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 Colombien suave

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Idalina Cadena VerduzcoIdalina Cadena Verduzco
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MessageSujet: Colombien suave   Colombien suave EmptyDim 12 Mai 2019 - 10:22

Le Holiday's Coffee… J'avais fait confiance à ma contact quand-au choix du lieu de rencontre qui, disait-elle, lui était familier. Cependant, bien que je lui aie couru après pour le besoin de mon enquête, je me demandais bien à qui j'avais affaire. Nos échanges par hiboux interposés avaient été brefs et décidés. Si la jeune femme _ je me laissais là influencer par la description succincte du Sergent Pepper_ était fidèle à l’image que je m’en faisais, elle devait à la fois être décidée et peut être imprudente. Car enfin, elle ne me connaissait pas et paraissait me faire confiance de prime abord. Je pourrais bien être n’importe qui ou me faire passer pour une journaliste surtout si, comme je l’ai deviné et elle semble le confirmer, tout est fait pour étouffer cette affaire. De mon côté, j’avais l’habitude de me montrer circonspecte et ne donnais pas ma confiance au premier venu. En l'occurrence comme j’espérais bien avoir plus d’une source, j’avais les moyens de recouper les informations, histoire de ne pas me faire balader par la première “jolie fille” venue. Cependant, le peu de méfiance de Miss Hamilton a fini par instiller en moi un doute. Après tout, l’existence de la fille m’avait été révélée par un policier qui s’était montré on ne peut plus coopératif et le manque de prudence de ma contact pouvait très bien signifier que c’était moi qui faisait preuve de la même imprudence. Les deux jours qui m’avaient séparée de cette entrevue avaient été largement suffisante pour faire monter en moi une certaine paranoïa.

J’avais donc tenté de me renseigner un peu sur elle tout en tentant de ne pas me montrer trop intrusive, ce qui est un exploit pour moi. Lorsque je suis sur une piste j’ai du mal à me modérer et là cela avait été plutôt facile. Les moldus ont ce qu’ils appellent internet et qui facilite grandement les choses. Grâce à mon père, j’ai appris à prendre ce qu’il y avait de meilleur de ce monde aussi bien que de celui des sorciers. En quelques clics j’ai pu retrouver son cabinet de Kinésithérapie et son blog de scrapbooking. La miss est créative ! La seule chose qui manquait était une photo d’elle. Maldita ! J’aurais pu me rendre à son cabinet pour finir de me renseigner mais j’avais pris sur moi de laisser une dose de confiance dans notre première rencontre. J’espérais juste que je n’allais as le regretter

Dix-sept heure cinquante-trois. Comme souvent je suis en avance. Les arômes de la même boisson, s’échappent des interstices de la porte ou des fenêtres. Je ne sais pas trop mais la rue en est embaumée. Je regarde alentour mais personne de suspect ne semble hanter les abords du café. Je suis bien placée pour savoir que cela ne veut rien dire, mais cela ne coûte rien de s’en assurer un minimum. Si Grace Hamilton doit sortir de son travail à dix-huit heures cela me laisse grandement le temps de prendre contact avec les lieux. Je n’ai pas fait l’impasse sur les talons supposés me faire paraître moins petite que je ne suis, mais j’ai opté pour une tenue qui me permettrait de courir si jamais c’était nécessaire, quitte à abandonner mes chaussures derrière moi si besoin était. Si ! Lo sé! Je ne suis pas très conséquente. Si je crains vraiment une embuscade ou quelque chose d’approchant mes complexes devraient être secondaires. Mais on ne se refait pas et puis lesdits talons sont moins hauts que d’ordinaire... Pantacourt de coton bleu pâle et maille de coton ajourée aux couleurs d’un été pastel et pour transporter mes petites affaires, un petit sac à dos citadin de cuir ambré et aux boucles dorées et sur abondantes. J’adore les lanières et les boucles sur les sacs, même si elles ne sont pas vraiment toutes utiles. Aujourd’hui, pas de chapeau et juste un simple chignon qui n’est pas certain de tenir toute la soirée mais qui me permet de profiter de la brise du soir.

A peu près assurée de la suite des événements je finis par entrer dans le café. Je lance un “bonsoir” de convenance qui ne doit pas arriver aux oreilles de beaucoup de monde hormis peut-être celles des employés de l’endroit. L’endroit est moderne comme la plupart des lieux de l’île mais chaleureux. Un bon point pour le señorita Hamilton. A cette heure de transition, les clients du jour ont déjà cédé la place à ceux de la nuit du soir mais qui n’en ont pas encore pris possession. L’endroit est donc assez calme si l’on excepte un couple qui a tout l’air d’un duo de touristes amoureux et une vieille lady au large chapeau absorbée par la contemplation du fond de sa tasse. Le calme apparent du petit établissement propret m’aide à combattre la paranoïa que je déteste sentir en moi depuis que je me suis un peu trop penché sur le cas de ma contact, à partir de pas grand-chose si je veux bien être honnête. Je me résous donc à ne pas jouer les aurors et à ne pas faire le tour de la boutique pour y chercher les recoins, les sorties de secours et on ne sait jamais trop quel traquenard.

Je finis donc après quelques secondes interminables qui doivent me donner l’air d’une cruche ne sachant pas de quel côté elle va tomber de son étagère pour se fracasser sur quel carrelage, par me diriger vers le comptoir, son plateau en inox et ses flancs encore laqués de neuf malgré ses moulures vintages et derrière lequel un homme semble affairé à ranger les tasses encore fumantes de vapeur et tout droit sorties d’un lave-vaisselle qui doit se trouver dans l’arrière-boutique.

“Bonsoir. J’ai rendez-vous avec Grace Hamilton...”

L’homme lève un visage bienveillant au regard malicieux vers moi.

“Grace ?”


Visiblement elle n’a pas prévenu de sa venue et cela finit de me rassurer. Si elle connaît bien les gens du lieu et qu’ils ne sont pas informés de ma visite, cela éloigne d’autant la possibilité d’un traquenard.

“Elle n’est pas là. Mais si vous avez rendez-vous avec elle, je vous suggère de vous installer…”

Il jette un œil vers une horloge de style victorien accrochée entre deux fenêtres.

“Elle ne devrait pas tarder…”

Comme pour lui donner raison, avec un petit déclic mécanique, la grande aiguille tressaute jusqu’à se caler entre le 1 et le 2 du sacro-saint 12 marquant l’heure pile de dix-huit heures. Las diez y ocho en punto! Je ne sais pas si je dois décliner mon identité, mais cela n’a pas l’air d’intéresser le tenancier et je me contente de suivre son conseil.

“Merci. Je vais m’installer...
_ Je vous apporte la carte des cafés ?
_ Volontiers ! Merci.”


A peine assise, le patron, en tout cas celui que je prends pour le patron me glisse avec le sourire la carte des cafés. Si c’est un sourire commercial, j’aime assez celui-ci. La carte est impressionnante. Les cafés sont déclinés en fonction de leur terroir et en fonction des éventuels arômes que le consommateur désire y ajouter. Papa disait toujours que le café c’est le café et qu’y ajouter autre chose fût-ce de la crème était une hérésie. J’ai un peu hérité de cet intégrisme et c’est assez vite que je me décide.

“Un expresso colombien ?
_ Très bien.”


Alors qu’il tourne les talons, je pose mon petit sac à dos sur mes genoux pour une ultime vérification. Lorsque je change de sac, j’ai toujours peur d’oublier quelque chose et ne peux m’empêcher de vérifier une bonne dizaine de fois avant d’être convaincue que tout est là. Ma baguette, mon carnet, mon crayon, l’essentiel est là en plus toutes les petites choses indispensables du quotidien.

Je me suis installée à une table un peu en retrait mais d’où je peux voir les gens entrer et sortir. D’ailleurs, la petite Lady aux cheveux d’argent semble être redescendue sur terre et franchit la porte avant de disparaître dans la rue. Je la suis quelques secondes des yeux comme si son départ allait coïncider avec l’arrivée de ma contact… Superstition ! Rapidement, je remets le nez dans mes notes au-dessus de mon sac avant de leur rendre leur place entre un miroir de poche et mes papiers, carte professionnelle, d’identité etc. Je n’ai pas envie de faire sentir à Grace Hamilton que je suis déjà dans les starting-blocks ou pire impatiente, ce qui est évidemment le cas mais que la courtoisie élémentaire m’interdit de communiquer à mes interlocuteurs.

Dans un tintement de faïence, mon espresso est déposé devant moi et je laisse les arômes arriver à moi avant de saisir l’anse de ma tasse. Ils sont des plus prometteurs même si je n’ai pas le nez de papa pour identifier et critiquer un bon café. Je l’ai physiquement et ça m’agace assez mais ce n’est pas le propos. En approchant de mes lèvres de nouveaux fumets plus délicat s’ajoutent à la base ses senteurs et je ne regrette déjà pas mon choix. La première petite gorgée me confirme la délicatesse et l'équilibre des saveurs entre douceur force et amertume. Le tout en fait un café suave qui s’accommodera difficilement d’un entretien si celle que j’attends arrive avant la fin de ma tasse. Au moins le choix de l’endroit est judicieux et c’est un bon point pour la demoiselle.
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MessageSujet: Re: Colombien suave   Colombien suave EmptySam 25 Mai 2019 - 22:29

Colombien suave

- Grace Hamilton — Idalina Cadena Verduzco -


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Elle court sur les pavés. Son souffle est précipité, ses pas rapides alors que le soleil laisse peu à peu sa place dans le ciel à son astre opposé. Elle est en retard, la française, et si ça l’aurait embêté pour n’importe quel rendez-vous, celui là est si important à ses yeux qu’elle redouble d’effort pour rattraper les précieuses minutes qui s’écoulent inexorablement. Ce n’est pas de sa faute, pourtant : sa dernière consultation a pris plus de temps que prévu, et elle n’allait quand même pas jeter Mr Fernandez dehors parce qu’elle avait mieux à faire, en particulier avec ses problèmes de hanche. Mais maintenant, des milliers de pensées fusent dans sa tête alors qu’elle se presse à arriver à l’Holiday’s Coffee, se demandant si la journaliste est toujours présente, ce qu’elle va bien pouvoir lui dire, si elle va comprendre la gravité des événements qui se sont déroulés lors de l’exposition MacLean.

Car le déroulé de cette journée est encore gravée dans sa tête et dans son cœur, malgré le temps qui file à toute allure. Elle ne peut oublier l’expression du gobelin qui comprend qu’il va mourir, le bruit que son corps a fait en touchant le sol, la baguette levée qui lance le sort funeste. C’est la première fois qu’elle a vu quelqu’un mourir. Et si certains pourraient débattre en prétextant que ce n’était pas réellement une personne, plutôt une créature, et que son décès est par conséquent moins important, Grace n’est certainement pas du genre à faire de telles considérations. C’était un être doué d’intelligence et de parole, et il a été assassiné de sang froid, peu importe le contexte et les raisons qui ont poussées ce geste. Les semaines ont passées, mais les remords sont toujours bien présents.

C'est la raison pour laquelle elle a accepté l'invitation d'Idelina. Elle espère de tout cœur que la journaliste pourra lever le voile sur cette affaire, et que le coupable de ce meurtre sera puni. C'est ce qu'elle désire au plus profond d'elle même, et c'est pourquoi elle se presse tant pour espérer rattraper son retard.

Un petit carillon retentit alors qu'elle passe la porte du café. Elle connaît bien les lieux étant donné son implication au sein de The Pacifist Confederacy : l'établissement est tenu par la femme de leur président, et elle peut d'ailleurs voir son ami Oras deviser avec Holiday derrière le comptoir un peu plus loin. Si elle leur fait un signe rapide de la main, elle continue sa route pour s'avancer à l'intérieur de la salle à l'ambiance si cosy, cherchant du regard une inconnue ou, en tout cas, quelqu’un qui aurait l’air de l’attendre. La française connaît bien les habitués et elle ne met pas longtemps à repérer la seule femme qui semble attendre en face d’une chaise vide. Sans hésiter une seule seconde, elle s’approche, avant de demander d’une petite voix :

« - Madame Verduzco ?

En l’entendant répondre par la positive, elle s’assoit dans la chaise libre, déposant son sac à ses côtés avant de faire un vague signe vers le comptoir. Ils connaissent sa commande, et bien vite, c’est un thé au jasmin qui apparaît devant elle, une petite coupelle de miel déposée délicatement près de la tasse fumante. Grace, un peu intimidée par la journaliste, la détaille quelques instants du regard avant de prendre la parole. Ses yeux glissent sur les longues boucles noires et les yeux scrutateurs, les vapeurs chaudes du café titillant le nez qui aurait pu être un peu trop long s’il ne lui donnait pas tant de charme. La latine doit avoir à peu près le même âge qu’elle, un peu plus vieille, peut-être, mais elle a une aura qui l’impressionne, une profondeur fascinante qui la laisse songeuse. C’est ce qu’il faut quand on a comme vocation de mettre sous la lumière les sombres vérités de ce monde, certainement.

- Je suis désolé d’être en retard, j’ai été retenue sur mon lieu de travail, j’ai eu peur que… vous ne soyez déjà partie.

Elle bredouille déjà, la jeune femme. Elle se maudit de son manque de charisme en piquant un fard, essayant de dissimuler son émoi en buvant une gorgée de thé, avant de s’étouffer à moitié en constatant la chaleur intense de la boisson. Elle tousse, prend une petite serviette en papier mise à sa disposition, s'essuie le coin de la bouche en faisant mine que tout va bien, et que son cœur n’est pas en train de battre à toute allure dans sa poitrine. Allez, Grace. Tu peux le faire. Tu sais pourquoi tu es là : tu sais à quel point c’est important.

- Je ne sais pas si je pourrais être d’une grande utilité pour votre reportage, enfin, je l’espère de tout cœur, mais je ne sais pas vraiment ce que vous savez déjà… Je ne peux que vous raconter ce que j’ai vu et ce que j’ai expérimenté, ce jour-là. Des flashs commencent à remonter dans sa mémoire, et la chair de poule hérisse déjà les poils de ses avant-bras en se souvenant de la conclusion qu'a eu cet événement traumatique. Avez-vous déjà entendu parler de l'Effigie ? »

Est-il possible de sentir une majuscule à l’oral ? Peut-être pas, mais on sent tout le côté solennel de ses propos dans son ton grave. Elle ne connaît pas la journaliste, mais au final, elle s’en fiche. Peut-être n’est-elle pas digne de confiance, ou peut-être bien que si. Elle est naïve, la française, et pense que ça n’a pas d’importance. Tout ce qu’elle veut, c’est que cette créature, cet être qui l’a touché, ne serait-ce que pour quelques minutes seulement, ne soit pas oublié.
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MessageSujet: Re: Colombien suave   Colombien suave EmptyDim 26 Mai 2019 - 19:34

Je regarde ma montre. Difficile d’évaluer le temps qu’il lui faut pour arriver jusqu’ici, mais j’ai un mauvais pressentiment. Celui de s'être fait balader par un contact qui vous plante au dernier moment. Honnêtement pourtant j’arrive d’ordinaire à sentir ce genre de de déconvenue arriver et là je m’étais faite avoir dans les grandes largeurs. Adieu les airs décidés, le sentiment d’une mission impérieuse ! Je n’étais pas en colère_ ce genre de déconvenue arrive tout le temps dans mon métier _ simplement un peu déçue. En fait, très déçue. Dans cette histoire, c’était la première fois que j’avais l’impression d’avoir la possibilité de toucher quelque chose de concret avec un témoin de première main et si mon deuxième contact répondait favorablement l’occasion de croiser les témoignages était une aubaine. J’aurais peut-être dû la surprendre à son cabinet en fin de compte… La possibilité qu’elle ait eu un empêchement de dernière minute ne m'effleure que tardivement. Je ne sais pas pourquoi cette éventualité ne m’est pas venue à l’esprit plus tôt. Dans les professions médicales ça arrive tout le temps ! En même temps en kinésithérapie on exerce surtout sur rendez-vous donc… Allez un quart d’heure de retard, cela ne veut rien dire ! Je n’ai pas tendance à être plus optimiste que cela. Sans doute, l’impossibilité de voir ma piste s’évanouir et un tantinet d’autosuggestion.

Un second Colombien suave remplace le premier. Si je continue, il y a de fortes chances pour que je n’arrive pas à dormir cette nuit mais dans les cas il ne sera pas la seule cause à cela. La déception et les nouvelles prises de décisions qui s’imposeront si Grace Hamilton ne pointe pas son joli minois ou bien l’envie de commencer à écrire si jamais elle finit par monter le bout de son nez seront de toute façon suffisant pour que je veille plutôt tard. Je ne parviens pas à l'apprécier autant que le premier. Comme quoi, il ne faut pas abuser des bonnes chose ou la disposition d’esprit influe plus que je ne le pense sur l’accueil des sensations. Pourtant je suis très calme et décide de profiter finalement de l’instant dans un endroit qui somme toute pourrait être plus désagréable. La tasse entre mes coudes posés sur la table et le menton posés sur le revers de mes doigts entrelacés, je tente de mettre mes idées en ordre. Association en association, j’arrive à me demander si c’était une bonne idée de me faire dépêcher à Atlantis par mon journal. Pour le moment je n’ai rien écrit de bien intéressant et je me fais l’impression d’être reléguée aux accidents de hiboux alors que c’est moi qui ai insisté pour couvrir cette soi-disant expérience de mixité… Là j’ai un gros doute sur mon opportunisme qui a fait ma légende à l’école (pas dans le bons sens) et qui m’a toujours réussi jusque-là. Est-ce que je me serai moi-même envoyée dans une impasse ? J’ai du mal à le croire, sans doute parce que j’ai en général du mal à croire en mes erreurs. Il me faut juste être un peu plus patiente. Les réseaux ne se reconstruisent pas en un claquement de doigts et on ne tombe pas sur une grosse affaire tous les jours et une fois dénichée on ne la résout pas d’un simple aparecium…

Finalement je finis par tirer de mon sac la liste que le sergent Pepper m’a confiée histoire de me trouver des portes de sorties au cas où ce soir ne serait pas aussi fructueux que je ne me l’imaginais en entrant ici. Je ne vais pas non plus passer ma soirée à me morfondre sur l’absence de mon contact qui ne l’est encore pas étant donné qu’elle ne daigne pas se pointer. Au milieu de tous les noms, il y en a un qui me fait l’effet de ne pas m’être inconnu mais je ne parviens pas à le remettre dans son contexte. Ella Kvelgen!


Mais je n’ai pas le temps d’approfondir plus mes réflexions que le carillon de porte retentit comme un “bonjour toi qui entre ici”. Je n’avais pas réalisé ça tout à l’heure. Sans doute parce que j’avais d’autres idées en tête. Je relève la tête et je sens un sourire en coin se dessiner sur mon visage. C’est le prototype de la jolie fille, fraîche pétillante et… essoufflée. Pas difficile d’imaginer qu’elle est en retard à un rendez-vous… Immédiatement mon dépit se transforme en triomphe alors que je ne suis même pas certaine qu’il s’agisse bien de la personne que j’attends. Je ne la quitte pas du regard quitte à paraître inconvenante. Le signe de la main qu’elle fait aux personnes derrière le comptoir pourrait confirmer ce qu’elle m’indique dans une de ses missives : elle connaît bien les gérants de l’endroit. Lorsqu’elle se dirige enfin vers moi je sens mes yeux sourire autant que mes lèvres. Son allure décidée correspond plus à l’image que ses lettres m’avaient donnée d’elle que celle que son retard avait provoqué chez moi, au moment où j’étais persuadée qu’elle ne viendrait plus. Sa petite voix au contraire me surprend. Le Sergent Pepper m’avait parlé d’une fille un peu trop extravertie voire passionnée alors que j’ai plus l’impression de tendre la main à une petite fille, même si j’ai besoin, pour la saluer, de lever la tête.

“Effectivement. Grace Hamilton ? Enchantée de vous rencontrer.”

La formule n’est pas une vaine convention sociale. Après mes laborieuses recherches et cette attente que j’ai cru voir ne déboucher sur rien, je suis effectivement ravie de cette rencontre. C’est déjà une petite victoire, même si cela n’a encore débouché sur rien.

J’aime bien son allure cash et ses manière directes, cela augure d’une personne sans arrière-pensée et qui vise l’efficacité. Elle ne se gêne pas pour me dévisager et j’avoue que je le lui rends bien. Vue de l’extérieur, je me demande de quoi doit bien avoir l’air notre prise de contact. Personnellement j’ai du mal à me dire que ce petit bout de femme, moins menu que moi, mais je ne suis pas une référence, est kinésithérapeute et qu’elle remet manuellement des membres en place. C’est l’avantage des techniques qui permettent de ne pas nécessiter de la force d’un colosse. De colosse, elle n’a rien de commun et se confond en excuses que je m’empresse de recevoir avec le plus de bienveillance possible afin de la rassurer.  Je lui souris en agitant brièvement la main comme si je chassais une mouche.

“Ce n’est rien. On est toutes sujettes à ce genre de désagrément. Je peux bien attendre un peu et puis…”

Je balaie du regard la salle du café.

“C’est plutôt agréable ici…”

Mais l’émotivité de cette fille ne semble n’avoir d’égal que sa détermination. Il faut vraiment qu’elle se calme si elle ne veut pas s’ébouillanter pour de vrai et pouvoir aligner deux mots cohérents par la suite. Je décide donc de la laisser tousser et reprendre ses esprits et pour lui faciliter la tâche je la quitte un instant des yeux pour replier ma liste et la glisser sous la soutasse afin qu’elle soit à portée de main mais qu’elle ne glisse pas à terre. La buveuse de thé enchaine malgré son émoi apparent. On dirait qu’elle vient de vivre les événements qui nous ont amenées toutes les deux dans ce café alors qu’ils sont déjà passé depuis plusieurs semaines. Soit elle est effectivement aussi émotive et sensible qu’il y paraît, soit l’affaire est aussi importante que je ne l’ai soupçonné. Je la laisse parler car de toute façon, tant qu’elle n’aura pas remis de l’ordre dans ses idées et repris ses esprits, je ne pense pas en tirer grand-chose de cohérent.

Je la considère avec le plus grand sérieux même si je dois réprimer un sourire à sa dernière question. C’est le monde à l’envers ! Interroger c’est mon travail ! Cependant cela semble avoir un rapport avec notre affaire et je secoue la tête en signe de négation. En effet je ne connais pas d’Effigie. A son intonation je comprends bien qu’il ne s’agit pas d’un terme générique mais de quelque chose de particulier, une effigie particulière ou peut être d’un personnage, je ne sais trop quoi en penser pour l’heure. Je profite de sa pause oratoire pour sortir de quoi prendre des notes que je pose doucement devant moi en espérant lui transmettre un peu de sérénité. Je me penche légèrement en avant comme pour croiser son regard de plus près et tente de répondre à ce déluge d’émotion et de manque de confiance qui semble engloutir mon interlocutrice et qui pourrait bien nous faire perdre le fil de notre rencontre...

“Ne vous inquiétez pas. Je suis certaine que vous serez très utile à mon enquête. Je ne vous demande rien d’autre que de témoigner et répondre à mes questions si j’en ai.”


Je baisse les yeux vers ses bras posés sur la table.

“Je peux comprendre que des événements soient terribles à faire resurgir et il est hors de question que je vous brusque et vous serez maîtresse de ce qui se passera ce soir.  Tranquillisez-vous, tout va bien se passer.”

J’appuie mon propos d’un sourire encourageant.

“Donc si vous pensez qu’il faut débuter par l’Effigie, je vous écoute.”

Ce n’est qu’alors que je prends mon crayon entre les doigts et ouvre mon carnet à une page vierge, attendant patiemment qu’elle commence son récit, en espérant l’avoir rassurée et un peu calmée.
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MessageSujet: Re: Colombien suave   Colombien suave EmptyMar 4 Juin 2019 - 10:58


Colombien suave

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Sa jambe s’agite frénétiquement alors qu’elle remet une mèche de cheveux derrière son oreille. Ce n’est pas qu’elle est stressée, la française, en tout cas, pas à proprement parler : si, bien sûr, ses insécurités mettent en exergue son anxiété, en particulier lorsqu’elle rencontre de nouvelles personnes, ce n’est certainement pas ce qui va l’empêcher de dévoiler sa vérité à la journaliste. Mais elle ne peut s’empêcher d’être intimidée face à la reporter, peut-être à cause de son statut et de la méfiance inhérente qu’elle a à l’encontre des médias depuis le début de cette affaire (le Breakfast Chronicles lui a démontré à quel point il était aisé d’étouffer les détails de ce qu’il s’est passé durant l’exposition MacLean), mais aussi de par l’aura d’Idalina, ses yeux scrutateurs. Grace se doit de se ressaisir, néanmoins. Les faits priment sur son ressenti, à cet instant précis, et si elle s’excuse une énième fois, son esprit s’éclaircit déjà pour pouvoir relater, de la manière la plus claire et précise, les événements passés.

« - J’avais peur de mal prononcer votre nom, si c’est le cas, je suis vraiment désolée… Elle secoue la tête, avant de reprendre. Oui, c’est un café que j’affectionne particulièrement. Les propriétaires sont des amis, ils organisent souvent des réunions en faveur de la mixité et du vivre-ensemble sorcier et non-magique.

Grace tait son implication au sein de The Pacifist Confederacy. Ce n’est pas une question de pudeur ou de timidité, simplement, ce n’est ni le temps ni le lieu pour parler de son association. Si son rôle de chargé de communication la pousse, assez souvent, à faire connaître le plus possible les actions entreprises par l'organisation, et ce, même dans des situations parfois singulières (notamment une fois où elle remettait en place l’os du bassin d’une de ses patientes), elle se doit de se concentrer sur l’affaire MacLean en ce moment précis : elle est bien assez nerveuse pour ne pas ajouter d’autres considérations à son esprit affairé.

Elle apprécie d’ailleurs l’attention que la latine porte à son égard, faisant attention à ne pas la brusquer et même à la rassurer. La kinésithérapeute se permet un petit sourire en coin, se sentant déjà mieux. Elle sait que son discours ne sera pas des plus aisés à relater, et que les souvenirs qui ne manqueront pas d’émerger dans sa tête agiteront une tempête bien difficile à apaiser. Un souffle. Elle est prête.

- Je ne sais pas s’il faut commencer par l’Effigie… Mais elle est au coeur du problème en fait. A mon sens, en tout cas, la… clé du mystère, quelque part. Elle soupire. Je ne suis pas claire, je sais. Il vaut mieux que je vous raconte ce qu’il s’est passé, depuis le début.

La mèche derrière ses oreilles est encore retombée, et elle ne peut l’empêcher de l’enrouler autour de son doigt alors qu’elle essaie de structurer un minimum son récit. C’est difficile, pour elle, de prendre du recul sur son ressenti pour ne relater que les faits précis, et c’est la raison pour laquelle elle préfère respirer un bon coup, puis commencer par le commencement. À l’ouverture de l’exposition MacLean.

- J’ai fais partie du premier groupe de visiteurs à entrer dans le château. Les sous-sols étaient trop étroits pour pouvoir faire rentrer tout le monde en même temps, et après le discours de la doyenne, mon compagnon et moi avons visité l’exposition. C’était assez intéressant, il y avait des artefacts qui remontaient à plusieurs siècles, des livres, des objets magiques… J’ai également croisé une amie à moi, Ella Kvelgen, et j’ai discuté avec elle avant de me concentrer sur une sorte de… sphère ? Je ne sais pas vraiment ce que c’était. Un étrange son émanait de cette chose, comme un chant rempli de murmures, c’était vraiment bizarre… Et puis, la voix a retentit.

Elle s’en souvient comme si c’était hier. Cet avertissement robotique, sans âme, qui a sonné comme un couperet pour toutes les personnes enfermées dans ce sous-sol humide, emménagé spécialement pour les besoins de l’exhibition. Ce qui avait bien failli leur coûter la vie : et si elle sait que l’acte qui les a sauvé est aussi celui qu’elle regrette tant, elle ne peut s’empêcher de penser qu’une autre solution aurait pu être trouvée.

-Elle venait de la sphère, j’en suis sûre. Elle nous a dit qu’il y avait eu une intrusion, et que si la menace n’était pas éliminée, la collection serait détruite. C’est à ce moment-là que les portes se sont closes, et que le sablier est apparu, égrainant un à un les deux heures qu’il nous restait. Nous étions pris au piège. »

La française n’est pas claustrophobe, fort heureusement, car elle se serait probablement frappée la tête contre les murs jusqu’à ce que quelqu’un vienne les délivrer, si c’était le cas. Toujours est-il que cette histoire qu’elle raconte n’en est qu’à ses balbutiements, et que le vif du sujet est encore à venir : elle veut pourtant mettre un peu de contexte dans ses propos, pour qu’Idalina saisisse au mieux les subtilités de l’affaire sur laquelle elle enquête.
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MessageSujet: Re: Colombien suave   Colombien suave EmptyMer 5 Juin 2019 - 10:53

Cette fille promet d’être attachante. Elle est sans doute un peu trop franche et enthousiaste pour ne pas le payer un jour, mais c’est tout ce dont j’ai besoin aujourd’hui. Un témoin de première main qui se livre sans vraiment de méfiance et qui a l’affaire à cœur, de quoi obtenir le plus de détail possible si jamais elle parvient à se calmer et à prendre les choses dans l’ordre. Mais après tout, c’est mon métier de remettre les choses dans l’ordre et en perspective ! Débusquer les pièces de puzzle manquante, lire en les mots et obtenir des certitudes, éviter les malentendus voilà ce que mon métier m’impose et curieuse comme je suis c’est un exercice dans lequel j’ai fait le plus de progrès. C’est une étrange attitude à adopter. Rester concentrer sur les propos et seulement les propos de son interlocuteur _ il ne s’agit pas de transformer les choses en fonction de ce que l’on croit ou désire _ tout en laissant les ramifications de déduction ou de lien se faire dans mon esprit. C’est une des raisons pour laquelle j’aime prendre des notes sans aide la magie. Ma main obéit plus aisément à à mes ressentis et mes intuitions et capte immédiatement les imprécisions et mes notes se constellent immédiatement de mes petits signes aptes à ne pas me faire perdre le fil sans me priver des pistes de réflexions ou des interrogations pour la suite de l’entretien. Ce petit talent allié à une bonne préparation de l’entretien permet d’extraire le plus possible d’information. J’avoue que question préparation, cette fois ce fut assez délicat. Hormis mes recherches sur les événements qui m’intéressaient, celles sur Grace Hamilton, je n’avais pas beaucoup de points de départ si j’éliminais les questions de base qui me permettraient de brosser le plus précisément le déroulé des événements. C’était une forme d’insécurité que je n’aimais pas mais avec laquelle j’étais parfois obligée de composer.

La fille devait avoir à peu près le même âge que moi et pourtant j’avais l’impression d’avoir en face de moi, une petite soeur. Je lui adressai un sourire bienveillant et sincère tandis que je devinais sa cuisse s’agiter sous la table. Ce mouvement, je le connaissais par cœur. Castalia en était atteinte. Ce n’était pas si facile à analyser que cela car cela lui arrivait dans moultes circonstances : avant un rendez-vous galant _ cette petite hypocrite faisait sa sainte nitouche mais collectionnait les aventures _ , en cas de concentration pendant ses révisions et, moments qui me mettaient intérieurement en joie, lorsqu’elle voulait me cacher quelque chose ou qu’elle n’avait pas la conscience tranquille. Pour l’instant, la jeune femme en face de moi avait toute ma confiance, enfin, jusqu’au point où les gens peuvent l’avoir. Je mettais donc cela sur le compte d’une excitation au moment de se lancer dans notre entretien.

Je pensais à la réflexion du Sergent Pepper, quel macho celui-là ! Cette fille n’était pas jolie, mais carrément belle Au moins, elle n’était pas défigurée par un tarin como la mia. Elle porte en outre sa beauté sans prétention voir même avec un rien de manque de confiance en elle. Mais c’est peut-être sa façon de s’excuser en permanence qui donne cette impression. Un sourire amusé m’envoie quelques étoiles dans les yeux tandis que je tente de la rassurer d’une moue absolutrice, sur sa manière de prononcer mon nom. S’il est bien quelque chose pour laquelle je ne me formalise pas c’est ce genre de maladresse. Et de mon côté, con mi acento latino, je dois écorcher à l’occasion bien des patronymes anglo-saxons. Je note la référence aux réunions pro-mixité. Cela peut être fort intéressant mais pour un autre sujet. Je ne dois pas me laisser distraire par des sujets annexes mais je garde dans un coin de mon esprit et du premier feuillet vierge devant moi que ma mauvaise foi a peut-être une nouvelle fois raison.

Ma mauvaise foi ! Certains parlent de cynisme, mais qu’importe si cela peut leur faire plaisir. En fait je pense qu’il s’agit plus de lucidité sur le nature humaine et le monde qu’elle érige autour d’elle. Cette île, après tout, n’est-elle pas supposée se bâtir sur des valeurs de tolérance et de d’acceptation de l’autre, de fraternité et de progrès ? Pourquoi y avait-il besoin de faire des réunions sur le sujet ? Les choses semblaient être moins évidentes à construire qu’à ériger en principe. Cela ne me faisait pas plus plaisir que cela de voir ma méfiance confirmer, je me disais simplement que j’avais eu raison de venir fouiner de ce côté du monde et qu’il y avait sans doute mille choses à y débusquer. Les différents sujets sur lesquels je travaillais depuis quelque temps semblaient eux aussi me donner raison, mais il était indispensable que je me consacre toute entière à la rencontre du jour, même si les préambules risquent de s’éterniser si j’en crois l’agitation de Grace Hamilton et sa propension à changer de direction. Effigie ou pas Effigie semble être le nœud du problème et mon crayon entoure ce terme ponctué d’un point d’interrogation, histoire de ne pas oublier d’y revenir si jamais la Kinésithérapeute omet d’y revenir. Cependant pour rester fidèle à ma volonté de la laisser reprendre confiance en elle, je garde le silence même si effectivement je pourrais acquiescer à son hypothèse sur prendre les choses depuis le début. Ses mimiques et soupirs contre elle son touchants et me permettent de garder patience.

Lorsqu’elle commence enfin, mon crayon se met à courir sur le papier comme mu par sa propre énergie. Dès les premiers mots, des questions se posent à moi des plus triviales parfois, mais que je ne peux m'empêcher de mettre en exergue dans mes notes. Pourquoi ai-je l’impression qu’il aurait été plus naturel de passer par les sous-sols ? Le compagnon ?! Ah oui c’est vrai, celui qui ne veut pas se mouiller dans cette histoire… A la description de l’endroit et de l’exposition, je peste contre le sort qui m’a empêché de me rendre à ce fameux château. Des objets magiques en exposition… Cela sonne en moi comme une sorte de sacrilège. Les objets magiques sont faits pour être utilisés. Evidemment il s peuvent avoir perdu leur nature ou être devenus obsolètes, ce qui tout de même moins fréquents pour eux que pour les objets technologiques des moldus, mais c’est un peu comme exposer les objets de rituels des sociétés chamaniques, mais bon je suppose que je ne peux pas refaire ni le monde ni l’exposition. Je note le nom qu’elle me donne sans que j’aie besoin de le lui soutirer. La rencontrer pourra aussi être une bonne option afin de croiser mes sources et mes informations. Le Sergent Pepper a décidément bien débloquer mon enquête !

Enfin, j’ai l’impression que nous entrons dans le vif su sujet avec cette histoire de sphère, de chants et de murmure. Etrange ! Il faudrait qu’elle m’en dise plus. Un système d’analyse faisant partie du système d’alarme qui a ensuite enfermé la menace et les autres visiteurs ? Cela me fait l’impression d’un mélange entre un objet magique et un système de protection moldu. C’est vrai que la combinaison des deux peut être très performante. Entre la finesse parfois de la magie et la réactivité de la technologie… C’est l'interface entre les deux qui doit être compliquée à mettre en œuvre. Je ne sais pas si c’est important mais ce serait bien de creuser la chose soit sous l’angle de cette sphère, elle-même soit de l’alliance des deux sciences. En tout cas quelle que soit la sophistication du dispositif, il avait pu détecter une menace mais pas l’identifier apparemment.

Mais une question plus importante vient tarauder mon esprit. Mettre en balance l’élimination de la menace et la conservation de la collection. Cela voudrait dire que parmi les objets exposés certains ne doivent tomber à aucun prix entre d’autres mains, que je suppose identifiées comme malveillantes. Ma frustration de ne pas avoir accès à cette collection grandit brusquement en moi. Mettre au moins la main sur une liste quelque chose m'apparaît soudain comme urgent et indispensable. Pourtant je poursuis ma prise de note sans laisser paraître autre chose que de la concentration en dehors peut être qu’un léger pincement de la bouche lorsque de nouvelles réflexions montent à mon esprit. La dernière avait trait à l’absurdité de la situation des prisonniers de l’exposition. Enfin, absurdité sauf si des éléments me manquaient pour qu’elle disparaisse. Mais pour l’heure, je suis en train d’imaginer une exposition contenant quelque chose d’assez important pour qu’on ne veuille à aucun prix qu’elle soit dérobée, des visiteurs pris au piège et apparemment chargés de s’occuper de la menace en un temps limité. Que les accès soient verrouillés et les personnes présentes séquestrées le temps que la police arrive je comprenais bien mais dans le cas présent cela ne semblait pas être une option. La seule chose rassurante était que la collection serait détruite mais pour le moment si j’avais bien compris il n’y avait pas de menace directe sur les visiteurs. En même temps que Grace Hamilton poursuivait je tentais de me mettre à la place de la sphère ou plus exactement de celui qui l’avait conçue en plus du reste du système qui avait emprisonné les visiteurs. Pourquoi prendre le risque d’exposer quelque chose de cette valeur ? Comme ça, occupée à prendre en notes le récit de la jeune femme, il me venait deux raisons. Avoir conscience de la menace et se servir de l’exposition comme appât pour la coincer ou se dire que pour cacher un objet autant le mettre sous le nez de ceux dont on veut le protéger. C’était toujours un pari risqué, la preuve, mais qui avait déjà fait ses preuves. La dernière chose était la raison de ne pas avoir mis les forces de l’ordre dans le coup. Là je ne voyais qu’une raison. L’objet était suffisamment dangereux pour que son propriétaire juge que même les personnes les mieux intentionnées pourraient être tentées d’en faire mauvais usage. Cela avait la couleur de la sagesse, mais alors pourquoi le conserver et ne pas le détruire tout bonnement ? Sans doute sa sauvegarde avait-elle son utilité, mais laquelle ? Je sentis mon cœur bondir dans ma poitrine. Quelque chose me disait que j’étais tombée sur du lourd. Je relevais les yeux de mon carnet vers le visage de la jeune femme en face de moi. Était-elle arrivée aux mêmes raisonnements que moi ? Je sentais l’impatience d’en savoir plus monter en moi jusqu’à me demander bêtement si toutes ses émotions ne faisaient pas battre mon cœur au point qu’on s’en aperçoive comme dans les dessins animés modus.

Il est vraiment temps pour Grace Hamilton de poursuivre sinon je vais défaillir d’excitation. La seule chose qui ma chagrinait était qu’il allait être difficile de publier quoi que ce soit avant d’en savoir beaucoup plus et peut être même cela se terminerait-il sans rien publier du tout en fonction de ce que je trouverais ou pas. Mais je savais que j’extrapolais un peu trop pour e moment alors que je n’en savais pas suffisamment. D’ailleurs l’Effigie n’avait pas réapparu dans le récit de la kinésithérapeute et… L’artefact à protéger ? Ma patience était mise à rude épreuve et en même temps le sentiment d’excitation valait toutes les attentes...
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MessageSujet: Re: Colombien suave   Colombien suave EmptyLun 24 Juin 2019 - 11:40


Colombien suave

- Grace Hamilton — Idalina Cadena Verduzco -


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La journaliste la regarde, et c’est une avalanche de mots qui cascade de sa bouche, irrésistible, irréfrénable. Plus que de relater des souvenirs, Grace les revit en les formulant à voix haute : la seule différence étant qu’au lieu de les expérimenter à travers ses propres yeux, elle a l’impression d’être la spectatrice des scènes passés, observant sans pouvoir intervenir, et ce n’en est que plus frustrant, quelque part. Les personnes présentes se changent en fantômes, les faits en conte. Elle devient l’astre qui observe, l’aura qui entoure les choses sans jamais les toucher. Elle se souvient.

« - Je ne suis pas vraiment quelqu’un de claustrophobe, ou quoi que ce soit du genre. La voix était inquiétante, certes, mais elle ne menaçait que l’exposition, et j’étais à peu près persuadé que les autorités allaient nous délivrer bien assez tôt, de toute façon. Enfin, ça me semblait invraisemblable que des protocoles de sécurité bien précis ne soient pas mis en place… J’avais tort, visiblement.

Elle hausse doucement les épaules. La jeune femme ne blâme pas particulièrement la police, ou même les organisateurs de l’événement à proprement parler. Certes, exposer des innocents à une potentielle menace révèle un laxisme assez dangereux, mais tout le monde a le droit à l’erreur : par contre, elle désapprouve fortement la tendance à vouloir enterrer la vérité, à ne pas vouloir admettre ses fautes, et c’est une des raisons pour lesquelles elle parle à bâtons rompus avec la journaliste, aujourd’hui.

- Les gens ont commencés à paniquer, petit à petit. On se demandait quelle était cette menace dont la voix parlait, et à chercher des indices un peu partout, sans se préoccuper des écriteaux qui disaient de ne pas toucher aux objets exposés. Avec la quantité d’artefact réuni ici, ce n’était pas illogique que de penser que la clef de l’énigme se trouvait parmi eux… Mais certains esprits se sont échauffés, aussi. J’ai entendu des cris dans d’autres pièces, je ne sais pas de qui il s’agissait, mais… il paraît que quelqu’un a accusé les sorciers d'être derrière tout ça, un complot, ou quelque chose du genre. Je n’y crois pas, personnellement.

Elle n’est pas adepte de ces théories qui accusent les gouvernements de cacher la vérité aux masses, les scientifiques de n’être jamais allé sur la Lune ou de répandre des mensonges sur la forme de la Terre, les quidams d’être des extraterrestres infiltrés parmi la population pour mieux l’envahir. Grace balaye ces sornettes d’un revers de la main. Elle se doute qu’elle ne connaît pas tous les tenants et aboutissants sur ce qu’il s’est passé durant l’exposition MacLean, et peut-être que ce ne sera jamais le cas, mais les événements qui se sont déroulés sont avant tout des éléments en chaîne accidentels. Personne n’aurait pu prévoir ce qui s’est passé, pouvoirs magiques ou non.

- En tout cas, ça n’a pas aidé la paranoïa générale, lorsque la voix de la sphère nous a confirmé que si nous n’éliminions pas cette menace – dont nous n’avions toujours aucune idée de la nature, je vous rappelle -, non seulement la collection serait détruite, mais tout être vivant présent, également. Je…

Sa voix se brise. Son souffle se fait plus court. Elle a été bien plus heurtée par la situation que ce qu’elle veut bien admettre : la peur, l’angoisse, tous les sentiments qu’elle a ressenti alors reviennent par vague dans sa poitrine, et elle ne peut empêcher sa jambe de tressauter sous la table. Pour masquer son trouble, elle prend une gorgée de thé, comme si c’était sa gorge qui l’empêchait de continuer son histoire. La kinésithérapeute essaie de se reprendre. Courage, Grace. Rappelle toi pourquoi tu fais ça. Ou plutôt, pour qui. L’image de l’Effigie en tête, elle repose sa tasse sur la table, pour mieux reprendre son récit, essayant d’être la plus claire possible et attentive à toutes les questions qu’Idalina pourrait être susceptible de lui poser.

- En tout cas, on continuait tous à se la jouer Sherlock Holmes des temps modernes, moi y compris. Mon compagnon et moi-même avons découverts que le clan MacLean semblait avoir un ennemi, un être qu’ils semblaient chercher même au delà des frontières, notamment en France. Je suis bretonne du côté de ma mère, et j’ai pu reconnaître de nombreux noms de villages où ils ont semblés avoir cherché cette… menace ? Cette créature, en tout cas. Selon leurs écrits, ils étaient terrifiés par sa simple existence.

Grace secoue la tête. Alors qu’elle s’apprête à continuer de relater ses souvenirs, elle se rend soudainement compte qu’elle a oublié une pièce essentielle du puzzle, pour que la journaliste comprenne le cheminement de ses pensées.

- Mais j’oublie, je ne vous ai pas parlé de l’épée ! C’est une simple visiteuse qui l’a pris, elle faisait partie de l’exposition, et comme je vous l’ai dis, les gens étaient de plus en plus paniqués… Cette fille a commencé à frapper contre le mur avec elle, et le gobelin chargé de la sécurité a été blessé. Ce ce qui m’a donné l’idée d’aller lui parler, en fait. »

Elle arrive au cœur du sujet, et la française ne peut retenir les tremblements de ses mains, perdue à la fois dans ce qu’elle ressent, et ce dont elle se souvient. Le gobelin. Le plus important, c’est le gobelin. Ce qui lui est arrivé, ce qui aurait pu ne pas se produire, si seulement un inconnu n’avait pas cru bon de se prendre pour le juge et le bourreau. Le gobelin. Le nœud du mystère.
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MessageSujet: Re: Colombien suave   Colombien suave EmptyMer 26 Juin 2019 - 14:33

Je le sais il est toujours difficile pour un témoin de se montrer précis et cohérent et encore plus d’être fidèle aux événements. C’est bien pour cela que disposer de plusieurs sources, est toujours appréciable. Grace Hamilton semblait digne de confiance et assez sûre de son témoignage, pourtant elle avait un je ne sais quoi de décousu qui ne permettait pas de la classer dans les exceptions. Mes notes étaient aérées histoire de pouvoir rajouter des précisions çà et là au fur et à mesure qu’elle revenait sur tel ou tel épisode, modifiait ses dires ou les précisait. Les précisait ? Parfois elle y mettait plus de doutes que de certitude, mais il fallait bien que j’en tienne compte aussi.

Pour le moment je me contentais de garder le silence. Je sais que je peux être une incorrigible bavarde à l’occasion et je n’ai pas envie de couper mon témoin dans le fil de son récit. Je tente cependant de noter au fur et à mesure les questions qui me viennent lorsqu’il me semble soulever une incohérence ou une imprécision. Cela n’a l’air de rien, mais ne pas perdre le fil de la narration de son témoin tout en analysant ce qu’il raconte et tenter d’y débusquer ce qui fera avancer mon affaire et consigner le tout au fur et à mesure représente toute une gymnastique de l’esprit appuyé par tout un tas de code ou tout simplement la rapidité à prendre des notes. Rien d’étonnant que je n’aie plus vraiment le réflexe de lui sourire et que sans doute les sourcils se froncent de concentration. Je sens parfois ma bouche se tordre légèrement au fil de mes réflexions.

En même temps je scrute autant que je peux le visage de Grace Hamilton. On sent chez elle autant le sérieux et la volonté de rien omettre en même temps qu’une certaine exaltation. Je suis assez contente d’être tombée sur elle. Je préfère avoir besoin de faire le tri devant un trop-plein d’informations que d’être obligée de tirer les vers du nez de quelqu’un. C’est la meilleure façon de se construire une réputation de fouille potion moisie. Je suis heureuse de voir que parfois la jeune femme devance mes interrogations comme au sujet des protocoles de sécurité. La question restait de savoir comment il était prévu de détruire la collection complète sans toucher aux visiteurs. Evidemment tout bon conservateur, tout de même assez tordu pour prévoir la destruction de la collection devrait avoir prévu un dispositif pour chaque œuvre exposé, mais les dommages collatéraux n’étaient pas à exclure, même avec procédés magiques. Dans tous les cas il y avait de quoi s’inquiéter. Je tente de me mettre à la place des visiteurs et me demander ce que j’aurais pensé et fait en de telles circonstances. L’exercice est toujours périlleux car dans le feu de l’action on ne fait pas toujours ce à quoi on pense lorsqu’on est devant une bonne tasse de café fumant. J’imagine assez pourtant que la sauvegarde des personnes et le mienne en particulier aurait été ma préoccupation principale même si j’aurais sans doute été affectée par la perspective de perdre des pièces du patrimoine. Cela fait belle lurette que je ne me considère plus comme une héroïne… Je pourrais trouver des excuses dans mon histoire personnelle, mais je préfère assumer ce que je suis même si ce n’est pas toujours facile, l’autoflagellation ce n’est pas mon truc.

En conséquence, la panique qui semble avoir pris les visiteurs n’est pas forcément rationnelle et mérite sans doute une question. Un point d’interrogation vient agrémenter cette note. De même un système de sécurité qui détecte une menace mais permet à tout un chacun de manipuler les objets exposés est assez étrange, à moins que la menace n’ait pas participé à ces recherches, suffisamment inquiétée par les avertissements de la sphère. Nouveau point d’interrogation. La pauvre va crouler sous les questions une fois qu’elle aura terminé son récit ou qu’elle semblera devoir faire une pause. Pour ce qui est des dissensions entre les visiteurs pris au piège, cela semble inévitable qu’en cas de crise, certains cherchent à rejeter la faute sur autrui, preuve que la mixité moldus/sorciers sans arrière-pensée n’est encore pas tout à fait pour demain. Mais qui pourrait en être surpris ? Ce n’est pas la seule différence entre les individus qui provoquerait ce genre de réaction. L’histoire du genre humain en est truffée.

Je ne peux que hocher la tête lorsque Grace Hamilton ajoute que leur vie se sont vues vite menacées également ; Il ne s’agissait plus là de dommages collatéraux, mais peut-être… Hum je ne peux faire que des supputations, mais l’idée que l’incapacité du système de sécurité à identifier de façon précise la menace pouvait l’avoir amené à prendre des mesures radicales. Cela reposait la question de la nature de ce qu’il y avait de si essentiel à protéger pour justifier de sacrifier toutes ses vies. La question revenait depuis le début du récit de la jeune femme et ne semblait pas devoir trouver de réponse dans l’immédiat et je revins vers le point d’interrogation afférant pour l’entourer avec insistance. Les pages suivantes allaient sans doute porter la trace de cet acharnement.... En outre je ne peux pas être surprise de l’émotion qui semble à cette évocation envahir la jeune femme qui se reprend néanmoins rapidement. Une personne courageuse à n’en pas douter. Je me dis que je ne pourrais sans doute pas prétendre au même courage dans sa situation. Inutile donc de tenter de la brusquer pour faire accélérer le récit. Il valait mieux lui laisser le temps de gérer ses émotions que d’obtenir un témoignage encore plus décousu et tributaire de ses affects. Ma patience est récompensée avec la révélation de l’ennemi des Mac Lean. Mon cœur s'emballe d’excitation mais je tente de rester le plus neutre possible. Cela semble digne du plus grand intérêt et mes points d’interrogation se changent là en point d’exclamation, signe que je ne veux pas laisser passer cette info et les précisions qu’elle demande.

Mais déjà Grace Hamilton part dans une autre direction. J’avoue que j’ai du mal à la suivre parfois mais c’est mon métier de sérier les problèmes et les questions et ma technique de prise de note, commence à être assez au point, même si je suis consciente que mon expérience mérite encore de grandir pour gérer les imprévues d’un entretien comme celui-ci.
Au début je n’arrive pas à comprendre si l’épée dont elle me parle est spéciale ou bien si c’est la conversation avec le Gobelin qui est le plus important ou le gobelin tout simplement. De son côté, l’effigie semble avoir disparu de ses préoccupations. En tout cas le passage concernant le Gobelin semble l’avoir marquée si j’en crois le tremblement dont sont prises ses mains. Contrairement aux instants précédents je la sens hésitante et un peu plus bouleversée. Une intuition me dit qu’elle a besoin d’être aidée et relancée.

Je pose mon crayon pour signifier que je peux attendre qu’elle reprenne ses esprits et tente de lui adresser un sourire d'encouragement. C’est la première fois que je lui adresse la parole depuis un long moment.

“Nous avons tout le temps. Prenez le temps de reprendre vos esprits…”

Je laisse passer quelques secondes avant de poursuivre.

“Et cette conversation vous en a-t-elle appris plus.”

Etrange mélange d’empathie et de curiosité irrépressible, je suis un mélange d’injonctions paradoxales. Il faut dire, je dois bien l’avouer que mon empathie est tout intéressée. Cette fille a beau paraître des plus sympathiques, je ne la connais pas et je n’ai pas de raison spéciale de m’intéresser plus que de raison à elle si ce n’est l’intérêt de mon enquête. En tout cas si le contenu de cette conversation gobeline a un intérêt quelconque, elle en a d’autant plus que je n’ai rien entendu ni lu à son propos et qu’il pourrait bien ajouter une nouvelle pièce au puzzle et ce n’est jamais négligeable. Je me demande si mon témoin a une vague idée de toutes les questions que je garde encore en réserve pour elle. Le plus grand défi sera de na pas la faire fuir devant le tsunami qui l’attend. Il faut absolument que je modère mes ardeurs et le fond de café m’y aide à la perfection. Je repose ensuite la tasse vide sur le côté prête à recevoir la suite des confidences de la jeune kinésithérapeute. D’ores et déjà je sais que j’en saurai bien plus après notre entrevu qu’auparavant mais ce n’est pas une raison pour en laisser une miette derrière moi. Cette pensée finit de me détendre tout en renouvelant ma concentration qu’ll n’est pas si aisé que cela de faire durer toute une conversation. Loués soient nos ancêtres mésopotamiens d’avoir inventé l’écriture et aux scribes la prise de notes !
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MessageSujet: Re: Colombien suave   Colombien suave EmptyVen 5 Juil 2019 - 10:23


Colombien suave

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Elle reprend son récit sans faillir, attentive à ne rien oublier de capital, sa concentration fronçant son nez et créant des lignes de rides sur son front. Bien sûr, elle s'emmêle parfois les pinceaux, bien sûr, elle doit parfois revenir en arrière pour mieux expliquer les points clés de l'histoire. La française n'a pas l'habitude de se prêter à ce genre d'exercice, et être interviewée n'est pas quelque chose qu’elle aurait imaginé, en tout cas, certainement pas pour cette raison et dans ce cadre. Les événements qui se sont déroulés lors de l’exposition MacLean tournent et retournent dans sa tête, et elle a encore du mal à croire qu’elle a été spectatrice d’une telle intrigue. Pire, elle en a été l’un des personnages actifs, et Grace ne peut s’empêcher de penser qu’elle aurait pu faire plus pour le pauvre gobelin, dont la fin est arrivée bien trop abruptement et de manière bien trop arbitraire pour qu’elle soit justifiée. Tout ce qu’elle peut faire, c’est se rappeler, et rendre hommage à la mémoire de la victime. Ses épaules sont nouées, son cou raide. Le poids des souvenirs est bien lourd lorsqu’on est rongé par la culpabilité, peu importe qu’elle soit fondée ou non.  

La bienveillance de la journaliste à son égard est appréciée, et la moldue lui renvoie un sourire un peu crispé. Elle ne répond pourtant pas à sa question. Elle se fiche de ses propres états d’âme, Grace, elle veut délivrer sa vérité sans rien oublier, pour que le monde soit mis au courant de ce que les responsables de l’exposition aimeraient cacher. Si elle s’interrompt pour prendre du recul sur ses sentiments, elle ne sait pas si elle aura la force de continuer.

« - Cette épée était… bien étrange. Un moment, elle blessait le gobelin, et l’autre, elle semblait être totalement inoffensive, comme s’il s’agissait d’une arme pour enfant à la lame factice. Alors je me suis mise à réfléchir, je me suis dis que l’épée appartenait au MacLean, qu’ils avaient un ennemi, qu’ils semblaient ne pas être de grands fans des créatures magiques. Peut-être que c’était le gobelin, la clé de l’énigme ? Que cette épée était une arme spécialement créée pour abattre leur Némésis… Alors je suis allé le voir, pour lui parler.

Elle se souvient encore du nombre de pas qu’elle a dû effectuer pour se rendre auprès de l’Effigie. La créature se trouvait près de l’entrée, et elle avait dû se faufiler entre les visiteurs et les éléments exposés pour se rendre auprès d’elle, ses pas résonnant sur la pierre froide du château. 83 pas. 83 pas que Milo aurait pu diviser de moitié, avec ses longues jambes, mais qu’elle avait dû parcourir en essayant de ne pas perdre de vue son objectif, malgré le stress de la situation.

- J’ai essayé de le questionner, de le soigner, même, il saignait toujours, mais… il répondait par énigme, c’était difficile de comprendre ce qu’il disait. Il m’a simplement avoué qu’il était là, dans le château, depuis bien longtemps. Quelque chose dans sa voix m’a fait comprendre que ce n’était pas un simple gobelin. Et ça me l’a été confirmé, lorsque le gobelin de sécurité, celui qui était là depuis le début, est arrivé. Je vous assure, lorsque nous sommes arrivés, il n’y avait qu’un seul gobelin. Vous comprenez ce que je veux dire ?

Il doit être difficile à visualiser, pour Idalina, la scène qu’a vécu Grace. L’étonnement qu’elle a ressenti lorsqu’elle s’est aperçu que la créature à qui elle parlait n’était pas ce qu’elle semblait être, que les pièces du puzzle se mettaient enfin à s’emboiter pour faire sens. C’était un tel chaos. Les gens s’agitaient, Ella avait même essayé de jeter un sort qui avait fait trembler les murs, et la petite française était au milieu de tout ça, perdue, confuse. Persuadée d’avoir compris ce qu’il se passait, mais bien trop insignifiante pour faire quoi que ce soit à ce sujet.

- J’ai voulu l’aider. Je lui ai dit que j’avais compris, que c’était lui la menace mais qu’il ne lui arriverait rien, que nous allions tous sortir de là et… je… je lui ai promis et…

Elle ravale ses larmes, à présent. Grace avait été si naïve, de croire qu’elle pouvait le sauver. Sans pouvoir magique, du haut de son mètre soixante, avec un cœur bien trop gros pour sa poitrine, ce n’était pas une guerrière : et l’homme a cette propension à détruire, acculé, plutôt que d’emprunter une route plus noble.

- Il était si gentil, il m’a dit qu’il était là pour protéger quelque chose. Quoi, je ne sais pas, puisque… puisqu’il…

Elle ne peut réfréner un sanglot plus longtemps alors qu’elle revoit le corps sans vie de l’Effigie tomber sur le sol froid, cet éclair vert sortant de la baguette de l’inconnu pour se ficher dans sa poitrine. Ses yeux s’éteindre dans l’incompréhension. Ses muscles s’apaiser. Il était mort, et elle n’avait rien pu faire pour l’aider. Elle n’avait pas tenu sa promesse.

- C’est cet homme. Ce meurtrier. C’est lui qui l’a tué, de sang froid, je… cet homme il doit être puni, aller en prison, il a abattu… un innocent, un… je…

Holiday s’approche de la table alors qu’elle peut voir Grace s’effondrer auprès de son thé encore chaud. C’est son amie, après tout.

- Grace… Ça va ? Qu’est-ce qui se passe ? »

La kinésithérapeute fait un geste de la main pour lui signifier de ne pas s’inquiéter, et la propriétaire du café la laisse tranquille après avoir serré son épaule, pour lui dire silencieusement qu’elle est là, au besoin. Grace passe sa main sur ses yeux pour sécher ses larmes, sans succès. La mort de l’Effigie est une blessure encore ouverte dans son âme, et elle ne sait pas si elle en guérira un jour.
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MessageSujet: Re: Colombien suave   Colombien suave EmptyMar 9 Juil 2019 - 10:02

La patience. Dire que c’est une qualité qui fait partie de moi serait un gros mensonge. Je le sais depuis longtemps déjà, je suis une petite fille gâtée habituée à obtenir tout de suite ce qu’elle convoite, prompte à ronger son frein ou même à faire feu de tout bois pour obtenir ce que je désire. Allez mettons cette phrase à l’imparfait. Ce que je désirais. Caprice, séduction, manipulation, chantage et mensonge tout était bon pour tenter de parvenir à mes fins et puis la vie vous fait toujours tomber sur des gens ou des événements sur lesquels vous n’avez aucune prise si ce n’est celle d’accepter ce qu’ils sont et de faire avec, d’attendre qu’ils offrent ce qu’ils sont à offrir. Et dans ce cas il n’y a qu’une option à retenir celle de la patience. Alors j’ai dû apprendre à attendre, à accepter la frustration, à me persuader que les choses arriveront tôt ou tard et que le tard était préférable au jamais et que mon impatience pouvait parfois être effrayante pour les autres. Il a bien fallu qu’au moins je fasse semblant, au moins au début, alors que mon genou dansait la danse de St Gui sous une table un peu comme la jambe de mon interlocutrice du jour. Je fus bien obligée de tourner en rond chez moi en attendant que les graines que j’avais semées prennent et me permettent de pousser mes pions un peu plus loin. Je dois bien l’avouer, Castalia la traîtresse m’avait bien aidée en la matière. Son hypocrisie à mon égard et mon besoin de revanche pour ne pas dire de vengeance m’avaient forcée à la patience et je n’en avais que mieux goûté ma victoire. J’aurais pu être l’inventrice du dicton sur le plat qui se mange froid je crois et on peut dire que ce fut une révélation. Depuis, même si les choses ne sont pas toujours simples, je parviens toujours à me dire que mon impatience serait contre-productive et qu’un peu de retenu et de stratégie serait plus efficace.

L’ironie de la chose c’est que je fus alors amenée à développer une nouvelle compétence qui m’était jusqu’alors inconnue, l’empathie. Je ne m’y trompais pas, j’étais bien loin encore de la compassion. L’empathie est cette étrange chose qui vous permet de vous mettre à la place d’autrui afin d’imaginer ce qu’il ressent comment il pourrait réagir ce genre de petite chose dont je ne me souciais pas plus que mon premier vera verto. Ça aussi a nécessité un bel apprentissage et par toutes les chimères, les gens ne sont pas toujours faciles à comprendre. Heureusement, mon indifférence à faire souffrir les gens, je sais c’est mal mais tellement efficace, et en plus des quelques ballons sonde pour tester ce que provoque les mots et les actes chez les autres, le légimentie est un outil tellement aidant ! Bref petit à petit, je réussis à passer de l’état de petite fille capricieuse à celui de petite fille capricieuse, il y a des choses qui ont du mal à changer, mais acceptant de différer un succès.

Tout ça pour expliquer pourquoi je parvenais à accepter les non-réponses de la jeune femme en face de moi. Vous me direz, aucun exploit à cela et que si je ne suis pas capable de ça, je n’ai qu’à changer de métier. Claro!

Elle poursuit son idée et cela ne manque pas d’intérêt même si dans une exposition d’artefacts magiques y trouver une telle épée n’est pas forcément inimaginable. Evidemment je comprends que pour une moldue ce soit plutôt déroutant. Depuis cette histoire de mixité je me demande jusqu’à quel point la magie en général est accueilli par les esprits somme toute peu habitués à elle sans doute un peu réfractaire à accepter sa manifestation. Pour ma part, je bénis quasi quotidiennement le hasard qui a voulu que je voie le jour dans une famille mixte. Papa a dû faire preuve d’une grande ouverture d’esprit à la fois pour épouser une sorcière et accepter que j’en sois également une. C’est une preuve qu’on ne peut pas dénier aux moldus la capacité à accepter la magie mais la question du pourquoi se pose le plus souvent à moi. Juste parce qu’elle existe et que les gens qui la maîtrise sont comme tout le monde ce qui n’est pas forcément le cas, j’ai pu le vérifier, ou bien par attirance d’un certain exotisme ?

La description de cette épée était un peu floue pour moi et je ne pouvais dissimuler mon étonnement à imaginer que le gobelin ait été frappée à plusieurs reprises et que la lame ait eu des effets différents sur lui, mais ce devait être moi qui comprenais encore mal certaines syntaxes anglaises… Au bout du compte, l’idée que l’arme choisisse ses victimes, n’était pas stupide loin de là et cette fille ne semblait pas l’être plus. Elle était encore sous le coup de l’émotion cela je le sentais bien mais tout ce qu’elle racontait était cohérent. Je ne pense pas que j’aurais fait mieux à sa place. Et si l’on part du principe que les soins faisaient partie de choses à faire je n’y aurais peut-être pas pensé surtout si je le suspectais d’être impliqué dans les dangers qui me menaçaient à ce moment.

Je hochai la tête pour signifier que je comprenais ce qu’elle voulait dire en effet, mais en réalité, la question que son affirmation impliquait, me brouillait encore une fois l’esprit. Le Gobelin n’était pas présent au début pouvait signifier qu’il est apparu en cours de visite ou d’événement. On pouvait très bien imaginer qu’il soit arrivé grâce à un portoloin ou en transplanant mais une nouvelle fois de nombreuses questions se posaient quand-à la pertinence de ce système de sécurité s’il était aussi simple d’arriver là. Cela pouvait aussi suggérer qu’il y avait une complicité dans les lieux qui lui aurait permis de pénétrer dans l’exposition avant ou pendant l'inauguration. Cela faisait beaucoup de question et peu de possibilités d’y répondre tant que je ne pourrai pas visiter le site ou interroger les responsables de cette exposition.

“Vous parlez d’énigmes, vous…”

Mais la question et la pause marquée par la jeune femme ne semblait pas propice à me laisser la parole et je ravalai bien vite ma question pour la laisser poursuivre. Cette fille avait une candeur touchante de celle qui vous fait aimer les moldus, un peu comme celle de mon père qui… mais passons. Je me demandais comment elle avait pu s’engager à sauver la vie de cette créature alors même que les choses semblaient claires. La menace devait être éliminée. Sa voix se brise, je comprends à demi-mots ce qui s’est passé ensuite et je ne peux m'empêcher de poser ma main sur la sienne à travers la petite table du Holiday’s café, mais elle a bien besoin de s’essuyer le visage et la patronne, enfin, celle que j’identifie comme telle vient à sa rescousse. Elle est la bienvenue car ce débordement émotionnel est le genre de chose dans lequel je ne suis pas très compétente surtout lorsque la personne m’est aussi inconnue que cette fille. La moindre des choses que je peux faire c’est de la laisser reprendre ses sentiments et ses émotions en main. Cette fille est vraiment adorable ! Lentement je plonge ma main dans mon petit sac et en sort un mouchoir en papier, le genre d’invention moldue qui a bercé mon enfance et que je continue à utiliser ou en tout cas à avoir au cas où… Si je devais me rappeler la dernière fois où je me suis mise dans le même état que Grace Hamilton je pense que … Parfois j’envie ces gens qui versent des larmes sur le sort des autres. Ils ont sûrement une vision plus belle du monde. En contrepartie, ils doivent bien plus souffrir aussi. Ce ne sont pas les questions qui manquent mais elle n’est pas vraiment en état de les entendre. Je laisse les larmes s’assécher et son regard lavé et un peu rougi recroiser le mien.

“Vous voulez qu’on s’arrête là pour aujourd’hui ?”

Je pourrais comprendre que répondre à mes questions de journaliste curieuse (en voilà un joli pléonasme !) soit trop compliqué pour elle après avoir revécu des événements aussi traumatisants pour elle, mais la deuxième partie de ma question contient bien la résolution qui est la mienne d’aller jusqu’au bout de son interview. Si cela se trouve, ce sera le seul témoignage que j’aurai dans cette affaire. Heureusement dans un dernier petit soupir, elle secoue la tête pour me signifier que l’on peut poursuivre. Je tente d’être le plus précautionneuse possible, inquiète de redéclencher son chagrin. Difficile alors de savoir par quelle question commencer. Peut-être par celui qu’elle appelle le meurtrier ? Hum sans doute pas. J’ai bien entendu dans sa voix la rage pour ne pas dire la haine qu’elle a pour lui en même temps que la peine d’avoir assisté impuissante à la mort du Gobelin.

“Vous pouvez peut-être m’en dire plus sur la victime ? Vous m’avez dit qu’il n’était pas là au début de la visite, vous avez une idée de quand et où il est apparu ? C’est bien lui que vous appelez l’Effigie ? Pourquoi ce nom et qu’est-ce qui vous fait dire qu’il était si gentil ?”

Je tente de ne pas la submerger sous mes questions qui n’ont pas grand-chose d’empathique, mais plus là pour sérier les problèmes et tenter de préciser les événements. La première rafale d’interrogation est déjà suffisante à elle seule et je guette dans le regard de la jeune femme des signes de lassitude ou d’agacement avant une nouvelle bordée.

“Vous avez dit qu’il parlait par énigme, vous souvenez-vous de ces énigmes ? Ce pourrait être important pour comprendre ce qui est arrivé et le replacer dans son contexte et montrer qu'il était une victime.”

En première intention, j'avais failli dire s'il était une victime mais la jeune femme en était persuadée ce n'aurait pas été très diplomate d'envisager l'inverse. J’aurais bien poursuivi avec les questions sur l’épée, la personne qui la maniait, l’homme qui s’était fait juge et bourreau et concentrait sur lui toute la rage de Grace Hamilton, mais la brusquer serait sans doute contre-productif et je décidai de patienter jusqu’à la fin de ses premières réponses, la prochaine fois où je pourrais la questionner. Si elle parvenait déjà à répondre à ces premières interrogations, précisément ce serait déjà pas mal… J’avais pointé de mon crayon mes notes auxquelles la jeune femme était invitée à répondre. En même temps je tentai de me faire une image précise de ce qui s’était déroulé dans l’exposition. C’était un peu comme si des fantômes s’agitaient dans des lieux indéterminés mais la chronologie et l’esprit dans lesquels les événements s’étaient produits était assez clairs et j’espérais bien que les zones d’ombre auraient l’occasion de se dissiper au fil de notre conversation. Il fallait que je sois juste attentive aux émotions de mon contact du jour. Dans son état le moindre jugement de valeur de ma part pouvait la braquer et le décider à rompre l’entretien ce que je ne voulais à aucun prix.
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MessageSujet: Re: Colombien suave   Colombien suave EmptyMar 16 Juil 2019 - 20:49

Colombien suave

- Grace Hamilton — Idalina Cadena Verduzco -


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Elle sursaute alors que la voix de son amie Holiday la sort de son histoire, lui fait prendre conscience qu’elle n’est plus enfermée entre ces quatre murs, que le corps sans vie n’est plus devant ses yeux, que tous ses événements se sont déroulés il y a plusieurs semaines maintenant. Bien sûr, elle la rassure aussitôt et la tenancière de l’établissement s’éclipse rapidement, rassurée, mais cette intervention est suffisante pour apaiser les pleurs de la française. Calme-toi, Grace. Cesse de faire l’enfant. Tu es là pour relater les événements, pour exposer au monde ce qu’il s’est vraiment passé, pas pour fondre en larmes dès que ça devient un peu trop difficile.

Secouant vivement la tête à la simple possibilité d’en arrêter là, elle hoquète, en saisissant le mouchoir tendu.

« - Non. Non, non, je… ça va aller. Je suis désolé, je veux continuer.

Si elle portait un semblant de maquillage, nul doute que son mascara maculerait ses joues en ce moment : mais là, seuls ses yeux rougis et gonflés trahissent son précédent émoi. Elle souffle, la française. Inspirant, expirant. Se forçant à se ressaisir, à oublier ses états d’âme pour se concentrer sur les faits, purs et simples. La journaliste la recadre en lui donnant des questions auxquelles répondre, et elle en est reconnaissante. C’est toujours plus facile de suivre un fil directif clair, plutôt que de devoir réfléchir de soi-même, de prendre gare à ne pas s’égarer quand tout ce que veux notre esprit, c’est de vagabonder dans les méandres de notre psyché.

- Le gobelin, oui… En fait, c’est étrange. Je ne saurai vous dire quand il est apparu exactement, c’est comme s’il avait toujours été là, en fait, mais que personne ne pouvait le voir jusqu’au moment où il a été blessé. Peut-être que je suis confuse par la situation, et que ma mémoire me joue des tours, mais je vous assure que… Enfin, je sais que je ne fais pas vraiment de sens. Elle secoue la tête. Comment diable la journaliste peut-elle la prendre au sérieux, quand elle évoque une telle possibilité ? En tout cas, c’est le système de sécurité qui l’a appelé l’Effigie. Lorsqu’il a été… tué, dit-elle en avalant sa salive, le mot peinant à sortir de sa gorge, la sphère, celle-là même qui nous avait averti de la potentielle destruction de l’exposition, nous a annoncé que la menace avait été détruite, et c’est là qu’elle l’a nommé. L’Effigie. Je ne sais toujours pas vraiment ce que ça signifie, par contre…

Elle reprend son souffle, la française. Cette discussion l’a épuisée, sans qu’elle ne s’en rende réellement compte. Tant d’émotion, tant de souffrance lui revenant en tête : ses genoux tremblent d’épuisement, et Grace décide de prendre une nouvelle gorgée de son thé pour lui donner un peu de contenance. Si Milo était présent, probablement qu’il la disputerait pour pousser à ce point ses limites, pour ne pas savoir s’arrêter quand, clairement, cette conversation est bien trop pour elle. On ne rouvre pas des blessures aussi fraiches, en particulier quand on est terrifié par la vision du sang.

Fermant les yeux, pourtant, elle continue son combat contre sa propre mémoire. Grace essaye de se souvenir du moindre mot, de la moindre intonation, de tout ce qui pourrait aider la journaliste à se représenter la scène de la manière la plus détaillée possible.

- Ces énigmes, oui… Il m’a dit qu’il était là depuis longtemps, très longtemps… Et il y avait quelque chose dans son regard, c’est bizarre mais… Vous savez, je ne suis pas du genre à croire au surnaturel, aux histoires qu’on raconte aux enfants avant de s’endormir, croyez-moi, mais j’ai cru voir dans ses yeux le poids du temps qu’il déclamait avoir vécu. Vous devez me penser folle, enfin… C’est ce que j’ai vu, pourtant.

Rouvrant ses deux orbes noisettes pour les planter dans celles, plus sombres, d’Idalina, la kinésithérapeute a conscience de bredouiller, de se décrédibiliser chaque seconde qu’elle continue d’exposer ce qui, pourtant, est la vérité pure et simple. Peut-être se trompe-t-elle sur toute la ligne, mais il n’empêche qu’elle livre ses sentiments sur un plateau.

- Dites-moi, avez-vous parlé avec d’autres témoins ? Avez-vous découvert quelque chose, n’importe quoi… Un indice, qui pourrait nous dévoiler l’identité du meurtrier ? »

Car c’est le plus important, au final. Ce crime qui a été commis, qui n’a pourtant pas été jugé en l’absence de coupable. Si la curiosité de Grace la démange, quant à la raison de leur enfermement au sein de l’exposition, les mystères du clan MacLean, et, de manière plus globale, ce qui se passe sur l’île de Manadh, ce désir de savoir est supplanté par son désir de devoir. Devoir chasser ceux qui peuvent blesser. Devoir combattre ce qui doit être combattu. Devoir, tout simplement, faire ce qui est juste.
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MessageSujet: Re: Colombien suave   Colombien suave EmptyMar 30 Juil 2019 - 10:52

Je ne sais pas si j’envie ou si je plains la jeune femme en face de moi. Si je devais l’envier ce serait pour son empathie son souci des autres, c’est quelque chose qui doit vous remplir une vie. Mais c’est une chose que je limite à un très petit cercle de personnes dont certaines ont maintenant disparu ou m’ont abandonnée. A cette pensée ma gorge se noue et je comprends mieux pourquoi je la plains. Avec une telle dose de souci des autres, elle n’est pas près d’arrêter de souffrir. Elle ferait sans doute mieux de se préoccuper d’elle-même. D’ailleurs, même si ce fameux gobelin lui avait inspiré de l’attachement, de l’affection, de la sympathie que sais-je, je ne parvenais pas à oublier qu’il avait mis en danger par sa présence tous les visiteurs de l’exposition. C’était un aspect qu’elle semblait oublier. Elle devait sans doute la vie à celui qu’elle traitait de meurtrier et ce Gobelin pouvait très bien lui avoir raconter des bobards pour s’attirer, justement, une attention indue. Pauvre Grace Hamilton ! Non, décidément lui ressembler me paraissait s’offrir à toutes les désillusions du monde et ça arrivait déjà assez souvent comme cela sans, en plus, en rajouter.

Sensible à la limite de paraître écorchée vive, elle n’en était pas moins courageuse. D’une part elle assumait ses émotions mais en outre, elle ne ne se laissait pas dominer par elles et ne perdait pas de vue ce pour quoi elle était là. C’était un point qui nous rassemblait car de mon côté non plus il n’était pas question que je me laisse détourner de mes objectifs par d’éventuelles émotions. Claro, pour ce qui était de les assumer j’en étais parfois bien loin. Disons que je rejetais le plus possible celles qui me dérangeaient et masquais les autres. L’adolescence peut parfois être rude à la petite fille gâtée que j’avais été et le monde assez cruel pour en profiter si jamais on lui montre des failles. Je l’avais appris fort heureusement suffisamment tôt pour développer assez de dissimulation pour m’en prémunir.

Cette fille me touchait par bien des aspects mais je ne voulais pas le laisser paraître en dehors des convenances qui pourraient exister entre deux personnes qui se rencontrent pour la première fois. Ne dites donc pas que je suis insensible, même si à force de lutter contre les affects parasites et a fini par me rendre un peu plus opaque aux émois de toutes sortes. Je pourrais agiter ma baguette pour redonner un semblant de tenue au maquillage de la jeune femme en face de moi mais je me demande de quoi cela aurait l’air pour une moldue. Je préfère sortir un paquet de mouchoir, moldu lui aussi et le faire glisser vers elle.

Et elle reprend la jeune femme éplorée. Avec courage, elle reprend le fil de notre entretien, et moi de redonner vie aux mouvements de mon crayon qui se remet à danser dans les pinces de mes doigts. Malgré les émotions qui l’envahissent Grace Hamilton semble être tout à fait maîtresse de ses souvenirs. La façon d’apparaître du Gobelin est évidemment interrogeante et je ne peux empêcher une question sur l’épée et celui ou celle qui la maniait.

“Vous voulez dire que la personne qui tenait l’épée frappait au hasard ? Cet objet semble engagé dans la protection du lieu presqu’autant que la sphère qui paraît mener la plupart des événements non ?”

Je me mords la lèvre pour me contraindre au silence. Je ne veux pas l’interrompre dans le fil de son désir et de ses réflexions et un nouveau point d’interrogation vient surmonter le mot “épée”. Il sera assez tôt ensuite de revenir sur cet aspect. Le hasard et la chance dont ont bénéficié les visiteurs de l’exposition me laisse pourtant songeuse je sens mes lèvres se durcir et se plisser à mesure que mes notes s’accumulent. Tout semble indiquer que le système de sécurité identifiait ce Gobelin puisqu’il le nommait. Le terme effigie pourtant n’est pas anodin et ne s’applique pas en général à un être vivant même dans le monde de la magie. Il n’en fait pas plus que pour que mon esprit se mette à échafauder de nouvelles théories. Sèchement, je note en capitale ce mot mystérieux et le souligne d’un geste décidé.

Je la laisse reprendre ses esprits en même temps que je tente de mettre de l’ordre dans les différentes idées qui me trottent dans la tête. Je recommanderais bien un autre café, mais je ne sais quelle nécessité m’en empêche. Parfois on s’impose des limites idiotes. Enfin, elle reprend le cours de ses réflexions et m’empêche de m’égarer dans une introspection sans doute inutile. Les gens comme moi qui assument leurs vices trouveront-ils un bénéfice à se demander pourquoi leur comportement ? Je laisse un petit sourire amusé passer fugacement sur mon visage lorsqu’elle dit ne pas croire au surnaturel. Elle en a pourtant suffisamment vu question magie et ce que les moldus rattachent au surnaturel pour ne pas pouvoir faire autrement. Ce n’est pas une question de croyance mais une question de limite. Une fois plongé dans un certain mode, il n’est pas certain qu’on en touche un jour toutes les dimensions du doigt. Je connais bien des sorciers qui ne connaissent pas toute l’étendue de leurs pouvoirs mais aussi du monde dont ils font partie, d’ailleurs je suis persuadée que je ne suis pas encore capable d’en cerner tous les contours.

Arrivée au terme de son récit la Française semble avoir repris un peu de maîtrise sur ses émotions en tout cas assez pour oser me questionner. Cette affaire lui tient vraiment à cœur et j’imagine que si j’arrive à tisser un lien de confiance avec elle, je pourrais peut-être avancer plus vite dans mon enquête. Ma réponse est d’autant plus simple que je n’en suis qu’au prémices et qu’elle est le seul témoin qui ait pour l’instant accepté de me rencontrer.

“Hélas, vous êtes la première personne à accepter de me répondre et je vous en suis d’ailleurs reconnaissante.”


Mais les renversements de rôle sont parmi les pièges à éviter dans mon métier, même si je n’attends pas de coup fourré ou de manipulation de la part de de la jeune femme. Je reprends pourtant l’initiative de l’entretien. J’espère qu’elle répondra à ma question sur l’épée et repasse immédiatement sur la question du gobelin et des mystères qu’il fait planer autour de lui. Mais avant, je me dois de la rassurer par avance sur la nature de mes questions. Elle a montré suffisamment d’attachement à cette créature et assez de répulsion à l’égard de ce qui lui est arrivé pour que je ne passe pas pour quelqu’un qui serait d’accord avec son destin, même si en personne extérieure à l’action, je ne peux pas vraiment donner tort à celui qui a mis fin à ses jours pour protéger tout un groupe. Je pose donc mon crayon pour croiser son regard et m’assurer qu’elle comprend bien tout ce que je vais lui dire.

“ Cette affaire est bien mystérieuse et mérite qu’on la considère sous tous ses angles. Il se peut que je vous pose des questions ou que j’explore des pistes qui soient susceptibles de vous heurter. Ce n’est pas un a priori de ma part, mais si nous voulons avancer, nous ne pouvons rien laisser de côté même si cela nous choque”

C’est à dessein que j’utilise le nous pour nous englober toutes les deux dans la réflexion et l’inciter à adopter un point de vue sans a priori et surtout sans avoir envie de me jeter sa tasse de thé à la figure ou pire, qu’elle m’abandonne sur ma chaise en claquant la porte du Holiday's Coffee. Après une pause aussi longue qu’une respiration je poursuis avec ma première question.

“Je terme d’Effigie me laisse perplexe. C’est un mot associé à la représentation d’une personne ou d’un visage et non à un être vivant. Lui-même se donnait-il une autre identité ? Portait-il quelque chose qui pourrait justifier cette dénomination ? Je ne sais pas, un bijou ? Un tatouage ? A-t-il été fouillé ? Peut-être pourriez-vous m’en faire une description précise ? ...”

Je me rends compte que je dois paraître froide et distante aux yeux de la jeune kinésithérapeute et je marque un arrêt pour lui adresser un regard interrogateur et patient. Ce n’est décidément pas la peine de la brusquer.

“Si sa mort a conduit à la destruction de l’Effigie et si on estime qu’elle n’est pas le Gobelin lui-même, c’est qu’elle devait faire partie de lui…”


Je pense alors au sergent Pepper en me demandant si une autopsie a été réalisée sur le malheureux Gobelin (voilà que je commençais à raisonner comme Grace Hamilton !). Quelle frustration d’imaginer qu’elle a pu révéler quelque chose qui me reste caché ! Heureusement, il y a bien assez de questions pour que je ne m’y attarde pas.

“La question de sa présence sur les lieux me paraît être essentielle dans ce que vous racontez. Voyons... “

Je fronce les sourcils et tord la bouche avant de tenter de formuler quelque chose de cohérent.

“Si on admet qu’il était là depuis le début et qu’on ajoute à cela qu’il y était peut être depuis fort longtemps, qu’est-ce que cela nous apprends ?”

Je jette un œil interrogatif à la jeune femme.

“Humm… On pourrait presque penser qu’il faisait partie de l’exposition sous la forme d’un des objets… D’où…”

Je parle un peu trop toute seule et m’excuse auprès de la jeune femme.

“Désolée si je ne suis pas très cohérente. N’hésitez pas à rebondir si vous pensez que je divague.”

Mais je ne veux pas perdre le fil de mes réflexions et reprends illico.

“D’où, une autre explication pour le nommer Effigie… Peut-être était-il effectivement une menace qui aurait été emprisonnée dans un objet sous forme d’une Effigie. Avez-vous remarqué un objet qui aurait disparu durant l’exposition et qui pourrait correspondre ? Peut-être à proximité de l’épée ?”


Mes élucubrations allaient bon train et je sentais que si je ne voulais pas perdre mon contact du jour, il fallait que je la laisse répondre ne serait-ce que pour faire le tri de toutes les possibilités qui s’ouvraient dans on esprit. En tout cas, même si Miss Hamilton restait mon unique témoin dans cette affaire, elle avait le mérite d’ouvrir bien des perspectives. Je sentais monter en moi un certain contentement en même temps que l’excitation d’avoir de nouveaux aspects à explorer et donc de ne pas faire de sur place comme depuis bien trop de jours.
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MessageSujet: Re: Colombien suave   Colombien suave EmptyJeu 15 Aoû 2019 - 19:14


Colombien suave

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Elle est à fleur de peau, la française. Son corps se rebelle contre ses propres sentiments alors qu’elle se replonge, la tête la première, dans ces souvenirs si traumatisants. Elle a chaud, puis froid, la chair de poule fait se dresser les poils de ses bras, et ses pensées s’embrouillent de plus en plus, oubliant l’endroit où elle se trouve, les murs si accueillants et chaleureux de l’Holiday’s Coffee, les discussions légères des clients autour d’eux, l’odeur des délicieuses pâtisseries de la tenancière, pour se retrouver, encore une fois, au sein de l’exposition MacLean. Tout la ramène à ce jour, à cette créature qu’elle a vu se changer en cadavre sans qu’elle ne puisse rien pu faire pour l’aider. Sa bouche est sèche. Elle a l’impression d’avoir du gravier qui craquelle sous ses gents, qui blesse ses gencives, qui étouffe ses arrivées d’air en se glissant au fin fond de sa gorge. Idalina a-t-elle conscience de son mal-être, en cet instant précis ? Probablement pas, puisqu’elle continue de la presser de questions, de réfléchir tout haut, de saisir le moindre de ses souvenirs au vol pour mieux le décortiquer. Grace ne peut lui en vouloir : après tout, elle a insisté pour continuer l’interview, elle, et personne d’autre. Mais elle perd peu à peu pied en la réalité, ce faisant, se disloquant dans sa propre douleur et ses remords qui ne cessent de lui tordre le ventre. Oh, si elle pouvait remonter le temps pour changer ce qu’il s’est passé. Si elle pouvait se donner quelques minutes de plus pour comprendre, pour parler à cette Effigie et la sauver… Mais bien sûr, de telles considérations sont vaines, ce qui est fait est fait : ça ne l’empêche pas de se rendre folle, avec ses "et si" et ses "pourquoi".

« - C’était du désespoir, pas du hasard, je… tout s’est passé tellement vite, je ne sais plus, c’est…

Son discours se fait de plus en plus décousu, ses mots font de moins en moins de sens. Elle n’arrive plus vraiment à suivre la discussion, et doit fermer les yeux, quelques secondes, pour reprendre son souffle. Mais à l’instant même où ses paupières se closent, c’est comme si le corps du gobelin se gaussait de son impuissance, tordu dans une position improbable, l’éclair vert laissant des traînées magiques tout autour de lui. Elle rouvre vivement les yeux. Grace ne peut trouver le repos : pas lorsqu’on lui fait revivre un événement qui l’a autant touché.

Et ses espoirs ne semblent trouver aucune réponse, puisque la journaliste est incapable de lui fournir ne serait-ce qu’un début de piste. La première, la seule, peut-être. Trouveras-t-on un jour le coupable, le meurtrier qui a levé sa baguette magique pour sauver sa vie ? La paix n’a pas de sens, si on doit l’obtenir en faisant couler le sang : et il est bien difficile de se nettoyer les ongles, lorsqu’on a les mains sales, peu importe les efforts que l’on peut fournir.

- Je ne suis pas choquée, et je n’ai pas peur que vous m’heurtiez ou quoi que ce soit du genre, c’est simplement que… Elle inspire profondément. C’est difficile, d’admettre sa propre faiblesse. Vous parlez d’une personne non vivante, qu'est-ce que ça veut dire... Le gobelin était bien vivant, je peux vous l’assurer… Et il est mort par ma faute, en une fraction de seconde… Je ne peux pas… vous me demandez des détails, comme si… j’avais pu analyser le moindre des éléments de la scène… Je n’ai pas eu le temps de remarquer un bijou ou quoi que ce soit d’autre, ce n’était pas le moment, pas le lieu… Quand à le fouiller, quel type de personne… sans cœur pourrait mettre ses mains sur un corps encore chaud, le désacralisant en pénétrant dans son intimité la plus profonde ? Quand il est mort, j’ai pleuré, c'est tout, je l'avoue, peut-être que ce n’était pas rationnel mais c’était pourtant la chose à faire… je pense que c’est ce qui fait de moi une bonne personne, en fait. Je n’ai pas honte. C’était un être vivant, un être pensant, et il n’était plus. Ce n'était pas le moment de se la jouer Sherlock Holmes.

La passion. C’est peut-être le mot qui définit le plus Grace Hamilton, à cet instant précis. On trouvera son attachement à la créature parfaitement idiot, d’autant plus qu’elle ne l’a côtoyé que pendant quelques minutes à peine, mais en effet, c’est ce qui la rend si terriblement humaine. Elle est sensible. Profondément attachée, émotive, empathique. Tant pis pour les apparences : elle les jette au vent pour se concentrer sur l’essentiel, sur ce crime abominable. Alors, elle s’énerve, la française, tandis qu’Idalina insiste, s’attarde sur des détails qui n’ont de l’importance que pour ceux qui recherchent les faits et le tangible. Elle parle avec son coeur.

- Mais de quoi me parlez-vous ? D’objets ? De menace ? Vous n’avez pas écouté ce que je vous ai dis ? Quelqu’un est mort, une personne, bien vivante, avec qui j’ai parlé ! Vous… vous salissez sa mémoire en parlant de lui comme s’il n’avait pas d’importance, comme si ce n’était qu’une pièce du puzzle que vous vous désespérez à résoudre. Peut-être que c’est la raison pour laquelle personne ne veut vous répondre, si c’est pour considérer des êtres dotés de conscience ainsi… Elle fait une pause. Les larmes continuent de couler sur ses joues, mais de rage, cette fois. Vous êtes cohérente, madame. Beaucoup trop, en fait. »

Elle se lève. Elle a envie de partir, de claquer la porte, mais ça serait se laisser aller à ses émotions les plus primaires. Grace sait qu’elle n’est pas des plus cohérentes, en cet instant précis : elle veut donner une chance à la journaliste de se rattraper, et, éventuellement, de s’excuser pour son comportement.
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Colombien suave
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