I'm beautiful in my way, cause God makes no mistakes ft. Tatiana L. Voronkova

Adrasteia N. Rosieravatar
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Sujet: I'm beautiful in my way, cause God makes no mistakes ft. Tatiana L. Voronkova | Sam 28 Juil - 21:47
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I'm beautiful in my way, god makes no mistakes
She rolled my hair and put my lipstick on, in the glass of her boudoir. "There's nothing wrong with loving who you are" She said, "'Cause He made you perfect, babe. So hold your head up, girl, and you'll go far, listen to me when I say  you're on the right track, youre we're born to survive. Don't hide yourself in regret, just love yourself and you're set. You were born to be brave . xxxmots
I'm beautiful in my way, cause God makes no mistakes

E
lle poussa un énième soupir. D'une prunelle vorace à l'impatience infernale, la Slave s'agaçait continuellement à furtivement surveiller les aiguilles d'une horloge dont elle n'avait pourtant pas l'autorisation de regarder. Et d'un mécontentement manifeste, ses lippes s'étaient ourlées, reportant subitement sa pupille sur ce ventre à la peau tendue qu'elle tentait d'apaiser d'une paume caressante. Parce que le temps passait si lentement, interminablement. Il était parti, dans un exil volontaire qui devait lui permettre de trouver réponse à des questions que lui seul connaissait le sujet. Une retraite spirituelle, qu'il disait, pour se remettre en question, avant le grand jour. Trois jours durant, avant ce moment où il pourrait finalement la clamer comme sa femme, la sienne, à lui seul et rien qu'à lui. S'il avait été avisé par la sagesse de leur entourage, d'éviter de lui poser davantage de questions sur la situation, il était sans équivoque justifié par l'inquiétude et l'angoisse étouffante que la sorcière intériorisait difficilement depuis l'instant où il avait quitté son orbite. Et elle était nerveuse, succombant aux perpétuelles prédictions d'un avenir funeste qui s'accrochait à sa peau depuis sa naissance. Parce qu'elle avait l'agressante impression qu'elle allait bientôt fendre, la peau de ce ventre, au point qu'elle devait user de toutes ses forces pour ne pas s'abandonner dans une séance de grattements frénétiques qu'elle avait déjà traversé au début de la semaine, massacrant quelques minutes de soulagements orgasmiques indescriptibles ... Jusqu'à ce qu'un Rosier inattendu débarque dans la chambre et la menace de lui couper les doigts s'il découvrait qu'elle reproduisait l'incident.

Mais il n'était pas là, ce Rosier tant attendu, pour pouvoir mettre à exécution ses promesses tyranniques qu'il grondait ici et là, hier et demain, mais pas aujourd'hui. Et s'il n'y avait pas... de demain... ? Et si les hiers répétitifs venaient à bout de sa patience et son affection pour réaliser qu'il n'y avait pas une pire erreur qu'un demain avec elle ? Encore, un soupire, encore une œillade sur cette horloge qui indubitablement devait faire erreur sur l'heure qu'elle affichait.

Et d'une plainte dissimulée sous des marmonnements décousus et insensés pour quiconque ne lisait pas ses pensées, la Slave se redressa maladroitement sur ses pieds pour faire les cent pas dans la pièce du salon, dépassant la petite tête ensevelie sous d'innombrables boîtes qui trônaient d'un désordre monumentale au centre de la salle. Des boîtes à elle, des boîtes à elle. Un ramassis incroyable d'un elles qui semblaient se fusionner en un chaos exaspérant pour la Nymphe qui semblait s'affecter illogiquement d'un malaise causé par cette fraction de possessions qu'elle n'avait pas eu le courtage d'installer au cours des douze derniers mois. D'abord par incertitudes, parce que passer deux ans à fuir et n'avoir aucun port d'attache instaurait forcément d'énormes insécurités plus ou moins raisonnables. Un ramassis incroyable d'un elles qui semblaient se fusionner en un chaos exaspérant pour la Nymphe qui semblait s'affecter illogiquement d'un malaise causé par cette fraction de possessions qu'elle n'avait pas eu le courtage d'installer au cours des douze derniers mois. Éventuellement, par paranoïa, parce qu'elle avait conclu que plus d'objets et meubles combleraient les pièces, plus difficile serait-il de l'avoir à l'œil. Et puis finalement par la force des choses, parce qu'il était évident qu'il était inutile de s'installer à ses aises dans un appartement qu'elle fréquentait si peu. Tout, comme il lui semblait inapproprié d'envahir le domaine des Rosier, même s'il était inconvénient de revenir chaque fois pour s'acquérir d'un objet désiré... il n'en restait pas moins qu'elle n'arrivait pas à faire autrement que de percevoir comme une invitée parmi les membres de la famille. Non par l'attitude des maîtres des lieux, encore moins par quelconques sous-entendus de la part de Léandre sur le sujet... ce n'était simplement pas chez elle...

Tout comme elle n'était pas certaine que cet endroit pouvait se décrire davantage comme un chez-soi. Du moins, avant.

Avant elle.

Sans doute, avait-elle finalement atteint le fin fond du comble de l'ironie de sa vie. Dévaler les monts et les vallées pendant deux ans, cinq mois et six jours pour échapper à sa grippe. Huit cent quatre-vingt-neuf jours, pour revendiquer ses droits sur sa propre destinée en reniant le dessein patriarcal. Mille quarante-trois jours, pour accomplir les dernières volontés de Konstantin - à sa connaissance - vingt-six juillet deux ans au par avant.

À vingt-quatre heures près, de prendre pour époux un aristocrate au sang pur plus vertigineux que ne l'étaient pas ses envies de grandeurs, honorable et honoré, qui présenterait sa fille au reste du monde comme un précieux joyau. À fonder une famille, pour assurer plus ou moins, moins que plus, que leur nom ne tomberait pas dans l'oubli, continuant à fructifier sa fortune de sa réputation.

Peut-être était-ce qui la dérangeait autant finalement, l'irritante sensation d'être vexée par un regret auquel elle n'arrivait pas à s'expliquer depuis son arrivée. Et peut-être était-ce finalement enfin le temps de mettre les mots sur ces maux, et de s'avouer silencieusement que ce qui l'importunait, d'une agressante amertume peignant grossièrement les esquisses de sa psyché.

Qu'il était contrariant, pour ainsi dire, de se sentir chez soi la veille du moment fatidique qu'elle avait tant lorgné depuis la toute première fois qu'elle avait goûté les lèvres de Rosier fils. Et qu'il était désappointant de réaliser qu'elle n'avait jamais ressenti ce sentiment d'appartenance, autrement que depuis les prémisses de sa tendre enfance. Parce que c'était bien ce dont il était question non ? De ces deux lunes scintillantes, elle lui rappelait les flammes léchant les parois de la cheminée, les notes distordues d'un piano désacordé qui résonnaient jusqu'à ce que la maisonnée s'impose de sa prestance par ce silence emplissant les couloirs où il n'y avait plus d'âme qui vive. Et elle était ce qui lui semblait le plus près d'une famille. Plus proche de ces premières années où le meilleur moment de la semaine, subsistait dans les rayons d'un astre argenté caressant sa peau, assise aussi droite que fière devant la fenêtre donnant sur le jardin à profiter de chaque coup de brosse filant dans ses cheveux, lorsque sa mère se sentait d'humeur seulement.

Et qu'elle se sentait vaciller vers l'amarescence, claquant le bout de sa langue contre son palais. Exacerbée surplombée d'impatience qu'elle manifestait d'un claquage sonore amplifié par la pièce dénuée du moindre indice d'avoir abrité la sorcière pendant cinq mois durant. De ses bras croisés appuyés sur ce ventre maintenant bien rond, quoi que petit considérant qu'elle débutait aujourd'hui sa trente et unième semaine de grossesse, l'oiselle de malheur s'arrêta distraitement devant l'une de ses boîtes disposées pour faire un premier triage des objets pouvant accommoder la jeune Russkie qu'elle prenait sous son toit. [i]Elle /i], qui apportait avec ses effets personnels, une nouvelle dimension qui accentuait ses humeurs instables d'un mécontentement qu'elle n'osait toutefois pas manifester à voix haute. Et de ses fins doigts tordus par les mélodies aux teintes d'ivoires, la Nymphe laissa s'échapper une exclamation enfin suffisamment enchantée par sa trouvaille qu'elle extorquait d'entre les morts. Et ce n'est qu'après avoir admiré l'espace d'une éternité, les détails et dorures peintes à la main, qu'elle s'était retournée pour s'approcher au plus rapide que sa démarche disgracieuse et malhabile qu'incombait la petite pousse au creux de son ventre.
« Tatiana ! Viens, prends une pause ... Viens, prends une pause ... »

De ses mains délicates, la Slave s'amusait à ouvrir le paquet de cartes en éventail, de manière à présenter sa trouvaille à la plus jeune d'un enthousiasme perçant.

« Ces cartes, c'est Babushka qui me les a offertes. Elle les a peintes elle-même quand elle avait environs ton âge. Mhm je ne crois pas que tu l'aies rencontré... la plus part du temps, c'était chez elle que nous allions et rarement le contraire. Puis elle est décédée quand j'étais très jeune... Peut-être sept ou huit ans. Toujours est-il que c'est la seule Raventhrone - hormis Laurentius - que j'aimais profondément. Si tu savais le nombre de fois qu'elle m'a couverte, pour mes bêtises ... c'étaient les seuls moments où Konstantin n'osait pas proclamer les jumeaux blancs comme neige. Jamais personne ne défiait Babushka. Jamais. »

L'aristocrate haussa les épaules, comme s'il était question de se convaincre qu'il était inutile de regretter ce temps passé. De toute façon il était mort lui aussi, alors à quoi bon revêtir la mélancolie puisqu'il n'y aurait plus jamais de moments où il pourrait montrer injustement son favoritisme. Et puis elle haussa un sourcil, soudainement, le coin de ses lèvres s'étirant d'un sourire malicieux.

« Si tu veux... je pourrais même te montrer comment faire. Ça ne demande pas de magie... c'est uniquement une question d'énergies et de composer une histoire avec les éléments qui te sont imposés. Tu as l'œil aussi artistique que le mien, ça te sera si aisé... et puis ensuite peut-être tu pourras arnaquer les gens sur le bord de la route pour obtenir des sous pour te nourrir quand tu commenceras à parcourir le monde pour jouer ta musique ! Tu as l'œil aussi artistique que le mien, ça te sera si aisé... »
Et puis ses épaules s'étaient secouées, un léger rire chatouillant le creux de sa gorge alors qu'elle s'empressait de secouer la tête en négation.

« Je plaisante... jamais je ne te laisserais vivre comme une va nue pied. Les plus beaux hôtels pour la plus jolie violoniste d'Atlantis ! »



Gonna love you until it hurts,
just to get you I'm doing whatever works, that'll bring you to your knees, praise Jesus, hallelujah. I'ma make you beg for it, plead for it, I want you to fiend for it, wake up and dream for it, 'Til it got you gasping for air and you lean forward. If it's yours and you want it, I want it, promise I need that. 'Till I'm everywhere that you be at, I can't fall back or quit, cause this is fatal attraction, so I take it all or I don't want a shit
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Sujet: Re: I'm beautiful in my way, cause God makes no mistakes ft. Tatiana L. Voronkova | Mer 15 Aoû - 17:23


i’m beautiful in my way
24 décembre 2000 § ft. Adrasteia N. Rosier
Elle était marrante, quand même, la vie. Elle vous observait au fil du temps, notait tout ce qu’il y avait à savoir sur vous et encaissait ces informations pour une utilité lointaine. Elle vous regardait avancer au fil du temps, suivant inconsciemment le chemin du destin déjà tout tracé, tout décidé. Elle s’amusait de vous voir lutter contre une histoire pré-écrite, de vous voir essayer de fuir la voie de votre avenir. Elle ajoutait à votre parcours des épreuves parfois enrichissantes, parfois épuisantes. Et une fois qu’elle s’assurait que vous ayez abandonné la bataille, que vous ayez cessé de lutter contre une force vous étant grandement supérieure, elle vous laissait tomber. Tout simplement, tout bonnement.

C’est ce qu’elle avait fait avec Tatiana. Elle l’avait envoyée dans une famille qui ne voulait pas d’elle ; l’avait forcée à naître d’une mère malade et l’avait jetée dans les bras d’un père fourbe et calculateur. Elle l’avait forcée à grandir dans l’ombre des autres enfants du domaine, l’avait obligée à récurer l’assiette que sa propre soeur avait salie. Elle l’avait cachée de tout contact extérieur pendant des années, lui avait forgé une histoire, un passé fictif qui fût connu de tous. Et elle l’avait maudite de connaître la vérité et d’être contrainte à n’en glisser aucun mot, aucun indice. Elle lui avait donné une raison de vivre, des années plus tard, en mettant Nikolaï sur son chemin. Mais tôt, bien trop tôt, elle lui avait rappelé qu’elle n’était qu’un souillon en transformant son bonheur en corvée. De servante à marionnette, elle se plaisait fort trop bien à remodeler Anya à l’image de ses envies. Elle l’avait affligée d’une vie honteuse, et d’une histoire lui rappelant sans cesse sa véritable origine.

Elle n’avait jamais été une enfant moldue aux parents appauvris. Elle n’avait jamais été laissée devant la porte de Konstantin. Il n’avait jamais fait le choix de l'accueillir généreusement, ni de lui faire une place au sein de son équipe pour lui éviter l’orphelinat. Non. Rien de tout ça n’était vrai. Il l’avait prise car il n’avait pas le choix. Il l’avait prise par obligation légale. Il l’avait prise car elle était sienne.

Elle avait grandi dans l’ombre de ses frères et soeurs. Elle avait grandi en n’apprenant qu’une fraction de leurs leçons, qu’en ne mangeant qu’une portion de leurs repas, en ne partageant qu’une infime partie de leurs privilèges. Elle avait prié pour se sortir de sa misère, joué pour oublier qu’elle ne s’échapperait jamais. Elle avait écrit et composé des pièces pour compenser de son analphabétisme, lu et relu des partitions pour se faire pardonner de tous ces livres qu’elle ne comprendrait jamais. Elle avait maudit, tellement maudit cette vie qui prenait plaisir à la voir souffrir, à la voir détester. En ses veines, ce n’était plus du sang qui coulait, mais de la haine. Pure, dure, tenace, qui ne la lâchera pas avant des années. Qui ne l’a toujours pas lâchée à ce jour. Mais putain qu’elle l’aimait, sa haine.

Elle était sa force. Elle ne l’avait jamais abandonnée, elle. Non, jamais. Elle continuait d’être son fidèle carburant au fil des jours, de donner à chaque moment une raison d’être. Anya avait fini par quitter le manoir des Raventhrone avec pour seul bagage son violon et sa haine. Elle avait vagabondé dans Londres sans un sou, mais pleine d’aversion. Elle jouait pour amadouer les humains, pour se sentir appréciée un minimum, mais chaque belle attention n’était pas suffisante pour déjouer cette haine qui consumait son âme un peu plus chaque jour.

Même Irving n’avait pas su éteindre ce feu qui la brûlait de l’intérieur, malgré ses instincts paternels et ses bonnes intentions. Il l’avait regardée, impuissant, devenir cet espèce de pantin qu’elle était devenue. Gloriam avait accueilli sa haine à bras ouverts et lui avait même assurée qu’elle avait raison d’être. Ils avaient bercé cette colère, l’avait encouragée, l’avait fait grandir. Et ils avaient fait de Tatiana cette jeune femme complètement manipulée, aveuglée par les belles paroles et la douleur du passé.

Et puis elle était réapparue sur son chemin. Il y avait un an, déjà. Elle semblait fuir, elle aussi. Vagabonder dans Londres, comme une âme perdue. Anya, presque, semblait plus stable qu’elle. Elles avaient discuté brièvement de choses futiles, avec une attention presque censurée ; pas trop investies, pas trop détachées, elles avaient retrouvé cette distance modérée qu’elles avaient installées depuis leur enfance. Puis elles s’étaient séparées à nouveau, reprenant chacune de leur côté ces vies déconcertantes qu’elles menaient.

Il avait fallu des mois avant que le destin ne décide de les rapprocher à nouveau. Une offre impossible à refuser, une promesse d’une vie meilleure et la chance de recommencer à zéro avait forcé Anya à renouer contact avec cette soeur qui ne la connaîtra jamais vraiment, mais qui s’était malgré tout proposé à la soutenir en cas de besoin. Atlantis avait été la médiatrice de la vie de la jeune Slave, tranchant entre le passé qu’on avait choisit pour elle et l’avenir qu’elle décidait de tracer elle-même. Mais les logements coûtaient cher et l'orchestre ne pouvait lui offrir un gros salaire. Alors, elle avait dû écraser son orgueil pour une énième fois et se tourner vers la Raventhrone, qui lui avait proposé son domicile inoccupé.

Et les voilà donc, au coeur d’un salon ensevelies de boîtes appartenant plus à Adrasteia qu’à la nouvelle locataire. Assise au sol au centre de la pièce, la jeune fille triait ses maigres affaires personnelles, tandis que l’ainée semblait chercher obstinément quelque chose en particulier. Il était triste tout de même, de constater la sobriété des effets d’Anya. À dix-huit ans, normalement, les demoiselles possédaient tout de même plusieurs morceaux de vêtements, souvenirs et photos. Un journal intime, peut-être, aussi. Quelques escarpins, un fer à gaufrer. Un téléphone portable peut-être, même, de nos jours! Mais Anya n’avait rien de cela. De la vaisselle d’occasion offerte par Irving, quelques hauts et pantalons usagés de Sarah, des accessoires pour violon et des partitions vierges et gribouillées à la tonne. Quelques vases de verre, des carnets remplis. Et cachée sous son lit, sa valise pleine de son matériel particulier.

Entre les montagnes de boîtes, les vagues de la chevelure d’Anya ne semblaient qu’onduler au gré de ses mouvements de tête, et Adrasteia ne vit que son front lorsqu’elle l’appela à la rejoindre. Une pause, qu’elle disait. Elle n’avait pas besoin de pause! Ce n’était pas elle qui était enceinte jusqu’au cou. Mais elle avait appris très tôt à ne pas offusquer la future mère, alors elle se mit péniblement sur pieds et s’approcha de son aînée.

Entre ses doigts frêles, de magnifiques cartes artisanales reposaient, la dorure de leur couverture ondulant au fil des mouvements de la Slave et de la lumière qui l’embrassait. Elle ne connaissait que trop bien cet objet ; dans les rues de Londres, chacun devait faire preuve d’imagination pour attirer les passants de plus en plus difficiles à impressionner. Entre les magiciens et les musiciens, les diseurs de bonne aventure occupaient une place de choix chez les mendiants. Ces cartes, c'est Babushka qui me les a offertes. Elle les a peintes elle-même quand elle avait environs ton âge. Fascinant. Elles étaient donc véritablement peintes à la main! Anya s’approcha doucement du paquet, tandis qu’Adrasteia racontait les souvenirs de son aîné. Effectivement, jamais elle n’avait rencontré Babushka. Or, à entendre ce que la jeune femme en avait à dire, en s’en trouva presque à le regretter. « Vraiment? lança-t-elle en relevant le sourcil. C’est surprenant. Je croyais que personne pouvait vraiment intimider le maître. J’suis bien contente d’apprendre qu’il avait une faiblesse! » Elle émit un petit rire, qui se coinça dans sa gorge. Elle devait être prudente lorsqu’elle parlait de Konstantin. Le moins elle le mentionnait, le moins on la soupçonnerait. « Elle avait l’air d’être une femme de caractère. J’suis presque déçue de pas l’avoir rencontrée. »

Si tu veux... je pourrais même te montrer comment faire. Ça ne demande pas de magie... c'est uniquement une question d'énergies et de composer une histoire avec les éléments qui te sont imposés. Oh, elle avait déjà appris. Elle savait parfaitement comment tirer le tarot, ayant partagé ses jours et ses nuits avec les autres sans-abris de Londres. Mais l’étincelle qui avait allumé le regard de l’aristocrate l’empêcha de dire quoi que ce soit et elle se contenta d'hocher la tête avec un sourire. Tu as l'œil aussi artistique que le mien, ça te sera si aisé… ah ça, pour être aisé! Elle avait l’imagination débordante, et elle ne demandait qu’à obtenir une chance de la laisser s’exprim- et puis ensuite peut-être tu pourras arnaquer les gens sur le bord de la route pour obtenir des sous pour te nourrir quand tu commenceras à parcourir le monde pour jouer ta musique ! Et elle s’était mise à rire doucement, franchement, gracieusement, tandis qu’Anya ne fit que baisser la tête. Était-ce tout ce qu’elle voyait? Une arnaqueuse? Un rat d’égoût? Qu’une artiste non accomplie qui ne saura même pas survivre de sa musique? Était-ce vraiment tout ce que l’on pouvait imaginer, lorsqu’on croisait son visage? La rue avait-elle tant encrée son visage encore si jeune? Et pourtant, Adrasteia secouait la tête, assurant qu’elle ne faisait que taquiner et que jamais elle ne la laisserait vivre sans le sou. Mais encore, qu’insinuait-elle? Qu’en plus de ne pas survenir à ses propres besoins, Anya devrait compter sur elle pour la sortir de la misère?

Mais elle ne laisserait pas montrer qu’elle était blessée. Elle ne fit que laisser passer un ricanement or de sa gorge serrée, et tandis la main pour saisir l’une des cartes que tenait Adrasteia, face cachée. Elle en coinça une entre son index et son majeur, la fit pivoter pour observer le résultat et ne put cacher son sourire lorsqu’elle la présenta à la Slave. « Le Monde, fit-elle fièrement. Symbole de réussite et de savoir faire, mais aussi de grandeur. J’apprécie ton aide, Adra, mais je ne me souviens pas t’avoir vu te soucier de mon sort lorsque j’étais vraiment une va nus pieds. » Mais tout de suite, elle balaya l’air de sa main. « Je dis pas ça par rancune. Juste que j’ai appris à me débrouiller. Et tout ça, ajouta-t-elle en ouvrant les bras, n’est que temporaire. Mais encore, j’apprécie.

Elle se remit debout quelques instants, déterminée à poursuivre le travail, mais voyant bien que la pauvre femme, grosse jusqu’au cou, ne semblait pas prête à s’y remettre, elle reprit position à ses côtés. « Tu parles de Babuska, mais as-tu des anecdotes sur ta mère? De quoi elle avait l’air avant qu’elle… tu sais. Ne tombes malade? Ce sera ton tour, bientôt… Tu as des souvenirs de ce à quoi ça ressemble, une mère? »
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