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 Sky with no ceiling ft. Vassili Sterenko

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MessageSujet: Sky with no ceiling ft. Vassili Sterenko   Lun 31 Déc - 16:04


Sky with no ceiling

- Grace Hamilton — Vassili A. Sterenko -


"Well you need a blue sky holiday, the point is they laugh at what you say, and I don't need no carrying on. You had a bad day, you're taking one down, you sing a sad song just to turn it around. You say you don't know, you tell me don't lie, you work at a smile, and you go for a ride." Daniel Powter
Lorsqu’une tempête se prépare, tout le monde peut le sentir dans l’air. C’est comme une démangeaison ténue, un accroc qui signale l’inévitable catastrophe à venir : mais l’être humain ne peut jamais en saisir l’essence, à la différence de ces animaux qui savent fuir en hordes avant le cataclysme, et il reste sur les lieux en gardant ce sentiment inconfortable enfoui dans ses entrailles, sans réussir à comprendre ce qui le provoque avant qu’il ne se retrouve dans l’œil du cyclone. Peut-être est-ce simplement de la superstition, mais toujours est-il que lorsque la pluie se met à tomber et que le tonnerre se met à gronder, Grace comprend mieux la drôle de boule qu’elle sent dans son ventre, depuis qu'elle s'est levée. Elle aurait dû l’écouter, mais elle n’en a rien fait, son esprit foncièrement cartésien ne jurant par rien d’autre que la science, et certainement pas l’intuition. La jeune femme n’a pas pris de parapluie ou de manteau, et lorsque les premières gouttes heurtent son cuir chevelu, elle croise les doigts pour que la météo reste clémente. Ce n’est pas le cas, bien sûr. Un éclair traverse le ciel, qui devient gris en l’espace d’un instant. L’Ecosse. Une contrée magnifique, en particulier durant ces matins de printemps où la nature se réveille doucement de son repos hivernal, mais dans laquelle les cieux ont la fâcheuse tendance de se parer de gris en l’espace d’un instant, sans le moindre préavis. La française, qui habite à Atlantis depuis quelques années maintenant, a encore du mal à se faire à ce temps capricieux, bien que sa Bretagne natale soit elle aussi réputée pour sa météo variable.

Ce matin là, elle était sortie faire ses courses, et elle s’apprêtait à rentrer chez elle, les bras chargés de victuailles diverses et variées, mais maintenant, la pluie qui tombe à grosses gouttes l’a arrêté dans sa quête. Ses cheveux détrempés coulent sur son visage, obstruant sa vision, et les sacs en papier kraft dans ses bras se chargent peu à peu d’eau, se transformant en pâte incolore incapable de retenir la nourriture qu’elle a achetée. Ce qui doit arriver arriva. Tout s’étale par terre, et avec ses fruits et ses légumes, sa dignité.

Elle a un réflexe, peut-être un peu stupide, mais légitime, d’essayer de retenir ses provisions avant qu’ils ne touchent le sol, et elle balance ses bras vers l’avant. Ce qu’elle n’a pas calculé, ce sont les pavés qui constituent l’immense zone piétonne du centre-ville, et, avec son adresse habituelle, elle coince son pied dans l’un d’entre eux. Déséquilibrée, la kinésithérapeute laisse échapper un petit cri de désespoir qui n’est pas sans rappeler celui d’un chaton coincé en haut d’un arbre, et commence à tomber sans que rien ne puisse l’en empêcher.

Tout semble se passer au ralenti. Ses yeux sont fixés sur le sol, elle peut voir une pomme rouler sur le trottoir, slalomant entre des tomates à moitié écrasées, et bien sûr, elle se dirige droit sur elles. Ce sera un désastre. Non seulement elle va se faire mal, oh évidemment, rien de bien grave, elle récoltera quelques bleus et contusions, mais ce sera suffisant pour lui rappeler l’humiliation de cette scène pathétique. Car il y a des centaines d’autres piétons, autour d’elle. Des centaines de personnes qui auraient pu l’aider, alors qu’elle bataillait avec ses sacs qui se réduisaient en miettes, mais qui ont préférés continuer leur petit bonhomme de chemin, et qui ne peuvent faire rien d’autre que d’assister, impuissants, à la chute tragique de la moldue. Grace peut déjà imaginer les rires des passants. Certes, elle ne les connaît pas, mais ça ne l’empêche pas de penser à l’anxiété qu'une éventuelle moquerie, même passagère, peut déclencher en elle. Après tout, sa mère l’a toujours rabaissé, alors pourquoi des étrangers se comporteraient différemment ?

Mais aucun ricanement ne peut se faire entendre, pour la simple et bonne raison que la chute ne se produit pas, au final. Enfin, plutôt, elle est interrompue, par un corps. Celui d’un jeune homme qui passait par là, au mauvais endroit, au mauvais moment, et qui arrête la dégringolade de Grace sans réellement avoir le choix. Elle le touche de plein fouet, se rattrapant sans le vouloir à son torse pour essayer de rétablir son équilibre. Elle vacille, avant de pouvoir remettre ses deux pieds à même le sol.

Lorsqu’elle se rend compte de ce qu’il s’est passé, ses joues se colorent de rouge. La française est terriblement embarrassée, et ses grands yeux de biche papillonnent tandis qu’elle essaie de reprendre son souffle, son talon se stabilisant juste à côté d’une brique de lait qui laisse de longues traînées blanches sur les pavés. Enfin, sa bouche s’ouvre, pour se répandre en excuses, bien sûr. C’est ce que la politesse dicte, mais au delà de ça, Grace est bien connue pour ne pas vouloir faire de mal à une mouche, et peut-être a-t-elle blessé le jeune homme en s’écrasant sur lui par inadvertance : elle espère de tout cœur que ce n’est pas le cas.

« -Oh, je suis vraiment désolé monsieur ! Vous allez bien ? Je suis désolé, je ne vous avais pas vu, j’ai perdu l’équilibre à cause de la pluie et… oh, pardon, vraiment, mille fois pardon ! J’espère que je ne vous ai pas fais mal !

Son visage est tordu par l’inquiétude, et à cause de la pluie, on dirait qu’elle pleure, tant l’eau coule par dessus ses cils. Au milieu de la foule, qui ne semble pas du tout s’occuper des déboires d’une petite française qui a heurté avec force un parfait inconnu dans la rue, après avoir perdu la totalité de ses courses sur le trottoir, elle est l’image même du désespoir. Pas cette tristesse insidieuse et terrible qui gronde dans les entrailles lorsque la vie décide d’être particulièrement cruelle, mais cette fatalité qui s’empare de l’esprit lorsque tout semble avoir été designé pour vous faire passer la journée la plus nulle qui soit.

-Je paierai pour n’importe quel frais médicaux, s’il y en a bien sûr, monsieur, je suis tellement navrée ! Je n’ai pas grand chose à vous offrir pour me faire pardonner, euh… Tenez, l’Holiday’s Coffee n’est pas loin, vous voulez un café ? Ce n’est pas assez, je sais… Oh, stupide Grace, avec tes deux pieds gauches… Veuillez encore une fois accepter mes excuses… »

Les mots sortent de sa bouche sans qu’elle ne puisse les arrêter, se maudissant autant que le karma, qui a décidé de lui jouer un bien vilain tour. Et la pluie, autour d’eux, continue de tomber, indifférente du chaos qu’elle a déclenché.  
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MessageSujet: Re: Sky with no ceiling ft. Vassili Sterenko   Dim 13 Jan - 7:52

Vassili avait rabattu le pan de son manteau sur sa gorge. Le vent soufflait, de plus en plus fort. Il jeta un coup d’œil en l’air, scrutant le ciel menaçant. Les nuages roulaient, sombres masses menaçantes. Ils roulaient à travers les cieux, bousculés par les rafales, et l’on aurait dit une charge de cavalerie, les montures piaffant, se cabrant, renâclant à se lancer là, à travers les cieux, mais balançant tout de même leur masse imposante vers l’avant, balançant leurs muscles tendus, leur formidable puissance droit devant eux, aiguillés par les vents, aiguillés par la morsure des éperons, se cognant les uns aux autres, se bousculant sans cesse, leurs sabots dévorant l’espace infini en ne laissant d’autre empreinte que ce long mugissement, interminable : le cri de la tempête qui approchait de l’île.

Le menton pointé vers le ciel, le Russe regardait cette charge héroïque, les silhouettes qui brusquement, noires sur fond de ténèbres, se découpaient avant de se fondre dans la masse, les cris, les hurlements des cors déployés, des trompettes de guerre : c’était le vent, c’étaient les bourrasques qui sonnaient la charge, et les rafales, au passage, emportaient les pans de son manteau. Il allait pleuvoir, le ciel allait se fendre d’un violent orage, crever sous l’averse et le tonnerre. Mais pour l’instant, seul le vent ébouriffait ses cheveux, et emportait avec lui les cumulonimbus. Beau spectacle, sombre spectacle que celui des nuages tourmentés par les courants aériens, porteurs d’une pluie qui, pour l’instant, ne se faisait que menaçante.

Il aurait pu rester là, à regarder. Rester immobile au travers de la foule qui se pressait, dans les allées d’Atlantis, qui se bousculaient sur les trottoirs pourtant larges, leurs reflets se percutant au travers des hautes vitrines translucides. Aucun vent ne les poussait, eux, et pourtant ils courraient, semblable à la masse nuageuse, et cette tension électrique qui régnait dans l’air, ils la portaient en eux, dans leur irritation permanente, ce stress qui tendait, précipitait le moindre de leurs pas. Vers quel orage courraient-ils donc ? Peu importait. Lui aussi, après tout, courrait partout, toujours pressé, toujours tendu, broyé par cette vie, par la ville, par les devoirs, par ses devoirs propres, par le regard des autres.

Mais pas aujourd’hui.

Non. Aujourd’hui, il voulait s’arrêter. Et regarder les nuages. Regarder cette charge silencieuse. Regarder ces masses sombres se déchirer. Se fendre. Mais poursuivre leur route, filant, filant aussi vite que le vent, car elles avaient le vent pour éperon.

Il souriait.

La tempête lui allait bien. Elle emporterait tout, tout ce monde gris et artificiel, tous les passants pressés aux traits tirés par l’angoisse de leur quotidien, tous les néons flamboyants qui se prostituaient le long des trottoirs, tous ces regards insistaient qui s’accrochaient à sa silhouette, agrippaient les pans noirs de son manteau, comme pour le tirer à eux, l’avaler, l’engloutir dans l’incessante rumeur de la ville. La tempête emporterait tout. Mais lui. Seul au milieu des bourrasques. Seul au milieu des torrents d’eau. Il resterait là. Souriant. Souriant bêtement, niaisement, de ce regard qui ne s’adresse à rien, à personne, à aucun objet tangible, si ce n’est qu’à une pensée. Une belle, une sombre, une magnifique pensée ; l’écho d’un souvenir, le reflet d’un visage ancré dans son esprit.

Matilda.

Il y avait l’esquisse d’un mouvement. Sa tête qui se relève. Ses cheveux qui glissent, dévoilant son visage. Une torsion du coup, ses yeux qui croisent les siens, avec, peut-être, un air de surprise.

Il ne pouvait s’empêcher de sourire.

Elle était là. Elle restait là. Ancrée en lui. Toujours ce même mouvement. La douce dégringolade de ses cheveux, qui révélait ses joues blanches, la peau de sa nuque qui se tendait, ses lèvres qui s’entrouvraient en une légère moue, et ses yeux…

Ses yeux.

Il suffisait de ça, rien qu’une fraction de seconde, rien qu’un regard qui se croise.

Il suffisait de ça.

Et tout s’effaçait. Et il sombrait. Il sombrait, dans un gouffre sans fond, l’univers défilant autour de lui sans qu’il n’y prenne garde. Avant rien d’autre que cette douceur. Cette douleur. Cette douce flamme qui le brûlait, lui tordait le bide, et le faisait sourire, toujours, sans que rien ne puisse effacer ça.

Il revoyait encore et encore ce même geste, cette même surprise dans son regard, comme si elle ne s’attendait pas à le croiser là. Il connaissait ses expressions par cœur. Elles étaient inscrites en lui, comme au fer-rouge. Comment dresser un portrait, comment garder en mémoire son visage, ses traits, non, ce serait lui faire insulte que de garder un souvenir imprécis d’elle. Mais un mouvement, une simple esquisse, cela il le pouvait. Il ne pouvait s’aventurer à guère plus, il ne l’avait qu’entrevue, et l’image n’en serait pas fidèle, et lui, lui ne voulait pas d’une image qui ne la respectât pas. Alors il ne gardait que cela, cette boucle de cheveux qui dégringole, et lui qui dégringole avec, perdant prise d’un simple regard.

Matilda. Il avait vu Matilda, et le reste n’importait guère.

Oh certes, cela avait duré quoi ? quelques secondes. Elle était montée dans ce tramway. Pour l’esquiver, glissait son esprit inquiet, mais non, cela ne se pouvait, son frère, Irvin, n’était pas là pour la pousser à s’éloigner de lui. A moins qu’un sortilège…

Mais peu importait ! Au diable les sortilèges ! Au diable les sorciers, au diable la jalousie du frère, les menaces, les insultes, les affrontements ! Au diable tout cela ! Au diable, au diable, au diable !

Il s’élançait, souriant, de ce sourire irrépressible que motivent ces sentiments. Ah, ils pouvaient tous se jeter sur lui ! Peu importaient les fauves, il irait à leur rencontre ! Il conservait précieusement contre son sein cette simple esquisse, ce souvenir fugace, et tout lui semblait alors possible. Il se sentait heureux, invincible, tout puissant, comme si rien d’autre ne comptait que ce regard surpris qui avait croisé le sien, comme s’il n’y avait rien de plus important que cette peau blanche qui se dévoilait sous les boucles de cheveux.

Matilda, Matilda, Matilda, il se répétait en boucle ce nom en pressant le pas. Il dépassait, bousculait les autres passants sur son passage, peu importait : ils ne comptaient pas, ils ne comptaient pour rien. Il n’y avait qu’elle.

Il aurait voulu entrer à sa suite dans ce tramway. S’asseoir à côté d’elle, à l’écouter parler, leurs mains qui se joignent en une douce étreinte, qui se serrent toujours plus pour attirer ces deux corps l’un contre l’autre, l’un à l’autre. Laisser ses doigts courir sous ses cheveux, le long de son échine. Ses yeux, toujours, cette flamme qui le brûle, qui le dévore, et qui éclate lorsque se joignent leurs lèvres…

Peu importait que le tramway l’ait emportée au loin, il la croiserait, il la retrouverait. L’inviterait à prendre un verre. Ils se tournaient autour depuis trop longtemps, sans jamais arriver à se voir. Mais Irvin ne pourrait s’interposer plus longtemps. Ils se reverraient, loin de lui. Il ne pourrait toujours empêcher sa sœur de le voir. Alors, elle sortirait de son ombre. Alors, elle serait à lui. Il pourrait l’emporter aussi bien sur les sommets de Manadh que dans ses tréfonds. Sur un coup de tête, se plonger dans la mer glaciale, ou errer dans les salines. S‘enivrer d’alcool, s’enfermer dans une salle obscure, ou simplement se réfugier dans la nuit, dans son lit, seuls au monde, l’un contre l’autre, leurs corps nus enlacés. Un baiser, les yeux fermés. Peu importait. Tant qu’ils étaient ensemble.

Et toujours.

Toujours.

Toujours cette boucle de cheveux qui dégringole, révélant son regard surpris.

Matilda…

Il allait dans la rue sans prêter attention à ce qui l’entourait. Il filait, courait presque, éperdu, non, perdu dans ses pensées. Il était heureux, peut-être, oui. Il souriait, comme il ne souriait que rarement. Pressait le pas, pour s’en retourner vers l’université, vers le quotidien, ce morne quotidien. Peut-être, peut-être la recroiserait-il là-bas ? Il espérait. Il le craignait, aussi. Mais elle s’attachait à lui. Cela, il en était certain. Aussi pouvait-il aller, vivement, fou d’assurance, et de désir, aussi.

Et toujours, cette image en tête, ce simple mouvement esquissé, qui le faisait sourire dans le vide.



Le choc avait, d’un seul coup, emporté le regard surpris, et cette moue des lèvres. La torsion du cou d’opale et la dégringolade des boucles sur sa peau claire. D’un seul coup, s’effaçait l’esquisse. D’un seul coup disparaissait le pâle reflet de la sorcière.

D’un seul coup, Matilda disparaissait. Et surgissait cette autre, qu’il ne connaissait pas, et surgissait cette autre qui lui entrait dedans, confuse, surprise, ses mains fines s’agrippant à lui, à son manteau, par réflexe, les fruits et le lait dégringolant au sol.

« -Oh, je suis vraiment désolé monsieur ! Vous allez bien ? Je suis désolé, je ne vous avais pas vu, j’ai perdu l’équilibre à cause de la pluie et… oh, pardon, vraiment, mille fois pardon ! J’espère que je ne vous ai pas fais mal !

Il lui fallait du temps, sans doute, pour comprendre ce qu’il se passait. Le souffle encore coupé, par la surprise plus que sous le choc. L’air surpris, peut-être un peu bête. Et ces mots, ce babillage qu’il n’arrivait pas à saisir. L’inconnue s’était séparée de lui, encore titubante. Mais il sentait encore ses mains sur lui, cette étreinte impromptue, cette étreinte née de la surprise d’une chute, d’un mouvement pas, cette étreinte, enfin, trébuchée.

Le Russe lui avait jeté un regard noir. Quel autre regard, après tout, jeter à qui l’on ne connait pas et qui se jette sur vous ?

Ce n’était pas contre elle, non. Comment aurait-il pu lui en vouloir ? Il ne la connaissait même pas. Et puis, elle avait l’air d’un oiseau, tombé du nid. Désolée de l’avoir agrippé de la sorte, désolée de sa maladresse, désolée de ce choc impromptu.

La pluie avait commencé à tomber. Les gouttes détrempaient les paquets, les sacs écrasés sur le sol, ruisselaient le long des fruits, ruisselaient sur son visage, aussi. On aurait dit, presque, qu’elle pleurait, désolée de sa maladresse. Les sombres nuages avaient crevé, au-dessus d’eux. Et elle, elle semblait si désolée, l’air contrit, bafouillant ses excuses. 7

-Je paierai pour n’importe quel frais médicaux, s’il y en a bien sûr, monsieur, je suis tellement navrée ! Je n’ai pas grand chose à vous offrir pour me faire pardonner, euh… Tenez, l’Holiday’s Coffee n’est pas loin, vous voulez un café ? Ce n’est pas assez, je sais… Oh, stupide Grace, avec tes deux pieds gauches… Veuillez encore une fois accepter mes excuses… »


Vassili ne put s’empêcher de rire. Oh, ce n’était pas un rire cruel, ni même un rire moqueur. Certes, elle avait emporté dans son choc ses pensées, le sourire qui berçait son cœur. Mais elle avait quelque chose de si maladroit en elle, presque absurde, tant elle était emplie de sollicitude, inquiète, bien plus qu’il ne le fallait. Cela aurait pu être presque amusant, si son inquiétude, sur ses yeux mouillés par l’averse, ne la rendait touchante. Et puis, le cracmol était de bonne humeur, pour cette fois.

Il regardait en riant la jeune femme, à peine plus âgée que lui. Il méprisait, d’ordinaire, cette gentillesse feinte, cette serviabilité adressée aux gens que l’on ne connaît pas, ou à peine. C’était un luxe qu’il ne pouvait pas, qu’il n’avait jamais pu se payer.

Mais il pleuvait, et elle était là, à regarder ses courses, éparpillées dans le caniveau.

Alors il sourit.

« Il faudra plus qu’un café pour vous j’ai l’impression. Quelque chose de plus fort serait plus adapté, vous avez l’air beaucoup trop désolée. »

Il souriait, fanfaron. Après tout, n’avait-il pas croisé le regard de Matilda ? Il pouvait faire le fier, il pouvait se pavaner, se montrer arrogant, jouer, sourire, rire !

Il se mit à genou, commença à récolter les courses éparpillées sur le sol.

« Il faudra seulement éviter de laisser tout ça par terre, ce serait dommage de tout gaspiller et de devoir refaire des courses, nan ? »
 
Sky with no ceiling ft. Vassili Sterenko
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