Got the life [Finn / Shawn]

Shawn Faradayavatar
• Professeur •
En ligne
http://www.catharsis-rpg.com/t1994-shawn-faraday-the-leaves-are-Messages : 102 Points : 322
Pseudo : Magneion
Avatar : Tom Hardy
Crédits : AvengedinChains
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Les Salines
Patronus: Un ours
Informations supplémentaires:
Sujet: Got the life [Finn / Shawn] | Jeu 30 Aoû - 17:10


Got the life
Finn & Shawn

« Never did I want to be here again and I don't remember why I came» Voodoo - Godsmack
10 mars 2001

Y’avait pas trente-six endroits pour s’amuser à Atlantis une fois la nuit tombée. Oh, quel père indigne faisait-il en laissant Quinlan seul à l’appartement, mais sérieusement, ce gamin était ennuyeux et passerait sûrement la soirée à lire ou à regarder des films. Autant qu’il sorte un peu au lieu de s’encroûter comme un vieux célibataire… et puis, boire un verre n’a jamais fait de mal à personne. Un verre de coca hein, parce que l’alcool, il n’y touchait plus depuis des années. De toute façon, il n’avait pas besoin de ça pour s’éclater, il arrivait réussi à s’en convaincre… Difficilement oui, mais il avait réussi.

La musique était pas si désagréable, mais les boîtes restaient ce qu’elles étaient : pleines de gens, de possibilités aussi risquées que variées, de bruit. Shawn avait simplement eu envie de sortir, il n’était pas spécialement à la recherche de quelqu’un à marier. Quant à découcher, les règles étaient formelles : seulement deux nuits par mois et en prévenant Quine pour pas qu’il s’inquiète. Il était donc hors de question que Shawn ne s’éclipse avec le ou la première venue pour terminer entre deux draps, et ce même s’il n’avait pas touché à son quota de découchage depuis un bail.

À quoi bon, de toute façon ? Quand il fut lassé des parades nuptiales vulgaires qui défilaient devant ses yeux et que son corps lui ait envoyé assez de signaux de fatigue, Shawn se dirigea vers les vestiaires et sortit de la boîte. L’air de la nuit était froid mais c’était une bonne chose : il sentit la fatigue battre en retraite, au moins pour un temps, et sa vision gagner en netteté. Heureusement pour la silhouette gisant non loin, car sinon il aurait tôt fait de la manquer, par cette obscurité.

Une silhouette, sur le sol ? L’instinct de Shawn passa immédiatement en mode médicomage : il se précipita pour voir si l’homme, car c’était bien un homme, avait besoin d’aide. Ce qu’il vit sur le visage de celui qui était son voisin de palier le frappa comme un reflet du passé : le sang qui lui coulait du nez jusque sur sa bouche, l’absence de réaction, le pouls faible… Et merde, Shawn n’avait pas pris son sac avec lui, il avait simplement sa baguette. Aucun sort ne serait d’une quelconque utilité à un homme dans son état : il lui fallait l’amener au centre médical, immédiatement, ce que Shawn fit. Il transplana jusque là, avant de confier l’inconnu aux bons soins du personnel du centre.

***


12 mars 2001

Cette histoire le travaillait. Bien involontairement, Shawn avait ressassé ses péripéties passées, se rémemorant ses hauts et surtout des bas si profonds qu’il avait failli ne pas pouvoir s’en relever. Il avait revu Quinlan avec un regard non pas nouveau mais renouvelé : jamais Shawn n’avait oublié la chance qu’il avait d’avoir un fils si adorable, et de pouvoir l’élever. Il n’avait pas été à la hauteur pour Livia, et il s’en voulait encore…

Alors deux jours plus tard, il décida d’aller passer au centre, non seulement pour prendre des nouvelles de ses étudiants mais surtout pour faire un crochet par la chambre de Finn. Le voir allongé dans un lit d’hôpital n’était pas une vue réjouissante, mais au moins Shawn savait qu’il était entre de bonnes mains.

— Il s’est réveillé ?

— Pas encore.

L’infimier le laissa ensuite avec son patient, sans imaginer un seul instant que l’intérêt de Shawn n’était pas totalement médical. S’asseyant à ses côtés, le médicomage décida de passer un moment là, s’inquiétant de ne voir aucune famille ni aucun ami dans la chambre. Lui n’était pas pressé, il avait fini sa journée de travail et son fils pourrait bien souffrir d’un retard de son papa chéri, surtout s’il en demandait la raison.
(c) DΛNDELION


«Run into a new maze, open up your minds and soon we'll all be drop dead cynical»
FLORISSONE
Finn W. Bowmanavatar
• Sorcier •
http://www.catharsis-rpg.com/t708-finn-w-bowman-keep-my-gMessages : 1776 Points : 170
Pseudo : Flow
Avatar : Herman Tømmeraas
Crédits : mon talent immense
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Les Salines
Patronus: un Mustang
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Got the life [Finn / Shawn] | Sam 1 Sep - 13:45

Got the life

- Finn W. Bowman — Shawn Faraday -


"When you try your best but you don't succeed, when you get what you want but not what you need, when you feel so tired but you can't sleep, stuck in reverse." Fix you - Coldplay
Qu’est-ce que c’est que cette odeur ? Je l’ai déjà senti quelque part, j’en suis sûr. Il était difficile pour lui de former une pensée cohérente, au milieu du magma insondable qu’était son cerveau. Pourtant, celle là tranchait le brouillard. C’est une fleur, j’en suis sûr. Je crois qu’Holly avait un parfum qui ressemblait à celui-là. Tout était noir, autour de lui : peut-être parce que ses paupières étaient fermées. Il n’avait pas mal. Il était plus confus qu’autre chose, et seule cette question ressortait clairement dans son esprit. Ah, je l’ai sur le bout de la langue, c’est frustrant, putain ! Même lorsqu’il était à moitié conscient, il réussissait à jurer. Overdosé, mais pas mort, le Finn : il serait pourtant capable d’être grossier à son propre enterrement. C’est une fleur blanche, là… On peut même en faire du thé… Fais chier, j’y suis presque. Le parfum se fit encore plus violent lorsque l’inconnu le chargea contre lui, pour le faire transplaner. Il n’en avait pas conscience, bien sûr : tout ce qu’il sentait, c’était les senteurs subtiles du… Jasmin. Ouais, c’est ça. Du jasmin. Ce fut sa dernière pensée cohérente.

***

Le son de son propre cœur résonnait contre ses tempes. Il était un peu trop rapide, son cœur : l’effet de la cocaïne, probablement. Finn se réveilla en papillonnant des yeux, et fixa le plafond, désorienté. Ce n’était pourtant pas un très joli plafond, assez standard, d’une couleur crème un peu trop neutre, un peu trop aseptisée. Il connaissait bien cette teinte là. Il l’avait vu bien plus de fois qu’il n’aurait voulu : après l’attentat, durant la Coupe d’Europe de Quidditch, où il avait bien failli crever ; il y avait seulement quelques semaines, lorsqu’un dragon avait décidé de venir crécher à Atlantis et que son poignet en avait fait les frais ; maintenant, alors que son mal de tête était de plus en plus fort, bien qu’il ne sache pas pourquoi exactement.

Qu’est-ce qu’il avait foutu comme conneries, encore, pour se retrouver au centre médical ? Ses souvenirs étaient flous. Il fallait qu’il se concentre, qu’il se souvienne. Mais il avait si mal… Putain d’infirmières, elles ont jamais entendu parler d’antidouleurs, ou quoi ? Il voulut relever la main, vain effort pour attraper la sonnette permettant d’appeler le personnel hospitalier, mais il était trop faible, et ne réussit rien d’autre que de vaguement remuer ses doigts. Tant pis. Son corps lui criait de se rendormir, mais il était têtu, le Bowman : il voulait se rappeler. Alors, tout commença à lui revenir par vague. Cette nuit qui avait commencé comme toutes les autres, depuis qu’il avait racheté l’Atlantease. Une histoire de verre renversé sur une chemise… Il se rappelait d’avoir dansé, aussi. Sa partenaire était blonde, mais tout ne s’était pas passé comme prévu… Et puis, dans le bureau, il avait eu mal, autant qu’il avait prit son pied… Oh, et il y avait… Ce ne fut que lorsque les yeux bleus de Caleb se nichèrent dans son esprit que tout se remis magiquement en ordre. La mémoire, c’est quelque chose d’étrange.

Il eut l’impression de revivre leurs ébats une seconde fois, alors que les événements se déroulaient une deuxième fois dans sa tête, sans qu’il ne puisse rien faire pour les en empêcher. La manière dont il s’était comporté, comme la plus sordide des trainées, combien il avait souffert alors que le cuisinier prenait possession de son corps, victime consentante de doucereuses violences… Tout était là. Et il comprit ce qu’il faisait à l’hôpital, puisque s’il avait eu les capacités physiques de reprendre, encore une fois, suffisamment de drogue pour oublier, il le ferait dans un battement de cil.

Il ne voulait pas mourir, pas comme avant. Pas pour ce putain de Caleb et son putain de corps bien trop parfait, et son putain de caractère de merde, et son putain de complexe de héros, et ses putains de yeux bleus. Il aurait juste voulu sombrer dans l’oubli. Il savait pertinemment que s’il utilisait sa Pensine, il ne pourrait s’empêcher de venir revisiter ce moment pourtant si terrible. Il le faisait souvent, pour sa propre tentative de suicide : parce qu’il méritait de souffrir. Il méritait de revivre chaque secondes de ses traumatismes. S’il ne se souvenait pas, il ne pouvait pas s’auto-flageller, et subir, encore et encore, les instants passés de sa misérable existence.

Finn se sentit tout à coup observé. Peut-être qu’une infirmière lui faisait enfin la décence de venir lui porter assistance. C’est pas trop tôt. Avec le prix de l’assurance que je paye tous les ans, ils devraient me torcher le cul avec du papier serti d’or. Après quelques efforts, il réussit à baisser suffisamment la tête pour regarder l’homme qui se tenait à son chevet. Un gars assez massif, bien que pas très grand, avec une barbe taillée pas très soigneusement, probablement un médicomage, sinon, qu'est-ce qu'il pouvait bien faire là, à le mater ainsi ? Finn essaya de parler, mais sa gorge était sèche. Il se la racla, en fronçant le nez, mais se faisant, ses narines commencèrent à brûler, et une quinte de toux acheva le tableau pathétique qu’il pouvait exposer. Bon, le mec est médecin, je pense qu’il a vu pire. Enfin, au prix de grands efforts, le jeune homme finit par former une phrase à peu près cohérente, mais pas des plus aimables, car après tout, on ne changeait une équipe qui gagnait (quelle ironie).

« -Bon, j’espère que vous êtes meilleur que le docteur de l’autre fois, l’autre était un véritable crétin. Il voulut se relever sur ses coussins, tout en parlant, essayant de garder un minimum de sa superbe. S’il n’était pas en état, physiquement, d’être le fier serpent qu’on connaissait, sa verve ferait l’affaire. Et passez-moi les sermons sur le risque que j’ai pris en prenant autant de coke, toutes ces conneries, j’ai pas besoin de vos conseils. »

Finn n’était vraiment pas aimable, au réveil : surtout lorsqu’il avait l’impression de s’être fait passer dessus par un camion.  
code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 1005 WORDS.



Tame my hunger, Numb my skin
In the crowd alone, and every second passing reminds me I’m not whole. Bright lights and city sounds are ringing like a drone, unknown. Oh, glazed eyes, empty hearts, buying happy from shopping carts. Nothing but time to kill, sipping life from bottles.
Shawn Faradayavatar
• Professeur •
En ligne
http://www.catharsis-rpg.com/t1994-shawn-faraday-the-leaves-are-Messages : 102 Points : 322
Pseudo : Magneion
Avatar : Tom Hardy
Crédits : AvengedinChains
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Les Salines
Patronus: Un ours
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Got the life [Finn / Shawn] | Lun 3 Sep - 7:12


Got the life
Finn & Shawn

« Never did I want to be here again and I don't remember why I came» Voodoo - Godsmack
Shawn connaissait bien les hôpitaux, et pas forcément du côté du médecin. Il regardait l’homme allongé sur le lit, son voisin, en sachant exactement ce que ça faisait d’être à sa place. Ça n’arrivait pas bien souvent, et ce n’était pas spécialement important : un bon médecin n’avait pas besoin d’avoir vécu quelque chose pour le comprendre. Le problème était souvent qu’ils ne cherchaient pas à comprendre, la faute sûrement à un environnement à la fois dur et blasant contre lequel il faut se blinder, au risque de perdre toute empathie. Shawn préférait être blessé plutôt que de perdre ce qui, selon lui, faisait partie de son humanité. Voir ce qu’il aurait pu devenir, observer son voisin comme on se plonge dans son propre reflet, à la fois effrayé et fasciné, cela lui donnait le vertige.

Peut-être n’allait-il pas se réveiller. Peut-être que Finn allait rester là pendant des années, figé dans le temps pendant que le monde autour de lui continuait de tourner sans lui. Il allait pourrir lentement, vivant mais déjà mort, s’accrochant à un fil si fin et fragile qu’il était plus simple de le lâcher plutôt que d’essayer de grimper dessus. Impossible pour Shawn de ne pas faire le parallèle avec Nick, qui était dans les limbes depuis bientôt une décennie, sa vie mise entre des parenthèses si épaisses qu’elles formaient désormais un mur infranchissable. À ce niveau-là, il était moins douloureux de faire son deuil que de s’entêter à espérer.

Mais heureusement pour Finn, il n’était pas Nick. Cela ne faisait que deux jours qu’il était dans le coma, rien qui soit en commune mesure avec ce que traversait le cadet Faraday. Shawn s’était laissé emporter, encore une fois, préférant garder sa compassion pour le patient au risque de remuer le couteau dans ses propres plaies. Le coma, c’était comme une plongée : moins longtemps on était sous la surface, et plus facilement on pouvait remonter. Il suffisait de voir la relative aisance avec laquelle Finn parlait. Shawn esquissa un sourire en l’entendant :

— Je vois que t’es en forme, Finn. Et que tu reconnais même pas ton voisin de palier, mais bon, ça, ça passe encore.

Il rit doucement, avant de poser le dossier de Finn sur la table de chevet et de se tourner complètement vers lui. Il pensait qu’il allait lui faire la morale comme un médecin classique l’aurait fait… s’il savait. S’il savait putain.

— Nan j’fais pas te faire la leçon, j’suis pas ton père. J’suis bien placé aussi pour savoir que ça te fera pas changer d’avis, ou prendre conscience de quoi que ce soit. T’as failli crever et tu le sais… Reste à savoir si t’en a quelque chose à foutre.

Parce que c’était bien beau de vouloir sauver la veuve et l’orphelin, mais il fallait d’abord vérifier s’ils acceptaient ce genre d’aide. Le souci de Finn n’était pas physique, clairement pas, et pour ça, non seulement Shawn ne pourrait être qu’un soutien et pas grand-chose de plus, mais il savait aussi qu’on ne pourrait aider Finn que s’il voulait bien tendre la main le premier.

Il soupira, repensant à ce qui avait été noté dans le dossier. Si la moitié de ses hypothèses étaient vraies, il comprenait que Finn se poudre le nez jusqu’à finir à l’hôpital. Il n’approuvait pas, mais ne pouvait pas en vouloir à quelqu’un d’être désespéré à ce point-là.

— Tu te souviens de ce qui s’est passé avant ton overdose ? De pourquoi tu t’es envoyé autant de poudre ?

C’était pas bien subtil comme façon d’aborder ça, mais Shawn n’avait jamais dit être subtil ou délicat. Sans être totalement bourrin, il estimait qu’il y avait des moments où c’était contre-productif de prendre des pincettes. Il espérait juste que celui-ci en ferait partie.
(c) DΛNDELION


«Run into a new maze, open up your minds and soon we'll all be drop dead cynical»
FLORISSONE
Finn W. Bowmanavatar
• Sorcier •
http://www.catharsis-rpg.com/t708-finn-w-bowman-keep-my-gMessages : 1776 Points : 170
Pseudo : Flow
Avatar : Herman Tømmeraas
Crédits : mon talent immense
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Les Salines
Patronus: un Mustang
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Got the life [Finn / Shawn] | Mer 5 Sep - 3:51
Got the life

- Finn W. Bowman — Shawn Faraday -


"When you try your best but you don't succeed, when you get what you want but not what you need, when you feel so tired but you can't sleep, stuck in reverse." Fix you - Coldplay
Il avait l’impression distincte que le monde était un peu plus rapide que d’habitude. Il pouvait voir, du coin de l’œil, les aides soignants traverser le couloir, à travers la fenêtre, et ils semblaient être en pleine course : sa perfusion, quand à elle, avait un goutte à goutte qui aurait pu rythmer les battements de son propre cœur. Même Shawn, simplement assis sur une chaise non loin de lui, ressemblait à une de ces cassettes vidéos qu’on mettait en avance rapide, sa respiration calme et posée se changeant en des halètements fébriles, la façon qu’il avait de se mouvoir, en petite gigue quelque peu ridicule. Finn, lui, se sentait lourd, pataud. En décalage avec ce monde qui allait bien trop vite. Ce n’était qu’une illusion, bien sûr, mais il ne pouvait s’empêcher de s’imaginer figé dans du ciment qui se durcissait bien trop vite, l’emprisonnant dans un carcan indestructible.

Mais après tout, était-ce si étonnant lorsqu’il venait, encore une fois, de frôler la mort ? Probablement pas. Il aurait aimé que la douleur lancinante qui traversait sa tête de part en part s’arrête, cependant. La voix du médicomage était une diversion, et il s’y accrocha comme un noyé à une bouée.

« -Oh, ouais… C’est vous qui avez le gamin tout dépenaillé, là… Finn n’avait l’air aucunement désolé de ne pas se rappeler de la tête de son voisin, d’une part, parce qu’il n’avait absolument pas la mémoire des visages et des noms, et de l’autre, parce qu’il venait de faire une overdose, et que ce n’était pas la première de ses priorités que de gérer les émotions du gars qui vivait dans l’appartement en face de chez lui. En forme, je ne sais pas. C’est normal d’avoir l’impression de s’être fait écrasé par un Grapcorne ?

Il ricanait doucement, essayant de masquer le fait qu’il souffrait réellement. C’était plus facile de blaguer légèrement, après tout, plutôt que d’avouer sa propre faiblesse. Et puis, au moins pendant quelques instants, il oubliait ce qu’il s’était passé. Il ne pensait pas à Caleb, et si c’était diablement reposant, il sentait déjà comme un manque dans sa poitrine, un souffle sinueux et infime, mais bien présent. Comme une brise qui ne demandait qu’à s’introduire à travers le bois d’une fenêtre.

Finn haussa les épaules, en écoutant la diatribe du médicomage. Son discours changeait agréablement des morales toutes faites qu’on avait essayé de lui inculquer, pratiquement à chaque fois qu’il avait mis le pied dans un hôpital : de faire attention à lui, de se préserver. En fait, il avait mis le doigt sur le problème exact du jeune homme. Ce n’était pas qu’il voulait mourir, à proprement parler, cette époque était révolue. Mais qu’il mange les pissenlits par la racine, ou qu’il soit bien vivant… Est-ce que ça avait vraiment de l’importance ? Est-ce qu’il laissait sur cette terre une marque suffisamment importante pour que quelqu’un remarque sa disparition ? Il pensait sincèrement que ce n’était pas le cas. Bien sûr, Holly, Lust, Aedan… Probablement d’autres, se rendraient compte de son absence, au bout d’un moment. Mais ils tourneraient la page. Il n’était pas assez substantiel pour faire une réelle différence.

-Croyez-moi que mon père ne m’aurait pas fait la leçon non plus, siffla-t-il entre ses dents, plus pour lui-même que pour Shawn.

C’était si vrai que ça en faisait mal. Humphrey Bowman aurait applaudi à deux mains la mort de son fils, surtout depuis sa trahison. Mais ce n’était pas ce qui le rendait si amer, après tout, il avait depuis bien longtemps enterré l’idée d’avoir une famille aimante, qui le soutiendrait lors des épreuves de sa vie. C’était surtout le fait d’avoir été pris la main dans le sac. Comment est-ce que le médicomage pouvait à ce point comprendre ce qu’il traversait ? Il avait l’impression d’être sondé, psychanalysé, alors qu’au final, il n’avait rien dit d’extraordinaire. Peut-être était-ce le ton dans sa voix, sa position, son regard. Peut-être un peu tout à la fois.

Et voilà qu’il se mettait à évoquer le sujet qui fâchait. Cette fameuse nuit. Cette altercation dans son bureau, ces ébats qui avaient des relents d’insidieuse obscénité. Ce n’était pas la violence qui l’avait le plus marqué, c’était ça le pire. S’il pouvait encore sentir, sous ses doigts, l’endroit où Caleb l’avait saisi par les hanches lorsqu’il s’enfonçait en lui, se doutant qu’un bleu ornait sa peau délicate, Finn avait été bien plus heurté par la sensation de sa main sur ses cicatrices. La douceur dont il avait fait preuve après ses insultes, la façon qu’il avait eu de l’honorer de ses attentions alors qu’il ne lui avait promis rien d’autre que de le traiter comme la plus sale des putains. L’espoir brisé, c’était bien pire que n’importe quel coup porté au visage.

Mais l’avouer, ça serait rendre la chose trop douloureusement réelle. Alors, vite, il fallait changer de sujet, faire diversion. Passant du vouvoiement au tutoiement inconsciemment, car après tout, l’impertinence restait une de ses marques de fabrique, il questionna Shawn, d’une voix sonore, ignorant ses dires précédents.

-C’est toi qui m’a emmené ici ? Ça fait combien de temps que je suis inconscient ? »

C’était une pirouette un peu facile, il fallait bien l’avouer, mais elle avait le mérité d’exister. Finn ne se doutait pas un seul instant de ce à quoi pouvait réellement penser le médicomage, qui était simplement de bonne volonté. Il essayait simplement de protéger son esprit, déjà bien trop meurtri par le poids des souvenirs.
code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 917 WORDS.



Tame my hunger, Numb my skin
In the crowd alone, and every second passing reminds me I’m not whole. Bright lights and city sounds are ringing like a drone, unknown. Oh, glazed eyes, empty hearts, buying happy from shopping carts. Nothing but time to kill, sipping life from bottles.
Shawn Faradayavatar
• Professeur •
En ligne
http://www.catharsis-rpg.com/t1994-shawn-faraday-the-leaves-are-Messages : 102 Points : 322
Pseudo : Magneion
Avatar : Tom Hardy
Crédits : AvengedinChains
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Les Salines
Patronus: Un ours
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Got the life [Finn / Shawn] | Jeu 6 Sep - 18:09


Got the life
Finn & Shawn

« Never did I want to be here again and I don't remember why I came» Voodoo - Godsmack
Shawn n’était pas sûr d’apprécier qu’on qualifie son fils adoré de « gamin dépenaillé », mais l’irrévérence de Finn était encore une bonne nouvelle. Il était assez en forme pour balancer des piques, c’était déjà ça. Il fallait quand même un minimum de cerveau pour avoir de bonnes répliques. Avoir de l’esprit, ça ne venait pas de nulle part. Bref, cela fit sourire le médicomage, qui ne s’en départit pas pour répondre à sa question :

— Ça dépend, y avait un Grapcorne à l’Atlantease ?

La bouche de Shawn s’étira légèrement d’un côté, avant de laisser son sourire s’effacer. Son regard bienveillant demeura, alors qu’il cherchait à communiquer avec Finn. Réellement cette fois, au-delà d’une simple interaction superficielle. L’homme allongé dans le lit devant lui avait vécu des choses terribles pour en arriver là, et il ne l’ignorait pas. Pas plus qu’il ignorait les risques qu’il avait pris en consommant autant… Pour avoir été à sa place ou presque, Shawn savait que les leçons de morale n’étaient que contre-productives. S’il suffisait de dire ‘ouh là, la drogue c’est mal’, on aurait pas tant de camés dans les hôpitaux.

Il ne savait pas trop comment prendre cette histoire de père, cela dit. Ne lui aurait-il pas fait la leçon parce qu’il en avait rien à foutre, qu’il n’était pas mieux, ou… ? Perplexe, Shawn tenta d’en montrer le moins possible. Au pire, ils y reviendraient plus tard. Il y avait un autre détail (qui n’en était pas un) qui méritait leur attention… Restait à savoir comment Shawn allait s’y prendre pour amener le sujet. Sa première tentative fut un échec, déjà, car Finn éluda sa question. Non, en fait, il se contenta de ne pas y répondre, sans même faire semblant de noyer le poisson. Si ça ce n’était pas un aveu qu’il y avait anguille sous roche ! Shawn n’allait pourtant pas le lui faire remarquer, il n’était pas brutal à ce point-là. À la place, il fit comme si de rien n’était, et répondit aux interrogations de Finn. Lui n’avait rien à éluder, après tout.

— Oui. Je t’ai trouvé à l’extérieur de l’Atlantease, samedi soir. Enfin, dimanche matin… On est lundi, en fin d’après-midi.

Ce genre de détails prenaient vite toute leur importance quand on se réveillait d’un coma et qu’on n’avait plus du tout la notion du temps. Là aussi, Shawn laissait parler son expérience. À vrai dire, Finn était plus un miroir qu’un voisin désormais, tant il semblait lui faire écho. Et si Shawn avait réussi à s’en sortir, il n’y avait pas de raison pour que Finn sombre, lui.

— Je me doute que t’aies pas envie de parler de cette soirée, mais… Disons que si tu veux porter plainte, on a des preuves.

Et merde, c’était pas subtil ça. Shawn s’en voulut au moment même où les mots étaient sortis de sa bouche : sa manière de s’exprimer, c’était bien un des trucs qu’il avait toujours eu du mal à travailler en tant que personnel soignant. Consterné par lui-même, il soupira et se prit l’arête du nez entre le pouce et l’index.

— Excuse-moi, c’était pas très fin de ma part.

N’empêche que ce qui s’était passé était grave, quoi que Finn en dise, alors Shawn était prêt à l’aider, quand bien même son voisin ignorait qu’il avait besoin de cette aide. Ouais, il était protecteur à ce point-là. Et puis, bon, c’était un peu personnel aussi toute cette histoire.
(c) DΛNDELION


«Run into a new maze, open up your minds and soon we'll all be drop dead cynical»
FLORISSONE
Finn W. Bowmanavatar
• Sorcier •
http://www.catharsis-rpg.com/t708-finn-w-bowman-keep-my-gMessages : 1776 Points : 170
Pseudo : Flow
Avatar : Herman Tømmeraas
Crédits : mon talent immense
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Les Salines
Patronus: un Mustang
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Got the life [Finn / Shawn] | Ven 14 Sep - 1:59
Got the life

- Finn W. Bowman — Shawn Faraday -


"When you try your best but you don't succeed, when you get what you want but not what you need, when you feel so tired but you can't sleep, stuck in reverse." Fix you - Coldplay
Il n’y a pas de pire ennemi que soi-même. Pour Finn, cet adage avait des échos si amers qu’il en devenait insupportable : la raison étant, qu’outre sa prise de drogue et son train de vie tout sauf sain, le plus éreintant dans sa misérable existence était le simple fait qu’il soit constamment, en tout temps, sur la défensive. Etait-ce si étonnant, quand on avait été élevé par quelqu’un comme Humphrey Bowman ? Il avait appris à ses dépends à ne faire confiance à personne, à toujours cacher ce qu’il ressentait, à l’intérieur, sous un masque d’irrévérente indifférence. Ça avait été une question de survie, pour conserver une santé mentale suffisamment stable et ne pas finir totalement cinglé. Encore aujourd’hui, il n’était pas vraiment sûr d’avoir atteint son but.

Dans la petite chambre d’hôpital, où les murs blancs résonnaient des multiples conversations qui régnaient en ces lieux, et les lumières blafardes des néons fanés créaient autant d’ombre que de clarté, il était difficile de démêler le vrai du faux. C’était représentatif de sa vie. Et Shawn était là, au milieu de ce chaos, une présence calme, reposante. Il semblait lire en lui : et ça terrifiait le jeune homme, qui n’avait jamais rien connu d’autre que la caverne de Platon. Une petite voix dans sa tête disait qu’il pouvait faire confiance au médicomage, que la lueur dans ses yeux n’était pas de la condescendance ou pire, de la pitié, mais bel et bien une main tendue. Un espoir. Mais pourrait-il supporter d’avoir, encore une fois, les os brisés ? S’il valait mieux vivre avec des remords, qu’avec des regrets, il était ardu de trouver même une brève lueur au bout du tunnel, lorsque le sol était pavé de ses propres mauvaises décisions. Alors il continuait, le Bowman, à aboyer plutôt qu’à mordre, et à se morfondre dans ses propres remarques empreintes d’un cynisme plus mordant que le froid de l’hiver.

« -J’y songerai, pour la prochaine soirée à thème, dit-il d’un ton faussement humoristique. Je suis sûr qu’un animal avec une corne pareille fera fureur dans les backrooms.

Sa jambe s’agita sous son drap, dans un spasme inconscient, reliquat de sa blessure lors de l’attentat de la coupe d’Europe. Son corps se rebellait alors qu’il essayait de prétendre que tout allait bien, le traitre. Sa tête lui faisait toujours autant souffrir, et les mots de Shawn s’entremêlaient dans les volutes de fumée qui constituait son esprit meurtri. Ainsi donc, il avait passé plus d’une journée entière dans cette chambre austère : à part ses employés qui avaient du se demander où il était passé pour l’ouverture, il savait pertinemment que personne n’avait remarqué son absence. Il ne comptait pas, après tout.

Finn se contenta donc d’hocher la tête, songeur. Et il se serait parfaitement contenté du silence si seulement le plus âgé n'avait pas décidé de continuer sur le sujet qu’il ne voulait surtout pas aborder. Oh, il croit que… Compréhensible, en fait. Il savait pertinemment que ses hanches étaient marquées à l’endroit où Caleb l’avait tenu, qu’ils avaient du retrouver les preuves les plus primaires de la jouissance de l’homme en lui. Le cuisinier était-il d’ailleurs inconscient, de le pénétrer sans protection ? N’avait-il pas peur d’être souillé par quelqu’un comme lui ? Finn était très prudent, et il le fallait, avec le train de vie qu’il menait, mais plus que la maladie, quelqu’un comme Caleb était bien trop noble pour toucher la peau nue d’un être tel que lui. S’il s’était adonné à ses plus bas instincts, ce n’était qu’une incartade, un caillou sur sa route. Un vilain petit secret.

Il fallait démentir, bien sûr. Le patron de l’Atlantease avait envie de tout, sauf de se faire interroger par un policier zélé désireux de mettre les détraqués sexuels derrière les barreaux : mais avouer qu’il était consentant, c’était aussi révéler son statut de dégénéré, de déviant qui ne valait rien de mieux qu’un coup rapide contre un mur. Finn n’avait pas honte de son orientation sexuelle, ou même, de sa passion pour les actes charnels : mais ce qu’il avait fait avec Caleb n’avait rien de sensuel. Il avait joui, bien sûr, et s’il avait l’occasion de recommencer cette soirée à son début, il aurait tout fait pour se retrouver dans ce bureau, dans la même position (à la différence près qu’il aurait tout fait pour conserver son tee-shirt, pour que Caleb ne touche pas ses cicatrices de ses doigts bien trop propres pour lui), mais n’importe qui avec un peu d’estime de soi se serait enfui en courant. Ce n’était pas son cas.

Il plongea son regard dans celui de Shawn. Pour la première fois depuis son réveil, il cherchait ses mots. C’était étrange, pour quelqu’un avec autant de verve que lui.

-Je… Non, pas besoin de flicaille. J’étais… d’accord ? Il secoua la tête, se rendant compte que son ton interrogatif pouvait faire lever plus d’un sourcil. Ouais, j’étais d’accord, je le suis toujours de toute façon.

Un petit silence. C’était la pure vérité, il en avait conscience, mais ça ne voulait pas dire que ce n’était pas douloureux à avouer. Et puis, sa prochaine question lui échappa, alors que son doigt glissait contre le montant froid du lit d’hôpital, pensif.  

-Ça vous est déjà arrivé de vous demander à quel moment dans votre vie, tout est allé de travers ? Si vous auriez pu éviter toutes les merdes qui vous sont tombées sur la gueule, en faisant preuve d’un meilleur jugement, ou juste… en étant simplement une meilleure personne ?

Il était fatigué, preuve étant qu’en meilleur état, sans qu’il ne vienne juste de se réveiller d’un coma, il n’aurait jamais prononcé à voix haute ces quelques mots. Ce n’était pas la première fois qu’il se posait ce genre de questions : chaque fois qu’il se trouvait un moment seul, ces questionnements tournaient et retournaient dans sa tête, sans qu’il parvienne à les faire taire. Une petite quinte de toux : lorsqu’il porta la main à sa bouche, il vit que son nez s’était mis à saigner. Putain, je suis vraiment une loque.

-Pardon doc’, je crois que je divague. La douleur, tout ça… Vous avez un mouchoir, et un truc pour m’assommer assez pour que je sente plus rien, et que je dise plus autant de conneries que je respire, par la même occasion ? » demanda-t-il en mettant sa tête en arrière.
code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 1070 WORDS.



Tame my hunger, Numb my skin
In the crowd alone, and every second passing reminds me I’m not whole. Bright lights and city sounds are ringing like a drone, unknown. Oh, glazed eyes, empty hearts, buying happy from shopping carts. Nothing but time to kill, sipping life from bottles.
Shawn Faradayavatar
• Professeur •
En ligne
http://www.catharsis-rpg.com/t1994-shawn-faraday-the-leaves-are-Messages : 102 Points : 322
Pseudo : Magneion
Avatar : Tom Hardy
Crédits : AvengedinChains
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Les Salines
Patronus: Un ours
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Got the life [Finn / Shawn] | Ven 14 Sep - 14:16


Got the life
Finn & Shawn

« Never did I want to be here again and I don't remember why I came» Voodoo - Godsmack
Le jeune homme avait encore un bon sens de l’humour, pour la situation dans laquelle il se trouvait. Disons qu’à sa place, Shawn n’aurait sûrement pas fait le malin. Il ne répondit pas à la plaisanterie du Grapcorne, qui lui arracha tout de même un sourire. Peut-être que de sortir une telle allusion après ce qui lui était arrivé était une manière d’appréhender les événements ? Shawn ne jugeait pas, mais il se disait qu’il fallait bien aborder le sujet qui fâchait quoi qu’il arrive. Il était toujours possible d’entamer des poursuites sans l’accord de la victime, mais ce serait sûrement vu comme une trahison de plus venue du corps médical. Shawn hésitait encore.

Surtout que Finn lui disait qu’il était d’accord. Enfin, il n’en était pas sûr lui-même, ce qui n’était pas vraiment un bon signe, pas plus que ce qu’il ajouta ensuite. Les sourcils broussailleux de Shawn se froncèrent alors qu’il s’interrogeait.

— Si on est toujours d’accord, ça ne veut pas plutôt dire qu’on ne l’est jamais vraiment ?

Il y avait toujours des moments qui n’étaient pas les bons, et les changements d’avis ça arrivait aussi. Alors il y avait deux solutions à ce problème : soit Finn se mentait à lui-même en pensant qu’il était vraiment toujours d’accord ; soit il était réellement toujours d’accord et ça ne faisait que déplacer le problème qu’il avait avec le sexe. S’il était déjà accro à la cocaïne, il n’était pas exclu que l’endorphine fasse elle aussi partie de l’équation.

Shawn y réfléchissait alors que la voix de Finn s’éleva à nouveau, cette fois pour lui poser des questions existentielles. C’était un peu péjoratif de les présenter comme ça, songea-t-il. Il n’y avait rien de mal à s’arrêter pour se demander ce qu’on foutait là. C’était juste compliqué à gérer parfois, parce qu’il n’y avait bien que les gens paumés dans leur vie qui demandaient leur chemin. Là aussi, Shawn en savait bien plus que Finn pouvait l’imaginer.

— Ouais. Et puis je me suis rendu compte que le temps s’arrêtait pas, et qu’il était jamais trop tard pour changer.

La parenthèse sérieuse de Finn se referma bien vite, ponctuée par un saignement nasal que Shawn se pressa de gérer. Debout, il cherchait des yeux un employé du centre pour qu’il amène de la gaze ou du coton. Et toujours ce refrain plein d’autodérision et de sarcasme :

— Oh non, je vais pas t’assommer, pas maintenant que tu dis des trucs intéressants. Mets pas ta tête en arrière.

À choisir entre un peu de sang sur les draps ou un caillot, il valait quand même mieux prendre la première solution, non ?
(c) DΛNDELION


«Run into a new maze, open up your minds and soon we'll all be drop dead cynical»
FLORISSONE
Finn W. Bowmanavatar
• Sorcier •
http://www.catharsis-rpg.com/t708-finn-w-bowman-keep-my-gMessages : 1776 Points : 170
Pseudo : Flow
Avatar : Herman Tømmeraas
Crédits : mon talent immense
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Les Salines
Patronus: un Mustang
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Got the life [Finn / Shawn] | Mar 18 Sep - 11:25
Got the life

- Finn W. Bowman — Shawn Faraday -


"When you try your best but you don't succeed, when you get what you want but not what you need, when you feel so tired but you can't sleep, stuck in reverse." Fix you - Coldplay
C’était un fait connu, dans les milieux les plus underground d’Atlantis, et qui était également valable, à l’époque, lorsqu’il habitait à Londres, que Finn Bowman était l’homme que vous cherchiez si vous vouliez passer du bon temps. Pour peu que vous correspondiez à ses critères minimums, vous pouviez disposer de son corps comme bon vous semblait, ou bien, à l’inverse, vous faire utiliser par le bonhomme : toujours partant, toujours prêt, toujours enthousiaste. C’était vrai, quelque part. Le jeune homme ne disait jamais non, même, en redemandait : ça ne voulait pas dire qu’il voulait réellement chevaucher tous ces corps, se donner sans vergogne à ces inconnus. Finn était seul, désespérément seul. Dans une foule, au milieu des danseurs, même dans des orgies auxquelles il participait volontiers : la solitude lui pesait tellement qu’elle menaçait constamment de l’étouffer, et les étreintes étaient un moyen comme un autre de maintenir l’illusion de compagnie. Il se mentait à lui-même, en se disant que le sexe sans importance apaisait le vide dans son cœur. Au contraire, petit à petit, il creusait une tranchée de plus en plus importante entre lui et les autres, se dégoûtant de par ses actions, ne révérant rien d’autre chez lui que ses muscles sculptés et sa gueule d’ange. Il sombrait, et il ne pouvait blâmer personne d’autre que lui-même : car si l’instigateur de sa misère avait été son père, bien sûr, lui seul pouvait se sortir la tête de l’eau. Je n’ai besoin de rien ni personne, se disait-il. Et de toute façon, même si je tendais la main, personne ne la rattraperait. Ainsi, il préférait abandonner plutôt qu’échouer, et continuait, inlassablement, à retomber dans ses travers.

Alors, que répondre à Shawn alors qu’il mettait sous la lumière les œillères qu’il avait lui-même apposé tout contre ses yeux ? La vérité serait bien trop putride, et de toute façon, ses réflexes étaient bien trop inconscients pour pouvoir être exposés à voix haute. Après quelques instants d’introspection, sans réellement parvenir à un consensus, il releva le menton, impérial, comme un gamin qu’on aurait accusé d’une faute dont il venait de se vanter, auprès de ses petits camarades. Articulant ses mots, plantant ses yeux dans celui du médicomage, il prit le ton qu’Humphrey Bowman utilisait pour parler à ses inférieurs hiérarchiques. Son mépris était plus faux encore que son attitude, mais c’était tout ce qu’il avait jamais connu pour pouvoir se protéger : et Shawn touchait du doigt une vérité bien trop effrayante pour qu’il la laisse passer.

« -J’ai dis que j’étais d’accord, docteur. Vous voulez que je vous mente, vous dire que je me suis fais violer comme la plus innocente des oies blanches ? Non, je me suis fais baiser contre un bureau, j’ai aimé ça, et c’est tout.

Il lui crachait au visage, pratiquement. Une proie aculée se met à mordre, après tout. Et s’il avait été en meilleur état, probablement qu’il se serait levé pour se rapprocher tout contre son voisin, le dominant de sa haute stature, bien qu’il ne soit qu’un faible amas d’os face à Shawn. Un roquet aboie plus fort qu’un chien de garde, c’est la plus élémentaire des vérités.

Heureusement que son saignement de nez offrit une diversion suffisamment importante pour que les tremblements qu’il sentait dans le bout de ses doigts ne s’apaisent. Alors qu’il remettait sa tête droite, écoutant les conseils du médicomage, il repensait à l’extrait de vérité que venait de lui délivrer Shawn. Changer… Etait-ce vraiment possible, après toutes ces années où il s’était créé quantité d’ennemis pour une poignée d’amis, toutes ces nuits durant lesquelles il s’était vautré dans une débauche forcée, pour oublier les voix dégoutées qui hantaient son esprit ? Non. C’était peut-être vrai pour les autres, mais certainement pas pour lui. Ce n’était pas qu’il était spécial : c’était qu’il ne méritait pas de rédemption.

-Encore faut-il pouvoir changer, plus que le vouloir. Je pense que y’a des gens… Quoi qu’il puisse se passer, ça restera des raclures, d’autres, des saints, et bien sûr, y’a tous ces gars, au milieu, qui essayent de se faire une place dans ce monde, jonglant avec la frontière de la moralité. Et j’ai bien trop conscience de ma position pour savoir que, si je croyais à ces conneries, j’irai brûler en enfer… Sa voix était dépitée, comme s’il se rendait compte de la vacuité de l’existence alors qu’il l’avait contemplé bien des fois. Pour la suite, par contre, il se fit plus sombre, comme s’il se parlait à lui-même, plutôt qu’à son voisin. Le temps ne s’arrête pas, ça, ouais, c’est pas faux. Ça ne veut pas dire qu’on ne peut pas tout arrêter soi-même…

Son regard glissa sur son poignet, par automatisme. Putain, ils lui avaient enlevé sa montre. C’était logique, normal, mais il haïssait regarder dans les yeux la preuve de sa lâcheté. Shawn était un bien meilleur homme que lui, s’il avait réussi à dépasser ses erreurs et à se métamorphoser suffisamment pour pouvoir se regarder dans la glace tous les matins. Lui faisait l’autruche, en attendant d’avoir le courage de mettre fin à son calvaire, une bonne fois pour toute : peu importe les projets qu’il faisait, les rencontres qu’il faisait, il revenait toujours à cet instant où il avait bien failli réussir à s’ôter la vie. Au frisson qu’il avait ressenti en croyant qu’enfin, tout allait s’arrêter.

-Vous avez pas vu ma montre ? Elle vaut une petite fortune, alors si une infirmière a décidé de se faire un petit extra en la revendant, je vous promets que je vais coller un procès à l’hôpital. »

Insupportable garnement. Le moment où il devenait un tant soit peu réel, il faisait trois pas en arrière, artiste de rue dans un monde qui n’acceptait pas les visions différentes. Il n’était pas à sa place, et ne le serait pas, tant qu’il accepterait pas un peu d’aide : si seulement il en était capable, bien sûr.
code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 992 WORDS.



Tame my hunger, Numb my skin
In the crowd alone, and every second passing reminds me I’m not whole. Bright lights and city sounds are ringing like a drone, unknown. Oh, glazed eyes, empty hearts, buying happy from shopping carts. Nothing but time to kill, sipping life from bottles.
Shawn Faradayavatar
• Professeur •
En ligne
http://www.catharsis-rpg.com/t1994-shawn-faraday-the-leaves-are-Messages : 102 Points : 322
Pseudo : Magneion
Avatar : Tom Hardy
Crédits : AvengedinChains
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Les Salines
Patronus: Un ours
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Got the life [Finn / Shawn] | Dim 23 Sep - 8:33


Got the life
Finn & Shawn

« Never did I want to be here again and I don't remember why I came» Voodoo - Godsmack
Si le médicomage était effectivement surpris de voir Finn réagir aussi violemment à sa remarque, il n’en montra absolument rien. Il restait impassible, neutre, face à la tentative désespérée du jeune homme de sauver les meubles, et au passage, son propre ego déjà meurtri. Jamais Shawn n’avait sous-entendu que Finn était une oie blanche, mais si ça lui faisait plaisir de penser ainsi, qu’il y aille… Malgré ce qu’on pouvait penser, être une victime ne voulait pas dire être irréprochable. Ce n’était pas une condition préalable requise. Pas plus que le fait de se faire prendre contre un bureau.

Enfin, c’était pas la première fois que Shawn se faisait cracher à la gueule ou envoyer paître, il allait survivre. Il comprenait la colère et la frustration de Finn, et ce même s’il ne l’avait pas vécue, ou alors différemment. Avoir un caractère de merde ne vous rayait pas non plus de la liste des gens qui méritaient d’être sauvés : alors oui, il y avait des gens qui ne changeaient jamais, bien souvent parce que leur situation les arrangeait, ce qui n’était pas le cas de Finn. Il suffisait de voir dans quel était il se mettait alors que Shawn ne faisait qu’évoquer le sujet.

— Oh, j’ai jamais dit qu’il fallait absolument tout faire tout seul. Généralement, le premier pas, c’est le plus dur, c’est de se dire qu’on a peut-être besoin de quelqu’un d’autre.

Le regard de Finn s’était décalé, ses yeux se posant par réflexe sur son poignet. Shawn n’avait même pas besoin d’y baisser les siens pour savoir ce qu’il allait y trouver. Les malheurs n’arrivaient jamais seuls, et ça n’étonnait pas le médicomage qu’il ait pu en arriver à de telles extrémités. Au moins était-il encore vivant, même si ça avait l’air de le désoler plus qu’autre chose.

La tirade matérialiste et aboyante revint, comme par réflexe, comme si c’était le seul bouclier que Finn savait lever en guise de défense. Cette fois, il arracha un sourire à Shawn, qui se leva et fit signe au patient de se calmer.

— T’as pas besoin de sortir les menaces, je vais voir ça. Elle doit sûrement être avec le reste de tes affaires.

Shawn entreprit alors passer en revue les tiroirs de la table de chevet, et aussi l’armoire : c’est là qu’il trouva l’objet, posé sur un pantalon de cuir et un t-shirt pliés à la hâte. Ce qu’il portait ce soir-là, selon toute évidence. Sans s’y attarder, Shawn tendit la montre à Finn :

— Je suppose que tu ne veux pas de mon aide pour la remettre ?

C’était rhétorique à ce niveau-là. Pour avoir réclamé le bijou avec autant de véhémence, Finn ne voulait sûrement pas qu’on voie ce qu’il y avait dessous. Même quand il s’agissait d’un médicomage comme son voisin.
(c) DΛNDELION


«Run into a new maze, open up your minds and soon we'll all be drop dead cynical»
FLORISSONE
Contenu sponsorisé
• Plus d'informations •
Sujet: Re: Got the life [Finn / Shawn] | 
Got the life [Finn / Shawn]
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» 01. life is beautiful ? …Maybe ! Pv. Finn
» — bring me to life
» Life in UCLA
» 06. My life would suck without you (part II)
» "Life is a ticket to the greatest show on earth."
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sauter vers: