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 Derek + Sinéad - Let me heal you

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Sinéad KingSinéad King
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MessageSujet: Derek + Sinéad - Let me heal you   Dim 7 Oct 2018 - 13:55

Depuis quelques semaines, mon quotidien a changé du tout au tout. Le retour de Derek a provoqué beaucoup de chamboulements dans ma vie et je dois avouer que je peine à trouver une routine tant l’intensité de nos retrouvailles occupe intégralement presque mon temps et le sien. Cela dit, nous arrivons à nous ménager des moments chacun pour soi, puisqu’il faut bien que j’aille donner mes cours, m’occuper de mon jardin et que Derek travaille, lui aussi ! Nous partageons nos soirées entre sa riche demeure dans les hauteurs d’Atlantis et mon habitat troglodyte, plus simple. N’écoutant que nos instincts et nos pulsions, nous nous retrouvons aussi souvent la journée, au détour d’un temps libre.

Nos retrouvailles se sont passées sous le signe de la passion, mais je pense qu’il est préférable que nous ne la laissions pas nous dévorer constamment, comme nous avons pu le faire par le passé. En effet, je garde quand même cette petite appréhension au fond de moi, cette peur de le voir partir un jour et me laisser à nouveau, seule et meurtrie. Le souvenir de la perte que j’ai subie il y a des années ne cesse de me hanter et je crains que mon amour finisse par se lasser de moi et s’en aller encore, peut-être pour de bon cette fois. J’en mourrais si cela venait à arriver, pour sûr !

En attendant que cette éventualité ne se produise ou non, je me contente de profiter de chaque instant comme s’il était le dernier en sa présence. Ce soir, nous devons nous retrouver chez moi, après que Derek en eut terminé avec ses obligations de la journée. J’ai décidé de préparer un bon gratin de pommes de terre à la sauge, accompagné de côtes d’agneau. Et en dessert, un mazurek, c’est un gâteau polonais crémeux, à l’orange et aux fruits secs que j’ai appris à concocter lors de mon séjour polonais dans les années 80. Terminant les derniers préparatifs et finissant d’apprêter mon humble demeure, je jette un coup d’œil à l’horloge placée sur mon mur. Le coucou va bientôt en sortir et indiquer ainsi vingt heures. L’heure à laquelle mon cher invité m’avait assuré arriver. Je finis de dresser la table et regarde par la fenêtre, toujours rien. Je garde mes plats au chaud magiquement et soupire. Ces hommes ! Jamais à l’heure, on ne peut jamais compter sur eux !

En réalité, la crainte de sa disparition m’étreint et je dois faire un effort incommensurable pour penser de manière logique et me faire comprendre que Derek ne peut avoir disparu en m’ayant assuré venir chez moi le soir. J’envisage un instant de lui envoyer un hibou mais me ravise : il n’est que vingt heure trente. Alors je m’assois à mon bureau et me mets à corriger les copies de mes élèves de deuxième année. Les copies sont plutôt bonnes et ce labeur me distrais quelques peu de l’absence de mon bien-aimé. Seule la faim qui gronde dans mon ventre me rappelle son absence et l’heure qui avance. Que peut-il bien faire ?
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MessageSujet: Re: Derek + Sinéad - Let me heal you   Lun 8 Oct 2018 - 20:11

Let me heal you

- Derek Knight — Sinéad King -


"Well, you may throw your rock and hide your hand, workin' in the dark against your fellow man, but as sure as God made black and white, what's down in the dark will be brought to the light. You can run on for a long time, sooner or later God'll cut you down." Johnny Cash
La ponctualité est une qualité essentielle chez un gentleman. Non seulement elle doit être observée, mais elle doit surtout être respectée, car le retard n’est pas admissible, démontrant une nonchalance et un manque de rigueur que les adeptes de la vieille école, comme Derek, ne peuvent supporter. Lorsque l’américain fixait un rendez-vous, il prévoyait une marge d’avance au cas où il rencontrerait un problème, et méprisait les misérables qui osaient le faire attendre, lorsque lui même faisait les frais de la négligence d’un pair : pourtant, ce soir-là, il était en retard. Il avait beau avoir une raison totalement légitime quant à ce délai, cela ne l’empêchait pas de se flageller intérieurement, alors qu’il se pressait pour se rendre auprès de sa bien-aimée.

Ce n’était ni son premier, ni son dernier cambriolage qui avait mal tourné. Les risques du métier, il les connaissait : et ses collaborateurs les plus proches le pressaient, bien souvent, de ne pas prendre part aux vols en eux-mêmes, car en tant que chef de l’organisation, il était bien trop important pour s’exposer à ce genre de danger. Sacramento n’écoutait pas ces suppliques. Il ne pouvait pas se passer de l’adrénaline et du frisson que procurait l’entrée par effraction chez des âmes innocentes pour leur dérober leurs biens les plus précieux, de voir son génie à l’œuvre alors que ses plans se déroulaient à la perfection, devant ses propres yeux. Il était rare, de toute façon, que ses coups soient un désastre au point que ses hommes doivent recourir à la violence, et il était parfaitement capable de se défendre si jamais les choses tournaient au vinaigre.

Cela faisait bien longtemps que son sang n’avait pas coulé, cependant. Ozren l’avait rafistolé du mieux qu’il le pouvait, mais il n’était pas médicomage, et le soigneur de leur organisation était trop loin pour qu’il ne se concède à l’attendre. Il irait bien. Ce n’était pas si grave. Un regard de Sinéad le guérirait, et si ce n’était pas suffisant, il se repaitrait de ses baisers comme de la plus puissante des drogues. Son complexe divin lui donnait l’impression qu’il était immortel, et que les blessures physiques ne pourraient jamais réellement l’atteindre. Derek avait donc transplané de son entrepôt, aux Salines, jusqu’aux appartements de son aimée, et il avait bien senti, sous le pansement de fortune fait par son homme de main, son sang couler le long de son torse. Il s’en fichait. Seul son retard l’obsédait, et de pouvoir se baigner dans la chaleur de celle qui hantait la moindre de ses pensées.

Il frappa un coup décidé sur sa porte. Dans d’autres circonstances, il aurait fait un détour pour pouvoir offrir à la druidesse des fleurs fraichement coupées, car il savait à quel point elle pouvait les aimer, mais bien entendu, il ne s’embarrassa pas de telle cérémonie, se contentant de pester entre ses dents en attendant que Sinéad ne vienne lui ouvrir. Il avait chaud, peut-être un peu trop pour que ce soit tout à fait normal. Et il avait mal, bien sûr, mais ça n’avait aucune importance. Il survivrait, c’était le principal.

Lorsque, enfin, la porte s’ouvrit, son visage s’éclaira instantanément, comme si sa douleur s’étouffait à la vue de son âme sœur. Galant, il porta sa main jusqu’à ses lèvres, un air contrit sur le visage.

« -Je suis désolé que tu aies du m’attendre, j’ai eu un… empêchement. Je te promet que cela ne se reproduira plus.

Il en était certain lui-même. Un pas, deux pas, trois pas, il marchait jusqu’au salon, et chacun de ses mouvements ouvrait un peu plus la blessure qui ornait son torse, de sa terrible soie carmin. Son cœur résonnait dans ses tempes, mais il continuait de faire comme si de rien n’était. Son égo était bien plus important que sa douleur, sa volonté, plus puissante que n’importe quel traumatisme.

-L’odeur qui règne ici est divine, Sinéad. Je… Il bafouillait. Que lui arrivait-il ? Où était passé sa distinction ? Et pourquoi donc la pièce semblait-elle tourner, comme s’il se trouvait sur un navire en pleine tempête ? J’espère que tu ne t’es pas trop donné de mal pour moi », finit-il par lâcher, en essayant de mobiliser son souffle.

Et toujours, son sourire était plaqué sur son visage. Peut-être un peu crispé, peut-être un peu forcé, mais il était le maitre des faux-semblants, après tout, et il se damnerait avant d’avouer son mal-être. Cette foutue vanité.

Il dut s’asseoir, cependant. Car s’il restait debout, il finirait par tomber, il le savait : sans même pousser la chaise devant la rouquine, comme il l’aurait fait normalement, il s’installa sur un des sièges de la table, essayant de faire passer son empressement pour de la faim. Il n’avait même pas prit la peine d’enlever son manteau, tant la fièvre le saisissait, et sous la noble étoffe, un liquide rouge avait fini de perler pour couler à grosse gouttes.
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MessageSujet: Re: Derek + Sinéad - Let me heal you   Dim 28 Oct 2018 - 12:20

Je suis le genre de personne qui garde son sang froid assez efficacement. Il faut dire qu’avec l’éducation que j’ai reçue et l’apprentissage un peu dur parfois du druidisme aura forgé mon caractère calme et mesuré en toutes circonstances. A Poudlard ensuite, j’ai appris la vie à l’extérieur de ma communauté un peu abruptement parfois, car j’étais la risée d’une certaine partie des élèves, bien plus classieuse et guindée que moi, la petite druidesse qui traînait pieds nus dans les couloirs et s’en allait se coucher au bord du Lac les nuits de pleine lune. Puis par la suite, mes voyages et mes expériences professionnelles m’ont enseigné encore que calme et assurance sont la clef de la réussite et du bonheur. Cela s’ajoute à merveille avec une curiosité sans borne et la pratique d’activités variées comme le jardinage, la moto ou encore l’enseignement. Tout cela m’a permis de construire une vie douce, peuplée d’imprévus inhérents auxdites activités ! On peut dire que je suis heureuse toute seule, ne l’étant jamais vraiment grâce aux correspondances que j’entretiens, aux amis que je me fais en tous lieux et à la présence de la magie de la Terre que je sens gronder à chaque instant en moi.

Oui mais voilà, si je m’accommode de la solitude avec volupté parfois, j’ai toujours un manque au coin du cœur. Celui de ma famille, ma mère, Niamh aussi et de mes amis dont j’ai peu de nouvelles. Mais surtout, le manque de Derek. Ce manque de Derek qui m’étreint la nuit parfois, qui me cueille dans mes moments de détresse et d’impuissance : lui ma béquille, mon pilier… Qu’étais-je sans lui ? Une âme perdue… Je ne peux me résoudre à l’imaginer parti à nouveau. Et pourtant… C’est bien cette intuition que j’ai. Un mauvais pressentiment m’habite et je dois faire tout mon possible pour ne pas aller chercher mon tarot, je ne veux pas avoir la confirmation de ce que je ressens…

M’occupant comme je le peux, je tente d’oublier son retard et l’absence qui me ronge de plus en plus. Qui sait ce qu’il peut bien fabriquer et s’il n’a pas disparu à nouveau ? Peut-être à jamais cette fois-ci ? Ne suis-je donc pas digne de lui. Je soupire à cette pensée : chacune de ses attentions à mon égard, de ses regards et de ses baisers me crie le contraire… Et pourtant… Je doute.

Finalement, j’entends frapper à ma porte. Je me lève en trombe et vais ouvrir. Derek est là, sur le pas de la porte. Je ne peux expliquer la joie que je ressens alors instantanément, la quiétude qui m’envahit lorsqu’il baise ma main, usant toujours de cette vieille galanterie qui n’a de cesse de me séduire tant il me traite comme la reine que je ne m’imagine pas être un seul instant.

- L’essentiel c’est que tu sois là ! Je ne vais pas m’énerver pour un petit retard, tu sais !

Je sais aussi que la ponctualité est une valeur primordiale pour ce gentleman d’un autre temps. Il est bien trop exigeant avec lui-même, parfois. Même si je suis transportée de joie à l’idée de le savoir enfin chez moi, je remarque que quelque chose semble ne pas tourner rond.

- Gratin de pommes de terre et agneau au menu ! Et petit voyage culinaire pour le dessert.

Je ne me défais cependant pas de ma bonne humeur, même si je reste préoccupée par sa façon de se mouvoir et de s’exprimer. Que lui arrive-t-il ? Il s’assoit un peu maladroitement sur la chaise et j’interromps le mouvement de baguette destiné à servir mon succulent repas dans nos assiettes. Je m’approche de lui, inquiète.

- Derek, que se passe-t-il ?

Sa tête dodeline et je remarque alors les gouttes de sueurs qui perlent sur son front, et bien plus dramatique que cela, le sang qui tâche le tissu clair de sa chemise. Je déchire alors l’habit, sans plus de réflexion, ce qui m’amène à voir la plaie sur son torse.

- Mais qu’est-ce que ?

Pleine d’effroi, je ne laisse cependant pas la peur l’emporter et je pars chercher le nécessaire pour soigner mon amant. Je commence ensuite à panser sa plaie avant de m’apercevoir qu’une suture sera nécessaire. Cependant, connaître l’origine de cette blessure m’aiderait à savoir comment procéder…

- Derek, il faut que je suture, mais pour cela, il est préférable de savoir l’origine de la blessure. Comment t’es-tu fait ça ?


I will love you 'til the end of time
I would wait a million years. Promise you'll remember that you're mine, Baby can you see through the tears ?Blue Jeans.
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MessageSujet: Re: Derek + Sinéad - Let me heal you   Lun 5 Nov 2018 - 20:07



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"Well, you may throw your rock and hide your hand, workin' in the dark against your fellow man, but as sure as God made black and white, what's down in the dark will be brought to the light. You can run on for a long time, sooner or later God'll cut you down." Johnny Cash
Il y avait dans chacun de ses souffles un désespoir latent, comme une supplique désespérée au Tout Puissant pour qu’il l’empêche de sombrer. Pas devant Sinéad, pas devant sa belle qui serait pourtant la seule qui s’inquiéterait pour lui, si on omettait peut-être Rafe, son ami de toujours. Car la honte de se savoir bien trop mortel à son goût était incompatible avec sa fierté inhérente, et il aurait tout donné pour être assez fort pour sauver les apparences : il ne l’était pas, et c’était bien plus douloureux que n’importe quelle blessure. Lui qui voulait se croire figure éternelle n’était bel et bien qu’un être de chair et d’os, après tout. Sacramento n’était pas cet individu inaltérable qu’il prétendait être, et ça le tuait qu’on puisse découvrir ce fait, pourtant bien plus acceptable que l’alternative.

La druidesse déchira sa chemise sans se préoccuper du tissu noble, et le brusque froissement réveilla quelque peu l’américain de l’étourdissement provoqué par le sang perdu, qui put admirer les traits emplis d’inquiétude de son aimée. Il aurait voulu transformer cette expression en sourire, d’un seul baiser, lui dire que tout allait bien, que ce n’était qu’une égratignure, mais il savait que c’était peine perdue. Il était peut-être inconscient quant à la gravité de son état, toujours persuadé que l’être choisi qu’il était ne pouvait mourir ainsi, mais il savait aussi parfaitement que Sinéad ne le laisserait jamais sans soin, alors que son corps le trahissait en expulsant de sa plaie un sang des plus humains. Alors il se laissa faire, regardant simplement l’irlandaise de ses yeux sombres, admirant les traits fins de son visage, la façon dont ses cheveux cascadaient sur ses épaules tandis qu’elle se penchait sur lui. Il restait silencieux, sans répondre à ses questions, préférant rester spectateur bien qu’il soit l’acteur principal de la scène.

Et le sang coulait de la plaie, et le sang tâchait les mains de Sinéad, et Derek se sentait doucement glisser de l’autre côté du voile.

Mais ce n’était pas son heure, bien sûr : non pas parce qu’il n’avait pas encore accompli son destin, comme il aurait aimé le faire croire, mais bel et bien parce que la chance avait fait que l’Auror n’avait pas pu jeter son sort avec assez de précision pour qu’il lui porte le coup fatal. Comment expliquer à la professeure de botanique pourquoi un agent des forces de l’ordre lui avait envoyé un sortilège de tranchage, cependant ? Il aurait préféré ne pas avoir à penser aux cachotteries, voire à de potentiels mensonges. Ce n’était pas qu’il avait peur que Sinéad le quitte si jamais elle apprenait la vérité, certes, c’était une possibilité, mais il était convaincu que leur amour était suffisamment fort pour s’en remettre : si la druidesse ne savait pas, elle restait en sécurité.

C’était ce qu’il se répétait, mais c’était totalement faux. En réalité, il avait bien plus peur pour lui-même qu’une quelconque noble cause, car si jamais une tierce personne connaissait sa double identité, les risques de sa chute étaient bien plus grands. La rouquine n’était pas Occlumens, comme lui. Si quelqu’un pénétrait ses pensées, il serait perdu.

« -Un… sort qui a mal tourné, dit-il en grinçant des dents. Ce n’était pas totalement vrai, pas totalement faux. On lui avait vraiment lancé un sort, et ça avait réellement mal tourné pour lui, mais la formulation laissait à penser tout, sauf la vérité. Un collègue a essayé de me rafistoler, mais je suppose qu’il a échoué. Et il rigola doucement, ce qui lui envoya une vague de douleur le long de sa poitrine.

Il aurait voulu rester de marbre, mais il ne pouvait nier plus longtemps son mal. A quoi bon, de toute façon. La druidesse était une guérisseuse de talent et connaissait parfaitement sa forme physique habituelle, il ne pourrait pas la berner bien longtemps. Alors il lâcha prise. Peut-être pour la première fois de sa vie, il s’accorda le droit d’être vulnérable.

-Je suis désolé, le repas va refroidir… »

Et il pensait vraiment ces quelques mots qui pouvaient pourtant sembler bien puérils. Qu’est-ce que du sang, sinon le rappel du cœur qui battait seulement pour la femme qui le tenait dans le creux de ses bras ? Il aurait probablement une cicatrice, mais ça n’avait aucune importance. Ce ne serait ni sa première, ni sa dernière : et si la plus terrible était cachée par le tatouage qui ornait ses côtes, et dont le message était en ce moment dévoilé à l’air ambiant, elle restait une part de lui-même.

« All the world's a stage, And all the men and women merely players, They have their exits and their entrances, And one man in his time plays many parts . »

Il avait plusieurs visages, en effet, le Sacramento. Mais Derek restait toujours résolument le même, lorsqu’il se trouvait en présence de Sinéad. Car même s’il le voulait (ce qui n’était pas le cas), il n’aurait pas pu dissimuler au monde ce qu’il ressentait pour elle. C’était un besoin, un feu brûlant qui dévorait ses entrailles.

Et nulle blessure, peu importe sa nature, ne pourrait l’arrêter de l’aimer.
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MessageSujet: Re: Derek + Sinéad - Let me heal you   Sam 19 Jan 2019 - 14:24

Bien que je n'ose pas l'admettre, mon activité de guérisseuse me manque depuis mon arrivée à Atlantis... Je suis née pour ça, concocter les remèdes, utiliser la nature et ses fruits pour leurs propriétés magiques de guérison et de régénération des tissus, de l'humeur et caetera. Durant mon enfance déjà, j'ai appris les rudiments de la médecine druidique, traditionnelle, utilisant des remèdes ancestraux aux effets non expliqués souvent - comme beaucoup de choses en magie - et j'ai eu l'occasion d'aider ma mère à soulager les souffrances de nos voisines. C'est à dix ans que j'ai assisté pour la première fois Siobhan pour un accouchement, d'autres ont suivi ensuite. Beaucoup disent que c’est un acte beau et un instant pur, mais donner la vie est bien éloignée de l’image que s’en font les foules. C’est en réalité, beaucoup de sang, de pleurs et finalement, le calme après la tempête : la rencontre d’une mère et de son enfant à peine né : cet instant-là vaut de l’or. Mais pas l’accouchement en lui-même. Je ne remercierai jamais assez ma mère et ma tante de m’avoir formée à l’art de la guérison, art que j’ai peaufiné lors de mes voyages. Même si je me contentais souvent de tenir mon herboristerie, il m’arrivait de venir en aide à mes voisins sans qu’ils aient à passer par le médicomage qui était très souvent débordé.

Cela dit, je me serais bien passée de voir mon bien-aimé couvert de sang dans mon séjour. D’autant plus que l’aspect de sa plaie me laisse perplexe. Toutefois, ce n’était pas dramatique, le sort n’avait pas touché d’organe vital, cela restait très superficiel. L’explication de Derek ne me satisfaisait guère, mais pour l’heure j’étais trop occupée à nettoyer la plaie et à l’explorer en profondeur. D’après mes estimations et mon observation, je décidais que le sort s’était arrêté aux muscles intercostaux les plus superficiels, sans casser d’os ou atteindre la plèvre et les poumons. De toute façon, Derek ne pourrait pas respirer si aisément si ça avait été le cas… Je finis donc de nettoyer car le seul risque de cette lésion restait le choc septique. Un peu de fil, d’aiguille et d’un sortilège de suture plus tard, une cicatrice nette et propre remplaçait sa blessure.

- Ce n’est pas grave, je peux toujours le réchauffer.

Je ne relevais pas son explication cependant, bien que je ne comprenais pas vraiment dans quelle situation Derek avait-il pu se blesser ainsi… Je lançais un sort de nettoyage sur sa chemise avant de la lui rendre et alla chercher le gratin que je servis ensuite dans nos assiettes.

- Bon, tu n’as pas de température… Je touchais le front de mon malade avant de l’embrasser doucement. Ca va mieux ? Tu devrais manger maintenant…

Rien de tel qu’un bon repas pour requinquer un blessé ! Je m’assis en face de lui et commençais à manger, le gratin était encore chaud et plutôt réussi ! Mais bien entendu, je ne résistais pas longtemps à demander des explications à Derek...

- Je ne comprends pas quelle situation a pu entraîner cet accident… Tu peux m’expliquer un peu plus ?

J’étais réellement inquiète et me rendis compte alors que je ne savais que très peu de choses concernant les occupations de mon amant lorsque nous n’étions pas ensemble… De quoi étaient faites les journées de Derek Knight, je l’ignorais tout simplement. Je ne lui demandais pas tellement de me raconter ses journées pour lui laisser sa part d’indépendance et quand je le faisais, il restait bien évasif sur le sujet. Cela ne me dérangeait pas jusqu’à présent – bien que je sois moi-même très transparente sur le contenu de mes journées - mais si je devais le retrouver blessé à nouveau, je préférerais pouvoir m’y préparer mentalement…
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MessageSujet: Re: Derek + Sinéad - Let me heal you   Sam 26 Jan 2019 - 12:59


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- Derek Knight — Sinéad King -


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Derek ne se considérait pas comme un menteur. En fait, il abhorrait le fait de devoir dissimuler la vérité, il aurait voulu pouvoir étaler au grand jour l’envers du décor, le Sacramento qu’il était, les faits de sa grandeur et de son destin exceptionnel. Mais il patientait, il savait bien qu’il n’avait pas d’autre choix. S’il s’était épanoui dans l’ombre, il était fasciné par la lumière, et c’était peut-être la raison pour laquelle il aimait tant Sinéad. Sinéad la belle, Sinéad la fière, Sinéad la vraie : elle reflétait la bonhommie de ce monde et il pensait, sincèrement, que les crimes qu’il commettait étaient nécessaires pour que des êtres tels que la druidesse puissent l’apaiser de leur présence. Ils étaient aussi dissemblables qu’ils étaient complémentaires, et ensemble, soleil et lune, ils formaient l’équilibre stellaire.

Il la remercia alors que chacun de ses gestes l’apaisait un peu plus de ses maux. Patient, certes, mais aussi de plus en plus entreprenant, mettant derrière l’oreille de l’irlandaise une mèche de cheveux alors qu’elle se penchait sur lui, frôlant ses hanches, saisissant sa main pour y déposer un baiser alors qu’elle essayait tant bien que mal de le soigner. C’était plus fort que lui : il lui fallait lui démontrer, en tout temps, à quel point il l’aimait. Quand finalement, elle alla s’asseoir de l’autre côté de la table, il se sentait bien mieux et un petit sourire ornait son visage, très fier de son petit jeu. Il agissait de manière détachée, comme si le fait d’apparaître blessé à un dîner était un événement banal, anodin. Il faisait l’autruche, quelque part, utilisant son charme de dandy pour faire oublier à la rouquine les ténèbres qui entouraient sa vie.

Ça n’arrêta pas les questions de Sinéad, et l’américain étouffa un soupir entre ses lèvres. Il ne voulait pas lui mentir. Mais il ne voulait pas lui dire la vérité non plus. Une impasse, il fallait bien l’avouer : mais le silence n’apporterait rien de bon, il le savait bien. Pas depuis qu’il l’avait quitté, il y avait de cela des années, pas depuis qu’elle avait appris à vivre sans lui et à s’épanouir malgré son absence. Rien n’était plus important que ce qui les liait, et s’il avait cru, à l’époque, qu’elle le rendait faible et la détournait de sa destinée, il savait aujourd’hui que c’était l’inverse, que c’était grâce à elle que le nom de Sacramento s’ancrerait dans l’histoire. Puisque sans elle, il n’était rien, et que sans lui, Sacramento n’existait pas. Puisque sans la lumière, il n’y avait pas d’ombre. Il prit son temps pour réfléchir à la marche à suivre, tout en mangeant avec appétit le repas préparé par sa belle. S’il aurait pu se sentir pris au piège par ses questionnements, il ne les craignait plus, à présent.

Il posa sa fourchette pour saisir les doigts de Sinéad, qu’il entremêla avec les siens. Un geste intime, qu’il réservait uniquement à la femme de sa vie : elle seule pouvait le voir si vulnérable. Ses yeux étaient si bleus, si purs, que lorsqu’il ancra son regard si sombre dans le sien, il eut peur de la teinter.

« -Je ne t’ai jamais parlé de mon enfance, Sinéad. De l’environnement dans lequel j’ai grandis, de la violence à laquelle j’ai été exposé depuis aussi longtemps que je peux me souvenir…

Il savait qu’il donnait des réponses à des questions silencieuses, bien plus qu’à la véritable demande de la druidesse. Mais il ne pouvait lui délivrer ce qu’elle désirait, pas de but en blanc, en tout cas. Il fallait qu’elle comprenne d’elle-même. Qu’elle arrive à ses propres conclusions.

-Je suis né à New-York, sans père. Ma mère me faisait des plats aussi délicieux que les tiens, se tuant à la tâche pour pouvoir mettre de la nourriture sur la table chaque jour, me laissant bien souvent avec le bruit des ambulances et des coups de feu pour seuls compagnons. Les murs étaient si fins, je me souviens…

Il voulait se plonger dans ses souvenirs. C’était comme s’il y était, s’il retrouvait l’odeur toujours un peu âcre qui régnait dans la petite cuisine new-yorkaise, les sifflements joyeux d’une mère épuisée qui voulait faire bonne figure devant son fils. Mais ses yeux étaient toujours fixés sur Sinéad. Elle voulait qu’elle comprenne qui il était : pas Derek, pas Sacramento, mais un mélange subtil de sa propre dualité.

-Lorsqu’elle est morte dans la douleur, ce ne fut pas le premier, ni le dernier corps que j’ai pu observer dans ma vie. Je suis entouré par la mort, Sinéad. Quelque part, j’ai l’impression d’être la mort… Et toi, toi avec tes mains qui guérissent, toi avec ta douceur et ta bonté, tu rachètes mes péchés. Je ne veux pas te mentir. Mais j’ai peur que tu vois ce que je suis, et que je perde la seule chose qui me sauve chaque jour. Alors je préfère me taire. Je préfère répondre à côté de tes questions. Est-ce que tu comprends ? »

Et s’il espérait que c’était le cas, il savait que c’était impossible. Car "oui", ou "non", étaient des réponses bien trop naïves pour le sujet dont il était question : et le temps avait passé, ils avaient grandis, ils s’étaient brûlés les ailes sur des feux qu’ils avaient allumés. Mais ils ne pouvaient continuer ainsi. Les dés étaient jetés, et ils ne pouvaient plus faire marche arrière. Il était maintenant question de bien et de mal, de pardon et d’adoubement, mais avant tout, d’amour. Est-ce que l’amour était assez fort pour vaincre la morale ? Et même si c’était le cas, est-ce que c’était la marche à suivre ? Le chemin des Enfers était pavé de bonnes intentions, et lit du Diable, lui, avait des couvertures serties d’espérance.
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MessageSujet: Re: Derek + Sinéad - Let me heal you   Jeu 7 Fév 2019 - 21:40

Il y a des fantômes qu’il ne faut parfois pas évoquer. Et j’en connais un rayon sur les fantômes, tant j’ai appris à les côtoyer. Ma mère m’a enseigné très jeune la divination, la lecture des runes et tous ces arts qui nous permettent de nous rapprocher des astres et de nos ancêtres. Revivre le passé et voir le futur… Pourtant, si j’ai parfois utilisé ces compétences pour gagner ma vie et économiser pour mes voyages, je n’ai pas pour autant un attrait réel pour ce domaine : plus habitude qu’aptitude finalement. Ou encore, une nécessité plus qu’un besoin. Ma vie, je la vis au présent, il n’y a pas de passé pas de futur : tout cela n’est que vue de l’esprit. Ceux qui sont trop nostalgiques ou trop impatients de la suite ne vivent pas réellement, perdus dans une dimension à laquelle ils n’appartiennent plus ou pas encore. Tout ce que j’ai pu faire ces dernières secondes n’est plus et à l’instant même ou un acte est commis, une parole émise, une pensée envolée, elle atteint simultanément et son acmé et sa mort. Rien ne compte si ce n’est le présent.

Le présent : Derek qui est soigné, par mes soins. Le passé : Derek qui arrive blessé, meurtri dans son intégrité corporelle. Le futur : je lui préparerai certainement un baume pour favoriser la cicatrisation avant qu’il s’endorme doucement entre mes bras.

Je ne peux m’empêcher d’être suspicieuse, de douter de ses explications. Bien qu’il paraisse sûr de lui – l’ai-je déjà connu hésitant ? –, cela ne tient pas la route… Il y a dans ces yeux le regard que j’apprends à reconnaître petit à petit, celui du mensonge que lui impose son âme torturée par une douloureuse vérité. Si seulement j’avais le pouvoir de l’en délivrer, de faire venir à lui la paix et de lui permettre de briller de l’éclat de la quiétude… Mais son esprit ne semble pas trouver le repos, il m’arrive de me réveiller la nuit et de tomber nez à nez avec Derek, couché sur le dos, les yeux grands ouverts vers le plafond. Dans ces moments-là, je donnerais tout pour pouvoir porter avec lui le fardeau qui le ronge, mais je me doute que ce qui le pousse à me cacher une vérité est bien fondé. Dans son esprit, seulement…

Alors j’écoute, le récit d’un homme qui a bien trop souffert dans son existence, qui a connu la mort plus que certains… Derek, je sais à peine qui tu es et pourtant tu es mon tout, ma moitié, rien n’est moins sûr : je l’ai lu dans les astres. Je le regarde se perdre dans son récit, ses prunelles brunes revivant presque les scènes qu’il décrit. Enfin, il s’adresse à moi et même si je cerne déjà plus le passé et les fantômes de cet homme que je chérie tant, je sens qu’un pan de vérité glisse entre mes doigts.

« Est-ce que tu comprends ? » Bien sûr que je comprends. Mais même s’il a toutes les raisons du monde de ne pas m’en dire plus, je ne peux me contenter de cela, d’un bout de vrai, important certes, mais j’aimerais goûter le vrai en entier. Je saisis sa main, posée sur la table et la serre entre les miennes, le regard grave.

- Derek, je comprends, je comprends que tu ne veuilles pas tout me dire. Mais toi, comprends-moi aussi ! Je ne peux pas t’attendre indéfiniment sans savoir ce que tu fais, quels dangers te guettent. Alors je t’en prie, fais-moi confiance, je saurais porter le poids de tes aveux.

Je sais qu’il le voit, qu’il le sait : je suis plus forte que le laisse penser ma nature chétive et je ne renoncerai pas à la vérité. Je sauverais son âme et soignerais ses blessures psychiques comme celles de son corps : il faudra du temps et de l’amour et j’ai les deux en quantité, cela tombe bien.

- Je t'aime à jamais Derek, c'est écrit dans les étoiles, je te le montrerai si tu le souhaites.

Le ciel est accessible à quiconque désire connaître les desseins du temps.


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MessageSujet: Re: Derek + Sinéad - Let me heal you   Mer 13 Fév 2019 - 20:26

HRP:
 

Let me heal you

- Derek Knight — Sinéad King -


"Well, you may throw your rock and hide your hand, workin' in the dark against your fellow man, but as sure as God made black and white, what's down in the dark will be brought to the light. You can run on for a long time, sooner or later God'll cut you down." Johnny Cash
Un soupir s'échappe de ses lèvres entrouvertes. Il y a tant de voix dans sa tête, murmurant tellement de discours différents, qu'une cacophonie semble s' y instaurer, si puissante qu'elle pourrait faire trembler les piliers de l'univers. Sa blessure le lance, et tout s'entremêle dans la douleur, les regrets, l'incertitude. Il est rare que l'Américain ne sache pas quelle direction suivre. On craint Sacramento et on révère l'homme, mais dans tous les cas, Derek Knight n’a peur de rien ni de personne, et certainement pas de ses propres décisions : lorsqu'il parle, ses phrases font loi et la sentence est toujours irrévocable. Sinéad reste son seul point faible. Elle a la capacité extraordinaire d'abattre tous les murs, de démonter chaque règle qu'il a édicté. Son identité secrète est la seule faille dans son plan si parfait, car si l'on venait à apprendre qui se trouvait derrière la sombre capuche de Sacramento, tout serait fini. Plus d'organisation, plus d'empire, plus de destinée, tout serait balayé comme un château de cartes. Et pourtant, il réfléchit à l’éventualité, folle, absurde, de parler à une innocente telle que la druidesse de sa véritable nature. Qu’un criminel comme Rafe sache le fin mot de l’histoire est une chose, le fait que le couple Rosier, également, ait eu un aperçu de ses secrets, reste relativement sécurisé quand on sait ce qui les lie (la chute de Sacramento apporterait, fatalement, la leur), mais délivrer la vérité sur un plateau d'argent à quelqu'un comme la rouquine, qui n'a, à sa connaissance, jamais rien fait de répréhensible de sa vie, est bien plus risqué. Bien plus déraisonnable. Seuls les battements de son cœur le pressent dans de tels retranchements : et ils sont si fort qu'il pourrait bien y succomber.

“-Ce n'est pas que je n'ai pas confiance en toi, dear. Je serais prêt à m'arracher les organes à mains nues et te les confier : mais le monde est rempli de loups qui guettent le moindre de mes faux pas, et c'est eux que je crains. Ce qu'ils pourraient me faire, mais surtout, te faire, pour arriver à leur fin.

Sa voix est plus grave que d'habitude, lui qui a déjà le ton rauque à cause de sa prestance et son accent new-yorkais prononcé. Mais il ne cherche pas ses mots. Son regard est fixe. Le moment est venu. Il y a des instants qui comptent, dans la vie d'un homme, et il a conscience qu'il est en train d'en vivre un. Alors le criminel se rapproche de sa belle, et les yeux plongés dans les siens, c'est comme s'il retombait amoureux encore et encore. C'est un éternel renouveau, à ses côtés, des sentiments mis à vifs qui ne pourront jamais s'éteindre.

-Tu m'aimes, mais tu ne sais pas à quel prix… Il effleure ses phalanges de ses lèvres sans s'y poser, prenant une profonde inspiration, avant de se jeter à l'eau. Que ferais-tu si je te disais que cet homme que tu aimes est considéré, par bien des personnes à travers le monde, comme méritant de croupir au fond d'une geôle humide, ou de périr sur une chaise électrique, voire d'un baiser de Détraqueur ? Que penserais-tu s'il avait plus de sang sous les ongles que dans son corps, s'il répandait désolation et mort sur son passage, s'il oubliait parfois qu'il était humain avant d'être carnassier ?

Il se recule d'un pas, pour pouvoir embrasser du regard l'irlandaise. Il ne sait pas quelle étincelle l'attend, dans ces prunelles qu'il aime tant. Du dégoût ? De la peur ? Les deux, peut-être ? Dans tous les cas, il ne peut plus revenir en arrière, et se doit de délivrer la vérité complète, peu importe les conséquences de ses actes.

-J’ai toujours su que mon destin était différent de celui des autres, Sinéad. Quand j’étais jeune, je regardais mes pairs et je voyais bien que j’étais à part, en décalage de leur monde rempli de notions absurdes comme le bien ou le mal. Quand ma mère est morte, je suis parti vivre avec ma tante, mais j’étais plus ou moins livré à moi-même. Seul au monde. C’est à cet époque que j’ai commencé à poser mes mains sur ce qui ne m’appartenait pas. C’était comme un jeu, et j’en étais déjà le meilleur : il fallait faire des plans minutieux, s’infiltrer dans les maisons, repérer les objets de valeur, s’éclipser sans se faire repérer, revendre au plus offrant.

Il fait maintenant les cent pas dans le petit salon, comme s’il se remémorait à voix haute son propre passé. Tout se joue ici et maintenant, et s’il a toujours été habile au jeu, il n’est pas sûr, aujourd’hui, d’avoir la main gagnante.

-Le temps a passé. Les enjeux ont évolués, le danger également. Je suis bien loin du gamin dépenaillé qui s’introduisait dans les demeures cossues des banlieues de San Francisco, à présent… Mais il est toujours là, au fond de moi, quelque part. Que je contrôle une organisation à portée internationale ne changera certainement pas ça. En tout cas, je l’espère. »

Il reprend son souffle. Il n’a pas tout dit, bien sûr, mais les contours sont déjà tracés, et il ne manque plus qu’à relier les points. A Sinéad de décider si le tableau sera exposé dans le musée de son cœur, ou remisé à la cave… Ou pire, qu’il soit jeté aux ordures. Car sans elle à ses côtés, il n’est rien qu’une carcasse vide, sans essence, et il ne pourra supporter son absence. Il a essayé. Il a échoué. Plus jamais.
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MessageSujet: Re: Derek + Sinéad - Let me heal you   Aujourd'hui à 0:22

Que ne ferait-on pas par amour ? Je n’en ai pas la réponse. Pour Derek, je pourrais certainement aller jusqu’à la mort pour lui, s’il ne fallait que cela pour lui prouver mon éternelle dévotion, mon soutien sans faille à l’homme de mes rêves. Mais la vie me demandera d’autres sacrifices, d’autres douleurs. Il me fallut déjà endurer son absence, vivre sans lui, sans son ardeur, sans son odeur, sans sa force et son aura protectrice. Mais j’ai vécu ces années sans perdre une miette de mes souvenirs avec mon chevalier perdu, gardant toujours au fond de moi la certitude de nous voir réunis un jour dans le futur. Alors, s’il me faut à présent découvrir enfin la source de la noirceur qui habite son âme, cette ombre que je sens parfois planer au-dessus de lui, soit.

J’écoute, l’air grave, mon amant me démontrer par de vivaces images sa foi en moi, la confiance qu’il dit poser en moi. Et pourtant, je peine à le croire, s’il me fait confiance, pourquoi me dissimule-t-il encore la vérité ? Je me mords l’intérieur de la lèvre nerveusement, en fronçant les sourcils : une expression qui ne me ressemble guère. Il faut certainement un début à tout, j’imagine. Et finalement, la vérité s’offre à moi, avec violence. Car c’est cela qu’est la vie de mon aimé : violente.

La théâtralité et le sens de la mise en scène de Derek qui me ravie habituellement me glace peu à peu le sang aujourd’hui. Plus il avance dans ses propos et plus je me sens me raidir, m’imprégner de ses mots et de leurs sens. Je parviens quand même à murmurer quelques mots, interrogateurs et vides de sens :

- Je… Je ne comprends pas…

Derek serait-il un meurtrier ? Un chasseur de prime ? Un membre d’un de ces affreux groupuscules ? Et pourtant, pourtant mon Derek est la tolérance même… Pourtant mon Derek est la douceur incarnée, et si sa puissance transparaît dans nos baisers, nos étreintes, elle n’est le fruit que de la passion qui nous consume tous deux ? J’écoute la suite et mes craintes se confirme, mon visage se ferme et je ressens le besoin de m’assoir afin de prendre conscience et note de la vérité. Derek est un malfrat. Derek est un voleur. Je l’observe faire les cent pas, bouche bée, ébahie par ce que j’entends.

- « Organisation à portée internationale » ?

Je sens une brise glaciale passer sur mes épaules et mes poils se hérissent alors que des larmes commencent à perler au creux de mes yeux. Me serais-je tant fourvoyée ? Derek est-il réellement l’âme sœur que je vois en lui ? Et pourtant, dans mon cœur, partout, l’amour m’habite. Tout cela est vrai, j’en ai la certitude, mes sentiments, les siens : rien n’est plus réel que tout cela. Ces mots, cette vérité, non. Elle n’est pas réelle, dans la bouche de Derek, c’est une histoire, tout au plus. La sienne, certes. Mais c’est une histoire qui n’a, comme toutes les histoires, aucune prise sur notre réel. Notre réel à nous.

Cependant, il suffit d’un sort pour que cette histoire ne rencontre notre réel, pour que leurs trajectoires parallèles deviennent sécantes. Sans cette blessure, tout cela me serait encore inconnu et l’insouciance et la naïveté régneraient encore joyeusement sur mon existence…

Je ne peux contrôler les différentes émotions qui passent sur mon visage, témoins alternant ensemble des diverses pensées qui m’inondent une à une.

- Laisse moi faire le point quelques instants, veux-tu ?


Je me lève alors et vais ouvrir la fenêtre, la nuit est noire désormais, le repas est froid. Je ne saurais dire si la torsion que je ressens dans mon ventre est due à la faim ou au sentiment de trahison qui m’habite actuellement.

Que ne ferait-on pas par amour ?

Je me retourne finalement vers cet homme que je pensais tant connaître et dont j’ignorais les aspérités et les secrets les plus profonds, moi qui lui ai tout livré de mon existence : chaque secret, chaque anecdote… S’il m’a fallu supporter son absence, je saurai supporter sa vérité.

- Derek… Tout cela, c’est… beaucoup. Vraiment beaucoup. J’ai l’impression de te découvrir pleinement et je me demande si… Cet homme à qui j’ai offert mon cœur et mon âme et bien plus encore est toujours présent, lui.

Peu importe pour le petit gamin auquel fait allusion Derek. Celui qui compte, c’est l’homme qu’il est devenu à présent et celui qu’il me donne à voir tous les jours. Joue-t-il un rôle ?

- Est-ce toujours toi ? J’avoue avoir du mal à…

Je perds mes mots, dans cet océan d’incertitude, d’incompréhension et de sentiments adverses.

- Mais je t’aime Derek, encore et toujours, malgré moi, malgré la raison et pour cela… Je peux faire l’effort de comprendre.

Comment lui signifier que j’ai peur de le décevoir ? De ne pouvoir accepter ce qu’il me raconte ce soir et de battre en retraite, lâche que je pourrais-être – que je suis ? Je m’approche de lui doucement, jaugeant sa réaction, écoutant les émotions qui se présentent alors que je pose ma main sur sa joue, tendrement, liant nos regards. Je l’aime. Peu importe le reste.



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MessageSujet: Re: Derek + Sinéad - Let me heal you   

 
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