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 You'll come and find the place where I am lying ft. Ollie Debenham

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Sebastian M. O'ConnorSebastian M. O'Connor
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MessageSujet: You'll come and find the place where I am lying ft. Ollie Debenham   Mer 2 Jan - 17:17

You'll come and find the place where I am lying

- Sebastian M. O'Connor — Ollie V. Debenham -


"Kneel and say an "Ave" there for me, and I shall hear, tho' soft you tread above me, and all my grave will warm and sweeter be, for you will bend and tell me that you love me, and I shall sleep in peace until you come to me." Danny Boy - Frederic Weatherly
En Irlande, la noz-veilh¹ respecte des codes bien précis. La mort, après tout, est l’affaire de tous, et notamment lorsqu’il s’agit du départ d’un notable du coin. Lorsque Lughaidh O’Connor a poussé son dernier souffle et qu’il s’est éteint paisiblement, après avoir lutté des mois contre la maladie qui le rongeait, c’est le village entier qui s’est présenté à la ferme familiale. Il faut rendre service, il faut aider la maitresse de maison, il faut faire perdurer les traditions. On installe le corps dans la chapelle blanche avec les cierges, le buis, l’eau bénie dans une assiette, et la croix. Tout se passe trop vite, et trop lentement à la fois. Bien sûr, on prévient la famille éloignée pour qu’elle rentre présenter ses hommages au défunt, et Sebastian en fait partie.

Tous ceux qui ont connu le mort défilent devant la dépouille alors que le menuisier n’a même pas encore commencé à construire le cercueil. Avec la magie, c’est plus rapide, mais l’artisan se doit d’utiliser le même bois que la baguette de Lughaidh, et d’utiliser tout son savoir faire pour aménager un confortable dernier lieu de repos pour lui. La grassaouerez² prie à grand renfort de larmes, et après l’énième salutation solennelle, on invite les visiteurs à prendre un verre de vin avant le début du festin. La communauté se doit de se rassembler, pour rendre hommage au mort et surtout, pour fêter la retrouvaille de la famille répartie à travers le pays. Les rires après les pleurs.

C’est ce qu’explique le joueur de Quidditch à sa meilleure amie alors qu’ils se rendent jusqu’à la Rotonde des portails qui les emmènera à Londres, où les attend un portoloin qui les conduira à leur destination finale. La ferme des O’Connor, dans la campagne verdoyante bordant la ville de Galway. La cérémonie mortuaire est un rite obligé, pour tout bon irlandais qui se respecte, et ça peut être déstabilisant pour un étranger : mais il ne peut pas le vivre tout seul. Il ne peut pas supporter sa famille, leurs regards glacials et leurs questions polies, même pour deux jours, sans personne pour l’épauler, et pour éviter tout scandale, il a préféré demander à Ollie de l’accompagner plutôt que Jude. Le week-end sera difficile, autant ne pas attiser la flamme en débarquant un homme au bras, bien que quoi qu’il fasse, ses cheveux blonds dénoteront forcément dans cette marée de roux. Au moins, la batteuse se fondra parfaitement dans le décor.

Il la prévient, l’anglaise. Sa famille est… particulière. Très catholique, très traditionnelle, très propre sur elle, bref, tout ce qu’il n’est pas. Son père est un ivrogne reconverti qui n’ose même plus regarder sa propre ombre en face depuis qu’il a perdu l’amour de sa vie, la mère de Sebastian, mais qui fait bonne figure avec sa nouvelle femme et ses autres enfants, les demi-frères et sœurs du blondinet, Moreen et Seanan. La première est l’une des seules alliées dans ce marasme d’O’Connor, le deuxième, l’un de ses pires détracteurs, mais le pire restera toujours son grand-père, Carrick. A bientôt 97 ans, c’est le doyen de la famille, une vieille carne en assez bonne forme pour jeter un regard glacial sur tout ce qui ressemble, de près ou de loin, au progrès. Et le pire, c’est qu’il survivra probablement encore nombre de ses enfants, Lughaidh n’étant ni le premier, ni le dernier, à rejoindre le caveau familial avant lui. Il ne verse pas une larme, de toute façon, le vieil homme. On ne l’a jamais vu exprimer un autre sentiment que la colère et le dégoût.

Certes, depuis qu’il est devenu célèbre, on a tendance à le brosser dans le sens du poil, au moins parmi ses oncles et ses tantes. Les injures ont laissées place à des sourires mielleux, mais peut-être sont-ils encore pires, car ils ne cachent absolument pas leur mépris, ils ne font que le déguiser. Son coming-out a renforcé les rumeurs et le dédain. Ce batard de Sebastian, bien sûr qu’il fallait qu’il aime les hommes, aussi : après tout, c’est une erreur de la nature, et personne ne peut être vraiment étonné de ses déviances.

Est-ce qu’Ollie se rend compte dans quel pétrin elle s’est fourrée ? Est-ce qu’elle peut voir la sueur commencer à coller les cheveux de Sebastian tout contre sa nuque, que sa nervosité atteint des sommets alors qu’ils ne sont même pas encore arrivés dans le même pays que sa famille ? Depuis qu’il a fini son discours, où il a énoncé les différentes traditions funéraires irlandaises, il se fait étonnamment silencieux, lui, le moulin à paroles. C’est probablement le meilleur signe de son stress : si, d’habitude, il se perd dans des déclamations à rallonge, il a appris à se fermer comme un coquillage, en Irlande, pour se protéger des attaques familiales.

Au moins, il pourra revoir Lug et Dagdad, ses deux chevaux. La seule lueur d’espoir au milieu des ténèbres qui s’annoncent.

Finalement, après un long trajet, ils arrivent aux alentours de l’immense domaine des O’Connor. Une ferme qui couvre des centaines d’hectares, avec des dizaines de maison pour accueillir les différentes branches de la famille, et au centre, la plus vieille des demeures, celle de Carrick et de sa défunte femme Neacht, celle des naissances, des mariages, et des enterrements. La plus imposante et la plus grande, qui a vu passer les siècles sans qu’une pierre ne bouge. Elle a survécu les guerres et les famines, et si les murs pouvaient parler, ils pourraient conter des histoires qui remonteraient à la fondation de l’Irlande.

Un soupir. Le blond passe une main dans ses cheveux, comme pour se rappeler une dernière fois sa différence.

« -Tu es prête ? »

Et il ne sait pas vraiment s’il parle à Ollie, ou à sa tête, qui ne cesse de tourner depuis qu’il a aperçu le vieux corps de ferme. Son oncle est mort, mais il n’est pas en deuil. Il a peur.
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    You could be the hero, you could get the gold, breaking all the records that thought, never could be broke. Do it for your people, do it for your pride, how you ever gonna know if you never even try? Do it for your country, do it for you name, 'cause there's gonna be a day when you're standing in the hall of fame.

Ollie V. DebenhamOllie V. Debenham
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MessageSujet: Re: You'll come and find the place where I am lying ft. Ollie Debenham   Sam 5 Jan - 15:17



► La ferme des O'connor - Début Mai
Et la famille c'est pour la vie
Mais y'a celle par défaut, et y'a celle que tu choisis
Sebastian & Ollie

Le temps passait si vite. La rouquine avait du mal à se rendre compte que le printemps était déjà là, que ça faisait plus d’un an à présent qu’elle avait commencé sa vie à Atlantis. Plus d’un an qu’elle était rentrée dans une équipe professionnelle dans laquelle elle s’épanouissait de plus en plus en tant que joueuse. Et plus d’un an qu’elle connaissait Sebastian O’Connor. Et en un an, il s’en était passé des choses, étrange, drôles, émouvantes aussi. Cette année, c’était l’année pour laquelle, pour la première fois en vingt-trois ans, elle s’était sentie réellement vivante. Comme si tout ce temps, elle était restée la tête hors de l’eau et qu’elle prenait enfin une vraie bouffée d’oxygène.

Sebastian avait pris une place plus importante qu’elle ne l’aurait jamais cru dans sa vie, peut-être parce qu’il était venu avec ses premières bouffées d’air. Mais aujourd’hui, il était impossible de ne pas constater leur proximité. Il était le grand frère qu’elle n’avait jamais eu, une épaule sur laquelle se confier. Elle aurait menti si au départ elle n’avait pas avoué l’avoir jalousé. À ses yeux, il avait tout : la célébrité, l’amour, le talent, la reconnaissance. Puis elle avait découvert l’humain derrière : la personne fragile qu’il essayait de protéger, cette carapace qu’il avait forgée à coup de sourire charmeur pour tous ses fans. Elle avait senti sa détresse et la rouquine avait compris : tout ce qu’elle jalousée n’était qu’une malédiction parmi tant d’autre et assez vite, elle en avait fait les frais. Elle avait découvert avec douleur que la célébrité venait avec son prix et qu’il était élevé : c’était sa vie privée la première ciblée.

Mais pour rien au monde, elle n’aurait remplacé ses actes. Parce que Sebastian était devenu son meilleur ami et qu’elle était capable du pire comme du meilleur pour ses personnes proches de son cœur. Alors quand il lui avait demandé de l’accompagner en début de Mai, pour l’enterrement de l’un de ses proches, elle n’avait pas hésité un instant et avait rapidement fait son sac. Elle avait laissé son berger australien à son colocataire et à ce dernier s’était joint la chienne de Sebastian, une ravissante husky qu’elle lui avait offert pour son Noël. Elle lui faisait confiance pour ces deux jours hors de la ville qu’elle allait passer.

Le portail des Rotondes n’était pas trop bouché pour une fois et les deux étaient arrivés à Londres d’une seule enjambée. Sebastian s’était perdue dans des explications sur le déroulement des festivités. Ollie le savait, la famille avait toujours était un sujet délicat à aborder – ce n’était pas comme si ce n’était pas la même chose de son côté. Elle ne savait pas grand-chose à leur sujet, juste qu’ils étaient suffisamment fermés d’esprit pour que le trentenaire ne fasse pas appel à Jude et que la seule personne dont elle connaissait l’existence était sa sœur qu’il regrettait de ne pas voir plus souvent. Le reste appartenait quasiment à du spéculatif. Mais au vu des réactions de son ami : elle ne se trompait pas en affirmant qu’il était incroyablement stressé. Il ne pipait mot, lui d’habitude si bavard et elle savait pertinemment ce que cela cachait. Elle l’observait, essayant de trouver ses mots pour le rassurer.

Ils avaient pris le portoloin, direction l’Irlande. Les Portoloins n’étaient pas sa tasse de thé, mais elle avait eu au moins le bonheur de pas ne se planter la face dans une crotte de mouton qui traînait forcément dans le coin – quoiqu’elle aurait dû faire exprès de tomber, peut être que Sebastian aurait rigolé. Le paysage était sublime : incroyablement verdoyant -presque à s’en aveugler, mais terriblement joli. Falmouth était beaucoup plus rocailleux, plus frappé par les vents et marées. La rouquine marchait à ses côtés et elle n’avait pas tardé à prendre sa main pour la serrer dans la sienne, espérant ainsi lui donner un peu de force et de courage. Son état l’inquiétait vraiment et quand il lui demanda si elle était prête elle lui fit un doux sourire. En hochant la tête. « Ca va aller, Seb. » Elle essaye de capter son regard. « Promis, je ne laisserais rien t’arriver. » Elle essaye de lui remonter le moral avec une petite boutade qu’elle espère, bien placé. « Je suis une pro du stupéfix. » S’il fallait qu’elle colle sa baguette sous la gorge de certaines personnes pour le bien de son ami, elle était capable de le faire, sans se poser aucune question.

La silhouette du corps de ferme s’affirme au fur et à mesure de leurs pas et c’est avec une certaine appréhension qu’elle reste aux côtés de son ami : elle est prête à tout affronter, mais ça ne l’empêche pas d’avoir une certaine retenue sur ce qu’elle va découvrir avec la famille de son meilleur ami. Les têtes rousses se dressent déjà à leur arrivée.

Ils sont rentrés dans la gueule du loup, plus de retour en arrière.


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MessageSujet: Re: You'll come and find the place where I am lying ft. Ollie Debenham   Mar 8 Jan - 2:53

You'll come and find the place where I am lying

- Sebastian M. O'Connor — Ollie V. Debenham -


"Kneel and say an "Ave" there for me, and I shall hear, tho' soft you tread above me, and all my grave will warm and sweeter be, for you will bend and tell me that you love me, and I shall sleep in peace until you come to me." Danny Boy - Frederic Weatherly
Son souffle se voit dans l’air frais du matin. Les matinées, dans la campagne irlandaise, sont fraîches, mais c’est bien pire depuis quelques temps, on assiste à des températures très basses tant le soleil peine à montrer le bout de son nez. C’est mauvais pour les cultures. Les animaux ont du mal à brouter l’herbe gelée alors qu’ils devraient grossir pour être vendus au marché, et les récoltes ne donneront probablement que de maigres produits. Sebastian sait parfaitement ce que pense sa tante Onuen, qui avance devant lui jusqu’à la demeure familiale. "Dieu nous a enlevé Lughaidh et accorde le temps avec le froid dans nos cœurs. C’est un signe de cette tragédie, un écho de Sa volonté." C’est une grenouille de bénitier, la Sang-Pure, une vieille dame qui n’a jamais trouvé un époux, qui a fini vieille fille et qui ne trouve le repos que dans la prière. C’est l’une de ses plus grandes détractrices, et elle trouve toujours le bon mot pour le rabaisser, en faisant passer son commentaire par l’expression de la volonté du Tout Puissant. Qu’est-ce qu’elle en sait, d’abord, des voies du Seigneur ? C’est bien connu, elles sont impénétrables, alors pourquoi la ramener tout le temps avec ses grandes théories théologiques et sa langue de vipère. Il n’a pas la force de l’affronter maintenant. Il reste, silencieux, derrière elle, alors qu’elle ne l’a pas encore remarqué, et continue son chemin auprès d’Ollie. Le poursuiveur serre le bras de son amie. Il est si reconnaissant de sa présence. Probablement que, sans elle, il se serait déjà disputé avec tout le monde, réfugié dans une grange, et mort de froid en s’endormant dans la paille. Après tout, les étables avaient été sa demeure principale, durant son enfance : au moins, les bêtes n’essayaient pas de le blesser chaque jour que Dieu faisait.

« -Ce n’est pas ça, dit-il en soupirant. Enfin, tu vas voir… Ça ne sert à rien de s’énerver, avec eux. En fait, c’est pire, quand on le fait. C’est juste une bande de bigots qui croient détenir la Vérité, et…

Il s’arrête. Les murs ont des oreilles ici, et il ne veut pas qu’on lui fasse encore plus de reproches qu’il n’est nécessaire. La plupart des O’Connor est déjà arrivés depuis longtemps à la veillée, mais quelques uns marchent encore en direction de la maison, comme eux, comme Onuen, comme quelques autres têtes rousses desquelles il se démarque invariablement, par ses cheveux blonds.

Enfin, ils finissent par arriver à l’orée de la porte, et l’air se bloque dans la poitrine du joueur de Quidditch. Il sait ce qui l’attend, dès l’instant où il passera le perron, mais il n’a pas d’autre choix que de le faire. Allez, un peu de courage. T’as pu faire ton coming-out devant des dizaines de journalistes, et probablement des milliers de téléspectateurs, tu peux quand même supporter le regard de ta famille. Pas sûr. Les deux événements requièrent des forces bien différentes, et il est sur le point de s’en rendre compte.

Ils sont accueillis par les sanglots de la grassaouerez qui retentissent contre les murs, tandis qu’une file de plus en plus importante se déplace pour présenter ses condoléances à la veuve du macchabé, Scatach, et que des petits groupes se rassemblent pour évoquer de vieux souvenirs. Sebastian peut déjà sentir sur lui le regard froid de son grand-père, assis sur son fauteuil un peu plus loin, mais il ne s’en préoccupe pas, pour l’instant. Il a au moins repéré un visage amical, et celui-ci se précipite sur lui en la personne de son neveu de 10 ans, le plus âgé des fils de sa sœur, Tomey.

« -Tonton ! Maman n’était pas sûre que tu viendrais ! Oh, tout à l’heure, tu pourras me montrer des tours sur ton balai, dis !

-Ce n’est pas vraiment le moment de parler de Quidditch, Tomey, dit une voix derrière eux.

Et Sebastian de se retourner, puisqu’il connaît parfaitement cette intonation trainante, comme s’il paraissait paresseux même dans ses paroles. Son père, Iain. Il lui ressemble, et c’est peut-être ce qu’il y a de pire : il a les même yeux bleus, le même menton volontaire, les même pommettes saillantes. S’il n’avait pas les cheveux blonds et ce regard tendre qu’il a hérité de sa mère, le poursuiveur serait la copie conforme de l’homme devant lequel il se tient. Un silence. On peut voir toute la tension du corps de Sebastian alors qu’il dévisage son géniteur, qui le regarde avec une neutralité tout bonnement effrayante. Heureusement, il ne semble pas trop saoul. C’est déjà un bon départ. Finalement, le joueur de Quidditch ouvre la bouche, mais on peut ressentir dans son ton les relents d’un petit garçon terrorisé par la sévérité d’un père incompréhensif.

-Père, salue-t-il en ajoutant un petit mouvement de tête. Ollie, je te présente Iain O’Connor, mon père. Puis, sans plus s’attarder sur celui qu’il méprise, il se baisse pour que son visage soit à la hauteur du fils de sa sœur. Et ce petit asticot est Tomey, mon neveu. Oui, c’est autant un petit monstre qu’il n’en a l’air.

Pour la première fois de la journée, on peut le voir sourire. Il aime terriblement les enfants de Moreen, et aimerait pouvoir les voir plus souvent, mais les emplois du temps respectifs de la fratrie les empêchent de se retrouver plus d’une ou deux fois dans l’année.

-Enchanté, mademoiselle, répond l’homme du bout des lèvres. Sebastian, as-tu présenté tes condoléances à ta tante, au lieu de… t’amuser avec mon petit-fils ? Il faut respecter son chagrin, et dans le même temps, le défunt.

Son lourd accent irlandais ne peut cacher sa remontrance. Calme-toi, Seb. Ne commence pas. Son bras resserre celui d’Ollie.

-Nous y allions, justement, père. On se voit plus tard, microbe », ajoute-t-il en faisant un clin d’œil à son neveu.

Une épreuve de passée. Une seule parmi une myriade de situations que craint le blondinet, qu’il sera obligé d’affronter. Ce week-end sera bien long, il en a conscience…
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MessageSujet: Re: You'll come and find the place where I am lying ft. Ollie Debenham   Lun 14 Jan - 16:01



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C’était bien la première fois qu’elle était témoin d’une telle crise de stress chez son meilleur ami. Il était si désemparé que même ses petites boutades habituelles et ses taquineries ne pouvait pas lui rendre un semblant de sourire. Et Ollie était bien évidemment inquiète, elle pouvait comprendre combien il prenait ça à cœur – ou ça en stress, au choix, mais le voir dans cet état la remettait à une place désagréable : elle ne savait pas quoi faire pour le soulager de cette anxiété. Et à vrai dire, elle se sentait un peu inutile sur le moment. Elle le suit doucement, marchant à ses côtés et s’acclimatant à l’ambiance actuelle.

Une chose lui donne le sourire : voir son neveu surgir. Même si Ollie n’est pas vraiment branchée "enfants", elle ne peut qu’être rassurée de voir Sebastian sortir la tête hors de l’eau,ne serais-ce que pour quelques minutes. Tomey semble particulièrement enclin à parler avec son tonton – Ollie imagine qu’on ne peut définitivement pas rêver mieux comme oncle. Elle sourit doucement en saluant le petit garçon. « Salut Tomey ! Je suis contente de faire ta connaissance !» C’est à peine si elle a le temps de finir sa phrase, une voix retenti déjà et elle se redresse pour se tourner vers son nouvel interlocuteur. Mais d’or et déjà, par son intonation envers le petit garçon, elle le sent, elle ne va pas apprécier cette compagnie. Elle pose doucement sa main sur le bras de Sebastian. Elle le sent soudainement assez tendu tandis qu’il fait les présentations.

La réaction de la rouquine est probablement plus mécanique qu’autre chose face à cette copie presque conforme de Sebastian. Si physiquement les deux sont assez proches, il n’en est pas moins qu’ils dégagent deux choses complètement différentes. Et bon sang qu’elle préfère l’aura de Sebastian. Celle de son paternel… Elle n’est même pas capable de la décrire. Froide, désagréable, pas le genre de personne avec qui on souhaiterait parler dans la vie de tous les jours, que l’on aimerait ne pas croiser souvent. « De même, Mr O’Connor. » Une réponse machinale. Elle est aussi heureuse que lui l’est de la rencontrer, apparemment. Au moins le sentiment est partagé.

Et ce personnage ne lui inspire que du mépris, que de la haine. Pas étonnant que Sebastian soit si tendu, la façon qu’il a de s’adresser à lui ,avec toutes les précautions du monde, avec cette étiquette … Par Merlin qu’elle déteste ce genre d’ambiance. Elle déteste aussi le ton qu’il utilise envers son propre fils : ils venaient à peine d’arriver et ils se faisaient déjà attaquer par un ton passif-agressif. Ça annoncait la couleur. Elle serra un peu le bras de son coéquipier et meilleur ami et le suivit sans adresser un regard de plus à son paternel désagréable. « A plus, Tomey ! » Elle sourit doucement au neveu de son meilleur ami avant de continuer à ses côtés. Elle se penche doucement vers lui.

« Ton neveu est adorable. Il tient du bon côté. » Elle sourit doucement. Autant ne pas relever le caractère dégueulasse de son père, il doit déjà le savoir qu’il a hérité du pire des cons. C’était quand même fou de voir que ni lui, ni sa sœur - apparemment, avait sombré dans le même dessein. Elle l’accompagne jusqu’à la famille du défunt, observant du coin de l’œil les personnes présentes parmi eux. Au plus vite ils en auraient terminé, au plus vite la journée passerait : du moins, c’était ce qu’elle espérait. Avec un peu de chance, ils arriveraient même à fuir certaines obligations, qui sait.

Elle présente ses condoléances du mieux qu’elle peut, imitant plus ou moins Sebastian pour ne pas faire tâche dans le paysage. Même si elle a été élevé parmi les sorciers et que son ami l’a prévenu du déroulement des épreuves, elle se sent presque de trop parmi tous ses gens. Elle ne fait sûrement pas parti de leur univers.

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MessageSujet: Re: You'll come and find the place where I am lying ft. Ollie Debenham   Jeu 17 Jan - 12:44

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C’est étrange, la mort. Ça a tendance à rassembler les vivants, comme si, hantés par leur propre fin imminente, ils ne peuvent s’empêcher d’essayer de voler le souffle de vie de leurs semblables. Alors ils célèbrent et boivent de l’alcool habillés tout en noir, ils pleurent et ils parlent et ils chantent des louanges et ils prennent à partie le seigneur. C’est rigoureux, codifié. Alors qu’au final, rien n’est plus simple que le fait de mourir.

C’est bien plus dur, par exemple, de devoir affronter une famille qui vous a toujours rejeté parce que vous existez. Sebastian s’en rend compte alors qu’il présente ses hommages à cet oncle qui, s’il n’était pas l’un des pires, n’était certainement pas l’un des meilleurs, et dont il a des vagues souvenirs associés irrémédiablement à des traumatismes d’enfance. Heureusement qu’Ollie est là, ne quittant pas ses côtés, et sa simple présence suffit à le rassurer, au moins un peu. Ça a toujours été la tâche d’encre dans sa narration, après tout. Le sujet qui fâche, comme on dit, et la batteuse peut difficilement ne pas comprendre pourquoi après la manière dont s’est comporté son propre père avec lui. Mais peut-être pire encore que le détestable caractère de Iain O’Connor, il y a ces regards noirs, ces messes basses, ce distant dédain qui creuse un fossé de plus en plus profond entre le blond et les membres de sa famille. Ils sont tous ensemble, ces oncles et ces tantes, ces cousins et parrains, ces enfants et grands-parents. Lui, il est séparé d’eux comme par un voile invisible, qui reste infranchissable malgré sa discrétion. Le mouton noir, pourtant adulé par des milliers de personne à travers la planète.

Sebastian soupire doucement alors que la pleureuse continue son office. Jude lui manque. Il aurait aimé qu’il soit là, avec Ollie, pour le soutenir, mais il sait bien que sa présence aurait rendue la situation d’autant plus compliquée. Il prend sur lui, pour l’instant. Il sait que l’orage est loin d’être passé.

Et les nuages arrivent en la présence de son demi-frère, Seanan, qui heureusement est suivie par Moreen, la seule personne présente ici (si on excepte ses enfants) qui semble un tant soit peu enjouée de la présence de son ainé. La voix traînante du rouquin ne cache absolument pas les nuances de dédain, voire même de dégoût qu'il ressent envers le poursuiveur. Il aurait pu choisir d’éviter Sebastian, mais il n’en fait rien : il a été, est et restera toujours une brute, de ceux qui doivent sans cesse prouver qu’ils sont les mâles dominants et prennent un malin plaisir à intimider les plus faibles.

« -Tiens tiens, regardez qui est là… Le petit prodige en personne nous fait l’honneur de sa présence. Tu t’es dégoté une fille, au final ? Je croyais que tu aimais bien trop les "balais" pour ça.

Bien sûr qu’il mime des guillemets de ses doigts et qu’il ne laisse aucun doute sur la nature de ce qu’il décrit. Sa sœur, au moins, à la décence de lever les yeux au ciel, et alors qu’elle se tourne vers les deux joueurs de Quidditch, on peut voir qu’elle tient dans ses bras un bébé qui ne doit pas avoir plus de quelques mois.

-Seanan, pas maintenant, s’il te plait, pense à oncle Lughaidh… Un sourire, puis elle se tourne vers Ollie. Bonjour, je suis Moreen, la sœur de Sebastian, vous…

-Demi-sœur, crache presque Seanan en coupant la parole à la mère de famille. Aie un peu de respect pour toi-même.

-Vous devez être Ollie, reprend-elle sans s’occuper des paroles de son frère. Je suis enchantée de faire votre connaissance ! Vous êtes bien plus jolie en vrai que sur les photos de ces horribles magazines.

Sebastian reste bizarrement très silencieux, ne regardant même pas d’un œil noir Seanan qui, croisant les bras, le dévisage pourtant comme s’il était une bête de foire. En fait, son regard est rivé sur l’enfant que porte Moreen dans le creux de ses bras. Il semble plus bouleversé qu’autre chose.

-Tu… tu ne m’avais pas dis que tu avais accouché. Je croyais que la naissance était prévue pour Août ? finit-il par dire, la voix étranglée par l’émotion.

-Ce petit gars était pressé de sortir visiblement ! Il est né il y a trois semaines. On l’a appelé Colm.

Le poursuiveur hoche la tête, et plaque un sourire crispé sur son visage. Quel oncle fait-il, pour ne même pas être au courant de la naissance de son neveu ? Il est tellement pris par sa vie personnelle qu’il en oublie ce qui compte vraiment : il omet bien entendu le fait que Moreen n’a pas pris la peine de lui écrire pour lui annoncer la nouvelle. Sa sœur a beau le soutenir, elle joue toujours le jeu de leur famille. Rien n’est jamais neutre : tout balance forcément d’un côté, même si l’on ne s’en rend pas forcément compte.

Sebastian s’approche du nouveau-né pour mieux reculer. C’en est trop. Entre les regards de son grand-père, toujours assis dans un fauteuil dans un coin de la pièce, les remarques de son frère, l’attitude de son père, et l’indifférence de sa sœur, il se sent étouffé, les murs se rapprochent, il étouffe. Il parvient à peine à souffler une excuse qu’il doit sortir, reprenant la route vers la porte d’entrée pour retrouver le vert de la campagne irlandaise. Il a du se retenir de courir. Les larmes aux yeux, il offre un spectacle bien pitoyable, mais il n’en a que faire.

-Je n’aurai jamais du venir… » dit-il d’un ton étranglé à Ollie, dont il peut entendre les pas derrière lui.
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MessageSujet: Re: You'll come and find the place where I am lying ft. Ollie Debenham   Dim 10 Fév - 10:54



► La ferme des O'connor - Début Mai
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Sebastian & Ollie

Ses oreilles étaient attentives à son milieu, écoutant et prenant par ci, par là, des bribes d’informations. Les jérémiades sur leur passage ne semblaient avoir aucune fin, comme si leur seule présence suffisait à attirer toute l’attention du monde. Elle aurait pu supporter cette atmosphère si elle n’avait pas été aussi hypocrite : à murmurer tout bas ce qu’ils pensaient, sans jamais rien dire en face. C’était lâche et Merlin savait à quel point elle pouvait détester les messes basses. Qu’ils n’apprécient pas Sebastian était une chose : mais ils pouvaient tout autant fermer leur gueule et ne pas lui accorder leur attention. Ça aurait été bien plus agréable et supportable. 

Et elle était submergée par une vague d’empathie à l’égard de Sebastian : elle se demandait comment il avait pu supporter toutes ses messes basses dans son enfance, comment il avait pu supporter une telle famille. Et la seule chose qu’elle voulait faire à ce moment-là, c’était le prendre dans ses bras, le couper du monde. L’enrouler dans un plaid avec un thé bien chaud entre les mains. Partir d’ici et ne jamais revenir. C’était une solution comme une autre. Et elle n’était pas au bout de ses surprises avec le reste de la famille. 

Ce qui s’apparentait à être le demi-frère de Sebastian avait fini par ramener sa fraise. Et si Ollie essayait de garder contenance pour ne pas nuire plus qu’il ne le fallait à Sebastian, elle aurait probablement collé son poing dans le visage de son parent. Il ne méritait que sa violence et sa colère. Mais elle n’eut le temps de dire quoique ce soit, ses dents se desserrent légèrement grâce à Moreen, la fameuse. La seule personne, dans toute la famille de Sebastian, qui n’était pas une connasse finie avec son meilleur ami. Elle avait stoppé son frère sans plus de cérémonie, ne lui accordant aucun crédit et s’adressant à la rouquine qui essayait de remettre un sourire sur son visage. Elle bredouilla un « Oh ... Merci ... » Avant de reprendre doucement. « C’est un plaisir de vous rencontrer aussi. » Elle sourit doucement avant de voir la petite chose pelotonnée dans ses bras. Se tournant légèrement vers Sebastian, elle le voit se décomposer au fur et à mesure. Et les pièces se mettent doucement en place quand il prend la parole. 

Est ce que sa propre sœur, la seule personne sur qui il pouvait compter dans cette famille, ne lui avait même pas dis qu’elle avait accouchée ? Pas même un faire part de naissance ? Ollie resta un instant interdite, ne sachant quoi dire, observant la réaction de Sebastian pour s’y accorder. Elle le voit reculer, bredouiller une excuse avant de partir à grandes enjambées. Elle le regarde un instant partir, c’était de trop pour lui. Il avait pris sur lui pour faire bonne figure, tout était en train de lui exploser au visage. Elle s’excuse à son tour, s’engage à sa suite. 

Mais à peine à t’elle fait deux pas, qu’elle s’arrête net. Ses poings se serrent, elle sent la colère lui prendre les tripes. Comment. Pourquoi. Elle s’était retournée vers ce qui s’apparentait à sa famille, elle les toise, le regard sombre, en colère. Elle pourrait devenir violente, la batteuse. Elle pourrait les traiter de cons, les traiter de salopards insensibles qui ne méritent rien d’autre qu’un juste retour de leur karma. Mais elle maintient ses mots, encore. « Vous devriez avoir honte de vous. » Ses yeux noirs toisent les adultes de la pièce et avec sa fierté de roturière, elle fait demi-tour, bouscule peut-être une ou deux personnes sur sa route : elle s’en fou maintenant. Ils ne méritaient pas sa réserve, ils ne méritaient pas qu’elle se contienne, c’était tous, sans exception, de sombres salopards. Elle ne tarde pas à voir la silhouette de Sebastian, qu’elle s’empresse de rejoindre. 

Les larmes de son ami avaient fait monté les siennes. Elle était empathique la rouquine, elle ne s’en était jamais cachée. Et elle fit la première chose qui lui était venue à l’esprit, elle l’avait prit dans ses bras, l’encerclant, collant son visage contre son omoplate et le serrant dans ses bras aussi fort qu’elle le pouvait. « Je suis désolée. » Elle l’était vraiment, elle se sentait mal pour lui, terriblement mal. Elle desserra son emprise, passant juste devant lui pour capter son regard un instant avant de le serrer un peu plus dans ses bras, elle était là. « Ils ne te méritent pas. » Ce n’était pas une famille qu’il avait ici. Sa famille était à Atlantis, était ailleurs. Jude et elle en étaient, ces personnes qu’elle venait de croiser n’en était même pas l’ombre. « Si tu veux, on peut partir. » Elle savait que ça comptait pour lui, mais il fallait se rendre à l’évidence. « De toute façon, que tu sois là ou pas, ça ne changera pas l’avis qu’ils ont de toi. » Ils continueraient de cracher sur son dos, là ou non. Ils continueraient de le traiter en paria dans tous les cas. Elle savait que les mots pouvaient être durs, mais elle refusait qu’il se flagelle d’une quelconque manière pour leurs comportements à eux. « Ils trouveront toujours quelque chose qui ne va pas chez toi. » Elle reprend. « Alors que c’est eux qui ont un problème, t’es la personne la plus extraordinaire qui existe sur cette planète. » Et elle le pensait vraiment, Sebastian était un garçon génial, qui méritait que tout plein de bonnes choses lui arrivent dans la vie. Il méritait une famille aimante, une famille qui prendrait soin de lui.

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MessageSujet: Re: You'll come and find the place where I am lying ft. Ollie Debenham   Dim 17 Fév - 15:29


You'll come and find the place where I am lying

- Sebastian M. O'Connor — Ollie V. Debenham -


"Kneel and say an "Ave" there for me, and I shall hear, tho' soft you tread above me, and all my grave will warm and sweeter be, for you will bend and tell me that you love me, and I shall sleep in peace until you come to me." Danny Boy - Frederic Weatherly
Il n’est pas de ceux qui retiennent leurs larmes. Un sanglot s’échappe de sa gorge alors que le goût salé se pose sur ses lèvres, et le liquide s’écoule, irrésistible, lourd de sens et d’à-propos. On est bien loin de l’image que les journaux véhiculent du célèbre Sebastian O’Connor, le poursuiveur sans peur qui n’hésite pas à frôler la mort pour la beauté du jeu et du spectacle, le gryffondor qui a osé étaler sa vérité à la face du monde, la star qui a grandit sous les feux des projecteurs. Dans la campagne irlandaise, il redevient le petit garçon rejeté par tous, qui ne pouvait être lui-même que lors de brefs moments de solitude où personne d’autre que des créatures à quatre pattes ne pouvaient l’observer : il se remémore de toute la souffrance et la peur qu’il a ressenti durant son enfance, l’incompréhension qui enserrait sa poitrine lorsqu’on le toisait ou le pointait du doigt, simplement parce qu’il était différent.

Pas pour les raisons qu’on pourrait penser, cependant. Il est habitué aux commentaires acerbes de son demi-frère, aux regards froids de son grand-père : c’est l’indifférence primaire de Moreen qui l’a fait atteindre un point de non-retour. Heureusement, sa vraie sœur, peut-être pas par le sang, mais celle qui le soutiendra toujours quoi qu’il advienne, il le sait, vient l’enserrer de ses bras, et ils pleurent ensemble, presque paisiblement. Il entend ses mots, il ne sait pas s’il y croit tout à fait, mais il les écoute et c’est pour l’instant le plus important.

« -Tu sais le pire, quand j’y pense… dit-il entre deux reniflements, frottant ses yeux mouillés de ses grandes mains rendues calleuses par la pratique du Quidditch, et le maniement quotidien de manches à balais. Ce n’est pas tellement ce qu’ils me disent. C’est de me souvenir de l’époque où je les croyais dur comme fer, où je me demandais ce qui clochait chez moi pour qu’ils me détestent à ce point…

Ses épaules sont agitées de tremblements, tout se mélange dans sa tête et il se raccroche comme il peut à Ollie, deux bouteilles au milieu d’une mer agitée. Il ne sait pas vraiment combien de temps ils passent debout, l’un contre l’autre, à sangloter dans le creux de leur bras, peut-être quelques secondes ou bien plusieurs heures, mais toujours est-il qu’il finit par prendre une grande inspiration, quand il sent que le plus dur est passé.

-Non, on a pas fait tout ce chemin pour partir maintenant. Et puis, ça serait un peu comme les laisser gagner, je ne veux pas leur donner ce plaisir. On va faire une petite pause, s’éclater, je vais te montrer les plus beaux endroits du coin, avant de retourner là-bas la tête haute. Il serre la main de sa meilleure amie dans la sienne, comme pour se convaincre lui-même du bien-fondé de son plan. Bien leur montrer comment le batard, blondinet, gay et fier de l’être que je suis, a réussi sa vie.

Ses yeux embrassent la verdure qui les entoure. Tout est si paisible, aussi loin que son regard peut se porter. La nature est fière et indomptée, et seuls les chants des oiseaux viennent perturber la quiétude de la gigantesque propriété, à part peut-être quelques bêlements au loin. Un sourire apparaît sur son visage, encore souillé par ses pleurs. Il sait ce qu’ils vont faire. Sans prendre un instant pour souffler, il se met à courir en entrainant derrière lui la batteuse, comme un enfant trop excité, et c’est peut-être ce qu’il est, quelque part. Il franchit une barrière de bois qui a vécu le poids des années, sautant exactement à l’endroit qu’il faut pour prendre suffisamment d’impulsion afin de passer de l’autre côté : on voit qu’il a l’habitude de prendre ce chemin, ou tout du moins, qu’il l’avait et que son corps a gardé les vieux réflexes de son enfance en plein air. Atterrissant dans la luzerne, il glisse deux doigts dans sa bouche pour laisser échapper un long sifflement aigu, répondu aussitôt par deux hennissements bruyants et des bruits de cloches.

Lug et Dagda, les deux cobs irlandais, apparaissent bientôt derrière un talus, leurs longues crinières volant dans le vent environnant, et leur pas lourd semblant faire trembler la terre, accompagnés d’une dizaine de moutons affolés. Leurs robes pies tranchent au milieu de la campagne, et ils semblent être de majestueuses divinités alors que le soleil fait refléter de gigantesques tâches lumineuses sur leurs pelages. Les chevaux s’arrêtent enfin devant Sebastian lorsqu'ils arrivent à sa hauteur, les oreilles pointées vers l’avant, l’ainé des deux frères posant son nez sur la joue du poursuiveur.

-Salut vous deux, leur parle-t-il doucement en grattant les oreilles de l’équidé le plus proche. Vous m’avez manqué.

Alors que les moutons arrivent enfin à la suite de Lug et Dagda, et que les bêlements forment une cacophonie qui se mélange aux sons de cloches que la plupart d’entre eux portent autour du cou, Sebastian se tourne vers Ollie, tout sourire. L’orage est passé.

-Ollie, je te présente ma vraie famille irlandaise. »

Et le petit garçon entouré d’animaux rejoint enfin l’adulte. Il ne s’est pas encore réconcilié avec son passé, il est toujours inquiet à propos du futur, mais il préfère se concentrer sur son présent, et si seulement Jude était présent à ses côtés, il n’aurait pu espérer meilleure compagnie que celle qu’il a, à cet instant précis.
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MessageSujet: Re: You'll come and find the place where I am lying ft. Ollie Debenham   Mar 19 Mar - 6:37



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Ses bras se resserrent sur la silhouette de son meilleur ami. Voir Sebastian dans cet état lui brisait le cœur. La rouquine sait parfaitement que ce n’était pas de sa faute, qu’elle ne pouvait rien faire d’autre que lui apporter son soutien… Mais une part d’elle ne peut s’empêcher de se sentir désolé, presque coupable, pour lui. « Ils ne te méritent vraiment pas. Et faut vraiment être de sombres … cons… Pour oser s’en prendre à un gamin. » Il avait construit un mur, une barrière entre lui et le reste du monde et ce n’était que la couverture d’un enfant, d’un adolescent qui avait souffert pendant bien trop longtemps de l’ignorance – et pire encore – de la monstruosité gratuite des siens. Elle aurait voulu le connaître plus tôt. Personne ne méritait cette haine gratuite qu’ils lui balançaient tous, c’était vraiment de sombres connards, qui ne méritaient en aucun cas sa gentillesse ou une once de compassion de sa part. Sortant sa manche de pull, elle essuya ses joues couvertes de larmes. Sebastian avait bien trop de courage. « Je préfère ça ! » C’était le blondinet qu’elle connaissait : il allait se relever, et il allait botter des culs, figurativement.

Il s’était élancé en courant vers les pâturages et elle l’avait suivit, bien qu’elle semblait plus prudente que son ami : elle était bien plus à l’aise dans les airs que les pieds ancrés dans le sol et elle connaissait sa maladresse légendaire. Elle avait ralenti à l’approche de la barrière, passant entre les deux lattes de bois, s’y appuyant bientôt, observant Sebastian curieusement. Son regard avait fini par se poser sur l’étendue verdoyante, entendant le son des cloches au loin et des hennissements puissants qui s’en suivait. Elle ne put s’empêcher un instant de penser à Mulligan, qui aurait probablement adoré l’endroit : il aurait couru partout pendant trente minutes et probablement emmerder les moutons, mais il se serait éclaté comme un petit fou ici. 

Les deux chevaux avaient freiné des quatre pieds devant eux, leur souffle court venant se poser contre la joue de Sebastian. Ollie ne peut que sourire devant la complicité des trois protagonistes. Elle avait le souffle coupé par la beauté de ces deux animaux. Ils n'étaient pas les plus grands , mais de loin, les plus beaux chevaux qu’elle ai pu voir. Elle souriait doucement. « Je crois que tu leur as manqué aussi ! » Il suffisait de voir comment les deux chevaux réagissaient à sa présence, venant lui réclamer papouilles et grattages. Elle avait tendu sa main vers l’animal le plus proche. Il avait senti sa main, tenté de grignoter ses doigts avant de se rendre compte qu’elle n’avait pas de friandises à lui offrir. Elle avait joué de ses doigts avant de caresser le chanfrein de l’animal, posant doucement sa main. « Ils sont vraiment magnifiques. » Sa main glisse sur la joue de l’animal, elle se décalant légèrement d’un pas sur le côté pour venir caresser le haut de l’encolure, juste sous les crins. « Qui est qui, du coup ? » Elle avait tourné son regard vers le joueur de quidditch. Elle avait toujours eu une affinité avec les animaux : combien de fois sa grand-mère lui avait dit qu’il suffisait de voir comment un être humain traitait les animaux pour savoir comment il traiterait ses pairs ? Elle avait grandi à la campagne. Elle se souvenait de chat, de chouettes, du chien de ses grand-parents qui gardait le paillasson et le devant de la cheminée. C’était une vague de nostalgie qui l’avait prise. « Du coup, t’as appris à faire du poney avant de voler à balai ? » Elle caressait toujours l’animal à ses côtés, ses doigts presque engourdis à présent, mais honnêtement, elle s’en foutait. Si elle s’était écoutée, elle aurait passé la journée entière à s’occuper d’eux. 

L’animal s’était doucement ébroué et elle avait eu un mouvement de recul, craignant de se faire bousculer ou se faire marcher sur les pieds.

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MessageSujet: Re: You'll come and find the place where I am lying ft. Ollie Debenham   Sam 23 Mar - 14:39


You'll come and find the place where I am lying

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Le cheval souffle alors que Sebastian caresse doucement ses naseaux soyeux. L’irlandais pourrait presque oublier les événements précédents, tant il est heureux de revoir ses deux compères, et de lier, quelque part, le passé et le présent en leur faisant rencontrer sa meilleure amie. Ce fut un déchirement, lorsqu’il dû les laisser pour emménager hors de l’île d’émeraude : il a essayé, plusieurs fois, de trouver un moyen pour qu’il puisse les avoir près de lui, mais il a dû se rendre à l’évidence qu’ils étaient bien plus heureux là où ils se trouvaient déjà, entourés de leurs amis les moutons, de la verdure, de cet endroit où ils ont vécus toute leur vie. Tant pis, leurs rencontres ponctuelles n’en sont que plus belles, et là, en compagnie d’Ollie, ce n’est que plus fantastique encore.

« -Ce gros bébé, c’est Lug, dit-il en lui flattant l’encolure avec tout l’amour dont il est capable. C’est le grand frère, mais c’est le plus peureux, et le plus amical aussi. Dagda, lui, il est un peu plus imprévisible, mais si on prend un peu de temps pour l’apprivoiser, il peut t’emmener au bout du monde.

On peut percevoir, dans chacune des nuances de sa voix, le poids des souvenirs qu’ils partagent ensemble. Peut-être qu’il n’a pas eu la meilleure famille qui soit ; peut-être que sa mère est morte avant d’avoir pu le connaître, que son père l’a toujours vu comme une gêne, que le reste du clan le prend pour un simple bâtard qui ne mérite certainement pas de porter le nom d’O’Connor, mais il a réussi à lier une connexion si forte avec les équidés, qu’ils sont devenus encore plus importants que les humains qui sont censés être ses proches. Il continue son petit discours, tandis que le cheval commence à fouiller dans sa manche, à la recherche d’une quelconque friandise.

-Dans la mythologie celtique, Lug est le dieu de la création, et Dagda, le dieu-druide. Je crois que je me sentais tellement déconnecté avec mes origines, lorsque j’étais plus jeune, à cause de mes cheveux blonds et de mon rapport… compliqué avec ma famille, que j’essayais par tous les moyens d’être le plus irlandais possible, tu vois ? C’est pour ça que j’ai appris le gaélique, aussi. C’était une manière de me rapprocher d’eux. Mais bon, ça a pas super bien marché.

Une douloureuse ironie ourle ses propos, mais il n’y a pas de tristesse dans sa voix. Il a fait, depuis bien longtemps, le deuil de la relation qu’il aurait pu avoir avec sa famille. Tout ce dont il a besoin, c’est de Jude, des personnes présentes autour de lui, Ollie et ses chevaux, et du ciel. Il a réussi à devenir quelqu’un, malgré les épreuves qu’il a traversé tout au long de sa jeunesse, et s’il a fait des erreurs, s’il est tombé plusieurs fois, il est toujours parvenu à se relever. Et ça, il peut en être fier.

Etendant la question de sa meilleure amie, il essaie de mobiliser ses souvenirs, pour se rappeler de l’ordre dans lequel il a appris à voler, ou à monter à cheval. En fait, tout se brouille tellement dans sa tête qu’il n’arrive pas à se rappeler s’il a mis un balais entre ses jambes ou s’il a chevauché avant même de pouvoir marcher.

-Je ne peux pas te dire, en fait. J’étais trop jeune, aussi loin que je me rappelle, j’étais entouré de cobs, et mon balai n’était jamais loin. J’ai eu ces deux là quand j’ai eu dix ans, mais ma famille possède une quinzaine de chevaux, sinon plus. On a même eu quelques Abraxans, mais on a dû les revendre, car ils demandaient trop d’entretien.

Les moutons finissent par arriver en gigantesque troupeau près des deux joueurs de Quidditch, et bientôt, tout ce qui était auparavant vert est en teinte de gris. Les bêlements sont incessants, et un petit agneau vient se presser tout contre les jambes d’Ollie, cherchant probablement sa mère.

-Et les moutons… C’est le principal revenu de ma famille. En Angleterre, je sais que les Sang-purs sont tous fourrés dans leurs manoirs et entretiennent leurs vieilles fortunes dans l’art et les affaires, mais nous, on fait dans l’agriculture. Il doit bien y avoir… une cinquantaine d’employés, sur tout le domaine ? Entre les bergers, les paysans qui s’occupent des champs, les différents artisans… Ouais, ça doit être à peu près ça.

Illustrant parfaitement ses propos, un homme aux cheveux tout aussi roux que sa comparse apparaît au détour d’un fourré non loin d’eux, flanqué d’un chien qui commence à aboyer autour des moutons. Sebastian lui fait un signe de la tête, et le berger soulève son chapeau de chanvre avant de continuer son métier, en criant toute sorte d’ordres en gaélique à moitié mâché dans son impressionnante barbe bouclée.
Lug se rappelle à Sebastian : il parle trop, et il ne s’occupe pas assez de lui. Rigolant doucement, il passe à ses côtés pour lui soulever doucement le pied, vérifiant ses sabots. Le poursuiveur est heureux de voir qu’ils sont en parfait état, et se tourne vers Ollie.

-Tu sais monter ? Lug est parfait pour un débutant.

Il sort sa baguette de sa poche, et conjure du matériel de pansage, après quelques essais infructueux. La rouquine doit avoir l’habitude de son inaptitude à la magie, depuis le temps. Fourrant une étrille entre les mains de la batteuse sans réellement lui demander son avis, il s’approche, lui, de Dagda pour s’occuper de lui, et le plus jeune des chevaux semble ravi de l’attention.

-Il y a des coins de balade super, par ici. On pourrait même aller se baigner… Bon, l’eau sera un peu froide, j’avoue. Il commence à décrotter la robe du cob tandis qu’il continue de parler, le flot de paroles sortant de sa bouche sans interruption, bavard, comme à son habitude. Dommage que Jude ne soit pas là, je suis sûr qu’il aurait adoré. Enfin, de toute façon, on a du temps devant nous, autant en profiter, et on retournera chez mon cher grand-père pour le souper. C’est peut-être des cons, mais ils savent faire la cuisine, ça, je peux te l’assurer.

Passant ses doigts dans les crins de l’équidé, il commence à jouer nonchalamment avec une mèche. Il arrête son geste au bout de quelques secondes, reprenant son travail, chantonnant intérieurement. Ça lui a tellement manqué, ces gestes pourtant si simples.

-Je suis content que tu sois là. »

C’est à peine soufflé, mais c’est si vrai que ça lui fait mal à la poitrine. Le ciel, le sol sous ses pieds, le corps chaud du cheval contre ses doigts, tout se rejoint pour former un tout, et il se dit que quoi qu’il arrive, quoi qu’il se passe avec sa famille, il est diablement heureux, et ça, ils ne pourront jamais lui enlever, malgré leurs efforts.
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