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 Le temps des malentendus - Matthew et Irvin

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Irvin FowlerIrvin Fowler
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MessageSujet: Le temps des malentendus - Matthew et Irvin   Mer 31 Oct - 7:34

25 mars 2001

Même en plein avril, en Ecosse, la bibliothèque de l'UPA brille de mille feux, ouverte au soleil qui se réfléchit sur la mer. J'adore cet endroit, son odeur de papier et d'encre, l'ambiance studieuse et la perspective d'heures de travail à venir. Matilda, Matthew et moi l'avons tant investi depuis janvier que l'endroit a acquis une place spéciale dans mon esprit. Auparavant, j'allais y travailler seul ou avec quelques personnes, toujours dans une ambiance de sérieux presque austère, avec les devoirs en cours pour seules pensées. Grâce à ma soeur et à notre ami commun, j'ai retrouvé l'effervescence de Poudlard, l'ambiance de travail créative et sérieuse à la fois, la vraie complicité dans l'apprentissage. Il faut croire que nos caractères s'arrangent bien : le sérieux décomplexé et curieux de ma soeur, l'humour de Matthew et ma propre exigence scolaire qui ramène parfois ces deux jeunots au travail (j'aime les appeler comme ça, rien que pour le regard furieux de ma soeur). Et pourtant, avec nos trois cursus différents, l'idée de réviser ensemble m'a d'abord paru un peu étrange, surtout peu judicieuse. Mais nos séances ont rapidement gagné un intérêt imprévu, et c'est Matilda qui l'a repéré en premier : Matthew semble aussi nonchalant dans ses études que dans son apprentissage de ninja/cambrioleur. Cette insouciance m'a beaucoup agacé avant que j'en comprenne le pourquoi, grâce aux explications du principal concerné. Alors Matilda et moi tentons de le motiver, de l'encourager, de l'aider à s'imaginer un avenir malgré sa maladie qui plane, comme un couperet, au-dessus de chaque futur possible. Tout peut s'arrêter, tous les 6 mois, sans sommation ; difficile de se projeter dans ces conditions, mais cela ne veut pas dire qu'il doit tout laisser tomber, non ? J'ai appris à l'apprécier, celui que j'appelle encore "mon cambrioleur" pour l'embêter. Malgré nos premières impressions désastreuses., nous sommes même bons potes maintenant, qui l'eut crû ? Ma soeur n'y est pas pour rien, je la soupçonne même d'avoir voulu nous rapprocher pour me décoincer un peu, selon son expression. Le Français nous a même déjà emmené voir son cheval, mais j'ai laissé ma soeur le monter sans moi - je crains trop le vertige qui pourrait me saisir là-haut.

Ces deux-là me rappellent à mon statut d'étudiant, contraste avec l'autre partie de ma vie qui m'épuise autant qu'elle me plaît. Qu'on se le dise, élever un bébé est beaucoup plus épuisant que tout ce qu'on dit aux futurs parents, et le temps où je pouvais dormir une nuit entière me semble remonter à des années. Pour Rosie, évidemment tout va bien : elle rit et joue avec son mobile et ses peluches pendant des heures, mange et dort le reste du temps, et le challenge de ses journées consiste à attraper mon nez quand je la change ou la queue du chat à chaque fois qu'il passe devant elle ; en partant pour l'université, je l'ai laissée en pleine exploration de ses doigts devant un Monsieur Sulu un peu perplexe. On a des plaisirs simples à cet âge là. Elle gazouille aussi, beaucoup selon Torvi, et ne pas l'entendre me pince le coeur. De façon très prévisible, mom et mummy sont devenues des mamies gâteaux et gardent le bébé à Flagley dès que l'occasion se présente (Torvi et moi n'allons pas râler à ce sujet, cela nous permet au moins de dormir un peu). Dans une semaine, elle ira à la crèche de l'UPA et j'appréhende ce changement : elle est encore si petite, si attachée à notre présence quotidienne, mais Torvi et moi n'avons pas le choix si nous voulons travailler.

Je soupire pour chasser ces pensées et parcourt la bibliothèque à la recherche d'une table libre. Matilda ne nous rejoindra pas, trop occupée à gérer sa nouvelle association comme cela arrive de plus en plus souvent. Je ne suis qu'à moitié déçu, j'apprécie de plus en plus de retrouver Matthew, plus calme seul qu'en présence de ma soeur qui excite son côté extraverti, plus sympathique ; plus authentique, aussi, comme s'il laissait progressivement tomber un masque. Il va ramener ses cours de biologie, que j'aurais tant aimé suivre si mon temps n'était pas si pris par Rosie.

Je suis en avance, comme toujours, et pas de trace du Français pour l'instant. Je trouve une table un peu isolée et me laisse tomber sur la chaise en bâillant largement. L'horloge accroche mon regard : 10 minutes avant l'heure prévue du rendez-vous. Cela vaut bien une petite sieste. J'enlève l'implant d'une oreille pour ne pas être gêné, pose ma tête dans mes bras et plonge aussitôt dans le sommeil.



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MessageSujet: Re: Le temps des malentendus - Matthew et Irvin   Mer 23 Jan - 7:39

C’est en sueurs que je me réveille ce matin de mars, mon esprit encore embrumé et mon cœur qui bat comme un tambour dans ma poitrine me renseignent sur la nature de mon dernier rêve interrompu par le son désagréable de mon réveil. Je l’arrête nonchalamment, m’asseyant dans mon lit en me frottant les yeux. Je sens ma respiration reprendre son cours alors que tout mon être se détend. Finalement, je suis presque content d’être sorti d’un pays de songes qui n’étaient pas forcément très agréables. Rêver que l’on perd à tout jamais l’usage de ses jambes est on ne peut plus cauchemardesque à vrai dire. D’autant plus quand on sait que ce destin peut nous rattraper d’un instant à l’autre. Mais pour l’instant, je marche, je vois, je ressens sans difficulté et la sclérose en plaques ne me frappe que périodiquement. Tous les six mois plus ou moins, semble-t-il, et ma dernière poussée n’a pas encore six mois. Je me lève, sens le sol sous mes pieds, mes jambes équilibrées et souris : j’ai déjà connu pire que ça…

Une douche, un petit-déjeuner à la française plus tard et me voilà prêt pour ma séance de sport matinale qui consiste à rejoindre en courant le parc où vit mon fidèle destrier, Kenobi. Là, je vais panser l’animal, le nourrir, lui donner sa ration d’eau, de caresses et de jeu dont il a besoin, lui promettant toujours de l’emmener en ballade bientôt. Ce sera certainement pour demain cette fois-ci. Je trouverai toujours le temps pour lui.

Puis je rentre chez moi, prends une douche amplement méritée et un autre en-cas plus tard, je me mets en route vers la bibliothèque où Irvin m’a donné rendez-vous pour réviser. Mes études ne me passionnent toujours pas, mais les séances de révision avec Matilda et son frère m’ont donné plus de raison et d’envie de réussir dans cette voie. Je ne sais pas encore ce que l’avenir me réserve, ni ce que je ferai d’une quelconque licence ou master par exemple, mais force est de convenir qu’un diplôme peut toujours être utile dans la vie.

Il y a une chose cependant que je ne veux pas m’avouer, bien que cela s’impose à moi par moments – assez souvent il est vrai – c’est que notre groupe de trois, cette petite bande joyeuse qui se retrouve autant pour travailler que se détendre, se soutenir et se motiver, renferme plus qu’une véritable amitié pour moi… Irvin ne me laisse pas de marbre, et sa cadette s’en doute très certainement, compte tenu des regards qu’elle me lance de temps à autres… Des regards qui disent « Je le savais ! », « Qu’est-ce que tu attends ? », ce genre de choses… Oui, lorsque je vois le jeune sorcier, mon rythme cardiaque s’accélère, je me sentirais presque rougir si je ne m’étais habitué à le côtoyer régulièrement. En tout cas, l’intégralité de mon corps me pousse vers lui, m’attire dans sa direction et lutter contre ce que je ressens en sa présence est insupportable. Ne pas lui sourire bêtement surtout, ne pas observer trop longtemps son visage concentré sur son travail, ne pas arrêter mes yeux sur ses lèvres, ses mains, ses cheveux dans lesquels j’aimerais tant passer mes doigts. Ne pas respirer trop fort son parfum quand il est près de moi, ne pas rêver de poser ma main sur la sienne et entrelacer nos doigts ensemble. Et surtout, ne pas bégayer quand il interrompt une rêverie à son sujet qui se formaient dans ma tête alors que j’étais sensé être moi-même tout à ma besogne étudiante… Tout cela n’est pas aisé, il faut l’avouer, mais pour l’instant, j’essaie de savourer ces instants, ne sachant pas comment aborder la question avec lui et craignant surtout de voir le timide jeune homme décamper devant mon manque certain de subtilité.

L’esprit tout à ces pensées, j’entre dans la bibliothèque et cherche Irvin du regard. Je devine une silhouette située à notre table habituelle, une silhouette couchée sur la table même, comme le font certains étudiants cherchant leur énergie dans une sieste-éclair improvisée dans l’inconfort de la salle de lecture… Je m’approche de lui, mettant encore de côté le bruit de mon cœur qui bat contre mes tempes, que fait-il là ce cœur de toute façon ? Arrivé à sa hauteur, je ne sais que faire pour le réveiller. Il y a une grande possibilité qu’il n’ait pas gardé ses implants pour dormir, il ne m’entendra donc peut-être pas chuchoter son prénom. J’opte alors pour la plus spontanée de mes réactions, cédant à l’une de mes envies en lui passant la main dans les cheveux. Attention, ce geste ne revêt de rien d’autre que d’un caractère amical, on le sent dans ma façon de faire. Il ne s’agit pas d’une vraie caresse mais plus du geste que l’on pourrait avoir en serrant dans nos mains le pompon d’un marin. Rien de bien méchant en soi, mais juste assez pour faire repartir mon cœur en vrille.

- Irvin ! chuchote-je tout de même en désespoir de cause, ne sachant déjà plus où me mettre.



   
   
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MessageSujet: Re: Le temps des malentendus - Matthew et Irvin   Ven 25 Jan - 11:17

Le sommeil m’absorbe profondément et instantanément. Avoir un bébé m’a permis d’acquérir la formidable compétence de narcolepsie volontaire : je peux m’endormir n’importe où, n’importe quand, dès qu’une minute de libre s’offre à moi. Et puis, comme Matilda me l’a dit dans un de ses moments de délicatesse extrême, être sourd offre un grand avantage : je peux littéralement couper mes oreilles et créer mon silence partout où je vais. C’est aussi gênant que pratique, le silence me coupe de tout ce qui se passe autour de moi et j’ai plus d’une fois failli me faire enfermer dans une salle de classe. Depuis, Milo et moi avons amélioré le système d’alerte de mes implants et je peux me reposer sans crainte.

Mon sommeil est lourd, animé seulement de vagues pensées vers ma petite Rosie et les cours de l’après-midi. Mon cerveau ne s’embarrasse pas de rêver pour dix petites minutes, lui aussi est habitué à l’efficacité. Pourtant un rêve me vient cette fois. Pas un rêve non, une sensation de rêve, un mouvement plutôt qu’une image. Une main qui se pose sur ma tête, sans que je sache à qui la rattacher, juste le contact apaisant d’une main sur mes cheveux d’habitude si sensibles. Sans le vouloir, je me laisse aller à cette main, je love ma tête dans son creux, une seule petite seconde. Et puis la sensation disparaît.

J’ouvre les yeux, Matthew me regarde, l’air presque coupable. Arraché à mon sommeil, je peine à me rappeler où je suis, et toutes les pensées de mon esprit trop stressé se bousculent pour rajouter la panique au déboussolement. Un coup d’oeil à l’horloge et une seconde de vérification mentale plus tard (non, Rosie n’est pas morte de faim depuis mon départ et les examens n’ont pas été avancés de trois mois), je me sens capable de saluer le Français.

- Salut. Je bâille interminablement, frotte mes yeux, avant d’ajouter un « ça va ? » un peu pâteux. Mes implants à nouveau en place, je me tourne complètement vers lui pour écouter sa réponse. Il a encore son air embarrassé collé sur le visage et je m’inquiète.

- Il y a un souci ? J’ai quelque chose sur le visage ?

J’ai soudain peur d’avoir dormi sur un bout de parchemin et je tourne la tête vers une fenêtre en frottant ma joue, mais aucune trace d’encre en vue. Mon honneur d’étudiant papa fauché et épuisé est sauf.

A la réflexion, ce n’est pas la première fois que lui vois cet air. Plusieurs fois je l’ai surpris à rêvasser, le regard troublé et rougissant presque lorsque ma sœur ou moi le ramenions au travail. Je n’ai pas oser l’interroger. Peut-être est-il parfois submergé par sa maladie et les angoisses qu’il traîne avec lui. Pourtant il semble content de partager du temps avec nous, même si nous le poussons – gentiment – à travailler. Passer du temps avec lui et ma sœur me fait du bien à moi aussi. Je suis plutôt fier d’avoir montré au Français que je suis moins froid et tête de pioche qu’il voulait se l’imaginer, et qu’on peut rire et bien s’entendre même quand Matilda n’est pas là. Les premières impressions désastreuses sont loin de nos esprits maintenant.

Je passe ma main dans mes cheveux, réveillant l’agréable sensation qui m’a tiré du sommeil, ignorant si je l’ai rêvée ou non. Les mains de Matthew attirent mes yeux et je pense trop tard à les retenir. Il a de belles mains, longues et fines. Il est beau, je serais bête de le nier, et de toute façon Matilda me l’a fait avouer comme si elle en tirait une victoire personnelle. Je ne suis pas dupe, je sais bien qu’elle adore inventer les romances des autres et qu’elle a sans doute déjà imaginé et planifié toute ma vie conjugale avec Matthew, voire même notre mariage ; tout comme je soupçonne ce qu’elle raconte à Mom et Mummy pour que ces dernières me demandent régulièrement comment se porte « ton ami Français, le frère de Grace, tu devrais l’inviter à manger ici un jour d’ailleurs ! ». J’ai l’impression de revenir dix ans en arrière, au début de mon amitié avec Milo. Cet expérience m’a appris qu’essayer de décourager mes mères et ma sœur est une entreprise aussi vaine que de demander à Monsieur Sulu de boire du thé en levant le petit doigt comme un gentleman – je me contente de leur rappeler régulièrement le bonheur conjugal de mon ami pour contenir leurs espérances. Ou de leur rappeler que, tout beau qu’il soit, l’homme de type « Français-apprenti ninja-cambrioleur-faux journaliste » n’est pas tout à fait l’image que je me fais du mari idéal. Mais quand j’en arrive à cet argumentaire, elles se contentent de sourire de plus belle.



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MessageSujet: Re: Le temps des malentendus - Matthew et Irvin   Ven 1 Fév - 18:02

Les étudiants s’affairent autour de nous, dans le silence tout relatif d’une salle remplie de sons de pages qui se tournent, de crayons qui griffonnent, de papier froissé et de chuchotements étouffés. Et nous sommes là, tous les deux : ma main dans ses cheveux. Ma. Main. Dans. Les. Cheveux. D’Irivin. Mais qu’est-ce que j’ai fait, bon sang ? Encore plus empoté que moi ça n’existe pas n’est-ce pas ? Premièrement, je vais lui faire la peur de sa vie – ne suis-je bon qu’à le faire stresser et s’énerver ? – et deuzio, à quel point est-ce ridicule ? Franchement, rompre ma couverture, casser le peu de subtilité qui trainait encore entre nous, comme cela ? A la vue de tous dans la bibliothèque d’Atlantis, le prenant par surprise dans son sommeil ?

Toutes ses pensées se bousculent dans ma tête alors que je retire ma main de la tignasse tentatrice. Je fais un pas en arrière et me dandine sur mes pieds, chuchotant son prénom, bien qu’il ne l’entendra certainement pas. D’ailleurs son visage tout ensommeillé refait surface et ses yeux s’ouvrent avec difficulté. Je décide de faire ce qui est attendu de moi en m’asseyant en face de lui à la table alors qu’il remet son implant et émerge tranquillement. Il me salue et baille je lui souris et lui rends un faible « Salut ! ». Je sors mes affaires, tentant de remettre mes idées en places.

Mais je ne peux m’empêcher de le fixer, avec son petit air stressé, encore endormi presque, il est absolument adorable. A en juger par sa façon d’agir, il n’a pas dû sentir ma main sur sa tête et pourtant, je l’aurais presque senti répondre à mon geste… Une vue de l’esprit sans doute. Je suis donc rassuré et déçu d’un côté, j’eus peut-être aimé finalement que cette action ait avoué à ma place ?

- En forme et toi ? Pas vraiment j’ai l’impression ?

Je tente de reprendre une consistance en répondant de manière détachée et aussi égale à moi-même qu’à l’accoutumée. Irvin me regarde intensément un court instant et je me liquéfie encore plus sur mon siège ? Comment peut-on donner à quelqu’un la capacité de nous mener à la baguette comme cela ? Affligeant… Sa question me laisse bouche-bée et je le regarde se frotter la joue, rêvant un instant ma main à la place de la sienne. Je commence à ouvrir mes classeurs l’air concentré pour ne laisser rien transparaître.

- Mais non tu n’as rien voyons ! On devrait se mettre au travail, non ?

Je décide donc d’opter pour l’usurpation d’identité à nouveau en prenant cette fois-ci le rôle de Matthew Hamilton soudainement passionné de sciences de la vie ! A tel point que mon cours de parasitologie me paraît bien plus attrayant que le visage du beau sorcier qui me fait face. Je feuillette ma prise de note distraitement entre les paragraphes concernant les ascaris, douves et ténias. Je commence à lire.

« Les helmintes comportent deux branches principales :
- Les nemathelmintes, comme les ascaris
- Les plathelmintes, comme les tenia.
»

Les spaghettis et les tagliatelles donc. Tout à fait passionnant. Je lève à nouveau les yeux vers Irvin, et le surprends alors qu’il observe mes mains ? Je les regarde moi aussi et me rends compte que je ne les ai certainement jamais aussi bien vues qu’à présent. Je ne peux les garder immobiles plus longtemps, la tension est bien trop grande. Pourquoi ce regard ? Je fourre mes doigts dans mes poches de jean pour les délivrer des prunelles ensorcelantes d’Irvin. Pourquoi me fait-il cela, sérieusement ? Je m’affale un peu plus sur ma chaise, assez pour sentir un bout de sa chaussure contre mon pied droit. Je me redresse bruyamment, conscient du ridicule de mes agissements et demande alors, pour détourner l’attention :

- Tu sais qu’il y a un gars, aux Etats-unis qui a été colonisé par des dizaines de ténias à force de manger des sushis ? Il ne mangeait presque que ça, d’après mon prof ! C’est assez fou, non ? Il lui a fallu une opération, c’est dingue quand on y pense… J’aurais pas aimé être à la place du chirurgien… Ni du mec…
je termine sur un silence gênant à souhait…

J’espère que cette anecdote on ne peut plus ragoûtante, achèvera de résoudre ce problème de regards insistants réciproques et de pieds un peu trop baladeurs…



   
   
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MessageSujet: Re: Le temps des malentendus - Matthew et Irvin   Aujourd'hui à 9:05

Mon réveil précoce me désoriente et me laisse un peu pâteux et perdu face à un Matthew perturbé. Son visage si jeune paraît encore plus juvénile quand il est perdu dans ce genre de pensées, l’assurance insolente qu’il manifestait parfois est bien loin. Bas les masques, il est avec moi le Matthew décrit par Grace pour l’amender après sa tentative de pillage du magasin de Milo : sympathique, drôle, souvent maladroit mais jamais méchant. Moi je n’ai pas l’énergie de faire semblant d’être un étudiant parfait, un papa toujours dynamique et un ami toujours prêt ; je suis épuisé et je ne le cache pas. Je ne ressens pas le besoin de le faire avec lui. Jamais je n’ai entendu de jugement de sa part, pas même lorsque j’annulais au dernier moment une session de travail, pas même lorsque je m’endormais au beau milieu d’une de ses phrases, et pas même lorsqu’il m’a vu prendre mon traitement. Il connaît la dépression, il ne me blâme pas, et lui en parler m’a soulagé. C’est à cela qu’on reconnaît les vraies relations je suppose. Sa présence me détend souvent, je ris plus souvent, plaisante plus souvent, j’en ai pris conscience récemment. Et il ne juge pas non plus ma paternité précoce, jamais je n’ai vu sur son visage la désapprobation de certains camarades de promotion apprenant que j’avais un bébé. Je lui ai même confié Rosie quelques minutes, une fois, ce que je réserve à des personnes digne d’une confiance extrême. Il fait avec ce que je suis et ma ribambelle de contraintes, j’ignore pourquoi même si je lui suis infiniment reconnaissant. L’amitié sans jugement est certainement ce que j’ai de plus précieux, maintenant. J’ai trop vécu la solitude pour avoir envie d’y replonger.

Il fait à nouveau preuve de patiente en répétant sa réponse, que mon cerveau endormi a peiné à décoder à la première écoute.

- Rosie a mal dormi et Torvi était de garde alors je suis resté debout toute la nuit. Mais ! - je lève un index impérieux - je pense être plutôt en forme pour un type qui dort à peine quatre heures par nuit depuis deux mois.

Les immenses cernes sous mes yeux en attestent.

Matthew semble encore plus confus alors que je me frotte la joue et son regard me questionne. Je sais que certaines personnes sont gênées par ma façon de regarder, plus intense que celle des gens ordinaires, quand je lis sur les lèvres et les expressions. Mais je ne peux pas m’empêcher de penser à un sous-entendu de Matilda, ce « je crois que tu lui plais » lancé avec un air faussement innocent, que j’avais balayé de mon esprit. C’était stupide, Matthew était simplement maladroit, et il avait trop d’occasions de trouver un copain pour s’intéresser à un étudiant-papa constamment surmené. Mais ma sœur avait semé un doute et je l’avais détestée pour ça. En regardant le Français bouger sur sa chaise, suivre mon regard sur ses mains qu’il fourre dans ses poches, essayer de retrouver une position confortable et toucher mes pieds avant de s’agiter, plus embarrassé encore qu’avant, je me demande si elle n’a pas un peu raison. Et ce qui me trouble plus que tout, c’est que je ne suis pas sûr de ce que j’en penserais.

C’est stupide. Un regard, un frôlement de pied et je me crois irrésistible ? La fatigue me fait déduire n’importe quoi. Il est peut-être fatigué lui aussi, ou ses médicaments le rendent confus, ou sa maladie l’inquiète, ou les études le stressent, qu’est-ce que j’en sais. J’en veux encore plus à ma cadette et à sa lubie de caser tout le monde qui cause ce malaise idiot, ce doute qui me pousse à l’observer, ce qui le gêne encore plus, créant un cercle vicieux plus débile encore. Ma sœur ou l’art de créer de la confusion à partir du rien.

Agité par toutes ces pensées, je mets quelques secondes à comprendre ce que raconte Matthew.

Et puis le silence. Gênant. Très gênant.

- Ça m’étonne pas, un élève de mon dortoir à Poudlard avait mangé par défi un bout de racine volé en cours de botanique, et il y avait un parasite bizarre dedans. Un matin il s’est réveillé incapable de parler autrement qu’avec des sifflements bizarres, et la racine a poussé en lui jusqu’à ressortir par sa bouche et… Bref, il a fallu des semaines avant qu’elle ne soit totalement évacuée par son corps, et le dortoir a senti mauvais pendant des jours. C’était assez horrible.

Le silence qui retombe sur notre table devient exponentiellement gênant. Je regarde Matthew. Il me regarde.

Et puis j’éclate de rire, un rire aussitôt interrompu par un puissant « chuuuuut » réprobateur venant de la table d’à côté. Je lance un regard un peu blasé à Matthew et me redresse sur ma chaise pour éviter tout frôlements de pieds futurs.

Le rire m’a détendu, je sors à mon tour mes cours et des feuilles pour prendre des notes et nous mettre sérieusement au travail.

- Tu travailles là-dessus aujourd’hui ? Moi je dois bosser mon cours de cybermagie sur les sortilèges d’animation appliqués aux objets moldus. C’est intéressant, tu t’y connais un peu en intelligence artificielle ? J’ai commencé à bosser sur un biberon qui prévient quand le lait est exactement à la bonne température, c’est pas tout à fait au point mais ce sera très utile.

J’étale mon cours et les schémas des objets étudiés, les dessins techniques à faire et les longues descriptions de l’effet de chaque sort sur ses composants, soucieux d’éviter de fixer Matthew et de mettre notre gêne mutuelle de côté. Foutue Matilda.



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