Bienvenue sur Catharsis,
A Tale of Muggles and Wizards
Constellations ON/OFF
Catharsis
A Tale of Muggles and Wizards

Catharsis :: Atlantis & Manadh :: Les Faubourgs :: Centre Médical
 

 Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton]

Aller en bas 
AuteurMessage
Theodora Rose KnightTheodora Rose Knight
Moldu
Moldu
http://www.catharsis-rpg.com/t2236-theodora-rose-knightMessages : 550 Points : 1036
Pseudo : Théodora
Avatar : Jessica Chastain
Crédits : moi
Plus d'informations
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Résidence de l'Abondance
Patronus:
Informations diverses:
MessageSujet: Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton]   Dim 27 Jan - 12:10

Depuis ce coup de téléphone quelques jours auparavant, le docteur Knight avait passé une partie de son temps avec le dossier Hamilton. Ce dernier le lui avait transmis en provenance directe de son médecin traitant.

Suivi de SEP. Encore un sigle propre à éloigner de la réalité de la maladie. Il ne lui avait pas fallu beaucoup d’années de pratique pour observer la désinvolture qui prononce les acronymes, comparée à la gravité qu’elle recouvre. Comme si les médecins avaient besoin de se protéger de la maladie qu’ils diagnostiquent. Comme si prononcer Sclérose En Plaque allait la leur infliger. Certes, les docteurs avaient besoin de se protéger contre les horreurs des affections qu’ils soignaient mais pour Theodora, avoir peur des mots étaient pire que d’avoir peur de la réalité qu’elle recouvre et qui n’affecte que le malade qu’ils ont pour fonction de guérir, de soulager et d’accompagner. Il lui semblait qu’il n’y avait qu’une exception à cela le SIDA qui avait hanté chaque année de ses études et contre lequel l’homme se battait en vain.

C’était symbolique mais dans le dossier informatique qu’elle avait immédiatement ouvert, elle avait immédiatement corrigé ce qu’elle jugeait comme une faute que le jargonnage médical n’excusait pas. Très vite lorsqu’elle s’était assise sur les sièges pliants des amphis de l’Imperial College, elle s’était découverte plus enflammée qu’elle ne l’aurait soupçonné après une enfance et une adolescence sans problème. Ces parents se plaisaient à dire à qui voulait bien l’entendre : “qui a dit que les adolescences des filles étaient plus terribles que celles des garçons ?”. Là elle avait découvert pourquoi elle avait décidé de faire médecine. Tout l’été précédant sa rentrée universitaire, elle avait été assaillie de doutes se demandant si elle n’avait pas fait ce choix pour rendre fiers ses parents ou pour ce genre de mauvaises raisons qui vous font regretter durant toute une vie un choix que vous avez fait trop jeune. Mais soulager les malades, les guérir en le traitant comme des personnes à part entière, c’était ça son désir et elle bénissait l’éloignement de ses parents et l’organisation des cours qui lui avaient permis de confirmer ce que d’aucun appellerait vocation mais que son esprit cartésien se refusait à rapprocher de la religion... Alors Matthew Hamilton ne ferait pas exception à la règle quel que soit le pronostic peu encourageant lié à sa maladie.

Par contre, elle s’était souvenue d’un article qu’elle avait lu pas plus tard que le veille sur les possible causes génétiques de la sclérose en plaque. Toutes les précautions d’usage avaient été prise pour évoquer cette piste, mais des études sur des population de malade atteints de la maladie tendaient à montrer qu’un facteur génétique entrait bien dans le tableau étiologique. Pour la chercheuse en génétique ce genre de publication ne pouvait pas passer inaperçu et le hasard qui lui envoyait un malade atteint de cette même affection pouvait passer pour un signe du destin si l’on était un peu superstitieux, ce qu’à dieu ne plaise, elle n’était pas. Mais outre la nécessité de suivre le patient, ses propres recherches pouvaient s’enrichir de nouvelles données. La maladie étant hélas, relativement répandue, il pouvait être aisé de collecter du matériel génétique à comparer et analyser.

Elle avait donc passé du temps sur le net, et au téléphone en ligne avec ses collègues outre atlantique, en faisant parfois fi du décalage horaire. Elle voulait être à même de répondre aux questions du jeune homme, concernant cette nouvelle piste qui n’apporterait certes pas de résultats dans l’immédiat, mais pouvait ouvrir de nouvelles perspectives à bien des malades.

En dernier lieu, travailler au Centre Médical d’Atlantis avait l’avantage de lui permettre de rester au contact des patients ce que ses dernières années de recherche avaient un peu estompé, mais en contrepartie, elle regrettait parfois de ne pas passer plus de temps sur ses recherches d’autant qu’elle étaient doubles. D’une part les recherches qu’elles se plaisait à qualifier de civiles et les autres encore plus secrètes que les premières qu’elle rangeait dans la médecine de guerre. Pour l’heure, exercer son métier de médecin sur un cas relevant peut-être de sa spécialité décuplait encore sa motivation et lui faisait oublier la fatigue de sa journée de travail.

Elle referma la porte de son vestiaire que l'administration hospitalière avait généreusement mis à disposition de chaque personnel soignant non loin de leur service et regarda sa montre entre toutes chérie car dernier souvenir de son père. Elle était comme d’habitude un peu en avance et se dirigea les mains dans ses poches de sa blouse immaculée qui recouvrait un chemisier fuchsia parfaitement accordé à son rouge à lèvre. La trentenaire avait très vite mesuré la vitesse du temps qui s’écoulait au sortir de la dépression qui avait suivi la perte de son fiancé et de son enfant. Cette prise de conscience lui avait fait commettre quelques excès, dans une sorte de boulimie à rattraper le temps perdu, mais à présent elle s’estimait stabilisée tout en étant vigilante à son apparence en premier lieu pour être satisfaite du reflet que lui renvoyait son miroir mais aussi pour parfaire les différents rôles qu’elle devait jouer devant les yeux de ceux qui ne manqueraient jamais, elle le savait de la juger, même sur son apparence tant qu’elle n’aurait pas le prix Nobel, ce qui n’était pas près d’arriver.

Cette pensée la fit sourire alors qu’elle croisait une infirmière qui apportait les résultats d’analyse apparemment très attendues si on en jugeait par le pas pressé, presque courue de la brunette en uniforme bleu. Elle salua quelques autres membres du personnel soignant et même un homme maniant avec dextérité la shampouineuse à qui le sol devait son éclat de neuf après plus de deux ans de mise en service. Elle tourna la tête pour continuer à l’observer tout en continuant sa progression au rythme de ses talons claquant sur le carrelage. Elle se demandait si c’était vraiment le moment pour ce genre d’opération et un instant sa paranoïa se réveilla, il faudrait en référer à qui de droit une fois qu’elle aurait vérifié le planning de nettoyage en tant que cheffe de service, elle en avait toutes les prérogatives. La guerre faisait d’elle quelque chose qu’elle n’aimait pas et cela suffit à lui gâcher le plaisir de sa prochaine visite. Elle était convaincue de la justesse de sa cause et de ses buts, mais la clandestinité et les divergences qu’elle pouvait parfois avoir avec la tête de Gloriam sur les méthodes semblait éveiller en elle tout ce qu’elle détestait chez ceux qui étaient responsable de la mort de ses parents. Elle ne parvenait pas à se résigner à laisser tout comme eux sa part d’humanité s’évaporer peu à peu, à chaque nouveau sacrifice sur l’autel de la barbarie.

Enfin elle arriva devant l’open-space du secrétariat du service qui précédait l’espace d’attente que l’accueil affublait du titre pompeux de salle d’attente alors qu’il était ouvert aux quatre vents. Elle savait que c’était pour permettre une évacuation rapide de l’endroit en cas d’urgence médicale mais n’avait rien de l’espace cozy nécessaire à rassurer en partie les patients déjà mis à l’épreuve par la     maladie et l’attente d’être pris en charge par quelqu’un jugé compétent. Elle s’arrêta pour interroger l’hôtesse, une main sur le bureau froid qui transformait la jeune femme derrière lui en femme tronc, légèrement penchée sur le côté vers elle mais tout en ayant déjà le regard vers les patients qui attendaient déjà.

“Mon prochain patient est arrivé ?
_ Non mais le suivant oui.”


Elle regarda sa montre, Matthew Hamilton n’était pas encore en retard mais elle n’allait pas attendre bêtement là.

“Prévenez-moi, s’il vous plaît, dès qu’il arrive, je suis dans mon cabinet.
_ Très bien Docteur
_ Merci”


Elle se dirigea donc vers son antre. Enfin, son antre c’est juste pour dire qu’on n’a pas trouver de synonyme à cabinet ou qu’on se met à la place du patient qui aurait l’impression de pénétrer chez un monstre, car l’endroit est toujours impeccablement rangé et… Mais déjà la ligne interne se manifeste et Matthew Hamilton est annoncé.

“Encore merci.”

La porte qu’elle vient tout juste de refermer se rouvre donc pour laisser passer la rouquine. Le nouveau venu à tout juste eu le temps de s’asseoir.

“Monsieur Hamilton? Bonjour.”

Elle s’avance un sourire de bienvenue sur les lèvres pour lui serrer la main. Et puis, elle a beau lutter contre les réflexes irrespectueux qui ont l’air de coller à sa profession, elle ne laisse pas le temps au jeune homme de confirmer son identité et lui indique de la main l’intérieur de son espace de consultation.

“Si vous voulez bien vous donner la peine ? ...”


Entre temps elle a pris la peine d’exercer son regard professionnel sur le jeune homme. Son allure sportive, confirme que le diagnostic n’a pas été posé depuis très longtemps et que la maladie n’a pas eu le temps de commettre trop de ravages. C’est une bonne chose pour lui. Il a sans doute encore du temps avant que les séquelles ne prennent le dessus sur sa vie. Sa physionomie en revanche reste encore mystérieuse entre le détachement et la résignation… Non, pas la résignation. Quelque chose d’autre semble faire briller son regard qu’elle n’arrive pas à cerner.

Elle le laisse passer devant elle avant de refermer le cabinet et passer derrière son bureau. D’un geste de la main elle l’invite à prendre place sur une des deux chaises qui lui font face.

“Prenez place. Je vous en prie.”

On sent derrière ses manières le travail qu’elle a accompli pour que son dynamisme ne passe pas pour de la brutalité ou ce qu’elle suppose être de la brutalité car personne ne lui a encore fait ce genre de reproche. Toujours est-il que dans son souci du patient, elle en vient parfois à s’accuser de vices qu’elle ne possède pas. Comme si ceux qui l’habitent effectivement ne suffisaient pas.

Ce n’est qu’alors qu’elle s'assoit en prenant garde à ne pas froisser sa blouse. il y a des réflexes venus de l’enfance dont on ne se défait pas si facilement. Elle croise les doigts sur le sous-main en face d’elle et assume sa position de médecin et son devoir de prendre les choses en mains. Il ne doit rien y avoir de pire que de sentir un docteur hésitant.

“Merci de vous être déplacé jusqu’ici. Je vous propose que nous fassions un point sur vous et votre maladie avant d’envisager la suite. Si cela vous convient, est-ce que vous pouvez me parler des symptômes et de leur prise en charge actuelle?”


“Ne jamais imposer son autorité de praticien !” C’est ce que lui répétait son mentor de l’Impérial collège avant de succomber à un stupide accident de voiture. A croire que tous les êtres qui comptent pour elle doivent disparaître. Parfois cela lui traverse l’esprit mais ce ne sont que superstitions ! “Toujours demander l’aval du patient !” C’était ses formules un peu péremptoires dont elle avait fait siennes et qui résonnaient encore à ses oreilles plus de dix ans plus tard.
Matthew HamiltonMatthew Hamilton
Étudiant Moldu
Étudiant Moldu
http://www.catharsis-rpg.com/t1677-matthew-hamilton-here-i-amMessages : 185 Points : 172
Pseudo : Lau
Avatar : Tom Holland
Crédits : Martyr
Plus d'informations
Feuille de personnage
Lieu de résidence:
Patronus:
Informations diverses:
MessageSujet: Re: Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton]   Mar 29 Jan - 18:33

Il y a des journées qu’on préférerait volontiers ne pas vivre. Je peux en compter plusieurs pour ma part. la dernière en date est celle du brunch familial où Milo a rencontré mes parents. Je préfère éviter ce souvenir, d’ailleurs nous n’en parlons pas entre nous, il a laissé Grace assez accablée quelques temps, assez pour nous ôter toute envie de blaguer malgré nos propensions aux taquineries… Mais le plus marquant reste tout de même celui de ma première poussée de sclérose en plaques, alors que l’innocence et le silence des organes me quittait à tout jamais.

Je m’étais réveillé un matin, avec la jambe paralysée. Impossible de me lever, d’autant plus que la panique s’emparait de moi… J’avais alors appelé ma sœur à l’aide, restant aussi calme que possible au téléphone. Aux urgences tout s’était enchaîné, d’hypothèse diagnostique en hypothèse diagnostique, les différents examens s’étaient enchaînés : scanner en urgence, puis IRM en urgence, ponction lombaire et prise de sang… Tout revenait négatif, sauf l’IRM. Sur mon cerveau, plusieurs tâches blanches. Quand on vous montre ça, il est clair que le premier réflexe est de paniquer : on a tous vu des séries ou des films à thèmes médicaux ou traitant plus ou moins de maladies. Pour ma part, j’en avais vu assez pour savoir que tâche blanche sur image de cerveau = cancer = mort. J’étais si jeune pourtant, à peine vingt ans, même pas vingt ans. Alors on occulte tout, et on sent seulement la main de notre chère sœur qui nous serre les doigts, comme pour nous garder encore un peu en vie, mais qu’importe… Qu’importe à présent…

- …Sclérose en plaques…

Voilà qui ne ressemblait pas à un nom de tumeur, normalement ils parlaient plus de masse, de nodule, de truc en -ome… Là, sclérose en plaques c’était moins évocateur… J’avais alors repris en chemin le cours de la conversation, et j’avais compris alors que j’étais certainement atteint d’une maladie immunitaire qui venait manger la gaine de mes neurones. Un véritable charabia : des cellules de mon propre corps, sensées œuvrer pour combattre les bactéries ennemies avaient pris pour cible le gras qui isolait mes neurones. Mais, pour qui se prenait-il ce corps ? Il pensait pouvoir me désobéir, comme cela ? S’attaquer à lui-même sans me prévenir avant, me demander mon avis ? Incroyable… Où va le monde, je vous le demande ! Le pronostic n’était pas bon : la maladie évoluait par poussées. C’est-à-dire qu’elle s’amusait à me pourrir la vie un peu tous les six mois, me rendant tantôt aveugle, tantôt handicapé moteur ou sensitif… Et elle laissait des marques, la teigne : je n’avais pas pu reprendre un bon contrôle de ma jambe après ma première poussée : béquilles, et arrêt de l’équitation : bienvenue dans la dépression, la solitude et l’ennui.

Ca aussi, j’évite d’y repenser. Mais c’est assez difficile aujourd’hui, alors que je suis en route, de retour sur mes deux pieds, pour le centre médical d’Atlantis. Grace a réussi à me convaincre de m’y rendre pour rencontrer une généticienne qui pourrait certainement m’aider. J’admire l’espoir et la foi que Grace met en ma guérison. Mais moi je le sais, chaque jour doit être savouré à sa juste valeur car qui sait quand une nouvelle poussée me frappera ? Je me suis fait à cette épée de Damoclès, finalement…

Arrivé au centre médical, je trouve mon chemin jusqu’aux consultations de génétique dans un dédale de blouses blanches, brancards, et autres machines médicales. Je déteste l’atmosphère des hôpitaux, cette odeur de propre qui vient recouvrir la maladie comme pour en cacher l’existence même, les mines affairées de tous ces gens exténués, se tuant presque à la tâche, cette lourde tâche de sauver des personnes de tous âges… Je me présente à la secrétaire qui me demande d’aller prendre place en salle d’attente. Je fais de mon mieux pour ne pas scruter l’unique autre patient qui feuillette un magazine sur la génétique. Un magazine qui semble essayer de simplifier les principes de génétique aux yeux des moldus en la matière. Moi je comprends de quoi il s’agit, grâce à mes cours de biologie moléculaire… Même si je n’aime pas tellement mes études, j’ai bien dû réviser tout de même !

Ce que je sais, c’est que l’homme possède des gènes qui définissent une vulnérabilité pour certaines pathologies. Ces ensembles de gènes – il y en a très rarement un seul par pathologie ou affliction – sont dispersés dans le génome et s’activent ou non en réponse à des contraintes environnementales. J’avoue ne m’être jamais posé la question d’une composante héréditaire dans ma maladie. Mais il est vrai que certaines mutations, certains allèles peu classiques, apparaissent de novo chez un individu, bien qu’aucun de ses parents ne soit porteur dudit variant. C’est incroyablement complexe la génétique…

Le médecin vient me chercher finalement. Dr Kinght, c’est bien ce que m’avait dit Grace. Je me lève et serre la main tendue. Je suis la praticienne vers la salle de consultation, mal à l’aise. Elle a l’air agréable et gentille, à première vue, mais le corps médical ne m’inspire plus tellement confiance depuis que je les côtois bien plus que de raison…

- Merci. Dis-je en m’asseyant. Ce sont les premiers mots que je prononce. La docteure me demande alors de lui décrire mes symptômes et ma prise en charge… J’acquiesce, essayant de mettre de la bonne volonté dans cet entretien afin de ne pas lui faire perdre de temps, elle n’y est pour rien si j’ai une sœur si impliquée dans ma « guérison »…

Par où commencer.

- Eh bien… je me tortille sur mon siège, essayant de trouver une position adéquate. Tout a commencé quand j’avais 19 ans, j’en ai 21 presque maintenant. J’ai été diagnostiqué par un neurologue, à Londres. J’ai fait des tas d’examens, dont une IRM qui montrait des plaques de démyél… démeïl… démyélinisation. Désolé, je ne retrouvais plus le mot… Donc il a dit que j’avais la sclérose en plaques. J’ai eu plusieurs poussées depuis.

Je sens bien que mon récit est décousu, j’essaie donc d’être systématique.

- La première fois, c’était une jambe paralysée, j’ai jamais vraiment repris toute ma force musculaire après ça, malgré la kiné, ma sœur est kiné pourtant, alors… Enfin bon ça n’a pas trop de rapport. Ensuite, j’ai eu une baisse de la vision, comme une tâche noir au milieu d’un œil, j’étais à cheval, je suis tombé, et j’ai blessé ma jambe affaiblie donc béquilles. Et là, en décembre 2000, j’ai eu de nouveau une faiblesse motrice et j’ai été pris en charge par des médicomages qui m’ont remis la jambe en route mais qui pouvaient rien faire pour la SEP…

Et j’avais rencontré Irvin de cette manière, dans des circonstances on ne peut plus cocasses. Y repenser met un bref sourire sur mes lèvres. Je regarde la docteure Knight en me frottant nerveusement les genoux, dans l’attente d’une question, ou d’une réponse de sa part. Les médecins sont plutôt doués pour les questions d’après mon expérience…



   
   
Ce n'est pas grave si tu ne te réveilles pas tout seul
Si à côté de toi c'est un gars et que t'as la larme à l’œil
Theodora Rose KnightTheodora Rose Knight
Moldu
Moldu
http://www.catharsis-rpg.com/t2236-theodora-rose-knightMessages : 550 Points : 1036
Pseudo : Théodora
Avatar : Jessica Chastain
Crédits : moi
Plus d'informations
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Résidence de l'Abondance
Patronus:
Informations diverses:
MessageSujet: Re: Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton]   Mer 30 Jan - 10:24

Cela fait maintenant quelques années qu’elle se demande si elle arrêtera d’appréhender à entendre les réponses des patients. Cela fait maintenant des années qu’elle se demande comment ses collègues le vivent. Et cela fait le même nombre d’années qu’elle ne sait si elle doit faire confiance à leur réponse. Quelle est la part du détachement, celle du cynisme ou de la désinvolture ou encore de l’autoprotection contre les angoisses qu’elles suscitent en eux comme en elle. Elle a tout entendu: “On finit par s’y habituer” “Tu es sérieuses? Change de métier alors.” “Mais pourquoi?” “Non moi ça ne m’a jamais rien fait”.

Est-ce qu’à force d’encaisser ce qui vient des patients on s’isole à ce point de ses collègues? Alors oui forcément à force de se poser ce genre de question, on finit par regarder les autres médecins avec un autre regard et on leur pose de moins en moins de questions sur leur travail. Et on se demande si c’est par peur d’être jugée ou inversement, parce que soi même on porte des jugement sur eux.

Elle savait qu’aucune des questions qu’elle poserait aujourd’hui ne même aucune des réponses qu’elle donnerait ne serait anodine pour le jeune homme qui lui faisait face mais qu’elle devait en savoir plus sur son état d’esprit pour anticiper ses réactions et envisager la façon d’échanger avec lui. Elle avait beau s’être préparée à l’entretien, elle avait beau s’être inscrite durant sa formation aux module de relation patient/soignant, elle ne parvenait jamais à se faire totalement confiance  et l’exercice comprenait d'imprévus que toutes les formations du monde semblaient dérisoires face à la réalité. Les jeux de rôle pour vous expliquer quelle attitude adopter et quels mots utiliser sont bien loin à ce moment. Et si l’expérience était le plus grand trésor du praticien? Mais une expérience sans analyse sans regard croisé,à quoi cela sert-il? Comment en fait quelque chose d’opérationnel?

C’est avec ses mêmes doutes que le Docteur Theodora Rose Knight écoutait et observait Matthew Hamilton, le stylo sagement entre ses doigts, surtout ne pas l’agiter nerveusement ou de façon désinvolte! Quels étaient les détails qui allaient lui apporter sa confiance ou lui valoir sa défiance?

Visiblement, il a besoin de mettre ses idées en ordre, mais qui ne serait pas dans son cas à sa place? Justement y a-t-il rien de plus futile que de tenter cet exercice de ce mettre à la place de celui qui doit porter une telle maladie. Que peut-elle lui opposer, depuis sa place de médecin qui n’a, en tout et pour tout, fait qu’affronter une dépression si bien entourée que c’aurait été preuve de mauvaise volonté de ne pas en sortir? Alors elle pense à ces moment devant la glace froide de sa salle de bain à se palper les seins avec la hantise d’y trouver la grosseur suspecte qui fera basculer sa vie et le vertige qui la saisit lorsqu’elle fait le tour de tout ce qu’elle sait qui attends un malade. Amputation? Chimio? Rayons? Toutes les transformations qui vous font perdre petit à petit votre identité en ne faisant de vous qu’un dossier médical, une silhouette blanche et émaciée sans même l’expression de vos sourcils lorsque toute trace de pilosité vous a abandonnée.

Elle ne peut pas lui reprocher de ne pas faire d’effort de synthèse et de précision. Alors qu’il  exprime son malaise par l’impossibilité de trouver une position adéquate sur une chaise pourtant confortable, elle lui envoie un sourire le plus encourageant possible qui aimerait ne pas être celui d’un médecin mais peut être d’une mère qu’elle ne sera jamais ou d’une amie, d’une grande soeur.

Deux ans qu’il vit avec sa maladie; il a eu le temps de faire bien du chemin en sa compagnie, d’endurer le Ko de son diagnostic le rejet de cette nouvelle et le dénie de ce qui lui arrivait. Il a s’est sans doute révolté et indigné contre l’injustice de sa situation. Et maintenant où en est-il? Toujours en phase de négociation? Entretenant des illusions qui ne pourront que le blesser? Déjà à mesurer l’écart entre l’ancien Matthew et le nouveau? A quel niveau d’acceptation ,en est-il? Peut être est-ce encore trop tôt pour prononcer ce mot?

Si elle veut le savoir, elle doit d’abord l’écouter. Au diable l’exactitude des termes, ils savent tous les deux de quoi il s’agit. Ses yeux verts qui se ferment brièvement à demi lui indiquent qu’elle a compris et que ce n’est pas important. Le dossier indique bien une évolution par poussée et donc bien un type de sclérose en plaque rémittente-récurrente. elle baisse brièvement les yeux pour vérifier que l’évolution consignée est bien celle décrite pas le patient, mais son principal objectif est de ne pas perdre le regard du jeune malade. Il lui est utile à elle pour poursuivre son investigation de ce qu’elle décèle chez lui, mais elle est persuadée que pour lui c’est aussi le moyen de mesure l’intérêt qu’elle lui porte. Presque sans le lâcher des yeux elle note “soeur kiné”. C’est toujours une bonne chose lorsque l’entourage est sensibilisé aux problèmes de la médecine. cela induit souvent une confiance à priori du patient à l’égard du corps médical et il en faudra au jeune homme pour affronter la détérioration inexorable de ses capacités physiques.

Les médico-mages! Décidément, elle en entend parler souvent ces derniers temps! le mot vient rejoindre les reste des ses notes, comme un moyen de ne pas tiquer et de trahir sa réticence à leur égard, même si elle avoue depuis longtemps que si la magie peut avoir cette utilité, elle n’est paut être pas si nuisible qu’elle le pense. Mais hélas ce n’est pas sa seule face et elle a tué ses parents! Elle est presque rassurée d’apprendre que comme la médecine moldue, elle est pour le moment impuissante, juste avant de se reprocher un certain égoïsme. Le jeune homme qui lui fait face ne mérite certainement pas de faire les frais de la guerre qui oppose la magie et la science même si les choses ne sont jamais aussi simples. Cette guerre, elle le sait, va la tuer. Si elle n’y succombe pas physiquement, elle sait que ses idéaux de médecin en feront le frais. Mais ce n’est pas le problème du malade qui est en droit d’obtenir le meilleur d’elle-même. Le sourire qui se dessine sur le visage encore juvénile qui lui fait face, la fait espérer que la maladie n’a pas encore réussi à lui cacher la face éclairée de la vie.

A la fin de son bref exposé elle lui rendit son sourire même s’il n’avait sans doute pas la même signification.

“Je vous remercie. Je suppose à vous entendre que mes confrères vous ont expliqué votre pathologie et ses implication? Si je me trompe interrompez-moi. Je suis aussi là pour répondre à vos questions. De même si les miennes vous paraissent trop indiscrètes...”

A quoi servent ses précautions? A ménager son patient certes, mais sans doute aussi à lui laisser le temps de choisir les mots qui vont suivre. Effet de l’expérience, petit outils qu’elle a réussi à identifier dans sa boîte à outils professionnelle.

“Votre traitement? Vous le suivez? Je ne suis pas là pour vous juger mais j’ai besoin de savoir si vous vous y crontraignez…”

Elle lui adresse un sourire détendu destiné à lui faire comprendre que leur relation ne sera pas celle d’une prof à son élève et que la confiance sera de toute façon indispensable piur envisager la suite.

“Qu’est-ce qui est le plus pesant depuis le diagnostic?”

La question après celle sur le traitement est une porte ouverte à en parler mais aussi à lui laisser la possibilité d’aborder des choses plus personnelles s’il le désire. Ce sera sans doute la meilleure façon de déterminer à quel stade de relation avec sa maladie il se situe. Elle sait quà ce moment elle pourrait essuyer un accès de colère ou de révolte mais qui ne sera pas dirigé vers elle malgré les apparences. Mais si cela doit arriver il s’agira d’une étape indispensable par laquelle tout malade chronique doit passer. Peut-être a-t-il déjà dépassé ce stade mais peut être pas cela dépende de la vitesse d'évolution psychique du malade. Seulement ensuite le moment d’aborder la raison de sa présence ici interviendra.
Matthew HamiltonMatthew Hamilton
Étudiant Moldu
Étudiant Moldu
http://www.catharsis-rpg.com/t1677-matthew-hamilton-here-i-amMessages : 185 Points : 172
Pseudo : Lau
Avatar : Tom Holland
Crédits : Martyr
Plus d'informations
Feuille de personnage
Lieu de résidence:
Patronus:
Informations diverses:
MessageSujet: Re: Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton]   Mar 12 Fév - 15:53

La sclérose ne m’épargne pas. Elle me pousse dans mes retranchements, me fait vivre loin du silence des organes et de l’insouciance. Dépossédé de ma jeunesse et du droit de faire ce que bon me semble, de me sentir invincible et immortel comme les autres jeunes adultes de mon âge. Moi qi vivait pour la vitesse, pour courir, cavaler à en perdre haleine au rythme du galop de Kenobi et m’envoler vers le ciel avec lui lors des courses d’obstacles… Me voilà rivé au sol, contraint d’être plus prudent que je ne l’ai jamais été, surtout depuis la chute. Les obstacles, c’est fini pour nous, la compétition aussi, mon bel avenir de cavalier est tombé aux oubliettes… Mon bel ami à quatre pattes et moi nous contentons à présent seulement de balades à travers champs, sur les petits chemins de terre de Manadh. Kenobi se plaît dans cette nouvelle vie, il s’y est même habitué plus rapidement que moi j’ai l’impression…

Et pourtant, malgré tous mes efforts, rien ne semble suffire aux yeux de ma chère Grace. Elle vit avec cette peur constante que je m’écroule encore, de ne pouvoir être présente pour me soutenir, d’autant plus qu’on ne sait jamais de quoi sera faite la prochaine poussée…

Depuis le début de ma maladie, j’ai vécu trois poussées, toutes diverses, me laissant avec plus ou moins de séquelles… La première est celle qui a inauguré mon entrée dans la pathologie, le début de la fin pour ainsi dire. Perte de ma jambe droite, qui est restée affaiblie plusieurs mois. Mais j’ai récupéré, notamment grâce aux soins kinésithérapeutiques prodigués par ma sœur. La deuxième a été la plus éprouvante, celle qui m’a plongé dans les affres de la dépression. Avant tout cela, je vivais dans le déni, ne pouvant que nier avoir perdu une part de mon essence vitale au profit d’une ombre planant au-dessus de mon être… Ma vue a été attaquée, un scotome central, qu’ils appellent ça les médecins. En gros, je ne voyais plus rien au centre de mon champ visuel, le nerf optique était attaqué. Et bien entendu, cela est arrivé alors que j’étais au beau milieu de mon parcours d’obstacles, sur le dos de mon bel Haflinger… La chute a été rude, j’y ai laissé ma jambe droite et ma dignité aussi quelque part. Accroché à une béquille, ma vie était vide de sens : confronté à la réalité, il m’a fallu faire le long chemin de l’acceptation qui s’est résolu avec mon arrivée à Atlantis. Mais peu après, j’ai de nouveau été rattrapé par les événements : une nouvelle poussée au décours de laquelle j’ai retrouvé ma jambe et j’ai gagné la chance de connaître Irvin, d’apprendre à connaître l’homme qui partage ma vie actuellement.

C’est aussi un peu pour lui que je suis là aujourd’hui, afin de pouvoir lui promettre un avenir plus ensoleillé, de pouvoir prétendre pour lui à autre chose qu’un futur auprès d’une enfant à élever et d’un amant handicapé… C’est bien sûr beaucoup pour Grace aussi, je dois bien cela à ma sœur dévouée et à ses multiples efforts pour moi…

Ce médecin n’est pas tout à fait comme les autres que j’ai pu rencontrer au cours de mon existence déjà trop médicalisée à mon goût. Elle est plus prévenante, plus attachée à ma compréhension de la situation et de mon ressenti aussi. Ce type de praticien ne court pas les couloirs des hôpitaux !

Elle cherche a priori à comprendre ma vie avec ma sclérose et elle en vient à la partie traitement.

- On m’a prescrit du Copaxone, c’est une injection toutes les semaines pour l’instant… J’ai une infirmière qui vient me voir pour la faire, je me sens pas très prêt à le faire tout seul, même si ça fait quelques temps maintenant que je suis sous ce traitement. Ensuite, ben… on m’a dit que c’était bien de faire du sport, alors j’ai continué et puis je mange plein de fruits aussi pour les vitamines et mon docteur me donne des gélules là, de vitamine D ! Y a pas beaucoup de soleil ici et il paraît que c’est lié aussi…

Je réfléchis, pour voir si je n’ai rien oublié, toujours un peu tendu même si je me relaxe peu à peu.

- Pendant les poussées, je suis sous perfusion de 6h de corticoïdes, à la maison. Pareil, c’est l’infirmière qui passe me voir pour s’en occuper. C’est là le plus dur, parce qu’il faut que je reste accroché à une potence pendant plusieurs jours, deux jours en général. C’est très long, mais ça fonctionne pas mal, j’imagine…

Donc pour m’y contraindre, on peut dire que je m’y contrains. De toute façon, ai-je le choix ? Je ne veux pas laisser la sclérose gagner trop vite, elle m’aura bien assez tôt…

La dernière question me laisse plus perplexe. Ce qui est le plus difficile ? Une multitude de choses se bousculent dans mon esprit, tant de choses que j’ai perdu et que je ne retrouverais certainement pas : des amis, une confiance en moi, l’innocence et la foi en l’avenir aussi, et de manière plus pragmatique, je porte maintenant des lunettes pour lire et j’attends que les jours passent en comptant les semaines qui me séparent de ma précédente poussée tout en me rapprochant de la prochaine…

- Le plus difficile ? Je dirais que c’est la perte d’une partie de moi. L’insouciance. J’ai… la constante impression de me balader avec une épée de Damoclès au-dessus de ma tête, et je sais qu’elle s’abattra à nouveau. La quasi-certitude de finir ma vie dans un fauteuil roulant aussi et de ne pas savoir ce que je laisserais derrière moi comme fonction lors de ma prochaine poussée…

Je m’arrête c’est insupportable, j’ai envie de prendre mes jambes à mon cou. Tout plutôt que d’avouer mes faiblesses, je veux rentrer chez moi, pleurer seul dans le noir et aller retrouver Irvin après, le serrer fort contre moi… Mais je redresse la tête, serre les poings, et je tiens le coup malgré tout. Pour eux. Je tenterai tout ce qu’il est possible pour ne pas les décevoir et leur offrir un avenir meilleur, à eux comme à moi.



   
   
Ce n'est pas grave si tu ne te réveilles pas tout seul
Si à côté de toi c'est un gars et que t'as la larme à l’œil
Theodora Rose KnightTheodora Rose Knight
Moldu
Moldu
http://www.catharsis-rpg.com/t2236-theodora-rose-knightMessages : 550 Points : 1036
Pseudo : Théodora
Avatar : Jessica Chastain
Crédits : moi
Plus d'informations
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Résidence de l'Abondance
Patronus:
Informations diverses:
MessageSujet: Re: Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton]   Jeu 14 Fév - 15:26

Au moment de la parole du patient il n’est pas facile d’avoir l’attitude la plus appropriée. Entre celle du praticien professionnel de la santé et du traitement et celle de l’écoutant qui doit accueillir la parole du malade quelle qu’elle soit même si elle vous met en cause. Garder son regard sur le visage et le regard de cette personne qui souffre autant psychologiquement que physiquement. Ne pas jouer avec son stylo même si c’est un signe de concentration et un outil de prise de note. Ne pas sourire bêtement comme si un sourire pouvait tout régler mais ne pas sombrer dans des mines d’enterrement. Vous êtes déterminée à vous battre pour votre patient. Si vous ne l’êtes pas qui le sera ?

Toute son attention est donc tendue vers Matthew Hamilton, l’homme blessé et c’est à peine si elle jette un œil vers le dossier pour vérifier les données qui y sont inscrites par rapport à au récit du jeune homme en face d’elle. D’ailleurs il ne lui faut pas longtemps pour comprendre qu’il connait sa maladie et son traitement sur le bout des doigts. Ce sera autant de temps de gagné et autant de manœuvres d’approche inutile à tenter. Sans noircir le tableau, il ne sera pas utile de tenter de berner le jeune homme même si berner est un mot qui ne convient pas à une approche de la maladie par les côtés lumineux, même si on ne peut jamais vraiment parler de côté lumineux en matière de maladie. Comme si les patients se présentaient à l’hôpital pour le plaisir, ou alors plus rarement pour l’annonce d’une rémission.

Le ton de voix du patient et les mots qu’il choisit sont autant d’indice dont elle doit se nourrir pour trouver le ton juste. Elle pourrait dir qu’il est le patient modèle qui suit les prescriptions à la lettre et semble s’y prêter avec autant de bonne grâce que possible malgré des interventions un peu désabusées derrière une volonté apparente. Le plus difficile est alors pour la praticienne de déterminer le moteur de cette volonté. On pourrait dire que cela n’a aucune importance du moment que le malade entre dans une dynamique de guérison ou tout au moins de ralentissement de la maladie, mais l’expérience montre qu’il suffit que ce moteur disparaisse pour que tout soit remis en question. les amours qui vont et viennent les querelles de familles, les objectifs professionnels qui s’évanouissent sont autant d'écueils qui peuvent s’ajouter à de mauvaises analyses médicales et soumettre le malade au découragement et au renoncement

En entendant, le moment de reprendre la main et de permettre à l’entretien de progresser, elle hoche la tête en signe d’approbation aux précisions apportées par Matthew Hamilton. Patiemment elle le laisse terminer de répondre à ses questions. La dernière est pleine d’émotion malgré les efforts faits pour surmonter les implications de des paroles qu’il prononce. Elles sont tellement plein de sens. Comment trouver le détachement pour les prononcer de façon sereine ? En tentant de se mettre à sa place, elle ne parvient pas à s’imaginer à faire comme si tout était normal. Comment enchainer immédiatement après les efforts que cela a dû lui demander ?

Cela ressemble à une diversion mais c’est une pris en compte de la douleur de son patient. D’une voix douce elle demande simplement.

“Est-ce que je peux vous proposer quelque chose à boire ? Café, thé ? Un verre d’eau ?”[/b]

Tout en gardant le regard sur le visage de son patient elle appuie sur le bouton électronique qui lui donnera la communication avec le secrétaire

“Maggie, s’il vous plait… Pourriez-vous nous porter un café et un thé ?... Merci beaucoup.”

On ne peut jamais être certain que le temps que l’on donne à une âme blessée lui servira ou au contraire sera contre-productif mais elle a pour principe de tenter ce qui adoucira le chemin du patient dans le difficile chemin qui le mènera à accepter et dans le meilleur des cas à guérir. Dans le cas présent il n’y a pas à attendre de miracle, la maladie n’a qu’une seule issue dans l’état actuel des recherches, mais suivant le patient sa façon de s’investir dans sa vie et les protocoles, les protocoles eux-mêmes, l’évolution ne sera pas du tout la même. Le premier point de satisfaction, elle l’énonce mettant ainsi fin à la respiration de l’interruption qu’elle vient de provoquer.

“Monsieur Hamilton, vous êtes un patient modèle. Le traitement prescrit par mon confrère me semble tout à fait adapté et si je vous en crois vous le suivez à la lettre en plus de l’hygiène de vie que vous vous imposez.”

La suite s’avère plus compliquée à aborder. Si son analyse est le bonne, il est à la charnière entre la phase de dépression et la phase d’acceptation. C’est à la fois le passage le plus propice pour le praticien pour proposer une perspective, mais aussi un moment critique pendant lequel fixer des objectifs trop ambitieux ou sans l’assentiment réel du patient peut le refaire régresser dans la phase de dépression. Elle sait qu’elle doit alors partir des désirs et des besoins de son patient et non de ce qu’elle croit être bien pour lui. Elle a eu la confirmation qu’elle attendait : qu’il connaissait très bien sa maladie et son stade d’évolution. Le traitement étant approprié, il attendait donc quelque chose de cet entretien mais il serait hasardeux de sa part de spéculer sur des raisons qui sont toujours très personnelles.

Un léger heurt à la porte annonce la venue des boissons rapidement déposées devant les deux interlocuteurs.

“Merci, Maggie”

La secrétaire, gratifiée d’un sourire reconnaissant, disparaît aussi furtivement qu’elle était entrée dans le cabinet. Elle fait une pause pour laisser le temps à Matthew Hamilton de boire s’il en a envie et tremper elle-même ses lèvres dans son breuvage fumant. Elle devrait investir dans une ces machines qui délivrent diverses boissons chaudes. Cela éviterait les interventions extérieures, même si cela a l'avantage de faire  entrer un peu d'air au sens propre comme au figuré au sein de l"'échange entre le chercheuse et le jeune homme.

“Ce qui est appréciable pour un médecin, c’est d’être en face d’un patient intelligent tel que vous. Vous m’avez prouvé que vous connaissiez parfaitement votre maladie. Peut-être avez-vous des questions auxquelles vous voudriez des réponses ou des confirmations ? Dans ce cas je suis évidemment là pour cela. La question qui est la mienne, en retour, porte sur les motivations qui vous ont poussé à prendre rendez-vous avec moi.”

Elle haussa des sourcils interrogateurs et inclina légèrement la tête en signe de profonde écoute.

“ Ne vous en faites pas pour vos réponses, je peux entendre bien des choses, même que vous êtes là contraint et forcé.”

Elle marqua un bref arrêt avant de poursuivre.

“Et vous le savez, ce qui se dit ici reste ici.”

Comme pour donner plus de poids à l’assurance du secret médical qu’elle venait de réaffirmer si besoin était, elle repoussa son stylo au loin à côté de la souris de son ordinateur. Nul sourire facile en cet instant, simplement l’ouverture de tout son être en direction de son malade car à peine une personne passait le seuil de son cabinet, il devenait son patient et l’investissait de toutes les responsabilités que sa profession impliquait.
Contenu sponsorisé
Plus d'informations
MessageSujet: Re: Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton]   

 
Pourtant les saisons s'enchaîneront [Matthew Hamilton]
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Pourquoi Lewis Hamilton est il aussi detesté?
» Matthew "Matt" Williams
» Georges D. Hamilton - médecin légiste
» Derek Hamilton 8D || Validée.
» Costume des 4 Saisons [Vêtement magique - elfique] VALIDE

Réponse Rapide


Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-
Sauter vers: