Vass + Emrys - Haters gonna hate

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Sujet: Vass + Emrys - Haters gonna hate | Mer 16 Mai - 18:35
Encore un jour gris dans la vie d'Emrys Bowen. Pas noir ni blanc, seulement gris. Seulement une brume, ma brume habituelle. Tout est standard, la douleur est sourde, latente. Mutique, elle m'enlise dans des affres lugubres, je suis presque anesthésié. Et j'ai l'intime conviction, la certitude absolue que... rien n'ira pour le mieux, ni pour le pire : ce constant état d'extrême anhédonie perdure. Alors je erre.

Je traîne ma carcasse décharnée dans les rues, j'habite provisoirement des lieux divers et variés de ma présence fantomatique. Bibliothèque, bars, chemins de campagne. Puis le travail aussi, ma seule joie, mon seul plaisir : les sentiers escarpés de l'ïle de Rùm, les dragons tout autour et mes moutons. Braves bêtes cotonneuses. Ce sont aussi mes rares interactions avec le monde, alors oui, je vois bien des amis, mais rien de concret, rien qui ne puisse me sortir de l'état torpide dans lequel je suis plongé.

Liza remplit mon esprit à l'approche des fêtes de fin d'année. Je devrais retourner chez mes parents, à la maison pour tenter de remettre un peu de couleur dans ma vie mais, je n'en ai pas la force. Ma magie me quitte à mesure que je meure de l'intérieur et simplement transplaner tous les jours jusqu'à la réserve me demande une énergie folle. Alors aller jusqu'au Pays de Galles, agir normalement, entretenir des conversations, et puis revivre ces histoires de reliques.... Elles sont perdues mais restent le mythe fondateur de la famille Bowen : c'est en observant ces discussions continuer à avoir lieu que j'ai compris. J'ai compris que j'étais le seul à y croire réellement, le seul à avoir tout tenté, tout perdu pour elles. Moi qui voulait être la fierté familiale, nous rendre notre héritage, nos possessions : tout n'était que vaine obsession. Alors, je préfère éviter de telles discussions inutiles et ne pas les voir tous autant qu'ils sont, bercer les oreilles des plus jeunes d'illusions morbides.

Aujourd'hui, j'arpente les rues de la ville haute alors que je viens de quitter la bibliothèque, je n'y suis resté que quelques minutes, une demi-heure tout au plus. L'image d'une certaine Serdaigle hantait trop les lieux, les livres me relient toujours à elle. Notre dernier Noël.... Elle aimait tant ces fêtes de fin d'années, nous nous embrassions sous le gui, nous roulions dans la neige comme deux enfants insouciants. Insouciance coupable, presque. Mais plus rien de ceci n'existe ailleurs que dans mon esprit, dans des souvenirs trop vivaces et des cauchemars trop réels.

L'extérieur est flou, en dehors de mes pensées. Si flou que je ne remarque même pas la silhouette qui semble presque me suivre depuis un certain temps. Non, rien de tout cela ne m'atteint, le monde est trop gris.


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The water sustains me without even trying, the water can't drown me, I'm done with my dying.


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Sujet: Re: Vass + Emrys - Haters gonna hate | Mar 22 Mai - 17:31
Les bêtes blessées ont leur propre odeur. Qu’elles soient malades ou vieillissantes, qu’elles se vident de leur sang ou soient simplement boiteuses, il y a toujours cette puanteur qui flotte derrière elle, comme une longue trainée de mariée, qui se transformerait en linceul. Ce n’est pas une odeur sanguinolente, purulente, une odeur de sueur viciée, une odeur de nécrose. Non. C’est bien plus subtil que ça. C’est presque insaisissable. On ne la sent pas, la plupart du temps. Ca ne frappe pas la narine comme dans un mouroir, ou un hôpital délabré, ça n’empeste pas comme une charogne sous le soleil d’été. Cela n’attire pas les mouches comme une plaie ouverte, aucun insecte ne vient y pondre ses œufs pour livrer à ses larves blanchâtres les tissus qui se décomposent. Aucun parfum ne peut la masquer,  ni les senteurs de l’humus sauvage, ni celles des grandes métropoles.

On ne sent pas ce genre d’odeur, on ne la respire pas. Mais malgré tout, elle nous marque, elle s’imprime dans notre cervelle, pour ne plus nous lâcher. Les proies lorsqu’elles la sentent se mettent à trembler de peur ; inconsciemment, elles se resserrent auprès de la bête blessée comme pour la protéger, l’accompagner avant la fin. Et pourtant elles craignent de s’en approcher trop, elles n’osent poser leurs yeux sombres et craintifs sur celle qui trébuchera, et ne se relèvera plus. Alors seuls les yeux des prédateurs se braquent vers cette bête-là, qui traîne un peu trop la patte, et leur pupille fendue de les lâche plus, comme si déjà elle se plantait dans cette chair trop fragile. Ils louvoient autour, attendent patiemment la bonne occasion, le moment venu, et ne peuvent plus se détacher de cette silhouette tremblotante comme si cette odeur les hypnotisait, quand bien même ils ne la sentaient pas, quand bien même ils ne pouvaient la sentir… Mais elle les rendait fou, elle les affamait, et en même temps les rendait plus méfiants, plus rusés que jamais, traîtres, sournois. Comme si la faiblesse de leur proie ne les rendait que plus circonspects, pour ne vraiment lui laisser aucune chance.

Les humains, quand ils sont blessés, traînent eux aussi cette odeur derrière eux, comme des entraves de forçats qui les désigneraient à la vindicte des braves gens, des innocents, des biens portants. On n’échappe pas à sa condition familiale. Comme une meute, la foule sent, elle sent ceux qui défaillent, ceux qui traînent la patte, ceux qui, discrètement, crachent leurs poumons, et ceux qui sont égarés, ceux qui sombrent, sans rien à quoi se raccrocher. On a beau tenter de le dissimuler, chacun sent ces faiblesses cachées, chacun sent la blessure purulente, inconsciemment, quand bien même elle resterait invisible.

Vassili avait pris l’habitude de pister cette odeur, de la rechercher, de la traquer. C’est quelque chose que l’on apprenait rapidement, et souvent à ses dépens. Il faut toujours s’en prendre à plus faible que soi. Toujours attaquer, mordre les brebis galeuses, ceux qui peuvent le moins se défendre, les plus impressionnables, de ceux que l’on peut briser aisément. Cela faisait de vous le prédateur, et non la proie, cela faisait de vous le dominant, et non le dominé. Oh, il y avait bien cette lâcheté, de s’en sortir avec le moins d’égratignures possibles, de chercher la facilité. Mais c’était comme cela que fonctionnait le monde. En brisant les plus faibles, on acquérait une certaine respectabilité, auprès de ceux qui n’osent s’affirmer, et la contagion se répandait aux autres, à tout ce troupeau, qui n’osaient plus vous défier. Et puis, même si d’autres vous tombaient dessus… au moins, vous auriez laissé de profonds souvenirs à l‘une de ses personnes.

Il en avait bouffé, lui aussi. Il avait été de ces proies, dès son plus jeune âge. Il avait senti les regards se tourner vers lui – des regards prédateurs. Il avait goutté aux humiliations de la bête traquée, à la brûlure des coups. Cette odeur lui collait à la peau, où qu’il aille. Il restait cette créature boiteuse, faible, blessée, à la merci de tous. Et tous en profitaient. Il avait beau se rebeller, jouer au dur… l’odeur, l’odeur, toujours. Aucun masque ne pouvait le dissimuler. Il le sentait. Des salles de classe aux perspectives pétersbourgeoises,  c’était ancré dans sa chair. Le moindre geste de protestation devenait ridicule, ne restait que la cuisante soumission.

Oh, il l’avait sentie, si forte, cette odeur, au milieu des rayonnages de la bibliothèque culturelle. Une silhouette accroupie, pliée en deux, recroquevillée, comme s’il on l’avait déjà placée en position latérale de survie… Ses cheveux longs dissimulait son visage, mais avait-on besoin de voir ses traits, pour en deviner l’expression ? Des traits tirés, crispés, tordus par une douleur invisible, de celles qui vous scient le ventre, de celles qui vous rendent fous, vous donne envie de vous frapper, de vous imposer n’importe quelle autre souffrance, pourvu qu’elle vous fasse oublier celle-ci, beaucoup plus insidieuse. La gorge qui se noue, les lèvres qui tremblent, les yeux qui s’humidifient… Même à quelques mètres, on pouvait le sentir, on pouvait presque se mettre à sa place. Quelles pensées tourbillonnaient sous son crâne, le hantaient, le tourmentaient ? Quelles blessures pouvaient être aussi profondes pour le faire ainsi plier, ployer, dans un lieu public comme celui-ci, entre deux rangées de livres ? Vassili s’en moquait, il se contentait d’observer le spectacle, de l’observer très attentivement, avec une curiosité malsaine. Il n’osait pas se l’avouer, mais il se repaissait de ces larmes, qu’il entrevoyait briller.

Il était si facile de sentir sa détresse, si facile de comprendre comment il devait se tordre de douleur. Plus il l’observait, plus Vassili s’identifiait cet être miséreux, à l’étudiant accroupi. On en passait tous par là, on buvait tous à la même coupe empoisonnée, avec les mêmes angoisses, les mêmes cauchemars… Peu importe la cause. Et plus il l’observait, plus il sentait qu’il le méprisait, et le haïssait. Un faiblard, une proie, une victime. Et cette puanteur, cette puanteur inodore qui ne le lâchait pas… Il avait envie de lui lancer une remarque moqueuse, sournoise, lâche, agressive, de le bousculer, de le renverser. Tu n’es rien, tu es fait pour être humilié, tu es fait pour être rabaissé, pour être écrasé.

Il avait vu le poing fuser, s’écraser contre le sol de moquette. L’autre craquait. Il agonisait de souffrance, rongé par ses propres démons – et cela ne faisait qu’exacerber les sentiments du Russe à son égard. Et alors qu’il se relevait, le cracmol le méprisait, de toute sa stature. Lui, au moins, ne s’était jamais abaissé à s’effondrer de la sorte en public. Il le dégoutait. Et il avait bien ancré ce visage dans sa mémoire, ce visage reniflant, les yeux rougis, agressif et défait tout à la fois.

Il n’avait rien répondu, quand l’autre, encore secoué, s’en était pris à lui. Qu'est-ce que tu regardes comme ça toi ? Peut-être avait-il était pris de court. Mais il s’était tu, se contentant de bien noter la moindre mimique, la moindre geste de l’étudiant qui déjà s’éloignait, comme s’il prenait la fuite. Cours, cours, ne t’en fais pas. Où que tu ailles, tu traîneras toujours cette puanteur derrière toi, et toujours on te mènera la vie dure, toujours on te rabaissera, jusqu’à te briser. Et avec un mauvais sourire, Vassili avait laissé traîner son regard sur la baguette mal rangée d’Emrys. Un sorcier. Un sorcier. Et plus il se répétait ce mot en tête, plus son sourire s’agrandissait, se faisait carnassier. Il se sentait tout puissant, il se sentait invincible, à revoir les yeux rougis de l’autre. Une baguette, ce n’est rien, quand l’homme derrière s’effondre. Cela, tous sorciers qu’ils étaient, beaucoup avait tendance à l’oublier.

Combien de fois l’avait-il croisé, depuis ? Il l’ignorait. Il n’avait jamais cherché à le voir ni à le suivre, il n’avait jamais tenu de comptes de leurs rencontres. Les bâtiments éclatés de l’université n’aidaient guères, et tous deux ne fréquentaient pas les mêmes lieux, n’avaient pas les mêmes habitudes, les mêmes horaires.  Mais comme par une force d’attraction malsaine, de plus en plus, leurs trajectoires se frôlaient, se croisaient. Il l’apercevait, de loin en loin, et puis de plus en plus régulièrement. Comme mu par une force, par un appétit invisible, il se rapprochait, doucement, progressivement. Il se sentait effectuer de larges cercles concentriques autour du sorcier, dont le rayon se réduisait de jour en jour, presque imperceptiblement. Oh, cela se faisait certes à l’échelle de toute une île, de toute une ville, et sur des semaines entières… Mais quelque chose l’attirait, comme un instinct sauvage, roulé en lui, dans le creux de son ventre, et qui grondait, qui grondait sa soif de violence, sa soif de chasse, comme s’il voulait encore et encore se repaître de cette souffrance, revoir le visage laminé par les larmes, ces gestes tremblotants, presque spasmodiques. Un instant de prédateur fasse à sa proie. Qui ne pouvait plus se détacher de l’odeur du sang, de cette odeur de faiblesse, et qui laissait cette pensée l’obnubiler.

A chaque fois, à chaque fois qu’il le croisait, il dévoilait ses dents en un sourire mauvais, agressif. Il ne pouvait le réprimer, il avait cette froide, cette méchante satisfaction de le voir, de sentir sa faiblesse, et d’espérer, toujours, que l’autre défaille face à lui. Qu’il craque. Et plus le temps passait, plus les journées se raccourcissaient, et plus il avait envie de le provoquer, de provoquer cette défaillance, de le briser. Il s’était mis à le saluer, à chaque fois qu’il le pouvait – et il n’y avait rien d’aimable, rien de poli dans ces salutations. Seulement une menace, une mise en garde : la promesse que quelque chose de pire, de plus cruel, pouvait lui tomber dessus. Sans même y penser, il faisait des détours. Lui emboîtait le pas. Oh, de pas grand-chose, il ne bousculait pas ses habitudes. Mais malgré tout, elles s’étaient de plus en plus calées sur celles de sa proie.

Et puis là, une fois de plus… Dans cette brume pâle… Toujours la même silhouette, toujours la même allure, les mêmes mouvements…  Il le léchait du regard, portant ses yeux tout le long de son corps, il remontait de ses pieds qui traînaient trop, glissait le long de ses cuisses, remontait le long de sa colonne, légèrement penchée, comme s’il craignait qu’on ne l’aperçoive, qu’on prête la moindre attention à lui… Et puis s’attardait sur ses cheveux, qui dégoulinaient en cascade sur sa nuque tendue, sur cette tête, figée, inclinée vers l’avant, cette tête dont l’expression se perdait dans le vague, dans ce brouillard matinal.

Il y avait quelque chose qui le fascinait en lui. Quelque chose qui l’attirait dans cette silhouette si frêle, si fragile… Cette détresse qu’il sentait, cette détresse qu’il connaissait si bien… Et puis surtout, cette joie sauvage, ce triomphe, cette soif de vengeance. Il ne suffisait de rien, de presque rien, une simple pichenette, pour qu’il trébuche, et se brise, pour qu’il craque, pour qu’il s’effondre. Et le cracmol voulait en profiter. Il voulait se jeter sur lui pour le déchiqueter, lui faire payer tout ce que lui avaient infligés sorciers et moldus, tous ceux qui l’avaient humilié, tous ceux qui l’avaient frappé. Il pouvait enfin en faire de même, se défouler, déchaîner toute cette colère accumulée contre ce misérable sorcier, contre cet être si pathétique… Oh, peu importe quels sorts tu connais, peu importe dans quels domaines tu excelles. Tu n’es rien, et tu le sais. Rien d’autre qu’un misérable, rien d’autre qu’un échec, un excédent, dans la production de naissances, de nouveau-nés, un excédent tout juste bon à jeter au rebut.

Depuis combien de temps le suivait-il, depuis combien de temps avait-il calqué son pas sur le sien, sa vitesse sur la sienne ? Rien de plus que quelques minutes, sûrement, et pourtant tout semblait si lent, comme amorti par la brume… Et de plus en plus il sentait montait en lui cette insatisfaction, cette colère, cette haine. Les souvenirs lui remontaient à l’esprit, comme une mauvaise piqure, le rendant mauvais, agressif, sardonique. Mais cette fois il ne serait pas les dents. Cette fois il ne se renfrognait pas. Non. Il souriait. Il souriait, et cela en devenait inquiétant.

Il avait rattrapé le sorcier en quelques enjambées. Lui avait attrapé le bras, et le lui serrait, sans le moindre égard.

« Hey. »

Son mauvais sourire, lui, restait, peut-être un peu plus figé, un peu moins grand, moins ouvert qu’à l’instant. Mais il restait, carnassier.

« Regarde par terre. »

Le Russe lui avait intimé l’ordre avec une sournoise désinvolture, comme une proposition, comme une plaisanterie, lancée en l’air, qui ne portait pas à conséquence. Mais son accent, son accent russe, donnait un ton sinistre, un ton presque menaçant à ses propos.

« C’est de l’asphalte. »

Et alors qu’il lâchait la bête information, ses yeux se plissèrent légèrement, et son sourire, surtout, son sourire de nouveau s’agrandissait. Comme s’il était heureux, comme s’il était de bonne humeur. Mais il ne l’était pas.
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Sujet: Re: Vass + Emrys - Haters gonna hate | Mer 6 Juin - 19:05
Il y a des rencontres qui forgent une existence, qui enlisent les protagonistes, les élèvent ou les accablent ; des rencontres qui emportent les êtres vers de célestes et divines contrées et des rencontres qui ne marquent pas les mémoires. C’est très difficile au moment où l’action se déroule de savoir de quel type sera la rencontre, ce qu’elle apportera ou emportera. Connaître les intentions d’autrui est incontestablement une entreprise on ne peut plus incertaine ; connaitre ses propres intentions l’est parfois tout autant.

Et il y a des rencontres qu’on oublie, même.

Ma pauvre existence a été remplie de rencontres : ça commence le jour de ma naissance. Ce jour-là, bien trop de visages, de bras, de sourires ébahis autour de moi. Ca continue à l’école, dans des rapports difficiles avec les enfants moldus comme avec les rares sorciers de mon âge et donc, on y met fin : c’est bien trop compliqué, je ne m’y fais pas. J’aime la solitude, alors il n’y aura guère plus de rencontres, si ce n’est celle de ma cousine Alicia. Puis, la rencontre miraculeuse : deux âmes qui communiquent en silence, deux cœurs qui se joignent et deux mains qui se tendent. Liza.

Tu étais si belle ce matin d’été, perdue dans ta lecture avec cet air concentré, studieux et amusé voire émerveillé que je te connaîtrais toujours lors de tes échappées livresques. Si l’on pouvait se douter alors que les Parques lançaient le compte à rebours et aiguisaient leurs ciseaux morbides… Ces pensées me poignardent et je me sens presque flancher sur mon chemin d’errance matinale.

Il y a des jours avec et des jours sans, comme dit maman aux proches et à la famille quand ils évoquent le sujet de mon moral. On ne prononcera pas le mot maudit, tabou, le mot « dépression », ce n’est pas digne de moi… Moi qui fut le plus puissant et le plus prometteur des Bowen de ma génération et de quelques générations m’ayant précédé ! L’on aurait dû me nommer Emrys Arcus Bowen ! Arcus : le nom de l’illustre ancêtre Bowen ayant posséder les reliques et Emrys, l’immortel. Mon avenir était tout tracé jusqu’au jour de la Bataille.

Y repenser serait me replonger dans des affres effrayantes et me tourner à nouveau vers des pratiques malsaines dont la peau glabre et fine de mon poignet porte les stigmates… Tout plutôt que cela, d’autant plus que je sens des pulsions violentes à mon encontre me parcourir durant cette période de fêtes. J’ai raté l’anniversaire de maman, je manque Noël, elle va être déçue et se douter de quelque chose, il n’y a pas de doute. La douce Eirian a toujours su comprendre mieux que tous son unique fils, son cher trésor, elle sait toutefois reconnaître aussi les moments où elle doit laisser son fils seul sans lui venir nécessairement en aide. Et rien ni personne ne me sauvera si ce n’est moi. J’en ai la certitude, mais tout reste à faire.

J’en suis là de ma réflexion lorsqu’on m’interpelle et m’attrape le bras. Je me retourne faiblement vers l’inconnu dont le visage parle quelques peu au physionomiste que je suis. Je tente de dégager mon bras devant le regard et le rictus mauvais qu’il arbore. Et voilà qu’il me donne l’ordre de regarder au sol. Cette invective me laisse pantois… Avec le bras que j’ai réussi à dégager de la poigne du jeune homme – d’où le connais-je ? – j’attrape ma baguette magique blottie dans la poche intérieure de ma vieille veste en jean, cette frusque que je traîne partout avec moi depuis des années et ce peu importe la météo.

Je garde néanmoins la baguette dans ma manche, ne voulant pas dévoiler mon « arme » si vite. Je jauge l’inconnu alors qu’il déblatère ses inepties… Non décidément, ça ne revient pas…

- Ah… dis-je, sans conviction, alors que je fais demi-tour et reprends mon chemin, laissant le jeune homme derrière moi.

Et il y a des rencontres qu’on oublie, même.


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Sujet: Re: Vass + Emrys - Haters gonna hate | Jeu 7 Juin - 15:09
INTRIGUE
ETERNAL

Alors qu'Emrys continue à marcher, un graffiti rouge vif finit par apparaître dans son champ de vision. Les mots « EVERLASTING FIRE » sont inscrits sur un des immeubles, à sa gauche, et une flamme stylisée est dessinée juste dessous.

Rien de plus.

Vassili A. Sterenkoavatar
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Sujet: Re: Vass + Emrys - Haters gonna hate | Lun 25 Juin - 3:00
Il y a des choses à ne pas faire. Il y a des choses à ne surtout pas faire. Vassili fulminait. D’un seul coup, l’autre lui avait ôté son sourire carnassier. Il sentait encore le contact dur, rugueux, de la veste de jean, de cette veste qui d’un seul coup sec, brusquement, échappait à sa poigne. Le tissu râpeux s’était brutalement dérobé sous ses doigts, qu’il avait refermé, mais trop tard, sur du vide, à peine sur un souffle d’air – mais la brûlure, elle persistait. Comme une brûlure de honte, peut-être.

Mais sa colère, sa haine étaient trop fortes pour laisser l’écarlate mordre son visage, rougir son front. Au contraire. Les narines dilatées, la mâchoire serrée, son teint s’était fait –oh, de presque rien, rien de visible à l’œil nu, assurément – plus pâle.

Ce sorcier. Ce foutu sorcier, ce petit merdeux fragile, qui, d’un geste, le renvoyait balader... D’un simple mouvement d’épaule, d’une simple torsion.

Il l’avait déjà vu chialer, il l’avait déjà vu paniquer.

C’est sale, une personne qui panique.

Une personne qui brusquement se crispe, comme ça, en proie à quelque chose qui le dépasse, sans rien pouvoir n’y faire d’autre que de livrer son corps à ces forces extérieures, de l’abandonner, ou de le faire souffrir toujours plus. Les membres qui se raidissent. La colonne vertébrale qui se plie, qui se referme sur elle-même, comme pour chercher désespérément le refuge d’une position fœtale.

Vassili l’avait déjà vu agenouillé. Il l’avait vu, le visage dissimulé par ses cheveux, balancer son poing contre le sol, dans l’espoir bête, dans l’espoir débile d’oublier ce qu’il ressentait. Comme si ces phalanges rougies pouvaient dépasser en intensité ce mal qui le rongeait, au creux de son ventre. Il l’avait vu, pathétique, en train de pleurer, il l’avait entendu renifler la morve de sa détresse.

Et c’était ce petit merdeux là, au désespoir puéril, qui osait lui faire face. C’était cette dégénérescence de sorcellerie qui osait se dérober face à lui, fier, hautain, méprisant. Il le chassait comme un chasse un insecte insistant, comme on chasse un miséreux qui vous mendie son repas ou sa prochaine cuite, comme on chasse une mauvaise pensée.

Oh, non, mon petit, non. Non, je sais bien que justement, tu essaies, tu essaies toujours… Mais je t’ai vu, je t’ai observé… Ces mauvaises pensées… Tu peux essayer de les chasser. Tu peux essayer de te dérober à elles. Fier, hein.  Hautain et méprisant, ouais. Peut-être. Peut-être que tu te montres méprisant face à elles. Mais au final… A la toute fin… Elles te rattrapent. Tu peux les écarter d’un geste, d’un seul mot… Elles ne te lâchent pas. Elles te poursuivent. Elles te tombent dessus. Et alors…

Et alors mon petit…

Oh, tu connais la suite de la chanson, mon petit sorcier fragile. Tu connais la danse, eh. La respiration qui devient sifflante, hein. Le sang qui bat tes tempes, le rythme cardiaque qui s’accélère, le ventre qui se noue… C’est la panique, c’est la rage, c’est la peur, c’est la détresse qui montent. Et les larmes qui commencent à perler. Les larmes de ton impuissance, mon petit merdeux. Les larmes de ton impuissance.

Sois en certain. Je vais te faire chialer.

Et la hargne de Vassili montait, se faisait plus froide et plus violente d’un seul coup, d’un seul mouvement – parce qu’il ne savait trouver d’autre issue que par la violence. Oh, elle était déjà là, palpable, latente, aussi mauvaise qu’il était mauvais, aussi lâche qu’il était lâche, aussi sournoise qu’il était sournois. Mais là… Le claquement de la veste en jean sous ses doigts l’avait frappé comme un claquement de fouet, et brusquement, il relevait la tête, féroce, haineux. Pas de cette haine traînante qu’il emmenait avec lui, non, d’une haine beaucoup plus brusque et glaciale, de cette haine incompressible qui ne demandait qu’à exploser, avec autant de minutie calculée que cruelle. Il avait eu ce mouvement de la tête que l’on a lorsque la lanière de cuir s’abat sur la peau dénudée, et la mords en profondeur pour la première fois. Ce mouvement incontrôlable, passé la surprise, passé le premier cri étouffé, ce mouvement incontrôlable du menton qui se dresse, de biais, la mâchoire inférieure dressée toujours plus loin, et le regard qui s’abat de travers sur sa proie : un regard de vengeance, une promesse de rendre au centuple cette humiliation subie – le plus tôt était le mieux.

Le cracmol avait vu le geste du sorcier aux cheveux long, qui rabattait sa main à l’intérieur de sa veste. Il ne savait que trop ce que cela signifiait. Il ne connaissait que trop ce réflexe, ce damné réflexe des tous puissants, ce damné réflexe de sorciers. En cas de souci, se rabattre vers la magie, hein ? Se rabattre vers sa bonne vieille baguette. C’était comme un foutu totem, devant lequel tous s’inclinaient. Un totem qui occultait tout le reste, mais peu leur importait, si cela leur permettait de s’imposer, d’imposer leur morgue et leur arrogance face à ceux qui jugeaient inférieurs.

Might is magic, avaient coutume de dire les plus sincères d’entre eux.

Pour cela, on les traitait d’extrémistes. Mais tous le pensaient. Tous. Parce que tous avaient ce besoin vital de recourir à la magie à chaque fois que le monde se dérobait face à eux, pour mieux le dompter, pour mieux le soumettre à leurs désirs, le façonner selon leur souhait. Et cela faisait d’eux des êtres gâtés, capricieux, futiles, susceptibles, des générations et des générations d’être dégénérés, orgueilleux, méprisants et méprisables.

Et fragiles, dans leur morgue, si fragiles… Ils oubliaient leur humanité, et ce faisant, s’en séparaient. Ils avaient cessés d’êtres humains dès lors qu’ils avaient regardé les autres êtres comme des inférieurs. Qu’ils se méfient. Qu’ils se méfient donc. Les créatures inférieures rampent sur un sol couvert d’épine, se déchirent la peau à glisser contre des pierres aiguisées, dans la boue et les immondices, au milieu des charognes de la misère, des cadavres purulents saturés de vers… Mais parfois elles se dressent. Elles frappent. Et puis elles mordent. Et alors le venin pulse dans vos veines, mortifère.

Vassili avait envie de se lever, de frapper, et de mordre.

L’autre avait gardé son poing à l’intérieur de la veste, sans oser sortir sa baguette. Et déjà il se dérobait, déjà il lui tournait le dos, déjà il partait. Mais non, oh que non, il ne pouvait pas partir comme ça. Pas après le mépris de son « Ah. », pas après la menace implicite de sa main qui se rabat vers son arme.

Il avait fait quelques pas ; déjà le cracmol se ruait derrière lui.

EVERLASTING FIRE.

Les lettres flamboyantes avaient jailli sur la façade d’un immeuble sur sa gauche, écarlates, alors qu’il avançait. Un instant, le graffiti capta son attention. Un instant, il se laissa distraire par la flamme stylisée, par cette menace latente – mais quelle menace ? Il l’ignorait. Il ignorait tout de ce fascisme rampant, qui voulait figer dans un ordre perpétuel les rapports des moldus aux sorciers, qui voulait écraser la moindre rébellion contre l’injustice de la suprématie sorcière, la moindre révolte contre le racisme cruel des sang-purs. Il avait détourné la tête, un instant, sans comprendre ce pourquoi il s’était laissé troubler.

Ville de merde, qui sombrait déjà dans sa déchéance, vers une lente et continue dégradation jusqu’au caniveau dont elle n’aurait jamais dû s’élever

Son regard se braqua de nouveau vers le sorcier qui avançait toujours devant lui.

« OY ! »

Le cri avait jailli de sa gorge, sec, autoritaire.

En quelques enjambées, il avait rattrapé le misérable sorcier, l’avait dépassé, se tenait devant lui, la mâchoire crispée, le regard dur, le visage fermé, froid, brut. La mine arrogante du petit pisseux, avec ses cheveux longs, son air perfide, cette mine arrogante était tout juste face à lui, ne demandant qu’à se ramasser sur le sol, à coups de poings bien appuyés.

Son poing se referma sur son col, le tira à lui, sans ménagement. Tout contre le torse de l’autre, son avant-bras coinçait le bras du sorcier, ce bras qui avait eu le foutu réflexe de se glisser là où il ne fallait pas, à la recherche de sa galette. Pas de ça avec moi mon petit, pas de ça… Tu n’oserais pas, mon petit pisseux, tu n’oserais pas la sortir contre un cracmol russe, deux fois enragé par son histoire, et une troisième fois encore, d’ailleurs, parce qu’il s’agissait de Vassili, et qu’il s’était senti humilié par l’attitude d’Emrys.

« Ton mépris », commença-t-il…

Entre ses dents serrées, les mots sifflaient, aigres, saturés de cette haine amère, et son accent, son accent pétersbourgeois faisait danser ce sifflement, comme pour le rendre plus inquiétant, plus menaçant encore. Il l’avait ramené tout contre lui, et alors qu’il lui parlait, il sentait son souffle chaud contre sa peau. D’un léger mouvement de nuque, peut-être, ils auraient pu s’embrasser, mais les seuls baisers que cherchait Vassili étaient des baisers sourds, lourds, brutaux, le choc sourd de ses phalanges, le choc sourd de son coude qui d’un arc de cercle pouvait abimer cette gueule aux traits fins qui lui faisaient face, lui arracher un gémissement, lui arracher un soupir, lorsque sa bouche ensanglantée heurterait le sol.

Ah il pouvait être orgueilleux, hein ! Des êtres inférieurs, les moldus, des serpents. Mais les serpents ont des crochets, et lui rêvait de lui en envoyer un.

« Ton mépris, tu vas le garder pour toi, petite merde, tu vas le ravaler bien profondément. »

Autour de lui, il sentait les rares silhouettes se presser, les contournant soigneusement, comme des ombres, rien d’autres que des ombres futiles qui fuyaient les ennuis, qui fuyaient la violence. Courrez, maudites ombres, courrez vers le maudit train-train de votre lâcheté quotidienne ! Et laissez-nous donc en paix, laissez cette haine incandescente se défouler, se déchaîner, sous vos regards qui fuyants qui ne voient rien, sous vos oreilles rougissantes qui n’entendent rien…

Oh, il avait bien l’habitude de ces piétinements lâche : le pas précipité du badaud qui évite ce qui le gêne. Les menaces en pleines rues, le miséreux trop insistant, le corps ensanglanté : c’était pareil, c’était la même chose, la même chose dégueulasse, la même chose immonde qui faisaient se détourner leurs yeux, qui leur faisait vivement tourner la tête. Que craignez-vous donc de voir ? Un cracmol salement amoché par quelques gopniki complètement torchés, étendu de tout son travers dans les sacs poubelles de Dumskaya Ulitsa ? Deux étudiants qui se prennent violemment à partie dans les rues d’Atlantis, au vu et au su de tous ? Oh, si c’était grave, ça ne se déroulerait pas dans un lieu public, n’est-ce pas ? Parce que si c’était le cas… Si vraiment il y avait de quoi se préoccuper… Quelqu’un serait bien intervenu, non ? Non ?

Non, personne n’intervenait jamais. Tous se regardaient, et attendaient ce quelqu’un. On pouvait bien insulter, on pouvait bien frapper, on pouvait bien tuer : on attendait quelqu’un. En vain. Parfois il semblait être là, il semblait s’approcher, bravement, pour, oh, non pas s’interposer, ne soyez pas idiots, mais pour s’enquérir de la situation, comme on dit. Il suffisait d’un regard en général pour que ce quelqu’un devienne un autre – un autre de ces autres trop lâches pour intervenir. Et l’on pouvait alors insulter, frapper, tuer de plus belle : quelqu’un n’arrivait jamais, et le tueur partait paisiblement, les mains – ses mains ensanglantées encore – dans les poches. Vassili ne l’avait pas vu faire. Mais on lui avait raconté. Il ne restait plus que des autres devant le mort, curieux comme des mouches – mais la charogne n’était pas encore assez faisandée pour attirer les mouches, alors, elles s’envolaient plus loin.

D’un geste impérieux, Vassili poussait le sorcier vers une rue moins fréquentée, plus étroite, plus sombre – loin de ce graffiti écarlate, loin des curiosités mal placées de mouches trop précoces. Il prenait soin à ce que l’autre menace de trébucher en le faisant reculer par des gestes secs, pour le rattraper in extremis, raffermir la prise sur son col, jusqu’à lui serrer la gorge. Il était à lui, à lui seul, et il allait lui faire bouffer sa morgue, il allait le renvoyer à ses démons, par le chemin le plus court.

« Déjà, pour commencer, tu vas t’excuser. »

Alors qu’il s’écartait, sa voix se faisait plus articulée, moins soufflante mais plus menaçante encore, bouffie d’orgueil blessé et d’une assurance agressive.

Resserrant sa prive, ravalant sa salive, il continuait :

« Tu vas t’excuser, et tu vas me demander pourquoi je te disais que tu marchais sur l’asphalte. »

Il se sentait tout puissant, il renouait avec ce sentiment de supériorité, avec cette soif de cruauté du loup, du prédateur qui veut se repaître d’une proie blessée, d’une proie qui est à lui, tout à lui, qui n’a plus d’existence propre autre que ce destin de finir entre ses griffes, entre ses crocs. Oh que oui, il allait lui en faire bouffer, il allait se venger, il allait le briser, il allait…

« Et là alors, moi qui suis plus respectueux que toi, petite merde, moi qui suis plus respectueux que toi, je te dirais qu’une saloperie de sorcier qui perd ses nerfs pour rien ferait bien de ne pas trop s’exposer, parce que s’il craque, le pauvre petit, s’il craque, s’il craque, et qu’il frappe le sol, il risquerait de se blesser ses fragiles mains… La rue ce n’est pas une bibliothèque, tocard. »

Il savourait les insultes, il savourait l’humiliation, ses lèvres toutes près des siennes, comme s’il voulait se repaître encore plus de l’effet de ses propres mots, l’effet du souvenir réveillé, du mépris, de l’arrogance, des mots crus, des mots cruels. Oh, il voulait lire cette détresse panique dans son regard, il voulait sentir la peur, l’angoisse qui monte…

« Je te répondrai ça parce que je suis respectueux moi, et que je veille sur toi. »

De très près, Emrys. De très près.
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Sujet: Re: Vass + Emrys - Haters gonna hate | Ven 13 Juil - 13:55
Ton sang coule, lancinant, dans des veines bleutées, fines et mal irriguées ; c’est comme si la vie te quittait peu à peu, c’est comme si le temps te consumait peu à peu.

Et pourtant je reste là, j’erre toujours un peu plus, perdant mes regards et mes pas dans des rues insalubres, dans des quartiers chics, marchant toujours tout droit, ne tournant qu’au gré de mes pensées. Dans ma tête, toujours des images, la vie est un film qui défile sur mon cristallin, ma cornée n’enregistre pas, le nerf optique n’envoie pas et l’aire visuelle n’analyse pas : tout se passe déjà à l’intérieur, dans les profondeurs de la pensée d’Emrys Bowen. La réalité n’est plus en phase avec mon intériorité, plus rien ne me permet de m’y raccrocher alors je sombre au-dedans de moi, alors je coule au-delà de tout ça, loin d’une vie qui me hante et me détruit. La mort m’a semblée plus enviable, mais l’oubli me terrifie, tout ce qu’il me reste à faire est d’errer.

Alors je marche, alors je frappe le bitume de mes pieds, dans mes grolles dégueulasses, de vieilles chaussures toutes trouées dans lesquelles l’eau pénètre sans difficulté. De temps en temps, les passants me guettent, ils changent de trottoir à mon approche et je vois leurs visages, leurs mines interloquées, dégoûtées, salies par le fait de m’avoir seulement regardé. Comme si j’étais un pauvre être putride, un moribond qui traverse la ville dans la longueur de sa largeur et dans la diagonale de sa hauteur.

On ne me hèle pas, on ne me vise pas, rien ne m’atteindrait de toute façon car je suis anesthésié. Rien ne me retient ici-bas, mais rien ne m’appelle là-haut ; pas même toi Liza. Tu m’en veux, c’est écrit, ta mort c’est moi qui l’ai construite, la disparition de ton empreinte charnelle est mon édifice et tout ce que je hais chez moi c’est justement cela : cette aura malsaine, toi qui me poursuis telle la chose la plus réelle de mes instants. Tu ne me quittes jamais, alors on doit te ressentir j’imagine, on doit voir ton halo fantomatique qui marche dans mon ombre, ton sourire énigmatique qui me couve alors que tu t’amuses à me fuir et à ne plus me lâcher. Je ne sais ce que ce sourire signifie, tu avais le même lorsque tu planifiais une espièglerie, tu avais cette mimique, tes yeux en amandes qui trahissent un complot interne.

On ne me hèle pas, on ne me vise pas, sauf ce jeune homme, ce brun dont la haine suinte par tous les pores, mais ça je ne le remarque même pas, trop occupé à chercher à comprendre ton sourire, Liza. Je m’en échappe, de cette silhouette insignifiante, continuant de marcher vers nulle part et ailleurs à la fois. Soudain, des lettres de feu apparaissent à côté de moi, les quelques rares passants accourent et se demandent de quoi il s’agit, on sent la curiosité à des kilomètres à la ronde, une soif de rumeurs, un espoir de voir les événements se précipiter vers un quelque chose d’autre. Je n’en ai que faire, je ne tourne même pas le regard vers ce phénomène, je continue ma route, j’ai bien trop à faire.

Encore lui, il lance un cri derrière moi mais je ne me retourne pas, je ne comprends pas ce qu’il me veut, ni qui il est… Et pourtant, et pourtant j’ai déjà vu ce regard, et pourtant j’ai déjà vu cette colère qui crève les yeux, mais quand, mais où ? En quelques minutes, il se retrouve devant moi alors je m’arrête net, vraiment je ne comprends pas. Il me saisit par le col et la panique me saisit, il me crache des mots à la figure alors que je me débats, happé par son visage familier dont l’occurrence ne me revient pas. Je le débats, essayant d’échapper encore une fois à son emprise, à la folie qui habite son regard, une folie cousine de la mienne mais certainement pas sœur.

Sa violence fait bouillir les quelques gouttes de sang qui veulent bien tourner dans mes veines, le flot rougeâtre bat dans mes artères alors que l’autre me pousse vers un coin sombre, une ruelle à l’odeur de pisse et de bière bon marché. Je tente de lui échapper, mais l’autre se nourrit de sa haine. Moi je n’ai rien à lui opposer qu’une carcasse vidée de son sang. Jadis j’étais le meilleur, jadis j’aurais pu le laisser là, sanguinolant dans cette ruelle après lui avoir jeté un sectumsempra sans pitié aucune, mais aujourd’hui je peine à rattraper ma baguette que j’ai rangé dans ma veste. Aujourd’hui chaque pas est un calvaire et je manque de tomber dix fois, rattrapé par l’inconnu qui joue avec moi comme avec une poupée articulée.

Il m’approche de lui, son haleine de remugle presque m’entoure, salissant l’atmosphère de ses mots lourds. Il s’en délecte et il déblatère encore des mots sans sens, des phrases dans lesquelles les insultes pleuvent et alors je comprends. Je comprends tout, frappé par l’ironie de la situation : c’est moi qui l’ai provoqué ce jour-là, alors que j’étais bien trop occupé à cracher mon venin à la figure de Pansy P. Parkinson. Et il m’a retrouvé ce salaud, ce pauvre type qui traîne dans les bibliothèques et qui ose s’occuper de choses qui ne le regardent pas, qui ne le regarderont jamais. Ces pauvres mecs qui se repaissent de la douleur des autres, s’il veut goûter à mes démons pas de problèmes, je ne recherche rien d’autre qu’une douleur différente de celle qui m’accable, une douleur physique, celle contre laquelle je lutte est insupportable alors la souffrance du corps m’est préférable. Saigne-moi, frappe-moi, tue-moi presque mais pas tout à fait parce qu’il faut que je reste dans cette vie quand même, parce qu’il faut bien que je lutte encore un peu, ce serait trop simple de retrouver Liza et son courroux qui m’attend certainement en me faisant battre à mort dans une ruelle, un destin trop hideux, une fin pas enviable, même pour moi.

La haine ne me fait pas peur, il faut que je provoque et le sang bat encore plus dans mes vaisseaux et l’on pourrait confondre l’éclat dans mes yeux avec de la panique mais la réalité, c’est l’excitation qui m’anime, l’envie d’en finir presque, mais pour cela, il faut la mériter la souffrance ! Alors je me dérobe encore à sa poigne et je ne prends même pas la peine de répondre, je lance la première frappe en plein dans son nez, il ne l’a pas vue venir celle-là, profitant de sa surprise, je le pousse de mes pauvres bras. Penses-tu, il n’a rien, pas une égratignure, mais il fulmine : j’ai atteint mon but, réussis mon pari.

- Dégage pauvre moldu !

C’est ça que tu veux entendre avoue-le, c’est ça que tu veux : la haine pure sans supplément en sentiments, juste la froide colère pour sentir un peu la vie en toi, avoue-le, pauvre type. On est plus semblables que tu ne le penses, alors je connais les répliques, je sais quoi dire, quelles piques te lancer pour t’allumer, te pousser dans tes retranchements, tu n’y résisteras pas un instant.


All that I have is a river
The water sustains me without even trying, the water can't drown me, I'm done with my dying.


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Sujet: Re: Vass + Emrys - Haters gonna hate | Lun 30 Juil - 18:34
Une dérobade, une nouvelle dérobade. Plus traîtresse, peut-être, que la première. Sournoise comme un coup de poignard, vicieuse.

Emrys s’était arraché à la poigne de Vassili, aussi souple qu’un serpent, agile et mauvais. Leurs deux corps si différents s’étaient déliés, comme dans une danse percluse de violence et de haine. Un mouvement sec, un pas de côté, un pas en arrière : la carcasse frêle, les traits fins et tirés du sorcier s’arrachent brusquement des poings du Russe. Ses longs cheveux noirs s’élancent loin des boucles châtaines du cracmol, loin de son visage rond et menaçant, loin de cette bouche haineuse aux lèvres fines. Les maigres épaules s’écartent d’une torsion de ce torse qui les opprimait, libèrent cette gorge tendue, les doigts se referment dans le vide.

Les deux jeunes valsent, dans cette ruelle, créatures diamétralement opposées mais liées par cette haine commune.

De nouveaux ils se font face, mais rien ne peut être effacé. Ni les insultes, ni la marque encore, sur leurs corps, sur leurs vêtements, sur leurs esprits, de leur brusque empoignade. Encore, la veste de jean du sorcier est froissée ; encore, les phalanges du cracmol sont douloureuses de crispation ; encore ils ressentent ce souffle d’air partagé, le souffle de leurs visages si proches et des injures qui fusent.

Vassili était persuadé d’avoir brisé celui qui lui faisait face. Il était persuadé d’avoir imprimé sa domination dans ses chairs, dans sa tête. Le Russe sentait encore sa pomme d’Adam rouler sous son poing alors qu’il le saisissait par le col, il sentait encore les résistances de ce corps maigrelet qui se cabrait en un aveu d’impuissance. Leurs forces confrontées, il se savait plus aguerri, plus lourd, plus puissant, et il exultait de cette sensation. L’autre avait beau être un sorcier, il pouvait malgré tout le contraindre, par la simple force de ses muscles, et non pas en utilisant une dérisoire baguette.

Oh, il le dominait, certes, mais il ne l’avait pas brisé, il ne l’avait toujours pas brisé. Il avait beau le traîner comme un vulgaire pantin, il avait beau l’agonir d’insultes, il avait beau le ridiculiser : cela n’avait pas suffi à briser Emrys. Et le Russe ne s’en était pas rendu compte.

Comment cette grossière marionnette, comme ce garçonnet avec ses bras trop maigres et ses traits trop délicats pouvait lui faire face, eh ? Il avait essayé de s’enfuir, de partir, de l’ignorer – de le snober, même. Mais Vassili l’avait rattrapé, l’avait contraint, l’avait humilié. En général, cela suffit, en général, on ne cherche guère plus qu’à s’écraser, à subir, à chercher la plus petite échappatoire, confrontés à un tel déchaînement de violence. Comment faire face à cette brutalité purement gratuite, purement haineuse ? Il faut subir, subir et fuir.

Le cracmol espérait bien qu’Emrys se contente de cela – subir et fuir. Il espérait bien pouvoir s’amuser, renverser la toute-puissance magique et se défouler sur le jeune homme sans que celui-ci n’ose répliquer. Mais de nouveau, de manière inattendue, le sorcier se cabrait. De nouveau il le prenait de court, se dérobait, échapper à sa poigne, non pas pour fuir, non pas pour lui jeter un sort : pour le frapper.

Il n’avait pas vu venir le coup. Il sentit seulement la douleur de la surprise, la brûlure de l’humiliation, son nez meurtri par le poing qui avait volé droit dans son visage. Sa tête bascula brièvement vers l’arrière, par-dessus son épaule gauche. Pendant un très court instant, il resta là, hébété, sans rien comprendre à ce qui avait pu se passer. Comment… comment aurait-il pu oser… Comment était-ce possible…

Le sorcier n’avait pas même essayé de se saisir de sa baguette. Il l’avait purement et simplement frappé. Un coup de poing en pleine face. Il s’était abaissé à ces manières de rustre, à ces manières de moldu – et pas franchement des moldus les plus élégants.

Vassili redressait tout juste la tête, furieux. Les bras maigrelets de son adversaire le repoussaient déjà, repoussaient son corps toujours plus loin de la frêle silhouette du sorcier, sans qu’il ne parvienne à contrer cet élan désespéré. Le Russe sentait son torse se dérober face à cette poussée inattendue, il dû poser un pied en arrière pour ne pas basculer, un deuxième pour retrouver ses appuis. On l’écartait comme on écarte un gamin. On le frappait comme frappent les enfants énervés. Et il n’avait su ni esquiver le coup, ni s’abriter.

Lentement, il renifla. L’arrête de son nez était douloureuse, et il pouvait sans peine imaginer qu’à la morve se mêlait, peut-être, un peu de sang. Il ne prit même pas la peine de balayer ses narines d’un revers de main. Il n’avait pas besoin de voir s’étaler cette traînée écarlate le long de son index et jusqu’à son poignet, il ne s’en souciait pas. Il fulminait beaucoup trop.

Pas tant à cause de la douleur – le sorcier ne savait guère frapper, et le cracmol avait déjà subi des coups plus douloureux. Mais ce sentiment d’impuissance, de voir les choses lui échapper… Précisément au moment où il pensait contraindre Emrys, celui-ci le prenait par traîtrise, le frappait, le repoussait… Il triomphait sur Vassili à son propre jeu : un jeu de violence et de brutalité, de force bête et de haine. Et cela, Vassili ne pouvait pas lui pardonner.

- Dégage pauvre moldu !


L’élégant sorcier venait de chasser toute trace de beauté de son visage. Ses traits fins se faisaient rictus de haine, crispés par l’agressivité et le mépris, et renvoyaient au Russe sa propre agressivité, son propre mépris. Leurs deux corps se faisaient face, tendus vers l’avant, comme s’ils ne demandaient qu’à s’étriper.

Le cracmol avait craché toute sa rage à la figure du sorcier, avait défoulé ses forces contre lui. Il se prenait le retour de flammes. Un retour moins intense, oui. Mais pris au dépourvu, ce retour de flammes le trouvait désemparé, sans défense, et la violence du coup, l’acide de l’insulte le brûlaient, l’aveuglaient.

Le coup de poing l’avait laissé impuissant, ridiculisé ; l’insulte lui redonnait une rage féroce, hargneuse, violente. Pauvre moldu…

Vassili avait été, jusqu’ici, une ignoble raclure. Il avait décidé de transformer ses blessures narcissiques en haine de ce qui l’entourait, de transformer cette haine en violence, et de laisser s’abattre cette violence haineuse sur ceux qui lui paraissaient les plus faibles, sur des brebis galeuses qu’il n’aurait, pense-t-il, aucun mal à écraser. Il ne cherchait qu’à dominer, à faire mal, à faire souffrir, pour prendre sa revanche, pour faire subir ce qu’il avait subi. Il était de ces créatures fragiles, qui en avaient bouffé – il fallait que ces semblables souffrent tout autant, qu’elles souffrent encore plus. Par justice, ouais. Pour une sombre et sauvage justice, inique et irrationnelle.

Il avait été une ignoble raclure.

Il se prélassait dans ce sentiment, même.

Et d’un seul coup…

« Dégage pauvre moldu. » Toute cette haine, tout ce mépris des sorciers envers leurs inférieurs, envers ces non-sorciers qui les entouraient, envers ceux qui ne pouvaient, ceux qui ne sauraient jamais contrôler la magie. Tout ce racisme latent, ces violences historiques, ces meurtres, les massacres encore récents remontaient d’un seul coup à la surface, avec l’insulte. Vassili pouvait avoir été une raclure – le sorcier qui lui faisait face lui donnait presque, rétrospectivement, raison.

N’était-il pas juste de s’en prendre aux ennemis des moldus, n’était-il pas juste de s’en prendre à ces sorciers nourris dans la haine et la tradition, servants il y a un temps des pires mages noirs, résurgences intarissables des pires forfaits, des pires crimes ? Emrys était un avatar bien pâle de ces meurtriers, de ces mages noirs, gorgés d’un esprit pervers et d’une fixation sur leur sang-pur – il n’en restait pas moins un avatar. Et les avatars devaient payer pour cette image sinistre qu’ils renvoyaient, reflet distordu de mort.

D’un seul coup, Vassili avait l’impression d’avoir raison, d’avoir raison de faire ce qu’il venait de faire. Et cela d’autant plus que l’insulte avait frappé à côté, sans que son interlocuteur puisse n’en rien savoir. Oh, ça, non, il n’était pas un moldu. Il était pire, il était bien pire. On le lui avait fait bien suffisamment comprendre. Et il saurait le faire comprendre à son tour.

Ce sentiment de sombre justice se mêlait à la rage, à cette rage violence du Russe blessé dans son orgueil, son nez toujours marqué par la douleur du coup qu’il avait reçu. Aussi n’avait-il pas tellement à réfléchir. Il savait qu’il devait rendre la pareille à celui qui lui faisait face, il savait qu’il devait le faire souffrir, non plus par plaisir, non plus par vengeance ou distraction : par justice.

Emrys avait eu à peine le temps de s’écarter, Emrys avait eu à peine le temps de cracher son venin sur le Russe. Celui-ci était encore trop proche de lui pour que le sorcier soit en sécurité. Celui-ci était suffisamment proche de lui pour répliquer. Pas même besoin de monter ses avant-bras en garde. A peine besoin d’observer rageusement celui qui lui faisait face.

Son corps pivota, en un seul bloc, tendu pour fendre le vide, du talon au sommet de son crâne. Il balança son poing, droit dans la mâchoire du sorcier – non, au-delà, bien au-delà. Et cette mâchoire, cette étroite mâchoire dédaigneuse, se trouvait juste sur cette trajectoire semi-circulaire, à la pointe de cette esquisse de cercle. Ses phalanges heurtèrent de plein fouet l’intérieur de son menton, vibrèrent, vibrèrent un instant sous le choc alors que la tête d’Emrys basculait.

Il est de ces moments où un crochet suffisamment violent vaut tous les sorts du monde.

La douleur lancinante de son poing endolori par le coup le satisfaisait, le satisfaisait sans pour autant réparer son humiliation. Il avait ramené ses bras, prêts à frapper, écartés de son corps, mais sans pour autant se mettre en garde, mais sans pour autant se jeter directement sur Emrys pour le neutraliser, pour enserrer sa gorge, son torse, pour le frapper encore et encore jusqu’à ce qu’il ne soit plus rien qu’un tas de chair douloureux.

Il se contentait de le regarder, de l’observer, d’attendre il ne savait quoi. Le sorcier ne pouvait que répliquer, le sorcier ne pouvait que sortir, enfin, sa baguette, et l’attaquer. Malgré tout il attendait, avec une sourde satisfaction, prêt à redonner un coup s’il le fallait, mais sans bouger pour autant, fixe face à lui, lui laissant le temps de reprendre ses esprits, lui laissant le temps de se ressaisir, de sortir de son étourdissement.

« T’inquiète pas pour ça, je suis pas un moldu. »

Il regardait Emrys comme un regarde un gamin qu’on envoie balader, après que celui-ci ait voulu s’en prendre à vous. Avec un brin de condescendance et de mépris donc. Et pourtant, il savait qu’il avait perdu, il savait qu’il avait perdu la face à partir du moment où l’autre l’avait pris de court, peu importent les autres coups qu’ils pourraient lui asséner, peu importent les crochets qu’il pouvait lui distribuer. Au moins restait le satisfecit d’avoir passé ses nerfs, de s’en être pris à un rebut de mangemort, à l’un de ces sorciers obsédés de haine et de pureté, misérables reflets de mages noirs.

« Je suis bien pire que ça pour les dénérés de fin de race comme toi. Bien pire. »
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Sujet: Re: Vass + Emrys - Haters gonna hate | Lun 13 Aoû - 12:03
L’adrénaline, l’excitation presque, étrange plaisir, la malsaine souffrance qui cacherait presque celle au-dedans de mon corps m’emplissent. L’instant est comme suspendu tandis que je contemple l’autre, en face de moi, celui qui cherche ma douleur, petit être dégoûtant, portant comme un étendard sa haine. Je les connais ceux-là, des petits merdeux sans fond, qui tapent et frappent l’autre pour une prétendue histoire de sang, de noblesse putride. Je ne les ai que trop côtoyés durant mes années à Serpentard. Rejeté pour mes idées progressistes, mes amitiés impures et l’attrait manifeste que j’éprouvais pour les sang-de-bourbes, comme ils disent. Je n’ai jamais aimé cette maison, je ne m’y suis d’ailleurs jamais senti chez moi, malgré que les valeurs portées par notre fondateur me correspondaient totalement à cette époque.

Quelle honte. Quelle déchéance. Un pauvre sorcier, même pas capable de se défendre par la magie, un garçon vide de souffle magique, qui s’éteint petit à petit. Parfois, je me prends à rêver que je meurs presque tant je deviens vide, la coquille se recroqueville presque autant que le mollusque à l’intérieur. Oui mais voilà, je ne peux être que l’artisan de ma propre mort, séduisant la Faucheuse en lui montrant mes plus beaux atours : ces cernes bleutées, violettes presque, mon corps presque cadavérique et un désespoir constant. Lorsque je m’approche trop d’elle, Liza sait m’empêcher d’accéder à la libération ultime : je ne la mérite pas, il faudra que j’erre encore. Liza ou un manque de courage peut-être, ou bien encore, une prise de conscience. Si ce n’est pas Liza, c’est Eirian : maman. Ma douce maman, toi je ne peux t’abandonner, condamné donc à te décevoir et à t’inquiéter, toi qui vois ton fils dépérir sans rien pouvoir faire. Ah, pauvre mère, si tu me voyais à cet instant : loque insensée, qui prend des risques inconsidérés, dans l’espoir de sentir autre chose, une autre douleur…

Alors j’attise ta haine, toi l’inconnu qui ne me ressemble que trop : ce que tu hais chez les autres n’est pas si éloigné que ce que je hais chez moi. Une certaine lâcheté, je suppose. Je te pousserai dans tes retranchements, jusqu’à sentir tes poings s’abattre sur moi, sentir ton dégoût, viscéralement ancré dans ton âme nauséabonde. J’aime te voir fulminer, j’aime te voir décontenancé ainsi, conscient de ta faiblesse et de son exposition à mes yeux. Je me repais de tes yeux de prédateur, de ta mâchoire carnassière serrée et de tes poings aux jointures blanches. Un sourire, un rictus plutôt prend forme sur mon visage à cet instant. Tu ne me hais que plus encore, l’insulte a fusé sans que je la réfléchisse mais elle a touché la corde sensible, semble-t-il. Je peux lire en toi, car je te manipule sans que tu ne le perçoives seulement. Tu n’as plus le choix maintenant, plus d’autre choix que de me frapper, pour de vrai parce qu’il n’y a que cela qui comptes pour toi, maintenant : me réduire au tas de fange que tu vois en moi.

Ton coup, je ne le vois pas venir, même si je l’ai prévu. La souffrance est là, mais décevante presque malgré sa brutalité. Je me mords la langue et un peu de sang s’écoule dans ma bouche, un sang au goût métallique et chaud que je crache sur le sol de la ruelle alors que ma vision danse devant mes yeux. Mais il me faudra plus que cela pour que je m’effondre, je suis robuste, contrairement à ce que les apparences laissent penser. Je t’entends à peine parler, obnubilé par les bourdonnements dans mes oreilles alors que je secoue la tête en reprenant mes esprits. J’attends un autre coup qui ne vient pas, tiens donc, on attend une riposte ? L’insulte n’a pas suffi ? Je prête une attention nouvelle à tes paroles. Bien pire. La raison que je possède encore me délivre la réponse, alors je ricane. Ca sera encore plus simple maintenant… Je sors ma baguette de ma poche intérieure, plein de dédain. Je la pointe sur l’ennemi, plein de dédain, avec la certitude maintenant de frapper là où il faut.

- Un cracmol…

Je vomis presque ce mot, fier de mon rôle, jouant l’extrémiste sang-pur avec une délectation toute nouvelle. J’assortie le tout d’un crachat à ses pieds et d’un coup de coup, sans même prononcer l’incantation, je lance un stupéfix qui l’envoie valser dans le mur de la ruelle, percutant au passage un tas de sacs poubelles entassés. Je m’approche, j’ai besoin de ce danger…

- Pauvre merde, t’es bien pire qu’un moldu en effet… Et en plus t’ose t’en prendre aux sorciers ? La pointe de ma baguette touche son torse et un sourire avale mon visage entier.

- Je vais t’apprendre où est ta place, au cas où tu aies oublié.


Je ne réfléchis pas, l’envie de souffrir est presque égalée par l’envie de faire souffrir à présent. Je me consume et perd tous repères et je souffle la formule, inconscient du poids des mots.

- Endoloris.




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Sujet: Re: Vass + Emrys - Haters gonna hate | Mar 21 Aoû - 11:09
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Sujet: Re: Vass + Emrys - Haters gonna hate | Sam 22 Sep - 12:22
Du sang. Du sang mêlé de salive, un sang rosâtre, baveux, qui dégoulinait de sa bouche entrouverte. A travers, l’on apercevait la fine ligne sombre de la lèvre fendue, ce trait de noir écarlate qui la divisait en deux, poétique césure au milieu de sa bouche. Un poing en rejet de son visage, pour achever sa phrase, enjambement de violence entre leurs deux corps.

Vassili ne s’y connaissait guère en poésie. Pouchkine, Maïakovski et Akhmatova étaient bien loin à présents, oubliés sur les pupitres d’une salle vétuste, perdus dans une quelconque école publique de Saint-Pétersbourg. Et pourtant, il appréciait ce poème là, ce poème de violence. Pas de pieds dans ses vers, mais quelles figures de style ! Narquois, il observait le sang-pur tituber face à lui, sonné par l’assonance de ses poings, par les sons sourds du choc qui résonnaient encore à son esprit, vibraient toujours le long de ses phalanges crispées. L’air mauvais, il attendait la prochaine apostrophe, laissant à l’autre le soin de récupérer ses esprits pour lui faire face, sans chercher plus loin ce à quoi rimait leur rixe.

Allez, crache, crache donc ton humiliation sur le pavé, sorcier. Les tiens n’ont que trop oublié ce goût de métal et de chair, perdus dans leurs délires magiques. Ils n’ont que trop oublié le parfum de la rue et de la violence, la dureté du sol et des poings, le contact physique. Egarés dans les idées, dans leur monde de sortilèges, ils en oubliaient la vraie vie, la sensation matérielle. Tiens, profites-en, bouffes-en encore un peu plus, crache ! Crache, c’est ce que nous vivons sur cette terre, cette peine, cette souffrance.

Avec plaisir, il le voyait se tenir la mâchoire, continuer à laisser dégouliner la bave ensanglantée qui moussait sur le sol d’asphalte. Spectacle aussi pitoyable que jouissif. Je frappe mieux que toi, sorcier. Mes coups sont plus puissants que les tiens. La narine relevée, la bouche fendue d’un demi sourire, le sourcil arqué, il en oubliait presque la brûlure du poing qu’il avait lui-même reçu au visage il n’y avait que quelques instants. Pourquoi s’en souvenir, quand l’autre crachait son propre sang, misérable ? Peu lui importait qu’il sorte à présent sa baguette. Que pouvait-il donc faire ? Quel sort pouvait-il lui lancer ? Quel sort oserait-il même lui lancer ?

« Un cracmol… »

Ce mépris, Vassili ne le connaissait que trop. Le qualificatif sonnait comme une insulte à chaque, comme une glaire que l’on envoie à la face de l’autre pour l’humilier. Comment un simple mot pouvait-il contenir autant de haine, autant de peur, autant de dédain… Le sang-pur le lui avait lancé pour le blesser, pour atteindre un point sensible, lui faire mal. Dans un ultime geste d’insolence, il lui cracha à ses pieds, comme si le poids des mots, comme si le ton ne suffisaient pas à entendre ce qu’il pensait de lui, et des siens.

Mais le Russe l’entendait suffisamment, il ne connaissait tout cela que bien trop, jusque dans sa chair, dans le moindre de ses souvenirs, presque. Et il rit. Oh, pas un rire aux éclats, bien sûr. Le contexte ne s’y prêtait guère. Mais il rit tout de même, conforté dans sa position, conforté dans la justesse de ses actes, dans la justesse de sa position. Le sorcier qui lui faisait face n’était que trop misérable, aveuglé par sa haine, enfermé dans les murs de son univers étriqué.

« Démasqué, t’es intelligent pour quelqu’un de ton espèce dis-donc ! »

La baguette pointée vers lui, il continuait à le narguer, ricanant. Peu lui importait qu’il lui ait cherché querelle le premier. Cette fois, il défendait les siens, contre un sorcier, contre un de ces aristocrates au sang-pur, un de ces admirateurs des races et des mages noirs. Allez, raclure, allez, crache ta haine, crache ton dégoût ! Je continuerai d’exister, il y en aura toujours des nôtres pour effrayer vos familles, pour vous empêcher de dormir à chaque fois que l’un de vos marmots tardera à montrer ses pouvoirs. Ils étaient une anomalie dans ce monde bien rangé, une épine plantée au plus profond des consciences des sorciers, comme un écueil à leur supériorité, à leur pouvoir. Might is power, sauf quand la chair de votre chair vous trahit, n’est-ce pas ?

Le sortilège était prévisible.

Vassili fut propulsé en arrière, projeté par une force invisible au fond de la ruelle. Un amas de sacs poubelle amortit sa chute, l’empêchant de heurter trop brutalement le mur. Il était presque déçu. Etait-ce là tout ? Oh, certes, le choc n’était pas ce qu’il y avait de plus agréable. Pas de quoi avoir le souffle coupé, peut-être, mais cela n’en restait pas moins brutal. Il ressentit la douleur de l’impact, le corps qui vibre, meurtri, pendant qu’elles instants. Mais cela, il y était habitué. Ce n’était rien d’autre qu’un coup de plus, qu’une peine de plus, et puis quoi ? Il avait connu pire. Les gopniki de Saint Pétersbourg étaient plus violents que cet élégant freluquet. Et eux n’avaient pas de baguette, ne maîtrisaient aucun sortilège – seulement la loi de la rue.

Mais le sorcier avançait sur lui. La baguette toujours pointée en sa direction.

« Pauvre merde, t’es bien pire qu’un moldu en effet… Et en plus t’oses t’en prendre aux sorciers ? »

Le cracmol sentit la pointe de la baguette se poser sur son torse. Le sang-pur souriait largement, sûr de lui, sûr de sa puissance, de sa domination. Et Vassili souriait en retour. Narquois, insolant. Sûr de son bon droit, sûr, aussi, de la haine qu’il portait à celui qui le menaçait de la sorte. Curieux reflet de ces sourires, tous deux animés par un même mépris, qu’ils se renvoyaient mutuellement, tous deux chargés d’une implacable hostilité. Ils se ressemblaient bien trop, peut-être, pour le remarquer.

Face au sorcier qui se dressait face à lui, Vassili restait avachi au milieu des noirs sacs poubelle, les bras écartés, trônant comme sur un trône – mais un trône d’immondices – avec le même air de défi. L’autre l’avaient envoyé valser, et il s’en moquait, éperdument. Que donc pourrait-il tentait d’autre ? La rue n’était pas passante, mais plus loin, on sentait monter le brouhaha des artères de la ville, qui pulsaient, régulièrement, ignorantes de ce qui se déroulait dans ce fin capillaire.

« Je vais t’apprendre où est ta place, au cas où tu aies oublié. »

Vassili sourit, s’apprêta à ouvrir la bouche, à répliquer. Il voulait se moquer de l’autre, le défier encore, le pousser toujours plus loin, dans ses retranchements. Il savait que son existence même était une insulte pour ces raclures. Qu’il ose s’en montrer fier, qu’il ose se dresser face à un des leurs, le frapper, le rabaisser, voilà qui devait avoir un goût amer, voilà qui devait l’humilier, blesser son amour-propre. Oubliée, la victime qui chialait dans la bibliothèque. Il faisait face à un de ces aristocrates de la magie, un de ces sangs-purs corsetés de haine et de tradition. Et il voulait aller l’envoyer balader, lui et son corset d’idioties, il voulait l’enrager encore et encore, triomphant malgré les coups.

Il voulait, il voulait, mais il ne put rien dire. En face, le sorcier ne lui en laissa pas le temps. Il se contenta de prononcer le sort, fatal.

« Endoloris. »

Une décharge fulgurante traversa l’esprit du cracmol. Comme un cri d’alerte. Un hurlement, plutôt. Une alarme générale. On lui lançait un sortilège impardonnable. On lui lançait le sortilège doloris. Son corps tout entier se tendit pour se préparer à le recevoir, par pur réflexe, une pure réaction bestiale face au danger. Alerte. Alerte. Tu vas souffrir. Tu vas terriblement souffrir. Un danger, un danger presque de mort, protège-toi, défends-toi, sauve ta peau, sauve ta charogne. Fuis. Attaque. Dérobe-toi, casse-toi, bondis, saute, sauve cette foutue carcasse. La décharge traversa son esprit, mais il était trop tard pour réagir. Trop tard. Il n’eut même pas conscience de tout ça. C’était bien trop rapide, bien trop bref.

Et tout éclata.

La rue et le ciel. Le mur et la rumeur. Le corps et l’esprit.

Tout, tout se brisait, en une multitude d’infimes morceaux, d’infimes éclats. La rue, le mur, le ciel, l’esprit, le corps et la rumeur ; il ne restait que ces minuscules morceaux de réalité, éparpillés en une constellation désordonnée.

Mais le moindre de ces morceaux, la moindre de ces pièces, était tordu, brûlé, percé, écorché, brisé, fendu, déchiré, griffé, broyé, tranché. Une souffrance infinie, démultiplié, répétée jusque dans chaque atome de son être, au cœur même de la matière, toujours plus violent, toujours plus fort, toujours plus insidieux. Il n’y avait plus de raison, plus de conscience, plus de pensée : seule la Douleur. Elle régnait, incommensurable, il n’y avait d’autre réalité qu’Elle, tyran omnipotent. Plus de vue, plus d’ouïe, plus d’odorat, plus de goût, plus de toucher. Il voyait la douleur, il entendait la douleur, il sentait, goûtait, palpait la douleur, et rien d’autre, rien d’autre qu’un néant infini de souffrance.

Peut-être se tordait-il. Peut-être hurlait-il. Il ne le savait pas. Il n’en savait rien. Comment aurait-il pu ? Le moindre de ses sens se rebellait, désertait, tentait de fuir, sans pouvoir échapper à cette étreinte de folie. Plus de temps, plus d’espace.

Plus rien.

La douleur.

C’était tout.



Il rampait. Il rampait à ses pieds. Brisé. Fou, encore, fou de cette douleur passée qui le hantait toujours. Tremblant. Ses muscles encore saisis de spasme.

Il voyait flou.

Il paniquait.

Des ténèbres de cette peur panique, des répliques de la souffrance endurée l’encerclait, l’étreignaient, sans qu’il ne puisse avoir la moindre notion d’où il se trouvait, de pourquoi il rampait au sol, là, parmi les sacs poubelle éventrés.

Il était perdu.

Il était perdu mais restait encore un éclat blanc, brillant, aveuglant, un éclat de mort, un éclat de joie et d’espoir terrible. Il ne voyait plus que cela. La lumière à la sortie du tunnel, une issue de secours à travers les ronces mortifères de la souffrance. L’éclat blanc de l’acier. L’éclat d’une lame, tranchante, affutée, étincelante et terrible. Un couteau, un poignard, peu importe. Une lame. Par réflexe, son poing se referma dans le vide, comme s’il voulait s’en saisir. Il n’y avait rien, là, au sol, rien d’autre que les détritus renversés. Mais son esprit s’était fixé dessus. L’éclat de l’acier. Il voulait le prendre. Le prendre dans ses mains. Lever le bras, et puis frapper.

Tuer.

Il gémit, dans un râle inintelligible.

Il n’arrivait plus à parler. Sa mâchoire s’entrechoquait, sa langue se dérobait. Avec un pénible effort, il releva la tête, sans rien voir autour de lui, marmonna péniblement :

« Ya tebia… »

Blyat’, il n’y arrivait pas, il n’y arrivait plus. Il enrageait contre lui-même. Il fit un nouvel effort, se contraint à balbutier :

« Ya tebia budu… »

Et, finalement, il réarticula sa pensée en anglais cette fois, gémit :

« Je te tuerai. »

Une lame de couteau, étincelante, vibrante, affutée. Une lame qui déchire l’air, pour goûter à la chair. Et les flots bouillonnants du sang noir, qui viennent à sa rencontre, lui réchauffent le poing, poisseux. Une lame, rien qu’une lame…

« Je te tuerai. Toi et tous ceux de ta race. Je le jure. Je te tuerai. »

Peut-être hurlait-il. Peut-être n'était-ce qu'un gémissement inintelligible. Peu lui importait. Il avait goûté la plus terrible souffrance que l'on pouvait goûter sur cette terre. Désormais, il voulait goûter la mort.
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