Bienvenue sur Catharsis,
A Tale of Muggles and Wizards
Constellations ON/OFF
Catharsis
A Tale of Muggles and Wizards

Catharsis :: Atlantis & Manadh :: Les Salines :: Les demeures aménagées aux Salines
 

 Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor)

Aller en bas 
AuteurMessage
Keith R. CampbellKeith R. Campbell
StaffProfesseur
StaffProfesseur
http://www.catharsis-rpg.com/t20-keith-r-campbell-as-soonMessages : 776 Points : 261
Pseudo : Uneraell / Line
Avatar : Jackson Rathbone
Crédits : Melody, Niniel
Plus d'informations
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Les Salines
Patronus:
Informations diverses:
MessageSujet: Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor)   Dim 30 Sep - 14:27

La lettre de Sebastian me tomba dans les mains comme un appel peu discret du destin. J’avais tenté de reprendre mon travail sur l’automate oiseau que j’avais entamé juste avant de commencer ma tenure à l’UPA ; malgré ma fascination pour la question du vol, j’avais fini par laisser de côté cette recherche exigeante – et surtout aussi peu fructueuse qu’elle était frustrante – trop occupé que j’étais par l’organisation des cours. Je m’étais attendu à ce que mon rythme de travail change radicalement une fois qu’il me faudrait intégrer des étudiants – leurs questions, leurs travaux, leurs … enfin, leur remue-ménage – dans mon emploi du temps. J’étais bien loin de la vérité cependant. Ma propre naïveté me fit presque sourire alors que je songeais au Keith qui était arrivé à Atlantis, sans véritable but, ni plan, juste parce qu’il lui fallait une échappatoire de Londres, et que Detroit n’était pas la solution, malgré l’attrait que cette ville avait toujours sur moi.

« un Ecu de Siobeski fait sur mesure qui n’attend que toi, enchanté avec précision, avec pas mal de modifications qui pourraient t’intéresser »

Je répète le texte plusieurs fois à voix haute, des accents d’excitation grandissants à chaque relecture ; la dernière s’adresse même directement, et avec insistance à Moriarty, qui se contente de me regarder d’un air stoïque, perché sur le dossier du canapé. La météo n’est pas propice au vol, ce qui explique la présence du félin à l’intérieur. Quand il pleut et ventre, pourquoi donc chercher à dénicher un oiseau, quand on possède un humain qui ne peut s’empêcher de faire voler, tous les jours, un bidule différent à travers le salon. Je souris à mon chat sans me plaindre, pour une fois, de son absence de commentaire et saute sur mes deux pieds. Le temps de mettre la main sur mon trench-coat, mon chapeau, de fourrer ma baguette dans un sac en bandoulière au cuir élimé par ses nombreux voyages et la ribambelle d’outils et pièces métalliques de toutes sortes qu’il contenait, et je m’élance déjà dans la pluie écossaise.

Il ne me faut que quelques minutes pour atteindre la maison de Sebastian, mais elles suffisent pour que je soie trempé et c’est seulement alors que je frappe à la porte d’entrée que je réalise que j’aurais pu transplaner. Comme souvent, mon enthousiasme à poursuivre une idée tend à me faire oublier que je suis un sorcier. Les questions se bousculent dans mon esprit, et je me plais à divaguer sur le type de modifications qui ont bien pu être apportée à un Ecu de Siobeski. En parallèle, je m’étonne de ne pas avoir songé à contacter Sebastian moi-même, après nos retrouvailles en parallèle de la Coupe d’Europe de Quidditch. Qui comme meilleur conseiller pour développer un automate volant, qu’un joueur de quidditch ? Il n’était probablement pas d’être sur terre qui pourrait expliquer, définir, préciser les sensations du vol avec plus d’efficacité qu’un poursuiveur de la classe de l’ancien Serdaigle.

« Ah Sebastian, que je suis heureux de te voir ! Tu as bien fait de m’écrire, tu sais comment je peux être tête en l’air. A cet égard, je n’ai pas changé. Je suis sure que notre collaboration sera fructueuse... » m’exclamé-je alors que la porte s’ouvre, avant même d’avoir eu le temps de découvrir le visage – brouillé par la pluie, certes – de mon interlocuteur.
Sebastian M. O'ConnorSebastian M. O'Connor
Sorcier
Sorcier
http://www.catharsis-rpg.com/t998-sebastian-m-connor-s-il-y-a-enMessages : 1201 Points : 334
Pseudo : Flow
Avatar : Bradley James
Crédits : avatar : Hareton signature : buckaroo
Plus d'informations
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Atlantis
Patronus: S'il pouvait en faire un, un Setter irlandais rouge
Informations diverses:
MessageSujet: Re: Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor)   Jeu 4 Oct - 3:31

Un Écu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ?

- Sebastian M. O'Connor — Keith R. Campbell -


"I spent my life trying to answer to the voice inside my head, but all I found were empty questions from a time that I forget. I learned my lesson, it was wrong of me to look so far ahead. I'll count my blessings one by one, I'll live a life I won't regret, and now I finally see the future's right in front of me." A Great Big World
Parfois, les souvenirs s’entremêlent tellement qu’ils deviennent confus. Avez-vous expérimenté ces moments étranges où votre propre mémoire vous fait défaut ? Où vous discutez avec vos parents, vos frères ou sœurs, et vous vous rendez compte qu’une image fixe dans votre tête, que vous sculptez et polissez depuis des années, est en réalité un mirage ? Elle n’est qu’une succession d’événements mis bouts à bouts, recoupés et soigneusement édités pour devenir ce qu’on croit être la réalité, mais qui n’est qu’un point de vue abstrait d’un monde trop chaotique pour être englobé par les réminiscences d’un seul individu.  

Sebastian s’était rendu compte, plusieurs années après sa sortie de Poudlard, que tout ce qu’il avait cru vivre était bien trop lisse pour être vrai. S’il avait vraiment été ce gars populaire et bienveillant, qui attirait les amis comme des mouches tout en les respectant et les acceptant, peu importe leurs passifs, probablement n’aurait-il pas perdu tant de ces connaissances de vue. Probablement que Peter, ou Blake, ne lui en voudrait pas autant. Parfois, l’irlandais se rendait compte qu’il finissait par croire le portrait que les médias dépeignaient de lui, de ce joueur parfait qui devait être un exemple pour tous les jeunes enfants qui le suivait, comme s’il menait une double vie, et que, petit à petit, la réalité de son existence se dissipait pour se confondre avec les fantasmes de ceux qui l’entouraient : peut-être était-ce la raison pour laquelle il avait tant tardé à faire son coming-out. Car d’avouer à voix haute ce qu’il pensait tout bas, c’était annoncer au monde qu’il n’était pas la personne qu’ils croyaient qu’il était, et malgré tout, l’une des plus grandes peurs du poursuiveur, c’était de décevoir. Il avait fait l’erreur de mettre sur un pied d’égalité la déception de ses proches, et ceux de ses fans.

Aujourd’hui, alors que, grâce à un certain Jude Whitmore, il avait assumé ce qu’il était, il lui arrivait de revenir sur des éléments de son passé qui lui faisaient s'interroger. Pourquoi diable avait-il cultivé une admiration sans borne pour quelqu’un comme Léandre, alors que, si le Serpentard l’avait considéré comme un ami, il avait toujours été évident qu’il ne ressentirait jamais la même chose que lui, à son égard ? À cause de cet amour de pacotille, ce crush d’adolescent, il avait quand même risqué sa future carrière, se faisant embrigader dans des coups tordus auquel il n’avait jamais voulu participer, et sacrifiant des entrainements pour les beaux yeux du Sang-Pur. Et ce n’était qu’un exemple parmi tant d’autres, un exemple de son comportement à Poudlard, qui le perturbait.

Lorsqu’il avait revu Keith, pendant la Coupe d’Europe, le blondinet était à mille lieux de se douter qu’il convoquerait, seulement quelques mois plus tard, une conférence de presse pour dire devant un parterre de journalistes qu’il était gay, mais ça lui avait aussi rappelé que, même plus jeune, il avait été capable de prendre de bonnes décisions. Qu’il était réaliste de se dire que, si tout n’avait pas été blanc, lors de son séjour à l’école des sorciers, tout n’avait pas été tout noir non plus.

Keith Campbell était plus jeune que lui, et il dénotait, dans les couloirs du château écossais. Un peu trop coincé, un peu trop le nez fourré dans des bouquins, avec une chair bien trop tendre pour le nombre de loups qui trainaient dans les parages, et Sebastian avait utilisé son aura de chef solaire, ou tout simplement, du capitaine de Quidditch extrêmement populaire, pour qu’on le laisse un tant soit peu tranquille. L’irlandais n’aurait jamais laissé passer de l’intimidation scolaire, pas tant qu’il était là pour l’en empêcher, et il avait appris à apprécier le jeune Serdaigle, qui le regardait voler comme s’il était une expérience scientifique, plutôt que comme un sportif : car il était bien plus tolérant envers les autres qu’envers lui-même, on ne pouvait pas lui enlever ça.

Aujourd’hui, alors qu’il ouvrait sa porte sur laquelle des coups précipités avaient été portés, et qu’il découvrait sur son pallier un Keith trempé par la pluie, des myriades de pensées tournaient dans sa tête, des souvenirs aux regrets, d’anecdotes mélancoliques à la nostalgie d’une période s’apparentant presque à un songe. Il s’écarta pour le laisser passer, afin qu’il ne se mouille pas plus que de nécessaire, sans réellement se soucier de l’eau qu’il pourrait répandre dans sa demeure (certes, il ne possédait pas d’elfes de maison, bien qu’on lui ait préconisé plusieurs fois d’en acheter un, mais une femme de ménage passait tous les jours pour prendre soin de sa maison, et son manager n’était jamais loin, avec son armée d’assistants, lorsqu’il avait besoin de quelque chose), son sourire éclairant la pièce bien plus fort que ce que le soleil aurait pu faire.

« -Je pourrais dire la même chose, Keith, j’était très content de savoir que tu acceptais mon invitation. Mais tu vas attraper la mort, à te balader comme ça sans parapluie ! Laisse moi te servir une tasse de thé pour te réchauffer, avant qu’on n’attaque le vif du sujet, proposa-t-il sans réellement attendre de réponse, levant déjà sa baguette pour mettre à chauffer de l’eau sur sa gazinière, à l’autre bout de la pièce.

D’un geste, il lui désigna le canapé pour qu’il s’y installe. La pièce était grande et claire, malgré le temps gris (l’avantage d’un appartement en bord de mer, probablement), et on pouvait admirer, de n’importe quel siège, les quantités impressionnantes de coupes, de médailles et autres symboles de la réussite de Sebastian qui s’étalaient sur ses murs et le manteau de sa cheminée. Ce n’était pas vraiment de la prétention de sa part, d’une part, il était réellement fier de ses accomplissements et du chemin qu’il avait parcouru pendant ses quinze ans de carrière, et de l’autre, il n’allait quand même pas jeter les trophées qu’on lui remettait. Mais il était vrai que la décoration s’en retrouvait, quelque peu… chargée, doublée par une collection assez impressionnante de balais de collection de toutes sortes, qu’on pouvait voir un peu partout.

Pendant qu’il préparait le thé, le joueur de Quidditch se surprit à chercher ses mots. Comment combler tant d’années sans prendre de nouvelles, sans savoir ce qu’il était advenu de son ancien camarade ? Probablement avait-il vécu la guerre bien plus durement que lui, peut-être avait-il perdu de la famille et des proches, et lui était là, à se parader dans une galerie à son honneur. Peut-être n’avait-il pas tant changé, après tout.

-Alors, demanda-t-il finalement d’une voix douce. Notre conversation pendant la Coupe a été un peu… chaotique, mais j’ai cru comprendre que tu étais devenu automatier ? Ça consiste en quoi, exactement ? »

Autant commencer par un sujet relativement sûr, et il était réellement intéressé. Lui le mauvais élève, le sportif plutôt qu’intellectuel, ne se souciait pas vraiment des complexités des machines, mais bel et bien de son ancien ami Keith, de ce qui avait constitué son quotidien depuis qu’ils s’étaient quittés, de ce qui l’avait construit, au fil des années. Il voulait comprendre, en somme. Et peut-être qu’ainsi, dans le même temps, il se comprendrait un peu mieux lui-même.  
code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 1190 WORDS.




    You burn with the brightest flame
    You could be the hero, you could get the gold, breaking all the records that thought, never could be broke. Do it for your people, do it for your pride, how you ever gonna know if you never even try? Do it for your country, do it for you name, 'cause there's gonna be a day when you're standing in the hall of fame.

Keith R. CampbellKeith R. Campbell
StaffProfesseur
StaffProfesseur
http://www.catharsis-rpg.com/t20-keith-r-campbell-as-soonMessages : 776 Points : 261
Pseudo : Uneraell / Line
Avatar : Jackson Rathbone
Crédits : Melody, Niniel
Plus d'informations
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Les Salines
Patronus:
Informations diverses:
MessageSujet: Re: Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor)   Mer 10 Oct - 15:43

Ne pas avoir côtoyé Sebastian depuis des années, ne lui avoir parlé qu’une seule fois ces derniers mois, au détour d’une échoppe lors d’un grand événement sportif, n’avoir aucune idée de ce qu’était devenu sa vie – si ce n’est ce que j’avais capturé rapidement dans l’un ou l’autre média, alors que je cherchais quelque information à propos des évolutions des enchantements de vol – ne me perturbait pas le moins du monde. Je traverse son salon en tapotant distraitement mes vêtements avec ma baguette, tellement habitué à me faire surprendre par la pluie que j’avais développé une maîtrise particulièrement affinée des sortilèges ménagers. Si je n’étais pas gêné par une averse – la passion à ses priorités – il n’était pas question de passer plus d’une minute sans être présentable, une fois les conditions améliorées. Ainsi, malgré la traînée d’eau que je laisse sur mon passage lors des premiers mètres, je m’installe dans le canapé avec un sourire large et surtout, sincère.

Je mets un certain temps à me faire une opinion sur les gens, essentiellement car je mets un temps certain à m’intéresser à eux. Peu de mes confrères humains attiraient autant mon attention que les mécanismes alambiqués avec lesquels je passais le plus clair de mon temps, et c’était le plus souvent une coopération bien effective. Ils ignoraient ma présence, outre le temps des commandes et pour venir enlever leurs précieux nouveaux objets, et j’ignorais la leur. Seul Moriarty avait eu la patience, année après année, de développer une technique acérée pour détruire ma concentration et obtenir toute mon attention dès qu’il le jugeait bon. D’une manière étonnante, et je le réalise alors que je lève enfin les yeux sur Sebastian, mes cils enfin suffisamment sec pour que j’y voie avec clarté, j’accorde plus d’estime à mon chat pour sa résilience que pour tous ceux qui au fil des années, n’ont même jamais vraiment tenté de me comprendre.

Sebastian fait cependant partie de la seconde partie, ce club très fermé, des rencontres qui m’ont marqué d’une manière ou d’une autre. Je n’ai jamais vraiment partagé d’intérêt avec le joueur de quidditch, si ce n’est peut-être, le quidditch. Pourtant, même là, nos passions divergent ; car si nous pouvions nous ébahir ensemble de prouesses techniques, je m’intéressais plus aux spécifications du balai qu’au talent du joueur. Étrangement, cela suffit pour que nous puissions nous retrouver avec un certain bonheur un samedi ou l’autre, à Poudlard.
Je mets du temps à me faire une opinion sur les gens, mais j’en change rarement. Assis dans ce canapé, face un homme que j’aurais sans doute, depuis le temps, pu considérer comme un inconnu, je suis sincèrement enthousiaste de le revoir. Je ne doute pas que ce que j’ai pu apprécier chez lui lorsque nous étions adolescents ; son sens du devoir, sa morale, sa volonté de bien faire et de ne jamais décevoir, de donner pour les autres, n’avait pas pu disparaître. S’il m’avait fallu une preuve, sa lettre et sa proposition spontanée m’aurait suffit.

« Automatier, oui ». Mon regard s’illumine, comme à chaque fois qu’on me demande de parler de mon métier, quelques fourmillements me parcourent le torse. La passion pour mon artisanat trouvait ses racines au plus profond de mon être. « Je crée des objets enchantés de manière à ce qu’ils soient utiles au quotidien. Ou pour le défi technique, cela dépend parfois des commandes. Mon but est de rendre la vie encore plus facile que la magie ne le fait déjà, et d’y ajouter un certain décorum. Je ne peux concevoir que des automates qui sont emprunts de noblesse et de pouvoir, celui, ancien, des croyances et des traditions. Il ne s’agit pas de produits des trucs rapides et éphémères, comme le fait si souvent la technologie moldue, ni de nier l’impact que nous avons sur le monde. » Je frémis de manière visible alors que je songe à nouveau au port industriel d’Oban, la fascination qu’il avait exercée sur mon frère, et le dégoût qu’il m’inspirait déjà à l’adolescence. « Je veux que mes automates s’intègrent de manière délicate et respectueuse dans la vie que nous menons, sans dénaturer ce dont ils sont faits, ni la tâche qu’ils réalisent. Je pense qu’il n’y a de valeur que dans l’effort, et si mon œuvre facilite la vie de mon client, cela signifie que j’ai autant plus d’investissement à mettre dans l’automate. »

Comme souvent, je parle un peu vite, mon ton s’emballe et je ne peux m’empêcher de souligner mes mots avec quelques mouvements abstraits des mains. Ce n’est que lorsque j’ai fini ma tirade que je me souviens que Sebastian n’a jamais été le plus studieux de nous deux, et qu’à l’époque où j’ai commencé à enchanter des objets, il avait déjà quitté Poudlard. Je reprends alors avec un ton que je m’efforce d’apaiser, bien que je ne puisse complètement éliminer le souffle de fierté, si ce n’est d’arrogance, qui perce en filigrane. « Par exemple, récemment, j’ai reçu une commande de la part d’une sorcière d’un âge avancé. Malgré sa maîtrise de la magie, lire lui devenait pénible. Elle avait beaucoup de mal à tourner les pages de ses livres, le parchemin était soit trop fragile, soit trop difficile à saisir pour ses mains tremblantes. Elle pouvait bien sur tourner les pages à l’aide de sa baguette, mais le mouvement répétitif a fini par empirer les douleurs dans ses mains. J’ai donc créé pour elle un automate qui se compose uniquement d’un bras et d’une main, mais dont l’enchantement est suffisamment précis pour qu’il puisse se saisir d’une page et la tourner délicatement. » Je souligne mon explication d’un geste gracieux de la main, mimant le résultat final de l’automate. « Évidemment, c’est une pièce unique. Outre pour mes recherches personnelles, je ne travaille plus que sur commandes. »

La bouilloire siffle et m’interrompt, alors je m’arrête sur un sourire, incertain, comme toujours lorsque je parlais de mon travail, de quand j’avais perdu mon interlocuteur, ou si même il avait vraiment posé la question par intérêt, ou pour entamer la conversation de manière polie. Je n’avais jamais été capable de faire la différence. Je ne posais généralement pas non plus de questions par politesse pure. Je laisse alors le silence s’installer, laissant à mon ancien camarade le loisir de répondre ou de diriger la discussion vers un sujet dont il se sentirait plus proche.
Sebastian M. O'ConnorSebastian M. O'Connor
Sorcier
Sorcier
http://www.catharsis-rpg.com/t998-sebastian-m-connor-s-il-y-a-enMessages : 1201 Points : 334
Pseudo : Flow
Avatar : Bradley James
Crédits : avatar : Hareton signature : buckaroo
Plus d'informations
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Atlantis
Patronus: S'il pouvait en faire un, un Setter irlandais rouge
Informations diverses:
MessageSujet: Re: Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor)   Ven 19 Oct - 3:14

Un Écu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ?

- Sebastian M. O'Connor — Keith R. Campbell -


"I spent my life trying to answer to the voice inside my head, but all I found were empty questions from a time that I forget. I learned my lesson, it was wrong of me to look so far ahead. I'll count my blessings one by one, I'll live a life I won't regret, and now I finally see the future's right in front of me." A Great Big World
C’était quelque peu étrange d’avoir Keith en face de lui, comme si le passé avait ressurgi d’un coin obscur de son esprit pour se matérialiser dans sa maison. Si le professeur était stoïque face à lui, Sebastian ne pouvait s’empêcher d’être ému, mis face à sa propre maturité, à combien ils avaient pu, l’un comme l’autre, changer depuis Poudlard. Ils avaient été une pair improbable, ils l’étaient encore, c’était flagrant dans la manière qu’ils avaient de parler de leurs métiers respectifs, Keith employant tout un tas de termes techniques, mettant ses buts en avant plutôt que les ressentis qu’il tirait de la manière qu’il avait de vivre de sa passion. Et pourtant, de façon peut-être un peu décalée, peut-être un peu improbable, ils arrivaient à se comprendre, l’automatier corrigeant, presque inconsciemment, son vocabulaire pour que l’irlandais suive sa façon de pensée, et Sebastian taisant les questions qui surgissaient sans cesse dans son cerveau au fur et à mesure du laïus de son ancien camarade, malgré le fait qu’elles lui brûlaient les lèvres, pour que Keith puisse s’exprimer sans être interrompu toutes les cinq secondes. Il écoutait attentivement, tout en détaillant les traits de l’ex-Serdaigle. Il avait perdu les traits poupins que la puberté a tendance à corriger, et ses pommettes saillantes faisaient ressortir la profondeur de ses yeux. Keith était magnétique, quelque part. Aussi mystérieux que Seb pouvait sembler accessible, avec ses cheveux bien trop blonds et ses yeux bien trop bleus. Comme le temps passe, pensa le joueur de Quidditch.

« -C’est remarquable, répondit-il finalement, d’une voix douce, à la diatribe de son ami. J’ai toujours su que tu trouverais un moyen de transformer ce savoir qui bouillonnait dans ta tête en… quelque chose de ce genre. Quelque chose qui pourrait aider les gens, qui serait un… catalyseur pour faire avancer, même à une échelle individuelle, l’humanité. Et tu aimes ce que tu fais, ça se voit. C’est le plus important, au final.

L’irlandais se leva lorsqu’il entendit les premiers sifflements de la bouilloire, et versa promptement l’eau chaude dans une théière, avant de la disposer sur la table, devant le canapé où ils s’étaient installés, accompagnée de tasses et d’une boîte contenant les feuilles de thé. Il ne se pressait pas. Sebastian était étonnement détendu, alors qu’on aurait pu croire que la confrontation avec son ancien ami, pilier d’un passé qu’il avait pendant longtemps porté aux nues pour mieux pouvoir le renier, l’aurait rendu plus fébrile qu’un match de Coupe du Monde. Mais Keith avait un effet étrangement apaisant. Comme s’il l’abjurait, quelque part, de ses erreurs de jeunesse : s’il en avait commis, de nombreuses fois, il avait aussi réussi à faire quelques bonnes actions.

Laissant Keith préparer son thé comme il l’entendait, le joueur de Quidditch se rassit à ses côtés. Il était comme un enfant face à un buffet : trop de choses à choisir, trop peu de temps et de place dans son estomac. Car ils pouvaient parler de tout, sans tabou, il le savait bien, et la pensée était quelque peu vertigineuse. Finalement, il s’arrêta sur, peut-être, ce qui lui avait causé le plus d'insomnies, ces derniers temps. C’était peut-être un peu égoïste, de se concentrer ainsi sur ses problèmes alors qu’il n’avait pas vu le professeur de l’UPA depuis des années, mais il avait tellement retenu ce genre de pensées au plus profond de lui-même, pendant si longtemps, qu’il essayait à tout prix de les libérer, maintenant qu’il en avait la possibilité.

-J’ai une question qui peut sembler un peu… bizarre, voire même carrément trop personnelle, et si c’est le cas, je ne t’en voudrais pas si tu préfères qu’on change de sujet, mais… j’ai besoin de te demander ça. Sebastian secoua la tête, regrettant déjà le choix de ses mots. Il sonnait bien trop solennel et sérieux. Je ne sais pas si tu as lu dans les journaux, ou vu à la télévision, par rapport à mon coming-out… Il ne voulait pas assumer que chaque personne sur la planète connaissait son orientation sexuelle, après tout, il avait beau être célèbre et les médias avaient beau en avoir parlé pendant des mois, il aurait été présomptueux de sa part de partir du principe que tout le monde était intéressé par sa petite personne. Est-ce qu’à Poudlard… Tu n’as jamais eu de soupçons, sur le fait que j’étais gay ?

C’était probablement la mauvaise personne à qui poser la question, Keith n’étant pas forcément des plus… à même des comportements humains, mais c’était cathartique, pour l’irlandais, de demander ce genre de choses à une tierce personne. Et de toute façon, qu’il lui réponde oui ou non n’avait pas vraiment d’importance. Cela ne changerait rien, au final, ni sur son passé, ni sur sa vie actuelle : mais pourtant, la curiosité le démangeait, et il lui fallait l’exprimer, comme s’il grattait enfin une vieille piqûre de moustique.

-Enfin, je sais que c’est bête, dit-il en passant ses mains dans ses cheveux, gêné par avance de la réaction de Keith, alors même qu’il n’avait pas encore répondu. C’était dur, de tirer un trait sur presque 30 ans durant lesquels il avait été dans un placard, incapable d’assumer qui il était. Oublie, ne t’en fais pas, ce n’est pas… important. Il se précipita sur sa tasse comme pour se protéger, oubliant qu’elle était encore vide, avant de soupirer quant à sa propre imbécillité. Il vaut mieux qu’on parle du balai que je vais te présenter, c’est plus intéressant. Comme je te l’ai dis dans ma lettre, c’est un Ecu de Siobeski sur-mesure, l’artisan qui l’a réalisé est un vrai passionné et a pu le tailler pour qu’il convienne exactement à mon style de jeu. »

Keith le verrait bien assez tôt, de toute façon, Sebastian était loin de connaître toutes les subtilités du calibrage d’un balai, fonctionnant plus au ressenti qu’au côté technique. Mais c’était surtout un moyen, pas franchement subtil, de se détourner de la conversation qu’il avait lui-même lancé.
code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 995 WORDS.




    You burn with the brightest flame
    You could be the hero, you could get the gold, breaking all the records that thought, never could be broke. Do it for your people, do it for your pride, how you ever gonna know if you never even try? Do it for your country, do it for you name, 'cause there's gonna be a day when you're standing in the hall of fame.

Keith R. CampbellKeith R. Campbell
StaffProfesseur
StaffProfesseur
http://www.catharsis-rpg.com/t20-keith-r-campbell-as-soonMessages : 776 Points : 261
Pseudo : Uneraell / Line
Avatar : Jackson Rathbone
Crédits : Melody, Niniel
Plus d'informations
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Les Salines
Patronus:
Informations diverses:
MessageSujet: Re: Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor)   Jeu 1 Nov - 6:33

Sebastian, profitant de ma pause, prend enfin la parole. Je suis touché par son interprétation de ce que je lui ai expliqué, même si une partie de moi, empreinte d’arrogance mais aussi de beaucoup d’exigences, n’est pas convaincue que mon travail ne serve vraiment à l’humanité – du moins pas encore. Je reste un instant silencieux cependant, la réflexion piquée par sa vision de ce qu’a été mon catalyseur. Parfois, je me demande moi-même si le but de la plupart de mes créations est vraiment d’aider qui que ce soit, ou si c’est le meilleur moyen de justifier mon désir, mon besoin même, de réaliser des prouesses techniques avec ce qui me passionne. Beaucoup de mes créations ou de mes intérêts n’ont eu des utilités que limitées. Voire carrément discutable.

Je me sers rapidement un thé à la suite de mon ancien ami, sans trop savoir quoi répondre. Il m’est maintenant évidemment que la question était plus empreinte de politesse, même si je sais que mon aîné a probablement écouté ma réponse avec un certain enthousiasme. Je me souvenais de Sebastian comme quelqu’un d’ouvert et de curieux, toujours prêt à se rendre disponible pour les autres. Malgré sa répartition à Serdaigle, les détails académiques n’avaient jamais retenu sa fascination – du moins, pas ceux sur lesquels je planchais moi – et je réalise avec un mélange de surprise et de nostalgie qu’il n’a pas vraiment changé. Je me retrouve étrangement apaisé face à cette idée, réalisant que contrairement à ce que je voudrais parfois croire, je n’ai probablement moi-même pas vraiment changé non plus.


« Je t’écoute ». Sa nouvelle entame de conversation m’étonne, alors je repose mon thé avec un cliquetis de porcelaine. Le regard attentif, je le laisse parler, complètement silencieux, comme toujours inconscient que mon manque total de réaction pourrait mettre mon ancien camarade mal à l’aise plutôt que lui faire comprendre que je suis respectueux de ses paroles. Je m’enfonce d’ailleurs un instant dans mes pensées, peu sur d’avoir en effet lu quoi que ce soit au sujet de son coming-out. Le sujet m’intéresse peu de manière générale, et même si j’ai eu un journal sportif dans les mains au moment où la nouvelle a été publiée, je doute que je me serais arrêté sur l’article en question. Je hoche discrètement de la tête, toujours concentré sur mes propres souvenirs – de Poudlard et des derniers mois – et je manque complètement le changement de sujet et le malaise qui en est la cause.

« L’Ecu de Siobeski ? » Je pose la question avec un accent de naïveté dans la voix, comme si je n’avais encore jamais entendu parler d’un tel objet. « Oh, oui. Attends. » Je reprends ma tasse de thé et reporte mon attention sur l’instant présent. « J’ai pu voir la nouvelle passer dans les médias, mais honnêtement Sebastian, je ne m’en souviens pas. Je ne porte pas vraiment attention à ce genre de… détails ? » La question a été posée avec prudence. « Je ne considère pas que cela soit mes affaires, ni que j’ai un quelconque avis à avoir sur la question. C’est ta vie privée, et ne change en aucun cas l’opinion que j’ai de toi. » Je bois une gorgée de thé pour me donner contenance. Je me sens toujours comme un cheveu sur la soupe lorsque j’aborde un tel sujet ; même avec Poppy, alors qu’avec elle, la discussion est évidemment légitime. « Je ne sais pas vraiment quoi te dire d’autre. » Je lui adresse un nouveau sourire prudent, un peu contrits aussi, me doutant que s’il aborde la question de cette manière, elle doit avoir une importance particulière pour lui, mais je suis bien loin d’en deviner la portée.
Sebastian M. O'ConnorSebastian M. O'Connor
Sorcier
Sorcier
http://www.catharsis-rpg.com/t998-sebastian-m-connor-s-il-y-a-enMessages : 1201 Points : 334
Pseudo : Flow
Avatar : Bradley James
Crédits : avatar : Hareton signature : buckaroo
Plus d'informations
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Atlantis
Patronus: S'il pouvait en faire un, un Setter irlandais rouge
Informations diverses:
MessageSujet: Re: Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor)   Lun 26 Nov - 4:10


Un Écu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ?

- Sebastian M. O'Connor — Keith R. Campbell -


"I spent my life trying to answer to the voice inside my head, but all I found were empty questions from a time that I forget. I learned my lesson, it was wrong of me to look so far ahead. I'll count my blessings one by one, I'll live a life I won't regret, and now I finally see the future's right in front of me." A Great Big World
C’était quelque peu vertigineux que d’être confronté au monde, lorsqu’on était enfin en paix avec qui l’on était. Sebastian avait passé tellement de temps caché qu’il était comme un nouveau-né prenant ses premiers pas, comme un aveugle qui retrouvait soudainement la vue. Il était perdu, quelque part. Et il posait les mauvaises questions aux mauvaises personnes, se faisant : mais qui pouvait le blâmer ? Après tout, à qui se confier ? Les journalistes le poursuivaient sans cesse, et il était bien difficile de faire confiance à quelqu’un sans crainte qu’il n’aille tout répéter au moindre reporter, désireux de se mettre quelques Gallions dans la poche. Ce n’était pas qu’il n’avait pas confiance en ses amis non plus, ou en Jude, bien évidemment, mais leurs avis étaient bien trop subjectifs pour qu’il ne craigne que leurs mots ne soient positifs envers lui, simplement parce qu’ils l’aimaient.

Alors il errait comme un soûlard au milieu des ruelles malfamées, encore incertain de la marche à suivre, et il se raccrochait à des détails, des petites choses pour essayer de garder un cap. Keith représentait son passé, quelque part, et c’était si réconfortant que de se rappeler de l’après, où tout était plus simple et moins confus. Il ne regrettait pas sa nouvelle vie, mais il fallait bien avouer que le fier Gryffondor était terrorisé de ce que l’avenir avait en stock pour lui. L’automatier était le réceptacle de cette peur, et si l’irlandais en était désolé, il ne pouvait pas s’en empêcher. C’était plus fort que lui.

C’était paradoxal, parce qu’alors que Keith répondait, sans filtre, à sa question pourtant si égocentrique, ses lèvres brûlaient d’en savoir plus, mais son esprit savait pertinemment que c’était une mauvaise idée. Non pas que son interlocuteur le prendrait mal, mais ce n’était pas son rôle. Ils ne s’étaient pas vu depuis si longtemps, tous les deux, si on omettait leur brève rencontre lors de la Coupe d’Europe. Et si la bienséance lui criait qu’il était temps d’arrêter de poser des questions si personnelles, son savoir-vivre, également, lui faisait gentiment comprendre que Keith était probablement gêné par de telles interrogations, et qu’il fallait qu’il arrête de se comporter ainsi.

Il sourit, face à ses mots. Que répondre d’autre à part merci ? Car si le trouble de l’écossais ne pouvait échapper à l’empathe qu’était Sebastian, il voyait qu’il essayait de le rassurer, et c’était si adorable que, s’il s’écoutait, il l’enfermerait dans une longue étreinte en le grattant derrière les oreilles comme un chaton : mais bon, il savait aussi que ça ne plairait pas des masses à Keith, alors il se retenait.

« -C’est… amplement suffisant, vraiment. Je préfère une réponse honnête plutôt que des formules toutes faites, ou des réponses de circonstance qui semblent piochées dans des magazines de pseudo psychologie : et crois-moi, j’en ai reçu un certain nombre.

Son ton était redevenu chaud et sympathique. Comme si le nuage qui passait devant le soleil qu’il était s’était fait pousser par le vent : parce que Keith n’en avait probablement pas conscience, mais c’était ce dont le joueur de Quidditch avait besoin. Qu’on se comporte normalement autour de lui. Qu’on reste rigoureusement honnête, qu’on ne marche pas sur des œufs ou, au contraire, qu’on le porte aux nues. Les gens vrais, autour de lui, étaient rares et précieux. Il se flagella intérieurement, pour la énième fois, de ne pas avoir gardé contact avec plus de gens lorsqu’il avait quitté Poudlard : il aurait eu bien besoin de personnes comme Keith en grandissant.

-En fait, c’est plus que suffisant, c’est parfait. Il avait des intonations presque guillerettes, à présent. Il ressemblait à l’un de ces plongeurs en apnée ayant été privé d’oxygène pendant trop longtemps, qui avait contemplé l’abysse, et qui, enfin, retournait sur la terre ferme. D’autant que je sais que ce genre de choses ce n’est pas forcément… ton truc. Enfin, en tout cas, ce n’était pas le cas à Poudlard. Si un jour tu as besoin de parler, d’ailleurs, tu sais où j’habite maintenant, et ma porte te sera toujours ouverte. »

Il n’arrivait pas à imaginer Keith autrement que plongé dans des bouquins ou en train de travailler sur une énième découverte, mais il serait enchanté de savoir qu’il s’était décollé de ses recherches pour un peu de contact humain. Il ne jugeait pas, dans tous les cas, mais il était persuadé que ça lui ferait le plus grand bien, plus que ce qu’il pourrait imaginer, et même si ce n’était pas évident pour lui.
code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 754 WORDS.




    You burn with the brightest flame
    You could be the hero, you could get the gold, breaking all the records that thought, never could be broke. Do it for your people, do it for your pride, how you ever gonna know if you never even try? Do it for your country, do it for you name, 'cause there's gonna be a day when you're standing in the hall of fame.

Keith R. CampbellKeith R. Campbell
StaffProfesseur
StaffProfesseur
http://www.catharsis-rpg.com/t20-keith-r-campbell-as-soonMessages : 776 Points : 261
Pseudo : Uneraell / Line
Avatar : Jackson Rathbone
Crédits : Melody, Niniel
Plus d'informations
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Les Salines
Patronus:
Informations diverses:
MessageSujet: Re: Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor)   Mer 12 Déc - 14:53

Je reprends ma tasse, à la fois pour me donner contenance durant cette incartade de la conversation, et pour me rassurer sur le fait que la tempête était passée. Comme si le fait de pouvoir tenir la tasse entre mes mains étaient un signe que je n’allais plus ramasser un raz-de-marée. J’observe le thé qui forme encore quelques vagues, suivant le mouvement que je lui ai imposé en le soulevant de la table. Je réalise que je m’accroche à une boisson chaude pour reprendre pied dans une tourmente qui n’en était, en vérité, pas vraiment une, et le temps d’une seconde, je parviens à me sentir ridicule avant que mon esprit, déjà, ne parte vagabonder ailleurs.

Je suis néanmoins heureux d’avoir pu apporter à Sebastian une réponse qui paraît l’apaiser, même si je suis un peu étonné qu’il ait attendu de moi autre chose qu’une réponse honnête. Même durant notre adolescence, j’étais connu pour mon franc-parler, et mes critiques acerbes des méthodes d’enseignement de Poudlard ne m’avaient pas attiré la meilleure réputation parmi les professeurs – alors que c’était, sans surprise, l’aspect de ma personnalité que mes camarades de classe avaient préféré. D’ailleurs, ce n’était pas tellement une question de sincérité, mais une véritable incapacité à jouer un rôle, et, je devais l’avouer, un complet mépris pour le fait de prétendre être quelqu’un d’autre. J’avais toujours mis un point d’honneur à être fier de ce que j’étais, de mes réalisations, et même de mes échecs, quelque part. Je n’échouais d’ordinaire que là où d’autres n’avaient encore rien osé tenter.

Je hoche la tête cependant, je peux aisément concevoir que les magazines et les groupes de fans aient sorti toute une panoplie de réponses préconçues, cherchant soit à s’attirer les meilleures ventes, soit les plus grandes faveurs. Je n’enviais la célébrité à personne – les seuls sorciers dont j’aurais pu chanter les louanges étaient pour ainsi dire des anonymes aux yeux du monde – et je ne jalousais certainement pas le lot de mensonge qu’elle traînait lourdement derrière elle. Le ton plus guilleret de l’ancien Gryffondor me raviva cependant. Je ne cherchais peut-être jamais à plaire pour le simple principe, mais je n’étais pas non plus complètement indifférent à mes pairs. Voir un sourire sur le visage d’une personne que j’appréciais vraiment était une valeur simple que je savais apprécier.

« Laisse donc de côté ces magazines. Je sais que ce n’est sans doute pas facile à dire, et qu’ils sont omniprésents dans ta vie. Mais ce n’est pas ça qui compte vraiment. » Je cherche ensuite mes mots pendant quelques instants. Les discussions de vie intime n’avaient jamais été ma tasse de thé, à croire même parfois que le plus simple vocabulaire des sentiments refusait de se faire une place durable dans le fourmillement de pensées qui composait mon esprit. « Je ne suis pas certain que mon incapacité notable à m’exprimer sur ce genre de sujets rende mon avis plus valeureux que celui de n’importe qui d’autre. » Je souris à nouveau, plus par empathie cette fois. « Même si je pense que d’une certaine manière, ma propre prudence à cet égard est un atout pour éviter de juger les autres. Je comprends bien que les émotions sont parfois… ingérables. »

Je ne peux éviter de penser à Poppy alors que les derniers mots m’échappent un peu. Néanmoins,  je ne saisis pas l’occasion d’aborder le sujet. Je n’en ressens ni le besoin, ni ne verrai de raison de le faire – bien que je serais presque curieux de tenter l’expérience pour savoir si il me serait plus facile de mettre des mots sur son propos quand elle ne se tenait pas en face de moi, le regard brûlant. « J’apprécie la proposition, d’ailleurs. Rien que pour le plaisir de retomber un peu dans notre adolescence. Plus de dix ans, depuis Poudlard... » Je baisse à nouveau les yeux vers mon thé, songeur. S’il était une chose certaine, c’était bien que cette époque ne me manquait pas.
Sebastian M. O'ConnorSebastian M. O'Connor
Sorcier
Sorcier
http://www.catharsis-rpg.com/t998-sebastian-m-connor-s-il-y-a-enMessages : 1201 Points : 334
Pseudo : Flow
Avatar : Bradley James
Crédits : avatar : Hareton signature : buckaroo
Plus d'informations
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Atlantis
Patronus: S'il pouvait en faire un, un Setter irlandais rouge
Informations diverses:
MessageSujet: Re: Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor)   Ven 14 Déc - 11:27

Un Écu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ?

- Sebastian M. O'Connor — Keith R. Campbell -


"I spent my life trying to answer to the voice inside my head, but all I found were empty questions from a time that I forget. I learned my lesson, it was wrong of me to look so far ahead. I'll count my blessings one by one, I'll live a life I won't regret, and now I finally see the future's right in front of me." A Great Big World
Il se rappelait de Poudlard et de ses longs couloirs poussiéreux, où l’on ne savait jamais ce qu’il pouvait nous attendre une fois passé la porte d’une salle de classe. En rétrospective, Sebastian se demandait comment le Ministère avait jamais pu laisser passer une pédagogie aussi laxiste et dangereuse dans l’école sorcière la plus populaire de Grande-Bretagne, mais c’était aussi ça, qui avait fait le charme de sa jeunesse : et lui la tête brûlée, le Gryffondor capitaine de l’équipe de Quidditch, populaire et casse-cou, ne se serait certainement pas plaint des excentricités de certains de ses professeurs. Keith faisait partie intégrante de sa jeunesse, et il ne pouvait lui jeter rien d’autre que des regards emplis de nostalgie, tandis qu’il lui répondait avec ce ton si caractéristique, si particulier, qu’il avait appris à apprécier alors que l’irlandais n’était encore qu’un adolescent.

Nos rencontres forment la personne que l’on devient en grandissant. Et sans l’automatier, Sebastian serait bien différent de celui qu’il était aujourd’hui : peut-être en pire, peut-être en mieux, nul ne le sait, mais toujours était-il qu’il resterait, à jamais, une personne très importante pour lui.

Alors il l’écoutait attentivement. L’ancien Serdaigle avait toujours été bien plus sage et posé que lui, parfois à son détriment, et Sebastian écoutait ses conseils avec attention. De l’eau avait coulé sous les ponts, depuis son coming-out, et aujourd’hui, sa vie était restée relativement la même, à quelques exceptions près : alors pourquoi diable s’en souciait-il encore autant ? Pourquoi donc s’attachait-il tant à l’opinion que pouvaient avoir les autres de lui, quand il avait pris soin de s’entourer de gens bienveillants, qui ne voulaient rien d’autre que son bonheur ? Keith avait raison. Il fallait qu’il cesse de se préoccuper des journalistes et de leurs questions bien trop insidieuses, ou même de ces associations qui, depuis qu’il était sorti du placard, n’avaient de cesse que de vouloir l’utiliser comme une marionnette pour servir leurs causes (louables, certes, mais il restait un être humain, et non un bout de viande dont on pouvait se servir comme mascotte publicitaire).

« -T’as pas tort, Keith, pas tort du tout. Je crois que j’ai été tellement habitué à vivre dans le mensonge que, petit à petit, j’ai fini par y croire moi-même, et maintenant que c’est fini, je… Je suppose que c’est difficile de se réhabituer à la réalité.

Ses yeux se perdirent sur le mur orné de médailles et de trophées. Il était fier de ses accomplissements, mais il aurait du afficher des photos de ceux qui comptaient. Jude, Ollie, pour ne citer que les plus importants : ceux là avaient bien plus de sens à ses yeux que n’importe quelle Coupe du Monde de Quidditch.
Le blondinet continua de sourire de bon cœur alors que son ami continuait de parler. On pouvait aisément deviner qu’il n’avait pas l’habitude de discuter ainsi, en tout cas, de ce genre de sujets : et probablement que le Keith de son enfance n’aurait pas su trouver des mots aussi justes que ceux qu’il prononçait aujourd’hui. Mais c’était ça, aussi, la maturité. Savoir quels étaient ses points faibles et les travailler, pour pouvoir les affronter lorsque l’occasion se présentait.

-Je ne pense pas que tu en est incapable, la preuve. Et ce n’est pas que ton avis est plus valide que celui d’un autre : mais c’est quelque chose que j’ai toujours admiré chez toi, Keith. Ton honnêteté. Et c’est ce dont j’ai le plus besoin, en ce moment.

Cela lui avait déjà attiré des ennuis, à Poudlard, mais c’était aussi pour ça que Sebastian l’avait tant défendu, lors de leurs jeunes années. La vérité n’est peut-être pas toujours bonne à dire, et ne doit pas être prise à la légère, mais on ne devrait jamais s’en prendre au messager quand elle fâche un peu trop.
Le sportif étira ses membres, comme s’il sortait d’une longue séance d’entrainement. On fait l’erreur de croire que seul l’exercice physique éreinte, mais de telles conversations, aussi personnelles, peuvent tout autant fatiguer un individu. Parfois, même, davantage.

-C’est ce qui fait qu’elles sont si belles, je crois, non ? Le fait qu’elles soient si instables, si inattendues. Je veux dire, si on m’avait dis il y a seulement un an de ça que je serais dans mon salon, à discuter avec toi de ce genre de choses, je n’y aurai jamais cru, et pourtant… Il haussa les épaules. Enfin, je ne sais pas. J’ai du mal à avoir du recul, justement, sur mes propres émotions. J’en ai trop, tout le temps, et bien trop fort, je le sais parfaitement, et ça me joue bien des tours.

Un éclat de rire sonore, à l’image de sa confession. Il était si solaire, le poursuiveur. Si ouvert et désintéressé, comme une bouffée d’air frais après avoir retenu sa respiration pendant de longs instants : pour mieux faire retentir un gémissement de désespoir, en entendant Keith parler de ces années qui passaient, sans qu’ils ne puissent jamais les rattraper.

-Ne m’en parle pas, Keith… Je vais avoir 30 ans cette année, tu te rends compte ? Parfois, j’ai l’impression que c’était hier seulement, que je mettais le Choixpeau sur ma tête pour qu’il beugle "Gryffondor" après un millième de seconde d’hésitation. Je me rappelle de ta répartition aussi… Toi non plus, le Choixpeau n’a pas vraiment eu du mal à savoir à quelle maison tu appartenais. »

Et lui ne pouvait cacher son ton nostalgique. S’il s’était rendu compte que ses années si belles, à Poudlard, avaient été faites au détriment de nombre de ses camarades, Siobhan en premier lieu, elles avaient tant contrebalancées une enfance désastreuse auprès de sa famille, qu’il ne pouvait les renier. C’était un fait immuable : il avait adoré sa scolarité. Et parfois, il se disait que la vie était bien plus simple, à l’époque.
code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 976 WORDS.




    You burn with the brightest flame
    You could be the hero, you could get the gold, breaking all the records that thought, never could be broke. Do it for your people, do it for your pride, how you ever gonna know if you never even try? Do it for your country, do it for you name, 'cause there's gonna be a day when you're standing in the hall of fame.

Keith R. CampbellKeith R. Campbell
StaffProfesseur
StaffProfesseur
http://www.catharsis-rpg.com/t20-keith-r-campbell-as-soonMessages : 776 Points : 261
Pseudo : Uneraell / Line
Avatar : Jackson Rathbone
Crédits : Melody, Niniel
Plus d'informations
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Les Salines
Patronus:
Informations diverses:
MessageSujet: Re: Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor)   Mar 18 Déc - 15:43

Difficile de revenir à la réalité. Je hoche la tête, car c’est aussi un concept qui me parle, bien que la situation ait été bien différente. Que ce soit après mes mois à Detroit où je m’étais enfoncée profondément dans la fascination pour le mouvement et le corps humain, me laissant happer par ces groupes d’extrémistes magiques et leur contrôle total sur la ville, sans jamais vraiment détourner les yeux de ce qu’ils faisaient, mais sans vraiment y regarder non plus. Mon travail au Ministère de la Magie à l’aube de l’ère des Ténèbres également, voir le Lord Noir étendre son emprise sans que cela ne parvienne vraiment à m’inquiéter avant que les accusations ne tombent sur mes motivations et mon travail. M’installer à Atlantis avait été une bouffée d’air frais, une forme de renaissance qui m’avait permis tant bien que mal de me reconnecter avec le monde et réaliser pourquoi, dans les yeux des autres, ces années-là avaient été un enfer.

Je ne dis mot cependant, car de cette époque, je ne parle avec personne. Pas même avec Poppy, pas même avec ceux que je désigne sous le nom ami. Ceux qui m’ont connu avant semblent tous avoir accepté ma disparition pendant quelques années alors que nous vaquions tous à nos propres affaires. Après tout, nous n’étions pas vraiment proches et à la sortie de Poudlard, nous ne nous étions pas fait de promesses. J’étais déjà connu pour ne pas les tenir, pas celles-là. Ceux qui m’avaient rencontré après avaient rapidement pris le pli de ne pas poser de questions sur mon passé – ou bien ils ne s’y intéressaient tout simplement pas, ce dont je ne pouvais leur en vouloir. Ceux qui m’avaient connu pendant ces années terribles avaient disparu – ou était-ce moi qui avait disparu ? – et une sorte d’accord tacite nous avaient permis de ne jamais plus croiser nos chemins respectifs.

Je souris, d’un sourire un peu crispé, alors que le Gryffondor évoque mon honnêteté. Je n’ai jamais été malhonnête avec lui, non, mais le sentir ainsi saluer ma grandeur d’âme et mon ouverture d’esprit me faisait me sentir mal à l’aise. Au fur et à mesure que les années passaient, je sentais le poids de mes secrets se faire plus lourd sur mes épaules. « Déjà quand nous étions adolescents, je ne voyais pas vraiment l’ingérable et l’imprévu d’un très bon œil. Je dois t’avouer que ça n’a pas vraiment changé. Je suis certes content que nous nous soyons retrouvé ici, mais je l’aurais été tout autant il y a un an, ou dans dix. Entre temps, je ne pense pas vraiment aux rencontres surprises. » Je marquai une courte pause. « Mais d’après ce que je sais, il vaut mieux avoir trop d’émotions que trop peu. »

Mon ton reste doux, presque blagueur, laissant sous-entendre que je n’étais pas indifférent, plutôt fataliste. Garder le contact avec mes connaissances n’était pas mon point fort, mais j’étais souvent ravi de les revoir autour d’un café, après quelques années. Cela ne m’empêchait pas non plus de reprendre le cours de ma vie sans me demander quand je les reverrais, ni à faire le moindre effort pour que la prochaine rencontre se présente plus tôt que prévu. Je suis un solitaire, malgré une certaine affection  pour mes pairs.

Son souvenir de ma propre répartition me surprend, et je prends quelques instants avant d’y réagir. « La répartition, oui… A choisir, il est clair que Serdaigle est le seul choix que j’ai jamais envisagé, mais je n’aurais pas mal vécu de ne pas vivre dans une maison particulière. Placer les gens dans des boîtes de la sorte me paraît encore aujourd’hui être une idée étrange. Mais j’ai toujours trouvé que Poudlard avait un côté sectaire, la répartition est sans doute le moindre de leurs défauts. » Mon désamour pour l’école de magie n’est plus à présenter, et je ne partage pas les accents nostalgiques de mon ancien camarade. « Bon, j’en ai aussi de bons souvenirs, de toutes ces années, mais je n’y retournerai pour rien au monde. D’ailleurs, c’est à cause de Poudlard que j’ai si longtemps hésité avant de postuler comme professeur ici. » C’est un demi-mensonge. « Je craignais que les méthodes d’enseignement soient aussi… restreintes que ce qu’elles n’étaient là-bas » C’était une demi-vérité.
Sebastian M. O'ConnorSebastian M. O'Connor
Sorcier
Sorcier
http://www.catharsis-rpg.com/t998-sebastian-m-connor-s-il-y-a-enMessages : 1201 Points : 334
Pseudo : Flow
Avatar : Bradley James
Crédits : avatar : Hareton signature : buckaroo
Plus d'informations
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Atlantis
Patronus: S'il pouvait en faire un, un Setter irlandais rouge
Informations diverses:
MessageSujet: Re: Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor)   Lun 24 Déc - 4:34

Un Écu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ?

- Sebastian M. O'Connor — Keith R. Campbell -


"I spent my life trying to answer to the voice inside my head, but all I found were empty questions from a time that I forget. I learned my lesson, it was wrong of me to look so far ahead. I'll count my blessings one by one, I'll live a life I won't regret, and now I finally see the future's right in front of me." A Great Big World
Ils étaient si différents l’un de l’autre, et c’était ce qui rendait leur amitié si singulière. Une paire de chaussettes dépareillées qui s’était retrouvée dans le tambour de la machine à laver : une métaphore certes imagée et un peu enfantine, mais on ne peut plus appropriée, puisque leurs caractères, si diamétralement opposés, réussissaient à s’accorder malgré leurs évidentes différences.

Bien sûr, Sebastian et Keith n’étaient pas assez proches pour être réellement fusionnels, mais ça ne les empêchait pas de se comprendre, quelque part, ou tout du moins, penser qu’ils se comprenaient mutuellement. Et même si ce n’était pas forcément le cas, ils essayaient et c’était suffisamment louable pour être remarqué : car si l’automatier prenait rarement le temps de se poser pour essayer d’échanger avec quelqu’un d’autre que son chat, le joueur de Quidditch n’était pas en reste, trop empressé pour réellement aller au fond des choses avec ses amis, et restant donc bien souvent dans le superficiel et la façade, malgré ses efforts. Si son empathie le poussait à vouloir prendre soin de ses pairs et à les connaître, elle l’empêchait également de parler des sujets qui fâchaient lorsque le besoin s’en faisait sentir, et c’était parfois au détriment d’une connexion plus poussée. Après tout, avec l’ombre vient forcément la lumière. Là, ils parlaient de choses vraies et profondes, et ils apprenaient l’un de l’autre, sans forcément en avoir conscience. C’était un moment rare, bien qu’il ne soit en apparence des plus banals, mais c’était peut-être ça qui contribuait, également, à le rendre si spécial. Et ils étaient assis sur le canapé à boire du thé, et le soleil avait gagné son combat contre la pluie et commençait à percer timidement à travers la vitre, et ils parlaient de choses et d’autres sans à-priori ni idées derrière la tête. Deux êtres dont les âmes vibraient ensemble.

Le blondinet haussa les épaules alors que Keith continuait de parler de celui qu’il était. C’était il y a bien longtemps, ces histoires de gamins dépenaillés qui se gaussaient de celui qui était si différent, de garçon populaire qui le prit sous sa protection, de crushs adolescents, de cœurs brisés, d’amitié froissée dans le silence. A l’époque, c’était leur monde, mais tout ça semblait bien vain, à présent.

« -Je ne sais pas… je suppose que chacun pense que l’herbe est plus verte ailleurs : ce genre de chose est trop personnel pour qu’on puisse réellement se mettre à la place de l’autre pour savoir qui est le mieux loti. Et dans tous les cas, ça ne serait pas vraiment sain, de faire un concours de la misère, on trouvera toujours pire que soit. Mieux vaut se focaliser sur son propre développement, essayer de devenir une meilleure personne pour ses proches et pour soi-même, plutôt que de se morfondre sur celui qu’on a été.

Il n’y avait pas de jugement dans sa voix, ou même de leçons déguisées par la confidence. C’était une réflexion qu’il se faisait, et qui aurait autant servi à lui qu’à Keith, dans le prolongement même de leur discussion si particulière sur ce qui faisait qu’ils étaient devenus ce qu’ils étaient, et non pas une autre personne. Des choix avaient entrainés des expériences, qui avaient entrainés d’autres choix, et la vie avait continué ainsi, s’égrainant entre leurs doigts fourbus.

-J’ai conscience qu’on n’a pas du tout vécu de la même façon notre scolarité, on le sait très bien, toi et moi. Et c’est peut-être naïf de dire ça, mais je l’assume : on ne serait pas les hommes que nous sommes aujourd’hui si on avait pas traversé tout ça. Le bon comme le mauvais. Il souriait doucement, comme pour encourager Keith. Et puis, c’était peut-être sectaire, mais… regarde, j’étais le Gryffondor sportif, tu étais le Serdaigle intello, et ça ne nous a pas empêché de devenir ami. Enfin, je sais qu’on ne trainait pas tout le temps ensemble, mais je te considérais comme mon ami.

L’irlandais finit sa tasse de thé avant de la reposer sur la table, passant sa langue sur son palais pour déloger les derniers arômes de la boisson. Il s’était envolé, le garçon plein de doutes qui s’était recroquevillé, à peine quelques instants auparavant, entre les coussins du canapé, se précipitant pour aller chercher un balai à la moindre occasion de fuite. Ses doutes étaient toujours là, mais Keith les avait apaisé, sans calcul ni projet.

-Je suis sûr que tu dois être un très bon professeur. Je n’ai jamais été très bon à l’école, et je ne comprenais pas toujours ce que tu m’expliquais à l’époque, quand tu me parlais d’aérodynamisme ou de… friction de l’air, ce genre de trucs, mais tu avais une telle passion dans tes yeux, c’était captivant. »

Pas sûr que la passion soit le seul élément qui rentrait en compte dans l’enseignement, mais Sebastian y croyait néanmoins dur comme fer. Et puis, les élèves de Keith avaient choisi leurs cursus, et devaient sûrement s’intéresser à toutes ces notions qui échappaient totalement au joueur de Quidditch, pas vrai ?  
code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 840 WORDS.




    You burn with the brightest flame
    You could be the hero, you could get the gold, breaking all the records that thought, never could be broke. Do it for your people, do it for your pride, how you ever gonna know if you never even try? Do it for your country, do it for you name, 'cause there's gonna be a day when you're standing in the hall of fame.

Keith R. CampbellKeith R. Campbell
StaffProfesseur
StaffProfesseur
http://www.catharsis-rpg.com/t20-keith-r-campbell-as-soonMessages : 776 Points : 261
Pseudo : Uneraell / Line
Avatar : Jackson Rathbone
Crédits : Melody, Niniel
Plus d'informations
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Les Salines
Patronus:
Informations diverses:
MessageSujet: Re: Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor)   Dim 20 Jan - 13:07

Je hausse les épaules. Objectivement, je n’avais pas le choix que de reconnaître que Poudlard devait être un lieu extraordinaire. 99 % des élèves qui étaient passés par cette école en parlait avec tant de brillant dans la voix que ça pouvait vous éblouir, même dix ans après. En soi, je ne pouvais pas non plus vraiment nier le fait que l’école était particulière, pas pour ses professeurs et son enseignement – quoique j’avais toujours eu de plutôt bonnes relations avec Flitwick – pour son simple environnement. Entre la Forêt Interdite qui m’avait fascinée par son mystère et ses légendes, les armures qui se promenaient à leur guise ou encore les fantômes qui tenaient la mémoire des mythes d’un millénaire… Sebastian n’avait pas tort en affirmant que cette école nous avait formé, et je n’étais pas sure que j’aurais pu prétendre que je serais devenu automatier, Poudlard ou pas Poudlard. Cependant, le reconnaître à voix haute était un effort que je n’étais pas prêt à consentir.

« Ah, je ne pense pas que les gens, les élèves de cette école soient sectaires. Enfin, certains le sont de toute évidence, mais j’ai rencontré des sorciers éduqués dans d’autres écoles de magie et cette vérité tient aussi. Quoique, je mettrais les quelques Suisses qui ont fréquenté Durmstrang dans une catégorie à part. Mais, je dirais que ça tient simplement du genre humain. Nous avions sans doute tous les deux dans notre maison des gens qui n’ont même jamais dit bonjour à quelqu’un qui ne portait pas leurs couleurs durant sept ans. »

Et avec cette remarque, je ne visais même pas particulièrement Serpentard, malgré ce que leur réputation bien répandue aurait pu laisser croire. Au cours de mes études, j’avais souvent eu de meilleures relations avec eux qu’avec bien des Gryffondor, que j’avais souvent trouvé bien trop grandiloquents et incapables d’écouter les autres. Sebastian était une des rares exceptions, et quand il évoque le mot ami, je hoche doucement la tête. Le sentiment était plutôt partagé.

Je reprends un peu de thé, pour me donner contenance car je ne sais pas vraiment comment réagir à ses derniers mots. Une partie de moi était un peu vexée qu’il n’ait pas compris certains des sujets que je lui présentaient – l’aérodynamisme, nom d’une chouette, c’est quand même sacrément important pour un joueur de Quidditch ! – et une partie de moi en fut diablement amusée, car la réaction de la première partie signifie que j’ai quelque chose de l’essence d’un professeur. Je finis par sourire.

« Tu sais, c’est encore quelque chose que j’ai à critiquer à propos de Poudlard. Les BUSEs, les ASPICs, tout ça. Est-ce que ça dit seulement quelque chose à propos de toi en tant qu’élève, ou à propos de ton professeur également ? Je ne pense pas qu’il existe de mauvais élèves, pas plus que je ne crois avoir un seul mauvais étudiant. Il y a ceux qui ne s’intéressent pas, et on ne sait pas trop pourquoi ils sont là. Ils ne sont ni pour, ni contre, c’est comme si ils venaient simplement pour se chauffer. Il y a ceux qui s’intéressent, mais c’est plus fort qu’eux, ils n’aiment pas ta manière d’enseigner. Par exemple j’ai une étudiante qui est fada d’art, tu sais, la peinture, les tableaux, tous ces machins là. On a beau en parler, on n’arrive jamais à tomber d’accord et forcément, dans mes cours, ça ne se passe pas à merveille. Mais je ne peux pas lui en vouloir, pas plus que je ne peux dire qu’elle soit mauvaise. Si je devais faire des examens avec des notes, elle raterait sans doute tout, car elle ne donnerait pas les réponses que j’attends. Ça ne marcherait pas pour mon objectif à moi, les automates et ces œuvres là, mais ça marcherait pour son objectif à elle. On n’est simplement pas une bonne paire, et peut-être qu’au fond, elle n’a rien à faire dans mon cursus. Enfin, il y a ceux qui sont passionnés comme je le suis. Certains comprennent ce que je leur explique avant que j’ai fini ma phrase, d’autres ont besoin de trois heures, mais ils ne lâchent pas l’affaire et apportent un peu d’eux mêmes dans chacun de mes cours. » Je réalise que je me suis laissé emporter un peu, et je bois une nouvelle gorgée de thé pour m’apaiser. « L’avantage de l’UPA, c’est que tout est un choix. On peut donc espérer ne trouver personne de la première catégorie, la deuxième catégorie est uniquement là en début d’année, et la troisième, forcément, reste. Le problème de Poudlard ou des écoles similaires, c’est qu’on met toute le monde dans le même groupe et on attend le même résultat. Ce n’est pas possible. » Je plonge le regard dans les yeux du Gryffondor. « Je ne pense pas qu’on ait pu dire que tu étais un mauvais élève, parce que t’étais intéressé. Mais c’était pas ta place, et je suis content que tu aies trouvé à t’épanouir dans le Quidditch maintenant. »


HRP : Désolée pour l'attente !
Sebastian M. O'ConnorSebastian M. O'Connor
Sorcier
Sorcier
http://www.catharsis-rpg.com/t998-sebastian-m-connor-s-il-y-a-enMessages : 1201 Points : 334
Pseudo : Flow
Avatar : Bradley James
Crédits : avatar : Hareton signature : buckaroo
Plus d'informations
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Atlantis
Patronus: S'il pouvait en faire un, un Setter irlandais rouge
Informations diverses:
MessageSujet: Re: Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor)   Dim 27 Jan - 3:28

Un Écu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ?

- Sebastian M. O'Connor — Keith R. Campbell -


"I spent my life trying to answer to the voice inside my head, but all I found were empty questions from a time that I forget. I learned my lesson, it was wrong of me to look so far ahead. I'll count my blessings one by one, I'll live a life I won't regret, and now I finally see the future's right in front of me." A Great Big World
Il y avait dans chacun des mots de Keith une réflexion toute particulière, une analyse pertinente et réfléchie qui donnait quelque peu le vertige à notre Sebastian, habituellement bien loin de toutes considérations de ce genre. Il était rare qu’il prenne du recul sur les choses de cette façon. Lui vivait, sans se préoccuper du pourquoi du comment et, en tant que source de chaleur et de lumière de sa propre existence, on avait l’impression que s’il s’arrêtait, même pour cinq minutes, sa vie s’effacerait, ou au moins, changerait suffisamment pour qu’elle semble lui avoir échappé. Il y avait en lui une candeur si pure, si innée, qu’il était parfois difficile de croire qu’il était un être de chair et de sang et non une silhouette éthérique s’apparentant aux oiseaux, libre comme l’air.

Les yeux quelques peu écarquillés, la bouche légèrement entrouverte, il suivait tant bien que mal les considérations de Keith, du mieux qu’il pouvait. Il essayait, au moins. L’ancien Serdaigle n’avait pas changé, malgré les années : Sebastian avait l’impression de se retrouver à l’école, durant ces moments où il lui expliquait des principes physiques bien trop complexes pour lui, et où il hochait de la tête poliment en comprenant un mot sur deux. Mais ça faisait partie intégrante du charme de l’anglais.

« -Je ne sais pas… C’est probablement vrai, mais je ne suis pas sûr qu’on puisse demander à des élèves aussi jeunes de faire des choix, comme à l’UPA. Certes, j’ai trouvé ma voie, toi aussi, mais si on m’avait demandé ce que je voulais faire plus tard, quand j’étais en première année, j’aurai probablement répondu que je deviendrais vétérinaire, ou quelque chose en rapport avec les animaux, en tout cas. Alors Poudlard… ça reste une base. Ça nous expose à toute sorte de choses et c’est ce qui nous construit, de savoir ce qu’on aime ou ce qu’on aime pas. Des fois, d’ailleurs, je me dis que je n’aurais pas du partir à la fin de la sixième année, sans obtenir mon diplôme. Ça semblait être la meilleure chose à faire sur le moment, pour mon avenir, pour ma carrière, mais qui sait les choses que j’aurai pu découvrir sur moi-même si je n’avais pas voulu grandir trop vite ?

Il haussa les épaules. Il n’avait pas vraiment une opinion tranchée sur le sujet : il se basait uniquement sur son expérience et parlait sans arrière-pensée. L’irlandais n’avait pas l’habitude de discuter de cette manière, de concepts qui n’étaient pas réellement concrets, et il se perdait lui-même dans ses propres convictions, se retournant l’esprit pour sortir des phrases qui lui semblaient pertinentes.

-Enfin, ouais. On a vécu Poudlard, et tellement de choses, depuis. Et je pense qu’on s’en est pas mal sorti, toi et moi. De manière très différente, mais c’est ce qui fait la beauté de la chose, non ?

Le joueur de Quidditch se leva doucement de son siège pour s’étirer de tout son long, ayant l’impression que plusieurs heures avaient passées depuis le début de leur discussion. Ce n’était pas que ça ne l’intéressait pas, loin de là, mais il était de ceux qui ne pouvaient rester bien longtemps focalisé sur le même sujet, en particulier lorsqu’il y était assez étranger.

-En parlant de beauté…

Il tira sa baguette de sa poche pour lancer un Accio, et bien vite, son balai fétiche apparut entre ses mains, cassant au passage un vase qui n’avait rien demandé à personne. Sebastian avait l’habitude de créer de telles catastrophes avec sa magie, et ne s’en formalisa pas.

-Voilà le monstre. Mon artisan est un véritable artiste, je crois bien que j’ai forcé toute mon équipe à passer commande chez lui. Il y a une touche véritablement… personnelle, tu vois ? Pas comme ces balais qui sont tous les même, qu’on voit partout lors des compétitions et qui sont, certes, taillés pour la performance, mais qui n’appartiennent jamais réellement aux joueurs… Parfois, j’ai l’impression que les balais sont comme les baguettes. Ils nous choisissent plus qu’autre chose, et si on force le destin, ils ne nous correspondront jamais tout à fait. »

On pouvait voir tout l’amour que l’irlandais portait pour le bout de bois, alors qu’il passait ses doigts sur les rainures du manche et qu’il en parlait avec une certaine vénération. Plus que son outil de travail, il considérait son Ecu de Sobieski comme son ami. C’était peut-être un peu étrange, mais ce n’était pas si rare que ça, chez les joueurs de Quidditch…
code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 750 WORDS.




    You burn with the brightest flame
    You could be the hero, you could get the gold, breaking all the records that thought, never could be broke. Do it for your people, do it for your pride, how you ever gonna know if you never even try? Do it for your country, do it for you name, 'cause there's gonna be a day when you're standing in the hall of fame.

Keith R. CampbellKeith R. Campbell
StaffProfesseur
StaffProfesseur
http://www.catharsis-rpg.com/t20-keith-r-campbell-as-soonMessages : 776 Points : 261
Pseudo : Uneraell / Line
Avatar : Jackson Rathbone
Crédits : Melody, Niniel
Plus d'informations
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Les Salines
Patronus:
Informations diverses:
MessageSujet: Re: Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor)   Mar 12 Fév - 10:09

Je garde le silence, lèvres pincées, car les mots de Sebastian contiennent une certaine sagesse. A 11 ans, je n’aurais pas non plus été capable de choisir ce que je voulais devenir, et je ne pouvais d’ailleurs même pas me souvenir de quels étaient mes rêves, à mon entrée à Poudlard. L’amertume avait effacé beaucoup de détails de mes jeunes années, et soudainement, je me demande si ce n’est pas simplement un signe que je vieillis, que mon esprit s’étrique et que je suis en train de trouver du confort dans un moule que je me suis soigneusement construit, année après année. Je me redresse un peu, me sentant raide dans l’âme et dans le corps.

Au delà des aspects de la carrière, je ne peux cependant donner raison à Sebastian. Il y avait tant de métiers auxquels Poudlard ne préparaient pas, et maintenant que le monde sorcier était révélé, j’avais aussi du mal à croire que la physique, par exemple, ne soit pas enseigné aux jeunes sorciers. Les moldus étaient confrontés à une limitation génétique, qui rendait l’enseignement de la magie peu intéressant dès le plus jeune âge, compte tenu de son obligation théorique. Les sorciers, pourtant, étaient toujours portés à croire que seule la magie importait vraiment, que c’était là le seul chemin, alors que depuis toujours, il en avait existé bien d’autres. Je suis alors pris d’une vague de peine en me souvenant de ma dernière rencontre avec Novenka, la pâtissière magique, qui était venue à Atlantis pendant quelques mois, il y avait déjà de ça plus d’un an. Malgré ses nombreux talents magiques, c’était la finesse de ses sens bien moldus qui avaient contribué à son succès. Ça, elle ne l’avait pas non plus appris grâce à Poudlard, mais bien au gré de ses expériences et de ses voyages. Nous étions si semblables à cet égard, et c’est bien pour cette raison que nous étions devenus si proches. Enfin, je choisis de hocher la tête, donnant raison à Sebastian. Je n’ai rien de constructif à opposer à sa réflexion.

« La beauté, oui... » Mes mots traînent un peu, ne laissant que peu de doute sur le fait que je ne suis pas vraiment convaincu. C’était trop vague, une sorte de truisme à propos du monde. Tout le monde pouvait s’en sortir bien ou mal, en venant de n’importe quelle école, et en faisant des expériences diverses. A nouveau, je pince les lèvres, conscient que sa question n’est, de toute façon, sans doute qu’une question rhétorique. De plus, le sortilège d’attraction vole toute mon attention dès que sa cible fait son apparition dans mon champ de vision. Je m’avance sur le bord du fauteuil, renversant un peu de thé au passage sans le remarquer, et caresse le balai du regard, ne levant même plus les yeux vers son propriétaire. Le bois était travaillé avec soin, tout en gardant un aspect presque brut. Je distinguais un nœud proche de l’avant, et des irrégularités dans ses fibres au niveau de l’assise. En quelques secondes seulement, j’avais pleinement saisi ce que voulait dire Sebastian à propos de son caractère personnel.

« C’est le bois qui a créé le balai, et pas le bois qui a été choisi pour être un balai. C’est du travail très fin et qui doit demander beaucoup de recherche. Chaque enchantement doit sans doute être un peu ré-adapté pour chaque balai ainsi façonné… C’est clairement un outil très personnel. »

Je hoche la tête, appréciateur, jetant cette fois un œil vers le joueur de Quidditch. Son affection pour l’Ecu transparaissait dans ses mots, et en tant qu’artisan, je suis en mesure de comprendre tout ce que cela signifie. Je m’approche un peu plus, maintenant accroupi devant le balai, afin de pouvoir le détailler sous toutes ses coutures, tandis que le parallèle avec les baguettes se développe dans un coin de mon esprit. La comparaison était si pertinente que je m’en veux un peu de n’y avoir jamais pensé, et surtout, je refuse de m’exprimer sur le sujet avant d’avoir pu l’expérimenter en pratique.

« Je comprends parfaitement ce que tu veux dire. N’importe quel objet produit en série sera suffisamment efficace pour l’utilisation de base, mais jamais il ne te donnera une impression de plénitude, une impression d’être entier. Pense simplement à des chaussures. Tu peux aller dans un de ces supermarchés moldus et tu trouveras des chaussures. Tu pourras marcher avec elles et elles te protégeront des cailloux et des irrégularités du sol. Mais si tu demandes à un artisan d’en dessiner pour toi, alors tu découvriras toute la puissance de tes pieds, et tu ne pourras plus jamais marcher avec autre chose... »

Je m’interromps, prenant soudainement conscience du fait que mettre son balai et des chaussures sur le même pied pourrait vexer le joueur de Quidditch, même si je n’étais pas moins convaincu de la logique de mon propos.

« Non pas que je veuille dire qu’il s’agisse du même lien entre les propriétaires de chaussures et d’un balai mais… C’est la découverte d’un autre monde, de sensation plus fine, d’un lien plus unique. J’ose imaginer que ce balai, contrairement aux autres, c’est plus une extension de toi-même qu’un simple outil ajouté, non ? »

Contenu sponsorisé
Plus d'informations
MessageSujet: Re: Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor)   

 
Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor)
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Peut-on se passer de la farine de blé ?
» Peut-on Esperer Un Changement En Haiti ????
» Je n'aurais peut être pas dù (pv Samus)
» Le Bio peut nourir la planète
» 04. Le chocolat ne peut réparer un coeur brisé

Réponse Rapide


Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
-
Sauter vers: