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 One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley]

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Theodora Rose KnightTheodora Rose Knight
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MessageSujet: One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley]   One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley] EmptyLun 1 Avr - 14:20

Elle travaillait. Elle travaillait tard. Elle travaillait souvent tard. Elle travaillait souvent tard au cabinet. Elle travaillait souvent tard au cabinet ou au laboratoire. Elle travaillait souvent tard au cabinet ou au laboratoire pour ses patients. Elle travaillait souvent tard au cabinet ou au laboratoire pour ses patients et pour sa guerre aussi.

Ce soir, elle était au laboratoire pour sa guerre. Sa guerre contre la magie assassine. Cette magie assassine qui avait tué ses parents et qu’elle avait décidé d’éradiquer du monde comme il fallait éradiquer les armes des rues de toutes les villes. Car Ces gens doués de magie étaient comme des pistoleros avec une arme à la ceinture et on ne sait jamais ce qu’on est capable de faire d’eux une arme. On peut lancer des éclairs de morts qui tue les parents sous les yeux de leurs enfants en les laissant impuissants, ses parents à elle, sans qu’elle ne puisse rien pour les sauver alors qu’elle travaillait pour être capable de soigner et sauver.

Elle regarda sa montre, pas très loin de là l’hôpital continuait de vivre comme une cellule qui admet ou rejette des composants. Elle pouvait le sentir respirer aussi sûrement que le médecin et son stéthoscope sur la poitrine du malade. Quelques minutes plus tôt, elle avait salué Maggie Peterson qui venait de finir sa journée. Les consultations étaient terminées et Theodora n’était pas d’astreinte. C’était l’heure où les recherches prenaient le pas sur les soins, où l’application de la science cédait le pas à son avancée.

Il y avait quelque chose chez les sorciers qui leur permettait d’user de magie. Quelque chose qui les différenciait des autres humains. Alors pour la généticienne qu’elle était, il n’était pas difficile d’imaginer que la solution pouvait se trouver dans leurs gènes. Il ne lui était pas difficile de penser qu’elle pouvait trouver cette différence et une fois trouvée, travailler à la reprogrammation de cette abomination qui tuait les parents aussi simplement qu’on claque des doigts.

Les portes à double battant finirent leur danse derrière elle tandis qu’elle approchait de la porte sécurisée du laboratoire. Son badge et son code secret étaient nécessaires à son ouverture. Ce n’était pas disproportionné pour des recherches en génétique. Ce domaine de recherche demandait la plus grande circonspection tant ses applications étaient porteuses d’espoirs mais aussi de menaces.

La providence avait mis sur son chemin et à sa connaissance un phénomène intermédiaire entre les sorciers et les modus comme ils disent : les cracmols. Ces anciens sorciers avaient perdu la faculté d’user de la magie. Ce qui signifiait que cet état de sorcellerie était réversible. Ce qui signifiait qu’il y avait de l’espoir, qu’elle ne se battait pas contres des moulins à vent. Il fallait juste qu’elle cherche méthodiquement sans rien laisser au hasard sans négliger aucune piste. Aussi implacable que le temps qui passe elle finirait bien par isoler quelque chose qui réduirait la magie à néant. Il n’y aurait alors plus besoin de parler de mixité. Tous les humains auraient la même nature.

N’essayez pas de lui montrer la futilité de sa démarche, il n’y avait rien de plus sérieux pour elle. Ne tentez pas de la comparer à des personnages sombre de l’histoire pas si éloignées que cela. Qu’y avait-il de plus humaniste que de combattre les sources de violence ? Oh bien sûr elle admettait qu’il y avait des gens de valeur parmi les sorciers, mais eux aussi étaient des armes ambulantes et représentaient un danger pour autrui. Les débarrasser de cette malédiction ne ferait pas d’eux des personnes moins admirables. On lui avait aussi opposé la perte des connaissance accumulées par la magie et ses moyens d’aider l’humanité. La magie n’en avait-elle pas qui soient utiles ? Le prix était bien trop élevé à payer et ce que la magie pouvait faire maintenant, la science le pourrait dans un avenir plus proche qu’on ne pouvait le croire.

Le premier cracmol qu’elle rencontra était aussi celui qu’elle attendait ce soir. Alistair Fawley avait été ce que l’on pouvait sans doute appeler pour elle une sorte de révélation, un catalyseur de motivation. Cela avait même dépassé la simple relation de patient à médecin, de chercheuse à échantillon témoin. Il était à l’origine de son dernier orgasme mais il n’y avait pas de quoi se vanter de cela tant le travail de la généticienne prenait le pas sur sa vie privée et ne lui laissait guère le temps pour des rencontres platoniques ou pas.

La porte blindée coulissa dans un soupir sur des rails profondément sertis dans sa rainure et lui laissa le passage avant de se remettre en place dans le même souffle pneumatique. Elle tourna immédiatement à droite vers la porte qui donnerait accès au SAS qui montait la garde devant la cellule de recherche qu’elle dirigeait. En fait c’était un SAS à deux directions. Une donnait sur le laboratoire proprement dit dans lequel se faisaient les prélèvements et les diverses analyses dont les caryotype et séquençages, la deuxième donnait sur une sorte de salle de contrôle où arrivaient les résultats des diverses opérations réalisées dans la première partie. Le Docteur Knight y avait un bureau et une pièce commune contenait des terminaux informatiques aux écrans multiple et pour certains démesurés. Il faut dire que se détruire les yeux à observer des résultats génétiques était inefficace et qu’en agrandir la vue simplifiait grandement la tâche.

C’est la veille que les résultats étaient tombés après que les machines aient fonctionné durant des semaines entières. D’abord les séquenceurs avaient fait leur travail en quasi autonomie et ce n’était pas là ce qui prenait le plus de temps. Ensuite, les ordinateurs avaient comparé un à un tous les gènes des échantillons analysés pour en trouver les ressemblances et les différences notables. Les algorithmes avaient alors appliqué des centaines de filtres avant de finir presque deux mois plus tard par cracher leurs résultats que la généticienne avait mis plus d’une semaine à dépouiller. Mais la chose en avait valu la peine. Un X n’a jamais indiqué l’emplacement du trésor mais lorsque l’on met le doigt dessus on sait où il faut creuser. Un instant elle était restée interdite devant ce qui était indiqué en quasi toute lettres. Il y avait là une piste brûlante et elle n’osait croire que cela arrive maintenant et qu’il avait fallu qu’elle vienne à Atlantis pour enfin parvenir à quelque chose de concret. Encore fallait-il vérifier que cette petite différence concernant la synthèse d’une protéine cérébrale avait les répercussions qu’elle supposait. Cela ne serait pas de tout repos encore, mais son excitation était à son comble lorsqu’elle rentra chez elle vers vingt-deux heures.

Il lui avait été plus que difficile d’admettre qu’elle ne pouvait rien faire de plus et qu’elle était contrainte d’attendre le matin. Elle avait fini par rédiger une note où elle tentait de synthétiser ses conclusions et ce sur un ordinateur hors réseau qu’elle rangeait soigneusement dans une armoire métallique fermée à clé. Aucun système de sécurité n’était parfait, elle le savait bien, mais on ne pourrait pas lui reprocher de ne rien avoir mis en œuvre pour éviter les fuites.

Une fois enfin rentrée, elle avait appelé une des clés de cette recherche, Alistair Fawley. La conversation fut brève et l’enjoignait de se rendre au laboratoire en fin de journée. Le Cracmol était assez intelligent pour sentir au son de la voix de la chercheuse que l’injonction ne souffrait pas de réticence et que la femme au bout du combinée devait avoir des choses importantes à lui transmettre ou lui demander d’autant qu’elle avait conclu par un

“Venez à jeun d’au moins trois heures”

Elle se plia à tous les protocoles de désinfections indispensables pour ne pas polluer les échantillons, affichés à grand renfort de pictogrammes à chaque étape du SAS. Vêtue d’une nouvelle blouse, les cheveux parfaitement tirés en arrière lui dégageant le front et son regard que l’éclairage au néon rendait malachite, elle pénétra dans son bureau pour attendre son invité, les pieds glissés dans des chausses de bloc jetables. Tout à l’heure il faudrait sans doute repasser par d’autres manœuvres de désinfection mais un entretien préalable s’imposait avant de procéder au prélèvement qu’elle projetait.

Malgré l’excitation que les derniers résultats avaient générée, elle se sentait parfaitement calme et maîtresse de ses moyens. Être médecin imposait cette maîtrise, et elle avait eu toute la journée pour penser à ce qui allait suivre

Elle n’eut pas longtemps à attendre : l’homme était ponctuel et se présenta au visiophone du laboratoire et se plia lui aussi aux exigences de l'asepsie avant de la rejoindre. Ce n’était pas la première fois qu’il pénétrait dans le laboratoire et était accoutumé à ces précautions et ne risquait jamais d’y contrevenir connaissant l'intransigeance de la maîtresse des lieux. Elle se leva en entendant le glissement de l’intissé hospitalier et se porta à sa rencontre.
Elle lui tendit la main sans arrière-pensée, il s’était toujours montré disponible et loyal et elle pensait pouvoir lui faire confiance, sans quoi il ne serait pas là.

“Bonjour. Vous allez bien ?”

Pas de prénom, pas de “monsieur”, sans doute la volonté de garder une distance que leur incartade passée avait du mal à maintenir et la difficulté de faire comme si rien ne s’était passé.
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MessageSujet: Re: One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley]   One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley] EmptyDim 1 Sep - 12:40

Centre Médical d'Atlantis - 7 octobre 2001.

Je crois que en passant devant Burger'n Chill, j'aurais pu tuer Theodora. Les odeurs du bacon frit mélangées à celles des oignons caramélisés, la couleur du cheddar et de la sauce barbecue qui dégoulinaient de la commissure des lèvres de ce mec qui croquait dans son burger appelé "I Love it Loud" parce qu'il y avait du "rock-fort" dedans... Un jeun d'au moins trois heures, alors qu'il est dix-neuf heures passées... J'avais envie de lui faire bouffer ses tests, ses seringues qu'elle me planteraient à même la peau. Elle en a de la chance, que je me sois intéressé à ses recherches. Elle peut remercier Isobel pour m'avoir ouvert les yeux sur à quel point ma condition peut avoir un réel intérêt, pour la science. Ouais, elle peut même franchement la remercier, parce que sans elle, je serais allé me commander un "Highway to Hell" sans réfléchir une seule seconde. Ah, ces burgers qui vous font saliver rien qu'avec leurs noms.

J'avais dû traverser toute la ville pour arriver au Centre Médical, et je n'aimais pas vraiment cet endroit bien que j'y bossais souvent. Mes souvenirs ici étaient toujours plutôt vaporeux et lents, si lents, comme si l'on en modifiait la vitesse de lecture dans l'enregistreur caché de notre mémoire. 0,75. Tout juste assez pour se dire que les images font vraies, mais trop peu pour bien marquer la différence avec l'instant présent. Ça avait au moins ça comme intérêt, me permettre de ne pas m'y replonger trop souvent et confondre souvenir et réalité. Aux abords de l'hôpital, il y avait toujours des gens pour vous donner ce regard accusateur du Vous, vous venez pas pour donner votre sang. Alors que pour une fois, si. C'était compliqué d'avoir un visage plutôt antipathique et les yeux rouges, de nos jours.
La grosse porte vitrée coulissante ouvrait sur le hall de l'hôpital comme par magie - ou peut-être par magie, vraiment ? J'avais du mal à différencier technologie de magie, parfois. En arrivant devant le laboratoire de Mlle Knight, je sonne à l'interphone et fait mon plus beau sourire à la caméra pour qu'elle, ou un de ses sous-fifres, me laisse entrer. Pour lui faire plaisir, j'avais fait l'effort de ne pas prendre de medocs depuis plus de 24 heures. Je trouve d'ailleurs que je m'en sortais particulièrement bien, malgré le rash sur mon omoplate (je crois que je me gratte le dos, quand je suis stressé... c'est nouveau). Mais on verrait ça ensemble bien assez tôt, il faudrait bien que je me dessape à un moment ou un autre de toute façon, non ?

Et le moment arrive, je suis le protocole d'asepsie comme un gentil garçon jusqu'à me retrouver enfin prêt à aller saluer la jeune femme rousse. Je l'avais contacté à mon retour de Manchester, je lui avais dit que j'avais finalement compris quel était l'intérêt de son boulot. Je ne sais pas trop si elle l'avait bien ou mal pris, mais elle m'avait appelé hier pour venir... Bon, elle n'avait pas dû apprécier ma dernière remarque finalement, car il était bien clair que je n'étais pas la personne qu'elle aurait voulu voir mais hélas. Elle n'a pas soixante cracmols, sous la main. Elle n'a que moi (Et Anya. Dieu comme j'espère qu'elle ne bidouille pas de tests sur Anya).

« Eh bien, plus froide encore qu'une porte de prison. Bonjour Theo, ça va, et toi, heureuse de me voir ? », je lui lance un de ses petits sourires narquois qu'elle déteste tant, j'en suis sûr, puis agrippe sa main tendue pour en baiser le dos. Oh. Ce n'est pas comme si c'était jamais arrivé sur mille autres parties du corps après tout, mais je crois que ça la rendait malade rien que d'y penser. Moi, ça m'allait très bien de me souvenir de tout ça. Je passais même en vitesse 0,5 sur mon petit enregistreur cérébral sans aucun problème. Mais elle, elle voudrait delete le tout, j'en suis à peu près certain, et je m'en amuse beaucoup je dois avouer.

Une fois que je lâche sa main - je ne voudrais pas qu'elle ait une syncope - je fais le tour de son laboratoire des yeux, toujours impressionné par toutes les merveilles qui s'y trouvent. Je passe du regard les différents tubes, liquides, machines aux turbines qui tournent, et autres choses bien trop abstraites que je côtoie pourtant si souvent. « Ouh, tu as un bel attirail. Alors, qu'est-ce que tu veux de moi, Theodora ? Je me suis fait tout beau exprès. ». Il fallait bien entrer dans le vif du sujet à un moment ou un autre, et je redoutais déjà le moment où je devrais découvrir mon bras pour le lui tendre et qu'elle y plante une longue aiguille.. Alors autant en finir au plus vite.


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MessageSujet: Re: One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley]   One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley] EmptySam 7 Sep - 3:24

Elle regardait le nouvel arrivant un peu comme une nouvelle personne qu’elle n’avait jamais vue. Elle n’avait pas eu ce rapport de chercheuse à patient-cobaye ou de médecin à patient tout simplement avec Alistair et elle le scrutait un peu comme un spécimen d’une nouvelle espèce, bien qu’elle se rendît compte que ce n’était pas très respectueux. Si la préservation de l’image de chaque être humain passait au premier plan dans tous ses gestes professionnels, la recherche nécessitait de paramétrer le sujet et une fois les présentations faites, les paramètres biologiques prenaient le pas sur l’affectif du sujet qui était supposé, surtout celui qui se présentait aujourd’hui, savoir à quoi s’attendre, ou à peu près.

A peu près, s’il était une locution qu’elle détestait c’était bien celle-ci. L’”à peu près” était son ennemi de toujours. C’est ce qui vous faisait émettre un mauvais diagnostique, ce qui vous amenait à donner une mauvaise information à un patient, qui vous faisait échouer dans une expérience mais vous la fait paraître concluante. Elle se battait jour après jour contre les “à peu près” et malgré cela elle savait que personne n’était à l’abri de cet ennemi sournois, capable de profiter de la moindre fatigue, la moindre perte de lucidité et pire que tout sans doute la suffisance qui vous dispense de vous remettre constamment à jour dans vos connaissances. Dans ce domaine elle louait sa curiosité maladive qui la poussait à lorgner constamment vers les recherches de ses confrères à travers le monde et en retour, remerciait ses collègues qui la contactaient, se tenaient au courant de ses propres recherches et échangeaient avec elle des résultats en matière de génétique. En particulier, il y avait l’équipe des states et celle de Tokyo avec lesquelles elle entretenait des liens étroits.

Elle ne se faisait que peu de souci sur la manière de respecter les protocoles d’Alistair, malgré ses rebuffades, il était jusqu’à présent digne de confiance, mais elle ne passerait pas à côté d’un rappel de ce qu’elle allait lui faire. Il ne manquerait plus que cela qu’elle se retrouve avec un infirme sur les bras parce qu’elle aurait mal expliqué ce qu’il allait endurer.

Compte tenu de leur passé commun, le plus dur serait de se montrer humaine sans laisser croire à plus que ce n’était. Un sourire ou un effleurement peuvent être si aisément interprétés. Elle ne savait pas ce qui restait de leur aventure chez Alistair et ne détestait rien de plus que les malentendus. Cette histoire allait certainement empoisonner leur relation et elle devait l’assumer. C’était une erreur d’avoir succombé au charme du Cracmol mais elle ne pouvait lui en tenir rigueur. Elle devrait tirer les leçons de ce malheureux épisode. Si seulement cela n’intervenait pas sur ses recherches ! Ce serait un moindre mal… Ce n’était pas pour rien qu’elle avait adopté un ton professionnel pour le “convoquer” aujourd’hui et elle espérait qu’il aurait compris le message. Elle savait le désagrément d’arriver à jeun quelque part, mais c’était incontournable et ma foi elle n’avait cure des états d’âme de son sujet. Lorsqu’on est engagé dans une lutte telle que la leur, on pouvait bien sauter un repas. Si les espoirs de la rouquine étaient fondés, il serait fier un jour d’avoir pu contribuer à l’éradication de la magie et d’avoir pu faire de ce monde un endroit plus sûr où vivre, sans parler, dans son cas de cracmol, de pouvoir marcher dans la rue sans avoir à supporter les regards condescendants des sorciers méprisants.

Lorsqu’enfin, son visage déformé par l’objectif 180° apparut à l’interphone du laboratoire, elle avait fait mine de ne pas noter l’humeur fanfaronne du nouvel arrivant et avait gardé un visage de marbre. Fort bien, elle serait sans doute la seule à faire l’effort de maintenir une distance professionnelle, soit. Le nez proéminent que la caméra lui donnait aurait pourtant pu lui arracher un sourire, mais elle était maintenant habituée à cet effet d’optique désastreux pour les vanités physiques, comme lorsque le cerveau s’habitue aux lunettes inversantes au bout de quelques minutes et vous permet tout de même d’évoluer sans heurt.

Lorsqu’il avait enfin émergé du SAS de décontamination, elle fut rassurée sur son sérieux du jour, même si elle savait que le personnage ne pourrait sans doute pas s’accommoder de la sobriété qu’elle attendait de lui. Tant pis, elle ferait avec ou sans, selon. Elle n’avait pas le choix même si le panel de ses sujets s’étoffait ne serait-ce qu’en diversité. Elle pouvait bien sûr compter sur des non-mages, trop peu de cracmols certes mais surtout depuis quelques temps d’une personne en transition de l’état de cracmol à l’état de sorcier. Cela n’avait pas été facile, mais la jeune femme qui occupait son esprit et aussi dont les résultats retenaient son attention avait été une aubaine. D’ailleurs elle se demandait comment cela était possible. Mais après tout, elle baignait dans l’étrange depuis trop longtemps pour rejeter le phénomène qui se présentait à elle. L’étudier durant son avènement allait lui donner des informations précieuses. Aujourd’hui donc, Alistair, se devait de compléter le spectre de ses prélèvements afin de confirmer ou infirmer ce qu’il lui semblait avoir remarqué dans les séquençages déjà engagés ou terminés.
.
Elle ne releva pas la première pique ni même de répondit à la première question du cracmol et se contente de lui indiquer une chaise où s’asseoir. Après tout, elle n’a pas énormément de temps à perdre et il doit en être de même pour lui. Alors, pourquoi s'appesantir en d’inutiles provocations puériles? Si cela peut lui faire plaisir qu’il lui baise la main, cela la laissait de marbre. C'est fou comme l'attirance qui l’avait poussée dans ses bras et ses draps avait disparu. La première fois qu’il s’était aventuré au baise main elle avait senti tant de … Si elle voulait bien se donner la peine de repenser à cette incartade, leurs ébats avaient été des plus satisfaisant, mais ce temps était révolu à peine avait-il commencé... Mais elle n’était pas là non plus pour analyser ses souvenirs charnels et elle en savait suffisamment sur la chimie amoureuse pour se dire que les conditions avaient depuis changé et qu’il n’y avait rien à dire à cela et que tout commentaire s'avérait vain. Ce qui était fait était fait. Si elle ne culpabilisait pas, elle trouvait en revanche, que c’était une erreur tout en n’étant pas forcée d’en ressasser le souvenir.

Mais peut-être s’était-elle trompée en imaginant qu’il n’avait pas de temps à perdre. Alistair prenait le temps de visiter son laboratoire du regard comme s’il était intéressé. Elle se demandait bien jusqu’à quel point. Même s’il avait raison, sur la qualité du matériel qui était le sien, elle n’avait pas très envie de lui faire l’article sur chacune des machines qui le composaient et de plus en plus elle se demandait si le prélèvement ne prendrait que les quelques minutes qu’elle avait envisagées au départ. Son sujet semblait en veine de conversation et ne pas lui donner satisfaction risquait de compromettre son projet. Bien sûr elle n’était pas à deux minutes près. Le séquenceur avait ensuite de plusieurs heures de travail autonome avant de permettre à l’ordinateur de recracher ses analyses. Elle mettrait sans doute à profit ce temps pour comparer d’autres génomes, travail fastidieux lorsqu’on ne sait pas ce que l’on cherche. C’était bien pour cela qu’elle avait besoin de cet échantillon témoin qu’était le prélèvement sur le cracmol. Une fois qu’elle aurait pu isoler les différences avec celui d’un sorcier ou d’un non mage, cela réduirait grandement son champ d’investigation. En outre, il y avait le génome, mais elle voulait explorer une piste qui lui semblait incontournable. La composition du liquide céphalo-rachidien lui semblait devoir receler des informations. Elle se trompait peut-être, mais l’utilisation de la magie semblait de toute façon liée au système nerveux dans son ensemble et si elle était possible pour certains individus et pas d’autres elle pouvait être due à une différence de composition.

Alors que le cracmol finissait son tour d’horizon de la pièce, elle prit place sur la sellette qui permettait aux praticiens de se mettre à hauteur de leurs patients avec un maximum de stabilité, la banquette d'auscultation à sa gauche et le plateau d’instrument légèrement derrière elle, ce qui lui permettait de ne pas être entravée dans ses gestes mais d’avoir tout à portée de main. Elle la tendrait en premier lieu vers les gants en vinyle, mais il lui paraissait plus habile de ne pas les enfiler avant qu’Alistair ne soit installé. Inutile de faire preuve d’impatience. Outre le fait qu’elle ne voulait pas lui faire ce petit plaisir, elle ne voulait surtout pas risquer qu’il décide au dernier moment de surseoir au prélèvement à cause du manque d’égard qu’il ressentirait pour lui.

“Pas grand chose, même si ce ne sera pas très agréable, je vous l’avoue.”

Elle n’avait pas réussi à se départir du vouvoiement, ou peut être n’avait-elle pas eu envie malgré ou à cause de la proximité que le cracmol avait tenté d’instaurer entre eux.

“Une ponction lombaire et une prise de sang.”

Le deuxième prélèvement n’était là que pour des analyses de routine concernant la santé générale du patient.
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MessageSujet: Re: One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley]   One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley] EmptyDim 29 Sep - 12:13

Centre Médical d'Atlantis - 7 octobre 2001.

Je m'en souviens encore, de mon premier passage au centre Médical d'Atlantis. Un shot entier de Billygig coulait dans mes veines, se baladant dans chacun de mes vaisseaux sanguins comme si de rien n'était. C'était une drogue faite à base du "poison" contenu dans le dard de Billywig (ils avaient du trouver ça drôle, le jeu de mot entre -wig et -gig, rigoler), de quoi faire planer, littéralement. Quand j'avais entendu parler des drogues sorcières, au départ, j'avais pouffé comme une dinde. Voilà bien une chose que les sorciers ont bien fait, utiliser leur foutu monde magique pour créer des choses toujours plus intrigantes. Pendant longtemps j'avais pensé que ces drogues n'auraient pas d'effet sur moi, ou sur un moldu ; mais il s'avère que la plupart fonctionnent très bien. Il y a même plus de chances qu'une drogue sorcière fasse effet sur un moldu par rapport à une potion. Il y a aussi plus de chances pour qu'il y ait des effets secondaires supplémentaires, sur les sorciers. C'est pour ça que c'était devenu important, de tester les drogues. De trouver des cobayes comme moi, enclin à frôler la mort tous les quatre matins pour le bienfait de leurs compatriotes. Quel homme incroyable je suis, en y réfléchissant.

J'avais un peu la même impression en venant ici, faire une sorte de devoir citoyen qui aiderait la population sur le long terme. Car avec Theodora, ce qui était bien, c'est que je connaissais parfaitement ses intentions : je ne me heurtais pas à un scientifique fou inconnu, j'étais confrontée à une femme que j'avais pu connaître, du bout de mes doigts sur sa peau de porcelaine. Il y avait comme une sorte de confiance qui régnait, malgré la tension et le malêtre évident qui rongeait la pièce et se réverbérait dans les différentes parois de verre des ustensiles autour de nous. Ca puait le dégoût de son côté, l'aversion. Comment pouvions-nous avoir un souvenir si différent d'un instant partagé ?... Il y a des fois où je ne comprendrais jamais les femmes.

Toujours est-il qu'enfin Theodora commence à ouvrir la bouche, je finis donc mon tour du lieu et me rapproche d'elle et de sa longue chaise allongée. Elle ressemblait à celle d'un dentiste, instrument d'une torture lente et lancinante qui commençait à me faire froid dans le dos. Puis elle prononça ce mot, cette expression. Ponction lombaire. Comme si de rien n'était, comme si elle n'était pas en train de me dire qu'elle allait me faire un des examens les plus douloureux qui soit. « Woooo... Woh, woh. Une ponction lombaire ? C'est super douloureux ça, enfin je crois, non ? ». J'avais fait un pas en arrière, un recul automatique au simple mot "ponction". Mes yeux s'étaient froissés et commençaient à passer la pièce au peigne fin, comme pour chercher une troisième personne qui viendrait me soutenir, une porte de sortie. Mes mains, elles, s'étaient ironiquement agrippées sur la chaise que j'essayais pourtant de fuir.

Je m'y connaissais mal, si mal, en médecine pratique. J'étais doué sur la théorie, sur les médicaments à prendre dans telle ou telle situation. Mon contact régulier avec le corps médical m'avait offert des connaissances de terrain que je ne soupçonnais pas, des réflexes beaucoup plus efficaces que ceux de n'importe quel néophyte, mais j'étais encore loin d'être calé dans le domaine. J'avais plus le panache d'un apothicaire en dilettante, intéressé par les composantes, comprenant leur interaction, riant de ces mélanges parfois absurdes et d'autres fois salvateurs. Mais j'étais certains d'une chose, je préférais de loin une petite prise de sang à une ponction. « La prise de sang, ce n'est pas suffisant ? Tu n'as pas besoin d'une ponction pour tester tes théories, enfin, n'est-ce pas ? ». Mais d'ailleurs, c'était quoi, ses théories exactement ?

Je me rapprochais d'elle en faisant le tour de la chaise, cela me donnait l'impression de passer de l'autre côté pour quelques minutes, comme un client qui contournerait le bar pour se servir lui-même son petit whisky sans glace. En arrivant à ses côtés, j'ai eu envie de tendre la main vers elle, un début de geste que je stoppe rapidement, ne voulant pas la contrarier plus qu'elle ne l'est. Clairement, je ne suis pas ici pour papoter et profiter, mais uniquement pour son travail. Ca me blesse un peu, d'ailleurs, bien que je ne l'avouerais pas. Loin de moi l'idée de retomber dans des fantaisies passées, Theodora n'est pas le genre de femme que j'aime à fréquenter plus d'une fois ; mais elle aurait pu être de celles qui deviennent une alliée et non juste une connaissance avec une bribe d'histoire partagée. J'avais cru, un temps, qu'elle pourrait être douce, le substitut d'une confidente, une amie. Alors oui, ça m'avait fait mal de constater sa distance.

J'avais donc une voix beaucoup plus tremblante, tout d'un coup. Douteuse. Peureuse. Elle ne serait pas là pour me réconforter et me tenir la main quand l'aiguille telle une épée s'enfoncerait dans ma peau, car c'est elle qui en tiendrait le fourreaux. Il fallait que je me fasse à cette idée. « Theo... Tu recherches quoi exactement ? Je pensais que ces tests seraient des formalités, quelque chose de simple... Mais tu as besoin de choses beaucoup plus importantes, des choses qui vont me faire mal. Pas vrai ? ».


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MessageSujet: Re: One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley]   One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley] EmptyJeu 10 Oct - 16:12

Elle savait bien qu’elle aurait à être patiente. De toute façon, elle ne s’attendait pas à ce que le cracmol ne fasse qu’entrer et sortir de son laboratoire. Si on voulait bien y regarder de plus près, il n’y avait rien de vraiment à elle ici, hormis ces notes et la programmation des différents protocoles, mais c’était sa seconde maison et elle était l'âme de l’endroit alors rien de vraiment extravagant à employer le possessif en ce qui concernait cet endroit qui ne semblait connaitre de couleurs que les nuances de blanc, chose incompréhensible pour un scientifique attaché au mélange exact des différente longueurs d’onde qui différencie le blanc de ce qui ne l’est pas… De son côté, elle était fort heureusement détachée de ces notions et pouvait se prévaloir d’un peu moins de rigidité même si, lorsque son métier était en jeu elle détestait les approximations.

Le seul paramètre pour lequel elle acceptait les approximations était le facteur humain. Bien sûr elle pouvait avoir ses faiblesses et ses mauvais jours, ceux qui suivent de mauvaises nuits ou même des déceptions en matière de recherche, mais peu de ses patients ou même de ses testeurs pouvaient la taxer de froideur ou de manque d'empathie. Elle mettait un point d’honneur à prendre le temps qu’il fallait et à choisir ses phrases afin d’être certaine que le patient ait compris tous les tenants et aboutissants des information qu’elle lui destinait. Evidemment cela prenait du temps et sa secrétaire s’arrachait parfois les cheveux à faire rentrer tout ce beau monde dans un emploi du temps qui n’était hélas pas extensible. Le prix à payer était, pour elle et les malades, des rendez-vous à des heures où Maggie Petterson avait quitté depuis longtemps son poste et qui forçaient la généticienne à noter elle-même les futurs rendez-vous nécessaires en prenant soin de respecter les habitudes de travail de l’écossaise qui elle-même avait fait sienne des habitudes de la rouquine.

Evidemment, avec Alistair c’était un peu différent. Leur frasque charnelle n’avait fini de peser entre eux et il avait la primeur d’une attitude des plus distantes mais ce n’était pas comme s’il ignorait les buts de la chercheuse et s’il n’était pas habitué aux divers protocoles médicaux. Elle aurait pu être, certes un peu plus causante, mais le sentiment d’avoir commis une erreur était le plus fort et la volonté de ne pas entretenir d'ambiguïté la cantonnait dans un quant-à-soi un peu raide. Elle n’était pas dégoûtée par le cracmol. Elle considérait que les gens de sa sorte avaient une sorte de grâce d’avoir pu échapper à la magie sans intervention médicale. Elle était aussi certaine qu’ils représentaient une sorte de chaînon manquant entre les non mages et les sorciers. Mais elle était bien consciente qu’elle ne devait pas lui renvoyer une image bien flatteuse, ne serait-ce que par le rejet relationnel qu’elle lui faisait subir. Elle arrivait assez à se justifier en arguant que depuis la mort de son fiancé elle n’était pas très douée pour les relations amoureuses, mais pour tout dire, par les temps qui couraient, ce handicap lui convenait parfaitement et lui évitait de culpabiliser sur le cas Alistair Fawley.

Ce n’était pas très flatteur pour le cracmol mais elle devait bien ‘admettre, il avait profité de l’arrivée récente de la chercheuse dans le monde des conspirateurs. Sans doute une façon de faire son baptême du feu, ou de se dire que vaille que vaille, il faudrait bien qu’elle fasse confiance, ou fasse semblant de faire confiance à toute la faune plus ou moins recommandable, elle l’avait très vite compris qui composait les rangs de Gloriam. Ou bien la nature particulière d’Alistair avait-elle contribué à ce faux pas, ce qui ne changeait rien au fait qu’elle savait l’avoir commise. Les choses étaient difficiles à désemmêler en fait. Pour l’heure, le principal était qu’il fasse partie de l’organisation ne se fasse que rarement prié pour de nouvelles expérimentations.

Enfin, toujours prêt rien de moins évident aujourd’hui si elle ne jugeait la réaction du cobaye. Elle devait bien l’avouer, celle-ci la surprenait. Pour quelqu’un qui acceptait de se faire injecter toutes les cochonneries sorcières surtout, des choses à vous coaguler les fluides et vous ronger l’organisme, _ que ne pouvait-on pas imaginer de ce qui sortait des arrière-boutiques magiques _ il se montrait soudain bien timoré. Elle avait sans doute présumé de son détachement et de son cynisme. Elle reposa sur le plateau stérile son instrument qu’elle imaginait être perçu comme outil de torture. Elle n’allait pas se jeter sur lui pour le forcer à se prêter à l’intervention, mais devrait sans doute faire preuve d’un peu de pédagogie pour l’amener à accepter. Assise sur sa sellette, elle fit gentiment signe à Alistair de s’asseoir afin qu’ils puissent discuter tranquillement de ce qui allait suivre. Il y avait des chances qu’il décline l’invitation de se mettre à l’aise, mais qu’importe, il faudrait bien qu’elle parvienne à le rassurer. Une expression un peu navrée se peignit sur son visage.

“Douloureux… Je vous mentirai en vous disant qu’il s’agira d’une partie de plaisir, mais je suis certaine que vous avez subi bien pire. Et puis j’ai une bonne pratique de cette intervention. Si vous suivez mes recommandations à la lettre cela atténuera grandement la douleur et vous en serez quitte pour prendre une journée de repos…”

Elle se demanda si elle devait se livrer à une description détaillée de l’examen. C’est ce qu’elle ferait en temps normal à avec un patient lambda, mais le cracmol était tout sauf un patient lambda et il pouvait bien lui faire confiance ne serait-ce que du fait de sa réputation… Oui, elle savait parfaitement qu’une fois au pied du mur d’une intervention redoutée, il n’y avait pas réputation qui tenait et que le besoin d’être rassuré primait sur elle. De toute façon elle n’en eut pas le temps. Un petit sourire amusé se dessina malgré elle sur ses lèvres et elle s’empressa de répondre à la nouvelle interrogation.

“Décidément vous me prêtez des intentions de tortionnaires. Si je pouvais me contenter d’une prise de sang, je le ferais bien évidemment. Le problème est que plus on progresse dans les recherches plus les expériences nécessitent du matériel spécifique. Désolée pour le terme matériel. En l'occurrence, le liquide céphalo-rachidien est nécessaire. J’aurais pu vous proposer une trépanation, mais cela aurait été plus salissant.”

Elle avait presque honte de son trait d’humour, et elle n’était pas bien certaine que son patient du jour goûte son sadisme forcé. Il serait préférable sans doute qu’elle laisse ce genre d’exercice à des meilleurs spécialistes. Et puis non après tout. Cela ne semble pas le rebuter et elle est même surprise, bien qu’elle essaye de le masquer qu’il s’approche d’elle. Elle ne sait pas trop ce qu’il attend de cette manœuvre de contournement mais elle fait celle qui ne s’y intéresse pas et compte que sa vision marginale pour surveiller son approche. Elle n’est pas bien certaine du geste de sa main vers elle. Elle se demande s’il va oser aller jusqu’au bout et se prépare au contact qui heureusement ne vient pas. Elle ne sait d’ailleurs pas ce qui pourrait le pousser à ce contact physique. Ce n’est pas elle qui a besoin d’être rassurée pour le moment. S’il a quelque chose à demander ou à exprimer tout simplement il n’a pas besoin de se montrer si proche. Elle-même n’y croit pas vraiment tant cette probabilité de son côté lui paraît ridicule. La voix qui lui parvient est bien plus touchante que la main qui aurait pu l’atteindre. Par tous les diables c’est qu’il aurait vraiment peur de cette ponction ?! Elle reste un instant coite et incrédule interpellée à la fois par l’émotion qui émane de la voix et des mots du cracmol. Finalement elle fait pivoter la sellette pour faire face à Alistair et planter ses yeux dans ceux de son cobaye qui pourrait bien se défiler. Les doigts croisés que le pommeau de skaï entre ses cuisses. Elle ne l’avait sans doute connu aussi vulnérable. Ce serait-elle trompée sur le bonhomme ? Quelque chose en lui donne l’impression d’être ridicule avec sa volonté de maintenir une distance somme toute artificielle entre eux. Elle ne peut décemment pas faire comme s’il ne venait pas de se livrer.

“Des choses importantes ? Évidemment.”

Elle est encore glaciale mais plus pour lui faire sentir qu’elle n’a pas l’habitude de déranger les gens pour ce genre de chose sans raison valable et sans de bonnes raisons. Il devrait le savoir. On a beau l’assimiler dans le camp ennemi à une tortionnaire, elle ne prend aucun plaisir à faire mal aux gens. Elle est d’abord médecin que diable !

“Tu n’as aucune raison de penser que je tiens à te faire souffrir…”

Elle maudit tous ces mots et leur double sens, à croire que leur situation ne peut donner autre chose qu’une communication ambigüe. Et puis sa voix est devenue aussi chaleureuse que lorsqu’elle doit montrer son empathie à des patients que l’irruption de la maladie égare dans le labyrinthe de la médecine, territoire inconnu et inquiétant.

“Ce dont j’ai besoin ne va pas te faire mal non c’est le moyen de l’obtenir qui est douloureux, je ne peux te le cacher…”

Elle ne sait pas trop si elle doit entrer dans les détails mais quelque chose dans le regard qu’il lui adresse finit de l’en convaincre.

“Je dois atteindre le canal médullaire et c’est assez loin de la surface… Je ne sais pas si tu as besoin d’un dessin…”

Elle jette un regard à l’aiguille au bout de la seringue à prélèvement, sur le plateau en inox pour les lui indiquer même s’il les a sûrement encore en mémoire.

“L’aiguille est donc longue et épaisse aussi… Mais tu as déjà subi bien pire non ? A moins que…”

Elle marqua une brève interruption avant de poursuivre.

“Pas de soucis ces derniers temps ? Il ne s’agit pas de finir de porter atteinte à ta santé… Je pourrais reporter ou trouver quelqu’un d’autre…”


La personne à laquelle elle pensait n’était plus vraiment cracmole comme Alistair Fawley, mais pas tout à fait sorcière en pleine possession de ses moyens mais elle ferait l’affaire si besoin quitte à revenir vers son cobaye du jour plus tard si nécessaire. Elle se demanda s’il savait que sa protégée l’avait approchée et était entrée dans son cercle de “collaborateurs”... Elle devait normalement garder le secret mais il n’était pas certain qu’il résiste aux liens qui existaient entre Alistair et Tatiana.
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MessageSujet: Re: One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley]   One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley] EmptyLun 28 Oct - 14:17

Centre Médical d'Atlantis - 7 octobre 2001.

Je puais la peur. Ah, il était beau l'homme sûr de lui, celui qui osait se défendre contre ses détracteurs et avait un bon nombre de gros durs dans son carnet d'adresses. Réduit à l'état d'un enfant assis à même le sol, cachant ses oreilles de ses deux minuscules mains dans l'espoir que le silence ne le calme, ne fasse disparaître tous ces vilains mots qui le terrifiaient. Ca se sentait jusque dans ma sueur, âpre. J'avais peur, de tout, soudainement. De la piqûre, mais aussi des résultats, des conclusions de ces analyses. Elles me paraissaient d'un coup comme une épée de Damoclès à laquelle je n'avais pas pensé. Et si Theo trouvait un truc bizarre dans mon corps ? Et si toutes ces drogues sorcières, toutes ces substances à la con m'avaient détruit, encore plus que je ne l'étais ?

Je ne pose pas la moitié de ces questions à Theodora, mais j'écoute avec minutie ses réponses. Elle est toujours aussi froide, distante, à m'en briser les morceaux de cœur froid qu'il me reste. Jusqu'à cette petite blague, si déplacée quand j'y pense. Mais je ne peux me retenir d'éclater de rire. « Une trépanation... Je serais déjà dehors ! ». Ironiquement, ça m'a apaisé. Ca pourrait être pire, comme on dit. Mon rire éclate dans la pièce vide, qui fait écho, une courte seconde avant que bien vite je ne reparte pourtant dans mes réflexions plus sombres. Puis soudainement, Theodora apparaît, comme si elle n'avait pas été là depuis le début mais qu'il n'y avait que son alter-égo diabolique, glacial et lointain. Elle me semble plus familière, chaleureuse, douce également. Je sais pertinemment que ce n'est pas moi en tant que personne, qui créé ce soudain changement de personnalité. C'est moi en tant que patient. Je le sais, mais je prends tout de même plaisir à me dire qu'au fond elle ne me déteste peut-être pas tant que ça. Cette pensée me calme, et me fait sourire, les yeux perdus dans les siens qui tente de m'expliquer les choses et me rassurer.

Et cette fois, ma main qui se rapproche d'elle ne s'arrête pas, comme précédemment. Je viens toucher son poing, de peur qu'elle ne le déplace vers l'aiguille dont elle parle pour me la montrer sous tous ses angles. « Pas la peine de me montrer ! Oui j'ai... J'ai subi bien pire. Mais ça m'empêche pas de redouter quand même... C'est pas pareil, subir du mal sans qu'on s'y attendre, et y consentir, que les raisons derrière soient nobles ou pas. ». Je racle ma gorge en récupérant ma main baladeuse, je ne voudrais pas qu'elle sursaute ou reprenne son mode super-sayan d'une Theodora bien plus dure. « Non ! Non, tout va bien. Je me dégonfle pas, j'ai juste eu... un doute. Vois ça comme la trouille du débutant... Eh, je ne suis qu'un homme après tout. ».

Je lui lançais un de ces regards à la mords-moi le nœud, car d'un homme peureux j'essayais naïvement de me transformer en un homme sûr de lui et fort. Quelle connerie. Je me levais d'où j'étais, tendant mes bras vers le haut comme pour m'étirer avant une grande bataille, puis ponctuait mon mauvais acte de virilité d'un rapide « Bon, let's go ? Je m'allonge, j'imagine... ». J'enlevais mes chaussures pour être plus à l'aise de m'allongeais sur la table d'auscultation. Je devinais, avec le peu de logique médicale que j'avais, qu'il était préférable que je me mette dos à elle et donc tournais les talons à sa table d'ustensiles, face à laquelle plus mon regard était loin et mieux je me portais. « Vas-y... Je suis prêt. », je soufflais, pour me donner du courage. Et je ne pus m'empêcher d'ajouter une ultime phrase avant de déclarer ouverte la chasse aux Alistair sauvages. « Et, Theodora, merci, pour m'avoir rassurée. Tu es vraiment douée, dans ton boulot. ».

Quand on me connaissait, on savait que c'était là un bien grand compliment que je lui faisais. Moi qui détestait les métiers classiques, était toujours le premier à juger les hommes et femmes bien rangés, dans leurs vies indexées du début à la fin par leurs rythmes de travail. Mais il fallait bien que je me l'avoue, elle avait ce côté social qui était insoupçonnable. Allongé sur le côté, je me préparais psychologiquement à la piqûre pour le sang, puis à ce qu'elle dénude mon dos pour y enfoncer l'énorme aiguille que j'avais fuis du regard. J'espérais qu'elle me parle, pendant tout ce processus, me raconte des trucs, n'importe quoi, pour occuper mon esprit à autre chose qu'à la douleur à encaisser, la pression de l'opération. En attendant qu'elle ne se jette à l'eau, d'ailleurs, je pensais à Eugénie, qui pour ses 25 ans, avait eu un bel appareil photo comme cadeau, et au regard qu'elle m'avait lancé. J'avais sept ans, je m'en souviens comme si c'était hier. "Tu imagines tout ce qu'on va pouvoir faire comme jeux avec ça ?". C'était elle, au fond, ma mère, et je me retrouvais toujours en quête de son visage quand je craignais le pire d'une situation. Sauf quand je me suis retrouvé face à ce dragon, ce n'est pas elle que je cherchais des yeux... Mais ça, c'était différent.


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MessageSujet: Re: One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley]   One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley] EmptyDim 3 Nov - 11:26

Elle avait fait de son mieux pour se montrer rassurante et détendue, mais elle ne pouvait pas être certaine d’avoir atteint son objectif c’est à dire tranquilliser Alistair. Ce n’était vraiment pas facile de faire abstraction de leur histoire pour se montrer aussi performante que d’ordinaire et elle se demandait si peut-être, quelque chose avait pu sonner faux et produit l’effet inverse de celui escompté. En même temps elle ne se permettait pas de juger de la peur de cette intervention. Elle l’avait suffisamment pratiquée pour savoir que ce n’était loin d’être indolore et sans effet indésirable. D’ailleurs, elle ne lui avait pas dit qu’il devrait sans doute passer la nuit sur la banquette du laboratoire, celle qui servait à récupérer lorsqu’on devait rester à des heures indues. Après, elle n’était pas certaine qu’il accepte mais là ce serait son problème de mâle orgueilleux… De son côté, elle n’était pas bien certaine d’être très fière si on devait lui administrer ce protocole. Si elle était maintenant rompue aux douleurs psycho-affectives, elle n’avait jamais eu à endurer de douleurs physiques plus pénibles que les chutes inévitables de l’enfance. Sa fausse couche l’avait laissée sur le flanc mais elle ne se souvenait pas d’avoir souffert. Elle chassa bien vite cet épisode de sa vie, sans doute le plus douloureux avec la perte de ses parents et de son fiancé. Ce n’”tait pas pour rien qu’elle avait failli ne jamais devenir ce qu’elle était et ce n’était pas le moment d’évoquer ces souvenirs et de risquer que de l’eau monte sous ses paupières. Elle avait une tâche à accomplir et elle devait se concentrer sur elle et seulement sur elle.

Le rire de son patient lui dessine un sourire complice et fini de lui chasser ses funestes pensées. Elle y était allée un peu fort avec sa référence à la trépanation, mais heureusement il l’avait bien pris. Elle aime assez les gens qui ont le sens de l’humour, même si elle n’est pas très douée pour ça. L’autodérision est pour elle une qualité. Elle ne sait pas trop pourquoi. Peut-être parce qu’elle l’était aussi pour son père et qu’elle n’aime pas les gens qui se prennent trop au sérieux. Chacun ses contradictions, elle sait qu’elle se prend pas mal au sérieux, ou plutôt qu’elle prend tout ce qu’elle fait au sérieux. Elle ne sait pas faire autrement, et dans son travail c’est pire encore. De quoi lui donner des allures d'arrogance pour tous ceux qui ne connaissent pas les doutes qui l’habitent en permanence. Ceux-là n’imaginent pas combien d’heures ou de recherche chacun de ses gestes professionnels lui ont demandé auparavant. Ils ne savent pas non plus les silences qu’elle a préférés plutôt que de dire une ânerie.

Et en tout dernier lieu, ils ne savent pas non plus l’amour qu’elle porte au genre humain. Amour qui est plus un problème dans sa lutte contre la magie qu’un atout. Elle a tant de fois, tenté de s’imaginer en chasseuse de sorcier, indifférente à leur donner la mort. Mais c’est tout le contraire de ce qu’elle est. Ce ne sont définitivement pas les sorciers ses ennemis mais la magie elle-même. De même, si elle se doutait qu’elle devait paraître bien froide à Alister, elle ne lui voulait aucun mal et lui était assez reconnaissante de ce qu’il faisait pour lui permettre d’avancer dans ses recherches. Mais il était peut-être préférable qu’il l’imagine détestable. C’était stupide et lui réservait sa dose d’amertume, mais elle se consolait en se disant que si elle travaillait bien tout cela n’aurait qu’un temps, celui de supprimer la magie.

La main de l’homme sur la sienne, elle interrompt son geste en direction de l’aiguille et plante un regard étonné dans celui du cracmol avant de lui sourire doucement pour lui signifier qu’elle comprend parfaitement. Le fait de s’être radoucie lui facilite la communication avec lui, qu’elle s’apprête à ponctionner. Elle l’espère, ce ne sera pas pour rien.

“Même pour une bonne cause, la souffrance reste la souffrance. Tu n’as pas à avoir honte de craindre ce que je vais te faire. Je te promets de faire au mieux pour t’épargner toute la douleur possible. Je peux anesthésier la zone avec une piqûre indolore celle-ci...”

Difficile de revenir au vouvoiement après avoir commencé à le tutoyer. Elle retient donc son geste et temporise l’élan qui voudrait lui faire enchaîner chaque geste qu’elle connaît si bien et lui permettrait de finir son prélèvement en quelques minutes seulement. Ce n’est pas dans ses habitudes de brusquer ses patients et de toute façon il n’y aurait aucun intérêt à ce que cela laisse de mauvais souvenirs à Alistair. Pour lui en premier lieu bien sûr, mais aussi pour elle qui aurait toutes les chances de perdre un sujet d’étude de bonne volonté malgré les grands airs qu’il se donnait parfois. Elle le regarda reprendre contenance et miner elle ne savait trop quelle action destinée à y parvenir.

“Euh… Non en fait...”

Allongé, il ne ferait rien d’autre que resserrer les interstices entre les vertèbres et rendre la manœuvre plus délicate et plus douloureuse. Mais sans doute pressé d’en finir, il ne lui laissa pas le loisir de le détromper. Elle le laissa faire, les bras croisés en attendant qu’il soit plus apte à entendre ses consignes. Lorsqu’elle prit enfin la parole pour s’adresser au dos qu’il lui offrait, elle ne put réprimer un accent amusé malgré son raclement de gorge, devant ce spectacle somme toute réjouissant du carcmol se mettant à sa merci sans parvenir à crâner autant qu’il le voudrait. Elle reçut avec plaisir le petit compliment avec un petit sourire satisfait qu’il ne pouvait pas voir de son dos soumis. Ce n’était pas tous les jours qu’un patient lui en prodiguait. Elle n’en tirait aucune frustration. Elle savait que les malades avaient d’autres préoccupations que de se rendre compte des qualités de leur médecin. Aussi elle n’avait pas de raison de bouder son plaisir. Cependant elle ne répondit pas resta murée dans un professionnalisme un peu buté.

“On ne va pas faire comme ça sinon j’ai de grande chance de te rendre paraplégique et de t’achever avec une infection.”

Elle s’approcha et posa doucement sa main sur son épaule afin qu’il se retourne.

“Si tu veux bien tu vas déjà te mettre torse nu et t’asseoir en arrondissant le dos au maximum.”

Elle hésita un instant se demandant si elle devait lui expliquer pourquoi et finalement se résolut à justifier sa demande.

“Je vais badigeonner ton dos avec un désinfectant qui a le malheur de teinter les vêtements et qui ne servirait à rien si les tiens venaient à retomber dessus. Cette position va augmenter le passage pour mon aiguille et éviter une partie de la douleur. Et puis, je n’aime pas abimer le matériel.”

Cette boutade était sans doute inutile et ne servirait à rien d’autre qu’à conforter le cracmol dans la vision glacée qu’il avait de la praticienne, mais elle n’avait pas pu s’en empêcher et son sourire amusé était là pour détromper son cobaye.

Elle le laissa se préparer tandis qu’elle préparait approchait le plateau pour y prendre des gants stériles et les enfiler, ouvrir sans hâte un étui de compresses non moins stérile et en imbiber une d’un liquide couleur caramel, avant de l’appliquer largement sur la région lombaire du patient. en même temps la couleur prenait des tons moins appétissants. Alors seulement elle put ouvrir le blister qui contenait une ampoule d’anesthésiant et la glisser dans une seringue à usage unique. Son doigt glissa de la 3ème à la cinquième lombaire afin de déterminer entre lesquelles l’espace serait plus propice à l’opération. Dans le cas présent, les quatrième et cinquième lui semblèrent les plus appropriées

“La première piqûre sera presque imperceptible ce n’est que l’anesthésie.”

L'anesthésie fut une formalité. La fine aiguille joua son rôle à la perfection et la rouquine était maintenant certaine que les souffrances d’Alistair en serait grandement atténuées. Elle attrapa l'étui de plastique transparent qui recelait la longue aiguille qui devait pénétrer jusqu’au travers de la dure-mère.

“Dis-moi si tu es prêt. Il ne sera plus question de bouger lorsque nous aurons commencé.”
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MessageSujet: Re: One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley]   One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley] EmptyDim 10 Nov - 18:12

Centre Médical d'Atlantis - 7 octobre 2001.

J'étais toujours plus calme la nuit. C'était normal, après tout. Une fois que la journée s'était écoulée, avec ses hauts et ses bas, je devenais plus facilement cette sorte de bête docile et obéissante. Ce soir ne faisait pas grande exception, je suis sûre que si elle m'avait traîné dans son labo à 10 heures du matin, Theodora aurait eu bien plus de problème qu'une minuscule soit disant crise de panique. Là, j'allais mieux, presque bien. Je soufflais, relativisais, et j'attendais simplement que le temps ne fasse son affaire en me rassurant que c'était pour la bonne cause, tout ça. Car c'était ça, aussi, qui facilitait les choses le soir, j'avais plus de facilité à réfléchir dans la nuit. Les gens endormis ne venaient pas envahir mon esprit, je me rapprochais davantage de mon moi intérieur, sûrement, dirait un psy. Et allongé sur cette table d'opération, je repensais à ces histoires de gamins cracmols maltraités et je m'en voulais de ne pas avoir pointé le bout de mon nez plus tôt. Autant maltraiter un homme plus âgé qui a déjà vécu bien pire que de prendre leur enfance à des gamins à qui on avait déjà pris les rêves.

La voix de Theo vient cependant me tirer de mes rêves éveillés. « Oh, paraplégique, ce serait plutôt nul. ». Je me lève donc et commence à me déshabiller, sans réellement broncher. Non seulement, elle a vu bien plus chez moi, mais surtout bien pire chez d'autres. Je ne suis pas de ces mecs aux muscles saillants et bien dessinés. Plutôt maigrichon - même si je suis plus en chair depuis l'année passée - je ne suis pas un grand sportif et me contente de faire le strict minimum pour garder ma forme actuelle et ma santé. Je dirais même que je suis plutôt faible, en terme de musculature... Dans un geste quelque peu maniaco-pratique, je plie et range mes vêtements sur l'une des tables à côté, me forçant à me lever définitivement sur mes jambes.

Je reviens vers la table opératoire et hoche la tête consciencieusement à toutes les prérogatives que me liste ma délicate collègue. « On fait tout comme vous préférez, docteur ! », j'esquisse un sourire, m'amusant de cette situation où je m'offre clairement en soumission. Si je ne le fais pas, on pourrait aisément parier que mon égo en prendrait un coup, alors comme ça, ni lui ni moi ne sommes meurtris par la terrible nécessité de devoir dire "yes ma'am" à Theodora et continuer d'être un gentil chien vaillant qui secoue la queue. Après quelques secondes à m'observer moi-même, comme si je me voyais d'en haut, soumis et penaud, je passe ma main sur les quelques cicatrices qui recouvrent mon torse. Il y a un coup de couteau sur l'épaule, et la marque en bas de mon ventre, preuve de la disparition tragique de mon appendice une quinzaine d'années plus tôt. Je me sens un peu comme une bête de foire, d'un coup, comme si jusqu'ici le principe de cobaye m'avait toujours été caché, comme si j'étais aveuglé par mon propre métier. L'impression de se redécouvrir, ce n'est pas toujours agréable, et je ressens comme une soudaine et étrange gêne à cause de laquelle je m'empresse de m'asseoir comme demandé.

« C'est ok comme ça ? je demande en pliant le dos, Ouh... Tes mains avec les gants, c'est froid. Hm. Vas-y. ». Je respire un grand coup, et sens mes yeux se plisser fort lorsqu'elle me pique pour l'anesthésie. « Yes... Je suis prêt, me fais pas regretter maintenant. ». Plus question de bouger comme elle dit, je sens alors mes mains agripper machinalement le rebord de la table où je suis assis. Les secondes qui suivent, celles de la ponction, me semblent durer des années. Plus qu'une douleur, c'est une réelle gêne qui m'envahit. Une pression, lourde, si lourde, qui me fait ressentir le liquide parcourir l'intérieur de mon corps. L'impression d'être drainé, qu'on m'ôte quelque chose de vital. Je sens mes dents qui se serrent, j'échappe un petit grognement mais j'essaie de me concentrer sur ma respiration pour passer outre ce mauvais moment. Je compte le temps que je mets entre chaque inspiration. Un. Deux. Trois. Quatre... Puis j'expire. Et en même temps, derrière, les doigts de Theo se posent contre mon dos, je les sens, malgré l'anesthésie, qui cherchent le meilleur endroit pour retirer l'aiguille, certainement.

« Oh putain... C'est interminable, dis-moi que t'as fini, pitié. ». J'expire. J'expire. Merde, j'ai oublié d'inspirer. Urh, cette pression, elle m'en empêche complètement et me donne l'impression d'étouffer. Mais enfin, le calvaire se termine. A cause de la sensation immédiate de vide, de néant, je sais que ça y est : c'est fini. J'attends le feu vert de la doc, son aval, pour me mettre à bouger, mais je commence à avoir une sensation de froid et la chair de poule qui se balade d'un bras à l'autre, faisant hérisser les poils sur son passage. Le pire est passé. Le pire est passé. J'ai plus à rien à craindre maintenant, à part peut-être les résultats.

L'aval de la doc ne vient pas, je m'impatiente alors que pas même une seconde ne s'est écoulée, donc je commence à secouer mon bras en arrière de mon dos encore arrondi pour le bien de la ponction. Je cherche, à tâtons, à mettre la main sur Theodora. Un bras, une jambe, un bout de blouse, n'importe quoi. « Ca y est, je peux bouger... Arh, putain. T'as pas un antidouleur à me filer là. Fiouuuuu... T'étais plus tendre, il fut un temps. ». J'essaie d'en rire, j'essaie de faire du mauvais humour parce que brusquement, j'ai l'impression que mon corps va s'écrouler sur lui-même si je ne fais rien pour me sentir un peu vivant et moi-même. Je pense aux gamins, à mon père qui se boufferait les doigts de savoir que je suis utile à quelque chose, aux cracmols autour de moi. Car ce sont pour eux, aussi, que je fais ça. Pour nous. Elle. Plus j'y pense, et plus je réalise que même si je me donne des intentions nobles, je suis vraiment une chochotte, quand même.


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MessageSujet: Re: One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley]   One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley] EmptyMer 13 Nov - 9:52

L’horloge digitale du laboratoire semblait veiller sur les deux protagonistes de curieux attouchements de ses cristaux verdâtres et fluorescents. Pour la généticienne, elle était mine de rien un bon repère dans une hygiène de vie régulièrement mise en danger par la passion de son travail et de ses recherches. Ce n’était pas comme si elle n’avait pas plusieurs fers au feu. Entre ses travaux sur le génome en lien avec les équipes internationales du Japon et des USA, les recherches qu’elles s’était engagée à mener sur la sclérose en plaque, celles en lien avec les cellules souches qui lui étaient tombées dessus il y avait un peu plus de six mois maintenant et enfin sa lutte contre la magie, elle s’étonnait elle-même parfois de garder la tête hors de l’eau et sa lucidité. Heureusement toutes ses recherches étaient liées par leur lien avec la génétique et avec un prélèvement, elle pouvait lancer plusieurs manipulations différentes en même temps. Le terme de manipulation commençait sérieusement à ne plus avoir de sens si l’on considérait le nombre de machines qui envahissaient les laboratoires et le sien en particulier on le terme de protocoles ou opérations auraient été plus exacts.

Toujours était-il que la rouquine oubliait souvent le temps qui passait lorsqu’elle se lançait dans l’analyse de résultats, l’observation au travers de ses instruments flambant neufs ou la mise au point des étapes suivantes de ses recherches. Heureusement les yeux numériques qui lui indiquaient l’heure, lui servaient de garde-fou. Elle savait qu’au-delà d’une certaine heure, elle aurait à craindre une trop grande fatigue, et une perte de lucidité préjudiciable à ses travaux, à sa santé mais aussi à celle de ses patients. Elle avait depuis longtemps identifié l’épuisement comme l’ennemi numéro un avec l’orgueil du médecin. Une fois que l’orgueil et la présomption de penser tout connaître éliminés, c’était la fatigue qui faisait passer à travers l’indice, qui ferait pencher un diagnostic d’un côté ou de l’autre, entraînerait un traitement adapté ou non.

Elle était passé au début de sa carrière proche de la correctionnelle. Un excès de zèle l’avait menée au bord de l’épuisement et c’était après le départ d’un patient qu’elle avait relu et découvert ce qui lui avait échappé alors que c’était écrit noir sur blanc. Elle avait été obligée de courir à travers les couloirs de l’hôpital de Liverpool où elle effectuait un remplacement pour rattraper le malade et lui imposer un nouvel entretien médical. Elle s’était faite vertement réprimander par le chef de service et elle savait qu’elle l’avait bien mérité. Depuis, la montre, cadeau de son père ne la quittait jamais sauf en cas d'exigence d'asepsie et les horloges des services prenaient alors le relais.

Elle connaissait ses limites et s’était imposé des règles très strictes qui étaient mises à mal ses derniers temps mais qui tenaient le coup grâce à la discipline à laquelle elle ne tolérait aucune entorse. Si l’on mettait le doigt dans cet engrenage se disait-elle, on transgresse une fois puis deux puis on oublie pourquoi on fait les choses ainsi jusqu’au moment où la réalité s'impose cruellement à vous mais de façon toujours méritée. La chance de rattraper sa bévue lui avait été accordée une fois, mais ne serait pas toujours avec elle.

Aujourd’hui, elle savait qu’elle avait encore deux bonnes heures avant que d’être obligée de rendre les armes devant les exigences du sommeil. Ses gestes étaient sûrs et précis. Elle était en pleine possession de ses moyens. Elle avait regardé son patient exécuter ses injonctions qu’elle n’avait pas eu besoin ni de répéter ni de forcer. Elle était heureuse de sentir la confiance de son patient du moment. Après tout ce n’était pas forcément évident pour lui qui devait avoir une bien vilaine opinion de la généticienne en tant que personne. Il pouvait légitimement ne pas faire de différence avec la professionnelle. Elle avait souri dans le son dos en le voyant prendre soin de ses affaires après avoir tenté de donner le change par un trait d’humour, mais c’était là aussi légitime de vouloir marquer le territoire et le temps de son empreinte, de la marque de sa volonté de la conservation de sa propre initiative dans un milieu où tout ce que vous pouvez faire est obéir à ce que vous demande les soignants ou les directrices de recherche. Cela le rendait touchant de fragilité, fragilité accentuée par son physique qui a oublié d’apprendre à en imposer.

Depuis le début, les choses se passaient bien mieux qu’elle ne l’avait redouté et elle avait fini par se détendre complètement. Alistair se montrait plus que correct et plutôt fair play et de son côté, elle s’était montrée relativement complice avec son humour qui était, il faut dire, une des choses qu’elle préférait chez lui. Pas de pudeur inutile entre eux. Quoique ? le cracmol, toujours prêt à fanfaronner ne semble pas aussi à son aise qu’elle s’y serait attendue. De toute façon pour sa part, des corps dénudés elle en avait vu bien d’autres et des plus amochés et des moins agréables à regarder. Quelle étrangeté de soudain de ne plus voir l’esthétique du corps mais l'assemblage d’organes à réparer même si pour elle, l’humain n’est jamais là. Est-ce le même rapport qu’il y a entre le corps des patients et le corps du modèle pour l’artiste ? Elle s’est mainte fois posé la question sans jamais avoir de réponse définitive. L’artiste tente sans doute se dit-elle de transcender le modèle qu’il choisit alors que le médecin est plus proche de la poussière d’où est issu la matière et lutte pour qu’elle n’y retourne pas immédiatement… Mais Alistair est encore en pleine possession de ses moyens malgré les stigmates de la vie posées sur sa peau.

Le patient assis et vouté en avant ne peut s’empêcher d’obtenir l’assentiment de la professionnelle qui vérifie l’alignement de l’axe des vertèbre histoire de se ménager le plus de cette régularité qui permettra de ne pas se demander si elle doit piquer tout droit ou tenter d’éviter un obstacle inattendu.

“Je sais, il y a plus agréable comme matière. Désolée de t’imposer ça.”


C’était la première fois qu’elle faisait ce qui ressemblait à une amende honorable depuis que le cobaye était rentré dans le laboratoire. Elle l’avait dit avec un accent enjouer pour répondre à la dérision qu’elle avait captée dans la voix d’Alistair. L’anesthésie s’est bien passée. Ce n’était pas grand-chose comparé à ce qui allait suivre. D’où elle ne vit pas les mains du patient, mais les tendons des avant-bras qui roulent sous la peau la laisse deviner l’état de tension dans lequel il se trouve et pour le confirmer sa respiration stressée alors qu’elle se veut profonde indique qu’il n’est pas au mieux psychologiquement.

L’ancienne amante n’a pas vraiment envie de faire la conversation, mais le médecin sent que c’est de son devoir de faire un minimum diversion. Le tout est de trouver un sujet de conversation. Elle envie les coiffeurs intarissables derrières les têtes de leurs clientes. Comment font-ils pour leur tenir le crachoir sans les lasser ? Car en vérité, leur conversation n’a rien de très élaboré de son point de vue mais elle n’est jamais ennuyeuse. Elle aurait sûrement des leçons à tirer de leur pratique… En même temps, les architectes capillaires ne sont ou n’ont été que rarement aussi proche d leur client qu’elle de son patient du jour. Autant rester dans le domaine médical.

“D’après toi ? Je vais trouver combien de cochonneries différentes dans ce prélèvement ?”

Références au métier et aux penchants d’Alistair, mais sans jugement et l’humour est perceptible dans la voix de la généticienne. S’il veut se vexer, il le peut évidemment mais ce serait que le sujet est plus sensible qu’elle ne le suppose. Elle poursuit alors qu’elle perce le derme de sa grosse aiguille à stylet:

“Tu as des projets ces temps-ci ?”

La question est aussi ouverte que possible et autant que lui veut l’entendre. Il peut très bien lui répondre d’un simple non laconique ou bien développer les projets de la nature qu’il souhaite du plus anodin au plus important, concernant Gloriam ou pas, sa protégée qui est venu la voir il n’y a pas si longtemps que ça... L’aiguille a trouvé son chemin sans peine jusqu’au canal médullaire et la dure-mère.

“Très bien tu es un patient parfait…
Tu as un dos parfait pour ce genre d’exercice.”


C’est le moment d'ôter le stylet qui obture le canal mais avant d’une seule main comme seule l’autorise la pratique régulière de l’exercice elle décachette le premier tube posé dans le support prévu à cet effet et y laisse couler quelques gouttes. Elle recommence l’opération avec deux autres tubes en limitant au maximum la quantité prélevée pour éditer le plus les douleurs post-intervention chez son patient volontaire.

“Le liquide est clair. Tu n’es peut-être pas en si mauvais état que cela, après tout… Oui, oui, j’ai fini. Laisse-moi retirer l’aiguille.”

Lentement pour ne pas risquer de faux mouvement, elle retire la longue aiguille puis masse l’endroit de la piqûre avec une compresse imbibée de désinfectant.

“Voilà c’est fini. Je te remercie. Tu peux te redresser mais il vaudrait mieux que tu t’allonges. Tu risques de te sentir nauséeux et avoir une petite migraine.”

Migraine et petite n’allaient pas forcément ensemble. Ce qui en souffrent le savent bien, mais inutile d’alarmer pour rien le cracmol alors que tout s’était passé à merveille. Elle retire ses gants et les fait disparaître dans le container prévu à cet effet. les doigts inquiets du patient l’attrapent par l’avant-bras. Elle pose sur eux une main rassurante et adresse un sourire mi compatissant mis moqueur au cracmol.

“Bien sûr. Comme je te l’ai dit il n’y a pas de honte à avoir mal après ce que tu viens de subir. Ce n’est pas une partie de plaisir… Surtout pour moi.”

Elle sourit de sa boutade avant de se diriger vers la pharmacie. Un antidouleur bien sûr qu’elle a ça.

“Tiens. Un verre d’eau ou tu arrives à l’avaler comme ça ?... Et pour info, je suis toujours aussi tendre…”

Elle laisse une fraction de seconde afin de laisser le malentendu s’installer et pouvoir le dissiper immédiatement après.

“Tu as eu droit à une ponction de première classe.”

Elle n’a pas pu empêcher un sourire narquois de se dessiner sur ses lèvres. Puis elle soulève le porte tube pour le montrer brièvement au patient qui tente d'avaler son antalgique.

“Tu permets ? Je mets tout ça en sécurité. Ce serait dommage de devoir recommencer”

Là elle était certaine qu’il était de son avis. Peu de patient redemandent dans la foulée à recommencer ce genre d’expérience. Elle met les tubes dans le conservateur dont la température est scrupuleusement surveillée par un thermostat de précision.

“Je ne peux même pas te proposer de café.”

Elle fait glisser sa sellette sur laquelle elle a repris place vers le chevet du cobaye. Elle peut bien lui faire la grâce d’un brin de conversation si jamais il est en veine de confidence.
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MessageSujet: Re: One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley]   One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley] EmptySam 23 Nov - 10:30

Centre Médical d'Atlantis - 7 octobre 2001.

Sa voix résonne dans ma tête, comme si j'étais spectateur d'un rêve et qu'elle jouait la voix-OFF descriptive que seul le héros perçoit. Elle flotte, dans un coin, lointaine. Je suis incapable de lui répondre ou même de rire à ses petites piques d'humour, dont je m'amuserai beaucoup en temps normal, trop crispé à cause de la douleur. A la place, je pousse des raclements de gorge en signe d'acquiescement à ses questions. Des projets ? Oh, oui, j'en ai plein des projets, mais je suis habitué à ce qu'ils ne se réalisent pas vraiment. Trop nombreux, trop conséquents, trop impossible. Ce que je voudrais savoir, moi, ce sont tes projets à toi, Theo. Tu comptes monter quoi exactement comme étude et comme dossier avec ces prélèvements ? En quoi elle va changer la face du monde, cette collaboration ?

Je pousse un cri à mesure qu'elle retire l'aiguille. Il s'entend dans la pièce, et peut-être même à côté aussi. C'était un cri guttural, du genre que je suis incapable de retenir. Je m'en veux un peu, à vrai dire, de ne pas être capable de faire preuve d'un peu de virilité dans cette épreuve... Mais il faut bien avouer que ce n'est pas tout le monde, de base, qui accepterait de se faire charcuter pour le bien de la recherche. Alors je me rassure avec cette pensée-là, celle d'être un exemple pour les miens. « Ouh... T'y es pas allée de main morte. Je vais m'allonger, oui. ». Puis je m’exécute. Pas la peine de se lancer dans de grandes réflexions ni de se faire prier. En moins de 5 secondes environ, je me retrouve plié en deux, en position quasi-fœtale à attendre l'antidouleur salvateur qu'on m'a promis.  

Presque aussitôt, je le porte à ma bouche, toujours plié sur le côté, et regarde dans les yeux Theodora en ajoutant « Hm oui, un verre d'eau s'il te plait. ». Du coin de l’œil, je discerne tout juste sa silhouette qui va chercher le liquide proposé. Difficilement, je me relève quelque peu quand elle revient et avale une gorgée pour faire passer le cachet. C'est à ce même moment que j'entends cette phrase, douteuse mais prononcée avec l'assurance qui m'avait séduite autrefois. Je suis toujours aussi tendre. Oh, je n'en doute pas vraiment, au fond. Mais je me retrouve à avoir chaud, très chaud, le verre toujours porté à mes lèvres. Autant je perçois l'ironie qu'elle veut sûrement installer, autant j'y perçois aussi la légère dose de vérité qui vient me titiller et me plonge dans un mutisme encore plus dérangeant que celui cause par la douleur quelques minutes plus tôt.

Le silence est rapidement brisé, laissant sur mon visage un sourire étonnamment fier. Fier d'avoir su séduire cette femme, il fut un temps, sûrement. Fier d'être resté pour l'opération, d'avoir tenu, aussi. Quand elle secoue devant mon nez la fiole, j'ai un frisson de dégoût à me dire que le liquide qui s'y trouve provient de mon dos, je me contente alors de hocher la tête en ajoutant « Fais comme chez toi... ». Pendant ce temps, je me recouche, gigotant sur la table en cherchant une position où je ressentirais le moins de douleur possible. Ca fait mal, si mal. Sur le côté, le positionnement de mes muscles les uns à côté des autres, et leur propre poids sur eux-mêmes vient rendre tout mon dos crispé, tendu, et douloureux. En me retournant sur le ventre, ce sont mes poumons qui s'endolorissent d'avoir eu le souffle tant coupé. Puis su le dos... Non. N'en parlons pas. Je suis intenable, et comme Theodora me l'a si bien dit, la nausée commence à se frayer un chemin, rendant mon cœur plus lourd un peu que tout à l'heure.

Quand elle revient, je la regarde s'installer à côté de moi. « Te tracasse pas... Hm. Tu a fait beaucoup, le café serait pas une bonne idée, là, de toute façon. ». Je grommelle, entre deux mots, pourtant je ne suis ni en colère ni agacé. Au contraire, je suis plutôt content et satisfait d'avoir fait ça. Une fois encore, je regarde la rousse devant moi. Comme je suis couché, elle est tournée à 45° pour moi, ça lui donne un regard tout particulier. Doucement, j'avance ma main vers elle pour frôler un bout de sa chair, le premier qui me tombe sous les doigts, et ponctue mon geste d'un petit « Merci » aspiré. Bien vite, je ramène ma main contre mon torse puis je lui demande, plus fort, cette fois. « Et maintenant ?... Il se passe quoi, maintenant ? Je dois rentrer chez moi, toi tu vas analyser tout ça et dans quelques... semaines, on aura plus d'infos ? ».

J'essaye de me relever un peu, m'asseoir au moins. Douloureusement, je me mets sur mes hanches, appuyé sur mes coudes. Puis enfin je m’assois en ne me retenant que d'un bras lointain. Toutefois, je me sens quelque peu dizzy, ma tête tourne. Pendant quelques secondes, je reste comme ça, sans trop savoir quoi faire pour que ça passe. Dans un geste un peu découpé, je tend ma main vers l'un des meubles derrière. « Tu me passerais mes vêtements, s'il te plait ? ». La tête en avant, je m'accroche contre le rebord de la table tandis que j'essaye de me lever, lentement, et me mettre sur mes jambes. C'est évidemment rapidement un échec et je me retrouve à tomber en avant et me retenir sur Theodora qui se trouvait là. « Wow... Désolé, je vais rester là, encore un peu. ».

Je voudrais partir, pour de vrai. Rentrer chez moi, finir de mourir un peu dans mon confort habituel et sans le regard lourd d'une femme pour qui je ne veux pas paraître plus faible encore. Elle en a assez vu. Mais le fait est que je tomberais dans un caniveau si je sortais maintenant. Je me réinstalle donc sur la table pour m'asseoir, faisant pendre mes jambes dans le vide. « Tu espère trouver quoi, dans ces prélèvements ? Ce serait quoi le... truc parfait ? ». Je me retrouve alors à faire un peu la conversation, et quand j'irais mieux, enfin, je pourrais mettre cette mauvais expérience de côté et me concentrer sur les résultats qu'elle apportera. Bordel, qu'est-ce que j'espère que ça va être positif pour notre cause, pour la lutte contre la magie et sa mauvais utilisation. Qu'est-ce que j'aimerai pouvoir être celui qui a permis d’annihiler la magie...


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Do you know what "nemesis" means? A righteous infliction of retribution manifested by an appropriate agent. Personified in this case by an 'orrible cunt... me.

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MessageSujet: Re: One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley]   One step at a time [Octobre 2001 Alistair fawley] EmptyMer 27 Nov - 14:27

C’est comme une seconde nature chez elle d’expliquer les protocoles à ses patients, de peser ses mots pour, à la fois ne rien leur cacher mais en même temps ne pas les effrayer inutilement. Aujourd’hui c’est un peu pareil sauf qu’elle est impliquée différemment dans cette intervention. Elle ne peut pas se conduire comme elle pensait pouvoir le faire comme si elle ne connaissait pas l’homme à l’autre bout de l’aiguille. Aussi bien son corps que son âme elle en a eu un aperçu, même si sa tête lui est moins transparente que son corps. Le corps c’est son domaine. La tête… Evidemment elle appris à faire preuve d’empathie, à se mettre à la place de l’autre, mais sans jamais être vraiment certaine de ce que chaque individu garde de secret, de douleur inaccessible.

Alistair n’est donc pas vraiment un patient comme les autres et encore. Elle a réussi a mettre de côté leurs contentieux, contentieux qui n’en sont pas réellement mais qui en restant non-dits deviennent comme des cailloux dans les chaussures de leur relation. Pourtant, on ne devrait pas accorder plus d’importance au sexe que cela n’en mérite ! Pourtant l’être humain, en tout cas l’être humain occidental comme on dit a été fort bien formater pour accorder une signification démesurée à un moment de jouissance. Ça avait été très satisfaisant mais les suites opératoires avaient du mal à s'effacer comme une cicatrice mal soignée. Ils n’en avaient jamais reparlé et ce n’était pas aujourd’hui que cela arriverait sans doute. Le moment était mal choisi. Alistair était dans une position bien inconfortable pour pouvoir avoir une conversation autre que machinale avec la chercheuse. De son côté, elle était complètement tournée vers ses précieux prélèvements et la suite de ses recherches.

Ces travaux, elle les menait seule et ça lui convenait assez. Bien sûr, elle était en contact avec d’autres équipe question génétique pure, mais ses recherches les plus importantes, celles qui finiraient, elle l’espérait par débarrasser l’humanité de la magie assassine, elle les entreprenait en toute solitude. D’ailleurs plus les semaines passaient plus elle se demandait si qui que ce soit était intéressé par l’avancée de ses travaux, si même quelqu’un à part elle y croyait. D’un côté, c’était assez confortable de ne pas avoir à justifier de quoi que ce soit et d’un autre, elle se sentait comme quantité négligeable se demandant en quelle mesure elle parviendrait à influer que les stratégies de Gloriam.

Ce qui est étrange c’est que son cobaye du jour ne soit pas plus curieux que cela de ce qu’elle fabrique dans son labo comme il se plaît à dire. Il ne l’a pas habitué à se soumettre comme une victime d'holocauste à ce qu’on attend de lui. Peut-être que ses activités de cobaye professionnel commencent à le formater à ne s’inquiéter de rien ? Bien sûr ça li évite d’anticiper trop les douleurs ou les effets secondaire comme ceux auxquels il s'apprête à faire face. Elle est sincèrement navrée pour la douleur qu’elle lui a imposée. Elle sait que l’examen est douloureux et il ne lui viendrait pas à l’esprit de railler une quelconque fragilité de son patient.

“En fait tu devrais plutôt te mettre sur le dos pour aider à refermer le passage… Mais tu fais comme tu veux.”

Elle lui tend le cachet encore sous blister et un verre d’eau à usage unique.

“Tiens et encore merci.”


Elle l’aide à absorber l’antalgique et récupère le verre qui va finir sa brève existence dans le sac prévu à cet effet. Lorsqu’elle se retourne, son patient ne semble pas au mieux. Une rougeur inhabituelle vient teinter ses pommettes.

“Ça va?”

Elle pose la main sur son front, geste dérisoire mais ô combien tendre des mères qui veulent s’assurer que leur enfant n’a pas de fièvre. Elle aurait pu utiliser un thermomètre dont les hôpitaux possèdent plusieurs modèles, mais ce geste est venu spontanément. Devant l’absence de réponse de l’homme à moitié allongé sur la banquette, elle poursuit elle-même d’un ton rassurant.

“Cela devrait passer avec ce que je t’ai donné.”


Mais les prélèvements requièrent un peu d’attention et elle abandonne le cobaye à sa banquette. Dans son dos elle l’entend se tortiller. Le pauvre ! Pas facile de trouver la position idéale. Elle lui a déjà prodigué le conseil le plus judicieux et c’est un grand garçon, s’il ne le suit pas c’est que cela ne lui convient pas et elle peut le comprendre. Dans la gamme des examens anodins c’est sans doute un des plus pénibles et il faudrait tout de même qu’il reste un peu en place. Elle revient alors vers lui et s’assied près de la banquette et lui adresse un sourire réconfortant.

“Si tu avais su que ce serait ça tu ne serais pas venu hein ?”

Mais les signes nauséeux se peignent sur son visage mi livide-mi verdâtre. Presque sans faire rouler sa sellette ni regarder ce qu’elle fait, elle attrape un bassin en inox qu’elle pose sur le meuble à roulette qu’elle aussi fait rouler à la tête de la banquette.

“Si tu as besoin…
Un café ? Hum je vais voir ce que je peux faire...”


A ce moment les doigts d’Alistair se posent sur son poignet et son remerciement sonne étrangement aux oreilles de la rouquine. C’est à elle de la remercier. Elle espère bien en effet que ce prélèvement ajouté aux autres lui sera d’une grande utilité. Pourtant elle entend dans ce merci un peu mélancolique autre chose à laquelle elle ne peut ou ne veut pas répondre. Pourtant elle ne retire pas sa main et ce n’est que lorsque celle de son patient se retire qu’elle s’éloigne pour préparer un café de laboratoire. Le genre de café qui respecte toutes les règles d'asepsie mais qui ne parvient pas à convaincre qu’il s’agit bien de café. Des dosettes et de l’eau distillées passée au four de stérilisation, le tout servie dans un godet du même type que celui qui a permis de prendre l’antalgique. Dans son dos, les questions commencent à fuser, autant que l’état d’Alistair le lui permet en tout cas. Elle attend de revenir vers lui pour lui répondre avec un sourire mi-attendri mi-triomphant.

“Tiens. Je te préviens ce n’est pas un nectar. Maintenant ? Non tu vas rester un peu ici le temps que les douleurs et les nausées se dissipent. La vilaine professeur Knight serait navrée qu’il arrive quelque chose à son précieux cobaye… Pour ce qui est des analyses oui c’est à peu près ça. Tu fais partie des donneurs qui vont me permettre de progresser je pense. Mais je ne savais pas que mes recherches m'intéressaient en dehors du fait qu’elles t’obligent à te prêter à ma cruauté.”

Mais il suffit que l’on croie que les hommes vont ^être raisonnables pour qu’ils tentent de faire les braves.

“Qu’est-ce que tu fais ? Je sais que c’est un peu spartiate ici mais…”

Mais que ce soit son état ou son orgueil de mâle le responsable, il ne semble pas vouloir écouter. Elle a juste le temps d’émettre un pfffff ! dépité devant la tête de mule qu’elle est obligée de le recevoir dans ses bras. Il n’est pas bien gras mais elle n’a pas le gabarit d’un haltérophile et est obligé de l’enlacer sous les bras pour lui éviter de chuter sur le carrelage froid et surtout dur. Elle sent son haleine teintée d’acétone due au stress général de l’examen. Rien de bien glamour, mais elle ne peut le lui reprocher. La peau de son dos est moite sans doute pour la même raison en même temps que de l’effort pour se tenir debout.

“Bien sûr que tu vas rester là encore un peu. Mais qu’est-ce qui t’as pris ?"

Patiemment elle l’aide à reprendre place sur la banquette en même temps qu’elle se pose la question de la réponse qu’elle va lui apporter. Son credo est de ne faire confiance à personne et en même temps, il a bien mérité d’en savoir un peu sur ce qu’elle cherche… Et puis elle ne peut pas en même temps regretter que personne ne s’y intéresse et refuser de répondre lorsqu’on la questionne sur le sujet.

“Ce que j’espère trouver ? Hum c'est encore un peu tôt pour être catégorique. Je suis sur les pistes les plus concrètes depuis que j'ai entamé ce travail, mais c'est encore trop tôt pour crier victoire. En tout cas ton cas est parfait pour vérifier mes hypothèses et dès que je serai certaine de toucher au but tu seras le premier informé."

Au dernier moment elle s'était ressaisie ou rétractée. Oh! Combien elle aurait besoin de pouvoir faire assez confiance à quelqu'un pour partager avec cette personne l'avcancée de ses recherches, mais la peut l'en empêchait. Pas la peur de s'avancer sur la question, non. La véritable peur, celle qui vous fait craindre d'être trahie, démasquée par le camp adverse, celle qui vous tenaille lorsque vous pensez à la mort.

Comme elle aurait aimé lui dire qu'elle était sur trois pistes métaboliques que les sorciers ont en plus des autres humains et qui étaient, d’après ses recherches, liées toutes à la magie. Elle devait vérifier grâce à lui par exemple que ces choses étaient absentes chez les non mages, absentes et ou en très faible quantité chez les cracmols ou les sorciers en devenir et très présentes chez les sorciers affirmés. Elle aurait pu poursuivre en précisant qu’ensuite commencerait un autre travail : s’attaquer à l’une ou l’autre de ces particularités ou idéalement les trois. Mais elle comptait déjà qu’en en neutralisant une seule un pas vers le succès aurait déjà été accompli. Elle oubliait sciemment de révéler qu’elle en parallèle également commencé des tests sur une souche du virus de la mononucléose qu’elle espérait modifier pour en faire un agent agressif contre les organites incriminés dans ses recherches, de même qu’elle recherchait un électronicien fiable pour mettre au point une arme anti magie basée sur une autre de ses découvertes, relative à l'activité électrique des sorciers au moment du lancer de sort. Elle pouvait là remercier la jeune slave qui avait accepté de se prêter à ces enregistrements... La dernière piste était la plus simple en théorie mais nécessitait une intervention chirurgicale en l’état de ses découvertes et n’était pas immédiatement exploitable sauf à… Non c’était trop cruel et barbare. En tout cas elle en avait, de son point vue, dit beaucoup et Alistair pouvait s'enorgueillir de cette preuve de confiance.
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