Sympathy for the devil ft. Sinéad King

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Sujet: Sympathy for the devil ft. Sinéad King | Lun 30 Juil - 16:35
Sympathy for the devil

- Derek Knight — Sinéad King -


"On the last day I took her where the wild roses grow, and she lay on the bank, the wind light as a thief. As I kissed her goodbye, I said, 'All beauty must die' and lent down and planted a rose between her teeth." Where the Wild Roses Grow - Nick Cave and the Bad Seeds
Derek était un de ces hommes qui avait réussi sans jamais avoir mis un pied à l'Université. N'est-ce pas là l'apanage des grands, après tout ? Quelqu'un qui n'a besoin de rien ni personne pour se faire une place dans le monde, et qui part lui-même à la recherche des vérités de l'univers, sans avoir besoin qu'on lui tienne la main ? Einstein, John Glenn, Shakespeare… Autant de noms qui avaient laissé une marque dans l'histoire et qui, pourtant, n'avaient pas de diplômes à leur nom, seulement des idées et la force de les porter. L’Américain se voyait aisément parmi eux. Parti de rien, le jeune garçon du Bronx, un peu trop frêle, un peu trop frisé, et un peu trop malin pour son propre bien avait réussi, de ses propres mains, à créer un empire criminel qui traverserait le temps, pour faire rayonner sa gloire à travers les siècles. Sacramento. Un nom qu’on murmurerait aux enfants pour les effrayer, le soir, qu’on n’associerait plus à une ville américaine, mais bel et bien à cet Arsène Lupin des temps modernes, ce génie de la cambriole qui avait réussi à monter un trafic d’objets magiques si important, qu’il avait un monopole quasi-mondial.

Dans les couloirs de l’UPA, il aurait pu se sentir gauche. Il n’avait rien à faire dans cet antre du savoir, après tout, il n’était ni professeur, ni élève, et l’heure assez tardive ne rendaient les couloirs déserts que plus irréels, les plafonniers aux néons jaunes dessinant d’inquiétantes ombres sur les lambris peinturés sobrement, donnant au lieu un sombre panache. Mais peu importait l’endroit, les circonstances. Lorsqu’on était persuadé qu’on avait été mis sur cette terre pour la gouverner, le sol en lui-même semblait se revêtir d’un tapis rouge, les arbres devenaient des piédestaux. Tout appartenait à Derek, qu’on le veuille ou non : et si vous vous abritiez derrière les faux-semblants qu’étaient les actes de propriété, même, le simple fait de tenir vos possessions dans vos mains, prenez garde. Il fallait se rappeler qu’avant tout, l’homme était un voleur, le meilleur qui était, et que si vous preniez le temps de ne serait-ce que cligner des yeux, vous perdriez tout ce que vous avez de plus cher.

Il était pourtant anonyme, ce soir là. Pas de capuche de Sacramento, seulement un petit sourire sur les lèvres. Il faisait une simple reconnaissance, pour un gros coup, prévu d’ici quelques semaines, mais il ne pensait pas que tout serait aussi facile. Il n’y avait pas âme qui vive, même, il avait trouvé la porte de l’université ouverte. Il se doutait, bien sûr, que l’artefact qu’il recherchait était sous bonne garde, avec probablement des alarmes, moldues comme magiques, qui rameuteraient une quinzaine de Tireurs de Baguettes Magiques d’Elite en seulement quelques secondes, mais c’était un détail. Le maitre de l’effraction n’en était pas à son coup d’essai, et s’il avait pu rentrer et sortir du MACUSA sans problèmes, même, de l’école Poudlard, pourtant réputée pour être plus sûre encore que de nombreuses banques ultrasécurisées, alors l’université d’Atlantis serait une partie de rigolade. Aujourd’hui, il serait simple badaud perdu, qui serait rentré là par hasard en attendant quelque ami, ou cherchant simplement quelqu’un qui pourrait l’aider à retrouver son chemin. Il trouverait toujours une excuse, avec ses grands yeux si charmants et ses bouclettes qui étaient attendrissantes, si on ne savait pas ce qu’elles dissimulaient. Une cruauté rare, un monstre qui se cachait derrière sa propre morale pour expliquer ses méfaits.

La salle était là, à quelques mètres de lui. Un vertige le saisit. Et s’il tentait sa chance ? S’il réussissait, à visage découvert, à voler au pied et au nez du personnel de l’UPA, probablement l’objet qui avait le plus de valeur en ce lieu de connaissance et d’échange ? Cela serait, assurément, un  coup de maître, qu’on raconterait dans les bas-fonds d’Atlantis pendant des semaines. On connaissait le génie de Sacramento, mais là, cette tentative relèverait d’une chance insolente, et d’une incompétence claire de la doyenne de l’université. Il n’y avait personne à droite, personne à gauche. A moins que… Son petit sourire, déjà vainqueur, devint irrité, lorsqu’il vit un mouvement pointer le bout de son nez, à l’extrémité du couloir. Quelqu’un approchait, quelqu’un qui contrariait ses plans. Mais il n’avait pas à tergiverser, il ne pouvait se permettre qu’on se pose trop de questions quant à sa présence ici. Il plaqua sur son visage un air étourdi, de circonstance, comme s’il était capable de se perdre dans sa propre chambre à coucher. Une main derrière la tête, il était l’image même de l’innocence.

Il remarqua le roux, en premier. Comment l’oublier, ce roux, si pur, si vibrant, qui égalait même les plus belles fleurs qu’on pouvait trouver sur le bord des chemins ? Comme il avait rêvé de le revoir,  de pouvoir passer les mèches de ses cheveux entre ses doigts, de pouvoir sentir leur parfum… Car même si elle avait été sa faiblesse, même s’il avait pris la décision de partir, elle était toujours restée dans un coin de sa tête. Il n’aurait pu trouver une autre femme plus parfaitement faite pour lui, déesse parmi les anonymes. Et même si ça avait été possible, il ne l’aurait pas voulu. Il l’avait aimé, Sinéad. Il l’aimait encore, il l’aimerait toujours. Mais il s’aimait beaucoup plus, et il avait choisi de la laisser. Une erreur, peut-être, mais ça, il ne le pensait que lorsque le désir embrasait ses reins, durant les heures les plus ténébreuses de la nuit : le reste du temps, son esprit était fixé sur son objectif. Derek n’était qu’un ersatz pour la grandeur de Sacramento, et ses besoins primaires restaient anecdotiques.

Pourtant, ses yeux s’écarquillèrent. Il n’était pas facilement surpris, Knight. Mais il l’était, et son cœur (il était facile d’oublier qu’il en avait un) fit un bond dans sa poitrine, tant elle n’avait pas changé, tant elle était belle, tant sa présence sereine lui avait manqué sans qu’il ne se l’avoue. Il fallait qu’il remette son masque, et vite : c’était probablement la seule personne au monde qui arrivait à le faire tomber.

« -Sinéad ? »

Que dire de plus, que demander de plus ? Lui d’habitude si loquace, si prompt au jugement lorsque d’autres sortaient exactement les mêmes sortes d’exclamations. Probablement qu’avec un peu de recul, il se maudirait d’agir comme ceux qu’il maudissait chaque jour.
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Sujet: Re: Sympathy for the devil ft. Sinéad King | Ven 3 Aoû - 18:13
- Tu vas être très bien ici, tu verras !

J’arrange encore le terreau magique dans le pot de mon petit géranium dentu, échappant de peu à ses crocs acérés. Ses tentatives de morsures me font rire et je secoue la tête exaspérée :

- Qu’est-ce que je vais faire de toi hein ?

Si j’ai amené cette plante assez… agressive dans ma serre d’enseignement, c’est pour la montrer demain à mes étudiants. J’ai un très beau parterre de géranium dentus - qui cohabitent très bien avec les jonquilles klaxonnantes que j’ai rajoutées d’ailleurs – dans mon jardin et j’en ai extrait le spécimen le plus docile d’entre tous. La proximité des jonquilles klaxonnantes permet de calmer un peu l’ardeur des géraniums, grâce à leur bruit qui les assomme sûrement autant que moi après tout. Le géranium dentu est utilisé dans beaucoup de potions et possède notamment des capacités de guérison en cas de morsure de certains animaux, lorsqu’on extrait leur salive épaisse qui coule entre leurs dents pointues, non sans risque il faut l’avouer ! J’ai hâte de montrer tout ça à mes étudiants demain.

Un coup d’œil vers le ciel me donne une idée de l’heure tardive de la journée, je ferais mieux de partir de la serre si je compte passer à mon petit paradis avant de rentrer souper. Ou alors, sandwichs et nuit dehors ? Je pourrais dormir dans la cabane que j’ai construit sous le saule, auprès du petit ruisseau, je l’ai d’ailleurs fabriquée pour ça : avoir la possibilité de me retirer de la ville si j’en ai la nécessité. Cela dit, je commence tôt demain matin, il faudra que je sois fraîche et dispo pour commencer ma journée par un examen d’identification de la flore européenne avec mes étudiants… Mon choix se porte donc sur mon petit appartement troglodyte, creusé à même la roche : c’est là que je passerai ma nuit. Mais d’abord, il me faut quitter l’université.

Après avoir arrosé mon petit protégé, je quitte ma serre et m’en vais remonter le couloir de l’aire naturelle. J’aime cet endroit. Aussi incroyable que cela puisse paraître après presque deux ans à Manadh, je me sens chez moi, à l’aise, je pourrais même envisager de rester de longues années. Mais je me connais : la soif de l’inconnu me rattrapera bien plus vite que je ne l’imagine, malgré l’amour que je porte à l’enseignement et aux personnes que j’ai rencontrées ici. J’aurais du mal à quitter mon jardin, cet havre de paix façonné en dehors d’Atlantis, dans la bruyère et la végétation rase de l’île battue par les vents et le ressac. Je devrais certainement le céder à une connaissance de confiance, quelqu’un qui aimerait ce lieu autant que moi et je mentirais si je disais que j’ai invitée Jules à venir le découvrir sans arrière-pensée justement. J’ai hâte de voir si l’effet enchanteur du lieu opérera sur elle comme il le fait sur moi !

Alors que je vais retourner chercher ma moto sur le parking, mon casque à la main, je repense que j’ai quelques petites corvées à remplir dans l’aile administrative ; elles ne sont pas urgentes mais si je veux débloquer du temps à passer au jardin, autant s’y rendre dès maintenant ! Je fais alors demi-tour, pestant contre moi-même de ne m’être incitée à rendre ces notes bien avant la date limite imposée par l’administration. J’ai fini il y a une semaine déjà de corriger mes copies d’examen théorique, mais je n’en ai encore pas fourni les résultats à qui de droit et je ne voudrais pas mettre en retard leur publication car cela incommoderait mes étudiants ! Une fois devant la porte du bureau désigné à cet effet, je dépose mes notations dans la boîte à lettres dans laquelle elles doivent être déposées. L’administration insiste sur ce point : les notes doivent être acheminées manuellement car la méthode magique des petites notes voyageant par la voie des airs, pliées en forme d’avion, peut être interceptée par les étudiants…

Dans les couloirs plus sombres de l’aile administrative, mes pas résonnent, il n’y a presque plus personne dans ces locaux… Je laisse mon esprit divaguer vers les diverses tâches à accomplir dans mon jardinet : arroser le tout, couvrir les fraises, tailler mon filet du diable, récolter les courgettes et les prunes dirigeables… Et soudain, mes pas s’arrêtent malgré moi, je reste figée entre deux forces contraires, dont l’une me pousse à sauter dans les bras de celui qui me fait face et dont la voix vient de parvenir à mes oreilles, tandis que l’autre me rappelle l’abandon et le désespoir que j’ai vécu suite au départ de cet homme. Derek…

Je mentirais si je disais que je ne l’aime plus. Je l’aime, depuis ces instants volés à Meknès, et ce depuis, malgré Kali, malgré les autres, il n’y a toujours que lui. Et le revoir ici… Les bras m’en tombent littéralement, tant et si bien que je viens presque à lâcher mon casque, abasourdie par la vision de l’homme que j’aime tant et qui m’a le plus brisée.

- Derek… Tu… Que fais-tu ici ?

Après tout, l’américain n’a rien à faire dans cette ville à ma connaissance, mais je sais si peu de choses sur Derek, tellement peu de choses, à commencer par la raison de son départ précipité. Mais je remets pour l’instant la question à plus tard : il faut que je dépasse mes premiers instants de surprise avant de rentrer dans le vif du sujet, certainement.
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Sujet: Re: Sympathy for the devil ft. Sinéad King | Dim 5 Aoû - 8:32

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Derek se targuait d’être un être au dessus des simples, ces pauvres créatures qu’on appelait humains. Un de ces aigles royaux qui voyaient le monde d’un œil supérieur, et que les anciens Mayas révéraient et apparentaient au soleil. Pourtant, est-ce qu’une divinité fuirait, comme le plus vulgaire des rats d’égouts ? Est-ce qu’elle abandonnerait une femme aussi divine, aussi enchanteresse que Sinéad ? La condition humaine de l’américain le rattrapait, sans qu’il ne puisse rien faire pour l’éviter. Car si on avait tendance à croire que Sacramento était un être sans cœur, incapable d’aimer quelqu’un d’autre à part lui-même, ce n’était pas tout à fait exact. Son amour pour la druidesse aurait pu s’apparenter à l’obsession, tant il avait rêvé de ses courbes graciles et de la profondeur de ses yeux : elle était une créature parfaite pour lui, qui rêvait d’exotisme, qui se prenait pour un prince déchu de son titre. Tellement peu en phase avec le monde dans lequel elle vivait qu’elle n’avait pas saisi la noirceur de son âme, il s’était repait de ses soupirs comme s’ils étaient des applaudissements d’une foule en délire : si une femme telle que celle-ci avait pu l’aimer, il pouvait atteindre ses objectifs. Il pouvait devenir ce nom mythique qu’on citerait en exemple, lorsqu’on parlerait de ce que le monde sorcier avait pu faire naitre de pire.
Et pourtant, il avait bel et bien fuit. Il avait cru que le piédestal n’était pas assez grand pour deux, et, c’était peut-être toujours le cas, mais il lui suffisait alors d’en construire un autre, qui serait à la hauteur du couple maudit qu’ils formeraient.

Il ne s’était pas attendu à la voir dans ce couloir, même, sur ce continent. Dans son esprit, elle était devenu une sorte de légende, celle qui avait presque réussi à l’apprivoiser, et c’était comme si elle n’était plus tout à fait réelle. Comme si, avec le départ de son existence, elle s’était évanouie dans sa propre lumière. Et pourtant, à l’instant où il posa ses yeux sur elle, il sut qu’il la voulait, autant que le premier jour. De manière charnelle, bien sûr, car sa nuque et la naissance de ses seins insolents, qu’il pouvait caresser du regard, se rappelant sans mal ce qu’il se trouvait sous ses vêtements, semblait l’appeler comme s’il était un vieil ami qu’elles avaient perdu de vue. Mais il sut aussi qu’il voulait partager sa vie, qu’il avait fait une terrible erreur en la quittant, et que si elle s’était liée à quelqu’un d’autre, il n’aurait aucun regret à tuer cet adversaire à mains nues : mieux, il se repaitrait de son cœur chaud, arraché de sa poitrine. Bien sûr, il ne lui dirait pas la vérité. Derek considérait les femmes comme des joyaux dont rien ne devait ternir l’éclat, et il ne voulait pas l’associer à un business comme le sien. Mais alors qu’il se plongeait dans les yeux de son ancienne compagne, il voyait déjà l’avenir. Il jouerait le jeu du philanthrope gentleman, c’était facile de toute façon pour lui, et elle serait à ses côtés, pour le meilleur ou pour le pire. Il la pavanerait à son bras comme une jument hors de prix et il partagerait sa couche en explorant ses monts et ses vallées, chaque soir, en espérant qu’en sa matrice grandisse un petit bout  de lui-même.

Peut-être qu’un homme plus ordinaire n’aurait pas vu aussi loin. Peut-être qu’il se contenterait de rester bouche-bé, en contemplant une nymphe si splendide, qui lui avait filé entre les doigts, autrefois. Mais Derek Knight n’avait jamais été ordinaire, et c’était la raison pour laquelle ils étaient si complémentaires. La lune et le soleil allaient s’unir, dans une éclipse qui jetterait sur la Terre une ombre sans précédent. Ce n’était pas un pressentiment : c’était une certitude.

La surprise passée, l’artefact totalement oublié, relégué dans un coin obscur de sa tête, il s’approcha à pas lent. Peut-être un peu plus près que ce qu’il était nécessaire, que ce que la bienséance jugerait approprié, et il pouvait sentir sa respiration s’accélérer, comme un animal grondant alors qu’il s’approchait de sa femelle. Il leva la main. Il toucha une mèche de cheveux qui s’était délogée de derrière son oreille, appréciant sa douceur, impudent, prenant sans demander, comme toujours. Il était plus grand qu’elle, et, alors que son assurance était revenue et que ses traits s’étaient détendus, on ne pouvait voir dans ses yeux qu’une détermination sereine, celle du chasseur sachant qu’il avait ferré sa proie.

« -Il y aurait mille explications à avoir quant à ma présence en ces lieux, dit-il dans un souffle rauque. J’ai tendance à dire que le destin a voulu que nous nous retrouvions ici. C’est ce que tu avais l’habitude de me conter le soir, quand nous étions étendus sur notre couche après nos ébats, pas vrai ? Que tout était écrit.

Il avait dans la voix la douceur du serpent qui glisse entre les hautes herbes. Ce n’était pas qu’il la mordrait, c’était qu’il instillerait son venin suffisamment pour qu’elle ne puisse plus s’en passer, et ensemble, ils croqueraient la pomme pour provoquer la chute de ceux qu’ils estimeraient ne pas être dignes de leurs standards. C’était son ambition première, et ce que Derek voulait, Derek obtenait.

-Combien de temps avons-nous été séparé ? Une vie entière, j’ai l’impression, et pourtant… Son doigt quitta ses cheveux roux, tentateur, pour se poser sur sa joue, puis retracer sa mâchoire avant de se perdre dans son cou. C’est comme si rien n’avait changé. »

Ces salutations n’avaient rien de traditionnelles. Personne n’aurait agi avec autant d’aplomb, alors que c’était sa faute, et celle de personne d’autre, s’ils avaient été séparés. Mais Derek était au dessus des lois des hommes et de leurs mœurs. Il pouvait murmurer n’importe quelles incantations à des oreilles désintéressées qu’elles se seraient affiliées au Diable lui-même : et sous son masque, c’était ce qu’il était.  
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Sujet: Re: Sympathy for the devil ft. Sinéad King | Dim 12 Aoû - 8:17
J’ai connu l’amour. Je l’ai effleuré, j’en ai caressé les contours et en ai embrassé la vision céleste aux côtés de Derek. Cet homme, charmant, séduisant, envoûtant presque m’avait attrapée dans ses filets et rien ne me détache de lui depuis : pas même la distance, l’absence, la crainte parfois. Car s’il est parti, s’il m’a laissé c’est peut-être pour une obscure et morbide raison… Et si Derek avait été rayé de la surface de la Terre ? C’était ce qu’il semblait en tout cas, tant sa disparition était parfaite et sans indice. Mais j’ai toujours su au fond de moi qu’il vivait encore quelque part loin de moi certes, mais sa mort m’eut laissé un pressentiment j’imagine. Nous sommes liés depuis nos premiers regards, depuis ses premiers mots à mon égard, depuis le premier instant où nos corps se sont unis.

Et pourtant, dans cet océan d’amour inconditionnel et de parfaite fascination, subsiste un sentiment de haine. Car l’américain m’a laissée seule avec moi-même après des mois de passion, sans aucune raison apparente et alors que notre attachement l’un à l’autre ne laissait pas l’ombre d’un doute quant à notre futur ensemble. Nous aurions pu rester dans cette bulle intemporelle marocaine jusqu’à la nuit des temps, mais il en a décidé autrement, se jouant de moi ; lui seul qui a le pouvoir de me briser entre tous les Hommes. Il est vrai que s’il connaissait tout de mon passé, je n’avais aucune information concernant le sien. Des bribes seulement : son origine américaine, son statut de sorcier, mais ces hommes en noir qui gravitaient autour, ses airs secrets et mystérieux parfois ne m’intéressaient pas bien qu’il aurait été préférable que si au vu de ses actions ultérieures.

Pendant tout ce temps où nous fûmes séparés, j’en vins même à croire qu’il n’avait jamais existé, je l’avais rêvé, très certainement, l’esprit embrumé par quelque substance enchantée, ou alors assaillie par une folie dont j’ignorais l’existence. Mais les rêves étaient bien trop vivaces, les sensations qui me revenaient ne pouvaient être le fruit de mon imagination et des années après je gardais encore les stigmates de nos ébats en moi. Lors de mon exil congolais, j’ai passé de longues heures de cueillette dans la forêt à revivre nos instants de bonheur dans ma tête, repassant dans tous les sens le film de nos amours, refaisant le fil de notre complicité, y cherchant peut-être un petit quelque chose de suspect, n’y trouvant rien je finis par croire que j’étais folle amoureuse d’un menteur de haut vol, un vaurien malhonnête et que bon débarras finalement !

Mais notre cœur ne va pas souvent dans le sens de la raison et malheureusement c’est le cœur qui guide nos agissements bien souvent. Les miens en tout cas.

Je ne peux décrire les sentiments qui m’inondent à la vue de Derek, son apparition aussi soudaine et imprévisible que sa disparition me fait vaciller, littéralement. Et c’est toute tremblante que je le vois s’approcher de moi, bien trop près. Il a même le culot de me toucher, je ne le repousse pas cependant, hypnotisée comme toujours par son regard, sa façon de me regarder plutôt. Personne à part lui ne possède cette capacité de me faire perdre mes moyens à ce point. Je frissonne à l’évocation de nos ébats car je peux sentir encore l’attrait et le besoin, plus vrai que jamais. Sa voix me transperce de part en part et son doigt laisse sur ma peau un tracé électrisé.

Combien de temps avons-nous été séparés ? Une éternité Derek : mais pas par ma faute, ni celle du hasard, par la tienne et uniquement la tienne. A ces mots, je reprends pied et recule d’un pas, échappant à son contact ensorcelant.

- Neuf ans. Et si. Des choses ont changé. Ma confiance en toi notamment. Tu te souviens, tu m’as laissée sans prévenir, trahissant une à une toutes tes promesses.

Je fulmine, j’écume de rage et si je ne contrôle pas ce sentiment comme à l’accoutumée des forces plus grandes que moi pourraient laisser le sol de l’UPA et ses murs en piètre état, envoyant Derek dans une faille terrestre aux profondeurs immenses.

- Et ça Derek, je ne sais pas si je pourrais te le pardonner un jour.

Je le pointe du doigt, dans un geste accusateur, brisant toutefois la distance de sécurité entre nos deux personnes et le bout de mon index vient même heurter sa poitrine. Oubliant ce contact inopportun, je me retourne, ne pouvant supporter plus longtemps son image. Dos à lui, j’enfouis mon visage dans mes mains, tentant de résister à l’appel que me lance mon cœur, de lui opposer fermement la raison et de maintenir le plus habilement possible mes positions tout en gardant mon calme sans craquer. Tout un programme…
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Sujet: Re: Sympathy for the devil ft. Sinéad King | Lun 13 Aoû - 12:49
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- Derek Knight — Sinéad King -


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Elle était splendide dans sa retenue. Superbe dans sa manière de se mouvoir, de pointer son menton fièrement vers le haut. Après tout, elle était maitresse de la terre et des profondeurs, et elle l’arpentait avec autant de panache qu’une souveraine dans son royaume. Altière, tout en restant naturelle. Gracieuse, mais avec cette nature sauvage, mystérieuse, qui rendait fou l’américain, à chaque fois qu’il posait les yeux sur elle. Car elle dégageait ce petit quelque chose, Sinéad. Elle intriguait la foule dans sa splendeur si singulière, mélangeant le suranné et l’animalité, l’ancestral et le viscéral. Il fallait au moins ça, pour ensorceler quelqu’un comme Derek. Il ne se serait pas contenté de la première poule venue, il lui avait fallu le cygne.

Doutait-il une seule seconde pouvoir regagner ses grâces ? Absolument pas. S’il savait l’ascendance qu’elle avait sur lui (et c’était la principale raison de son départ, d’ailleurs, cette capacité qu’elle avait à le déranger de ses objectifs, pourtant si nobles, si vitaux, d’un simple papillonnement de ses yeux), il avait aussi conscience de cette obsession, presque malsaine, qu’elle avait pour ses yeux noirs corbeau. Il aurait pu lui demander d’aller au bout du monde pour lui rapporter de la lave fumante d’un volcan à mains nues, qu’elle l’aurait fait, en tout cas, ça avait été le cas lorsqu’ils partageaient leur vie. Et des émotions si violentes, si puissantes, ne pouvaient jamais totalement s’effacer, il en était persuadé.
Bien sûr, il se doutait que tout ne se ferait pas en un seul claquement de doigts. Elle était amazone, Sinéad. Elle croyait ne pas avoir besoin de lui pour avancer, mais elle se berçait d’illusion. Est-ce que la mer avait besoin de la lune pour former les marées ? Est-ce que l’herbe avait besoin d’eau pour pousser ? Il y avait des choses immuables, dans l’ordre des choses, et le fait qu’ils soient liés était l’une de ces vérités élémentaires. Il en avait la certitude.

Il était normal qu’elle se braque, même, il s’était attendu à une réaction encore plus virulente de sa part. Une claque, peut-être, et seulement d’imaginer une main si gracile, si fragile, s’adonner au péché de la colère en abattant sur sa joue une punition presque divine, il sentait le Sacramento en lui s’agiter dans une danse satanique. La violence appelait à la violence, et rien que d’imaginer ses formes tentatrices enserrées entre ses mains puissantes, il sentait une douloureuse excitation s’immiscer dans son bas-ventre. Il avait tellement hâte de goûter à nouveau à la pulpe de sa peau, d’entendre son nom gémit entre ses draps, puis crié entre ses reins. Sa défiance était vaine. Une quelconque rébellion également. S’il n’existait pas d’acte de propriété pour des personnes de chair et de sang, il en possédait un, tacite, de la druidesse, et même les affres du temps n’avaient pu déchirer le contrat.

« -Je me souviens, Sinéad. Et son accent américain, qui prononçait pourtant à la perfection son nom si gaélique, ourlait d’une dimension particulière le patronyme. Comme s’il le dégustait. Je me rappelle parfaitement de ce matin là. Tu étais si belle, étendue, nue, entre mes bras. Les rayons du soleil, qui venait à peine de se lever, créaient des reflets chatoyants sur tes cheveux, et tu souriais, même dans tes songes. Me lever et partir, sans honorer une dernière fois ton corps, a été, sans nulle doute, la chose la plus difficile que j’ai eu à faire de toute ma vie.

Il ne cachait pas l’aura de séduction dans sa voix. C’était inné, chez lui, charmeur des serpents les plus dangereux de ce monde : mais avec la jeune femme, c’était encore autre chose. C’était un chasseur qui gardait sa proie enfermée dans une cage dorée, aiguisant son couteau sans jamais lui trancher la gorge. C’était un chanteur de jazz dans une boite enfumée, qui rendait follement amoureuse toute personne qui aurait le malheur d’entendre sa voix de velours. C’était le feu d’une vile passion, qui consumait tout autant qu’il faisait atteindre la jouissance.

Retournée ainsi, il ne pouvait admirer son visage, et ça ne lui plaisait pas. S’il avait apprécié son coup d’éclat, son dramatisme quelque peu théâtral, il n’accepterait certainement pas la fuite. L’heure viendrait aux explications. Il ne lui dirait pas la vérité, bien sûr. Pas tout de suite en tout cas. Il ne lui mentirait pas vraiment, non plus. Il avait l’art du non-dit et du parler pour ne rien dire. De la poudre aux yeux, en réalité : car il était Monsieur Loyal, et c’était son spectacle, et lui seul en connaissait le déroulé, et il présentait les numéros qu’il souhaitait, et les gens lui lançaient des hourras et des bravos. Il pouvait encore sentir la pointe de son ongle contre son torse. Elle semblait s’être endurcie, la druidesse. Il prendrait encore plus de plaisir à la dompter qu’auparavant.

Un seul pas en avant suffit. C’était comme si elle ne pouvait jamais réellement s’éloigner de son emprise : et son souffle était déjà sur son cou. Et s’il s’était écouté, il aurait mordu la chair fine et se serait délecté de son fluide vital, vampire carnassier de ce qu’elle était, de ce désir qu’elle faisait naitre dans ses chairs. Il n’en fit rien : pourtant, ses mots étaient semblables, en bien des aspects, à un hypnotisme vampirique. Elle serait le calice de ses envies.

-Tu me pardonneras, Sinéad. Tu feras bien plus que ça, d’ailleurs. Tu me supplieras d’effacer ces 9 années d’absence par la douceur de mes baisers et la force de mes vas-et-viens. Il ne chuchotait pas. Il n’avait pas honte de ses affirmations. C’était une certitude, pas une demande. Il le savait, elle le savait : même si elle ne l’admettait pas encore. Ne veux-tu pas entendre à quel point j’ai conscience que ce départ était stupide de ma part ? Ne veux-tu pas entendre que je n’ai jamais cessé de t’aimer ? Ne veux-tu pas entendre que tu as hanté chacune de mes nuits ? »

Et chacune de ses questions était d’une violence doucereuse tellement sournoise et perfide, qu’elle aurait été dégoûtante, si seulement ce n’était pas Derek qui les posait. Mais il était bien trop charmant. Il goûtait bien trop le vice et l’interdit, le sombre appel d’un amour diabolique. Et il savait que Sinéad ne pourrait pas y résister bien longtemps.
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Sujet: Re: Sympathy for the devil ft. Sinéad King | Jeu 16 Aoû - 17:58
- Rien ne t’obligeait à partir, pourtant. Ou pas à ma connaissance.

Délaissée et désœuvrée, il a fallu que je me ressaisisse, pour ne pas sombrer. Car l’abîme me tendait les bras, implacable. Partir était la seule solution, quitter le Maroc et les souvenirs lui étant rattachés. J’ai trouvé le refuge nécessaire auprès de Longi, Maka et Meriel, ma chère sœur. Leur générosité et celle des autres membres de la communauté ont bercé mon cœur et effacé la trahison de Derek. Et petit à petit, je me suis reconstruite, il fallait au moins deux années d’exil en pleine forêt pour dépasser la tristesse, la haine et le désespoir. J’en ai appris des choses sur moi, durant ces deux années, bien plus que de raison ! Découvrir la faillibilité de la parfaite Siobhan King de par l’existence de Meriel, découvrir aussi que la résilience n’était pas gagnée à tout jamais, apprendre encore que l’amour, je ne l’avais que dans ses bras. Car finalement, il n’y a que pour lui que j’ai tant pleuré, tapé du poing plein de rage dans la poussière du sol ; pour quitter le Maroc j’ai même mis à mal mes principes en utilisant la magie de la Terre à des fins pécuniaires. Tout pour oublier, j’aurais tout fait pour enlever uns à uns chaque souvenir de cette douce idylle, chaque étreinte, chaque promesse, chaque nuit dans ses bras, et cette lueur. Cette lueur dans ces yeux, ce regard protecteur et… aimant. Car je l’ai cru oui, j’ai cru à son amour. Mais qui abandonne la femme qu’il aime du jour au lendemain ?

Au fil du temps, je m’étais rendue à l’évidence : je ne pourrais pas oublier car malgré tout, j’aimais Derek Knight. Indubitablement. Et nul doute que je l’aimerai toute ma vie. A quoi bon oublier alors que ces instants sont les plus précieux de mon existence ? A partir de cette prise de conscience, je n’eu de cesse de ressasser notre histoire, d’en revivre les moments fondateurs et les choses toutes simples aussi de nos existences. J’ai passé du temps, également, à imaginer sa vie actuelle, à regarder les étoiles en espérant que quelque part, il les regardait aussi. Car rien n’arrive sans rien, tout est écrit dans les astres bien avant le jour de notre naissance. Et dans le ciel, tout crie que Sinéad King aime Derek Knight et vice-versa.

J’avais accepté son départ et l’éventualité de ne plus jamais le revoir. Si cela blessait mon cœur plus que de raison et torturait mon âme certaines nuits, je m’étais rendue à l’évidence. Tout serait moins vrai, moins fort, teintée de la saveur amère de l’absence de l’être adoré. Je recommençai à vivre, au contact du Kilimandjaro, puis de Renàn et enfin de la Terre de Feu et de Kali. Kali m’apporta ce réconfort nécessaire. La naïveté féroce de la jeune fille m’époustoufla dès le premier instant et si je savais d’emblée qu’il ne s’agissait pas d’amour, je me laissais quand même emporter dans le tourbillon romanesque de nos étreintes. Elle le savait, sans aucun doute, que je ne serais jamais à elle et qu’un autre avait dérobé mon cœur à tout jamais. Je le lui avais dit, car je suis honnête et je ne voulais pas qu’elle souffre. Notre séparation ne fut d’ailleurs pas particulièrement douloureuse, ni pour l’une, ni pour l’autre. Rien ne pourrait jamais égaler la peine que j’ai ressenti au départ de Derek.

Sa présence ravive tout cela, ces années d’errance pour quoi ? Obtenir la quiétude, presque et la voir piétinée par le visage tant aimé. Je ne peux souffrir ses excuses, je me dois de tenir tête, au nom du chemin parcouru. Et pourtant, rien n’est plus difficile que de soutenir son regard sans plonger dedans, de sentir son contact sans pouvoir m’y abandonner. Un geste de plus de sa part et je ne réponds plus de moi… La raison me quitte à mesure que mon cœur bat plus fort dans ma poitrine et tout ce que je peux faire, la seule solution disponible est de me détourner de lui. La rage n’a pas de sens en cet instant. Et ma colère s’estompe bien trop rapidement pour être crédible. Mentir n’a jamais été mon fort, encore moins à Derek. Je maudis alors cette incapacité de falsifier la réalité alors que lui ne s’est pas gêné pour me trahir. Nous savons tous deux que je lui pardonnerai, comme il le dit lui-même.

Comment ne pas être remuée, chamboulée par ses mots. Ses allusions imagées et crues font naître dans mon corps une soif que n’étancheront que ses baisers et la douceur de ses caresses. Une soif trop longtemps oubliée dans un corps bouillonnant de magma, bien trop vite déshydraté si abandonné. Le souffle de sa voix fait frissonner la peau de ma nuque, alors que de mes yeux perlent doucement de petites larmes cristallines. Ses mots me procurent des sensations étranges et anciennes et sa j’en sentirais presque déjà ses doigts parcourir mon corps… Qu’il est aisé pour lui de me faire renoncer à ma colère. Je tente encore les sarcasmes, même s’il est évident que je n’en suis pas coutumière au vu de la fausseté du ton employé.

- Je ne t’ai pas attendu pour ça, figure-toi.

Rien n’est plus vrai, en effet. Je ne me suis jamais privée des plaisirs de la chair, même si personne ne le remplaçait jamais… La suite de ses paroles, en revanche, achève de me faire perdre pieds et je lutte pour ne pas me retourner, pour ne pas chercher dans son regard cette lueur d’honnêteté, cette magie d’antan alors que je croyais encore à ses promesses…

- J’en ai assez Derek. Comment pourrais-je te faire confiance à nouveau ?

Je suis secouée de sanglots à présent et malgré ma lutte interne, je ne parviens pas à garder la face et à rester sur mes positions. Alors je me retourne et nos visages sont plus proches que prévus, mais rien ne compte pour le moment, rien ne compte que la peine que je ressens de ne plus pouvoir placer ma confiance dans les mains de l’homme que j’aime.

- Explique-moi, au moins… J’ai fait quelque chose ?

Car s’il est parti, c’est à cause de moi, non ?
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Sujet: Re: Sympathy for the devil ft. Sinéad King | Aujourd'hui à 4:07

Sympathy for the devil

- Derek Knight — Sinéad King -


"On the last day I took her where the wild roses grow, and she lay on the bank, the wind light as a thief. As I kissed her goodbye, I said, 'All beauty must die' and lent down and planted a rose between her teeth." Where the Wild Roses Grow - Nick Cave and the Bad Seeds
Les yeux de l’américain se perdirent, quelques secondes à peine, dans le lointain. Que répondre à une accusation justifiée ? C’était vrai, rien ne l’obligeait à partir, aucun couteau sous la gorge, aucune affaire à l’autre bout du monde qui lui intimait de s’enfuir, du jour au lendemain, sans jamais se retourner. Et pourtant. Il avait senti cette pression infime, il avait vu les yeux quelques peu accusateurs de certains de ses collaborateurs, il avait reçu les hiboux circonspects, qui demandaient à demi-mot quand est-ce qu’il reviendrait pour reprendre la place qui lui revenait de droit. Personne ne pouvait l’obliger à faire quoi que ce soit, après tout, si quelqu’un osait ne serait-ce qu’hausser le ton en présence de Sacramento, qui pouvait prétendre savoir quelles forces la silhouette encapuchonnée déchaineraient sur le pauvre fou ayant risqué de prendre l’ascendance sur le diable lui-même ? Il était parti parce qu’il le voulait bien. Parce que Sinéad le rendait faible, et ça l’avait bien plus terrorisé que ce qu’il voudrait un jour réellement admettre.

Ils étaient si proches, l’un de l’autre, que Derek devait se retenir, physiquement, de ne pas la saisir par ses poignets fins, pour la plaquer contre le mur et la clamer comme sienne. Elle le défiait, à ne pas baisser la tête et accepter ce qu’il disait comme des vérités presque bibliques. C’était pour ça qu’il l’aimait. Parce qu’elle se tenait la tête haute, malgré sa nature : parce qu’elle ne voyait pas à quel point son cœur était sombre, et qu’il risquait d’éteindre sa propre lumière en se tenant trop près de lui. Ce n’était pas de la naïveté de sa part, c’était la force du lien qui les unissait, les promesses silencieuses qui étaient dites, l’attraction indicible qui les rendaient fous, l’un comme l’autre, qui faisait jeter au vent les réserves les plus élémentaires. Ils s’aimaient, d’une manière dangereuse et malsaine, ils s’aimaient, et rien ni personne n’aurait pu les convaincre de la terrible erreur qu’ils faisaient en écoutant leurs cœurs. Car c’était évident, n’est-ce pas ? Que la rousse aurait du s’enfuir en courant, alors que les paroles prédatrices de Derek, au contraire, faisaient leur chemin dans ses pensées. Qu’il se comportait comme le dangereux sociopathe qu’il était. Mais elle voyait d’autres indices, elle s’attardait sur des éléments que d’autres, peut-être plus sensés, auraient balayés d’un revers de la main. La façon dont les yeux de Derek s’étaient illuminés, à la seconde même où ils s’étaient perdus dans ceux de la druidesse. La manière dont son corps appelait le sien. Le ton dans sa voix, qui laissait échapper tous les regrets de l’avoir abandonné.

« -Je ne te ferai pas l’affront de te mentir, Sinéad, dit-il en soupirant. Tu vaux bien plus que des excuses de circonstances et des mots vides de sens. Je suis parti, parce qu’il fallait que je parte. Parce qu’on m’a fait croire que tu me rendais faible, que tu aspirais mon essence vitale comme une vulgaire femme de mauvaise vie. On m’a trompé, Sinéad. Tu étais ma force. Tu l’es toujours.

Comme à son habitude, il rejetait la faute sur les circonstances et non sur sa propre fragilité. Car admettre qu’il n’était qu’un homme était bien trop ardu pour quelqu’un comme lui, persuadé que le sol sur lequel il marchait devenait terre bénie. Et il était si convainquant, avec ses yeux profonds et intelligents, la manière dont il avait de pencher légèrement la tête sur le côté, parfaite victime pour un parfait scénario, un point de vue sur le monde totalement subjectif.

Il pensait ce qu’il disait, et c’était le pire, dans toute cette affaire.

Mais alors que la druidesse insinuait que des mains autres que les siennes avaient laissées des marques sur son corps alangui, il pouvait sentir son sang commencer à bouillir dans ses veines. Son égo était sérieusement mis à mal par cette démone aux cheveux de feu. Qui donc avait osé toucher, ne serait-ce que poser les yeux, sur ce qui lui revenait de droit ? Il lui fallait effacer les présences, même lointaines, de ceux qui auraient désacralisés sa promise de leurs doigts sales. Il fallait qu’il recrée ses propres marques, qu’il lui rappelle qu’elle était sienne en la soumettant sous ses coups de reins et ses caresses. Ce n’était pas qu’il s’était imaginé qu’elle resterait vierge de toute passion, alors qu’il l’avait laissé. Il n’avait pas voulu y penser. Il n’avait pas voulu réfléchir à tous les autres noms qui auraient pu sortir de sa bouche alors qu’elle laissait éclater sa jouissance, lorsque seul le sien avait hanté ses nuits les plus solitaires.

Il ne répondit pas, mais ses poings se serrèrent. Son regard se noircit davantage, si c’était possible. La colère en pensant à ces visages anonymes… Il prendrait plaisir à leur ôter la vie, un à un, à les entendre le supplier de leur laisser la vie sauve sans qu’il ne leur accorde aucune miséricorde. Ils avaient fautés. Ils avaient voulu souiller cet être si angélique, et ils en paieraient le prix fort.

Il s’adoucit simplement lorsque des larmes commencèrent à couler sur ses joues. Derek posa ses pouces à la naissance de ses yeux, arrêtant dans sa course l’humidité qui roulait sur son beau visage, ses mains puissantes se rejoignant presque derrière sa tête, l’enserrant dans une étreinte qui aurait pu sembler inquiétante, pour tout le monde, sauf Sinéad. Surtout pas lorsque l’américain la regardait comme si elle était la chose la plus précieuse sur Terre, et c’était le cas.

-Ne me fais pas confiance, Sinéad. Je n’ai pas encore gagné ce droit. Fais confiance à ton cœur. Et au mien.

D’un geste tendre, il saisit sa main en partant de son épaule, faisant glisser ses doigts le long de son bras, ressentant l’épiderme frissonnant sous son toucher. Il la posa sur sa poitrine, qui résonnait des palpitations que sa présence, si près de lui, créait dans l’ensemble de son corps. Il l’aimait tellement, que ça en faisait mal, et c’était la raison pour laquelle il voulait lui rendre la pareille. La souiller, la faire autant gémir de douleur que crier de plaisir, pour la punir de tous ces sentiments qu’elle faisait naitre en lui. Elle l’avait autant damné, qu’il était la damnation lui-même.

Et s’il ne répondit pas à sa dernière question, qui n’avait pas lieu d’être puisqu’elle n’avait rien fait d’autre que d’être si splendidement elle, cela ne l’empêcha pas de rompre la distance qui séparait leur deux visages, pour s’arrêter à quelques centimètres à peine de ses lèvres entrouvertes. Il ne l’embrasserait pas. Il voulait que ce soit elle qui vienne à lui, qui admette qu’elle n’était rien sans lui et que tous les autres n’avaient été que des ersatz de ce qu’il lui faisait ressentir. C’était le maitre, et le maitre n’admettait pas de partager ses possessions.

-Tu l’entends, mon amour ? Tu le sens, contre ta cuisse ?  Tu le ressens, traverser mon corps pour se mélanger au tien ? »

Sa voix rauque était si basse qu’elle aurait pu sembler être un écho de l’imagination de Sinéad, si seulement elle ne représentaiet pas exactement la position de Derek, son souffle chaud, son membre brûlant, les battements de son cœur, ses envies aussi assassines que passionnelles. Ils n’étaient qu’un, et il était bien déterminer à lui rappeler cette vérité pourtant primaire.
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Sujet: Re: Sympathy for the devil ft. Sinéad King | 
Sympathy for the devil ft. Sinéad King
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