? J'en fais quoi, de l'épée tranchante que ça m'enfonce en plein cœur, de savoir que je suis pas juste un raté de ne pas avoir eu de pouvoirs, mais que je suis en plus un raté de n'avoir toujours pas de pouvoirs maintenant ? De ne pas avoir eu cette deuxième chance, injuste, que seuls certains ont. Qu'elle a eu. De ne plus avoir personne... Non. Vous savez quoi, il y a forcément une solution. On va trouver quelque chose.

Le marchandage.
Parce que cette frustration, c'est niet, c'est hors de question de juste l'accepter. Peur de Gloriam ? Non. On va trouver quelque chose, on peut le cacher. On peut juste ne rien en faire, de cette magie. L'enfermer bien profondément, ne pas l'utiliser. Rester cracmole, comme si de rien n'était, ça me semble être une bonne solution. La meilleure, même, revenir à ce que l'on connait, ce que l'on sait utiliser. Et puis, biologiquement, si la magie a pu débarquer sans prévenir après des années, on peut forcément l’annihiler. Il suffit juste de bien négocier les termes de tout ça. Parce que sinon, bah sinon, c'est la fin. Y'a pas de retour arrière, y'a que du funeste droit devant, alors il faut forcément faire dégager cette magie, et vite. C'est ça, ou rien. J'en reviens pas de penser tout ça, que tout ça se mélange dans ma tête. Je sens mes sourcils qui se sont arqués depuis tout à l'heure, mes rides qui se sont renforcées, dures et tristes à la fois. Si triste.

La dépression.
Est-ce que ça veut dire que maintenant on est trop différents, pour s'apprécier, se comprendre ? C'est ça, qu'elle essaie de me dire, pas vrai. Avec toutes ses excuses. Pourquoi des excuses, autrement. Pourquoi cette peur si ce n'est craindre cet éloignement inexorable, venu d'une trahison. Car c'est comme ça que je me sens, trahi, seul, si seul. La douleur dans ma poitrine est plus forte encore que celle que j'ai eu quand mon père m'a dit n'être qu'un moins que rien, indigne de notre nom. Après avoir vécu la pire des exclusions, n'étais-pas sensé ne plus pouvoir connaître de telle douleur ? Être immunisé devant la peine causée par ce genre d'abandon, foudroyant, aussi vif et rapide que les larmes qui reviennent dans ses yeux lorsqu'elle les essuie. C'était terminé, normalement, finie cette putain de douleur, cette haine, ce vice que j'ai envie de hurler pour le sortir de mon corps... Mais elle est là, la vérité, dure et incontestable : la douleur ne s'arrête jamais. La peine est cachée au coin de toutes les rues. Et quand je la vois, quand je la sens, dans ces deux grands yeux vulnérables qui attendent leur châtiment... Il n'y a vraiment qu'une seule solution possible... La consoler. « Oh... ma pauvre Anya... ».

L'acceptation.
Lorsqu'elle a enfin tout terminé, que plus un mot ne semblait sortir de ces lèvres et s'exprimer à travers cette voix chevrotante et éraillée, je me suis penché contre elle pour saisir la couverture restée sur le canapé, celle qu'elle avait sur son dos lorsqu'elle m'a accueillie. Je l'ai prise, et l'ai délicatement déposée autour de ses épaules, entourant tout son petit être. Elle était magique. Bon. Je pouvais la haïr, cette situation injuste qui me faisait enrager contre une jeune fille... Mais je pouvais aussi comprendre que la seule raison qui me poussait à cette haine subite... C'est que je l'enviais. Tellement. Du plus profond de mon être, j'aurais rêvé avoir sa chance, voir une table s'élever à côté de moi, réaliser que ça y est. Je suis enfin digne. Enfin... Et il est inconcevable de lui en vouloir, à elle, pour être tout ce que je rêve. Elle n'y peut rien. Alors, faisant barrière à toutes les cellules de mon corps qui veulent vomir, me poussent à crier, ont envie de lui tordre le cou même, je m'agenouille devant elle qui se penche sur ses cuisses et tire cette couverture tout contre moi pour alors serrer dans mes bras la jeune sorcière. Elle devait avoir si peur et se sentir si seule, elle aussi. Mets-toi à sa place Al, est-ce que tu ne serais pas avant tout mort de trouille ? Qu'est-ce que tu voudrais entendre, hein, qu'est-ce que tu voudrais qu'on te dise, dans cette situation ? Que tu aurais besoin, qu'on te dise.

« Anya... Tu n'es pas seule. Tu n'es plus seule, je vais m'occuper de toi. On va trouver une solution. ». Je la serre, si fort, mes doigts s'enfoncent dans les fils moelleux de la couverture, la blottisse contre moi. J'embrasse ses cheveux, son front, mon corps commence un balancement machinal puis mes lèvres descendent vers sa joue, doucement, et je me sens entre le père et l'amant, rassurant et présent. Je ne veux pas l'abandonner. Ce n'est même pas imaginable, plus maintenant. Le bout de mon nez se faufile contre le sien, dans une respiration forte et chaude qui vient se heurter à son visage, et je me retrouve les mains encadrant ses oreilles, à murmurer. « Tu ne le vois pas, que c'est un miracle, ce qui t'arrive ? Tu as tellement de chance Anya, tellement de chance. Et tu mérites toutes les portes qui vont s'ouvrir, toute la joie que ça va t'apporter. Alors il ne faut pas que tu aies peur, il faut que tu embrasses... tout ça. Tout ce que ça veut dire. ». Oui, que tu l'embrasses... Toute cette chance. Et au diable Gloriam et leur haine. On créera la notre, de cause. Ce n'est pas tant la magie qui est dangereuse, ce sont les ignorants, ceux qui ne sont pas conscients du mal qu'elle peut causer. Toi, toi tu sais, mon Anya, tu le sais trop bien. Si Gloriam ne comprend pas ça, si Gloriam se lance contre toi, j’arracherais le cœur de tous leurs membres un par un jusqu'à ce qu'ils ne daignent adapter leur vision à la nôtre. Jusqu'à ce qu'ils me piétinent, s'il le faut.

Mais je ne dis pas un mot de tout cela, je reste au sol, tout contre elle, pendant de longues secondes qui s'écoulent, sans bouger. Je me demande, une fois encore, comment un ange comme elle à qui on a offert la salvation peut autant s'inquiéter de ce que pense un vieux cygne noir comme moi, perdu dans une damnation éternelle qu'il ne pourra jamais vraiment vaincre.



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MessageSujet: Re: puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley   puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley EmptyLun 11 Nov - 22:53



PUZZLE

12.11.01 § ft. Alistair Fawley

◊ ◊ ◊

Elle tremblait de son être tout entier. Ses membres s’agitaient, ses pensées se bousculaient, son âme hurlait. Elle avait tout balancé d’une traite, sachant pertinemment que la moindre pause lui serait fatale. Il l’avait écoutée, sans un mot, alors qu’elle se livrait à lui. Si Ella l’avait trouvée, si Adra l’avait surprise et que Theodora, elle, avait tout deviné, Alistair était le premier à qui elle se confiait. Le premier à qui elle choisissait d’accorder sa confiance. De tout leur entretien, il y avait cette voix forte, puissante, qui résonnait dans sa tête en la blâmant de tous ses maux. Il y avait ces reproches qu’elle se faisait, ces châtiments qu’elle s'infligeait.

Tu n’appartiens à aucun monde. Anya, Tatiana… qu’importe.

Elle s’était entêtée à tout de même ne rien garder pour elle, à tout lui avouer. Elle savait combien c’était risqué, mais elle ne voulait pas faire vivre un mensonge. Elle le respectait trop pour ça.

Tais toi, avant qu’il ne soit trop tard. Tais toi avant qu’il ne parte pour de bon.

Elle avait tenté un regard, un seul, alors qu’elle l’entendait s’agiter. Pourtant, tout de suite, elle avait baissé les yeux à nouveau. Elle ne voulait pas voir sa pitié, ou sa colère, ou son dégoût. Pas avant d’avoir terminé. Elle n’aurait pas la force de finir, autrement.

Tu peux encore reculer. Inventer une connerie, une raison pour justifier tes larmes. Il n’est pas trop tard.

Elle refusait de fuir. Il lui aurait été tellement plus facile de tout garder pour elle, de fermer son coeur à double tour et de jeter la clé dans sa tombe. Elle aurait pu sourir au retour de Alistair, ignorer son absence, prétendre qu’elle n’avait pas été blessée de sa disparition. Agir comme si l’été avait été merveilleux, comme si sa vie allait sur des rails, comme si tout était parfaitement dessiné pour elle. Mais elle s’en empêchait. Il en était hors de question. Car si la voix lui criait de renoncer, si elle la tirait vers l’arrière et la dissuadait d’avancer, il y avait, dans son bas ventre, une sensation faible d’espoir. Elle n’était pas très puissante, ni très remarquable. Elle était dépourvue de mots, cette chaleur douce, mais elle l'encourageait. Elle lui assurait que tout irait, qu’elle ne s’était pas trompée.

Anya avait relevé les yeux à la fin de son récit. Ses épaules étaient toujours secouées par ses sanglots interminables, mais elle le regardait. Elle ne savait que lire dans ses yeux de terre. Elle y décelait une vague d’émotions différentes, contradictoires, qu’il ne semblait pas contrôler lui-même. Et alors que la peur la gagnait, alors que la voix la narguait de la situation, il avait enfin ouvert la bouche. Oh, ma pauvre Anya…

Le carrousel s’était arrêté. Le bâteau sous ses pieds avait cessé de naviguer. Les larmes qui emplissaient ses yeux pâles avaient cessé de couler. En quatre mots, il avait stoppé le temps. Elle sentit à peine la couverture tomber sur ses épaules, alors que ses yeux suivaient tous les mouvements d’Alistair. Ses sourcils froncés et sa bouche entrouverte, visibles traîtres de sa confusion, ne se relâchèrent que lorsqu’il tira le morceau de tissu vers lui. Les bras béants, elle s’était laissé tomber sur ce corps qui la rattrapait, qui la serrait, qui la rassurait. Elle était pétrifiée. Figée. Elle en oublia de respirer à nouveau, alors que tout se bousculait en elle. Mais Alistair, lui, l'étreignait fort, si fort contre lui, comme pour l’empêcher de tomber dans ce néant qui la menaçait depuis juin. Tu n’es plus seule, je vais m’occuper de toi. Elle lâcha un petit rire incontrôlé, qui ne témoignait pourtant d’aucun amusement. C’était du soulagement pur. La pression qui quittait enfin ses épaules, son coeur qui se permettait de calmer sa course. C’était l’espoir d’une joie qui s’était glissée entre ces deux êtres, paumés au milieu d’un salon beaucoup trop luxueux pour leurs habitudes. La joie.

Elle accrocha enfin ses bras autour d’Alistair, et serra à son tour. Il était à genoux devant elle, tandis qu’elle était toujours sur le sofa, mais leur étreinte les menait à la même hauteur. Il avait porté ses lèvres à son front et lui avait déposé un baiser, comme il l’avait déjà fait, autrefois. Mais, ce soir là, elles s'aventurèrent plus loin. Elles s’étaient déposées sur ses cheveux, la faisant rougir ; elles s’étaient déposées sur sa joue, la faisant frémir. Puis, il avait un peu reculé, caressant du bout de son nez le sien, tandis que Anya se permettait de le regarder. Ses yeux bouffis, rougis par les larmes qui coulaient à flots depuis de nombreuses minutes, avaient accueilli de toutes autres émotions. La terreur, la douleur, elles s’étaient cachées. Plutôt, elles avaient laissé toute la place à la gratitude, au soulagement, à l’attachement. Lorsqu’il posa ses deux mains contre son visage, elle ferma les yeux un bref instant et inspira. Irréel. Elle avait glissé sa dextre sur les doigts d’Alistair, pressant sa paume contre cette main douce qui la rassurait. Ses yeux de mer s’étaient rouverts, secs, enfin. Leurs visages étaient près, si prêts. Elle pouvait sentir son souffle caresser sa joue, l’air de ses mots effleurer ses lèvres. Elle avait le coeur qui débattait à nouveau contre sa poitrine, mais pour une toute autre raison. Ces sentiments qui avaient dansé en elle depuis leur rencontre ; ces sensations qui l'envahissaient dès qu’il s’approchait ; ces rêves qui l’avait bercée, cet été, alors qu’elle se persuadait qu’il reviendrait : ils prenaient enfin le contrôle. Elle les avait tant luttés, tant refoulés, et voilà qu’ils menaçaient de faire surface pour de bon. Anya savait pertinemment que la sage décision aurait été de reculer, de le remercier, d’offrir un nouveau verre. Mais elle était fatiguée de se battre. Elle n’en voulait plus, de ces regards détournés pour briser une chimie indéniable. Elle n’en pouvait plus, de ces jeux de monsieur et mademoiselle à chaque fois qu’ils se croisaient dans la rue. Elle refusait de mentir à Alistair, alors pourquoi continuer de se raconter des histoires à elle-même ?

À nouveau, il prit la parole. Ses mots la berçaient. Elle aurait voulu qu’il en prononce encore des milliers, alors qu’ils resteraient blottis l’un contre l’autre dans ce salon impersonnel. Elle aurait voulu que, vraiment, le temps cesse d’avancer. Qu’elle oublie tous les moments désastreux qu’elle avait déjà vécus, toutes les émotions destructrices qui l’avait envahie, pour ne garder en mémoire que cet instant là. C’était ce qu’elle voulait, pour sa vie. Elle, lui. Lui, elle. Simplement. Sans artifices. Elle l’aurait écouté la rassurer jusqu’au matin, mais sa phrase s’acheva et le silence s’installa. Elle devait répondre. C’était son tour. À elle maintenant d’ouvrir la bouche, d'enchaîner des sons qui feraient sens. « Je… » Mais elle n’avait rien à dire. Elle avait usé de tout son vocabulaire, de toutes ses expressions. Elle n’avait plus envie de parler, mais elle répliqua malgré tout, à sa manière.

Sa main gauche, toujours posée sur sa cuisse, vint se glisser sur l’épaule de Alistair, avant de remonter doucement le long de son cou. Ses lèvres, désormais, ne tremblaient plus. Elles s’étaient simplement étirées en un sourire sincère, qui lui creusait les pommettes sous la joie. Son pouce caressa cette peau qu’elle n’avait jamais eu le courage de frôler, et sa poitrine se soulevait sous son souffle fort. Doucement, elle se laissa glisser au sol, ses genoux amortissant sa légère chute. Elle avait approché son front pour le presser légèrement contre celui de Alistair. Malgré ses diverses tentatives pour rompre la distance, elle hésitait, c’était évident. Pas par pur dilemme, non. C’était un manque de confiance flagrant qui l’envahissait. Ça ne lui était jamais arrivé, avant ; elle n’avait jamais eu personne. Il serait son premier. Il était son premier.

Ses paupières tombaient graduellement, à chaque petite tentative se s’approcher. Sa propre respiration n’était plus perceptible à son oreille ; il n’y avait que la sienne qui lui importait. Elle n’était qu’à quelques centimètres et, malgré tout, elle avançait à pas de tortue. Ce n’était que lorsque leurs lèvres se frôlèrent qu’elle fut attirée, incontrôlablement. Elle n’avait aucune expérience, aucune idée. Mais ce baiser, il n’avait pas besoin de technique pour exister. Il avait attendu des mois durant, patient, prêt. Et maintenant qu’il était là, elle cessa de réfléchir. Sa main douce avait pressé la nuque de Alistair, cherchant à le garder plus près, toujours plus près. Elle ne le laisserait pas partir. C’était une erreur qu’elle ne commetterait pas deux fois.

Si elle avait daigné ouvrir les yeux, elle aurait probablement remarqué la lueur du chandelier qui s’agitait, ou bien leurs verres qui lévitaient autour d’eux. Mais, perdue dans le moment, elle n’accorda d’attention à rien d’autre qu’à celui qu’elle savait être son bonheur.

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MessageSujet: Re: puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley   puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley EmptyDim 17 Nov - 14:05

Appartement de Tatiana - 11 décembre 2001.

Ces secondes de calme, de silence pesant, se transformaient en heures. J'avais l'impression qu'on restait comme ça, totalement immobiles, depuis des jours déjà. Le temps avait cette fâcheuse tendance à se distordre dans des moments de ce genre. Des instants clefs. Mais ça faisait si longtemps, pour moi, que ce moment n'avait pas été agréable. Combien de fois le temps s'était arrêté pour me donner rien d'autre que de la longue et inconsolable tristesse, de la rage, de la haine. Alors un peu d'affection, pour une fois, un peu d'amour... que c'était bon.

Entre mes mains, le visage d'Anya m'a l'air minuscule. Si frêle. Pourtant elle m'a montré bien plus d'une fois que malgré son apparence, son jeune âge, elle n'est plus vraiment une enfant. Elle a déjà un peu trop vécu, sûrement. Alors pourquoi quand je la sens glisser sur le sol, quand sa chaleur vient toucher mes jambes, mon épaule, ou ma nuque... Pourquoi je ressens cette minuscule mais bien présente culpabilité ? Ce n'est pas comme si c'était quelque chose de mal. Je ne la force pas, c'est elle qui se laisse aller jusque dans mes bras. C'est elle qui élance cette main contre ma peau. Je ne l'ai ni manipulée, ni trompée. Pourtant elle est bien là, cette peur d'être trop en dehors des normes. Moi, qui ai peur de ça, c'est un comble. Comme si j'avais déjà suivi une norme à un moment... Non. Ce sont les remarques des autres qui me font peur, et la trop grande probabilité que ça la fasse fuir. Ça, ou le regret de s'être adonnée trop vite, trop facilement, à un quarantenaire qui n'a de beau que quelques paroles bien placées.

Peut-être que je l'ai manipulée, finalement ? A force de jolis mots et sourires en coin, à force de l'avoir laissée partager quelque chose avec moi depuis le début. Depuis que son petit accent et son vocabulaire approximatif sont venus me faire cet effet de fraîcheur et de nouveauté qui m'a tant plu. Est-ce qu'elle me plait vraiment, est-ce qu'elle n'est pas juste la manifestation de tout ce que je regrette d'avoir perdu ? C'est ça, qu'ils appellent la crise de la quarantaine, non ? Putain. Comme je m'en voudrais, si elle n'était que ça. Mais pourtant, ce frisson qui parcoure mes bras en sentant ses doigts glisser contre ma joue et son front se poser... contre le m-... J'ai le cœur qui bat. J'ai le cœur qui bat tellement, putain. Je n'arrive plus à respirer. J'ai envie de l'embrasser. Tellement envie de...

Et le doute, pour de bon, s'estompe. Ce que je ressens, là, tandis que ses lèvres viennent enfin contre les miennes déposer ce baiser, furtif mais si réel... Il n'est pas question de savoir si c'est de l'affection, de l'amour ou une satisfaction malsaine d'être arrivé à mes fins. Non. Ce sentiment, là, il est nouveau parce qu'il est si honnête qu'il m'en brûle le cœur. C'est une forme de passion, une tendresse toute nouvelle car je la sais sincère. Que les préjugés aillent se faire foutre. Que les curieux et les malveillants ravalent leurs paroles et s'en étouffent. Car je n'en ai plus rien à faire. Maintenant, je veux juste rendre ce baiser avec la même ferveur qu'il me procure.

Toujours en appui sur le sol, lorsqu'elle retire ses lèvres des miennes je ne peux m'empêcher de sourire. J'en ai un peu, finalement, de la satisfaction. Il faut que j'arrête de me mentir à moi-même, elle m'a attirée depuis que je l'ai croisée dans les couloirs de la Villa, cette fille. Alors je souris, et ajoute avec humour dans cette allégresse envahissante, « J'ai failli attendre... », avant de m'avancer à mon tour contre ses lèvres. Ma main gauche saisit sa nuque en réplique en même temps que je l'embrasse, avec moins de retenue, cette fois. Mon souffle n'est plus coupé mais haletant, et vient s'écraser contre son visage dans un petit vent chaud. De l'autre côté, ma main est descendue le long de son dos, et commence à déparer et agripper ce pull que j'ai envie d'arracher à mesure que ma main continue de descendre. Bientôt, elle attrape le bord en bas du vêtement, et revient d'un mouvement circulaire vers le devant, entre nous deux. C'est à ce moment, qu'enfin, je cesse ce baiser pour me reculer un peu et regarder, les yeux grand ouverts, son visage, sa peau. Comme si j'en avais enfin le droit.

« Tu es si parfaite, Anya. ». Puis mon front revient bien vite se coller au sien, et ma main sur son pull commence doucement à soulever la chemise qui se trouve en dessous et frôler du bout de mes doigts la peau découverte. Cling. Mais un bruit, sourd, de vitre qui se projette contre je ne sais quoi vient me faire me relever. C'est mon verre, qui vole dans la pièce, et s'est échoué contre un mur pour se briser en de trop nombreux morceaux sur le tapis, qui a tout juste amorti sa chute. Et je remarque alors, autour de nous, le chandelier qui fait danser ses flammes, les coussins qui tournent sous le plafond, les rideaux qui se soulèvent et la table basse qui commence elle aussi à vouloir léviter. Ma main, qui commençait à trop se balader, vient appuyer la table pour la reposer au sol, lentement. « Ah oui... Je vois ce que tu veux dire, oui. Tu es définitivement magique, ma belle... ». Mais pour une fois, la magie ne me donne pas envie de jeter des choses au sol ou de frapper contre un mur, pour la première fois depuis qu'elle m'a exclue d'une vie bien tracée, je retrouve la beauté dans la magie, l'incroyable et le féérique.

Mon sourire n'a toujours pas quitté mon visage, mais je réalise qu'il est peut-être temps de continuer ce doux chemin, avancer au lieu de stagner là dans ce cocon devenu agréable. Si Anya commence à faire voler les tables à Gloriam, c'en est fini de ces instants angéliques que je n'ai pas encore commencé à partager avec elle. Je me relève donc, en m'appuyant contre ma propre jambe, puis garde une main tendue vers la jeune femme devant moi. « Il va falloir qu'on fasse quelque chose, oui... Personne ne doit savoir, ou le moins de personnes possibles, en tout cas ». Lorsqu'elle est à présent debout à côté de moi, main dans la main, j'embrasse une derrière fois son front, sa joue... ses lèvres, en tentant de lutter vainement contre l'envie que j'ai de m'arrêter. J'y arrive uniquement pour laisser place à une étreinte dans laquelle je lui répète, mille fois si nécessaire, « Ne t'en fais pas. Tu n'as plus à avoir peur. ».

Je m'éloigne d'elle, à contre cœur, pour souffler un grand coup. Cette situation, même si elle me rempli de joie, doit être gérée. Je me gratte la tête en faisant quelques pas en arrière, puis me mets à parler à voie haute pendant que mes yeux finissent leur tour du salon, qui a été interrompu précédemment. « Adra... Elle sait, j'imagine. Qui d'autres ? Est-ce que tu fais ce qu'il faut, pour... contrôler tout ça ? ». Je replonge mon regard vers elle, puis je souris, à nouveau, comme incapable de me contrôler. Elle me fait sourire. Je n'y peux rien. « Ah tu vas... Tu vas pouvoir faire tellement de choses ! », je m'avance, prends ses mains dans les miennes. Puis je n'ose pas, poser cette question qui me trotte dans la tête, alors je ne dis rien de plus et me contente de garder cet air niais et rêveur, tandis que les aiguilles de l'horloge commencent à montrer une heure bien tardive.

Est-ce que tu vas quitter Gloriam, maintenant ? Est-ce que tu vas être contre ce groupe, et trouver de nouveaux idéaux à défendre ? Et nous, dans tous ça. On devient quoi, nous.



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MessageSujet: Re: puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley   puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley EmptyDim 17 Nov - 17:22



PUZZLE

12.11.01 § ft. Alistair Fawley

◊ ◊ ◊

C’était particulier, ce mélange d’émotions et de sensations qui parcouraient son corps. C’était une chaleur qu’elle n’avait jamais connue auparavant, une euphorie teintée de calme. Elle n’avait pas vraiment réfléchi, lorsqu’elle s’était décidée à l’embrasser. Évidemment, à chaque nouvelle approche, elle avait douté. Mais, lorsque ses lèvres avaient frôlées celles de Alistair, lorsque le courage l’avait poussée à écouter son coeur, ses pensées négatives s’étaient volatilisées. Comme ça, en un baiser. Toutes ses interrogations, toutes ses craintes les plus profondes avaient disparu. Tout d’abord, elle avait été surtout soulagée ; savoir qu’il était de son côté, qu’il ne la laisserait pas tomber, que ce qu’ils partageaient était plus fort que cet imprévu. Ses épaules s’étaient relâchées d’une tension qu’elle maintenait depuis qu’elle l’avait croisé, à cette mission d’automne. Mais ce sentiment d’allégresse, de n’être rien de plus qu’une plume qui valsait dans le vent, il ne dura pas longtemps.

À peine le temps d’une phrase, d’un sourire, que la main de Alistair agrippait doucement sa nuque et la ramenait contre lui. Ce baiser, moins timide, lui procura un ensemble de longs frissons, de douce chaleur, d’exaltation. Au final, il n’y avait que ses lèvres qui touchaient à son visage, que ses doigts qui frôlaient son cou ; pourtant, c’était son corps tout entier qui était bercé, caressé par leur étreinte. Cette sensation, elle aurait voulu la vivre pour toujours. Le temps leur appartenait, le monde était à eux. Perdue dans ces bras qui, elle en était certaine, aurait dû la serrer bien plus tôt, Anya en oublia le lendemain. La magie n’était pas un obstacle. Adrasteia approuverait ses choix, s’ils la rendaient heureuse. Gloriam saurait comprendre. À chaque nouvelle caresse, la jeune femme était un peu plus convaincue que tout irait bien.

Son souffle se coupa, cependant, lorsque la main de Alistair glissa le long de son dos, jusqu’à ce qu’il agrippe ce pull qui lui donnait chaud, tellement chaud. En réponse, les frêles doigts de Anya, déjà posés contre le cou de son soupirant, pianotèrent jusqu’au col de sa chemise. De l’index, elle caressa le peu de peau toujours à découvert, avant de saisir le collet de tissu. Elle ne mit pas trop de force dans sa poigne, mais laissa tout de même une certaine liberté à la passion. Cet instant, il était plus grand qu’elle. Il leur appartenait, mais ils ne le contrôlaient pas. Ils le vivaient pleinement, oubliant les malheurs qui les attendaient de l’autre côté de la porte. Enfin, doucement, leurs lèvres se séparèrent. Pourtant, ils ne brisèrent aucunement leur proximité ; Alistair recula quelques instants, mais reposa son front contre le sien presque tout de suite.

Tu es si parfaite, Anya. Il avait lâché ça naturellement, comme si les mots lui avaient brûlé les lèvres. Il les avait dit avec une sincérité déstabilisante. La jeune femme, troublée et émue, avait lâché un simple « Oh… », perdu au milieu d’un soupir. Elle avait fermé les yeux, un sourire incontrôlable lui étirant les lèvres jusqu’aux oreilles, et avait caressé la joue de Alistair. Sur le coin de sa bouche, elle déposa un nouveau baiser, furtif, cette fois. Enfin, elle ouvrit ses yeux humides. Personne ne lui avait jamais dit ça. Elle n’avait eu aucun amour parental, aucune attention romantique, très peu de vrais amis. Il était le tout premier à lui faire croire que, peut-être, elle en valait la peine ; que peut-être était-elle plus qu’un fardeau, qu’un outil, qu’une alliée pratique. Avec lui, elle se sentait égale.

Un nouveau frisson la parcourut lorsque les doigts doigts de Alistair, téméraires, s’aventuraient sous son haut. Instinctivement, elle inspira un grand coup. Elle pouvait se mentir, vivre dans l’illusion qu’elle savait se contenter de son imagination, mais au fond d’elle, elle savait. Son envie de découvrir le corps caché par la chemise blanche commençait à la brûler de l’intérieur. Elle voulait toucher à plus qu’à cette parcelle de cou que laissait paraître le vêtement, caresser ce torse qui l’avait enlacée avec une douce force. Elle désirait le sentir contre elle, véritablement contre elle. À nouveau, elle hésitait. Cette peur constante d’être ridicule, de faire tout de travers. Au final, elle n’avait aucune expérience. Aucune idée. Mais la crainte, elle l’avait compris, n’avait pas sa place dans le salon, ce soir. Alors, elle se chargea du premier bouton de la chemise, le coeur battant. Ses doigts glissèrent au second mais, alors qu’elle se mettait à la tâche, un bruit strident la fit sursauter.

Cling.

Une exclamation de surprise s’échappa de la gorge de Anya, avant que ses yeux ne se posent sur l’éclat de verre. « Ah. Ah merde. » Elle leva les yeux vers le chandelier qui faisait des siennes, et décela l’ombre des coussins qui dansaient au-dessus du canapé. « Ah, c’est con, fit-elle en se frottant le front. » Mais Alistair, lui, ne semblait pas fâché. Plutôt, il la taquina d’une petite phrase, qu’il ponctua paisiblement d’un ma belle. Il se mit sur pieds alors qu’elle, toujours au sol, laissait les mots la pénétrer. Petite, elle avait rêvé, parfois, à un chevalier qui viendrait la sauver de sa vie misérable. Elle s’avait bien que la réalité n’avait rien d’un conte de fée, mais celle-ci lui suffisait. Elle ne voulait pas de prince, pas de chevalier. Elle voulait Alisair. Lorsqu’il lui tendit une main, elle l’attrapa après quelques secondes, toujours dans sa petite bulle. Ma belle. Elle en gloussa presque, mais se contenta de lui sourire alors qu’il l’aidait à se lever.

Puis, il lui mentionna qu’il fallait effectivement contrôler le tout, et elle ne put que hocher la tête. Oui, elle savait tout ça. Le problème, il était là. Comment ? « Je m’en tire pas mal, maintenant, fit-elle en emprionnant Alistair de ses bras. C’est avec les émotions… c’est plus dur. » Ils échangèrent un nouveau baiser et, le sourire fendu jusqu’aux oreilles, elle ajouta : «  J’ai une phrase, pour contrôler. Comme j’ai fait avec Price, l’autre jour. Quand l’autre, là… James, pesta-t-elle entre ses dents,  il a dit son truc sur nous. J’ai eu peur que ça… explose. Mais avec la phrase, ça va. » Elle serra son étreinte et posa sa tête contre le torse d’Alistair, l’oreille attentive aux battements de son coeur. «  Mais bon, avec toi, j’ai oublié de la dire. Oups. » Elle se mordit la joue, incertaine à l’idée de finir son idée, mais se lança tout de même. « Faudra m’entraîner, histoire que ça n’arrive plus. » Elle releva ses yeux taquins, et se mordit la lèvre, toujours souriante, avant d’embrasser sa joue et de briser l’étreinte. « J’ai plus peur, maintenant, ajouta-t-elle en reculant. »

Il se mit alors à réfléchir, la main dans les cheveux, et Anya continuait d’observer chacun de ses mouvements. Adra… elle sait, j’imagine ? Qui d’autres ? La jeune femme croisa les bras et leva les yeux vers le ciel, pour s’aider à penser. « Hum… la famille, surtout. Et Ella. Mais en fait, ils ont tous su par accident, ou par besoin. » Elle renvoya son regard vers Alistair, à la fois sereine et sérieuse. « Y a qu’à toi que je l’ai dit. » Vivement, un visage oublié se matérialisa dans son esprit, mais elle le chassa presque de suite. Ils parleraient d’elle plus tard. Pour l’instant, la vipère n’était pas une menace. Est-ce que tu fais ce qu'il faut, pour... contrôler tout ça ? Elle relâcha les bras le long de son corps et joignit ses mains derrière son dos, cet air sournois dans les yeux. «  Eh bah… Comme j’ai dit, y a la phrase. C’est… débile, mais ça m’aide. » Honteuse, elle se frotta le front et baissa la tête, mais releva tout de même les yeux, incapable de décrocher son regard. « J’répète Trois pianos, deux banjos, un piccolo dans ma tête, quand j’sens que… Voilà. » Elle laissa échapper un petit rire, avant d’oser enfin relever la tête. « Sinon, Ella m’a fait acheter une baguette. Pas eu le choix, en fait. Ça volait de partout, avant. Là, c’est… mieux. » Elle fit un pas de l’avant, attirée comme un aimant, mais se ravisa. Un peu de retenue, enfin ! « J’ai des p’tits cours, aussi. Genre, la base. Adra, elle fait vraiment tout pour aider. »

Ce fut lui qui succomba le premier à rompre la distance, et il prit les petites mains d’Anya entre les siennes. Ah tu vas… tu vas pouvoir faire tellement de choses ! La jeune femme lui sourit, mais un doute s’installa chez elle. Elle rompit le contact de sa dextre, qu’elle posa sur la joue de Alistair. Ses sourcils se fronçèrent, soucieuse, alors que ses lèvres retrouvaient une position plus naturelle. Il le disait probablement sans arrière pensée, véritablement heureux pour elle, mais quelque chose clochait. Comme si l’apparition de ces pouvoirs allait tout changer, qu’elle abandonnerait ses intérêts pour en découvrir de tous nouveaux. Mais son monde, il ne s’était pas arrêté. Il avait continué de tourner, simplement avec une variable supplémentaire. «  Tu sais… J’ai peut-être de la magie, maintenant. Mais j’en ai pas eu pour… toute ma vie. Le reste, il est toujours là. J’veux dire, toi, tu es pas parti. C’est pareil pour le reste… J’aime les mêmes trucs. » Sa seconde main serra celle de Alistair, alors que son regard s'adoucit. «  Ce que je voudrais vraiment faire, c’est —attend, le mot est dur— pha-rma-po-ti-caire. Voilà. » Elle se remémora ce cursus qu’elle avait voulu suivre, cette erreur monumentale qu’avait été d’en faire la demande. Mais, à nouveau, pas ce soir. «  Avec Gloriam, j’ai appris à faire mal avec les plantes. Là, j’voudrais faire le bien. Aider les gens. Et, au final, la magie donne juste plus de choix. Avec les potions, tu vois. » Une étincelle avait jaillit dans ses yeux, et elle ouvrit la bouche pour ajouter un détail lorsque l’horloge grand-père sonna l’arrivée du soir.

Anya détourna les yeux vers la fenêtre et constata, pour la première fois, le ciel de jais qui était tombé sur Atlantis. «  Oh. » Elle retira sa main du visage de Alistair, sentant son coeur se serrer. Il se faisait tard. Combien de temps avaient-ils passé dans ce salon, à voyager à travers un mélange ahurissant d’émotions ? Elle ne savait plus. «  Il fait noir, constata-t-elle la voix lointaine, le ton déçu.  Si tu veux rentrer, faudrait… y aller bientôt. » Son ventre se serrait, alors qu’elle se faisait à l’idée d’aller se coucher, seule, dans son appartement beaucoup trop grand pour une seule personne. Elle savait ce qu’elle voulait, craignait à nouveau de demander. Cependant, elle se l’était promis ; elle ne ferait pas la même erreur une deuxième fois. « Sauf si… » Elle décrocha les yeux de la fenêtre pour les plonger dans ceux d’Alistair, et fit glissa sa main jusqu’au bas de son dos. « Sauf si tu aimes mieux rester. C’est… c’est pas moi qui va dire non. »

Et elle attendit une réponse le coeur battant, les genoux aussi tremblants que lorsqu’elle lui avait proposé, il n’y avait pourtant pas si longtemps, de se joindre à elle pour prendre le thé.

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MessageSujet: Re: puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley   puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley EmptyLun 18 Nov - 11:40

Appartement de Tatiana - 11 décembre 2001.

Quand l’autre, là… James, il a dit son truc sur nous. Nous. Je n'ai rien dit, avant. J'ai profité de la chaleur de ses lèvres, de sa main qui se balade, son sourire qui me fait trembler et son corps contre le mien. J'ai même tenté d'empêcher mon cœur de tambouriner, échouant lamentablement. Mais en écoutant cette phrase, j'ai eu un peu peur, d'un coup. Son "nous" n'a plus vraiment de raison d'être, c'est un nouveau "nous" qui prend sa place maintenant, et j'ai eu peur que ce nouveau "nous" ne suffise plus. Qu'il soit trop différent, pas accepté. Après tout, ça fait peur de parler dans ce pluriel mal délimité. Nous... Eux. Elle me fait rapidement rire, cependant, « Oui, on va t'entraîner. », même si ça ne chasse pas totalement mes peurs insensées. Et je lui caresse la joue avant de me reculer pour me perdre dans mes pensées.

Je l'écoute me répondre, bien religieusement. Ca me fait plaisir, quand elle m'annonce que je suis le seul à qui elle a partagé cette histoire volontairement. C'est bête, c'est un détail, mais ça me fait me sentir un peu spécial, un peu mieux en un sens ; et c'est rare, dans ma vie, qu'on m'ait fait me sentir supérieur. Jamais vraiment, même, je crois qu'on ne m'ait fait ressentir cela - ou alors d'une façon qui m'importait dans le fond bien peu. Je savoure donc chaque seconde de cet aveu, les mains dans les poches, souriant niaisement et hochant la tête. Dans ma tête, je note chacun de ses mots, ses regards, pour m'en rappeler la prochaine fois que j'irais broyer du noir dans un coin. Puis, doucement, je comprends que en partant cet été j'en ai loupé, des choses. Elle a eu le temps de déjà bien s'organiser. Elle est prête, même. J'en ressens comme une étrange fierté, celle de voir quelqu'un qu'on aime grandir.

En me rapprochant d'elle, Anya a ces nouveaux mots, ces phrases au goût si doux face à l'amertume à laquelle je suis habitué dans le reste de ma vie. Les quelques doutes qui me rongeaient, ceux de ne pas être sûr de la mériter mais aussi ceux de ne pas être sur que ces moments de bonheur peuvent durer... Ils sont tous balayés, d'un revers de main. Comme quand le maître d'école passe un coup, vif mais bien appuyé, sur le tableau noir pour en faire disparaitre la craie. C'est marrant, pour un homme de quarante ans, de se faire rassurer par une jeunette de vingt ans. Et je n'arrive plus vraiment à parler, je la regarde, je la touche, mais ma bouche ne laisse plus passer aucun mot. Comme si j'en avais trop dit, et il est grand temps pour moi de me taire, maintenant. On reparlera de tout ça, la pharmapoticairerie... Ses envies. Ses désirs. Ses besoins aussi. On aura mille raisons de les éplucher dans les moindres détails, plus tard.

Ma main, saisissant la sienne, continue de faire valser ses doigts avec les miens quand l'horloge vient sonner le glas, la fin de cette soirée. Elle s'éloigne alors, me laissant seul soudainement. Je me dirige vers le canapé, où j'avais laissé ma veste plus tôt, je ne sais plus quand. Je sais ce qu'il veut dire, ce silence, il veut dire qu'on doit se quitter, pour le moment. Elle me fait mal cette pensée de départ, elle me fait si mal, mais au fond, il est hors de question de précipiter les choses. Je ne veux plus la laisser partir, lui faire peur. Et la forcer, non, jamais. Elle a vingt ans, Al. Juste vingt ans. Tu pourrais faire comme avec les autres, sous-entendre plus ou moins subtilement que ce n'est que le début de la soirée. Que tu as du temps, encore, avant l'aube. Putain, j'en ai tellement envie. Je baisse la tête vers la veste que je tiens contre mes bras, ce symbole de mon retour chez moi. Oui. Je vais rentrer, jouer le gentleman. Si tu veux rentrer, faudrait… y aller bientôt. Voilà, exactement, allons-y, Al. Tu ne sais pas encore ce que te réserves demain, tu dois savourer chaque moment avec elle. Tu vas savourer chaque moment avec elle. Sauf si.

Ma tête se relève, vite. Mon souffle se coupe. C'est un espère de cri que je pousse, sans aucun son qui ne sort. Sauf si quoi ? Sauf si je veux rester ? Vas-y, propose-moi de rester, donne-moi ne serait-ce qu'une seule raison, une minuscule raison pour ne pas me sentir comme un vieux con qui t'obligerait à succomber sans que tu n'y aies envie. C'est tout ce que j'attends, une simple raison. Et je l'ai senti, d'un coup, se sourire à m'en décrocher la mâchoire. Tantôt amusé de ce nouveau jeu que je n'avais jamais partagé avec elle, tantôt si heureux qu'elle ait fait ce pas vers moi. Machinalement, alors, je repose ma veste sur le canapé et m'approche de la fenêtre où Anya s'était réfugiée. Je vais me placer derrière elle, dans son dos, la forçant à regarder de nouveau vers cette fenêtre qui reflète nos deux corps, l'un au-dessus de l'autre. Dans mes mains, je saisis ses épaules et glisse le long de ses bras en nous regardant. Ce nouveau nous. Puis je l'enlace, embrasse sa nuque qui se trouve juste sous mes yeux.

« Je ne veux pas que tu te sentes obligée de me proposer de rester, Anya. Si tu en as envie... », putain moi aussi, « je resterais, avec plaisir. Sinon, tu viendras chez moi, une prochaine fois, quand tu te sentiras prête. ». Mon nez vient se blottir dans son cou en attendant sa réponse. Je me sens bien hypocrite, à lui dire de réfléchir et d'être bien sûre d'elle, tout en crachant le souffle chaud de mes respirations dans cette zone qu'on sait tous profondément érogène. Définitivement hypocrite, oui. Mais en même temps, quand je regarde nos reflets dans la vitre, je nous trouve beaux. Je nous donne envie, tant envie, d'enlever ce pull et remonter cette jupe jusqu'en haut de la cuisse. Je veux découvrir toutes ces choses que j'ignore d'elle, que j'ai peut-être connu chez d'autres, mais chez elle, ce sera différent. Mieux, là aussi.

Puis je lui murmure à l'oreille « Dis-moi ce que tu veux que je fasse. Je le ferais. »



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MessageSujet: Re: puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley   puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley EmptyLun 18 Nov - 13:44



PUZZLE

12.11.01 § ft. Alistair Fawley

◊ ◊ ◊

Le regard rivé sur la nuit tombante, elle perçut tout de même du coin de l’oeil Alistair se pencher vers le canapé, une main agrippant maintenant la veste qu’il avait déposée plus tôt. Il allait partir. Le jour qui s’éteignait emporterait avec lui ces heures de paradis, où Anya avait vécu sa plus grande euphorie. En passant la porte, Alistair ne laisserait-il derrière lui qu’un souvenir ? Et si, ce moment qu’ils avaient partagé venaient à être unique ? Le seul ? Elle baissa les yeux, accablée à cette idée. Tout avait été si agréable, si parfait. Elle, Tatiana ; méritait-elle cette tournure bien trop heureuse des événements ? Chaque fois qu’on lui présentait une joie sous le nez, elle lui était arrachée à la seconde où elle pouvait le sentir. Dans la fenêtre, elle distingua le reflet de Al, le manteau au bras. Quelque chose n’allait pas, dans cette vision ; elle refusait d’accepter une telle conclusion. Alors, elle osa. Elle ouvrit la bouche, un peu hésitante, mais parla.

Dans la fenêtre, la silhouette se figea, la tête se redressa. Anya, bien qu’un peu anxieuse face à la réponse, ne put réprimer ce sourire satisfait qui se dessinait sur ses lèvres. Clairement, il n’avait pas anticipé sa proposition. La pensée de le surprendre la rassurait un peu, au fond ; elle n’avait pas la moindre idée de ce qu’elle faisait, de ce qu’elle devait dire mais, malgré tout, elle réussissait à l’attirer vers elle. Le temps d’un instant, elle se demanda pourquoi donc elle avait tant hésité à se jeter. Pourquoi avoir pris des mois avant d’oser s’écouter. Mais à peine l’interrogation formulée que  la réponse la frappa en pleine poitrine ; lorsque le sourire d’Alistair apparut sur cette foutue fenêtre, elle sut tout de suite que c’était le risque de tout perdre qui l’avait retenue. Leur relation, elle avait toujours été agréable, spéciale, unique. Même dans la censure, ils avaient su partager quelque chose qu’elle ne pouvait identifier, mais qui leur appartenait. Et, faire le grand saut, c’était risquer le rejet. Accepter le fait de ne peut-être jamais revoir ce sourire, ne plus entendre cette voix qui chantait presque son nom. Longtemps, elle n’en avait pas eu la force.

Mais tout avouer, de son secret à ses sentiments, c’était aussi offrir au futur la possibilité d’être encore mieux. Plus beau, plus grand. Elle n’était pas dupe ; peu importe la tournure de la soirée, elle savait qu’elle ne pourrait en parler à personne. Trop de variables à contrôler, trop d’explications à donner, trop de choses à perdre. Pourtant, de tous les mensonges qu’elle enfilait de jour en jour, de toutes les cachotteries qu’elle gardait au monde, ce secret là, il était sien. Ce qu’ils partageaient, c’était à eux, et à personne d’autre. Et ils le vivraient pleinement, ensemble. Le monde saurait attendre.

Anya tenta un regard par-dessus son épaule, un sourire dessiné sur son visage, alors que Alistair déposait à nouveau sa veste. Il la rejoignit accord, son torse contre son dos. Elle détourna les yeux vers la fenêtre, le regard perdu dans ce reflet d’une réalité qu’elle n’aurait jamais cru possible. Et alors qu’il la serra contre lui, elle sentit ce frisson qui la parcourait, de sa nuque où un baiser avait été déposé jusqu’au bout de ses orteils. Je ne veux pas que tu te sentes obligée, qu’il lui disait, sincèrement. Elle eut envie de rire, devant l’ironie que lui présentait le sort. Pour l’une des rares fois où elle désirait vraiment quelque chose, elle avait l’option de se défiler. Sinon, tu viendras chez moi, une prochaine fois, quand tu te sentiras prête. Elle eut envie de répondre, mais ce souffle chaud caressant sa nuque la tut tout de suite. Elle connaissait le verdict, il ne restait plus qu’à l’annoncer, mais elle attendit. Elle profita de cette sensation, le temps qu’elle dura, et fit glisser ses mains le long des bras de Alistair qui l’enlaçait toujours. Elle laissa ses doigts couler entre les siens et referma sa prise. Il était sien. Le temps d’une nuit, peut-être ; plus, elle l’espérait. Un soupir s’échappa de ses lèvres alors qu’il lui murmurait quelques mots qui, à nouveau, la firent frémir.

Elle relâcha sa tête vers l’arrière, quelque part entre le cou et l’épaule de Alistair, et ferma les yeux quelques instants. D’humeur taquine, elle laissa échapper, lassement : « Oui… Je viendrai chez toi, une autre fois. » Elle laissa couler quelques secondes, blottie contre lui, avant de faire un mouvement vers l’avant pour dénouer leur étreinte. « Mais… » Elle fit lentement volte-face, et entoura le cou d’Alistair de ses bras. Elle déposa un baiser à la base de son cou, sous sa mâchoire, sur sa joue, avant de diriger ses lèvres à son oreille. Elle ne fit que la frôler avant de compléter en un murmure : « Mais ce soir, tu restes ici. » Elle déposa un dernier baiser avant de reculer un peu. Ses mains se faufilèrent de la nuque de l’homme jusqu’au collet de sa chemise, avant de descendre le long des boutons du vêtement. Elle laissa tomber ses bras et releva les yeux, le regard teinté d’audace et de désir. Elle était nerveuse, certes, mais il n’avait pas à s’en faire.

Elle était définitivement prête.

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MessageSujet: Re: puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley   puzzle. ¬ ft. Alistair Fawley EmptyLun 18 Nov - 17:30

Appartement de Tatiana - 11 décembre 2001.

En nous regardant dans la vitre, tous les deux, j'ai l'impression de voir cette vieille photo d'Eugénie et moi que j'ai, rangé dans une boîte en carton poussiéreuse. Dessus, Eugénie y apparaît comme une réelle mère pour moi. J'ai tout juste 10 ans, mais ma sœur, derrière, me protège et m'observe d'en haut. Un ange-gardien, en quelques sortes. Dans cette vitre, j'ai peur de retrouver les mêmes sentiments que cette photo dégage : la fierté me conviendrait, mais la protection familiale, celle d'une sœur transformée en mère, ça me ferait mal de voir cela en nous regardant, Anya et moi. J'avais peur de retrouver ça car je ne voulais pas m'assimiler à la figure d'un père pour elle, une figure que de toute façon je connais trop peu pour pouvoir la reconnaître, même venant de moi. C'est ça je pense, qui me terrifiait et me bloquait pour ne pas aller vers elle. Ce jeune âge, qu'on comparerait trop facilement à une relation père-enfant.

En nous regardant, pourtant, je vois surtout un débordement d'affection trop longtemps renfrognée, de son côté comme du mien. Du moins, je crois. J'y vois la protection, oui, mais pas celle de l'un qui veille sur l'autre, plutôt celle qui veut garder ce petit cocon de bonheur intact, le protéger lui du monde extérieur et de ses dangers. Cette relation, que l'on a créé, qui ne vit que dans cet espèce d'interdit qu'on a installé autour de nous... Elle en est devenue si précieuse. Belle.

Je viendrais chez toi une autre fois, qu'elle me dit. Et malgré la promesse d'un ailleurs dont je me mettrais déjà presque à rêver, on peut ressentir la soudaine déception et tristesse qui m'envahissent. Ma bouche, entrouverte, qui souffle de désespoir, aussi discrètement que possible, et mes sourcils vaincus par la mélancolie qui se mettent alors à tomber de chaque côté de mon front, détendu par l'amertume. Je ne veux pas qu'elle pense que je lui en veux, alors je cache au mieux cette grisaille par un baiser dans le cou, plus fort que le précédent. Ses cheveux passent devant moi et filent, tandis qu'elle tourne sur elle-même et commence déjà à s'éloigner, ça y est. Je m'en veux. Je m'en veux de ne pas lui avoir donné la preuve qu'elle pouvait suffisamment me faire confiance pour partager quelque chose, ensemble, dans une douce et tendre bienveillance. Je m'en veux de me résigner à la laisser s'éloigner sous couvert de bonnes manières que je me donne, moi qui en manque parfois cruellement. Pourquoi je ne peux pas en manquer, là ?... Mais.

Oh. Elle me surprend, en arrivant contre moi et en commençant son chemin jusqu'à mon oreille. Ce n'est pas que je ne m'y attendais pas, c'est plutôt que je ne l'espérais plus. Ca explique cet air, niais et si étonné, quand elle recule de mon oreille pour venir caresser du bout des doigts mes vêtements. Maintenant, c'était bon. J'avais le droit de ne plus me retenir. Je pouvais, enfin, laisser mes désirs s'exprimer. Alors une de mes mains s'éleva dans ses cheveux, contre son crâne, accompagnant un énième baiser plus brusque encore que les précédents. C'était toute cette frustration qui se libérait d'un coup, et bien que je faisais de mon mieux pour l'enrober dans un voile de douceur, j'avais on ne peut plus de mal à me retenir de lui arracher ses vêtements. A la place, pressé de pouvoir l'allonger dans un lit, lui murmurer des mots doux tandis que nos jambes s'entremêlent, je m'avance contre elle, la faisant reculer jusqu'à cette fenêtre où nous étions si beaux.

Puis mes mains qui glissent sur ses hanches, la saisissent et la traînent, plus loin, vers la porte du salon. Je voudrais la prendre dans mes bras, la porter comme la princesse qu'elle est, mais je préfère la laisser mener cette danse et, petit à petit, me guider vers la partie des appartements qui est la sienne. Je me revois, sur le chemin, me retenir aux murs entre deux sourires pour suivre la voie qu'elle m'indique, continuer cette étreinte dans de petits pas qui se succèdent vers la porte de sa chambre. Passer l'entrebâillure, réaliser que ma veste est en bas, et l'oublier aussitôt, bercé par le va et vient de nos deux corps qui trouvent enfin l'harmonie qu'ils ont attendu. Dans cette pièce, je prends tout juste la peine de regarder autour de moi. Ce n'est pas la décoration qui m'intéresse, de toute manière. C'est elle. Et elle, je la vois, toute entière, enfin, pendant que derrière nous la pote claque nous laissant à tout jamais savourer ce moment, seuls, tous les deux.



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