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 Long time no see { Jonathan

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Ginevra M. WeasleyGinevra M. Weasley
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MessageSujet: Long time no see { Jonathan   Long time no see { Jonathan EmptyMar 26 Fév - 15:01

Si elle avait eu son adresse, c'était grâce à Charlie qui avait toujours des contacts avec lui. Elle, elle avait des bons souvenirs de lui, mais ils avaient arrêté de se fréquenter quelques années auparavant. Et pourtant, ils vivaient de bons moments qui resteraient gravés dans sa mémoire, des après-midi fantastiques.

Ginevra Weasley sortait d'une journée de travail compliquée. Son boulot de chasseuse de primes l'empêchait d'avoir des horaires de débauche fixes et il lui arrivait, parfois, de rentrer chez elle, harassée par la fatigue, au petit matin. Elle s'allongeait alors sur le lit et s'endormait. Ce rythme lui convenait car il lui aurait été impensable de se poser et de ne rien faire, enfermée entre ces quatre murs beige.

Un rapide coup d’œil sur sa montre lui confirmait qu'elle restait dans des heures où les êtres humains, sorciers et moldus compris, échangeaient et vivaient leur vie. Elle espérait juste que le parrain de Charlie serait bien chez lui, surtout s'il avait la fâcheuse tendance, tout comme elle, de vivre sa vie comme elle venait. La météo était clémente, le vent ne soufflait pas trop fort : s'il était d'humeur, elle proposerait sans doute à l'homme d'aller manger un kebab ou un peu de nourriture à l'extérieur. C'était l'heure et puis son estomac criait famine.

En réalité, Ginevra cherchait à contacter Jonathan car elle le savait fidèle à ses principes et toujours dans le Jeu. Elle voulait en faire un allié de poids pour l'épauler lors de ses enquêtes et bénéficier de son expérience quant elle, débutante, ne voyait pas des choses évidentes. Ginevra Weasley comptait lui proposer une boîte de chasseur de primes, de détective privé ou quelque chose du genre qui donne assez de latitude à chacun des employés pour avoir du temps à investir sur chacune des enquêtes. Elle souhaitait aussi un peu monter cela à la sauvage car elle n'avait absolument pas envie de payer des frais de location pour des locaux quelconques ou des impôts sur une société qui rapporterait sans doute assez peu d'argent en définitive...vous l'aurez compris, la rousse avait de la suite dans ses idées et c'était plutôt un allié qu'elle cherchait, aujourd'hui.

« Pas moche. »

Ses pas la transportèrent jusqu'au lieu indiqué sur le bout de papier. En plein centre-ville d'Atlantis, elle se trouvait devant plusieurs demeures résidentielles à l'aspect plutôt avenant. Elle tourna la tête à gauche, puis à droite, cherchant des boîtes aux lettres. Lentement, mais sûrement, elle trouva et très rapidement, fut face à un portail fermé.

« Rowle, Rowle, Rowle. Ah, voilà ! »

C'était bon, elle ne s'était pas trompée. Elle appuya sur le bouton et attendit patiemment.

Ou presque.

Bon, ça ne répondait pas, c'était censé marché ? Elle était un peu plus à l'aise que son frère Ronald avec les technologies moldues, mais elle restait tout de même assez mystérieuses pour elle. Ginevra sonna de nouveau une fois, puis deux. La porte ne s'ouvrait toujours pas et elle avait joué avec sa patience déjà fort ridicule. Ginevra sortit sa baguette et lança un Alohomora sur la serrure qui céda aussitôt.

Vive, elle ne tardit pas à se faire remarquer en remonter le chemin. Enfin, elle toqua à la porte.

« ...C'est moi, Ginevra ! Ouvre ! »
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MessageSujet: Re: Long time no see { Jonathan   Long time no see { Jonathan EmptySam 9 Mar - 15:41


Long time no see

- Jonathan Rowle - Ginevra M. Weasley -


"Under the water, out the other side, we were intercepted by fathers and scribes with burnt offerings. We had finally arrived." Tired Hands - The Last Bison
Il y a dans ma tête des myriades de questions qui ne trouveront jamais de réponses, et la frustration engendrée rendrait fou n’importe quel homme sensé : alors, quand on connaît l’état de mon esprit malade, il est légitime de se demander comment je fais chaque jour pour ne pas me frapper la tête contre les murs. Pourquoi ais-je survécu à la guerre quand tant d’autres sont morts ? Comment puis-je élever une petite fille quand je me sens à peine humain ? Comment puis-je m’assurer de former efficacement les Aurors de demain, quand je ne peux tenir une baguette magique entre mes doigts ? Les échos des points d’interrogation s’entrechoquent dans ma tête et, parfois, j’ai envie de crier pour leur dire d’arrêter, de tirer mes cheveux pour me soulever la boîte crânienne, et enfin dire à mon cerveau de se calmer. Je reste stoïque, bien sûr. Dans ces moments là, j’essaie de mettre en pratique les techniques que mon psychomage m’a appris : je souffle doucement, je tente de faire le vide et de me concentrer sur les sensations immédiates autour de moi, le vent contre ma peau, le sol sous mes pieds. Parfois, quand la situation est trop violente, et que je n’ai pas à me soucier d’Annie qui se trouve à l’école, je prends une potion de sommeil et j’attends simplement que ça passe. Une autruche enfonce sa tête dans le sable face au danger : il est mort, le courageux Auror que j’étais. Il est tombé sur le parvis de Poudlard en même temps que Thorfinn, et sa tombe a été creusée lorsque j’ai dû assister à la succession infinie de procès de Mangemorts, où bien trop d’entre eux s’en sont sortis d’une simple tape sur la main. Satané Humphrey Bowman et son cabinet véreux.

Ce jour-là, je marche sur les pavés d’Atlantis pour rentrer chez moi. Si d’habitude je transplane pour me rendre à mon appartement depuis l’université, le soleil est encore haut dans le ciel et les rues sont relativement vides, suffisamment pour me persuader qu’un peu d’air frais me ferait du bien. Le talon de mes chaussures résonne sur la pierre blanche qui constitue le sol de la ville nouvelle, et, les mains enfoncés dans mes poches, je me force à lever de temps en temps la tête pour prendre conscience de la vie autour de moi, et de ne pas rentrer par mégarde dans un quidam qui passerait par là.

Lorsque j’arrive près du portail qui permet de pénétrer à l’intérieur de mon immeuble d’habitation, j’ai la surprise de le trouver ouvert, et je peste entre mes dents contre mes voisins, inconscients des dangers que peuvent engendrer les petites inattentions. Si la plupart de mes pairs n’ont pas d’enfants, la résidence n’étant pas forcément adaptée pour des bambins, il n’empêche que ma nièce en est une, et qu’il est dangereux de laisser la porte ouverte à n’importe qui voudrait bien presser la poignée. Annie s’est déjà bien trop confronté aux ténèbres de ce monde à mon goût, pour ne pas lui en ajouter davantage à cause de l’idiotie d’un voisin.

C’est lorsque je monte un à un les escaliers qui m’emmènent jusqu’à mon appartement que j’entends une voix qui crie mon nom. Un timbre féminin, assez jeune, mais que je ne reconnais pas immédiatement. Une étudiante, peut-être ? Ce serait étonnant, mais plausible. Ce n’est que lorsqu’elle dit son nom que je reste interdit et que j’arrête ma montée quelques instants, me demandant s’il ne vaut pas mieux rebrousser chemin et prétendre que je ne suis pas chez moi.

Je ne connais qu’une seule Ginevra. Ce n’est pas un prénom très commun, et une image de cheveux roux et de tâches de rousseur s’interpose dans mon esprit. Cela fait longtemps que je ne l’ai pas vu. Trop longtemps. Si je n’ai jamais été aussi proche de la jeune femme que de son frère, mon filleul, il n’empêche que ses parents et moi-même avons combattu côte à côte pendant de nombreuses années, et qu’il serait impensable de me dissocier totalement du nom de Weasley. Mais que dire ? Que sait-elle de mon état, de ma condition ? Charlie lui-même n’a pas réellement conscience de la portée de mon mal, je le sais, mais Kingsley a la langue bien pendue, et qui sait ce qu’il a bien pu raconter à Arthur et Molly… Une autre inquiétude se rajoute à l’anxiété qui commence à bouillir au fond de mon estomac. Elle a tant perdue pendant la guerre. Autant que moi : peut-être plus, puisqu’elle n’était pas encore sortie de l’enfance qu’elle a dû grandir à toute vitesse pour participer aux combats.

Je me fais violence pour finir de grimper les marches, puis je me dirige vers la porte où je vois la silhouette de celle qu’on appelait Ginny se dessiner devant moi. Je lève un sourcil. Que dire, que faire. Peut-être commencer par le début.

« -Bonjour, Ginevra. Qu’est-ce que… tu fais ici ? Je secoue la tête, me rapprochant d’elle en me disant que, décidemment, j’ai le chic de choisir les mots qu’il faut. Enfin, je suis content de te voir. Ça fait longtemps…

Je sors les clés de ma poche et je les lui montre en les faisant tinter doucement devant ses yeux. Je m’offre même le luxe de lui offrir un sourire, elle le mérite bien, la rouquine. Elle fait presque partie de ma famille : enfin, si je suis tout à fait honnête, je fais, plutôt, presque partie de la sienne.

-Si tu me laisses passer, tu pourras entrer. Tu veux une tasse de thé ? »

Mon accent gallois s’ourle d’un ton anglais alors que je propose cette tradition si typique de Grande-Bretagne, et pendant un instant, j’ai l’impression que nous sommes des années en arrière, un matin de Noël où Arthur et Molly m’ont invités à festoyer avec eux, et que je demande à une adolescente en pyjama qui se frotte les yeux si elle veut que je lui serve son petit déjeuner. Tant de temps a passé, en effet. Tant de souffrance, tant de pleurs et de sang… Pourrons-nous réussir à nous regarder sans songer au fossé que le monde a creusé entre nous ? Encore une question à laquelle je ne peux fournir de réponse.  
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MessageSujet: Re: Long time no see { Jonathan   Long time no see { Jonathan EmptyDim 17 Mar - 17:22

Il avait toujours été un ami de ses parents fiable, quelqu'un en qui elle faisait confiance. Il l'avait vue grandir et entrer à Poudlard, tant bien que mal, et même si il était tout de même plus proche de ses frères aînés, car il n'était parrain que de Charlie, elle avait tout de même vécu de bons moments avec lui.

Tout cela pour dire que s'il y avait un homme en qui Ginevra avait une totale confiance, c'était bien lui. Elle ne s'attendait pas à le voir arriver dans le couloir, elle pensait qu'il était plutôt dans la maison, où elle se l'imaginait en train de préparer un repas ou bien d'examiner un dossier de la plus haute importance. Elle l'observait, de sa coupe de cheveux qui l'avait toujours fascinée aux moindres traits de son visage, à la fois étrangers car elle ne l'avait pas vu depuis longtemps et rassurants car familiers.

« Bonjour ! », lança-t-elle avec la verve qui était la sienne, en réponse à sa salutation. Elle était littéralement en train de sautiller sur place, elle occupait chaque seconde de son temps qui pouvait contenir un blanc de manière assez habile pour ne pas avoir à penser. Elle voyait tout, elle observait tout, de ces jeunes qui discutaient en contre-bas et s'échangeaient de qui ressemblait, de très loin, à un joint à la saleté de ses propres chaussures qu'elle ne nettoyait pas assez et qui avait sali prématurément le sol de l'étage. Elle grimaça, se promettant, rien que par respect pour Jonathan, de les enlever afin de ne pas saloper le sol de son appartement.

La rousse le laissa passer devant elle pour ouvrir son habitation et s'y glissa à sa suite. Elle ne connaissait pas les lieux, mais déjà, elle faisait comme chez elle. Elle avait enlevé ses chaussures, des Doc Marteens piles à sa taille et sa paire de chaussettes dépareillées à côté de la porte. Pieds nus, elle se sentait à son aise. Elle se retourna tout de même vers Jonathan pour glisser un :

« Elles étaient vraiment sales, t'as pas envie de faire le ménage. », puis ajouta. « Ah, par rapport au thé, je suis plutôt café. N'hésite pas à mettre double dose ! Et t'as du sucre ? »

Elle avait commencé à s'éloigner de la porte et furetait tout autour de Jonathan, se penchait sur les divers objets qu'elle pouvait voir. Ne trouvant sans doute pas d'occupation à son goût, elle finit par s'asseoir sur ce qui devait être la table à manger, les jambes battantes, le regard droit sur Jonathan, comme si elle espérait qu'il rompe sa monotonie. D'ailleurs, elle enchaîna aussitôt, comme si elle trouvait que le silence était quelque chose de beaucoup trop difficile à supporter.

Le silence, c'était un moment de flottement. Celui où elle ne cessait de voir Sa silhouette tomber, juste après une victoire éphémère. Une horreur bien réelle, si bien que chaque moment de flottement le lui évoquait, lui faisait crisper ses poings et faisait marquer ses ongles à l'intérieur de ses mains, comme s'était le cas maintenant. Tout son visage s'était crispé, elle dut relever immédiatement la tête et se concentrer sur autre chose pour oublier momentanément l'objet de son deuil : pour combien de temps ?

« Je voulais te faire une proposition. Je ne sais pas si papa t'en a parlé, mais je suis chasseuse de primes. Pas agréée par le ministère de la magie, mais je me débrouille. J'aurais bien aimé former un espèce de réseau...pas une boîte, trop exigeant, mais un réseau, pour se filer des tuyaux et travailler ensemble. Toute seule, je peux passer à côté de trop de choses, et surtout, je n'ai pas l'expérience que tu pourrais avoir. »
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MessageSujet: Re: Long time no see { Jonathan   Long time no see { Jonathan EmptyVen 22 Mar - 13:20


Long time no see

- Jonathan Rowle - Ginevra M. Weasley -


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Elle a changé, la rouquine. Mûri, en fait : j’ai tendance à toujours la voir comme étant cette petite fille qui a dû se faire une place au milieu de six frères, une gamine à la frange un peu trop longue et au regard espiègle. Comme elle était mignonne, avec son pull de Noël ornée d’un G rutilant, à s’extasier devant un jouet ou à rire des dernières bêtises de ses jumeaux de frères… Mais tout a bien changé. Je peux voir une gravité, maintenant, sur son visage. Si sa jeunesse exulte de chacun des pores de sa peau, elle est teintée par… quelque chose, je n’arrive pas à mettre le doigt dessus, mais je me doute qu’on peut dire la même chose de moi. Plus que le poids du passé ou des souvenirs, ce sont nos actes et nos choix qui nous minent. J’aurai pu agir autrement, et peut-être que la situation aurait eu une issue plus favorable. Je suis fautif, quelque part. Ces mots tournent et retournent dans ma tête, et la jeune femme est le propre écho de ma situation. A moins que tout ça ne soit que conjoncture de ma part, et que je cherche un reflet qui n’a pas lieu d’être. Pas tout le monde n’a autant souffert de la guerre que moi : mais quand on connaît la situation de Ginevra, il est légitime de partir du principe qu’elle ne va pas bien.

Pourtant, si c’est le cas, elle réagit de manière bien différente de la mienne. L’extravertie qu’elle est, et a toujours été, a le visage ouvert et éclairé, et alors qu’elle me suit à l’intérieur de mon appartement, elle se croit déjà comme chez elle, enlevant ses chaussure allègrement et en me répondant avec légèreté. J’aurai été indigné de la façon dont elle se comporte, si elle avait été n’importe qui d’autre qu’elle-même, mais là, j’esquisse un simple sourire quand je la vois agir de manière aussi folâtre. Elle me rappelle un temps révolu, et si je ressens la nostalgie du poids de mes souvenirs, elle me donne surtout l’espoir d’un après, peut être un peu plus clair que ce que j’ai l’habitude d’imaginer.

Je sors ma cafetière d’un des placards de ma cuisine et commence à préparer le café demandé en hochant simplement de la tête pour répondre à sa question, l’observant du coin de l’oeil. Elle est agitée, frénétique. Si j’ai tendance à me murer dans le silence, résultat du traumatisme de la guerre, elle semble vouloir le fuir. Son genou tressaute et rythme les mouvements de son menton, eux aussi désordonnés et incohérents. J’ai envie de lui crier de se calmer, mais je me retiens, bien sûr. Ce n’est pas ma place, et de toute façon, je n’ai aucune envie de la froisser. Je réagirai de manière négative, si à l’inverse, on me pressait de sortir de ma coquille et de cesser d’agir comme un mort-vivant.

Elle se met à parler, donc, et le sens de ses paroles me donne le vertige. L’idée est si aberrante qu’elle pourrait me faire rire, si seulement elle ne me renvoyait pas si cruellement à l’homme que j’étais, l’Auror sans peur et sans reproche, aujourd’hui mort et enterré. Je sais que je n’ai pas mis de mots sur ma condition, et que ceux qui étaient mes proches sont, aujourd’hui, davantage des étrangers qui se raccrochent à l’idée du moi d’autrefois que de véritables amis, mais il est difficile de me dire que les Weasley, que je connaissais si bien auparavant, n’ont aucune idée de ce que je traverse et me proposent des actions de telles envergures. Ce n’est pas la faute de Ginevra. C’est la mienne, je le sais : mais de se retrouver face à ses propres faiblesses peut être une collision très violente, surtout contre le mur de ses propres certitudes. Je pèse mes mots avant de me mettre à répondre. Ma voix est douce. J’essaie de calmer les battements de mon coeur, car l’heure des pourquoi n’est pas encore arrivé, et ce sera le moment où tout sera réellement dur ; le moment où tout va basculer, je le sais.

« -Je suis assez flatté que tu aies pensé à moi, malgré mon grand âge, dis-je en plaisantant à moitié. Je ne sais pas si Charlie, ou même Arthur te l'a dit, je me doute que Kingsley l'a mis au courant, mais j'ai quitté le Bureau. Je suis professeur maintenant, je forme les Aurors à l'UPA.

Je fais une petite pause dans mon explication, alors que je sors des tasses, et des petites cuillères du placard. Mes yeux sont dans le vague, comme si mes propos n'ont aucune sorte d'importance, pour éviter de récolter trop de questions. À moins que mon ton élusif ne provoque l'effet inverse, bien sûr.

-Je dois m'occuper de ma nièce, Annie, et tu sais… ce projet, il est louable, mais il te faut quelqu’un encore en exercice. Je peux te mettre en contact avec quelques anciens collègues, cependant, te donner des noms de personnes de confiance. »

Un écran de fumée. Je pourrais parfaitement participer à ce réseau, ne serait-ce que dans l'optique de partager mon expérience et mon compétence : mais j'en suis incapable. Je ne peux pas utiliser ma baguette magique, les jours sans crises sont à marquer d'une croix blanche. Je suis cassé, et Ginevra a besoin de tous les morceaux de l'Auror que j'étais, pour l'aider dans cette entreprise, et non pas la loque que je suis devenu.
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MessageSujet: Re: Long time no see { Jonathan   Long time no see { Jonathan EmptyLun 1 Avr - 10:40

Ginevra lança un long regard à Jonathan. Était-elle un petit peu déçue ? Sans doute. Dans ses rêves les plus fous, elle aurait espéré qu'il lui dise « oui » sans sourciller. Elle anticipait, cependant, toutefois, cette réaction qui semblait pourtant inévitable et restait surprise que celui-ci n'ait pas tenté de la dissuader d'entreprendre cette entreprise un peu folle.

Pour sa sécurité et pour celle de sa famille.

Lorsqu'il avait parlé de sa jeune nièce, la rouquine avait compris qu'il ne lui dirait pas « oui ». En réalité, elle-même aurait fait la même chose. C'était le rêve de tout sorcier en ce moment, non ? Une petite famille, quelqu'un à chérir...quelque part, très momentanément, on put dire que Ginevra envia le parrain de Charlie, tout simplement parce qu'il avait quelqu'un qui comptait. Avant de se souvenir que c'était un risque de plus d'être totalement détruit, si elle venait à mourir. Elle resta tout de même. Elle ne pensait plus insister, cette fois-là, elle ne souhaitait pas lui faire de mal.

« Je ne traîne pas tellement avec les Aurors du ministère. En fait, j'évite le contact avec eux... », confia-t-elle, parlant pour la première fois très honnêtement de sa carrière de chasseuse de primes. Elle n'en dit cependant pas plus, comme si elle n'avait envie de trop se confier non plus. « Félicitations pour la promotion. Tu dois être soulagé. Je ne connais pas Annie, mais elle mérite sans doute de t'avoir, tu dois être un oncle exceptionnel. »

La rouquine se rapprocha de lui, ne supportant plus d'avoir quelque chose de dur sous ses fesses. Le café avait une odeur presque apaisante, à moins que le mot correct ne soit « vivifiante ». Ce n'est pas encore prêt : elle le voit qui sort les petites cuillères et les tasses. Ginevra était prête à lui dire que les petites cuillères n'étaient d'aucune utilité avec elle, puisqu'elle buvait le brûlant liquide d'une traite, mais pour une fois, elle choisit de se taire. Et d'observer la machine en train de fonctionner : elle le sait, elle a bientôt fini.

« Je veux bien que tu me recommandes à des gens. Des aurors, ou des élèves dignes de confiance qui vont le devenir. La nouvelle génération d'Auror est digne de confiance. »

Elle-même en connaissant quelques unes de vue et elle était sûre de les avoir croisés à Poudlard ou à l'AD. Jetant de nouveau un regard presque implorant vers la machine à café, elle soupira légèrement.

Elle ressentait en elle une profonde nostalgie. Était-ce cette endroit très particulier qui la causait ou était-elle enfouie en elle depuis des années, à partir de cette minute très précise de la bataille de Poudlard ?

« Et maintenant ? Que devient-on ? Comment se reconstruit-on, Jonathan ? », murmura-t-elle.

Elle n'aurait jamais dit une phrase comme celle-ci à un inconnu, ni même à quelqu'un de sa famille. Au premier, tout simplement parce que son état de santé mentale ne l'aurait pas regardé, aux deuxièmes parce qu'ils se seraient inquiété pour elle outre-mesure et que, sa mère, surtout, aurait tenu à la garder au Terrier un certain temps pour prendre soin d'elle. Elle n'avait pas le temps, et pas l'envie qu'on prenne soin d'elle. Elle ne se sentait pas comme une poupée blessée, elle voulait comprendre, c'était tout. Comprendre et apprendre à vivre de nouveau.

Elle avait choisi Jonathan parce qu'il connaissait sa famille et parce qu'il avait été susceptible de passer par les mêmes étapes qu'elle. Il ne semblait pas dans la meilleure des formes, mais il avait l'avantage d'avoir quelqu'un qui le poussait vers le haut pour aller mieux. Sans doute.

« Comment vit-on, après ? »

La réponse était sans doute très simple et tenait dans des petits, minuscules souvenirs contenus dans les odeurs et les souvenirs. Sentir l'odeur du café le matin, se lier avec d'autres gens, sans rapport aucun. Oublier sans oublier. Faire son deuil.

Était-elle prête ?
Jonathan RowleJonathan Rowle
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MessageSujet: Re: Long time no see { Jonathan   Long time no see { Jonathan EmptyMer 10 Avr - 13:54

Long time no see

- Jonathan Rowle - Ginevra M. Weasley -


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Mon regard traîne sur les hautes pommettes, le nez légèrement retroussé, la lueur pétillante dans le regard, les tâches de rousseur qui parcellent le visage comme une galaxie étoilée dénuée de toute pollution. Ce n'est pas la couleur de cheveux, le teint d'albâtre ou, quoi qu'en disent les nantis, une quelconque aura de pauvreté qui permet de repérer, du premier coup d’œil, un Weasley. C'est avant tout ce courage qui exulte de chacun des pores de leurs êtres, forgé par des siècles d'adversité face à des familles de Sang-purs qui les jugeaient traîtres et inconvenants, mais aussi, cette force qui leur permet de se battre pour ce qui est juste, peu importe les obstacles et les difficultés. J'ai toujours admiré Arthur, Molly et chacun de leurs enfants pour ces qualités, et je les retrouve particulièrement en Ginevra, Ginny, comme on avait l'habitude de l'appeler. Je n'ai jamais pris ce pli : tout comme j'ai toujours toléré, sans réellement adhérer au fait qu'on m'adresse John, plutôt que Jonathan. Appelez moi de la vieille école autant que vous voulez. Mais je digresse, les paroles de la rouquine sont bien plus importante que mes manies éculées de vieillard avant l'âge.

Ses mots, d'ailleurs, sont semés des graines de sa propre expérience. Je ne peux la blâmer de son manque de confiance envers les Aurors. Merlin, j'ai moi-même bien du mal à me dire que j'ai passé plus de 20 ans au sein du Bureau, alors que j'ai vu de mes yeux la corruption qui règne parmi ceux qui sont censés protéger les sorciers des menaces les plus sombres de notre société. J'ai vu tant de mes collègues passer à l'ennemi, durant la guerre, que je n’ai pas assez de doigts pour les compter. J'hausse donc légèrement les épaules avant de lui répondre.

« -Ce n'est pas vraiment une promotion… on pourrait même dire que c'est l'inverse, mais bon. Je ne m'étale pas vraiment sur le pourquoi du comment. Avouer que je suis incapable d'utiliser ma magie, rongé par mon syndrome post-traumatique, et incapable d'évoluer sur le terrain ? C'est un sujet bien trop sensible pour moi. Quant à Annie… je ne sais pas trop, pour tout te dire. Je ne me serais jamais imaginé dans le rôle de père. Vu le travail que ça demande, j'ai encore plus de respect pour tes parents pour avoir réussi l'exploit d'élever 7 enfants.

Et je ne suis pas sûr non plus d'être réellement à la hauteur, mais je ne vais pas m'amuser à confier mes doutes à une jeune femme de 20 ans qui a bien d'autres chats à fouetter. Ma nièce gagnerait à connaître Ginevra, cependant. Elle a besoin de grandir avec des repères féminins forts, qui lui montreront le bon exemple. Sa mère croupissant à Azkaban, elle ne peut plus vraiment compter sur elle pour être un modèle…

-Ce sera fait. Je peux aussi te donner des noms de personnes à éviter… De celles qui mériteraient d’être derrière les barreaux, à mon sens, mais qui ont réussis à passer à travers les mailles du filet, à cause d’avocats talentueux ou simplement, une chance bien trop insolente et injuste.

Des visages me viennent à l’esprit. Des anciens mangemorts qui mériteraient le baiser du Détraqueur, d’ex-Aurors qui ont fermés les yeux face aux atrocités commises par le Seigneur des Ténèbres. La lie de l’humanité, encore là aujourd’hui pour conter un visage bien différent de notre histoire.
Je tends délicatement une tasse à la jeune femme tout en l’écoutant continuer de deviser. Il y a un fossé entre nous, qui n’a rien à voir avec la distance. Peu d’années ont passées, mais elles ont été remplies de sang et de larmes, que nous aurions pu partager, mais la vie a cette fâcheuse tendance d’éloigner ceux qui pourraient s’entraider, volatile et malicieuse. Elle me juge oncle exceptionnel, elle croit en l’avenir des futurs Aurors - je crois en mes élèves, mais certainement pas aux serments du Bureau dans lequel ils vont travailler. Pire, elle pense encore pouvoir se reconstruire : et c’est vrai, du moins, pour elle. Elle est jeune. Elle a encore toute sa vie devant elle. Et si certains argueraient que c’est aussi mon cas, je leur répondrai en riant. Les Aurors ne vivent jamais bien vieux, et certainement pas les aurors brisés. Moi, les pièces de mon existence ne seront jamais remises en place, et si certaines rencontres me permettent d’espérer à une guérison, mon esprit malade, rongé par la dépression et le traumatisme de la guerre, me ramène sans cesse à la raison.

Mais ces paroles ont des échos de désespoir qu’il serait bien malvenu d’exprimer ici. Elle a besoin de perspective, Ginevra. De quelqu’un qui la comprenne et qui la rassurera, sans mâcher ses mots et sans prendre de détours. Je peux être cette personne, tant qu’elle ne gratte pas la surface de mon assurance, pour se rendre compte que je ne suis qu’un vil imposteur.

-Il faut laisser le temps au temps, Ginevra. On dirait que c'est une phrase toute faite, mais c'est vrai. On n'oubliera jamais ce qui est arrivé : Merlin, on le porte sur notre corps et sur notre âme comme un étendard, alors c'est impossible d'y passer à côté. Mais petit à petit, ces choses horribles qui nous sont arrivées… on parviendra à les surmonter, si on se serre les coudes. »

Je ne crois pas mes mots, même, ils me dégoûtent tant ils sont faux. Pourtant, je n'affiche rien d'autre qu’un air neutre sur mon visage, il serait impossible de deviner mes pensées : un Auror est avant tout un parfait espion, et pas de ces héros clinquants à la James Bond qu’on nous sort dans les films moldus. Je dis ce que je dois dire. J’espère sincèrement que Ginevra réussira à remonter la pente, à se reconstruire après la guerre, et je serais prêt à tout donner pour qu’elle y parvienne. Mais moi, c’est peine perdue. Plus qu’une impression, c’est une conviction.
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there's no peace in quiet
Just footsteps on the stairs, Whispers in the silence Remind me you're not there.
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MessageSujet: Re: Long time no see { Jonathan   Long time no see { Jonathan EmptyLun 29 Avr - 10:35


Il était pour elle un modèle, quelqu'un à suivre, et même s'il n'acceptait pas d'aller dans le sens de son idée, elle le comprenait parfaitement, dans le sens où même si elle disait qu'il n'y aurait sans doute pas d'implication, il y en avait forcément. Il avait une gosse, sa nièce, et Ginevra ne voulait pas lui souhaiter de mal : voilà pourquoi il était bien que le parrain de Charlie ait refusé son offre.

Elle se sentait bien, dans cet appartement. Il n'y régnait pas une atmosphère suffisamment calme pour un quelconque repos qui, d'ailleurs, l'aurait profondément stressée. Elle s'y sentait vraiment à l'aise et avait envie de rester. Elle ne lui dirait pas, elle ferait comme si de rien n'était.

« Le contraire d'une promotion ? Non mais je pense que c'est génial. Je serai incapable de tenir en place à ce genre de place, donc ce n'est pas pour moi, mais je pense sincèrement que tu peux former une génération d'Aurors perspicaces ! », fit-elle avec tout l'enthousiasme dont elle était capable.

Elle ne releva pas le compliment sur son père. Elle était parfaitement consciente que ses parents avaient du mérite à tous les élever sans préférence pour les uns ou pour les autres, mais penser à la maison réveillait parfois quelques blessures. Ce souvenir fugace de l'horloge sur le mur de la salle à manger, celle-là même qui montrait l'un des leurs sur le mot « mort », immortel souvenir de la présence de Fred à leurs côtés.

Le temps passerait sans doute et ce genre de pensées resteraient mordantes dans son cœur, mais noyées autour de tant de bons souvenirs qu'elle pourrait vivre, il avait raison. C'était sûrement trop tôt pour le moment, et, sans doute un défaut venant de sa jeunesse, Ginevra voulait que tout passât très rapidement, le plus rapidement possible.

Elle avait vivement remercié Jonathan pour ce café et l'avait porté à ses lèvres avant de l'en retirer de sitôt : trop chaud. Par prudence, elle l'écarta de sa bouche, mais ne le posa pas sur le bar : l'odeur qui se dégageait de la tasse rentrait dans ses narines et lui vivifiait l'esprit.

« Si ce que tu dis est vrai, même si on ne s'en rend pas vraiment compte pour l'instant, alors on va y réussir. J'ai comme l'impression de marcher dans un très long cauchemar depuis des mois...il faudrait sans doute que je sorte de tout ça et que je me refasse une vie, mais, très franchement, j'ai l'impression que ce ne serait pas juste. Que ça ne lui ferait pas justice. », elle toussa légèrement, ne souhaitant pas accabler cet homme avec ses problèmes alors qu'il devait déjà en avoir tant. « ...Enfin bon, ne t'en fais pas, tout va très bien. »

Elle sourit légèrement, tenta de nouveau de boire une gorgée de café : trop chaud à nouveau.Elle se brûla le palais et, cette fois-ci, posa la tasse pour éviter de la lâcher par réflexe.

« Changeons de sujet de conversation. Ça fait longtemps que je ne t'ai pas vu au Terrier...tu parles toujours à mes parents, au moins ? Vous vous êtes fâchés ? Je crois qu'ils seraient contents que tu passes. »
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MessageSujet: Re: Long time no see { Jonathan   Long time no see { Jonathan EmptyMar 7 Mai - 7:06


Long time no see

- Jonathan Rowle - Ginevra M. Weasley -


"Under the water, out the other side, we were intercepted by fathers and scribes with burnt offerings. We had finally arrived." Tired Hands - The Last Bison
Mon doigt traîne distraitement contre le bord de la tasse à café, repassant encore et encore sur la porcelaine bleue dans un réflexe presque assimilable à une névrose. Les mots de Ginevra semblent innocents et sans arrière-pensée, pourtant, ils trouvent un étrange écho en moi, comme ces cris de baleine dans les sonars, tellement surprenants de par leur grâce qu'ils en deviennent surréels. Je ne sais plus démêler le vrai du faux, le secret du mensonge, le prétendu du prétexté. La lassitude me prends, non pas de cette conversation, mais de mes propres réactions face à ce qui devrait être une simple discussion, avec quelqu'un qui, sans partager le même sang, fait pourtant partie de ma famille. Pourquoi tout doit être aussi compliqué ? Pourquoi mon dos se raidit-il, pourquoi ma nuque se bloque-t-elle, pourquoi mes mains se contractent douloureusement alors que mon corps se révolte contre mes pensées ? Parfois j'ai l'impression d'avoir été possédé par un démon, comme dans les croyances d'autrefois des moldus, et qu'il fait tout son possible pour que j'oublie ce qui fait de moi un être humain. C'est un simple échange, mais c’est incroyablement difficile de former des mots pour qu'ils sortent de ma bouche. Je gravis l’Everest à chaque bouffée d’air.
Car elle me délivre des paroles que je ne peux accepter : moi, capable de former la nouvelle génération d’Auror ? C’est naturel de penser ainsi quand on sait que je suis le professeur de cette formation, mais même après une année scolaire entière passée à l’UPA, j’ai toujours l’impression d’être un imposteur. Je ne suis pas capable de saisir ma baguette magique pour lancer un sort, sans que mes souvenirs ne s’imposent à moi dans leur horreur, et je ne crois plus en cette institution qu’est le Bureau, qui défend des valeurs sans les pratiquer. Alors je fais semblant et je vais travailler chaque matin, sans que le bruit de mes pas n’aient d’autres buts que de survivre, pas de vivre. Je me tais, cependant. Je me dois d’avancer et de faire semblant, pour Annie, pour Ginny, pour toutes les générations après moi qui doivent continuer d’arpenter le sol de cette bonne vieille Terre, sur les ruines de la Grande Bataille où je me suis perdu moi-même.

« - Si tu le dis… je souffle entre mes dents. Je lui adresse timidement un petit sourire, comme pour excuser mes propos pessimistes. Enfin, crois-moi, à ton âge, je ne me serais jamais imaginé retourner dans une salle de classe également, mais après plus de 20 ans passé au Bureau… Les années qui passent te font avoir une autre vision des choses.

Elle doit certainement penser que je suis l’une de ces vieilles carnes qui remâchent sans cesse les mêmes idées reçues, et c’est vrai, quelque part, mais je ne doute quand même pas de mes propos. Le jeune Auror que j’étais n’aurait pas supporté de rester enfermé entre quatre murs, à délivrer des discours interminables sur des sortilèges de défense, et ce, malgré mon amour pour les lettres et la théorie. Aujourd’hui, j’ai du mal à m’imaginer sur le terrain, comme je le faisais sans problème à vingt ans. Le temps file entre les doigts comme des grains de sable.

C’est d’autant plus vrai alors qu’elle me répond sur l’après-guerre, son ressenti sur mes mots d’encouragement, auxquels je ne crois peut-être pas, mais que j’espère sincèrement pour elle. Si mes sentiments sont semblables, elle a tout le temps de guérir au fil des années. Je n’ai pas oublié, aujourd’hui, cette éducation rigide de Sang-pur où l’on crachait allégrement sur les personnes sans pouvoirs magiques pour pouvoir exister, mais la brûlure des enseignements de mon père n’est qu’un lointain souvenir. Elle ne fait plus mal.

- La justice n’a pas sa place ici. Bien sûr que ce n’est pas juste, que certains soient morts si jeunes dans des circonstances si terribles, quand d’autres sont encore en vie alors qu’ils ont été les instruments de la Guerre. Mais… C’est ainsi, on ne peut pas changer le passé, qu’on le veuille ou non. Met toi à sa place. Si tu y étais resté, qu’il était encore parmi nous, tu n’aurais pas voulu le voir côtoyer les fantômes d’autrefois toute sa vie. Je me trompe ?

Il n’y a rien d’autre qu’une profonde affection dans l’ourlet de ma voix. Je me permets de poser une main sur son épaule, légère, aérienne, comme pour lui rappeler ma présence, que je ne suis pas qu’un bruit dans sa tête qui essaye de la tirer vers le haut.

- Même si ce n’est pas le cas, que ça ne va pas bien, ce n’est pas grave. Ca va aller mieux, et c’est le principal.

Ce qui est étrange, c’est que notre conversation n’est pas triste, à proprement parler. Je ne vois que de l’espoir, qu’un dessein lumineux, dans l’avenir de Ginevra, et j’aimerai qu’elle pense la même chose que moi. C’est probablement vain, quand il me semble impossible, pour moi, de sortir la tête de l'eau. Cela ne m’empêche pas d’essayer.

- Après les procès des Mangemorts et mon départ un peu… précipité du Bureau, j’ai coupé les ponts avec la plupart des membres de l’Ordre du Phoenix, Kingsley doit être la seule exception. Et maintenant, trop de temps a passé pour que je ne revienne comme si de rien n’était. J’aurai du être là, je… Mais ça n’a pas été le cas, alors, je préfère garder mes distances, tu comprends ?

Probablement qu’elle ne comprends pas, la rouquine, et c’est bien normal. Mes réactions n’ont été dictées que par ma maladie, par cette voix dans ma tête qui me criait, et me murmure aujourd’hui, que rien ne pourra jamais pardonner mes actions, pourtant nécessaires en temps de guerre. Mais comment l’expliquer ? Comment lui partager ma honte et mes regrets, sans que notre discussion ne revête des allures pathétiques qui n’auraient pas lieu d’être ici ? Je préfère m’éclipser, encore une fois. Détourner la conversation vers un terrain relativement neutre, pour moi en tout cas.

- Comment vont-ils, d’ailleurs ? Votre vieille bicoque tient toujours debout ? Je me rappelle de ces soirées d’été passées dans votre jardin, où nous refaisions le monde en chassant les gnomes de jardin… »

Car les souvenirs, je dois m’y accrocher. C’est tout ce qu’il me reste.
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Long time no see { Jonathan
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