Le temps est infidèle pour qui en abuse - Jonathan Rowle et Darcy Lancaster

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Sujet: Le temps est infidèle pour qui en abuse - Jonathan Rowle et Darcy Lancaster | Lun 18 Juin - 14:47
On l’aurait cru si calme. Ses mouvements semblaient transpirer la sérénité : lents, gracieux, posés, restreints. Elle portait une tasse à ses lèvres, y faisait glisser le liquide ambré, reposait la tasse et une éternité venait de passer tant ses gestes semblaient infinis. Un sublime ralenti. La prémisse d'un cataclysme. Quelque chose d'à la fois insupportable et irrésistible, qui faisait naître l'envie de lui arracher cette tasse violemment et de la fracasser contre le mur, quelque chose qui figeait sur place et laissait passer le temps, dans l'attente et la certitude qu'elle le ferait elle-même et que toute cette retenue ne pouvait que cacher quelque chose d'aussi sauvage que de passionné, quelque chose de terrible, de beau, quelque chose à la jonction des deux, dans un équilibre précaire.

Assise derrière son grand bureau de bois, la jeune femme avait été obligée d'allumer la lumière pour pouvoir continuer à lire. Elle était assise, toujours avec son verre rempli d’un nectaire fruité, elle appréciait le silence du matin, sa boutique, paraissait tellement apaisant. Attentive, fixant la porte de ses yeux perçants. La librairie pouvait bien se remplir à pleine capacité, elle restait toujours visible au premier coup d’oeil, au centre de son univers, forçant les astres à graviter autour d’elle, dans son monde, sa librairie, son antre.

Elle attendait, c’était de loin l’attente la moins agréable qu’elle avait jamais vécue et c’était peut-être la raison de son immobilité, de son calme si effroyable et aussi parce qu’elle n’était pas de nature très patiente, bien au contraire. Il était rare qu’elle n’ait pas envie de voir celui ou celle qui passerait la porte pour entrée. Elle avait du mal à se concentrer sur le livre posé devant elle. Elle venait de passer une annonce, la librairie était victime de son succès et avec ses obligations au sein du cercle, elle n’avait plus le temps de gérer totalement les deux. Elle devait embaucher un vendeur et vite. Et puis il y avait ses lettres, reçus depuis quelques semaines de la part de son frère, lui demandant de rentrer à Jérusalem, son grand-père était souffrant. Mais elle ne pouvait pas, alors il insisté encore et encore. Mais Darcy ne pliera jamais le genou devant la faiblesse des sentiments, une chose dont elle n’avait plus le luxe.

Un soupire, puis le bruissement d’une nouvelle page qui se tourne. Les mots qu’elle lisait de façon machinale n’avaient pas de sens dans son esprit et Darcy se surprit à devoir relire les mêmes phrases à plusieurs reprises afin de les comprendre. Sa concentration ne durait pourtant qu’un court instant à chaque fois qu’elle reprenait sa lecture puis le cheminement de ses pensées reprenait son cours, la laissant se distraire par son esprit trop étourdi aujourd’hui. Elle mettait ça sur le compte de l’ennui et jeta un rapide coup d’œil à l’horloge suspendu sur le mur en face d’elle pour y constater que les gens terminant leur journée de travail tarderaient à gagner la librarie, lui apportant par la même occasion de quoi s’occuper jusqu’à la fin fermeture de sa boutique. Habituellement, Darcy avait son bras droit pour lui tenir compagnie mais elle lui avait attribué aujourd’hui une tâche quelque peu ingrate pour le cercle, si bien qu’elle se retrouvait désormais seule. Et après avoir fait les cent pas dans toute la libraire, remis à plusieurs reprises les livres parfaitement droits et profité de son temps libre pour vérifier ses dernières notes concernant sa seconde activité qu’elle gérait en parallèle de son travail à la boutique, Darcy n’avait désormais plus rien à faire mis à part se perdre dans la lecture de ce livre oublié.

Au même instant, la porte du Hatchards book s’ouvrit enfin, laissant entrer un homme aux airs peu assurés qui trahissaient sa gêne. Darcy l’observa s’avancer vers le centre de la librairie où reposé la sélection du mois. Cet homme, elle commençait à le connaître, il venait assez régulièrement depuis plusieurs semaines. Elle continuait de l’observer de loin, sa démarche lente et souple, le regard posé sur le présentoir. Il y avait un quelque chose chez lui, qui plaisait à Darcy, peut-être sa démarche nonchalant ou sa mine boudeuse. Et puis sa façon de parler, il avait un certain charme, ordinairement elle ne se serait jamais retournée sur cet homme, mais elle se sentait de nature charmeuse en cette matinée pluvieuse, peut-être ferrait-il un parfait dîner pour ce soir. Sa réflexion lui décrocha un sourire, certes bref mais sincère.
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Sujet: Re: Le temps est infidèle pour qui en abuse - Jonathan Rowle et Darcy Lancaster | Jeu 21 Juin - 6:42
Le temps est infidèle pour qui en abuse

- Jonathan Rowle — Darcy Lancaster -


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Dans la poche de ma veste reposait un bout de bois qui n’avait plus la même signification qu’autrefois. La guerre m’avait tout pris. Une famille avec qui, certes, je n’avais jamais partagé la même vision du monde, mais qui était néanmoins celle qui m’avait élevée ; des amis, morts par centaine, dont les visages ensanglantés hantent encore mes nuits les plus sombres ; un travail, qui était comme une vocation, pour moi, et en laquelle aujourd’hui je ne crois plus ; ma sanité, car, depuis les carnages, je ne passais pas une seule journée sans craindre une crise, un flash violent qui me retournerait autant la poitrine que le cœur ; et ma magie. Quoi de plus castrateur, pour un sorcier, qui avait toujours vécu avec une puissance enfouie au plus profond de lui-même et qui pouvait la faire déferler à son bon vouloir sur le monde qui l’entourait, que de se retrouver impuissant ? Que de perdre le lien qu’il possédait avec son propre pouvoir, sa propre énergie ? Ce n’était pas que j’étais frustré, de ne plus pouvoir lancer d’Alohomora ou de Lumos, ces sortilèges que je maitrisais parfaitement depuis que j’étais adolescent, c’était que j’avais l’impression d’avoir perdu une part de moi-même. J’étais imparfait. Cassé irrémédiablement.

Mais je ne pouvais pas me laisser aller à la mélancolie, et me complaindre sur mon triste sort. A cause d’Annie, bien sûr, ma petite nièce, qui méritait tout sauf se coltiner un oncle coincé dans une perpétuelle morosité, et, pour elle, je me forçais à coller chaque matin un sourire sur mon visage. Peut-être que si j’y croyais assez fort, mes maux s’envoleront d’eux-mêmes.

L’adaptation de l’incapacité à utiliser mes pouvoirs magiques avait été difficile. Les tâches moldues les plus simples m’étaient inconnues. Je n’avais jamais passé le balai, fais la vaisselle, ce genre de choses si banales, mais qui étaient rendues pratiquement instantanées, avec l’utilisation de la magie. J’avais fais des erreurs, j’avais tâtonné dans le noir, jusqu’à arriver à un équilibre à peu près tangible, et, aujourd’hui, ma nièce et moi nous débrouillions parfaitement, dans un mode de vie moldu, à peu de choses près. Je réussissais encore à transplaner (je me l’expliquais car je n’avais pas besoin de sentir le bois nervé de ma baguette sous mes doigts), et bien heureusement, car la seule fois où j’avais essayé de me procurer un ticket pour utiliser le tramway d’Atlantis avait été une catastrophe. Le bricolage, également, était un problème. La première fois que l’évier de la cuisine s’était bouché, j’avais été totalement pris au dépourvu. Je n’avais pas les moyens d’employer un professionnel, à chaque fois que ce genre d’incidents se produisait : alors, j’avais remonté mes manches. Erreur. La plomberie n’est pas quelque chose qui s’improvise, et j’avais inondé notre cuisine, qui en porte, encore aujourd’hui, les marques.

J’avais donc décidé d’apprendre ces compétences que je ne maitrisais pas, et je m’étais dirigé vers les livres. En bon ancien Serdaigle, je croyais fermement que rien n’était impossible, pour peu qu’on l’étudie sérieusement, et ce fut dans cet état d’esprit que je passai la porte, pour la première fois, de la librairie Hatchards Book, où j’entrepris de dévaliser les rayonnages de tous leurs manuels de bricolage. Du coin de l’œil, j’avais aperçu la jeune femme aux cheveux de jais, derrière le comptoir, qui regardait d’un air insondable le moindre client qui passait la porte. Et si, au départ, je n’en avais pas fais grand cas, au fur et à mesure de mes visites, je me surpris à vouloir capter son regard, entre deux rayonnages, à admirer la courbe gracile de son cou qui reliait ses épaules fines. Elle réveillait en moi une flamme que je n’avais pas ressentie depuis de nombreuses années, et je ne me l’expliquais pas. Qu’avait-elle de spécial, cette enchanteresse aux yeux sombres ? Elle était belle, bien sûr, magnifique, même. Elle était intelligente, aussi, comme j’avais pu le constater à travers les quelques mots que nous échangions parfois. Mais il y avait aussi autre chose, et je n’arrivais pas à mettre le doigt dessus.

Ce matin-là, je me rendais à la boutique, le visage fermé, comme à mon habitude. Dans les rues, mes pensées divaguaient, et il était difficile de les canaliser suffisamment pour qu’elles ne partent pas dans les coins les plus obscurs de mon esprit brisé. A chaque bruit, je sursautais, ou presque. Ma seconde nature d’ancien Auror avait rendu mon corps souple, ma démarche féline, préparée au combat, et elle dénotait avec ce visage froid et peu avenant. Comme un tigre du Bengale pris au piège dans une cage en acier. Finalement, arrivé à la porte, je soufflai, comme si je venais d’affronter un périple particulièrement dangereux, et je pénétrais dans la librairie.
Elle était là, bien sûr. Splendide dans la simplicité de sa tenue, dans son port de tête nonchalamment royal, dans la manière que ses longs cheveux noirs avaient de retomber en cascade sur ses épaules. Bien sûr, je ne la détaillai pas autant que je l’aurai aimé, ne voulant pas passer pour ce que je n’étais pas. Je préférai me tourner vers les livres, refuge familier et réconfortant. Mon regard passait de titres en titres, de couvertures bariolées à des revêtements plus sobres. J’étais venu chercher un ouvrage pratique de culture des plantes, puisqu’Annie, dans le cadre d’un projet scolaire, devait faire pousser un plant de tomates dans un petit pot, et je n’avais pas fais de botanique, ou presque, depuis que j’étais sorti de Poudlard. De plus, le jardinage moldu était un monde inconnu, pratiquement effrayant, pour moi.

Ma main se posa sur un livre adapté à ma recherche. Peut-être que, si la technique était simple et que je la maitrisais rapidement, faire pousser quelques légumes pouvait être une solution économique pour les fins de mois difficiles. Je feuilletais l’ouvrage, quand mon regard fut attiré par un autre livre, juste à côté du premier, qui semblait tout aussi pertinent. Que faire ? Quel était le manuel de jardinage qui serait le plus cohérent avec mes besoins ? Sans savoir si elle pourrait me renseigner sur de spécifiques questions, je pris les deux livres, et me dirigeais vers le comptoir. Peut-être était-ce une excuse, au final, pour pouvoir entendre sa voix passer le velours de ses lèvres.

« -Bonjour, excusez-moi de vous déranger, je me demandais si vous pouviez me renseigner…

Introduction banale, pour une demande banale. Je n’étais pas habile dans l’art de la séduction, et de toute façon, je n’étais même pas certain que c’était ce que je voulais vraiment. Les relations entre les hommes et les femmes avaient toujours été une sorte de mystère pour moi, même si j’avais eu un certain succès, dans ma jeunesse. L’aura des Aurors, probablement. Aujourd’hui, après la guerre, et à 40 ans passés, j’avais l’impression que j’avais laissé passer ma chance. Néanmoins, je posai les deux livres sur le comptoir, avant de formuler ma question pour ne pas avoir l’air d’un abruti total.

-Vous avez une recommandation en particulier, pour l’un de ces livres plutôt qu’un autre ? »
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Sujet: Re: Le temps est infidèle pour qui en abuse - Jonathan Rowle et Darcy Lancaster | Jeu 12 Juil - 17:03
Il n’y a plus de journées, seulement des heures qui s’enchaînent dans le néant – celui instauré par les non-dits, entretenu par son absence. Des minutes entrechoquées dans les grands éclats, alors qu’il n’y que le silence assourdissant dans son encéphale. De ce silence qu’il a laissé derrière lui, dans la trahison et l’incompréhension, dans ses mots qui manquent et les explications qui ne viennent jamais. Ce sont des jours qui se succèdent en s’égratignant contre le sol, en s’écorchant les phalanges sur des silhouettes incertaines. C’est la fièvre de la colère qui pulse dans ses veines la journée et qui l’abîme chaque soir au gré des bars, mais c’est la brûlure de son visage absent qui peuple ses nuits et fait disparaître les accalmies. C’est la même rage qui lui retourne les entrailles, qui s’écoule dans tout son être dans chaque chose qu’elle entreprend ou qui l’exaspère, qui déborde entre ses lèvres quand elle insulte le monde de ne pas être suffisant. Ce sont toujours la porte d’entrée qui claque avec les vociférations percutant les murs de la boutique, sa haine qui se déverse sur les corps comme un baume éphémère sur les cœurs appauvris.

Dans cette effervescence qu’il lui connaissent tous, Darcy parvient à maintenir un semblant de cohésion parmi les autres, les clients, les passants, les habitants de son quartier. Elle a l’amertume au bord des lippes depuis qu’elle a assistait à sa mort, depuis que les disparitions de moldus se cumulent, depuis que des cadavres d’innocents réapparaissent des semaines après leurs disparitions. Pourtant, elle ne dit rien, serre la mâchoire, contracte les poings, et se fracasse comme un flot dans les mots, dans les gestes, à la moindre ouverture, la moindre échappatoire qui lui permet de se concentrer sur autre chose. Se confronter à sa propre jalousie incessante qui surgit quand elle aperçoit un couple. C’est bien son absence à lui, qui lui bousille la conscience comme une entrave à l’existence. Une plaie salée sur son cœur ferraille qui trépasse. À toujours se rendre compte de l’importance d’une présence, quand celle-ci s’est dissoute dans la poussière du reste. Trop de temps passé à s’arracher la carcasse pour ne pas se rendre compte de l’évidence, pour qu’il ne reste qu’une poignée de secondes intangibles dans lesquelles ont raisonné sa voix une dernière fois, sans qu’elle puisse attraper son regard. Ce sont des mots qui ne se diront jamais, et le phare qui ne s’allumera plus dans la tempête. Darcy n’a plus de chaînes, plus de retenue, plus de garde-fou pour l’apaiser.

Les pas du client martèlent le parquet, il s’approche d’elle, son regard est presque fuyant. Elle trouve un écho saisissant auprès de son coeur, sa voix est douce, comme du velours, comme une caresse. Sa voix résonne quelques instants, il ne la dépasse pas et pourtant sa prestance est assez incroyable, il a un quelque chose qui surprend, son aura peut-être. Le regard de la librairie se percute à celui du client, le jauge dans son ensemble. Elle discerne une timide au creux de ses lèvres, de la façon dont il se martèlent les mains, comme elle perçoit la fatigue sur son visage. « Bonjour, bien entendu, en quoi puis-je vous être utile ? »

Son souffle s’immobilise en même temps qu’elle contourne son bureau pour s’avançait vers le centre de la boutique, entre l’escalier et le présentoir présent à l’entrée, entourée de toute part par d’innombrables livres et fleurs en pots. Elle se contente d’écouter de loin le client qui semble indécis sur deux livres en particuliers, son regard s’attarde sur les deux ouvrages du client. « Voilà deux ouvrages totalement différents.. » elle feigne un battement de cil à son attention avant que son regard ne retourne papillonner sur le présentoir. Elle avait un sourire espiègle sur les lèvres, la moldue. « Pourquoi ce choix ? Il y a bien une raison, vous êtes vous fiez simplement à la couverture ? » Darcy l’observait à nouveau, les sourcils légèrement relevés et bras croisés sur la poitrine. Il y a un silence qui plane, son regard qui navigue entre les livres et son client qui semble dépourvu sur le moment de parole. Elle le regarde la regarder, les bras toujours croisés contre sa poitrine et son menton levé comme si elle était en pleine interrogatoire. Elle prend appuie sur une jambe, accentuant sa silhouette vêtu d'un tissu glissant parfaitement sur sa hanche, sa jambe. Il y avait un soupçon d'amusement dans sa réplique, elle pique, elle joue avec les mots, l'attitude. Joueuse invétérée, presque compulsive, maladive.


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Sujet: Re: Le temps est infidèle pour qui en abuse - Jonathan Rowle et Darcy Lancaster | Dim 15 Juil - 11:57
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Il était difficile pour moi d’arriver à comprendre ce que je pouvais ressentir, au fond de mes entrailles. J’avais été vide pendant si longtemps, dépourvu de la moindre émotion pour me protéger de moi-même… J’avais oublié, avec les fracas des combats et le goût amer du sang dans la bouche, ce que c’était d’être un homme.
Mentalement, la guerre m’avait enlevé non seulement la volonté de vivre, en tout cas, comme je le faisais auparavant et non dans cette espèce de purgatoire où seule l’habitude me faisait mettre un pied devant l’autre, mais m’avait également donné en cadeau cette honte indicible qui habitait chaque pore de ma peau. J’avais fauté, si j’avais été religieux, j’aurai été jusqu’à dire que j’avais péché, et aucune prière n’aurait pu m’apporter la rédemption. Un criminel de guerre qui portait une médaille rutilante. Je ne méritai aucun bravo pour les cadavres à mes pieds, mais comme j’étais dans le camp des vainqueurs, on m’avait acclamé au lieu de me punir.
Physiquement, ceux qui m’avaient connus à mon apogée peineraient à me reconnaître. Ce n’était pas que j’avais maigri, même si c’était le cas, de plusieurs kilos, mais j’avais toujours été naturellement mince, voire maigre, comme tous les hommes de ma famille. Les Rowle ne sont que des paquets de vieux os, avait-on l’habitude de dire au Pays de Galle, Thorfinn avait été l’une des seules exceptions à la règle, tout comme ses cheveux blonds d’ailleurs. J’avais toujours soupçonné notre mère d’avoir fauté avec l’un des majordomes, sans jamais oser exposer mes soupçons à quiconque : de toute façon, qu’est-ce que ça aurait bien pu changer ? Ce n’était pas mes cernes sous mes yeux, pourtant proéminentes, de ces valises sombres qui peuvent être induites seulement par ce sommeil qui ne reposait aucunement, simplement provoqué par des potions de sommeil pour maintenir en vie ma carcasse desséchée. Ce n’était pas mon air renfermé, que j’avais toujours plus ou moins affiché, même si aujourd’hui se mêlait à la retenue une mélancolie tout sauf indicible. C’était mon aura, en elle-même, qui avait changé. J’avais été l’Auror droit et fier, le Sang Pur qui s’était rebellé contre sa famille pour la ferveur de ses convictions, le Serdaigle qui n’avait jamais eu peur d’être différent, l’ami fidèle, le mentor attentif, l’homme patient qui pouvait, tour à tour, se révéler loup, lion, oiseau de proie, serpent, prédateur carnassier ou docile chien de garde. Mais tous ces aspects de ma personnalité s’étaient envolés pour laisser place à une créature qui avait peur de sa propre ombre, bien trop grande pour son aspect rabougri.

Et pourtant. Peut-être que tout n’était pas perdu. Peut-être que l’homme n’avait pas été enterré avec les cadavres, dans la fosse commune de la bataille de Poudlard, et qu’il était simplement resté en sommeil à l’intérieur de ma propre enveloppe corporelle. Je voulais en tout cas le croire, alors que mes yeux ne pouvaient se détacher de la silhouette si gracile, presque impératrice, de la libraire. Tout en elle respirait la féminité, de son visage insolent de beauté à ses courbes sensuelles, qui aurait pu allumer entre mes reins un feu que je croyais éteint depuis longtemps, si seulement je m’étais laissé aller à de telles pensées. Et sa voix, enfin, répondit à ma question, et elle aurait pu dire n’importe quoi que j’aurai été captivé par ses intonations subtiles et la façon dont les mots roulaient sous sa langue. L’homme est si faible face aux charmes des femmes. Ces créatures sont presque mystiques et pourraient ensorceler le plus fort des plus forts.

« -Je… Euh…

Où était passée ma jeunesse, mon assurance ? Je n’avais jamais été avare de bons mots auprès des jolies filles, sans être forcément démonstratif. L’ancien Serdaigle que j’étais avait suffisamment de culture et de verve pour pouvoir rebondir dans à peu près n’importe quelle situation. Allez, John. Un peu de nerf, que diable. C’est une simple conversation, après tout.

Mon regard se tourna vers les deux couvertures, et mes joues se tintèrent de rouge. Je n’avais pas pris le livre que j’avais sélectionné, tout occupé que j’étais à détailler les traits fins de la jeune femme. Quel idiot. Habituellement, j’aurai fuis face à la difficulté, me refusant à vivre toute situation embarrassante, car elles étaient susceptibles de déclencher chez moi une crise de panique, mais aujourd’hui, je ne savais pas pourquoi, une nouvelle force semblait couler dans mes veines. Probablement grâce aux beaux yeux d’une nymphe aux cheveux noirs comme l’ébène.

-Je n’y connais pas grand chose, pour tout vous avouer, dis-je avec un petit sourire gêné. Mais je dois apprendre assez rapidement à cultiver des tomates, ou je vais avoir une petite fille très en colère sur les bras. Les enfants sont parfois un peu ingrats. Et je laissais échapper un petit rire.

J’aurais été presque assuré, sans cette petite voix dans ma tête qui me disait que j’étais trop vieux, trop rouillé, trop irrémédiablement brisé. Mais je sentais également un vent nouveau en moi, comme un écho du passé, un temps plus simple où tout semblait plus doux. La timidité se mélangeait à l’assurance, et mes regards fuyants ne pouvaient s’empêcher de se poser, parfois, sur ce que laissait deviner la naissance des vêtements de la libraire.

-Mais j’oublie toutes les politesses. Je m’approchais de quelques centimètres, tendant la main. Jonathan Rowle. »

Et si ce nom n’était inconnu de personne dans le monde sorcier, appartenant à ce Registre des familles Sang-Pur qui avait régi l’aristocratie pendant de nombreuses années, nulle baguette ne pouvait se faire voir dans ma manche, nul apparat ne pouvait laisser deviner mon ascendance. J’étais un simple anonyme qui dévorait des yeux une splendide créature, un homme qui se laissait aller à ses instincts les plus primaires.
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