Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor)

Keith R. Campbellavatar
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Sujet: Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor) | Dim 30 Sep - 14:27
La lettre de Sebastian me tomba dans les mains comme un appel peu discret du destin. J’avais tenté de reprendre mon travail sur l’automate oiseau que j’avais entamé juste avant de commencer ma tenure à l’UPA ; malgré ma fascination pour la question du vol, j’avais fini par laisser de côté cette recherche exigeante – et surtout aussi peu fructueuse qu’elle était frustrante – trop occupé que j’étais par l’organisation des cours. Je m’étais attendu à ce que mon rythme de travail change radicalement une fois qu’il me faudrait intégrer des étudiants – leurs questions, leurs travaux, leurs … enfin, leur remue-ménage – dans mon emploi du temps. J’étais bien loin de la vérité cependant. Ma propre naïveté me fit presque sourire alors que je songeais au Keith qui était arrivé à Atlantis, sans véritable but, ni plan, juste parce qu’il lui fallait une échappatoire de Londres, et que Detroit n’était pas la solution, malgré l’attrait que cette ville avait toujours sur moi.

« un Ecu de Siobeski fait sur mesure qui n’attend que toi, enchanté avec précision, avec pas mal de modifications qui pourraient t’intéresser »

Je répète le texte plusieurs fois à voix haute, des accents d’excitation grandissants à chaque relecture ; la dernière s’adresse même directement, et avec insistance à Moriarty, qui se contente de me regarder d’un air stoïque, perché sur le dossier du canapé. La météo n’est pas propice au vol, ce qui explique la présence du félin à l’intérieur. Quand il pleut et ventre, pourquoi donc chercher à dénicher un oiseau, quand on possède un humain qui ne peut s’empêcher de faire voler, tous les jours, un bidule différent à travers le salon. Je souris à mon chat sans me plaindre, pour une fois, de son absence de commentaire et saute sur mes deux pieds. Le temps de mettre la main sur mon trench-coat, mon chapeau, de fourrer ma baguette dans un sac en bandoulière au cuir élimé par ses nombreux voyages et la ribambelle d’outils et pièces métalliques de toutes sortes qu’il contenait, et je m’élance déjà dans la pluie écossaise.

Il ne me faut que quelques minutes pour atteindre la maison de Sebastian, mais elles suffisent pour que je soie trempé et c’est seulement alors que je frappe à la porte d’entrée que je réalise que j’aurais pu transplaner. Comme souvent, mon enthousiasme à poursuivre une idée tend à me faire oublier que je suis un sorcier. Les questions se bousculent dans mon esprit, et je me plais à divaguer sur le type de modifications qui ont bien pu être apportée à un Ecu de Siobeski. En parallèle, je m’étonne de ne pas avoir songé à contacter Sebastian moi-même, après nos retrouvailles en parallèle de la Coupe d’Europe de Quidditch. Qui comme meilleur conseiller pour développer un automate volant, qu’un joueur de quidditch ? Il n’était probablement pas d’être sur terre qui pourrait expliquer, définir, préciser les sensations du vol avec plus d’efficacité qu’un poursuiveur de la classe de l’ancien Serdaigle.

« Ah Sebastian, que je suis heureux de te voir ! Tu as bien fait de m’écrire, tu sais comment je peux être tête en l’air. A cet égard, je n’ai pas changé. Je suis sure que notre collaboration sera fructueuse... » m’exclamé-je alors que la porte s’ouvre, avant même d’avoir eu le temps de découvrir le visage – brouillé par la pluie, certes – de mon interlocuteur.
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Sujet: Re: Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor) | Jeu 4 Oct - 3:31
Un Écu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ?

- Sebastian M. O'Connor — Keith R. Campbell -


"I spent my life trying to answer to the voice inside my head, but all I found were empty questions from a time that I forget. I learned my lesson, it was wrong of me to look so far ahead. I'll count my blessings one by one, I'll live a life I won't regret, and now I finally see the future's right in front of me." A Great Big World
Parfois, les souvenirs s’entremêlent tellement qu’ils deviennent confus. Avez-vous expérimenté ces moments étranges où votre propre mémoire vous fait défaut ? Où vous discutez avec vos parents, vos frères ou sœurs, et vous vous rendez compte qu’une image fixe dans votre tête, que vous sculptez et polissez depuis des années, est en réalité un mirage ? Elle n’est qu’une succession d’événements mis bouts à bouts, recoupés et soigneusement édités pour devenir ce qu’on croit être la réalité, mais qui n’est qu’un point de vue abstrait d’un monde trop chaotique pour être englobé par les réminiscences d’un seul individu.  

Sebastian s’était rendu compte, plusieurs années après sa sortie de Poudlard, que tout ce qu’il avait cru vivre était bien trop lisse pour être vrai. S’il avait vraiment été ce gars populaire et bienveillant, qui attirait les amis comme des mouches tout en les respectant et les acceptant, peu importe leurs passifs, probablement n’aurait-il pas perdu tant de ces connaissances de vue. Probablement que Peter, ou Blake, ne lui en voudrait pas autant. Parfois, l’irlandais se rendait compte qu’il finissait par croire le portrait que les médias dépeignaient de lui, de ce joueur parfait qui devait être un exemple pour tous les jeunes enfants qui le suivait, comme s’il menait une double vie, et que, petit à petit, la réalité de son existence se dissipait pour se confondre avec les fantasmes de ceux qui l’entouraient : peut-être était-ce la raison pour laquelle il avait tant tardé à faire son coming-out. Car d’avouer à voix haute ce qu’il pensait tout bas, c’était annoncer au monde qu’il n’était pas la personne qu’ils croyaient qu’il était, et malgré tout, l’une des plus grandes peurs du poursuiveur, c’était de décevoir. Il avait fait l’erreur de mettre sur un pied d’égalité la déception de ses proches, et ceux de ses fans.

Aujourd’hui, alors que, grâce à un certain Jude Whitmore, il avait assumé ce qu’il était, il lui arrivait de revenir sur des éléments de son passé qui lui faisaient s'interroger. Pourquoi diable avait-il cultivé une admiration sans borne pour quelqu’un comme Léandre, alors que, si le Serpentard l’avait considéré comme un ami, il avait toujours été évident qu’il ne ressentirait jamais la même chose que lui, à son égard ? À cause de cet amour de pacotille, ce crush d’adolescent, il avait quand même risqué sa future carrière, se faisant embrigader dans des coups tordus auquel il n’avait jamais voulu participer, et sacrifiant des entrainements pour les beaux yeux du Sang-Pur. Et ce n’était qu’un exemple parmi tant d’autres, un exemple de son comportement à Poudlard, qui le perturbait.

Lorsqu’il avait revu Keith, pendant la Coupe d’Europe, le blondinet était à mille lieux de se douter qu’il convoquerait, seulement quelques mois plus tard, une conférence de presse pour dire devant un parterre de journalistes qu’il était gay, mais ça lui avait aussi rappelé que, même plus jeune, il avait été capable de prendre de bonnes décisions. Qu’il était réaliste de se dire que, si tout n’avait pas été blanc, lors de son séjour à l’école des sorciers, tout n’avait pas été tout noir non plus.

Keith Campbell était plus jeune que lui, et il dénotait, dans les couloirs du château écossais. Un peu trop coincé, un peu trop le nez fourré dans des bouquins, avec une chair bien trop tendre pour le nombre de loups qui trainaient dans les parages, et Sebastian avait utilisé son aura de chef solaire, ou tout simplement, du capitaine de Quidditch extrêmement populaire, pour qu’on le laisse un tant soit peu tranquille. L’irlandais n’aurait jamais laissé passer de l’intimidation scolaire, pas tant qu’il était là pour l’en empêcher, et il avait appris à apprécier le jeune Serdaigle, qui le regardait voler comme s’il était une expérience scientifique, plutôt que comme un sportif : car il était bien plus tolérant envers les autres qu’envers lui-même, on ne pouvait pas lui enlever ça.

Aujourd’hui, alors qu’il ouvrait sa porte sur laquelle des coups précipités avaient été portés, et qu’il découvrait sur son pallier un Keith trempé par la pluie, des myriades de pensées tournaient dans sa tête, des souvenirs aux regrets, d’anecdotes mélancoliques à la nostalgie d’une période s’apparentant presque à un songe. Il s’écarta pour le laisser passer, afin qu’il ne se mouille pas plus que de nécessaire, sans réellement se soucier de l’eau qu’il pourrait répandre dans sa demeure (certes, il ne possédait pas d’elfes de maison, bien qu’on lui ait préconisé plusieurs fois d’en acheter un, mais une femme de ménage passait tous les jours pour prendre soin de sa maison, et son manager n’était jamais loin, avec son armée d’assistants, lorsqu’il avait besoin de quelque chose), son sourire éclairant la pièce bien plus fort que ce que le soleil aurait pu faire.

« -Je pourrais dire la même chose, Keith, j’était très content de savoir que tu acceptais mon invitation. Mais tu vas attraper la mort, à te balader comme ça sans parapluie ! Laisse moi te servir une tasse de thé pour te réchauffer, avant qu’on n’attaque le vif du sujet, proposa-t-il sans réellement attendre de réponse, levant déjà sa baguette pour mettre à chauffer de l’eau sur sa gazinière, à l’autre bout de la pièce.

D’un geste, il lui désigna le canapé pour qu’il s’y installe. La pièce était grande et claire, malgré le temps gris (l’avantage d’un appartement en bord de mer, probablement), et on pouvait admirer, de n’importe quel siège, les quantités impressionnantes de coupes, de médailles et autres symboles de la réussite de Sebastian qui s’étalaient sur ses murs et le manteau de sa cheminée. Ce n’était pas vraiment de la prétention de sa part, d’une part, il était réellement fier de ses accomplissements et du chemin qu’il avait parcouru pendant ses quinze ans de carrière, et de l’autre, il n’allait quand même pas jeter les trophées qu’on lui remettait. Mais il était vrai que la décoration s’en retrouvait, quelque peu… chargée, doublée par une collection assez impressionnante de balais de collection de toutes sortes, qu’on pouvait voir un peu partout.

Pendant qu’il préparait le thé, le joueur de Quidditch se surprit à chercher ses mots. Comment combler tant d’années sans prendre de nouvelles, sans savoir ce qu’il était advenu de son ancien camarade ? Probablement avait-il vécu la guerre bien plus durement que lui, peut-être avait-il perdu de la famille et des proches, et lui était là, à se parader dans une galerie à son honneur. Peut-être n’avait-il pas tant changé, après tout.

-Alors, demanda-t-il finalement d’une voix douce. Notre conversation pendant la Coupe a été un peu… chaotique, mais j’ai cru comprendre que tu étais devenu automatier ? Ça consiste en quoi, exactement ? »

Autant commencer par un sujet relativement sûr, et il était réellement intéressé. Lui le mauvais élève, le sportif plutôt qu’intellectuel, ne se souciait pas vraiment des complexités des machines, mais bel et bien de son ancien ami Keith, de ce qui avait constitué son quotidien depuis qu’ils s’étaient quittés, de ce qui l’avait construit, au fil des années. Il voulait comprendre, en somme. Et peut-être qu’ainsi, dans le même temps, il se comprendrait un peu mieux lui-même.  
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Sujet: Re: Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor) | Mer 10 Oct - 15:43
Ne pas avoir côtoyé Sebastian depuis des années, ne lui avoir parlé qu’une seule fois ces derniers mois, au détour d’une échoppe lors d’un grand événement sportif, n’avoir aucune idée de ce qu’était devenu sa vie – si ce n’est ce que j’avais capturé rapidement dans l’un ou l’autre média, alors que je cherchais quelque information à propos des évolutions des enchantements de vol – ne me perturbait pas le moins du monde. Je traverse son salon en tapotant distraitement mes vêtements avec ma baguette, tellement habitué à me faire surprendre par la pluie que j’avais développé une maîtrise particulièrement affinée des sortilèges ménagers. Si je n’étais pas gêné par une averse – la passion à ses priorités – il n’était pas question de passer plus d’une minute sans être présentable, une fois les conditions améliorées. Ainsi, malgré la traînée d’eau que je laisse sur mon passage lors des premiers mètres, je m’installe dans le canapé avec un sourire large et surtout, sincère.

Je mets un certain temps à me faire une opinion sur les gens, essentiellement car je mets un temps certain à m’intéresser à eux. Peu de mes confrères humains attiraient autant mon attention que les mécanismes alambiqués avec lesquels je passais le plus clair de mon temps, et c’était le plus souvent une coopération bien effective. Ils ignoraient ma présence, outre le temps des commandes et pour venir enlever leurs précieux nouveaux objets, et j’ignorais la leur. Seul Moriarty avait eu la patience, année après année, de développer une technique acérée pour détruire ma concentration et obtenir toute mon attention dès qu’il le jugeait bon. D’une manière étonnante, et je le réalise alors que je lève enfin les yeux sur Sebastian, mes cils enfin suffisamment sec pour que j’y voie avec clarté, j’accorde plus d’estime à mon chat pour sa résilience que pour tous ceux qui au fil des années, n’ont même jamais vraiment tenté de me comprendre.

Sebastian fait cependant partie de la seconde partie, ce club très fermé, des rencontres qui m’ont marqué d’une manière ou d’une autre. Je n’ai jamais vraiment partagé d’intérêt avec le joueur de quidditch, si ce n’est peut-être, le quidditch. Pourtant, même là, nos passions divergent ; car si nous pouvions nous ébahir ensemble de prouesses techniques, je m’intéressais plus aux spécifications du balai qu’au talent du joueur. Étrangement, cela suffit pour que nous puissions nous retrouver avec un certain bonheur un samedi ou l’autre, à Poudlard.
Je mets du temps à me faire une opinion sur les gens, mais j’en change rarement. Assis dans ce canapé, face un homme que j’aurais sans doute, depuis le temps, pu considérer comme un inconnu, je suis sincèrement enthousiaste de le revoir. Je ne doute pas que ce que j’ai pu apprécier chez lui lorsque nous étions adolescents ; son sens du devoir, sa morale, sa volonté de bien faire et de ne jamais décevoir, de donner pour les autres, n’avait pas pu disparaître. S’il m’avait fallu une preuve, sa lettre et sa proposition spontanée m’aurait suffit.

« Automatier, oui ». Mon regard s’illumine, comme à chaque fois qu’on me demande de parler de mon métier, quelques fourmillements me parcourent le torse. La passion pour mon artisanat trouvait ses racines au plus profond de mon être. « Je crée des objets enchantés de manière à ce qu’ils soient utiles au quotidien. Ou pour le défi technique, cela dépend parfois des commandes. Mon but est de rendre la vie encore plus facile que la magie ne le fait déjà, et d’y ajouter un certain décorum. Je ne peux concevoir que des automates qui sont emprunts de noblesse et de pouvoir, celui, ancien, des croyances et des traditions. Il ne s’agit pas de produits des trucs rapides et éphémères, comme le fait si souvent la technologie moldue, ni de nier l’impact que nous avons sur le monde. » Je frémis de manière visible alors que je songe à nouveau au port industriel d’Oban, la fascination qu’il avait exercée sur mon frère, et le dégoût qu’il m’inspirait déjà à l’adolescence. « Je veux que mes automates s’intègrent de manière délicate et respectueuse dans la vie que nous menons, sans dénaturer ce dont ils sont faits, ni la tâche qu’ils réalisent. Je pense qu’il n’y a de valeur que dans l’effort, et si mon œuvre facilite la vie de mon client, cela signifie que j’ai autant plus d’investissement à mettre dans l’automate. »

Comme souvent, je parle un peu vite, mon ton s’emballe et je ne peux m’empêcher de souligner mes mots avec quelques mouvements abstraits des mains. Ce n’est que lorsque j’ai fini ma tirade que je me souviens que Sebastian n’a jamais été le plus studieux de nous deux, et qu’à l’époque où j’ai commencé à enchanter des objets, il avait déjà quitté Poudlard. Je reprends alors avec un ton que je m’efforce d’apaiser, bien que je ne puisse complètement éliminer le souffle de fierté, si ce n’est d’arrogance, qui perce en filigrane. « Par exemple, récemment, j’ai reçu une commande de la part d’une sorcière d’un âge avancé. Malgré sa maîtrise de la magie, lire lui devenait pénible. Elle avait beaucoup de mal à tourner les pages de ses livres, le parchemin était soit trop fragile, soit trop difficile à saisir pour ses mains tremblantes. Elle pouvait bien sur tourner les pages à l’aide de sa baguette, mais le mouvement répétitif a fini par empirer les douleurs dans ses mains. J’ai donc créé pour elle un automate qui se compose uniquement d’un bras et d’une main, mais dont l’enchantement est suffisamment précis pour qu’il puisse se saisir d’une page et la tourner délicatement. » Je souligne mon explication d’un geste gracieux de la main, mimant le résultat final de l’automate. « Évidemment, c’est une pièce unique. Outre pour mes recherches personnelles, je ne travaille plus que sur commandes. »

La bouilloire siffle et m’interrompt, alors je m’arrête sur un sourire, incertain, comme toujours lorsque je parlais de mon travail, de quand j’avais perdu mon interlocuteur, ou si même il avait vraiment posé la question par intérêt, ou pour entamer la conversation de manière polie. Je n’avais jamais été capable de faire la différence. Je ne posais généralement pas non plus de questions par politesse pure. Je laisse alors le silence s’installer, laissant à mon ancien camarade le loisir de répondre ou de diriger la discussion vers un sujet dont il se sentirait plus proche.
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Sujet: Re: Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor) | Ven 19 Oct - 3:14
Un Écu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ?

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"I spent my life trying to answer to the voice inside my head, but all I found were empty questions from a time that I forget. I learned my lesson, it was wrong of me to look so far ahead. I'll count my blessings one by one, I'll live a life I won't regret, and now I finally see the future's right in front of me." A Great Big World
C’était quelque peu étrange d’avoir Keith en face de lui, comme si le passé avait ressurgi d’un coin obscur de son esprit pour se matérialiser dans sa maison. Si le professeur était stoïque face à lui, Sebastian ne pouvait s’empêcher d’être ému, mis face à sa propre maturité, à combien ils avaient pu, l’un comme l’autre, changer depuis Poudlard. Ils avaient été une pair improbable, ils l’étaient encore, c’était flagrant dans la manière qu’ils avaient de parler de leurs métiers respectifs, Keith employant tout un tas de termes techniques, mettant ses buts en avant plutôt que les ressentis qu’il tirait de la manière qu’il avait de vivre de sa passion. Et pourtant, de façon peut-être un peu décalée, peut-être un peu improbable, ils arrivaient à se comprendre, l’automatier corrigeant, presque inconsciemment, son vocabulaire pour que l’irlandais suive sa façon de pensée, et Sebastian taisant les questions qui surgissaient sans cesse dans son cerveau au fur et à mesure du laïus de son ancien camarade, malgré le fait qu’elles lui brûlaient les lèvres, pour que Keith puisse s’exprimer sans être interrompu toutes les cinq secondes. Il écoutait attentivement, tout en détaillant les traits de l’ex-Serdaigle. Il avait perdu les traits poupins que la puberté a tendance à corriger, et ses pommettes saillantes faisaient ressortir la profondeur de ses yeux. Keith était magnétique, quelque part. Aussi mystérieux que Seb pouvait sembler accessible, avec ses cheveux bien trop blonds et ses yeux bien trop bleus. Comme le temps passe, pensa le joueur de Quidditch.

« -C’est remarquable, répondit-il finalement, d’une voix douce, à la diatribe de son ami. J’ai toujours su que tu trouverais un moyen de transformer ce savoir qui bouillonnait dans ta tête en… quelque chose de ce genre. Quelque chose qui pourrait aider les gens, qui serait un… catalyseur pour faire avancer, même à une échelle individuelle, l’humanité. Et tu aimes ce que tu fais, ça se voit. C’est le plus important, au final.

L’irlandais se leva lorsqu’il entendit les premiers sifflements de la bouilloire, et versa promptement l’eau chaude dans une théière, avant de la disposer sur la table, devant le canapé où ils s’étaient installés, accompagnée de tasses et d’une boîte contenant les feuilles de thé. Il ne se pressait pas. Sebastian était étonnement détendu, alors qu’on aurait pu croire que la confrontation avec son ancien ami, pilier d’un passé qu’il avait pendant longtemps porté aux nues pour mieux pouvoir le renier, l’aurait rendu plus fébrile qu’un match de Coupe du Monde. Mais Keith avait un effet étrangement apaisant. Comme s’il l’abjurait, quelque part, de ses erreurs de jeunesse : s’il en avait commis, de nombreuses fois, il avait aussi réussi à faire quelques bonnes actions.

Laissant Keith préparer son thé comme il l’entendait, le joueur de Quidditch se rassit à ses côtés. Il était comme un enfant face à un buffet : trop de choses à choisir, trop peu de temps et de place dans son estomac. Car ils pouvaient parler de tout, sans tabou, il le savait bien, et la pensée était quelque peu vertigineuse. Finalement, il s’arrêta sur, peut-être, ce qui lui avait causé le plus d'insomnies, ces derniers temps. C’était peut-être un peu égoïste, de se concentrer ainsi sur ses problèmes alors qu’il n’avait pas vu le professeur de l’UPA depuis des années, mais il avait tellement retenu ce genre de pensées au plus profond de lui-même, pendant si longtemps, qu’il essayait à tout prix de les libérer, maintenant qu’il en avait la possibilité.

-J’ai une question qui peut sembler un peu… bizarre, voire même carrément trop personnelle, et si c’est le cas, je ne t’en voudrais pas si tu préfères qu’on change de sujet, mais… j’ai besoin de te demander ça. Sebastian secoua la tête, regrettant déjà le choix de ses mots. Il sonnait bien trop solennel et sérieux. Je ne sais pas si tu as lu dans les journaux, ou vu à la télévision, par rapport à mon coming-out… Il ne voulait pas assumer que chaque personne sur la planète connaissait son orientation sexuelle, après tout, il avait beau être célèbre et les médias avaient beau en avoir parlé pendant des mois, il aurait été présomptueux de sa part de partir du principe que tout le monde était intéressé par sa petite personne. Est-ce qu’à Poudlard… Tu n’as jamais eu de soupçons, sur le fait que j’étais gay ?

C’était probablement la mauvaise personne à qui poser la question, Keith n’étant pas forcément des plus… à même des comportements humains, mais c’était cathartique, pour l’irlandais, de demander ce genre de choses à une tierce personne. Et de toute façon, qu’il lui réponde oui ou non n’avait pas vraiment d’importance. Cela ne changerait rien, au final, ni sur son passé, ni sur sa vie actuelle : mais pourtant, la curiosité le démangeait, et il lui fallait l’exprimer, comme s’il grattait enfin une vieille piqûre de moustique.

-Enfin, je sais que c’est bête, dit-il en passant ses mains dans ses cheveux, gêné par avance de la réaction de Keith, alors même qu’il n’avait pas encore répondu. C’était dur, de tirer un trait sur presque 30 ans durant lesquels il avait été dans un placard, incapable d’assumer qui il était. Oublie, ne t’en fais pas, ce n’est pas… important. Il se précipita sur sa tasse comme pour se protéger, oubliant qu’elle était encore vide, avant de soupirer quant à sa propre imbécillité. Il vaut mieux qu’on parle du balai que je vais te présenter, c’est plus intéressant. Comme je te l’ai dis dans ma lettre, c’est un Ecu de Siobeski sur-mesure, l’artisan qui l’a réalisé est un vrai passionné et a pu le tailler pour qu’il convienne exactement à mon style de jeu. »

Keith le verrait bien assez tôt, de toute façon, Sebastian était loin de connaître toutes les subtilités du calibrage d’un balai, fonctionnant plus au ressenti qu’au côté technique. Mais c’était surtout un moyen, pas franchement subtil, de se détourner de la conversation qu’il avait lui-même lancé.
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Sujet: Re: Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor) | Jeu 1 Nov - 6:33
Sebastian, profitant de ma pause, prend enfin la parole. Je suis touché par son interprétation de ce que je lui ai expliqué, même si une partie de moi, empreinte d’arrogance mais aussi de beaucoup d’exigences, n’est pas convaincue que mon travail ne serve vraiment à l’humanité – du moins pas encore. Je reste un instant silencieux cependant, la réflexion piquée par sa vision de ce qu’a été mon catalyseur. Parfois, je me demande moi-même si le but de la plupart de mes créations est vraiment d’aider qui que ce soit, ou si c’est le meilleur moyen de justifier mon désir, mon besoin même, de réaliser des prouesses techniques avec ce qui me passionne. Beaucoup de mes créations ou de mes intérêts n’ont eu des utilités que limitées. Voire carrément discutable.

Je me sers rapidement un thé à la suite de mon ancien ami, sans trop savoir quoi répondre. Il m’est maintenant évidemment que la question était plus empreinte de politesse, même si je sais que mon aîné a probablement écouté ma réponse avec un certain enthousiasme. Je me souvenais de Sebastian comme quelqu’un d’ouvert et de curieux, toujours prêt à se rendre disponible pour les autres. Malgré sa répartition à Serdaigle, les détails académiques n’avaient jamais retenu sa fascination – du moins, pas ceux sur lesquels je planchais moi – et je réalise avec un mélange de surprise et de nostalgie qu’il n’a pas vraiment changé. Je me retrouve étrangement apaisé face à cette idée, réalisant que contrairement à ce que je voudrais parfois croire, je n’ai probablement moi-même pas vraiment changé non plus.


« Je t’écoute ». Sa nouvelle entame de conversation m’étonne, alors je repose mon thé avec un cliquetis de porcelaine. Le regard attentif, je le laisse parler, complètement silencieux, comme toujours inconscient que mon manque total de réaction pourrait mettre mon ancien camarade mal à l’aise plutôt que lui faire comprendre que je suis respectueux de ses paroles. Je m’enfonce d’ailleurs un instant dans mes pensées, peu sur d’avoir en effet lu quoi que ce soit au sujet de son coming-out. Le sujet m’intéresse peu de manière générale, et même si j’ai eu un journal sportif dans les mains au moment où la nouvelle a été publiée, je doute que je me serais arrêté sur l’article en question. Je hoche discrètement de la tête, toujours concentré sur mes propres souvenirs – de Poudlard et des derniers mois – et je manque complètement le changement de sujet et le malaise qui en est la cause.

« L’Ecu de Siobeski ? » Je pose la question avec un accent de naïveté dans la voix, comme si je n’avais encore jamais entendu parler d’un tel objet. « Oh, oui. Attends. » Je reprends ma tasse de thé et reporte mon attention sur l’instant présent. « J’ai pu voir la nouvelle passer dans les médias, mais honnêtement Sebastian, je ne m’en souviens pas. Je ne porte pas vraiment attention à ce genre de… détails ? » La question a été posée avec prudence. « Je ne considère pas que cela soit mes affaires, ni que j’ai un quelconque avis à avoir sur la question. C’est ta vie privée, et ne change en aucun cas l’opinion que j’ai de toi. » Je bois une gorgée de thé pour me donner contenance. Je me sens toujours comme un cheveu sur la soupe lorsque j’aborde un tel sujet ; même avec Poppy, alors qu’avec elle, la discussion est évidemment légitime. « Je ne sais pas vraiment quoi te dire d’autre. » Je lui adresse un nouveau sourire prudent, un peu contrits aussi, me doutant que s’il aborde la question de cette manière, elle doit avoir une importance particulière pour lui, mais je suis bien loin d’en deviner la portée.
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Sujet: Re: Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor) | Lun 26 Nov - 4:10

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- Sebastian M. O'Connor — Keith R. Campbell -


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C’était quelque peu vertigineux que d’être confronté au monde, lorsqu’on était enfin en paix avec qui l’on était. Sebastian avait passé tellement de temps caché qu’il était comme un nouveau-né prenant ses premiers pas, comme un aveugle qui retrouvait soudainement la vue. Il était perdu, quelque part. Et il posait les mauvaises questions aux mauvaises personnes, se faisant : mais qui pouvait le blâmer ? Après tout, à qui se confier ? Les journalistes le poursuivaient sans cesse, et il était bien difficile de faire confiance à quelqu’un sans crainte qu’il n’aille tout répéter au moindre reporter, désireux de se mettre quelques Gallions dans la poche. Ce n’était pas qu’il n’avait pas confiance en ses amis non plus, ou en Jude, bien évidemment, mais leurs avis étaient bien trop subjectifs pour qu’il ne craigne que leurs mots ne soient positifs envers lui, simplement parce qu’ils l’aimaient.

Alors il errait comme un soûlard au milieu des ruelles malfamées, encore incertain de la marche à suivre, et il se raccrochait à des détails, des petites choses pour essayer de garder un cap. Keith représentait son passé, quelque part, et c’était si réconfortant que de se rappeler de l’après, où tout était plus simple et moins confus. Il ne regrettait pas sa nouvelle vie, mais il fallait bien avouer que le fier Gryffondor était terrorisé de ce que l’avenir avait en stock pour lui. L’automatier était le réceptacle de cette peur, et si l’irlandais en était désolé, il ne pouvait pas s’en empêcher. C’était plus fort que lui.

C’était paradoxal, parce qu’alors que Keith répondait, sans filtre, à sa question pourtant si égocentrique, ses lèvres brûlaient d’en savoir plus, mais son esprit savait pertinemment que c’était une mauvaise idée. Non pas que son interlocuteur le prendrait mal, mais ce n’était pas son rôle. Ils ne s’étaient pas vu depuis si longtemps, tous les deux, si on omettait leur brève rencontre lors de la Coupe d’Europe. Et si la bienséance lui criait qu’il était temps d’arrêter de poser des questions si personnelles, son savoir-vivre, également, lui faisait gentiment comprendre que Keith était probablement gêné par de telles interrogations, et qu’il fallait qu’il arrête de se comporter ainsi.

Il sourit, face à ses mots. Que répondre d’autre à part merci ? Car si le trouble de l’écossais ne pouvait échapper à l’empathe qu’était Sebastian, il voyait qu’il essayait de le rassurer, et c’était si adorable que, s’il s’écoutait, il l’enfermerait dans une longue étreinte en le grattant derrière les oreilles comme un chaton : mais bon, il savait aussi que ça ne plairait pas des masses à Keith, alors il se retenait.

« -C’est… amplement suffisant, vraiment. Je préfère une réponse honnête plutôt que des formules toutes faites, ou des réponses de circonstance qui semblent piochées dans des magazines de pseudo psychologie : et crois-moi, j’en ai reçu un certain nombre.

Son ton était redevenu chaud et sympathique. Comme si le nuage qui passait devant le soleil qu’il était s’était fait pousser par le vent : parce que Keith n’en avait probablement pas conscience, mais c’était ce dont le joueur de Quidditch avait besoin. Qu’on se comporte normalement autour de lui. Qu’on reste rigoureusement honnête, qu’on ne marche pas sur des œufs ou, au contraire, qu’on le porte aux nues. Les gens vrais, autour de lui, étaient rares et précieux. Il se flagella intérieurement, pour la énième fois, de ne pas avoir gardé contact avec plus de gens lorsqu’il avait quitté Poudlard : il aurait eu bien besoin de personnes comme Keith en grandissant.

-En fait, c’est plus que suffisant, c’est parfait. Il avait des intonations presque guillerettes, à présent. Il ressemblait à l’un de ces plongeurs en apnée ayant été privé d’oxygène pendant trop longtemps, qui avait contemplé l’abysse, et qui, enfin, retournait sur la terre ferme. D’autant que je sais que ce genre de choses ce n’est pas forcément… ton truc. Enfin, en tout cas, ce n’était pas le cas à Poudlard. Si un jour tu as besoin de parler, d’ailleurs, tu sais où j’habite maintenant, et ma porte te sera toujours ouverte. »

Il n’arrivait pas à imaginer Keith autrement que plongé dans des bouquins ou en train de travailler sur une énième découverte, mais il serait enchanté de savoir qu’il s’était décollé de ses recherches pour un peu de contact humain. Il ne jugeait pas, dans tous les cas, mais il était persuadé que ça lui ferait le plus grand bien, plus que ce qu’il pourrait imaginer, et même si ce n’était pas évident pour lui.
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    Plus jamais je n'aurai peur de ces étranges lueurs qui apparaissent quelquefois quand je lui ouvre mon cœur. Quand les soleils s'éteignent entre deux corps amants, c'est le bonheur qui saigne, un lys entre les dents. + buckaroo.

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Sujet: Re: Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor) | Mer 12 Déc - 14:53
Je reprends ma tasse, à la fois pour me donner contenance durant cette incartade de la conversation, et pour me rassurer sur le fait que la tempête était passée. Comme si le fait de pouvoir tenir la tasse entre mes mains étaient un signe que je n’allais plus ramasser un raz-de-marée. J’observe le thé qui forme encore quelques vagues, suivant le mouvement que je lui ai imposé en le soulevant de la table. Je réalise que je m’accroche à une boisson chaude pour reprendre pied dans une tourmente qui n’en était, en vérité, pas vraiment une, et le temps d’une seconde, je parviens à me sentir ridicule avant que mon esprit, déjà, ne parte vagabonder ailleurs.

Je suis néanmoins heureux d’avoir pu apporter à Sebastian une réponse qui paraît l’apaiser, même si je suis un peu étonné qu’il ait attendu de moi autre chose qu’une réponse honnête. Même durant notre adolescence, j’étais connu pour mon franc-parler, et mes critiques acerbes des méthodes d’enseignement de Poudlard ne m’avaient pas attiré la meilleure réputation parmi les professeurs – alors que c’était, sans surprise, l’aspect de ma personnalité que mes camarades de classe avaient préféré. D’ailleurs, ce n’était pas tellement une question de sincérité, mais une véritable incapacité à jouer un rôle, et, je devais l’avouer, un complet mépris pour le fait de prétendre être quelqu’un d’autre. J’avais toujours mis un point d’honneur à être fier de ce que j’étais, de mes réalisations, et même de mes échecs, quelque part. Je n’échouais d’ordinaire que là où d’autres n’avaient encore rien osé tenter.

Je hoche la tête cependant, je peux aisément concevoir que les magazines et les groupes de fans aient sorti toute une panoplie de réponses préconçues, cherchant soit à s’attirer les meilleures ventes, soit les plus grandes faveurs. Je n’enviais la célébrité à personne – les seuls sorciers dont j’aurais pu chanter les louanges étaient pour ainsi dire des anonymes aux yeux du monde – et je ne jalousais certainement pas le lot de mensonge qu’elle traînait lourdement derrière elle. Le ton plus guilleret de l’ancien Gryffondor me raviva cependant. Je ne cherchais peut-être jamais à plaire pour le simple principe, mais je n’étais pas non plus complètement indifférent à mes pairs. Voir un sourire sur le visage d’une personne que j’appréciais vraiment était une valeur simple que je savais apprécier.

« Laisse donc de côté ces magazines. Je sais que ce n’est sans doute pas facile à dire, et qu’ils sont omniprésents dans ta vie. Mais ce n’est pas ça qui compte vraiment. » Je cherche ensuite mes mots pendant quelques instants. Les discussions de vie intime n’avaient jamais été ma tasse de thé, à croire même parfois que le plus simple vocabulaire des sentiments refusait de se faire une place durable dans le fourmillement de pensées qui composait mon esprit. « Je ne suis pas certain que mon incapacité notable à m’exprimer sur ce genre de sujets rende mon avis plus valeureux que celui de n’importe qui d’autre. » Je souris à nouveau, plus par empathie cette fois. « Même si je pense que d’une certaine manière, ma propre prudence à cet égard est un atout pour éviter de juger les autres. Je comprends bien que les émotions sont parfois… ingérables. »

Je ne peux éviter de penser à Poppy alors que les derniers mots m’échappent un peu. Néanmoins,  je ne saisis pas l’occasion d’aborder le sujet. Je n’en ressens ni le besoin, ni ne verrai de raison de le faire – bien que je serais presque curieux de tenter l’expérience pour savoir si il me serait plus facile de mettre des mots sur son propos quand elle ne se tenait pas en face de moi, le regard brûlant. « J’apprécie la proposition, d’ailleurs. Rien que pour le plaisir de retomber un peu dans notre adolescence. Plus de dix ans, depuis Poudlard... » Je baisse à nouveau les yeux vers mon thé, songeur. S’il était une chose certaine, c’était bien que cette époque ne me manquait pas.
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Sujet: Re: Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor) | Aujourd'hui à 11:27
Un Écu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ?

- Sebastian M. O'Connor — Keith R. Campbell -


"I spent my life trying to answer to the voice inside my head, but all I found were empty questions from a time that I forget. I learned my lesson, it was wrong of me to look so far ahead. I'll count my blessings one by one, I'll live a life I won't regret, and now I finally see the future's right in front of me." A Great Big World
Il se rappelait de Poudlard et de ses longs couloirs poussiéreux, où l’on ne savait jamais ce qu’il pouvait nous attendre une fois passé la porte d’une salle de classe. En rétrospective, Sebastian se demandait comment le Ministère avait jamais pu laisser passer une pédagogie aussi laxiste et dangereuse dans l’école sorcière la plus populaire de Grande-Bretagne, mais c’était aussi ça, qui avait fait le charme de sa jeunesse : et lui la tête brûlée, le Gryffondor capitaine de l’équipe de Quidditch, populaire et casse-cou, ne se serait certainement pas plaint des excentricités de certains de ses professeurs. Keith faisait partie intégrante de sa jeunesse, et il ne pouvait lui jeter rien d’autre que des regards emplis de nostalgie, tandis qu’il lui répondait avec ce ton si caractéristique, si particulier, qu’il avait appris à apprécier alors que l’irlandais n’était encore qu’un adolescent.

Nos rencontres forment la personne que l’on devient en grandissant. Et sans l’automatier, Sebastian serait bien différent de celui qu’il était aujourd’hui : peut-être en pire, peut-être en mieux, nul ne le sait, mais toujours était-il qu’il resterait, à jamais, une personne très importante pour lui.

Alors il l’écoutait attentivement. L’ancien Serdaigle avait toujours été bien plus sage et posé que lui, parfois à son détriment, et Sebastian écoutait ses conseils avec attention. De l’eau avait coulé sous les ponts, depuis son coming-out, et aujourd’hui, sa vie était restée relativement la même, à quelques exceptions près : alors pourquoi diable s’en souciait-il encore autant ? Pourquoi donc s’attachait-il tant à l’opinion que pouvaient avoir les autres de lui, quand il avait pris soin de s’entourer de gens bienveillants, qui ne voulaient rien d’autre que son bonheur ? Keith avait raison. Il fallait qu’il cesse de se préoccuper des journalistes et de leurs questions bien trop insidieuses, ou même de ces associations qui, depuis qu’il était sorti du placard, n’avaient de cesse que de vouloir l’utiliser comme une marionnette pour servir leurs causes (louables, certes, mais il restait un être humain, et non un bout de viande dont on pouvait se servir comme mascotte publicitaire).

« -T’as pas tort, Keith, pas tort du tout. Je crois que j’ai été tellement habitué à vivre dans le mensonge que, petit à petit, j’ai fini par y croire moi-même, et maintenant que c’est fini, je… Je suppose que c’est difficile de se réhabituer à la réalité.

Ses yeux se perdirent sur le mur orné de médailles et de trophées. Il était fier de ses accomplissements, mais il aurait du afficher des photos de ceux qui comptaient. Jude, Ollie, pour ne citer que les plus importants : ceux là avaient bien plus de sens à ses yeux que n’importe quelle Coupe du Monde de Quidditch.
Le blondinet continua de sourire de bon cœur alors que son ami continuait de parler. On pouvait aisément deviner qu’il n’avait pas l’habitude de discuter ainsi, en tout cas, de ce genre de sujets : et probablement que le Keith de son enfance n’aurait pas su trouver des mots aussi justes que ceux qu’il prononçait aujourd’hui. Mais c’était ça, aussi, la maturité. Savoir quels étaient ses points faibles et les travailler, pour pouvoir les affronter lorsque l’occasion se présentait.

-Je ne pense pas que tu en est incapable, la preuve. Et ce n’est pas que ton avis est plus valide que celui d’un autre : mais c’est quelque chose que j’ai toujours admiré chez toi, Keith. Ton honnêteté. Et c’est ce dont j’ai le plus besoin, en ce moment.

Cela lui avait déjà attiré des ennuis, à Poudlard, mais c’était aussi pour ça que Sebastian l’avait tant défendu, lors de leurs jeunes années. La vérité n’est peut-être pas toujours bonne à dire, et ne doit pas être prise à la légère, mais on ne devrait jamais s’en prendre au messager quand elle fâche un peu trop.
Le sportif étira ses membres, comme s’il sortait d’une longue séance d’entrainement. On fait l’erreur de croire que seul l’exercice physique éreinte, mais de telles conversations, aussi personnelles, peuvent tout autant fatiguer un individu. Parfois, même, davantage.

-C’est ce qui fait qu’elles sont si belles, je crois, non ? Le fait qu’elles soient si instables, si inattendues. Je veux dire, si on m’avait dis il y a seulement un an de ça que je serais dans mon salon, à discuter avec toi de ce genre de choses, je n’y aurai jamais cru, et pourtant… Il haussa les épaules. Enfin, je ne sais pas. J’ai du mal à avoir du recul, justement, sur mes propres émotions. J’en ai trop, tout le temps, et bien trop fort, je le sais parfaitement, et ça me joue bien des tours.

Un éclat de rire sonore, à l’image de sa confession. Il était si solaire, le poursuiveur. Si ouvert et désintéressé, comme une bouffée d’air frais après avoir retenu sa respiration pendant de longs instants : pour mieux faire retentir un gémissement de désespoir, en entendant Keith parler de ces années qui passaient, sans qu’ils ne puissent jamais les rattraper.

-Ne m’en parle pas, Keith… Je vais avoir 30 ans cette année, tu te rends compte ? Parfois, j’ai l’impression que c’était hier seulement, que je mettais le Choixpeau sur ma tête pour qu’il beugle "Gryffondor" après un millième de seconde d’hésitation. Je me rappelle de ta répartition aussi… Toi non plus, le Choixpeau n’a pas vraiment eu du mal à savoir à quelle maison tu appartenais. »

Et lui ne pouvait cacher son ton nostalgique. S’il s’était rendu compte que ses années si belles, à Poudlard, avaient été faites au détriment de nombre de ses camarades, Siobhan en premier lieu, elles avaient tant contrebalancées une enfance désastreuse auprès de sa famille, qu’il ne pouvait les renier. C’était un fait immuable : il avait adoré sa scolarité. Et parfois, il se disait que la vie était bien plus simple, à l’époque.
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Un Ecu de Siobeski peut-il transporter le thé de l'amitié ? (Sebastian O'Connor)
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