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 Sometimes it all gets a little too much ft. Milo Pierce & Matthew Hamilton

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MessageSujet: Sometimes it all gets a little too much ft. Milo Pierce & Matthew Hamilton   Sam 29 Sep - 17:09


Sometimes it all gets a little too much

- Grace Hamilton — Matthew Hamilton — Milo Pierce -


"She would always tell herself she could do this. She would use no help, it would be just fine. But when it got hard, she would lose her focus, so take my hand and we'll be alright" Shawn Mendes
Elle n’avait pas pu fermer l’œil de la nuit, et elle arborait des cernes bleutées profondes, qu’elle essayait tant bien que mal de camoufler avec du fond de teint, pour que sa charmante mère ne lui fasse pas trop de remarques dessus. Cela faisait moins de 24h que ses parents avaient débarqués à Atlantis, et Grace avait jugé bon de repousser la rencontre avec Milo au lendemain, pour laisser au couple Hamilton le temps de s’acclimater au climat écossais, et à son appartement, qu’elle leur avait laissé, comme prévu. Hier au soir, ils avaient dînés en famille, avec Matthew, dans le restaurant où travaillait Caleb, le colocataire de son petit ami, et aujourd’hui, il était prévu qu’ils se retrouvent pour le brunch, avec Milo, afin de faire enfin connaissance.

C’était un moment important, pour elle. L’italien était le premier homme qui rencontrait ses parents, et elle avait peur que ce ne soit une étape franchie un peu trop tôt, dans leur relation : et s’il partait en courant, en se rendant compte du caractère… particulier de sa mère, et des liens conflictuels qui les unissait ? Grace l’avait mise en garde, bien sûr, l’avait averti que certains de ses mots pourraient être blessants, et que ça serait pire encore, s’il réagissait violemment (Matthew en avait fait bien souvent les frais). Mais la théorie était bien différente de la pratique, et l’insécurité permanente de la française avait tendance à lui faire penser aux pires scénarios possibles.

Cela faisait maintenant quarante minutes qu’elle s’acharnait sur sa coiffure, car elle savait pertinemment qu’au moindre cheveu de travers, Catherine Hamilton ne manquerait pas de lui faire de multiples remarques. Quarante minutes qu’elle essayait de se rassurer, se gonflant de pensées positives à chaque mèche que parcourait son fer à friser, avant que sa motivation ne s’écroule, lorsque la voix acariâtre de sa mère retentissait dans son esprit, pour critiquer tout ce qu’elle chérissait dans sa vie. Pendant ce temps, Milo dormait encore du sommeil du juste, et pour cause : il était bien trop tôt pour commencer à se préparer à un brunch. Bien trop tôt pour être debout, même, mais, après être restée les yeux grands ouverts entre les bras de son amant bien trop longtemps, à se ronger les sangs, tandis que sa respiration calme aurait du la bercer, Grace avait fini par se lever pour s’occuper les mains et l’esprit. Autant rentabiliser son insomnie.

Lorsqu’elle fut maquillée, apprêtée, habillée d’une tenue ni trop moderne, ni trop traditionnelle, qui l’aurait fait passer inaperçue dans n’importe quelle foule, pour ne pas attiser les foudres de sa marâtre, elle s’assit sur son canapé, regardant les aiguilles de l’horloge avancer bien trop lentement à son goût. Lorsque le soleil se leva, elle avait abandonné le décompte qu’elle faisait dans sa tête, et se contentait de fixer le mur, en se retenant de se frapper la tête tout contre, pour que ses pensées la laissent un peu tranquille. Quand, enfin, l’italien se leva, elle faisait les cent pas dans son salon, qu’elle avait méticuleusement rangé et nettoyé de la moindre once de saleté, organisant sa collection de DVD par réalisateurs et genres, et aiguisé les couteaux de son cuisinier de colocataire pour qu’ils soient plus coupants que des lames de rasoir. Ses membres tremblaient, et si elle n’était pas terrorisé de ruiner sa manucure avant de rencontrer sa mère, elle se serait rongé les ongles jusqu’au sang.

Elle essaya de masquer son trouble, cependant, lorsque les yeux de son petit ami croisèrent les siens. Piètre actrice, elle plaqua un sourire de convenance sur son visage, en lui demandant s’il voulait qu’elle lui serve un café. Pour la centième fois, elle regarda l’heure. Le temps de la rencontre approchait, inexorablement, à la fois trop lentement et trop rapidement à son goût. Et si Matthew avait oublié le brunch ? Peut-être devrait-elle lui passer un coup de téléphone ? Mais non, il n’est pas stupide, on en parlait hier… Et si le restaurant qu’elle avait choisi ne convenait pas à ses parents ? S’ils étaient tellement focalisés sur la mauvaise nourriture, qu’ils en oubliaient de se préoccuper de Milo ? Est-ce que ce serait une si mauvaise chose ? Tout tournait et retournait dans sa tête, bien qu’elle fasse bonne figure, autant qu’elle le pouvait. Milo avait-il conscience de son trouble ? Peut-être, peut-être pas, mais dans tous les cas, la française n’en disait rien. De le formuler à voix haute, ça serait le rendre encore plus réel, et c’était ce qu’elle voulait éviter à tout prix.

Quand, enfin, l’heure du rendez-vous arriva, Grace cru qu’elle allait faire un malaise vagal, mais elle tint bon. Il le fallait. Le couple devait rejoindre directement les Hamilton jusqu’au lieu du brunch, et la kinésithérapeute savait qu’ils ne devaient surtout pas être en retard, pour ne pas commencer, d’ores et déjà, à accumuler des mauvais points. Elle s’accrocha au bras de Milo comme une arapède à son rocher, pour qu’il la fasse transplaner jusqu’au restaurant, croisant son regard une dernière fois.

« -Bon, et bien… c’est parti ? »

Sa voix était tremblotante, malgré sa tentative désespérée de faire bonne figure. Mais que pouvait-elle y faire ? Elle avait 25 ans, était pourtant terrifiée par sa mère, et ce n’était certainement pas après une nuit bien trop courte, et une préparation mentale infructueuse, qu’elle réussirait à changer cet état de fait.  
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MessageSujet: Re: Sometimes it all gets a little too much ft. Milo Pierce & Matthew Hamilton   Dim 7 Oct - 14:06



► Un restaurant à Atlantis - Janvier
Terrifiant.
Hamilton & Milo

Il n’avait pas passé la meilleure nuit possible, c’était vrai. Malgré la présence de Grace à ses côtés, il avait été agité par de nombreux rêves et cauchemars cette nuit là. Il était stressé : rencontrer les parents de sa petite copine était terrifiant, encore plus au vue de l’état de Grace depuis qu’ils étaient arrivés. Elle semblait continuellement angoissé et à vrai dire, Milo avait du mal à gérer toutes cette pression, en plus de la sienne. Il s’était reveillé seul, la place froide à ses côtés. Grace était sortie du lit depuis longtemps apparemment. Ses lèvres se pincèrent légèrement, il était vraiment inquiet pour elle – en plus d’être terrorisé pour lui. Il se leva difficilement, se saississant de ses deux béquilles avant de se diriger vers le salon.

Le salon était … presque méconnaissable. Trop bien rangé. Pas assez garçonnière. La tempête Grace était passé par là. Bon sang, il avait l’impression qu’elle n’avait pas dormi du tout. Elle s’était planqué derrière une façade douloureuse. Il s’était approché, clopinant, avait posé un baiser sur sa tempe avec douceur – il devait encore avoir l’haleine du matin. « Tu es très belle. » Il essayait d’être rassurant pour elle, même si c’était … compliqué au vue de leurs états d’âme respectif. Mais dans l’immédiat, la seule personne qui l’importait, c’était elle et son bien être. Et la voir se couper les cheveux en quatre pour que tout soit parfaitement aligné n’était pas un signe de sa bonne santé.

Une douche plus tard, il ressortait avec sa prothèse enfin mise en place, une chemise impeccable, dont il était encore en train d’ajuster les manches, un pantalon droit et il avait troqué ses habituels basket à des chaussures beaucoup plus habillée. Il se sentait comme un putain de trader maintenant et il ne savait pas ce qui lui faisait le plus peur : la famille de Grace où les courbes de la bourse. Il prit son café, essayant de se détendre malgré l’agitation de sa petite amie. Il essayait de faire un peu la discussion, espérant la détourner un peu de sa panique et des prochaines heures à venir, mais … Malgré ses efforts, il pouvait la voire zieuter et encore zieuter l’horloge murale. Si bien qu’il fut tenter de la faire disparaître.

Et il fut l’heure. Grace allait de mal en pis et il dut s’arrêter sur le perron, prenant son visage à deux mains. « Grace, je te promet, ça va bien se passer. » Il vint doucement coller son front au sien. « On affronte ça, ensemble. » Il lui sourit doucement. Il était là et si ça n’allait pas … Ils pourraient toujours prétexter une urgence. Milo n’était pas sorcier pour rien, il pouvait toujours trouver une excuse et partir en emmenant Grace – voir Matthew s’il était conciliant. Mais, ils n’étaient pas seuls, ils avaient l’un et l’autre pour se soutenir moralement, et c’était la chose la plus importante à cet instant là.

Il posa un doux baiser sur ses lèvres, cherchant toujours à la rassurer, avant de prendre sa main dans la sienne. Un craquement sonore et ils arrivaient devant le restaurant où ils avaient réservé une table pour cinq. Milo retint doucement Grace de plonger en avant, prévenant devant le sol rendu un peu glissant par les terribles températures qui régnaient sur l’île d’Atlantis en ce mois de Janvier.

Et il fut en quelques sorte rassurées de la voir indemne. Il savait que le stress et la panique pouvait parfois conduire à de terribles incidents de démantibulages. Il en avait fais les frais à l’époque où il avait appris à transplaner et il avait frôlé les crises cardiaques en réapprenant à transplaner après son accident. Mais ils étaient sains et sauf. Tout allait bien, dans le meilleur des mondes. Il fit un doux sourire à sa dulcinée, serrant un peu plus sa main dans la sienne.

Ils y étaient. Il n’y avait plus de possibilités de faire demi-tour maintenant. Il n’y avait plus qu’à attendre Matthew … Et le reste de la famille.

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MessageSujet: Re: Sometimes it all gets a little too much ft. Milo Pierce & Matthew Hamilton   Dim 2 Déc - 16:53

Qu’aurais-je pu imaginer de plus vivifiant et sympathique pour rompre la monotonie du quotidien qu’une visite parentale à Atlantis ? J’imagine qu’eux-mêmes vivent un voyage agréable, entourés de magie et de personnes de tous pays, eux qui sont si habitués à leur petite société mondaine et qui s’engoncent dans leur train-train. Quelle belle occasion de pouvoir observer le nouvel élément de leur fils impotent et de leur fille aux fréquentations douteuses ! Je ne compte pas la dose de sarcasme qui emplit mon âme et vient polluer chacune de mes pensées depuis l’arrivée de mes parents en ville. Bien heureusement pour mes nerfs et ceux de Grace, notre mère était exténuée par le trajet lors de nos retrouvailles et n’a pas eu la réelle occasion de se montrer absolument désagréable comme elle sait si bien le faire à l’accoutumée.

Malheureusement, aujourd’hui n’échappera certainement pas à son lot de drame… En effet, la rencontre explosive et tant redoutée du petit ami sorcier de ma sœur et de mes parents on ne peut plus moldus a lieu ce matin, sous la forme d’un brunch. Milo est donc jeté dans la gueule du loup de bon matin et dans le milieu de prédilection de nos aristocrates de parents. Je dois dire que je compatis amplement avec le pauvre américain… Car il ne s'agit pas d'être naïf, ce qui est possible est lié à une culture, un peuple marqué par son histoire, et ça Catherine l’a bien compris, bien intégré. En proposant un brunch comme occasion de rencontrer son gendre, elle cherche à jouer en terrain connu, profiter de sa connaissance et de sa supériorité dans un milieu qui n’est pas celui du jeune homme. Il est donc possible que nous soyons défaits en bonne et due forme lors de cette entrevue par les assauts subtils et coriaces que sait concocter notre chère mère.

Je me prépare donc, ne laissant rien au hasard, tâchant de correspondre visuellement à l’image du fils parfait que s’est construit ma mère pour moi. Peut-être mon apparence saura rattraper les lacunes de ma vie de débauche. Je finis de peigner mes cheveux et accorde un dernier regard à ce digne représentant de l’aristocratie qui apparaît dans le miroir. Le col de mon polo dépasse au-dessus du pull à encolure en V gris que m’a offert une tante à l’occasion de mon dernier anniversaire. Pas un cheveu de travers, rien, rien qui ne laisserait entendre que je ne m’habille absolument pas comme cela tous les jours. Je regarde l’heure en passant devant l’horloge dans l’entrée de mon appartement et je quitte les lieux, m’en allant rejoindre Grace et Milo au restaurant qui accueillera notre petite bringue.

Le restaurant est proche de mon immeuble, je m’y rends donc à pieds, savourant comme toujours ces dernières semaines chacun de mes pas. Je ne me lasserais jamais de mes deux jambes fonctionnelles je pense… J’imagine que Grace doit mourir de stress à petit feu à l’heure actuelle, alors je presse le pas, espérant arriver avant nos parents. Et heureusement, lorsque j’arrive près de l’établissement, j’aperçois ma sœur agrippée au bras de son bien-aimé, je leur adresse un signe de la main avant de les rejoindre.

- Quelle belle matinée pour le moment le plus gênant de nos vies, ne trouvez-vous pas ?

Bonne entrée en matière, non ? J’espère bien que cela fera sourire Grace…

- Milo, tu es prêt j’espère ? Tu veux que je te dise ? Les Tontons Flingueurs, c'est un de mes films préférés. "On n'est pas venus pour beurrer les sandwichs" : ma réplique préférée. Alors, hauts les cœurs mes amis !

Je suis un peu trop sur les chapeaux de roues, un peu trop stressé, un peu trop remonté, un peu trop sur la défensive alors qu’aucun signe de « l’adversaire » n’est visible à cet instant. Le répit est de courte durée hélas car un taxi se gare à la hauteur du restaurant. Je m’avance alors que la portière s’ouvre et que ma mère en sort, les traits tirés. Je l’aide à s’extirper du véhicule alors que mon père règle la course en remerciant le chauffeur.

- Bonjour maman ! Atlantis te plaît ? demande-je après avoir fait la bise à ma mère. Je serre ensuite la main de mon père comme le veulent les traditions de notre France d’origine.

Je me tourne ensuite vers Grace, plus crispée que jamais à l’arrivée du moment fatidique.



   
   
Tu seras viril mon kid. Je ne veux voir aucune larme glisser sur cette gueule héroïque et ce corps tout sculpté pour atteindre des sommets fantastiques, que seule une rêverie pourrait surpasser.
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MessageSujet: Re: Sometimes it all gets a little too much ft. Milo Pierce & Matthew Hamilton   Mar 4 Déc - 14:26

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"She would always tell herself she could do this. She would use no help, it would be just fine. But when it got hard, she would lose her focus, so take my hand and we'll be alright" Shawn Mendes
Il était facile de voir à quel point les faux-semblants étaient de mise, alors que la fratrie Hamilton se regardait, tirés à quatre épingles, pas un cheveux ne dépassant de leurs coupes soignées, leurs traits déformés par l’anxiété. Grace savait qu’elle devait être forte, pour Matthew, c’était son rôle de grande sœur, mais pour Milo, aussi. Après tout, il n’avait aucune idée de l’arène dans laquelle il allait mettre les pieds : Catherine serait l’empereur romain et l’italien, le pauvre gladiateur jeté aux lions. La jeune femme peinait, pourtant, à respirer convenablement, essayant désespérément de ne pas hyperventiler au risque de réellement faire un malaise, se maudissant pour cette anxiété qui formait une boule dans sa poitrine. Un petit sourire, plus faux encore que la plastique de Pamela Anderson, ornait sa figure, mais personne de son entourage ne pouvait être dupe, tant son visage était blême, éteint, par rapport à d’habitude.

Elle ne répondit pas aux blagues de son frère, ni même à ses encouragements : seul le fantôme des lèvres de Milo sur les siennes l’empêchait de partir en courant. Essayant de ne pas trop écraser sa main, elle se précipita, en même temps que Matthew, sur le taxi qui déposa leurs parents, se faisant coiffer au poteau alors qu’il ouvrit la portière à sa mère.

Celle-ci, comme à son habitude, se comportait comme une rombière, parfaitement clichée, totalement attendue. Elle répondit à la bise de son fils du bout des lèvres, avant de lui répondre d’une voix trainante :

« -Et bien, mis à part le fond de l’air extrêmement pollué, le froid, et une mode des plus extravagantes – je crois n’avoir jamais vu autant de capes de ma vie que dans le quartier où habite ta sœur, je suppose que c’est une ville… charmante.

Et on pouvait sentir tout son mépris dans son ton dédaigneux, alors qu’elle ne regardait déjà plus Matthew pour se focaliser sur la haute silhouette du petit ami de Grace, enlevant ses gants en daim d’un geste prétentieux. Sans même prendre le temps de saluer sa fille, Catherine se dirigea vers Milo en lui tendant la main.

-Vous êtes… grand. Tournant la tête vers la jeune femme, elle lui adressa enfin la parole. Je suppose qu’ainsi, cela compensera ta taille, pour vos futurs enfants.

-Maman…

Que lui dire, alors qu’un flot de pensées ininterrompu se bousculait dans sa tête ? Sa mère était si exaspérante, chaque mot qui sortait de sa bouche pire que le dernier. N’avait-elle pas conscience d’à quel point ce qu’elle disait était inapproprié, ou bien le savait-elle parfaitement et tout ceci n’était qu’une mise en scène pour détruire sa fille ? Grace ne savait pas quel serait le pire des scénarios entre ces deux possibilités. Dans tous les cas, elle pouvait voir ses pires craintes se dérouler juste devant ses yeux, et un frisson d’horreur commençait déjà à courir le long de son dos. Non seulement Catherine faisait preuve de la pire des impolitesses en ne disant ni bonjour ou quoi que ce soit du genre, mais comme à son habitude, elle trouvait un moyen de réprimander la kinésithérapeute sur quelque chose dont elle n’avait absolument aucun contrôle, tout en l’embarrassant en évoquant une éventuelle progéniture, bien trop tôt dans sa jeune relation avec Milo. La jeune femme retint un soupir, se contentant de fermer les yeux quelques instants pour se convaincre que tout ceci n’était qu’un cauchemar dont elle allait bientôt se réveiller. Lorsque ses paupières se rouvrirent, cependant, la réalité était toujours la même, mais au moins son père était là pour sauver tous les partis présents.

-Enchanté Milo, je suis le père de Grace et Matthew, Thomas Hamilton, lui dit-il d’une voix bourrue en lui serrant chaleureusement la main. Passant sa main autour de la taille de son épouse, il était aussi détendu qu’elle était pincée. Si nous rentrions dans le restaurant, nous serions bien mieux pour discuter, vous ne pensez pas ?

Grace hocha la tête, essayant de calmer les battements de son cœur et remerciant pour la énième fois le ciel de l’avoir doté d’au moins un parent compréhensif. Il ne fallait pas baisser sa garde, néanmoins : son père pouvait se montrer très protecteur envers sa seule fille, et son éducation traditionnelle lui avait appris qu’elle était un petit être fragile à protéger contre les loups de ce monde. La française déposa un doux bisou sur la joue de l’ingénieur naval, avant de les escorter à l’intérieur du restaurant en compagnie de Matthew et Milo.

Un serveur se précipita vers la compagnie, et elle déclina son nom pour qu’il puisse les conduire vers la table qu’elle avait réservée. Il y avait une vue magnifique sur la grande place d’Atlantis, dans une ambiance raffinée, tout ce dont raffolait Catherine qui aurait aimé faire partie des grands de ce monde. Lorsque tout l'attablée fut assise tranquillement à sa place, Grace installée à côté de son cher et tendre, Matthew en face d’elle, elle essaya de se répéter, mentalement, que tout allait bien se passer, jusqu’à ce que sa mère reprenne la parole :

-Alors, dites-moi... Si vous nous racontiez comment vous vous êtes rencontrés, tous les deux ? J’espère que tu ne suis pas l’exemple de ton frère et que tu ne fréquentes pas les clubs, Grace. J’ai lu dans les journaux que la vie nocturne d’Atlantis était absolument indécente. »

Les premières balles étaient tirées. La kinésithérapeute regarda Matthew en le suppliant de ne pas faire d’esclandre, pas tout de suite, pas en ce jour si important, avant de reporter son attention vers Milo, que la plus vieille détaillait sans aucune retenue.
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MessageSujet: Re: Sometimes it all gets a little too much ft. Milo Pierce & Matthew Hamilton   Dim 9 Déc - 16:25



► Un restaurant à Atlantis - Janvier
Terrifiant.
Hamilton & Milo

Il sentait qu’il allait perdre, à un moment où l’autre, le contrôle sur son stress. C’était même certain. Pourtant, le stress, ça le connaissait, d’habitude, il arrivait à le gérer. Mais la tension qui régnait entre les trois jeunes personnes était particulièrement pesante : et son petit doigt lui disait qu’une telle tension face à sa propre famille, n’était jamais une bonne chose. Il avait serré un peu plus la main de Grace, acquiesçant du menton à Matthew. « Je sais pas si prêt c’est le bon terme ... » Il n’avait pas eu le temps de finir sa phrase. Probablement que si le géant avait pu, ses jambes l’auraient déjà portée bien loin. Mais il ne pouvait plus fuir et encore moins sans Grace. Il s’était tendu après avoir pris une respiration. En retrait par rapport aux deux autres, il hésitait à se balancer d’une jambe à l’autre, observant les courbettes des enfants Hamilton. Et ça avait un certain côté malsain, surtout face à leur propre mère.

Mais il devait faire bonne impression, il se devait de faire bonne impression, pour Elle et uniquement elle. Sa belle-mère s’approche, pestant déjà sur la ville d’Atlantis et donnant bien haut et fort son avis sur les sorciers dans le même temps. Mon brave Milo, tu n’as l’air étrangement pas l’air le bienvenu. La main tendue vers lui, il la serre en hochant doucement la tête. « Bonjour Madame. » Pas le temps d’enchaîner sur plus de présentation, le pire arrive déjà. Milo s’emmêle les pinceaux devant ce qu’elle insinue. Si son sourire est au début encourageant, les paroles le rattrape et son sourire d’habitude communicatif se crispe tandis que ses yeux cherchent ceux de sa compagne pour savoir s’il a bien entendu ce qu’il a cru entendre. Elle lui confirme les dires et il bégaye légèrement sa réponse. « Hmm.. .heu… Je pense que nous avons le temps. » Son sourire se fait doux tandis qu’il finit sa phrase, les yeux noisette cherchant du réconfort dans ces confrères chocolatés.

Il n’était clairement pas prêt à la suite des événements, c’était à présent une certitude. Il serre la main de beau-papa avec un sourire un peu moins crispés : il avait l’air… Moins chiant que la marâtre, mais Milo le savait : il était avec sa fille, les choses n’allaient pas rester rose avec lui. Et puis il avait l’air d’avoir un côté un peu plus bourru, aussi. « De même, monsieur Hamilton. » Rester poli, rester courtois, serrer les doigts et prier très fort que tout ceci ne soit qu’un début un peu catastrophique qui ne durera pas : même l’artisan n’y croyait pas.

Il suit sa belle-famille jusque l’intérieur du restaurant, restant auprès de Grace. Il essaye de jauger un peu sa situation, la sentant incroyablement tendue à ses côtés qu’il s’inquiéterait presque qu’elle en fasse une crise cardiaque. Et honnêtement, ça ne l’aide pas non plus à gérer les vagues de stress qui le submerge de plus en plus. Il tire doucement la chaise de Grace pour lui permettre de s’asseoir, avant de s’installer à ses côtés. D’un côté, il était heureux d’être en bout de table, de l’autre : il avait papa Hamilton en face de lui. Et c’est tout bonnement assez impressionnant et terrifiant.

Elle avait l’air d’avoir les oreilles très longues la marâtre, à parler de mode et d’indécence sur une ville dans laquelle elle n’habitait même pas. Elle se permettait bien des choses. Ses doigts se crispent légèrement, perdu sur ses genoux. Son regard croise celui de Matthew, il se sent désolé pour lui. Et la phrase sort naturellement. « Oh vous savez, Londres, c’est pas mieux. » Ooopsie. Il se fige brutalement, crispe sa main sur sa prothèse, essaye de retrouver une certaine contenance en enchaînant directement, espérant que sa bourde, quelle qu’elle soit , passe sans trop se poser de questions. « Oh et bien… Hm. Nous sommes voisins. » Son regard accroche encore une fois celui de Grace, elle est sa bouée dans ce naufrage en cours, il le sait, il va tout faire foirer, du Milo tout craché. Mais elle est son ancrage, tant qu’elle reste près de lui, il se sent capable de survire à vents et marées. « Et heu.. Quand votre fille a déménagé, je lui ai donné un coup de main pour monter plus vite ses affaires et … voilà ? » Il n’allait pas lui faire un dessin ? Il n’y avait rien de bien impressionnant dans leurs rencontres, c’était simplement deux âmes qui s’étaient trouvées mutuellement. Il avait un petit sourire hésitant au bout des lèvres, ne sachant que trop que dire, espérant que peut être Grace pourrait sauver la situation qu’il était déjà en train de faire foirer.

Plus on est grand, plus on est con, c’est pas ça le proverbe ?

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