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 One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley]

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Theodora Rose KnightTheodora Rose Knight
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MessageSujet: One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley]   One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley] EmptyLun 1 Avr - 20:20

Elle travaillait. Elle travaillait tard. Elle travaillait souvent tard. Elle travaillait souvent tard au cabinet. Elle travaillait souvent tard au cabinet ou au laboratoire. Elle travaillait souvent tard au cabinet ou au laboratoire pour ses patients. Elle travaillait souvent tard au cabinet ou au laboratoire pour ses patients et pour sa guerre aussi.

Ce soir, elle était au laboratoire pour sa guerre. Sa guerre contre la magie assassine. Cette magie assassine qui avait tué ses parents et qu’elle avait décidé d’éradiquer du monde comme il fallait éradiquer les armes des rues de toutes les villes. Car Ces gens doués de magie étaient comme des pistoleros avec une arme à la ceinture et on ne sait jamais ce qu’on est capable de faire d’eux une arme. On peut lancer des éclairs de morts qui tue les parents sous les yeux de leurs enfants en les laissant impuissants, ses parents à elle, sans qu’elle ne puisse rien pour les sauver alors qu’elle travaillait pour être capable de soigner et sauver.

Elle regarda sa montre, pas très loin de là l’hôpital continuait de vivre comme une cellule qui admet ou rejette des composants. Elle pouvait le sentir respirer aussi sûrement que le médecin et son stéthoscope sur la poitrine du malade. Quelques minutes plus tôt, elle avait salué Maggie Peterson qui venait de finir sa journée. Les consultations étaient terminées et Theodora n’était pas d’astreinte. C’était l’heure où les recherches prenaient le pas sur les soins, où l’application de la science cédait le pas à son avancée.

Il y avait quelque chose chez les sorciers qui leur permettait d’user de magie. Quelque chose qui les différenciait des autres humains. Alors pour la généticienne qu’elle était, il n’était pas difficile d’imaginer que la solution pouvait se trouver dans leurs gènes. Il ne lui était pas difficile de penser qu’elle pouvait trouver cette différence et une fois trouvée, travailler à la reprogrammation de cette abomination qui tuait les parents aussi simplement qu’on claque des doigts.

Les portes à double battant finirent leur danse derrière elle tandis qu’elle approchait de la porte sécurisée du laboratoire. Son badge et son code secret étaient nécessaires à son ouverture. Ce n’était pas disproportionné pour des recherches en génétique. Ce domaine de recherche demandait la plus grande circonspection tant ses applications étaient porteuses d’espoirs mais aussi de menaces.

La providence avait mis sur son chemin et à sa connaissance un phénomène intermédiaire entre les sorciers et les modus comme ils disent : les cracmols. Ces anciens sorciers avaient perdu la faculté d’user de la magie. Ce qui signifiait que cet état de sorcellerie était réversible. Ce qui signifiait qu’il y avait de l’espoir, qu’elle ne se battait pas contres des moulins à vent. Il fallait juste qu’elle cherche méthodiquement sans rien laisser au hasard sans négliger aucune piste. Aussi implacable que le temps qui passe elle finirait bien par isoler quelque chose qui réduirait la magie à néant. Il n’y aurait alors plus besoin de parler de mixité. Tous les humains auraient la même nature.

N’essayez pas de lui montrer la futilité de sa démarche, il n’y avait rien de plus sérieux pour elle. Ne tentez pas de la comparer à des personnages sombre de l’histoire pas si éloignées que cela. Qu’y avait-il de plus humaniste que de combattre les sources de violence ? Oh bien sûr elle admettait qu’il y avait des gens de valeur parmi les sorciers, mais eux aussi étaient des armes ambulantes et représentaient un danger pour autrui. Les débarrasser de cette malédiction ne ferait pas d’eux des personnes moins admirables. On lui avait aussi opposé la perte des connaissance accumulées par la magie et ses moyens d’aider l’humanité. La magie n’en avait-elle pas qui soient utiles ? Le prix était bien trop élevé à payer et ce que la magie pouvait faire maintenant, la science le pourrait dans un avenir plus proche qu’on ne pouvait le croire.

Le premier cracmol qu’elle rencontra était aussi celui qu’elle attendait ce soir. Alistair Fawley avait été ce que l’on pouvait sans doute appeler pour elle une sorte de révélation, un catalyseur de motivation. Cela avait même dépassé la simple relation de patient à médecin, de chercheuse à échantillon témoin. Il était à l’origine de son dernier orgasme mais il n’y avait pas de quoi se vanter de cela tant le travail de la généticienne prenait le pas sur sa vie privée et ne lui laissait guère le temps pour des rencontres platoniques ou pas.

La porte blindée coulissa dans un soupir sur des rails profondément sertis dans sa rainure et lui laissa le passage avant de se remettre en place dans le même souffle pneumatique. Elle tourna immédiatement à droite vers la porte qui donnerait accès au SAS qui montait la garde devant la cellule de recherche qu’elle dirigeait. En fait c’était un SAS à deux directions. Une donnait sur le laboratoire proprement dit dans lequel se faisaient les prélèvements et les diverses analyses dont les caryotype et séquençages, la deuxième donnait sur une sorte de salle de contrôle où arrivaient les résultats des diverses opérations réalisées dans la première partie. Le Docteur Knight y avait un bureau et une pièce commune contenait des terminaux informatiques aux écrans multiple et pour certains démesurés. Il faut dire que se détruire les yeux à observer des résultats génétiques était inefficace et qu’en agrandir la vue simplifiait grandement la tâche.

C’est la veille que les résultats étaient tombés après que les machines aient fonctionné durant des semaines entières. D’abord les séquenceurs avaient fait leur travail en quasi autonomie et ce n’était pas là ce qui prenait le plus de temps. Ensuite, les ordinateurs avaient comparé un à un tous les gènes des échantillons analysés pour en trouver les ressemblances et les différences notables. Les algorithmes avaient alors appliqué des centaines de filtres avant de finir presque deux mois plus tard par cracher leurs résultats que la généticienne avait mis plus d’une semaine à dépouiller. Mais la chose en avait valu la peine. Un X n’a jamais indiqué l’emplacement du trésor mais lorsque l’on met le doigt dessus on sait où il faut creuser. Un instant elle était restée interdite devant ce qui était indiqué en quasi toute lettres. Il y avait là une piste brûlante et elle n’osait croire que cela arrive maintenant et qu’il avait fallu qu’elle vienne à Atlantis pour enfin parvenir à quelque chose de concret. Encore fallait-il vérifier que cette petite différence concernant la synthèse d’une protéine cérébrale avait les répercussions qu’elle supposait. Cela ne serait pas de tout repos encore, mais son excitation était à son comble lorsqu’elle rentra chez elle vers vingt-deux heures.

Il lui avait été plus que difficile d’admettre qu’elle ne pouvait rien faire de plus et qu’elle était contrainte d’attendre le matin. Elle avait fini par rédiger une note où elle tentait de synthétiser ses conclusions et ce sur un ordinateur hors réseau qu’elle rangeait soigneusement dans une armoire métallique fermée à clé. Aucun système de sécurité n’était parfait, elle le savait bien, mais on ne pourrait pas lui reprocher de ne rien avoir mis en œuvre pour éviter les fuites.

Une fois enfin rentrée, elle avait appelé une des clés de cette recherche, Alistair Fawley. La conversation fut brève et l’enjoignait de se rendre au laboratoire en fin de journée. Le Cracmol était assez intelligent pour sentir au son de la voix de la chercheuse que l’injonction ne souffrait pas de réticence et que la femme au bout du combinée devait avoir des choses importantes à lui transmettre ou lui demander d’autant qu’elle avait conclu par un

“Venez à jeun d’au moins trois heures”

Elle se plia à tous les protocoles de désinfections indispensables pour ne pas polluer les échantillons, affichés à grand renfort de pictogrammes à chaque étape du SAS. Vêtue d’une nouvelle blouse, les cheveux parfaitement tirés en arrière lui dégageant le front et son regard que l’éclairage au néon rendait malachite, elle pénétra dans son bureau pour attendre son invité, les pieds glissés dans des chausses de bloc jetables. Tout à l’heure il faudrait sans doute repasser par d’autres manœuvres de désinfection mais un entretien préalable s’imposait avant de procéder au prélèvement qu’elle projetait.

Malgré l’excitation que les derniers résultats avaient générée, elle se sentait parfaitement calme et maîtresse de ses moyens. Être médecin imposait cette maîtrise, et elle avait eu toute la journée pour penser à ce qui allait suivre

Elle n’eut pas longtemps à attendre : l’homme était ponctuel et se présenta au visiophone du laboratoire et se plia lui aussi aux exigences de l'asepsie avant de la rejoindre. Ce n’était pas la première fois qu’il pénétrait dans le laboratoire et était accoutumé à ces précautions et ne risquait jamais d’y contrevenir connaissant l'intransigeance de la maîtresse des lieux. Elle se leva en entendant le glissement de l’intissé hospitalier et se porta à sa rencontre.
Elle lui tendit la main sans arrière-pensée, il s’était toujours montré disponible et loyal et elle pensait pouvoir lui faire confiance, sans quoi il ne serait pas là.

“Bonjour. Vous allez bien ?”

Pas de prénom, pas de “monsieur”, sans doute la volonté de garder une distance que leur incartade passée avait du mal à maintenir et la difficulté de faire comme si rien ne s’était passé.
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MessageSujet: Re: One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley]   One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley] EmptyDim 1 Sep - 18:40

Centre Médical d'Atlantis - 7 octobre 2001.

Je crois que en passant devant Burger'n Chill, j'aurais pu tuer Theodora. Les odeurs du bacon frit mélangées à celles des oignons caramélisés, la couleur du cheddar et de la sauce barbecue qui dégoulinaient de la commissure des lèvres de ce mec qui croquait dans son burger appelé "I Love it Loud" parce qu'il y avait du "rock-fort" dedans... Un jeun d'au moins trois heures, alors qu'il est dix-neuf heures passées... J'avais envie de lui faire bouffer ses tests, ses seringues qu'elle me planteraient à même la peau. Elle en a de la chance, que je me sois intéressé à ses recherches. Elle peut remercier Isobel pour m'avoir ouvert les yeux sur à quel point ma condition peut avoir un réel intérêt, pour la science. Ouais, elle peut même franchement la remercier, parce que sans elle, je serais allé me commander un "Highway to Hell" sans réfléchir une seule seconde. Ah, ces burgers qui vous font saliver rien qu'avec leurs noms.

J'avais dû traverser toute la ville pour arriver au Centre Médical, et je n'aimais pas vraiment cet endroit bien que j'y bossais souvent. Mes souvenirs ici étaient toujours plutôt vaporeux et lents, si lents, comme si l'on en modifiait la vitesse de lecture dans l'enregistreur caché de notre mémoire. 0,75. Tout juste assez pour se dire que les images font vraies, mais trop peu pour bien marquer la différence avec l'instant présent. Ça avait au moins ça comme intérêt, me permettre de ne pas m'y replonger trop souvent et confondre souvenir et réalité. Aux abords de l'hôpital, il y avait toujours des gens pour vous donner ce regard accusateur du Vous, vous venez pas pour donner votre sang. Alors que pour une fois, si. C'était compliqué d'avoir un visage plutôt antipathique et les yeux rouges, de nos jours.
La grosse porte vitrée coulissante ouvrait sur le hall de l'hôpital comme par magie - ou peut-être par magie, vraiment ? J'avais du mal à différencier technologie de magie, parfois. En arrivant devant le laboratoire de Mlle Knight, je sonne à l'interphone et fait mon plus beau sourire à la caméra pour qu'elle, ou un de ses sous-fifres, me laisse entrer. Pour lui faire plaisir, j'avais fait l'effort de ne pas prendre de medocs depuis plus de 24 heures. Je trouve d'ailleurs que je m'en sortais particulièrement bien, malgré le rash sur mon omoplate (je crois que je me gratte le dos, quand je suis stressé... c'est nouveau). Mais on verrait ça ensemble bien assez tôt, il faudrait bien que je me dessape à un moment ou un autre de toute façon, non ?

Et le moment arrive, je suis le protocole d'asepsie comme un gentil garçon jusqu'à me retrouver enfin prêt à aller saluer la jeune femme rousse. Je l'avais contacté à mon retour de Manchester, je lui avais dit que j'avais finalement compris quel était l'intérêt de son boulot. Je ne sais pas trop si elle l'avait bien ou mal pris, mais elle m'avait appelé hier pour venir... Bon, elle n'avait pas dû apprécier ma dernière remarque finalement, car il était bien clair que je n'étais pas la personne qu'elle aurait voulu voir mais hélas. Elle n'a pas soixante cracmols, sous la main. Elle n'a que moi (Et Anya. Dieu comme j'espère qu'elle ne bidouille pas de tests sur Anya).

« Eh bien, plus froide encore qu'une porte de prison. Bonjour Theo, ça va, et toi, heureuse de me voir ? », je lui lance un de ses petits sourires narquois qu'elle déteste tant, j'en suis sûr, puis agrippe sa main tendue pour en baiser le dos. Oh. Ce n'est pas comme si c'était jamais arrivé sur mille autres parties du corps après tout, mais je crois que ça la rendait malade rien que d'y penser. Moi, ça m'allait très bien de me souvenir de tout ça. Je passais même en vitesse 0,5 sur mon petit enregistreur cérébral sans aucun problème. Mais elle, elle voudrait delete le tout, j'en suis à peu près certain, et je m'en amuse beaucoup je dois avouer.

Une fois que je lâche sa main - je ne voudrais pas qu'elle ait une syncope - je fais le tour de son laboratoire des yeux, toujours impressionné par toutes les merveilles qui s'y trouvent. Je passe du regard les différents tubes, liquides, machines aux turbines qui tournent, et autres choses bien trop abstraites que je côtoie pourtant si souvent. « Ouh, tu as un bel attirail. Alors, qu'est-ce que tu veux de moi, Theodora ? Je me suis fait tout beau exprès. ». Il fallait bien entrer dans le vif du sujet à un moment ou un autre, et je redoutais déjà le moment où je devrais découvrir mon bras pour le lui tendre et qu'elle y plante une longue aiguille.. Alors autant en finir au plus vite.


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MessageSujet: Re: One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley]   One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley] EmptySam 7 Sep - 9:24

Elle regardait le nouvel arrivant un peu comme une nouvelle personne qu’elle n’avait jamais vue. Elle n’avait pas eu ce rapport de chercheuse à patient-cobaye ou de médecin à patient tout simplement avec Alistair et elle le scrutait un peu comme un spécimen d’une nouvelle espèce, bien qu’elle se rendît compte que ce n’était pas très respectueux. Si la préservation de l’image de chaque être humain passait au premier plan dans tous ses gestes professionnels, la recherche nécessitait de paramétrer le sujet et une fois les présentations faites, les paramètres biologiques prenaient le pas sur l’affectif du sujet qui était supposé, surtout celui qui se présentait aujourd’hui, savoir à quoi s’attendre, ou à peu près.

A peu près, s’il était une locution qu’elle détestait c’était bien celle-ci. L’”à peu près” était son ennemi de toujours. C’est ce qui vous faisait émettre un mauvais diagnostique, ce qui vous amenait à donner une mauvaise information à un patient, qui vous faisait échouer dans une expérience mais vous la fait paraître concluante. Elle se battait jour après jour contre les “à peu près” et malgré cela elle savait que personne n’était à l’abri de cet ennemi sournois, capable de profiter de la moindre fatigue, la moindre perte de lucidité et pire que tout sans doute la suffisance qui vous dispense de vous remettre constamment à jour dans vos connaissances. Dans ce domaine elle louait sa curiosité maladive qui la poussait à lorgner constamment vers les recherches de ses confrères à travers le monde et en retour, remerciait ses collègues qui la contactaient, se tenaient au courant de ses propres recherches et échangeaient avec elle des résultats en matière de génétique. En particulier, il y avait l’équipe des states et celle de Tokyo avec lesquelles elle entretenait des liens étroits.

Elle ne se faisait que peu de souci sur la manière de respecter les protocoles d’Alistair, malgré ses rebuffades, il était jusqu’à présent digne de confiance, mais elle ne passerait pas à côté d’un rappel de ce qu’elle allait lui faire. Il ne manquerait plus que cela qu’elle se retrouve avec un infirme sur les bras parce qu’elle aurait mal expliqué ce qu’il allait endurer.

Compte tenu de leur passé commun, le plus dur serait de se montrer humaine sans laisser croire à plus que ce n’était. Un sourire ou un effleurement peuvent être si aisément interprétés. Elle ne savait pas ce qui restait de leur aventure chez Alistair et ne détestait rien de plus que les malentendus. Cette histoire allait certainement empoisonner leur relation et elle devait l’assumer. C’était une erreur d’avoir succombé au charme du Cracmol mais elle ne pouvait lui en tenir rigueur. Elle devrait tirer les leçons de ce malheureux épisode. Si seulement cela n’intervenait pas sur ses recherches ! Ce serait un moindre mal… Ce n’était pas pour rien qu’elle avait adopté un ton professionnel pour le “convoquer” aujourd’hui et elle espérait qu’il aurait compris le message. Elle savait le désagrément d’arriver à jeun quelque part, mais c’était incontournable et ma foi elle n’avait cure des états d’âme de son sujet. Lorsqu’on est engagé dans une lutte telle que la leur, on pouvait bien sauter un repas. Si les espoirs de la rouquine étaient fondés, il serait fier un jour d’avoir pu contribuer à l’éradication de la magie et d’avoir pu faire de ce monde un endroit plus sûr où vivre, sans parler, dans son cas de cracmol, de pouvoir marcher dans la rue sans avoir à supporter les regards condescendants des sorciers méprisants.

Lorsqu’enfin, son visage déformé par l’objectif 180° apparut à l’interphone du laboratoire, elle avait fait mine de ne pas noter l’humeur fanfaronne du nouvel arrivant et avait gardé un visage de marbre. Fort bien, elle serait sans doute la seule à faire l’effort de maintenir une distance professionnelle, soit. Le nez proéminent que la caméra lui donnait aurait pourtant pu lui arracher un sourire, mais elle était maintenant habituée à cet effet d’optique désastreux pour les vanités physiques, comme lorsque le cerveau s’habitue aux lunettes inversantes au bout de quelques minutes et vous permet tout de même d’évoluer sans heurt.

Lorsqu’il avait enfin émergé du SAS de décontamination, elle fut rassurée sur son sérieux du jour, même si elle savait que le personnage ne pourrait sans doute pas s’accommoder de la sobriété qu’elle attendait de lui. Tant pis, elle ferait avec ou sans, selon. Elle n’avait pas le choix même si le panel de ses sujets s’étoffait ne serait-ce qu’en diversité. Elle pouvait bien sûr compter sur des non-mages, trop peu de cracmols certes mais surtout depuis quelques temps d’une personne en transition de l’état de cracmol à l’état de sorcier. Cela n’avait pas été facile, mais la jeune femme qui occupait son esprit et aussi dont les résultats retenaient son attention avait été une aubaine. D’ailleurs elle se demandait comment cela était possible. Mais après tout, elle baignait dans l’étrange depuis trop longtemps pour rejeter le phénomène qui se présentait à elle. L’étudier durant son avènement allait lui donner des informations précieuses. Aujourd’hui donc, Alistair, se devait de compléter le spectre de ses prélèvements afin de confirmer ou infirmer ce qu’il lui semblait avoir remarqué dans les séquençages déjà engagés ou terminés.
.
Elle ne releva pas la première pique ni même de répondit à la première question du cracmol et se contente de lui indiquer une chaise où s’asseoir. Après tout, elle n’a pas énormément de temps à perdre et il doit en être de même pour lui. Alors, pourquoi s'appesantir en d’inutiles provocations puériles? Si cela peut lui faire plaisir qu’il lui baise la main, cela la laissait de marbre. C'est fou comme l'attirance qui l’avait poussée dans ses bras et ses draps avait disparu. La première fois qu’il s’était aventuré au baise main elle avait senti tant de … Si elle voulait bien se donner la peine de repenser à cette incartade, leurs ébats avaient été des plus satisfaisant, mais ce temps était révolu à peine avait-il commencé... Mais elle n’était pas là non plus pour analyser ses souvenirs charnels et elle en savait suffisamment sur la chimie amoureuse pour se dire que les conditions avaient depuis changé et qu’il n’y avait rien à dire à cela et que tout commentaire s'avérait vain. Ce qui était fait était fait. Si elle ne culpabilisait pas, elle trouvait en revanche, que c’était une erreur tout en n’étant pas forcée d’en ressasser le souvenir.

Mais peut-être s’était-elle trompée en imaginant qu’il n’avait pas de temps à perdre. Alistair prenait le temps de visiter son laboratoire du regard comme s’il était intéressé. Elle se demandait bien jusqu’à quel point. Même s’il avait raison, sur la qualité du matériel qui était le sien, elle n’avait pas très envie de lui faire l’article sur chacune des machines qui le composaient et de plus en plus elle se demandait si le prélèvement ne prendrait que les quelques minutes qu’elle avait envisagées au départ. Son sujet semblait en veine de conversation et ne pas lui donner satisfaction risquait de compromettre son projet. Bien sûr elle n’était pas à deux minutes près. Le séquenceur avait ensuite de plusieurs heures de travail autonome avant de permettre à l’ordinateur de recracher ses analyses. Elle mettrait sans doute à profit ce temps pour comparer d’autres génomes, travail fastidieux lorsqu’on ne sait pas ce que l’on cherche. C’était bien pour cela qu’elle avait besoin de cet échantillon témoin qu’était le prélèvement sur le cracmol. Une fois qu’elle aurait pu isoler les différences avec celui d’un sorcier ou d’un non mage, cela réduirait grandement son champ d’investigation. En outre, il y avait le génome, mais elle voulait explorer une piste qui lui semblait incontournable. La composition du liquide céphalo-rachidien lui semblait devoir receler des informations. Elle se trompait peut-être, mais l’utilisation de la magie semblait de toute façon liée au système nerveux dans son ensemble et si elle était possible pour certains individus et pas d’autres elle pouvait être due à une différence de composition.

Alors que le cracmol finissait son tour d’horizon de la pièce, elle prit place sur la sellette qui permettait aux praticiens de se mettre à hauteur de leurs patients avec un maximum de stabilité, la banquette d'auscultation à sa gauche et le plateau d’instrument légèrement derrière elle, ce qui lui permettait de ne pas être entravée dans ses gestes mais d’avoir tout à portée de main. Elle la tendrait en premier lieu vers les gants en vinyle, mais il lui paraissait plus habile de ne pas les enfiler avant qu’Alistair ne soit installé. Inutile de faire preuve d’impatience. Outre le fait qu’elle ne voulait pas lui faire ce petit plaisir, elle ne voulait surtout pas risquer qu’il décide au dernier moment de surseoir au prélèvement à cause du manque d’égard qu’il ressentirait pour lui.

“Pas grand chose, même si ce ne sera pas très agréable, je vous l’avoue.”

Elle n’avait pas réussi à se départir du vouvoiement, ou peut être n’avait-elle pas eu envie malgré ou à cause de la proximité que le cracmol avait tenté d’instaurer entre eux.

“Une ponction lombaire et une prise de sang.”

Le deuxième prélèvement n’était là que pour des analyses de routine concernant la santé générale du patient.
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MessageSujet: Re: One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley]   One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley] EmptyDim 29 Sep - 18:13

Centre Médical d'Atlantis - 7 octobre 2001.

Je m'en souviens encore, de mon premier passage au centre Médical d'Atlantis. Un shot entier de Billygig coulait dans mes veines, se baladant dans chacun de mes vaisseaux sanguins comme si de rien n'était. C'était une drogue faite à base du "poison" contenu dans le dard de Billywig (ils avaient du trouver ça drôle, le jeu de mot entre -wig et -gig, rigoler), de quoi faire planer, littéralement. Quand j'avais entendu parler des drogues sorcières, au départ, j'avais pouffé comme une dinde. Voilà bien une chose que les sorciers ont bien fait, utiliser leur foutu monde magique pour créer des choses toujours plus intrigantes. Pendant longtemps j'avais pensé que ces drogues n'auraient pas d'effet sur moi, ou sur un moldu ; mais il s'avère que la plupart fonctionnent très bien. Il y a même plus de chances qu'une drogue sorcière fasse effet sur un moldu par rapport à une potion. Il y a aussi plus de chances pour qu'il y ait des effets secondaires supplémentaires, sur les sorciers. C'est pour ça que c'était devenu important, de tester les drogues. De trouver des cobayes comme moi, enclin à frôler la mort tous les quatre matins pour le bienfait de leurs compatriotes. Quel homme incroyable je suis, en y réfléchissant.

J'avais un peu la même impression en venant ici, faire une sorte de devoir citoyen qui aiderait la population sur le long terme. Car avec Theodora, ce qui était bien, c'est que je connaissais parfaitement ses intentions : je ne me heurtais pas à un scientifique fou inconnu, j'étais confrontée à une femme que j'avais pu connaître, du bout de mes doigts sur sa peau de porcelaine. Il y avait comme une sorte de confiance qui régnait, malgré la tension et le malêtre évident qui rongeait la pièce et se réverbérait dans les différentes parois de verre des ustensiles autour de nous. Ca puait le dégoût de son côté, l'aversion. Comment pouvions-nous avoir un souvenir si différent d'un instant partagé ?... Il y a des fois où je ne comprendrais jamais les femmes.

Toujours est-il qu'enfin Theodora commence à ouvrir la bouche, je finis donc mon tour du lieu et me rapproche d'elle et de sa longue chaise allongée. Elle ressemblait à celle d'un dentiste, instrument d'une torture lente et lancinante qui commençait à me faire froid dans le dos. Puis elle prononça ce mot, cette expression. Ponction lombaire. Comme si de rien n'était, comme si elle n'était pas en train de me dire qu'elle allait me faire un des examens les plus douloureux qui soit. « Woooo... Woh, woh. Une ponction lombaire ? C'est super douloureux ça, enfin je crois, non ? ». J'avais fait un pas en arrière, un recul automatique au simple mot "ponction". Mes yeux s'étaient froissés et commençaient à passer la pièce au peigne fin, comme pour chercher une troisième personne qui viendrait me soutenir, une porte de sortie. Mes mains, elles, s'étaient ironiquement agrippées sur la chaise que j'essayais pourtant de fuir.

Je m'y connaissais mal, si mal, en médecine pratique. J'étais doué sur la théorie, sur les médicaments à prendre dans telle ou telle situation. Mon contact régulier avec le corps médical m'avait offert des connaissances de terrain que je ne soupçonnais pas, des réflexes beaucoup plus efficaces que ceux de n'importe quel néophyte, mais j'étais encore loin d'être calé dans le domaine. J'avais plus le panache d'un apothicaire en dilettante, intéressé par les composantes, comprenant leur interaction, riant de ces mélanges parfois absurdes et d'autres fois salvateurs. Mais j'étais certains d'une chose, je préférais de loin une petite prise de sang à une ponction. « La prise de sang, ce n'est pas suffisant ? Tu n'as pas besoin d'une ponction pour tester tes théories, enfin, n'est-ce pas ? ». Mais d'ailleurs, c'était quoi, ses théories exactement ?

Je me rapprochais d'elle en faisant le tour de la chaise, cela me donnait l'impression de passer de l'autre côté pour quelques minutes, comme un client qui contournerait le bar pour se servir lui-même son petit whisky sans glace. En arrivant à ses côtés, j'ai eu envie de tendre la main vers elle, un début de geste que je stoppe rapidement, ne voulant pas la contrarier plus qu'elle ne l'est. Clairement, je ne suis pas ici pour papoter et profiter, mais uniquement pour son travail. Ca me blesse un peu, d'ailleurs, bien que je ne l'avouerais pas. Loin de moi l'idée de retomber dans des fantaisies passées, Theodora n'est pas le genre de femme que j'aime à fréquenter plus d'une fois ; mais elle aurait pu être de celles qui deviennent une alliée et non juste une connaissance avec une bribe d'histoire partagée. J'avais cru, un temps, qu'elle pourrait être douce, le substitut d'une confidente, une amie. Alors oui, ça m'avait fait mal de constater sa distance.

J'avais donc une voix beaucoup plus tremblante, tout d'un coup. Douteuse. Peureuse. Elle ne serait pas là pour me réconforter et me tenir la main quand l'aiguille telle une épée s'enfoncerait dans ma peau, car c'est elle qui en tiendrait le fourreaux. Il fallait que je me fasse à cette idée. « Theo... Tu recherches quoi exactement ? Je pensais que ces tests seraient des formalités, quelque chose de simple... Mais tu as besoin de choses beaucoup plus importantes, des choses qui vont me faire mal. Pas vrai ? ».


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MessageSujet: Re: One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley]   One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley] EmptyJeu 10 Oct - 22:12

Elle savait bien qu’elle aurait à être patiente. De toute façon, elle ne s’attendait pas à ce que le cracmol ne fasse qu’entrer et sortir de son laboratoire. Si on voulait bien y regarder de plus près, il n’y avait rien de vraiment à elle ici, hormis ces notes et la programmation des différents protocoles, mais c’était sa seconde maison et elle était l'âme de l’endroit alors rien de vraiment extravagant à employer le possessif en ce qui concernait cet endroit qui ne semblait connaitre de couleurs que les nuances de blanc, chose incompréhensible pour un scientifique attaché au mélange exact des différente longueurs d’onde qui différencie le blanc de ce qui ne l’est pas… De son côté, elle était fort heureusement détachée de ces notions et pouvait se prévaloir d’un peu moins de rigidité même si, lorsque son métier était en jeu elle détestait les approximations.

Le seul paramètre pour lequel elle acceptait les approximations était le facteur humain. Bien sûr elle pouvait avoir ses faiblesses et ses mauvais jours, ceux qui suivent de mauvaises nuits ou même des déceptions en matière de recherche, mais peu de ses patients ou même de ses testeurs pouvaient la taxer de froideur ou de manque d'empathie. Elle mettait un point d’honneur à prendre le temps qu’il fallait et à choisir ses phrases afin d’être certaine que le patient ait compris tous les tenants et aboutissants des information qu’elle lui destinait. Evidemment cela prenait du temps et sa secrétaire s’arrachait parfois les cheveux à faire rentrer tout ce beau monde dans un emploi du temps qui n’était hélas pas extensible. Le prix à payer était, pour elle et les malades, des rendez-vous à des heures où Maggie Petterson avait quitté depuis longtemps son poste et qui forçaient la généticienne à noter elle-même les futurs rendez-vous nécessaires en prenant soin de respecter les habitudes de travail de l’écossaise qui elle-même avait fait sienne des habitudes de la rouquine.

Evidemment, avec Alistair c’était un peu différent. Leur frasque charnelle n’avait fini de peser entre eux et il avait la primeur d’une attitude des plus distantes mais ce n’était pas comme s’il ignorait les buts de la chercheuse et s’il n’était pas habitué aux divers protocoles médicaux. Elle aurait pu être, certes un peu plus causante, mais le sentiment d’avoir commis une erreur était le plus fort et la volonté de ne pas entretenir d'ambiguïté la cantonnait dans un quant-à-soi un peu raide. Elle n’était pas dégoûtée par le cracmol. Elle considérait que les gens de sa sorte avaient une sorte de grâce d’avoir pu échapper à la magie sans intervention médicale. Elle était aussi certaine qu’ils représentaient une sorte de chaînon manquant entre les non mages et les sorciers. Mais elle était bien consciente qu’elle ne devait pas lui renvoyer une image bien flatteuse, ne serait-ce que par le rejet relationnel qu’elle lui faisait subir. Elle arrivait assez à se justifier en arguant que depuis la mort de son fiancé elle n’était pas très douée pour les relations amoureuses, mais pour tout dire, par les temps qui couraient, ce handicap lui convenait parfaitement et lui évitait de culpabiliser sur le cas Alistair Fawley.

Ce n’était pas très flatteur pour le cracmol mais elle devait bien ‘admettre, il avait profité de l’arrivée récente de la chercheuse dans le monde des conspirateurs. Sans doute une façon de faire son baptême du feu, ou de se dire que vaille que vaille, il faudrait bien qu’elle fasse confiance, ou fasse semblant de faire confiance à toute la faune plus ou moins recommandable, elle l’avait très vite compris qui composait les rangs de Gloriam. Ou bien la nature particulière d’Alistair avait-elle contribué à ce faux pas, ce qui ne changeait rien au fait qu’elle savait l’avoir commise. Les choses étaient difficiles à désemmêler en fait. Pour l’heure, le principal était qu’il fasse partie de l’organisation ne se fasse que rarement prié pour de nouvelles expérimentations.

Enfin, toujours prêt rien de moins évident aujourd’hui si elle ne jugeait la réaction du cobaye. Elle devait bien l’avouer, celle-ci la surprenait. Pour quelqu’un qui acceptait de se faire injecter toutes les cochonneries sorcières surtout, des choses à vous coaguler les fluides et vous ronger l’organisme, _ que ne pouvait-on pas imaginer de ce qui sortait des arrière-boutiques magiques _ il se montrait soudain bien timoré. Elle avait sans doute présumé de son détachement et de son cynisme. Elle reposa sur le plateau stérile son instrument qu’elle imaginait être perçu comme outil de torture. Elle n’allait pas se jeter sur lui pour le forcer à se prêter à l’intervention, mais devrait sans doute faire preuve d’un peu de pédagogie pour l’amener à accepter. Assise sur sa sellette, elle fit gentiment signe à Alistair de s’asseoir afin qu’ils puissent discuter tranquillement de ce qui allait suivre. Il y avait des chances qu’il décline l’invitation de se mettre à l’aise, mais qu’importe, il faudrait bien qu’elle parvienne à le rassurer. Une expression un peu navrée se peignit sur son visage.

“Douloureux… Je vous mentirai en vous disant qu’il s’agira d’une partie de plaisir, mais je suis certaine que vous avez subi bien pire. Et puis j’ai une bonne pratique de cette intervention. Si vous suivez mes recommandations à la lettre cela atténuera grandement la douleur et vous en serez quitte pour prendre une journée de repos…”

Elle se demanda si elle devait se livrer à une description détaillée de l’examen. C’est ce qu’elle ferait en temps normal à avec un patient lambda, mais le cracmol était tout sauf un patient lambda et il pouvait bien lui faire confiance ne serait-ce que du fait de sa réputation… Oui, elle savait parfaitement qu’une fois au pied du mur d’une intervention redoutée, il n’y avait pas réputation qui tenait et que le besoin d’être rassuré primait sur elle. De toute façon elle n’en eut pas le temps. Un petit sourire amusé se dessina malgré elle sur ses lèvres et elle s’empressa de répondre à la nouvelle interrogation.

“Décidément vous me prêtez des intentions de tortionnaires. Si je pouvais me contenter d’une prise de sang, je le ferais bien évidemment. Le problème est que plus on progresse dans les recherches plus les expériences nécessitent du matériel spécifique. Désolée pour le terme matériel. En l'occurrence, le liquide céphalo-rachidien est nécessaire. J’aurais pu vous proposer une trépanation, mais cela aurait été plus salissant.”

Elle avait presque honte de son trait d’humour, et elle n’était pas bien certaine que son patient du jour goûte son sadisme forcé. Il serait préférable sans doute qu’elle laisse ce genre d’exercice à des meilleurs spécialistes. Et puis non après tout. Cela ne semble pas le rebuter et elle est même surprise, bien qu’elle essaye de le masquer qu’il s’approche d’elle. Elle ne sait pas trop ce qu’il attend de cette manœuvre de contournement mais elle fait celle qui ne s’y intéresse pas et compte que sa vision marginale pour surveiller son approche. Elle n’est pas bien certaine du geste de sa main vers elle. Elle se demande s’il va oser aller jusqu’au bout et se prépare au contact qui heureusement ne vient pas. Elle ne sait d’ailleurs pas ce qui pourrait le pousser à ce contact physique. Ce n’est pas elle qui a besoin d’être rassurée pour le moment. S’il a quelque chose à demander ou à exprimer tout simplement il n’a pas besoin de se montrer si proche. Elle-même n’y croit pas vraiment tant cette probabilité de son côté lui paraît ridicule. La voix qui lui parvient est bien plus touchante que la main qui aurait pu l’atteindre. Par tous les diables c’est qu’il aurait vraiment peur de cette ponction ?! Elle reste un instant coite et incrédule interpellée à la fois par l’émotion qui émane de la voix et des mots du cracmol. Finalement elle fait pivoter la sellette pour faire face à Alistair et planter ses yeux dans ceux de son cobaye qui pourrait bien se défiler. Les doigts croisés que le pommeau de skaï entre ses cuisses. Elle ne l’avait sans doute connu aussi vulnérable. Ce serait-elle trompée sur le bonhomme ? Quelque chose en lui donne l’impression d’être ridicule avec sa volonté de maintenir une distance somme toute artificielle entre eux. Elle ne peut décemment pas faire comme s’il ne venait pas de se livrer.

“Des choses importantes ? Évidemment.”

Elle est encore glaciale mais plus pour lui faire sentir qu’elle n’a pas l’habitude de déranger les gens pour ce genre de chose sans raison valable et sans de bonnes raisons. Il devrait le savoir. On a beau l’assimiler dans le camp ennemi à une tortionnaire, elle ne prend aucun plaisir à faire mal aux gens. Elle est d’abord médecin que diable !

“Tu n’as aucune raison de penser que je tiens à te faire souffrir…”

Elle maudit tous ces mots et leur double sens, à croire que leur situation ne peut donner autre chose qu’une communication ambigüe. Et puis sa voix est devenue aussi chaleureuse que lorsqu’elle doit montrer son empathie à des patients que l’irruption de la maladie égare dans le labyrinthe de la médecine, territoire inconnu et inquiétant.

“Ce dont j’ai besoin ne va pas te faire mal non c’est le moyen de l’obtenir qui est douloureux, je ne peux te le cacher…”

Elle ne sait pas trop si elle doit entrer dans les détails mais quelque chose dans le regard qu’il lui adresse finit de l’en convaincre.

“Je dois atteindre le canal médullaire et c’est assez loin de la surface… Je ne sais pas si tu as besoin d’un dessin…”

Elle jette un regard à l’aiguille au bout de la seringue à prélèvement, sur le plateau en inox pour les lui indiquer même s’il les a sûrement encore en mémoire.

“L’aiguille est donc longue et épaisse aussi… Mais tu as déjà subi bien pire non ? A moins que…”

Elle marqua une brève interruption avant de poursuivre.

“Pas de soucis ces derniers temps ? Il ne s’agit pas de finir de porter atteinte à ta santé… Je pourrais reporter ou trouver quelqu’un d’autre…”


La personne à laquelle elle pensait n’était plus vraiment cracmole comme Alistair Fawley, mais pas tout à fait sorcière en pleine possession de ses moyens mais elle ferait l’affaire si besoin quitte à revenir vers son cobaye du jour plus tard si nécessaire. Elle se demanda s’il savait que sa protégée l’avait approchée et était entrée dans son cercle de “collaborateurs”... Elle devait normalement garder le secret mais il n’était pas certain qu’il résiste aux liens qui existaient entre Alistair et Tatiana.
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One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley]
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