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 Would you lie with me and just forget the world ? ft. Matthew Hamilton

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Grace HamiltonGrace Hamilton
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MessageSujet: Would you lie with me and just forget the world ? ft. Matthew Hamilton   Would you lie with me and just forget the world ? ft. Matthew Hamilton EmptyDim 7 Juil - 5:06


Would you lie with me and just forget the world ?

- Grace Hamilton — Matthew Hamilton -


"The truth runs wild like kids on concrete, trying to sedate, my mind in its cage and numb what I see. Awake, wide eyed, I'm screaming at me, trying to keep faith and picture his face staring up at me." Heaven - Troye Sivan
C’est fou comme des sons mis bout à bout forment des mots, et que ces mots, grâce à un tour de passe-passe de l’esprit, arrivent à construire des phrases qui peuvent potentiellement changer du tout au tout le cours d’une vie. De simples vibrations dans l’air, qui parviennent aux oreilles du réceptacle et qui peuvent aussi bien construire que détruire. C’est puissant, le poids des mots. Grace en a toujours eu conscience, mais elle n’en a jamais fait autant les frais que lors de cette matinée d’octobre, durant laquelle un docteur l’a regardé droit dans les yeux et lui a annoncé calmement qu’elle ne pourra jamais avoir d’enfants.

Elle n’a pas tout de suite compris, la française. Elle a cru être dans un mauvais rêve, ou bien, que son âme s’était détachée de son corps pour venir se ficher dans celui de quelqu’un d’autre, dans celui d’une étrangère qui elle, n’avait jamais voulu porter la vie et qui serait, au contraire, bien contente de n’avoir pas besoin de s’embarrasser de quelque chose d’aussi trivial que la contraception. Mais non. La vie n’est pas faite ainsi. Les pièces du puzzle de l’univers ne sont pas faites pour s’emboiter, et il s’avère que, dans son cas, sa volonté, son désir le plus cher ne pourra jamais s’exaucer. Grace a remercié le docteur pour son travail d’une voix blanche. Elle lui a sourit. Elle est partie du cabinet sans se retourner. Elle est retournée dans son appartement, une expression neutre peinte sur le visage, et ce n’est qu’au moment où elle a fermé la porte, où seul Camembert était là pour assister à ce douloureux spectacle, qu’elle s’est effondrée.

Il y a eu les larmes, bien sûr. Des rivières qui se sont transformées en fleuves, qui se sont transformées en torrents, et bientôt, c’était le déluge lui-même qui inondait son visage. Ses jambes ne la portaient plus, et elle est tombée, là, sur le palier de sa porte. Elle s’est roulée en boule à même le sol, singeant, quelque part, la position de ce bébé qu’elle avait fantasmé et qui ne resterait à jamais qu’un fragment de son imagination. Elle est restée là des heures. Prostrée. Dévastée. Et lorsque son corps ne fut plus à même de produire de nouvelles larmes, simplement épuisée. Ses yeux fatigués fixant le vide sans réussir à saisir les contours de la réalité.

Le soir venu, elle s’est relevée, en essayant de lutter contre son propre désir de rester dans cette position jusqu’à ce que la Mort elle-même vienne la cueillir. Elle est allé dans sa salle de bain, s’est débarbouillé le visage et a mis sur ses yeux un peu de maquillage, pour masquer les traces de ses pleurs. Elle est allé voir Milo et a fait comme si de rien n’était. Elle a rit, elle l’a embrassé, elle a plaisanté, elle a été si rigoureusement elle-même que ça lui a fait mal. Parce qu’elle ne faisait que prétendre. Elle n’était plus elle-même, plus vraiment. Elle était cette autre personne qui ne pouvait pas avoir d’enfant et qui ne pouvait rien faire pour y remédier.

Le temps a passé. Des jours, puis des semaines. Les proches de la jeune femme ont commencés à comprendre que quelque chose clochait. Ce n’était pas que son comportement s’était modifié, en tout cas, pas à proprement parler : mais il y avait quelque chose dans son regard, dans ses gestes, dans la façon dont elle avait de parler aux gens qui était singulier. Elle s’éloignait, petit à petit, un mot après l’autre. C’était lent, lancinant, et d’autant plus douloureux. Mais il n’y avait pas vraiment de preuves ni de cartes à abattre sur la table. Rien que la terrible certitude que Grace n’allait pas bien, et qu’elle voulait que personne ne s’en aperçoive. Milo en était le premier témoin, bien sûr. Il a essayé de la questionner, de comprendre ce qu’il se passait, mais elle balayait ses doutes du revers de la main. Elle allait très bien. Il n’y avait aucun souci. Elle l’aimait. Seule la dernière de ces trois phrases s’apparentait à la vérité.
Aujourd’hui, elle n’a toujours raconté à personne ce que le médecin lui a révélé. Elle fait grandir ce secret au plus profond d’elle, comme s’il s’agissait du nourrisson qu’elle aurait aimé faire naitre. Elle le cajole, elle le berce doucement, se répétant comme une comptine les trois petits mots. Je suis stérile. Elle passe plus de temps seule : mais elle n’est pas vraiment seule, pas lorsque la ritournelle tourne et retourne dans sa tête. Je suis stérile. Je suis stérile. Je suis stérile.

Et ces trois petits mots menacent de prendre le pas sur sa propre vie.
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MessageSujet: Re: Would you lie with me and just forget the world ? ft. Matthew Hamilton   Would you lie with me and just forget the world ? ft. Matthew Hamilton EmptyMer 14 Aoû - 12:14

L’automne s’installe petit à petit sur la petite île de Manadh. Les feuilles que le soleil a fait brunir se détachent des arbres et tombent au sol. La ritournelle monotone du bruissement du vent entre les branches dégarnies habite le paysage. La ville a une teinte grisâtre qui a un charme certains pour ceux qui, comme moi, n’ont connu que la Bretagne et sa grande sœur dans leur vie. La pluie éternelle de cette île battue par les eaux est désormais plus froide qu’elle ne l’était il y a de cela quelques mois. Il est moins agréable de passer du temps à l’extérieur mais dans mon cas, il est difficile de s’y dérober. Kenobi ne me permettrait pas de l’abandonner lors de la mauvaise saison, et je ne saurais vivre trop longtemps sans sa présence et le réconfort qu’il m’apporte.

Je suis d’ailleurs allé lui rendre visite ce matin, j’en ai profité pour le panser et le monter un peu. Le bruit de ses sabots sur le sol feuillu des sentiers de l’île a eu l’air de le contenter. Il faudra que je pense à prévoir une visite du maréchal ferrand dans les prochains jours pour ses sabots ! L’on pourrait croire que je vis une vie splendide, dénuée de stress alors que la SEP semble me laisser un certain répit et que je file le parfait amour avec un Irvin qui a retrouvé en partie son audition, mais il y a une ombre au tableau. Grace semble sombrer sous nos yeux, et Milo et moi l’avons certes remarqué, mais incapables de rien devant son mutisme, nous souffrons de sa souffrance. Son regard s’assombrit lorsque nous lui demandons la source de son mal-être, elle trouve des parades et se joue de nous avec des mots vides. Si nous étions convaincus de ses affirmations il y a quelques semaines, il n’y a plus de doute à présent. Quelque chose vole à ma chère sœur sa joie de vivre et son innocente spontanéité. Mais quel peut bien être ce malheur qui la ronge ? Nous n’en savons rien et sommes frustrés de ne rien pouvoir faire.

Ainsi, lassé de ces faux-semblants et bien décidé à lui arracher la vérité coûte que coûte, je me rends chez elle. Je suis déterminé mais il est très difficile de savoir comment aborder le sujet. Il n’est pas faux d’affirmer que ma maladresse légendaire me pousse à commettre un certain nombre de gaffes, notamment lorsqu’il s’agit de sujets tendus… Grace a tellement réussi à me soutenir avec mes propres problèmes et j’ai tellement peur de ne pouvoir lui rendre la pareille que mon pouls s’accélère considérablement au fur et à mesure que je me rapproche de son appartement. Finalement, devant la résidence, je prends ma respiration, sonne à l’interphone et attend que Grace veuille bien m’ouvrir. Enfin, je monte les étages me menant jusqu’au foyer de ma sœur et de son chat, Camembert le bien nommé. Dans mon esprit, différentes phrases d’accroches, différents moyens d’orienter la discussion vers ce tabou tournent et se percutent les unes les autres.

Je frappe à la porte et à peine Grace a-t-elle le temps de m’ouvrir que je rentre dans l’entrée et m’exclame :

- Grace, il faut qu’on parle !

On a déjà fait plus subtil.



   
   
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MessageSujet: Re: Would you lie with me and just forget the world ? ft. Matthew Hamilton   Would you lie with me and just forget the world ? ft. Matthew Hamilton EmptyDim 18 Aoû - 8:27


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Sa main agite doucement la cuillère qu’elle a plongé dans son thé bouillant. Combien de temps cela fait-il qu’elle est là, assise sans rien dire, à regarder les murs en attendant que sa boisson chaude refroidisse ? Quelques secondes, quelques minutes, quelques heures ? Elle ne saurait le dire. Les jours où elle ne travaille pas ne sont plus rythmés par le temps. Oh, bien sûr, elle peut entendre les tiquetis de son horloge, mais elle ne prend plus la peine de lever les yeux vers elle. A quoi bon, de toute façon ? Qu’est-ce que le temps, sinon une construction faite par l’homme pour essayer de contraindre la réalité, de la plier à sa volonté pour lui donner l’impression de la contrôler ? Quel égo. La nature est rebelle et incoercible par essence. Grace l’a apprit à son détriment, lorsqu’un simple rendez-vous chez le médecin a changé la vision qu’elle portait sur le monde.

L’appartement est silencieux. On peut entendre, par intermittence, Camembert qui gratte la sciure de sa cage, mais sans lui, on aurait l’impression de veiller un mort, tant l’ambiance est pesante. Les cabinets de la cuisine, le sol, la table, tout est si rutilent qu’on pourrait manger par terre. Grace a tendance à nettoyer frénétiquement, lorsqu’elle ne va pas bien : et là, elle ne va pas bien. Pas bien du tout. Chaque jour est de plus en plus difficile, le secret qu’elle porte la ronge mais elle ne peut pas envisager de le révéler. Pas lorsqu’elle a peur que Milo la quitte si elle ne peut pas fonder une famille avec lui ; pas lorsque dire la vérité à voix haute serait la rendre réelle, quelque part. Lui donner un pouvoir qu’elle n’est pas prête d’accepter.

Et puis le silence se rompt quand des coups sont frappés à sa porte. Qui cela peut-il bien être ? Elle n’attend personne. Le facteur, peut-être… La jeune femme se lève en soupirant, puis se traîne jusqu’à la porte d’entrée. Derrière le battant se révèle une silhouette qu’elle connaît bien, par coeur, en fait, et son petit frère rentre sans même la saluer.
C’est encore plus difficile de cacher son mal-être à Matthew. Elle a parfois l’impression qu’il est capable de lire ses pensées, simplement en la regardant dans les yeux, tellement il la connaît par coeur. La française sait qu’il n’est pas dupe, mais elle fait de son mieux. Elle essaie de toutes ses forces, de toute son âme d’aller bien. Si seulement elle était sorcière, peut-être qu’elle pourrait trouver un sortilège, une potion qui ferait passer sa mélancolie ? Peut-être même un remède à sa stérilité… Mais elle n’est qu’une petite moldue qui ne peut rien faire d’autre que de s’enfoncer la tête dans le sable, prétendre que tout va bien jusqu’à ce que ce soit réellement le cas. On fait semblant, jusqu’à s’en sortir : c’est comme ça que ça marche, non ?

La kinésithérapeute laisse son frère rentrer chez elle comme un boulet de canon, secouant doucement la tête devant son impétuosité, habituée, en fait, à son caractère tout feu tout flamme, avant de refermer délicatement la porte. Ses mots l’inquiètent, et tout de suite, c’est son rôle de maman poule qui surgit. Ses traits se font craintifs, son ton également.

« - Qu’est-ce qui se passe, Matt ? C’est une poussée ? Ou… Irvin va bien ? Le bébé ? Kenobi ? »

Parce que s’occuper des autres, elle sait faire, la Grace. Si quelqu’un a un problème, c’est vers elle qu’on se tourne. Elle est si responsable, si digne de confiance, qu’on a parfois l’impression qu’elle est capable de surmonter tous les obstacles. Mais ce n’est pas vrai. Dès qu’on touche à ses propres soucis, à ses propres sentiments, c’est une autre paire de manches. Son frère le sait bien, leur mère a tellement détruit l’estime qu’elle a pour elle-même durant leur enfance, qu’elle est incapable de se faire passer avant les autres, forcément plus importants que ce qu’elle ressent.

Et pourtant. Grace ne va pas bien. Et elle aurait bien besoin d’abaisser ses barrières, pour qu’enfin, quelqu’un parvienne à lui venir en aide à son tour…
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MessageSujet: Re: Would you lie with me and just forget the world ? ft. Matthew Hamilton   Would you lie with me and just forget the world ? ft. Matthew Hamilton EmptyVen 20 Sep - 12:20

D’aussi loin que je m’en souvienne, Grace a toujours été la grande sœur parfaite que tout cadet rêverait d’avoir. Elle me connait par cœur, elle sait mes maux avant que je les comprenne moi-même et m’a toujours protégé. De mon côté, j’essaie de faire du mieux que je peux, même si je ne peux lui rendre qu’une infime partie de tout ce qu’elle me donne au quotidien. J’en suis conscient, et bien que cela m’attriste et me confronte encore une fois à mes incapacités et à mon caractère que je voudrais plus flexible et plus altruiste. On dit que la maladie fait se recroqueviller certaines personnes sur leur statut de malade, sur leur petite personne et je crois que malheureusement, quoi que l’on fasse ou que l’on espère faire, quand la maladie frappe, elle nous prend tant d’énergie qu’on n’a pas le choix d’en avoir moins pour les autres.

Quoiqu’il advienne, j’essaie toujours d’être plus que le petit frère malade, plus que le petit frère inconséquent qui agit sans réfléchir, plus aussi que le petit frère clown de service. Déjà, parce que les clowns sont effrayants, et aussi parce que l’on ne peut pas tout cacher avec des rires et des pitreries. Alors parfois, je prends les choses en main, et en ce moment, cela me semble nécessaire. Grace n’est plus que l’ombre d’elle-même et elle utilise bien trop souvent les problèmes des autres pour nous dissimuler les siens. Cette règle s’apprête certainement à se vérifier à nouveau aujourd’hui…

Je débarque comme une tornade, prêt à tirer les vers du nez à ma chère sœur. La phrase d’introduction que j’aurais aimée plus subtile nous engage dans un quiproquo. Bien sûr, elle ne peut se douter que c’est d’elle dont je souhaite parler. Quand je vois ses petits yeux cernés et bouffis, son air ailleurs et fantomatique, mon cœur se serre encore plus fort. Qu’est-ce qui peut autant faire souffrir Grace ? Bien sûr, mon esprit s’est d’ores et déjà perdu dans des conjectures, mais le dramatisme de chacune d’entre elles m’a conduit à ne surtout plus y revenir… Je m’empresse bien entendu de chasser les craintes de ma chère sœur.

- Non, rien de tout cela, tout le monde va bien.

J’avance plus avant dans l’appartement, retirant ma veste pour la déposer sur le crochet prévu à cet effet et je ne peux m’empêcher de sentir la tristesse qui emplit les lieux. La tasse de thé esseulée dans le salon, notamment, me fend le cœur. Je me retourne vers Grace, toujours si prompte à imaginer que le malheur des autres prévaut sur le sien.

- Soeurette… Il y a quelque chose que tu me caches, quelque chose dont tu ne parles pas et qui t’attriste. Je pose ma main sur son bras. Laisse-moi t’aider je t’en prie…

Personne ne mérite de porter seul son fardeau de souffrance, et encore moins Grace.



   
   
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MessageSujet: Re: Would you lie with me and just forget the world ? ft. Matthew Hamilton   Would you lie with me and just forget the world ? ft. Matthew Hamilton EmptyMar 24 Sep - 11:47

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Il y a des mots qui peuvent briser des murs, aussi hauts et solides soient-ils, qu’ils aient des barbelés à leurs extrémités ou non.  Ce n’est qu’un souffle, qu’une vibration de la gorge qui se transforme en son, et pourtant, il est dévastateur, le pouvoir des mots. Il a détruit des armées bien plus aisément qu’un trébuchet ou qu’une catapulte ; il est la cause de l’effondrement de cités entières, de l’anéantissement de populations, du démantèlement de forces qui semblaient tellement ancrées dans le tissu de l’univers, qu’elles ont semblés ébranler les fondements même de la réalité.
Grace, qui a vécu toute son enfance au milieu des brimades constantes de sa mère, a conscience d’une telle puissance. Ce n’est que des années plus tard, avec pas mal de travail sur elle-même, que la française se remet à peine de la détresse psychique qu’elle a accumulé pendant des années, à subir remontrances sur remontrances, sans que Catherine n’ait jamais levé la main sur elle. C’est horrible à dire, mais elle aurait préféré que ce soit le cas, parfois. Au moins, elle aurait eu une preuve de ce qu’elle vivait au quotidien. Une marque à montrer à ses professeurs, lorsqu’ils ne comprenaient pas pourquoi elle n’avait pas rendu un devoir à temps, ou qu’elle avait été absente à une classe. Une excuse pour sa timidité, ses réactions parfois étranges à des circonstances pourtant banales. Mais non, pas de bleus ou de contusions, rien qu’une petite voix dans sa tête qui lui rappelle chaque jour qu’elle n’est pas à la hauteur, et que, peu importe ses efforts, elle ne pourra jamais l’être. Elle ne peut pas se plaindre. Des gens expérimentent des situations bien plus difficiles et tragiques chaque jour. Et elle en est ressortie grandi, quelque part, puisqu’aujourd’hui, elle a un bon travail, un ribambelle d’amis, et un homme charmant à ses côtés.

Elle a son frère, aussi, bien sûr. Matthew, ça a toujours été son ancre, même lorsqu’il n’en avait pas conscience, même lorsqu’il était trop jeune pour comprendre. La grande sœur s’occupait de son petit frère, pour avoir l’impression de compter, et aujourd’hui, ils sont tellement proches qu’il n’y a aucun non-dit, aucun faux-semblant entre eux. Enfin, ça, c’était avant. Avant le rendez-vous médical, avant l’annonce de sa stérilité. Elle s’est recroquevillée sur elle-même tel un escargot dans sa coquille, et maintenant, vient l’heure des représailles. Evidemment que le cavalier vient frapper à sa porte pour demander des explications, qu’elle soit prête à les donner ou non. Evidemment qu’il lui pose la question, droit dans les yeux, sans frémir. Les mots n’ont jamais été une arme, entre eux, bien au contraire. C’était ce qui les permettait de se protéger du monde extérieur, de se créer leur univers bien à eux quand tout allait mal : après une journée particulièrement difficile, il leur suffisait de discuter de tout et de rien, et un sourire venait bientôt orner leurs visages.

Mais Grace va mal. Alors, lorsqu’il lui pose la question fatidique, de manière pourtant douce est posée, elle ne voit plus son frère. Elle a l’impression que le visage du médecin lui ayant annoncé la nouvelle se superpose au sien, que ses lèvres bougent pour lui annoncer la sentence, encore et encore. Elle dérive, la française. Elle ne sait pas si elle réussira à regagner la rive, ou si elle se noiera dans les eaux profondes de sa propre psyché. Elle tressaille, alors qu’elle sent sa main sur son bras, sa présence tout contre elle. Fermant les yeux, la jeune femme essaie de souffler, pour ne pas s’effondrer, là et maintenant. Ses lèvres s’entrouvrent, et elle a l’impression d’hyperventiler, elle va étouffer, un poids vient se nicher dans sa poitrine. Elle a la sensation de mourir, tant elle peine à maintenir les apparences.

Alors, elle ne peut plus faire semblant plus longtemps. Elle pleure, maintenant. Des grosses larmes coulent le long de ses joues, et des sanglots s’échappent de sa bouche alors qu’elle peine toujours à respirer. C’est un chagrin qu’elle a contenu pendant bien trop longtemps, qui explose maintenant à son visage. C’est son esprit qui se laisse enfin aller. Pourtant, une énième défense, un sursaut, vient sous la forme d’une phrase vaine, que son frère n’a aucune chance de croire. Il la connait. Et même si ce n’était pas le cas, n’importe qui pourrait voir que c’est un essai désespéré de garder la tête haute.

« - Tout va bien, Matt’… Je suis juste un peu… fatiguée, en ce moment… »

Son regard croise celui du plus jeune, et elle sait qu’elle a perdu la partie. C’est vrai, elle est fatiguée. Épuisée, en fait. Elle se doit d’abaisser ses barrières et de lâcher un peu de lest, et avec l’aide de Matthew, elle peut y arriver. Alors, elle s’accroche à lui, sa main saisissant celle toujours posée sur son bras, l’étreignant comme une bouée de sauvetage. Elle se perd dans le câlin. Pour une fois, elle permet que ce soit son frère qui la protège, et pas l’inverse.
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