Sorry not sorry ❖ PV : Jonathan Rowle

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Sujet: Sorry not sorry ❖ PV : Jonathan Rowle | Dim 2 Sep - 17:31


Sorry not sorry
John & Blake

« I shouldn't bother you with all my questions, but... Well, I can't help myself »
Le regard perdu entre les gouttes d'eau qui glissent doucement contre la vitre, les doigts de Blake triturent inconsciemment une grande plume d'un gris éthéré. Ses pensées sont bien loin de cette maison qui lui paraît parfois si petite comparée à son foyer de Dunvegan. Actuellement il se verrait plutôt sur le dos de Pixie, à braver les éléments comme ils l'ont toujours fait. Sa nature téméraire reprend souvent le dessus dès lors qu'un orage ou même une simple averse pointent le bout de leur nez. Les MacLeod sont ainsi faits, à ce que l'on dit. De véritables aventuriers que rien ne saurait effrayer. A bien y réfléchir, peut-être est-ce la raison de la mort précoce de bon nombre de leurs ancêtres, ou même de certains des leurs il n'y pas si longtemps que cela.

Ceci dit, à cet instant c'est plus une sorte de mélancolie mâtinée de nostalgie qui envahit Blake. Celui-ci a beau aimer la vie qu'il mène à Atlantis, le mal du pays l'emporte parfois sur le reste. Passer d'un château grouillant de vie où vos voisins les plus proches sont une colonie de phoques, à une existence de citadin n'est pas franchement une sinécure. S'il en est conscient et s'accroche donc fermement pour ne pas filer tout droit à la maison, il est vrai que de temps à autre le doute vient le titiller désagréablement.

Le sorcier chasse ses sombres pensées d'un léger mouvement du chef avant de s'écarter de la fenêtre. Allons bon, à quoi bon se morfondre ! Cela n'a jamais rien arrangé pour qui que ce soit. Non, mieux vaut se reprendre en main et profiter de l'éclaircie qui se profile pour aller se promener un peu. L'air frais lui ferait du bien. Pas question donc de s'enfermer dans sa chambre pour s'esquinter les rétines sur ses documents, ni même de transplaner ni vu ni connu jusqu'au Chemin de Traverse pour faire des heures supplémentaires avec ses animaux. Pour une fois il se fait violence à prendre du temps pour lui qui ne soit pas relié d'une quelconque façon à son travail.

Un manteau enfilé plus tard, le voilà donc qui quitte sa tanière puis les Faubourgs. Comme toujours le centre-ville fourmille d'activité, si bien que Blake ne sait pas vraiment où donner de la tête. Les options sont multiples, mais aucune qui parvienne à réellement le séduire. Malgré tout, voilà que sa gourmandise se réveille alors qu'il passe devant un café. Il en ressort donc une petite dizaine de minutes plus tard avec un grand chocolat chaud qui ferait probablement hurler tous les nutritionnistes du pays tellement il déborde de sucres et de gras en tout genre. Un détail dont le principal intéressé ne se soucie guère. Il faut bien mourir de quelque chose, comme dirait l'autre !

Ne trouvant rien pour s'occuper dans les parages et estimant que sa sortie a suffisamment durée, Blake s'apprête à rebrousser chemin quand son regard accroche une silhouette familière, plus loin. Saisi d'un doute, il plisse les yeux tout en maugréant qu'il aurait peut-être besoin de lunettes... Puis esquisse un sourire. Ni une ni deux c'est à grandes enjambées qu'il rejoint l'homme qu'il vient de reconnaître avant de l'aborder avec toute sa (non) délicatesse habituelle, aussi enjoué qu'on peut l'être.

- John, ça faisait longtemps ! Trop longtemps. Tiens c'est vrai ça, où avait-il disparu depuis tout ce temps ? Maintenant qu'il y pense, même son paternel n'a plus vraiment de nouvelles de son homologue Auror. Mon père se demande ce que tu deviens ; il ne le dira pas, mais je crois qu'il se fait un peu de soucis. Je ne savais même pas que tu étais à Atlantis, tu parles d'une surprise. Qu'est-ce que tu deviens ?

Comme toujours poussé par son incommensurable curiosité, l'animagus ne réalise pas qu'il pourrait être en train de tenir la jambe à quelqu'un qui n'en a pas la moindre envie. Et quand bien même il le saurait, rien ne garantit qu'il le laisserait filer pour autant.
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Sujet: Re: Sorry not sorry ❖ PV : Jonathan Rowle | Mar 4 Sep - 10:52
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- Jonathan Rowle - Blake MacLeod -


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Ce jour là, il pleuvait : et c’était peut-être quelque peu cliché que de dire ça, mais ça reflétait parfaitement l’état d’esprit dans lequel je me trouvais. C’était toujours difficile pour moi, ces dimanches durant lesquels Annie allait rendre visite à l’un de ses petits camarades, me laissant livré à moi-même dans le petit appartement que nous partagions. La solitude me terrifiait, car elle me laissait face à mes démons. Plus de faux semblants, plus de masque à conserver sur le visage : simplement la détresse de ma condition, l’inexorable abysse qui menaçait de m’emporter, pour peu que je me trouve trop près du bord du précipice.

Les murs m’avaient semblés bien trop étouffants, ce matin là. J’avais dû me résoudre à sortir, si je ne voulais pas me taper la tête contre le plâtre pour éviter de sombrer définitivement dans la folie. Je n’avais rien d’autre à faire que d’écouter le bruit de mes propres pas, grain de sable dans le désert qu’était le brouhaha du centre-ville d’Atlantis. Probablement qu’un homme plus équilibré aurait pris plaisir à baguenauder, à apprécier l’air frais sur son visage, à écouter les conversations des passants et à chiner dans quelques boutiques. Mais je ne pouvais pas me promener, pas au sens premier du terme. Mon esprit était bien trop englué dans le marasme provoqué par mes troubles psychologiques, et malgré mes efforts, malgré ma thérapie, malgré le temps qui passait inexorablement, j’avais l’impression que cette apathie serait sans fin. Cela faisait plusieurs mois, maintenant, que je n’avais pas touché ma baguette, à part pour la mettre dans ma poche, par réflexe plus qu’autre chose. Et si je souriais, pour Annie, mon visage redevenait neutre, dès qu’elle passait la porte de son école : je ne pleurais pas. Je n’étais pas triste, pas vraiment. J’étais vide.

La pluie s’arrêta au bout de quelques heures, et mes cheveux mouillés dégoulinaient sur mon visage, mon manteau se collant à mon corps fin. Tout le monde, autour de moi, avait un parapluie, ou utilisait la magie pour se protéger de l’eau qui tombait du ciel, mais pas moi. J’étais le seul qui ressentait chaque goutte tomber sur le haut de son crâne, et qui ne faisait rien pour y remédier, parce que de sentir cette eau, c’était de me rappeler que j’étais en vie. Il fallait bien se trouver quelque chose à laquelle s’accrocher, n’est-ce pas ?

Et puis, une voix. Claire, vigoureuse, enjouée. Je ne la reconnu pas tout de suite : après tout, cela faisait bien longtemps que je ne l’avais pas entendue, et elle semblait venir d’un temps si lointain, si révolu, que son écho résonnait dans ma tête. Pourtant, ses traits si particuliers ne pouvaient pas s’oublier, et ce fut en plongeant mes yeux dans les siens que le nom de Blake MacLeod se matérialisa dans mon esprit. Le fils d’un de mes collègues, un bon garçon que j’avais connu alors qu’il n’était encore qu’un adolescent et moi un jeune Auror, lorsque son père m’avait hébergé durant une mission se déroulant non loin du château de Dunvegan. Je n’avais pas la moindre idée de ce qu’il était devenu : pire, je ne m’étais jamais posé la question de savoir s’il était vivant, ou mort. La guerre avait arraché aux Hommes tellement d’innocents… Un vertige me saisit, alors que je pensais à toutes ces âmes que j’avais croisées dans ma vie, et qui s’était éteinte, sans que je ne le sache, lors des combats contre les hommes du Seigneur des Ténèbres. Tant d’hommes et de femmes, des innocents, que je n’avais pas pu sauver.

J’entendais Blake sans vraiment l’écouter, perdu dans une culpabilité qu’il était injuste d’infliger à ma propre personne, mais qui était bien réelle. Que faire, que dire. L’une des grandes problématiques de ma vie. J’avais coupé les ponts avec toutes les personnes qui auraient pu me rappeler l’homme que j’avais été et qui était mort en même temps que mon frère, lors de la Bataille de Poudlard, et voilà qu’une insignifiante part de mon passé refaisait surface et balayait tout sur son passage. Alors, je choisissais une technique peut-être lâche, mais qui avait fait ses preuves. La fuite.

« -Pardonnez-moi, je pense que vous vous trompez de personne. Veuillez m’excuser… »

Ma voix n’avait pas flanché, et j’en étais fier : mais malgré mes efforts, je savais pertinemment que j’avais sonné faux. Si Blake ne pouvait cacher son fier accent écossais, j’étais incapable de masquer les sonorités galloises dans ma voix : et bien que j’avais maigri, que ma peau s’était blanchie, que mes traits s’étaient tirés, je ressemblais toujours à l’Auror Rowle, comme un frère jumeau maléfique, rongé par la fatigue et la démence. Mais si je m’éclipsais, il ne pourrait pas protester, pas vrai ? Peut-être oublierait-il cette rencontre aussi vite qu’elle n’était arrivée ? J’essayais de me forger une contenance, et se faisant, lui tournait le dos, en marchant d’un pas rapide : sans courir, pour ne pas montrer que je voulais délibérément l’éviter, mais suffisamment vite  pour qu’il comprenne que ma sentence était sans appel.
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Sujet: Re: Sorry not sorry ❖ PV : Jonathan Rowle | Ven 7 Sep - 6:12


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A quel point une personne peut-elle changer en quelques années ? Quels dommages le temps peut-il perpétrer à l'encontre d'un être humain en un laps de temps qui paraît pourtant si court ? Peut-être est-ce la relative jeunesse de Blake qui s'exprime, mais il n'a pas l'impression que cela remonte à si loin depuis la dernière fois qu'il a eu l'occasion de ne serait-ce qu'apercevoir l'Auror. Malgré tout, à présent que ses prunelles claires peuvent détailler de plus près John, elles ne peuvent éluder tout ces petits détails ; elles qui ont toujours été à l'affût du moindre grain de poussière que l'on aurait déplacé.
Rapidement c'est un florilège d'hypothèses en tout genre qui passent par la tête de l'écossais durant les quelques instants où il cherche à comprendre ce qui a bien pu arriver. La réponse finit par s'imposer d'elle-même, limpide. Quand les MacLeod ont-ils perdu tout contact et n'ont-ils plus eu d'échos de la présence de John, où que ce soit ? Presque immédiatement après la bataille qui a ébranlé -ou ravagé serait plus juste- Poudlard. Le cœur de Blake se serre tandis que sa mémoire déterre ces souvenirs qu'il se force à oublier aussi fort qu'il le peut. Certes, sa famille et lui ne sont pas les plus à plaindre. Loin de là. Mais les cicatrices, de même que les séquelles psychologiques, sont toujours là pour autant. Elles le réveillent parfois au beau milieu de la nuit, désemparé et incapable de retrouver le sommeil. Oh comme il est facile d'arborer un masque pour jouer les piliers inébranlables devant les autres. Admettre ses insécurités et ses incertitudes, en revanche... Ces questions qui hantent l'animagus au quotidien, il n'en fait part à personne, jamais. Si bien qu'il lui arrive d'avoir la sensation d'être rongé de l'intérieur.

Et pourtant, comme il le sait, il n'est pas à plaindre. Alors si lui, qui s'en est si bien sorti au cœur de ce chaos qu'ils ont tous traversé, en est resté si marqué... Par Merlin, il n'ose pas imaginer ce que ce doit être pour John, qui lui avait sans doute déjà encaissé beaucoup d'horreurs avant le grand retour de Voldemort. Voilà qui explique cette silhouette presque méconnaissable face à laquelle il se tient...
Et qui vient de lui fausser compagnie. Perplexe et un rien éberlué, les paupières du sorcier papillonnent un court instant. Qu'est-ce que... Mais... ! Ah non, ça ne va pas se passer comme ça !

Peu lui importe qu'il s'impose et qu'il devienne éventuellement une gêne, sa fierté ne lui permet pas de se laisser distancer ainsi. Blake MacLeod, se tromper de personne ? Blake « j'ai une mémoire d'éléphant » MacLeod, oublier le visage de l'homme pour lequel son petit cœur d'adolescent rêveur -ou bien noyé d'hormones au choix- battait ? Blake « je suis plus têtu qu'une armée de mules » MacLeod, accepter qu'on lui file entre les doigts ? Certainement pas !
A grandes enjambées il a tôt fait de rattraper l'autre homme, une moue un rien contrariée mais aussi dubitative accrochée au faciès. Ce serait bien mal le connaître de croire qu'il renoncerait si facilement.

- Me tromper ? Non, je sais encore ce que je dis. Eh, je sais que je ne suis pas toujours très facile à supporter, mais je ne pense pas t'avoir laissé une si mauvaise impression que ça ! … Si ? Un soupir passe le seuil de ses lèvres alors que son regard balaie brièvement les alentours. On s'inquiète et toi tu fais le mort. Franchement, c'est pas sympa. Et tu veux que je te dise ? Un peu cruel, aussi. Ils n'ont jamais été proches, d'une quelconque manière que ce soit. Mais Blake n'a jamais eu besoin de se sentir intimement lié à quelqu'un pour se soucier du sort de la dite personne. Alors oui, il est bien décidé à obtenir des réponses. Sans se rendre compte, hélas, des dégâts que son manque affolant de tact pourrait causer.
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Sujet: Re: Sorry not sorry ❖ PV : Jonathan Rowle | Sam 15 Sep - 11:52
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Annie avait eu une période durant laquelle elle avait été passionnée de biologie marine, et elle avait prit l’habitude, durant le petit déjeuner, de lister les espèces qu’elle venait de découvrir, en décrivant leurs spécificités. J’en avais appris davantage sur les cachalots et les murènes que j’aurai pensé, et j’avais également découvert l’existence de plusieurs animaux, notamment l’arapède, un mollusque vivant sur les côtes de Méditerranée. Je me rappelle de la petite voix fluette de ma nièce me dictant ce qu’elle avait lu dans ses encyclopédies : "la patelle, communément appelée arapède, est un mollusque de la famille des gastéropodes prosobranches. Elle possède une coquille en forme de chapeau chinois, qui s’adapte parfaitement à la surface des roches sur lesquelles elle s’accroche, la rendant coriace à décrocher". Ce n’était pas un hasard si cet épisode revenait en ma mémoire, alors que Blake ne semblait pas comprendre mes silencieuses suppliques et revenait à la charge, sans même envisager de me laisser tranquille. Il n’avait pas changé, le MacLeod : il me faisait penser à son père, déterminé, ne lâchant jamais aucune affaire que le Bureau lui confiait. Une vraie arapède.

J’envisageais quelques instants de transplaner, et de le laisser au milieu de la foule d’Atlantes, sans demander mon reste. Mais avec le nombre de personnes qui nous croisaient, ça aurait été bien trop dangereux : si par malheur, quelqu’un me frôlait, il aurait pu se retrouver désartibulé. Continuer à m’enfuir n’était pas non plus une option : Blake était bien plus jeune que moi et plus motivé, et je ne doutais pas qu’il n’aurait aucun mal à me rattraper, même si je me mettais à courir. Je soupirais intérieurement, las. L’heure était venue d’affronter mon passé, et si j’aurai préféré garder mes démons enfouis dans ma boîte à malice, ils semblaient bien décidés à pointer le bout de leurs nez. Un sourire de convenance plaqué sur mon visage, j’essayai de prendre un air avenant, pour ne pas sembler encore plus rustre que je ne l’étais déjà.

« -Oh, oui, excuse moi Blake, je ne t’avais pas reconnu, à croire que ma mémoire me joue des tours, dis-je, d’une voix tellement fausse qu’elle me faisait crisser des dents. Je n’aimais pas lui mentir, mais que faire d’autre ? Avouer que j’avais envie de tout, sauf discuter avec lui ? J’étais de la vieille école, et ce manque de politesse me semblait impensable. C’est l’âge, sans doute : bien sûr que non, tu ne m’as pas laissé une mauvaise impression, tu étais un brave garçon à l’époque, et je suis sûr que tu l’es toujours autant.

Une pause, tandis que j’écoutais ses reproches non déguisés. Si je faisais attention aux convenances, lui semblait ne pas vouloir en tenir compte. Moi qui avait espéré, pendant de brefs instants, que notre conversation s’en tiendrait aux salutations de circonstance et aux nouvelles légères, voire même, quelques constatations sur la météo… J’étais bien naïf. Si je ne croyais absolument pas au destin ou au tout-puissant, j’étais prêt à croire que la chance jouait contre moi.

Mon regard se fit fuyant, et mon corps se tendit. Je n’assumais pas toutes ces personnes que j’avais effacé de ma vie, depuis la fin de la guerre, et je comprendrais parfaitement qu’ils ne comprennent pas mes raisons. Merlin, si Kingsley n’était pas une aussi grande tête de mule et ne m’avait pas empêché de disparaître, avec Annie, à l’autre bout du monde, probablement serais-je quelque part dans un petit appartement américain en train d’essayer de convertir leurs degrés Fahrenheit en Celsius. A Atlantis, je croisais bien trop de visages connus, qui me rappelaient une époque que j’essayais de reléguer dans les tréfonds de ma mémoire, sans succès.

J’étais cruel, peut-être. Mais lui aussi était cruel que de me forcer à me mettre face à mes propres contradictions. Cruel que de poursuivre un vieil homme fatigué alors qu’il était dans la force de l’âge. Cruel que de me parler d’un passé révolu qui ne pourrait jamais être changé. Cruel de ne pas reconnaître ma fatigue, ma lassitude, et de me porter des accusations qui me rongeaient l’existence depuis bien trop longtemps déjà. Je soupirais. Bien sûr, je ne dirais rien de tout cela, mais je n’en pensais pas moins.

-Je suis… désolé, et le mot s’échappa de ma bouche dans un étranglement, comme si l’air peinait à sortir de ma bouche. Car si je ne mentais pas, j’avais demandé pardon bien trop de fois pour que je me sente encore légitime de prononcer ces mots. Alors, je changeais de sujet, en espérant avoir adopté un ton suffisamment décontracté pour ne pas paraître trop abrupt. Et bien, qu’est-ce que tu deviens, Blake ? Ton père va bien ? »

Mon cœur battait à toute allure, et je pouvais sentir une goutte de sueur commencer à couler le long de ma tempe. Est-ce que ma détresse se voyait à l’œil nu, ou bien était-ce mon esprit malade qui me criait que mon masque venait d’être abattu, plus simplement encore qu’un château de cartes ? Je n’en avais aucune idée, et c’était ça, peut-être, le plus effrayant.
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