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 Ilithyie

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Evanore A. BlavatskyEvanore A. Blavatsky
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MessageSujet: Ilithyie   Ilithyie EmptyVen 19 Juil - 14:56

ILITHYIE
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Elle ne venait que par protocole, maintenant. Elle savait bien ce que lui dirait le médecin, de l’autre côté de la porte ; voilà près de deux décennies qu’il répétait le même discours. Elle avait dû changer de docteur au moins cinq fois, mais c’était toujours pareil. Sa condition était stable. Il n’y avait pas d’amélioration. Elle était probablement condamnée à ne pas enfanter. Qu’il en soit ainsi ; elle avait fait son deuil depuis longtemps. Pourtant, à chaque rendez-vous, à chaque suivi, le nouvel espoir la tuait. Elle retombait dans le processus d’acceptation, comme si elle avait quinze ans à nouveau. Quel intérêt de lui faire du mal ainsi ? Si elle se mettait à saigner abruptement un jour, elle leur signalerait. S’il y avait quelque changement, aussi minime qu’il puisse être, elle se ruerait à l’hôpital. S’il y avait une quelque chance que ses règles se déclanchent, que son horloge biologique fasse enfin tic tac, ils pouvaient être sûr qu’elle leur laisserait savoir.

Mais ils insistaient qu’un suivi était primordial. Que sa condition pouvait entraîner d’autres complications, et que c’était celles-là qu’ils devaient surveiller. Mais elle était épuisée de ces visites bisannuelles.  Les salles d’attente l’étouffaient. Les examens la blessaient. Les résultats la poignardaient. Elle savait toujours à quoi s’attendre, mais elle attendait autre chose.

Elle se tortilla sur la chaise de plastique et tourna la page de ce magazine à la con. Pourquoi les hôpitaux n’avaient rien de mieux pour se divertir que des pages de mode, de voitures et de quidditch ? Jamais elle n’avait vu un livre dans une salle d’attente. Tant qu’à tuer le temps, pourquoi ne pas l’investir à l’esprit ? Regarder des mannequins pendant des heures n’était pas ce qu’il y avait de plus divertissant, de toute façon. C’était stupide, même.

Devant elle, la porte d’une salle d’examen s’ouvrit en un grincement. Une jeune femme en sortit. Très bien ; elle était probablement la prochaine. Qu’on en finisse. Elle n’avait qu’une envie : rentrer chez elle et se donner un peu de répit. La porte se ferma derrière la demoiselle, tandis que le médecin prenait le prochain dossier dans le classeur. Lui aussi en avait marre. Ça devait être un métier terrible, tout de même ; délivrer des mauvaises nouvelles toute la journée. Mmh.

Evanore baissa les yeux vers le magazine, mais les releva presque aussitôt. La jeune fille n’avait pas bougé. Livide, elle fixait droit devant elle. De loin, elle ne semblait même plus respirer. Depuis sa chaise, la brune étira le cou, à la recherche d’un infirmière qui saurait intervenir. Mais le couloir était désert. Alors, elle déposa le Vogue et alla rejoindre la petite, doucement. « Eh, mademoiselle… Ça va ? Vous voulez vous asseoir ? De l’eau, peut-être ? On dirait que vous faites une chute de pression, vous êtes toute blanche... » Par précaution, elle attrapa doucement la taille de cette pauvre enfant, et lui tendit son second bras. Si elle avait à tomber, Evanore la rattraperait. Elle était là.

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MessageSujet: Re: Ilithyie   Ilithyie EmptyLun 22 Juil - 17:05


Ilithyie

- Grace Hamilton — Evanore A. Blavatsky  -


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C’est un examen de routine. Un simple examen de routine. Elle a vu son docteur, il a fait une grimace, discrètement, sans qu’elle ne puisse la remarquer, l’a envoyé faire quelques examens sous des prétextes qu’elle n’a pas questionné. Pourquoi s’en faire, de toute façon ? Elle va bien. Parfaitement bien. Elle n’est jamais allé aussi bien de toute son existence, en fait, car elle est avec un homme qu’elle aime, qui l’aime, son frère est en bonne santé (enfin, autant qu’il le peut – sa sclérose ne s’est toujours pas envolée, malheureusement), son cabinet tourne bien, bref, une carte postale parfaite pour une vie pleinement épanouie. Elle est revenue avec les résultats, et c’est là qu’il lui a dit la vérité. Le regard de Grace est restée sur la plante verte posée sur son bureau, pendant toute la durée de la longue explication du praticien sur les raisons de sa stérilité. Elle a compté les feuilles, pour se distraire de l’effrayante vérité. 38. 38 petites larmes vertes qui l’empêchèrent de sombrer, là, dans ce bureau austère du centre médical. Un moyen de se raccrocher à la réalité qui s’effondrait pourtant autour d’elle. Elle est capable de décrire en grands détails la manière dont des bourgeons semblaient pousser à la naissance de l’une d’entre elle, le sens dans lequel les minuscules poils du succulent poussaient, les teintes nuancées de vert de chaque centimètre du végétal. Mais elle ne peut répéter les mots exacts du médecin. Ils ne sont pas vraiment importants, de toute façon. Ce qui compte, c’est le sens de son discours. L’explicite qui veut se cacher derrière l’implicite.

C’est une histoire toute bête, au final. De celles qu’on lit dans les journaux et dont on s’indigne sans jamais rien pouvoir faire. Une compagnie pharmaceutique met sur le marché un médicament nommé Distilbène dans le seul but de s’enrichir, prétextant des pouvoirs miracles à un concentré chimique aux effets plus ou moins inconnus, et bien sûr que les badaud l’achètent. Ils ont tellement peur de la mort. De celle de leur progéniture, plus encore que de la leur. On leur garantie une naissance sans crainte de fausse couche, ils ouvrent la bouche, tirent la langue, et reçoivent la sacro-sainte drogue. Et puis leurs enfants naissent, c’est vrai, en bonne santé, en tout cas, en apparence. Car les compagnies pharmaceutiques sont des marchands de rêves qui ont tendance à se changer en cauchemar, et voilà les résultats. Cancer. Malformations. Troubles mentaux. Grace n’a pas tiré la pire des cartes, au final, elle a eu le valet, celui qui est dans l’ombre des têtes couronnées. Infertilité. Incapable de porter un enfant au creux de sa matrice, elle ne peut que frôler l’espoir de fonder une famille, sans jamais l’atteindre tout à fait. Et c’est la faute de sa mère – pas vraiment, mais il lui faut trouver un coupable, et Catherine Hamilton est le parfait réceptacle de sa colère.

Il n’y a pas d’explosion de rage, en tout cas, pas encore. Pour l’instant, elle est stoïque. Les deux pieds ancrés dans le sol, elle attend que le docteur finisse son discours. Sa bouche s’entrouvre, elle expire, elle inspire, attend que le moment passe. Quelle importance que le temps, de toute façon. Elle n’a plus besoin de s’en faire, l’heure indiquée par son horloge biologique est passée depuis bien longtemps, de toute façon. Dès l’instant où elle a poussé son premier cri, en fait.

Et puis c’est la fin du rendez-vous. Le médecin la regarde, désolé. Il ne sait pas quoi faire, ne sait pas que dire : être désolé n’aurait pas de sens. Il n’est pas celui à blâmer, dans l’histoire, personne ne l’est vraiment. Grace sort du bureau. Les bras ballants. Le regard vide. Elle semble avoir perdue ce qui ne lui a jamais appartenu, et cette sensation est si étrange qu’elle enserre l’ensemble de son corps dans une valse entêtante.

Elle entend l'échos des pas, voit à peine l’inconnue se rapprocher d’elle. Sa voix parvient à ses oreilles, mais elle ne comprend pas le sens de ses mots. Le regard de la française tombe sur ses mains. Ses doigts tremblent de manière incontrôlés.

« - Je… Sa bouche est sèche, c’est un croassement qui passe la barrière de ses lèvres. Elle ne reconnaît pas sa voix. Je ne sais pas… Qu’est-ce que… »

Grace divague. Où se trouve la réalité du cauchemar ? Elle ne sait plus où elle se trouve, plus qui elle est vraiment. La présence de la femme à ses côtés est réconfortante, cependant. C’est son ancre, dans cet univers bien trop sombre pour son esprit à la dérive. Elle ferme les yeux. Inspire, expire. Et enfin, les larmes se mettent à couler.
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MessageSujet: Re: Ilithyie   Ilithyie EmptyMar 3 Sep - 11:12

ILITHYIE
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Ces mains tremblantes, cette voix coincée, ces yeux vides ; elle les connaissait. Elle en avait vu des dizaines, auparavant. Elle avait connu ceux de Ghrystal, lorsqu’il avait appris la disparition de ses parents ; ceux de Russell, lorsque son épouse avait eu sa première fausse couche ; ceux des passants, après la Bataille, qui s’efforçaient de continuer à vivre après la mort ; ceux de cette jeune fille qu’elle était, jadis, lorsqu’elle avait compris qu’elle n’aurait jamais d’enfant. Cette femme, qu’avait-elle appris, dans ce cabinet ? Une maladie fatale ? Probablement. Peu de scénarios pouvaient mettre quelqu’un dans un tel état chez le médecin, spécialement lorsqu’on y allait seul. Le verdict la concernait elle, et elle seule. « Accrochez-vous, mademoiselle. On va s’assoir, d’accord ? »

Elle la guida vers un siège, tandis que ses joues se tachaient d’eau salée. La pauvre. Elle semblait anéantie. À entendre ses sanglots étouffés, Evanore sentit son coeur se serrer. Elle avait toujours du mal à gérer ce genre de situation ; les émotions, ce n’était pas trop de son registre. Elle faisait son possible, mais elle voyait tellement peu de gens… « C’est normal de pleurer, mademoiselle, tenta-t-elle de bonne foi. C’est sain, alors il faut pas culpabiliser, d’accord ? Videz vous. » Au loin, elle vu la porte du médecin s’ouvrir. Il prit le dossier qui traînait dans le pigeonnier, son dossier, et s'enfermit à nouveau entre ses quatre murs. Qu’il l’appelle s’il voulait, en n’en avait pas grand chose à faire. Elle connaissait son discours par coeur, à force de l’entendre chaque année. Dans le pire des cas, elle raterait son tour et reviendrait. Elle n’avait pas grand chose d’autre à faire, de toute façon.

Plusieurs minutes s’écoulèrent dans un silence interrompu uniquement par des pleurs. Puis, lorsque la demoiselle sembla se calmer un peu, Evanore lui offrit un sourire. « Je m’appelle Evanore, qu’elle lui lança. Vous n’avez pas à me dire votre nom si vous préférez le garder pour vous. Je comprend ce genre de choses. » Elle était elle-même sauvage. Elle n’allait tout de même pas juger une inconnue en détresse qui préférait rester anonyme. Elle attendit un moment avant d’oser prendre la parole à nouveau. Ça lui semblait si délicat, comme situation. Elle avait peur que chaque mot puisse déclencher une nouvelle crise de larmes, peur de parler de travers et d’empirer l’état de la jeune femme. « Hum… Vous savez, si vous voulez en parler, ça me ferait plaisir. Enfin, dans le sens où je suis là. On ne se connait pas, mais parfois, c’est mieux comme ça. Se vider auprès de quelqu’un qu’on ne reverra jamais, vous voyez ? Enfin, je ne vous forcerai pas non plus. Mais, si vous voulez… voilà. » Que c’était compliqué, d’échanger! Il lui fallait vraiment sortir plus souvent ; elle ne savait plus parler. Elle baissa les yeux vers ses genoux, embarrassée de ses tournures de phrases. « Pardonnez moi, si j’empire les choses. Je n’ai pas l’habitude des gens, et des mauvaises nouvelles… J’ai l’affreuse habitude derester enfermée chez moi, vous voyez ? »


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MessageSujet: Re: Ilithyie   Ilithyie EmptyDim 8 Sep - 9:25


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Grace a appris à la connaître, la maladie. Elle la regarde dans le blanc des yeux, en chien de faïence, depuis des années, maintenant : lorsque les rendez-vous médicaux ont commencés à s’enchaîner pour son frère, qu’il a fallu réussir à jongler entre les scanners et les prises de sang, les ponctions lombaires et les examens de routine, elle n’a eu aucun mal à garder la tête haute. Ce n’était pas elle qui souffrait, mais elle tenait la main de Matthew et, ainsi, elle essayait de le soulager, autant qu’elle le pouvait, de ce mal qui le rongeait sans qu’aucun professionnel ne puisse rien faire pour l’arrêter.  Et puis, elle est kinésithérapeute, après tout. Elle se souvient encore des grimaces de souffrance, des discours défaitistes, des futurs déchirants, du visage des hommes et des femmes qu’elle tentait d’apaiser pendant son stage dans l’unité des Grands Brûlés, à l’hôpital de Birmingham. Si, aujourd’hui, elle s’est tourné vers une autre spécialité, elle se souvient sans mal de l’étrange atmosphère qui régnait dans le service, palpable à l’instant même où elle passait les hautes portes à battant. Elle n’a pas réussi à l’apprivoiser, la maladie, mais elle a réussi à s’habituer à son contact.

Mais aujourd’hui, alors que c’est son corps qui lui fait défaut, elle ne peut le supporter. Le pire, c’est que ce n’est pas une pathologie, à proprement parler, qui la touche, rien à voir avec un cancer lancinant ou un mal qui la ronge petit à petit, comme la sclérose de son petit frère. Elle est née ainsi. Incomplète. Défectueuse. Aucune affection à laquelle s’en prendre, pas de médicament ou de traitement à prendre, rien que la certitude qu’elle ne serait jamais une femme, à proprement parler. Non pas qu’elle considère les personnes stériles comme anormales, des hybrides incapables de faire leur devoir d’être humain en se reproduisant, loin de là : mais la façon dont elle a été élevée lui dicte que la petite fille doit grandir, pour faire naître en son ventre le futur de l’humanité. Et si on enlève la notion de devoir en elle-même, la française s’est toujours imaginé mère, depuis aussi loin qu’elle peut se rappeler. Lorsqu’elle jouait, dans la cour de récréation, c’était toujours elle, la maman. Des souvenirs qui s’envolent dans une pluie de cendre, aujourd’hui, dans le centre médical.

Alors bien sûr qu’elle s’accroche à cette inconnue. Bien sûr qu’elle pleure, bien sûr qu’elle accepte son étreinte, bien sûr qu’elle tente, par tous les moyens à sa portée, de se rappeler que ce n’est pas la fin du monde. C’est la fin d’un futur qu’elle avait imaginé, et elle se doit d’en construire un autre : mais avant de pouvoir l’envisager, elle doit refermer la plaie béante à la place de son coeur, stopper le saignement, pour mieux la cautériser.

« - Je… je suis Grace, finit-elle par dire entre deux sanglots. Merci, je… je suis désolé de vous embêter comme ça…

Secouant la tête, elle tente de sécher ses larmes, de garder la tête haute. Elle a toujours été celle qui venait en aide aux autres, la française, et là, elle s’en veut de s’accrocher ainsi à Evanore, qui n’a pourtant rien demandé. Ses intentions sont louables, bien sûr, et sa demande tout à fait appropriée. Elle a l’impression de s’entendre, elle-même, proposer son aide à tous ceux qui l’entourent, mais les chaises sont tournées, les rôles sont inversés. Plus rien n’a de sens.

- Je ne veux pas vous déranger, je suppose que vous avez à faire, surtout… ici… je me doute que vous n’êtes pas là pour admirer le paysage. Elle s’autorise une pointe d’humour. En fait, c’est un moyen de se défendre, d’oublier, l’espace d’un instant, le poids qui pèse sur son âme. C’est très gentil de votre part, cela dit, et croyez-moi, vous n’empirez pas les choses, au contraire, je… merci. Vous êtes là, et c’est déjà beaucoup, en fait. Il n’y a rien d’autre à faire, de toute façon, c’est… C’est ainsi, je peux pleurer toutes les larmes de mon corps, me mettre en colère, ou je ne sais pas quoi d’autre, mais il faut que j’accepte… Que j’accepte… Un autre sanglot, plus déchirant, encore, que les larmes silencieuses qui coulaient précédemment sur ses joues. Elle ne peut pas le dire à voix haute. Pas encore. C’est comme ça. Je ne devrais pas me plaindre, je ne vais pas mourir, ou… quoi que ce soit de ce genre, il y a des gens bien plus malheureux que moi… je n’ai même pas mal... Je préférerais avoir mal, en fait, peut-être que ça m’empêcherait de me sentir aussi vide... »

A qui parle-t-elle réellement ? Si son interlocutrice est, bien entendu, Evanore, elle semble pourtant s’adresser au mauvais diable qui a décidé de son destin. Elle ne croit pas au karma, ou à toutes ces superstitions, Grace. Mais là, dans ce milieu austère médical, elle lève pourtant les yeux au ciel et implore quelqu’un, n’importe qui, de lui venir en aide. D’effacer cette journée pour qu’elle n’ait jamais appris cette nouvelle, pour qu’elle puisse continuer de vivre sa vie comme si de rien n’était, sans jamais savoir qu’elle ne pourrait jamais avoir d’enfant.
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MessageSujet: Re: Ilithyie   Ilithyie EmptyDim 13 Oct - 16:21

ILITHYIE
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Elle sourit à la jeune femme. Grace. C’était un très joli prénom. C’était subtil, délicat, mélodieux, Grace. C’était aussi très explicitement moldu. Mais Evanore ne se questionna pas plus longtemps ; dans un centre médical, ils étaient tous les mêmes. Ils étaient malades, ou brisés, ou dysfonctionnels. Ils étaient victimes, à court, moyen ou long terme. Et dans cette aile, précisément, il n’y avait que des femmes, ou presque ; quelques maris inquiets, quelques employés occupés, quelques petits-amis franchement anxieux. Mais il n’y avait qu’elles qui comptaient vraiment ; elles à qui on annonçait une nouvelle qui les touchait intimement. Peut-être était-ce une maladie transmise dans l’amour, peut-être était-ce un problème génétique. Mais elles avaient toutes en commun d’être des femmes qui n’allaient pas bien.

« Vous ne m’embêtez pas du tout, mademoiselle Grace. Bien au contraire ! » Elle accorda un regard doux à ce petit coeur meurtri. « Vous êtes la première personne à qui je parle de vive-voix depuis… longtemps. Je suis contente que ça tombe sur vous, vous êtes agréable. Plus que Vogue, entre vous et moi… » Elle jeta un coup d’oeil au magazine qui reposait sur la table, abandonné de toute attention.

La petite s’excusa à nouveau du dérangement. Evanore voulut, une fois de plus, la rassurer quant au fait qu’il n’y avait là aucun problème, mais elle n’en eut pas le temps. Grace se vida le coeur, et, bien entendu, son interlocutrice l’écouta. Elle déblatéra sur l’inutilité de sa peine, sur la futilité de ses larmes, sans s’accorder de répit. La brune fronça légèrement les sourcils face aux propos de l’éperdue, mais la laissa poursuivre. Ce n’était qu’à la mention du vide que Evanore acquiesça presque violemment. Elle le connaissait, le vide. Celui qui la rongeait doucement depuis ses quinze ans, celui qui la tuait à petit feu depuis ses dix-huit. Doucement, elle posa une main sur la cuisse frêle de la jolie Grace, et lui répondit de façon presque maternelle.

« Je crois sincèrement que non, vous n’êtes pas forcée d’accepter. Vous ne devez rien au monde, mademoiselle Grace. Rien. Vous ne vous devez que le respect à vous-même. Si l’acceptation est ce qu’il vous faut pour avancer, alors soit. Mais le fait que certaines personnes meurent dans le monde, que certaines personnes puissent vivre “pire” que vous ne discrédite en rien votre douleur. » Au loin, l’infirmière appela son nom. Elle l’ignora. « Il n’est pas nécessaire de saigner pour que la douleur soit vive. Vous avez tout à fait le droit de vivre votre peine. Elle est à vous, elle vous appartient. Et il en revient à vous de la vivre à votre rythme. » Nouvelle appellation. « Quant au vide… je ne sais pas quoi vous dire. Outre, peut-être, de ne pas reproduire mon erreur. »

L’infirmière s’approcha en beuglant son nom de famille, et Evanore se retourna vivement. « Vous ne voyez pas que je suis occupée ? » L’employée posa une main sur ses hanches, agacée. « Vous pourrez discuter après. Le médecin est, lui aussi, très occupé. » La Blavatsky leva les yeux au ciel. « Et bien dites lui de ne pas perdre son temps. Je n’ai pas plus de règles qu’à notre dernière rencontre. Je n’ai pas soudainement de nouveaux ovaires. Je n’ai pas moins de douleurs. Voilà. Ça fait le tour du rendez-vous. » Et elle lui tourna le dos pour accorder son attention à Grace, entièrement à Grace. Il fallut à l’infirmière quelques secondes avant d’abandonner et de tourner les talons. Evanore reprit.

« Mon erreur, mademoiselle Grace, est d’avoir laissé ce vide me bouffer l’âme. Vraiment. J’ai craché sur l’aide des autres, j’ai brisé des relations, j’ai coupé des ponts et laissé passer de grandes opportunités. Vous êtes jeune et, de ce que je vois, une très bonne personne. Probablement une bien meilleure personne que je ne serai jamais. Ne gaspillez pas votre potentiel, mademoiselle Grace. Même si votre vie semble s’éteindre aujourd’hui. » Elle baissa les yeux quelques instants et se mordit la lèvre avant d’ajouter faiblement : « Vous savez pourquoi j’ai envoyé balader cette infirmière, mademoiselle ? » Elle serra ses avants-bras et poursuivit, la voix basse, vulnérable : « Parce que le médecin va me répéter pour la… » Elle compta. « ...quarantième fois de ma vie que je ne pourrai pas avoir d’enfants. Il me dira à nouveau que, comme mes règles ne se sont toujours pas déclenchées,  je ne peux toujours pas concevoir. Vingt ans qu’on me fait le même discours, et c’est ça… C’est précisément ça le plus difficile, dans mon cas. Le rappel constant, alors qu’on commence à peine à guérir. » Sa voix était triste mais, pourtant, elle se mit à sourire. Elle sourit à cette enfant qui avait encore une chance, qui avait encore du temps. « Mais moi, je n’ai pas de résilience. Ne faites pas comme moi. Ne vous méprenez pas, je maintiens que vous devez vivre votre douleur. Pleurez, mademoiselle Grace, le temps qu’il vous faudra. Pleurez, et insultez la vie. C’est sain, pour la guérison. Mais, pour nous deux… guérissez. » Elle n’ajouta qu’une phrase, sentant sa gorge se nouer.

« Quand vous serez prête, guérissez. »
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