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A Tale of Muggles and Wizards
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 Somewhere in the Shadows, ft Altaïr

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Aedan C. WesterAedan C. Wester
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MessageSujet: Somewhere in the Shadows, ft Altaïr   Somewhere in the Shadows, ft Altaïr EmptySam 24 Aoû - 18:53

Aedan
&
Altaïr
Somewhere in the shadows.


Une belle soirée, oui, c'est une belle soirée.
Quelque part dans l'ombre du soir, surplombant les hauts feuillages des sentiers de promenades qu'Aedan Wester sillonne, la lune est reine dans la nuit. C'est peu dire que pour une fois, il a retrouvé la forme. Ses nuits sont plus longues, ses assiettes vides après chaque repas, sa chambre est rangée et propre. Ses habits sont repassés, sa coiffure soignée. Peu à peu il remonte la pente alors qu'au fond, le monde n'a pas changé, sa situation non plus. C'est lui qui est différent. Il a retrouvé son allure d'antan, presque indifférente, le pas nonchalant, comme s'il voulait embrasser chaque chose que ses yeux voyaient. Il prend le temps d'observer et non pas simplement de survoler, il profite de l'air frais, il écoute le bruit de ses semelles qui raclent le sol. Chaque détail est bon à prendre ce soir. À prendre, à écouter, à apprécier. La nuit est belle quand elle lui sourit.
Il a la clope au bec, l'air détendu. Le jour dernier, et celui encore qui a précédé, il a réussi à éviter son frère. En rentrant tout à l'heure, ça n'a pas été le cas. Un mauvais regard, une insulte et un ordre balancés à la gueule. Il l'a ignoré, il est sorti.

Le seuil de la porte passé, il a senti que quelqu'un, quelque chose le remerciait au fond d'sa tête. C'était peut être l'autre Aedan, déjà prisonnier depuis longtemps, reconnaissant qu'il ait passé l'éponge aussi facilement. À se laisser s'enfoncer dans la boue, on n'en ressort plus les pieds. Cette fois, il a essayé d'en lever un. Ça a marché, son frère s'est tu. Où est-ce qu'il va ?Si seulement même Dieu le savait. Il s'envole, il s'en va. Il ne réfléchit pas, il ne pense plus. Un banc pour manger son sandwich sera parfait. Il lui reste quelques clopes, assez pour la soirée en tout cas. Alors qu'il en repère enfin un à quelques mètres de lui, Wester entend ce qui ressemble à des râles silencieux, loin d'être rassurants dans un tel néant. Il n'y a personne, juste le bruit de ces pas, et cette respiration de plus en plus saccadée, de plus en plus forte, au fur et à mesure qu'il avance sur le chemin. Il connait ça, et il n'hésite pas une seule seconde. Aussitôt que les grognements reprennent après quelques instants de silence, il s'élance vers la source du bruit, calant sa cigarette entre ses dents.

Très rapidement, il perçoit une ombre recroquevillée sous un arbre, qui se détache dans la nuit. Impossible de voir son visage, il dégaine sa baguette et marmonne un "Lumos" dans un chuchotement. Aedan comprend qu'il s'agit d'un jeune homme. Il est en train de lui siffler entre les doigts et faut dire qu'il est bien tombé. Il en faisait beaucoup avant, il a appris comment gérer ça.

- Eh p'tit gars. Relève toi. Allez.

Pas la peine de dire bonjour et d'faire le mec qui comprend pas. Ça le soulage, d'un côté, de voir qu'il a pas changé. Il est resté le même, quand bien même s'il s'est noyé. Il y a toujours une part de lui qui est restée identique à celle d'avant. Le mec est en train de s'étouffer, il y a pas trente six mille choses à faire. Il le soulève pour le redresser, quoi qu'il puisse ressentir. Son index et son majeur prennent son pouls, faible mais rapide.Il attrape fermement son menton pour lui redresser et capter son regard. Attrapant sa baguette, il la pointe en direction de son visage. Blême, livide, en sueur.

- Ok. Tu m'entends ? J'ai besoin de savoir si tu m'entends.

Y aller petit à petit. Toujours. Ne pas le brusquer ni tenter quoi que ce soit de stupide et d'inconscient pour éviter tout danger. D'une facilité étonnante, Aedan arrive complètement à zapper les vieux souvenirs qui le hantent quand, plus jeune, c'était à lui que ça arrivait. Il y a encore quelques semaines il ne se serait pas montré aussi efficace. Efficace à cet instant là, c'est être ferme. Il doit réussir à capter son attention pour s'assurer qu'il ne perde pas connaissance. Là, ça risque d'être plus compliqué. D'une seule main, le jeune sorcier entreprend d'ôter sa propre veste et de la caler dans le dos d'Altaïr, dont il ne connait pas encore le nom. Il retire également celle de la victime, et le redresse droit contre l'arbre.


- Il faut que tu respires profondément. Comment tu t'appelles, tu peux me le dire ?




Aedan C. Wester
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MessageSujet: Re: Somewhere in the Shadows, ft Altaïr   Somewhere in the Shadows, ft Altaïr EmptyDim 25 Aoû - 18:10

I don't want to be the one the battles always choose

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Altaïr ne sait pas comment ça a commencé, cette fois. Il l'a sentie venir. Dès lors qu'il s'est réveillé, il l'a sentie en lui, cette grande fêlure, nette comme un verre qu'on jette par terre de toutes ses forces. Oui, c'est exactement comme si on le fracassait tête la première comme un vulgaire objet obsolète. Il s'est habillé, la chemise plissée et les cheveux anarchiques avant de se forcer à sortir. Là, le soleil qui a coulé sur son visage lui a semblé terriblement hostile ; il a vu comme une agression son omniprésence, ses rayons tels des fuseaux affûtés lui tapant férocement les tempes – une insoutenable migraine en perspective. Il s'est traîné à l'université, la lourdeur de sa foulée plus parlante que n'importe quel mot – et ses mots, ils s'étranglent dans sa gorge sèche. Il n'a pas parlé de la journée – il n'a guère croisé que les connaissances habituelles, avec lesquelles il ne partage aucune proximité particulière ; il ne leur a accordé qu'un bref signe de tête, et le simple geste lui a coûté. Il s'est forcé à écouter les professeurs, même si, à dire vrai, il les entendait plus qu'il ne les écoutait réellement, leur discours grésillant contre ses tympans, véritable nuisance sonore pour ses sens aiguisés. Il a senti le rythme de son cœur se faire sauvage dans sa cage thoracique ; s'accélérer, se faire guépard en pleine course, se faire gazelle galopant pour sa vie ; il a senti son souffle commencer à être secoué par les saccades.
Par un quelconque miracle, il a réussi à garder pour lui cet affolement généralisé, cette terrifiante montée d'angoisse, jusqu'à se ruer dehors à la fin de son dernier cours. Il a couru, couru sans vraiment se préoccuper d'une quelconque destination – qu'il ne se soit pas assommé relève également du miracle. Il est sorti de l'université sans regarder autour de lui, laissant les gens s'écarter sur son passage, l'air outré par son impolitesse ou perplexe face à son état général relativement alarmant.

Sans savoir véritablement comment, il s'est retrouvé sur les sentiers de promenade lorsqu'il a commencé à trembler au point de ne plus pouvoir marcher, chaque tressaillement comme une gifle cinglante, comme  un fouet contre sa joue froide. Genoux contre le sol, puis les mains ; sous un arbre. La sueur comme une seconde peau glaciale dans son dos, dans son cou, sur son visage. Les larmes qui lui chauffent les joues – il ne remarque leur coulée que lorsque leur sel se dépose insidieusement sur ses lèvres sèches. Ses yeux qui ne voient plus que les ténèbres ; celles du sol, celles de son intériorité. Inspirer ; une lutte, un duel mené aveugle et sourd ; il y a quelque chose, un mur dans sa gorge, un rempart, une forteresse imparable. L'air est aspiré inutilement ; il ne passe pas, il ressort, il repart. La vision d'Altaïr se brouille encore davantage – il revoit, comme cela lui arrive souvent, le ruban noir de sa vie se défaire, se déliter doucement. Il voit ses parents, il voit son frère – leur mépris, leurs yeux qui ne comprennent pas, qui ne comprennent jamais, leurs mains trop peu tendues, qui savent qu'elles ne le saisiront pas, qui savent qu'il est trop loin, qui se tendent pour la forme. Des rires, dans sa tête, qui rebondissent contre son crâne, qui s'insinuent dans les lézardes de son cœur – hideux comme des spectres, comme un sourire déformé par la moquerie. Ils se font de plus en plus aigus, avoisinant presque les ultrasons – pas assez encore, cependant pour qu'il ne les entende plus. Des ombres projetées contre une route goudronnée, qui ondulent, qui courent vers lui avec l'allure de noires tentacules, des ombres qui viennent l'enserrer, attraper son cœur au vol, le comprimer, l'opprimer, l'étouffer. Et l'air qui ne passe toujours pas les murailles de sa gorge nouée. Et puis toutes les visions se disloquent, et puis ne reste qu'une ombre, qu'une seule et unique ombre qu'une horrible lumière blafarde vient allumer de sa tache malsaine et aveuglante : la silhouette d'un jeune homme, tête baissée, sur le visage duquel coulent d'abondantes boucles noires ; à son cou, une corde, qui remonte à un plafond invisible – son spectre à lui, sa plus terrible vision, le sujet de ses plus horribles cauchemars. Il ne s'y fait pas, il pense qu'il ne s'y fera jamais. Il ne voit pas les yeux morts, mais il les sait, ils sont sous les cheveux sombres – et ils ont dû être doux, ses cheveux, et il aurait pu les toucher, ses cheveux, il aurait pu oui. Mais l'échec est venu, l'échec vient toujours, l'échec fait partie de lui – ensemble, ils ont tout détruit, tout ruiné à proprement parler – des charpentes branlantes de la vie d'Altaïr, ils ont fait des ruines fumantes.

Et le souffle qui file entre les dents, les ongles qui s'enfoncent dans la terre, qui veulent couper la peau sans y arriver, la main qui se pose brutalement sur le cœur. Il cogne fort contre les côtes, si fort, si vite. Comme à chaque fois, il se dit que cette fois c'est fini, que cette fois tout va s'arrêter, qu'on va enfin lui permettre de le rejoindre, que la vie lui fait le cadeau de le quitter. Ses paupières s'abattent, se relèvent, papillonnent – vont-elles se clore à tout jamais ?

Et puis tout se tait. La vie le reprend, la vie le saisit entre ses griffes, in extremis – il allait chuter. Altaïr entend derrière lui des pas, capte la faible lumière, connue, familière, d'une cigarette dans la nuit. Il entend les hideux sifflements de sa propre respiration, il se voit trembler. Il veut se reprendre, offrir à l'autre, quel qu'il soit, la façade qu'il a pour coutume de présenter aux autres. Il veut bouger, mais la raideur de son corps se rappelle à lui ; provisoire paralysie. Alors, une voix s'élève – une voix d'homme – qui lui dit de se relever, qui s'enquiert de lui, qui affirme sa présence par le biais de ses instructions, prononcées d'une voix ferme et pleine d'expérience. Il sait visiblement ce qu'il fait. Et le blond ne sait pas si le soulagement de tomber sur quelqu'un qui comprend surpasse la déception d'être encore en vie. Il veut obéir, il le veut vraiment, mais ses membres ne coopèrent pas, le laissent avec leur rigidité presque cadavérique, leur extrême roideur. Il n'y arrive pas – et les saccades qui reviennent posséder son souffle, le regain d'angoisse, de honte aussi – il ne veut pas qu'on le voie comme ça. Ça, c'est la partie la plus veule de son être, c'est sa faille, ce sont les bris de son passé – un secret qu'il hait, qui lui colle à la peau comme une cicatrice boursouflée. Il n'est pas faible, lui, pas vrai ? Et s'exposer ainsi lui est insupportable, ravive en lui la haine qu'il se voue impitoyablement. Il se trouve ridicule, il se voit bouffon, il se voit fragile, susceptible d'être brisé par n'importe quoi, faiblard, pleureur, peureux, incapable de résilience. Et puis la voix résonne à nouveau, plus clairement. Il lui pose une question, au vu de son intonation ascendante. Il se concentre pour l'entendre plus clairement. Il lui demande... il lui demande s'il l'entend.

Altaïr veut parler, veut lui répondre, mais ce qui obstrue sa gorge a neutralisé ses cordes vocales ; il ouvre et ferme la bouche, sans qu'aucun son ne passe jamais la barrière de ses lèvres. Alors, tout tremblant encore, il parvient à se redresser, très légèrement, à s'adosser contre l'arbre, dans une position assise un peu avachie encore – impossible de se relever plus, n'en déplaise à l'inconnu. Il réussit à considérer l'autre – un jeune homme un peu plus âgé que lui, aux cheveux sombres – d'un regard encore embrumé, et parvient, dans la foulée, à le gratifier d'un hochement de tête.
Oui, je t'entends.
Dans ses yeux, il y a la peur, désormais, la peur d'échouer encore, tout seul. Et s'il partait ? S'il décidait qu'au fond, c'est son problème, qu'il n'a qu'à se défaire de ses démons dans cette solitude qu'il a tant chérie, dans laquelle il s'est tant enveloppé.
Je t'entends, ne pars pas.
Il ne peut le lui dire, mais il espère que son regard charrie toute la détresse qui l'envahit en cet instant. Il rejette la tête en arrière ; la nuque contre la fraîche dureté du tronc d'arbre, puis sa veste qu'on enlève –  nudité, vulnérabilité. Il le voit enlever sa veste pour l'en couvrir – il veut protester, lui dire de garder pour lui sa veste qui le protège, que ça n'est pas la peine, mais il ne parvient pas plus à parler qu'avant. Chaleur, contre ses épaules, son dos, différente de celle qui le fait suffoquer. Et puis les mains, qui le saisissent, vigoureuses, déterminées ; Altaïr l'aide de son mieux, s'efforce de se redresser du mieux qu'il peut. Lorsque l'autre reprend la parole, c'est pour le conseiller et lui demander son nom. Il lui dit de respirer profondément, mais la muraille bloque toujours sa gorge, et les inspirations qu'il tente de prendre le plus calmement possible s'y heurtent sans cesse. Frustré, il gémit de désespoir; ce qui passe ses lèvres tient plus du râle, mais c'est un son, c'est déjà quelque chose. Il s'essaie de nouveau à la parole, et, cette fois, il parvient à sortir quelques mots, à les faire passer dans le lit de cette gorge aride et asséchée.
– Peux... pas... bloqué...
Il essaie de relever la tête, le menton naturellement attiré vers son torse, comme si son cou était las de porter sa tête. Une douleur nouvelle se met à pulser contre ses tempes – c'est comme si un cœur y battait. Son nom... Il lui a demandé son nom... Il peut le faire, il peut le lui dire.
– A-Altaïr...
Reste, s'il te plaît.


« tu m'as laissé la Terre entière, mais la Terre sans toi, c'est petit »

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MessageSujet: Re: Somewhere in the Shadows, ft Altaïr   Somewhere in the Shadows, ft Altaïr EmptySam 14 Sep - 6:22

Aedan
&
Altaïr
Somewhere in the shadows.

Altaïr. C’est comme ça qu’il s’appelle. Aedan hoche plusieurs fois la tête, comme pour prendre le temps de l’enregistrer. Il comprend ce que ça fait, prend son temps, sans être pour autant moins ferme.  Ce qu’il a envie de lui dire, c’est qu’il va s’en sortir parce qu’il est clairement pas en train d’crever mais dans ces cas là, c’est bien la seule chose à laquelle on pense. La seule que l’on craint. Crever, alors qu’on voit plus l’bout du tunnel. Il doit s’empêcher de toutes ses forces de ne pas penser à ce trou dans lequel il tombait sans atteindre le fond, pour se concentrer sur Altaïr. Le gamin est plus jeune que lui. À l'époque, il était aussi jeune - mais aujourd'hui c'est aujourd'hui, et ce qu'il voit maintenant, c'est le visage encore juvénile d'un presque adulte, une âme en peine qui n'a pas l'air d'en être à sa première crise. À travers les traits fins qu'il distingue difficilement, il voit un garçon qui s'est perdu dans l'ombre depuis trop de temps. Et c'est cette tristesse, inexpliquée, pas inexplicable, qui lui rappelle le visage terrifié du petit garçon qu'il était.

- Ok Altaïr. Tu ne peux pas relever la tête, alors au moins si tu peux m'écouter, concentre toi sur ma voix.

Au début il bafouille un peu, en essayant d'enfiler un rôle qu'il n'a jamais porté, faisant attention à ce qu'Altaïr ne le remarque pas. Y a rien de plus stressant de savoir qu'une personne qui souhaite donner son aide n'a en réalité aucune idée de comment s'y prendre. Ce n'est pas réellement son cas, il suffit juste de comprendre le cheminement. Aedan glisse une main sous son menton pour prendre son pouls. Rapide, vraiment très rapide, trop même. Rapide et fort.

- Altaïr il faut que tu fasses en sorte de garder les yeux ouverts. Concentre toi sur ce que je te dis, et prends ton temps. Si tu fais les choses trop brusquement ça ne va faire qu'empirer. Respire profondément. Une respiration à la fois, et focalise toi sur chacune d'entre elle.

Pour s'illustrer, il régule sa propre respiration pour qu'Al module la sienne de la même façon. Sa main se pose sur son épaule, son pouce touche sa clavicule. D'une tendresse qu'il ne se connaît pas, il le fait rouler sur l'os saillant. Pour que le gamin, du mieux qu'il le peut, réussisse à se concentrer sur le seul mouvement encore bercé de douceur de son corps assailli par le chaos. Alors que les secondes passent, et qu'avec tout l'Espoir du monde il espère avec naïveté lui servir à quelque chose, il se rappelle que Sylver lui faisait ça aussi. Ce petit massage sur la clavicule. Un amour révolu, une nostalgie qu'il refoule.

- Quand tu te sens prêt, relèves toi un peu. Et essaye de me regarder. Altaïr, je sais que ce n'est pas facile mais écoute le monde autour de toi. Essaye de prêter attention au vent qui souffle, il est frais à cette heure là. Écoute le bruissement des feuilles dans les arbres, et le chant de la nuit. Tu peux faire ça ? Tu es en sécurité. Je te le promets.

S'il sent qu'il parle trop, c'est parce qu'avec lui, on n'a jamais parlé assez. Ça lui fait du bien de ressentir ça, ça lui enveloppe le coeur dans un tissu de soie qui caresse toutes les entailles et que le textile apaise. S'il n'a pas su s'aider avant, il peut au moins aider Altaïr à chasser ses ombres. On en a jamais trop.



Aedan C. Wester
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MessageSujet: Re: Somewhere in the Shadows, ft Altaïr   Somewhere in the Shadows, ft Altaïr EmptyLun 23 Sep - 14:36

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Il est là. Là, il sent ses pieds, le contact de toute leur longueur sur le sol ; le poids de tout son corps qui se fait sur eux sentir. Le sol à des attraits subits, comme si la totalité de sa fragile enveloppe de chair voulait s'y jeter, s'y fondre pour s'y annihiler. Il ne sait plus où commence son cœur, où s'arrête son âme ; son être se distille dans la nuit sans voix. Ses respirations vont et viennent comme des athlètes à bout de souffle sur la piste de sa gorge asséchée, frénétiques et inutiles. Chacune d'entre elles est une main tendue à la conscience d'Altaïr ; si tu respires, tu restes. Si tu n'y parviens pas, la gueule insondable sous tes pieds s'ouvrira. Il tremble, il s'épuise à s'essayer de respirer.
Mais l'autre est là – ne pas l'oublier, ne pas se laisser happer par la facilité de la solitude, par la tentation de ses incessantes ténèbres. Il n'y a que sa voix. Pas de visage, pas de nom. Une voix. Une voix à la douceur étrangement affectueuse ; une étreinte aérienne, pas de celles qui vous pèsent, pas de celles qui écrasent. Une voix qui s'arrête où commence votre intimité, une voix qui s'accroche à vous, sans dureté, sans vous tirer à elle, sans vous égratigner – elle a des doigts, pas de griffes. Une voix sans heurts, mais une voix jeune ; le blond sent l'habitude orner les mots du jeune homme. Est-il de ceux-là, qui chutent en eux-mêmes, qui s'attirent au fond de leur propre abîme ? Est-il de ces souffles imprévisibles, de ces cœurs instables et de ces âmes qui se torturent ? Est-il à son image ?
Le flot calme de ses paroles parvient à Altaïr. Il y a son nom, plusieurs fois. Le rythme ternaire des syllabes qui le composent, jouées par l'instrument de la voix de l'aîné. Et à chaque occurrence, c'est une lumière au loin, c'est une main à sa taille, qui le repêche alors qu'il chutait. Altaïr, reste là. Altaïr, tu peux y arriver. Altaïr, tiens bon. Altaïr, je suis là. Altaïr, tu n'es pas seul ; tu n'es plus seul. Du brun qui lui fait face, Altaïr ne connaît que la façon dont il prononce son nom. Il ne sait que les instructions qui lui sont soufflées, rapidement mais clairement. Il y a une urgence dans le ton, une conscience de la gravité de la situation. Sa voix. Sa voix, c'est la clé, comme il le lui a dit ; sa voix, c'est le chemin vers le calme, vers l'apaisement, si loin à l'instant présent. Sa voix, c'est le gage de sa présence ; c'est l'assurance qu'il n'est pas seul avec sa peine. Sa voix, c'est le long chemin rectiligne qui le mènera vers la quiétude, ou tout du moins l'arrachera à sa sombre agitation. Alors il tente de trouver la concentration, déploie des efforts d'exception pour rester là, avec sa voix comme guide, avec sa voix comme flamme qui ponctue l'obscurité. Sa voix. Sa voix. Ne pas prêter attention aux autres voix, à celles qui hurlent comme le blizzard, à celles qui tranchent comme le glaive. Sa voix. Pas celle du cadavre qu'il a aimé d'amour, pas celle de la culpabilité qui l'a traversé depuis. Ses mains se serrent en des poings tremblants. Tais-toi, tais-toi. Taisez-vous tous. J'essaie de l'écouter, j'essaie de vous oublier. Laissez-moi y arriver. Laissez-moi, lâchez-moi. Cessez de peser sur mon cœur et sur mon souffle, j'essaie de respirer. J'essaie de vivre. Ne me laissez pas là, ne me laissez pas pour mort à ses côtés, je paie mes erreurs chaque jour. Et je continuerai à les payer chaque jour que la Terre fait – pour lui, ni mépris ni oubli. Laissez-moi vivre pour lui et moi, je le porte chaque jour parce que je porte mon cœur et qu'il en est l'éternel gardien. Laissez-le m'assister, me porter chaque jour, de mon réveil à mon coucher.

Sa voix qui filtre à travers le flot constant des suppliques qu'il se fait à lui-même, la voix d'un autre, la voix qui n'est ni la sienne, ni celles qui, odieux spectres volubiles, n'ont de cesse de le hanter.
Sa voix, et puis sa main. Sur son épaule, d'abord, une tache de chaleur sur le froid qui a infiltré ses os sans même qu'il ne s'en aperçoivent réellement, tout à ses luttes intrinsèques qu'il était. Une ancre à la lourdeur paradoxalement apaisante ; pas de celles qui font chavirer, mais de celles qui vous fixent au sol, les pieds résolument plantés. Le parcours des doigts de l'autre sur la saillie sensible de ses clavicules l'accroche à l'instant présent, à l'indubitable réalité de ce contact. S'il le touche, s'ils peuvent partager cette unité temporelle et s'attacher par le biais de cette main sur lui, c'est qu'ils se trouvent dans une réalité commune ; c'est que lui, Altaïr, est bel et bien là, sur ce chemin, contre cet arbre, aux côtés de cet inconnu qui tente de le ramener. Et si l'abysse qui bée sous lui n'a pas fermé ses mâchoires, il y a, juste à côté de lui, cette voie qui sinue vers une lumière au loin, cette alternative nouvelle. Il y a la chute et l'échappatoire, le naufrage et la navigation. Il y a l 'Altaïr qui choit, et l'Altaïr qui chemine.
C'est le second Altaïr qui parvient à articuler ces quelques mots :
– Dis-moi... Ton nom... J'ai – j'ai besoin de savoir. J'ai besoin de savoir qui est avec moi.
Et ça semble peut-être con, étrange, incongru. Mais à l'instant, c'est ce qu'il lui faut. En plus du contact salvateur, l'assurance que l'autre existe bien, qu'il n'est pas une construction de son imaginaire sadique. Et, après la voix, après le toucher, c'est sa respiration qu'il tente de moduler. Il fait comme l'autre le lui a dit, une à la fois, il les compte, doucement. En anglais puis en suédois, passer d'une langue à l'autre étant un exercice dont il a déjà remarqué qu'il l'aidait à retrouver un semblant de concentration. Peu à peu, les inspirations et les expirations commencent à s'enchaîner plus naturellement – il y a toujours des heurts, bien sûr, des souffles avortés, des suffocations de quelques secondes, mais il tremble moins ; il émanait de lui cette impression qu'il allait être soufflé au moindre coup de vent, il paraît plus stable maintenant. Lorsque vient, comme un ordre, la demande d'ouvrir les yeux, il se tend un peu. Il ne sait pas s'il est prêt à revoir le monde, ce monde qui tente de le déraciner chaque jour ; est-il assez solide, est-il assez fort ? N'est-il pas encore ce roseau malingre, que la moindre brise anéantirait ?
– Je – je sais pas si je peux. J'ai peur – peur de ce que... de ce que je pourrai voir.
Et peut-être aussi qu'il a peur de voir le visage de l'autre, de voir dans son regard de la déception, ou quelque chose d'autre. Il a peur de ne pas être assez bien, il a peur qu'il s'en aille une fois qu'il ira mieux. Il a peur de se retrouver face à lui, il a peur de comprendre qu'il est resté par simple pitié, parce qu'il a cru qu'il était sur le point de lui claquer entre les doigts. Il aimerait qu'il reste près de lui. Il aimerait qu'il continue à lui dire que tout va bien, qu'il est en sécurité. Il aimerait qu'il continue à lui faire des promesses – il aimerait les croire, ces promesses, et peut-être que s'il reste il y arrivera.
– Je crois – je crois que j'ai besoin d'un peu de temps avant... tu peux me parler encore ?
Sa voix est rauque, ses cordes vocales sont comme rouillées par le silence forcé. C'est plus haut qu'un murmure, plus bas qu'une parole prononcée à haute voix, c'est comme un râle.
– N'importe quoi. Tu peux me parler de n'importe quoi. Je t'en prie.
Il se tient là, les yeux encore férocement clos, tremblotant encore, à peine soutenu par l'arbre, le lien ténu qu'il entretient avec le jeune homme se manifestant par la chaleur de ses doigts sous son menton et sur ses clavicules. Il se tient là, et il sait, il sent qu'il n'est pas seul.


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MessageSujet: Re: Somewhere in the Shadows, ft Altaïr   Somewhere in the Shadows, ft Altaïr EmptyMar 22 Oct - 8:13

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Somewhere in the shadows.


Dis-moi... Ton nom... J'ai – j'ai besoin de savoir. J'ai besoin de savoir qui est avec moi.

Il a une voix bien trop douce, et des intentions bien trop pures pour mériter de telles ombres. Aussi, il est fier en voyant le jeune adolescent qui fait l'effort de l'écouter et de suivre ses conseils. S'échange entre eux deux un très bon contact - si Aedan se sent inexplicablement proche d'Altaïr de par ce qu'il lui fait penser de l'ancien lui,c'est parce qu'il également ce qu'il n'était pas. Peut être est-ce la première fois qu'on lui tend la main, peut être qu'il a vécu ce cauchemar déjà bien trop de fois avant, et qu'aujourd'hui il se dit que ce n'est qu'un coup de chance. Aedan se souvient de ces nuits sombres où il se noyait et ce soir, Altaïr ne coule pas seul. Pour la première fois depuis des années, trop, pour qu'il ait continué de compter, il a envie de le prendre dans ses bras et de lui donner un peu de chaleur, celle qui disparaît quand le froid s'installe et que la glace l'enveloppe.

- Aedan, qu'il souffle tendrement. Je m'appelle Aedan. Et puis, n'aie pas peur d'ouvrir les yeux, Altaïr. Qu'as-tu peur de voir? Qu'importe ce que tu verras, sache le, je suis là. Et tout ce qui vient de ta tête n'est aux premiers abords qu'une illusion, ce n'est pas aussi réel que tu le crois.

Crois moi si je te dis que je leur ai déjà serré la main, à ces monstres qui vivaient dans ma tête. Aedan sait que la pire des hantises est celle de se demander si un jour viendra où ils partiront. Ce qu'il a compris, c'est qu'il ne faut pas chercher à les fuir ou à les repousser si, tout comme eux, ils veulent se faire entendre. Il voudrait qu'il s'en rende compte, et qu'il se serve de ça. Pour le moment, c'est compliqué. Devant lui, Altaïr croit se mourir et Aedan est presque impuissant à sa douleur, aussi semblable puisse t-elle être à la sienne. Il pose une main sur son genou replié et hoche doucement de la tête.

- Alors nous allons prendre notre temps, Altaïr. Qu'est ce que je peux te dire ?

À dire vrai, il n'a pas les mots pour le réconforter, ni même ceux pour le distraire. Il refuse d'en rester là et cherche quelque part dans son esprit, une bonne histoire à lui raconter, ou de petites anecdotes qui lui feront oublier l'état dans lequel il se trouve.
Tout lui ira, il a juste besoin d'entendre sa voix.

- Je ne sais pas si c'est ton cas, mais j'écris beaucoup. J'écris ce que je ressens, et qu'importe la forme que prennent mes écrits, je ne ferme pas le cahier tant que je sais que quelque chose me ronge encore. L'écriture est l'art qui saigne le plus. Tu devrais écrire, si tu ne le fais pas déjà. Si tu veux, nous le ferons ensemble.

Ces quelques mots, qui lui donnent envie de tout lui offrir. Il vient s'asseoir près d'Altaïr, son épaule touche la sienne, et s'il est étonnant de voir Wester accepter une proximité aussi proche, c'est parce que s'imaginer l'aider à se relever après cette épreuve et reprendre sa route lui semble inconcevable. Il passe une main fraternelle dans les épis dorés du plus jeune.

- Je t'apprendrai comment j'ai contrôlé mes démons pour mieux m'en servir. Tu verras, tu n'es plus seul maintenant..






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MessageSujet: Re: Somewhere in the Shadows, ft Altaïr   Somewhere in the Shadows, ft Altaïr EmptyMar 29 Oct - 13:29

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– Aedan.
Il fait rouler les syllabes sous sa langue, pour les apprivoiser, pour que le prénom passe d'inconnu à familier – pour qu'Altaïr lui associe la chaleur et l'attention que lui témoigne présentement le jeune homme. Pour que l'étranger qui prend, en cet instant, soin de lui, devienne Aedan. Pour associer un prénom, une sonorité au visage près de lui. Et elles lui plaisent, ces sonorités nouvelles – elles coulent, elles ondoient dans l'air vespéral. Elles s'agitent autour de lui, fuligineuses et éthérées ; elles diffusent autour du blond une sorte de brume argentée et protectrice, un peu comme le ferait un Patronus. A-e-dan. Articuler les syllabes dans le secret de son esprit assiégé par l'angoisse fait office de distraction. La voix du brun, aussi, l'aide ; elle est la branche à laquelle Altaïr s'accroche pour ne pas choir définitivement. Il lui dit de ne pas avoir peur, qu'il peut ouvrir les yeux. Mais le Suédois tremble encore ; il le sait, il le sent. S'il ouvre les yeux, les ténèbres de la nuit vont s'y glisser, ses pupilles prendre possession de son iris azuré. Ses yeux auront l'apparence des démons qui le hantent. Il ne veut pas se voir – il ne veut pas, il ne veut plus être lui. Il en a assez, assez d'être impuissant, assez d'être faible, assez d'échouer. Il voudrait se réincarner, se débarrasser de l'extrême fragilité de l'enveloppe charnelle qui est la sienne. Il ne veut pas se voir dans les yeux d'Aedan. Il ne veut pas lire dans son regard une quelconque pitié, ou un signe de mépris. Il n'a pas besoin de cela, vraiment pas. Mais il insiste, il lui dit qu'il est là, qu'il ne partira pas. Et il y a, dans la voix, comme un écho, comme des cicatrices encore fraîches. Comme si Aedan y avait sombré, lui aussi, dans ce grouffre. Comme si l'état dans lequel Altaïr est en ce moment, Aedan l'avait connu également. Et c'est ce qui pousse le blond a finalement ouvrir les yeux, timidement, tout tremblant encore.
Et ce qu'il voit est bien loin de la pitié ou du mépris. Les yeux du jeune homme luisent d'une compassion, d'une inquiétude véritables, qui font monter les larmes aux yeux d'Altaïr. Ils ne regardent rien d'autre que lui, comme s'il était la chose qui, à cet instant, comptait le plus, comme s'il n'y avait rien de plus intéressant. Comme s'il méritait qu'on lui prête attention. Et son attention à lui est entièrement tournée vers Aedan – rien d'autre ne lui importe ; c'est lui qui, après tout, s'efforce de le sauver, de l'arracher aux mâchoires de ses ténèbres. Personne d'autre ici ne mérite sa considération.
– J'ai – j'avais peur de voir dans tes yeux que tu avais pitié de moi. Que tu te sentais obligé d'être là. Je voulais pas – je veux pas être le truc qui gâche ta soirée, qui fait que tu te sens forcé d'intervenir. Je voulais juste entendre ta voix et sa douceur, parce que je pensais que tes yeux exprimeraient ce que ta voix ne faisait pas.
Maintenant qu'il a plongé en les yeux d'Aedan, il lui est plus facile de parler, son élocution s'est fluidifiée. Ne pas le quitter des yeux une seconde, voilà ce qu'il lui faut faire. C'est presque comme s'il ne contrôlait pas ses paroles, comme si elles ruisselaient hors de lui sans qu'il puisse y faire quoi que ce soit.
– Mais maintenant que j'ai vu tes yeux, mes doutes ont disparu. Parce que tu connais ça, pas vrai ? Tes yeux ont cet éclat que je connais bien parce que je le vois tous les jours dans le miroir.

Il soutient son regard pour maintenir entre eux ce lien, ce fil rouge qui autour d'eux s'est petit à petit tissé. Regarder ailleurs, c'est trancher le lien, c'est retomber entre les griffes de ses démons. C'est rompre leur synchronie. C'est s'éloigner de ce regard qui lui parle, et de cette voix qui le regarde. C'est les séparer, défaire la correspondance et l'unité. Il lui faut maintenir le contact, quel qu'il soit. Et ceux qu'Aedan initie, sur son genoux, dans ses cheveux, font naître en Altaïr une chaleur nouvelle – une chaude vitalité, celle qu'un cœur qui pulse – celle qu'un corps en vie diffuse. Il le réchauffe, il le ramène à un état sain – il le tire hors de sa transe glacée.
– Tout – tout ce qui te passe par la tête, vraiment. J'ai juste... juste besoin de te voir et de t'entendre.
Grâce à Aedan, Altaïr sent qu'il commence à émerger, petit à petit. Lentement, très lentement. L'équilibre est fragile – il se sent encore trembler, il est au bord de la rechute – et il le sait. Mais il a une raison de lutter désormais ; il n'est plus seul avec les créatures qui le dévorent de l'intérieur – il y a, au fond de lui, cette lumière, ce feu qui a commencé à propager sa flamme d'espoir, sa flamme salvatrice. Et l'équilibre tient à cela, à cette espérance nouvelle, à cette issue potentielle. Non seulement il n'est plus seul avec lui-même, mais il entrevoit, au loin, la possibilité d'une échappatoire – et Aedan incarne cet espoir, avec ses yeux scintillants et la stabilité de sa voix. Il veut faire mieux, pour Aedan, pour lui montrer qu'il se bat, qu'il se confronte à sa noirceur – il déploie tous les efforts qu'il peut. Il ne veut pas lire dans ce regard intense la déception, ni la percevoir dans la douceur de la voix – il se battra. Autant qu'il le faudra.
Il tente, malgré le chaos de sa respiration, malgré le décor qui tourne autour de lui, malgré la sécheresse de sa gorge, malgré l'alternance du chaud et du froid sous sa peau, de suivre la conversation qu'Aedan prend soin de déployer entre eux.
– J'écris, mais – mais j'ai du mal à écrire mes peines. Je suis perfectionniste, je – je recherche la beauté, la puissance des mots et de leurs associations, plus que la vérité. Alors – alors quand j'essaie d'écrire mes sentiments, c'est trop – c'est trop brut, trop peu ciselé, je – je finis toujours par trouver ça laid et par tout réécrire ou jeter. Je n'ai pas cette pulsion d'écrire quand je suis mal. En fait, c'est presque comme si – comme si je devais me forcer. Et puis, je sais jamais – je sais jamais par où commencer.
Il incline la tête lorsque passe dans ses cheveux la main du brun, à l'instar d'un chat appréciant une caresse – c'est instinctif. Alors même qu'Altaïr a habituellement du mal avec le contact, celui d'Aedan lui semble tout naturel, et il ne provoque pas en lui l'angoisse que les autres peuvent provoquer.
Alors... alors tu restes ? Même après ?
Un espoir qu'il n'a pu refréner habite ses mots, leur donne forme – il veut qu'Aedan reste, c'est évident. Il a vu les miracles qu'ont opéré en lui l'action conjointe de ses yeux et de sa voix. Peut-être qu'il est, pour Altaïr, la solution. Il est devenu un besoin, de cela, le Suédois est certain.


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MessageSujet: Re: Somewhere in the Shadows, ft Altaïr   Somewhere in the Shadows, ft Altaïr EmptyDim 24 Nov - 13:28

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Aedan l'a écouté jusqu'à ce qu'il se taise, même quand il a senti que les mots d'Altaïr lui étaient familiers, particulièrement quand il évoquait ses sentiments. La pitié, le rejet, la peur, l'hésitation. Il pourrait se dire que c'est faux et qu'il ne connaît plus rien de ce que lui cite le jeune blond, le fait est qu'il se souvient de toutes ces nuits où il attendait que le diable l'emporte. L'étudiant a pourtant du mal à concevoir cette image qu'Altaïr s'est faite de lui. Elle est controversée, falsifiée, plus que discutable. Presque fausse de son point de vue. Il ne dit rien pour ne pas briser le rêve de l'angoissé, ni même le sien en l'occurence, puisqu'il en conclut que si Altaïr le décrit ainsi, c'est qu'une part de vérité y existe. Ce qu'on dira du blond et de sa peine à écrire c'est qu'il est un artiste, et que tous les artistes sont torturés. Un cliché insupportable aux yeux de Wester qui visent à pointer du doigt toutes ces personnes qui ne sont pas simplement torturés, mais probablement doté d'une vision du monde et des choses bien plus profonde et supérieure que la superficialité de toutes les autres. C'est marrant de mettre de la négativité sur ce qu'on ne peut pas contrôler. Tous les artistes ne sont pas les mêmes, pourtant, on les fout tous dans la même case et on parle d'unicité propre de chaque être vivant.

- Crois moi si je me suis arrêté ce n'est pas par obligation, alors retire toi ça de la tête.

Il comprend. Il se doit d'être ferme pour capter son attention. Aedan ne sait que trop bien à quel point on peut être perdu entre deux réalités et on ne sait jamais sur quel pied danser. Alors qu'il regarde Altaïr, il se dit qu'il est de loin l'être le plus mignon qu'il n'ait jamais rencontré. Une boule de douceur, enveloppée dans un cocon protecteur. Il n'y a que l'intérieur qui bloque et le coeur qui flanche. Perfectionniste. Contrairement à Altaïr, Aedan ne cherche pas la perfection, mais il arrive à la concevoir à travers ses écrits. Ce n'est pas parfait mais c'est déjà suffisant. L'ambition - il est ambitieux, voir même, plus qu'il ne le devrait et assez prétentieux pour penser qu'il sera écrivain malgré toutes les contraintes et toutes les difficultés qu'il rencontrera.
Mais ce n'est pas la question.

- Aucun écrit n'est vraiment laid, surtout s'il vient du coeur. Tu devrais te concentrer davantage pour commencer, sur leur forme plutôt que sur leur fond. Il est important de savoir ce qui se cache dans ton âme mais il est également essentiel de comprendre pourquoi tu n'arrives pas à écrire ce qui te troubles, Altaïr. Et l'écriture va t'animer. L'écriture ou un autre art, finalement, qui te permettra de mettre à plat tes ressentis.

Il prend du recul sur la situation et observe que le blondinet garde surtout pour énormément de choses en lui. Bien qu'il soit relativement clair dans ses propos, Aedan note qu'il parle beaucoup, et vite, comme s'il craignait que les mots ne lui échappent. C'est ça, de tout garder en soi. L'art est un repère, une boussole, un phare dans la nuit. Il aimerait qu'Altaïr fasse de l'art, et qu'il remarque, tout comme il l'a remarqué qu'il peut le faire. Alors quand il lui demande s'il compte rester, la décision semble toute prise. Il n'a pas envie d'hésiter, pas cette fois alors qu'il arrive à concevoir de la Lumière entre les arbres dans la nuit. Il tourne sa tête vers le plus jeune en cherchant son regard.

- Oui. Oui je vais rester. Mais j'veux que t'ai conscience que si tu veux changer, et aller mieux, ça ne sera pas facile. L'abandon n'est pas envisageable, pour faire court. Les erreurs seront nombreuses, je veux pas te mentir à ce sujet. Tu dois y croire, Altaïr, et par-dessus tout. Le vouloir. Le vouloir de tout ton être.

Et il s'en fiche de passer pour un vieux philosophe complètement timbré, qui passe aux yeux des autres, pour un grand fou avec ses grandes phrases. C'est Altaïr qui compte maintenant, et personne d'autres. Il se lève avec un fort entrain, l'incitant à faire de même et lui tend sa main.

- On va aller chez moi. Boire un peu, fumer si tu fumes, parler de tout et de rien. On va écrire si tu le veux, lire, nous reposer. Je pense que t'as besoin de te sentir en sécurité...

Il laisse planer sa voix sur les derniers mots. Sylver n'est pas là en ce moment, mais son appartement est-il vraiment un lieu sain? Probablement pas. Il ose espérer que les visiteurs ne sentent pas l'oppression entre les murs ni toutes les tensions qui y planent.
Il doute.

- Ou alors chez toi, si tu préfères ?




 



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MessageSujet: Re: Somewhere in the Shadows, ft Altaïr   Somewhere in the Shadows, ft Altaïr EmptySam 28 Déc - 13:34

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Il est là. Il est là, il n'est pas parti. Il est là. Il est là, et il est différent des autres. Il n'y a pas dans ses yeux la lumière faiblarde de la pitié – rien qu'une sincère sollicitude, et, ose-t-il le supposer ? une pointe lénifiante d'affection... C'est en Altaïr comme une cascade de chaleur, qui part de son cœur rudoyé jusque dans sa gorge, jusqu'à ses lèvres glacées. C'est comme une étreinte ; c'est chaud comme une étreinte. C'est comme si Aedan lui avait offert une proximité physique, comme s'il l'avait serré contre son cœur. Et il n'y est pas accoutumé, à tant de douceur, Altaïr, il ne sait plus comment faire. Une partie de lui le supplie de fuir, qu'il ne peut compter que sur lui-même, qu'au fond le brun partira, comme tous les autres. Il n'est pas différent, lui crie-t-elle – tu n'es pas de ceux qu'on aime pour toujours ; tu n'es pas de ces âmes nobles et pures injustement affligées, Altaïr ; ton fardeau, tu l'as mérité. Toute ta vie, tu seras Atlas, tu seras Sisyphe ; et tes regrets seront ta pénitence, ton éternelle et infinie pénitence. Ils te briseront les épaules et le cœur, mais on ne blesse plus un cœur noirci. Et songer à se reconstruire, songer à vivre l'âme légère, innocente, toute gonflée d'une alacrité nouvelle ? Une offense à ton mort, voilà ce que t'es, Altaïr ; et plus encore, t'es un meurtrier, rien qu'un sale meurtrier. Et quoi ? parce que les morts ne parlent plus, il faudrait que la vie t'accepte en son sein ? Mais ça marche pas comme ça, ridicule petit aiglon filiforme, ça marche pas comme ça. T'as pas le droit à cette vie de paix et de quiétude, et t'y auras jamais droit. Jamais. Alors n'alourdis pas ton châtiment avec l'écrasante chaleur d'un espoir factice et condamné. N'essaie même pas d'attacher ton cœur à d'autres, tu ne feras que pourrir leur existence comme t'as pourri la sienne. Tire-toi, Altaïr. Va-t-en. Tu ne mérites pas cet Aedan, et lui mérite bien mieux que toi. Pars. Pars. Pars.

Le Suédois a baissé la tête, ses cheveux blonds en éventail devant ses yeux clairs ; il tremble de nouveau, de tous ses membres ; c'est en lui une lutte intestine. Le fragment sombre de lui n'a de cesse de le harceler de ses invectives venimeuses, de lui répéter à quel point il ne mérite pas l'attention, ni d'Aedan, ni de personne d'autre. A quel point il a gâché l'existence de quiconque l'a jamais fréquenté. Ce n'est pas comme s'il entendait cette voix toxique pour la première fois, mais, en cet instant, tout bouleversé encore qu'il est par sa crise d'angoisse, il est plus difficile que jamais de lui tenir tête, de se dresser contre les ténèbres qu'elle distille en lui. Plus que jamais, il se recroqueville en lui-même, il court après son moi du passé ; c'est, il le sait bien, une course qu'il ne pourra jamais gagner – alors à quoi bon, Altaïr. C'est, enfin ! la seconde partie de lui qui se manifeste, celle qui tend la tête vers la lumière, celle que la douceur d'Aedan a réveillée. C'est fini. Il est parti. Il est parti, Altaïr, et tu n'y peux rien. Cette vie, tu la mérites. Tu la mérites et elle t'attend – une existence à toi, rien qu'à toi, et pas ce lambeau de vie que tu te condamnes à supporter. Debout, Altaïr. Regarde-le à nouveau, et fais passer ton âme dans ce regard. Tu l'as entendu – il est là de son propre chef. Accepte son aide, accepte la main qu'il te tend. Accepte cette vie. Il n'aurait pas voulu que tu meures pour lui, Soren. Il veille sur toi, tu sais. Il veillera toujours sur toi. Tu n'as pas à mourir pour lui. Vous vous retrouverez quand le moment sera venu. Pour l'heure, tu dois vivre – et tu dois vivre pour toi.

Ainsi se taisent en Altaïr les voix antagonistes.

Il est seul avec lui même, seul avec cet Aedan qui lui a tendu la main.

Ses yeux cherchent les prunelles de l'autre, les trouvent. Il y voit la même noirceur qu'il s'efforce de chasser tous les jours – mais il y a autre chose. Il y a une luminescence pure, puissante, vraie. Il y a la franchise de cette main tendue. Il y a la tendresse de corps qui le protège de tout, de tous. Il y a ces yeux qui le prient de le laisser entrer, lui, Aedan, dans le cœur prostré du blond. Il y a ces mots, tranquilles, forts, vrais. Il y a la discussion qui commence à se tisser entre yeux ; et c'est doux, et c'est réel. Il n'est pas seul, il n'est plus seul. Cette main est sa rédemption, cette main est son pardon.
Il l'accepte.
Il s'accepte.
Ils s'acceptent.

Les mains qui se rencontrent, et Altaïr est debout. Son souffle a quelques ratés, et sa respiration, quelques instabilités. La tête lui tourne de s'être levé trop vite, et son cœur s'affole contre ses côtes, encore, car ça n'est pas fini. Rien n'est fini, mais il y a cet horizon, désormais. Un horizon de feu, un horizon heureux. Car Aedan veut rester, pas seulement jusqu'à la fin de sa crise, mais après aussi. Il veut garder ce contact, il veut l'aider, lui. Comme s'il le méritait ; comme s'il était digne d'être l'objet de son affection. Et, sous le regard intense du brun, Altaïr veut y croire ; il veut croire qu'il en est digne, de toute cette affection naissante, qu'après toutes les nuits déchirantes, qu'après toutes les journées cassantes, il mérite quelqu'un comme Aedan.
– Je vais rester sur l'écriture... Il n'y a que les mots pour – pour m'apaiser un tant soit peu. Je sais que ça sera dur, mais je voudrais essayer avec toi, si tu le veux bien. Peut-être que te voir écrire m'aidera à le faire aussi.
Lorsque le jeune homme évoque – à raison – toutes les difficultés qui seront les siennes, s'il veut emprunter le sentier sinueux menant à la guérison, au mieux, Altaïr se crispe. Le veut-il vraiment ? Que sera sa vie sans la tache fuligineuse qui occupe son esprit et son cœur sans discontinuer ? Existe-t-il véritablement un Altaïr qui serait moins anxieux, un Altaïr sans dépression ? Peut-être n'est-il, finalement, qu'un amas de ténèbres, de lassitude et d'angoisse ; peut-être qu'il est la noirceur plus qu'il ne l'a.
– Je... je crois que je le veux. Je veux essayer, en tout cas. Je te promets que je ferai de mon mieux.


Il déglutit, et la nervosité lui assèche la gorge, rend sa voix rauque, comme éraillée, comme fêlée. Il continue, cependant :
– Je veux bien, je veux bien faire tout ça. Je crois – je crois que tu me fais me sentir un peu plus en sécurité...
Il fait craquer ses doigts ; tout pour combler le silence qui suit son aveu. Peut-être qu'il aurait dû se taire. C'est qu'un aveu, ça rend fragile... Et Altaïr est déjà suffisamment ébréché. Mais il a choisi de faire confiance à Aedan – ces paroles ne sont que le gage de cette confiance, qu'il lui offre de manière désintéressée et véritable.
– Je préfère ne pas rentrer chez moi tout de suite, si ça ne te dérange pas... c'est là où je fais pas mal de crises, tu comprends. Mais on peut quand même y aller, si tu préfères, c'est comme tu veux.
C'est que ses murs exsudent son atroce solitude, toute son impuissance – tout son mal. Il y règne une tension permanente, d'une nocive noirceur, et d'une folle puissance. Et cette tension, Altaïr en est responsable – depuis qu'il occupe cet espace, il l'a vicié, l'a pollué ; de ses pulsions, de ses échecs, de ses colères, de ses larmes, de son sang parfois, il a marqué ses murs. Et peut-être, se dit-il, peut-être qu'Aedan le sentirait, ce poison qu'il a distillé dans l'air qui l'y voit évoluer, par sa seule présence. Il s'est déjà suffisamment empoisonné par lui-même, il ne voudrait pas que le brun pâtisse de son immense négativité, du venin qui habite chacun de ses souffles, et qui est venu se nicher au creux de ses murs.


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MessageSujet: Re: Somewhere in the Shadows, ft Altaïr   Somewhere in the Shadows, ft Altaïr EmptyJeu 20 Fév - 12:35

Somewhere in the Shadows
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Il lui a tendu sa main, comme on promet quelque chose à quelqu'un. Il lui a tendu sa main comme on invite quelqu'un dans son Paradis. Devant une telle démonstration, devant cet Altaïr blessé, dévoré par la peur et la douleur, Aedan est comme un sauveur. Oui, on va écrire. On va écrire. Ensemble.On grattera jusqu'à l'aube s'il le faut, on va s'raconter des histoires à dormir debout, on va donner vie aux personnages de ces romans que personne d'autre ne verra, ni ne connaîtra ou peut-être que si, si par notre heureux hasard, on décide que cela devienne réel. Je te promets que je ferai de mon mieux. Aedan opine du chef. Il la secoue juste après, dans le silence. Inutile de trop parler, tout est dans le regard, tout est dans le comportement. Sois franc, sois bref, sois honnête.

- On va aller chez moi. Tu vas voir. Ce n'est pas loin.

Il reprend sa main, il la serre, non sans ferveur, mais en évitant de la lui broyer pour autant.
Pour lui, c'est quelque chose de s'y rendre, entre ces murs. Il s'y est senti tellement de fois, prisonnier, mort, semi-mort, angoissé. Mais si Altaïr est là, si Altaïr peut y trouver la paix, alors elle sera peut-être partagée. Peut-être qu'il va reconsidérer la question, lui aussi. Peut-être qu'il va s'y sentir mieux. Aedan traverse les routes, longe les trottoirs. Doucement, surement, en suivant le rythme du plus jeune, il arrive jusqu'à chez lui. Il lui ouvre la porte, il l'invite dans son antre. Dans sa cachette. Sylver n'est pas là. Il a prié juste avant pour que ce ne soit pas le cas. Il tire une chaise à lui, deux même, ou lui montre le canapé. Sylver reviendra probablement ce soir, il n'y a rien à craindre.

- Tu peux t'asseoir. En attendant que j'aille chercher de quoi boire, Altaïr. Parle moi. Dis moi ce qui te tracasse.

Il s'éloigne vers la cuisine, il attrape deux tasses, et d'un mouvement de baguette, fait couler du café, puis deux verres d'eau qui se posent eux mêmes sur le plateau. Quand il revient, il espère. qu'Altaïr est toujours là. Il se pose face à lui. Il règne entre ces murs, un calme apparent. Quelque chose de doux, un peu réconfortant. Il lui adresse un léger sourire, se voulant rassurant et source de calme dans cette maison qui a pourtant connu, de si fortes tempêtes.

- Je sais que ce n'est pas facile d'en parler. Crois-moi, je sais ce que tu vis. Ça ne se voit pas, parce que tout réside dans ton intérieur. Tu as le droit de te sentir mal, Altaïr, tu as le droit d'en pleurer. J'en ai pleuré tellement de fois. Mais tout ça, sache que ça se contrôle. Ce n'est qu'une question d'entraînement.





 



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MessageSujet: Re: Somewhere in the Shadows, ft Altaïr   Somewhere in the Shadows, ft Altaïr EmptyVen 13 Mar - 17:58

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« Et le soir vient et les lys meurent
Regarde ma douleur beau ciel qui me l’envoies
Une nuit de mélancolie »

Le tercet vient se poser sur son cœur comme une étreinte, et lui chatouiller les lèvres comme une douce ivresse. Cela lui arrive fréquemment – les mots lui sont salvateurs, et, bien plus encore, inhérents. Ils tapissent ses viscères et ornent son cœur. Aujourd'hui, c'est Apollinaire, poète moldu qu'il apprécie particulièrement, qui vient lui offrir le tendre bouquet de ses vers, sa modernité résolue, qui a quelque chose de presque insolent, d'ailleurs. Altaïr admire cette prise de liberté vis-à-vis des canons du genre poétique, cette audace pleine de beauté, cette musicalité différente. Aujourd'hui, il se retrouve dans ce poème. Il s'y retrouve car le temps est démiurge, en cet instant. Il règne sur lui, et fait de chaque seconde de son calvaire une éternité. Chaque respiration lui écorche la gorge. C'est comme s'il avait crié des heures – mais il n'a fait qu'inspirer, Altaïr. Il a l'impression que le temps se rit de lui dans son dos, comme ils le font tous, au fond. Il a l'impression d'être le sujet d'une mauvaise tragédie, un héros raté dont on n'a même pas le cœur de rire – une coquille vide qui s'effondrera une fois le rideau tombé, une fois sa gloriole passée. Au-dessus de lui, le ciel pèse contre son cœur. Comme il est petit ! Son insignifiance lui apparaît alors, évidente, suffocante – elle lui apparaît mais elle ne chasse en rien son mal-être ; au contraire, elle éveille en lui les douleurs d'une culpabilité d'un genre nouveau. Il se sent odieux, pitoyable à se briser ainsi alors qu'il est des déchirures tellement plus profondes et des plaies tellement plus béantes ! Il lui semble que le monde entier lui reproche silencieusement sa douleur, qu'il la tourne en ridicule. Il entend presque le souffle moqueur de Soren : mais qu'est-ce que t'es faible, Altaïr ! Tu comptes rester prostré ainsi combien de temps ? Tu crois que t'es le seul à vivre ce que tu vis ? Les autres se relèvent et marchent, pourquoi t'arrives pas à faire de même ? T'es désolant. Il sait bien que cette voix ne s'est pas vraiment manifestée, que ce n'est là qu'un jeu de son esprit, une farce un peu morbide. Et pourtant...
Et pourtant, ça suffit. Il ne laissera pas son intériorité le tourmenter de la sorte plus longtemps – il fera cesser les conflits intestins qui le saccagent de l'intérieur. Il déploiera tous les efforts nécessaires ; plus jamais il ne veut entendre cette parodie de souvenir fantomatique – la voix de Soren, elle brûle en ses souvenirs, fière, sincère, chaleureuse ; c'est elle qu'il veut se rappeler, elle seule. Et Soren lui-même, sa matérialité charnelle, ne fait pas partie de son présent dans le monde des vivants – non pas qu'il lui faille l'oublier et grandir sans lui ! juste admettre qu'il ne fleurira plus que dans ses souvenirs et dans son cœur.

« Ne fais donc pas le fanfaron
Allons plus vite nom de Dieu
Allons plus vite »

Pour aller de l'avant, pour s'extraire de l'abîme qu'il est pour lui-même, il y a cette main qui s'est tendue vers lui. Il y a Aedan, aux côtés duquel il marche en cet instant, à travers la ville, à travers les lumières et les autres. Lui en qui il a placé toute sa confiance, lui dont l'ombre bienveillante s'est grandie au-dessus de sa silhouette à lui, toute recroquevillée qu'elle était contre cet arbre au milieu de nulle part. Lui qui accepte de l'accueillir chez lui, au sein de sa vie privée alors même qu'ils se rencontrent tout juste, alors qu'Aedan ne connaît de lui que son prénom et sa souffrance. Qui lui parle le ton presque tendre, avec une  sollicitude profondément touchante – et il est touché, Altaïr, viscéralement. Le comportement de son aîné avec lui réchauffe doucement le cœur – alors il est encore en ce monde des âmes pures et dignes de côtoyer ; peut-être est-il aussi des cœurs qui l'aimeront aussi ? Il ose l'espérer – car Aedan lui donne envie d'espérer. Il lui a repris la main, et le blond l'a à peine remarqué – signe de l'affection singulière qu'il porte déjà, car  bien rares sont ceux qui peuvent se targuer d'avoir pu toucher Altaïr dès leur première rencontre sans réaction aucune de sa part. C'est d'ailleurs purement involontaire, car ses gestes de recul sont instinctifs – le fait est qu'avec certaines personnes, cet  instinct ne se déclenche pas, comme apaisé par une présence exceptionnelle, et Aedan est de ces présences-là. Ils pressent le pas, les deux jeunes hommes – comme Apollinaire le leur suggère, ils vont plus vite – jusqu'à arriver enfin chez le brun. L'endroit est modeste mais a quelque chose d'accueillant – ou peut-être est-ce juste l'aura du brun, qui sait. Il le voit qui s'agite quelque peu, lui offrant de prendre place sur une chaise ou sur le canapé. Timidement, Altaïr s'exécute, s'asseyant au bord du canapé, dont il a préféré le confort à la dureté des chaises. Il saisit le verre d'eau que lui tend Aedan, avalant avec gratitude le liquide froid, le laissant couler au fond de sa gorge asséchée par les larmes et par la crise qu'il vient de traverser.

« Ton frère
Allons plus vite nom de Dieu
Allons plus vite »

Car c'est au fond ce qu'il pourrait être, Aedan. Un frère. Il est là, qui semble se soucier sincèrement de l'inconnu qu'est pour lui Altaïr. Il l'a invité chez lui, au cœur de son foyer sans se poser plus de questions. Il émane de lui une chaude générosité, une indéniable grandeur d'âme – une sorte d'abandon que le blond trouve particulièrement attendrissant. Comment ne pas s'attacher immédiatement à ce jeune homme-là, qui vous tend son cœur et vous accueille chez lui sans une hésitation ? Il s'est déjà pris d'affection, Altaïr, et cela n'a rien d'étonnant, quand on sait sa propension à aimer vite et fort. C'est avec un faible sourire, et au nom de cette affection qu'il lui porte déjà, qu'il essaie de répondre à Aedan :
– Tu sais, je ne sais même pas par où commencer, parce que – parce que je ne sais même plus quand, ni même comment ça a commencé.
Il oriente son regard vers ses pieds. Comme toujours lorsqu'il lui faut tenter de s'expliquer, de fournir des raisons, des causes profondes qui expliqueraient son comportement, il se sent profondément idiot, excessivement imbécile – il se rend compte qu'en fait, c'est tout simplement lui – c'est en lui, c'est là, et rien ne peut vraiment l'expliquer. Il a tenté, pourtant, de remonter le temps, de chercher des causalités – et il est indéniable que certains éléments de son passé ont contribué à forger en lui la maladie, à faire croître les germes du désespoir dans le fond de son cœur ; cela, il n'est pas question de le nier. Mais il y a aussi autre chose, un indicible, un ineffable – ce sur quoi on ne peut mettre le doigt.
– Je sais que j'en ai le droit, je le sais, mais je ne peux pas m'empêcher de m'en vouloir quand je pleure, parce que – parce qu'il y a tellement pire, parce que je me trouve faible et inutile. Parce que je voudrais pouvoir tout encaisser et rester droit, et rester digne.
Et pourtant, il le sait bien, Altaïr, que pleurer n'entachera jamais la dignité de quiconque. Il connaît les codes toxiques et misogynes de ce que certains se plaisent à nommer le virilisme ou la masculinité véritable, et il méprise ceux qui les prennent pour principes. Lorsqu'il s'agit de lui, pourtant, il ne peut s'empêcher d'associer les larmes à la faiblesse, à l'abandon, à l'échec – et à s'en vouloir a posteriori. Alors, la voix tremblante, il supplie presque :
– Est-ce que... est-ce que tu veux bien me le dire ? Comment tu contrôles tout ça ? J'en ai assez, tu sais...
Il regarde Aedan comme on regarde son sauveur, avec cependant quelque chose d'éteint dans l’œil – l'éclat décati d'un cœur qui a fait sien le désespoir.


« tu m'as laissé la Terre entière, mais la Terre sans toi, c'est petit »

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