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 chroms.

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Jazz SparrowJazz Sparrow
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MessageSujet: chroms.   chroms. EmptyDim 10 Fév - 15:53

Connaitre la probabilité de réussite de quelque chose ne signifie qu'elle réussira pour autant. Tu peux avoir une réussite de 99% et te rater quand même. Et quand ça arrive, tu te rends compte que les statistiques n'ont pas servi à grand chose, à part à t'aider à prendre une décision sur l'instant.
Mais je ne suis pas un pessimiste pour autant. Et pas si optimiste que je ne laisse paraître ; disons que j'essaye de trouver du succès à en tirer peu importe l'issue. Et ça, c'est ce qu'on appelle un opportuniste.

Mais toi, Arsène Lupin, tu ressembles pas à papa. Et ne me houhou pas dessus, c'est pas comme ça que je t'ai élevé.

Je m'approche de nouveau de mon hibou, mais il s'envole de nouveau sur mon armoire en gardant les ailes grandes ouvertes.

Ouais, écoute, tu peux t'ébouriffer autant que tu veux, tu ne tromperas personne sur le fait que tu restes une chouette mouillée.

... je n'aurai pas dû dire ça. Il m'attaque. Je me couvre le visage et le temps de me retourner, qu'il s'est déjà éclipsé par la fenêtre. Je crois que c'était supposé représenter une sortie dramatique ça. Je soupire et tends le cou pour regarder ma gueule dans la glace. Je suis blessé à quelques millimètres sous l’œil, ou le 1% de chance qui me séparait de la possibilité de finir aveugle ce soir. Je m'en vais nettoyer la légère plaie.

J'essayais depuis deux heures de convaincre Arsène Lupin de transporter ma marchandise pour un client, mais il avait trop peur de quitter l'appart à cause du Grand Duc du voisin. Maintenant qu'il l'a fait, il va sûrement avoir peur de revenir le con.

Il va donc falloir transporter la marchandise moi-même, à savoir, j'vais devoir m'habiller, sortir dans cette chaleur, marcher jusqu'aux salines et probablement transpirer entre temps.

Ouuu.... attendre que le soleil se couche et sortir avec les vampires.

Ca me semble plus raisonnable. Sorry not sorry Finn.



Tout en retroussant les manches de ma chemise, j'en profite pour regarder ma montre - 20h33. J'accroche deux écouteurs à mes oreilles puis saute pardessus la fenêtre pour emprunter la sortie de secours. J'appuie sur le bouton play de mon MP3.


La musique de Queen se fait déchirer à plusieurs reprises à cause des interférences, et bien que ce soit un sacrilège en soi, j'ai fini par m'y habituer. Mes pas tintent contre le métal de la sortie de secours, et en descendant via l'échelle, je m'arrête à mi-chemin au niveau d'un voisin pour lui piquer une cigarette. L'effet de la nuit commence à se faire sentir.

Une fois sur le béton, j'évite les endroits peuplés pour que la voix de Mercury se fasse le moins interrompre possible. Quelque part, c'est à travers ces interférences que je sais que la magie est toute proche, et c'est rassurant – dans le sens où je sais à quoi m'attendre.

Ma cigarette s'est consumée bien trop tôt, et j'arrive quelques minutes plus tard devant la porte de Finn W. Bowman. Je lève la main pour toquer, j’aperçois que l'heure sur mon poignet est 21h03. Je décide d’enlever un écouteur et entends clairement les hurlements de guitare dans le corridor. Je prends un air très sérieux et grave lorsqu'on ouvre la porte.

Bonsoir, auriez vous un peu de temps pour parler de notre sauveur Jésus Christ ?




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MessageSujet: Re: chroms.   chroms. EmptySam 23 Fév - 11:53

Chroms

- Finn W. Bowman — Jazz Sparrow -


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La goutte de sueur semble être animée d'une vie propre. Elle est née au creux de la nuque du jeune homme, juste à la naissance de ses cheveux un peu trop longs à son goût, et descend jusqu'à son épaule, où les sillons de la peau l'entraînent par hasard jusqu'à son torse. Là, il migre au grès des vallons et des creux, s'attardant un temps sur les abdominaux pour finir sa route dans la bande élastique qui entoure sa taille, non loin de sa main tremblante qui serre une cigarette allumée.

Les sueurs froides, Finn, il les connait bien. Comme n'importe quel camé, il a appris à y faire face, tant bien que mal : à essayer de calmer son esprit paranoïaque qui part dans tous les sens tandis qu'il cherche désespérément un peu d'apaisement en tirant sur du tabac roulé, à s'éponger le front et le dos au risque de maculer son canapé blanc, à ne pas se cogner la tête contre les murs quand le manque rôde sous sa peau comme un ver solitaire. Pourtant, il arrive encore à se leurrer et à se prétendre tout, sauf un addict. Il n'a pas de problème, voyons, il peut arrêter quand il veut, voyons, il a plus de volonté que tous ces toxicos qui crèvent dans des caniveaux sales, voyons. Même après une overdose et de bien trop nombreuses soirées qui sont comme des trous noirs dans sa mémoire, il continue de se répéter ces diatribes, encore et encore. Des phrases toutes faites, des œillères, en fait, pour conserver le peu de sanité qu'il possède encore.

Et il attend son dealer qui va nourrir son addiction comme un croyant espère le Messie. Ses jambes se croisent et se décroisent, il essaie de s'occuper du mieux qu'il peut en posant les yeux sur le livre de comptes de l'Atlantease, mais les chiffres se brouillent dans sa tête et il se rend bien vite compte qu’il relit pour la quinzième fois la même ligne sans la comprendre. Il soupire. Son genou s’agite, et le bruit de l’horloge sur le mur semble assourdissant. La quiétude l’obsède, car le manque, on ne le ressent jamais que quand il devient si imposant qu’il en devient insupportable, et il n’aspire qu’à un peu de tranquillité. Tranquillité qui ne pourra se traduire seulement par un peu de poudre blanche à respirer, plus fortement qu’une bouffée d’oxygène après un séjour prolongé sous l’eau, bien sûr.

Les coups tranchent le silence pourtant assourdissant pour le sorcier, et il se lève d’un bond. Son pantalon de jogging hors de prix baille dangereusement tant il perd du poids à une vitesse folle, et il manque de tomber dans sa précipitation : il prend quelques secondes de son temps précieux pour le remettre en place, car s’il se fiche d’être à moitié nu, il ne fera pas l’affront à Jazz de le recevoir dans le plus simple appareil. Sa baguette dans sa poche, sa cigarette toujours fumante à la main, il déverrouille la lourde porte de bois noble et se retrouve face à face avec le moldu qui lui sert de dealer.

Il est beau gosse, Jazz, il faut bien l’avouer. Finn ne niera pas l’attraction indéniable qu’il ressent pour le jeune homme : ce n’est pas le genre de cacher ses intentions, bien au contraire. Et si habituellement il aurait répondu à la plaisanterie qu’il lui délivre par une phrase piquante dégoulinante de charme et de flirt, son esprit est bien trop occupé par le manque pour y accorder un tant soit peu d’attention. La coke avant tout.

« -T’es en retard, putain.

Ouais, il n’est pas très aimable ni très poli, c’est vrai, mais le tremblement dans ses mains ne peut cacher bien vite le pourquoi du comment. Il secoue la tête. Il aime bien Jazz, il n’a pas envie de se le mettre à dos, et puis, c’est difficile de trouver un bon dealer à qui on peut faire confiance, par les temps qui courent. Finn souffle, ses doigts tapotent sa jambe, ses paupières tressaillent. Tout en lui réclame la poudre, et seule sa conscience essaie un tant soit peu de lui donner apparence humaine, en l’empêchant de se jeter sur le moldu pour pouvoir lui prendre la précieuse drogue qu’il détient.

-Désolé, tu sais… Il ne s’attarde pas sur la chose. Jazz est dealer, il ne doit pas être inconnu aux réactions parfois extrêmes de ses clients en descente. Entre. Tu veux une bière ? »

Et il lève sa baguette, prêt à lancer un Informulé qui lui déposera entre les mains les bouteilles en verre, s’éclipsant du pas de la porte pour laisse passer le dealer. Son appartement luxueux, dont chaque meuble crie l’argent, est dans un bordel sans nom, les mégots de cigarettes jonchant le sol et les vêtements de designer étalés un peu partout, mais il n’en a que faire. Tout ce qui compte, c’est la transaction qui va se dérouler sous peu entre ces lieux : c’est tout ce à quoi il peut penser, ça l’obsède, le rend fou. Il en a besoin.

Mais il n’a pas de problème d’addiction, ça, non.
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MessageSujet: Re: chroms.   chroms. EmptyDim 10 Mar - 9:09

Si ça m'aurait tué d'arriver à l'heure  ? Non, mais ça m'aurait handicapé. Je n'aime pas être non présentable, et débarquer en sueur, déshydraté, avec les cheveux collés au front... ugh, non.
Pas que je sois un gars toujours tiré à quatre épingles mais... le white shirt/blue jean est un profil pour une autre situation. Ce qui pour Finn doit être le bare chest/barefoot ; différentes personnes, différents seuils, right ?

Bon ok, j'aime juste vraiment pas me balader sous le soleil. Cet astre réussit vraiment à me colorer la peau, mais juste la peau.

Et lui bien sûr, avec assez de luxe pour se permettre de s'afficher presque à poils. J'sais pas si c'est lui qui s'en fout un peu trop ou si c'est moi qui suis prude sur les bords, en comparaison. Enfin, il s'habille comme il veut, tant qu'il a le sous – d'où pourquoi j'appelle ça un luxe. Still, parfois je me demande ce qui le retient de me jarter comme dealer ; de prendre un ou plusieurs fournisseurs moins versatiles et plus ponctuels – ce qu'il peut probablement se le permettre avec ses ressources (peut-être que c'est déjà le cas, d'ailleurs). Mais d'autre fois je me dis : Jazz, arrête de te cracher autant dessus. Si ça se trouve t'es juste doué pour donner aux autres ce qu'ils recherchent. Certes, t'aimes l'argent,  mais ce n'est pas la seule chose que tu priorises, n'est-ce pas  ? Tu voudrais pas tuer tes clients non plus, n'est-ce pas  ?  

Eh ouais, je m'enorgueillis dans mes principes de tricheur : je suis un bon tricheur, un robin des bois de l'underground ; je m'assures de la qualité du produit mais aussi la quantité fournit – pour éviter les overdose. Parce que je veux pas de sang sur les mains, monsieur. Pouvoir dormir avec une conscience plus ou moins tranquille et pouvoir se réveiller le matin en réussissant à se regarder dans la glace durant le brossage de dents, c'est des valeurs tout aussi précieuses pour moi.
Mais j'avoue que c'est incohérent d'être« clean » dans un milieu aussi dirty. Il me suffirait de pas grand chose pour balancer de l'autre côté je crois, celui plus chaotique où se trouve Finn en ce moment.

Pour l'instant je vais me contenter de le visiter temporairement ce côté ; j'entre.

Il est jamais trop tard pour laisser petit jésus entrer dans nos cœurs.

J'avais dit ça d'un ton espiègle en réponse à son air revêche, j'en profite aussi pour lui glisser mes écouteurs dans ses oreilles. Et je murmure au même moment les paroles de Freddy, « are you hanging on the edge of your seat  ? ».T'inquiète, Jazz est là avec le sucre, je m'amuse à penser avant que mon attention soit attirée par l'espace chaotique. Si Pollock était devenu décorateur intérieur? Ahaha, Mon appart' est le contraire du siens, j'aime pas exposer ce qu'il y a dans ma tête. Je préfère donner l'impression d'être tellement organisé que j'suis ennuyeux, ou un tueur.

Je n'avais pas répondu distinctement à l'offre de bière, préférant le laisser choisir. La chanson toujours en tête, je la murmure en me dirigeant jusqu'à la table basse. Je passe mon sac à bandoulière pardessus ma tête, j'enjambe un vêtement dont la brillance témoignait de sa finiture soyeuse. Je remarque un paquet de cigarette, et en pique une pour me l'allumer.

Après m'être assis, la clope au bec, j'ouvre la fermeture éclaire de mon sac et sors la coke avant de la déposer sur la table. Je tire une première bouffée, le bras calé contre le dos de la chaise, l'autre posé sur la table.

T'en penses quoi ?

Les lèvres légèrement scellées pour ne pas laisser tomber la cigarette, je fais un léger geste du menton pour lui indiquer que je parle de la musique.




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MessageSujet: Re: chroms.   chroms. EmptyMar 12 Mar - 17:17


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- Finn W. Bowman — Jazz Sparrow -


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L’œil est injecté de sang, les cheveux sont collés contre la nuque, les mouvements sont fébriles et il ressemble plus à l’animal se laissant aller à ses plus bas instincts, qu’à l’homme à l’intelligence vive et au sarcasme facile qu’il est habituellement, lorsque le manque ne grouille pas sous sa peau comme un ver solitaire. C’est rare qu’il se fiche de son apparence, Finn. Après tout, il s’est accroché au fait indéniable que, même dans les bas-fonds de l’humanité, où la souillure jouxte les coins obscurs, il a pu compter sur sa belle gueule pour survivre : et quelque part, il pense encore aujourd’hui qu’il s’agit de sa seule valeur. Là, la sueur fait luire son torse nu et il révèle sans vergogne les cicatrices de son dos, ainsi que la maigreur qui ne cesse de creuser l’endroit où se trouvaient autrefois des abdos bien dessinés.

La drogue, ça ronge, bien plus efficacement qu’un chien sur un os à moelle.

Et sa consommation qui était occasionnelle, dans le feu de l’action d’une fête débridée, s’est transformée peu à peu en besoin évident et irrésistible. Il a beau s’être émancipé de l’emprise de son père et d’avoir réussi, petit à petit, à se sortir du gouffre sans fond qu’a creusé sa dépression, son addiction reste là, immuable, et il se refuse à la voir pour ce qu’elle est vraiment. Admettre, ça serait assumer qu’il a besoin d’aide, et il est toujours persuadé qu’aucune main ne se tendrait pour le sortir de là. Malgré Caleb, malgré Aedan, malgré Holly, tous ces gens qui, à leur manière, apportent tous une pierre à l’édifice de sa vie.

Alors il prétend que tout va bien, et quand ce n’est pas le cas, de toute façon, un coup de téléphone et Jazz vient le délivrer, pas vrai ? Antéchrist apportant le chaos, vent mauvais qui entête et rend fou. Il se paye même le luxe de le faire attendre, et de jouer avec lui comme un piètre marionnettiste qui tirerait sur des fils au hasard pour son seul amusement. Il aimerait se fâcher, Finn, mais sa pensée est bien trop fixe, son envie est bien trop grande. Il entend à peine la musique qui glisse tout contre ses oreilles, il grogne alors que Jazz le frôle et qu’il s’éloigne de lui sans qu’il ne lui ait délivré son dû. On dirait un pantomime, le dealer ne lui accorde aucune réponse aux questions qu’il ne pense pas à poser, et le sorcier a le souffle court, le regard fixe, trop occupé à combler l’attente avant son fix par des actions aussi inimportantes que respirer et vivre. Tout est calculé, pourtant, tout est flou.

La bière s’élève dans le ciel avant de se ficher dans sa main, il manque de la rater tant ses doigts tremblent, mais il s’accroche tant bien que mal avant de la déposer devant Jazz. Et enfin, elle est là, la poudre. Magnifique. Sublime. Enchanteresse. Un autre coup de baguette magique, une ligne bien droite, bien nette, se dégage du paquet soigneusement préparé. Et hop, ça y est, en l’espace d’un instant, il n’y a plus rien, juste un reniflement et c’est comme si Finn s’illuminait, qu’il n’avait été, pendant tout ce temps, qu’un mort vivant, et que le sang dans ses veines se remettait soudainement à couler.

La chair de poule est toujours là, mais pour une raison bien différente. Là, c’est l’extase, le bonheur, l’adrénaline qui court dans tout son organisme. Il est bien. Il est redevenu lui-même. Finn regarde pour la première fois Jazz, homme neuf. Et dire qu’on lui a arrosé le front quand il était plus jeune : pas besoin de sol consacré pour renaître à nouveau, il suffit d’un peu de cocaïne et on s’approche sans problème du divin.

« -Pour peu, je te ferai un Notre Père la prochaine fois que tu viens frapper à ma porte, glisse-t-il malicieusement. Sa verve est revenue, il est aveugle ayant recouvré la vue. J’en pense rien, ma foi. J’en ai pas grand chose à foutre, en fait. T’as de la chance que je t’aime bien, mec. La prochaine fois…

Il soupire, hausse les épaules. A quoi bon les menaces et les faux semblants ? La prochaine fois, il ne fera rien du tout. Le chien ne doit pas mordre la main qui le nourrit, le religieux ne profane pas dans un lieu de culte. Il continuera d’appeler Jazz et de pester contre son retard, mais ce qu’il lui apportera vaudra toujours la chandelle, quoi qu’il arrive.

-Enfin. On s’en fout. T’es là maintenant. Tu veux mettre plus fort, peut-être ? Je dois avoir le disque qui traine quelque part. T’inquiète pas pour les voisins, l’appart’ est insonorisé. Comme tu veux. Je vais chercher ton fric, j’enlève du montant la clope que tu m’as piqué, hein.»

Ses mots sont hachurés, ses pensées partent dans tous les sens, mais il se sent si bien qu’il a l’impression qu’il pourrait conquérir le monde. Et il se permet même de plaisanter, comme s’il en avait quelque chose à foutre, du nombre de billets qu’il peut déposer entre les mains du dealer. Il lui aurait bien offert sa vie, son âme, pour quelques grammes supplémentaires. Il donnerait tout ce qu’il ne possède pas et ce qui n’existe pas encore. Il volerait l’Alpha et l’Oméga, l’irréel et le goût des couleurs pour cette sensation délicieuse qui le fait se sentir si vivant, si humain.
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MessageSujet: Re: chroms.   chroms. EmptyMer 13 Mar - 2:41

And another one bites the dust.

Je rigole à sa blague hérétique et prends la bouteille.
La prochaine fois, j'lui dirai que j'arrive au bon moment à chaque fois, c'juste lui qui devient de moins en moins patient avec son craving.

Han. Je suis vexé, là. En plus tu me nargues en me disant qu'un disque de Freddy est enterré quelque part parmi tes mégots et tes... tes trucs – c'est un string ça ? Je t'imaginais pas porter de la dentelle, Bowman, mais j'juge pas.

Au travers du verre de la bouteille, j’aperçois sa silhouette s'éloigner. Je sais pas combien de personne ont essayé de te sauver, Bowman. Probablement pas mal vu que t'inspires pas mal de pitié avec tes côtes creusées, en plus de donner l'illusion d'accessibilité en abusant de ta gueule de fortuné. Mais j'te vois pas, au travers de ma bouteille de bière, comme une personne qui a besoin d'être sauvée. P't'etre que c'est ma dissonance cognitive qui me dit ça, qui m'aide à mieux dormir la nuit, tu vois, le fameux « Si c'était pas moi qui te fournirait de la coke, ce serait quelqu'un d'autre ». Ouais peut-être, mais... plus qu'une personne qui a besoin d'être sauvée, j'te vois plutôt comme une personne qui a besoin de sauver quelqu'un d'autre pour arriver à terme. On dirait un antagoniste qui est devenu ce qu'il est car il n'a pas été reconnu comme un protagoniste à temps. Alors comme la plupart d'entre nous, est tombé dans ce gouffre sans profondeur qui rassemble tous les humains amères ensemble, le gouffre qui existe pour donner de la lumière au petit pourcentage d'élues s'épanouissant grâce à notre soi-disant médiocrité. Combien de gosses ont été sacrifiés pour créer de la lumière à nos prophètes, j'me demande ? On nous fait porter un manteau de promiscuité, puis on nous fait croire qu'on n'a pas réussi car est les ratés, qu'on n'est pas assez persistants, pas assez original, pas assez martyres.

Alors que c'est des conneries tout ça. Tout est une histoire de chance mon gars. De bon timing, le même qui a  causé le big bang. On a tous un bout en nous qui veut créer le monde, pour mieux le détruire, mais le bon timing échappe de notre contrôle. Alors que tout dépend du timing.

Hm...ouais, non, j'crois que je me projette un peu trop. Pas sûr que sa vie soit aussi infortunée que la mienne. C'est moi et mon syndrome de héro refoulé là. Mais j'dirais pas, que si j'avais assez de potentiel que lui, j'serais pas aussi en train de le gaspiller, enfin, plutôt de le tuer à petit feu. Comme il fait avec sa vie là, en l'embrasant trop fort, pour qu'elle se consume trop vite.
J'imagine qu'il y a pas mal de responsabilités qui viennent avec les privilèges –  it's no bed of roses, no pleasure cruise, comme vient de reprendre Freddy à travers mes écouteurs enlevés. It's a challenge before the whole human race, and you can't lose. Si t'es plus chanceux que 99% de nous, et que tu fais pas ton devoir noble envers nous tous... ouais, non. Là au moins, j'peux me cacher derrière mon histoire de pauvre pour prouver pourquoi j'fais rien de ma vie.

Oh mais ta gueule Jazzmine, t'es trop amère ce soir. Puis j'fais un truc de ma vie là, c'est juste pas encore apparent.
Ouais, mais l'avantage c'est que dans mon cas, il suffit que je réussisse dans rien pour épater la galerie. Différentes personnes, différentes attentes, right ?

Je prends une nouvelle gorgée pour aider à les ravaler, ces pensées, puis donne un peu plus d'attention à ma cigarette. En même temps, je relève les yeux en le voyant revenir avec l'argent. Je lui souris.

Je t'ai déjà dit que pouvais voir le future à travers une bouteille de bière ? Tiens, je t'offre une session contre une seconde clope.

J'inspire dans ma cigarette actuelle plus fort pour la consumer plus vite, puis l'écrase et me sers une seconde sans attendre son accord (ou ses potentielles protestations pour la séance de spiritisme). Je l'allume, expire une bouffée puis la cale contre mes doigts ; utilisant les même doigts pour prendre la bouteille. Je la relève assez pour le voir à travers en fermant un œil. La chroma brune se reflète dans la pièce, et une ombre orangeâtre apparaît sur la table et le mur à côté.

Hm... y'a plusieurs couleurs et perspectives. J'vois que t'as revendu l'atlantease et que t'es parti refaire ta vie plus loin. Ah ouais, t'es père d'un gosse, mais j'vois pas de compagne. T'as gagné du poids aussi, comparé à maintenant. Hm, t'es chassé par quelqu'un... qui veut te tuer, mais j'crois que c'est aussi l'amour de ta vie. Ah aussi, grosse rentrée d'argent là tout de suite, wait no, ça c'est pour moi.

Je prends une nouvelle gorgée du future, plus longue.




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MessageSujet: Re: chroms.   chroms. EmptyLun 18 Mar - 5:13

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- Finn W. Bowman — Jazz Sparrow -


Are you high enough without the Mary Jane like me ? Do you tear yourself apart to entertain like me ? Do the people whisper 'bout you on the train like me ? Saying that you shouldn't waste your pretty face like me ?” Gasoline - Halsey
Il y a un moment de grâce après la prise de drogue. C’est puissant, c’est une impression tenace de pouvoir soulever le monde entier à la seule force de ses muscles, de se tenir sur le bord d’une falaise, les bras écartés, l’air traversant le corps de manière irrésistible, et de crier “je suis le roi du monde” avant de sauter dans le vide. C’est fou et entêtant. Dangereux aussi, bien sûr, mais c'est ce qui fait la beauté de la chose : on ne sait jamais ce qui est vrai ou faux, ce qui est rêve et réalité, et ce flou artistique fait oublier à quiconque la vacuité de sa propre existence.

Finn se redresse, il retrouve l'étincelle dans ses yeux et son port de tête si caractéristique, et c'est comme si, il y a quelques minutes à peine, il n’avait pas l'impression de mourir à chaque seconde que le temps passait. Tout s'est effacé grâce à l'aide de la bonne vieille Dr Coke, médecin des sens et de la débauche, pour être remplacé par cette sensation de plénitude qui se répand de la racine de ses cheveux à la pointe de ses orteils. Il revit.

Un petit sourire posée sur le coin de ses lèvres, il passe la main dans ses cheveux en écoutant la voix de Jazz. Ils se sont bien trouvés, tous les deux. Oh, bien sûr, sans la relation marchande qu'ils entretiennent, ils ne se côtoieraient certainement pas, mais ils ont le même genre d'humour un peu absurde et noir, la même vision pessimiste sur le monde dans lequel ils vivent. À moins que tout ça ne soit qu'un acte, bien sûr. Qu'une scène soigneusement jouée par le dealer, qui a bien compris que Finn aura toujours tendance à acheter plus à quelqu’un qui semble le comprendre, plutôt qu'à un mec détaché qui voit ses clients comme des bouts de viande et non comme des êtres humains. Il n'a aucun moyen de le savoir : et au final, ça n'a pas vraiment d'importance. Il croit à sa vision de la réalité, et c'est très bien comme ça.

« -Tu plaisantes, il me fait un cul d'enfer, dit le sorcier en ramassant le bout de tissu que pointe Jazz du doigt, rendant bien évident que le sous-vêtement ne lui appartient pas, par sa taille, mais continuant à jouer le jeu. Tu veux voir ? ajoute-t-il en agitant un sourcil.

Et puis il jette le string par dessus son épaule, sans bien se soucier de là où il pourrait bien atterrir. De toute façon, il saisit sa baguette, fait un simple mouvement de poignet, et le bordel monstre qui peuplait son appartement s'élève dans les airs, pour se ranger soigneusement à sa place. Les mégots sont vidés dans la poubelle, les habits sont pliés, les objets plus ou moins aléatoires s’envolent aux quatre coins de la pièce pour être répartis dans le luxueux appartement. En quelques secondes à peine, on a l’impression qu’on pourrait manger par terre sans crainte d’un manque d’hygiène, tout est impeccable.

Baissant la tête pour éviter un jean qui volète jusqu’à sa chambre, il marche jusqu’à sa commode pour en ouvrir le premier tiroir, prendre une enveloppe remplie de billets avant de la tendre au jeune homme qui commence à lui balancer des conneries ésotériques. Finn hausse les épaules et prend à son tour une cigarette : rien de mieux qu'un peu de tabac, après quelques grammes dans le nez. Il écoute nonchalamment en inspirant, puis laissant échapper la fumée en douces volutes, tout en ricanant doucement lorsqu'il entend des faits improbables, déclamés avec la plus grande des assurances.

-Mec, tu devrais écrire des livres, t'as rien à envier à Hemingway.

Il croise les jambes sur le canapé, faisant glisser distraitement ses doigts le long de sa cuisse. Une cendre rougit sur son pantalon avant de s'éteindre, le brûlant dans une piqûre brève mais vive. Finn étouffe un juron entre ses dents, mais son sourire ne quitte pas son visage. Il plane, après tout, le Bowman. C'est un super-héros planté sur le bord d'un immeuble, qui embrasse du regard une ville endormie. C'est le roi de la savane, à qui on dépose aux pieds une carcasse décharnée.

-Ça m'étonnerait pas que j'ai un gamin quelque part, je peux pas dire que je fais tout le temps gaffe quand je suis déchiré, même si j'essaye : bon, du coup ça serait pas vraiment mon gosse, plus… le fruit de mes p'tits nageurs, hein ? Il est mieux sans moi dans sa vie dans tous les cas. Et putain, si je dois me jeter au cou de  tous les gars qui veulent ma peau, on y est encore dans quarante ans.

Il s'approche du jeune homme, se collant à lui pour pouvoir, à son tour, regarder à travers la bouteille. Finn ne voit rien d'autre que de vagues traces brunâtres mais prend à son tour l'air inspiré, comme avait l'habitude de le faire Trelawney en cours de divination, la coupe de cheveux à la con en moins.

-Moi je vois… Oui, c'est assez clair, je vois un visage, je vois beaucoup de frustration, qui ça peut bien être… oh. Jazz, franchement, tu pouvais l'avouer que t'avais envie de moi à ce point. Je me ferai un plaisir de te délivrer de tes envies, je ne suis que ton humble serviteur.»

Le petit con rigole encore en plaçant la cigarette dans sa bouche, une lueur triomphante dans le regard. Il est fier de sa blague, bien qu’elle soit loin d'être extraordinaire, toujours dans l'euphorie de sa prise de drogue.
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MessageSujet: Re: chroms.   chroms. EmptyLun 17 Juin - 16:45

«  Je...je crois pas avoir assez de thune sur moi pour voir ça  », que j'avais répondu d'un air faussement timide à sa proposition hilarante. J'avais à peine suivi le vêtement flashy du regard que j'ai failli rater le début et la fin du monde qui venait de se réaliser dans l'appartement de Finn Bowman. Ou comment rendre une terre habitable en 6 secondes. Rah le connard, maintenant je me sens con à passer du temps dans ma vie à faire le ménage quand lui il a juste à faire un coup de baguette et trois fées invisibles en soubrette débarquent.

Il est requinqué, le Bowman. Ca se voit à son sourire et ses mouvements subtiles, son corps s'est remis à danser sans mouvoir. Ca doit être l'une des fées qui a dépoussiéré ce qui se trouve sous sa ceinture, car il n'arrive plus à poser son cul quelque part à ce que je vois.

Si c'était le cas, ça resterait légalement ton gosse ma gueule.

Alors à ta place j'ferais gaffe quand j'suis susceptible de mettre en cloque une dramaqueen. Je le regarde dans les yeux pour appuyer ce que je dis. Ouais, mon ton était peut-être plus sérieux que sarcastique, mais ce mec est wouah, il ne se rend pas compte de sa chance qu'il abuse, il a évité de tomber sur le mauvais genre de pute jusqu'à maintenant, et continue de pas faire gaffe. Parce que si j'étais une nana, rien ne dit que j'aurais pas essayé d'utiliser cette stratégie sur lui pour lui soutirer du moneymoney. Avocat du diable ou pas, il y a des sous à en tirer d'une affaire pareille.

Mais comme d'hab, il est trop perché depuis qu'il a mordu dans la poudre.

Ouais, la chroma brune de la bouteille de bière n'est d'ailleurs pas la seule couleur qui se reflète contre les murs. Y a aussi le noir de mon ombre qui s'oublie dans la bouteille, et le noir de la tienne qui se joint à la mienne. J'suis habitué à son rentre dedans depuis le temps, c'est plus sa tentative de jouer les Esmeralda qui m'a fait sourire :

Mon humble serviteur ? C'est ça que tu t'imagines quand tu fantasmes sur moi ?

Je cale la cigarette contre mes dents le temps de glisser la liasse de billet dans mon sac à dos. Pas besoin de compter.

Je m'attendais pas à des kinks aussi soft de ta part, Bowman.

J'échancre mon sourire moqueur en sourire banane,  me retenant de rire pour pas gâcher ma pique.

Même si... j'avoue que je ne t'imaginais pas dans un autre type de position.





It was the gnawing suspicion that you were leavable, that you were too much trouble, that you were better off dead. It was the shame of wanting something you shouldn't; it was the ugly thrill of nearly being dead. It was all those things, all at once. (M. Stifvater)
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MessageSujet: Re: chroms.   chroms. EmptySam 29 Juin - 13:02


Chroms

- Finn W. Bowman — Jazz Sparrow -


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Au moment où les mots passent la barrière des lèvres du moldu, Finn se fige. C’est une simple boutade, une plaisanterie qui ne fait que prolonger cet échange léger, à l’image de leur relation : un mélange subtil de badinage et de simple échange commercial, de besoin désespéré pour un produit illicite et d’humour libidineux. Ce n’est pas la première, ni la dernière fois qu’on laisse sous-entendre que le sorcier est à vendre, que ce soit sur le ton de la rigolade ou pour le blesser volontairement. Ce n’est jamais facile à entendre. Car ça le ramène aux moments les plus durs de sa vie, à de sombres instants où il n’était plus vraiment un humain, plus vraiment vivant, un simple corps qu’on peut user à sa guise avant de le rejeter dans le caniveau d’où on l’a sorti. Il n’a pas honte de son passé. Il a fait ce qu’il avait à faire pour survivre, à l’époque, il a fait des mauvais choix mais c’est ce qui l’a construit, aujourd’hui. Ça ne rend pas les souvenirs plus faciles à se remémorer.

Bien sûr, il ne dit rien. Il se contente d’un sourire en demi-teinte, un petit air narquois peint sur le visage, haussant doucement les épaules avant de continuer son chemin jusqu’à la chambre. Il ne sait pas si ses blessures se refermeront un jour, à l’image des cicatrices qui constellent son dos. Tout ce qui compte, c’est qu’il est en vie, aujourd’hui, qu’il est libre, et relativement heureux. Enfin, sur l’échelle de Finn Bowman, il est vraiment putain d’heureux en ce moment, en fait.

Et de toute façon, comment se laisser abattre alors que lady cocaïne parcourt son organisme, plus efficace que le venin d’un serpent, plus enivrante qu’une piqûre d’adrénaline pure. Finn ne tient pas en place, ses pupilles légèrement écartées et ses sourcils levés, soufflant sans cesse sur une mèche rebelle qui lui retombe sur les yeux. S’il s’écoutait, il prendrait sa baguette pour se faire une coupe maison, mais il tient bien trop à son apparence pour se laisser aller à une telle idée. Alors il se contente de triturer sa clope et de sourire comme un bienheureux. C’est probablement la raison pour laquelle il ne réfléchit pas plus longtemps sur l’éventualité qu’il ait un gosse, quelque part. Ses pensées virevoltent, il veut tout et rien à la fois, plus fort, plus vite, plus fort, plus vite. Sa jambe s’agite. Il continue son show, ce flirt incessant qui le caractérise si bien, pour lequel on peut autant l’apprécier que le haïr : et Jazz lui tend tellement de perches, après tout, qu’il serait dommage de s’en priver.

« - Ecoute, je pourrais te dire en détail tout ce que j’imagine, mais je ne voudrais pas heurter ta sensibilité. Narquois et railleur. Son arrogance dégouline de chacun des pores de sa peau, et il ne se prive pas pour l’étaler, dans toute sa splendeur. Des fois t’es à genou, des fois c’est l’inverse… Y’a même un scénario où t’es étonnamment souple et tu prends de ces positions… le Kamasutra pourrait aller se rhabiller.

Et ils fument, et ils continuent cette discussion surréaliste, et ils sont jeunes et cons. Un dealer, un client, un appartement luxueux : on aurait imaginé n’importe quel scénario, mais certainement pas cette conversation à la limite de Gargantua. Il n’y a pas de faux-semblants ici. Chacun sait à quoi s’en tenir. Et c’est ce qui rend le moment d’autant plus appréciable : il n’y a pas à se poser de questions ou à se mettre des barrières, simplement vivre l’instant présent tout en appréciant la délicieuse sensation de la drogue qui habite l’organisme.

- Mais dis-moi, tu sembles avoir bien réfléchi à mes kinks, justement… Fais gaffe, je vais te prendre pour un stalker venu butiner mon innocence. Il prend une voix volontaire aiguë, bat exagérément des cils. Non, Jazz, ma maman m’a toujours dis que je devais garder ma fleur jusqu’au mariage !

Il reprend sa voix normale en reprenant une énième bouffée de fumée. Il a chaud. Il se lève pour aller ouvrir la baie vitrée qui occupe une grande partie du mur de son salon, laissant pénétrer l’air frais de la nuit, et, se faisant, l’odeur caractéristique de l’océan. Les falaises déchiquetées descendent à pic pour se fondre dans les vagues, qui laissent déferler leur colère en ce soir de juin. La vue est belle, depuis les Salines, et d’autant plus dans cette résidence de luxe que seuls les nantis peuvent se permettre de payer. Le privilège de la richesse.

- Mais bon, allez, je veux bien, dans mon immense générosité, me mettre dans la position que tu veux. A la carte, rajoute-t-il, dans un français à l’accent à couper au couteau. Torse nu, il prend volontairement une pose lascive qu’il exagère au possible, le vent soufflant dans ses mèches accentuant le burlesque de la situation. Si ça te fait plaisir de m’imaginer à tes pieds… Je l’ai déjà dis, je suis ton humble serviteur. »

Remontant son menton, son regard est provocateur, défiant. Le jogging baillant toujours exagérément et sa baguette dépassant de sa poche, il pousse même le délire jusqu’à se cambrer contre la porte vitrée comme s’il était dans un clip des Destiny’s Child. S’il y a bien quelque chose qu’on ne peut pas enlever à Finn, c’est qu’il n’a pas peur du ridicule. En particulier lorsqu’il est défoncé.
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MessageSujet: Re: chroms.   chroms. EmptyLun 1 Juil - 10:45

Il valse d'un extrême à l'autre, entre Marie et Marilyn, en passant par Marie-Jane. Comme le veut l'héritage colombien, l'esprit de Finn est devenu spiritueux, et maintenant il intoxique tout ce qui l'entoure.

D'un côté, je l'envie un peu, car je crois que j'ai plus d'eau que d'âme dans mon corps, que ça m'empêche d'être enivré par son esprit. À moins que ce soit l'habitude de trainer avec lui, peut-être. D'un autre côté, je regrette de voir tout ce potential enflammé par la poudre partir dans une explosion de feux d'artifice. Quel gâchis.

Et puis d'un tout autre côté, car y a toujours plusieurs angles à admirer avec lui, j'dois sûrement commencer à couler dans le fond de la bouteille pour en avoir quelque chose à foutre de comment ce gentleman vit sa vie. Allez, the show must go on.

J'me remets dans le bain, rigole un peu avant de poser mon menton contre ma paume de main, plissant les yeux fixés sur lui avec un demi-sourire :

Uhm uhm, de la générosité ou du quid pro quo, je me demande... Par hasard, le voyeurisme ne fait pas partie de tes kinks, Bowman?

Je creuse un peu plus mon sourire puis ferme les yeux, appréciant le courant d'air salé qui vient imbiber mon visage.

Ou, tu sais... tu peux juste avouer que tu aimes que je te regarde.

Du haut de mes chevilles gigantesques se trouvent les fantasmes happe-chairs qui me traversent l'esprit en ce moment et qui ne sont pas tout à fait compatibles avec mes paroles. Du haut d'une montagne de ruine, je m'imagine siéger le sommet, j'imagine toutes les merveilles que je trouverais et celles que je réussirais à détruire ; toutes les personnes que je pourrais devenir, et cells que je n'aurais plus à être. Je m'imagine vivre sous l'astre, et non caché dans la pénombre, honteux de mes couleurs.

Mon hubris tourbillonne autour d'une chose, et une chose seulement. J'ouvre les paupières et convoite des yeux la baguette du sorcier nonchalamment calée contre sa poche. Quelque chose de quasi impossible. À quoi ça sert de me faire du mal comme ça, je me demande. De continuer à courir et à espérer et à courir et à espérer ? Ma propre baguette, mon propre pouvoir... c'est terriblement stupide, je le sais, mais je n'arrive pas à imaginer le reste de ma vie autrement. Sans magie dans le sang.

J'dois avoir un problème hein. Pour en être à ce point obsédé.

J'ai une question à la place d'une position, tu me permets ?

Ouais, j'ai sûrement plusieurs problèmes même, pour que mes priorités soient arrangées de cette façon. Mais hey, the show must go on. Je prends une nouvelle cigarette et m'avance jusqu'à lui, cherchant dans mes poches le briquet.

S'il y a quelque chose dont je n'arrive pas à faire sens encore chez lui, sa manière de se comporter avec moi, comme si je n'étais pas...moldu.

Il doit s'en foutre j'imagine ? Alors que moi je ne vois que ça, que cette fichue différence de potentiel entre nous. Il y a un trait invisible posé là, entre la table et la porte-fenêtre et je me dis que si j'étais à la place de Finn, et s'il était à ma place..... ce trait n'aurait pas été aussi invisible pour lui. Je ne serais pas à trainer avec un moldu, car j'aurais des tas de trucs plus importants à faire... comme changer le monde. Laisser un impact, un gros cratère de mon passage sur terre. Mais peut-être est-ce juste de l'indifférence de sa part aussi.

Je ne retrouve pas le briquet dans mes poches, je ne l'ai peut-être même pas sorti de mon sac. J'appuie ma main contre l'encadrement de la porte-fenêtre, et me penche jusqu'à lui pour embraser le bout de ma clope par la sienne. J'inspire.

Dis-moi...

Sans m'éloigner, je le regarde simplement :

Est-ce que tu tuerais un moldu pour sauver un sorcier ?

Mon sourcil tressaute quand j'entends un hululement familier juste à ma droite. Je tourne ma tête pour apercevoir que mon hibou vient d'atterrir sur la rambarde du balcon.

...c'pas ce que tu crois. J'faisais qu'emprunter du feu, regarde-

Je décale ma cigarette de mes lèvres et me dirige vers l'oiseau de nuit pour le saluer en le grattant derrière l'oreille. Un autre hululement moqueur me fait tirer une moue.

'tain, si j'avais compté sur toi, ce serait à cette heure que notre client aurait reçu sa marchandise. Qu'est-ce que tu fous là ? Nan, ne dis rien. T'as la frousse de rentrer seul je parie.

Je hoche la tête de dépit face à la réponse timide d'Arsène Lupin, puis me tourne vers Finn.





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MessageSujet: Re: chroms.   chroms. EmptyDim 7 Juil - 10:52


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Le vent frais de la nuit, renforcé par le courant d’air empli d’embruns provenant de la mer, ébouriffe les cheveux du jeune homme, et laisse trainer sur son visage des mèches mutines. Ses lèvres sont rouges de les avoir trop mordillées, ses pupilles, trop écartées pour laisser planer un doute sur son état. Il est bien. Il est libre. Il n’a plus besoin de penser à ce qui se passe en dehors de son appartement, à son père qui veut certainement le buter après ce qu’il lui a fait, à Caleb et aux drôles de sentiments qu’il fait naitre en lui, au chiffre d’affaire de l’Atlantease, à ce passé qu’il traine comme un boulet à sa cheville. Il avance minute par minute ; mieux, seconde par seconde. Le futur n’est pas un concept qui l’intéresse, quand la drogue est le seul maître à bord de son organisme, quand l’euphorie de la prise de cocaïne lui donne l’impression de planer à des milliers de kilomètres du sol. Il se fiche de tout, sauf de cette euphorie qui saisit chaque parcelle de son corps, et il veut la partager avec Jazz, le seul présent, celui qui lui a apporté la responsable de son état si agréable. Il rigole dans le vide, imitant les mouettes en contrebas. Il est vivant.

« - Quoi, parce que je m’en serais caché ? Je vois pas pourquoi j’aurai honte. Je suis beau gosse, toi aussi, quoi de plus agréable que d’apprécier les belles choses. Le seul qui a du mal à avouer quoi que ce soit ici, c’est pas moi. Sinon tu m’aurais demandé de me foutre à poil depuis bien longtemps.

Si fier de lui, de sa verve, de son corps si jeune et indolent qui se pavane dans ce somptueux appartement, sa peau pressée contre la vitre comme s’il était une sculpture dans un musée, qu’on doit regarder sans pouvoir toucher. Les cicatrices qui parcellent son dos ne font qu’élever sa stature au rang de chef d’œuvre, puisque leur beauté horrifique ne rend que plus onirique le reste de son être, comme Lucifer tombé du ciel qui se serait arraché les ailes en arrivant aux Enfers. Il se dandine aux sons d’une musique qu’il est le seul à entendre. Peut-être qu’il s’agit du son de son propre cœur, qui bat un peu trop fort dans sa poitrine. Il résonne, pulsant le sang à travers ses veines, continuant de répandre le doux poison que procure la drogue à son organisme.

Et puis le ton de Jazz change. De manière infime, peut-être, mais il y a comme une urgence dans sa voix, une fébrilité qui n’est pas sans rappeler celle de Finn, alors qu’il n’a, à sa connaissance en tout cas, pas la joie de profiter de l’allégresse d’un peu de poudre dans son nez. De toute façon, les pourquoi ne préoccupent pas le sorcier, pas en ce moment. Ce qui le dérange, c’est plus la façon dont la conversation change : car comme à son habitude, il est bien décidé à essayer de débaucher le dealer, et à enfin gémir sous ses coups de reins. Plus ils s’éloignent du sujet initial, au goût sucré d’interdit et de luxure, plus ses chances s’amenuisent, et il se désespère d’un jour pouvoir accrocher le nom de Jazz sur son tableau de chasse. Non pas qu’il soit en manque, ou même que son égo le pousse à vouloir mettre dans son lit quelqu’un qui s’est toujours (peut-être pas explicitement, mais l’implicite, dans cette situation, est tout aussi important) refusé à lui, mais il est si bien, si vivant, si défoncé, qu’il veut renforcer cette sensation de la matière la plus primaire qui soit. Il soupire exagérément, sans cacher son désarroi, avant de reprendre une position plus traditionnelle en s’adossant simplement à la baie vitrée. Il rallume une cigarette, comme pour combler un manque par une autre envie.

- Disons que je m’en contenterai, dit-il d’un ton boudeur à l’excès.

Il souffle sa fumée en tournant son visage vers la mer, appréciant l’air rafraichissant ses pommettes et sa nuque. Le Bowman fait parfois penser à un adolescent pourri gâté, bien trop théâtral pour son propre bien, qui n’a de cesse que d’assouvir ses fantasmes pour se sentir heureux, mais c’est un leurre. Un personnage créé par la drogue, une façon de s’oublier en s’imaginant une existence plus simple et moins tragiquement paradoxale. Alors, bien vite, ses longs cils se reportent sur Jazz et il l’écoute sans faire plus de simagrées. Peut-être qu’il redescend aussi, au moins un peu. Au moins quelques secondes.

Il est surpris de le voir à quelques centimètres à peine de sa bouche, et son souffle se bloque tout contre ses lèvres. La scène est délicieusement érotique, que Jazz le veuille ou non : et l’ancien Serpentard manque presque d’entendre sa question alors qu’il imagine sans peine leur souffle se mélanger sans qu’aucune dose de nicotine n'en soit le prétexte. Il hausse les épaules. Bien trop stone pour réfléchir en profondeur, bien trop honnête pour mentir ou se mettre des barrières. De toute façon, il a toujours assumé ses pensées et ses actes, peu importe la volonté de sa famille, la morale, ou quiconque aurait eu quelque chose à redire sur la façon qu’il a de vivre sa vie.

- Déjà, j’vois pas bien pourquoi j’irai buter quelqu’un. C’est pas trop mon délire, perso. Pour sauver quelqu’un, tu me dis ? Je sais pas, ça dépend. Si c’est quelqu’un qui compte pour moi, probablement ? Mais j’vois pas en quoi le fait que ce soit un sorcier ou un moldu change quoi que ce soit au schmilblick. Rien à foutre, de ces conneries. Que t’aies une baguette ou non, si t’es un connard, ça change pas grand chose.

Langage peu châtié qui délivre une vérité propre à Finn : il est aussi tolérant avec les autres, qu’il ne l’est pas avec lui-même. Toujours à se juger, à se flageller intérieurement pour des choses dont il n’a pas le contrôle, à partir du principe qu’il est mauvais et que c’est la raison pour laquelle le destin s’acharne sur lui. Sa main se pose sur la mâchoire de Jazz, retraçant du pulpe de son index le tracé de son visage de manière aérienne, joueuse.

- Pourquoi, t’as peur de moi, Jazz ? Tu me prends pour le Grand Méchant Loup ? Le Grand Méchant Finn… ça sonne bien. Et ça tombe bien, j’aurai rien contre le fait de te dévorer.

Il passe à côté de signaux pourtant évidents, celui qui a un regard cynique sur l’existence. L’être humain est forcément mauvais, et il est loin de se poser comme étant un modèle aux valeurs exemplaires : alors il ne réfléchit pas plus qu’avec ce que lui dicte ses pulsions, et retombe dans ses vieux travers. Le syndrome du Peter Pan, mais qui aurait quitté Neverland. Un être de conte qui aurait grandit, et qui serait figé dans une adolescence hormonale constante.

Le hibou rompt cet échange et il reprend une bouffée de cigarette, encore une. La nuit est si belle. Il observe la lune se refléter, au loin, par dessus la rambarde de son balcon, tout contre la mer d’encre. Finn s’approche du rebord, écoutant simplement l’échange du dealer avec son animal, avant de s’asseoir sur la barrière. Il n’a peur de rien, quand il est dans cet état.

- Ouais, t’aurai eu la mort de ton maître sur la conscience, satané piaf. Je l’aurai tué de mes mains s’il était arrivé maintenant. Ou c’est moi qui serait mort, peut-être. On ne sait pas. »

Et il vacille avec le vent, son équilibre menaçant de le faire tomber chaque seconde qui passe. Inconscient, le Bowman, comme à son habitude. Éternel, en fait.
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MessageSujet: Re: chroms.   chroms. EmptyMer 10 Juil - 17:52

« Ça te ferait gagner un peu de poids, tiens. » Je lui avais donné une gentille claque au niveau du ventre avant de me diriger vers le hibou. Il décide de nous rejoindre en s'asseyant à côté de nous, entre la vie et la mort. Arsène Lupin choisit ce moment pour s'envoler vers l'autre côté de la rambarde, probablement indigné — ou terrorisé? — par les menaces du grand méchant loup (j'sais toujours pas si ce piaf pige le sarcasme).

Je cale mes avants bras contre la barrière en métal, la sentant vibrer de temps en temps aux mouvements perceptibles de l'une des créatures perchées contre. Mon regard est plus attiré par la cigarette dans ma main que par l'horizon, qui ne m'enchante pas plus que ça.

Je me rappelle de sa dernière phrase qui fait encore écho chez moi :  « Que t’aies une baguette ou non, si t’es un connard, ça change pas grand chose ». Il a dû tirer sur la bonne corde pour que ça continue de résonner jusqu'à maintenant. Pour que ça me donne envie d'être sur la défensive.
Il a raison, ouais. Et peut-être qu'il ne se rend pas compte à quel point.

Je n'ai pas peur de la vérité qu'il représente. Il est probable que je reste toujours un connard  même avec une baguette de sureau dans la main. Ou pire, que je tombe dans l'abus comme ces nouveaux riches qui commencent à psalmodier les rhapsodes du capitalisme après avoir goûté à un semblant de pouvoir. Peut-être aussi, en flocon de neige digne de ce nom que je suis, j'ouvrirais  une troisième fissure dans le dilemme qu'est la mixité (je me fais rire). Ouais, l'herbe est toujours plus verte de l'autre côté de la palissade. Mais qui sait à quoi s'attendre aussi ? N'est-ce pas le plus amusant ? Pour moi, bien sûr, pas pour les futurs papillons attirés par mon gazlight.

Mon souffle s'arrête à l'occasion d'un vacillement trop dangereux avant de reprendre, je lui jette un coup d'oeil tout en inspirant une bouffée de nicotine.

Hey, ma spécialité c'est les overdoses, pas les défenestrations.

Quoique ça compte comme defenestration, ça ? Je me penche un peu mieux contre la barrière pour admirer la réalité contre laquelle l'un de nous risque de s'écraser. Je redresse la tête pour tomber sur une autre réalité tout aussi moche. Je la connaissais depuis, mais cette fois son dos était exposé sous une nouvelle lumière, baigné dans des rayons lactés.

« Quoi de plus agréable que d’apprécier les belles choses », qu'il avait dit. Je vais te dire ce qu'il y a de plus agréable que de voir un bel homme désapé ainsi. Déjà le désaper moi-même, et pas seulement de ses vêtement mais aussi de son petit air. Le peler comme une clémentine, car comment apprécier le fruit autrement ? En le peignant dans un cours d'art plastique, tu dis? Oui c'est comme ça que les riches apprécient leur fruits je crois - en même temps, quand tu t'ennuies plus que tu n'as faim, tu peux te permettre te pondre un poème sur une pomme.

Et la pomme ne tombe jamais loin du serpent — car nous sommes tous les deux des hommes de conquête, même si nous ne donnons pas la même valeur au butin. Pour moi par exemple, il est peu plantureux de gagner la même somme que l'autre partie ; cela se traduit en résultat nul dans ma perspective des choses. En échec.

Aucun échange équitable n'est acceptable dans ma définition de gain.




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MessageSujet: Re: chroms.   chroms. EmptyMer 17 Juil - 5:44


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- Finn W. Bowman — Jazz Sparrow -


Are you high enough without the Mary Jane like me ? Do you tear yourself apart to entertain like me ? Do the people whisper 'bout you on the train like me ? Saying that you shouldn't waste your pretty face like me ?” Gasoline - Halsey
Il pourrait presque penser que la mer est son seul témoin, alors qu'assis sur la barrière de son balcon, les deux pieds relevés sur la barre latérale, il ne peut entendre rien d'autre que le bruit des vagues et les cris des mouettes. Son appartement est insonorisé magiquement et l'on ne peut écouter la mélodie de la nature de l'intérieur, mais dans le cœur de la nuit, les étoiles semblent l’appeler. Peut-être bien que c’est la drogue, qui lui fait ressentir ce genre de choses - probablement, en fait. Mais le pourquoi n’a pas vraiment d’importance, ce qui compte, c’est le comment. Il est là, il existe, il respire l’air à plein poumons. Libéré des entraves de sa vie passée, de son père qui était comme une ombre mazoutée qui collait ses chaussures au sol. Il est bien.
La présence de Jazz ne le dérange pas, bien au contraire. C’est étrange, de considérer son dealer comme… son ami ? Si toutefois il peut appeler leur relation ainsi. Finn a si peu de gens qui comptent pour lui qu’il a tendance à utiliser ce mot à tort et à travers, adoubant ses connaissances d’un soir de beuverie comme ceux qui utilisent son addiction. Ce n’est qu’un mot, de toute façon. Ce n’est pas comme s’il avait encore la force de croire que quelqu’un pourrait vraiment tenir à lui.

Alors bien sûr qu’il vacille, qu’il chancelle, comme si le sol l’appelait à lui. C’est une danse infinie, une course, en fait, contre le tissu même de l’univers. Qui de son âme ou de la drogue l’emportera en premier ? La pièce, pour l’instant, est sur le tranchant, et personne ne peut savoir si elle tombera sur le côté pile ou face.

“- Hey Jazz, finit-il par dire en rompant le silence agréable qui s’est installé entre eux, essayant d’approcher sa main du hibou pour caresser ses plumes, avant de la laisser retomber contre son torse quand il se fait repousser. Comment t’en es venu à dealer ? J’veux dire, j’ai du mal à imaginer un gamin qui vient de sortir du ventre de sa mère qui vend du crack dans une ruelle, donc il doit bien y avoir une raison.

C’est une question bien trop personnelle, mais il s’en fiche. Au pire, le jeune homme lui dira d’aller se faire mettre, et ça lui ira très bien, comme réponse. Il est le premier à vouloir cultiver son jardin secret et respecte celui des autres : ça ne l’empêche pas d’être curieux. Et visiblement la cocaïne le rend bavard.

- Et t’inquiète hein, je vais pas sauter. Ça m’a passé, ce genre de chose. Ironie, quand tu nous tiens : ça n’en reste pas moins vrai. Et puis je choisirai pas un suicide aussi mélodramatique, quand même, j’ai encore mes limites. J’suis pas encore au niveau de cette pintade de Juliette : quoique non, elle s’est pas jetée de putain de balustrade. Le poison, ça reste classe.

Il ricane dans sa barbe, l’humour noir étant renforcé par son passé macabre. Jazz ne peut pas savoir de quoi il parle exactement, mais c’est probablement un bon signe, qu’il puisse en plaisanter comme ça : et puis, au pire, tout mettre sur le compte de lady coke, toujours. C’est la meilleure réponse à ses maux.

- Si tu veux rentrer, je t’en voudrais pas, t’as probablement mieux à faire que de fumer avec moi. Je sais que tu peux plus te passer de moi, mais je m’en voudrais de te faire rater tes obligations”, ajoute-t-il avec ce petit sourire sarcastique qui ne le quitte plus.

Et ils fument, ils fument, ils fument encore. Ils fument leur jeunesse une taffe à la fois. Ils fument peut-être pour s’oublier un peu eux-même, pour se rappeler de ce qu’ils sont, aussi. C’est un drôle de paradoxe que l’existence humaine, et d’autant plus, quand on en a douloureusement conscience.
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Tame my hunger, Numb my skin
In the crowd alone, and every second passing reminds me I’m not whole. Bright lights and city sounds are ringing like a drone, unknown. Oh, glazed eyes, empty hearts, buying happy from shopping carts. Nothing but time to kill, sipping life from bottles.
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