Breathe me ft. Caleb Ollivander

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Sujet: Breathe me ft. Caleb Ollivander | Dim 30 Sep - 17:22

Breathe me

- Finn W. Bowman — Caleb Ollivander -


"There's no you and me, this impossible year. Only heartache and heartbreak, and gin made of tears, the bitter pill I swallow, the scars souvenir, that tattoo, your last bruise, this impossible year." Panic! At the Disco
Aspiration. La fumée s’engouffrait dans ses poumons dans une brûlure bien trop agréable pour être saine. Il pouvait sentir la toxicité de la nicotine se répandre dans son organisme, saisissant ses poumons et l’emplissant de son poison tout en apaisant ses sens. Une si petite chose, qui faisait tant de mal, de manière si insidieuse ; qui faisait tant de bien, de la forme la plus nocive qui soit. Expiration. Son souffle expulsait les volutes en d’étranges tourbillons, dans lesquels certains, probablement avec un peu plus d’imagination que Finn, pouvaient deviner des formes, des objets, voire même, des personnages. Lui, il s’en fichait. Il ne prêtait pas attention à la manière si élégante qu’il avait de fumer, ne se rendant absolument pas compte de l’image qu’il renvoyait au monde, ce je-m’en-foutisme décadent qui faisait tourner plus d’une tête. S’il tirait sur sa cigarette, comme un assoiffé sur une gourde après une longue virée dans le désert, c’était parce qu’il en avait besoin, parce que le manque avait saisi son organisme et qu’il cherchait quelque chose, n’importe quoi, pour assouvir le vide qu’il ressentait dans sa poitrine. Et si le besoin physique s’en retrouvait un tant soit peu assouvi, pourtant, l’abysse grandissait, au plus profond de lui. Car la drogue, qu’elle soit douce, comme ici, ou bien plus destructrice, comme il avait l’habitude d’en prendre au creux de la nuit, n’était qu’un ersatz de ce dont il avait vraiment besoin, qu’un moyen d’oublier, pendant de courts instants, cette solitude qui l’écrasait un peu plus chaque jour. Il se fourvoyait, s’il croyait un seul instant pouvoir échapper à son emprise, simplement en achetant des paquets hors de prix qui lui réchauffaient les doigts et la gorge.

Le couloir était vide et silencieux, dans la résidence. Immobile comme une statue, le sorcier aurait pu sembler faire partie du décor, au même titre que le mobilier des parties communes, tant il semblait à sa place. Comme une image hors du temps, sur laquelle les années n’avaient plus aucune emprise, tant il s’était ancré dans le tissu rêche de l’univers : et seule la fumée venait s’échapper, mutine, du cadre esthétique qu’il créait sans le vouloir. Ruminant ses pensées et son mal-être pour lui même, digérant ses idées noires à défaut de pouvoir les annihiler.

Il aurait pu rentrer chez lui. C’était ce que la bienséance dictait, de toute façon : lorsque la personne qu’on voulait voir était absente, on ne squattait pas le hall de son immeuble. Surtout pas en fumant, alors que c’était interdit, et surtout pas pendant aussi longtemps, c’était juste… étrange ? Finn n’attendait même plus qu’Aedan rentre chez lui, à ce stade. Il ne savait pas pourquoi il restait assis par terre, dans ce couloir, à mettre mécaniquement sa cigarette dans sa bouche, avant de la tapoter contre un pot de fleur lui faisant office de cendrier, au grand damne de la plante grasse qu’il abritait. Peut-être parce que d’entendre la vie, dans chacun de ces appartements, des casseroles qui tapaient les unes contre les autres pendant qu’un inconnu faisait la cuisine, aux conversations étouffées, devenues des murmures en passant la barrière des portes d’entrée, lui rappelait sa place dans l’univers. Écoute-les, tous, heureux d’être en vie, avec leurs familles, leurs amis, tu les entends ? Si le monde est un océan, les hommes sont des gouttes d’eau : toi, tu ne mérites même pas d’accéder à ce titre. Tu es une goutte d’huile, tu vois ? Personne ne voudra, non, ne pourra jamais se mélanger avec toi. Tu n’es rien.

Ces pensées pouvaient sembler bien sombres (et elles l’étaient, il fallait bien l’avouer), mais elles étaient si habituelles qu’elles n’avaient plus les même échos qu’autrefois. Finn traitait la petite voix dans sa tête comme une vieille amie, dont la présence était si rassurante qu’on en oubliait le dégoût qu’elle nous inspirait. Et il fumait. Et chaque bouffée le rapprochait de la délivrance, donc, tout allait bien, pas vrai ?

Il aurait du entendre les pas, à l’autre bout du couloir. Mais le bruit régulier était lointain, comme un produit de son imagination, et il n’y prêtait pas garde : les battements de son cœur, eux, résonnaient dans ses tempes et lui étaient insupportables. S’il s’écoutait, il crierait à son organe, enfourné dans sa poitrine, de cesser de faire autant de bruit, qu’il voulait juste écouter les gens chez eux, pour se baigner dans l’illusion qu’un jour, peut-être, il pourrait les rejoindre. Il pourrait être heureux. Quel espoir vain, enfoiré.

Finn releva simplement la tête lorsqu’il vit les chaussures de l’homme apparaître dans son champ de vision, le mouvement attirant son attention. Son regard remonta le long des jambes, courut sur le torse, pour enfin, arriver au visage du géant : il lui fallait pratiquement rejeter sa tête en arrière, en étant assis, pour pouvoir planter ses yeux dans les siens. Et il les connaissait bien, ces orbes bleus bien trop envoûtantes. Pire que ça, il ne savait plus s’il voulait les vénérer, ou les arracher, pour qu’elles cessent, enfin, de l’obséder. Quand on savait quel connard il avait été avec lui (à juste titre, selon le Bowman, mais c’était probablement son estime de lui-même, équivalente à zéro, qui parlait), ce n’était vraiment pas sain.

Jusqu’au moment où Caleb prononça enfin un mot, quelque chose, simplement pour l’assurer qu’il n’était pas un fragment de son esprit torturé, et bel et bien un être de chair et de sang, Finn retint la fumée de sa cigarette dans sa bouche, menaçant de l’étouffer. Un réflexe instinctif, naturel. Celui de la bête acculée dans son terrier.

Bon anniversaire, Finn.
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Sujet: Re: Breathe me ft. Caleb Ollivander | Ven 5 Oct - 10:29


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Ce jour n’était pas le bon pour aller rendre visite à Aedan, Caleb en eut l’impression dès qu’il mit le pied dehors. Un sens de la fatalité qui ne lui allait pas, et dont il n’avait pas l’habitude. Peut-être que c’était le simple fait de penser à Aedan qui l’entraînait vers le fond, qu’il le veuille ou non… Le garçon n’y était pour rien, mais il était parfois difficile de l’avoir en ami. Caleb avait dû se blinder pour lui, et en retour avait tendance à le bousculer de façon bien peu délicate. S’il ne regrettait pas le fond de ses paroles, Caleb avait pas mal mouliné à ce propos et se disait que vraiment, la forme péchait pas mal. Tant pis.

Sa visite n’avait pas de but précis, mais Caleb n’éviterait pas le sujet s’il apparaissait dans la conversation du jour. Certaines choses récemment avaient contribué à lui faire prendre conscience de l’impact qu’il pouvait avoir sur les gens autour de lui, et le bilan n’était pas glorieux. Son ego en avait pris un coup, mais ce n’était rien à côté de ce que pouvait vivre Aedan. Il n’était pas égoïste au point de sacrifier ses amis pour une question d’orgueil.

Habitué à venir là, Caleb entra en conquérant dans le couloir, mais son pas ralentit en voyant un impertinent en train de fumer. Déjà, c’était franchement pas l’endroit, mais en plus pile en face de la porte de chez Aedan ? C’était qui ce gars, un espion de Sylver ? Eh non, Caleb devrait ouvrir un peu les yeux, se réveiller peut-être, parce que la personne assise dans le couloir avec une clope au bec n’était autre que sa nemesis personnelle.

— Finn.

L’histoire de la nemesis devait d’ailleurs être réciproque depuis la dernière fois qu’ils s’étaient croisés : la soirée ne s’était pas spécialement bien terminée, et encore, Caleb se disait ça en ayant seulement la moitié des infos. Il aurait pu dire qu’il regrettait ce qu’il avait fait, qu’il aurait pu se comporter autrement cette nuit-là, ou juste lui demander pourquoi il avait des cicatrices mais non. Son esprit fut soudainement court-circuité par le regard de Finn, par la fumée qui s’échappait de ses lèvres, comme si c’était son corps qui s’embrasait… Les images de ce qu’ils avaient fait, de ce qu’il lui avait fait, lui revinrent en tête. Alors la première chose qu’il lui demanda ne fut pas vraiment ce à quoi on aurait pu s’attendre, non.

— Tu fumes ici ? Tu sais pas que c’est interdit ou quoi ?

Bravo, belle entrée en matière. On te félicite pas Caleb. L’avantage d’être aussi ridicule, c’est qu’il n’avait besoin ni de temps ni de quelqu’un pour savoir qu’il avait été bête sur ce coup-là. Il soupira, leva les yeux au ciel et s’assit lui aussi dans le couloir. Déjà qu’il regardait les gens de haut de base, il n’allait pas rester debout face à quelqu’un qui était assis par terre.

— Qu’est-ce que tu fais là, tu t’es perdu ?

Ouais bon, il n’avait pas besoin d’être debout pour prendre les gens de haut, on dirait. Encore une belle réplique qui lui vaudrait sûrement un regard noir de la part du jeune homme. Après ce qu’il s’était passé… comment espérer qu’il en soit autrement ?


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Sujet: Re: Breathe me ft. Caleb Ollivander | Sam 6 Oct - 9:07
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Finn, c’était le prénom qui fâchait. Son père, en premier lieu, qui préférait utiliser son second patronyme, Wallace, bien plus élégant, bien plus noble ; en second lieu, la plupart des personnes qui l’avaient croisé dans sa vie, et qui ne retenaient rien d’autre que son attitude révoltante et ses commentaires déplacés.
Finn, c’était le prénom qu’on criait. Entre des draps, bien sûr, lorsqu’il emmenait dans les étoiles ses partenaires d’un soir, mais aussi lorsqu’il était tellement insupportable, que la frustration devenait si forte, qu’on devait laisser échapper toute cette rage dans un hurlement sauvage et primaire.
Finn, c’était le prénom qu’on oubliait. Il devenait une anecdote, le Bowman, dans les histoires qu’on racontait lors des soirées entre amis. Les "Tu te rappelles de ce beau gosse que tu t’es tapé en soirée ?" s’enchainaient, et il devenait une poupée anonyme, un corps plutôt qu’un être humain, un exutoire pour ceux qui ne voulaient pas le connaître, simplement se servir de lui pour atteindre la volupté.
Finn, pourtant, c’était un prénom qui avait du potentiel, pour peu qu’on prenne le temps de se pencher dessus. Dérivé du gaélique, on aurait pu croire que sa signification était l’antithèse de ce qu’était le patron de l’Atlantease. Blanc, pur. Mais ce n’était pas totalement vrai. Car peu importe la débauche, peu importe les libidinages, il restait toujours vrai, toujours entier. Il ne mentait pas sur ce qu’il était, et peut-être était-ce le plus important, dans toute cette histoire. Car la personne qui prononçait la seule syllabe de son nom, lui, était l’épitomé du simulacre, tant il n’assumait pas ses pensées ou ses actes. Caleb s’enfonçait la tête dans le sable, peu importe s’il était brûlant.

Le fumeur sortit de sa stupeur en entendant le cuisinier lui adresser la parole. Dans un flash, il se rappela de la dernière fois qu’il avait entendu cette voix, de combien il l’avait vilipendé, au point qu’il ne voit aucune autre solution que de s’abrutir avec de la poudre blanche. Mais ce n’était pas ses paroles, ou même, leur fornication, qui rendait Finn amer. Il avait l’habitude qu’on le traite de la sorte, voire, bien pire : mais il pouvait encore sentir, contre son dos, les doigts retracer la chair tendre de ses cicatrices, et la promesse qu’ils osaient avancer, dans un silence royal, était bien trop insupportable. Il aurait voulu s’arracher la peau pour ne plus se souvenir de son toucher, et pourtant, il savait que ça n’aurait pas été assez, car il aurait toujours, au plus profond de sa tête, le souvenir de ce moment obsédant.

Finn expira fortement, laissant échapper la fumée de sa bouche, et émit un son qui aurait pu s’assimiler à un rire, s’il n’avait pas été empli de tant d’ironie. Secouant une énième fois sa cigarette dans le pot de fleur, pied de nez à l’accusation prononcée par son interlocuteur, il répondit ensuite d’un ton sans précédent.

« -Ne commence pas à jouer le boy-scout avec moi, Caleb. Toi et moi, on sait bien que c’est du vent.

Il n’avait pas besoin d’en dire plus. Les non-dits étaient bien plus importants que n’importe quelle insulte, ici. Parce que l’héritier Ollivander aurait beau dire quoi que ce soit, rien n’effacerait ce qu’il s’était passé à Tokyo, ou bien, plus marquant encore, ce qui s’était déroulé dans son bureau, à l’Atlantease. Qu’ils préfèrent l’oublier, l’un comme l’autre, le passé resterait tel qu’il était, implacable et immuable. Alors il fumait, alors il continuait de fixer Caleb, alors son corps s’embrasait autant qu’il aurait aimé ravager le géant de ses ongles, pour l’intimer de lui ficher la paix. Paradoxalement, opposés mais similaires.

Son sourcil se leva alors qu’il s’assit près de lui. Quoi, il croyait qu’ils avaient élevés les cochons ensemble ? Que parce qu’ils avaient baisés comme des forcenés, il avait le droit de se comporter comme s’ils étaient, quoi, amis ? Connaissances ? Ils n’étaient rien de tout cela. Ils avaient tour à tour étaient victimes et proies. Ce n’était pas que sa présence le dérangeait, Merlin, il n’était pas assez bon acteur pour pouvoir prétendre ne pas ressentir la chair de poule dresser les poils sur ses bras, alors que Caleb était bien trop près pour sa sanité : mais elle impliquait une promiscuité qui le terrifiait par ses implications. Il avait eu ce qu’il voulait, il s’était fait traiter comme la plus méprisable des putains, point à la ligne. Mensonge, et tu le sais. Où est passé le mec entier que tu prétends être ? La petite voix dans sa tête était bien trop indiscrète à son goût.

-En quoi ça te regarde, ce que je fais là ? Je suis un connard, tu te rappelles ? Tes propres mots. Alors tu devrais en avoir rien à foutre de savoir si je suis perdu ou pas. »

Et de toute évidence, il y avait une raison bien particulière à sa présence dans ce couloir : pourquoi diable trainerait-il ici, sinon ? Mais Finn n’allait certainement pas rendre la vie plus facile à Caleb, en lui disant ce qu’il voulait entendre. C’était un Bélier, après tout, et, les cornes en avant, il s’heurtait à tous les obstacles, sans craindre de se blesser : et puis, il n’allait certainement pas s’adoucir. Pas après leur… rencontre précédente.
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Sujet: Re: Breathe me ft. Caleb Ollivander | Mer 10 Oct - 10:43


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Ouais bon, Finn marquait un point. Caleb et ses grands principes, ça commençait sérieusement à sentir le renfermé, après ce qu’il avait osé faire à l’Atlantease. Il pouvait bien râler sur un gars qui fumait dans un endroit public alors que c’était interdit, qu’est-ce que ça allait changer ? Caleb se sentit soudainement découragé. Pourquoi avoir un code d’honneur si c’était pour s’y soustraire quand ça nous arrangeait ? Et surtout, pourquoi s’emmerder avec de grands principes si c’était pour évoluer dans un monde qui s’échinait à nous tirer vers le bas, à nous montrer sans cesse comment tout pouvait être facile et agréable, une fois qu’on mettait sa propre conscience au placard. Caleb soupira. Peut-être qu’il s’était trompé toute sa vie à ce sujet, et peut-être qu’il avait raté des choses à cause de ça. Il ne pouvait pas revenir en arrière, non, mais il pouvait faire en sorte de ne pas reproduire ses erreurs. Hmpf. Est-ce qu’en pensant cela, il ne venait pas de se re-créer un nouveau principe à suivre ?

— T’as raison.

Il était rare de voir Caleb aussi résigné : peut-être était-ce parce qu’il se savait en tort à la base qu’il laissait Finn l’atteindre autant ? Ou est-ce que c’était ce qui se cachait derrière la couche d’égoïsme de fierté qu’il arborait en temps normal ? Il n’était pas sur la défensive, ça lui changeait et pas forcément en bien. Que Finn vienne lui sauter à la gorge pour souligner à quel point il était faux et injuste : Caleb n’allait pas l’en empêcher.

Il aurait voulu parler d’autre chose à d’autres personnes, mais finalement, se retrouver face à Finn, ce n’était pas mal non plus. Ça allait sûrement être douloureux, pour eux deux, mais à force de ressasser ce qu’il s’était passé, de s’être souvenu de ces cicatrices et d’avoir réveillé la zone de son cerveau liée à l’empathie, Caleb savait qu’il avait besoin d’en passer par là. Entendre Finn lui rappeler comment il l’avait traité ne lui fit pas plaisir, mais ne le mit pas non plus en colère, ou alors seulement contre lui-même.

— Justement, j’en ai pas vraiment rien à foutre, même si j’aimerais.

Le connard était pas forcément celui qu’on pensait, songea Caleb. Le regard fixé sur le sol, ses grandes jambes ramenées vers lui, enserrées par ses bras, le cuisinier réfléchissait, silencieux. Par où devait-il commencer ? Que pouvait-il dire qui ne soit pas mal interprété ? Peut-être que le mieux, c’était de rester sobre, et concis ?

— Je suis désolé. Pour ce qui s’est passé la fois dernière.

Il avait été con et s’était comporté comme une véritable brute, maintenant qu’il s’en souvenait. C’était une chose de mettre un râteau à quelqu’un, ou de signifier qu’on n’était pas intéressé, mais là… Ça n’avait rien à voir. Caleb n’était même plus assez dans le déni pour penser qu’il n’était vraiment pas intéressé : il avait aimé ce qu’il avait fait. C’était bien ça le problème. Il avait pris son pied et il en voulait encore… Mais pas comme ça, pas comme un voleur ayant peur de se faire surprendre, ou comme un amant prenant le risque de devoir se planquer dans le placard en cas d’imprévu. Les vieilles habitudes avaient la vie dure : Caleb s’accrochait à sa volonté de faire les choses dans les règles, même avec quelqu’un comme Finn.

— Je pense que c’est sûrement la dernière chose dont t’aies envie, mais si tu veux boire un verre, à l’occase…

Il n’osait même pas le regarder, de peur de ce qu’il allait trouver dans le fond de ses iris. Sa réaction serait de toute façon assez explosive pour ne pas avoir besoin de s’y brûler les yeux… Du moins, c’était ce que Caleb pensait.
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Sujet: Re: Breathe me ft. Caleb Ollivander | Ven 12 Oct - 3:00
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On aurait pu croire que Finn en voulait à Caleb pour ce qu’il s’était passé à l’Atlantease. En réalité, ce n’était pas le cas, pas vraiment. Certes, il ressentait une certaine colère, bouillonnante au fond de lui, quand il pensait à la manière dont la soirée s’était déroulée, mais elle n’était pas dirigée vers l’héritier Ollivander, pas une seule seconde. S’il devait en vouloir à quelqu’un, ce serait lui-même, et personne d’autre. Non pas qu’il se pensait en tort, dans ses actes. Chacun de ses mots, chacun de ses gestes avait une explication rationnelle et légitime, quand on connaissait le passé trouble du jeune homme : cela ne voulait pas dire qu’il avait eu raison d’agir ainsi. De s’offrir comme une chienne en chaleur, de se comporter comme le plus grand connard que la Terre ait jamais porté avec Jules, de se sentir comme un cerf voyant les phares d’une jeep approcher, alors que son amant retraçait de ses doigts ses cicatrices.

Et de toute façon, ce serait toujours lui, le coupable. Il ne pouvait pas être une victime, pas quand il était suffisamment intelligent pour savoir dans quoi il mettait les pieds, pas quand il était suffisamment fort pour se défendre contre les loups aux dents acérées de ce monde. Caleb n’en était pas un, loin de là, et pourtant, il était quand même tombé dans ses filets, comme une mouche dans la gueule d’une plante carnivore, c’était bien le signe qu’il avait voulu ce qu’il s’était passé. Et il avait aimé, c’était indéniable. Alors pourquoi diable sentait-il un "mais" pointer le bout de son nez ? Pourquoi la petite voix dans sa tête se taisait soudainement, sans répondre à ses questions, le laissant avec ses doutes et ses interrogations ? Tout se mélangeait dans sa tête, dans un imbroglio bien trop confus.

Le ton coupable de son interlocuteur le prit au dépourvu. Il n’avait pas voulu le prendre à parti, pourtant, ses remarques sarcastiques n’étaient qu’un moyen de défense comme un autre, une manière désespérée de garder la tête haute, pour éviter de devoir se défoncer constamment pour pouvoir mettre un pied devant l’autre. Il avait raison. Probablement aurait-il dû en tirer une quelconque fierté, mais en fait, il aurait préféré avoir tort. Il aurait préféré que Caleb soit un chevalier en armure sur son cheval blanc, qui l’avait ravagé parce qu’il était l’un de ces monstres de la mythologie qu’il fallait éliminer pour le bien commun. Le cuisinier l’avait remis à sa place, il était dans son bon droit, fin de l’histoire, et il n’avait pas à le laisser l’accuser quand c’était Finn, bien évidemment, le coupable. Comme toujours.

Finn garda son regard fixé sur le sol, pour que son trouble soit quelque peu dissimulé. Il se raccrochait à sa cigarette comme un ivrogne à sa boisson, et tirait dessus de grandes aspirations, se brûlant le bout des doigts sur les bords qui se raccourcissaient inexorablement. Mais ce n’était pas suffisant pour le préparer à ce qui allait suivre. À ces mots, pourtant innocents, mais qui menaçaient de balayer tout ce qu’il avait cru être vrai, pour aussi longtemps qu’il pouvait se souvenir.

Parce que Caleb lui dit, sans détour, qu’il en avait quelque chose à foutre. Pire, il était désolé. Et cerise sur le gâteau, il l’invitait à prendre un verre ? What the actual fuck, pensa le sorcier. De la cendre encore chaude tomba sur son pantalon, brûlant le tissu pour le traverser, le brûlant dans une douleur presque réconfortante, tant il était perdu. Et sa réponse sortit de sa bouche, tellement innocente, tellement spontanée qu’elle aurait pu sembler venir de quelqu’un d’autre, si seulement elle n’était pas si teintée d’autodénigrement.  

« -Hein ? Pourquoi est-ce que tu voudrais boire un verre avec moi ?

Et pas l’inverse, bien sûr. Finn aurait quantité de raisons de vouloir, enfin, mener une vie normale. De faire ce que les gens font, quand ils rencontrent quelqu’un qui leur plait : et bien sûr, que Caleb lui plaisait. Il était de cette beauté rare qui irradie les personnes alentours, tellement évidente qu’elle en devenait insolente, mais ce n’était pas qu’une question de physique. C’est un bon gars. Un mec qui avait voulu défendre sa petite sœur face à un mec qui avait piétiné son cœur, qui avait voulu défendre Jules pour à peu près les mêmes raisons. Qui, certes, n’était pas parfait, qui s’était laissé aller à ses plus bas instincts à l'Atlantease, mais qui avait été poussé dans ses retranchements par le succube que pouvait être Finn, quand il le voulait bien. Et quelqu’un de droit comme lui, qui n’embrassait que les hommes qu’il aimait, qui s’excusait quand il se pensait en tort, ne finissait pas avec des gars comme le jeune Bowman. Jamais.

Celui-ci prit quelques secondes pour réfléchir, essayant de reprendre un minimum de contenance, même si ses yeux écarquillés et son souffle court ne trompaient personne. Finn Bowman avait un trou béant dans sa carapace, et ce depuis des années, et pourtant, seul Caleb semblait prompt à s’y engager : et après, on osait dire que c’était lui, le masochiste. Sa cigarette se finie bien trop vite, et il l’écrasa dans le pot de fleurs à ses côtés, rassemblant ses dernières forces pour essayer de formuler une pensée cohérente, au milieu du brouillard de son incompréhension.

-Et t’excuse pas, de toute façon… Enfin, c’est moi qui t’ai… provoqué, je suppose ? C’est ma faute. Et murmurant pour lui-même, ne sachant pas vraiment si la suite de sa phrase était intelligible, préférant certainement que ce ne soit pas le cas. C’est toujours ma faute. »

Depuis son enfance, il avait toujours été le coupable parfait, le petit délinquant qui était l’épitomé de tout ce qui allait mal, dans ce bas-monde. L’oméga, le solitaire, à raison. C’était ce que lui avait toujours répété son père : c’était donc forcément la vérité, n'est-ce pas ?  
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Sujet: Re: Breathe me ft. Caleb Ollivander | Ven 12 Oct - 17:03


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Finn tardait à répondre, forcément. Qu’est-ce qu’on voudrait dire à un mec comme Caleb, après ce qu’il lui avait fait, mis à part des insultes ? Oh, il l’avait déjà fait, chose que le cuisinier avait bien mieux accepté que ce qu’il aurait pensé. Peut-être parce que pour une fois, Finn avait raison ? L’offre de paix sous forme d’une invitation à boire un verre semblait l’avoir bloqué dans le silence : Caleb hocha presque imperceptiblement la tête, soupirant plus bruyamment qu’il ne l’aurait voulu. Quand le verdict tomba, il haussa simplement les épaules, détournant le regard.

— Je savais que tu voudrais pas. C’est normal. C’est rien.

Maintenant que son masque de chevalier blanc était craquelé, et qu’il avait révélé la violence et la brutalité dont il pouvait faire preuve, il n’y avait plus de retour en arrière. On ne pouvait pas réparer ce genre de masque, ni oublier ce qu’il y avait dessous… Comme un miroir, tout ce que Caleb pourrait faire, c’est de recoller les morceaux, impuissant face aux reflets brisés qu’il renverrait.

Les monstres, c’était jamais vraiment des monstres. C’était ça, la plus grande tragédie et sûrement ce qu’on avait le plus de mal à admettre. Révéler le monstre en soi, c’était exactement la même chose que révéler l’humanité : toutes ces imperfections, ces fêlures et ces vices qui pouvaient changer la sympathie en emprise, la passion en colère, l’amour en haine. On avait plus vite fait de trouver des excuses aux horreurs de la nature qu’à celles, bien humaines, qui parsemaient l’Histoire et la rubrique des faits divers des journaux. Monstre, c’était juste un autre mot pour désigner l’être humain.

Et Caleb était on ne peut plus humain, tout comme Finn. Le premier avait depuis longtemps passé l’étape où il se cherchait des excuses, ou un coupable. Peut-être qu’il l’était, ou peut-être pas. Sa victime n’en avait pas les atours, ni l’attitude… Rien ne collait à la théorie. C’était juste un mélange sans fin où tout était si nuancé par tout que plus rien n’avait de délimitation propre. Des nuances de gris dans lesquelles Caleb perdait la définition même du blanc et du noir.

Alors quand Finn lui avoua à demi-mots sa culpabilité, Caleb reporta immédiatement son regard sur lui. Quelques mots, très simples, passèrent la barrière de ses lèvres en un instant. Il n’y avait aucune hésitation, aucun tremblement, aucun début de négociation possible.

— Non, c’est pas de ta faute. Bien sûr que non.

Pourquoi le défendait-il alors qu’il avait toujours cherché à le rabaisser jusqu’à ce qu’il disparaisse ? Et surtout, pourquoi c’était si simple ? Est-ce que le simple fait de toucher des cicatrices qu’il n’avait jamais soupçonné avait suffit à renverser totalement la balance ? Oui, mais pas que. Cette conversation, aussi improvisée soit-elle, lui montrait que son intuition était la bonne, que quand il avait senti la chair meurtrie sous ses doigts, il avait découvert un autre monde, un autre Finn, comme un archéologue découvre une cité dont on ne soupçonnait pas l’existence. Il avait vu Finn et avait décrété qu’il n’y avait qu’un désert sans intérêt, mais en creusant… Qui sait. Il fallait qu’il creuse. L’attitude de Finn alors qu’il lui disait de ne pas s’excuser renforçait encore cette impression. Il fallait qu’il creuse.

— J’ai… Même si tu m’avais provoqué… ça n’excuse rien.

Une pensée s’imposa à lui sans qu’il puisse rien y faire. Une pensée si stupide, si simple, et à la fois si triste que Caleb dut de nouveau détourner le regard. S’il n’en riait pas, il allait en pleurer, alors c’est ce qu’il fit, il rit. Sans rien dire, sans un mot, il rit de l’ironie de la situation. Si seulement Finn l’avait poliment invité à dîner, plutôt que de lui sauter dessus… Si seulement il avait respecté les règles, fait comme tout le monde, si seulement…

Mais non. Il s’était heurté au mur de jolis principes de Caleb, à ses idées préconçues et sa psychorigidité. Et la réponse avait été terrible. Caleb s’était senti assiégé alors que, vraiment, si Finn avait demandé, la porte se serait ouverte. Elle l’était, mais trop tard. Il n’y avait plus qu’un champ de ruines et l’impossibilité de revenir en arrière.

— J’ai compris. C’est trop tard.

Aedan n’était pas là de toute façon alors… Caleb se releva, et tourna le dos à Finn. Il aurait bien voulu ne rien laisser paraître, mais son inspiration irrégulière trahissait les larmes qui se pressaient derrière ses pupilles.
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Sujet: Re: Breathe me ft. Caleb Ollivander | Sam 13 Oct - 0:52
Breathe me

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Il leva un sourcil, entendant les mots que lui répondait Caleb, sans réellement les comprendre. Parfois, Finn avait l’impression qu’ils parlaient des langues différentes, tant ils semblaient déphasés, se hurlant des vérités qu’ils croyaient, l’un comme l’autre, arrêtées, mais qui se heurtaient dans leurs subjectivités passives. Il était réellement désemparé, le Bowman. Quand est-ce qu’il avait dit ne pas vouloir accepter sa proposition ? Est-ce que des mots qu’il n’avait pas voulu dire, avaient franchis la barrière de ses lèvres contre son insu, est-ce qu’il était devenu dingue à ce point ? Si sa question précédente avait été totalement spontanée, il la pensait réellement. Il voulait comprendre, avant tout : et c’est la raison pour laquelle, d’un ton toujours aussi interrogatif et confus, il lui répondit ces mots, qui coulèrent de sa bouche sans qu’il ne puisse rien faire pour les arrêter.

« -Ce n’est pas ce que j’ai dis, Caleb. Je… J’étais sincère dans ma question, je ne vois pas pourquoi quelqu’un comme toi voudrait apprendre à connaître un gars comme moi. T’es quelqu’un de bien, et moi… Moi, je sais pas ce que c’est d’être normal, d’accord ? Je n’ai jamais… fais les choses dans les règles. C’est pas une pseudo-rébellion de ma part, juste… Il cherchait ces mots, il luttait contre lui-même. S’il n’était pas vraiment difficile de dire la vérité sur ce qu’il ressentait, d’entendre sa voix dire tout haut ce qu’il ressassait, habituellement, dans sa tête, semblait irréel. C’est pour les autres, tout ça, pour les gens biens, pour les gens comme toi.

On pouvait sentir une urgence dans ses propos, un désespoir contemplatif, forgé par des années de dépression et de solitude. L’homme coincé dans une caverne croit que les ombres qu’il observe forment la réalité, après tout, et Finn végétait dans son dénigrement depuis si longtemps qu’il avait cessé de croire qu’il pourrait en sortir. Un miroir sans tain s’était créé, petit à petit, entre lui et la société : il la regardait comme un spectateur avide, contemplant un quotidien inaccessible en rêvant à ce que son heure arrive, tout en sachant pertinemment que ça resterait de l’ordre du fantasme. Le masque qu’il s’était créé le réconfortait, car il pouvait passer aisément, au milieu de la foule, pour l’un d’entre eux, mais ça ne voulait pas dire que son vrai visage, en dessous, s’était habitué à être figé dans une constante expression larmoyante.

C’était peut-être la raison pour laquelle il s’était tant accroché à Caleb. Parce qu’il avait des échos d’une réalité qui lui semblait inatteignable. Maintenant qu’il pouvait la toucher du bout des doigts, cependant, il n’arrivait pas à en saisir toutes les subtilités, comme un noyé qui peine à respirer après avoir agonisé pendant bien trop longtemps. Il avait peur. Peur que, s’il lâche enfin prise, ses ailes ne soient brûlées par le soleil, comme elles l’avaient été à chaque fois qu’il s’était montré un tant soit peu vulnérable, durant sa courte vie.

Finn leva les épaules, tandis que le cuisinier soutenait ses propos. Au final, que ce fut sa faute ou non, ce n’était pas vraiment important. L’enjeu était tout autre, et pourtant, ils s’accrochaient à ce détail pour éviter d’avouer, même à demi-mots, ce qu’ils pensaient réellement : et ce déni n’était même pas volontaire. Ils se ressemblaient plus qu’ils ne le pensaient, en réalité. Différemment semblables, semblablement différents. Lorsqu’ils se retrouvaient, ils devenaient des paradoxes vivants.

-Je vais bien, c’est le principal. On m’a fait bien pire, et je suis pas en sucre. Il soupira. Il savait parfaitement que ses arguments étaient irrecevables, et que Caleb pouvait prendre ses propos, encore une fois, pour l’inverse de ce qu’il voulait faire passer comme message. Passant une main dans ses cheveux, ses ongles frottant la peau de son crâne, résonnant dans sa tête comme le crissement d’un insecte, il cherchait ses mots. Je ne dis pas que je n’aurai pas préféré que ça se passe… autrement, mais mec, j’étais d’accord. T’as pas à t’en faire.

Bien sûr, il taisait ce qu’il était arrivé ensuite. Car ce que Finn n’avait pas compris, sur lui-même, sur la vie en général, c’était qu’il ne méritait pas moins qu’un autre un peu de douceur. Que s’il tirait du plaisir dans sa souffrance, indéniablement, il n’avait pas à se cantonner dans ce rôle pour exister. Mais il était perdu, seul, sur un radeau au milieu de l’océan, et il était tellement déshydraté et habitué à parler avec sa propre ombre, qu’il ne pensait même pas à saisir la bouée de sauvetage qu’aurait pu lui tendre Caleb.

Lorsqu’il rit, le jeune homme fut encore plus perplexe. Il savait que le cuisinier ne se moquait pas de lui, il lisait suffisamment bien les gens pour ne pas l’avoir méjugé à ce point, mais il ne pouvait saisir pourquoi quelqu’un comme lui avait un impact sur Caleb suffisant pour qu’il soit brisé à ce point. Il n’était pas assez important pour ça. Sa confusion augmenta encore lorsque le géant se releva, lorsqu’il sentit les échos presque silencieux de son chagrin. Je n’en vaux pas la peine, Caleb, putain, pourquoi est-ce que tu n’arrive pas à le comprendre ?  

Il pensait sincèrement avoir pensé cette phrase, mais alors qu’il se levait maladroitement, pressé de ne pas mettre trop de distance entre leurs deux corps, il eut la surprise de s’entendre le dire à voix haute, cette phrase qu’il avait ressassé pendant des années sans jamais l’avouer à personne. C’était comme s’il avait un trou dans son âme, comme s’il était un ballon percé qui relâchait enfin la pression qu’il contenait. Posant la main sur l’épaule de Caleb, pas assez fort pour le retenir, comme une présence aérienne, presque éthérique, il crut bon de préciser sa précédente confidence.

-Tu te rappelles, dans la ruelle, ce que tu m’as dis ? Je t’ai répondu que t’avais raison, et je le pensais. Je t’ai pas menti. C’est pour ça que t’as eu raison de me prendre comme une chienne, que je ne peux pas comprendre pourquoi, malgré tout, tu voudrais qu’on aille boire un verre… Parce que j’ai rien à t’offrir, à offrir à personne. Il ne pleurait pas, lui, parce qu’il n’était pas en proie à une réalisation, ou à une quelconque épiphanie. Il savait ce qu’il disait : il le pensait à chaque fois qu’il se levait le matin, qu’il se couchait le soir. C’était son quotidien, l’ombre noire qui le suivait, partout où il allait. Parce que… je suis rien. J’aimerai bien que ce ne soit pas le cas, mais je veux pas te mentir, ou me mentir à moi-même en prétendant le contraire. »

C’était pour lui la vérité la plus élémentaire, le commencement et la fin qui se rejoignait. Il avait voulu jouer avec le feu, avec Caleb. Il avait cru qu’il ne se brûlerait pas, car ses mains étaient tellement carbonisées qu’elles n’étaient que des morceaux noirâtres désincarnés : et pourtant, malgré tout, il souffrait. Un état qu’il connaissait si bien qu’il en était presque réconfortant.  
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Sujet: Re: Breathe me ft. Caleb Ollivander | Sam 13 Oct - 4:19


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Qu’est-ce qu’il ne fallait pas entendre, sérieusement. Caleb, un mec bien ? Finn avait pourtant eu la preuve que non, qu’il pouvait se comporter comme la dernière des raclures, comme tout le monde. Sur le coup, Caleb ne sut quoi répondre : c’était tellement stupide et triste ce qu’il entendait, ce qu’il comprenait, qu’il préférait juste fermer sa gueule. Et puis oui, si seulement les choses s’étaient passées différemment entre eux. Si seulement Finn avait décidé d’approcher Caleb d’une autre manière, avec un comportement plus attendu, conventionnel… Ça aurait pu fonctionner. Ou du moins, Caleb ne l’aurait pas rejeté avec tant de violence avant de se rendre compte de l’horreur de ce qu’il avait fait, et de culpabiliser. Alors non, c’était pas de la faute de Finn, quand bien même Caleb gardait cette idée dans un coin de sa tête, au cas où il se rabaisserait à vouloir se dédouaner ainsi. Il aurait dû se garder de jugements hâtifs, mais là aussi, il n’était qu’humain.

Finn lui, disait tant de choses terribles sur lui-même, sans même le réaliser, semblait-il, que Caleb se mura dans un silence abasourdi. Ce n’était pas son rôle de rassurer le gars qui l’avait violenté, pas plus qu’il n’aurait dû dire de façon si nonchalante qu’il n’était pas assez normal pour fréquenter quelqu’un de soit-disant bien comme Caleb. Toute cette scène était surréaliste. C’était une impasse dans laquelle ils s’étaient engagés sans même s’en rendre compte, et Caleb avait l’impression d’être le seul à voir le mur devant eux. Il n’y avait plus rien à faire, plus rien à rattraper, il était déjà trop tard.

Caleb s’était levé, en proie à une tristesse soudaine teintée de frustration et de colère. Pas envers Finn, bien sûr, mais lui-même. Il aurait dû voir les choses autrement, être moins buté… Il aurait dû. Il y avait nombre de choses qu’il regrettait, et aucune sur laquelle il ne pouvait avoir de prise. C’était juste un bout de bois dérivant au gré de forces qui le dépassaient, malmenés par des vagues dont il n’arrivait même pas à comprendre la nature.

Et puis Finn posa une main sur son épaule. Pas de manière brutale, juste pour signaler sa présence. À vrai dire, il avait dit tellement de choses dans cette ruelle qu’il avait du mal à savoir de quoi Finn parlait, à moins que ce ne soit la faute à cette situation qui le mettait dans tous ses états. Il fit ce qu’il faisait rarement, et tenta de s’empêcher de pleurer, de garder contenance parce qu’il allait finir par chialer pour deux si Finn continuait de parler. Il se retourna lentement, chercha du regard Finn et y planta le sien comme par défi. Tant pis s’il pouvait voir à quel point il était près de craquer.

— Tu t’entends ? Est-ce que tu te rends compte de ce que tu dis ? Finn mais…

Il posa ses mains sur ses épaules à lui, chacun son tour, et fronça les sourcils comme s’il était face à une énigme particulièrement ardue. Ce n’était pas loin de la vérité, après tout.

— Qu’est-ce qu’on t’a fait pour que tu penses des trucs pareils ?

Oh, pour ça, il avait un élément de réponse, déjà. Caleb faisait partie du problème, ça, il en avait bien conscience, même si Finn cherchait à le disculper sans peut-être le réaliser. Mais il ne décelait aucune trace de mensonge, même de fausse modestie dans la voix de Finn. La fausse modestie n’avait pas l’air d’être son genre de toute façon. C’était ça, le pire, en fait. Il croyait dur comme fer à ce qu’il disait.

— Personne n’est rien. Personne.

C’était sûrement un truc de Gryffondor ça, quelque chose que Caleb avait lu dans des romans à l’eau de rose et qu’il tenait pour vérité absolue, mais face à Finn, il se disait que ça devait être vrai. Il espérait que ça le soit, et qu’il y ait derrière ces yeux autre chose, peut-être même quelque chose dont Finn lui-même n’avait pas conscience. Qui sait, si ça se trouve, le mec bien de l’histoire, c’était pas forcément celui qu’on croyait.
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Sujet: Re: Breathe me ft. Caleb Ollivander | Sam 13 Oct - 8:51

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Qui sait ce qu’aurait pu devenir Finn, si son père n’avait pas irrémédiablement brisé son ego en même temps que la peau de son dos ? Qui sait ce qu’il se serait passé, si sa mère n’était pas restée silencieuse au milieu des cris, si ses professeurs, à Poudlard, étaient intervenus, si quelqu’un l’avait pris sous son aile lorsqu’il était à la rue, au lieu d’abuser de son corps ? Tout aurait pu être bien différent. Mais la réalité a la fâcheuse tendance de fonctionner par cycles, et à chaque fois que la lumière au bout du tunnel aurait pu être atteinte, Finn se retrouvait, fatalement, plongé dans le noir. Il n’est pas étonnant qu’il ait perdu la notion même de sa propre valeur, perdu dans les limbes de cette vie ténébreuse, il était bien plus stupéfiant de se dire qu’il ait réussi à y survivre, années après années, qu’il se tienne aujourd’hui debout, droit et fier : certes, à se rabaisser sans même s’en rendre compte, mais avec suffisamment d’aplomb pour qu’on comprenne que quelque chose clochait. Qu’une pièce de puzzle manquait, quelque part.

Et tandis que des yeux bleus se plongeaient dans les siens, il s’heurta à ses propres contradictions. Pourquoi est-ce qu’il racontait tout ça à Caleb, s’il s’en fichait autant ? Pourquoi est-ce que de voir à quel point il était bouleversé, il pouvait sentir son cœur se serrer, par pour le cuisinier (bien qu’il détestait l’idée d’avoir pu provoquer ces sentiments chez le sang-pur), mais pour lui-même ? A se dire, que, peut-être, il avait eu tort sur toute la ligne. Qu’il avait gâché sa vie en se disant que, quoi qu’il faisait, il ne pourrait jamais effacer un passé bien trop douloureux. Mais bien vite, il se reprit intérieurement. Ne crois pas ces conneries, Finn. Tu sais bien que si tu espères des choses, ça sera encore pire. D’avouer, même à demi-mot, ses propres faiblesses… il n’était pas assez fort pour ça.

Ce fut l’instant où Caleb posa ses mains sur ses épaules, et pendant une fraction de secondes, il se dit qu’il serait bien agréable de lâcher prise. D’abattre les masques, de cesser de prétendre qu’il allait bien, d’ôter la montre de son poignet et de le foutre sous le nez de l’Ollivander pour qu’il comprenne à quel point il était détraqué. Mais il n’en fit rien, bien sûr. Il resta stoïque, le regard fixe, tellement indifférent qu’il en devenait effrayant. Il ne voulait pas se laisser ressentir des choses, car s’il ouvrait la porte, il ne pourrait pas la refermer.

« -On ne m’a pas fait plus de mal que je n’en ai causé. Si tu savais tout ce que j’ai fais… tu ne voudrais pas me regarder dans les yeux. Tu ne pourrais même pas me toucher, sans reculer de dégoût.

On aurait pu croire, à ses mots, qu’il avait commis les pires des ignominies, tué quelqu’un, torturé des innocents. C’était loin d’être le cas. Mais Finn avait été élevé dans la foi chrétienne, où, en premier lieu, le suicide était vu comme la pire des horreurs, un crime impardonnable envers Dieu, et où la luxure était un péché capital, en particulier si on rajoutait le combo prostitution et homosexualité. S’il ne croyait certainement pas au Tout-Puissant, il était difficile de balayer du bras la base même de son éducation. Et c’était vrai, qu’il avait fait du mal à de nombreuses personnes, preuve étant qu’il avait, parmi ses connaissances, bien plus de détracteurs que d’amis, mais de là à dire que les abus qu’il avait subit se retrouvaient effacés par ses propres fourvoiements, il y avait un monde : pourtant, il y croyait fermement.

-Et bien écoute, je dois être l’exception qui confirme la règle.

Un rictus orna son visage, insolemment dérangeant. Malgré tout ça, il trouvait la force de plaisanter : à moins bien sûr que c’était tout ce qu’il trouvait pour ne pas rendre les armes. Il n’était pas bête, le Finn, loin de là, il savait parfaitement que ce moment resterait gravé dans sa mémoire pour les années à venir. Il était bien déterminé à ce que ce souvenir ne s’ajoute pas à la pile de ses erreurs, déjà bien trop imposante à son goût.

Sa propre main, auparavant posée délicatement sur le géant, glissa le long de son torse, pour se poser en plein milieu de son sternum. Ainsi, s’il le voulait, il pouvait, à loisir, le repousser, et, dans le même temps, sentir les battements de son cœur à travers sa paume. Feu et glace, danger et calme, netteté et flou. Il avait établi un équilibre dans sa vie, certes inefficace, certes éphémère, mais un équilibre, et tout menaçait de s’effondrer. Il ne pouvait pas laisser Caleb l’atteindre. S’il se permettait ce genre de folie, il ne pourrait jamais garantir de pouvoir se sortir d’un bourbier dans lequel il se serait lui-même jeté. Sa voix s’adoucit, alors qu’il reprit la parole. Il était fatigué.

-Tu ne te rends pas compte… Tu ne devrais pas me dire des trucs de ce genre. Garde les en stock pour quelqu’un qui le mérite, quelqu’un qui aurait besoin d’aide pour être sauvé. T’avais raison. C’est trop tard. Mais pas pour toi, Caleb, c’est pas trop tard pour toi. »

Et il s’obstinait, se répétait, puisque ce qu’il croyait être une vérité universelle ne semblait pas encore avoir fait son petit bonhomme de chemin dans la tête du sang-pur. De toute façon, bientôt, il serait à court d’arguments, et c’était ça, le plus effrayant : c'était probablement la raison pour laquelle il voulait si désespérément qu'il admette une bonne fois pour toute qu'il avait raison, que sa proposition avait été une erreur, et qu'il pouvait trouver quelqu'un de bien mieux que Finn pour aller boire un verre.
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Sujet: Re: Breathe me ft. Caleb Ollivander | Dim 14 Oct - 5:58


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La confusion de Caleb s’épaississait avec la conversation. Là, il n’arrivait même plus à décider de si Finn se dénigrait volontairement ou s’il était un minimum objectif sur lui-même. Parce que oui, le Gryffondor n’avait aucune difficulté à l’imaginer faire des choses horribles, ou à être abject avec les autres : il suffisait qu’il se souvienne de ce qui était arrivé à Alicia pour s’en convaincre. Mais n’exagérait-il pas un peu ? À moins qu’il ait tué des gens ou ce genre de trucs ? Après tout, Caleb n’en savait rien… Il ne le connaissait pas. Justement, il aurait voulu en savoir un peu plus, il voulait comprendre, mais Finn lui échappait comme du sable entre ses doigts. Et comme pour lui donner raison, Caleb laissa ses mains lui tomber des épaules. Il ne recula pas vraiment, mais son regard trahissait le fait qu’il croyait Finn, au moins partiellement.

Il ne savait plus comment réagir face à cet homme. Ok, il ne respectait aucune règle socialement pré-établie, mais là c’était trop instable et incohérent pour que Caleb réussisse à le suivre. Qu’est-ce qu’il voulait entendre, à la fin ? Qu’il n’était effectivement qu’un moins-que-rien qui ne méritait que de disparaître ? Comment Caleb pourrait dire quelque chose comme ça, ou ne serait-ce que quelque chose qui s’en approche ? Perplexe, il laissa la main de Finn ramper sur sa poitrine comme un serpent, se demandant ce qu’il allait faire ou dire ensuite. Si rien n’avait de sens, si rien n’était logique, comment mettre en sourdine sa curiosité… ?

Et il fut surpris. Même en se disant que tout était possible maintenant, Caleb ne s’était pas attendu à ce ton las, cette résignation qui sonnait trop juste pour être feinte. Finn agissait comme quelqu’un qui ne pouvait être sauvé, qui préférait voir l’autre fuir le danger plutôt de devenir un poids pour lui. Caleb avait pensé à simplement partir, croire Finn et lui rejeter la responsabilité s’il s’avérait que battre en retraite avait été une énième erreur, mais la métaphore qu’il déroula dans sa tête donna soudain du sens à toute la scène. Finn se croyait trop loin, un cas désespéré, et paradoxalement, ne se laissait plus approcher que par les gens dont il n’avait rien à foutre. Il rejetait Caleb. Dans sa logique tordue, ça ne pouvait vouloir dire qu’une seule chose.

— Tu m’aimes. Tu m’aimes vraiment.

Ce n’était pas une question, ni même un souhait, juste une constatation. Caleb se demandait même si Finn en avait conscience, ou s’il s’aveuglait assez efficacement pour que souligner les évidences ne soit pas inutile. La réalisation filait le vertige à Caleb aussi : tout ce qu’il avait dit et fait prenait un autre sens si Finn n’en avait pas eu tant que ça rien à foutre, si sa nonchalance n’avait été qu’une façade. Une pointe de culpabilité lui lança dans la poitrine, alors qu’il soupirait, ouvrant la bouche pour dire quelque chose, mais rien ne lui venait. Devait-il insister, au risque de se retrouver dans le même rôle ingrat qu’avait eu Finn au début ? Devait-il ne rien dire, accepter cette situation dans tout ce qu’elle avait de profondément injuste ?

— Comme tu veux...

Rejeter la responsabilité, c’était toujours la meilleure alternative, si si.

— …Je ne veux pas te forcer.

Plus, plutôt, vu ce qu’il s’était déjà passé entre eux… Mais ça c’était du détail.

— Tu sais où me trouver, si t’as besoin, ou si tu réalises à quel point ton comportement ne fait aucun sens.

Il lui avait si ardemment couru après, et maintenant il faisait tout pour le maintenir à distance alors que Caleb faisait enfin un pas vers lui… C’était quoi le projet, vraiment ?

— Je sais pas de quoi t’as peur… C’est une invitation à boire un verre, pas une demande en mariage. Je… Qu’est-ce que tu veux ? Est-ce que tu le sais au moins ? Juste… Qu’est-ce que tu attends de moi ?
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Sujet: Re: Breathe me ft. Caleb Ollivander | Dim 14 Oct - 12:09
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Ce fut comme un électrochoc. Tellement imprévisible, tellement violent, qu’il ôta, comme s’il venait de se brûler, sa main du torse de Caleb, reculant d’un pas sous l’impact. Il se serait peut-être attendu à tout, sauf aux mots que venait de prononcer le Sang-Pur. Comment ça, il l’aimait ? Le pire, c’était qu’il n’avait posé aucune question, il n’avait pas semblé hésitant, il posait sa thèse comme étant une vérité absolue et immuable. L’esprit de Finn se vida, tant il était abasourdi. Et que répondre, que dire ?

L’amour, de toute façon, c’était un concept mis au point par les magasins de papeterie pour vendre des cartes de vœux, non ? Ça n’existait pas vraiment, c’était ce qu’on avait inventé pour les enfants, pour ne pas avoir à leur expliquer toutes les choses dégoûtantes que deux adultes pouvaient faire dans l’intimité. Non non, Timothée, tes parents ne baisent pas, ils font l’amour, tu comprends ? Quelles conneries. Finn n’avait jamais connu la moindre parcelle d’amour, certainement pas entre ses parents en tout cas, et s’il aurait pu apprendre ce que c’était auprès d’Aedan, il avait toujours refusé catégoriquement d’admettre les sentiments qui avaient tourbillonné en lui. Caleb… Il ne le connaissait pas, pas vraiment, alors comment diable est-ce qu’il aurait pu ressentir quelque chose de ce genre, si, bien sûr, on admettait que c’était possible ? Non, vraiment, le cuisinier nageait dans des illusions bien trop fantasmagoriques pour son propre bien.

Il se raccrochait aux lianes comme il pouvait. En réalité, il ne savait pas lui-même ce qui pouvait bien se tramer dans sa tête. Tout se mélangeait, sa volonté de se couper volontairement de ce qui pourrait bien le faire souffrir, son propre cœur qui se rappelait à lui, son image de playboy qu’il cultivait soigneusement, même les notions, pourtant élémentaires, des fondements des émotions. Le tumulte était si intense qu’il ne pouvait penser à rien, réfléchir à rien. Il voulait partir, courir aussi loin qu’il le pouvait pour échapper au regard de l’héritier Ollivander, non pas dans une tentative de fuite, bien que ça en serait une, somme toute, mais parce qu’il aurait eu, ainsi, l’occasion de se soumettre à son seul jugement. Prendre un peu de temps pour démêler cet imbroglio de pensées, et s’il n’y parvenait pas, si ça faisait trop mal, il aurait toujours pu se réfugier dans l’alcool ou la drogue. Il était lâche, le Finn, il le savait bien.

Mais c’était impossible. Il était figé, regardant simplement Caleb, sans larmes ni joie dans son regard. Comme si c’était la première fois qu’il le voyait réellement, en vérité. C’était une expression naïve, presque enfantine, qui découvre un terrain inconnu, potentiellement dangereux, mais rigoureusement nouveau. Que faire d’autre que de se brûler, lorsqu’on découvre la flamme vive d’une bougie ? Que faire d’autre que de frissonner, lorsque le vent automnal nous traverse le corps ? Que faire d’autre que cligner des yeux, lorsqu’on est soumis à une lumière vive, après avoir vécu toute sa vie dans l’obscurité ?

Il aurait pu rester là à regarder Caleb pendant des heures, sans qu’il ne se rende compte que le temps s’était arrêté. Car la situation, au final, était si irréelle qu’il ne pouvait se défaire de son étrange emprise. Mais heureusement, le cuisinier reprit la parole, et il fut plus facile d’articuler une réponse. Il n’y avait plus aucun calcul, plus aucune prévision. Il parlait, parce que l’homme est un animal social, et qu’on lui avait appris que lorsqu’on lui adressait la parole, il fallait rendre l’attention. Rien de plus, rien de moins.

« -J’ai peur de tout, j’ai peur de toi, de moi, de ce qui pourrait arriver… Il ferma les yeux, en soufflant. Il rendait les armes, Finn. Il n’y avait plus de retenue en lui, même plus de honte. Il ne pouvait plus justifier son comportement insensé, et il ne ferait pas l’affront à Caleb de lui mentir, même si, bien sûr, ça serait plus facile pour lui. Ses paupières toujours fermées, comme s’il ne parlait à personne d’autres que lui-même, il continua sa diatribe. Je ne sais pas ce que je veux, je ne sais pas si c’est toi, juste… J’aimerai bien que ça s’arrête, putain, que… J’ai pas choisi tout ça. J’ai pas choisi d’être si détraqué, et je suis tellement fatigué…

Il ne faisait pas vraiment de sens, et il s’en fichait. C’était comme s’il avait oublié la présence de Caleb, quelque part, qu’il s’adressait à l’enfant qu’il avait été et qui n’était plus. Désolé d’avoir si mal tourné, kiddo. T’avais du potentiel, pourtant. Il aurait simplement voulu que tout se fige, que le monde continue d’avancer tandis que lui restait ici, pétrifié dans un purgatoire où rien ni personne ne pouvait l’atteindre. Il aurait pu se laisser aller aux larmes, s’il avait eu suffisamment de force pour pleurer. Mais il avait, depuis bien longtemps, dépassé le stade de la tristesse.

Enfin, après ce qui lui semblait des siècles mais qui, au final, n’étaient que de longues secondes d’infini, il finit par rouvrir les yeux, sans réellement regarder Caleb. Il fixa un point derrière lui, dans le lointain, le corridor de l’immeuble s’agrandissant dans une illusion d’optique, en un long tube qui semblait sans fin. Il fallait qu’il se ressaisisse. Qu’il cesse cette mascarade, pour pouvoir se réfugier chez lui, où un mec comme Caleb ne pourrait pas le perturber suffisamment pour remettre en cause les fondations même de son existence.

-Désolé, dit-il en haussant les épaules, se dissociant totalement de ses propos précédents. Ça n’a pas d’importance, de toute façon, ce que je veux ou pas. Je n’ai rien à attendre de toi, tu n’as pas de soucis à te faire à ce sujet. Je vais y aller. »

Son ton était presque aussi sec, qu’auparavant, il était désespéré. Faire machine arrière, c’était la seule possibilité qu’il pouvait envisager, remettre des cartes dans ses manches, pour pouvoir les ressortir, au cas où la partie retournerait à son désavantage. Tant pis si ce n’était pas discret.
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Tame my hunger, Numb my skin
In the crowd alone, and every second passing reminds me I’m not whole. Bright lights and city sounds are ringing like a drone, unknown. Oh, glazed eyes, empty hearts, buying happy from shopping carts. Nothing but time to kill, sipping life from bottles.
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Breathe me ft. Caleb Ollivander
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