Who took the jam outta your donuts ? | Tatiana & Charlotte

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Sujet: Who took the jam outta your donuts ? | Tatiana & Charlotte | Jeu 13 Sep 2018 - 18:38
Centre Médical d'Atlantis - 3 mars 2001.

Aujourd’hui est une journée sombre. Elle pourrait être estampillée “Gloriam” en lettres noires tant tout espoir semble anéanti. Le soleil est bas, rasant, et les nuages qui parsèment le ciel couvrent pratiquement toute la surface du ciel. L’orage menace un peu, l’air est humide, gorgé de molécules étouffantes quand on les respire. L’Ecosse, la vraie. Mais ce n’est pas tant le manque de lumière qui rend cette journée sombre et lassante d’avance, c’est plutôt les habitants de cette ville nécrosée qui n’ont eux-mêmes plus cette espèce d’étincelle. Et moi, qui en temps normal ne nourris de la rancoeur des sorciers, de cette étincelle disparue, aujourd’hui je n’ai pas envie de lutter ou de me repaître, je veux juste rentrer dormir, car le sentiment de solitude est comme décuplé. Aujourd’hui, c’est une journée sombre pour tout le monde, celle où il fallait rester au lit et non aller se balader dans ce putain de service des brûlés du Centre Médical d’Atlantis.

C’est là-bas que Sainte-Mangouste nous avait dit d’aller après 3 semaines, pour un check-up. Nous, c’étaient les quelques blessés suite à l’irruption du dragon en plein centre-ville. Nous, c’étaient de pauvres innocents, moldus, qui se retrouvaient avec des brûlures qui marqueraient sûrement leur corps à vie. J’avais la rage contre cette injustice, mais elle restait contenue à l’intérieur, grisée par le brouillard qui planait autour de nous aujourd’hui. L’intérieur de mon bras était plissé, comme la peau d’un villard. Je ne voyais plus une seule de mes veines maintenant que cette tapisserie drapée avait pris la place de ma peau lisse et pâle. Ca me dégoutait de le regarder, même si ça disparaîtrait sûrement d’ici quelques mois ; presque totalement. Mais Logan, lui, était toujours dans de beaux draps. Éveillé, mais plus vraiment lui. Il avait même du mal à regarder la lumière de sa lampe de chevet. Pour Logan, c’était tout les jours une journée sombre, et le soleil ne lui apportait que des brûlures, pas de lumière chaude et apaisante. Il ne restait plus que de la colère, pour Logan.

De pas en pas, je traîne des pieds, comme si mon corps lui-même savait qu’en me rendant là-bas je n’aurais que des visions de moi, trop stupide pour être intervenu devant ce dragon. Trop incapable de me défendre. Aujourd’hui particulièrement, la ville, les axes, les gens, tout me dégoûte. La rue est un cordon ombilical qui relie l’individu à la société, avait dit un de ces grands hommes de lettre, et encore plus fort que d’habitude, je rêvais que cette société pourrie qui m’avait déjà jeté aux ordures plus d’une fois ne soit pas davantage relié à moi. Couper le cordon, comme mon père qui avait dû jubiler à le faire le jour de ma naissance ; être enfin indépendant, autonome et capable de survivre malgré cela. Une envie dévorante, qui surpasse tout le reste, qui fait que ces rues, ce liant, me donnent envie de vomir, et la façade du Centre pire encore.

J’ai pensé à Logan quand j’ai poussé la porte pour me retrouver dans le hall vide et gris. Puis j’ai pensé à Anya quand je suis allé dans le couloir du service des brûlés. Et j’ai pensé à tous les autres quand je suis entré dans la salle d’attente, remplie de visage défigurés et de jambes boitillantes. Mes yeux roulent dans leurs orbites, s’ils pouvaient s’enfuir pour retourner dans mon salon, ils le feraient. Je n’avais l’envie de rien, le goût qui disparaissait. L’âme qui mourrait un peu à force de pensées morbides, des plans qui commençaient à se monter dans ma tête, comme dans les moments les plus obscurs de mon quotidien, et puis… Et puis enfin, le soleil pousse la porte et je souris, juste un instant, en voyant les cheveux bruns d’Anya. Elle est accompagnés de la jeune fille blessée avec qui elle était déjà ce jour-là. Maintenant, je ne me sens plus si seul.


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Sujet: Re: Who took the jam outta your donuts ? | Tatiana & Charlotte | Lun 17 Sep 2018 - 20:26


WHO TOOK THE JAM OUTTA YOUR DONUTS ?
03 mars 2001 - ft. Alistair Fawley & Charlotte Moore
Exténuée, c’était le mot. Une nuit trop courte à angoisser en sachant l’arrivée du bébé, un matin trop vite arrivé qui annonçait sa naissance. Et bien que l’enfant était, effectivement, bien adorable, Anya avait senti la fatigue l’envahir une fois l’excitation retombée. Mais jamais Adrasteia ne l’aurait laissée quitter l’hôpital et, de toute façon, elle devait s’y présenter plus tard dans la journée pour son check-up ; gracieuseté de cette satanée brûlure à l’épaule qu’elle pouvait, pour l’instant, camoufler de ses manches de dentelles et de ses vestes de velour, mais qui aurait envie de voir le soleil avec l’arrivée de l’été. Cette marque infernale qui, bien qu’elle ne lui faisait plus mal, lui serrait le coeur à chaque coup d’oeil. Elle était un rappel écrasant, constant, frustrant, de son infériorité et de sa vulnérabilité. Elle était cette claque au visage lui rappelant que cette magie, qu’elle adorait comme elle détestait, n’avait aucune place pour elle. Logan, Charlotte, et Alistair avaient aussi eu ce brutal retour à la réalité. Alistair… l’idiot.

La journée avait avancé et, pour passer le temps et laisser un peu de repos et d’intimité aux nouveaux parents, Anya était descendue à la cafétéria pour le repas du midi. Et tandis qu’elle faisait rouler ses petits pois de sa fourchette autour de la boule blanchâtre de pommes de terre, elle repensa aux événements du mois dernier. Pourquoi Charlotte n’avait-elle donc pas pu fuir comme tous les autres, mettant plus que son mollet en danger ? Et pourquoi Logan avait-il été encore plus imbécile qu’à son habitude, et avait confronté le dragon comme un dérangé ? Et pourquoi, pour l’amour du ciel, pourquoi Alistair avait-il tenté d’aider le fou qui s’était condamné seul ? C’était bien fait pour sa main. Elle espérait qu’elle lui faisait encore mal, même. Ça lui apprendra bien, tiens.

Comme convenu avec Charlotte, elle la rejoignit à l’entrée de l’hôpital une fois le moment venu. Ensemble, elles iraient faire vérifier leurs blessures et, ainsi, si elle croisait Alistair, elle pourrait lui offrir ce traitement du silence qu’elle avait créé depuis leur sortie de l’hôpital. Elle était en colère, véritablement. De quel droit s’était-il permis de risquer ainsi sa vie, de devenir poussière en un claquement de doigt ? Vraiment, elle lui en voulait. Mais il ne fallait pas que cette énergie négative ne s’imprègne de son visage ; car Charlotte, la pauvre Charlotte, ne méritait pas d’endurer un nouveau nuage morne de mauvaise humeur. Alors, quand Anya la vit, elle lui adressa un sourire doux, qu’elle ne réservait qu’à deux autres personnes. « Salut Cha, fit-elle de sa voix fatiguée. J’voulais t’prendre chocolat chaud, ou café, ou thé, mais j’savoir plus ce que t’aimais. » D’un geste de tête, elle l’invita à passer devant elle pour rejoindre la salle d’attente, en lui lançant doucement : « Comment c’que va ta jambre ? » Elle croise les bras contre sa poitrine tout en avançant, en ajoutant distraitement : « J’penser faire tatouer mon épaule. Pour cacher, comme. T’en penses quoi ? » Et tandis qu’elles discutaient, elles passèrent les portes pour découvrir une vision accablante ; dans la salle, des brûlés à divers degrés, à divers endroits et à divers moments s'entassaient, tous en attente d’un traitement ou d’un suivi. Pratiquement tous que des inconnus. Sauf lui qui, visiblement, avait obtenu la même date de rendez-vous.

Dès qu’elle vit le visage d’Alistair, qui semblait s’être illuminé à leur arrivée --avait-elle rêvé ?--, cette colère forcée qu’elle maintenait depuis des semaines s’envola instantanément. Qui était l’égoïste des deux, au final ? Celui qui se serait sacrifier pour un ami, ou celle qui osait reprocher un tel geste ? Au fond, n’avait-elle pas fait la même chose pour Charlotte ? Quoiqu’à choisir entre Logan et elle, il était facile de discerner lequel des deux serait une plus négligeable perte, mais passons. L’important est-il qu’une fois à la hauteur de Alistair, Anya ne se mit pas à lui crier dessus, ni à l’ignorer ridiculement. Elle ne fit que relâcher les bras le long de son corps et, de ses yeux cernés, fixa son ami avec cette intensité qu’il devait connaître, maintenant. « Salut, Al. »

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