Derek + Emrys - Rencontre au sommet

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Sujet: Derek + Emrys - Rencontre au sommet | Jeu 6 Sep - 15:16
La porte claque doucement après mon entrée dans le Scottish Inn. Le bar qui abritait autrefois mes errances alcooliques m’est devenu étranger ces derniers temps. Depuis l’incident de l’Atlantease, je ne bois une goutte de ce breuvage, ayant repris une vie plus saine et moins débauchée. En témoigne mon allure : cheveux coupés aux épaules, plus soigné que ces dernières années, j’ai perdu mon air hirsute et ma triste dégaine troquée contre des vêtements plus chics. Disparus la veste en jean de mon adolescence et les souvenirs qui allaient avec : le médaillon des Reliques et la photographie de Liza sont rangés dans mon armoire. Non pas que je renie mon passé : il m’a forgé, et chaque instant avec Liza a été précieux et ont illuminé ma piètre existence. Oui, mais voilà, je m’apprête à rentrer dans une nouvelle ère : celle de ma quintessence.

Il y a fort à parier que mes compagnons de beuverie ne me reconnaîtront pas sous ces traits, et si je viens ici ce n’est plus pour traîner avec ces pauvres âmes, mais pour trouver au contraire une compagnie qui me manque. La fantomatique femme aux cheveux roses : elle hante mes nuits et mes désirs et la retrouver devient tous les jours une quête plus ardue tant je ne sais rien de cette divinité qui disparaît à tout va… M’installer dans ce bar, surveiller les entrées discrètement constitue le meilleur plan que j’ai pu échafauder jusqu’à présent.

Je m’assois à une place stratégique : une petite table dans un coin, avec pleine vue sur l’entrée. Peu de personnes sont présentes dans l’établissement si ce n’est quelques habitués et une bande de jeunes rigolant autour du billard. Je commande un café, sans sucre ni lait. Et j’attends, patiemment. J’ai emporté un livre avec moi, l’histoire de l’Inquisition espagnole est au programme pour moi ce soir. Je lis distraitement, l’oreille tendue et un œil au-dessus de l’ouvrage emprunté à la bibliothèque d’Atlantis. Différentes personnes entrent les uns à la suite des autres, aucune femme. Je fulmine intérieurement : cette déesse me fuira-t-elle donc indéfiniment ? Je commande un autre café, et au fur et à mesure des heures qui passent mon attention reste concentrée sur les allées et venues des clients de tous âges qui passent, seuls ou par groupe, dans l’encadrure de la porte.

Devant moi, des groupes s’installent aux tables et me cachent peu à peu le point que j’espionne. Vers vingt et une heure, un homme d’une quarantaine d’années, au cheveux noirs de jais bouclés et à l’allure on ne peut plus élégante entre dans le bar. Il promène un regard supérieur pour l’assemblée et finit par trouver la personne qu’il recherche. Il frôle ma table en rejoignant je ne sais qui derrière moi. Malgré moi, mes oreilles se baladent vers leur table et leur conversation dont je ne peux entendre que quelques bribes.

Le déclic ne se produit pas immédiatement. Il va falloir attendre quelques minutes avant que ma cognition entre en œuvre, aille fouiller dans ma mémoire pour en ressortir un souvenir vieux de quelques années pour l’amener à ma conscience. Sacramento. Comment oublier ma rencontre avec ce génie du mal, humiliante entrevue qui m’avait fait toucher du doigt les plus noirs desseins de l’humanité. Je me retourne discrètement pour voir l’homme se lever et avancer vers le bar, puisqu’à cette heure-ci il faut aller commander directement au comptoir. Je décide de le suivre.

Je l’écoute passer sa commande et plus aucun doute ne persiste. Je sais que je détiens alors une information très précieuse, pour laquelle nombreux aurors iraient jusqu’à tuer dans le but de l’obtenir… Mais je ne verse pas tellement du côté auror de la force, mais plutôt vers mon propre intérêt. Et se rapprocher des puissants me paraît une bonne idée, d’autant plus avec une information aussi cruciale… Un sourire charmeur sur mon visage, je tends une main ferme à celui que je sais être le patron d’une des plus grandes organisations de vol organisé.

- Bonjour, Emrys Bowen.

J’ajoute, mielleux et déterminé :

- Nous nous connaissons, je ne sais pas si vous vous rappelez. Un mois de décembre, dans un bar d’hôtel luxueux de Londres. Vous m’avez pris quelque chose de très précieux.

Je parle bien entendu de mon carnet qui contenait tous les renseignements sur les Reliques que j’avais pu amasser lors de mes recherches documentaires. J’ai pu reconstituer ce trésor en partie, mais sa perte laisse toujours un goût amer dans ma bouche. Le goût de la frustration et de la vengeance à venir…


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Sujet: Re: Derek + Emrys - Rencontre au sommet | Jeu 13 Sep - 6:38
Rencontre au sommet

- Derek Knight — Emrys Bowen -


"There's a man goin' 'round takin' names, and he decides who to free and who to blame. Everybody won't be treated all the same, there'll be a golden ladder reachin' down, when the man comes around." Johnny Cash
Parfois, on ne se rend pas compte de la valeur de ce que l’on possède. Nous ne parlons pas, ici, de biens matériels, qui n’ont pas assez de nuances pour excéder leur prix, mais bel et bien de personnes : la preuve étant que Derek n’avait jamais apprécié le travail de Patrick avant qu’il ne meure, assassiné par Magic is Might. S’il avait considéré le jeune moldu comme son protégé après qu’il l’ait empêché de finir derrière les barreaux, il l’avait toujours tenu pour acquis. Il était discret et loyal, Patrick, parfois même un peu trop, et aujourd’hui, son assistant lui manquait plus que son poulain, car Sacramento n’était pas de ceux qui s’attachent, mais de ceux qui ordonnent. L’empereur sans couronne statuait sans chérir, et Sinéad était la seule exception confirmant la règle : Patrick savait bien que s’il considérait son ainé comme son père, malgré leurs quelques années d’écart, l’inverse n’était pas réciproque. Il avait continué, pourtant, à le servir sans rechigner, et c’était cette obéissance qui éprouvait l’américain, ou plutôt son absence.

Autrefois, ça aurait été le moldu qui se serait occupé de cette entrevue, avec un de ses revendeurs qui éprouvait quelques difficultés auprès d’un de leurs receleurs asiatiques. C’était une affaire sans importance, une histoire qui ne requérait pas que quelqu’un de sa stature daigne s’en impliquer, et pourtant, aujourd’hui, il le fallait bien. Car à qui faire confiance, durant ces temps bien sombres, où les extrémistes se déchiraient pour des histoires de potentiel magique, où les lambdas devenaient des justiciers sous le joug d’une salamandre incandescente ? Si l’organisation de Sacramento n’avait pas de soucis à se faire (les temps de guerre avaient toujours été des bienfaits pour ceux qui vivaient en dehors de la loi, et cette atmosphère tendue s’apparentait à celle des conflits), Derek, lui, avait l’impression que tous ses collaborateurs voulaient lui planter un poignard dans le dos. Il n’appelait pas ça de la paranoïa, plus… de la précaution. Il s’impliquait davantage dans les affaires courantes là où, autrefois, il aurait laissé ces histoires à ses inférieurs, au risque, parfois, d’exposer sa couverture. Tant pis. Chacun avait des choix à faire dans sa vie, et il les assumait.

Le Scottish Inn, cet établissement qu’il appréciait, d’autant plus depuis qu’il avait connu l’un de ses anciens propriétaires et qu’il en était devenu, par les turpitudes de l’existence, un habitué. Il aimait y fixer ses rendez-vous, et après avoir aperçu l’homme qu’il était venu rencontrer, il se dirigea vers le bar pour y commander son whisky habituel. C’était un nouvel employé qui travaillait, ce soir là, et il eut besoin de dire quelle boisson il désirait avant qu’il ne lui verse le liquide ambré dans un verre adapté : impatient, le criminel fit jouer ses doigts sur le bois du bar en attendant, piaffant presque comme un cheval impétueux. Il était de mauvaise humeur, c’était évident, et lorsqu’un parfait inconnu lui tendit la main, il faillit lui décocher un de ses regards assassins dont il avait le secret. Lorsqu’il se présenta, cependant, le nom lui rappela une entrevue passée, un adolescent apeuré. Des souvenirs d’un autre temps.

Sa colère s’envola , laissant place à un calcul, froid et objectif. C’était évident qu’il l’avait démasqué. A cause de sa voix, probablement : pas assez pour donner de preuves formelles, car si le jeune homme se précipitait chez les Aurors, ce serait sa parole contre la sienne, mais des soupçons pourraient peser sur lui, et ça ne lui plaisait guère. Etait-il inquiet pour autant ? Absolument pas. Si Emrys avait grandi, s’il se présentait ainsi devant lui sans précaution, il n’avait pas mûri. N’avait-il pas conscience qu’il n’aurait aucun scrupule à l’abattre comme un chien, dans une ruelle attenante au pub ? Que deux de ses hommes le suivaient constamment, comme son ombre, et que Klaus serait ravi de retrouver l’enfant tremblant qu’il avait impressionné de son imposante stature, pour pouvoir lui porter le coup fatal ? Alors, Derek releva les yeux vers lui, un sourire sur le visage. Pauvre fou.

« -J’ai une excellente mémoire, Mr Bowen, et je me rappelle de vous, en effet. C’est vous qui semblez oublier ces hommes, qui vous ont suivis pendant des semaines ? J’ai vu les clichés de vos larmes, lors de l’enterrement de votre petite amie, Liza… Vous offriez un spectacle tellement pathétique que je n’ai pas senti judicieux de continuer plus loin ma petite filature sur votre petite personne.

Il le mettrait en colère, probablement, et ça l’amusait. Qu’il tente quelque chose contre lui, ça n’avait pas d’importance. Il ressortirait toujours vainqueur, car c’était écrit que Sacramento gagnait, toujours. Si l’anglais était délusoire au point de l’oublier, tant pis pour lui.

-Quant à cette chose précieuse que vous évoquez, vous parlez sans doute de votre carnet ? Je crois qu’il me sert pour caler l’une de mes tables dont le pied a été raboté, à moins qu’il ne soit dans un caniveau, quelque part. Ainsi donc vous continuez cette quête absurde ? Ou vous avez enfin ouvert les yeux ? Un petit ricanement. Dans tous les cas, ça ne m’intéresse pas. Vous savez probablement qu’à vous adresser à moi ainsi, à visage découvert, votre vie risque de s’arrêter avant même que vous n’ayez atteint la fine fleur de l’âge, n’est-ce pas ? Êtes-vous à ce point suicidaire, Mr Bowen ? »

Il remercia d’un mouvement de tête le barman en recevant sa boisson, avant que l’employé du bar ne s’éloigne pour servir d’autres clients. La situation s’apparentait à leur première rencontre, les parallélismes semblaient évidents. Derek ne prenait pas Emrys à la légère, loin de là : il savait, lorsqu’il l’avait rencontré, que ce gamin avait du potentiel, et il était sûr qu’il avait continué sur ce chemin. Mais menacer un prédateur tel que lui était peine perdue : sa rangée de dents acérées ne manquait jamais d’être maculée de sang frais, et les veines du jeune homme ne seraient palpitantes de vie que pour de brefs instants, à présent.
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Sujet: Re: Derek + Emrys - Rencontre au sommet | Dim 14 Oct - 8:56
Lutter contre la Mort est impossible, elle nous rattrapera toujours. Voilà ce que j’ai appris ces dernières années, voilà ce que m’a appris la Bataille de Poudlard. Les rêves, les amours, elle emporte tout sur son passage et se fiche pas mal de ce qu’elle laisse de nous, de nos pauvres âmes meurtries. Alors il faut se reconstruire, tenter de vivre malgré son ombre insolente… Oublier n’est pas la solution, ignorer non plus. Ce qu’elle nous a volé, on ne le retrouvera plus, ni dans cette vie ni au-delà, j’en ai l’atroce certitude. Et dans cette conviction, vient un peu de réconfort : ce qui est mort n’est plus. A tout jamais. Les fantômes de nos morts ne sont que des projections de nos esprits faibles qui ne peuvent embrasser totalement la réalité. Accepter la finitude, voilà le véritable but du deuil.

J’en ai traversé de ces sombres océans, escaladé des collines de souffrance pour mieux m’enfoncer dans les profondeurs de la douleur l’instant d’après… Ces dernières années ont laissé un Emrys affaibli, désabusé et dépourvu d’espoirs. C’est dans ce désespoir, cette lutte contre moi-même que je l’ai trouvée. La puissance. Appendue au bout de mon bras, transmise par la baguette magique, je la sens presque me parcourir et traverser l’air jusqu’à ma cible… L’éclair de magie touche l’autre et le soumet alors. Et la puissance m’inonde, un souffle rauque s’échappent de mes lèvres formant un effrayant rictus, devant le sang, les contorsions exagérées d’un pauvre humain qui souffre. Un dernier sursaut, puis… La mort. Toujours elle. Mon alliée cette fois.

Je l’ai conquise contre toute attente, tant je l’ai côtoyée, tant j’ai voulu m’y abandonner, perdant peu à peu ma dignité et me relevant, malgré tout, de plus en plus perdu… J’ai même senti ma magie me quitter parfois ! Et pourtant, qui eut cru qu’elle se tapissait profondément en moi, prête à surgir et à mordre l’ennemi plus rapide qu’un cobra et plus vicieuse qu’une vipère ? Qui eut pu penser que la privation volontaire d’usage de la magie la ferait exploser si bruyamment au moindre usage ultérieur ? C’est ce que j’ai compris, j’ai cette force nouvelle que je peux contrôler, jouant avec la frustration et la privation afin de pouvoir mieux la domestiquer et l’utiliser.

Je ne suis plus le jeune homme de seize ans qu’a connu Sacramento à l’époque. Envolées les Reliques, maintenant je joue dans le camp de la Faucheuse. Je ne suis plus si naïf et je ne connais que trop la signification de la mort et ai bien trop frôlé ma propre fin pour ne pas savoir ce que je fais à l’heure actuelle. Oui, je me suis jeté dans la gueule du loup, presque naïvement, encore mais, cette fois-ci je sais ce que je fais, ce que j’ai à y gagner et à y perdre. La vie n’a pas de valeur pour moi, ni la mienne, ni celle des autres… Voilà ce en quoi je suis différent.

Ta filature… Si tu avais eu le courage de la pousser plus loin, tu m’aurais vu renaître Sacramento ! Trop faible pour observer la souffrance droit dans les yeux peut-être ? Un sourire en coin se forme sur mes lèvres, sans que je puisse l’en empêcher. Il croit m’atteindre en parlant de Liza. S’il savait… Je me contente de me taire, ne lui donnant pas la satisfaction de voir une quelconque colère pointer le bout de son nez. Car de la colère, je n’en ai plus. Evanouie, comme toutes mes émotions qui ne sont dirigées que vers un seul but : la puissance. La satisfaction que je retirerai de mon prochain méfait comme seul point de mire.

- Les Reliques ne m’intéressent plus vous savez ? Un jeu d’enfant, voilà ce qu’elles étaient seulement, une absurde quête qui m’éloignait de mon but véritable.

L’on peut se perdre du moment que l’on se retrouve en chemin, n’est-ce pas ? Je ne commettrai plus cette erreur à l’avenir…

- Je suis conscient du danger. Mais vous sentez-vous tant menacé par moi pour me menacer ainsi ?

Quant au crédit que j’accorde à ma vie…

- Que serait l’existence sans une petite prise de risque... Voulez-vous connaître ma requête au moins, avant de me tuer dans une ruelle sombre de la ville ?

J’espère piquer sa curiosité et attends sa réponse, sur le qui-vive, même si mon attitude nonchalante laisse penser l’inverse. Je porte le verre de whisky pur feu à mes lèvres, le regardant toujours dans les yeux, un air satisfait et confiant sur le visage.


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Sujet: Re: Derek + Emrys - Rencontre au sommet | Lun 22 Oct - 14:37
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Ce n’était pas qu’il ne connaissait pas la peur. Après tout, malgré ce qu’il aurait aimé pouvoir prétendre, et ce qu’il pensait au plus profond de lui, il restait un homme de chair et de sang, et l’effroi était un de ces sentiments ancestraux dont on ne pourrait jamais totalement se débarrasser, malgré les tentatives désespérés de certains scientifiques déviants. Mais la peur galvanisait Derek. Il se repaissait de l’épouvante qu’il pouvait provoquer chez ses proies, et ses propres frissons, qu’il pouvait parfois sentir remonter le long de son dos jusqu’à la pointe de ses racines sombres, lui donnait un avant-goût presque jouissif de ce qu’il faisait ressentir au commun des mortels. Car Sacramento n’était pas si différent du grand méchant loup des histoires, un croque-mitaine au visage double dont l’implacable cruauté n’avait d’égale que sa grandiloquente arrogance. Il cultivait soigneusement cette image. La vérité se devait d’avoir une place, dans l’océan de mensonge qu’était sa vie.

Mais le visage d’Emrys ne lui inspirait rien d’autre qu’un vague amusement. Peut-être à tort, probablement, même, mais si l’adolescent qu’il avait connu avait grandi, le visage pré-pubère qui peuplait les souvenirs de l’américain se superposait à celui de l’homme qu’il était devenu, et il aurait beau donner le change, il en perdait sa superbe.

Le voilà qu’il parlait de jeu, à présent. C’était si risible, qu’un homme moins… digne que le criminel se serait sûrement permis de se gausser. Car qu’était-ce la vie sinon un jeu, en tout cas, pour quelqu’un d’aussi négligeable que le jeune homme ? Derek, bien sûr, avait une destinée qui le dépassait, une existence qui ne pouvait relever du hasard puisqu’il avait été élu pour dénoter parmi les hères, mais ce n’était pas le cas d’Emrys. Son sourire ne le quittait plus. Au moins, l’anglais avait le mérite de garder son calme.

« -Fort bien, j’en serais presque ravi si cela ne m’indifférait pas autant, dit-il en séparant chacune de ses syllabes, tel un chat ronronnant face à une souris sans défense.

Il prit un gorgée de son whisky, de la même manière qu'il avait dégusté le liquide ambré devant l’enfant qu’était Emrys, il y avait de cela des années maintenant. L’effet de miroir était palpable, bien que les circonstances restaient distinctes. Dans tous les cas, Sacramento restait empereur, et quiconque essaierait de contester sa couronne serait soit un idiot, soit un fou, les deux n’étant pas forcément incompatibles.

-Vous voyez des menaces dans mes propos, jeune homme, mais je n’ai fais qu’énoncer de simples vérités. Comme vous l’avez si bien compris, je n’aurai pas vraiment d’intérêt à intimider quelqu’un comme vous. Son doigt tourna sur le verre, tandis que la douce brûlure de l’alcool coulait dans sa gorge. Son ton ne montrait aucun intérêt : il ne regardait même plus le jeune homme, à présent. Emrys croyait donc pouvoir réussir à le narguer ainsi ? Il avait moins d’intérêt que ce qu’il avait pu croire. Vous m’amusez, tout au plus, Mr Bowen. A vous de voir si c’est une qualité, ou un défaut de votre part.

Enfin, voilà que le jeune homme disait clairement ce qu’il pensait tout bas. Si Derek n’avait rien contre la dissimulation, bien au contraire, l’affaire était tellement grossière qu’elle l’ennuyait déjà. Que voulait donc ce bon vieil Emrys ? Raviver une vieille querelle, venger son égo froissé ? Cela n’avait, probablement, aucune importance pour le trafiquant d’objet magique. Sacramento était déjà au dessus des masses, à l’époque : aujourd’hui, il était encore plus puissant, encore plus divin. Les Aurors désespéraient de ne jamais pouvoir l’arrêter, les chasseurs de prime commençaient à croire qu’il n’était qu’une invention des autorités pour les garder occupés, tant il était une ombre dans la nuit. Emrys Bowen était vraiment le cadet de ses soucis.

-Je ne m’embarrasserais pas à vous tuer de moi-même, voyons. Mais soit, si vous le désirez, je vais vous accorder ce caprice, mon garçon. Quelle lubie vous anime, aujourd’hui, pour que vous soyez prêt à signer votre arrêt de mort afin de m’adresser la parole ? Croyez bien que le temps que j’ai à vous accorder sera bref, cependant. Certains d’entre nous ont des affaires plus pressantes que vos simagrées. »

Peut-être que, dans d’autres circonstances, Derek aurait été plus patient, peut-être même moins pinçant, mais il était irrité et ne le cachait pas. Emrys devrait abattre des cartes maitresses, si seulement il voulait l’emmener à jouer. Et il était bien connu que le casino qu’était l’enfer, gagnait toujours : nul doute que le Diable, en la personne de Sacramento, n’aurait aucune pitié.
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Sujet: Re: Derek + Emrys - Rencontre au sommet | 
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