Bienvenue sur Catharsis,
A Tale of Muggles and Wizards
Constellations ON/OFF
Catharsis
A Tale of Muggles and Wizards

Catharsis :: Université Paracelse d'Atlantis :: Aile Naturelle
 

 + Jonathan - How to save a life

Aller en bas 
AuteurMessage
Sinéad KingSinéad King
Professeur
Professeur
http://www.catharsis-rpg.com/t1861-sinead-king-ubi-libertas-ibi-Messages : 122 Points : 538
Pseudo : Lau
Avatar : Eleanor Tomlinson
Crédits : une gentille personne de Bazzart
Plus d'informations
MessageSujet: + Jonathan - How to save a life   + Jonathan - How to save a life EmptyDim 30 Juin - 8:46

La druidesse s’apprête à rentrer chez elle après une longue journée de labeur avec ses étudiants dans les serres de l’aile naturelle de l’UPA. En ce moment, ces longues journées passées debout à travailler d’arrache-pied dans la moiteur des serres lui pèsent. Elle préfère jardiner dans son petit havre de paix, en plein-air mais elle a des obligations envers la faculté qu’il lui faut honorer. Mais une fatigue certaine la tenaille, associée à une constante sensation d’anxiété, comme si un danger l’attendait ou attendait l’un de ses proches. Son sac sur l’épaule, son casque de moto à la main, elle remonte le couloir où se hâtent les derniers étudiants. Ses talons résonnent sur le sol carrelé et elle songe à Derek, au train que prennent les choses entre eux et le fossé que ses récentes révélations ont creusé entre eux, et qui, même s’ils s’y appliquent très fort, ne se referme pas.

L’émotion la gagne et sans qu’elle puisse l’expliquer, des larmes coulent de ses yeux. Elle ne comprend pas pourquoi ces accès de pleurs lui viennent si souvent ces derniers temps, elle met cela sur le compte de sa crainte de voir son aimé dévoré par sa face sombre ou que son organisation soit mise à jour car dans un cas, elle le perdrait à jamais et dans l’autre, c’est elle qu’elle perdrait. On ne peut nier qu’il s’agit là de choses qui sont de nature à perturber tout un chacun mais il faut cependant rappeler que Sinéad King est une sorcière mesurée en toute chose, qui ne se soumet guère à des sentiments négatifs et qui possède une très forte résilience l’ayant éloignée depuis toujours de ces baisses de thymie. Même lorsque Niamh était partie rejoindre ses ancêtres de Slieve Aughty dans les étoiles, sa tristesse n’avait pas influé sur sa bonhommie habituelle. Loin d’être insensible, elle possède une bonne maîtrise de ses flux internes, ce qui est nécessaire pour une élémentariste de la Terre comme elle. Qui sait quel genre de séisme elle pourrait venir à provoquer sous le coup de la colère ?

Afin de laisser passer cet afflux de tristesse et ce flot de larmes dangereux, elle décide de faire un détour par les chemins extérieurs aux serres et va respirer l’air frais de la nuit. En octobre et sous ces latitudes, la nuit arrive tôt et alors qu’il est à peine dix-huit heures, on se croirait au creux de la nuit. D’autant plus que l’éclat de la Lune et le silence de l’université concourent à confirmer cette impression. Elle s’éloigne des chemins pour venir fouler l’herbe verte et se baigner dans le halo de l’astre nocturne. Ses larmes roulent jusqu’au sol et se tarissent, petit à petit. Elle s’assoit dans l’herbe et la mousse et prête attention aux bruits des feuilles qui tombent, aux branches qui bruissent dans le vent de Manadh. C’est toujours près de la Terre qu’elle se sent le mieux, le plus en sécurité. Elle rêve de s’endormir sur un sol mousseux et doux comme celui-ci, dans les bras de son aimé.

La quiétude de cet instant est renversée brusquement par un vacarme de branches et de pas au loin. Elle tend l’oreille et se lève promptement, courant presque jusqu’au lieu d’où proviennent ces sons inquiétants. Son cœur bat vite dans sa poitrine, car si un étudiant se trouve là où elle pense, de sérieux ennuis l’attendent. Elle passe son temps à répéter à ses étudiants ou à ceux qui s’aventurent trop de se bosquet de se méfier des snargalouf. Elle tire sa baguette de sa poche et se libère de son encombrant casque en l’enfilant directement sur sa tête, ce qui lui donne une allure totalement improbable. Elle accourt, vêtue d’une robe longue à fines bretelles, recouverte de carreaux et d’un casque de moto donc d’où s’échappe sa longue chevelure rousse. Evidemment, les snargalouf sont bien en train de chercher à s’en prendre à un homme qui semble bien démuni devant ces plantes agressives. Elle lance donc un Impedimenta avant de se rapprocher de l’homme en enlevant son casque.

- Tout va bien ?


I will love you 'til the end of time
I would wait a million years. Promise you'll remember that you're mine, Baby can you see through the tears ?Blue Jeans.
Jonathan RowleJonathan Rowle
Professeur
Professeur
http://www.catharsis-rpg.com/t1251-jonathan-rowle-la-guerre-c-esMessages : 1003 Points : 899
Pseudo : Flow
Avatar : David Tennant
Crédits : signature : Schyzophrenia (bazzart) avatar : white wolf
Plus d'informations
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Résidences du centre-ville
Patronus: Un python royal
Informations diverses:
MessageSujet: Re: + Jonathan - How to save a life   + Jonathan - How to save a life EmptyLun 1 Juil - 12:23


How to save a life

- Jonathan Rowle - Sinéad King -


"Looks like I can't keep up and you're fresh out of luck. You want fire where its wrong, out of sight, when race already won. See you later, see you later. Now that I'm older, can't seem to fight this feeling, running in circles, feels like I can't compete with. " Fears - MTNS
Mes pas m’ont conduits près des serres sans que je ne m’en rende réellement compte. C’est une fâcheuse habitude que j’ai depuis bien longtemps : lorsque je suis plongé dans mes pensées, mon corps avance tout seul et je me retrouve souvent dans des lieux incongrus, parfois très éloignés de mon point de départ. Je me souviens, à l’époque du Bureau, je me mettais à faire les cent pas près de ce grand tableau en liège où nous collections les indices amassés sur le mage noir que Kingsley et moi traquions, et lorsque je relevais la tête, j’étais du côté du service postal, où des dizaines de lettre arrivaient chaque minute au Ministère pour être triées et envoyées dans le bon service. Cette mauvaise habitude ne m’a pas quitté avec les années, avec la guerre, avec la maladie. Et l’UPA est un lieu idéal pour se perdre, entre les dédales de couloirs, les bâtiments reliés entre eux par des cours extérieures, les amphithéâtres vides de tout élève alors que la Lune est déjà haute dans le ciel.

C’est déjà la deuxième année scolaire durant laquelle j’exerce mon métier de professeur, et les doutes ne m’ont toujours pas quittés, malgré ma prise d’expérience certaine. C’est ce qui tourne et retourne dans ma tête, sans que je ne puisse rien faire pour l’en empêcher. La peur, ce sale petit sentiment vicieux qui rampe au fond de l’âme : elles sont loin de moi, mes années d’Auror où je ne craignais rien ni personne. Aujourd’hui, chaque action que j’entreprends, je me dois de la calculer, pour éviter qu’on ne découvre ma véritable nature. Le couard qui a tué son frère, qui n’est pas capable d’utiliser sa baguette magique, qui prétend pourtant pouvoir enseigner à des jeunes gens les subtilités du métier d’Auror. Le vieillard fatigué, hanté par des fantômes qui ont toutes les raisons du monde de le pourchasser. J’ai eu de la chance, l’année dernière, de pouvoir compter sur Léandre et d’autres intervenants, pour masquer le fait que je suis incapable de créer la moindre étincelle avec le bout de bois qui était autrefois mon arme la plus puissante. Je ne sais pas si je pourrais reproduire ce schéma, cette année encore. Cela fait quelque temps maintenant que je n’ai pas vu le Rosier, et de plus, des rumeurs à mon sujet commencent à fuiter parmi mes étudiants. On me dit affaibli, fatigué, et ils n’ont pas tort. Je devrais partir, s’ils apprennent la vérité. Déménager, fuir, encore une fois. Annie se plait pourtant bien ici, et si je dois être tout à fait honnête avec moi-même, c’est aussi mon cas. Mais je n’aurai pas d’autres choix.

Lorsque je relève la tête, l’esprit encore tourmenté par ces soucis auxquels je ne trouve aucune solution, je ne reconnais pas tout de suite l’endroit où je me trouve. Et puis j’observe ces grandes baies de verre, ces feuilles qui bruissent doucement dans l’air de la nuit. Les serres, oui… L’Université possède des installations dernier cri pour les étudiants en potion et en botanique. Je soupire. Je ne sais pas l’heure qu’il est exactement, mais il ne fait aucun doute que je suis seul parmi ces plantes bariolées, et que je ferai bien mieux de rentrer chez moi pour m’occuper de ma nièce plutôt que de déambuler ici.

Un craquement m’interpelle, et mon corps agit tout seul. Malgré mon âge, mes réflexes forgés par des années d’entrainement intensif sont encore vifs, et j’échappe de justesse à l’attaque d’une branche de ronces acérées, bien décidée à faire couler le sang. Je cligne des yeux. Je ne m’attendais certainement pas à me faire agresser par une plante, surtout pas dans l’enceinte de l’UPA, et l’espèce de souche en profite pour renouveler son attaque. C’est un autre tentacule, encore plus grand que le premier, qui fond sur moi, et je dois me jeter sur le côté pour l’éviter, faisant résonner le combat dans l’atmosphère silencieuse de l’université déserte. Une bêche dégringole et renverse plusieurs pots de terre cuite, brisant une soucoupe qui accueillait des pousses d’une nature inconnue. Je réfléchis à toute vitesse. Je suis loin d’être un expert en botanique, mais mon amour des livres me permet de plonger dans ma mémoire, ce temps où j’avais étudié Arbres carnivores du monde, une encyclopédie indigeste mais particulièrement intéressante. Un snargalouf. Je me souviens que leurs gousses peuvent être extraites pour diverses potions de défense, notamment grâce à un jus particulièrement corrosif qui se trouve à l’intérieur. C’est un adversaire de taille, je dois vite me sortir de là.

J’essaie de m’enfuir, mais c’est peine perdue, je ne peux faire qu’esquiver les attaques incessantes de la plante, qui semble être décidée à faire de moi son repas. Bien sûr, si je pouvais utiliser ma baguette, je n’aurai aucun mal à la neutraliser. Mais me voilà aussi inoffensif qu’un oisillon tombé du nid, incapable de me défendre quand j’ai mis derrière les barreaux certains des sorciers les plus dangereux de notre temps. Ma dernière heure est-elle arrivée ? Mes pensées vont vers Annie. Qui va prendre soin d’elle, si je ne suis plus là ? Je suis sûr que Kingsley prendrait garde à ce qu’il ne lui arrive rien, mais…

Je n’ai pas le temps de réfléchir plus longtemps qu’un éclair magique, caractéristique du sortilège d’entrave, me frôle pour venir s’échouer sur la plante, qui arrête instantanément ses sombres desseins pour devenir plus douce qu’un agneau. Je tourne la tête, et j’ai la surprise de tomber sur une vision tout à fait singulière, puisqu’il s’agit visiblement d’une femme, vêtue d’une robe légère et d’un casque de moto, qui lui donne des allures d’un Power Rangers, ces super-héros qu’Annie apprécie regarder, de temps en temps, à la télévision. Mon souffle est court. Mon cœur bat à toute allure. Sans elle, j’étais perdu. Mais je ne peux m’empêcher de me sentir terriblement honteux, de me faire secourir ainsi alors que je suis censé être capable de me débrouiller sans ma, contre un tel adversaire. Je bredouille, en lui répondant, essayant de chasser la boule d’anxiété qui s’est formé au fond de mon ventre.

« - Ça va, merci, je… oui, merci, tout va bien.

Je sens un gout métallique parvenir à mes lèvres, un goût que je ne connais que trop bien. Du sang. Ma main se porte à ma joue : le snargalouf m’a frôlé d’un peu trop près et m’a coupé, heureusement de manière peu profonde. Je regarde les cheveux roux de la femme robot, qui s’échappent de l’ouverture de son casque, et mon esprit fait deux plus deux. C’est évident qu’il s’agit de la seule personne qui se trouverait ici, à une heure pareille…

- Professeur King ? »
code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 1120 WORDS.



there's no peace in quiet
Just footsteps on the stairs, Whispers in the silence Remind me you're not there.
Sinéad KingSinéad King
Professeur
Professeur
http://www.catharsis-rpg.com/t1861-sinead-king-ubi-libertas-ibi-Messages : 122 Points : 538
Pseudo : Lau
Avatar : Eleanor Tomlinson
Crédits : une gentille personne de Bazzart
Plus d'informations
MessageSujet: Re: + Jonathan - How to save a life   + Jonathan - How to save a life EmptyMar 9 Juil - 8:54

Elle court la druidesse, elle fend l’air de la nuit universitaire. Entre les serres, elle connait le chemin par cœur, sûrement parce qu’elle a participé à aménager les alentours de plantes utiles à l’éducation des jeunes étudiants en botanique et potion. Pour ce qui est des snargaloufs, elle n’avait pas voulu les introduire directement dans une serre car ils sont bien trop dévastateurs ; cela dit elle n’avait pas particulièrement planté ces pousses volontairement dans un carré d’herbe de l’université. Disons que le hasard avait porté un plant jusqu’à cet endroit, qui est de plus le moins emprunté par les étudiants. La réalité c’est que Sinéad aime toutes les plantes, même les plus agressives et égoïstes. Ses relations avec le saule cogneur de son jardin s’améliorent d’ailleurs de jour en jour ! Elle voulait simplement montrer au monde que les snargaloufs sont des arbres comme les autres… Mais ils sont incompris, c’est déplorable…

Cela dit, elle ne tolère pas ces accès de violence et c’est pourquoi elle a installé des panneaux tout autour de leur lieu de vie afin d’éviter qu’on rompe la quiétude de leur chemin abandonné. Il semblerait qu’un autre étudiant malchanceux n’ait pas remarqué ces écriteaux plantés bien en évidence partout avant la zone dangereuse… Quelle n’est pas sa surprise quand elle comprend en retirant son casque qu’elle n’a absolument pas affaire à un étudiant un peu stupide mais à un professeur de l’UPA. Jonathan Rowle se tient devant elle, blessé par les snargaloufs qui d’ailleurs la saluent d’un coup de branche affectueux. Elle est désemparée devant la scène qui se tient devant elle.

- Professeur Rowle ? Je… Deux petites minutes.


L'homme lui ayant assuré que tout allait bien, Sinéad prend le temps de se tourner vers le snargalouf le plus proche et le sermonne doucement.

- On en a parlé des dizaines de fois toi et moi… On n’attaque pas les gens sous prétexte qu’ils passent à côté de nous.

L’arbuste semble honteux de ses actes, on le remarque à son tronc qui semble observer attentivement ses racines. La druidesse s’approche de lui et le caresse gentiment.

- La prochaine fois fais plus attention… Et désolée pour le sortilège, vraiment. On va te laisser tranquille maintenant, d’accord. Ah et bonjour à ta mère pour moi !

Elle entraîne le professeur plus loin, hors de portée de ces arbres avides de calme et de solitude.

- Je suis désolée que vous ayez eu affaire aux snargaloufs, ils sont très territoriaux…

Elle secoue la tête, exaspérée. Elle ne comprend néanmoins pas qu’il ait pu louper ses panneaux, et encore moins comment un ancien auror qui enseigne désormais aux jeunes aspirant à la même carrière que lui puisse se laisser toucher par un pauvre arbuste. Cela dit, elle se dit qu’il a peut-être tout simplement voulu éviter de blesser ses protégés, même si son intuition lui fait bien sentir que quelque chose ne tourne pas rond vers l’homme qui se tient en face d’elle. Elle ne peut nier le charme qu’il dégage, mais tout cela est caché derrière des yeux dont les iris sont le reflet même de la souffrance et du remords, le tout teinté d’une bonne dose de culpabilité. Oui, elle lit tout cela dans son regard.

Elle détourne la tête car elle sait que certaines personnes sont gênées lorsqu’on les regarde si intensément dans les yeux. Elle s’intéresse alors à la blessure de sa joue.

- Hm. Voulez-vous venir dans la serre principale boire un thé, il faudrait que je soigne votre blessure, j’ai tout ce qu’il faut là-bas.

Elle ajoute avec un sourire :
- Promis, il n’y a rien d’agressif là-bas !


I will love you 'til the end of time
I would wait a million years. Promise you'll remember that you're mine, Baby can you see through the tears ?Blue Jeans.
Jonathan RowleJonathan Rowle
Professeur
Professeur
http://www.catharsis-rpg.com/t1251-jonathan-rowle-la-guerre-c-esMessages : 1003 Points : 899
Pseudo : Flow
Avatar : David Tennant
Crédits : signature : Schyzophrenia (bazzart) avatar : white wolf
Plus d'informations
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Résidences du centre-ville
Patronus: Un python royal
Informations diverses:
MessageSujet: Re: + Jonathan - How to save a life   + Jonathan - How to save a life EmptyDim 14 Juil - 12:09


How to save a life

- Jonathan Rowle - Sinéad King -


"Looks like I can't keep up and you're fresh out of luck. You want fire where its wrong, out of sight, when race already won. See you later, see you later. Now that I'm older, can't seem to fight this feeling, running in circles, feels like I can't compete with. " Fears - MTNS
Je me sens comme déconnecté de la réalité. Je perçois pourtant le sol sous mes pieds, le vent contre mon visage, mon corps ancré dans ce monde si vaste et complexe, mais c’est d’un air hagard que j’accueille l’irlandaise, le souffle court, les paumes suantes, car j’ai l’impression de ne pas vivre ce qui correspond, pourtant, à mon existence. Jonathan Rowle ne peut pas s’être fait surprendre par une vulgaire plante, certes, agressive, mais qui est, néanmoins, loin de représenter un quelconque danger. Jonathan Rowle n’a pas besoin de se faire secourir, c’est lui qui doit porter assistance aux autres, qui est le bras armé de la justice, qui… Je cligne des paupières. Qui crois-tu convaincre, à plaidoyer ainsi ? Tu n’es plus qu’un être fragile, ta jeunesse derrière toi, tes forces annihilées. Tu n’es plus rien. Même pas un dixième de ce que tu étais autrefois. Je secoue la tête. Stop. Je souffle, et compte dans ma tête, comme j’ai appris à le faire quand je me sens sur le point de basculer vers le point de non-retour. Un, deux, trois… Je me revois, incapable de lever ma baguette. Non. Je ne dois pas penser à de telles choses. Je ne dois pas lâcher prise. Quatre, cinq, six… Oui, pense à Annie, c’est ça. Pense à ce qui te fait tenir. Ce qui fait que tu es encore en vie, aujourd’hui. Sept, huit, neuf… Je suis maintenant bien plus calme, ce maelström de pensées qui agite mon cerveau commence à s’évaporer. Tout s’est passé en une fraction de seconde. Le temps, en fait, de relever les yeux vers le professeur King, et de relever la commissure de mes lèvres pour lui adresser un sourire timide.

J’ai l’impression que, de toute façon, elle aurait eu du mal à saisir mon trouble, car son attention s’est reportée sur mon agresseur pendant que je calmais les battements de mon cœur. Elle regarde maintenant le snargalouf et lui parle d’une voix ferme, mais remplie d’affection. Cela me permet de prendre un peu plus de temps encore, pour respirer un peu plus calmement, de faire cesser les tremblements qui parcourent, de manière incontrôlée, le bout de mes doigts. Calme-toi. Calme-toi, j’ai dis. Et j’ai presque l’impression que les paroles de la druidesse font écho dans ma tête, comme si c’était sa voix réconfortante qui m’intimait de me détendre. Il n’en est rien, bien sûr. Mais c’est peut-être la raison pour laquelle je la laisse m’entraîner, doucement, hors de la portée des ronces de la plante.

« - Oh je euh… ça ne fait rien, ne vous en faites pas…

Je bafouille, me cherche des excuses quand je n’en ai aucune. Je songe même à lui dire que j’ai toujours été particulièrement mauvais en botanique, simplement pour qu’elle trouve une raison à mon incapacité face à la plante : mais ça aurait été un mensonge, et je ne veux pas tomber dans ce travers. J’en ai suffisamment pour ne pas m’en rajouter un supplémentaire. J’étais d’ailleurs assez doué en botanique à Poudlard, comme dans la plupart des matières, de toute façon : je remplissais parfaitement le cliché du petit Serdaigle le nez plongé dans ses livres jusqu’à se couper du monde, mais j’ai pourtant surpris tous mes anciens camarades de classe en rejoignant le rang des Aurors une fois mes ASPICs passés. Où est-il passé, ce jeune homme que j’étais ? Où s’est-t-il envolé, quand il est évident que j’ai encore désespérément besoin de lui.

- Ce n’est rien, juste une égratignure, je ne veux pas vous déranger. Et puis, c’est ma faute, j’aurai du faire plus attention, je…

J’esquisse un pas vers la gauche, une fuite vers l’avant, une énième démonstration de ma couardise. Cette femme ne démontre rien d’autre que de la bienveillance et de la bonté envers moi, mais j’ai terriblement peur des questions qu’elle pourrait poser quant à la raison de mon immobilisme face au snargalouf, et de mon absence de réponses tangibles. Que puis-je faire donc d’autre, alors, que de partir la queue entre les jambes ? Mon œil est paniqué. Mon rythme cardiaque se remet à augmenter, la sueur recommence à couler le long de ma tempe. J’ai, comme toujours, l’impression d’être un lièvre aculé dans son terrier par un prédateur. Il faut que je me ressaisisse.

- Il se fait tard, après tout, vous avez sûrement envie de rentrer chez vous, je… Cette coupure n’est rien que le temps ne peut guérir, de toute façon. »

Et bien sûr, si je pouvais utiliser ma baguette, un Vulnera Sanentur aurait fait parfaitement l’affaire, mais je tais cette éventualité. Cette pensée ne fait que me rappeler à quel point je suis inutile. Le sorcier qui ne faisait pas de magie. Ironique, n’est-ce pas ? Pitoyable, surtout. 
code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 795 WORDS.



there's no peace in quiet
Just footsteps on the stairs, Whispers in the silence Remind me you're not there.
Contenu sponsorisé
Plus d'informations
MessageSujet: Re: + Jonathan - How to save a life   + Jonathan - How to save a life Empty

 
+ Jonathan - How to save a life
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» How to save a life- Sofia [4 mars]
» how to save a life — némésis
» Ilario Leonelli ☆ how to save a life
» How to save a life w/ James (PV)
» Life in UCLA

Réponse Rapide


Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-
Sauter vers: