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 On n'est pourtant pas au Cap Nord! [Août 2001; Torben McRawne]

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Idalina Cadena VerduzcoIdalina Cadena Verduzco
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MessageSujet: On n'est pourtant pas au Cap Nord! [Août 2001; Torben McRawne]   On n'est pourtant pas au Cap Nord! [Août 2001; Torben McRawne] EmptySam 30 Mar - 16:01

Lorsqu’elle poussa la porte du Scottish Inn, elle jeta un coup d'oeil circulaire à l’endroit. Semblable à ce que sa façade promettait, il dessina un sourire amusé et ravi sur les lèvres de la brunette. Comme les panneaux moulurés extérieurs, l’endroit était majoritairement de bois aux tons dorés ou vieillis et les alcôves cosies qui accueillaient les consommateurs augmentaient encore l’impression de chaleur et d’intimité de l’endroit. Les éclairages ajoutaient leur feu à cette ambiance. Appliques et plafonniers de laiton sans doute hérités de la tradition marine de l’île renvoyaient des éclats aurifères qui mettaient des étoiles dans les regards, enjoués pour la plupart.

Elle laissa celles du ciel et les lumières artificielles de la rue qui ne parvenaient heureusement pas à faire oublier la nuit derrière elle. La nuit. Combien de fois elle s’était dit que c’était un peu son domaine? Elle pourrait envisager de mener la vie d’une noctambule mais elle aurait bien trop peur de manquer ce qui se passe le jour. Pourquoi fallait-il donc toujours choisir? Petite fille gâtée, elle avait toujours du mal à supporter la frustration même devenue adulte responsable, enfin c’était l’expression consacrée…

Lorsque le battant de la porte se referma derrière elle, la rumeur de la rue et de la mer disparurent à leur tour pour la laisser profiter pleinement du nouveau cadre qui l’accueillait. Un titre déjà surannée de Queen lui chantait que l’amour était un mot tellement démodé tandis que des arômes de bières et de café reprenaient le dessus sur les odeurs de charbon de la centrale électrique mêlées de brises marines iodées.

“Bonsoir…”

Son accent latino se perdit dans le ouate de l’atmosphère et seul le barman derrière son zinc rutilant tourna la tête vers elle en posant une blonde mousseuse devant un sexagénaire enneigé de la pointe de ses cheveux à celle de ses moustaches ironiques. Accoudé rêveusement, il avait posé une casquette-beret plate anthracite sur le comptoir à côté de lui. De son côté Idalina peu habituée à la disposition des pubs et autres lieux de rencontre britanniques, resta quelques secondes à s’approprier la disposition et se demander quelle serait la meilleure place pour elle.

Elle n’était pas là tout à fait innocemment car ses préoccupations journalistiques ne la quittaient que très rarement. Depuis peu sur l’île écossaise, elle avait laissé derrière elle son réseau de connaissances d’informateurs en tout genre et se sentait professionnellement un peu déracinée, ce qui était pour elle synonyme de quelque chose qui frisait l’incompétence. elle avait donc très vite pris la décision d’écumer tous les lieux possibles et imaginables d’Atlantis. Elle avait un plan de la ville pour tenter d’être le plus méthodique possible, mais se laissait aussi guider par l’inspiration et les conseils de ses rencontres de hasard qui étaient toujours les bienvenus pour une alien comme elle.

Elle réalisa très vite que le Scottishe Inn n’était pas le lieu de perdition qu’on lui avait promis. Tout y était très sage, propre et étouffé. Mais apparemment c’était un lieu incontournable et elle sacrifierait volontiers à la “nécessité” d’en prendre la température. Pour ce faire, si elle s’installait das une alcôve, elle ne verrait ni n’entendrait pas grand chose. aussi se dirigea-t-elle vers un tabouret de bar presque à l’extrémité opposée à l’entrée. Elle haussa son petit mètre soixante sur la pointe de ses sandales à talon en cuir bronze pour se poser sur l’assise . La demoiselle était criblée de complexes physiques et elle avait dû apprendre à masquer au mieux ses handicaps physiques comme elle les appelaient et chaque fois que c’était possible, elle se perchait sur des talons qui lui faisaient gagner quelques centimètres. Le talon droit accroché à l’anneau intermédiaire du pied du tabouret, elle posa son sac à main à fine bandoulière sur le zinc à côté d’elle. Elle portait ce soir là et jusqu’à mi-cuisse, une robe d’été à fines bretelles noire parsemée de marguerites stylisées blanches. L’été offrait à Manadh de superbes journées malgré la réputation d’humidité de l’Ecosse, mais les soirées fraichissaient vite et l'Argentine avait pris l’habitude de prendre de quoi compenser les baisses de température nocturne. Ce soir elle arborait une fine veste courte qui arrivait à peine à la taille et aux manches longues. De larges motifs floraux japonisants lui donnaient des allures d’aquarelle.

Les cheveux lâchés, elle commanda distraitement une bière blonde tout en continuant de détailler les lieux. De là où elle se trouvait elle pouvait voir au fond de l’établissement ce qui semblait être l’incontournable coin jeu des pubs et auberges britanniques avec son billard et sa cibles de fléchettes. Ces dernières y étaient restées fichées,désoeuvrées mais meilleur moyen pour ne pas les perdre. En revanche, quatres hommes entouraient la table de feutrine verte dans les attitudes qui étaient devenues des clichés des adeptes du billard.

Un glissement derrière elle lui indique que sa bière lui a été servie. Elle fait pivoter le tabouret pour contempler la mousse qui fait le dos rond au dessus du bord de verre. Elle sourit, sans doute bêtement cette vision qui lui revient à chaque fois de son enfance lorsque son père y trempait ses lèvres fines. A son tour elle approche la pinte de ses lèvres. elle n’est pas bien certaine de pouvoir aller jusqu’au bout d’une telle quantité, mais les Ecossais semblent exercer sur l’alcool leur sens de la démesure, à moins que ce ne soit juste sur cette île que les choses vont ainsi... Elle croise un instant le regard amusé du barman qui semble avoir lu dans ses pensées. Elle lui renvoie ce sourire assorti d’un petit clin d’oeil. Après tout c’était une entrée en matière comme une autre si jamais il lui passait l’envie d’en savoir plus sur l’endroit par son entremise.

De la pointe de la langue elle attire une noisette de mousse, bien moins parfumée que la boisson dorée qui attend son heure plus bas, mais le doux contact de toutes se petites bulles sur sa langue est à chaque fois un passage qui s’impose à elle. Ce n’est qu’alors qu’elle pose sa bouche sur le verre quitte à se retrouver affublée d’une moustache. Il suffit de sentir la première gorgée pour répondre à la question du pouvoir désaltérant de ce breuvage. Elle est bonne. Verdict simple et basic d’une non connaisseuse. Elle ne voue pas un culte particulier à la bière fût-elle écossaise. Il lui suffit qu’elle soit suffisamment parfumée, amère sans exagération et pas trop corsée. Elle passe sa langue sur sa lèvre supérieure pour effacer les bacchantes, les seules qui la fassent rire. Comment font les moldues sans magie pour faire disparaître ou supporter ce duvet outrageant dès qu’on est un peu brune?!!! Elle repose alors la chope avant de se retourner vers le reste de la salle qui mérite normalement son attention, enfin c’est bien pour cela qu’elle est venue non?

C’était de ce côté que les alcôves abritent les groupes d’amis partageant un bon moment autour d’un bock de bière ou une autre boisson. Passant de box en box, son regard scrute les visage et ses oreilles tendues intercepte les bribes de conversation. La plupart du temps celle sont parfaitement anodines mais la brunette a le don de construire des histoires complètes autour. Elle aime se demander ce qui se cache derrière le sourire de cette femme ou cet air sérieux et austère qui rigidifie le masque de cet homme est-ce vraiment le souci professionnel qui le sculpte ou bien la difficulté croissante de ciseler ses mensonges à ses proches?

Et celui-là qui revient par le porte de derrière un verre à la main? Le cylindre de verre ne pouvait-il pas l’attendre à sa table? Elle cherche du regard de quelle table il peut bien s’agir mais personne ne semble l’attendre, personne ne se retourne alors qu’il arbore une mine satisfaite. Le plafonnier sous lequel ils se tient projette les ombres de ses arcades et de son nez sur son visage le rendant méconnaissable. Le liquide ambré tourne obstinément comme empêché de s’évader par la paroi transparente agitée par des doigts nerveux et un poignet habitué à cet exercice. Il fait un pas en avant et le contre jour dessine une silhouette athlétique. Un pas de plus et la journaliste se mord la lèvre et se retourne vers le bar. Elle plonge le nez dans sa bière en se demandant pourquoi elle a réagi comme ça. Elle est plutôt anonyme, c’est sa nouvelle cible qui l’est moins et qui aurait bien plus de raisons qu’elle de vouloir disparaître. Le doute l’assaille soudain. La probabilité que ce soit effectivement la personne qu’elle croit est infinitésimale et pourtant… Les sosies, ça existe… Elle déteste ce genre d’incertitude. Si ce n’est pas lui qu’importe mais si c’est lui, laisser passer une occasion de savoir ce qu’il fait si loin des states car c’est bien les states sont camp de base?!!! Si c’était bien lui, son dernier exploit s’était déroulé en Californie. Une chance pour lui qu’on ait pu mettre l’incendie qu’il a déclaré sur le compte de la sécheresse! A cette occasion son dossier avait refait surface dans les journaux sorciers. rien que parce qu’il était controversé, cela valait la peine de ne pas le lâcher.

Elle se retourna vers la salle après avoir reposé sa chope. Pas question de laisser une proie pareil se carapater sans rien tenter. L’homme semblait hésiter sur la conduite à tenir et se demander où il allait prendre place. Elle se dit que cela faisait donc pas longtemps qu’il était arrivé. Mais alors pourquoi avait-il déjà promené son whisky, ou un alcool approchant si elle en jugeait pas le couleur et le contenant, à l’arrière du pub?

*¿Està buscando algo aqui?*

Le Scottish Inn était peut être moins sage qu’il ne paraissait… Et si elle se trompait? Si ce n’était pas lui? Il n’y avait pas trente six façons de la savoir et elle pouvait très bien aller l’aborder pour en avoir le coeur net. Elle n’avait pas forcément besoin de prétexte et sa réputation ne la préoccupait pas vraiment. Elle aurait juste préféré ne pas avoir l’air de se jeter sur lui. Stratégiquement il était toujours préférable de laisser l’autre venir à soi. Tant qu’il restait dans l’établissement, il n’y avait pas d’urgence et elle avait appris au fil des années à maîtriser son impatience. Il lui suffisait d’observer et peut être de croiser son regard de façon assez appuyée pour qu’il sente qu’elle l’observe et se demande pourquoi. Pas besoin de se livrer à des oeillades ridicules qu’elle était parfois contrainte de déployer dans des manoeuvres d’approche de certaines de ses cibles lorsqu’elles refusaient un entretien demandé poliment et en bonne et due forme. C’est fou comme certaines personnes s’imagine qu’elle pourrait laisser tomber un projet! Et puis s’il décidait de quitter l’endroit, elle n’aurait qu’à le suivre. Elle l’avait déjà fait, pas filer le train d’un auror expérimenté, mais elle se faisait forte de se montrer assez prudente pour arriver à ses fins. A mesure que les stratégies possible se mettaient en place dans son esprit, elle sentait l’excitation monter en elle. Celle que doivent ressentir tout ceux qui se sentent à deux doigts de toucher le Graal. Elle palpa discrètement l’étui intérieur de sa veste, simplement pour vérifier ce qu’elle savait déjà que sa précieuse baguette l’y attendait fidèlement. Les dés lancés et en haut de son tabouret elle croisa les jambes, ses yeux noirs rivé sur sa proie.
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MessageSujet: Re: On n'est pourtant pas au Cap Nord! [Août 2001; Torben McRawne]   On n'est pourtant pas au Cap Nord! [Août 2001; Torben McRawne] EmptyDim 7 Avr - 16:32

Demande d’entrevue. Officieuse. Carte de presse, d’accord, mais pas d’entrevue dans les locaux des aurors, ou dans ceux du média dont la journaliste faisait partie. Curiosité mal placée sans doute. J’accepte. Je tergiverse. J’hésite. J’aurais dû dire non, sans doute. Encore ma fichue impulsivité. Mais en vérité, j’étais fatigué de fuir, fatigué de me cacher. Ma nouvelle mission devait se faire à la vue de tous, pour qu’elle soit efficace. Les méchants devaient savoir que les aurors étaient sur le coup et qu’ils faisaient tout pour leur tomber dessus, pour sécuriser l’île, l’université, tout. C’était comme ça qu’on arriverait à les empêcher de se lancer dans de nouvelles actions. Je n’étais pas sûr que notre présence seule puisse suffire, mais c’était un premier pas. Quoi de mieux pour diffuser la nouvelle de notre arrivée que de laisser un média sorcier faire son récit des nouveaux venus ? Je savais bien que je n’étais pas en odeur de sainteté, au ministère. Qu’on comptait sur moi, et sur les autres équipes, pour arrêter la spirale de faits étrangers, et la violence. Il y avait sans doute complot à l’oeuvre, et des gens tiraient les ficelles dans l’ombre, essayaient d’atteindre un but qui nous paraissait encore bien mystérieux.


Les méchants…


Qui étaient-ils ? Pâles copies d’anciens extrêmismes assassinés par le progrès et la loi, par le passé ? Est-ce qu’il s’agissait de réminiscences des mangemorts, ou d’autres complotistes de tous bords, anti-union, anti-moldus… Ou anti-sorciers ? Il s’agissait peut être d’anciens « amis » de la période d’infiltration, des années plus tôt.


J’étais venu à l’avance. Vieille habitude. Je n’avais de toute façon pas de famille. Personne qui m’attendait. Le travail avait fini tôt aujourd’hui ; je n’avais encore rien à me mettre sous la dent. Je n’avais rien pour me mettre en chasse. Alors j’étais arrivé en fin d’après-midi. J’avais lu des rapports de situation, notamment sur l’épidémie de Dragoncelle. Il n’en restait pas moins que j’avais un long moment à tuer, et que l’air de rien, je faisais le tour des lieux. Habitude héritée du boulot avec Maugrey, des années plus tôt. Toujours se méfier de tout et de tout le monde, tout le temps. Le vieil auror n’avait jamais eu autant raison qu’avec mon cas personnel… L’ennemi était jusque dans ma maison, jusque dans mon lit. Krystel…


Je me retrouve accoudé au bar. Deuxième pur-feu de la soirée. Je revois son visage, ses boucles sombres tomber autour de son visage. L’odeur de ses cheveux, de sa sueur, de son haleine sucrée. Son regard, rieur. Le son de son rire à gorge déployée, alors que ma tête ressort de dessous la couette.


Et je la revois, des semaines plus tard. Montrant la marque des ténèbres sur son avant-bras, avant de m’embrasser, lascive, de me féliciter de ma nouvelle allégeance. Riant, mais plus de la même façon. Plus comme dans notre intimité. Un rire féroce. Animal, presque. Un rire de bête, de prédateur qui savoure l’hallali de sa proie. Krystel…


Je la revois, son si beau visage marqué par le sang qui le mouchetait. Fixe. Immobile. Figé d’un immobilisme irréel, dans la mort par la magie.


Le regard vitreux, je fais passer l’image, et la sensation d’une peau de crème glaciale au bout des doigts, en m’alignant le reste du verre d’un coup d’un seul. J’encaisse en fermant les yeux, en déglutissant péniblement. Et demande à ce qu’on me resserve. Le barman s’en fiche, et aligne un nouveau godet. Je fais un tour du bar. Il est encore tôt… Mais la nuit tombe, et rafraîchit l’atmosphère. Je repère les portes. Ce sur quoi elles donnent. Les toilettes. Le faux plafond. L’escalier vers l’étage. Les gens. Le bedonnant près de la porte, qui jette des coups d’oeil partout. Les mecs au billard. Je fais un tour dehors. Le tour du bâtiment. La nuit tombe. Il fait frais. Le vent passe dans mes cheveux, me décoiffe en partie. Il m’apporte de l’air, et j’inspire comme un mec qui se noyait. Je reprends mes esprits. Me grille une clope, sale habitude chopée depuis des années sur le terrain du vieux Londres magique. J’écrase la tige presque entièrement consumée à même le sol, en même temps que je me débarrasse, pour un temps seulement, des fantômes qui me hantaient.


Je finis par revenir à l’intérieur. Me sens observé. Elle est là. Je termine doucement mon verre, l’air de rien, devant la partie de billard. Et m’avance après quelques minutes de diversion, pour m’asseoir à côté d’elle. J’entrouvre ma veste de cuir. Lâche quelques mornilles sur le comptoir.



| Un autre, s’il vous plaît. Et je prendrais aussi le verre de mademoiselle. |


Je me tourne vers elle. Me lisse la moustache, avant de lui tendre la main. Regard cerné, rougi par la fatigue, un mauvais train de vie, et les songes d’un futur assassiné.


| Mademoiselle Vercuzco ? Torben McRawne. Qu’est ce que vous buvez? |




I'll play the game
I'll do everything you tell me
All the losers win in the end
I hate the feeling of this weight 
upon my shoulders
Pushing the pressure down on me
You think you want the best for me 
but nothing really matters
If you force it won't come 
I guess I'm feeling numb


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MessageSujet: Re: On n'est pourtant pas au Cap Nord! [Août 2001; Torben McRawne]   On n'est pourtant pas au Cap Nord! [Août 2001; Torben McRawne] EmptyLun 8 Avr - 7:53

Le problème avec son métier c’était de savoir à partir de quand on était manipulé par ses sources. Lorsque c’était elles qui vous contactaient directement les petites alarmes hurlaient comme une beuglante dans le cerveau de la jeune femme mais lorsque c’était elle qui se lançait dans une enquête, elle avait parfois de mauvaises surprises. C’est en vérifiant les allégations qui lui parvenaient qu’elle se rendait compte que quelqu’un essayait de se servir d’elle et de la presse en général. Et avec l’arrivée de la mixité, les choses étaient devenues encore plus complexes comme si los bastardos por todos lados y avaient trouvé de nouvelles opportunités et se trouvaient pour donner d’autres dimension à leurs saloperies. L’avantage d’être une sang-mêlée était d’avoir été initié aux deux mondes, mais cela n’empêchait pas que leur combinaison donnât des résultats inattendus et nuisibles.

A ce petit jeu on ne pouvait pas être toujours du bon côté de l’échiquier et elle avait en tête le cuisant souvenir d’un papier par lequel elle avait cru clouer au pilori un groupe de mangemorts en exil mais… Elle préférait chasser cet épisode au plus vite de sa mémoire, même s’il venait la hanter régulièrement comme une mise en garde perpétuelle contre les évidences. Son amour propre en gardait une marque d’autant plus indélébile qu’elle avait une réputation de cynique qui aurait dû la mettre à l’abri de ce genre de mésaventure. A croire que l’on tombait toujours sur plus cynique et plus fourbe que soi.

En outre elle avait compris qu éteindre un feu que l’on a soi-même allumé se révélait presqu’impossible et sa frustration avait été à la masure de son impuissance, elle qui avait l’habitude de rendre coup pour coup que ce soit dans sa vie privée ou sa vie professionnelle. Elle avait donc appris. à ces dépend certes, mais appris tout de même que plus les choses paraissaient faciles, moins elles étaient ce qu’elles semblaient être.

Pour l’heure cependant, les choses semblaient tout devoir au hasard. Personne ne savait qu’elle allait venir ici, pas même elle. Tomber sur un des aurors les plus controversés n’était dû qu’à sa bonne étoile et elle savourait cet instant comme une sorte de préliminaire amoureux où les choses vont forcément avoir lieu mais où rien n’est joué et que l’imagination a encore toute sa part et on a la certitude de pouvoir encore reculer. Elle pourrait ressortit du Scottish Inn, là, maintenant et il ne se serait rien passé et elle serait passée à côté d’une opportunité mais quoi ? Torben McRawne pouvait très bien être là pour des raisons privées et qui pourrait en vouloir à la journaliste de ne pas avoir tout fait pour en avoir le coeur net? Elle se vantait de ne pas être de cette faune qui harcèle les célébrités pour un vague cliché, un vague scandale, mais elle se voulait réactive, toujours sur le brêche.

Elle avait bien conscience que la frontière entre les deux était ténue et qu’elle se devait une fois ses informations en poche et son article écrit de se poser la question : qu’est-ce que le public y perdrait à ne pas le savoir ? Un ricanement et un peu de bave au coin des lèvres ? Une indignation salutaire, une nouvelle prise de conscience du monde ? Une compassion égoïste et une identification perverse ? Une action sur le monde ? Un levier pour soulever des montagnes ?

De son côté, elle ne se faisait pas de réelles illusions sur sa capacité à faire changer le monde, mais s’appliquait à en renvoyer toutes les facettes à ses lecteurs qui en feraient bien ce qu’ils voulaient. Sa plume se voulait impitoyable mais elle ne la mettait au service de personne en particulier hormis le sien. Quelque chose, l’inné ou l’acquis, lui avait donné cette arme pour gagner sa vie et se débattre dans le monde et elle ne s’en connaissait pas beaucoup d’autres. Elle n’allait donc pas se priver de l’utiliser...

La physionomie de sa cible était difficilement interprétable. Entre le désœuvrement, la mélancolie et la concentration qui ne devait sans doute jamais le quitter, elle se demanda à combien de verres il en était. Sa démarche semblait encore assurée, Si elle avait lu les tabloïds sorciers elle aurait peut-être su si on lui attribuait une bonne endurance dans le domaine de la boisson. Un sourire mi ironique mi dégoûté déforma brièvement ses lèvres. Le manège de l’auror finit par prendre fin et elle le regarda s’approcher du comptoir, se demandant s’il réagissait déjà à sa présence ou si c’était dans ses projets immédiats. Dans les deux cas elle n’avait rien à gagner dans les deux cas à prendre les devants et se contenta donc de faire preuve de patience, qualité qu’elle avait dû apprendre en tant que, elle devait bien l’avouer, petite fille gâtée habituée dans son enfance à obtenir tout ce qu’elle désirait parfois même avant même qu’elle ne le manifeste. L’homme était de ceux qui ont déjà pas mal roulé leur bosse et elle regarda sa veste en cuir, plus de celles qui vous emmène dans des lieux de danger que de celles qui vous habillent pour sortir le soir. De bonne facture, elle était déjà patinée par l’usage.

Son attente ne fut pas longue et se termina avec un tressaillement à peine perceptible. Non, vraiment, on ne pouvait pas lui reprocher de passer par les salamalecs dits d’usage. De son côté, elle n’allait pas s’offusquer de son initiative de lui offrir sa consommation. Elle inclina la tête en signe de remerciement, un sourire espiègle aux lèvres. C’était trop facile mais elle n’allait pas s‘en plaindre.

Mais ce qui ralluma sa méfiance fut cette main tendue et surtout de se faire appeler par son nom. Elle planta un regard qu’elle aurait voulu moins inquisiteur dans les yeux de l’auror qui venait de se présenter. Il n’avait pas l’air au mieux et son haleine répondait à son questionnement sur la dose d’alcool qu’il devait avoir déjà ingurgitée. Les regards cernés donnaient souvent aux hommes ce quelque chose d’usé qui plaisait assez à la brunette, mais les regards injectés de sang, que ce soit de fatigue ou tout autre émotion donnait un air un peu pitoyable et elle ne s’était jamais senti l’âme d’une infirmière.

*¿Tu me conoces? ¿Como es posible?*

Quelque chose ne tournait pas rond, mais elle s’employa à faire bonne figure et répondit à la poignée de main de Torben McRawne et dans l’immédiat faire celle qui le découvrait lui parut la meilleure chose à faire.

“Torben McRawne? Encantada.”

Elle n’était pas bien certaine, soudain, d’être enchantée malgré son accent hispanique chantant, mais on ne dérogeait pas comme cela aux bonnes manières qui vous ont été inculquées durant votre enfance bourgeoise. Son esprit était en ébullition et elle se demandait comment allait tourner cette entrevue tant attendue depuis les dernières minutes. Ce type la connaissait. Elle se demandait bien comment et pourquoi. Contrairement aux personnages qui font la une, les journalistes telles qu’elle se retrouvait rarement en première page et de mémoire, cela ne lui était jamais arrivé. Elle signait ses papiers mais ne se mettait jamais sous le feu des projecteurs. Mais este hombre était un auror, et il avait les moyens de savoir qui elle était. Oui, mais pourquoi ?

“On se connait ?”

Elle était parvenue à repeindre son sourire de circonstance sur son visage tandis que ses pensées continuaient leurs investigations. Rien de bon ne se cachait derrière le fait qu’il la connaisse quoique s’il avait voulu être retors, il aurait joué la même partition qu’elle : le secret et le faux semblant. En première conclusion elle mit alors de côté la possibilité qu’il enquête sur elle pour quelque obscure raison et opta pour celle qui lui paraissait pour l’heure la meilleure, l’utiliser. Restait la question de savoir si c’était l’utiliser elle ou la presse dans son ensemble. Ce mec s’était donné le mal de la rechercher dans elle ne savait quelles archives sans certitude de lui tomber dessus…

*Maldita!*

Elle se demanda soudain s’il l’avait suivi jusqu’ici et dans ce cas cela sentait plus le roussi que ce qu’elle s’imaginait de prime abord. Ou alors et ce serait sans doute la situation la plus confortable, sa mission était dirigée vers la presse dans son ensemble et là il tombait sur elle par chance ou pas… Un instant elle eut dans l’idée d’aller fouiller là où il fallait grâce à son pouvoir acquis de hautes études si ce n’était “lutte”. Mais elle se ravisa. Il serait toujours temps d’employer les grands moyens si nécessaire plus tard. Elle avait depuis longtemps que cela ne s’utilisait pas à la légère. La partie s’annonçait en fin de compte passionnante et elle eut un petit sourire espiègle avant de poursuivre et répondre à son offre. Elle le dévisagea de pied en cape. Avec la bière qu’elle avait déjà avalée, elle ne parviendrait jamais à en avaler une seconde. D’un autre côté refuser l’invitation du l’auror, ne lancerait pas leur relation sur de bon rails. S’il s’était agi de faire tout bonnement la fête, un explosard lui aurait parfaitement convenu mais elle se devait de garder la tête un minimum claire.

“Un hydromel ?”

Elle écarta d’un revers de main la chope au fond de laquelle ne restait plus qu’un reliquat de mousse épuisée, se demandant si elle devait laisser venir ou bien entamer les hostilités. Puis se ravisant, elle décida de rester sur sa ligne d’innocente jeune femme ignorante de qui l’a abordée. Elle s’accouda au zinc soutenant son menton de son pouce et pris l’air des plus intéressés. S’il avait besoin d’encouragement pour s’expliquer sur sa manière directe d’aborder les jeunes femmes sans cacher qu’il s’était renseigné sur elles, il avait ce qui lui fallait. De son côté, les questions se bousculaient dans l’esprit d’Idalina et elle souhaitait en savoir bien vite plus.
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MessageSujet: Re: On n'est pourtant pas au Cap Nord! [Août 2001; Torben McRawne]   On n'est pourtant pas au Cap Nord! [Août 2001; Torben McRawne] EmptyJeu 18 Avr - 9:56

Je ne détaillais pas du regard la jeune brunette ; déjà parce que c’était malpoli, ensuite parce que je ne voulais jamais donner à quiconque l’occasion de dominer les débats par la suspicion d’atouts naturels mis en avant, d’éléments physiques qui pouvaient servir à la diversion de l’esprit. Je savais que les journalistes aimaient bien ce genre de ragot, et qu’ils raffolaient un peu trop de ce genre de distraction. Combien de représentantes de feuilles de choux avaient pensé que revêtir des tenues extravagantes ou qui les mettaient un peu trop en valeur, allait les aider avec moi ? Sans doute un peu trop. Je ne savais pas quels signaux je renvoyais mais il y avait toujours ce test presque permanent, comme si un jour ou l’autre, ça marcherait. Peut être… Qui étais-je pour juger, pour présager des intentions des uns ou des autres, ainsi que de ma propre résistance ? Qu’importe au final. L’espace d’un instant, je doute. La fille ressemble bien à la photo que Webster m’a dégotée mais au final, je me demande… Elle a l’air réellement surprise de me voir, ou elle sait bien jouer, ou c’est moi qui me fais des idées ? Allez savoir. Le fait est qu’elle est jolie, avec sa robe d’été et sa longue chevelure brune. Elle a l’air avenante, mais sans fioritures inutiles ; une femme belle, mais intelligente. Le genre dont il fallait se méfier ; l’intelligence est toujours plus synonyme de force que quoi que ce soit d’autre. Quoiqu’il en soit, je me rends bien compte que je débarque comme un cheveu dans la soupe. Et je me demande si je n’ai pas encore fait une bêtise.


Je bois trop sans doute, ces derniers temps, et voilà que je perds le fil. Peu à peu, depuis deux ans, je perdais pied avec la réalité.


Poudlard n’avait pas tué un univers. Il n’avait fait qu’en changer les dynamiques. Le monde était bien vite reparti, mais il n’était pas sans m’avoir d’abord laissé sur le carreau. J’étais resté à Poudlard, ce jour-là. Comme tous ceux qui étaient morts. Physiquement, j’allais bien, mais en tournant ma baguette vers Krystel, j’avais perdu un sacré bout de moi-même.


La journaliste me dévisage comme si je la déconcertais, comme si je la prenais au dépourvu. Elle me sert la main mais dubitative, comme si elle était réellement surprise de ma manière de prendre les choses en main. Naturel, comme toujours, je réagissais en fronçant les sourcils d’incompréhension. Pourquoi était-elle surprise de mon approche si elle savait déjà que je venais ? C’était à n’y rien comprendre. Elle me serre la main et rebondit sur mon nom. Me dit en espagnol qu’elle est enchantée. Je prends place… Mais mal à l’aise, un rien. Ca sentait l’impair à plein nez, tout ça.



| De même... |


Accent à couper au couteau, ça ne devait pas être si habituel pour elle de parler anglais ? Je n’en savais rien, si mon métier et ma vie m’avaient appris beaucoup de choses, de mon côté les langues ça restait quelque chose de totalement nébuleux, je préférais m’en référer à de la magie pour me faire comprendre, au besoin. Quoiqu’il en soit, l’impression que j’avais était d’un coup renforcée par sa question suivante, si on se connaissait. Mon visage se décomposait, la méprise semblait évidente même si je n’en connaissais pas encore la cause ou la nature réelle…


Mon petit doigt me soufflait que Webster devait être concerné.



| Vous n’êtes donc pas la journaliste avec qui j’avais rendez-vous, j’imagine. Mon jeune binôme doit avoir confondu les noms ou je ne sais pas… Je lui avais demandé de me sortir ce qu’il pouvait trouver sur la journaliste que je devais rencontrer aujourd’hui. Soit il s’est trompé de nom, soit il a pris le rendez-vous de quelqu’un qui voulait se faire passer pour vous. Gageons que c’est simplement une erreur de ce jeune sot. |


Je soupirais. C’était facile de faire des erreurs, dans notre métier, quand on multipliait les dossiers. Mais c’était pour cela qu’au fond, on avait inventé le café, et qu’on en avait répandu la consommation. Je me frotte un instant les yeux, et me masse l’arête du nez entre le pouce et l’index.


| Désolé pour la confusion, vraiment. |


Mais elle proposait un hydromel et semblait intéressée… Tu m’étonnes. Tomber sur le mouton noir des aurors ça fait toujours bon genre quand on bosse dans la presse, et puisque je devais parler à quelqu’un et que personne d’autre ne se manifestait...


| Va pour un hydromel. Deux, s’il vous plaît | signalais-je par-dessus le comptoir.


Je me retourne vers la jeune femme.


| Vous restez journaliste, même si vous n’êtes pas celle que je devrais rencontrer. L’interview, je vous l’accorde. Si vous voulez. Comme ça je pourrais justifier auprès de mon patron que j’ai parlé à la presse, et vous, vous aurez un papier qui tombe du ciel. Et le second verre sera pour vous. D’accord? |




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MessageSujet: Re: On n'est pourtant pas au Cap Nord! [Août 2001; Torben McRawne]   On n'est pourtant pas au Cap Nord! [Août 2001; Torben McRawne] EmptyVen 19 Avr - 9:55

Les choses commençaient à devenir effrayantes ou infiniment intéressantes, au choix. Pour Idalina, cela revenait souvent au même, voilà ce que c’est de vouloir à tout prix conjurer ce qui fait de nous ce que nous sommes ! Fille à papa élevée comme telle, elle en était consciente. Si elle ne l’avait pas été, ses chères camarades de Castelobruxo ne s’était jamais privé de le lui rappeler. Comme d’ordinaire, elle rendait coup pour coup mais avait cherché à savoir ce qui faisait d’elle une cible pour ce genre de raillerie.

Parmi tous les vices de fabrication qui font de vous une fille à papa, il y avait le coton, le velours ou même la soie qui vous avaient protégée contre le monde extérieur de préférence hostile dont elle ne connaissait, elle avait bien dû l’avouer, que peu de chose malgré sa promenade imposée par son précepteur et qui l’avait poussée vers l’écriture. Pour être complet sur le sujet, on pouvait assez aisément dire qu’un rien était susceptible de l’effrayer. Pour une sang-mêlée, il n’avait pas été toujours facile de trouver complètement normales les activités et les créatures magiques et des motifs de sursauter ou tressaillir avaient “t”é les premiers temps légion. Bref c’était une trouillarde, identifiée comme telle et elle résolut de se débarrasser de cette facette d’elle-même surtout si comme en avait fait un objectif elle voulait être une journaliste digne de ce nom. On a parfois des images de sa future profession…

Elle avait donc commencé à se lancer des défis afin de mettre à l’épreuve un courage quasi inexistant. Commencer par une escapade nocturne en dehors de l’école lui sembla une bonne idée. Faire le mur au mépris des rondes des surveillants est de tout temps un des sports préférés des pensionnaires. Elle ressentit tout, la peur de se faire surprendre et pourquoi pas renvoyer ou de se faire dépecer par une des créatures nocturnes rodant autour de l’école, la monté de l’adrénaline, les jambes qui flageolent délicieusement une fois l’objectif atteint et le sourire vainqueur d’en avoir été capable. Il n’en fallait pas plus pour qu’insensiblement elle devienne non pas une tête brûlée, mais assez sûre d’elle pour ne pas se laisser arrêter par le danger physique, voire y trouver parfois une motivation supplémentaire.

Se sentir attendue là où elle-même ne savait pas qu’elle irait était au minimum intrigant et lorsqu’il s’agissait d’un auror, la crainte n’était jamais très loin. Ces derniers n’étaient pas réputés pour se déplacer pour rien. Soit, ils avaient quelque chose à vous reprocher soit ils attendaient quelque chose de vous et dans les deux cas c’était les ennuis qui frappaient à la porte de votre petite vie tranquille, même si la journaliste avait fini d’apprécier les petites vies tranquilles.

Torben McRawne avait aussi l’air de jouer au chat et à la souris avec elle. Outre la possibilité que ce ne soit pas très flatteur, elle se demandait bien ce que pouvait cacher sa façon de ne pas vraiment le regarder, ou en tout cas pas très en face. Les idées se bousculaient plus que de raison dans sa tête. Elle trouvait trop d'explications possibles et ne parvenait pas à se faire une idée définitive. Pour le moment, cela n’était pas indispensable. Les choses allaient sans doute se décanter, mais pour le moment le mystère était un peu trop épais à son goût, jusqu’à la motiver à un peu de légimentie. Mais elle se ravisa. La possibilité pour qu’un auror soit capable d'occlumancie était loin d’être négligeable et cela n’engagerait pas leur relation sur de bons rails et la mettrait en difficultés si elle était démasquée.

Pour le moment elle avait décidé de se contenter de se faire une image de la personne qu’elle avait en face d’elle. Les aurors étaient le genre de personne qui se complaisent dans l'anonymat, la discrétion et pourtant si elle avait reconnu celui-ci c’est qu’il avait déjà fait parler de lui. Pour être honnête, elle n’avait lu qu’en diagonale les frasques dont il était accusé. Elle n’avait retenu de tout cela que l’homme avait des méthodes désapprouvées et un tantinet directes voire expéditives. En même temps les feuilles de chou qui avait fait leurs beaux jours de ses exploits n’étaient pas celles qu’elle estimait le plus et il était fot possible qu’elles aient monté tout cela un peu en épingle. Il était encore auror et c’était un élément qui plaidait en sa faveur. La brunette n’imaginait pas que les forces magiques gardent en son sein quelqu’un de douteux à ce point. C’était sans nul doute un élément de valeur s’il n’avait pas sauté après les affaires qui l’avaient éclaboussé.

En l'occurrence, ce dont elle commençait à être à peu près certaine c’était que l’homme n’avait pas de temps à perdre. Sa façon de se plier au salut presqu’à contre cœur comme une chose inutile était là pour en témoigner et sa première répartie en disait long sur l’inutilité qu’il semblait prêter aux conventions sociales. Simple rustre et ours mal léché ou alors personnage détaché de ces choses qu’on pouvait très bien prendre pour des fioritures hypocrites et superflues même si Idalina pour sa part ne pouvait imaginer débuter une relation sans elles. En effet, elles étaient propices à se faire une idée du premier contact, mais aussi à rassurer ou plus si affinité son interlocuteur. Autant dire qu’elle marchait là sur des œufs et qu’elle ne comptait pas trop sur son aisance relationnelle pour faire avancer ses affaires.

D’un autre côté l’apparente rectitude de l’auror ne présageait rien de la clarté ou de l’innocence de ses intentions et la journaliste en revenait toujours à son point de départ.

*¿Por qué yo? ¿Por qué ahora y aquí? ¿Cómo fue posible?*

Finalement, elle retint un sourire en observant l’air déconfit qui se peignit brièvement sur le visage de l’homme. Visiblement quelque chose lui échappait aussi, de quoi rassurer la jeune femme qui sentit plus à l’aise en constatant une brèche dans la partie qu’elle considérait pour l’heure comme adverse. Et chaque fois qu’il y avait une brèche, il y avait forcément une faiblesse à exploiter, encore fallait-il trouver laquelle…

Pour ce faire, garder le silence et observer était la meilleure attitude à adopter d’ailleurs, soit qu’il soit bavard soit qu’il tentât de justifier, assez maladroitement d’ailleurs, le malentendu, il ne se montrait pas avare en justification et en explication. Entre temps, la jeune femme avait quitté son attitude inquisitrice pour se redresser et croiser les jambes. L’avant-bras sur le zinc laissait pendre mollement sa main droite dans le vide tandis que l’autre attendait sagement sur sa cuisse. Elle ne cilla pas aux excuses de l’auror qui venait peut-être de lui fournir de quoi asseoir sa position

En effet, visiblement, soit le type était un excellent comédien soit il était autant victime qu’elle du malentendu. Elle se dit qu’elle pouvait faire d’une pierre deux coups, profiter de ce rendez-vous imaginaire et, même si en général, le bien être d’autrui ne lui importait pas plus que de faire un croche-patte à une “bonne copine”, sortir le soi-disant binôme du sale drap dans lequel il pouvait s’être mis avec la bévue évoqué par celui qu’elle supposait être l’instructeur ou quelque chose d’approchant. Imaginer la beuglante qu’il pourrait recevoir ou pire la même chose en tête à tête de la part de Torben McRawne lui dessina un petit sourire ironique qui lui fut une parfaite introduction à la suite qu’elle comptait donner à la suite de la conversation. Elle profita qu’il l’interpelle sur la pris en charge des consommations pour reprendre la conversation à son compte en prenant un air mi-sérieux, mi-navré.

“ En fait c’est à moi de m’excuser. Pas d’inquiétude. Vous êtes bien au bon endroit et avec la bonne personne. C’est peut-être un peu discutable, mais j’essaie toujours de m’assurer comme je peux que la personne en face de moi est bien ce qu’elle prétend, comme vous vous renseignez avant de vous présenter à un rendez-vous. J’espère que vous comprenez?”

C’était un peu risqué, mais en mettant l’autre dans la position de l’éventuel imposteur, elle espérait prendre un petit ascendant sur son interlocuteur apparemment chagriné de cette entrée en matière mais que la perspective d’un verre semblait remettre en selle. De son côté la journaliste nota dans un coin de sa tête, le fait que parler à la presse serait bien vu par la hiérarchie des aurors. Soit ces derniers avaient vraiment changé leur attitude vis à vis des journaux, soit il y avait une stratégie derrière tout cela et la brunette cherchait déjà dans son esprit quel pouvait bien être ce plan.

“Pour me faire pardonner, c’est moi qui invite.”

Elle ponctua sa dernière phrase par un sourire éclatant qui ne laissait pas de place à la protestation. Elle tira de son sac le calepin qui ne la quittait que rarement ainsi qu’un crayon de graphite qu’elle fit tournoyer entre son index et son majeur. Malgré le projet Atlantis la jeune femme ne savait pas jusqu’à quel point les moldus qui pouvaient se trouver dans la salle acceptaient ou non la magie et en tant que sang mêlée scolarisée chez les moldus jusqu’à ses onze ans elle maniait l’objet assez aisément pour prendre en notes ce que lui dirait l’auror. En même temps elle prit l’air sérieux de celle qui se concentre pour ce qui constitue le coeur de son métier et une grande partie de sa vie. La concentration était d’autant plus intense qu’elle allait se lancer dans une improvisation. Bien sûr, ce n’était pas la première fois qu’elle se livrait à cet exercice, mais elle aimait toujours mieux avoir préparé son sujet comme se renseigner sur les états de service de l’auror par exemple. Elle choisit donc de se livrer à une petite introduction destinée à la fois à mettre son interlocuteur dans de bonnes dispositions et à se construire une trame qu’elle aurait tout le loisir d’affiner durant les réponses de Torben McRawne. Elle croisa résolument son regard afin de lui prouver qu’elle n’était pas là pour lui réserver un éventuel coup fourré et qu’elle allait jouer franc-jeu.

“Je vous propose qu’on entre dans le vif du sujet en commençant par les questions classiques sur vous puisque vous êtes ma source du jour pour finir peut-être par celles qui vous sembleront plus perfides, mais rassurez-vous cela n’aura rien de personnel. Cela fait juste partie de mon métier.”

Elle marqua une légère pause pour un sourire rassurant et tenter de capter sur la physionomie de son interlocuteur son état d’esprit. Mais comme il avait annoncé qu’il était là pour elle, elle n’attendit pas qu’il émette de réserve. L’avantage lorsqu’on est une petite fille gâtée est qu’on n’a pas l’habitude d’être contredite et qu’on n’imagine même pas qu’on puisse vous refuser quoi que ce soit, et ce, en toute innocence. Elle pointa le coin supérieur gauche de sa page de calepin et démarra cette interview inespérée. Entre temps deux claquement de verre presque simultanés sur le comptoir marquèrent l’arrivée devant eux des deux Hydromels.

“ Plusieurs questions en une. Pouvez-vous nous éclairer ce qui pousse à un moment de sa vie, de sa formation, une personne telle que vous à vous engager parmi les aurors?  Qu’y a-t-il de commun, d’après vous, entre tous les défenseurs du monde magique que vous êtes ?”


Elle haussa les sourcils en direction de Torben McRawne dont les yeux l’avaient un instant, abandonnée pour se porter vers son verre d’hydromel.
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MessageSujet: Re: On n'est pourtant pas au Cap Nord! [Août 2001; Torben McRawne]   On n'est pourtant pas au Cap Nord! [Août 2001; Torben McRawne] EmptyJeu 16 Mai - 15:47

J’avais toujours entretenu de drôles de relations avec les journalistes. Et quand je dis drôle ce n’était pas pour rigoler. Certains avaient couvert plusieurs de mes enquêtes au fil du temps. Il y avait ceux pour lesquels je représentais encore en partie des aurors « à l’ancienne », prêts à dégainer la baguette et d’assurer la justice envers et contre tout, au besoin contre la hiérarchie ou les dogmes qu’on nous enseignait à l’école, ou au ministère. Ils n’existaient presque plus, ces journalistes-là. Maintenant ils parlaient plutôt des « pertes et fracas » provoqués au gré des turpitudes que je devais affronter au milieu de mes affaires. Maintenant, la coupe était souvent pleine, et mes patrons n’aimaient pas trop la mauvaise presse que certaines interpellations avaient pu produire. Après tout, les dégâts matériels, collatéraux de duels sorciers ou d’autres modes d’interpellation musclé, ça avait son charme, mais ça ne durait qu’un temps. C’était plus grave quand il y avait suspicion que ça gâte tout mon travail d’enquête, que ça jette le doute sur mes compétences et que la sincérité des aveux que j’avais pu extirpé, ou sur la véracité même des preuves collectées.


Les journalistes, c’était à double tranchant, donc.


J’avais toutefois assez d’expérience pour savoir que c’était indispensable de leur parler, parce qu’ils n’attendraient pas mon bon vouloir pour mettre le nez dans l’avancement de mes enquêtes et qu’ils pouvaient constituer une gêne non négligeable selon la situation. Mieux vaut prévenir que guérir, disait l’ancien adage. Je n’avais jamais été un énorme adepte de la prévention, plutôt de la sanction… Mais il fallait en reconnaître les vertus malgré tout. D’autant que mes responsables s’étaient montrés directs, sans détour. Ils avaient besoin que les affaires soient bien menées, que nos actions sur le terrain soient nettes. Parler à la presse en commençant pour essayer de rassurer la population, ça ne pouvait pas s’avérer contre-productif. Sauf si je déraillais ? Peut être ; je buvais trop, et je n’étais déjà plus très clair. Mais j’avais confiance en moi pour gérer les choses.


Je me montre direct, frontal. Je n’aime pas être pris au dépourvu et l’espèce de schmilblick qui nous arrivait ce soir n’était pas pour me mettre dans de bonnes dispositions, c’était clair. La jeune femme garde le silence, elle m’écoute parler et croise les jambes, visiblement patiente. Je reconnaissais l’attitude de la journaliste qui flaire quelque chose, qui ne parle pas pour me laisser me lancer tout seul dans des explications, dans des justifications. La brune est jolie, en fait, maintenant que je prends le temps de la regarder. Elle a un charme sauvage, très hispanique, sud-américain. Je me demande d’où elle vient, car je ne l’avais jamais vue avant. Mais Webster semblait penser que la rencontrer au départ était une bonne idée… Ou alors, nous nous étions parfaitement mal compris. Mais elle dissipe rapidement mes doutes.


Je lui lâche un sourire en coin ; l’alcool déjà ingurgité me pousse à lui accorder ce point.



| Et après avoir été l’imbécile qui ne suit rien de ses rendez-vous, je suis l’imbécile qui se fait avoir comme un bleu. Bravo, Miss Verduzco. Bien joué. Je vous excuse, puisque vous avez s vous montrer si maligne, j’imagine que je serais bien mauvais joueur que de me rebiffer. Ca va pour moi. Je comprends. Passons directement à notre « rendez-vous », pour oublier cette pantalonnade? |


Hâte de passer à autre chose, c’était le moins que je puisse dire. Je souris plus largement quand elle dit qu’elle m’inviter pour se faire pardonner.


| Vous savez comment vous faire pardonner, vous. Très bien alors. |


Je n’allais certainement pas me battre avec quelqu’un qui voulait payer quelque chose. Je n’étais pas pingre, mais j’étais le premier à sortir mes mornilles, et j’adorais ça. Alors si d’autres ressentaient le besoin ou l’envie de faire plaisir, je n’allais pas faire la fine bouche et camper le type revêche ; mon petit doigt me soufflait que je n’avais sans doute pas grand-chose à cacher de ce point de vue-là ; la belle brune ne tarderait pas à se rendre compte, sans doute, qu’elle était en train de se coltiner l’un des plus grands connards du pays. J’apprécie son regard franc, concentré. Je me méfie des gens qui cillent, qui cherchent à éviter de croiser vos yeux. Je n’ai absolument jamais eu confiance dans ce genre de personne, et quelque chose me poussait à en nourrir pour cette inconnue. Malgré son petit coup fourré de prime abord, malgré le fait que nous occupions des emplois qui pouvaient nous plonger dans les plus stupides des antagonismes.


Je continue de sourire, alors qu’on finit par nous apporter les boissons. J’entrechoque mon godet contre le sien, alors qu’elle me dit qu’elle va d’abord me mettre en confiance, sans doute, avec des questions faciles, avant de se montrer un peu plus vicieuse.



| C’est de bonne guerre. J’essaierais de me montrer aussi franc que possible sans entraver les enquêtes en cours, et leur bon déroulement. Vous comprendrez que je n’ai pas le droit de parler directement d’affaires en cours d’instance ; le Mangenmagot l’interdit dans ses procédures. Il y a toutefois certaines choses que je pourrais vous dire, au moins d’ordre général. |


Et bien sûr, sur moi. On y viendrait forcément ; ils y arrivaient tous, finalement. Elle me prend toutefois à contrepied quand elle me demande directement des choses personnelles, liées à mon engagement chez les aurors. Je la dévisage, un rien surpris. Je réfléchis, un instant, trempant mes lèvres dans mon verre.


Impossible de ne pas penser à Krystel à cet instant.



| Je pense que c’était avant tout le désir de faire quelque chose d’utile pour les gens. De vivre une aventure. Moi, ça a commencé comme ça. J’étais jeune, et j’étais stupide. A l’époque, Vous-Savez-Qui était en pleine ascendance. Je suis devenu apprenti auror dans cette époque troublée. Je pensais que ma logique et ma capacité d’analyse pouvaient aider, et aussi, je dois l’avouer, je voulais me servir de ma baguette… Un fort désir de combattre l’injustice, et le mal à l’état pur. Vous comprenez, chez les aurors on ne s’occupe pas de politique ; on fait ce qui doit être fait pour protéger les gens. Je pense qu’il y a pas mal d’empathie, chez tous ceux que je connais qui font ce métier. On se met à la place des gens. Ce n’est pas facile, d’apprendre à ne plus le faire pour rester concentré, mais… On vit avec eux leurs drames, et on veut tout faire pour leur rendre justice. |




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MessageSujet: Re: On n'est pourtant pas au Cap Nord! [Août 2001; Torben McRawne]   On n'est pourtant pas au Cap Nord! [Août 2001; Torben McRawne] EmptyVen 17 Mai - 13:58

Elle se demandait bien comment elle pouvait qualifier cette rencontre. Le terme d’étrange ne voulait pas dire grand-chose, mais en tout cas ce n’était pas une rencontre simple. Idalina sentait qu’il y avait là une opportunité à ne pas laisser passer et en même temps, le fait que ce soit vraiment trop beau pour être vrai la laissait méfiante et elle marchait sur des œufs. Un auror ne pouvait pas être totalement franc du collier. Elle ne les en blâmait pas et était capable de comprendre qu’ils cherchent à cacher certaines choses ; Publier tout et n’importe quoi sur leurs activités pouvait les mettre en échec voire en danger. D’un autre côté, de son côté de journaliste, les choses étaient faites pour être portées à la connaissance du public et sans rencontre et relation constructive avec les agents de l’ordre magique, il était parfois difficile de faire la part des choses.

Jusqu’à présent elle n’avait eu affaire à ces personnages haut en prestige que rarement, car se méfiant de ce que les autorités pouvaient distiller comme information à la presse. Dan nombre de dossier qu’elle avait traités, la corruption ou tout au moins l’indifférence à l’égard de certaines pratiques était suffisamment prégnante pour qu’elle évite de se frotter directement à eux. Elle avait en mémoire des opérations d’intimidation dont elle avait été la cible et qui avait un relent d’auror un peu trop prononcé à son goût, même si elle n’était jamais parvenue à le prouver. L’avantage avec eux c’était qu’on ne risquait pas de se faire dézinguer d’entrée de jeu et que leurs méthodes étaient progressives et c’était ça qui l’avait alertée. Lorsque des hommes de main lambda passaient à l’action, les choses étaient plus rapidement définitives et elle avait eu déjà à déplorer la mort de collègues, pas forcément de son journal, mais tout de même, sous les coups des mafias aussi bien moldues que magiques.

Il y avait donc une méfiance réciproque entre la brunette et les aurors en général qui avait empêché jusque-là l’instauration de lien qui pouvait exister entre n’importe quelle force de police et la presse. Ces deux institutions pouvaient à l’occasion faire bon ménage à condition que chacun soit disposé à respecter les termes d’un contrat tacite ou non qui impliquait que l’un ne publiait rien sans l’aval de sa source policière et que l’autre accepte de communiquer sur l’affaire en cours, avec ou sans exclusivité selon les intrications de réseaux. Le culte du secret des aurors n’aidaient pas jusqu’à présent la presse à faire son travail et provoquait une sorte de compétition entre eux et la presse avide de leur couper l’herbe sous le pied lorsqu’elle le pouvait et l’argentine ne faisait pas exception à la règle.

Elle marchait d’autant plus sur des œufs que le spécimen d’auror qu’elle avait en face d’elle avait réussi à se faire une réputation bien à lui. Un peu sulfureuse, un peu rocambolesque, un peu Potterienne pour tout dire. Elle pouvait donc s’attendre à tout et le fait qu’il vienne vers la presse sans se faire prier était assez déroutant. Elle devait donc se montrer circonspecte avec toutes les réponses qu’il lui soumettrait si elle ne voulait pas se faire rouler dans la farine. Pour l’heure elle se félicitait de la tournure que prenaient les événements, mais même cette satisfaction était teintée de méfiance. Cependant, arrivée depuis peu sur l’île, Idalina ne pouvait se permettre de laisser passer une occasion de lier un contact avec une star des aurors qui avait en plus de sa réputation des états de service bien fournis. Il faudrait d’ailleurs qu’elle fouille un peu sa fiche après cette soirée, ce qu’elle savait de lui reposait trop sur les papiers de ses confrères et elle connaissait leur propension à embellir ou à forcer le trait. D’un autre côté, si ses souvenirs ne la trahissaient pas il était plutôt basé outre-Atlantique et elle se demandait bien ce qu’il pouvait venir chercher à Atlantis et s’il était là juste pour une affaire ou pour une installation plus durable. Elle espérait bien être éclairée durant la soirée qui s’annonçait délicate mais passionnante.

Pour être honnête, si sa tentative d’approche ne fonctionnait pas elle ne pourrait pas en vouloir à son contact improvisé. Elle se connaissait et savait qu’elle n’avait que peu de morale. Disons juste assez pour avoir la confiance des gens mais pas forcément suffisamment pour ne pas faire passer ses propres intérêts au premier plan. La fille était égocentrée et du genre cynique mais elle avait compris qu’il y avait des codes à respecter si l’on ne voulait pas avoir une réputation de pute qui vous ferme toutes les portes si on ne respectait pas. Le secret des sources n’était donc pas une vaine notion pour elle et un minimum de loyauté imposé par les intérêts réciproques de son réseau était de mise. Moyennant quoi elle parvenait à allier son opiniâtreté à un travail propre et à conserver un réseau opérationnel et relativement sûr.

Quoi qu’il en soit les choses passaient plutôt bien et donc peut être un peu trop bien pour ne pas inquiéter Idalina. L’humour de l’homme augurait objectivement d’une entrevue agréable mais elle décida de se montrer prudente en même temps de que lui faire bonne figure tant que les choses se passaient bien et qu’elle parvenait à garder le contrôle des choses. Un sourire amusé, accompagné d’un geste évasif et elle signifiait que ce n’était rien et qu’elle appréciait le fair play de l’auror, même s’il était peut-être en train de lui faire à l’envers en ce moment même. Vivement qu’ils rentrent dans le vif du sujet car cette partie de chat et souris allait sans doute mettre quelqu’un mal à l’aise si elle se prolongeait. D’ailleurs Torben McRawne semblait penser la même chose ou pressé d’en terminer, enfin quelque chose qui arrangeait grandement la brunette. Il fallait juste qu’elle assure en matière d’improvisation. Il ne fallait pas qu’elle laisse à penser qu’elle n’avait pas préparé son interview, exercice de corde raide qui allait solliciter toutes sa concentration et son expérience malgré encore une carrière pas si longue.

Les boissons arrivent Idalina ne boude pas son plaisir de choquer son verre contre celui de son interlocuteur. Pour être honnête, les relents de son éducation de bonne famille la rendraient plutôt réticente à ce genre d’effusion un peu peuple, mais dans le cadre professionnel elle avait appris à ne se formaliser d’aucune familiarité et se pliait volontiers aux traditions et coutumes, comme si à chaque fois elle se mettait dans le peau d’un ethnologue zélé qui n’aurait à se formaliser de rien et dont la plus grande qualité serait de se fondre dans le milieu dans lequel il avait décidé de mener ses études. Elle enchaîna donc par une gorgée avant de se mettre en demeure d’entamer son interview. Il ne la berçait pas d'illusions sur ce qu’il allait pouvoir lui révéler et elle préférait cela à des promesses non tenues qui changeraient son opinion sur la personne qu’elle avait en face d’elle et nourrirait une certaine rancune à son égard. Au moins tout ce qu’elle obtiendrait, elle ne le devrait qu’à elle et elle adorait se dire qu’elle avait bien travaillé. A elle de se montrer assez fine pour flirter avec les limites et sentir où il fallait appuyer pour provoquer des confidences non prévues.

“Je comprends. Votre profession n’est pas anodine et le silence est parfois indispensable.”


Elle comprenait certes, mais elle tenterait tout ce qu’elle pourrait pour en obtenir toujours plus. En tout cas, tous les deux savaient à quoi s’en tenir sur l’autre, en tout cas en apparence. Ou pas car la brunette ne peut ne pas remarquer l’effet que sa question a sur Torben McRawne. Elle espère qu’elle n’y a pas été trop fort car cette question était plutôt anodine de son point de vue. elle n’allait tout de même pas lui demander de lui parler de ses habitudes au petit déjeuner! Détendre son interlocuteur avec ce qui le motivait lui en premier lieu était ce qu’elle pratiquait assez couramment. Mais peut-être n’était-il pas habitué à l’exercice et la surprise n’était-elle due qu’à ce paramètre… La première chose qui s’impose alors est de la laisser reprendre ses esprits et de ne pas le laisser croire qu’elle le prend comme cible avec le but de le déstabiliser. Qu’est-ce que ce sera lorsqu’elle tentera d’en savoir plus sur sa présence à Atlantis ! Elle prend donc son verre et détourne le regard, brièvement pour ne pas trop perdre des messages non verbaux de l’homme, vers le zinc.

Enfin, les premiers mots de réponses confirment que les choses sont lancées. La mine de graphite court sur les pages de son carnet. Elle se demande s’il s’interroge que le fait qu’elle n’utilise pas de sort d’écriture pour faire faire le travail à son crayon. Ses doigts sont plutôt agiles et elle peut prendre mot à mot les paroles de l’auror; C’est un bon exercice de concentration qui lui permet de penser à la suite de l’entretien. On est en territoire soi-disant mixte et progressiste mais par expérience elle sait que les gens ne sont pas toujours aussi ouverts qu’il y apparaît et qu’ils peuvent être choqués par l’intrusion de la magie dans leur environnement proche. La tranquillité valait bien quelques petites crampes à la main...

Au fur et à mesure elle analyse cette première réponse comme elle a l'habitude de le faire en se demandant s’il fallait rebondir dessus ou déjà progresser dans la suite des questions et sujets à aborder. Tous les ingrédients de ce qui fait un héros sont rassemblés dans ce qu’il lui sert comme argument. Se rendre utile et empathie, l’aventure et le désire d’en découdre, la lutte contre le mal et désir de justice, comment être en désaccord avec tout cela et comment ne pas penser qu’il s’agissait là d’un discours bien rôdé ? Même la référence à sa soi-disant stupidité faisait un peu convenue aux oreilles de la journaliste. Heureusement une certaine conscience de sa valeur et la futilité de l’usage de sa baguette venaient tempérer l’image un peu trop parfaite de l’Auror protecteur des innocents. Plusieurs points pouvaient lui permettre de rebondir et elle pouvait de ce fait hésiter sur la poursuite de l’interview. Mais son désir de progressivité lui permit d'enchaîner.

“Des motivations très nobles…”

Aller dans le sens de son interlocuteur ne pouvait pas faire de mal ne serait-ce que pour lui montrer qu’il ne s’agit pas de l’agresser ni de le pousser dans ses retranchements, même si ce moment arriverait sans doute...

“Et maintenant ? Après toutes ces années, en quoi votre vision de votre métier et de son évolution a changé ? Si c’était à refaire ? ...”

De nombreuses professions sont guettées par l’usure du temps et de la réalité qui émousse les rêves et l’enthousiasme. Celui d’auror ne devait pas faire exception surtout à cause du prestige qui l’entourait et devait exposer les aspirants à des désillusions. De son côté, elle avait aussi entendu des collègues journalistes atteints par la limite d'âge comme il se disait pudiquement. Certains avaient réussi à évoluer, à passer à autre chose comme rédacteur en chef mais d’autres se morfondaient dans les recoins obscurs des rédactions… Elle espérait vraiment ne pas finir comme ça mais elle n’avait pas assez d’arrogance pour se sentir à l’abri de ce triste destin.
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On n'est pourtant pas au Cap Nord! [Août 2001; Torben McRawne]
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