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 Des chants de guerre près des tonneaux | Grace

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Maggie S. ThompsonMaggie S. Thompson
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MessageSujet: Des chants de guerre près des tonneaux | Grace   Des chants de guerre près des tonneaux | Grace EmptyMar 5 Fév - 3:30

Quelle idée j'ai eue d'vouloir faire un stage cet été ? d'rester à Atlantis ? ... à l'université ? Ah, oui : Maman. Et Papa. J'avais pas envie d'les voir, encore moins d'passer mes vacances avec. Déjà que d'passer l'week-end avec eux, c'est presque d'venu une torture, plusieurs semaines, j'imagine pas. Ent' les remarques d'Maman sur ma t'nue, ma coiffure – mes ch'veux qu'j'pourrais laisser pousser, mes ch'veux qu'j'pourrais éviter d'teindre en gris sur un coup d'tête –, pire ! mon av'nir, et Papa qui dit plus rien, s'enferme dans son bureau et gueule sitôt qu'on passe l'aspi' – mais faut bien quelqu'un l'passe, sinon Môsieur le grand écrivain d'SF vivrait dans la crasse, n'est-ce pas ?! –, j'dois avouer qu'la perspective d'rentrer m'attire encore moins qu'un bébé troll des bois, c'est dire ! Un stage à trier les archives d'la Faculté d'Astronomie, ça a beau n'être qu'assez peu palpitant, ça permet toujours d'passer ses journées au calme, son casque sur les oreilles à écouter Viviane et les Kelpys à fond, sans personne pour t'dire d'baisser l'son, te d'mander si t'apprécies vraiment c'te meuf qui crie comme une banshee... 'Fin, ça t'fait quand même finir tous les soirs d'la semaine à sept heures et ça paye que dalle ! 'Reusement qu'j'fais l'boulot qu'personne veut s'coltiner l'reste de l'année, hein : si j'faisais comme tout l'monde, j'devrais sans doute toucher un salaire ! "Non mais Maggie, vous savez bien que des deux côtés, augmenter les subventions à l'UPA de ne serait-ce que dix livres ou 100 Noises, c'est signer sa mort politique pour un ministre !" Qu'est-ce que c'est qu'ces politiques qui s'préoccupent davantage d'la minorité d'connards qui nient l'existence d'la magie ou prônent l'retour dix ans dans l'passé plutôt qu'd'la majorité qui r'garde l'monde en face et tâche d'y viv' mieux ?! ... Ouais, je sais, c'est pas parce qu'on a la majorité qu'on a raison, qu'on devrait plus être écouté. 'Fin merde ! Tu construis une université mixte, tu lui donnes au moins les moyens d'former des étudiants, d'ach'ter des livres et d'trier ses archives...! 'Pas b'soin d'êt' communiste ou d'avoir fait d'la gestion pour arriver à c'genre d'conclusion !
Allez, on respire, ma vieille, ça sert à rien d's'énerver pour ça : tu peux rien faire à ton échelle et, surtout, t'as fini ton taff pour la s'maine. Maint'nant, tu vas marcher d'un pas léger, la tête en fête et l'sourire aux lèvres, jusqu'à la Fée Verte, t'enfiler ta pinte et finir de r'lire Tehanu, comme ça, tu s'ras fin prête c'week-end pour attaquer l'nouveau liv' d'Ursula Le Guin !
Maggie respire un grand coup et c'est d'un pas presque sautillant qu'elle continue sa route vers le bar. Les rues d'Atlantis sont particulièrement animées ce soir-là : il faut dire que, pour la première fois de l'été, il n'a pas plu une goutte de la journée ; même, il fait assez chaud pour que certains se baladent en T-shirt. La jeune sorcière n'a pas besoin de pousser la porte de la Fée Verte : le patron l'a laissée ouverte pour faire de l'air dans son établissement plus chaleureux que d'ordinaire.
Ouhla, qu'est-ce que c'est qu'tout c'bruit ? J'veux boire ma bière tranquille, les gars, pas... Oh punaise, me dis pas que...
— Euh... Salut, j'prendrai une bière – une blonde, comme d'hab' – et, juste une question, c'est vraiment c'que j'crois là-bas ?
— Si tu crois que c'est le matos nécessaire pour un karaoké, c'est bien ça, ouais ! Et voilà ta bière, ça fera 13 Mornilles, s'il te plaît !
— Et les gens... Y a vraiment des gens qui vont chanter ?
— Oh, bah j'espère bien ! Haha, fais pas cette tête, je suis sûr que toi-même, on te verra derrière le micro avant la fermeture !
— Aha, très drôle. Punaise, et moi qui pensais passer ma soirée au calme...
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MessageSujet: Re: Des chants de guerre près des tonneaux | Grace   Des chants de guerre près des tonneaux | Grace EmptyDim 10 Fév - 14:16

Des chants de guerre près des tonneaux

- Grace Hamilton — Maggie S. Thompson -


"It doesn't matter if your days are long, it doesn't matter if your night's gone wrong, just grab your hands and stomp your feet and sing it. It doesn't matter if he let you go, it doesn't matter if she hurt you so, get up and dance, just feel that beat and sing it." Pentatonix
Les soirs d’été à Atlantis se ressemblent. On a l’impression que, chaque nuit, les rues de la ville sont remplies des même fêtards qui fument, le verre à la main, s’intoxiquant allégrement avant de retourner se trémousser dans des endroits sombres et bruyants, que tous les passants qui se pressent pour rentrer chez eux après une dure journée de travail sous un soleil de plomb ont le même visage harassé, que les ombres s’étirent toutes pour ne former plus qu’un marasme de ténèbres dans laquelle seule la lune parvient à se refléter.

Les soirs d’été à Atlantis, pourtant, sont tous dissemblables. On ne sait ce qui peut nous attendre à chaque coin de rue, et l’avenir semble être à portée de main, tant l’aventure peut toquer à toutes les portes, sans distinction. Les chouettes fendent l’air pour se perdre dans les nuages, portant des messages bien mystérieux, et il ne passe pas un jour sans qu’un feu d’artifice, un cinéma de plein air, ou encore un festival ne vienne agiter l’existence des habitants de l’île dans un tourbillon de vie.  

Tout est éternel, et pourtant, fantasmagorique. C’est ce qui fait la force de la cité écossaise. Ce mélange de cultures et de mœurs, d’ancien et de nouveau, de magique et de scientifique : tout se mélange sans jamais se confondre. Et Grace, grain de sable au milieu du désert, goutte d’eau dans l’océan, prend un bol d’air frais, alors que la nuit lui appartient, comme à tous les autres habitants de l’île, qu’ils préfèrent rester chez eux pour se reposer ou se perdre dans un club encombré.

Elle, elle a décidé de sortir, ce soir. La kinésithérapeute est de bonne humeur : et le fait que Milo travaille tard sur une commande urgente, que son frère ait un rendez-vous de prévu avec Irvin, et que Charlie ne réponde pas à ses messages, ne va certainement pas l’empêcher de s’amuser. Après tout, c’est un animal social, la française, et elle se sent l’âme intrépide alors qu’elle parcourt les rues d’Atlantis, le sourire aux lèvres, seule et libre. Un mois a passé depuis qu’elle a vu le "gobelin" se faire assassiner devant ses yeux : un mois qu’elle se torture l’esprit à ce propos, et pour une soirée elle ne veut rien faire d’autre que s’aérer la tête, et profiter. Pourquoi pas rencontrer de nouvelles personnes, et s’amuser sans se soucier du lendemain. Elle le mérite, après tout.

Les éclats de voix et les rires s’échappent de toutes les terrasses qu’elle croise, mais elle ne s’y arrête pas, laissant ses pieds la guider, un peu au hasard, au grès des pavés clairs qui résonnent à chacun de ses pas. Le centre-ville est rempli de bars tous plus différents les uns que les autres, et elle laisse son instinct la mener où le destin a décidé qu’elle passerait la soirée, sans réellement formuler cette idée dans sa tête (sinon, elle se trouverait bien stupide, elle dont le caractère cartésien rejette en masse le concept de chemin tout tracé, ou d’un quelconque pouvoir omniscient qui façonnerait cette route). Enfin, elle le trouve, ce panneau qui la fait se décider à pénétrer dans un établissement. Karaoké night. Il ne lui en faut pas plus, et elle s’engouffre dans la Fée Verte sans plus de cérémonie.

Le patron s’attèle encore à installer le matériel audio alors elle s’installe au bar, essayant d’attirer l’attention d’un serveur pour qu’elle puisse commander un verre. Lorsque sa petite voix réussit à arriver jusqu'aux oreilles de l’homme, occupé à discuter avec une jeune femme qui doit avoir seulement quelques années de moins qu’elle, elle peut enfin demander une Margarita avant de diriger son regard vers la pièce grouillante de vie. Les discussions vont bon train, et les fumées de cigarette aussi : Grace fronce le nez, car si l’odeur ne la gêne pas outre mesure, elle reste assez désagréable. Mais elle ne va pas laisser quelque chose d’aussi mineur perturber sa soirée, et elle s’enfile son cocktail comme si c’était du petit lait, repoussant quelques intentions de dragueurs à moitié saouls et attendant avec impatience le début du karaoké. Très vite, elle commande un autre verre, alors que le patron fait les derniers réglages sonores, faisant retentir son "un deux, un deux" dans tout le bar.

« -Mesdames et messieurs, je déclare cette Karaoké Night ouverte ! Les chansons disponibles sont indiquées dans un livret, au bar, et il suffit de s’inscrire pour pouvoir passer sur notre scène, digne des plus grande salle de spectacle du monde, je le sais bien ! »

Il rigole de sa propre blague, alors que les clients l’acclament et qu’un léger mouvement de foule se déplace déjà jusqu’au comptoir. La soirée sera électrique, ça ne fait aucun doute. Lorsque le patron laisse place à une blonde à forte poitrine accompagnée d’une brune bien plus timide qui croise les bras, le regard fixe comme un lapin albinos devant les phares d’une voiture, les premières notes de musique se font entendre avec la célèbre "Lady Marmalade" de Christina Aguilera, Lil' Kim, Mya et P!nk, et Grace réussit à se frayer un chemin jusqu’au carnet où est noté la liste de chansons. Ses yeux sont attirés par un titre, dont la signification est probablement inconnue pour tout le monde dans le bar, mais elle ne peut s’empêcher de sautiller sur place, toute excitée à l’idée de chanter ce morceau. Elle s’inscrit, bien sûr, avant d’attendre son tour.

La soirée s’annonce grandiose. Et pour fêter ça, il faut prendre un autre verre, bien sûr…
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MessageSujet: Re: Des chants de guerre près des tonneaux | Grace   Des chants de guerre près des tonneaux | Grace EmptyLun 25 Fév - 17:21

Voulez-vous coucher avec moi ? Vraiment ? Franch'ment, 'sais pas comment tu fais pour écouter pareille merde alors qu't'es l'un des rares à passer du punk de qualité dans l'coin...
— Ah parce qu'écouter Crass et Lil' Kim, c'est incompatible pour toi ?
— Baaaaah, c'pas tant Lil' Kim qu'les trois aut'... J'veux dire, Aguilera quoi : on a connu mieux, même niveau pop.
— On a connu mieux, je te le fais pas dire... On a connu pire aussi. La question n'est pas tant de savoir si c'est bien ou pas, mais si ça attire du monde. Tu te souviens ? Je tiens un bar, une entreprise : j'ai beau adorer cracher sur la gueule des vils capitalistes, c'est pas trois anars et une dépressive qui me font manger !
— L'bar tourne si mal qu'ça ? J'pensais pourtant que...
— Non, ça va, mais c'est pas assez pour ce que je prévois. Maintenant, tu m'excuses, mais j'ai des bières à servir, c'est qu'il y a du monde ce soir !
Du monde ? 'Sûr qu'y a du monde c'soir ! J'ai jamais vu l'bar aussi plein ! D'habitude, même les soirs de match, on arrive à circuler ent' les tables ! Là, c'est même plus possib', des gens r'broussent même chemin en voyant la queue au bar ! Et pour quoi ? Pour une banale soirée karaoké ? Mais qu'est-ce qui va pas chez ces gens ?! Quel plaisir tu peux avoir à t'ridiculiser comme ça en public ?! Non pas qu'j'veuille êt' méchante gratuitement, mais merde quoi ! Tu peux pas espérer n'faire aucune fausse not' avec deux grammes dans l'sang ! ... J'exagère : 'semblerait qu'avec n'serait-ce qu'un verre certains n'maîtrisent déjà plus leurs cordes vocales. Pathétique... Dire qu'en plus, des gens les applaudissent. 'Sont pas fiers, pun-
— Yoooooo I'll tell you what I want, what I really really want...
Et la moitié de la foule présente de répondre, faisant s'écrouler de rire l'homme censé assurer la partie de Geri Halliwell.
Misère, les Spice Girls. C'est quoi la suite, les boy bands ? 'Reusement pour mes oreilles, les 2Be3 n'devraient pas êt' au programme. Déjà qu'j'ai eu du mal à supporter les "Voulez-vous coucher avec moi" et les "Meudemoiselle" qu's'en sont suivis, j'crois qu'j'fracasserais ma pinte sur l'coin du nez d'celui qu'oserait fredonner "Partir un jour". C'est bon, quoi : j'avais beau êt' loin d'Poudlard, des Sang-pur et du gars Potter, en Bretagne aussi c'étaient les Ténèbres ! Dès qu't'allumais la radio, t'pouvais êt' sûr qu't'allais l'entend' ! Ça, Céline Dion, l'Bossu d'Notre-Dame...
J'en oublie une. 'Suis sûre qu'y en avait une aut', dans l'top d'la purge musicale qu'on s'infligeait tous les matins 'vec Morgan.
'Fin bon, ça m'reviendra. En attendant, j'vais reprend' une aut' bière.
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MessageSujet: Re: Des chants de guerre près des tonneaux | Grace   Des chants de guerre près des tonneaux | Grace EmptySam 9 Mar - 11:21

Des chants de guerre près des tonneaux

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"It doesn't matter if your days are long, it doesn't matter if your night's gone wrong, just grab your hands and stomp your feet and sing it. It doesn't matter if he let you go, it doesn't matter if she hurt you so, get up and dance, just feel that beat and sing it." Pentatonix
L’ambiance est au beau fixe dans le bar, et les éclats de rire se succèdent en même temps que les quidams se présentant un par un devant le micro pour entonner diverses mélodies, chantées avec plus ou moins (surtout moins) de talent. Grace est au milieu de la foule, discutant avec des dizaines d’inconnus qui deviennent instantanément ses meilleurs amis,  jamais sans un verre rempli d’alcool à la main, offert par des individus aux intentions troubles. Il faut bien l’avouer, la française a un petit coup dans le nez, et si elle est déjà naïve en temps normal, elle a encore plus de mal à différencier les inconnus louches et les gens équilibrés lorsqu’elle en est à son… quatrième ? cinquième cocktail ? Elle ne s’en rappelle plus vraiment. Et si le volume d’alcool qu’elle a ingurgité peut sembler dérisoire quand on le compare à la consommation de certains habitués, ce n’est clairement pas une pratique courante pour elle que d’entretenir sa cirrhose : alors, elle papillonne de tables en tables, riant à perdre haleine et faisant de moins en moins de sens dans ses propos à mesure que la soirée se déroule.

Et puis retentissent les premières notes de cornemuse, et son nom est appelé par le maitre de la soirée, avant qu’il n’écorche le titre de la chanson d’un accent anglais absolument horrible qui fait ricaner la jeune femme éméchée. Elle qui, d’ordinaire, n’est jamais la dernière pour un bon karaoké, son ivresse repousse toutes ses inhibitions et elle lève les bras en l’air en prenant le micro dans ses mains, les chœurs bretons retentissant dans les baffles. Elle retourne en France, elle revoit son enfance passée dans les criques près de sa famille, et si elle n’était pas aussi joviale, probablement se sentirait-elle quelque peu nostalgique. Mais il n’en est rien, surtout lorsqu’elle entame le premier couplet, en prenant entre ses mains le micro à la façon d’un grand rappeur américain.

"Le vent souffle sur les plaines de la Bretagne armoricaine, je jette un dernier regard sur ma femme mon fils et mon domaine, Akim le fils du forgeron est venu me chercher, les druides ont décidés de mener le combat dans la vallée…"

Les personnes l’entourant n’ont aucune idée de ce qu’elle peut bien raconter, et personne, probablement, ne connaît la chanson à part elle, mais la kinésithérapeute n’en a cure. Elle adore cette chanson. Elle a le CD dont elle est extraite chez elle, et elle le passe régulièrement, tantôt pleurant sur le magnifique titre qu’est "L’avenir est un long passé", tantôt chantant à tue-tête le plus joyeux et entêtant "Mais qui est la belette ?". C’est un classique, en France : sorti il y a presque trois ans, il est devenu disque de diamant l’année suivante et Grace en est tombée amoureuse dès la première écoute. Elle ne fait jamais rien à moitié, le petit bout de femme. Lorsqu’elle aime quelque chose, c’est toujours à son maximum, peu importe ce que peuvent en penser les snobs qui voudraient rabaisser ses goûts un peu simple ou son enthousiasme. Il n’y a rien de mal à apprécier quelque chose qui est populaire, autant que d’aimer des chansons plus obscures : elle n’arrive pas à comprendre ceux qui renient systématiquement ce qui passe à la radio ou ce qu’écoutent les plus jeunes.

"Là où tous nos ancêtres, de géants guerriers celtes, après de grandes batailles se sont imposés en maîtres, c’est l’heure maintenant de défendre notre terre, contre une armée de Sumériens prêts à croiser le fer !"

Elle à l’air probablement ridicule à se prendre pour Eminem, en tortillant ses hanches sur scène, mais elle s’en fiche. Et puis, malgré le degré d’alcool élevé dans son sang, elle ne rate aucune syllabe de la chanson, et c’est un exploit suffisant pour être noté. Surtout lorsque le rythme s’accélère, et qu’elle décide d’emprunter la casquette d’un jeune homme assis non loin de la scène, pour la mettre à l’envers sur sa tête. Magnifique.

"Toute la tribu s’est réuni autour de grands menhirs pour invoquer les Dieux afin qu’ils puissent nous bénir, après cette prière avec mes frères sans faire état de zèle, les chefs nous ont donnés à tous des gorgés d’hydromel !"

Et elle rate la phrase suivante en faisant exactement ce que la chanson dicte, c’est-à-dire, de prendre une grande rasade de son verre pour se donner du courage, et rester grand et fier dans la bataille. Non pas qu’elle veuille particulièrement se battre, mais vu son état, quiconque viendrait lui chercher des noises se retrouverait à devoir faire face à un mètre 60 de rage pure. Cet hymne guerrier la booste tellement qu’elle hurle pratiquement l’énième vers avant le refrain, qu’elle attend avec impatience.

"Car c’est la première fois pour moi que je pars au combat, et j’espère être digne, de la tribu de Dana !"

Elle essaye tant bien que mal de donner une impression d’écho alors qu’elle répète le dernier mot en approchant, puis éloignant le micro de sa bouche. Elle s’y croirait. Elle est au milieu de la plaine, en armure complète, prête à faire couler le sang. Tant pis si, en réalité, elle se trouve dans un bar, à s’ambiancer toute seule dans l’indifférence générale, récoltant bien plus de coups d’œil de pitié vis-à-vis de son état que d’exclamations de joie.
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MessageSujet: Re: Des chants de guerre près des tonneaux | Grace   Des chants de guerre près des tonneaux | Grace EmptyDim 2 Juin - 17:40

Je... Quoi ? Si tu peux prend' c'te chaise...? Mais ouais gars, fais comme chez toi, t'vois bien qu'y a personne à côté d'moi. Mais ouais, c'est ça, casse-toi, va écouter t'musique d'merde 'vec tes potes ! Laisse-moi seule cracher ma bile sur... Oh p'tain : les toilettes, où sont les toilettes ?!
Les yeux exorbités, Maggie tourne vivement la tête de droite à gauche, s'immobilise : elle se lève et se précipite vers les toilettes, bousculant au passage quelqu'un visiblement à peine moins pressé qu'elle.
Va-z-y 'tain, crache c'que t'as dans l'fond d'ta gorge, ma vieille. Allez, ça t'fera du bien. ... Alleeeeez, 'tain ! ... ... La jeune femme sort la tête de la cuvette les yeux rouges. C'est sans mal qu'elle lisse et plaque en arrière quelques mèches de cheveux trempés de sueur. Après s'être essuyé la bouche d'un revers de manche et avoir fermé la cuvette, Maggie s'assoit sur les toilettes. Allez, on inspire une fois, puis on expire. On inspire, on expire... Allez, trois fois. ... Pfffiuuu, c'est pas passé loin. Mais merde en vrai, comment ça s'fait qu'j'en sois déjà au point d'tout dégobiller sur l'plancher ?! M'enfin, j'ai pas bu tant qu'ça ! ... ou bien si ? ... Non, c'pas possib', 'devait y avoir un truc dans ma bière, j'ai pas bu plus d'trois pintes c'soir. ... Pas possib'. En même temps, qui m'mettrait un truc dans ma bière ?! J'veux dire, c'est bon, quoi, on n'est pas dans n'importe quelle ville anglaise : on est à Atlantis ! En même temps, "on est à Atlantis", 'vec un tas d'fachos d'tous bords qu'aimeraient tuer du sorcier ou du Mol-
On tambourine à la porte.
— Ça va, mademoiselle ? Il y a des gens qui...
— C'bon, j'sors. Désolée.
Maggie déverrouille la porte, puis l'ouvre. L'air compatissant de la femme qui frappait à la porte s'évanouit sitôt qu'elle peut entrer dans les toilettes, où elle s'enferme prestement. Maggie, quant à elle, rejoint d'un pas mal assuré sa table.
Bon, j'vais pas tenter d'exploit et j'vais faire c'que j'aurais dû faire d'puis l'début, dès qu'j'ai su qu'c'était soirée karaoké : rentrer chez moi. Heureusement que j'bosse pas d'main, tiens ! ç'aurait été sympa d'trier les archives dans c't état-là ! Alors, mon casque, mon livre... La sorcière saisit sa pinte, la renifle puis inspecte le fond. Apparemment, rien d'suspect... Non mais c'moi qui m'fais des films, encore. 'Fin... Elle sort sa baguette de la poche arrière de son jean. ... autant en avoir l'cœur net, j'sais que si j'fais pas ce sortilège de détection, j'vais pas dormir tranquille...
Rev- eh mais attends, j'connais c'te chanson !
Mais oui, 'tain ! on l'entendait tous les jours en France, l'année qu'on s'cachait pour échapper aux Mangemorts ! Aaaaaah, ça m'revient !
— "Dans la vallée, oh oh, de Dana la la la la...!"
Ah ! là : j'ai pas rêvé, 'y a bien une aut' fille qui connaît la chanson, non ?! Mais où qu'elle est par cont'...?
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MessageSujet: Re: Des chants de guerre près des tonneaux | Grace   Des chants de guerre près des tonneaux | Grace EmptyVen 14 Juin - 11:05


Des chants de guerre près des tonneaux

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"It doesn't matter if your days are long, it doesn't matter if your night's gone wrong, just grab your hands and stomp your feet and sing it. It doesn't matter if he let you go, it doesn't matter if she hurt you so, get up and dance, just feel that beat and sing it." Pentatonix
Les basses résonnent sur les murs de pierre du bar, tandis que la cornemuse, elle, dans toutes ses sonorités stridentes réminiscentes d’un temps passé, rend les habits modernes des clients et les éléments de technologie qui jonchent l’établissement étranges, comme des artefacts d’une civilisation lointaine qui s’apparenterait presque à des divinités. La française, les deux pieds bien ancrés dans le sol, le micro à la main et gesticulant des signes de gang américains maladroits de l’autre, ne semble pas prêter attention à son environnement, pourtant. Elle est focalisée sur les paroles, sur cette histoire d’un peuple guerrier partant combattre sur des plaines parsemées par le vent, s’imaginant sans peine à leur place. Elle empathise avec cette homme qui n’est jamais nommé et qui deviendra le roi de la tribu de Dana ; elle imagine sans peine les traits bourrus et les mains calleuses d’Akim, le fils du forgeron ; elle ressent la brûlure de l’hydromel descendre le long de sa gorge pour oublier la peur qui lui tenaille le ventre. C’est probablement l’alcool qu’elle a ingurgité qui lui fait ressentir toutes ces choses, mais ce n’est pas très important, le pourquoi. Tout ce qui compte, c’est la façon dont elle se sent, dont elle s’approprie l’histoire de ces hommes et ces femmes ayant combattu les Symériens pour la terre de leurs ancêtres. Alors, elle redouble d’effort, chante à pleins poumons sa rage et sa combativité. Elle est en Bretagne armoricaine. Elle vit.

Tant et si bien qu’elle manque presque d’entendre une voix féminine rejoindre son refrain, qu’elle entonne avec ardeur au milieu des clients passablement éméchés (et elle ne pourrait pas leur jeter la pierre de toute façon, regardant la poutre dans son œil avant d’ôter la paille de celui de son voisin). Mais lorsqu’elle perçoit enfin l’unisson qui se forme avec cette inconnue, son regard balaie la salle, slalomant entre les groupes de joyeux fêtards et les personnes seules qui la regardent d’un air plus ou moins mauvais, avant de tomber, finalement, sur les traits d’une jeune femme ayant une pinte de bière à la main. Toute contente d’avoir trouvé quelqu’un qui connaît Manau, la française sautille sur place en la pointant du doigt, geste impoli au possible mais induit par la boisson qui lui monte bien trop à la tête.

Les "oh oh" et les "lalilala" se succèdent et elle veut soudainement que l’inconnue la rejoigne sur scène, bien qu’elle ne la connaisse pas et qu’elle ne sache absolument pas si c’était une idée qu’elle pourrait envisager. Alors, Grace s’approche du bar sans réellement se soucier de la longueur du fil qui relie le micro aux enceintes diffusants la musique du karaoké, renversant la serveuse qui laisse échapper un juron de protestation. La kinésithérapeute s’en fiche. Elle veut chanter avec sa nouvelle amie – peu importe son nom.

Un fil n’est jamais infini, hélas. Peut-être que pour les sorciers, c’est le cas, mais pour quelqu’un sans pouvoirs magiques comme elle, la jeune femme ressent bientôt une tension alors que le câble proteste de son étirement, avant que son avancée ne soit totalement stoppée par ce léger inconvénient. Elle ne va certainement pas s’arrêter pour si peu, bien sûr. Et la bretonne de tirer sur le fil sans penser une seule seconde aux conséquences, créant un effet Larsen avant de créer une petite étincelle au niveau des connectiques, coupant le son de son micro et faisant grésiller le deuxième couplet de la Tribu de Dana qui vient de commencer. Oups, se dit Grace. Mais elle est bien trop désinhibée pour en faire réellement cas et continue son chemin, le micro toujours à la main et le fil pendant à sa suite, inutile, la prise jack à moitié arrachée.

« - Heeeey ! finit-elle par dire en s’approchant de celle qu’elle a repéré, en français, par pur réflexe. Toi là, tu connais cette chanson ? »  

Sans réellement attendre de réponses, la question étant plus rhétorique qu’autre chose, Grace reprend la mélodie du couplet d’abord en chantonnant pour retrouver le rythme, puis en continuant les paroles comme si de rien n’était, se servant du micro comme un rappeur gangsta des années 80.

Mes frères tombaient l’un après l’autre devant mon regard, sous le poids des armes que possédaient tous ces barbares, des lances des haches et des épées dans le jardin d’Éden, qui écoulaient du sang sur l’herbe verte de la plaine !

Et Grace de mimer la bataille avec une arme imaginaire, la brandissant vers la jeune femme qui n’a rien demandé. Et Grace de se rendre ridicule, bien sûr, mais quelle importance, lorsqu’on a un coup dans le nez et un micro à la main ?
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Des chants de guerre près des tonneaux | Grace
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