CHACUN SON DRAME ᚋ SEBASTIAN.

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Sujet: CHACUN SON DRAME ᚋ SEBASTIAN. | Mar 3 Juil - 15:29


CHACUN SON DRAME

« Qui aurait cru qu’on se retrouverait à Atlantis ! » disait la lettre. « Il faut absolument qu’on se voit. » Qu’on se voit. On ? On… Et plus loin : « J’ai tellement hâte de vous revoir… Monsieur et Madame Wayne ! » Mais on ne se verra pas, Sebastian. On ne se verra certainement pas.

Peter avala les dernières gouttes d’un Tronçonnœil . Elles lui brûlèrent la langue comme de l’essence. Il n’aimait pas l’alcool – il n’avait jamais aimé cela – alors pourquoi en était-il déjà à son deuxième verre ? Tapi dans l’ombre, là où Sebastian et lui s’étaient donné rendez-vous, il attendait, éteint. Sa bouche le piquait. C’était absurde. Boire était absurde, et être venu ici était absurde. Être venu une heure plus tôt pour boire seul, ça aussi… ça aussi, c’était absurde. Autour de lui, les contours du bar se mouvaient comme une aquarelle – c’était une des propriétés de cet alcool magique. Toutes les couleurs semblaient plus vives, et elles brillaient comme si le monde avait revêtu un manteau de paillettes. Mais ici, dans le coin le plus sombre du Scottish In, les couleurs étaient recouvertes par l’obscurité. Le noir pouvait-il sembler plus noir ? Aux yeux de Peter, il devenait profond, comme un gouffre vertigineux au dessus duquel il se penchait – un vide abyssal, terrible, sans espoir. La nuit était entrée dans le bar et elle entourait Peter de ses bras. Il se sentait habillé de noirceur.

Combien d’années déjà ? Il avait essayé de compter, mais les chiffres s’échappaient de sa tête. Dix ans, peut-être. Dix années que lui et Sebastian ne s’étaient pas vus. D’abord, il y avait eu quelques hiboux, il ne pouvait rien manquer des incroyables prouesses du champion de Quidditch. Il attendait les lettres – il attendait les succès comme s’ils étaient les siens... Puis, les messages s’espacèrent. Bientôt, ce ne fut plus qu’aux grandes occasions, et enfin, ce ne fut plus rien. Oh, tu sais, c’est comme ça, il ne faut pas trop attendre de Sebastian. Il vit l’instant présent. avait dit Laura lorsque leur ancien ami avait décliné leur invitation au mariage. Vivre l’instant présent ? avait ricané Peter, Oui, tant qu’il est loin de la guerre et loin de nous. Bien sûr… L’amertume lui coulait dans la gorge. A cet instant précis, il y eut un tournant dans son rapport à Sebastian : il ne pensait pas pouvoir être davantage déçu. En un instant, le ressentiment prit de plus en plus d’ampleur, il se gonfla comme un ballon et soudain, il céda en criant « c’est fini » ! Pour Sebastian, cela avait été fini depuis longtemps, mais comme toujours, Peter, lui, était lent et idiot. Alors, cela devait être fini pour eux deux.

Monsieur et Madame Wayne

Sans prévenir, Peter gloussa, sans savoir s’il s’agissait d’un rire ou d’un sanglot, jusqu'à ce que les larmes débordent de ses yeux. Deux d'entre elles roulèrent sur ses joues, et Peter se frotta le visage d’un geste si violent qu’il aurait pu s’en arracher la peau. Pas de larmes. Plus de larmes. Il les ravala, et se souvint alors pourquoi il avait commandé les Tronçonnœils : pour brûler ce monstre de peine qui remontait le long de sa gorge.

Monsieur et Madame

La porte s’ouvrit à la volée ; Peter sursauta et se colla un peu plus contre le dossier de la banquette. Il n’avait pas envie de le voir. Il n’aurait jamais dû répondre à l’invitation…

Monsieur et…

Il gardait les yeux baissés sur son verre. Dans le bar, il y eut une vague d’enthousiasme, puis le pas lourd, certain, royal, de Sebastian O’Connor. Peter pinça les lèvres lorsqu’il sentit l’ombre imposante du champion se poser sur lui. Il masquait les derniers rayons de lumière qui illuminaient le coin. Peter resta assis, comme s’il était en proie à un malaise. Il prit une grande inspiration, saccadée et tremblante, et releva enfin les yeux vers Sebastian qui souriait.

Peter, lui, garda les lèvres pincées pour les éviter de trembler.


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Sujet: Re: CHACUN SON DRAME ᚋ SEBASTIAN. | Mer 4 Juil - 23:47

Chacun son drame

- Sebastian M. O'Connor — Peter W. Wayne -


"Le souvenir est une rose au parfum discret que l'on arrose avec les larmes du regret."  Claire Malesset
L’irlandais ne pouvait s’empêcher de se demander, dans les heures les plus sombres de la nuit, durant ces moments où la fiction se mélange à la réalité pour qu’il ne reste plus que des fragments d’ "et si" et de pourquoi, ce que serait devenu sa vie si ce scout ne l’avait pas repéré, lors de sa sixième année à Poudlard. Le Quidditch, ça avait été toute sa vie, dès le moment où son pied avait frappé le sol pour qu’il puisse s’élever dans les airs. Lui, le petit blondinet renié par sa famille, loin d’être brillant à l’école, trop naïf et sympathique pour son propre bien, aurait-il réussi à trouver sa place sur cette Terre si hostile ? Rien n’était moins sûr. La célébrité l’avait protégé, quelque part. Si elle l’avait confronté à la curiosité maladive des journalistes, aux intrusions dans sa vie privée, et au fait de devoir surveiller le moindre de ses faits et gestes, elle lui avait également donné la richesse, le pouvoir, la possibilité de voyager aux quatre coins du monde, la protection durant la guerre contre Voldemort, même, un statut quasi-divin auprès des fans de sport. Et aujourd’hui, s’il faisait le point sur sa vie, ce qu’il avait enduré, Sebastian n’aurait pu que se dire que, décidément, il avait eu de la chance. Il n’avait rien fait de particulier pour mériter cette existence tant recherchée, à part être doué pour rentrer un ballon à l’intérieur d’un anneau.

La vie est injuste, c’est ainsi. Dans un monde idéal, quelqu’un de bien plus méritant se serait retrouvé à sa place. Les erreurs, lui les connaissait, très bien même, car son adolescence en avait été jonchée, de maladresses à des actes qu’il regrettait encore amèrement aujourd’hui. Il ne pouvait que regarder en arrière en songeant qu’il devait faire mieux, car peut-être avait-il muri, mais certainement pas assez, la preuve étant qu’il avait presque 30 ans, et n’arrivait toujours pas à être honnête sur ce qu’il aimait, sur ce qu’il était. Le courageux Gryffondor, hein : illusion, ou plutôt, désillusion. Sebastian n’était pas encore assez fort pour faire ce pas en avant, ce bond dans le vide, alors, peut-être pouvait-il réparer une autre de ses impairs.

Peter était un de ceux là. Un oubli de sa part, qui s’était transformé en un silence pesant, une fracture silencieuse entre l’enfant qu’il avait été et l’adulte qu’il avait désespérément voulu être. A Poudlard, pourtant, ils étaient aussi proches que deux amis auraient pu le devenir. Depuis le moment de leur rencontre, jusqu’au départ de Sebastian pour les Tornades de Tutshill, ils avaient grandis au contact de l’autre, s’épanouissant dans leurs conversations et leurs apprentissages mutuels. Le Poufsouffle assidu et timide, et lui, le Gryffondor irréfléchi et solaire, une paire improbable, mais qui avait marché, dans le microcosme social qu’était l’école de sorcellerie. S’ils avaient perdus contact, c’était la faute du joueur de Quidditch. Il n’y avait personne d’autre à blâmer que son caractère insouciant, et son manque flagrant de maturité.

Il ne savait plus vraiment pourquoi il avait pensé à lui, il y avait de cela quelques semaines seulement. Peut-être avait-il vu quelqu’un dans la rue qui, inconsciemment, lui avait fait penser à lui ; qu’une jeune femme avait crié "Peter" de la même manière que Laura le faisait, lorsque les deux Gryffondors le retrouvaient chaque matin, dans la Grande Salle, avec une bonne dose d’enthousiasme et une pointe d’affection qu’elle n’avait pas besoin de dissimuler ; ou, simplement, peut-être que Merlin avait décidé qu’il était temps. Toujours est-il que le visage de son ancien ami était revenu le hanter, et il avait donc décidé d’en parler à son manager. Il fallait qu’il le retrouve, qu’il rattrape le temps perdu : qu’il répare ses erreurs passés. Car la rédemption absolvait les pêchés, pas vrai ? C’était en tout cas ce qu’on lui avait appris, dans son éducation catholique bien propre sur elle.

Le manager avait bien fait son travail, et Sebastian avait eu la surprise d’apprendre que lui aussi habitait à Atlantis. Il aurait pu le croiser un millier de fois dans la rue : peut-être même s’était-il rendu dans les gradins, lors de la Coupe d’Europe, et qu’il avait posé les yeux sur lui alors qu’il se trouvait à des centaines de mètres du sol, sans se douter qu’il s’agissait de lui. Peter devait lui en vouloir, et il avait bien raison. A moins qu’il n’ait complétement tourné la page, et qu’il ne soit pour lui plus qu’un lointain souvenir, qui ne méritait même pas d’avoir une véritable place dans sa mémoire. L’irlandais n’était pas sûr de ce qui serait le pire. En tout cas, il lui avait envoyé une lettre, un long hibou, chargé non pas d’excuses, mais d’enthousiasme, de joie à l’idée de le revoir. Il lui ferait part de ses regrets de vive voix, car l’ancien Poufsouffle le méritait, tout comme Laura, d’ailleurs. Sebastian se demandait encore comment il avait pu avoir l’audace de refuser l’invitation à leur mariage. Probablement que, dans le tumulte de sa folle jeunesse, il ne s’était pas douté qu’il viendrait à regretter amèrement ses actes, mais cela ne les excusait en rien, tout au plus, cela les expliquait.

Et Peter avait accepté. Un poids s’était levé de sur ses épaules, un poids dont il n’avait même pas conscience, jusqu’à ce qu’il s’envole par lui-même. Alors qu’il se rendait au Scottish Inn d’un pas décidé, s’arrêtant tous les quelques mètres pour signer un autographe ou faire une photo, il ne savait pas encore comment aller se dérouler cette rencontre, mais il était sûr d’une chose : s’il ne méritait pas forcément l’expiation, il se devait d’essayer de l’obtenir.

La porte grinça, et il pénétra dans le pub. Quelques clients, mais pas tellement ; de la musique, mais pas trop forte ; une ambiance festive, mais pas délurée. Juste ce qu’il fallait, un parfait équilibre. Etait-ce un signe ? Si Dieu l’avait toujours ménagé, pourquoi s’arrêterait-il en si bon chemin, après tout ? Le cœur remplit de cette innocence qui le caractérisait, il s’avança à l’intérieur de l’établissement, jusqu’à apercevoir Peter, dans une banquette, un peu à l’écart. Il n’avait pas changé : enfin si, bien sûr, mais il l’aurait reconnu sans aucun problème, car il avait encore toutes ces petites choses qui, misent bout à bout, formaient l’ami qu’il avait tant chéri. Sans hésiter, Sebastian s’approcha, avant de s’asseoir en face de lui, un sourire tellement large sur le visage qu’il aurait pu éclairer la pièce entière.

« -Peter Wayne. J’ai du mal à croire que c’est bien toi, même si je pourrais reconnaitre ces tâches de rousseur entre mille, dit-il en guise de salutation. Car quel était le protocole, dans ces cas là ? Lui serrer la main ? Cela semblait trop formel, trop gauche. Le serrer dans ses bras ? Peut-être un peu trop violent. Il se contenta donc de le regarder, avec ce visage bien trop parfait et ce sourire qui lui avait valu tant de compliments dans les magazines people. Tu es tout seul ? Laura n’est pas avec toi ? »

L’irlandais avait bien précisé qu’il aurait aimé voir sa femme, aussi, mais il se doutait qu’en tant qu’Auror, elle était très prise. C’était ce à quoi elle se destinait, s’il se rappelait bien de ses missives, et il ne doutait pas qu’elle avait réussit à atteindre ce but, douée comme elle l'était.
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Sujet: Re: CHACUN SON DRAME ᚋ SEBASTIAN. | Sam 7 Juil - 17:21
Peter garda les lèvres scellées tandis que le champion de Quidditch s’installait face à lui. Il était toujours aussi beau. Bonne mine. Il irradiait de ce petit quelque chose qu’ont les gens qui ont réussi et qui en jouent, une sorte d’assurance habituelle, un peu comme si le monde leur était dû. Cet air, Sebastian l’avait déjà à Poudlard, mais il était alors neuf, presque naïf – l'habit d'un succès extraordinaire. Un rêve, encore… Mais aujourd’hui ? Aujourd’hui, Sebastian était le succès. Il avait déjà tout. Que pouvait-il bien lui rester ?

L’amertume tordait les lèvres de Peter en un sourire contraint. Il continuait de les pincer pour leur éviter de trembler. Peter Wayne… Oui, c’était bien lui. Peter Wayne et ses tâches de rousseur qui lui avaient valu tant de moqueries. « Qu’est-ce qui a changé ? » demanda-t-il, à mi-voix, mais brusquement. Son ton était grave et sa voix glaciale. Le sourire commercial de Sebastian le frappait en plein cœur. Etait-ce tout ce qu’il restait de son ami ? Etait-ce tout ce qu’il méritait ? Un sourire de catalogue et une phrase aussi plate que superficielle ? Les lèvres de Peter tirèrent vers le bas. Il fixait Sebastian comme s’il avait été sa plus grande déception.

A l’évocation de Laura, il baissa les yeux. Ses mains étaient posées sur la table, juste devant lui, paumes contre le bois. Il se passait quelque chose d’épouvantable, quelque chose que Sebastian ne pouvait absolument pas mesurer : il la faisait revivre. N’était-ce pas étrange, comme l’imagination était illusoire, à la fois tragique et douce ? Pour Sebastian, Laura vivait encore, alors quelque part, ici, dans ce bar, elle vivait. Suffisait-il simplement d’y croire ? Peter relâcha ses lèvres : elles tremblèrent et s’immobilisèrent en un sourire. Une sorte de rayon de soleil qui filtrait lors de la pluie. « Laura est avec les enfants. » dit-il, entre larmes et rire. Puis, il revint du regard vers Sebastian, ouvrit les bras, et continua d’une voix à peine audible : « Elle aurait vraiment voulu venir, elle ne t’en voulait pas, elle ne t’en a jamais voulu… Tu sais comme est Laura, tout est toujours relatif, tout va toujours bien ! » Il riait tandis que les larmes lui montaient aux yeux. Il arrivait à peine à y croire. Sebastian lui apparaissait comme un idiot cruel.

Et pourtant, à travers lui, elle vivait encore ; elle y avait vécu depuis ; elle y vivrait encore un peu. Laura et ses belles boucles brunes, ses yeux verts, son sourire indélébile. Elle ne pleurait que de joie. La peur, la tristesse et la peine étaient des émotions qu’elle connaissait peu, car elle était insupportablement indépendante, intrépide et courageuse. Rien ne pouvait lui résister. Elle ne tremblait devant rien. Laura l’impossible, Laura la tornade, Laura l’excellente… Laura, qui avec tant d’audace était devenue Auror pour changer le monde.
Elle était la vie dans toute sa splendeur.
Peter n’avait jamais compris pourquoi elle l’avait choisi lui. Elle était sublime, impérieuse, avait tous les hommes à ses pieds – même un Prince d’Orient, une fois, lui avait proposé de l'épouser, et Laura avait ri, ri aux éclats, imperturbable dans sa prétention. Que ferait-elle d’un Prince ? Peter était gauche, timide et maladroit. Peter, jeune, avait même été lâche. Il l’avait même déçu. Et pourtant, elle l’aimait comme jamais elle n’avait aimé personne.
Que lui, à jamais.
« Marions-nous », lui avait-elle dit un soir. Elle regardait par la fenêtre de leur petite maison et semblait préoccupée. Il n’y avait pas d’excitation dans sa voix, mais une détermination froide. Pressentait-elle son terrible sort ? Peter s’était senti faible. C’était une forme de révolution face à la guerre, un besoin incoercible de prouver – et se prouver – que rien ne pouvait arrêter la vie. « Veux-tu m’épouser, Peter ? » Elle pleurait. De joie. « Soyons Monsieur et Madame Wayne, les fiancés du champ de bataille, Monsieur et Madame Wayne, les insoumis de la fortune. » Peter la prit dans ses bras, puis, après un instant, il s’agenouilla et dit : « Laura… la guerre n’a qu’à bien se tenir face à Monsieur et Madame Wayne. Sois ma femme. »
Laura mourut en tant que Laura Cole. Elle aurait été Laura Wayne le lendemain de la Bataille de Poudlard.

Le fiancé du champ de bataille, c’est ainsi qu’on l’avait surnommé, lorsque Peter pleurait sur son corps mort. Un sortilège de la mort. Meurtrier inconnu. Même pas un au revoir.

« Tu n’es vraiment au courant de rien » claqua Peter avec un sourire mauvais, « pourtant, on en a parlé dans les journaux. » Son nom avait été cité maintes fois aux côtés d’autres Aurors tombés au combat, comme récompense posthume de leur héroïsme. Laura Cole. Laura Cole. Laura Cole morte, et Peter Wayne survivant.



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Sujet: Re: CHACUN SON DRAME ᚋ SEBASTIAN. | Sam 7 Juil - 18:51
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- Sebastian M. O'Connor — Peter W. Wayne -


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Le visage fermé, la main qui tenait son verre fermement, comme si c’était le seul moyen de s’ancrer à une réalité qui l’avait tant de fois déçu. Peter semblait à la dérive, un fétu de paille qui s’était détaché et qui volait au vent, sans aucune chance de retrouver la terre ferme. Sebastian n’était, certes, pas le plus intelligent du lot : il aurait été incapable de citer des auteurs classiques, de résoudre des équations à plusieurs degrés ou bien de deviser à propos des conflits au Proche Orient. Mais il comprenait les gens, il saisissait leur souffrance, et aurait tout fait, quitte à se sacrifier lui-même ou à se jeter au feu, pour pouvoir résoudre leurs problèmes. Un fichu complexe du héros, voilà ce qu’il représentait, comme la plupart des Gryffondors, de toute façon, et, alors qu’il dévisageait son ancien ami, il se demandait ce qui avait bien plus lui arriver. Quelle naïveté. Il s’était passé tant de choses, dans le monde sorcier. Certains avaient perdus des proches, d’autres étaient ressortis à jamais détruits de la guerre contre Voldemort. Lui avait tendance à l’oublier, colibri dans une cage doré, ne pouvant saisir des stigmates qu’il n’avait pas vécus. L’irlandais eu même l’audace de croire que le ton sec dans la voix de Peter, n’avait pour simple explication que le fait qu’il lui en voulait encore, pour avoir arrêté de lui écrire. S’il savait.

« -Le temps a fait son œuvre, répondit le blondinet, avec un ton doux, presque pour contrer le claquement dans la voix du psychomage. Je me doute que tout est différent, pour toi comme pour moi, même si tu ne sembles pas avoir pris ces, quoi… 10 ans ? Plus ? Une éternité.

L’irlandais, qui était terrorisé à l’idée de vieillir, comme tous les sportifs, ou presque (avec leur carrière qui pouvait prendre fin à tout moment, et les risques de blessure grandissant au fur et à mesure du temps, le moindre cheveux blanc était vu comme une arme chargée, pointée contre la carotide), accusa le coup de ses propres paroles. Ils étaient encore des enfants, la dernière fois qu’ils s’étaient vus, et pourtant, il avait eu la prétention de croire qu’il pouvait réparer ses torts passés. L’espoir ne l’avait pas encore quitté, mais à voir l’expression sur le visage de Peter, tout était sérieusement compromis. Ils étaient adultes, Peter était marié, peut-être même avait-il des enfants. Qu’est-ce qu’il lui avait pris ? Pourquoi s’infligeait-il de pareilles épreuves, alors même que Jude était à des milliers de kilomètres et qu’il ne pouvait même pas se reposer sur les épaules de la personne avec qui il partageait sa vie ? Réparer ses torts allait se révéler être une épreuve bien plus difficile que tout ce qu’il aurait pu imaginer.

Les larmes le surprirent. Le ton cynique, encore plus. Où était passé le doux Poufsouffle, le gamin sensible qui lui avait demandé des conseils pour séduire sa belle ? Et étaient-ce réellement des pleurs, alors qu’il riait, dépeignait une vie idéale, laissait penser à Sebastian qu’il avait réussit à accomplir tout ce qu’il avait toujours désiré ? Visiblement, il lui manquait une pièce du puzzle. Et l’expression si désespérée, si vide, de son ancien ami, ne pouvait signifier qu’une chose : alors que le joueur de Quidditch était au sommet, lui n’était plus que l’ombre de ce qu’il avait été. Il l’avait abandonné, alors que quelque chose de terrible s’était produit, et s’il ne savait pas quoi, ni dans quelle circonstance cela s’était produit, cela n'avait pas d'importance. Il aurait du être là. Si ce n’était en présence physique, au moins, en soutien moral, continuer de lui écrire, simplement lui signifier qu’il pensait à lui, qu’il était toujours son ami, que s’il avait besoin de n’importe quoi, il lui aurait donné en un battement de cil. Mais il ne l’avait pas fait.  

-Je… bafouilla Sebastian, perdant son éloquence légendaire, qu’il avait aussi bien face aux journalistes, ou encore, lorsqu’il fallait lutter corps et âme contre une Victoria qui soutenait mordicus qu’elle serait un bien meilleur capitaine que lui. Non, finit-il par avouer, je ne lis pas vraiment les journaux, tu sais que… lire, ça n’a jamais été mon truc, et puis, je n’ai pas vraiment de temps à moi, en fait, entre les matchs, les entrainements, la presse, il est bien rare que je puisse me poser pour m’intéresser aux informations. Et puis, la plupart du temps, c’est bien trop déprimant pour moi, entre les attentats à Atlantis, ces foutus extrémistes qui essaient de nous exterminer…

C’était si ironique : il ne voulait pas s’infliger de la peine, lui qui avait une vie si facile ! Lui qui, lorsqu’une bombe était posée dans un stade et que des gens en mourraient, avait la chance de participer à la Coupe d’Europe, de la gagner, et de s’en sortir en héros. Qui connaissait le nom des secouristes, qui avaient accourus après cette tragique attaque contre le monde magique ? Une poignée de personnes concernées. Mais tout le monde, pourtant, avait eu sur les lèvres son nom. Il avait gagné pour la France, pour les sorciers de la terre entière, mais qu’avait-il fait de concret, à part voler sur un balai ? Rien du tout.

Peter, lui, semblait avoir vécu. Il semblait avoir connu les cendres et le sang, le désespoir et la mort, et ne s’était pas mis d’œillères, comme son ancien camarade, pourtant dans la maison des courageux et des téméraires. Que faire, que dire. Sebastian avait une question qui lui brulait les lèvres, il voulait lui crier d’arrêter de tourner autour du pot, de lui dire ce qu’il avait à dire, plutôt que de lui cracher sa mauvaise humeur au visage. Mais il savait aussi qu’il n’était pas en position d’exiger, il n’en avait pas le droit, pas après tout ce qu’il avait fait (ou plutôt, qu’il n’avait pas fait). Alors, il se contenta de regarder Peter, avec, dans les yeux, rien d’autre que de la peine. De l’incompréhension. Il se sentait déjà coupable de ses actes passés, et voilà maintenant qu’il se rendait compte, qu’en plus, il était coupable d’actes manqués.

Il le regardait, encore et encore, en silence. Il s’en voulait, et le pire, c’était qu’il ne savait pas pourquoi. Pourtant, il essayait de faire comprendre, par ses gestes, son aura, ce regard compatissant qu’il jetait sur lui, qu’il était toujours cet adolescent qui l’avait protégé des tyrans et des petits durs, à Poudlard. Que si cette absence avait été impardonnable, il était prêt à reconnaître ses torts et à l’épauler, maintenant. Peu importe les cicatrices qu’il portait sur sa peau. Tandis qu’il réfléchissait à toute allure, enfin, le ton dans la voix de Peter et ses allusions à peine masquées firent leur chemin, dans sa tête. Et si… Non. Par pitié, non.

-Est-ce que… »

Mais il retint ses mots, bien trop intolérables pour être dits à voix haute. Laura n’était pas là. Et dans n’importe quelle circonstance, elle aurait tout fait pour retrouver son ami, même, ça aurait été elle qui les aurait forcé à se serrer la main et à oublier de vieilles histoires, pour se tourner vers le futur. Laura n’était pas là, et peut-être, ça expliquait pourquoi la flamme qui brûlait, avant, à l’intérieur de Peter, semblait s’être éteinte.
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Sujet: Re: CHACUN SON DRAME ᚋ SEBASTIAN. | Jeu 12 Juil - 12:10

Le temps… Le temps jouait un rôle étrange dans la vie de Peter. Durant une bonne partie de sa vie, il avait été son ennemi, car il filait toujours trop vite. A l’école, il manquait toujours de temps pour finir ses devoirs ; les examens, aussi, se passaient dans l’angoisse, car Peter avait toujours tant de choses à dire qu’il en oubliait l’horloge. Le temps, lors de ses études, n’avait fait que le frustrer – il se sentait constamment réduit, comme esclave de ces aiguilles au tic-tac incessant, constamment en pleine course. Contre quoi ? La mort, sans doute. Il est toujours question de la mort. Après tout, elle est l’ombre de la vie, indissociable, toujours sur ses talons, et parfois, elle devient une oasis de paix lorsque le soleil nous torture.
Peter avait côtoyé la mort au jour le jour. Il voyait passer les corps sur les brancards jusqu’à ne plus les voir. Pour lui, à seulement vingt quatre ans, la mort était devenue concrète, planant parmi les Hommes comme un brouillard, partout et à chaque instant, sans leur laisser la moindre espérance. Peu à peu, elle devenait familière. Elle perdait même de son importance, tandis que la vie – ce que Peter se démenait à sauver – en gagnait doublement. Il ne pouvait pas ramener les morts ; lui, il agissait lors de cette phase intermédiaire, la plus douloureuse et la plus terrible, il était le soldat du propylée ultime sur qui tout reposait. Des années, et des années, entières… Aujourd’hui, plus rien ne pouvait avoir le même aspect. Le monde entier était baigné dans une lumière noire et fade, peint de la violence et de l’injustice, enraciné dans une peur latente, et dans la terre, un terreau d’impuissance qui l’empêchait de grandir.

Plus Sebastian parlait, plus les lèvres de Peter se serraient, jusqu’à disparaître de son visage. Il repensait à Poudlard, à ce garçon qu’on acclamait dans le couloir, O’Connor par ci et O’Connor par là, O’Connor magnifique, O’Connor talentueux, O’Connor le héros. Personne ne voyait jamais le moustique qui le suivait, ce Peter de Poufsouffle qui n’avait aucune valeur – même lorsque Sebastian se battait pour sauver l’honneur de son ami, c’était toujours lui qu’on voyait et qu’on acclamait. Peter n’avait jamais envié le statut de son ami, au contraire, il avait toujours été fier de sa réussite et de son bonheur, mais il n’avait, non plus, jamais succombé à l’attraction de la célébrité. Il aimait Sebastian pour ce qu’il était : un garçon bon, loyal et gentil, un lion domestiqué, un grand cœur avant tout et des rêves plein la tête. Il l’admirait pour ces qualités-là, et non pour son agilité sur un balai – cela, c’était superficiel et inutile. Ce n’était pas le joueur de Quidditch qui était son modèle, mais l’homme, ce bel homme fort qui, aux yeux de Peter, pouvait changer le monde…
Ce même homme qui, aujourd’hui, se justifiait comme un idiot – oui, un idiot, car si on pouvait pardonner à un enfant d’être naïf, on ne pouvait pas en faire autant avec un adulte de ce calibre. Peter jugeait Sebastian, il s’éloignait de lui de plus en plus, et il sembla même qu’il allait traverser le mur et disparaître, tant il s’appuyait contre la banquette. Aucune compassion ne parvenait jusqu’à son cœur, il y avait trop de colère, et, il dû même se l’avouer : trop de méprise. Jamais il n’aurait pu imaginer ressentir de telles émotions contre Sebastian, mais la déception et le décalage entre le passé et le présent étaient, maintenant, trop forts.

« Oh, Sebastian… » souffla Peter, glacial, « Tu n’es qu’un rêveur. » La peine et l’incompréhension dans les yeux de Sebastian firent détourner le regard à son interlocuteur, ils étaient comme un baume sur une plaie béante. Ils auraient même pu apaiser son âme, si seulement Peter les avait laissé faire, mais il avait trop de révolte et de douleur pour saisir l’opportunité. Il ne voulait pas qu’on l’apaise, au contraire, il voulait exploser, il voulait être horrible. Le démon construit par les horreurs du passé réclamait sa vengeance.

Peter vida l’alcool au fond de son verre et le reposa durement sur la table. Non, il ne restait plus rien du gentil garçon qui se cachait derrière un rempart de livres. A dire vrai, il ne savait pas vraiment ce qu’il était devenu, une sorte de malformation, un être entre deux mondes, une erreur de la nature. « Regarde-moi bien, dit-il en plantant son regard dans celui de Sebastian, regarde bien ce visage : c’est celui d’un homme qui ne peut plus rêver. » Son visage avait beau être animé par ses émotions, à cet instant, son regard était mort. Il le vit distinctement, car les prunelles de Sebastian – elles, pleines de vie et de lumière – reflétaient les siennes. Comment avait-il pu être à ce point préservé ? Sebastian était comme neuf, il était toujours ce jeune garçon, ce lion tranquille, roi de naissance, diamant né dans une vitrine. Il était magnifique, nullement écorché, nullement sali...
En constatant une nouvelle fois la vie d’excellence qui était devant lui, Peter se sentit honteux de la sienne. Lui était devenu un golem à force de coups – coups qui n’avaient jamais cessé et qui avaient fini par emporter une bonne partie de lui. A trente ans, il avait déjà fini de vivre, il était déjà abimé, aigri et faible. Il ne valait rien. Il n’était qu’une brique de plus sur le trottoir.

« Si. » dit-il sombrement en s’échouant à nouveau sur sa banquette. A présent, même le feu de sa colère s’était éteint. Son visage avait prit une teinte grisâtre et était tordu d’une douleur lasse. Les larmes ne coulaient pas sur ses joues, mais elles semblaient se perdre en lui, là ou personne ne pouvait les voir. « Laura est morte. Elle a été tuée sur le champ de bataille de Poudlard. Notre mariage, comme tu sais, était prévu le lendemain. » Son regard s’était perdu dans le néant. Le sourire qui apparut sur son visage venait d’ailleurs, comme d’une autre époque, et Peter sembla disparaître du Scottish Inn au profit d’un monde lointain. Il souriait, car l’espace de cet instant, il était un fantôme, et il fut alors apaisé par l’ombre de la vie, éloigné du tyran qui le brûlait chaque jour depuis le ciel. « Elle est morte au bon moment. Dans l’espoir. Juste après Voldemort et juste avant Harry Potter. Elle est morte dans la victoire, dans l’accomplissement et dans l’honneur. » Il ferma les yeux. Son cœur battait fort dans sa poitrine, signe qu’il vivait encore, tandis qu’elle n’était plus. « Mais elle est morte tout de même. » Et aujourd'hui, le temps était son bourreau, toujours trop long, toujours trop vif, lui rappelant à chaque seconde ce qu'il avait perdu.
Il rouvrit les yeux. Autour d’eux, le bar existait sans se douter de rien. « Et avec elle sont tous mes rêves. » Heureux soient ceux qui ne savent pas.


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Sujet: Re: CHACUN SON DRAME ᚋ SEBASTIAN. | Dim 15 Juil - 9:44
Chacun son drame

- Sebastian M. O'Connor — Peter W. Wayne -


"Le souvenir est une rose au parfum discret que l'on arrose avec les larmes du regret."  Claire Malesset
Dans la vie de tout un chacun, il y a des personnes qui, plus que de simples rencontres de passage, forgent, d’un point de vue presque moléculaire, notre vie, telle que nous la connaissons. Sans eux, il n’existerait rien de ces éléments qui, mis bout à bout, forment l’être que nous sommes, puisqu’ils ont, par leur simple présence, modifiés la structure même de notre personnalité.
Peter avait été une de ces personnes pour Sebastian, sans même qu’il ne s’en rende compte. Car à Poudlard, c’était l’irlandais qu’on admirait, qu’on révérait même ; c’était son nom qu’on chuchotait dans les couloirs, répandant de folles rumeurs et contribuant à sa célébrité naissante ; ce même nom qu’on criait lors des matchs de Quidditch, en rêvant secrètement d’être à sa place, en sachant pertinemment qu’on ne pourrait jamais être aussi doué que lui, l’aisance personnifié sur un balai de bois. Peter, on ne le remarquait pas, alors qu’il le méritait tout autant, sinon plus, que son ami. Peut-être n’avait-il pas l’aura du blond, son charisme, ce petit quelque chose qui le rendait fascinant, mais c’était un jeune homme droit, fidèle, qui faisait toujours passer l’autre avant lui-même. Il semblait parfois terrifié par sa propre ombre, tant les brimades de certains idiots lui avaient laissés des stigmas, mais c’était ce mélange de fragilité et de force, précis, subtil, qui réussissait parfaitement à contrebalancer un Sebastian trop premier degré, trop brut de décoffrage. Et c’était ce qui avait plu à Laura, bien entendu.

Laura… Les pensées du joueur de Quidditch se brouillèrent dans sa tête. Il se rappelait sans mal du jour où il l’avait rencontré : juste après leur cérémonie de Répartition, ils s’étaient retrouvés, par le hasard et la force des choses, assis l’un en face de l’autre, à la table des Gryffondors. Ils s’étaient parlés, de ces discussion sans importance où l’on échange banalités après banalités, mais que dire d’autre, alors que le stress du premier jour à l’école des sorciers les saisissait tous les deux ? Ils n’étaient devenus amis qu’à force de phrases murmurées lors de cours bien trop longs, de rencontres impromptues dans leur salle commune, de travaux communs où Laura avait du aider tant bien que mal un Sebastian perdu, afin qu’ils n’aient pas une trop mauvaise note tous les deux. Il n’y avait pas eu de véritables éléments déclencheurs, leur relation s’était faite naturellement, au fil du temps, et il aurait été impossible pour lui d’imaginer à quel point son adolescence aurait été différente sans la jeune fille à ses côtés. Et aujourd’hui, elle n’était plus de ce monde.

S’il avait été plus présent… S’il n’avait pas été aussi stupide… S’il n’avait pas fait passer sa carrière avant toute chose, s’il avait été moins égoïste… Des phrases emplies de regrets, de remords, de deuil, envahissaient sa tête. Que penser d’autre à cet instant ? Quel mot pouvait-il sortir de sa bouche, tandis que l’une de ses plus vieilles amies le renvoyait à sa propre mortalité ? Ce n’était pas qu’il pensait que c’était de sa faute : il n’était pas dupe au point de se dire que, de ses mains, il aurait pu changer quoi que ce soit dans la guerre contre Voldemort. S’il était doué dans les airs, il en était autrement avec une baguette entre ses mains, après tout, il n’avait même jamais réussi à former un Patronus, sans que cela n’ait aucun rapport avec un manque de pensées heureuses. Mais s’il n’était pas guerrier, il aurait pu être, sans aucun doute, une présence. Une épaule sur laquelle pleurer, sur laquelle se reposer lorsque les choses auraient été trop dures. Cela n’aurait probablement pas sauvé Laura, mais peut-être que ça aurait sauvé Peter.

Peter, il n’avait plus que le nom en commun avec son ancien camarade. Il avait été écorché vif par une guerre qui lui avait tout pris, et il avait encore la force de se tenir devant lui, à lui cracher au visage une vérité que Sebastian avait préféré occulter. Les yeux de l’irlandais se remplirent de larmes. Le psychomage était en colère contre lui, et il avait raison. Il ne méritait même pas son attention, il ne méritait aucun pardon, puisque Laura était morte, qu’il l’avait abandonné lors des heures les plus sombres de sa vie, et qu’il avait encore eut l’audace de croire que tant de temps avait pu passer sans que rien ne soit différent.

Il écouta chaque mot prononcé par Peter, qui lui expliquait bien trop calmement ce qu’il s’était passé, comme si c’était des coups de plus en plus forts, qu’il recevait en plein visage. Il n’essaya de masquer ni ses pleurs, ni son choc. Il était entier, Sebastian. Il donnait sans jamais reprendre, étouffant sans le vouloir de sa lumière tous ceux qui étaient autour de lui. Parce qu’il n’avait pas le droit d’être triste, pas quand il était en tort, et pourtant, il ne pouvait empêcher les larmes de couler, alors qu’il pensait à la belle Laura, à la vie brisée de Peter, à tout ce qu’ils auraient pu être ensemble et qu’ils ne seraient jamais. Il se refusa, cependant, de penser à Jude. Car s’il pensait un seul instant à ce que serait sa vie s’il perdait l’écrivain, il savait parfaitement qu’il atteindrait un point de non-retour.

A quoi serviraient des excuses, maintenant ? A rien du tout. A se dédouaner d’actions qui ne méritaient aucune rédemption, puisqu’elles avaient été commises en partie contre quelqu’un qui n’était plus. Quelqu’un qui lui aurait pourtant pardonné dans un grand sourire, dévoilant d’adorables fossettes, et qui aurait forcé son grognon de mari d’en faire de même. Il en était sûr. Mais elle n’était pas là, et tout ce qu’il pouvait faire, c’était pleurer, c’était s’enfuir, la queue entre les jambes, en essayant d’enfouir au plus profond de lui-même la honte de ses propres actes manqués.

Une dernière chose, cependant. Si Laura était morte, Peter était bien vivant : même si, selon ses mots, il semblait croire que toute étincelle de vie avait quitté son corps. Si Sebastian était empli de remords, il ne pouvait pas laisser celui qui avait été son ami dans cet état, et tant pis s’il le détestait pour ça, mais il n’allait pas le lâcher de sitôt. Il l’avait fait une fois, pas deux. Alors, il se leva de la banquette, sans dire un mot, avant de se poster devant ce Peter désabusé qu’il ne reconnaissait pas. D’une main assurée, violente, il saisit son col, le forçant à se relever, à regarder ses yeux voilés de larmes, et s’il le dominait de par sa posture, son attitude, il n’y avait dans son regard que de l’émotion.

« -Ecoute moi bien, Peter Wayne. Tu vas arrêter de dire des bêtises, maintenant. Laura, c’était l’amour de ta vie, je le sais bien, j’ai vu comment tu la regardais, comment elle te regardait, et maintenant que je sais ce que c’est, de trouver la personne qui te complète totalement, je peux imaginer à quel point tu te sens vide. Mais non, je ne te laisserai pas dire que tu n’as plus de rêves, que tu n’es plus rien. Putain, Peter. Non. Je t’ai lâché une fois. Je suis désolé, et je sais que ce ne sont que des mots, mais c’est vrai, je suis le plus désolé des hommes et, même si tu ne me pardonnes jamais, je ne te lâcherai plus, pas tant que t’auras ce putain de visage de mort, comme si tu voulais la rejoindre. Tu sais bien qu’elle voudrait que tu tiennes le coup, que tu vives pour elle, que tu retrouves ce sourire niais que t’avais l’habitude d’avoir lorsque tu la voyais, et que t’arrêtes de te morfondre dans ton coin. Et c’est pas facile, je le sais, ça semble impossible, je me doute, mais je serais avec toi, tu m’entends ?

Il s’en fichait du monde alentours, de tous les clients du bar qui les regardait probablement d’un œil circonspect. Il croyait chaque mot qu’il disait avec tant de force, que chaque particule de son corps semblait envelopper celles de l’ancien Poufsouffle. Ces mots auraient pu sonner creux s’il ne les avait pas cru avec autant de fougue et de férocité. Il grandissait, quelque part. Après sa diatribe criée au visage de Peter, qu’il avait forcé sur lui, pratiquement, il lâcha son col de chemise pour le serrer contre lui. Peu importe ce qu’il se passait. Il tiendrait parole.

-Peter, lui chuchota-t-il à l’oreille. Si je pouvais, je te donnerai chacun de mes rêves pour que tu te sentes un peu mieux. »
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Sujet: Re: CHACUN SON DRAME ᚋ SEBASTIAN. | Jeu 9 Aoû - 18:40

Il faisait chaud dans le Scottish Inn. Aux joues des clients montait le rouge de l’alcool et de la bonne humeur ; plus ils buvaient et riaient, et plus ces vapeurs de vie repoussaient le froid mordant de l’extérieur. Lorsque, à l’occasion d’une entrée ou d’une sortie, la porte d’entrée s’ouvrait, il entrait une bouffée de fraîcheur qui revigorait les ivrognes, et alors on se plaignait un peu du manque d’oxygène, mais à peine le verre et le rire aux lèvres on oubliait, et de nouveau, on reprenait les commandes et les histoires.
Pourtant, le coin où se trouvaient Sebastian et Peter ne répondait pas à cette ambiance. Là, il faisait sombre, vraiment très sombre, la lumière s’arrêtait à leur table comme aux portes d’un enfer. Peut-être parce qu’elle était juste en dessous d’une fenêtre mal isolée, on y avait toujours froid sans pour autant avoir d’air. C’était l’endroit idéal pour les exilés, les malheureux ou les amoureux discrets. Quel meilleur endroit pour Peter que cette petite table bancale, abandonnée même par le personnel, où on disparaissait comme dans une faille de l’espace et du temps, où l’on passait de vaurien à fantôme, où, en somme, tout s’arrêtait ?
Peter aurait aimé laisser un bout de sa vie sur la table. Personne n’y aurait fait attention et il aurait pu prendre la poussière. Peu à peu, il perdrait aussi de l’importance pour Peter, enfin libéré – pourquoi serait-il une exception ? Bientôt, la petite place sombre aurait cessé d’être un tourment, et il ne l’aurait que guetté du coin de l’œil. Et alors, le rire reviendrait et on arroserait les blagues, et Peter aurait chaud et le rouge aux joues, et la table serait oubliée. Le bout de sa vie ne serait plus qu’un souvenir auquel il penserait durant les mauvais jours, et il se demanderait même où il avait pu le laisser.

Guérir le monde, cela avait toujours été sa vocation. Très jeune, il consolait ses parents adoptifs lorsqu’ils étaient peinés et cherchait des solutions à leurs problèmes. Il les réconciliait après les disputes conjugales, veillait à ne pas leur alourdir le cœur avec ses propres histoires, et devint indépendant très tôt. Cette loyauté innée, sorte de noblesse de cœur qui n’avait cessé d’être écorchée, fut vite repérée et  utilisée à Poudlard. Les enfants s’apprennent la vie les uns les autres, et la plupart du temps très cruellement, Peter l’expérimenta à ses dépens…
Une fois adulte, il ne cessa de constater que, bien qu’il fût un élève brillant auquel on ne pouvait reprocher une grande habileté d’apprentissage, il ne retenait jamais les leçons sur le plan social. Aujourd’hui, il le mettait sur le compte de sa faiblesse de caractère ; en effet, à Poudlard, Peter s’était appliqué à n’être personne et à le rester.
Vivre dans l’ombre constante de Sebastian avait été une libération. D’une certaine manière, on s’habitua à l’avoir dans son champ de vision sans véritablement le voir, ce qui était, à ses yeux, la meilleure des cachettes. Sebastian était, en plus d’être un ami très cher, un protecteur. Peter lui devait beaucoup ; mais, là où le Gryffondor n’était pas, il se retrouvait face aux mêmes problèmes. Malgré ses bonnes attentions, son lion l’enfermait dans une cage dorée dont Peter polissait, ravi, les barreaux.
Il l’aimait pour cela. Comme pour beaucoup d’autres, Sebastian était pour lui un objet d’adoration. Pour commencer, il avait la beauté, que « Bouche de Crapaud », n’avait pas. L’adolescence avait profondément raté Peter, il fallait l’avouer : corporellement, il était grand, maigre et disproportionné, à ne jamais savoir où mettre ses longues guiboles que terminaient des pieds énormes. Sur le menton, pas la moindre barbe – sur le torse non plus, d’ailleurs ; alors que tous les autres garçons se vantaient de leur virilité, lui était encore un enfant, lisse comme un ver-de-terre, à ne jamais prendre de muscle ni de graisse. Fatalement, il se tenait mal, toujours voûté, épaules rentrées et tête baissée, se traînant comme un pantin désarticulé dans les couloirs. De plus, comme l’inquiétude lui restait sur l’estomac, il digérait mal. Son visage, creusé et maculé de tâches de rousseur, était soit pâle soit jaune, en fonction des caprices de son foie. Sa grande bouche, objet de toutes les moqueries, le complexait tellement qu’il la cachait derrière son écharpe ou sa main, et surtout, il ne parlait pas par peur d’attirer l’attention sur lui. Il était donc compréhensible que Sebastian, naturellement si fort et confiant, l’ai ébloui. Il était tout ce qu’il rêvait d’être.
C’est toujours ainsi…

Aujourd’hui, Peter se tenait droit devant son ancien ami. De Bouche de Crapaud, il ne restait plus rien – Sebastian avait le droit d’être surpris. Certes, il était un homme brisé, hanté par le deuil et la guerre, mais au-delà de sa tragédie personnelle, il était devenu quelqu’un. Il était héros de guerre, médecin, histoire vivante. Il était un monument entre deux époques, ravagé d’un côté et réparé de l’autre, à la fois triste et fier. Il était admiré. Il s’était accompli.

Sebastian pleurait devant lui. Lui avait un autre décalage, aussi immense et triste. Sebastian pleurait, comme toujours entier et sincère, et Peter le regardait simplement. Il savait par expérience que les pleurs ne changeaient rien. Il avait trop essayé sans succès : cela ne ramenait personne.
Pourtant, voir Sebastian dans cet état lui fit mal au cœur. Il n’avait jamais supporté de le voir pleurer, si peu de fois que cela était arrivé, souvent dans le chaos d’une fin de soirée. La peine de Sebastian était insoutenable pour la simple et bonne raison qu’elle était livrée brute, et qu’elle restait là à hurler jusqu’à l’âme. La voir, c’était remettre en question la joie humaine. On s’attachait à Sebastian comme à une source vitale, on devenait accro à ses rayons, et dès lors qu’il cessait de briller, on s’effrayait de ne pas le voir revenir. Cet effet était si fort et durable que le reflex était resté gravé en Peter, même des années après, même après avoir enterré leur amitié. Il baissa les yeux, soudain un peu coupable d’avoir été dur, et il regardait autour deux pour vérifier que personne n’en était témoin.
Il s’apprêtait à se lever et à partir lorsque Sebastian l’attrapa par le col. De là, Peter resta pétrifié jusqu’à ce qu’il le prenne dans ses bras. Il n’avait pas tout à fait saisi ce qu’il s’était déroulé devant lui, en lui, pour lui, et maintenant, il tremblait un peu contre l’admirable Sebastian O’Connor. Il ne trouva pas la force ni de le repousser ni de lui rendre son geste. Il ne fit rien.
Rien.
C’était beaucoup, pour Peter. Beaucoup à prendre. C’était comme avaler un festin après des années de jeûne : agréable au début, puis critique sur la fin. A défaut d’avoir une crise de foie, il sentait venir une crise de cœur face à tout cet amour aveugle – et naïf – que Sebastian voulait lui donner. Il n’était pas sûr de pouvoir le prendre. Pas sûr de vouloir.
La faute à la rancune. Elle, était arrivée avec la guerre. Peter l’avait toujours eu en lui, il l’avait entretenu comme une bombe en encaissant toutes les injustices de sa vie, et lorsqu’elle lui fit permise, elle explosa sans plus jamais s’éteindre. Il avait pris soin de sa fierté comme d’un jardin, rattrapant le temps perdu, en somme. Après la mort de Laura, il avait été si inconsolable qu’il avait rejeté l’aide de tout le monde. Cette solitude, il l’avait voulu, et c’est dans son œil du cyclone qu’il avait survécu, pas autrement.

Peter et Sebastian étaient sortis de l’ombre, ils avaient franchi la zone de non-droit du coin oublié. A présent, les faces rougies et boursouflées s’étaient tournées vers eux. Sebastian O’Connor ? Sebastian O’Connor ! chuchotait-t-on. Oui, Sebastian O’Connor… pensa sombrement Peter. La tête baissée, lourde, il eut un sourire brisé. Il ne tenait pas bien sur ses jambes, et pourtant, lorsqu’il se redressa, il brilla soudainement autant que Sebastian, il fut magnifique, aveuglant de beauté comme jamais Sebastian ne l’avait vu. « Merci. » dit-il, à mi-voix. Il était sincère – touché, même, il vibrait d’émotion. En regardant Sebastian, il prit une grande bouffée d’air, vitale, et lui dit calmement : « Mais je n’ai plus besoin de personne. » Il parla sans animosité, très simplement. C'était comme ça, maintenant. Loin d'être une revanche.
Il était simplement trop tard.


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Sujet: Re: CHACUN SON DRAME ᚋ SEBASTIAN. | Dim 12 Aoû - 15:14
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- Sebastian M. O'Connor — Peter W. Wayne -


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Ce n’était plus la culpabilité qui rongeait Sebastian, dorénavant. C’était le désir impétueux, presque instinctif et animal, de venir en aide à Peter. Car qu’est-ce qu’était la honte, qu’est-ce qu’était la rédemption, face à cet homme qui avait tout perdu ? Il n’avait plus rien du jeune garçon qu’il avait quitté à Poudlard, il s’était trompé, précédemment. Et si l’irlandais ne voulait effacer sa nouvelle identité, car après tout, elle faisait partie de lui, elle était importante dans sa reconstruction, il aurait tout donné pour retrouver un peu de ce garçon si effacé qu’il avait connu à l’école. Qu’il retrouve cette innocence volée, cet espoir étouffé en plein vol par une guerre qui lui avait tout pris, jusqu’au cœur fumant qui battait dans sa poitrine. Avec Laura s’était envolée l’espérance de jours meilleurs : en tout cas, c’était ce que Peter croyait fermement. A Sebastian de lui faire comprendre que tout n’était pas perdu. Il ne savait pas comment, mais il se faisait le serment qu’il y arriverait. C’était la seule alternative possible, et Sebastian O’Connor arrivait toujours à ses fins, c’était bien connu, pas vrai ?

Pourtant, malgré ses efforts, l’ex-Poufsouffle lui échappait de plus en plus entre les doigts. Il ne pouvait comprendre ce qu’il ressentait, exactement, après tout. Il pouvait essayer d’imaginer, ce que c’était de perdre Jude dans un combat certes important, mais dans lequel il n’était qu’un pion parmi tant d’autres : mais c’était peine perdue. Rien n’équivaudrait à la douleur du trou que Peter avait dans sa poitrine, de cette douleur lancinante qui le traversait à chaque fois qu’un son, une odeur, un petit rien, lui rappelait celle qui avait été sa femme pour seulement quelques heures.

Maintenant, aux regrets du passé et à la manière dont il s’était comporté avec lui, s’ajoutait un autre élément. Celui d’être impuissant face à sa propre détresse. L’incompréhension du civil face au survivant, du naïf face au malade. Il voulait tout faire pour lui venir en aide, mais il n’avait aucun moyen de l’apaiser, puisqu’il ne pouvait pas faire revenir des vivants à la vie, ou changer un passé bien trop sombre pour créer un avenir un peu plus supportable. Et que dire. Et que faire. Et que ressentir, même. La pitié était un sentiment bien trop horrible, bien trop condescendant, et pourtant, elle lui étreignait la poitrine sans qu’il n’arrive à l’arrêter. Les larmes qui coulaient en étaient les témoins silencieux, et il s’en voulait, et tout ça s’ajoutait à un maelström d’émotions, de doute, de tristesse, de mélancolie d’un temps passé aujourd’hui révolu par sa seule et unique faute.

L’amertume de Peter affrontait le sel des larmes de Sebastian. Il aurait voulu le forcer à accepter un peu d’aide. A accepter son amour, même, puisque c’était le sentiment qui se dessinait le plus, dans l’échange entre les deux hommes, au delà des non-dits et des pleurs. S’ils ne s’aimaient pas, autant que deux amis peuvent s’aimer, autant que deux êtres qui avaient tant vécus ensemble, qui s’étaient déchirés, qui s’étaient réconciliés, qui s’étaient disputés, qui avaient ris, qui avaient pleurés, qui avaient, tout simplement, vécus, alors tout cela n’aurait eu aucune importance. Mais ça faisait mal parce que ce lien si fort qui s’était créé entre eux, au fil des années, s’était terni de manière bien trop pernicieuse. Non pas que leur amitié était toute blanche, mais elle était suffisamment lumineuse pour faire oublier ses failles : là, le soleil s’était couché depuis bien longtemps.

Il se dégagea de ses bras comme s’il balayait ses mots d’un revers de la manche. Comme s’ils n’avaient pas d’importance. Les larmes du joueur de Quidditch menacèrent de redoubler, tant il se sentait blessé de se faire rejeter, lui qui essayait, avec tant de vigueur, de réparer ses erreurs passées. Lui qui croyait qu’avec de la volonté, on pouvait arriver à tout, même aux étoiles : il se voyait confronté, peut-être pour la première fois de sa vie, à ses propres contradictions. Il ne dit rien, pendant de longues secondes. Les deux hommes se regardèrent en chiens de faïence, l’un aussi froid que la glace, l’autre qui n’était plus qu’une flaque, si désolé, si contrit. Deux êtres d’eau qui manquaient d’oxygène, emprisonnés dans un carcan aquatique, condamnés à ce que leurs poumons se remplissent, peu à peu, d’une substance pourtant essentielle. Ils mourraient de trop vivre, en fait, là était leur problème. Ils ressentaient à en perdre la raison.

Et puis Sebastian craqua. Il était rare qu’on le pousse dans ses retranchements, et pourtant, Peter y avait réussi. Lorsqu’il s’énervait, c’était comme une explosion solaire : on l’observait avec ébahissement, tant il semblait étrange qu’un être aussi positif se transforme en supernova.

« -Mais je m’en fiche, de ça ! Tu m’entends ? Tu peux me dire ce que tu veux, même que tu me hais, me cracher au visage, me dire que je m’escrime pour rien, ça ne changera rien du tout. Tu as perdu la voix au chapitre au moment même où j’ai vu ton regard, dans lequel je n’ai même pas entraperçu cette putain de belle personne que je sais que tu es. Elle est là, quelque part, et même si je dois la sortir de là par la peau du cul, je le ferai, crois-moi !

Il criait, maintenant. Le barman les regardait d’un œil circonspect, un peu plus loin dans la salle, et probablement que si Sebastian n’était pas aussi célèbre, qu’il les aurait déjà foutu dehors depuis bien longtemps. Le lion impétueux était sorti de sa cage, et il s’en fichait des regards, il s’en fichait des ragots. Il voulait faire réagir Peter, avant tout. Qu’il ait des réactions humaines, même si elles étaient dévastatrices pour lui : il survivrait.

-Je suis un connard qui t’a laissé dans les pires moments de ta vie. Insulte moi, frappe moi, fais quelque chose ! Je préfère que tu me détestes, même si, crois-moi, rien que l’idée de savoir que l’un de mes amis les plus chers me regarde avec autre chose qu’un sourire sur les lèvres me rend malade, mais c’est toujours mieux que d’avoir un zombie en face de moi. »

Il était devenu tout rouge, son teint d’irlandais se rappelant à lui. Une vraie petite tornade, un molosse qui aboyait contre des mirages. Il était effrayé, et c’était pourquoi il hurlait aussi fort. Terrifié à l’idée qu’il ne soit arrivé trop tard.
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