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 Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton]

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Theodora Rose KnightTheodora Rose Knight
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MessageSujet: Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton]   Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton] EmptyDim 27 Jan - 12:10

Depuis ce coup de téléphone quelques jours auparavant, le docteur Knight avait passé une partie de son temps avec le dossier Hamilton. Ce dernier le lui avait transmis en provenance directe de son médecin traitant.

Suivi de SEP. Encore un sigle propre à éloigner de la réalité de la maladie. Il ne lui avait pas fallu beaucoup d’années de pratique pour observer la désinvolture qui prononce les acronymes, comparée à la gravité qu’elle recouvre. Comme si les médecins avaient besoin de se protéger de la maladie qu’ils diagnostiquent. Comme si prononcer Sclérose En Plaque allait la leur infliger. Certes, les docteurs avaient besoin de se protéger contre les horreurs des affections qu’ils soignaient mais pour Theodora, avoir peur des mots étaient pire que d’avoir peur de la réalité qu’elle recouvre et qui n’affecte que le malade qu’ils ont pour fonction de guérir, de soulager et d’accompagner. Il lui semblait qu’il n’y avait qu’une exception à cela le SIDA qui avait hanté chaque année de ses études et contre lequel l’homme se battait en vain.

C’était symbolique mais dans le dossier informatique qu’elle avait immédiatement ouvert, elle avait immédiatement corrigé ce qu’elle jugeait comme une faute que le jargonnage médical n’excusait pas. Très vite lorsqu’elle s’était assise sur les sièges pliants des amphis de l’Imperial College, elle s’était découverte plus enflammée qu’elle ne l’aurait soupçonné après une enfance et une adolescence sans problème. Ces parents se plaisaient à dire à qui voulait bien l’entendre : “qui a dit que les adolescences des filles étaient plus terribles que celles des garçons ?”. Là elle avait découvert pourquoi elle avait décidé de faire médecine. Tout l’été précédant sa rentrée universitaire, elle avait été assaillie de doutes se demandant si elle n’avait pas fait ce choix pour rendre fiers ses parents ou pour ce genre de mauvaises raisons qui vous font regretter durant toute une vie un choix que vous avez fait trop jeune. Mais soulager les malades, les guérir en le traitant comme des personnes à part entière, c’était ça son désir et elle bénissait l’éloignement de ses parents et l’organisation des cours qui lui avaient permis de confirmer ce que d’aucun appellerait vocation mais que son esprit cartésien se refusait à rapprocher de la religion... Alors Matthew Hamilton ne ferait pas exception à la règle quel que soit le pronostic peu encourageant lié à sa maladie.

Par contre, elle s’était souvenue d’un article qu’elle avait lu pas plus tard que le veille sur les possible causes génétiques de la sclérose en plaque. Toutes les précautions d’usage avaient été prise pour évoquer cette piste, mais des études sur des population de malade atteints de la maladie tendaient à montrer qu’un facteur génétique entrait bien dans le tableau étiologique. Pour la chercheuse en génétique ce genre de publication ne pouvait pas passer inaperçu et le hasard qui lui envoyait un malade atteint de cette même affection pouvait passer pour un signe du destin si l’on était un peu superstitieux, ce qu’à dieu ne plaise, elle n’était pas. Mais outre la nécessité de suivre le patient, ses propres recherches pouvaient s’enrichir de nouvelles données. La maladie étant hélas, relativement répandue, il pouvait être aisé de collecter du matériel génétique à comparer et analyser.

Elle avait donc passé du temps sur le net, et au téléphone en ligne avec ses collègues outre atlantique, en faisant parfois fi du décalage horaire. Elle voulait être à même de répondre aux questions du jeune homme, concernant cette nouvelle piste qui n’apporterait certes pas de résultats dans l’immédiat, mais pouvait ouvrir de nouvelles perspectives à bien des malades.

En dernier lieu, travailler au Centre Médical d’Atlantis avait l’avantage de lui permettre de rester au contact des patients ce que ses dernières années de recherche avaient un peu estompé, mais en contrepartie, elle regrettait parfois de ne pas passer plus de temps sur ses recherches d’autant qu’elle étaient doubles. D’une part les recherches qu’elles se plaisait à qualifier de civiles et les autres encore plus secrètes que les premières qu’elle rangeait dans la médecine de guerre. Pour l’heure, exercer son métier de médecin sur un cas relevant peut-être de sa spécialité décuplait encore sa motivation et lui faisait oublier la fatigue de sa journée de travail.

Elle referma la porte de son vestiaire que l'administration hospitalière avait généreusement mis à disposition de chaque personnel soignant non loin de leur service et regarda sa montre entre toutes chérie car dernier souvenir de son père. Elle était comme d’habitude un peu en avance et se dirigea les mains dans ses poches de sa blouse immaculée qui recouvrait un chemisier fuchsia parfaitement accordé à son rouge à lèvre. La trentenaire avait très vite mesuré la vitesse du temps qui s’écoulait au sortir de la dépression qui avait suivi la perte de son fiancé et de son enfant. Cette prise de conscience lui avait fait commettre quelques excès, dans une sorte de boulimie à rattraper le temps perdu, mais à présent elle s’estimait stabilisée tout en étant vigilante à son apparence en premier lieu pour être satisfaite du reflet que lui renvoyait son miroir mais aussi pour parfaire les différents rôles qu’elle devait jouer devant les yeux de ceux qui ne manqueraient jamais, elle le savait de la juger, même sur son apparence tant qu’elle n’aurait pas le prix Nobel, ce qui n’était pas près d’arriver.

Cette pensée la fit sourire alors qu’elle croisait une infirmière qui apportait les résultats d’analyse apparemment très attendues si on en jugeait par le pas pressé, presque courue de la brunette en uniforme bleu. Elle salua quelques autres membres du personnel soignant et même un homme maniant avec dextérité la shampouineuse à qui le sol devait son éclat de neuf après plus de deux ans de mise en service. Elle tourna la tête pour continuer à l’observer tout en continuant sa progression au rythme de ses talons claquant sur le carrelage. Elle se demandait si c’était vraiment le moment pour ce genre d’opération et un instant sa paranoïa se réveilla, il faudrait en référer à qui de droit une fois qu’elle aurait vérifié le planning de nettoyage en tant que cheffe de service, elle en avait toutes les prérogatives. La guerre faisait d’elle quelque chose qu’elle n’aimait pas et cela suffit à lui gâcher le plaisir de sa prochaine visite. Elle était convaincue de la justesse de sa cause et de ses buts, mais la clandestinité et les divergences qu’elle pouvait parfois avoir avec la tête de Gloriam sur les méthodes semblait éveiller en elle tout ce qu’elle détestait chez ceux qui étaient responsable de la mort de ses parents. Elle ne parvenait pas à se résigner à laisser tout comme eux sa part d’humanité s’évaporer peu à peu, à chaque nouveau sacrifice sur l’autel de la barbarie.

Enfin elle arriva devant l’open-space du secrétariat du service qui précédait l’espace d’attente que l’accueil affublait du titre pompeux de salle d’attente alors qu’il était ouvert aux quatre vents. Elle savait que c’était pour permettre une évacuation rapide de l’endroit en cas d’urgence médicale mais n’avait rien de l’espace cozy nécessaire à rassurer en partie les patients déjà mis à l’épreuve par la     maladie et l’attente d’être pris en charge par quelqu’un jugé compétent. Elle s’arrêta pour interroger l’hôtesse, une main sur le bureau froid qui transformait la jeune femme derrière lui en femme tronc, légèrement penchée sur le côté vers elle mais tout en ayant déjà le regard vers les patients qui attendaient déjà.

“Mon prochain patient est arrivé ?
_ Non mais le suivant oui.”


Elle regarda sa montre, Matthew Hamilton n’était pas encore en retard mais elle n’allait pas attendre bêtement là.

“Prévenez-moi, s’il vous plaît, dès qu’il arrive, je suis dans mon cabinet.
_ Très bien Docteur
_ Merci”


Elle se dirigea donc vers son antre. Enfin, son antre c’est juste pour dire qu’on n’a pas trouver de synonyme à cabinet ou qu’on se met à la place du patient qui aurait l’impression de pénétrer chez un monstre, car l’endroit est toujours impeccablement rangé et… Mais déjà la ligne interne se manifeste et Matthew Hamilton est annoncé.

“Encore merci.”

La porte qu’elle vient tout juste de refermer se rouvre donc pour laisser passer la rouquine. Le nouveau venu à tout juste eu le temps de s’asseoir.

“Monsieur Hamilton? Bonjour.”

Elle s’avance un sourire de bienvenue sur les lèvres pour lui serrer la main. Et puis, elle a beau lutter contre les réflexes irrespectueux qui ont l’air de coller à sa profession, elle ne laisse pas le temps au jeune homme de confirmer son identité et lui indique de la main l’intérieur de son espace de consultation.

“Si vous voulez bien vous donner la peine ? ...”


Entre temps elle a pris la peine d’exercer son regard professionnel sur le jeune homme. Son allure sportive, confirme que le diagnostic n’a pas été posé depuis très longtemps et que la maladie n’a pas eu le temps de commettre trop de ravages. C’est une bonne chose pour lui. Il a sans doute encore du temps avant que les séquelles ne prennent le dessus sur sa vie. Sa physionomie en revanche reste encore mystérieuse entre le détachement et la résignation… Non, pas la résignation. Quelque chose d’autre semble faire briller son regard qu’elle n’arrive pas à cerner.

Elle le laisse passer devant elle avant de refermer le cabinet et passer derrière son bureau. D’un geste de la main elle l’invite à prendre place sur une des deux chaises qui lui font face.

“Prenez place. Je vous en prie.”

On sent derrière ses manières le travail qu’elle a accompli pour que son dynamisme ne passe pas pour de la brutalité ou ce qu’elle suppose être de la brutalité car personne ne lui a encore fait ce genre de reproche. Toujours est-il que dans son souci du patient, elle en vient parfois à s’accuser de vices qu’elle ne possède pas. Comme si ceux qui l’habitent effectivement ne suffisaient pas.

Ce n’est qu’alors qu’elle s'assoit en prenant garde à ne pas froisser sa blouse. il y a des réflexes venus de l’enfance dont on ne se défait pas si facilement. Elle croise les doigts sur le sous-main en face d’elle et assume sa position de médecin et son devoir de prendre les choses en mains. Il ne doit rien y avoir de pire que de sentir un docteur hésitant.

“Merci de vous être déplacé jusqu’ici. Je vous propose que nous fassions un point sur vous et votre maladie avant d’envisager la suite. Si cela vous convient, est-ce que vous pouvez me parler des symptômes et de leur prise en charge actuelle?”


“Ne jamais imposer son autorité de praticien !” C’est ce que lui répétait son mentor de l’Impérial collège avant de succomber à un stupide accident de voiture. A croire que tous les êtres qui comptent pour elle doivent disparaître. Parfois cela lui traverse l’esprit mais ce ne sont que superstitions ! “Toujours demander l’aval du patient !” C’était ses formules un peu péremptoires dont elle avait fait siennes et qui résonnaient encore à ses oreilles plus de dix ans plus tard.
Matthew HamiltonMatthew Hamilton
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MessageSujet: Re: Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton]   Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton] EmptyMar 29 Jan - 18:33

Il y a des journées qu’on préférerait volontiers ne pas vivre. Je peux en compter plusieurs pour ma part. la dernière en date est celle du brunch familial où Milo a rencontré mes parents. Je préfère éviter ce souvenir, d’ailleurs nous n’en parlons pas entre nous, il a laissé Grace assez accablée quelques temps, assez pour nous ôter toute envie de blaguer malgré nos propensions aux taquineries… Mais le plus marquant reste tout de même celui de ma première poussée de sclérose en plaques, alors que l’innocence et le silence des organes me quittait à tout jamais.

Je m’étais réveillé un matin, avec la jambe paralysée. Impossible de me lever, d’autant plus que la panique s’emparait de moi… J’avais alors appelé ma sœur à l’aide, restant aussi calme que possible au téléphone. Aux urgences tout s’était enchaîné, d’hypothèse diagnostique en hypothèse diagnostique, les différents examens s’étaient enchaînés : scanner en urgence, puis IRM en urgence, ponction lombaire et prise de sang… Tout revenait négatif, sauf l’IRM. Sur mon cerveau, plusieurs tâches blanches. Quand on vous montre ça, il est clair que le premier réflexe est de paniquer : on a tous vu des séries ou des films à thèmes médicaux ou traitant plus ou moins de maladies. Pour ma part, j’en avais vu assez pour savoir que tâche blanche sur image de cerveau = cancer = mort. J’étais si jeune pourtant, à peine vingt ans, même pas vingt ans. Alors on occulte tout, et on sent seulement la main de notre chère sœur qui nous serre les doigts, comme pour nous garder encore un peu en vie, mais qu’importe… Qu’importe à présent…

- …Sclérose en plaques…

Voilà qui ne ressemblait pas à un nom de tumeur, normalement ils parlaient plus de masse, de nodule, de truc en -ome… Là, sclérose en plaques c’était moins évocateur… J’avais alors repris en chemin le cours de la conversation, et j’avais compris alors que j’étais certainement atteint d’une maladie immunitaire qui venait manger la gaine de mes neurones. Un véritable charabia : des cellules de mon propre corps, sensées œuvrer pour combattre les bactéries ennemies avaient pris pour cible le gras qui isolait mes neurones. Mais, pour qui se prenait-il ce corps ? Il pensait pouvoir me désobéir, comme cela ? S’attaquer à lui-même sans me prévenir avant, me demander mon avis ? Incroyable… Où va le monde, je vous le demande ! Le pronostic n’était pas bon : la maladie évoluait par poussées. C’est-à-dire qu’elle s’amusait à me pourrir la vie un peu tous les six mois, me rendant tantôt aveugle, tantôt handicapé moteur ou sensitif… Et elle laissait des marques, la teigne : je n’avais pas pu reprendre un bon contrôle de ma jambe après ma première poussée : béquilles, et arrêt de l’équitation : bienvenue dans la dépression, la solitude et l’ennui.

Ca aussi, j’évite d’y repenser. Mais c’est assez difficile aujourd’hui, alors que je suis en route, de retour sur mes deux pieds, pour le centre médical d’Atlantis. Grace a réussi à me convaincre de m’y rendre pour rencontrer une généticienne qui pourrait certainement m’aider. J’admire l’espoir et la foi que Grace met en ma guérison. Mais moi je le sais, chaque jour doit être savouré à sa juste valeur car qui sait quand une nouvelle poussée me frappera ? Je me suis fait à cette épée de Damoclès, finalement…

Arrivé au centre médical, je trouve mon chemin jusqu’aux consultations de génétique dans un dédale de blouses blanches, brancards, et autres machines médicales. Je déteste l’atmosphère des hôpitaux, cette odeur de propre qui vient recouvrir la maladie comme pour en cacher l’existence même, les mines affairées de tous ces gens exténués, se tuant presque à la tâche, cette lourde tâche de sauver des personnes de tous âges… Je me présente à la secrétaire qui me demande d’aller prendre place en salle d’attente. Je fais de mon mieux pour ne pas scruter l’unique autre patient qui feuillette un magazine sur la génétique. Un magazine qui semble essayer de simplifier les principes de génétique aux yeux des moldus en la matière. Moi je comprends de quoi il s’agit, grâce à mes cours de biologie moléculaire… Même si je n’aime pas tellement mes études, j’ai bien dû réviser tout de même !

Ce que je sais, c’est que l’homme possède des gènes qui définissent une vulnérabilité pour certaines pathologies. Ces ensembles de gènes – il y en a très rarement un seul par pathologie ou affliction – sont dispersés dans le génome et s’activent ou non en réponse à des contraintes environnementales. J’avoue ne m’être jamais posé la question d’une composante héréditaire dans ma maladie. Mais il est vrai que certaines mutations, certains allèles peu classiques, apparaissent de novo chez un individu, bien qu’aucun de ses parents ne soit porteur dudit variant. C’est incroyablement complexe la génétique…

Le médecin vient me chercher finalement. Dr Kinght, c’est bien ce que m’avait dit Grace. Je me lève et serre la main tendue. Je suis la praticienne vers la salle de consultation, mal à l’aise. Elle a l’air agréable et gentille, à première vue, mais le corps médical ne m’inspire plus tellement confiance depuis que je les côtois bien plus que de raison…

- Merci. Dis-je en m’asseyant. Ce sont les premiers mots que je prononce. La docteure me demande alors de lui décrire mes symptômes et ma prise en charge… J’acquiesce, essayant de mettre de la bonne volonté dans cet entretien afin de ne pas lui faire perdre de temps, elle n’y est pour rien si j’ai une sœur si impliquée dans ma « guérison »…

Par où commencer.

- Eh bien… je me tortille sur mon siège, essayant de trouver une position adéquate. Tout a commencé quand j’avais 19 ans, j’en ai 21 presque maintenant. J’ai été diagnostiqué par un neurologue, à Londres. J’ai fait des tas d’examens, dont une IRM qui montrait des plaques de démyél… démeïl… démyélinisation. Désolé, je ne retrouvais plus le mot… Donc il a dit que j’avais la sclérose en plaques. J’ai eu plusieurs poussées depuis.

Je sens bien que mon récit est décousu, j’essaie donc d’être systématique.

- La première fois, c’était une jambe paralysée, j’ai jamais vraiment repris toute ma force musculaire après ça, malgré la kiné, ma sœur est kiné pourtant, alors… Enfin bon ça n’a pas trop de rapport. Ensuite, j’ai eu une baisse de la vision, comme une tâche noir au milieu d’un œil, j’étais à cheval, je suis tombé, et j’ai blessé ma jambe affaiblie donc béquilles. Et là, en décembre 2000, j’ai eu de nouveau une faiblesse motrice et j’ai été pris en charge par des médicomages qui m’ont remis la jambe en route mais qui pouvaient rien faire pour la SEP…

Et j’avais rencontré Irvin de cette manière, dans des circonstances on ne peut plus cocasses. Y repenser met un bref sourire sur mes lèvres. Je regarde la docteure Knight en me frottant nerveusement les genoux, dans l’attente d’une question, ou d’une réponse de sa part. Les médecins sont plutôt doués pour les questions d’après mon expérience…



   
   
Ce n'est pas grave si tu ne te réveilles pas tout seul
Si à côté de toi c'est un gars et que t'as la larme à l’œil
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MessageSujet: Re: Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton]   Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton] EmptyMer 30 Jan - 10:24

Cela fait maintenant quelques années qu’elle se demande si elle arrêtera d’appréhender à entendre les réponses des patients. Cela fait maintenant des années qu’elle se demande comment ses collègues le vivent. Et cela fait le même nombre d’années qu’elle ne sait si elle doit faire confiance à leur réponse. Quelle est la part du détachement, celle du cynisme ou de la désinvolture ou encore de l’autoprotection contre les angoisses qu’elles suscitent en eux comme en elle. Elle a tout entendu: “On finit par s’y habituer” “Tu es sérieuses? Change de métier alors.” “Mais pourquoi?” “Non moi ça ne m’a jamais rien fait”.

Est-ce qu’à force d’encaisser ce qui vient des patients on s’isole à ce point de ses collègues? Alors oui forcément à force de se poser ce genre de question, on finit par regarder les autres médecins avec un autre regard et on leur pose de moins en moins de questions sur leur travail. Et on se demande si c’est par peur d’être jugée ou inversement, parce que soi même on porte des jugement sur eux.

Elle savait qu’aucune des questions qu’elle poserait aujourd’hui ne même aucune des réponses qu’elle donnerait ne serait anodine pour le jeune homme qui lui faisait face mais qu’elle devait en savoir plus sur son état d’esprit pour anticiper ses réactions et envisager la façon d’échanger avec lui. Elle avait beau s’être préparée à l’entretien, elle avait beau s’être inscrite durant sa formation aux module de relation patient/soignant, elle ne parvenait jamais à se faire totalement confiance  et l’exercice comprenait d'imprévus que toutes les formations du monde semblaient dérisoires face à la réalité. Les jeux de rôle pour vous expliquer quelle attitude adopter et quels mots utiliser sont bien loin à ce moment. Et si l’expérience était le plus grand trésor du praticien? Mais une expérience sans analyse sans regard croisé,à quoi cela sert-il? Comment en fait quelque chose d’opérationnel?

C’est avec ses mêmes doutes que le Docteur Theodora Rose Knight écoutait et observait Matthew Hamilton, le stylo sagement entre ses doigts, surtout ne pas l’agiter nerveusement ou de façon désinvolte! Quels étaient les détails qui allaient lui apporter sa confiance ou lui valoir sa défiance?

Visiblement, il a besoin de mettre ses idées en ordre, mais qui ne serait pas dans son cas à sa place? Justement y a-t-il rien de plus futile que de tenter cet exercice de ce mettre à la place de celui qui doit porter une telle maladie. Que peut-elle lui opposer, depuis sa place de médecin qui n’a, en tout et pour tout, fait qu’affronter une dépression si bien entourée que c’aurait été preuve de mauvaise volonté de ne pas en sortir? Alors elle pense à ces moment devant la glace froide de sa salle de bain à se palper les seins avec la hantise d’y trouver la grosseur suspecte qui fera basculer sa vie et le vertige qui la saisit lorsqu’elle fait le tour de tout ce qu’elle sait qui attends un malade. Amputation? Chimio? Rayons? Toutes les transformations qui vous font perdre petit à petit votre identité en ne faisant de vous qu’un dossier médical, une silhouette blanche et émaciée sans même l’expression de vos sourcils lorsque toute trace de pilosité vous a abandonnée.

Elle ne peut pas lui reprocher de ne pas faire d’effort de synthèse et de précision. Alors qu’il  exprime son malaise par l’impossibilité de trouver une position adéquate sur une chaise pourtant confortable, elle lui envoie un sourire le plus encourageant possible qui aimerait ne pas être celui d’un médecin mais peut être d’une mère qu’elle ne sera jamais ou d’une amie, d’une grande soeur.

Deux ans qu’il vit avec sa maladie; il a eu le temps de faire bien du chemin en sa compagnie, d’endurer le Ko de son diagnostic le rejet de cette nouvelle et le dénie de ce qui lui arrivait. Il a s’est sans doute révolté et indigné contre l’injustice de sa situation. Et maintenant où en est-il? Toujours en phase de négociation? Entretenant des illusions qui ne pourront que le blesser? Déjà à mesurer l’écart entre l’ancien Matthew et le nouveau? A quel niveau d’acceptation ,en est-il? Peut être est-ce encore trop tôt pour prononcer ce mot?

Si elle veut le savoir, elle doit d’abord l’écouter. Au diable l’exactitude des termes, ils savent tous les deux de quoi il s’agit. Ses yeux verts qui se ferment brièvement à demi lui indiquent qu’elle a compris et que ce n’est pas important. Le dossier indique bien une évolution par poussée et donc bien un type de sclérose en plaque rémittente-récurrente. elle baisse brièvement les yeux pour vérifier que l’évolution consignée est bien celle décrite pas le patient, mais son principal objectif est de ne pas perdre le regard du jeune malade. Il lui est utile à elle pour poursuivre son investigation de ce qu’elle décèle chez lui, mais elle est persuadée que pour lui c’est aussi le moyen de mesure l’intérêt qu’elle lui porte. Presque sans le lâcher des yeux elle note “soeur kiné”. C’est toujours une bonne chose lorsque l’entourage est sensibilisé aux problèmes de la médecine. cela induit souvent une confiance à priori du patient à l’égard du corps médical et il en faudra au jeune homme pour affronter la détérioration inexorable de ses capacités physiques.

Les médico-mages! Décidément, elle en entend parler souvent ces derniers temps! le mot vient rejoindre les reste des ses notes, comme un moyen de ne pas tiquer et de trahir sa réticence à leur égard, même si elle avoue depuis longtemps que si la magie peut avoir cette utilité, elle n’est paut être pas si nuisible qu’elle le pense. Mais hélas ce n’est pas sa seule face et elle a tué ses parents! Elle est presque rassurée d’apprendre que comme la médecine moldue, elle est pour le moment impuissante, juste avant de se reprocher un certain égoïsme. Le jeune homme qui lui fait face ne mérite certainement pas de faire les frais de la guerre qui oppose la magie et la science même si les choses ne sont jamais aussi simples. Cette guerre, elle le sait, va la tuer. Si elle n’y succombe pas physiquement, elle sait que ses idéaux de médecin en feront le frais. Mais ce n’est pas le problème du malade qui est en droit d’obtenir le meilleur d’elle-même. Le sourire qui se dessine sur le visage encore juvénile qui lui fait face, la fait espérer que la maladie n’a pas encore réussi à lui cacher la face éclairée de la vie.

A la fin de son bref exposé elle lui rendit son sourire même s’il n’avait sans doute pas la même signification.

“Je vous remercie. Je suppose à vous entendre que mes confrères vous ont expliqué votre pathologie et ses implication? Si je me trompe interrompez-moi. Je suis aussi là pour répondre à vos questions. De même si les miennes vous paraissent trop indiscrètes...”

A quoi servent ses précautions? A ménager son patient certes, mais sans doute aussi à lui laisser le temps de choisir les mots qui vont suivre. Effet de l’expérience, petit outils qu’elle a réussi à identifier dans sa boîte à outils professionnelle.

“Votre traitement? Vous le suivez? Je ne suis pas là pour vous juger mais j’ai besoin de savoir si vous vous y crontraignez…”

Elle lui adresse un sourire détendu destiné à lui faire comprendre que leur relation ne sera pas celle d’une prof à son élève et que la confiance sera de toute façon indispensable piur envisager la suite.

“Qu’est-ce qui est le plus pesant depuis le diagnostic?”

La question après celle sur le traitement est une porte ouverte à en parler mais aussi à lui laisser la possibilité d’aborder des choses plus personnelles s’il le désire. Ce sera sans doute la meilleure façon de déterminer à quel stade de relation avec sa maladie il se situe. Elle sait quà ce moment elle pourrait essuyer un accès de colère ou de révolte mais qui ne sera pas dirigé vers elle malgré les apparences. Mais si cela doit arriver il s’agira d’une étape indispensable par laquelle tout malade chronique doit passer. Peut-être a-t-il déjà dépassé ce stade mais peut être pas cela dépende de la vitesse d'évolution psychique du malade. Seulement ensuite le moment d’aborder la raison de sa présence ici interviendra.
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MessageSujet: Re: Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton]   Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton] EmptyMar 12 Fév - 15:53

La sclérose ne m’épargne pas. Elle me pousse dans mes retranchements, me fait vivre loin du silence des organes et de l’insouciance. Dépossédé de ma jeunesse et du droit de faire ce que bon me semble, de me sentir invincible et immortel comme les autres jeunes adultes de mon âge. Moi qi vivait pour la vitesse, pour courir, cavaler à en perdre haleine au rythme du galop de Kenobi et m’envoler vers le ciel avec lui lors des courses d’obstacles… Me voilà rivé au sol, contraint d’être plus prudent que je ne l’ai jamais été, surtout depuis la chute. Les obstacles, c’est fini pour nous, la compétition aussi, mon bel avenir de cavalier est tombé aux oubliettes… Mon bel ami à quatre pattes et moi nous contentons à présent seulement de balades à travers champs, sur les petits chemins de terre de Manadh. Kenobi se plaît dans cette nouvelle vie, il s’y est même habitué plus rapidement que moi j’ai l’impression…

Et pourtant, malgré tous mes efforts, rien ne semble suffire aux yeux de ma chère Grace. Elle vit avec cette peur constante que je m’écroule encore, de ne pouvoir être présente pour me soutenir, d’autant plus qu’on ne sait jamais de quoi sera faite la prochaine poussée…

Depuis le début de ma maladie, j’ai vécu trois poussées, toutes diverses, me laissant avec plus ou moins de séquelles… La première est celle qui a inauguré mon entrée dans la pathologie, le début de la fin pour ainsi dire. Perte de ma jambe droite, qui est restée affaiblie plusieurs mois. Mais j’ai récupéré, notamment grâce aux soins kinésithérapeutiques prodigués par ma sœur. La deuxième a été la plus éprouvante, celle qui m’a plongé dans les affres de la dépression. Avant tout cela, je vivais dans le déni, ne pouvant que nier avoir perdu une part de mon essence vitale au profit d’une ombre planant au-dessus de mon être… Ma vue a été attaquée, un scotome central, qu’ils appellent ça les médecins. En gros, je ne voyais plus rien au centre de mon champ visuel, le nerf optique était attaqué. Et bien entendu, cela est arrivé alors que j’étais au beau milieu de mon parcours d’obstacles, sur le dos de mon bel Haflinger… La chute a été rude, j’y ai laissé ma jambe droite et ma dignité aussi quelque part. Accroché à une béquille, ma vie était vide de sens : confronté à la réalité, il m’a fallu faire le long chemin de l’acceptation qui s’est résolu avec mon arrivée à Atlantis. Mais peu après, j’ai de nouveau été rattrapé par les événements : une nouvelle poussée au décours de laquelle j’ai retrouvé ma jambe et j’ai gagné la chance de connaître Irvin, d’apprendre à connaître l’homme qui partage ma vie actuellement.

C’est aussi un peu pour lui que je suis là aujourd’hui, afin de pouvoir lui promettre un avenir plus ensoleillé, de pouvoir prétendre pour lui à autre chose qu’un futur auprès d’une enfant à élever et d’un amant handicapé… C’est bien sûr beaucoup pour Grace aussi, je dois bien cela à ma sœur dévouée et à ses multiples efforts pour moi…

Ce médecin n’est pas tout à fait comme les autres que j’ai pu rencontrer au cours de mon existence déjà trop médicalisée à mon goût. Elle est plus prévenante, plus attachée à ma compréhension de la situation et de mon ressenti aussi. Ce type de praticien ne court pas les couloirs des hôpitaux !

Elle cherche a priori à comprendre ma vie avec ma sclérose et elle en vient à la partie traitement.

- On m’a prescrit du Copaxone, c’est une injection toutes les semaines pour l’instant… J’ai une infirmière qui vient me voir pour la faire, je me sens pas très prêt à le faire tout seul, même si ça fait quelques temps maintenant que je suis sous ce traitement. Ensuite, ben… on m’a dit que c’était bien de faire du sport, alors j’ai continué et puis je mange plein de fruits aussi pour les vitamines et mon docteur me donne des gélules là, de vitamine D ! Y a pas beaucoup de soleil ici et il paraît que c’est lié aussi…

Je réfléchis, pour voir si je n’ai rien oublié, toujours un peu tendu même si je me relaxe peu à peu.

- Pendant les poussées, je suis sous perfusion de 6h de corticoïdes, à la maison. Pareil, c’est l’infirmière qui passe me voir pour s’en occuper. C’est là le plus dur, parce qu’il faut que je reste accroché à une potence pendant plusieurs jours, deux jours en général. C’est très long, mais ça fonctionne pas mal, j’imagine…

Donc pour m’y contraindre, on peut dire que je m’y contrains. De toute façon, ai-je le choix ? Je ne veux pas laisser la sclérose gagner trop vite, elle m’aura bien assez tôt…

La dernière question me laisse plus perplexe. Ce qui est le plus difficile ? Une multitude de choses se bousculent dans mon esprit, tant de choses que j’ai perdu et que je ne retrouverais certainement pas : des amis, une confiance en moi, l’innocence et la foi en l’avenir aussi, et de manière plus pragmatique, je porte maintenant des lunettes pour lire et j’attends que les jours passent en comptant les semaines qui me séparent de ma précédente poussée tout en me rapprochant de la prochaine…

- Le plus difficile ? Je dirais que c’est la perte d’une partie de moi. L’insouciance. J’ai… la constante impression de me balader avec une épée de Damoclès au-dessus de ma tête, et je sais qu’elle s’abattra à nouveau. La quasi-certitude de finir ma vie dans un fauteuil roulant aussi et de ne pas savoir ce que je laisserais derrière moi comme fonction lors de ma prochaine poussée…

Je m’arrête c’est insupportable, j’ai envie de prendre mes jambes à mon cou. Tout plutôt que d’avouer mes faiblesses, je veux rentrer chez moi, pleurer seul dans le noir et aller retrouver Irvin après, le serrer fort contre moi… Mais je redresse la tête, serre les poings, et je tiens le coup malgré tout. Pour eux. Je tenterai tout ce qu’il est possible pour ne pas les décevoir et leur offrir un avenir meilleur, à eux comme à moi.



   
   
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MessageSujet: Re: Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton]   Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton] EmptyJeu 14 Fév - 15:26

Au moment de la parole du patient il n’est pas facile d’avoir l’attitude la plus appropriée. Entre celle du praticien professionnel de la santé et du traitement et celle de l’écoutant qui doit accueillir la parole du malade quelle qu’elle soit même si elle vous met en cause. Garder son regard sur le visage et le regard de cette personne qui souffre autant psychologiquement que physiquement. Ne pas jouer avec son stylo même si c’est un signe de concentration et un outil de prise de note. Ne pas sourire bêtement comme si un sourire pouvait tout régler mais ne pas sombrer dans des mines d’enterrement. Vous êtes déterminée à vous battre pour votre patient. Si vous ne l’êtes pas qui le sera ?

Toute son attention est donc tendue vers Matthew Hamilton, l’homme blessé et c’est à peine si elle jette un œil vers le dossier pour vérifier les données qui y sont inscrites par rapport à au récit du jeune homme en face d’elle. D’ailleurs il ne lui faut pas longtemps pour comprendre qu’il connait sa maladie et son traitement sur le bout des doigts. Ce sera autant de temps de gagné et autant de manœuvres d’approche inutile à tenter. Sans noircir le tableau, il ne sera pas utile de tenter de berner le jeune homme même si berner est un mot qui ne convient pas à une approche de la maladie par les côtés lumineux, même si on ne peut jamais vraiment parler de côté lumineux en matière de maladie. Comme si les patients se présentaient à l’hôpital pour le plaisir, ou alors plus rarement pour l’annonce d’une rémission.

Le ton de voix du patient et les mots qu’il choisit sont autant d’indice dont elle doit se nourrir pour trouver le ton juste. Elle pourrait dir qu’il est le patient modèle qui suit les prescriptions à la lettre et semble s’y prêter avec autant de bonne grâce que possible malgré des interventions un peu désabusées derrière une volonté apparente. Le plus difficile est alors pour la praticienne de déterminer le moteur de cette volonté. On pourrait dire que cela n’a aucune importance du moment que le malade entre dans une dynamique de guérison ou tout au moins de ralentissement de la maladie, mais l’expérience montre qu’il suffit que ce moteur disparaisse pour que tout soit remis en question. les amours qui vont et viennent les querelles de familles, les objectifs professionnels qui s’évanouissent sont autant d'écueils qui peuvent s’ajouter à de mauvaises analyses médicales et soumettre le malade au découragement et au renoncement

En entendant, le moment de reprendre la main et de permettre à l’entretien de progresser, elle hoche la tête en signe d’approbation aux précisions apportées par Matthew Hamilton. Patiemment elle le laisse terminer de répondre à ses questions. La dernière est pleine d’émotion malgré les efforts faits pour surmonter les implications de des paroles qu’il prononce. Elles sont tellement plein de sens. Comment trouver le détachement pour les prononcer de façon sereine ? En tentant de se mettre à sa place, elle ne parvient pas à s’imaginer à faire comme si tout était normal. Comment enchainer immédiatement après les efforts que cela a dû lui demander ?

Cela ressemble à une diversion mais c’est une pris en compte de la douleur de son patient. D’une voix douce elle demande simplement.

“Est-ce que je peux vous proposer quelque chose à boire ? Café, thé ? Un verre d’eau ?”[/b]

Tout en gardant le regard sur le visage de son patient elle appuie sur le bouton électronique qui lui donnera la communication avec le secrétaire

“Maggie, s’il vous plait… Pourriez-vous nous porter un café et un thé ?... Merci beaucoup.”

On ne peut jamais être certain que le temps que l’on donne à une âme blessée lui servira ou au contraire sera contre-productif mais elle a pour principe de tenter ce qui adoucira le chemin du patient dans le difficile chemin qui le mènera à accepter et dans le meilleur des cas à guérir. Dans le cas présent il n’y a pas à attendre de miracle, la maladie n’a qu’une seule issue dans l’état actuel des recherches, mais suivant le patient sa façon de s’investir dans sa vie et les protocoles, les protocoles eux-mêmes, l’évolution ne sera pas du tout la même. Le premier point de satisfaction, elle l’énonce mettant ainsi fin à la respiration de l’interruption qu’elle vient de provoquer.

“Monsieur Hamilton, vous êtes un patient modèle. Le traitement prescrit par mon confrère me semble tout à fait adapté et si je vous en crois vous le suivez à la lettre en plus de l’hygiène de vie que vous vous imposez.”

La suite s’avère plus compliquée à aborder. Si son analyse est le bonne, il est à la charnière entre la phase de dépression et la phase d’acceptation. C’est à la fois le passage le plus propice pour le praticien pour proposer une perspective, mais aussi un moment critique pendant lequel fixer des objectifs trop ambitieux ou sans l’assentiment réel du patient peut le refaire régresser dans la phase de dépression. Elle sait qu’elle doit alors partir des désirs et des besoins de son patient et non de ce qu’elle croit être bien pour lui. Elle a eu la confirmation qu’elle attendait : qu’il connaissait très bien sa maladie et son stade d’évolution. Le traitement étant approprié, il attendait donc quelque chose de cet entretien mais il serait hasardeux de sa part de spéculer sur des raisons qui sont toujours très personnelles.

Un léger heurt à la porte annonce la venue des boissons rapidement déposées devant les deux interlocuteurs.

“Merci, Maggie”

La secrétaire, gratifiée d’un sourire reconnaissant, disparaît aussi furtivement qu’elle était entrée dans le cabinet. Elle fait une pause pour laisser le temps à Matthew Hamilton de boire s’il en a envie et tremper elle-même ses lèvres dans son breuvage fumant. Elle devrait investir dans une ces machines qui délivrent diverses boissons chaudes. Cela éviterait les interventions extérieures, même si cela a l'avantage de faire  entrer un peu d'air au sens propre comme au figuré au sein de l"'échange entre le chercheuse et le jeune homme.

“Ce qui est appréciable pour un médecin, c’est d’être en face d’un patient intelligent tel que vous. Vous m’avez prouvé que vous connaissiez parfaitement votre maladie. Peut-être avez-vous des questions auxquelles vous voudriez des réponses ou des confirmations ? Dans ce cas je suis évidemment là pour cela. La question qui est la mienne, en retour, porte sur les motivations qui vous ont poussé à prendre rendez-vous avec moi.”

Elle haussa des sourcils interrogateurs et inclina légèrement la tête en signe de profonde écoute.

“ Ne vous en faites pas pour vos réponses, je peux entendre bien des choses, même que vous êtes là contraint et forcé.”

Elle marqua un bref arrêt avant de poursuivre.

“Et vous le savez, ce qui se dit ici reste ici.”

Comme pour donner plus de poids à l’assurance du secret médical qu’elle venait de réaffirmer si besoin était, elle repoussa son stylo au loin à côté de la souris de son ordinateur. Nul sourire facile en cet instant, simplement l’ouverture de tout son être en direction de son malade car à peine une personne passait le seuil de son cabinet, il devenait son patient et l’investissait de toutes les responsabilités que sa profession impliquait.
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MessageSujet: Re: Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton]   Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton] EmptySam 2 Mar - 5:12

La maladie, ça vous prend une bonne part de vous-même. J’imagine qu’il en est de même pour toutes les afflictions, même si ma sclérose reste un exemple criant de ce manque de fonction, de cette perte de substance. Je ne suis pas un grand lecteur, excepté des comics et de la science-fiction, je n’arrive pas à fixer mon imagination sur grand-chose, mais mon quotidien chamboulé m’a porté vers d’autres ouvrages. L’éthique qu’ils appellent ça les philosophes, la bioéthique chez les médecins. J’ai lu quelques petits bouquins, en général ils sont assez légers à lire, plutôt bien construits et didactiques. Et ce que j’ai appris sur la maladie, et notamment la maladie chronique, c’est qu’elle prend des morceaux des gens et les enlève ou les modifie, de manière insidieuse ou brutale. Dans tous les cas, elle rentre dans nos quotidiens et nous handicapent d’une manière ou d’une autre. J’ai aussi appris dans ces bouquins, des choses sur l’acceptation, le déni et caetera, dommage que ce soit venu après que j’ai passé toutes ces phases, ou alors je ne m’analyse pas assez bien. C’est possible aussi, avant cela ma vie était un horizon sans nuages, je n’ai jamais trop réfléchi sur mon sort et me suis contenté de faire mon petit chemin tranquillement, essayant d’éviter les orages qui se dressaient sur ma route.

Force est de constater que je m’en suis pris un imposant sur la tête et que, trempé jusqu’aux os, je m’étais trouvé bien démuni pour composer avec cette angoisse nouvelle… Maintenant, je la dompte à peu près, si ce n’est que lorsque s’approchent la fatidique demi-douzaine de mois, mon ventre se serre et les cauchemars reviennent… Ces six mois se sont d’ailleurs presque écoulés et je ne note pas de nouvelle poussée mais j’imagine qu’elle essaie de me berner, de me faire croire à un répit, ma sclérose… Je ne suis pas dupe, je l’attends sur le pied de guerre, même si j’espère que la prochaine poussée n’arrivera que dans longtemps encore…

Ce médecin me pousse dans mes retranchements, me poussant à révéler mes angoisses les plus profondes, chose que je ne fais qu’avec Irvin ou Grace… Je ne sais pourquoi je me sens en confiance dans son bureau, même si je cherche encore ce que la génétique pourra faire pour moi… Elle me propose d’ailleurs une boisson, j’accepte volontiers un café, cela ne me fera pas de mal… C’est la première fois qu’un médecin me propose un café par ailleurs, c’est original ! Elle me complimente ensuite sur ma gestion de mon traitement. Tout est orchestré par mon médecin, je ne fais que me soumettre à ses ordres et si je pouvais me passer de journées entières pendu à ma perfusion, je le ferais avec grand plaisir. Je souris légèrement en retour. Nos boissons respectives arrivent et je me saisis de ma tasse de café en remerciant la jeune femme qui est venu nous l’apporter.

Je me crispe un peu en l’entendant me parler de « prouver que je connais bien ma maladie », je suis venu ici pour passer un test peut-être ? Je me détends et songe qu’il faut que j’y mette du mien, même si je suis bel et bien poussé par ma sœur plus que par mon envie personnelle pour ce rendez-vous… Si Grace est convaincue que cela m’apportera sans doute quelque chose, alors, je dois le faire. Pour elle.

- Eh bien, c’est ma sœur, Grace. Je crois que vous l’avez rencontrée ? Elle m’a dit que vous pourriez peut-être faire quelque chose pour moi. Alors je ne sais pas trop, je crois qu’elle pense à un véritable remède, pas seulement un truc qui atténue les symptômes. Mais je ne pense pas que vous ayez ça en stock, d’après ce que j’ai compris, la médecine a l’air un peu… paumé face à la sclérose en plaques. Alors je sais pas, je pense que ce que je viens chercher ici c’est… Une idée ? Peut-être un moyen de faire avancer les choses, pas que pour moi ?

Je me rends bien compte que tout cela est utopiste, je bois une gorgée de café.

- C’est ridicule, je sais.

Très ridicule même, on va faire quoi maintenant ? Sauver le monde de la SEP ? Et comment y parviendrions nous ? Même si je suis en face d’un génie de la génétique, je doute que mon aide soit nécessaire.

- Je crois que j’ai tout simplement besoin de croire que quelque chose est possible, encore…

Je me tortille encore un peu sur mon siège, mal à l’ais de me montrer si vulnérable.

- Et vous, vous en pensez quoi Docteure ? Pourquoi avoir accepté de me recevoir ?


Je la regarde droit dans les yeux, renversant ainsi le dialogue et prenant le pas sur elle dans notre entretien.



   
   
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MessageSujet: Re: Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton]   Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton] EmptyDim 3 Mar - 3:34

Theodora Rose sait qu’ils sont arrivés au point crucial de l’entretien. Tout ce qui a précédé n’était qu’un préambule. Même si les points précédents étaient nécessaires ils n'engageaient pas le futur, ce futur qui justement faisait tant défaut au patient qui lui faisait face. A chaque fois, en parallèle, se posait le temps dont disposait lui, le médecin. Son temps n’était évidemment pas celui du malade alors qu’il le devrait. Et pourtant, l’expérience, n’apprenait qu’une chose : se débattre comme si on était le malade vous précipitait de son côté et vous ôtait toute légitimité de médecin. Chaque fois qu’elle y pensait l’injustice de ce décalage lui donnait le vertige comme ce jour près de Tower Bridge où elle avait cessé d’être médecin pour rester la fille des victimes étendues sur le sol.

Le médecin était celui qui devait se résigner à accepter de voir partir son malade lorsque la conclusion médicale était sans appel. Et en attendant que faire ? Ralentir la progression de la maladie parce que la malade a le droit de vivre le plus longtemps possible le mieux possible ? Le mieux possible ! Elle regardait le jeune homme en face d’elle. Pour le moment c’était presque vivre comme avant mais qu’en serait-il l’an prochain ou l’année d’après ? Le mieux possible finirait par ne plus rien signifier pour lui et le médecin qu’elle était ne pourrait que lui offrir qu’un soutien moral se rabattre sur l’espoir de lui proposer de continuer le plus dignement possible. La dignité ? Savait-elle ce que cela signifiait ? Ne se leurrait-on pas en tant que soignant en parlant de la dignité de celui qui s’étiole doucement sans se plaindre. Quelle dignité ressentait le patient au bout de la course, lorsque que le fauteuil roulant est son meilleur ami, lorsque les gestes les plus simples de la vie quotidienne deviennent un exploit et que vous devez faire une croix sur votre intimité ?

Combien de fois lui avait-on seriné que faire de son mieux était déjà beaucoup ? Combien de fois s’était-elle dit que son mieux n’était jamais assez pour le patient ? Et combien de fois elle-même, pour rassurer un confrère plus jeune dans la carrière s’était-elle entendue renvoyer cette maxime impuissante ? Le désespoir est mauvais conseiller lui disait un professeur de philosophie mais que ressentir d’autre alors qu’on sait ne pas pouvoir guérir son patient ? En même temps était-ce une bonne chose de transmettre cette face sombre du métier ? Après tout, ce qu’elle ressentait n’était pas forcément ce qu'éprouvent tous les médecins… Elle devrait être capable de se mettre à la place de ses confrères mais même ça, elle s’en sentait incapable. Elle avait conscience que se mettre à celle du malade était impossible mais elle se sentait tellement plus proche de lui que du corps soignant comme on dit.

Chaque jour elle doit reconstruire ce que veut dire faire de son mieux même si parfois cela ressemble à l’impossible. Chaque jour elle sait qu’elle rentrera chez elle fatiguée mais c’est la moindre des choses qu’elle le doit bien aux patients qui lui font confiance ! Et puis elle est investie dans la recherche et tout le monde n’a pas cette chance. Elle est convaincue d’être un petit bout d’un grand dessin qui va bien finir par trouver et qui justifie à lui seul de prescrire des traitements même pour des maladies pour le moment incurables.

Quelque chose d’imperceptible chez son patient s’est raidi une fraction de seconde. Si elle avait été moins attentive, elle ne l’aurait sans doute pas perçu. Faire de son mieux c’est cela aussi : être face au patient, aussi investie que si on tient un scalpel à quelques cellules d’épaisseur d’un organe vital. Aussitôt une partie d’elle recherche ce qu’elle a pu dire ou faire pour le provoquer. Elle sait que cette partie d’elle restée dans le passé l’empêchera d’être ici et maintenant toute entière avec son patient pourtant cela fait partie des compétences qu’elle doit mettre en œuvre parce qu’elle n’est pas simplement un être humain en face d’un autre être humain et qu’elle doit maîtriser des gestes professionnels qui sont dus et que Matthew Hamilton est en droit d’attendre même s’il ne le fait pas de façon consciente.

Et puis enfin, le jeune homme se livre. Il a fait un effort pour se détendre ou alors la maladresse supposée du médecin n’était pas si grave. Entre les différentes réponses il n’y a pas plus d’hésitation que celle d’une respiration ou d’une gorgée de café. La rousse chercheuse ne doit pas en être surprise, lorsqu’un patient aussi “éclairé”_ en tout cas, c’est ce qu’il apparaît à la généticienne _ que celui-ci, a été informé du diagnostic, les choses doivent passer et repasser dans sa tête que ce soit du point de vue strictement médical que pratique ou psychologique. Une nouvelle fois, il montre qu’il ne faut pas tenter de le berner sur sa maladie et ce qu’il y a attendre de l’avenir et c’est une sorte de fatalisme désabusé qui transparaît chez lui. Comment lui en vouloir et surtout comment le convaincre que la vie avec sa maladie vaut la peine d’être vécue ? Elle sait qu’elle est sans doute la plus mal placée pour le juger et n’y pense même pas, elle qui est en bonne santé et qui en connaît beaucoup sur la maladie.

Il y a pourtant un ressort chez lui, même s’il ne parvient pas à lever le doute sur la nécessité de se soigner et de tout tenter contre tous les assauts de la maladie. Sa sœur est-elle consciente de l’importance qu’elle revêt pour lui ? Sans doute, sinon elle ne serait pas venue la trouver il y a quelque temps de ça et Matthew Hamilton ne se serait pas déplacé aujourd’hui pour trouver un médecin sur lequel il a le plus grand doute en ce qui concerne sa guérison tout au moins.

Elle se souvient de la jeune femme qui est entrée il y a près de trois semaines de cela pour lui parler de la maladie de son frère. Ces deux-là ont de la chance de s’avoir. C’était la pensée qui avait accompagné Theodora alors qu’elle refermé la porte de son cabinet sur la jeune femme qui la quittait. Grace Hamilton était un mélange de grande sœur attentionnée, presque une mère, de petite chose fragile et d’en même temps déterminée et qui ne renoncerait pas à exploiter toutes les pistes possibles pour venir en aide à son frère. Le professeur Knight ne lui avait rien caché non plus sur l’état des traitements existant sur la maladie de son frère, mais rien n’avait semblé pouvoir ébranler les espoirs de la jeune femme. De toute façon recevoir son frère était parfaitement dans ce que pouvait faire la chercheuse. Ce qu’elle déciderait ensuite allait dépendre de ce que le malade lui dirait. La SEP était typiquement le type d’affection contre laquelle on ne luttait pas sans le consentement du patient que ce soit sur le fond ou la forme. Elle n’avait donc rien pu promettre à la jeune femme quand-à l’issue de l’entretien qu’elle aurait avec son frère, mais cela avait semblé convenir à cet ange gardien.

Elle hocha la tête à la mention de sa sœur mais garde le silence et le laisse terminer. D’autre hochements de tête viennent ponctuer la compréhension qu’elle a du jeune homme. Rien de ce qu’il dit ne lui paraît ridicule quoi qu’il en dise et toutes les raisons sont bonnes à partir du moment où elles vous permettent de lutter de garder la foi dans la médecine ou autre chose d’ailleurs, enfin, à condition qu’elle puise dans le côté lumineux de l’homme. A ce moment, les sorciers ne sont jamais loin de son esprit eux qui tuent des innocents en pleine rue et contre lesquels on ne peut légiférer sur le port d’une arme car ils sont eux-mêmes des armes…

Mais c’est insuffisant pour lui masque le piège qui vient de s’ouvrir devant elle. Consciemment ou non, le jeune homme vient de retourner l’entretien. A elle de ne pas en perdre le fil, mais garder une posture de sphynx froid et imperturbable ne serait pas une preuve de confiance réciproque et si la question s’est portée sur elle ce n’est pas anodin alors faire comme si elle n’avait pas été prononcée serait proche du mépris. Elle soutient le regard avant de répondre.

“Un médecin ne refuse jamais de recevoir un patient”


Elle aurait sans doute dû dire qu’ELLE ne refusait jamais de recevoir un patient. Il y en avait très peu qui n’avaient pas d’excellentes raisons qu’il ne lui appartenait pas de juger.

“Si vous demandez si c’est ridicule et utopiste, ma réponse est non.”

Elle adressa un sourire compréhensif au jeune homme qui avait toujours son gobelet de café entre les mains.

“De toute façon je n’ai pas à juger des raisons qui vous amènent ici. Elles sont forcément bonnes. Je vois quelqu’un qui cherche des perspectives et il y en a. A nous de déterminer celles qui vous conviennent.”

Elle marqua une pose pour ouvrir un grand regard interrogateur en direction de son patient comme pour demander la permission de poursuivre.

“Je risque d’être un peu longue, aussi interrompez moi dès que vous en avez envie ou que vous en sentez la nécessité. Effectivement, la médecine n’a pas encore trouvé de remède mais en revanche, on vous l’a sans doute dit, rien ne présage pour le moment de la vitesse de progression de la maladie. Vous avez peut-être devant vous une longue vie. Donc faire des projets vous est tout à fait autorisé et je dirais même conseillé. Plus vous serez actif et plus vous entretiendrez vos capacités.”

Sa voix exprimait toutes les précautions qu’elle mettait dans ses propos qu’elle ne voulait pas voir assimilés aux injonctions d’une donneuse de leçon en bonne santé.

“ Votre sœur m’a parlé de votre passion pour l'équitation, surtout n’y renoncez pas. Je ne vais pas essayer de vous faire croire que vous deviendrez champion olympique dans trois ans, mais monter vous encore permis quitte à ce que nous réfléchissions à des dispositifs d’aide ou de sécurité. Faire cela en collaboration avec du personnel médical ou paramédical me paraîtrait une bonne démarche. Votre sœur est kiné si je me souviens bien… mais un ergothérapeute pourrait être à même de vous aider, voire le médecin qui vous suivra. “

Elle n’allait pas lui parler de Stephen Hawking, le mathématicien et astrophysicien, elle était persuadée qu’on lui avait déjà rabattu les oreilles avec son cas. Mais la similarité de son cas l’avait tout de suite frappée. Personne ne pouvait envier la maladie du scientifique mais chacun pouvait admirer ses compétences et son parcours intellectuel qui lui avait été permis en partie par l’adaptation progressive de son milieu avec les nécessités de sa maladie.

Elle reprit le gobelet de thé qu’elle avait laissé de côté et avala une seule gorgée se retenant de faire la grimace en constatant qu’il n’était plus que de la lavasse. Elle le reposa sur le côté et l’oublia définitivement.

“ Pour revenir à votre traitement de fond, il vise en partie à espacer les poussées de la maladie et à en atténuer l’importance. Ce n’est donc pas une solution satisfaisante mais la seule que nous ayons pour le moment. La recherche avance et de nouvelles pistes voient le jour ces derniers mois. Entendez-moi bien, je ne suis pas en train que nous trouverons le traitement demain. Je dis juste que les choses avancent et que cela vaut la peine de se battre.”

Elle savait qu’elle arrivait au moment le plus difficile à exprimer pour elle. Il lui avait demandé des idées, elle en avait mais leur réception par Matthew Hamilton dépendrait de l’espoir qu’elle avait réussi à lui insuffler. Le fait qu’il parvienne à ne pas penser qu’à son cas mais à l’avenir des traitements pour les malades futurs était un bon signe et pouvait être un bon moteur également.

“Vous parlez d’idée pour faire avancer les choses, il y en a. Dans le désordre, dans votre domaine, permettre à des malades de faire de l’équitation, dans la recherche, vous êtes engagé dans un cursus de sciences de la vie, inutile de vous indiquer ce que cela peut impliquer. Faire médecine ne vous est pas interdit. Enfin, vous n’êtes pas sans savoir que le nerf de la guerre en recherche comme dans le reste est l’argent et que le monde associatif pèse de plus en plus dans ce domaine, comme il fait progresser la condition des malades.... Ce peut être un moyen de vous engager.”

Elle marqua une pose pour ne pas effrayer son patient sous son flot de parole dont elle avait modéré le débit et l’intensité.

“Ça, c’est pour vous. De mon côté me direz-vous.”

Son ton s’était fait plus décidé comme si elle avait besoin de prouver qu’elle n’allait pas s’engager à la légère.

“ Comme vous le savez ma partie c’est la génétique. Je ne vais pas vous assommer avec les dernières découvertes _ sauf si cela vous intéresse bien sûr_ mais sachez qu’elles pourraient nous indiquer plusieurs pistes. Premièrement vers la reconstruction du système neuronal et deuxièmement vers la reprogrammation de votre système immunitaire qui s’y attaque. Ce travail pourrait venir compléter mon travail sur le génome que je mène depuis presque cinq ans maintenant.”

Au fur et à mesure elle s’écoutait parler en tentant de se mettre à la place du jeune homme. Il n’y aurait rien de pire que de le décevoir par de vaines promesses et il était assez au fait de tout ce qui concernait sa maladie pour qu’elle puisse être franche avec lui.

“Encore une fois je ne vous fais aucune promesse de guérison, seulement de m’engager à vos côtés et de vous suivre si vous le souhaitez.”

Il était urgent qu’elle se taise et redonne la main à son patient dont elle n’avait pas quitté le regard depuis le début de son intervention.

“Je ne sais pas si j’ai répondu à vos questions, sinon je suis là pour ça.”

C’était un minimum et elle avait horreur des entretiens bâclés qui laissaient au malade un goût d’inachevé ou de frustration. Au médecin aussi, mais il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même.
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MessageSujet: Re: Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton]   Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton] EmptyVen 22 Mar - 19:19

Avant la sclérose, tout ce que je connaissais du monde médical se résumait à ce que Grace m’avait raconté. Ma sœur étant kinésithérapeute, elle a eu l’occasion de côtoyer des médecins lors de ses études mais surtout au gré de son travail qui nécessite qu’elle entretienne des relations professionnelles avec le corps médical. Notre mère doit d’ailleurs secrètement rêver que Grace cultive des relations bien plus personnelles avec cette « élite ». Elle les trouve souvent imbus d’eux-mêmes, ils n’acceptent pas forcément les bienfaits de la kinésithérapie et rechignent souvent à en prescrire à leurs patients. Je suis persuadé que dans quelques années, on ne se passera plus des kinés !

En ce qui me concerne, j’ai toujours été soigné par le même pédiatre à Rennes, puis à Londres. Et finalement, je ne voyais que très peu de médecins par la suite. Jusqu’à ce médecin des urgences, puis ce neurologue qui a su poser le diagnostic assez vite finalement. De ce que j’ai compris, beaucoup de personnes étant touchées par la même affliction que moi errent avant de se faire diagnostiquer : une histoire de critère ou je ne sais quoi… Puis, en arrivant à Atlantis, mon neurologue de Londres a continué à piloter mon traitement à distance, en collaboration avec mon docteur à Manadh. Quand je pense à la vie que je menais avant, loin des docteurs, des médicaments et de leurs salades sur la santé, la prévention, et caetera… Maintenant, je ne saurais m’en passer sereinement.

Il a d’ailleurs fallu que j’en rencontre une sacrée tripotée : une nutritionniste sur les conseils de ma très chère mère parce que « Il paraît que la sclérose en plaques a des causes nutritionnelles, si si c’est ta Tante Martine qui l’a dit » ; un chirurgien orthopédiste pour ma cheville (mais qui n’a rien pu faire) ; un médecin de la douleur à l’époque de ma cheville d’ailleurs ; un psychiatre et j’en passe. J’ai même rencontré des médicomages !

La Docteure Knight m’annonce qu’elle ne refuse jamais de patient. J’imagine que ce doit être le métier qui veut cela, on vit aux dépens des patients, on ne va pas commencer à les mettre à la porte ! Cela dit, il y a quelque chose dans sa façon d’être, de répondre qui me laisse comprendre qu’elle, plus qu’un autre peut-être, ne refuserait jamais de prendre un patient surtout parce qu’elle veut aider le plus grand nombre. C’es assez remarquable, il faut le dire ! Je continue de boire le contenu de ma tasse et hoche la tête pour signifier que je comprends ce qu’elle veut dire. Elle continue et m’informe du monologue qu’elle s’apprête à me tenir.

Pendant qu’elle parle, je prends des notes mentales sur les questions que j’aurais à lui poser par la suite, tâchant de ne rien oublier. Beaucoup de choses se bousculent dans ma tête, l’équitation, médecine, génome… Tout un flot d’informations à digérer qui me laisse pantois quelques instants une fois qu’elle en a terminé.

- Heuuuu…

Je tente de remettre mes idées en place.

- Pour l’équitation, je note qu’un ergothérapeute pourrait m’aider, ma sœur doit en connaître. Mais son copain actuel est artisan dans le sport. Enfin il s’occupe tout particulièrement de Quidditch, mais j’imagine qu’il pourrait sûrement faire quelque chose pour moi !

Ce brave Milo… Je passerai lui rendre visite à la boutique, à l’occasion – en sa présence cette fois-ci. D’autant plus qu’Irvin serait sûrement tout aussi ravi que Grace de nous voir partager une activité commune autre que se comporter comme deux gamins impossibles à gérer en permanence.

- Je vais certainement arrêter mes études, j’ai vraiment l’impression de perdre mon temps. Alors faire médecine, ce doit être génialement intéressant mais très peu pour moi, merci ! Je laisse cela à des personnes plus patientes.


Par contre son idée d’associatif me paraît assez intéressante, toutefois, monter une association de malades me paraît surtout être une bonne idée pour s’apitoyer sur son sort. Je ne suis pas vraiment sûr que cela puisse aider – ou en tout cas, cela ne me serait pas très utile, personnellement.

- Je pourrais vous aider dans vos recherches ? Si vous développez un protocole, vous pourriez m’inclure dedans ?

Voilà un peu d’espoir…

- Sinon, je comprends bien que vous ne pouvez pas m’aider immédiatement… Ce n’est pas vraiment pour cela que je suis venu ici, mais plutôt pour y trouver de l’espoir, j’ai l’impression. Et voir une chercheuse qui cherche justement, ça me donne un peu d’espoir. On se sent moins seul dans la bataille.


Et c’est tout à fait vrai. J’ai fini mon café pendant ce temps et repose la tasse sur la soucoupe posée à la surface du bureau du médecin.

- Je me demandais... Est-ce que vous travaillez seulement avec les moyens non-magiques ou collaborez-vous avec les médicomages ?

Il me semble que l'alliance de nos deux sciences et connaissances pourrait se révéler très efficace en médecine ! Et dans une ville comme Atlantis, même au vu des problèmes qui existent entre nos deux communautés, l'espoir d'une cohabitation étroite et de travaux conjoints persiste. Mon couple et celui de Grace en sont une preuve formelle.



   
   
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MessageSujet: Re: Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton]   Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton] EmptyMar 26 Mar - 11:53

Depuis longtemps, Theodoara avait compris que la plongée dans l’univer médical et hospitalier était un vrai parcours du combattant pour les patients. Tant que tout va bien on ne se doute pas de la machine que l’on est obligé d’intégrer lorsque la sienne se dérègle. On passe de son médecin traitant au spécialiste qui parfois ne se soucie pas de trop savoir d’où vient le malheureux patient et lui refait faire une batterie de tests et d’examens sans lui dire à quoi ils servent. Tous les praticiens devraient passer par le case hospitalisation pour se rendre compte de l’impact que cela a sur les individus dont le passage au guichet d’accueil de l’hôpital où il manque toujours un papier, on ne reconnaît pas leur numéro social ou la mutuelle n’est pas à jour, n’est que la première tracasserie de leur parcours du combattant. Sa fausse couche avec complication hémorragique avait fait prendre conscience à Theodora Rose bien des années auparavant de l’étrangeté de ce monde médical pour le paient même lorsqu’il fait partie professionnellement de ce monde. S’être sentie ballotée entre soins examens au milieu d’une avalanche administrative qui n’était tout de même pas la priorité, avait été aussi pour elle une expérience qu’elle n’oublierait sans doute jamais et qui la suivrait dans sa pratique professionnelle.

Elle en avait retiré quelque règles. Les corps qu’elle soignait n’était pas les siens et étaient habité par des personnes qui connaissaient ou en tout cas devaient connaître leur pathologie mieux que personne et devaient être les premier interlocuteurs du médecin qu’elle était avant qu’elle ne prenne d’autres décisions qui devaient de toute façon leur être expliquées. Les meilleurs protocoles devaient être le moyen recherché au mépris des susceptibilité la sienne y compris. Comment mettre une spécialité au dessus des autres? Cela demandait souvent beaucoup de modestie, de circonspection, de recherche et parfois de différer une prescription. Pour elle, ce n’était qu’à se prix que sa parole de professionnelle serait prise au sérieux et encore ne serait-ce possible qu’avec un minimum de réelle écoute du patient.

Enfin, leur présence dans un cabinet médical où qu’il se trouve devait aboutir à un soin et non à des tracasseries administratives. Elle militait à chaque C.A., pour un peu de compréhension et d’empathie pour le patient qui ne pouvait pas présenter un dossier impeccable aux hôtesse d’accueil. Cela demandait un peu de temps en aval pour combler les vides mais heureusement, l’avantage d’une structure expérimentale comme le Centre Hospitalier d’Atlantis était la possibilité” de créer des postes s’ils étaient argumentés et le personnel administratif s’il était trié sur le volet, était suffisant pour éviter le stress de l’enregistrement administratif au patient.

Elle espérait qu’il en avait été de même pour Matthew Hamilton et la disponibilité dont il faisait preuve semblait le lui indiquer. Evidemment elle a bien conscience de lui avoir imposé un flot d’informations dont certaines pourraient ne pas avoir été entendues ou comprises, mais elle avait pris le temps qu’il fallait avant le prochain rendez-et se sentait prête à répondre à toutes les questions et à préciser toutes les incertitudes. C’était la moindre des choses. en tout cas ne cilla-t-elle pas devant la première hésitation perplexe de son nouveau patient mais au contraire lui laissa le temps de mettre en ordre ses pensées ce qu’il fit somme toute assez rapidement pour la plus grande admiration de la chercheuse qui se contenta la plupart du temps de ponctuer les réponses du jeune homme de hochement de tête approbateur. En ce qui concernait l’équitation, elle n’était pas très étonnée étant donné ses connaissances qu’il rebondisse très vite sur le sujet. Il lui semble discerner un certain contentement dans le ton de voix et c’est toujours rassurant pour le médecin de sentir un patient emprunter une porte positive et il n’y a pas de hiérarchie dans les chemins qui vous mènent plus haut. La mention de l’artisan préoccupé par le Quidditch, lui fit immédiatement penser à Milo Pierce, un patient qu’elle suivait régulièrement mais de façon plus espacée à mesure que sa vie se normalisait après son accident justement de Quidditch. Elle n’en laissa cependant rien paraître. Elle ne savait pas quels étaient ses rapport avec le jeune homme dans son cabinet et le secret médical n’était pas un vain concept pour la médecin.

Matthew Hamilton n’éludait aucune piste et se positionna très clairement sur le sujet des études. S’il n’a pas envie de les poursuivre, il ne serait pas le premier et il n’est pas utile d’être atteint d’une maladie incurable pour ça, même si de sa place, c’est toujours dommage de voir un garçon intelligent renoncer à ce qui lui paraît toujours être une chance. Qu’aurait-elle fait sans les études et dans ce qui est devenu pour elle une raison de vivre, son métier? Plus de famille plus d’espoir de devenir mère, et pas disponible pour une vie de couple, la médecine et le recherche ont pour mission de la combler entièrement même si elle le sait, ce n’est qu’une illusion et que se noyer dans le travail n’aura sans doute qu’un temps. C’est ce genr de lucidité qu’elle aimerait envoyer au diable...

Elle ne peut retenir un sourire mi vainqueur mi complice lorsqu’enfin, le jeune homme lui propose de suivre ses recherches. Pour quelqu’un qui ne veut plus faire d’étude, il se montrait très intéressé. Mais peut être était-ce juste en tant que malade mais on voit des malades étudier si profondément le sujet de leur pathologie qu’ils en savent presqu’autant que les praticiens eux-mêmes… Cependant la demande n’est pas anodine. Être inclus dans un protocole de recherche médical ne se décrète pas comme cela et puis, on est encore loin des essais sur l’être humain. Il faudra passer par de longs mois de cultures en laboratoire, vérifier la non dangerosité des protocoles envisagés à leur suite… Mais heureusement, il n’y a pas tant de malade atteint de sclérose en plaque  et trouver des volontaires pour de tels tests n’est pas forcément facile surtout sur une île reculé d’Ecosse. en outre, le jeune homme a toutes les raisons de vouloir s’investir dans le processus de recherche et de tests. l’idée est plutôt bonne aux yeux de la chercheuse en génétique qui prend soin cependant de bien peser les mots qu’elle va lui adresser.

“Les protocoles de recherches sont très encadrés et vous vous doutez bien qu’on ne peut pas faire n’importe quoi comme on le désire. Cependant , je comprends le sens votre demande et que je vous associerez, si vous le voulez vraiment, dès que l’avancée de recherches le permettra. Ce ne sera pas avant sans doute plusieurs mois.”

Elle marque un pose hésitante avant de poursuivre.

“Après, si vous avez envie que l’on se voit pour discuter des étapes de cette recherche, ce sera bien sûr avec plaisir.”

On ne savait jamais d’où pouvait venir le coup de pouce du destin et un malade ne pouvait qu’être utile. Être au coeur de la tourmente fait parfois voir les choses de façon plus directe et pragmatique, même si en terme de recherche la voie directe n’est pas toujours cette qui apporte le plus résultats.

“Est-ce que c’est quelque chose qui vous conviendrait? Je ne sais pas si je pourrai vous apporter beaucoup d’espoir, mais oui vous saurez qu’au moins quelque cherche, d’autant que dans le monde plusieurs équipes sont sur les dents, en France aux USA et au Japon en particulier...”

Et puis vient la question à laquelle elle se prépare depuis qu’elle a pris conscience que ses agissements ne sont pas approuvés de la majorité  des gens. Elle se savait clandestine mais pensait jusqu’à récemment agir dans le sens du plus grand nombre. Mais depuis tous ces articles dans les journaux, elle sait qu’elle doit se préparer à être condamnée par le plus grand nombre. Réaliser cette solitude a été un choc auquel elle ne s’attendait pas et lui a fait perdre un instant ses moyens et sa motivation. Un instant signifie plusieurs jours en vérité pendant lesquels ses recherches lui semblaient vaines et durant lesquels elle déserta le laboratoire. Mais les visages rigides et bleuis de ses parents près de Tower-Bridge revenaient s’imposer à elle et ce malaise aussi profond qu’il fût, ne put résister à ce terrible souvenir. En outre, elle s’était décidée à anticiper ce genre de question et à se construire une ligne de conduite basée essentiellement sur la vérité même si elle ne pouvait pas livrer le fond de sa pensé sur les sorciers et la magie. Elle reprit son stylo pour se donner une contenance et faire diversion aux signes qui pourraient alerter son interlocuteur. Après tout elle ne connaissait pas sa position à lui, bien que sa question laisse à penser qu’il était plutôt pro-magie...

“Pour le moment, je ne travaille qu’avec des moyens non magiques. Ma connaissance de la magie est très imparfaite. Il y a encore beaucoup de méfiance de part et d’autre… Mais cela viendra peut-être…”

Si on exceptait la dernière phrase, elle était des plus sincères et regrettait depuis les dernières semaines de ne pas en savoir plus la magie. Cela l’aiderait sas doute dans ses recherches. Elle devait aussi se rendre à l’évidence, si les rapprochements entre praticiens n’étaient pas légions, les patients au contraire, semblaient tenter de profiter des deux côtés de la médecine. Elle avait se son côté plusieurs, patients sorciers. Son approche des quelques sorciers qu’elle connaissait, que ce soit des professionnels ou des patients,  n’avait pas encore porté le fruits qu’elle escomptait. Mais de ce côté aussi, elle savait qu’elle ne devait pas se décourager et que brûler les étapes pourrait avoir des conséquences désastreuses pour ses recherches mais aussi pour elle. Cela aussi avait été difficile à envisager et à accepter, mais elle avait fini par réaliser qu’elle pouvait se retrouver derrière les barreaux pour un bon moment. Inutile que c’était une éventualité qu’elle refusait en bloc.

Elle reposa son stylo au bord de son sous main avant de reprendre de manière très professionnelle, les mains aux doigts croisés posées sur le sous main.

“Donc si j’ai bien compris, vous envisagez de continuer l’équitation. D’ailleurs je ne l’ai pas évoqué mais ce peut être une voie professionnelle à explorer pour encadrer des enfants ou des personnes plus atteintes que vous…”

Elle marque une pause pour évaluer dans les yeux les effets de sa propositions puis continua en se ressaisissant du dossier de son patient.

“Vous avez envie de vous impliquer dans les protocoles de recherche et de test. A ce propos, vous avez subi plusieurs ponctions lombaires. Vous savez que ce n'est pas anodins...”

Il se pouvait qu’il faille renouveler l'opération pour prélever des tissus pour les recherches et elle espérait qu'il était conscient de ce à quoi ça l'engageait. Ses yeux coururent un instant sur les protocoles alors qu'elle savait fort bien que le diagnostic n'avait pas pu être posés sans cela, avant de recroiser son regard.

“C’est un examen un peu invasif qu’on évite de pratiquer sans motif réel pour le bien être du patient. Une comparaison des prélèvements hors poussée et lors des poussées pourraient nous aider. Les compte rendu nous éviteraient de vous refaire subir cela inutilement...”

Sous entendu, il sera peut être nécessaire de trouver un donneur et si'l décide d' impliquer dans les recherches, il trouverait là une façon de le faire. Elle se garda pour le moment de lui parler d’autres protocoles qu’elle avait en tête bien moins anodins encore basés sur les recherche sur les cellules souches neuronales mais dont elle devait d’abord vérifier l’intérêt par des tests à partir de cellules animales.

En attendant, si elle faisait le point sur leur entretien, elle se réjouissait de l’allant dont faisait preuve le patient. Même s’il restait encore chez lui ce qui ressemblait à du fatalisme, sa capacité à envisager le futur était une bonne chose. Mais comme il n’était pas dans ses habitudes ni ses intentions de conclure trop vite elle laissa une porte ouverte au jeune homme au cas où il aurait d’autres préoccupations à évoquer.

“Est-ce que j’ai répondu à toutes vos questions? Si vous désirez aborder d’autre thèmes que j’aurais oubliés…”

On ne pouvait jamais se mettre totalement à la place d’un malade atteint d’une affection incurable et la praticienne admettaient qu’elle pouvait passer à côté de certains sujets et le patient pouvait même aborder des sujets un peu plus annexes, qu’elle ne se sentait pas le droit de repousser puisqu’il s’agissait de préoccupations liées à la maladie, quoi qu’on en dise, étant donné qu’ils étaient abordés dans un cabinet médical.
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MessageSujet: Re: Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton]   Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton] EmptyMar 9 Avr - 5:15

Si la sclérose fait planer son obscure ombre au-dessus de mon petit monde, il est quelque chose que je ne peux lui retirer, c’est que c’est en partie son existence qui m’a amené à sympathiser avec Irvin. Nous ne nous serions pas autant rapprochés sans elle, car nul doute qu’il m’eut seulement pris pour un personnage arrogant si notre première rencontre ne s’était pas terminée dramatiquement par une poussée de SEP. D’autant plus que nos handicaps personnels trouvent une résonnance dans l’expérience que nous avons chacun du mal qui nous rend la vie plus difficile qu’au reste de la société valide. Si j’ai retrouvé l’usage de ma jambe lors de mon passage à Sainte-Mangouste, je sais que je n’ai pas gagné plus qu’un peu de répit, et tant que je peux serrer Irvin contre mon cœur le soir, rendre visite à Kenobi et continuer à jouer à la console ou à des jeux de plateau avec ma sœur, je ne pourrai plus en souffrir. Elle n’aura pas mon bonheur.

Je me perds rapidement dans mes pensées et émerge seulement quand la généticienne en face de moi marque une pause dans ses paroles. Je hoche la tête pour lui montrer que j’ai compris ce qu’elle me raconte. Bien sûr que la recherche prend du temps et des moyens. Avant qu’une solution thérapeutique ne soit utilisable, dix ans de délai ne sont que trop nécessaires, certains médicaments ne mettent pas moins de quinze ou vingt ans avant d’être commercialisés. C’est Isaac qui m’expliquait cela l’autre jour, il s’énervait contre ces journalistes qui n’hésitent pas à dire et à clamer qu’« un nouveau vaccin contre le VIH » allait voir le jour d’ici quelques années. La recherche n’en est qu’à son commencement dans ce champ d’études, et il n’est guère loin le temps où l’on n’avait même pas la trithérapie pour venir en aide aux personnes souffrant des effets du virus meurtrier… Il y a à peine vingt ans que l’on connaît le virus grâce à l’équipe de François Barré-Sinoussi… Alors un vaccin ? On n’est pas près d’en vendre dans les pharmacies !

- Si vous avez besoin de l’avis d’un patient, je pourrais vous aider en effet !

Cela ne coûte rien de venir en aide à ceux qui cherchent un remède contre mes maux.

La Dre Knight ne travaille visiblement pas avec ses collègues médicomages, je trouve cela dommage, il y a tant à faire dans la coopération entre nos deux sciences et magies. Il est vrai que l’intolérance règne encore dans certains milieux, mais ma famille et mes amis sont la preuve que le mélange de magie et de non-magie font des étincelles et bâtissent un monde meilleur. J’imagine que dans les milieux intellectuels et scientifiques, la mixité n’est pas encore à l’ordre du jour…

- Ah oui, je ne peux imaginer vivre sans l’équitation, j’en fais depuis plus de douze ans ! Je n’y avais pas pensé, mais cela pourrait être une solution !

Je ne sais pas encore ce que je vais exercer comme métier, mais j’ai été trop déçu dans mes ambitions pour pouvoir à nouveau voir l’équitation comme une voie professionnelle… Mais c’est à méditer !

La praticienne me demande les compte-rendu de mes ponctions lombaires. J’en ai subi deux et l’expérience n’est pas tout à fait agréable… Ce n’est pas aussi affreux que l’on peut l’imaginer mais la sensation d’une aiguille s’enfonçant dans sa peau n’est jamais le meilleur moment d’une existence. Cela dit, la sensibilité n’est pas très précise à l’intérieur, ce qui est une bénédiction en soi, on a pas trop envie de sentir une aiguille chercher son chemin entre nos vertèbres, brrrr.

- Je vous apporterez mes compte-rendu, à moins que je puisse vous les envoyer par mail ?

Je chercher dans mon esprit à la recherche d’une nouvelle question à poser à la scientifique et médecin avec qui je parle depuis une bonne demi-heure déjà.

- Non, vous avez répondu à toutes mes interrogations pour le moment !

Je suis plutôt satisfait de ce rendez-vous, et regrette presque le scepticisme dont j’ai fait preuve auprès de Grace, elle sera contente que je lui raconte cette entrevue j’imagine !



   
   
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MessageSujet: Re: Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton]   Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton] EmptySam 13 Avr - 13:24

Petit à petit la personnalité du jeune homme semble se dessiner à contre-jour de la maladie. Le Docteur Knight semble deviner plus de pulsions de vie que de découragement. Derrière le fatalisme présent depuis le début de l'entretien, il lui semble deviner quelque élan d’espoir, mais il faudrait que leur conversation dure bien plus longtemps pour qu’elle en soit certaine. Cependant c’est une nouvelle fois l’occasion pour elle de mesurer combien la vie a souvent le dessus même dans les situations les plus dramatiques. C’est un hommage qu’elle rend à chaque fois aux patients et à leur courage. Même si cela a été mainte et mainte fois étudié dans des travaux de psychologie, les ressorts qui permettent aux personnes atteintes de maladie chronique et même avec un pronostic létal de poursuivre avec toute l’énergie lui apparaît à chaque fois comme si mystérieuse !

Comment réagirait-elle en pareilles circonstance, elle qui a sombré naguère dans la dépression ? Se poser la question la remplissait souvent de honte. Eh bien ?! Qu’avait-elle subi qui ne lui permette de pas se rétablir ? La réponse à cette question était trop présente encore en elle et elle évitait souvent le sujet dans les séances d’introspection qu’elle s’imposait ou que ses pensées lui imposaient parfois sans prévenir. Elle tentait alors de se dire qu’elle était vivante en pleine possession de ses moyens avec des objectifs et des raisons de vivre…

Des raisons de vivre ? Si elle y regardait de plus près, elle en avait une seule. Et encore, se dire qu’elle reposait sur l’impossibilité de faire confiance aux êtres humains en ternissait grandement l’existence. En outre, le “en pleine possession de ses moyens” était-il lui aussi inexact car pour une femme, ne pas pouvoir avoir d’enfant lui semblait une blessure difficilement surmontable. En tout cas, pour sa part, elle savait que s’attarder à considérer ce qui lui apparaissait comme un handicap était l’assurance de broyer du noir et de se noyer encore plus dans des dérivatifs qui pouvaient apparaître comme une façon de sublimer sa souffrance mais aussi une fuite en avant. Le plus important d’entre eux était le travail, mais parfois se elle sentait obligée à d’autres étourdissement qui lui prouvent qu’elle n’était pas simplement une moitié de femme. Cela arrivait bien trop souvent avant son arrivée sur l’île de Manadh, mais heureusement Londres était une grande cité dans laquelle son anonymat était préservé. A Atlantis, elle avait très vite compris la nécessité de ne pas faire parler d’elle de quelque manière que ce soit. La peur d’être confondue ou de donner des moyens de pression à ses ennemis était suffisante à lui donner une vie très sage voire austère diraient ceux qui pouvaient prétendre la connaître un peu.

En attendant des jours meilleurs, recevoir des patients de la qualité de Matthew Hamilton lui donnait le courage qui lui faisait parfois défaut. Il s’agissait ici de leur première rencontre, mais elle espérait et était presque certaine que ce ne serait pas la dernière, car s’il restait fidèle à ses demandes, ils seraient amenés à se revoir. Il était, même si c’était très réducteur de la présenter ainsi, porteur de matériel biologique indispensable à ses recherches même s’il devrait être complété par des prélèvements supplémentaire, la faible population de l’île ne permettait pas que l’on se prive de toutes ressources qui se présentaient.

La perspective des recherches qui ‘attendaient suscitait chez elle des sentiments ambivalents dont le plus négatif était parfois le découragement devant la tâche à accomplir, mais le plus souvent le plus grand enthousiasme était capable de lui faire perdre la mesure du travail qui s’ouvrait devant elle dont elle oubliait parfois la réalité. Cela représentait aussi sa force car lui permettait de se lancer dans le travail sans se projeter immédiatement vers le but ultime que trop d’analyse préalable pourrait présenter comme bien éloigné. Elle n’était pas naïve et savait pertinemment qu’à chaque projet, elle s’engageait pour de nombreuses années. Mais elle pratiquait volontiers la politique des petits pas et menait une expérience après l’autre et enchaînait les protocoles au fur et à mesure que les résultats probants le lui permettaient. En outre la perspective du temps qui passe inexorablement était une chose que l’action lui évitait de considérer trop souvent ou trop longtemps.

Devant elle se tient quelqu’un pour qui le temps est encore plus compté et qui répond immédiatement aux sollicitations de la chercheuse même si elle ne pensait pas exactement à des conseils. Cependant elle doit bien l’admettre, les patients étaient souvent de très bons conseils si on acceptait de les écouter sans rester sur son quant à soi de médecin et expert de la maladie. Un sourire reconnaissant répond donc franchement à la proposition du jeune homme.

De son côté elle est heureuse d’avoir en apparence proposé une voie dans laquelle il pourrait s’investir d’autant plus qu’elle à confirmation que c’est une passion qui ne date pas d’aujourd’hui. Elle avait bien cru le comprendre lors de sa rencontre avec sa sœur et au ton qu’il avait adopté en en parlant plus tôt. Pourtant rien n’était certain de ce côté car le cavalier pouvait très bien envoyer ses anciennes passions au diable avec tout ce que sa maladie pouvait paraître rendre impossible à partir du moment où elle gagnerait du terrain. Elle pourrait appuyer ses encouragements mais la balle était dans le camp du jeune homme et insister se révélerait futile voire contreproductif. Il était plus à même de faire point sur ce qui était possible ou non et quelle partie de lui, il pouvait investir dans cette piste. Cependant un sourire d’encouragement se peignit chaleureusement sur son visage de médecin qu’en plus de sa coiffure tirée en arrière, la concentration et l’attention pouvait rendre parfois sévère, mais que son souci d’accompagner les émotions de ses patients détendait à la mesure de l’humanité qu’elle cultivait dans les gestes professionnels bien peu techniques médicalement parlant mais tellement importants à ses yeux pour parler autant à l’âme de ses patients qu’à leur corps. L’un pouvait-il aller sans l’autre ? Cela faisait longtemps qu’elle avait répondu par la négative à cette question.

“Par mail ? Ma foi, pourquoi pas ? Le server de l’hôpital est sécurisé m’a-t-on assuré _ j’avoue que mes compétences dans le domaine sont assez importantes pour faire confiance aux techniciens _ C’est du côté de votre provider qu’il vous faudra être certain de sa confidentialité…. Je comprends que pour le moment vous ne souhaitiez pas revenir tout de suite au centre médical…”

Elle ne savait pas très bien comment le secret médical pouvait s’accommoder des nouvelles technologies de la communication, mais c’était une proposition de celui qui semblait d’accord pour devenir son patient. Sans doute devrait-elle passer par une question formelle pour être certaine qu’elle avait bien compris ce qui devait être compris.

La suite des réponses de Matthew Hamilton semblait indiquer qu’il en avait appris assez sur la généticienne et sur ce qu’elle pouvait lui apporter aussi elle n’allait pas vraiment pouvoir tergiverser et se décida à poser les deux questions qui pouvait poser problème au malade mais qu’elle ne pouvait éluder. Son regard s’agrandit afin que son interlocuteur ne puisse pas y trouver de ténèbres qui le ferait reculer ou douter de la bonne foi de la Theodora Rose Knight. Elle commença avec un sourire satisfait avant de reprendre une posture professionnelle et un peu formelle.

“Très bien. Je suis heureuse d’avoir pu vous répondre. J’aurais deux questions à vous poser auxquelles vous pouvez répondre très franchement sans que cela ne me pose de problème en quoi que ce soit. La première : est-ce que vous souhaitez que je vous suive en tant que médecin ? La deuxième : Vous paraît-il envisageable que je puisse vous proposer une ponction lombaire _ je sais que ce n’est pas très agréable _ pour entamer les recherches que je vous ai promises ?”

Elle n’était pas entièrement satisfaite de la dernière question qui pouvait ressembler un peu à piège mettant dans la balance l’engagement de la chercheuse et l’examen auquel elle lui demandait de se prêter. Heureusement qu’elle lui avait dit qu’il pouvait répondre aussi librement qu’il le souhaitait !
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Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton]
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