Qu'il est honteux d'être humain ft. Jude Whitmore

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Sujet: Qu'il est honteux d'être humain ft. Jude Whitmore | Jeu 31 Mai - 3:16

Qu'il est honteux d'être humain
Sebasmore ♥
Cela avait été étonnement facile à organiser. Sebastian aurait pourtant cru qu’un soir de Noël, les gens avaient mieux à faire que de l’écouter parler : l’envergure et l’attrait de sa célébrité le dépassait parfois un peu. Bien sûr que les journalistes répondraient à son appel. Non pas qu’ils ne préféreraient pas passer les fêtes en famille, mais, les différentes rédactions, qu’elles soient télévisuelles ou traditionnelles, ne les aurait jamais pardonné s’ils laissaient passer un scoop concernant Sebastian O’Connor. Il les avait appelé en personne, sans passer par son publiciste, se tenant à son serment de les laisser tranquille lors de leurs vacances : et ce simple fait avait intrigué les reporters des journaux à potins, les avait rendu fou de curiosité. Non, je ne dirai rien au téléphone, avait-il simplement ajouté. Je tiendrai une conférence de presse dans 2h, à vous de décider si vous voulez en être ou pas. Peut-être que c’était l’urgence dans sa voix, également, qui avait affolé la foule des gratteurs de papier. Il ne savait pas. Toujours était-il qu’alors que des dizaines de journalistes le regardait, des caméras braquées sur lui, des micros au dessus de sa tête qui se battaient pour savoir qui aurait la meilleure position, lui… Il avait les mains moites. Il était terrorisé, et il était seul. L’irlandais savait pertinemment que s’il avait envoyé un hibou à Ollie, elle serait venue, mais il ne voulait pas la déranger lorsqu’elle se trouvait en famille, et puis, chaque action qu’il entreprenait qui n’avait pas de rapport avec son plan, c’était risquer de faire demi-tour. De perdre toute sa réserve, et de retourner dans son trou de lâcheté et d’auto-mépris.

Il n’avait pas préparé de discours. Ce qu’il s’apprêtait à dire, il l’avait répété pendant des années, inconsciemment, intérieurement, dans les petits moments de son quotidien. Avant qu’il ne s’endorme. Pendant qu’il prenait sa douche. Lorsqu’il faisait son jogging. Ces mots l’avaient hantés, et il avait encore un peu de mal à réaliser qu’il allait enfin les prononcer. Mais surtout, il espérerait qu’une certaine personne les entendrait. Et si son hibou se perdait ? Si sa phrase, griffonnée sur un morceau de parchemin, ne parvenait jamais jusqu’à Jude, et qu’il ne comprenait pas qu’enfin, ils allaient pouvoir être ensemble ? Réellement ensemble, comme un couple normal, qui n’a pas sans cesse à surveiller ses moindres faits et gestes, par crainte du qu’en-dira-t-on. Ou pire, et si ce n’était pas suffisant ? Si, malgré le fait que Sebastian prenait enfin ses responsabilités en main, l’écrivain n’acceptait plus jamais de le revoir ? Il avait probablement assez souffert à cause de lui et de ses conneries. Il pourrait trouver bien mieux, quelqu’un avec qui tout serait plus simple et léger, qui n’avait pas besoin d’appeler une conférence de presse à chaque fois qu’ils se disputaient. Ces craintes effaçaient presque celles, plus anciennes, qui accompagnaient fatalement le moment qu’il allait bientôt vivre. Quelle serait la réaction du public, alors qu’il l’avait trompé, durant toutes ces années ? Il n’était pas l’homme qu’il avait prétendu être, et, probablement que cet aveux sonnerait comme une trahison. Et ses coéquipiers ? Accepteraient-ils de continuer de voler, sous la houlette d’un capitaine homosexuel ? Sebastian ne pensait pas qu’ils seraient forcément homophobes à proprement parler, mais… le milieu du sport était si fermé. C’était un environnement rempli de testostérone et de sueur, tellement que même les femmes les plus fortes avaient parfois du mal à y trouver leur place. Peut-être perdrait-il leur respect, leur confiance. Peut-être que plus rien ne serait jamais comme avant.

Ses peurs étaient là, nichées au fond de son ventre, mais ça ne l’empêcha pas de brandir sa baguette pour la poser contre sa gorge, lançant un Sonorus pour que tous les journalistes présents entendent ce qu’il avait à dire. Car il choisissait Jude, à sa carrière. Il avait pendant longtemps cru que voler, c’était ce qui le rendait le plus heureux au monde, mais il s’était rendu compte, lorsqu’il avait entendu le brun rire, serré contre lui, alors qu’ils fendaient les airs sur un balai, que voler à deux, c’était encore mieux. Il ne pourrait pas se faire virer, pas vraiment. Les entraineurs et les responsables des équipes avaient conscience qu’il était l’un des meilleurs joueurs au monde, et de se priver d’un tel atout pour des histoires pareilles, rimerait avec une perte de palmarès. Il se ferait peut-être pointer du doigt, cracher dessus, il ne savait quoi d’autre. Mais au moins, il pourrait continuer à pratiquer son sport, et il pourrait enfin être lui-même. Le jeu en valait la chandelle. Sebastian s’éclaircit la gorge, et ce son guttural, amplifié par son sortilège, résonna dans la petite pièce, le bureau de son manager, qu’il avait emprunté pour l’occasion. Il était sûr qu’il ne lui en voudrait pas trop.

« -Bonjour à tous. Je suis vraiment désolé de vous avoir dérangé en ce jour de Noël, je suis sûr que vous aviez mieux à faire que de venir m’écouter ici, mais… je pense que vous ne serez pas déçu, dit-il avec une bonne dose d’ironie. Son regard était fixé sur la caméra en face de lui, magnétique, presque animal. Il était splendide, dans sa superbe détresse. Je vais vous dire pourquoi je vous ai convoqué ici aujourd’hui, et je répondrai à vos questions lorsque j’aurai fini, alors, s’il vous plait, ne m’interrompez pas. Une pause. Il rassemblait les dernières bribes de son courage. Le moment était venu. Cela fait maintenant presque 15 ans que je suis joueur de Quidditch, 15 ans que j’ai été confronté avec l’idée que j’étais devenu un personnage public, et que, de ce fait, je devais jongler entre deux vies : ma vie professionnelle, et ma vie personnelle. J’ai vite appris que ces deux existences étaient distinctes, et que, si je voulais protéger l’une, comme l’autre, je devais apprendre à faire semblant. A rentrer dans le moule que la société, que vous, les journalistes, aviez créés pour moi, au risque de tout perdre. Ma carrière, mes supporters, mes sponsors. Et petit à petit, sans que je ne m’en rende vraiment compte, j’ai fini par croire ces mensonges que je racontais devant les caméras. J’ai fini par faire du mal aux gens autour de moi, par devenir une personne que mon moi adolescent aurait haï de toute son âme. Je suis devenu un imposteur. Le silence qui régnait dans la salle était religieux. Les journalistes semblaient perdus, ne sachant pas réellement où il voulait en venir, mais ils écoutaient avec attention, ne voulant pas perdre une bribe de ses paroles. Seul le glissement des plumes à papotes sur le parchemin venait perturber la quiétude de leurs possesseurs. Aujourd’hui, il est temps que je dise la vérité, que j’arrête de me faire passer pour ce que je ne suis pas. Je ne suis pas ce playboy qu’on a décrit dans les journaux. Je ne suis pas sorti avec toutes les joueuses de l’équipe d’Espagne, comme a pu le prétendre Sorcière Hebdo. Je n’ai jamais été en couple avec Ollie Debenham, qui est ma meilleure amie, et qui m’a soutenu comme jamais personne ne l’avait fait auparavant. Il y a une simple et bonne raison à ce que vous me croyiez sur parole, malgré le fait que j’ai déjà démenti ces rumeurs, mais que vous ne m’avez jamais vraiment cru. Je suis homosexuel. Il n’y eut aucune stupeur, aucun cri, aucun tonnerre qui s’abattit sur la scène. Quelques murmures, cependant. Des "je le savais" à des "quel dommage" interloqués. Les plumes à papotes ne s’étaient jamais autant agitées. J’ai toujours été gay, et ce, depuis aussi longtemps que je me souvienne. A mes fans, je tiens à dire que… Vous m’avez toujours connu ainsi, je n’ai pas changé. Alors, j’espère que votre regard sur moi ne changera pas non plus. J’espère que vous me pardonnerez ces mensonges, que vous comprendrez pourquoi j’ai du les faire. Il ferma les yeux quelques secondes. Voilà que la partie la plus difficile arrivait. J’ai aussi un message un peu plus personnel à faire passer. Aujourd’hui, j’ai fais souffrir quelqu’un que j’aimais. Je ne le nommerai pas ici présent, parce que, de révéler notre relation aux yeux du public, doit être une décision que l’on prend à deux. Mais je tiens à lui dire… je tiens à te dire, dit-il en s’adressant directement à Jude, que tu avais raison sur toute la ligne. J’aurai du le faire il y a bien longtemps. Pas pour toi, mais pour moi. Pour toutes ces fois où j’ai choisi d’être seul dans le secret, plutôt que d’être heureux et hors du placard. Tu m’as ouvert les yeux, et je ne te remercierai jamais assez pour ça. Il avait envie de rajouter mille et une choses, mais il se retint. Il en avait assez dit comme ça, et le reste, il voulait lui dire les yeux dans les yeux. Très bien, messieurs dames… vous avez des questions ? »

Et un fracas assourdissant retentit dans la pièce. Tout le monde parlait en même temps, chacun essayait de se faire entendre, et pourtant, Sebastian souriait. Il était libre.



    Les amoureux deviendront diamants
    Plus jamais je n'aurai peur de ces étranges lueurs qui apparaissent quelquefois quand je lui ouvre mon cœur. Quand les soleils s'éteignent entre deux corps amants, c'est le bonheur qui saigne, un lys entre les dents. + buckaroo.

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Sujet: Re: Qu'il est honteux d'être humain ft. Jude Whitmore | Dim 15 Juil - 23:19
Les lumières se fragmentent en éclats colorés sur le cristal de mon verre et sur les glaçons qu'il contient. Ces derniers répandent une auréole dans le liquide ambré, que je fais distraitement tourner. Plissant le nez dans une grimace de mépris tout droit sortie des sombres pensées qui m'habitent et du tyrannique discours intérieur qui me torture, j'avale cul-sec.

- Encore, je marmonne au serveur derrière le bar.

Je doute qu'il ait vraiment compris ce que j'ai dit, mais il a visiblement compris la signification, parce que d'un geste habitué, il verse un doigt de scotch dans mon verre.

Je hais le scotch.

J'avale à nouveau cul-sec.

Un profond sanglot remonte jusqu'à mes lèvres en même temps que le liquide descend, éraflant les parois de ma gorge. Le sanglot se change en nausée alors que j'en refuse l'expression. Mon front tombe sur le bras qui traîne mollement sur le bar, mon autre main tenant toujours le cristal scintillant des lumières de Noël qui décorent l'endroit. Un fond de musique, interprétations cuivrées d'éternels cantiques, se veut agrémenter la pénible soirée des personnes présentes ; visiter les bars et tavernes le soir de Noël, c'est se faire le témoin d'une souffrance humaine qui se noie, qui s'étourdit ou qui déborde.

La mienne se noie. Mes pieds m'ont menés jusqu'ici alors que, pétri de chagrin mais aussi d'incrédulité et de confusion, j'ai refusé de rentrer chez moi, incapable de tolérer ne serait-ce que l'idée de passer le reste de la soirée seul. La dispute avec Sebastian joue et rejoue dans ma tête depuis que j'ai quitté son appartement. La culpabilité m'écrase. J'ai tout gâché. Je suis allé trop loin. Ai-je réellement dit toutes ces choses ? Comment ai-je pu ? Tout est perdu.

Plus les verres s'enchaînent, moins j'arrive à penser clairement. Tant mieux. Les mots se mélangent dans ma tête et la scène se rejoue désormais de manière déformée, décousue. Mon regard vitreux tombe sur celui d'une autre âme en détresse. Un regard franc. La peau du visage de l'homme est si sombre que ses yeux ressortent comme deux billes blanches quasi hypnotiques. Je comprends ses intentions, son invitation. Voilà qui finira de m'étourdir, de me noyer.

Je m'apprête à me lever, maladroitement, pour aller le rejoindre, quand des éclats de voix vers la vitrine attirent mon regard.

- Mais qu'est-ce tu fais là toi, c'est quoi que tu veux hein ? Petite bête ? lance la voix bourrue mais sympathique d'un ivrogne à moitié affalé contre la fenêtre.

Derrière, un petit hibou ébouriffé tape du bec comme un forcené. Comprenant qu'il s'agit sans doute d'un hibou postal, le bonhomme ouvre la porte, laissant entrer une bourrasque neigeuse dans laquelle s'engouffre le petit volatile. J'ai à peine le temps de me désintéresser de la situation pour me tourner vers l'homme et son regard que le hibou lance un hululement sonore et plante fermement ses petites serres dans mon épaule.

- ARGH ! Qu'est-ce que...

Bombant le torse avec la fierté d'une mission enfin accomplie, le hibou, qui semble avoir mis pas mal de temps à me trouver, dresse sa minuscule patte, sur laquelle est attachée une courte missive. Mon coeur explose dans ma poitrine quand je reconnais l'écriture de Sebastian. Plissant les yeux pour parvenir à lire derrière la brume de mon ivresse, une nouvelle mini crise cardiaque me tord la poitrine.

- Excusez-moi, pouvez...

Ma voix n'est qu'un raclement rauque et rocailleux. Je tousse, pour l'éclaircir un peu.

- Excusez-moi, la télé... Pouvez-vous syntoniser une chaîne sportive ou... un canal de nouvelles ? S'il vous plait...

Le serveur termine sa commande, pas plus pressé que ça, alors que le hibou mordille l'un de mes doigts jusqu'à ce que je glisse précautionneusement quelques mornilles dans sa petite bourse, comme on m'a appris à le faire. Cela me prend toute la concentration qu'il me reste, et me permet de ne pas balancer mon verre à la tête du serveur trop lent.

Quand le hibou s'envole, dans un hululement content, je me tourne vers la télé, accrochée au plafond près du bar, qui change de chaîne à chaque fois que le serveur, grimpé sur un banc, tourne le bouton. Sitôt que le visage de Sebastian apparaît, en gros plan, je hurle presque :

- LÀ ! CETTE CHAÎNE !

Le serveur comprend trop tard et la chaîne est déjà passée. Il doit passer par toutes les chaînes à nouveau pour y retourner. Je lève les yeux au ciel et grogne une insulte dans sa direction. Quand la chaîne s'arrête à nouveau sur le visage de Sebastian, je me tend vers son image, rivé à ses lèvres.

"...parce que, de révéler notre relation aux yeux du public, doit être une décision que l’on prend à deux. Mais je tiens à lui dire… je tiens à te dire que tu avais raison sur toute la ligne. J’aurai du le faire il y a bien longtemps. Pas pour toi, mais pour moi. Pour toutes ces fois où j’ai choisi d’être seul dans le secret, plutôt que d’être heureux et hors du placard. Tu m’as ouvert les yeux, et je ne te remercierai jamais assez pour ça. Très bien, messieurs dames… vous avez des questions ?"

Je mets plusieurs bonnes secondes avant de réaliser qu'il s'agit d'une conférence de presse et que ça se déroule en direct. Plusieurs bonnes autres secondes avant de comprendre qu'il s'adresse à moi. Un autre petit moment encore avant de commencer à assimiler le fait que... "plutôt que d'être heureux et hors du placard". Hors du placard. Hors. Du. Placard.

Je frôle la syncope. Ma respiration, plus qu'irrégulière, mélangée à l'alcool qui pulse dans mes veines, m'étourdit ; le sang semble se rendre difficilement à mon cerveau.

Ce n'est pas réel. J'ai dû m'endormir, là, sur le bar, et je suis en train de rêver. Des larmes piquent mes yeux incrédules. Les journalistes enchaînent les questions qui confirment que j'ai bien compris : Sebastian vient de faire son coming out.


J'ai un héros à rejoindre.

Je cours de travers, beaucoup plus lentement que j'aimerais, trop affecté par tout cet alcool que j'ai ingurgité. Je ris à gorge déployée et pleure à moitié, tremblant et fébrile, effrayé, soulagé... bouleversé par ce qui vient de se passer. J'ai aucune idée d'où se tient la conférence de presse, le plan sur le visage de Sebastian était trop serré. Mais il me semble avoir remarqué... Les couleurs... les cases... C'était au stade.

Il devient vite évident que je me rendrai jamais jusque là par mes propres moyens. Toujours hilare, voire hystérique, je m'engouffre dans une cabine téléphonique et laisse tomber des mornilles dans le récipient. Ça marche pas. Je m'y reprends à quatre fois avant de réaliser qu'il faut que j'y mette une pièce de 10 pence. Je connais par coeur le numéro du téléphone des vestiaires et c'est désespérément que j'attends que quelqu'un décroche l'autre bout du fil.


Nos heures sont des rivières
Qui courent en une folle frénésie
L'amour est liquide clair
Et nos deux corps sont amphibies
La terre est un brasier
Mais pour un moment l'oublier
T'es la plus belle saison de ma vie
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Sujet: Re: Qu'il est honteux d'être humain ft. Jude Whitmore | Sam 21 Juil - 3:52

Qu'il est honteux d'être humain

- Sebastian M. O'Connor — Jude Whitmore -


"For love, for dreams in the night, for days to come when we'd be all right. I can't remember why I did the things I did, I was just a kid." Forgive the children we once were - Delta Rae
Un bruit strident résonnait dans sa tête. Comme une sonnerie désagréable, un insecte qui lui dévorait consciencieusement le cerveau. Et les questions continuaient, par vagues, certaines pertinentes, d’autres non, certaines respectueuses, d’autres franchement intrusives. Sebastian essayait, du mieux qu’il le pouvait, de cacher les tremblements de sa main, la migraine déjà bien installée à l’arrière de son crâne, répondant de son mieux aux journalistes, bredouillant plus qu’il n’aurait aimé. Parce qu’il était fatigué, l’irlandais. Ce soir de Noël était bien trop long, bien trop chargé en émotion, et il se sentait drainé, physiquement, mentalement, et s’il s’était écouté, il aurait juste envoyé bouler tous les reporters présents pour simplement aller se coucher. Mais il ne pouvait pas se le permettre, pas lorsqu’il venait de menacer sa carrière en faisant cette conférence de presse, en disant sa vérité aux yeux du monde entier. Alors il continuait, enchainant banalités après banalités, évitant par d’habiles pirouettes de répondre à des questions trop personnelles, sur ses anciennes relations, sur l’homme à qui il s’était adressé directement à la caméra. Cet homme auquel il essayait de ne pas trop penser.

Est-ce que Jude avait reçu son message ? Est-ce qu’il avait seulement accepté sa supplique, d’allumer n’importe quel poste de télévision ? Il ne savait pas, et ça menaçait de le tuer à petit feu, bien plus que tous ces reporters qui enchainaient les questions stupides, enrobées de commentaires homophobes, plus provoquées par l’ignorance que par la haine. Après tout, la plupart de ceux ayant répondu à l’appel étaient des journalistes sportifs, et ils n’avaient pas l’habitude de couvrir ce genre de sujets. Si Sebastian n’avait pas été si éreinté, probablement qu’il aurait ressenti une colère bien plus forte, quoique toute aussi sourde, mais là, il voulait juste que tout s’arrête. Retrouver son amoureux, savoir s’il était pardonné, et rentrer chez lui.

Le salut ne vint pas en la personne de l’écrivain, cependant. La publiciste du joueur de Quidditch débarqua dans le petit bureau du manager, en tenue de soirée, mais échevelée, comme si elle avait quitté en hâte une fête de haute tenue (et c’était probablement le cas). Elle fendit la foule des journalistes, repoussant les Plumes à Papotte et les quelques audacieux qui auraient osé se mettre sur sa route, avant de tirer gentiment Sebastian vers l’arrière, pour qu’il lui laisse la parole.

« -Il suffit, messieurs dames. Mr O’Connor a répondu a suffisamment de vos questions pour ce soir, mon équipe vous fournira un communiqué dès que possible, et en attendant, je suis là pour prendre le relais.

Elle jeta un petit coup d’œil derrière elle, plantant son regard dans celui de son client, un air vaguement agacé sur le visage. Cela faisait des années qu’elle travaillait pour lui, et elle n’aurait jamais imaginé qu’il lui ferait un coup pareil, un 25 décembre, de surcroit. Elle se fichait comme de sa première chemise, de l’orientation sexuelle de l’irlandais, mais elle aurait aimé être tenu au courant de sa petite annonce à la presse, après tout, c’était son job, de veiller à son image. Elle glissa entre ses dents un petit commentaire, que lui seul put entendre, avant de se retourner vers les reporters, ses lèvres s’étirant dans un sourire médiatique de circonstance.

-On en reparle plus tard, Sebastian. Si tu restes ici plus longtemps, ils vont te manger tout cru. »

Il hocha de la tête, reconnaissant de ce sauvetage express. Ses muscles fourbus le lançaient, et sa tête menaçait d’exploser tant elle lui faisait mal. Après un petit signe de la main, Sebastian O’Connor quitta le bureau, plus fatigué qu’après une Coupe du Monde, mais encore plus fier, aussi. Il l’avait fait. Enfin.

Mais où aller ? Que faire ? Se pointer à l’appartement de Jude, avouer qu’il avait eu tort sur toute la ligne, que lever ce poids de sa poitrine lui avait fait bien plus de bien qu’il n’aurait jamais pu l’imaginer, le supplier de lui pardonner ? Il ne voulait pas mettre la pression à l’écrivain. Il ne voulait pas qu’il croit que son coming-out était un moyen pour lui de le récupérer : il avait simplement pris conscience qu’il ne serait jamais réellement heureux qu’avec Jude, et que Jude ne serait jamais réellement heureux que s’ils pouvaient vivre leur amour aux yeux de tous. Il avait fait ce choix en toute connaissance de cause, en sachant que ça n’effaçait pas ces mois durant lesquels il avait été égoïste, où il avait traité son petit ami comme un petit secret honteux.

Il ne savait pas qu’à quelques centaines de mètres de là, seulement, un téléphone sonnait. Il ne savait pas qu’une femme de ménage curieuse avait décroché, et qu’elle avait eu la surprise de tomber sur un homme complétement saoul qui ne voulait rien d’autre que de parler avec le célèbre Sebastian O’Connor. Il ne savait pas que cette brave dame avait répondu, avec un fort accent pakistanais, qu’il n’était pas là, que le stade était vide, et qu’il devrait essayer de rappeler le lendemain, à partir de 8h, lorsque les dirigeants du stade reprendraient le travail. Il ne savait pas qu’elle avait fini par raccrocher, en désespoir de cause, car elle ne comprenait pas bien l’anglais, et ne savait pas quoi faire pour aider le pauvre Jude Whitmore, à l’autre bout du combiné. Il avait juste conscience de l’air froid qui s’engouffra dans ses poumons, alors qu’il sortit du bureau, dans une petite ruelle de la ville haute. Il inspirait, il expirait. Et puis, il pleura.

Il pleura de soulagement, d’abord. La terre n’avait pas tremblée, aucun éclair ne s’était abattu sur la ville, il avait toujours ses quatre membres bien entiers. Tout allait bien. Cette révélation, qu’il avait porté comme un fardeau depuis toutes ces années, n’aurait plus besoin d’être constamment dans un coin de sa tête, au bord de son cœur. S’il savait que les médias ne seraient pas tendres avec lui, ainsi que certains de ses sponsors et de ses fans, il vivrait enfin la conscience tranquille, et ça lui faisait bien plus de bien que n’importe quel trophée de Quidditch. Il pleura de fatigue, de se dire qu’il devait se trainer jusqu’à son appartement pour prendre une douche chaude, avant de s’engouffrer sous ses draps. Il pleura d’appréhension. Où était Jude ? Le détestait-il à jamais ? Est-ce qu’il était passé à côté de la possibilité de vivre aux côtés de l’homme de sa vie, simplement parce qu’il avait été trop lâche pendant bien trop longtemps ? Qu’allait-il se passer pour lui, pour eux ? Il pleura, mais il ria, aussi. Tout se mélangeait, dans sa tête. Soulagement, fatigue, appréhension. Plus rien ne semblait avoir de sens, mais en même temps, tout avait trop de sens.

Après sa bonne crise de larmes, le blond rabattit la capuche du sweatshirt qu’il avait trouvé dans le bureau de son manager sur sa tête, pour dissimuler quelque peu son apparence, et commença à marcher, évitant volontairement les axes principaux de la ville pour ne pas éveiller les soupçons. Il ne pouvait pas gérer des fans, qu’ils soient en colère ou compréhensifs, en ce moment. Il voulait aller aux Salines, mais ses pas le menèrent dans le Centre-Ville, près de l’appartement de Jude, sans qu’il n’y réfléchisse vraiment. Son corps prenait le relais, et il allait vers là où il se sentait le mieux, là où il se sentait le plus en sécurité, le plus aimé. Il sonna, mais personne ne répondit. Au bout d’un long moment, il ne sut pas combien de temps exactement, un homme se présenta devant le bâtiment, visiblement un voisin de Jude, et Sebastian put se glisser à sa suite.

Arrivé sur le pallier, il frappa à la porte, même s’il savait bien que personne ne lui répondrait. Il ne savait plus vraiment ce qui le faisait avancer, le désespoir, l’amour, un automatisme. Mais là, cette porte fermée sonnait comme un glas, elle semblait lui crier au visage que tout était fini, qu’il était peut-être libre, peut-être hors du placard, mais qu’il était seul. Alors, il s’assit sur le paillasson, s’adossa à la porte. Et ses pleurs le bercèrent assez longtemps pour qu’il s’endorme contre le bois massif.
code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 1366 WORDS.




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Sujet: Re: Qu'il est honteux d'être humain ft. Jude Whitmore | Ven 3 Aoû - 22:07
L'incompréhension et la confusion embrumaient mon esprit déjà émoussé par l'alcool et aucun des mots que cette femme disait ne faisait le moindre sens.

- Je veux parler à Sebastian O'Connor... Passez-le moi s'il vous plaît... que je répétais, encore et encore. SE-BA-STIAN. Joueur... Joueur de quidditch. Quidditch ?

La dame ne comprenait rien du tout et moi, je ne comprenais rien non plus. Pourquoi ne voulait-elle pas que je lui parle ? Qu'est-ce qui l'empêchait de me passer Sebastian ? Frustré, je raccrochai le combiné en laissant échapper un son rageur quand, visiblement désespérée, elle coupa le fil. Je frottai mes yeux et m'adossai à la paroi de la cabine pour faire le point. Tout tournait autour de moi et le regain de lucidité que j'avais cru avoir quelques minutes plus tôt s'était totalement dissipé. Ma course m'avait donné la nausée et les palpitations des émotions qui m'avaient assailli m'avaient couvert d'une sueur qui, désormais froide, me laissait à la merci de la froidure de décembre. Je réalisai que je grelottais, même si je ne sentais pas le froid en raison de mon ivresse. Il fallait que je trouve un moyen de rentrer chez moi avant de mourir d'hypothermie sur le pavé.

Mais je ne savais pas où j'étais. Découragé, je sortis de la cabine et m'assis sur un banc enneigé, fatigué. Trop fatigué. Je fermai les yeux quelques secondes, me disant que j'allais me reposer le temps que le monde arrête un peu de tourner.

- Hey ! Monsieur ?

Une voix masculine m'empêcha de m'assoupir. Je regardai autour de moi, pour réaliser que ma course effrénée de tout à l'heure ne m'avait fait couvrir qu'une distance de 50 mètres. Le bar que j'avais quitté était un peu plus loin l'autre côté de la rue et le barman, qui m'avait vu partir en trombe dans l'état où il savait que j'étais, me faisait signe de le rejoindre.

Reconnaissant, mais trop épuisé pour en faire quoi que ce soit, je ne bredouillai qu'un "merci..." lorsque, quelques minutes plus tard, après m'avoir forcé à avaler deux grands verres d'eau, il m'installa dans le taxi qu'il avait appelé pour moi. Il donna mon adresse au chauffeur qui me déposa devant la porte de mon immeuble. Je lui demandai de prendre l'argent dont il avait besoin dans une poignée de billets que je lui montrai, puis me traînai dehors, avant de rentrer pour grimper l'escalier d'un pas lent.

Quand j'aperçus la silhouette appuyée contre ma porte, mon coeur rata un battement. C'était bel et bien lui, endormi, le menton sur le torse, les cheveux en bataille.

- Love... murmurai-je, en me laissant tomber à genoux en face de lui.

Je posai une main froide sur sa joue, pour le réveiller, pour croiser son regard, pour lui dire que je l'aimais, que je l'aimais de tout mon coeur, que j'étais désolé, que je n'en revenais pas de ce qu'il venait de faire, qu'il était mon héros.

Au lieu de ça, dans un haut-le-coeur qui me tordit les entrailles, je me détournai juste à temps pour vomir mes tripes sur le paillasson.


Nos heures sont des rivières
Qui courent en une folle frénésie
L'amour est liquide clair
Et nos deux corps sont amphibies
La terre est un brasier
Mais pour un moment l'oublier
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La plus belle saison de ma vie
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Sujet: Re: Qu'il est honteux d'être humain ft. Jude Whitmore | Dim 5 Aoû - 11:41
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- Sebastian M. O'Connor — Jude Whitmore -


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Ce fut le bruit qui le réveilla, plus que la sensation de la main de Jude sur sa joue. Au contraire, cet effleurement aurait eu tendance à l’enfoncer plus profondément dans ses songes, où tout allait bien, ils étaient encore ensemble, et rien ni personne ne se mettait en travers de leur route. Dans ses rêves, il ne dormait pas sur le paillasson de l’être qu’il aimait le plus au monde, il dormait dans le creux de ses bras. Il se réveillait au son du petit déjeuner qui était en train d’être préparé par un petit brun qui chantonnait doucement pour lui-même, plutôt que par le bruit de la nourriture prémâchée qui se répandait sur le plancher.

Il ouvrit un œil un peu hagard. Il ne savait pas depuis combien de temps il était là, assoupi contre la porte d’entrée de l’écrivain, mais il avait l’impression de n’avoir fermé les yeux que depuis quelques minutes, tant l’épuisement qui l’avait saisi était profond. Un coup d’œil à droite, un coup d’œil à gauche. Rien du tout. Ah oui, il fallait regarder droit devant soi aussi. Il y avait un magnifique postérieur tourné, à peu près au niveau de sa tête, parfaitement moulé dans un jean, sur lequel il aurait pu écrire des chansons tant il lui inspirait des choses innommables, et, plongé dans sa contemplation toujours un peu endormie, il ne se posa pas tout de suite la question d’à qui il appartenait, et de ce qu’il faisait aussi près de son visage (bien qu’il ne s’en plaignait pas). Il pouvait sentir ses paupières se refermer, déjà, jusqu’à ce qu’une pensée fulgurante traverse son esprit, répandant une trainée d’adrénaline dans ses veines, et le réveillant complétement. Jude. Ces petites fesses ne pouvaient appartenir qu’à Jude, bien sûr, et il semblait en bien mauvaise posture.

Il se releva d’un bond, pour contourner l’homme et essayer de lui porter assistance. Que lui arrivait-il ? Etait-il malade ? Est-ce que c’était grave ? Il ne lui fallut qu’un coup d’œil pour comprendre la situation. Il effaça de son visage un sourire qui aurait pu être malvenu, avant de se pencher pour être à sa hauteur, tirant de sa poche arrière un mouchoir en papier.

« -Tiens, cr… Il se retint à temps de l’appeler par son surnom gaélique. Il était clairement intoxiqué par l’alcool, et ce n’était pas le moment d’essayer de démêler ce qu’il en était de leur relation. Avait-il seulement vu son intervention télévisée ? Rien n’était moins sûr.

Alors, sans se démonter, il rabattit les cheveux de l’écrivain vers l’arrière, lui essuyant la bouche avec son mouchoir, avant de lui demander, d’une petite voix timide :

-Tu as tes clés sur toi ? Je vais te mettre au lit, nettoyer ça, puis je partirai, je te promets. Je ne veux pas m'imposer. »

Il ne se sentait pas légitime à l’idée qu’il puisse en être autrement. Il avait trop fauté pour mériter son pardon : et comme il l’avait si bien dit aux journalistes, il n’avait pas dit la vérité en espérant que Jude oublie ses erreurs passées. Il l’avait fait pour lui, pour le petit garçon qu’il avait été et qui mourrait à petit feu de ne pas être comme tout le monde, pensant que personne ne pourrait jamais l’accepter. Si l’écrivain acceptait qu’il fasse à nouveau partie de sa vie, alors, il serait le plus heureux des hommes, bien sûr, mais il ne pouvait prétendre à une quelconque rédemption, il en avait parfaitement conscience.

Il se releva doucement, un air fermé sur le visage. Lui qui souriait constamment lorsqu’il était aux alentours de Jude, semblait avoir perdu cette flamme qui l’animait, non pas parce que ses sentiments avaient changés, bien au contraire, mais parce qu’il essayait de protéger un cœur qui était déjà bien trop meurtri. Et c’était sa faute, par dessus le marché. Il tendit la main vers l’homme de sa vie, pour qu’il se lève à son tour, essayant de masquer ses yeux de chien battu, les tremblements dans ses doigts, la lassitude dans ses muscles raidis. Ce n’était pas que ça avait une grande importance, vu l’état dans lequel se trouvait Jude, mais s’il laissait tomber le masque, alors, il ne pourrait empêcher les larmes de couler sur ses joues. Il ne devait pas penser à lui, de toute façon. L’écrivain avait besoin de lui.

Evitant du mieux qu’il le pouvait la flaque de vomi, il se dirigea vers la porte, le regard fuyant, entrainant Jude dans son sillage. Il se sentait bête d’être venu ici, plutôt qu’à son appartement, mais en même temps, sans ça, qui sait ce qui aurait pu arriver à Jude ? Investi d’une mission, il essayait tant bien que mal d’entrainer l’anglais à sa suite, sans qu’il ne titube trop ou ne s’étale dans les restes de son propre estomac.
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    Plus jamais je n'aurai peur de ces étranges lueurs qui apparaissent quelquefois quand je lui ouvre mon cœur. Quand les soleils s'éteignent entre deux corps amants, c'est le bonheur qui saigne, un lys entre les dents. + buckaroo.

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Sujet: Re: Qu'il est honteux d'être humain ft. Jude Whitmore | Sam 11 Aoû - 12:16
Les secousses qui traversaient mon corps avaient quelque chose d'à la fois terrible et soulageant. J'avais honte d'être dans cet état devant Sebastian, j'étais inquiet pour l'état du tapis et chaque nausée me rappelait parmi les plus mauvais souvenirs que j'avais, mais elles avaient en même temps un effet un peu libérateur pour mon corps, qui se débarrassait comme ça d'une certaine quantité de poison. Entre deux secousses, je marmonnais des excuses vagues mais sincères, dont il était impossible de savoir si elles étaient liées à ce que nous avions vécu plus tôt dans la soirée ou à cette image pathétique et dégoutante que j'offrais désormais à Sebastian. Quelque part au fond de la brume de mes pensées, je m'en voulais d'avoir si mal géré ma détresse et d'avoir à nouveau tenté, sans succès, de la noyer dans l'alcool. Des larmes de déception me piquèrent les yeux. Cela m'était trop souvent arrivé, ces dernières années. Pourquoi était-je incapable de faire face à ma souffrance sans tenter de l'engourdir, de m'engourdir ? Je n'étais certainement pas le premier humain à avoir mal, et pourtant, tous ne fuyaient pas vers l'alcool à la première moindre occasion. La soirée que nous avions passée, Sebastian et moi, avait été diablement différente. Pendant qu'il surmontait la peur de sa vie devant la planète entière, j'avais couru vers mes plus toxiques mécanismes avec un automatisme alarmant. Comme si c'était la seule chose à faire, comme si c'était l'évidence. Qui de nous deux, au final, était lâche ?

Sa douceur, je ne la méritais pas. Mais jamais je n'aurais pu trouver en moi la force de la refuser, tant tout mon être l'implorait. Les nausées finirent par s'apaiser après ce qui m'avait paru des siècles mais n'avait sans doute pas duré plus de quelques minutes, et je tournai vers lui un visage démonté.

- Euh... elles...

Parler était difficile. Écouter aussi, visiblement, parce que je n'avais pas compris le reste de ses paroles. Je tapotai les poches de mon manteau pour y trouver mes clés, que je lui tendis, docile. Je me sentais un peu mieux maintenant que j'avais rendu tout ce que j'avais bu et même si j'étais loin d'avoir retrouvé mes facultés, j'avais l'impression d'être légèrement plus lucide. C'était sans doute une fausse impression. Je me remis sur pieds du mieux que je le pus, en m'aidant de la main de Sebastian, et osai enfin poser les yeux sur son visage, d'ordinaire si solaire. Une éclipse semblait être passée au-dessus et l'avait laissé sombre, fermé. Mon coeur se serra, convaincu qu'il me détestait, qu'il m'en voulait d'être si pathétique. Si je n'étais pas déjà si blême, je pense que j'aurais rougi.

Avancer ramena à ma conscience la précarité de mon équilibre. Tout continuait de tourner et alors que Sebastian refermait la porte derrière nous, je décidai qu'il fallait que je sois à l'horizontale au plus vite. C'est donc sur le plancher que je m'étalai, doucement, comme si je me posais sur le nuage le plus confortable du ciel. Je m'endormis instantanément.

Je me rendis à peine compte quand, quelques secondes ou quelques heures plus tard, qu'en savais-je, il me souleva de ses bras solides. C'est son odeur qui me fit réaliser que quelque chose était en train de se passer et qui me fit ouvrir les yeux. Je pouvais voir son profil dans la pénombre et les murs bouger derrière nous. J'enroulai mes bras autour de son cou et, quand il me déposa sur ce qui semblait être mon lit, je réalisai que je ne portais plus que mon caleçon.

Mon étreinte se resserra alors qu'il tenta de s'éloigner.

- Reste... murmurai-je d'un ton suppliant. S'il te plait.


Nos heures sont des rivières
Qui courent en une folle frénésie
L'amour est liquide clair
Et nos deux corps sont amphibies
La terre est un brasier
Mais pour un moment l'oublier
T'es la plus belle saison de ma vie
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Sujet: Re: Qu'il est honteux d'être humain ft. Jude Whitmore | Dim 12 Aoû - 10:44

Qu'il est honteux d'être humain

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Lorsqu’il passa la porte de l’appartement, l’odeur qui s’en dégageait manqua de le faire vaciller. Il y avait dans l’air ces fragrances de pin, d’encre, de petits déjeuners, de moments passés aux côtés de Jude qui resteraient à jamais gravés dans sa mémoire, comme des éclats de bonheur dont l’éclat ne pourrait jamais être terni. Cela sentait la relation qui s’était effondrée à cause de sa propre lâcheté. Il était passé à côté du bonheur, à côté d’un futur qu’il aurait chéri à jamais. Et pire que tout : il avait fait du mal à Jude. Car il ne doutait pas qu’il se trouvait dans cet état à cause de lui. Car il était évident que l’alcool pouvait être un démon, et que c’était Sebastian qui lui avait tiré la queue, lui offrant une victime sur un plateau d’argent. A moins qu’il ne se donne plus d’importance que ce qu’il n’était. A moins que l’écrivain lui en veuille tellement qu’il était arrivé à ce point de non-retour, où il ne comptait même plus assez pour qu’il daigne réagir à sa simple existence. C’était possible, après tout. Peut-être qu’il buvait pour une toute autre raison que l’oubli, peut-être qu’il se réjouissait de s’être enfin débarrassé d’une relation qu’il trainait comme un boulet de canon à son pieds.

Il ne devait pas craquer, pourtant. Déjà, alors qu’il se laissait aller à des pensées bien trop dramatiques pour son esprit si simple, si enjoué habituellement, le brun avait échappé quelques instants à sa vigilance et il s’était étalé de tout son long sur le plancher. Jude ressemblait à un animal perdu. Cela serait attendrissant, presque en tout cas, si Sebastian ne se refusait pas de le voir autrement que comme un simple être humain à qui il apportait de l’aide. S’il se laissait aller à le voir comme l’homme qu’il aimait éperdument, il ne pourrait plus jamais repartir. Le laisser tranquille serait au bout de ses forces.

Pourtant, il fallait faire quelque chose. Il ne pouvait pas, décemment, le laisser dormir sur le sol dur et froid. Il tendit la main vers son dos, avant de s’arrêter dans sa course. Sentir sa peau contre la sienne… Alors que, dans d’autres circonstances, il l’avait chéri, gouté, dégusté comme un met de roi… Non, Sebastian. Arrête. Tu l’as dis toi-même : il faut le mettre au lit puis rentrer chez toi. Tu essayeras de réparer ton égo blessé et le désastre qu’est ta vie lorsqu’il n’aura plus besoin de toi. L’irlandais secoua la tête, et souleva, sans effort, le corps mince de Jude. Il gardait la tête droite, vers son objectif : la porte de sa chambre à coucher. Il ne devait penser à rien d’autre, parce que se laisser distraire ne serait-ce qu’une seule seconde, c’était prendre le risque de se faire submerger par les souvenirs, par ce qui avait été et ce qui aurait pu être s’il n’avait pas été aussi borné.

Et tentation ultime, le voilà qu’il se serrait contre lui. Le voilà qu’il lui donnait de fausses promesses : puisque Jude ne pouvait pas lui avoir pardonné, n’est-ce pas ? Il avait bien trop fauté, il était bien trop bête pour lui, bien trop lâche. Mais s’il se laissait aller, pourtant, à cette étreinte… Non, j’ai dis. Ses muscles se raidirent, et il poussa du genou la porte, pressant le pas. Il fallait que ça s’arrête, avant qu’il ne devienne fou.

Il le déposa sur sa couche. L’écrivain était dans un état entre le rêve et l’éveil, dans cet état étrange où l’on était, sans pouvoir faire quoi que ce soit, piégé entre deux états de la réalité. Il pensa à le laisser là, à repartir comme un voleur, à panser ses plaies et son cœur brisé sans dire un mot de plus. Le joueur de Quidditch tourna les talons, puis il se stoppa, aussi rapidement qu’il avait commencé à marcher. Un rayon de lune éclairait un miroir, et il pouvait voir la silhouette de Jude sur son lit, si innocent, si fragile. Une image qu’il n’avait pas le droit d’admirer, maintenant qu’il l’avait perdu. Et si…

Sebastian tenta de se convaincre qu’il se retournait pour le déshabiller, car il serait installé de manière bien plus confortable, sans son jean et son pull. Il essaya tant bien que mal de se dire que ses intentions étaient innocentes et même louables : il ne trompait personne. Tout ce qu’il voulait, c’était effleurer, même du bout des doigts, et une dernière fois, ce corps qu’il aimait tant. Il avait l’impression de violer son intimité, de prendre quelque chose dont il avait perdu la propriété, d’être le plus égoïste des hommes. Il se permettait une ultime sonate d’adieu, bien qu’il ne puisse caresser cette peau comme il le souhaitait vraiment, bien qu’il ne s’autoriserait certainement pas de l’honorer comme elle le méritait. L’irlandais se contenta de dénuder son ancien amant, et d’ancrer dans sa mémoire les merveilles qui s’étendaient, indolentes, devant ses yeux. Un moment volé, certes, mais précieux.
Il se rendit compte qu’il n’avait pas respiré, durant ces longues secondes où il avait ôté le tissu qui habillait Jude. Sebastian avait mal à la tête. Normalement, il lui aurait fait un doux baiser sur le front, il se serait allongé à ses côtés, mais aujourd’hui, il était intrus dans cette chambre, persona non grata. Tout semblait similaire, mais tout était différent.

Alors pourquoi donc Jude le retenait-il ? Pourquoi donc lui soufflait-il ces mots ? Un éclat d’espoir surgit au fond de ces entrailles. C’était presque pire, au final. De lui laisser miroiter une finalité heureuse.

« -Je… Tu es sûr, je veux dire, je croyais… »

Sebastian était comme un petit garçon à qui on promettait monts et merveilles, et qui avait peur que, d’un instant à l’autre, on lui avoue que le père Noël n’existe pas. Les yeux écarquillés, il ne savait pas vraiment quoi faire. Accéder à sa requête pour souffrir lorsque, demain matin, quand il serait de nouveau sobre, il le mette à la porte ? Ou refuser, et passer à côté de la possibilité que, peut-être, peut-être… Tout redevienne comme avant.

Il en avait assez de réfléchir. C’était un homme d’action, l'ancien Gryffondor, il préférerait toujours prendre un risque qui pouvait payer, plutôt que de se demander des "et si" jusqu’à la fin de sa vie. Il enleva son pantalon, empressé, pour se coucher auprès de l’anglais. Il ne s’approcha pas de lui, ne renifla pas ses cheveux, ne se baigna pas de sa chaleur corporelle : il ne voulait pas pousser sa chance. Mais déjà, il se sentait bien plus à sa place que n’importe où ailleurs dans le monde.

Il ferma les yeux. Et tout devint flou.
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Sujet: Re: Qu'il est honteux d'être humain ft. Jude Whitmore | Dim 12 Aoû - 12:11
Malgré mon demi-sommeil, je ne m'apaisai vraiment que lorsque je le sentis se coucher près de moi sous les couvertures. Je voulus me rapprocher, me lover dans ses bras comme j'avais l'habitude de le faire, mais mon corps alanguis ne me le permis pas. Je tentai un décompte. Dans 3... 2... 1... je bougerais. Mais au lieu des bras de Sebastian, ce fut ceux de Morphée qui m'enveloppèrent et me tirèrent vers un sommeil sombre et sans rêve.

Je soulevai, quelques heures plus tard, des paupières lourdes et endolories sur une pièce éclairée d'une lumière grise et blafarde. La pièce ne tournait plus, mais le sang pulsait tellement dans ma tête que j'étais convaincu qu'elle s'apprêtait à fendre en deux. Je n'avais aucune idée de l'heure qu'il était, mais l'intensité lumineuse semblait indiquer un début d'aurore. Je ne pensais pas avoir dormi beaucoup, bien qu'il m'était impossible de me rappeler de l'heure à laquelle je m'étais couché. Je ne me souvenais pas davantage de la manière dont j'avais rejoint mon lit, mon dernier souvenir remontait à cet appel que j'avais tenté de passer, après avoir vu la conférence de presse à la télé.

Je roulai hors du lit et titubai tant bien que mal vers la salle de bain, où je passai un peu d'eau sur mon visage après avoir rendu mes tripes pour, je l'ignorais, la seconde fois de la nuit. Je brossai mes dents distraitement, les yeux à demi fermés, puis avalai le plus grand verre d'eau de l'histoire avec les cachets qui me permettraient, je l'espérais, un second réveil un peu moins terrible. Je retournai vers ma chambre et, sur le pas de la porte, je réalisai qu'il était dans mon lit. Sebastian. Avais-je finalement réussi à le rejoindre, la veille, par téléphone ? Était-ce grâce à lui que j'avais fini la nuit en sécurité dans mon lit ? Lui avais-je dit à quel point j'étais fier de lui ? À quel point j'étais désolé ? Le souvenir de notre dispute était encore cuisant dans ma tête et je n'avais aucune trace mnésique d'une potentielle réconciliation. Je n'avais vu que la dernière partie de sa conférence de presse et j'ignorais tout de ses motifs, de ses projets, de ce qu'impliquait un tel aveu public, j'ignorais ce qu'il ressentait face à ces limites que j'avais franchies et ces choses horribles que je lui avais dites, face à cette colère qui avait jailli de moi et lui avait montré une nouvelle facette de ma personnalité qu'il n'aimait d'ailleurs peut-être pas, bref, nous avions soit plusieurs choses à nous dire, soit plus rien à nous dire.

Penser me faisait mal à la tête. Je me sentais beaucoup trop mal pour me tourmenter avec les détails de notre relation et à cet instant précis, tout ce qui comptât pour moi fut sa présence sous mes couvertures et la puissance de mes sentiments pour lui. S'il était là et si je l'aimais tant, alors tout était parfait.

Je retournai sous les couvertures tièdes et, doucement, me glissai entre ses bras, la tête sur son torse que j'enlaçai amoureusement.

Un soleil franc inondait la pièce lorsque je rouvris les yeux, probablement quelques heures plus tard, me sentant franchement mieux déjà. Mes maux de têtes étaient disparus et une sensation de faim semblait indiquer la fin des tourments de mon estomac. J'étais désormais enlacé en cuillère par Sebastian, dont la respiration lourde et régulière sur ma nuque indiquait qu'il dormait toujours. Il me sembla, pendant une seconde, que tout était redevenu normal entre nous. Mais je savais que ce n'était pas le cas. Que cette étreinte n'était qu'un sursis, qu'une trêve entre nous. Que cette nuit n'était qu'un moment hors de la réalité que nous nous étions offerts, avant d'avoir à remettre les pieds sur terre et de faire face à l'orage que notre couple fragilisé, voir même brisé, subissait.

Lentement, pour ne pas le réveiller, je pris sa main et y posai mes lèvres. Sa respiration se fit moins régulière.


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Sujet: Re: Qu'il est honteux d'être humain ft. Jude Whitmore | Mer 15 Aoû - 5:39

Qu'il est honteux d'être humain

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Il ne savait pas qu’il rêvait, et c’était ce qui rendait la chose si fragilement édénique. Car tout allait bien, dans ses songes. Il pouvait sentir l’odeur de Jude envahir ses sens, le grain de sa peau ourler ses baisers, la douceur de ses cheveux caresser ses doigts, et il n’y avait rien d’autre que la paisible certitude que rien ni personne ne viendrait jamais les séparer. C’était plus que cet amour si passionnel, si pur, qui les avait toujours lié malgré les turpitudes de leur relation tout sauf traditionnelle, c’était un lien inébranlable qui arrivait une seule fois dans l’existence, l’inflexible assurance d’avoir trouvé cette personne qui nous complète si parfaitement, que le simple concept d’être séparé de son aura pouvait plonger dans un vertigineux abysse.

Sauf qu’il fallait bien se réveiller, un jour ou l’autre. Sebastian luttait contre ses propres paupières, refusant de les ouvrir, se blottissant dans la chaleur de l’autre, resserrant le corps de l’autre homme contre lui, comme un poisson qui essayait désespérément de respirer à la surface de l’eau. Son cerveau n’était pas encore clairement éveillé qu’il savait pertinemment ce qui l’attendait, pour peu qu’il accepte de confronter la réalité. Une discussion qui serait non seulement difficile, mais qui pouvait, potentiellement, aboutir à la fin, définitive, de sa plus belle histoire d’amour. Alors il s’accrochait à ce qu’il pouvait, ses doigts enserrant les hanches fines, ses pieds essayant de remettre en place les couvertures dans des mouvements lents, voulant les enfermer dans un cocon incassable.

Finalement, il fut suffisamment lucide pour cesser de lutter, et il ouvrit les yeux. Aussitôt, il se raidit. Comment avait-il osé, même dans l’innocence du sommeil, se blottir ainsi contre Jude ? Il n’avait pas le droit de le désigner comme sien, pas après ce qu’il lui avait fait subir, pas après leur dispute, pas après son comportement inqualifiable. Il avait été égoïste, de l’enfermer dans son étreinte, de se baigner dans sa chaleur, quand il savait pertinemment que, s’il lui avait filé entre les doigts, c’était sa faute, et celle de personne d’autre. Il prenait toutes les fautes pour lui tout seul, le Gryffondor. Maudit complexe du héros, maudits parents qui lui avaient toujours assénés des fausses vérités, tout au long de son enfance, et auxquelles il croyait toujours malgré les années et la célébrité que lui avait apporté sa brillante carrière.

Il s’écarta sans un mot. Il ne savait pas si Jude était réveillé, et il aurait préféré que ce ne soit pas le cas. Il aurait pu s’éclipser sans rien dire, faire comme si cette nuit n’avait jamais existé, comme s’il n’avait pas voulu reprendre ce qui ne lui revenait plus de droit : mais Merlin n’entendit pas sa supplique, et Jude se tourna vers lui, les yeux grands ouverts. Il contempla quelques secondes ses traits fins, ses pommettes saillantes, ses yeux clairs, sa bouche si tentatrice, et se demanda quelques instants s’il ne rêvait pas encore, en contemplant ainsi une si splendide créature. Mais non. Le désarroi qui enserrait ses entrailles ne mentait pas.

Que dire ? Tout ce qui pourrait sortir de sa bouche aurait semblé bien trop banal, bien trop naïf. Il n’était pas, comme le brun, adepte des mots, lui, exprimait ses sentiments par ses actes plutôt que par des diatribes passionnées. Il avait dit ce qu’il avait à dire devant un parterre de journalistes, mais avait-il vu son effusion télévisuelle ? Peut-être commencer par là, alors.

« -Est-ce que… Il était hésitant, lui d’habitude si fier, si assuré. Tu as… eu mon hibou ?

Il ferma les yeux juste quelques secondes, le temps de recevoir le jugement. Il ne savait pas vraiment quelle réponse il espérait, en réalité : un oui pouvait signifier qu’il avait vu, mais que ça ne changeait pas la situation dans laquelle ils se trouvaient. Qu’il avait déjà tourné la page. Lorsqu’il les rouvrit, ce ne fut pas à cause d’une quelconque réponse, mais bel et bien parce qu’une pensée lui avait traversé l’esprit : il avait été si égoïste, encore une fois. Il avait pensé à lui, avant tout autre chose. Probablement que Jude avait un mal de tête carabiné, probablement qu’il voulait se reposer, probablement qu’il aurait du lui demander s’il allait bien, plutôt que de s’intéresser à sa petite personne. Ses cernes étaient si grandes, sur son visage : s’il s’était écouté, il les aurait embrassé pour qu’elles disparaissent à jamais.

-Euh… Ça va ?  Une claque intérieure. Pouvait-il se montrer plus stupide encore ? Bien sûr qu’il n’allait pas bien, vu l’état dans lequel il l’avait retrouvé la veille au soir. Tu veux que je te laisse tranquille ? Tu dois être fatigué, je… je vais te laisser te reposer. »

L’irlandais commença à se débattre avec la couverture, pour qu’elle le laisse s’échapper de son étreinte pourtant si chaude, si réconfortante. Son regard était aussi fuyant que son corps. Ce n’était pas qu’il s’échappait, c’était qu’il était persuadé que quoi qu’il dise, rien ne pourrait réparer ce qu’il avait brisé de ses propres mains. Il préférait affronter le monde extérieur, les innombrables coups de téléphone, les demandes d’interview pour commenter sur son coming-out, les remarques homophobes de certains journalistes, voire, il le savait, de coéquipiers, plutôt que l’idée d’entendre Jude lui dire clairement que tout était fini entre eux.
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Sujet: Re: Qu'il est honteux d'être humain ft. Jude Whitmore | Jeu 16 Aoû - 14:53
Mes pensées, d'abord lucides, s'étaient peu à peu teintées d'absurdités, signe s'il en était un que j'étais sur le point de m'assoupir, bercé par la cadence de son respire et enveloppé de sa douce chaleur. Mais juste avant que je ne passasse de l'autre côté de la conscience, je sentis son corps se raidir, si subitement que j'en ouvris les yeux. Un abysse se creusa entre nous et mon coeur sembla y sombrer. Il avait dû se rendre compte de la position que nos corps habitués avaient prise et là où, rien que 24h plus tôt, il aurait resserré son étreinte, ce matin, il avait choisi de s'écarter. Une partie de moi, bien que souffrante, comprenait son geste. Je ne méritais pas son affection après avoir été si dur envers lui. Après lui avoir mis sur le dos tout le blâme de mon propre malêtre, de ma propre difficulté à me respecter.

Bien sûr, je lui en voulais toujours pour cette histoire de calendrier. Et je lui en voulais toujours pour tous ces mois où j'avais dû retourner avec lui dans ce placard dont je pensais m'être libéré, en mentant, en cachant, en jouant un rôle, en m'oubliant. Je lui en voulais toujours pour cette fois où il s'était dit célibataire, à la télé, en entrevue. Pour ces fois où il avait nié notre amour, avait nié ma personne pour éviter de faire face à ses démons. Son coming out n'effaçait pas ces moments-là, ces mois-là. Mais je savais que je ne pouvais le rendre responsable de tout et que j'avais aussi ma part de responsabilité. Et je savais que rien de ce qu'il avait pu faire n'avait mérité que je le traite de lâche.

Ravalant l'émotion qui me serrait la gorge, je décidai de me retourner pour lui faire face. Le soleil inondait la pièce et éclairait son visage qui, même avec cette expression fermée, demeurait stellaire. Ses yeux bleus comme la mer. Ses lèvres rouges. Pendant un instant, un court instant, nous ne fîmes que nous contempler. Un faible espoir au creux de mon ventre tentait de me convaincre que nous nous étions rabibochés avant de nous mettre au lit, ce qui expliquait pourquoi nous avions passé la nuit ensemble, même si je n'en avais aucun souvenir. Puis, il parla. Sa voix était enrouée, hésitante. Je ne la lui reconnaissais pas.

Sa question amoindrit mon espoir et me ramena dans ce bar, la veille, où j'avais tenté de noyer ma peine. Le petit hibou avait frappé la vitre avec une telle véhémence que j'avais effectivement fini par avoir son message, malheureusement trop tard pour voir la totalité de la conférence de presse. Je me doutais cependant qu'elle tournerait en boucle sur les infos toute la journée, et qu'il me suffirait d'allumer le téléviseur pour la voir. Chose que je n'étais pas certain de faire, dépendant de l'issue de notre conversation. Déjà, je me préparais à cette longue agonie qui succéderait notre rupture. À ces journaux que je ne pourrais plus feuilleter, par crainte de tomber sur son visage. À cette télé que je ne regarderais plus, pour éviter ses entrevues, pour éviter d'entendre parler de Quidditch. À tous ces efforts qui seraient nécessaires pour me désintoxiquer de lui, pour me sevrer de son aura. La boule dans ma gorge grandissait.

Avant que je ne réponde, il changea son fusil d'épaule, me demandant plutôt comment j'allais, affirmant que je préférais sans doute qu'il me laisse tranquille. Rien n'était plus loin de la vérité, mais déboussolé par son soudain mouvement, je ne pus que balbutier quelques syllabes vides de sens. Il était visiblement en train de vouloir s'en aller, s'extirper de mon lit, fuir ma présence. Confus, je me demandai pourquoi il était resté cette nuit s'il souhaitait à ce point, et si vite, partir ce matin. Que voulait-il réellement ? Où en étions-nous, vraiment ?

Il avait gagné sa bataille contre les couvertures et déjà, je le voyais farfouiller dans ses vêtements, enfilant son t-shirt à l'envers. Je m'assis dans mon lit, entourai mes genoux de mes bras fins, et regardai son dos, convaincu que j'étais destiné à ne revoir que cela pour le restant de mes jours. Lui, me tournant le dos. Dévasté, confus, frustré, je me mis à pleurer. La boule dans ma gorge avait gagné et sortait à présent en sanglots presque infantiles, puis en grosses larmes sur mes joues. Je reniflai, le front dans les mains, les coudes sur les genoux. Je parlai sans le regarder, ne sachant pas s'il écouterait ou s'il s'enfuirait.

- Je comprends plus rien, Seb... Je sais plus où on en est, ce qu'on est, pourquoi t'as dormi avec moi, si tu veux plus jamais me voir de ta vie ou si tu penses que je veux plus jamais te voir de ma vie ou...

Puis, je retirai mes mains pour le regarder et, sur un ton larmoyant à moitié étouffé par la culpabilité et l'émotion que je tentais de retenir, je lançai :

- Excuse-moi pour ce que j'ai dit... hier... Je m'en veux... tellement... Je voulais pas... J'étais en colère et... je...

Et les larmes reprirent de plus belle, doublées de sanglots puissants qui secouaient mon corps frêle alors que je laissais tomber mon front sur mes genoux, formant une petite boule tremblante au milieu de mon trop grand lit.


Nos heures sont des rivières
Qui courent en une folle frénésie
L'amour est liquide clair
Et nos deux corps sont amphibies
La terre est un brasier
Mais pour un moment l'oublier
T'es la plus belle saison de ma vie
La plus belle saison de ma vie
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Sujet: Re: Qu'il est honteux d'être humain ft. Jude Whitmore | Jeu 16 Aoû - 17:03

Qu'il est honteux d'être humain

- Sebastian M. O'Connor — Jude Whitmore -


"For love, for dreams in the night, for days to come when we'd be all right. I can't remember why I did the things I did, I was just a kid." Forgive the children we once were - Delta Rae
Y avait-il un son plus amer que celles des larmes de l’être aimé ? Sebastian s’était stoppé dans son geste, au moment même où il avait perçu les sanglots dans la voix de Jude. Il ne s’était pas retourné immédiatement, cependant. Il ne craignait que de voir le visage ravagé par les pleurs de l’écrivain ne vienne planter un poignard bien trop pointu dans son cœur déjà meurtri. Il s’était contenté d’écouter ce qu’il avait à dire, partageant ses tourments, se demandant comment ils avaient pu en arriver là. Ayant, tout autant que lui, envie de pleurer et de se laisser aller à ses propres démons, mais se contentant d'enterrer la boule d’émotions qui menaçait d’exploser dans ses tripes. Ce n’était pas qu’il avait honte de se laisser aller devant Jude. Il l’avait vu dans des états bien pires, et de toute façon, il n’aurait jamais blâmé quelqu’un pour s’abandonner à ses larmes : mais son instinct le poussait toujours à prendre soin de son brun préféré, de le faire passer en premier, même lorsqu’il était lui-même plus bas que terre.

Il reposa son tee-shirt par terre, désemparé. Que faire, lorsqu’il voulait des réponses à des questions qu’il se posait lui-même ? Que dire, lorsque chaque mot qui pouvait sortir de sa bouche pouvait potentiellement se transformer en glas, sonnant la fin de leur relation ? Il s’assit sur le sol glacé de l’appartement, désorienté, décontenancé. Aussi perdu qu’un homme amoureux pouvait l’être, confronté à la fin possible de ce que son cœur avait enfanté de plus beau.

Un soupir. Pourquoi est-ce que cette nuit s’était-elle achevée ? Pourquoi est-ce que l’aube les avait forcé à quitter le confort de leur lit, de leur deux corps liés ? Pourquoi est-ce que tout devait être si compliqué ? Car après tout… Il l’aimait, Jude. Et Jude l’aimait, ou tout du moins, il l’avait aimé, suffisamment fort pour supporter un temps une vie de cachotterie et de mensonge à ses côtés. Il avait pensé que ce serait suffisant : quelle naïveté de sa part.

« -Je ne veux pas t’avoir dans ma vie, si c’est pour que la tienne soit misérable, Jude, dit-il d’un ton las. Il passa sa main contre son front, se frottant le visage et surtout, ses yeux bien trop rouges, bien trop injectés de sang. Je ne veux plus être l’égoïste qui te rend malheureux. Je n’aurais jamais dû t’infliger ça, dès le départ, donc ouais, bien sûr que je pense que tu ne veux plus me voir. C’est logique.

Il n’avait jamais été très fort en logique, mais pourtant, ça lui semblait plus clair que de l’eau de roche. Une demande, cependant, lui fit lever le sourcil. Ainsi donc, il ne se rappelait plus des événements survenus la nuit passée ? Pas étonnant, vu l’état dans lequel il se trouvait. Jude devait se sentir si mal… Et en plus, il pleurait. A cause de lui. Comme toujours.

L’irlandais ne put se retenir plus longtemps de ne pas voir son visage. Il sentit une déchirure, au plus profond de ses entrailles, en entendant le brun s’excuser pour des choses qui n’avaient plus aucune importance, pour lui. Ses mots avaient été durs. Mais ils étaient si justifiés. Si légitimes. La seule chose que Sebastian regrettait vraiment, ça avait été que la colère de Jude s’amoncelle aussi longtemps, et qu’il n’ait rien vu arriver, qu’il ait été, comme à son habitude, ce stupide Gryffondor qui fonçait, sans se préoccuper de ceux qui l’entourait, même lorsqu’il les aimait de tout son cœur. Il s’en voulait, et ne savait pas quoi faire pour se racheter auprès de lui.

-Mais je te laisserai pas t’excuser comme ça alors que tout est de ma faute. Alors arrête. Jude… Grâce à toi, j’ai osé faire ce que je n’aurai jamais pensé être capable d’annoncer à la face du monde. Tu m’as ouvert les yeux. Alors comment est-ce que je pourrais t’en vouloir pour ça ? Comment est-ce que tu pourrais être à blâmer, quand tu as fais preuve d’une telle patience, durant tous ces mois, que tu as ravalé ta fierté pour mes conneries ? C’est moi le coupable. C’est moi qui devrais m’excuser, encore et encore, si seulement j’avais l’indécence de croire que tu pourrais me pardonner.

Il se leva doucement, pour se rapprocher de Jude, avant de saisir des mouchoirs qui se trouvaient sur sa table de nuit. Le joueur de Quidditch essuya calmement, le visage désolé, excédé de sa propre stupidité, les larmes qui coulaient des yeux de son aimé.

Et ça y est, il pleurait, lui aussi, à présent. Il savait que ça allait arriver, fatalement. Car toute cette scène avait des relents d’adieu bien trop forts à son goût, et il savait que le prochain mot qui passerait la forteresse des lèvres closes de l’écrivain, devenues blanches à force de se serrer pour étouffer ses sanglots, serait celui qui signerait l’arrêt de son cœur battant. C’était fatal. Sebastian O’Connor avait perdu l’espoir d’être heureux, un jour, en même temps que celui de penser à l'éventualité que Jude pourrait bien lui pardonner.

-Ne pleure pas à cause de moi, pleure à cause de quelqu’un qui vaut tes larmes. Quelqu’un qui n’est pas le plus grand imbécile qui n’a jamais arpenté cette terre… Peut-être quelqu’un qui ne t’aimeras pas autant que moi, parce que c’est tout bonnement impossible, mais au moins, quelqu’un qui réussira à transformer tes pleurs en rire. »

Il regardait Jude entre le liquide qui coulait de ses yeux azuréens. Son dos était courbé, ses sourcils baissés. Il avait tellement honte de lui-même, de ce qu’il était devenu. Sebastian se rappelait de tous les gens qu’il avait fait souffrir, tout au long de sa vie, il pouvait voir tous les visages à qui il avait menti pour protéger son pauvre petit égo. Siobhan… Blake… Peter… tout s’emmêlait dans sa tête dans un maelström de regards accusateurs. Il avait cru avoir évolué, n’être plus cet adolescent qui jouait avec la vie des autres comme un chat avec une pelote de laine. Il s’était trompé. Maintenant, il n’avait plus l’excuse de l’âge, de l’immaturité : maintenant, il était bien pire.  
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    Plus jamais je n'aurai peur de ces étranges lueurs qui apparaissent quelquefois quand je lui ouvre mon cœur. Quand les soleils s'éteignent entre deux corps amants, c'est le bonheur qui saigne, un lys entre les dents. + buckaroo.

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Sujet: Re: Qu'il est honteux d'être humain ft. Jude Whitmore | Jeu 16 Aoû - 23:27
Mes sanglots semblaient infinis. Écrasé par ma culpabilité, par la peur de le perdre, par la honte et par le désarroi, je faillis ne pas entendre ses mots. Mais mon esprit en quête du plus mince des espoirs se raccrocha à sa voix, désespéré d'y trouver une faille, une possibilité, si mince soit-elle, que tout ne soit pas perdu. Plus il parlait, plus j'avais l'impression que... Voulait-il partir pour me préserver ? Était-il possible qu'il m'aimât toujours et soit convaincu que j'étais celui qui le haïssait, ou qui serait mieux sans lui ?

Était-il possible que tout cela ne soit qu'un malentendu ?

La vague d'espoir fut fugace et vite remplacée par le doute. Même s'il voulait me protéger en sortant de ma vie, rien n'indiquait que je saurais le convaincre de rester. Je le connaissais assez bien pour savoir que lorsqu'il avait une idée en tête, elle pouvait vite devenir inébranlable. S'il s'était convaincu qu'il ne pouvait que me faire du mal, il était bien capable de me quitter malgré toutes mes suppliques. Du moins, c'était ce que je croyais. Je pleurai de plus belle.

Quand je le sentis se rapprocher de moi, quand, dans les gestes les plus tendres, il essuya les larmes sur mon visage, je croisai enfin son regard. Il était humide et la rougeur qui entourait ses iris rendaient leur bleu presque électrique. Subjugué, désemparé, je posai une main sur sa joue pour essuyer l'une de ses larmes de mon pouce. L'expression sur son visage était sans équivoque. On y voyait déjà le deuil de nous deux. Et ses mots vinrent confirmer la profondeur de sa souffrance. De sa conviction de ne rien valoir à mes yeux, mais, surtout, aux siens.

Mes larmes cessèrent. En cet instant, plus rien d'autre n'existait pour moi que cet homme, ce garçon que j'avais devant moi, affaissé, honteux, dépouillé, détruit. Ne comprenait-il pas la portée du geste qu'il avait posé la veille ? Le courage que cela lui avait demandé ? Et ne réalisait-il pas que le fait qu'il soit dans le placard ou non ne changeait rien au fait qu'il était une personne magnifique, à tous les points de vue ? Il avait fait des erreurs, certes. Nous en faisons tous. Il avait fait des choix qu'il regrettait à présent, oui. Qui étais-je pour lui en tenir rigueur, moi qui, la veille même, avait choisi de boire jusqu'à tout oublier ? La liste de mauvais choix que j'avais fait pourrait sans doute couvrir le périmètre d'Atlantis.

Ma main gauche se posa à son tour sur sa joue, sur son visage que j'encadrais désormais avec la plus infinie des tendresses. Jamais je ne l'avais vu si frêle, si vulnérable. Et jamais je ne l'avais autant aimé. J'ignorais ce qui nous attendait. J'ignorais si sa décision était prise ou si j'avais encore le pouvoir de le convaincre. Mais je ne le laisserais pas partir avec ces idées qu'il avait fabriquées dans sa tête, comme quoi j'étais mieux sans lui, comme quoi il était l'imbécile à blâmer, comme quoi il ne méritait pas mes larmes.

- Je t'aime, Sebastian O'Connor. Je crois que tu comprends mal à quel point. Et que tu réalises pas que t'es coincé avec moi.

Un sourire inattendu passa sur mes lèvres. Quelle plus grande joie que la certitude de l'amour ?

- S'il te plaît, reste... traverse la tempête avec moi. Je vais nous faire du café et si tu veux... on pourra parler.

Je n'allais pas attendre sa réponse avant de sortir du lit, me moucher, enfiler un t-shirt et préparer le café. Mais quelques secondes s'écoulèrent néanmoins avant que je ne bouge, secondes durant lesquelles je le contemplais, les mains sur ses joues, toujours tremblant, toujours apeuré par l'issue potentielle de notre conversation, mais au moins convaincu d'une chose : nous nous aimions.


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Sujet: Re: Qu'il est honteux d'être humain ft. Jude Whitmore | Sam 18 Aoû - 11:55


Qu'il est honteux d'être humain

- Sebastian M. O'Connor — Jude Whitmore -


"For love, for dreams in the night, for days to come when we'd be all right. I can't remember why I did the things I did, I was just a kid." Forgive the children we once were - Delta Rae
Sebastian ne se rappelait pas d’un seul moment, dans sa vie, où il s’était senti plus vulnérable qu’à ce moment précis. Même enfant, lorsque son grand-père, Carrick O’Connor, le regardait avec tout le dédain dont il était capable, simplement parce qu’il était un peu trop blond, un peu trop moldu à son goût, et que le petit garçon qu’il était ne comprenait pas pourquoi une telle haine pouvait se dégager de ses pupilles sombres, il avait toujours eu une pensée positive, même la plus stupide des petites choses, à laquelle se raccrocher. Son cheval, son balai, ses amis à Poudlard. Présentement, il ne pouvait penser à rien d’autre que Jude. A quel point il l’aimait, et à quel point il avait tout détruit.

Et alors que Jude relevait la tête vers lui, et qu’il ouvrit la bouche pour prononcer ses premiers mots, après sa propre longue diatribe, le temps s’arrêta. Il voyait avec netteté les grains de poussière suspendus dans l’air, le chat de Jude, August, arrêté en plein milieu d’un ronronnement sur une chaise, un peu plus loin. Il était comme dans un rêve. Rien n’avait de sens, puisqu’il était impossible que tout soit réellement figé, n’est-ce pas ? Son subconscient essayait, quelque part, de le protéger. Car ce qu’allait dire l’écrivain avait le potentiel de tout changer : sa vie, la façon même dont il envisageait ses propres sentiments. Car Jude avait écrit l’histoire de son cœur, il tenait la plume entre ses doigts, et il était persuadé qu’il allait y inscrire le point final. Il ne savait pas quoi faire d’autre que d’arrêter cet instant, de graver les traits du brun dans sa mémoire, pour avoir une image à laquelle il pourrait penser, lorsqu’il serait seul dans son lit, avec ses pensées les plus sombres.

Tout se remit en marche lorsque le son arriva à ses oreilles. Je t’aime, Sebastian O’Connor. Et le sens de cette phrase presque murmurée mit un temps à arriver jusqu’à son cerveau. Je t’aime, Sebastian O’Connor. S’il l’aimait encore, tout n’était pas perdu. S’il lui disait ainsi, une lueur tendre dans ses yeux, c’était qu’il avait une chance de se racheter. Son corps se relâcha, comme si on lui enlevait un poids bien trop lourd à porter, et c’était probablement le cas. Tout n’était pas résolu, loin de là : mais il y avait un espoir, et c’était suffisant pour lui. Un Gryffondor n’abandonne jamais, et maintenant qu’il pouvait se battre pour son couple, pour cet homme magnifique qui se tenait devant lui, il n’allait certainement pas baisser les bras.

Un sourire timide, de la part de Sebastian, se transforma bientôt en soleil radieux, alors qu’une expression tout aussi pure et sincère éclairait le visage de Jude. Tout irait bien. Il n’y avait aucun doute à avoir. Tout irait bien puisqu’ils étaient ensemble, puisque dans la pluie qui arrosait leur relation, s’était formé un arc-en-ciel.

« -Un café, oui… bonne idée, dit-il en se grattant l’arrière de la tête.

Il se sentit soudainement très stupide, de cette histoire qu’il s’était monté dans sa tête, de cette anxiété qui avait créé une boule dans son estomac et qui avait menacé de l’engloutir. N’avaient-ils donc pas encore compris qu’ils devaient arrêter de partir du principe qu’ils savaient ce que l’autre pensait, à sa place ? L’irlandais se releva doucement, avant de se diriger à la suite de Jude, dans la salle à manger. Sur le chemin, il récupéra son téléphone portable, dont il regarda l’écran distraitement. 137 appels manqués. Boîte de SMS saturée. Est-ce qu’il devrait s’en occuper rapidement ? Tout à fait. Est-ce qu’il avait envie d’y faire face ? Absolument pas. Il espérait, quelque part, que s’il faisait le mort, s’il ne répondait pas à son manager, ou à tous ces journalistes qui rêvaient probablement de l’interviewer, tout finirait par disparaître magiquement, tout seul. Ses yeux se posèrent sur la télécommande de la télévision de Jude, posée sur le comptoir, près de lui. Il ne savait pas s’il préférait se dire que son visage était sur toutes les chaines, ou si personne n’en avait quelque chose à faire. Certes, il avait peur de se confronter à la possible foule en colère qui l’haranguerait pour avoir fait son coming-out, mais d’un autre côté… Et si tout le monde s’en fichait ? Et s’il s’était empêché d’être réellement heureux pour une peur qui n’avait pas lieu d’être, pendant toute ces années ? Il secoua la tête. Pour l’heure, il devait se concentrer sur Jude, et sur personne d’autre. Le monde extérieur pouvait bien attendre encore un peu.

Il prit la tasse fumante que lui tendait l’écrivain, le remerciant d’un petit sourire et d’un signe de tête. S’asseyant à sa table, à la place sur laquelle il avait prit l’habitude de s’asseoir, c’est comme si tout était redevenu comme avant, même s’il savait que ce n’était qu’une illusion. Sebastian ne pouvait pas supporter le silence. Alors, comme à son habitude, il commença à parler, laissant sortir les mots de sa bouche, sans filtre, sans filet, tels qu’il les pensait.

-Je ne voulais vraiment pas te blesser, avec le calendrier. Je suis bête et je n’ai pas pensé à comment tu pouvais réagir… Je ne sais pas, je me disais probablement que ça n’avait pas d’importance, parce que ce n’est pas vraiment moi, en photo, tu vois ? C’est mon image, mais… c’est le Sebastian O’Connor des journaux, celui qui est lisse et parfait et que tout le monde pense connaître. Toi, tu es le seul qui sait vraiment… qui je suis. Et je n’arrive pas vraiment à comprendre pourquoi tu m’aimes malgré ça, en fait. Je pense que c’est la raison pour laquelle j’ai toujours l’impression que… tu vas partir. Que tu vas en avoir marre de mes histoires, et que tu vas prendre tes jambes à ton cou. Il leva la tête vers Jude, songeur. Pour une fois dans l’introspection. Tu sais, quand j’étais petit… J’étais toujours vu comme l’indésirable. Mon père me voyait comme celui qui avait tué l’amour de sa vie, ma mère, et le reste de ma famille me voyait comme un sale sang-mêlé qui avait jeté le déshonneur sur le nom des O’Connor. Je ne crois pas déjà t’en avoir parlé parce que je me disais que ça n’avait pas d’importance, mais au final, c’est assez… révélateur, je pense ? Je crois que ça m’a plus touché que ce que je veux bien le prétendre. C’était la première fois qu’il parlait de ça à quelqu’un, à part peut-être sa sœur, Maureen. Mais elle savait tout ça, pour l’avoir vu de ses propres yeux : là, c’était bien différent. Enfin, je n’essaie pas de me chercher des excuses. Je sais que j’ai merdé. Donc encore une fois, je suis vraiment, vraiment, vraiment désolé. »

Et il prit enfin une gorgée de café. Il avait l’impression qu’en annonçant au monde qui il était, il n’avait plus peur de rien. Il acceptait enfin ses failles, et il savait qu’avec Jude, il pouvait les assumer.
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