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A Tale of Muggles and Wizards
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 I Think We're Alone Now | Vassili

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Maggie S. ThompsonMaggie S. Thompson
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MessageSujet: I Think We're Alone Now | Vassili   I Think We're Alone Now | Vassili EmptyLun 13 Aoû - 0:24

Pun- hopopop Maggie : qu'est-ce qu'on a dit déjà ? on essaie de surveiller son langage, même en pensée. T'imagines c'que doit penser l'Auror qui t'épie toutes les nuits ? Maggie lève le nez de l'essai qu'elle consulte et se frotte les yeux. La jeune femme se laisse aller dans son fauteuil – une chaise avec un coussin dans le dos – et fixe sans le voir le plafond. Elle pousse un long soupir. Punaise, tu commences vraiment à déconner, ma vieille. Croire aux thèses complotistes d'un mage anti-communiste, américain qui plus est, ça va plus du tout, toi. Un sourire se dessine sur ses lèvres. Tu m'étonnes qu'personne ait jugé bon d'rééditer ce machin. Comment ça s'fait qu'l'UPA en ait un exemplaire d'ailleurs ? ... 'Fin, c'est pas 'vec ça que j'vais finir mon exposé. J'espère qu'Parvati a trouvé plus de trucs. J'la vois quand déjà ? ... Ouais, j'ai encore une semaine, quoi. D'ici-là, 'y a moyen quand même que j'tombe sur aut' chose que des critiques politiques à peine déguisées en arguments pseudo-scientifiques... Allez, j'arrête pour c'soir ! Maggie glisse un crayon comme un marque-page dans l'essai, rassemble ses feuilles de notes et les empile sur le livre. Elle repousse ensuite sa chaise, se lève et s'étire en baillant. On entend son ventre gargouiller.
Punaise ! J'avais oublié ça, tiens ! J'ai rien mangé c'soir ! La sorcière saute sur son lit pour attraper son réveil. Ah ouais, minuit quand même. 'Doit plus y avoir grand-monde à la cuisine à c'te heure-là, j'vais pouvoir faire ma tambouille sans qu'personne s'sente obligé d'me parler. Au sol après s'être laissé tomber du lit, Maggie se relève et tend la main pour ouvrir son placard à nourriture. Eh beh, l'est temps qu'j'aille faire des courses. Il ne reste dans le placard qu'un seul paquet de pâtes, déjà ouvert. 'Doit m'rester du beurre et du fromage dans l'frigo, ça f'ra l'affaire pour c'soir. D'main par cont', 'faut absolument qu'j'aille faire le plein, c'est pas possib' sinon. Punaise, Maggie, 'y a du laisser-aller là...!
Son paquet de farfalles à la main, la jeune femme sort de sa chambre.
— Get off the phone / There's noboooody ho-o-ome... elle fredonne. Get off the phone / 'Cause I don't want you ! / 'Cause I don't want you !
Arrivée à la cuisine, Maggie sort sa baguette et, d'un mouvement du poignet, lance comme une luciole bleue la lumière qui perlait à son bout. Celle-ci s'en va se loger tout au fond de la pièce, juste au-dessus des plaques de cuisson. Avant de se diriger vers elles cependant, la sorcière tout de noir vêtue fait un crochet par l'évier. Elle pousse un long soupir.
— Punaise...
... les gens, vous pouvez pas faire un effort genre, juste une fois ? Non, c'est trop d'demander d'faire ta vaisselle quand t'as fini d'bouffer ? Punaise, 'fait chier quoi, les casseroles, c'est pour tout l'monde ! J'parie qu'en plus t'as des Sang-pur qui connaissent les sorts pour récurer les poêles sans s'brûler les mains ni fout' du détergent dans les égouts...! Maggie saisit une casserole par le manche et l'inspecte du mieux qu'elle peut dans la pénombre. Bon, ça va, c'est pas trop sale encore, j'devrais pouvoir m'en contenter. Mais quand même punaise...
Maggie remplit d'eau la casserole puis se dirige vers les plaques de cuisson. Ainsi qu'elle a toujours vu ses parents faire – et plus souvent sa mère que son père à vrai dire –, elle tourne la molette jusqu'à ce que des flammèches bleues apparaissent au niveau d'une des deux plaques moyennes. Là, elle pose ensuite sa casserole et s'éloigne à la recherche du sel. Pestant encore contre les étudiants incapables de ranger les choses à leur place, Maggie s'immobilise soudain.
C'était quoi ça ? ... Un... Deux... Trois... Ouais, rien sans doute. Minuit ma vieille, t'as toujours pas bouffé : normal qu'ton cerveau commence à déconner, t'es juste fatiguée. Allez, on s'reprend, le sel. Où c'est-y qu'ils l'ont foutu, ces connards ? Elle s'arrête à nouveau. Là, j'ai pas rêvé, 'y a eu que'qu' chose, 'y a eu un bruit. Dégainant sa baguette qu'elle avait glissée dans la poche arrière de son jean, Maggie avance d'un pas mal assuré vers la porte.
— Eh ! 'y a quelqu'un ?
Punaise punaise punaise, faites que personne répond' punaise. Ça s'trouve c'est des Aurors, pire, le MACUSA. Punaise, mais qu'est-ce que j'raconte ? Qu'est-ce qu'ils en ont à fout' d'une meuf comme toi, Maggie ? 'Y a pas d'fantômes sur cette île, 'y avait qu'des Moldus avant nous, et les chât'lains sont tous morts dans leur lit. 'Puis merde, j'le saurais quand même si la résidence était hantée, j'y suis d'puis un an et d'mi. Punaise, on dirait des pas punaise. Qui c'est qui traîne dans l'couloir à minuit ? On est mardi, merde ! Tout l'monde dort à c'te heure-ci !
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MessageSujet: Re: I Think We're Alone Now | Vassili   I Think We're Alone Now | Vassili EmptyLun 24 Sep - 21:15

Le livre traînait par terre. Ses pages écrasées contre le sol, les feuillets repliés sur eux-mêmes, écornés. Une fine plissure d’usure courait le long de la tranche. Elle zigzaguait sous le titre de l’ouvrage, barrait le nom des auteurs à la façon d’une cicatrice encore récente, son relief déchirant les noirs caractères. Pas de visage, pas d’image, rien, rien d’autre que des mots, lancés sur la couverture, jetés sur son quatrième. Un pavé rébarbatif de plusieurs centaines de pages, sobre, imposant, n’ayant d’autre promesse que des paragraphes infinis de définitions, de rappels, de mise en contexte, d’études de cas, interminables préliminaires à une prise de position rapidement étouffée par l’absence d’audace.

Tout autour, les feuilles de notes s’éparpillaient en une vague auréole, parsemées de flèches, de traits, de paragraphes séparés par de vastes intervalles blancs, de précisions inscrites en marge, et encore quelques mots lancés entre deux lignes, comme un oubli rapidement corrigé. L’écriture était brouillonne, resserrée, vague ondulation noire entre les carreaux bleus du papier. De temps en temps, une lettre était corrigée à la hâte, vague tâche sombre qui brisait la ligne des mots. Parfois, entre ces paragraphes rédigés en anglais, une remarque plus personnelle se faufilait, en russe. L’écriture alors se resserrait, plus rapide, une hachure de vagues fines, colériques, qui de temps en temps se brisaient sur la courbe élégante d’un B flottant au vent. On distinguait la paresseuse prise de notes du commentaire acerbe, l’ennui de la lecture interrompu de temps en temps par quelques mots aigres, plus vivants, plus féroces que le ton docte de l’ouvrage.

Le stylo, lui, gisait en travers. Négligemment jeté avec le reste.

Il y avait deux chaussettes sales, aussi, sur le sol. Le livre, une vingtaine de feuilles éparpillées, et ces deux chaussettes noires, éclaircies de poussière, qui encadraient le tout. Ces ceux chaussettes qui, amorphes, encadraient toutes ces questions d’institutions internationales, de coopération magique et de justice d’arbitrage, sans trop y penser. Les guerres de doctrines et les exemples juridiques se mêlaient à l’odeur de pieds.

Vassili n’y prêtait pas attention.

Sa dissertation était presque finie de toute façon, abandonnée sur son lit, à côté de ses pieds nus. Il ne manquait qu’une conclusion, rien qu’une brève conclusion pour finir le tout, et il pourrait enfin se coucher, dormir, oublier tout ça avant une nouvelle journée de cours, une nouvelle journée d’ennui et de leçons insipides. Il lui fallait épiloguer sur ces arbitrages internationaux, épiloguer sur ces différents degrés de reconnaissance de la magie selon les pays, leurs conséquences sur le droit international, sur ces quelques cas de litiges à peine résolus. Sociétés mixtes et sociétés du secret, institutions intégrées ou institutions ségréguées, qu’est-ce qu’il en avait à foutre ? Il faut toujours plus d’institutions, encore, toujours plus, et tout résoudre par une stricte application d’un droit bien équilibré, expliquaient doctement les chercheurs. Mais dans quel monde vivaient-ils, bordel ? Ils ne voyaient la réalité qu’à travers leur paperasse et leur doctrine, qu’à travers la fine fente des articles de loi et des différents règlements. Un monde froid, glacé, un monde mort.

Au lieu du feu il n’y a que de la fumée.

Au lieu de la chaleur, seulement le froid.

Le cracmol avait glissé ses écouteurs dans ses oreilles, son baladeur CD posé sur ses jambes repliées.

Il avait besoin de respirer un peu. D’oublier toutes ces problématiques, de s’oublier un peu. Tout bourdonnait autour de lui. Il avait l’esprit trop pris par toutes ces conneries de droit, pollué par toutes ces problématiques, par tous les développements de sa dissertation, il voulait souffler maintenant. Ne pas penser aux différentes structures supranationales, ne pas penser à la journée qui s’annonçait déjà, dans quelques heures, après un petit déjeuner insipide et un café dégueulasse. Les tons monocordes des professeurs et les regards vicieux que se lançaient les étudiants, entre sangs-purs et moldus. L’atmosphère se faisait de plus en plus étouffante dans l’université, et lui le digérait de moins en moins. La moindre baguette tirée, et il se sentait menacé.

Il avait ses raisons.

Un autre jour de barré sur le calendrier.

Le soleil rougeoyant s’est entièrement consumé.

Le dos calé contre le mur, il balançait la tête, au rythme de la musique, les yeux fermés. Sa musique l’arrachait de l’île, le renvoyait loin du Royaume-Uni, loin de la haine qui pourrissait Manadh. Elle le ramenait chez lui. A la maison. A Piter. Comme si rien ne s’était passé, et que la vie continuait son cours, sur les bords de la Neva.

Et cette journée s’achève avec ça,

Et au-dessus de la ville étincelante, l’ombre va s’abattre.

Ce bon vieux rock soviétique. Des chansons d’un autre âge, d’une autre ère. Avant que tout ne s’effondre, autour d’eux. En Allemagne, le mur venait de tomber. Mais lui, lui était encore un sorcier alors. Il n’était pas encore un paria, un proscrit. On manifestait dans les rues, on parlait ouvertement d’histoire, et du goulag. On se ruait sur les débats de la Komsomolskaya Pravda, qui n’était pas encore un tabloïd. Les samzidats et tamizdats circulaient librement. Le drapeau rouge flottait toujours sur le Kremlin, et lui irait à Durmstrang à la prochaine rentrée. Il en était sûr. Les quais du métro étaient encore propres, à cette époque. Les vétérans d’Afghanistan ne mendiaient pas encore. De la fumée s’élevait des usines voisines. Le vieux monde se fissurait, mais personne ne le voyait encore, tous ne voulaient que respirer davantage la liberté naissante. Et Victor Tsoï, lui chantait cette soif de changement.

Nous voulons du changement.

Recroquevillé dans son lit, le son poussé au maximum, Vassili reprenait le refrain.

C’est la demande de nos cœurs,

Nous voulons du changement,

C’est la demande de nos yeux.

En chantant dans sa langue maternelle, il se sentait chez lui. Dans son monde. En paix. Ce n’était pas pour rien que les siens n’avaient qu’un seul mot pour ces deux termes.

Nous voulons du changement,

Et le changement va arriver.

Le Russe jeta un coup d’œil à sa montre. Bordel. Déjà minuit passé. ‘Chier. Avec cette dissertation, il n’avait pas encore bouffé. Et il se rendait compte à présent qu’il crevait de faim. Forcément, en pleine nuit. Il soupira, se redressa de son lit, son baladeur à la main.

Les cuisines communes de la résidence étudiante devait être désertes à cette heure-là. C’était là la seule chose positive. Il enfila ses chaussettes sales, piétinant ses feuilles de notes. Attrapa un paquet de pelmeni, un pot de crème fraiche. Il n’allait pas se casser la tête à cuisiner maintenant. De toute façon, il n’aimait guère s’attarder au-dessus d’une poêle, et encore moins rester dans les espaces communs. Moins il passait de temps avec les étudiants de la résidence, mieux il se portait. Et puis, habituellement, on le lui rendait bien. C’est à peine si on le saluait dans les couloirs de l’immeuble de briques flambant neuf.

Inondés de lumière, les couloirs de la résidence étaient vide, entièrement vides. Il n’y avait que lui, marchant sur le côté comme s’il craignait d’occuper trop d’espace, sa casserole à la main, avec toute sa nourriture dedans, les pointes de ses couverts qui en sortaient, tintaient doucement. A travers l’encadrement des portes, il pouvait voir quelles chambres étaient allumées, lesquelles étaient éteintes. Il passait devant sans ralentir, sans chercher à écouter le moindre signe de vie. Tsoï chantait toujours en creux de ses oreilles. Il balançait la tête au rythme des accords de guitare électrique, allongeait le pas presque en rythme, marmonnant les paroles quand il les connaissait. Au moins, personne ne pourrait le surprendre, là. Il était libre. Perdu quelque part entre ce couloir de cité universitaire, et sa patrie.

Cigarette à la main, du thé sur la table,

C’est comme ça que le cercle se referme,

Et soudain, nous sommes devenus effrayés de changer quoi que ce soit.

Il y avait quelqu’un dans la cuisine. A travers la porte entrebâillée se dessinait un long rai de lumière jaune. Le cracmol fronça les sourcils. C’était foutu pour pouvoir bouffer tranquille cette nuit-là. Alors que Kino entamait l’intro de la prochaine chanson – Voïna, sa rappelait-il – il retira ses écouteurs d’une main, s’approcha de la porte.

— Eh ! 'y a quelqu'un ?

On l’avait entendu, visiblement. Il haussa les sourcils. Ouais, personne n’a envie d’être dérangé à cette heure-là, il savait bien. Promis, il ne prendrait pas de place. Il n’y tenait pas franchement. Avec un soupir, il poussa la porte, sans prendre la peine de répondre.

Tout éclatait, la rue et le ciel, le mur et la rumeur, le corps et l’esprit. Tout se brisait en une multitude d’infimes éclats, et le moindre de ces morceaux était tordu, brûlé, percé, déchiré, broyé, écorché, une souffrance infinie, démultipliée et répétée jusque dans chaque atome de son être.

Par réflexe, Vassili s’était rejeté en arrière.

On le menaçait.

Il voyait cette pointe sombre tendue vers lui. La baguette pointée sur lui. Prête à frapper. Prête à lui lancer un sortilège, directement braquée sur sa poitrine.

On le menaçait.

Aveuglé par la lumière de la cuisine, il avait cru y voir l’éclat du sort qu’on lui jetait.

Et derrière la baguette, il avait cru le voir. Ses traits fins, ses cheveux longs. Sa mine arrogante. Un éclat de douleur passa à travers son esprit.

Tout qui éclatait brusquement, toute cette souffrance démultipliée, cette douleur, la Douleur.

Non, non, il ne se passait rien, rien du tout, mais déjà il s’imaginait son corps tordu, ses sens qui se dérobent sous le sortilège, mais non, rien de tout cela, Vassili, il n’y a rien… Rien que cette étudiante, là, devant toi, la vois-tu ? Tu la vois, Vassili ?

Non, je ne la vois pas.

Il n’y a que cette ruelle, les poubelles renversées, la haine, et le sortilège impardonnable. Il n’y a que lui, et la Douleur, Vassili. Et il y a cette baguette tendue vers moi. Cette baguette qui peut me briser, Vassili, cette baguette qui, d’un seul coup, peut tout briser, en une infinité d’éclats tranchants. Il n’y a que ça, Vassili, il n’y a plus de cuisine ni de couloir, il n’y a pas ce visage qui me scrute, la mine rebelle, ni l’eau qui boue, ni la lumière bleue du gaz. Il n’y a rien de tout ça. Rien d’autre que l’odeur des poubelles.

Et soudain, nous sommes devenus effrayés de changer quoi que ce soit.

Le cracmol avait rapidement repris ses esprits.

« Bordel. »

Cela n’avait duré que quelques fractions de seconde, rien de plus qu’un geste de recul, un air paniqué face à la baguette qui le menaçait. Sa mine restait défaite, comme si tout s’était effondré en lui. Mais non, il revenait à lui. Il ne s’était rien passé. Rien. Rien. Le sang-pur n’était pas là, il n’était pas dans cette maudite ruelle, affalé parmi les sacs poubelles, il était à l’abri, il était dans sa résidence, loin, bien loin d’Emrys.

« Bordel, mais range ta putain de baguette, crétine ! »

Il avait presque crié, sous le coup de la colère. Enfoirés de sorciers, enfoirés de sorciers. Tous ces idiots irresponsables qui n’hésitaient pas à braquer une arme sous le nez du premier venu, comme si ce n’était qu’un simple jouet. Comme si ce n’était qu’un simple morceau de bois, une simple brindille. Eux, si fiers de leurs pouvoirs, en oubliaient toute leur magie. Crétins irresponsables. Crétins irresponsables. D’un air peu amène, il fusilla du regard l’étudiante.

« Et laisse-moi passer que je puisse me faire à bouffer. »
Maggie S. ThompsonMaggie S. Thompson
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MessageSujet: Re: I Think We're Alone Now | Vassili   I Think We're Alone Now | Vassili EmptyDim 4 Nov - 23:05

— Bordel.
Pfffiou, c'est qu'un aut' étudiant. Un mec, mais rien qu'un étudiant.
— Bordel, mais range ta putain de baguette, crétine !
Okay, c'est pas un étudiant comme les aut' çui-là, 'vaut mieux pas l'faire chier. Maggie abaisse sa baguette, se redresse lentement puis glisse ce qui n'est au fond qu'un bout de bois taillé dans la poche arrière de son jean. 'Fin, "qu'un bout de bois taillé", c'est vite dit, quoi. L'a pas tort en face d's'inquiéter, 'y en a qui sont morts pour moins qu'ça – et j'parle pas juste des "accidents" qu'arrivent quand un Auror panique et suit pas à la lett' les consignes du Ministère. La jeune sorcière lève les bras et montre au nouvel arrivant ses mains ouvertes. Bon, j'en fais p'têt un peu trop mais on sait jam–
— Hey !
— Et laisse-moi passer que je puisse me faire à bouffer.
Sans ménagement, l'autre pousse Maggie sur le côté.
Punaise ! C'est bon, j'avais compris 'vec tes yeux, connard ! 'Sais pas c'qu'y m'retient d'lui dire à voix haute, punaise ! ... 'Fin, si, ses yeux justement, ses yeux qu'ont l'air d'me promett' la mort si j'm'approche n'serait-ce qu'à un mèt' de lui. Connard d'fasciste, 'suis sûre qu'il a la tête pleine de concepts en allemand. En attendant, qu'a t'plaise ou non, tu vas d'voir l'partager ton Lebensraum, et pas qu'un peu : l'eau commence qu'à peine à bouillir, 'y a pas d'sel, donc autant t'dire qu'j'vais pas m'barrer dans ma chambre 'vec mon assiette de pâtes dans la minute ! Le sel justement, c'est ça que j'cherchais quand tu m'as interrompue. Punaise quoi, tu pouvais pas faire comme les aut', bouffer avant, te coucher à minuit et m'laisser seule faire ma popote ? ... Oui, 'suis d'mauvaise foi ! Mais merde, quoi ! Il m'a foutu les j'tons c'type !
— T'as besoin de sel ?
Hein ? Quoi ? D'où tu m'parles ? Occupe-toi d'ta cuis–
— T'as besoin de sel ?! répète l'autre étudiant, légèrement exaspéré.
— O-Ouais, j'veux bien.
Sans plus parler, l'autre sale les deux casseroles d'eau bouillante. Il n'a pas jeté un seul coup d'œil à Maggie.
— 'Ci, murmure-t-elle entre ses dents.
L'étudiante se rapproche des plaques de cuisson, attrape son paquet de pâtes, verse ce qu'il en reste dans sa casserole. Elle écrase ensuite le carton, s'éloigne vers la poubelle.
Allez, plus qu'dix minutes et cette rencont' n'sera plus qu'un mauvais souv'nir. Dix minutes, punaise. Et j'ai même pas mon Discman, quoi... ça va êt' loooooooong.
... Punaise, n'empêche que j'avais tort sur tout la ligne : c'est pas un Nazi l'mec, et sans doute pas un gars du MACUSA ou des services secrets britanniques ; l'hypothèse la moins improbab', c'est qu'il soit du KGB en fait. Du KGB ou d'son équivalent chez les sorciers, quoi – encore qu'je doute qu'ça soit un sorcier. C'est vrai j'veux dire, tu flippes pas comme ça si t'as ta baguette et qu'tu sais un minimum t'en servir. 'Fin, d'façon plus générale, tu flippes pas comme ça... quoique. Non, c'est complètement con c'que j'pense là. J'en sais rien en vrai. J'sais pas c'que ça fait d'rien avoir sur soi pour s'défend'. J'sais pas c'que ça fait d'êt' à la merci du premier connard sang-pur qui passe et pète un câble. J'sais pas c'que ça fait d'êt' aussi vulnérab' qu'un Moldu. 'Près, tu m'diras, c'est pas comme d'êt' une meuf ou d'êt' noir : c'est pas écrit sur ta gueule que t'es moldu ; le Sang-Pur en question, 'faut qu'y t'connaisse un minimum avant d'te braquer. 'Fin, 'y a quand même que'qu' chose du même ordre j'imagine. Ouais, non, tu m'étonnes qu't'en as certains qui veulent des flingues pour tous les Moldus : c'est déjà c'qu'ont tous les sorciers dans la poche d'puis l'âge d'onze ans ! ... Punaise, mais merci mec d'me faire m'poser des questions à minuit passée ! Maintenant j'ai plus dormir, quoi, j'vais juste me sentir coupab' d'avoir des pouvoirs que t'as pas et d'justifier certaines des positions de Gloriam ! Et oui, JE SAIS qu'c'est rien d'se poser des questions comparé à la position qu't'occupes en tant qu'Moldu sans défense dans un monde de sorciers ! Mais toute façon, tu m'entends pas, j'te parle pas, 'suis juste à penser sans même remuer les lèvres. En plus, t'as ton casque sur les oreilles, toi. Veinard.
— T'écoutes quoi ?
Ouais, j'en ai marre là, 'reste encore cinq minutes et j'aime mieux risquer parler musique 'vec un Russe que d'me torturer l'esprit à penser qu'j'suis privilégiée malgré mon statut d'meuf et d'fille de prolos.
Vassili A. SterenkoVassili A. Sterenko
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MessageSujet: Re: I Think We're Alone Now | Vassili   I Think We're Alone Now | Vassili EmptyDim 30 Déc - 13:41

Il lui en voulait. Il lui en voulait, bien sûr ! Elle lui volait ce calme nocturne, l’isolement de la nuit. D’un seul coup, elle le renvoyait face à ses hantises, face à ses cauchemars. Une baguette n’est pas un jouet, bordel ! Qu’ils arrêtent de s’amuser avec, de les pointer sur le premier venu, comme si c’était un simple geste anodin…

Ce n’est pas anodin, de menacer quelqu’un avec une arme. Ce n’est pas rien, merde ! Qu’ils se fourrent cela dans le crâne !

Les moldus, comme ils disent, avaient intégré cela depuis longtemps, tout crétins qu’ils soient. Un étudiant ne braque pas un flingue sur la tempe d’un autre. En général. Dans les quartiers les moins dangereux, peut-être. Les Etats-Unis étaient un cas à part. Mais un étudiant ne fait pas ça. Il gueule. Il montre ses poings. Il insulte, il menace, éventuellement. Mais pas ça. Pas ça, bordel. On ne plaisante pas avec une arme.

Une résidence étudiante. On était dans une résidence étudiante, merde ! On ne se menace pas entre étudiants, avec une arme ! Une arme !

Et l’autre qui restait là, hébétée, face à lui, sa baguette dans son poing. Il la vit la rabaisser, doucement, comme si elle ne comprenait. Avec sa tête de rebelle, elle savait donc pas ouvrir sa gueule ? Elle gardait sa tête stupide, comme si ses menaces étaient parfaitement normales. Foutus sorciers. Tous des abrutis, irresponsables, dangereux. Ils prennent leurs pouvoirs à la légère. Et quand ce n’est pas le cas…

Elle avait rangé la baguette dans la poche arrière de son jean, mais lui s’en foutait, il gardait toujours en tête la pointe braquée sur lui, l’étudiante à la gueule mutine prête à lui jeter un sort. Elle avait eu peur, ouais, peut-être. Mais cela ne justifiait rien. Crétins d’étudiants, crétins de sorciers. D’un mouvement brusque, il s’avança vers les plaques chauffantes de la cuisine, bousculant au passage la sorcière.

« Et laisse-moi passer que je puisse me faire à bouffer. »

D’un seul coup, il avait perdu sa bonne humeur, son calme. Il voulait être seul. Se débarrasser de l’autre qui lui faisait face. Il ne voulait pas d’autres personnes dans les pattes. D’un geste brusque, il posa sa casserole sur la table de la cuisine. Le bruit métallique résonna un instant, dans le silence de la nuit. Il se retourna, par réflexe. Oh et puis tant pis s’il gênait d’autres étudiants. Qu’en avait-il à faire d’eux ? Ils n’avaient qu’à pas se coucher aussi tôt, et puis est-ce qu’ils se gênaient, eux, en général ?

Il jeta un regard en coin à l’autre étudiante, qui surveillait sa casserole d’eau. Il n’allait pas pouvoir se débarrasser d’elle comme ça. Elle tenait la pose, mi-décontractée, mi-rebelle. C’est ça. Joue la mutine. J’en ai connu des comme toi. Le blouson de cuir, les piercings, les tattoos, qui parlait fort en buvant leur bière. Que de la gueule. Des cqmés, tous. Tous les punks qu’il avait rencontré se piquaient. Des rebelles… des paumés ouais, qui fuyaient leurs peurs sous leurs mines révoltées, sous leurs gueules de réfractaires. Elle devait pas être bien différente des autres. Révoltée contre papa maman, contre la société, parce que t’assumes pas de te voir dans ton miroir. Des dénégérés, tous.

Le cracmol aussi les épaules, rajusta les écouteurs de son walkman. Allez. Il se détourna d’elle, pour aller à l’évier. De l’eau brûlante, la vapeur qui s’élève, dans la cuisine. Nan, pas cette chanson-là. Le chant du métal sous le robinet. Chanson suivante. Fermer le robinet. La casserole qui tangue, bercée par les mouvements de l’eau. Suivante. Le choc, léger, sur la plaque chauffante. Suivante. La puissance au maximum, et les gouttes tombées sur la fonte qui frissonnent, grésillent, s’évapore dans un chuintement douloureux. Suivante. Du sel. Suivante. Tiens. Celle-là.

Un soldat rentrait chez lui,
Il rencontre des gens, sur son passage.


A côté de lui, l’autre étudiante surveillait encore l’eau de sa casserole, l’air ennuyé. Ouais, désolé de t’infliger ma présence. Et pis si t’avais foutu du sel dedans, tu gagnerais déjà une minute ou deux. Il soupira.

« T’as besoin de sel ? »


"Eh les mecs, c’est qui votre mère ?"
Leur demande alors le soldat


L’étudiante se tournait vers lui, l’air bête, le regard vide. Il n’était pas tombé sur la plus intelligente du lot. Il soupira, répéta, articulant plus nettement, légèrement agacé :

« T’as besoin de sel ?! »

Tu parles d’une rebelle. Perdue face à sa casserole d’eau qui chauffe trop lentement. Elle balbutia ce qui devait être un oui. Sans même lui jeter un regard, Vassili lâcha une pincée de sel dans l’eau chaude. Allez tiens, tu seras débarrassée de moi plus rapidement. Et moi, de toi.

Notre mère c’est l’anarchie !
Notre père, un verre de vin.


Il s’était détourné de l’autre pour se poser à le fenêtre de la cuisine, regarder au dehors, dans la nuit d’Atlantis. Les rues étaient encore illuminées. Il les détestait. Même le charme de la nuit n’opérait pas, elles restaient désespérément froide, inhumaines de propreté, désespérément rectilignes, un travail si bien réalisé qu’il en perdait toute humanité. La violence de la modernité alliée au monde de la magie. Une terre de technocrates idéologues, de bien-pensants friqués. Le cracmol voulait juste foutre le bordel dedans. Y foutre le feu. Briser leur paix artificielle. Leur rêve artificiel. Briser ce monde d’artifices. Et il fredonnait le refrain de la chanson, la tête posée contre le verre froid de la fenêtre :

Notre mère, c’est l’anarchie !
Notre père, un verre de vin.


Mama Anarkhia…

Lui était bien plus un soldat qu’autre chose, lui aimait bien plus l’ordre qu’autre chose. Mais ici, tout ordre était aseptisé. Un ordre de tolérance, un ordre de mensonges. Il fallait faire semblant, encore et encore, ignorer la nature, ignorer la vie brute, pour respecter cet ordre. Le calme, le calme absurde et surréel, sorciers et moldus main dans la main, un tissu d’âneries, un tissu de conneries, qui repassait encore et encore, dans la langue de bois des journaux, des politiciens, de tous, tous se perdaient dans le mensonge et leur tolérance idiote… Lui n’était pas tolérant, lui devait se battre pour vivre, se battre pour exister, contre les autres, contre le mépris, contre la haine. Il n’avait pas le luxe d’être tolérant. Alors il fredonnait, en attendant de pouvoir bouffer ses pelmeni.

Ils portaient tous des blousons de cuir,
Et aucun d’entre eux n’était vraiment grand.
Le soldat veut les dépasser,
Mais ils lui bloquent le passage.


Notre mère c’est l’anarchie… Lui voulait seulement brûler l’île, pour restaurer l’ordre naturel.

« T’écoutes quoi ? »

Hein ?

Vassili retira son casque, se tourna vers l’étudiante. Elle le regardait, cette fois. Il lui fallut un instant pour comprendre ce qu’elle lui avait demandé. Il ne prêtait pas attention à elle, mais les paroles étaient malgré tout entrées dans son esprit, et y restaient, comme un écho.

« J’écoute quoi ? »

Il la regardait, un peu incrédule. Qu’est-ce que ça pouvait lui faire à elle ? Qu’elle s’occupe de ses affaires, qu’elle surveille son eau, et qu’elle le laisse tranquille. Est-ce qu’elle essayait de s’excuser, à sa manière, un peu maladroite ? A moins qu’il ne lui fasse peur. Qu’elle essaie de l’appâter. De le calmer, pour ne pas qu’il s’en prenne à elle. L’idée lui plaisait. C’est ça, écrase toi. Fausse rebelle. Ce n’est pas en te tondant le crâne que tu fais bouger les choses. Il faut une volonté et un flingue pour ça. Et ça, ça m’étonnerait que t’oses jamais en tenir, malgré ton air révolté. Mange tes pâtes en pleine nuit, c’est sûrement ce que tu feras e plus révolutionnaire.

« De toute façon tu connais pas. »

Il restait là, posé contre la fenêtre, regardant l’autre d’un air narquois. Il était plus calme à présent. Toujours aussi mauvais, certes, mais il n’était plus sur la défensive cette fois. Il ne se sentait plus agressé, plus menacé, les souvenirs de l’impasse s’étaient de nouveau évaporés, lovés au fond de sa cervelle, silencieux.

« C’est Victor Tsoï. Kino. Mère Anarchy. »


Face à lui, l’étudiante n’avait pas l’air de comprendre ce qu’il lui disait. Forcément. Des britanniques. Ils ne connaissaient rien d’autre à sa terre que de vulgaires caricatures. Staline, vodka ! C’est ça, allez crever abrutis. Au pire, les plus informés le faisaient chier avec la Tchétchénie. Prenaient la défense des cul-noir, parlaient de massacres. Qu’est-ce qu’ils en savaient, ces crétins ? Lui avait d’anciens compagnons de beuverie qui avaient dû se battre là-bas. Qui étaient peut-être morts. Et eux qui parlaient d’interventionnisme, de torture. Comme s’il ne fallait pas traiter les djihadistes saoudiens comme des chiens, eh. On avait gagné la guerre, et on en avait payé le prix, basta.

Pour l’instant, pourtant, l’autre étudiante ne lui avait fait aucune remarque. Pour l’instant. Elle avait l’air de ces doctrinaires gauchistes qui vous font chier pour la couleur de vos chaussettes, de votre chemise. Ils aiment jamais les chemises brunes, ces blousons noirs. Mais elle se contentait de s’intéresser à ce qu’il écoutait, ou du moins faisait-elle semblant. Avec son air d’ado pas sortie de la crise.

Il s’avança vers la plaque chauffante, lui tendit au passage son baladeur CD.

« Tiens. T’as qu’à écouter. Je dois m’occuper de mes pelmenis. »


Au moins elle le laisserait tranquille, le temps que ses raviolis sibériens cuisent.

Une plaisanterie inhabituelle
Qu’ils lui ont joué ces types après
Ils ont peint son visage de bleu et de rouge,
Et lui ont fait dire des gros mots.


Mère anarchie avait ravagé son pays, avait ravagé sa vie. Qu’elle ravage cette foutue île à présent.

Et il balança les pelmenis blancs dans l’eau bouillonnante.
Maggie S. ThompsonMaggie S. Thompson
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MessageSujet: Re: I Think We're Alone Now | Vassili   I Think We're Alone Now | Vassili EmptyVen 4 Jan - 0:38

— J'écoute quoi ?
Ouais, c'est c'que j'te d'mande, ouais. Eh merde, pourquoi je lui ai d'mandé ça, punaise. Le mec me dévisage comme si j'avais dit une grosse connerie. Longtemps en plus. À croire qu'le mec est bloqué. S'ça s'trouve, il fait une crise d'épilepsie, ou un truc comme ça. J'espère pas, j'ai pas d'bézoar sous la main et j'me souviens pas d'comment qu'on met quelqu'un en position latérale d'sécu-
— De toute façon, tu connais pas.
Ah ! il a bougé ! Punaise, mais c'qu'il est chiant ! C'est ça, retourne à ta casserole. "Tu connais pas" : qu'est-ce qu'il en sait ? J'me vante pas d'grand-chose, mais j'pense quand même m'y connaît' question musique ! Après, évidemment, si tu commences à m'parler d'musique russe, j'vais pas t'suiv' longtemps : à part Léon Theremin, j'avoue, j'y connais rien. Et encore, j'dis ça, l'disque qu'on a à la maison, c'est d'Clara Rockmore. Theremin, j'm'en rappelle juste parce que Papa s'est foutu d'moi quand j'lui ai d'mandé qui chantait la première fois qu'on a passé l'disque, puis s'est senti d'me faire une l'çon d'histoire ensuite. 'Fin bon, si c'est pas russe ou polonais, y a moyen que j'connaisse. Maggie ouvre la bouche, prête à le faire savoir à l'autre, quand celui-ci répond :
— C'est Viktor Tsoï. Kino. "Mère Anarchie".
Bon, ok, t'as gagné, j'connais pas. Ça vient d'où, "Tsoï" ? C'est russe ? D'un aut' côté, "Kino", c'est l'ciné en allemand. Et 'suis loin d'maîtriser davantage qu'Nina Hagen, Kraftwerk, Die Ärzte et quelques aut' sur c'terrain-là. Oui, bon, j'm'y connais surtout en punk et post-punk britanniques et français, autant du côté moldu qu'sorcier ! Mais j'vois à peu près c'qui s'fait aux US et en Allemagne, j'suis pas fermée ! 'Fin bref. J'vais quand même le r'mercier, garder ça dans un coin d'mon crâne et puis j'demand'rai la prochaine fois qu'j'le verrai à Steve s'il connaît...
— Tiens. T'as qu'à écouter. Je dois m'occuper de mes pelmenis.
Je... Quoi ?!
— Ah bah, m-merci, j-je...
Okay, le mec s'en fout en fait. Retour à la casserole, et vas-y que j'te benne les raviolis dans l'eau... Bon, j'arrête : il est pas si horrib', il m'a répondu ET il m'a prêté son casque. Profitons-en.
Alors, "chanson précédente", et voilà ! retour au début d'la fameuse chanson. 'Fin, j'crois : c'est pas comme si les mecs allaient dire "Mère Anarchie", ils chantent en russe ! ... 'fin, dans une langue que j'connais pas du moins, et qui ressemb' à l'idée qu'j'me fais du russe. Ouais, non, j'ai pas dû m'tromper : l'refrain fait : "Mama Anarkiya, Baba machin-chose". Pas b'soin d'avoir fait russe en deuxième langue pour d'viner l'sens. En vrai, c'est plutôt cool. 'Suis pas spécialement fan de la voix, j'comprends rien à part le tit' de la chanson, mais c'est plutôt cool. Du punk à l'ancienne, simple, efficace. La suivante est bien aussi. Meilleure qu'la première en fait. 'Fin, à mon avis. Plus... je sais pas, mélancolique ? Non, c'est pas ça. 'Fin, tu t'sens plus dans les années 80, dans l'froid et dans l'noir qu'avec la première. C'est plus post-punk quoi. La ligne de guitare en fond est dingue. Vraiment. J'hésite presque à faire "répéter".
Ou pas. Les raviolis ont l'air d'êt' cuits, l'gars va pour les égoutter et... ET MERDEEEEE, MES PÂTES, PUNAISE !
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MessageSujet: Re: I Think We're Alone Now | Vassili   I Think We're Alone Now | Vassili EmptyMer 23 Jan - 23:54

— Ah bah, m-merci, j-je...

Vassili ne prêtait même plus attention à la sorcière. Les pelmenis dégringolaient de leur sachet en une cascade désordonnée, crevaient les bouillons de l’eau portée à ébullition. Les quelques éclaboussures s’évaporaient sur la fonte brûlante, les minuscules gouttelettes tournoyant sur elle-même en un chuintement d’agonie, puis plus rien, rien que cette trace, peut-être, un peu plus sombre, et le long ronflement des bulles qui crevaient en permanence à la surface de l’eau. A l’intérieur, les raviolis tintaient doucement contre l’aluminium, soulevés, bousculés par les mouvements de convection, leur peau blanche, livide, s’amollissant doucement pour se faire ballante au milieu des tourbillons d’eau bouillonnante. Enflés, lentement boursouflés, ils remontaient progressivement vers la surface à leur tour, alors que le cracmol réduisait la puissance de la plaque chauffante.

D’un temps à l’autre, il jetait un coup d’œil à celle qui tenait entre ses mains son baladeur CD.

Mais elle ne le regardait pas.

Elle paraissait bien trop concentrée sur la musique. Les yeux mi-clos. Le mouvement très léger de sa tête, presque imperceptible, accompagnant les mouvements de la musique. Elle avait comme un pli de concentration, l, entre les deux sourcils. Comme si elle cherchait à tout comprendre, à tout saisir, à décortiquer la musique au moment même où elle l’écoutait, comme si elle était intensément longée dans les variations de rythmes et de tonalité, comme si elle courait le long de la surface étincelante du CD, sombrant avec lui dans le creux de la voix de Tsoï, au creux de ses yeux sombres.

C’était curieux. Elle semblait brusquement sérieuse. Brusquement dans un tout autre monde. Elle affichait encore sa sale tête revêche, ouais, son air de pseudo rebelle, d’adolescente mutine. Peut-être. Mais plus… Il ne savait pas. Réfléchie.

Le Russe essayait d’entendre ce que crachotait le lecteur dans ses oreilles, mais le bouillonnement incessant de l'eau couvrait le filet des guitares électriques qui s’échappaient des écouteurs, tout contre ses tympans.

Plus ou moins consciemment, il essayait de chanter la chanson, dans sa tête.

Un soldat rentrait chez lui…

Il fallait ajouter le sel dans l’eau, aussi.

Un soldat rentrait chez lui, il rencontre des gens sur…

Et puis remuer, un peu, pour éviter que les pelmenis ne se collent les uns aux autres, qu’ils cuisent tous de la même façon.

Lui demandent alors…

L’eau allait déborder, il fallait réduire la puissance de la plaque, calmer un peu tous ces bouillons.

C’est l’anarchie, notre père…

Ne pas baisser autant la chaleur, peut-être, il n’y a plus le moindre frémissement à la surface de l’eau maintenant.

Il avait perdu le fil.

Mais la chanson s’était achevée, cela, il le savait. Il l’avait recommencée depuis le début. A peu près. Non, il avait repris le troisième couplet. Il avait repris plusieurs fois le refrain. Notre mère, c’est l’anarchie, notre père un verre de vin. De toute façon, lui avait toujours préféré sa grand-mère la vodka. Mais cela ne changeait rien au fait que la chanson devait déjà être terminée depuis longtemps, et elle, elle continuait à écouter comme si de rien n’était, les lèvres à moitié pincées avec son air mi rebelle, mi sérieux.

Elle allait lui taxer son baladeur, et le CD avec, si ça continuait.  

Mais le Russe souriait.

Déjà, il avait la paix, et c’était toujours ça de gagné. Blottie dans son coin, sourde à tout ce qui l’entourait, elle ne risquait plus de l’agresser, de sortir sa baguette, de le menacer, d’imposer sa magie. Nan. Elle restait là, tout contre la fenêtre, elle ne prêtait plus attention à lui, il pouvait s’occuper de cuisiner ses raviolis, tranquillement, comme il le  voulait, avec rien d’autre que le calme de la nuit et… certes, ce pantin, dans un coin, qui remuait doucement la tête. Mais qui se taisait, au moins.

Et puis, malgré tout. Cela voulait dire qu’elle appréciait au moins un minimum. Qu’elle appréciait ce souffle d’air russe, la voix un peu nasillarde de Tsoï, la plainte des guitares électriques, les mélodies du vieux Leningrad des années 80, 90, quand le monde se défaisait tranquillement et que l’on se baladait malgré tout le long des canaux avec son baladeur, pour oublier un peu les bâtiments délabrés autour de soi, les portes qui s’effondrent, les tags, les déchets sur le sol, et les cris des grands-mères qui vendent leur dernier livre, aux côtés d’un mendiant qui crève d’alcool. Il y avait toute cette mélancolie de l’empire démantelé, de ce quotidien qui tombe en ruine, dans ces chansons. Elle ne pouvait pas comprendre, elle, bien sûr. Mais au moins elle l’écoutait. C’était déjà ça de gagné. C’était… c’était comme si elle l’écoutait, un peu. Lui et ses rêves démantelés, l’horizon qui se disloque comme si toutes les chaînes de télévision du monde entier se mettaient à jouer le lac des cygnes, de Tchaïkovsky, interrompant brusquement le quotidien.


Lentement, les pelmenis remontaient à la surface, amollis par leur cuisson, gorgés d’eau, cadavres flasques pour un repas de mauvaise facture. Allez. Il allait pouvoir bouffer.

Le couvercle plaqué sur la casserole, l’eau bouillonnante qui glisse au travers de la fine fente, la vapeur qui s’élève brusquement, s’enroule sur elle-même, enveloppe sa main de son vaporeux baiser ardent, le violent chuintement contre la céramique de l’évier, le chaud qui rencontre le froid, l’eau qui gicle, avant de ne s’écouler qu’en un seul filet, en quelques gouttes, voilà, il n’y a plus rien, rien de plus que ce fond de casserole qui toujours stagne, quoi qu’on y fasse.

A côté, les pâtes de l’autre étudiante chauffaient toujours, l’eau bouillonnant, prête à déborder. Vassili jeta un coup d’œil à la sorcière. Elle n’y prêtait aucune attention, les yeux mi-fermés, concentrée sur la musique. D’un haussement d’épaule, il se contenta de décaler la casserole sur le côté. Qu’elle ne bouffe pas une bouillie immonde par sa faute.

Alors qu’elle relevait la tête, il lui montra simplement la cuisinière.

«  T’as oublié de surveiller ça. »

Et, dans un bruit humide, il fit glisser ses raviolis dans son assiette, recouvrant le tout de crème fraîche et d’aneth.

« Ca te dérange pas si je bouffe ici ? »
Maggie S. ThompsonMaggie S. Thompson
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MessageSujet: Re: I Think We're Alone Now | Vassili   I Think We're Alone Now | Vassili EmptyDim 3 Fév - 23:35

— T'as oublié de surveiller ça.
Pffiuuuu, 'reusement qu'il était là, lui ! Mes pâtes sont sauvées, wouhou !
'Naise, en vrai, j'aurais pas cru ça d'lui. J'veux dire... Non, j'vais rien dire du tout, j'vais encore passer pour une connasse. 'Fin, c'est pas comme si y avait quelqu'un pour lire mes pensées dans la pièce d'toute façon ! Non mais... Ça m'fait mal d'l'admettre, mais j'pense toujours qu'les gens vont s'montrer égoïstes, s'occuper d'leurs p'tites affaires sans jamais faire gaffe à celles des aut'... en partie j'crois parce que j'agis moi-même comme ça. Aussi, ça m'fait toujours bizarre quand quelqu'un s'mont' juste... altruiste ? – non, juste un peu moins préoccupé par sa seule personne, qu'il ouv' les yeux sur les gens qui l'entourent. Bref. Tout ça pour dire qu'j'aurais sans doute pas fait de même si j'avais été, moi, à sa place.
Maggie rougit à cette pensée, honteuse. Elle secoue la tête et bafouille :
— M-merci !
Punaise, mais quelle cruche tu fais ! Deux fois qu'tu trouves à bégayer comme ça, comme une ado qu'aurait jamais rien vu ! Reprends-toi, ma vieille ! Ah c'est sûr qu'le Russe, 'doit rigoler maint'nant d's'être laissé impressionner par une gamine pas foutue d'faire cuire ses pâtes correctement ! ... 'Fin, non : j'lui ai quand même mis ma baguette sous l'nez et ça, t'as beau êt' la moins douée des cuisinières, ça change rien au fait qu't'as un putain d'ascendant sur quiconque n'a rien pour s'défend'.
Mes pâtes ! C'est pas l'tout d'les avoir sauvées une fois, mais là, elles continuent d'cuire dans l'eau. La sorcière se saisit de sa casserole, retourne l'égouttoir qui séchait sur l'évier et renverse les farfalles – et l'eau, surtout – dedans ; elle a toujours sur les oreilles le casque de l'autre étudiant. 'Tout cas, à défaut d'un bon r'pas, j'aurais découvert d'la bonne musique. Kino, c'est ça ? 'Faudra qu'j'lui r'demande, au cas où. Oh ! et que j'lui rende son casque aussi, tiens ! Elle sourit, les joues toujours un peu rouges. Si j'étais sûre d'toujours tomber sur des gars avec pareils goûts musicaux, j'sortirais plus souvent d'ma piaule, c'est sûr.
Bon, un filet d'huile, un peu d'fromage eeeeeet voilà ! On en oublierait presque le jaune presque blanc d'mes pâtes, déjà deux fois plus grosses que d'ordi-
— Ça te dérange pas si je bouffe ici ?
Hein, quoi ? Ah ! oui. 'Fin, non, ça m'dérange pas !
— Ah non, t'fais comme tu veux ! 'Fin, j'veux dire : c'est la cuisine commune, j'peux pas non plus dire de dégager. Maggie se pince l'arête du nez, ferme les yeux et soupire. Comment tu fais pour êt' aussi gourde, punaise ? On s'rait dans un jeu d'rôle, t'aurais 8 en Social, un malus de 2 à tous tes jets quand t'as pas ouvert la bouche de la journée. Pun-... Désolée, 'suis fatiguée. Mais non, vraiment, ça m'dérange pas. Ça t'dérange pas non plus si j'm'assois là ?
T'façon, si tu refuses, j'prends ton MP3 en otage.

En vrai, non, mais voilà. En plus, j'ai tout autant l'droit qu'toi d'êt' là. Et puis, j'étais même là avant. 'Fin.
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