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 You'll come and find the place where I am lying ft. Ollie Debenham

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Sebastian M. O'Connoravatar
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MessageSujet: You'll come and find the place where I am lying ft. Ollie Debenham   Mer 2 Jan - 17:17

You'll come and find the place where I am lying

- Sebastian M. O'Connor — Ollie V. Debenham -


"Kneel and say an "Ave" there for me, and I shall hear, tho' soft you tread above me, and all my grave will warm and sweeter be, for you will bend and tell me that you love me, and I shall sleep in peace until you come to me." Danny Boy - Frederic Weatherly
En Irlande, la noz-veilh¹ respecte des codes bien précis. La mort, après tout, est l’affaire de tous, et notamment lorsqu’il s’agit du départ d’un notable du coin. Lorsque Lughaidh O’Connor a poussé son dernier souffle et qu’il s’est éteint paisiblement, après avoir lutté des mois contre la maladie qui le rongeait, c’est le village entier qui s’est présenté à la ferme familiale. Il faut rendre service, il faut aider la maitresse de maison, il faut faire perdurer les traditions. On installe le corps dans la chapelle blanche avec les cierges, le buis, l’eau bénie dans une assiette, et la croix. Tout se passe trop vite, et trop lentement à la fois. Bien sûr, on prévient la famille éloignée pour qu’elle rentre présenter ses hommages au défunt, et Sebastian en fait partie.

Tous ceux qui ont connu le mort défilent devant la dépouille alors que le menuisier n’a même pas encore commencé à construire le cercueil. Avec la magie, c’est plus rapide, mais l’artisan se doit d’utiliser le même bois que la baguette de Lughaidh, et d’utiliser tout son savoir faire pour aménager un confortable dernier lieu de repos pour lui. La grassaouerez² prie à grand renfort de larmes, et après l’énième salutation solennelle, on invite les visiteurs à prendre un verre de vin avant le début du festin. La communauté se doit de se rassembler, pour rendre hommage au mort et surtout, pour fêter la retrouvaille de la famille répartie à travers le pays. Les rires après les pleurs.

C’est ce qu’explique le joueur de Quidditch à sa meilleure amie alors qu’ils se rendent jusqu’à la Rotonde des portails qui les emmènera à Londres, où les attend un portoloin qui les conduira à leur destination finale. La ferme des O’Connor, dans la campagne verdoyante bordant la ville de Galway. La cérémonie mortuaire est un rite obligé, pour tout bon irlandais qui se respecte, et ça peut être déstabilisant pour un étranger : mais il ne peut pas le vivre tout seul. Il ne peut pas supporter sa famille, leurs regards glacials et leurs questions polies, même pour deux jours, sans personne pour l’épauler, et pour éviter tout scandale, il a préféré demander à Ollie de l’accompagner plutôt que Jude. Le week-end sera difficile, autant ne pas attiser la flamme en débarquant un homme au bras, bien que quoi qu’il fasse, ses cheveux blonds dénoteront forcément dans cette marée de roux. Au moins, la batteuse se fondra parfaitement dans le décor.

Il la prévient, l’anglaise. Sa famille est… particulière. Très catholique, très traditionnelle, très propre sur elle, bref, tout ce qu’il n’est pas. Son père est un ivrogne reconverti qui n’ose même plus regarder sa propre ombre en face depuis qu’il a perdu l’amour de sa vie, la mère de Sebastian, mais qui fait bonne figure avec sa nouvelle femme et ses autres enfants, les demi-frères et sœurs du blondinet, Moreen et Seanan. La première est l’une des seules alliées dans ce marasme d’O’Connor, le deuxième, l’un de ses pires détracteurs, mais le pire restera toujours son grand-père, Carrick. A bientôt 97 ans, c’est le doyen de la famille, une vieille carne en assez bonne forme pour jeter un regard glacial sur tout ce qui ressemble, de près ou de loin, au progrès. Et le pire, c’est qu’il survivra probablement encore nombre de ses enfants, Lughaidh n’étant ni le premier, ni le dernier, à rejoindre le caveau familial avant lui. Il ne verse pas une larme, de toute façon, le vieil homme. On ne l’a jamais vu exprimer un autre sentiment que la colère et le dégoût.

Certes, depuis qu’il est devenu célèbre, on a tendance à le brosser dans le sens du poil, au moins parmi ses oncles et ses tantes. Les injures ont laissées place à des sourires mielleux, mais peut-être sont-ils encore pires, car ils ne cachent absolument pas leur mépris, ils ne font que le déguiser. Son coming-out a renforcé les rumeurs et le dédain. Ce batard de Sebastian, bien sûr qu’il fallait qu’il aime les hommes, aussi : après tout, c’est une erreur de la nature, et personne ne peut être vraiment étonné de ses déviances.

Est-ce qu’Ollie se rend compte dans quel pétrin elle s’est fourrée ? Est-ce qu’elle peut voir la sueur commencer à coller les cheveux de Sebastian tout contre sa nuque, que sa nervosité atteint des sommets alors qu’ils ne sont même pas encore arrivés dans le même pays que sa famille ? Depuis qu’il a fini son discours, où il a énoncé les différentes traditions funéraires irlandaises, il se fait étonnamment silencieux, lui, le moulin à paroles. C’est probablement le meilleur signe de son stress : si, d’habitude, il se perd dans des déclamations à rallonge, il a appris à se fermer comme un coquillage, en Irlande, pour se protéger des attaques familiales.

Au moins, il pourra revoir Lug et Dagdad, ses deux chevaux. La seule lueur d’espoir au milieu des ténèbres qui s’annoncent.

Finalement, après un long trajet, ils arrivent aux alentours de l’immense domaine des O’Connor. Une ferme qui couvre des centaines d’hectares, avec des dizaines de maison pour accueillir les différentes branches de la famille, et au centre, la plus vieille des demeures, celle de Carrick et de sa défunte femme Neacht, celle des naissances, des mariages, et des enterrements. La plus imposante et la plus grande, qui a vu passer les siècles sans qu’une pierre ne bouge. Elle a survécu les guerres et les famines, et si les murs pouvaient parler, ils pourraient conter des histoires qui remonteraient à la fondation de l’Irlande.

Un soupir. Le blond passe une main dans ses cheveux, comme pour se rappeler une dernière fois sa différence.

« -Tu es prête ? »

Et il ne sait pas vraiment s’il parle à Ollie, ou à sa tête, qui ne cesse de tourner depuis qu’il a aperçu le vieux corps de ferme. Son oncle est mort, mais il n’est pas en deuil. Il a peur.
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MessageSujet: Re: You'll come and find the place where I am lying ft. Ollie Debenham   Sam 5 Jan - 15:17



► La ferme des O'connor - Début Mai
Et la famille c'est pour la vie
Mais y'a celle par défaut, et y'a celle que tu choisis
Sebastian & Ollie

Le temps passait si vite. La rouquine avait du mal à se rendre compte que le printemps était déjà là, que ça faisait plus d’un an à présent qu’elle avait commencé sa vie à Atlantis. Plus d’un an qu’elle était rentrée dans une équipe professionnelle dans laquelle elle s’épanouissait de plus en plus en tant que joueuse. Et plus d’un an qu’elle connaissait Sebastian O’Connor. Et en un an, il s’en était passé des choses, étrange, drôles, émouvantes aussi. Cette année, c’était l’année pour laquelle, pour la première fois en vingt-trois ans, elle s’était sentie réellement vivante. Comme si tout ce temps, elle était restée la tête hors de l’eau et qu’elle prenait enfin une vraie bouffée d’oxygène.

Sebastian avait pris une place plus importante qu’elle ne l’aurait jamais cru dans sa vie, peut-être parce qu’il était venu avec ses premières bouffées d’air. Mais aujourd’hui, il était impossible de ne pas constater leur proximité. Il était le grand frère qu’elle n’avait jamais eu, une épaule sur laquelle se confier. Elle aurait menti si au départ elle n’avait pas avoué l’avoir jalousé. À ses yeux, il avait tout : la célébrité, l’amour, le talent, la reconnaissance. Puis elle avait découvert l’humain derrière : la personne fragile qu’il essayait de protéger, cette carapace qu’il avait forgée à coup de sourire charmeur pour tous ses fans. Elle avait senti sa détresse et la rouquine avait compris : tout ce qu’elle jalousée n’était qu’une malédiction parmi tant d’autre et assez vite, elle en avait fait les frais. Elle avait découvert avec douleur que la célébrité venait avec son prix et qu’il était élevé : c’était sa vie privée la première ciblée.

Mais pour rien au monde, elle n’aurait remplacé ses actes. Parce que Sebastian était devenu son meilleur ami et qu’elle était capable du pire comme du meilleur pour ses personnes proches de son cœur. Alors quand il lui avait demandé de l’accompagner en début de Mai, pour l’enterrement de l’un de ses proches, elle n’avait pas hésité un instant et avait rapidement fait son sac. Elle avait laissé son berger australien à son colocataire et à ce dernier s’était joint la chienne de Sebastian, une ravissante husky qu’elle lui avait offert pour son Noël. Elle lui faisait confiance pour ces deux jours hors de la ville qu’elle allait passer.

Le portail des Rotondes n’était pas trop bouché pour une fois et les deux étaient arrivés à Londres d’une seule enjambée. Sebastian s’était perdue dans des explications sur le déroulement des festivités. Ollie le savait, la famille avait toujours était un sujet délicat à aborder – ce n’était pas comme si ce n’était pas la même chose de son côté. Elle ne savait pas grand-chose à leur sujet, juste qu’ils étaient suffisamment fermés d’esprit pour que le trentenaire ne fasse pas appel à Jude et que la seule personne dont elle connaissait l’existence était sa sœur qu’il regrettait de ne pas voir plus souvent. Le reste appartenait quasiment à du spéculatif. Mais au vu des réactions de son ami : elle ne se trompait pas en affirmant qu’il était incroyablement stressé. Il ne pipait mot, lui d’habitude si bavard et elle savait pertinemment ce que cela cachait. Elle l’observait, essayant de trouver ses mots pour le rassurer.

Ils avaient pris le portoloin, direction l’Irlande. Les Portoloins n’étaient pas sa tasse de thé, mais elle avait eu au moins le bonheur de pas ne se planter la face dans une crotte de mouton qui traînait forcément dans le coin – quoiqu’elle aurait dû faire exprès de tomber, peut être que Sebastian aurait rigolé. Le paysage était sublime : incroyablement verdoyant -presque à s’en aveugler, mais terriblement joli. Falmouth était beaucoup plus rocailleux, plus frappé par les vents et marées. La rouquine marchait à ses côtés et elle n’avait pas tardé à prendre sa main pour la serrer dans la sienne, espérant ainsi lui donner un peu de force et de courage. Son état l’inquiétait vraiment et quand il lui demanda si elle était prête elle lui fit un doux sourire. En hochant la tête. « Ca va aller, Seb. » Elle essaye de capter son regard. « Promis, je ne laisserais rien t’arriver. » Elle essaye de lui remonter le moral avec une petite boutade qu’elle espère, bien placé. « Je suis une pro du stupéfix. » S’il fallait qu’elle colle sa baguette sous la gorge de certaines personnes pour le bien de son ami, elle était capable de le faire, sans se poser aucune question.

La silhouette du corps de ferme s’affirme au fur et à mesure de leurs pas et c’est avec une certaine appréhension qu’elle reste aux côtés de son ami : elle est prête à tout affronter, mais ça ne l’empêche pas d’avoir une certaine retenue sur ce qu’elle va découvrir avec la famille de son meilleur ami. Les têtes rousses se dressent déjà à leur arrivée.

Ils sont rentrés dans la gueule du loup, plus de retour en arrière.


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MessageSujet: Re: You'll come and find the place where I am lying ft. Ollie Debenham   Mar 8 Jan - 2:53

You'll come and find the place where I am lying

- Sebastian M. O'Connor — Ollie V. Debenham -


"Kneel and say an "Ave" there for me, and I shall hear, tho' soft you tread above me, and all my grave will warm and sweeter be, for you will bend and tell me that you love me, and I shall sleep in peace until you come to me." Danny Boy - Frederic Weatherly
Son souffle se voit dans l’air frais du matin. Les matinées, dans la campagne irlandaise, sont fraîches, mais c’est bien pire depuis quelques temps, on assiste à des températures très basses tant le soleil peine à montrer le bout de son nez. C’est mauvais pour les cultures. Les animaux ont du mal à brouter l’herbe gelée alors qu’ils devraient grossir pour être vendus au marché, et les récoltes ne donneront probablement que de maigres produits. Sebastian sait parfaitement ce que pense sa tante Onuen, qui avance devant lui jusqu’à la demeure familiale. "Dieu nous a enlevé Lughaidh et accorde le temps avec le froid dans nos cœurs. C’est un signe de cette tragédie, un écho de Sa volonté." C’est une grenouille de bénitier, la Sang-Pure, une vieille dame qui n’a jamais trouvé un époux, qui a fini vieille fille et qui ne trouve le repos que dans la prière. C’est l’une de ses plus grandes détractrices, et elle trouve toujours le bon mot pour le rabaisser, en faisant passer son commentaire par l’expression de la volonté du Tout Puissant. Qu’est-ce qu’elle en sait, d’abord, des voies du Seigneur ? C’est bien connu, elles sont impénétrables, alors pourquoi la ramener tout le temps avec ses grandes théories théologiques et sa langue de vipère. Il n’a pas la force de l’affronter maintenant. Il reste, silencieux, derrière elle, alors qu’elle ne l’a pas encore remarqué, et continue son chemin auprès d’Ollie. Le poursuiveur serre le bras de son amie. Il est si reconnaissant de sa présence. Probablement que, sans elle, il se serait déjà disputé avec tout le monde, réfugié dans une grange, et mort de froid en s’endormant dans la paille. Après tout, les étables avaient été sa demeure principale, durant son enfance : au moins, les bêtes n’essayaient pas de le blesser chaque jour que Dieu faisait.

« -Ce n’est pas ça, dit-il en soupirant. Enfin, tu vas voir… Ça ne sert à rien de s’énerver, avec eux. En fait, c’est pire, quand on le fait. C’est juste une bande de bigots qui croient détenir la Vérité, et…

Il s’arrête. Les murs ont des oreilles ici, et il ne veut pas qu’on lui fasse encore plus de reproches qu’il n’est nécessaire. La plupart des O’Connor est déjà arrivés depuis longtemps à la veillée, mais quelques uns marchent encore en direction de la maison, comme eux, comme Onuen, comme quelques autres têtes rousses desquelles il se démarque invariablement, par ses cheveux blonds.

Enfin, ils finissent par arriver à l’orée de la porte, et l’air se bloque dans la poitrine du joueur de Quidditch. Il sait ce qui l’attend, dès l’instant où il passera le perron, mais il n’a pas d’autre choix que de le faire. Allez, un peu de courage. T’as pu faire ton coming-out devant des dizaines de journalistes, et probablement des milliers de téléspectateurs, tu peux quand même supporter le regard de ta famille. Pas sûr. Les deux événements requièrent des forces bien différentes, et il est sur le point de s’en rendre compte.

Ils sont accueillis par les sanglots de la grassaouerez qui retentissent contre les murs, tandis qu’une file de plus en plus importante se déplace pour présenter ses condoléances à la veuve du macchabé, Scatach, et que des petits groupes se rassemblent pour évoquer de vieux souvenirs. Sebastian peut déjà sentir sur lui le regard froid de son grand-père, assis sur son fauteuil un peu plus loin, mais il ne s’en préoccupe pas, pour l’instant. Il a au moins repéré un visage amical, et celui-ci se précipite sur lui en la personne de son neveu de 10 ans, le plus âgé des fils de sa sœur, Tomey.

« -Tonton ! Maman n’était pas sûre que tu viendrais ! Oh, tout à l’heure, tu pourras me montrer des tours sur ton balai, dis !

-Ce n’est pas vraiment le moment de parler de Quidditch, Tomey, dit une voix derrière eux.

Et Sebastian de se retourner, puisqu’il connaît parfaitement cette intonation trainante, comme s’il paraissait paresseux même dans ses paroles. Son père, Iain. Il lui ressemble, et c’est peut-être ce qu’il y a de pire : il a les même yeux bleus, le même menton volontaire, les même pommettes saillantes. S’il n’avait pas les cheveux blonds et ce regard tendre qu’il a hérité de sa mère, le poursuiveur serait la copie conforme de l’homme devant lequel il se tient. Un silence. On peut voir toute la tension du corps de Sebastian alors qu’il dévisage son géniteur, qui le regarde avec une neutralité tout bonnement effrayante. Heureusement, il ne semble pas trop saoul. C’est déjà un bon départ. Finalement, le joueur de Quidditch ouvre la bouche, mais on peut ressentir dans son ton les relents d’un petit garçon terrorisé par la sévérité d’un père incompréhensif.

-Père, salue-t-il en ajoutant un petit mouvement de tête. Ollie, je te présente Iain O’Connor, mon père. Puis, sans plus s’attarder sur celui qu’il méprise, il se baisse pour que son visage soit à la hauteur du fils de sa sœur. Et ce petit asticot est Tomey, mon neveu. Oui, c’est autant un petit monstre qu’il n’en a l’air.

Pour la première fois de la journée, on peut le voir sourire. Il aime terriblement les enfants de Moreen, et aimerait pouvoir les voir plus souvent, mais les emplois du temps respectifs de la fratrie les empêchent de se retrouver plus d’une ou deux fois dans l’année.

-Enchanté, mademoiselle, répond l’homme du bout des lèvres. Sebastian, as-tu présenté tes condoléances à ta tante, au lieu de… t’amuser avec mon petit-fils ? Il faut respecter son chagrin, et dans le même temps, le défunt.

Son lourd accent irlandais ne peut cacher sa remontrance. Calme-toi, Seb. Ne commence pas. Son bras resserre celui d’Ollie.

-Nous y allions, justement, père. On se voit plus tard, microbe », ajoute-t-il en faisant un clin d’œil à son neveu.

Une épreuve de passée. Une seule parmi une myriade de situations que craint le blondinet, qu’il sera obligé d’affronter. Ce week-end sera bien long, il en a conscience…
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MessageSujet: Re: You'll come and find the place where I am lying ft. Ollie Debenham   Lun 14 Jan - 16:01



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C’était bien la première fois qu’elle était témoin d’une telle crise de stress chez son meilleur ami. Il était si désemparé que même ses petites boutades habituelles et ses taquineries ne pouvait pas lui rendre un semblant de sourire. Et Ollie était bien évidemment inquiète, elle pouvait comprendre combien il prenait ça à cœur – ou ça en stress, au choix, mais le voir dans cet état la remettait à une place désagréable : elle ne savait pas quoi faire pour le soulager de cette anxiété. Et à vrai dire, elle se sentait un peu inutile sur le moment. Elle le suit doucement, marchant à ses côtés et s’acclimatant à l’ambiance actuelle.

Une chose lui donne le sourire : voir son neveu surgir. Même si Ollie n’est pas vraiment branchée "enfants", elle ne peut qu’être rassurée de voir Sebastian sortir la tête hors de l’eau,ne serais-ce que pour quelques minutes. Tomey semble particulièrement enclin à parler avec son tonton – Ollie imagine qu’on ne peut définitivement pas rêver mieux comme oncle. Elle sourit doucement en saluant le petit garçon. « Salut Tomey ! Je suis contente de faire ta connaissance !» C’est à peine si elle a le temps de finir sa phrase, une voix retenti déjà et elle se redresse pour se tourner vers son nouvel interlocuteur. Mais d’or et déjà, par son intonation envers le petit garçon, elle le sent, elle ne va pas apprécier cette compagnie. Elle pose doucement sa main sur le bras de Sebastian. Elle le sent soudainement assez tendu tandis qu’il fait les présentations.

La réaction de la rouquine est probablement plus mécanique qu’autre chose face à cette copie presque conforme de Sebastian. Si physiquement les deux sont assez proches, il n’en est pas moins qu’ils dégagent deux choses complètement différentes. Et bon sang qu’elle préfère l’aura de Sebastian. Celle de son paternel… Elle n’est même pas capable de la décrire. Froide, désagréable, pas le genre de personne avec qui on souhaiterait parler dans la vie de tous les jours, que l’on aimerait ne pas croiser souvent. « De même, Mr O’Connor. » Une réponse machinale. Elle est aussi heureuse que lui l’est de la rencontrer, apparemment. Au moins le sentiment est partagé.

Et ce personnage ne lui inspire que du mépris, que de la haine. Pas étonnant que Sebastian soit si tendu, la façon qu’il a de s’adresser à lui ,avec toutes les précautions du monde, avec cette étiquette … Par Merlin qu’elle déteste ce genre d’ambiance. Elle déteste aussi le ton qu’il utilise envers son propre fils : ils venaient à peine d’arriver et ils se faisaient déjà attaquer par un ton passif-agressif. Ça annoncait la couleur. Elle serra un peu le bras de son coéquipier et meilleur ami et le suivit sans adresser un regard de plus à son paternel désagréable. « A plus, Tomey ! » Elle sourit doucement au neveu de son meilleur ami avant de continuer à ses côtés. Elle se penche doucement vers lui.

« Ton neveu est adorable. Il tient du bon côté. » Elle sourit doucement. Autant ne pas relever le caractère dégueulasse de son père, il doit déjà le savoir qu’il a hérité du pire des cons. C’était quand même fou de voir que ni lui, ni sa sœur - apparemment, avait sombré dans le même dessein. Elle l’accompagne jusqu’à la famille du défunt, observant du coin de l’œil les personnes présentes parmi eux. Au plus vite ils en auraient terminé, au plus vite la journée passerait : du moins, c’était ce qu’elle espérait. Avec un peu de chance, ils arriveraient même à fuir certaines obligations, qui sait.

Elle présente ses condoléances du mieux qu’elle peut, imitant plus ou moins Sebastian pour ne pas faire tâche dans le paysage. Même si elle a été élevé parmi les sorciers et que son ami l’a prévenu du déroulement des épreuves, elle se sent presque de trop parmi tous ses gens. Elle ne fait sûrement pas parti de leur univers.

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MessageSujet: Re: You'll come and find the place where I am lying ft. Ollie Debenham   Jeu 17 Jan - 12:44

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C’est étrange, la mort. Ça a tendance à rassembler les vivants, comme si, hantés par leur propre fin imminente, ils ne peuvent s’empêcher d’essayer de voler le souffle de vie de leurs semblables. Alors ils célèbrent et boivent de l’alcool habillés tout en noir, ils pleurent et ils parlent et ils chantent des louanges et ils prennent à partie le seigneur. C’est rigoureux, codifié. Alors qu’au final, rien n’est plus simple que le fait de mourir.

C’est bien plus dur, par exemple, de devoir affronter une famille qui vous a toujours rejeté parce que vous existez. Sebastian s’en rend compte alors qu’il présente ses hommages à cet oncle qui, s’il n’était pas l’un des pires, n’était certainement pas l’un des meilleurs, et dont il a des vagues souvenirs associés irrémédiablement à des traumatismes d’enfance. Heureusement qu’Ollie est là, ne quittant pas ses côtés, et sa simple présence suffit à le rassurer, au moins un peu. Ça a toujours été la tâche d’encre dans sa narration, après tout. Le sujet qui fâche, comme on dit, et la batteuse peut difficilement ne pas comprendre pourquoi après la manière dont s’est comporté son propre père avec lui. Mais peut-être pire encore que le détestable caractère de Iain O’Connor, il y a ces regards noirs, ces messes basses, ce distant dédain qui creuse un fossé de plus en plus profond entre le blond et les membres de sa famille. Ils sont tous ensemble, ces oncles et ces tantes, ces cousins et parrains, ces enfants et grands-parents. Lui, il est séparé d’eux comme par un voile invisible, qui reste infranchissable malgré sa discrétion. Le mouton noir, pourtant adulé par des milliers de personne à travers la planète.

Sebastian soupire doucement alors que la pleureuse continue son office. Jude lui manque. Il aurait aimé qu’il soit là, avec Ollie, pour le soutenir, mais il sait bien que sa présence aurait rendue la situation d’autant plus compliquée. Il prend sur lui, pour l’instant. Il sait que l’orage est loin d’être passé.

Et les nuages arrivent en la présence de son demi-frère, Seanan, qui heureusement est suivie par Moreen, la seule personne présente ici (si on excepte ses enfants) qui semble un tant soit peu enjouée de la présence de son ainé. La voix traînante du rouquin ne cache absolument pas les nuances de dédain, voire même de dégoût qu'il ressent envers le poursuiveur. Il aurait pu choisir d’éviter Sebastian, mais il n’en fait rien : il a été, est et restera toujours une brute, de ceux qui doivent sans cesse prouver qu’ils sont les mâles dominants et prennent un malin plaisir à intimider les plus faibles.

« -Tiens tiens, regardez qui est là… Le petit prodige en personne nous fait l’honneur de sa présence. Tu t’es dégoté une fille, au final ? Je croyais que tu aimais bien trop les "balais" pour ça.

Bien sûr qu’il mime des guillemets de ses doigts et qu’il ne laisse aucun doute sur la nature de ce qu’il décrit. Sa sœur, au moins, à la décence de lever les yeux au ciel, et alors qu’elle se tourne vers les deux joueurs de Quidditch, on peut voir qu’elle tient dans ses bras un bébé qui ne doit pas avoir plus de quelques mois.

-Seanan, pas maintenant, s’il te plait, pense à oncle Lughaidh… Un sourire, puis elle se tourne vers Ollie. Bonjour, je suis Moreen, la sœur de Sebastian, vous…

-Demi-sœur, crache presque Seanan en coupant la parole à la mère de famille. Aie un peu de respect pour toi-même.

-Vous devez être Ollie, reprend-elle sans s’occuper des paroles de son frère. Je suis enchantée de faire votre connaissance ! Vous êtes bien plus jolie en vrai que sur les photos de ces horribles magazines.

Sebastian reste bizarrement très silencieux, ne regardant même pas d’un œil noir Seanan qui, croisant les bras, le dévisage pourtant comme s’il était une bête de foire. En fait, son regard est rivé sur l’enfant que porte Moreen dans le creux de ses bras. Il semble plus bouleversé qu’autre chose.

-Tu… tu ne m’avais pas dis que tu avais accouché. Je croyais que la naissance était prévue pour Août ? finit-il par dire, la voix étranglée par l’émotion.

-Ce petit gars était pressé de sortir visiblement ! Il est né il y a trois semaines. On l’a appelé Colm.

Le poursuiveur hoche la tête, et plaque un sourire crispé sur son visage. Quel oncle fait-il, pour ne même pas être au courant de la naissance de son neveu ? Il est tellement pris par sa vie personnelle qu’il en oublie ce qui compte vraiment : il omet bien entendu le fait que Moreen n’a pas pris la peine de lui écrire pour lui annoncer la nouvelle. Sa sœur a beau le soutenir, elle joue toujours le jeu de leur famille. Rien n’est jamais neutre : tout balance forcément d’un côté, même si l’on ne s’en rend pas forcément compte.

Sebastian s’approche du nouveau-né pour mieux reculer. C’en est trop. Entre les regards de son grand-père, toujours assis dans un fauteuil dans un coin de la pièce, les remarques de son frère, l’attitude de son père, et l’indifférence de sa sœur, il se sent étouffé, les murs se rapprochent, il étouffe. Il parvient à peine à souffler une excuse qu’il doit sortir, reprenant la route vers la porte d’entrée pour retrouver le vert de la campagne irlandaise. Il a du se retenir de courir. Les larmes aux yeux, il offre un spectacle bien pitoyable, mais il n’en a que faire.

-Je n’aurai jamais du venir… » dit-il d’un ton étranglé à Ollie, dont il peut entendre les pas derrière lui.
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    You burn with the brightest flame
    You could be the hero, you could get the gold, breaking all the records that thought, never could be broke. Do it for your people, do it for your pride, how you ever gonna know if you never even try? Do it for your country, do it for you name, 'cause there's gonna be a day when you're standing in the hall of fame.

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You'll come and find the place where I am lying ft. Ollie Debenham
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