Noël virtuel ft. Matthew Hamilton

Grace Hamiltonavatar
• Moldu •
http://www.catharsis-rpg.com/t1344-grace-hamilton-here-s-to-the-Messages : 667 Points : 180
Pseudo : Flow
Avatar : Katharine McPhee
Crédits : avatar : mélopée (bazzart) ; signature : Rogers (PRD)
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Résidences du centre-ville
Patronus: Si elle pouvait en former un, ce serait un chinchilla.
Informations supplémentaires:
Sujet: Noël virtuel ft. Matthew Hamilton | Ven 25 Mai - 14:00

Noël virtuel
Grace & Matthew
Ils avaient passé une soirée des plus agréable. Pas forcément traditionnelle, au sens premier du terme, mais un réveillon qui resterait dans leurs mémoires : celui où la fratrie Hamilton s’était libéré du joug tyrannique de leur oppression maternelle. Elle avait pourtant essayé de les faire changer d’avis, utilisant une bonne dose de chantage affectif et de culpabilisation pour sortir les pires arguments possibles et imaginables, afin de les convaincre de venir passer les fêtes en France, en sa compagnie et celle du reste de la famille. Mais ils avaient tenu bon. Grace avait failli craquer de nombreuses fois, mais elle avait réussi à résister, pour Matthew, et aujourd’hui, elle était plus qu’enchantée de n’avoir pas eu besoin d’écouter sa chère mère jacasser, toute la soirée, à propos du fait qu’elle ne lui avait pas encore présenté son nouveau petit ami et posé mille et unes questions sur pourquoi il ne l’avait pas encore demandé en mariage. C’est probablement ta faute, Grace. Tu n’as jamais réussi à garder un homme suffisamment longtemps pour qu’il finisse par céder, et te passer la bague au doigt. La kinésithérapeute pouvait parfaitement imaginer sa longue voix trainante lui reprocher, pour la énième fois, toute la misère du monde, et vouloir à la fois contrôler sa vie dans les moindres détails.

Seulement… Il avait fallu faire des compromis. S’ils restaient tous les deux à Atlantis, ils devaient au moins leur souhaiter le Joyeux Noël, c’était la moindre des choses, sinon, apparemment, ils étaient les enfants les plus indignes de l’univers. Et puis c’est parfait, avait rajouté sa génitrice. Ton père a installé sur son ordinateur qu’il utilise pour son travail… Comment il appelle ça, déjà… Ah oui, une webcaméra. Grace avait cru qu’elle plaisantait, au début, tant elle savait ses parents réfractaires au moindre appareil numérique, ne comprenant rien au moindre appareil qui comportait plus d’un bouton. Mais non, c’était bien le cas, et un rendez-vous avait été pris : à 21h pétante, leurs parents se connecteraient sur MSN Messenger, et Matthew et Grace devaient passer quelques instants à réveillonner avec eux, même à distance.

Pour le repas, Grace s’était pliée en quatre pour faire plaisir à son frère. Elle avait préparé assez de nourriture pour nourrir un régiment, et avait passé de nombreuses heures derrière les fourneaux, manquant même de se cramer la main en vérifiant la cuisson de ses pommes de terre au four, avec sa maladresse habituelle. Et qu’est-ce qu’ils avaient rigolé, lorsqu’ils avaient fini par entamer la montagne de bonne choses qui se trouvaient sur la table… Racontant des anecdotes d’enfance, et des histoires décalées, Matthew, comme à son habitude, relatant les drôles de chose que ses amis londoniens pouvaient parfois lui concocter, comme la fois où ils lui avaient payé un stripteaser pour son anniversaire et… qu’il s’était révélé n’être pas tout à fait ce qu’ils croyaient. Grace, quant à elle, parlait de ses patients parfois loufoques qui pouvaient défiler dans son cabinet : c’était des conversations visiblement sans grande importance, mais si simples. Si naturelles. Elles démontraient la complicité des deux frères et sœurs. Mais plus l’heure avançait, plus Grace se sentait nerveuse, et elle se doutait que c’était la même chose pour Matthew. Leur mère serait probablement encore moins agréable que d’habitude, frustrée de ne pas les avoir en face d’elle. La française était contente de voir leur père, et peut-être même, d’autres membres de la famille qui seraient éventuellement présents, mais rien que d’imaginer le visage ridé de Catherine Hamilton sur l’écran de son ordinateur, elle pouvait sentir sa pression sanguine augmenter.

Plus qu’une demi-heure. Repus tous les deux, bien qu’il restait suffisamment de mets pour nourrir une famille de 6 personnes pendant une semaine, ils avaient migrés sur le canapé du salon et commencés à jouer sur la NES de la jeune femme à l’un de leur jeu d’enfance favori, Super Mario Bros 3. Décidemment, ce n’était pas un Noël traditionnel, mais si cette menace constante que représentait l’appel vidéo de leur mère ne venait pas gâcher la fête, il aurait été parfait. Matthew était bien meilleur qu'elle, et tandis qu’il maitrisait parfaitement un niveau qu’elle venait d’échouer lamentablement sous les traits de Luigi, elle ne pouvait décoller son regard de l’horloge qui trônait dans son salon. Plus que 25 minutes, maintenant.

Ses doigts s’agitaient sur sa manette, sans qu’elle n’arrive à les arrêter. Pourquoi était-elle aussi nerveuse ? Elle avait l’habitude de gérer les manières de sa mère : mais l’habitude, ça ne rendait pas les choses plus faciles, simplement, plus attendues. Elle pensa à Milo, à des milliers de kilomètres, auprès de sa famille, aux Etats-Unis. Qu’est-ce qu’elle aurait aimé qu’il soit avec elle, présentement… Cet homme avait un effet véritablement magique sur elle, et ce n’était pas parce qu’il était sorcier. Il trouvait toujours exactement ce qu’il fallait dire pour la calmer, pour que son cœur cesse de battre à toute allure quand elle stressait, comme en cet instant présent. Mais Milo n’était pas là, et de toute façon, elle n’avait pas besoin d’un homme pour apaiser ses humeurs, nom d’une pipe ! Elle serait forte. Elle devait être forte. Parce que Matthew se prendrait encore plus de remarques et de reproches qu’elle, elle le savait bien, qu’ils finiraient inévitablement par s’énerver l’un contre l’autre, et qu’elle devrait calmer le jeu. Comme d’habitude.

Et maintenant, plus que 20 minutes. Est-ce que le temps avançait plus vite que d’habitude, ou c’était simplement une impression ? Elle pouvait entendre Camembert, dans sa cage, derrière eux, s’agiter dans ses copeaux naturels, et d’imaginer sa petite frimousse se cacher sous son abri lui permit de cesser d’entendre, quelques instants, résonner dans sa tête les tic-tacs de l’horloge. Il fallait vraiment qu’elle arrête sa fixation, et qu’elle profite de ces dernières minutes de liberté, avant de devoir partir à l’échafaud.


À la folie
Matthew Hamiltonavatar
• Étudiant Moldu •
http://www.catharsis-rpg.com/t1677-matthew-hamilton-here-i-amMessages : 161 Points : 78
Pseudo : Lau
Avatar : Tom Holland
Crédits : Martyr
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence:
Patronus:
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Noël virtuel ft. Matthew Hamilton | Dim 3 Juin - 17:06
Noël... La saison des fêtes de famille, des dindes rôties aux marrons, de bûches trois chocolat ou caramel-menthe-passion pour les plus aventureux - ma préférée, introuvable en magasin, que je réalise moi-même ! Et oui, je suis un piètre cuisinier mais s'il y a quelque chose que je maîtrise, c'est la pâtisserie, dont la confection de bûches ! Et bien sûr, ma création est de la partie à chaque Noël, même si ma mère ne manque pas de pester contre cette marque d'originalité. Il est vrai qu'elle n'est pas bienvenue comme toute touche de modernité ou d'engouement un peu trop poussé pour cette période de l'année aux yeux maternels. C'est d'ailleurs un problème assez important en ce qui me concerne, car je suis un véritable fan invétéré de Noël, ce ne sont pas les cadeaux qui m'attirent, loin de là ! Non, moi j'aime les lumières dans les rues, les chants de Noël, les sapins, la crèche, la BUCHE, les histoires de Noël... Bref, j'aime tout et un peu trop à l'excès.

C'est donc vêtu d'un pull de Noël d'une laideur sans pareil, à en croire ma très chère mère, que je me rends chez Grace. En effet, nous avons pu négocier l'autorisation de rester à Atlantis pour les fêtes de fin d'année et notamment Noël... Ce ne fut pas chose aisée, et Grace a manqué céder aux remontrances maternelles et accepter d'aller à Rennes... Je suis resté droit sur mes positions, je ne voulais pas gâcher Noël, une fois de plus ! Le passer avec Grace uniquement, ou avec des amis bien choisis, voilà ce que je désirais le plus.

D'autant plus que mon bonheur est complet depuis que j'ai pu retrouver l'usage de mes jambes il y a quelques semaines, au terme d'une poussée de sclérose et de circonstances bien peu usuelles. Grace était furibonde à mon retour de Londres, quoique sa fureur fut contrastée par son inquiétude quant à mon état et je suis parvenu à la calmer quelques peu en acceptant d'écrire une lettre à Milo et à Irvin, car c'était le nom du charmant inconnu que j'avais très lourdement importuné...

Notre mère avait donc accepté de ne pas totalement s'imposer dans notre réveillon, nous devions seulement coopérer de manière technologique afin de passer un peu de temps virtuel avec la famille Hamilton restée à Rennes via MSN Messenger. C'est une chose assez incroyablement inopinée d'imaginer nos parents utilisant un appareil informatique et encore plus une webcam. Je n'y ai pas cru quand Grace m'avait raconté cette condition imposée par Mme Hamilton... Soit, nous nous plierons à la requête, mais en attendant, nous festoierons comme bon nous semble !

Nous nous étions donc gavés à n'en plus finir des mets concoctés avec amour par ma soeur adorée, nous nourrissant non seulement de toutes ces bonnes choses, mais aussi de discussions douces et enjouées, de souvenirs ahurissants et de contes diverses. Notre complicité est associée à une grande tendresse et affection qui nous permit de passer une soirée terriblement agréable. Nous avions même fini par lancer la NES et nous affronter sur Super Mario Bros 3. Grace jouait d'une manière affreuse, Luigi ne faisait que perdre toutes ses vies et je sentais bien qu'elle était tendue... Je comprenais sa tension et essayait tant bien que mal de l'apaiser par des blagues plus ou moins bienvenues.

21h approche finalement, nous devons nous connecter à l'interface de messagerie et revêtir le sourire de circonstance. Mais avant cela, encore quelques petites minutes, vingt pour être précis. Il faut que je calme Grace et que je me détende aussi par la même occasion. En effet, la nouvelle de cette petite entrevue par ordinateur interposé ne m'a pas vraiment enchanté. Je ressens à présent la même chose, le même sentiment que lorsque je fais mes valises pour Rennes ou alors que lorsque ma mère venait me rendre visite à Londres... Je suis prêt à partir au quart de tour, à décoller à la moindre attaque et à riposter aussi durement et sèchement que l'adversaire, surtout quand elle viendra à s'en prendre à Grace. Mais, pour elle, je me dois de faire l'effort de ne pas tomber dans le piège et de m'abaisser à entrer dans son jeu... C'est pourquoi je m'acharne sur le jeu, passant mes nerfs avant d'affronter ma mère. Après avoir fini un niveau difficile, je pose la manette et m'adresse à Grace.

- Tu devrais te détendre Gracie, les hyènes sentent l'odeur de leurs victimes stressées..


Ok, très malvenu, pas du tout subtil.

- Sans rire, je te promets de tout faire pour que tout se passe bien d'accord. Je ne lui permettrai pas de gâcher la soirée, d'accord ?

J'essaie tant bien que mal de ne pas paraître trop belliqueux dans mes propos et tapote doucement l'épaule de mon aînée en espérant que cela la rassurera, si tant est que ce soit possible.



   
   
Tu seras viril mon kid. Je ne veux voir aucune larme glisser sur cette gueule héroïque et ce corps tout sculpté pour atteindre des sommets fantastiques, que seule une rêverie pourrait surpasser.
Grace Hamiltonavatar
• Moldu •
http://www.catharsis-rpg.com/t1344-grace-hamilton-here-s-to-the-Messages : 667 Points : 180
Pseudo : Flow
Avatar : Katharine McPhee
Crédits : avatar : mélopée (bazzart) ; signature : Rogers (PRD)
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Résidences du centre-ville
Patronus: Si elle pouvait en former un, ce serait un chinchilla.
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Noël virtuel ft. Matthew Hamilton | Dim 10 Juin - 10:29

Noël virtuel
Grace & Matthew
Et elle s’en voulait, Grace, parce que la soirée qu’ils devaient passer tous les deux aurait dû être le meilleur Noël qu’ils aient jamais vécus. C’était le cas, quelque part, mais cet appel vidéo sonnait comme un nuage menaçant, passant devant un soleil radieux : elle aurait voulu l’oublier, le prendre comme ce qu’il était, c’est-à-dire, un simple mauvais moment à passer, qu’ils oublieraient bien vite au profit de cette belle soirée partagée avec son frère, mais malgré ses efforts, la française n’y arrivait pas. Des scénarios des réactions de sa mère, de tous les reproches qu’elle pourrait bien lui sortir, des insultes  à peine déguisées qu’elle assénerait à Matthew, tournaient et retournaient dans sa tête, pires en pires au fil des minutes. Même lorsqu’elle se trouvait à des milliers de kilomètres, Catherine Hamilton réussissait à avoir une emprise sur elle, à déclencher une terreur enfouie, forgée au fil des années. Face à elle, Grace redevenait toujours cette adolescente apeurée, la tête baissée pour cacher ses larmes. Alors ses doigts s’agitaient, encore et encore, et son cerveau s’affolait. Heureusement que Matthew était là, sinon elle aurait probablement déjà fondue en larmes, incapable de gérer le stress qui la submergeait.

La kinésithérapeute colla sur son visage un sourire de convenance, pour essayer de ne pas sombrer, et de ne pas trop inquiéter son frère. Elle savait parfaitement que c’était lui, au final, qui risquait le plus de se prendre la colère de sa génitrice en plein visage. Son fils unique, homosexuel, malade, et impertinent : à côté de lui, avec son cabinet et son petit ami, elle passait pour une oie blanche. Comment faisait-il pour être aussi calme ? Son flegme, face aux reproches de leur mère, l’avait toujours impressionné. Non pas qu’il ne s’énervait pas, bien au contraire, mais il ne laissait pas ses mots l’atteindre, et c’était, au final, le plus important.

« -J’essaye, promis. Mais une proie n’est jamais à l’aise lorsqu’un prédateur lui tourne autour… dit-elle en répondant à l’allégorie du jeune homme. Heureusement qu’on est pas sorcier, au moins, la distance devrait l’empêcher de nous dévorer.

L’humour, au moins, c’était tout ce qui leur restait. Catherine Hamilton avait toujours détesté les blagues que Matthew et Grace échangeaient, ne les comprenant pas vraiment et les trouvant surtout, pour la plupart, totalement inappropriées. Lorsque Milo rencontrerait ses parents, elle devra le briefer très sérieusement pour éviter de déclencher une catastrophe. Sa mère n’était pas très grande, une femme ridée et amère qui n’impressionnait personne physiquement, mais dont les mots étaient des lames affutées et empoisonnées.

Grace saisit la main de son frère, la serrant doucement dans la sienne. Ils étaient là l’un pour l’autre, dans la même galère. Ils s’étaient toujours alliés contre leur mère tyrannique, et aujourd’hui, alors qu’ils n’avaient jamais été aussi proches, vivant dans la même ville, supportant ensemble les épreuves de la maladie de Matthew, ils n’allaient pas laisser quelqu’un comme Catherine Hamilton les rabaisser. Ils n’étaient plus des enfants sans défense, et elle devait cesser d’écouter cette petite voix dans sa tête qui lui disait qu’elle n’était pas à la hauteur.

-Si tu ne t’énerves pas trop, je te promets de ne pas la laisser m’atteindre, dit-elle en marchandant quelque peu. De toute façon, il faut qu’on fasse comme lorsqu’on arrache un pansement, pas vrai ? Serrer les dents, et y aller le plus vite possible, malgré la douleur. Je…

Une sonnerie, qui provenait de son Ibook, posé sur le bureau à côté de la cage de Camembert, la fit sursauter et l’arrêta en plein milieu de sa phrase. Le hérisson, paniqué par le bruit soudain, se réfugia dans son petit abri de bois en faisant voleter des copeaux tout autour de sa maisonnette, en poussant un petit crissement strident, parfaite symbolique pour ce que ressentait Grace, présentement. Ils étaient en avance. De cinq minutes, certes, mais c’était cinq minutes de trop. Elle échangea un regard plein d’appréhension avec Matthew, avant de se lever en soupirant.

-Morituri te salutant, murmura pour elle-même la non-magique, en saisissant une chaise autour de sa table de salle à manger, pour la déposer à côté du bureau. Maintenant que Matthew avait de quoi s’asseoir, elle se glissa à son tour sur sa chaise de bureau, posant sa main sur son trackpad. Elle jeta un œil à son hérisson, et lui murmura quelques mots d’apaisement pour qu’il se calme. Enfin, elle appuya sur le bouton vert qui ornait son écran.

Au bout de quelques instants de chargement, Internet n’étant pas des plus performants dans une ville où les ondes magiques perturbaient les ordinateurs, le visage de son père, bien trop proche de la caméra, apparut sur son écran. Son nez prenait la moitié de la fenêtre, tant il était rapproché, et Grace dut se retenir de pouffer de rire.

-Bonsoir Papa, joyeux Noël, dit-elle avec une intonation joyeuse. Une oreille avisée aurait néanmoins capté, dans son ton, une pointe d’inquiétude, car elle se doutait que son paternel n’était pas le seul présent dans la pièce, et qu’elle ne tarderait pas d’entendre, bientôt, le ton pincé caractéristique de…

-Bonsoir, Grace. Tu as encore changé de coupe de cheveux ? »

Sa mère, qu’elle ne pouvait pas encore voir à l’écran, mais qui, elle s’en doutait, allait bientôt pousser son mari pour pouvoir critiquer de toutes les manières possibles et imaginables, ses propres enfants.


À la folie
Matthew Hamiltonavatar
• Étudiant Moldu •
http://www.catharsis-rpg.com/t1677-matthew-hamilton-here-i-amMessages : 161 Points : 78
Pseudo : Lau
Avatar : Tom Holland
Crédits : Martyr
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence:
Patronus:
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Noël virtuel ft. Matthew Hamilton | Sam 30 Juin - 9:03
Toutes les choses agréables ont tendance à se teinter d'une aura misérable ou à s'épicer d'imprévus, ou - dans ce cas précis - à se terminer sur une note douce-amère, la même note que celle du parfum de Mme Hamilton notre mère. La soirée aura été idyllique jusqu'à présent, libérée de son entrave, mais l'appréhension du moment à venir se lit sans peine dans les yeux de ma chère soeur. Nous ne détestons pourtant pas notre mère, ni notre père - encore moins notre père - mais elle a cette fâcheuse tendance à tenter de nous modeler à l'image de sa "perfection", à nous pousser dans nos retranchements pour mieux nous faire exploser et pouvoir ainsi nous critiquer encore mieux.

Mais il faudra garder la face, avoir l'air détendu et faire comme si de rien n'était ; laisser ruisseler le venin sur nos cuirasses de métal. Encore faut-il avoir une cuirasse. Je souris à la réponse de ma soeur et cela me rappelle l'inexistance totale d'humour chez notre génitrice. Lorsque que nous faisions des blagues, le visage de notre père trahissait souvent un rictus, un petit plissement de nez, d'yeux, un petit quelque chose d'un rire étouffé par une épouse au dédain dévorant et au jugement castrateur. La-dite épouse, d'ailleurs, ne laissait rien paraître, elle nous regardait de haut, nous remettant alors à la place d'enfants qui était la nôtre. Ca n'est plus le cas à présent, nous pouvons rire comme bon nous semble, chaque éclat est un pied-de-nez à sa sévérité.

Grace prend ma main, comme si l'on pouvait partager nos forces pour se prémunir de la haine maternelle.

- Je vais essayer au maximum de garder mon calme. dis-je, mais je suis déjà remonté à bloc, sur les chapeaux de roues, dans les starting-blocks même. Autant dire que c'est peine perdue, mais je me dois de faire cet effort.

- Et si elle exagère trop, on éteint l'ordi et on fait croire à une panne de réseau ?

Pourquoi pas, après tout ? La technologie est si capricieuse... Un soir de Noël en plus...

- Tu sais, c'est le Père Noël et ses elfes qui brouillent l'Internet en visitant les enfants du monde entier. Steve Jobs il avait pas prévu ça en fabriquant les Ibooks.

L'humour, toujours cet humour salvateur. Malheureusement, la technologie est du côté des tyrans ce soir et une petite sonnerie désagréable provient de l'engin informatique de ma soeur. Camembert s'affole un peu lui aussi avec ce bruit déconcertant. Je m'assois alors sur la chaise préparée par Grace et me racle la gorge, passe une main dans mes cheveux pour me recoiffer et lance un regard d'encouragement à ma gladiatrice de soeur qui s'apprête à entrer dans l'arène du Colisée. Espérons que César soit clément ce soir. Je lève mon pouce à la remarque de ma soeur, en rappel de cette époque antique où l'empereur de Rome décidait de la vie et de la mort des héros des jeux d'un simple pouce levé ou abaissé.

L'ouverture de l'Internet prend un temps incalculable et je sens le stress monter encore un peu en moi. La pression retombe à la vue du nez de papa Hamilton en plein sur la webcaméra.

- Joyeux Noël Papa, tu as bonne mine dis-donc !

Je pouffe en silence, alors que mon paternel se replace mieux devant la caméra. Puis un son désagréable au possible résonne et j'ai immédiatement envie d'abandonner la manoeuvre, dommage on ne peut pas faire demi-tour. Je lève les yeux au ciel alors que je ne suis pas encore visible pour mes parents et décide de passer outre cette remarque.

- Joyeux Noël les enfants ! Mon père agite la main devant la caméra.

- Joyeux Noël Maman, le rouge te va à ravir.

Bien sûr, ça suinte l'hypocrisie, le rouge est la pire des couleurs pour son teint déjà un peu rougeaud et son visage bouffi.

- Serait-ce une moquerie, Matthieu ?

Cette façon de m'appeler me retourne l'estomac, je serre les poings. Tout va bien se passer.

- Non bien sûr que non. Tu es réellement radieuse.

Je lance un regard inquisiteur à Grace, afin qu'elle me vienne en aide. J'ai déjà commis un impair, l'échange s'annonce corsées.



   
   
Tu seras viril mon kid. Je ne veux voir aucune larme glisser sur cette gueule héroïque et ce corps tout sculpté pour atteindre des sommets fantastiques, que seule une rêverie pourrait surpasser.
Grace Hamiltonavatar
• Moldu •
http://www.catharsis-rpg.com/t1344-grace-hamilton-here-s-to-the-Messages : 667 Points : 180
Pseudo : Flow
Avatar : Katharine McPhee
Crédits : avatar : mélopée (bazzart) ; signature : Rogers (PRD)
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Résidences du centre-ville
Patronus: Si elle pouvait en former un, ce serait un chinchilla.
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Noël virtuel ft. Matthew Hamilton | Mar 3 Juil - 16:06
Noël virtuel

- Grace Hamilton — Matthew Hamilton -


Mieux vaut avoir de nombreux enfants. Ils se répartissent la sottise de leurs parents. Le fils unique la garde toute pour lui.” André Prévot
Lorsqu’ils étaient enfants, Grace et Matthew avaient du trouver des stratégies, pour rendre la vie avec leur parent un peu plus supportable. Ils n’étaient pas misérables, non, des gamins enduraient des choses bien plus dures, vivaient des situations autrement plus accablantes, mais il fallait bien avouer que leur croissance auprès de Catherine Hamilton n’était pas une partie de plaisir. Grace, l’ainé, se devait d’apprendre à être la parfaite maitresse de maison, à tout faire pour trouver un mari et faire le plus rapidement des enfants, à mettre de côté son éducation, même, ce qu’elle était, pour être la femme modèle, comme une poupée Barbie. Matthew, lui, devait trouver le succès, faire de grandes études, devenir médecin ou avocat, et devenir un homme respectable, avec une belle situation, une famille souriante, et une maison avec une clôture blanche tout autour. Tout ce qu’entreprenait leur mère, chacune de ses remarques, tendait vers ce but ultime, symbole qu’elle aurait réussi en tant que maman, en tant que femme, et en tant qu’une personne de bonne famille. Au fil des années, cependant, elle ne réussit jamais à totalement les briser, à les faire rentrer dans le moule qu’elle avait construit pour eux. Tout ce à quoi elle aboutit fut de se faire ardemment détester par ses propres enfants qui, dès qu’ils en avaient eu l’occasion, s’étaient envolés de leurs propres ailes vers la vie qu’ils avaient toujours rêvé d’avoir. Et si la sclérose en plaques de Matthew avait été une épreuve, un arrêt sur le chemin, cela ne les empêcherait pas de continuer, toujours. Parce qu’ils étaient ensemble et se soutenaient, et pour aussi longtemps que ça durerait, ils seraient invincibles.

Cette soirée ne dérogeait pas à la règle. Si la sonnerie de l’ordinateur avait fait dresser les poils de Grace sur l’ensemble de son épiderme, ils arrivaient encore à plaisanter doucement entre eux. L’humour peut être une arme des plus puissantes. Cependant, il fallait aussi, parfois, retrouver son sérieux, et alors que Grace pianotait sur l’ordinateur pour mettre en route la connexion, elle répondit doucement à son frère.

« -Tu sais bien qu’elle serait capable de nous en vouloir, même si l’ensemble du réseau Internet du pays ne marchait pas…

Après tout, des reproches de ce genre étaient bien souvent de l’apanage de leur génitrice. Des remarques sur des choses sur lesquelles ils n’avaient aucun contrôle, des punitions alors qu’ils n’étaient pas coupables. Et le pire, c’était que Catherine Hamilton pensait avoir raison, et même, être un exemple dans l’éducation des enfants.

Dès que leur mère avait commencé, par deux petites phrases, à juger leur apparence et leurs mots, Grace avait saisit la main de son frère, pour qu’on ne puisse pas les voir à la caméra. Et de sentir le pouls de son cadet contre son propre poignet lui rappelait qu’il était là, qu’il ne la lâcherait pas, et que l’inverse était tout aussi vrai.  Ce fut la raison pour laquelle Grace vola à son secours, pour éviter que la situation ne dégénère. Mon Dieu, ça ne fait que quelques secondes, pensa-t-elle, sentant une migraine commencer à grandir dans son crâne.

-Il a raison Maman, ta robe est très belle, et puis, pour cette période de Noël, elle est vraiment à propos, glissa-t-elle en exagérant un sourire, un peu crispé, sur son visage. Et pour répondre à ta question, oui, euh… Je me suis fais coupé les cheveux pour les fêtes, je trouvais que c’était une bonne occasion, tu ne trouves pas ?

-Je te trouve très belle, ma chérie, répondit son père, avant même que Catherine n’ait le temps de répondre, et, comme de nombreuses fois, Grace bénit le fait qu’il soit là pour tempérer leur mère (bien qu’elle ne comprenne toujours pas ce qu’il lui trouvait).

-Oui, peut-être, enchaina la marâtre. C’est difficile de me faire une idée, à travers l’écran, puisque vous avez décidé de ne pas rendre visite à vos propres parents pour Noël. De mon temps, si j’avais fais un coup pareil à mes parents, je vous jure que…

Grace soupira. Ils avaient eu cette conversation des dizaines de fois, depuis qu’elle avait annoncé leur désir de ne pas se rentre en France pour les fêtes, et Mme Hamilton ne changeait toujours pas de disque. Quand est-ce qu’elle tournerait la page sur cette histoire, enfin ? Elle écoutait à peine sa mère se lancer dans une longue diatribe sur à quel point leurs divers oncles et tantes avaient été déçu de ne pas les voir, et même, que leur grand-mère était très fatiguée et que ça l’avait beaucoup perturbé, et ne parlons même pas de ce qu’avaient dit les voisins lorsqu’elle en avait parlé lors de leur réunion hebdomadaire du quartier, vous vous rendez compte ?! Au bout d’un moment cependant, la jeune femme, n’y tenant plus, décida de changer de conversation, pour essayer d’attirer son attention vers un autre sujet.

-Je comprends, maman, mais… oh, je ne t’ai pas dis, mais j’ai une nouvelle cliente à mon cabinet, elle est d’origine française ! Bon, elle vient de Paris, mais ça m’a fait plaisir de parler du pays, c’est pas tellement souvent qu’on en a l’occasion, hein, Matt’ ? »

Elle jeta un coup d’œil désespéré à son frère. Cette cliente était un pur produit de son imagination, c’était tout ce qu’elle avait trouvé, sur le coup, mais la fibre patriotique était quelque chose qui marchait bien, auprès de Catherine Hamilton. Si en plus on enchainait sur le gouvernement de Jacques Chirac, le président français qu’elle adorait, et sur le chic que représentait Bernadette, elle était la plus heureuse au monde.  
code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 933 WORDS.



À la folie
Matthew Hamiltonavatar
• Étudiant Moldu •
http://www.catharsis-rpg.com/t1677-matthew-hamilton-here-i-amMessages : 161 Points : 78
Pseudo : Lau
Avatar : Tom Holland
Crédits : Martyr
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence:
Patronus:
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Noël virtuel ft. Matthew Hamilton | Lun 23 Juil - 4:19
Noël est la fête de l’année qui a le plus de sens à mes yeux, même si je ne suis pas chrétien pour un sou ! Mais j’aime cette idée de se rassembler avec les personnes qui nous sont chères pour partager un fabuleux repas, des petits cadeaux et des instants précieux. Et je crois que ce Noël aura été le plus agréable sur tous les plans. Je n’ai jamais aimé les grandes réunions de famille, d’autant plus que ma mère entachait tout de son aura malfaisante, parlant plus fort que quiconque et menant la soirée d’une main de fer, personne ne se rendant totalement compte de ses airs de petit général de l’armée de Noël, personne ne la remettant à sa place. Elle profitait bien de sa puissance…

Mais ce soir, nous sommes privés de sa présence, ce qui n’est pas pour me déplaire, ni à Grace. Même la voir par l’intermédiaire de la technologie ne devrait pas parvenir à gâcher totalement la soirée, nous sommes hors d’atteinte, hors de portée de ses yeux mauvais et de ses rictus dédaigneux. Grace répond à ma boutade en soulignant l’injustice que revêt souvent notre chère mère, nous accusant de tous les maux et nous prêtant des responsabilités bien éloignées des nôtres.

- On trouvera un prétexte pour finir cette comédie si besoin est.

Je pourrais simuler une poussée ? Grace ferait semblant d’être appelée en urgence par un de ses patients ? Appelle-t-on seulement les kinés en urgence ?... Enfin bon, tout est possible à qui a de l’imagination et se trouve à des kilomètres de l’oppresseur !

L’heure fatidique approche et les premiers échanges ont à peine commencé que je mets déjà les pieds dans le plat. Il faut dire que cela fait un petit bout de temps que je ne l’ai pas vue et rien que son image me court sur le haricot… Je l’ai eu au téléphone maintes fois lors de ma dernière poussée de sclérose, tout ce qu’elle a fait c’est de me reprocher d’avoir accepté l’aide des sorciers pour me remettre d’aplomb. Si elle pouvait me tenir pour responsable de ma maladie, pour sûr qu’elle le ferait, son seul fils est homosexuel et malade. Quelle honte, quelle faiblesse, le nom des Hamilton se terminera avec toi bla bla bla bla. « L’adoption ? Tu ne ferais quand même pas ça, Matthieu, salir notre famille avec un rejeton venant d’on-ne-sait-où ! » C’est typiquement ce qu’il ne faut pas que je ressasse à cet instant, sinon je risque d’être plus acerbe et moins dispo à me montrer sous mon meilleur jour hypocrite.

Mon père, cet ange, paraît réellement heureux de nous voir et échanger avec lui seulement aurait été une aubaine. Malheureusement nous voilà en présence du diable, habillé d’une robe rouge à vomir, maquillée avec peu de goût. Rien n’adoucit ses traits, rien ne fait sourire son regard…

Nouvelle pique, nouvel assaut. Comment peut-elle trouver ces réparties cinglantes, rapprocher une coupe de cheveux de notre non-participation au Noël traditionnel ? Je ne peux me retenir de lever les yeux au ciel, toutes nos excuses tenaient la route pourtant : je suis encore un peu faible du fait de ma poussée et Grace a du travail qui l’empêche de voyager trop longtemps et partir de Manadh pour aller en France revêt de beaucoup de logistique. Maintenant que j’y pense, nous avons eu énormément de chance que le Noël ne soit pas délocalisé à Atlantis… Qu’aurions-nous pu opposer à leur venue ?

Je lève les yeux au ciel discrètement, ne prêtant pas attention autant que possible à ses jacassements à propos de l’affront que nous avons commis en ne nous rendant pas à Rennes pour les fêtes. Grace arrive à faire diversion en évoquant le sujet de la France, notre doux pays natal qui nous manque souvent il est vrai.

- C’est vrai qu’il y a des gens qui viennent de tous les horizons ici, mais peu de français en définitive. C’est toujours agréable de pouvoir échanger des souvenirs sur notre patrie lointaine !

- Si la France vous manque tant, vous auriez pu faire l’effort de venir en Bretagne au moins pour ça ! Si vos parents et votre famille ne sont pas une raison suffisante…

La mâchoire m’en tombe, on aura tout tenté pourtant… Même la fibre francophile ne vibre pas assez dans son cœur pour qu’elle en oublie ses remarques…

- Passons au-delà de ça si tu veux bien Catherine… Votre mère et moi avons une nouvelle à vous annoncer, nouvelle qui devrait vous réjouir !

Les traits de ma mère s’adoucissent, et je ne sais pas pourquoi, mais un mauvais pressentiment m’envahit… Je regarde ma chère sœur, désemparé et effrayé de ce qu’elle va bien pouvoir nous annoncer…

- Ah oui ?

- Votre mère et moi sommes conscients que vous avez des raisons de ne pas être venus nous rendre visite. Notamment ta sclérose, Matt. C’est pourquoi nous avons décidé de venir à vous ! C’est pas génial, ça ? On viendra vous voir dans le courant du mois de janvier, comme ça vous nous montrerez de quoi est faite votre vie à Atlantis et nous ne vous dérangerons pas dans vos emplois ou études !

Mon visage parle de lui-même à l’écoute de ses mots. Oh merde…



   
   
Tu seras viril mon kid. Je ne veux voir aucune larme glisser sur cette gueule héroïque et ce corps tout sculpté pour atteindre des sommets fantastiques, que seule une rêverie pourrait surpasser.
Grace Hamiltonavatar
• Moldu •
http://www.catharsis-rpg.com/t1344-grace-hamilton-here-s-to-the-Messages : 667 Points : 180
Pseudo : Flow
Avatar : Katharine McPhee
Crédits : avatar : mélopée (bazzart) ; signature : Rogers (PRD)
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Résidences du centre-ville
Patronus: Si elle pouvait en former un, ce serait un chinchilla.
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Noël virtuel ft. Matthew Hamilton | Mer 1 Aoû - 12:53
Noël virtuel

- Grace Hamilton — Matthew Hamilton -


Mieux vaut avoir de nombreux enfants. Ils se répartissent la sottise de leurs parents. Le fils unique la garde toute pour lui.” André Prévot
Elle l'avait bien remarqué, cette étincelle dans les yeux de sa mère. Elle l'avait mise sur le compte des fêtes de Noël, des décorations rutilantes qu'elle pouvait imaginer scintiller dans le salon rennais de leurs parents, ou encore, de la rage intérieure que Catherine Hamilton pouvait ressentir de savoir que ses enfants avaient réussi à la défier, en se passant de sa présence durant les fêtes. Mais non, la raison était bien plus insidieuse, dans le style le plus pur de sa génitrice, toujours dans la sournoiserie, et le faux-semblant. Ils venaient à Atlantis. Ils. Venaient. À. Atlantis. Et dans peu de temps, par-dessus le marché : trop peu pour se préparer psychologiquement, de manière suffisamment rigoureuse pour que Grace ne s'arrache les cheveux d'anxiété. Et il y en avait, du soucis à se faire, en particulier pour quelqu'un qui était sujet au stress. Ils voudraient rencontrer Milo. Et ce n'était pas qu'elle avait honte de son petit ami, loin de là et bien au contraire, mais ils sortaient ensemble depuis 3 mois seulement, et elle ne voulait pas le faire fuir en constatant l'hystérique folie de sa charmante mère. Ne disait-on pas, après tout, que les chiens ne font pas les chats ? Ne prendrait-il pas peur, en se disant qu'il n’avait pas encore tout vu de la française, et que sous les couches de douceur et de naïve gentillesse, se trouvait un monstre caché ? Peut-être, ou peut-être pas, mais Grace aurait préféré ne pas prendre le risque, au moins, pas tout de suite. Et puis, même si on enlevait l'italien de l'équation, la venue de ses parents entraînait tout un tas de complications qu'elle n'avait vraiment pas envie de gérer. Elle décrypterait tout et n'importe quoi, la décoration de son appartement, sa manière de s'habiller, le nombre d'heures durant lesquelles elle travaillerait… Tout sera passé au peigne fin par le regard scrutateur de Catherine, et gare à sa fille si elle n'était pas à la hauteur de ses exigences.

Mais que dire, après tout ? Il était impossible de protester. Ces gens derrière son écran d'ordinateur l’avait nourrie et choyé pendant 18 longues années, et, malgré tout, elle les aimait. Son père n’avait rien fait que de la soutenir et de l'aimer en retour, et elle était en réalité enchantée de le voir. Elle s'imaginait sans mal faire quelques sorties en mer avec Matthew et lui,  en louant un bateau, ou de faire de longues promenades sur la côte déchiquetée de Manadh, appréciant le vent revigorant qui battrait contre leurs visages. Sa mère… oui, elle avait ses défauts. Elle était toxique, on pourrait jusqu'à la qualifier d'immonde avec ses enfants. Mais elle restait leur mère, pour le meilleur et pour le pire, ils ne pourraient jamais en avoir d'autre. Et ils étaient une sorte de deal, l'un n'allant jamais sans l'autre, probablement plus par la force de l'habitude et à cause d’une vision surannée du mariage : alors, tout ce que la fratrie pouvait faire, c'était baisser la tête, et accepter la situation.

Elle chercha ses mots quelques instants, abasourdi par la nouvelle. Ses doigts resserrèrent,  presque par réflexe, la main de son frère qu'elle tenait toujours fermement, et après la vague de panique qu'accompagnait la nouvelle fièrement annoncée par son père, une certaine culpabilité s'installa en elle. Il ne fallait pas qu'elle se laisse abattre. Si elle souffrirait quelque peu de cette visite, ce n'était rien par rapport à ce qu’endurerait son frère, bien trop insolent, bien trop libre, bien trop homosexuel, bien trop malade pour les hauts standards de Catherine. Ses doigts se décrispèrent, pour se changer en présence aérienne, réconfortante, son pouce caressant doucement le plat de la main de Matthew. À défaut d'une mère convenable, au moins, il aurait une grande sœur sur qui il pourrait compter, elle ravalerait ses larmes, relèverait la tête et encaisserait pour les deux. C’était son rôle, après tout.

« -Oh, euh… fantastique ! s’écria-t-il le dans la douleur, ne croyant pas une seule seconde ses mots et jouant la comédie (très mal) d'une excitation enjouée. Ne prenez pas d’hôtel bien sûr, mon appartement est à votre disposition, vous y serez très bien, je pense, et si vous avez besoin de quoi que ce soit, je ne serais que quelques portes plus loin, chez Milo. Elle comptait là, bien sûr, amadouer sa mère et focaliser ses critiques, puisqu'il y en aurait, forcément, sur elle et non sur Matthew.

-Il faudrait peut-être songer à ce que vous emménagiez ensemble, c’est ridicule de payer deux loyers alors que vous habitez à côté. D'autant plus qu'un artisan comme lui ne doit pas rouler sur l'or.

Mais comment faisait-elle ? C'était inhumain, à ce stade. Sa phrase aurait pu sembler anodine, si elle n'était pas emprise de venin : elle aurait rêvé de voir sa fille au bras d’un architecte, d'un avocat, d'un médecin, certainement pas d'un vendeur de balai, americano-italien qui plus est. Elle s'en contentait, la vieille carne, car elle semblait passer ses journées à attendre un petit enfant qui n'arrivait pas, mais ça ne l'empêchait pas d'exprimer à grand renfort de cris et de remarques acerbes, son désaccord.

-En tout cas, j'espère que vous appréciez ce petit cadeau de Noël, même de loin ! Vous avez le bisou de tout le monde, au fait, même de tatie Estelle ! »

Oh, Papa, pensa Grace. Mon cher et doux Papa, si tu savais à quel point on l'appréciait, en effet…
code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 910 WORDS.



À la folie
Matthew Hamiltonavatar
• Étudiant Moldu •
http://www.catharsis-rpg.com/t1677-matthew-hamilton-here-i-amMessages : 161 Points : 78
Pseudo : Lau
Avatar : Tom Holland
Crédits : Martyr
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence:
Patronus:
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Noël virtuel ft. Matthew Hamilton | Jeu 9 Aoû - 4:21
Merveilleuse nouvelle que celle-ci, non ? Je sens déjà la panique monter en moi, à peine mon père a-t-il annoncé la teneur de leur cadeau de Noël… Je ne peux pas dire que je ne suis pas heureux du tout de la visite de mes parents, il ne faut pas exagérer. Même si j’eu préféré voir mon père seul qu’avec une harpie…

Je n’ai d’ailleurs jamais compris pourquoi un homme si calme et doux s’était retrouvé avec une femme si dure et stricte ; la seule explication possible à mes yeux est la possibilité que ma mère se soit endurcie avec les années, perspective un peu triste soit dit en passant quand on l’imagine coincé avec cette version mal vieillie d’une femme adorable étant jeune. Mais après tout, ils partagent des points communs, notamment un certain sens du traditionalisme car si ma mère ne s’est jamais gênée pour me condamner du fait de mon homosexualité, il n’a jamais pris ma défense devant elle, il n’a jamais plaidé en ma faveur, tolérant tout juste, jouant le père ouvert devant les autres mais ne souhaitant pas en entendre parler une seule seconde à la maison. Donc oui, mon père est bien plus bienveillant que sa femme mais ce n’est pas pour autant qu’il prend notre parti contre la figure maternelle et si Grace ne lui en tient pas rigueur, je dois avouer que cela me déçoit.

Cela dit, papa et moi avons en commun la passion équestre, et sa fierté quant à ma réussite dans ce domaine m’a toujours porté, moi qui cherchait un moyen de ne plus être la constante déception aux yeux de mes parents. Je n’ai pas la vie dont ils rêvaient pour moi, j’échoue, toujours. Dans tous les domaines : école, vie privée, vie publique, tout. Même ma santé fait défaut, et mon statut de malade chronique est honteux à leurs yeux, ou du moins à ceux de ma mère. Je ne suis pourtant pas fautif, pas responsable de ma condition… Mais c’est encore un échec de plus, et une raison de descendre dans leur estime et de les faire renoncer encore à leurs idéaux.

Grace parvient à donner à peu près l’impression que la nouvelle l’enchante, je ne sais pas comment elle en est capable. Depuis le début de cette conversation, elle persiste à essayer de m’épargner, et récolte finalement les remarques les plus acerbes. J’ai toujours admiré cette capacité qu’a ma sœur à rester calme et mesurée quand les esprits s’échauffent et que la tension monte, et dire que c’était elle qui semblait redouter le plus cette discussion virtuelle ! Elle leur fait l’offre de leur laisser son appartement, puisqu’elle peut rester chez Milo qui est son voisin et ainsi s’épargner l’horreur de devoir les supporter continuellement chez elle. Je n’aurais pas pu les accueillir dans mon appartement de toute façon : en colocation, je n’ai pas la place pour des invités ! Mais même son attention bienveillante est saluée par une petite pique désagréable… Encore une façon pour notre mère de montrer qu’on la déçoit et que rien n’est assez bien pour elle…

- Oui, ça nous fait plaisir que vous veniez (car cela nous permet de ne pas avoir à le faire nous-même avant quelques temps) et bisou à tante Estelle !

- Auras-tu quelqu’un à nous présenter aussi, Matthieu ?

Arrête avec ça bordel, je m’appelle Matthew, bon sang c’est elle qui a choisi mon prénom et elle n’est même pas capable de m’appeler correctement !

- Haha, non je ne vois aucun garçon en ce moment !

Je sers les poings sous la table, essayant de ne pas plus la provoquer qu’avec ce « garçon » bien placé pour lui rappeler que je suis gay et que ça ne risque pas de changer, quoi qu’elle en dise.



   
   
Tu seras viril mon kid. Je ne veux voir aucune larme glisser sur cette gueule héroïque et ce corps tout sculpté pour atteindre des sommets fantastiques, que seule une rêverie pourrait surpasser.
Grace Hamiltonavatar
• Moldu •
http://www.catharsis-rpg.com/t1344-grace-hamilton-here-s-to-the-Messages : 667 Points : 180
Pseudo : Flow
Avatar : Katharine McPhee
Crédits : avatar : mélopée (bazzart) ; signature : Rogers (PRD)
• Plus d'informations •
Feuille de personnage
Lieu de résidence: Résidences du centre-ville
Patronus: Si elle pouvait en former un, ce serait un chinchilla.
Informations supplémentaires:
Sujet: Re: Noël virtuel ft. Matthew Hamilton | Dim 12 Aoû - 1:43
Noël virtuel

- Grace Hamilton — Matthew Hamilton -


Mieux vaut avoir de nombreux enfants. Ils se répartissent la sottise de leurs parents. Le fils unique la garde toute pour lui.” André Prévot
Grace ne pouvait se rappeler, aussi loin qu’elle remontait dans le temps dans sa tête, qu’elle fouillait dans des souvenirs plus ou moins enfouis, un instant dans sa vie où sa propre mère ne l’avait pas regardé comme si elle était autre chose qu’une déception. A l’école, elle n’était jamais assez studieuse, à la maison, jamais assez performante dans ses corvées. Elle était pourtant la meilleure de sa classe, la majorité de sa scolarité, et avait frotté plus de sols que ce que toutes les petites filles de son école avaient pu nettoyer. Mais les hauts standards de Catherine Hamilton n’étaient jamais atteints, malgré ses efforts, et elle avait du réprimer, bien des fois, des larmes qui menaçaient de tomber, alors qu’elle pensait à ce qu’elle avait bien pu faire pour être un tel échec. Ce n’était pas étonnant qu’elle manque de confiance en elle, aujourd’hui. Que parfois, l’anxiété dans son cerveau était si forte, qu’elle n’arrive même pas à ouvrir la bouche pour s’exprimer.

Matthew avait été préservé. Elle avait fait de son mieux pour détourner l’attention de leur mère, afin qu’elle se reçoive la plupart des regards noirs, la majorité des réflexions et des demandes irréalisables. Cela avait marché, au moins un temps. Mais le coming-out de son petit frère avait tout fait voler en éclat. Ce n’était pas que ses parents étaient des homophobes, mais pas de ça chez nous, non. Ils voyaient les couples homosexuels comme des curiosités anthropomorphiques, des animaux qui singeaient ce qu’était le véritable amour, quelque part attendrissants, mais tout sauf naturels. Alors que leur garçon ait l’audace de prétendre préférer les hommes aux charmes, bien plus sains et normaux, des femmes… Dire que ça leur avait fait un choc était un doux euphémisme. Grace avait essayé de protéger Matthew, du mieux qu’elle le pouvait, tenté d’expliquer qu’il n’y avait rien de honteux, qu’il restait le fils qu’ils avaient élevé. Mais ils avaient balayés ses arguments du revers de la main. Qu’est-ce qu’elle en savait ? Qu’est-ce qu’elle pouvait bien comprendre du monde dans lequel elle vivait, après tout, elle si jeune, si privilégiée d’avoir des parents qui la protégeait contre les turpitudes de cet univers ? Alors, le jeune homme avait reçu, en l’espace de quelques mois seulement, l’équivalent de toutes ces années d’insultes silencieuses, de jugements abusifs, de la part de sa mère, détruisant le travail patient de Grace pour qu’il vive une enfance relativement heureuse. Simplement parce qu’il aimait les garçons. Simplement parce qu’il était lui.

Ils avaient bien du s’y faire, cependant. Matthew avait une qualité que la kinésithérapeute avait toujours admiré, et qu’elle essayait d’émuler, du mieux qu’elle le pouvait : la tendance à se battre pour ce en quoi il croyait, et de ne jamais lâcher, peu importe ce qu’il advenait. Elle avait de la volonté, la Grace, mais elle pouvait facilement craquer, quand on la mettait sous pression, lorsque sa tête se remplissait de toute sorte d’insécurités et qu’elle ne parvenait plus à réfléchir sans que de petites voix dans sa tête ne vienne remettre en question, tout et n’importe quoi. Elle l’admirait, son petit frère. Il était bien plus fort que ce que son apparence laissait à penser. Et, si bien souvent, elle voyait toujours en lui ce gamin turbulent qu’elle devait sans cesse sortir des ennuis, il fallait admettre qu’il avait grandi pour devenir tout sauf la moitié d’un homme.

Les regards de la plus vieille en dirent plus long que n’importe quel mot. Ses yeux s’emplirent de dégoût, Grace aurait presque pu voir la chair de poule se former sur ses bras plissés. Elle serra la main de son petit frère sous la table, une énième fois. Elle mourrait d’envie de le prendre dans ses bras, de lui dire que tout allait bien se passer, et qu’un jour, il pourrait présenter avec fierté l’homme de sa vie à ses parents, et que les regards de Catherine seraient supplantés par ceux, aimants, de son partenaire. Elle n’en fit rien, bien sûr. Elle se contenta de fixer l’écran, le regard un peu vide, un peu éberluée de la propension qu’avait sa propre mère à gâcher une soirée tout bonnement parfaite. Et elle allait infliger ça à Milo. Mon dieu…

Fermant les yeux, elle fut prise d’une impulsion. Trop, c’était trop. Cela faisait trop longtemps qu’elle avait cessé de respirer, ou presque, pour garder son calme face à la mégère, et elle avait atteint la borne des limites, par un seul regard. D’un geste plein de rage, Grace abaissa son écran d’ordinateur. Tant pis. Elle dirait qu’il y avait eu un incident technique, et oui, elle s’en prendrait plein la tête, mais ça ne faisait rien. Elle prendrait le blâme, pas Matthew, et c’était tout ce qui important. La française tourna une tête dépitée vers son petit frère.

« -Désolé, je… je ne pouvais plus la supporter.

Elle passa sa main sur l’arrête de son nez, lâchant enfin les doigts de son frère, qui devaient probablement lui faire mal, tant elle les avaient serrés. Elle tremblait, comme si elle venait de passer une épreuve des plus traumatiques, et c’était le cas, quelque part. Elle avait envie de pleurer, mais elle ne se laisserait pas aller. Un souffle. Son regard se posa sur l’horloge, et, presque ironiquement, elle vit l’aiguille se poser sur minuit.

-Joyeux Noël, Matt’. »

Sa tête s’abattit sur l’épaule du cavalier, l’enserrant dans une étreinte toute fébrile, toute frémissante. S’il ne voyait pas son visage, il ne pourrait pas voir à quel point cette épreuve, pourtant anodine, l’avait marqué. Comme d’habitude.
code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 928 WORDS.



À la folie
Contenu sponsorisé
• Plus d'informations •
Sujet: Re: Noël virtuel ft. Matthew Hamilton | 
Noël virtuel ft. Matthew Hamilton
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Pourquoi Lewis Hamilton est il aussi detesté?
» Tour du monde virtuel
» Quand on s'aime, même en virtuel
» Un jeu vidéo pour devenir chirurgien... virtuel...
» Résultat d'un sondage virtuel des 100 jours de Martelly
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Sauter vers: