Wolf sister, where have you been ?

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Sujet: Wolf sister, where have you been ? | Lun 30 Avr - 6:18
C’est le cœur noué et l’estomac serré qu’Ella poussa la porte du Holiday’s Coffee. Ou l’inverse. Immédiatement, l’odeur âcre du café fraîchement moulu assaillit ses narines. Son appétit matinal s’aiguisa ; elle saliva un moment, là, debout près de l’entrée. Les tableaux étaient remplis de choix calligraphiés à la perfection, d’une écriture un peu rétro. Y avait une ambiance dans cet endroit, un truc qui éveilla tous ses souvenirs d’Australie. Malgré le rude mois de décembre, une bouffée de chaleur inexistante envahit son corps, reflux mémoriel d’une période bien lointaine maintenant. Putain, c’qu’elle aimerait y être. En fait, elle aimerait être n’importe où plutôt qu’ici. Revenant au présent, la blonde alla s’installer à une table vide ; d’ailleurs, l’endroit était lui-même quasiment vide. Il était tôt, on était en pleine semaine, ceci expliquait cela. Vous l’aurez compris, tout ce baratin futile avait pour unique but de détourner le sentiment qui tentait de l’envahir depuis son réveil ; la nervosité.

Et c’était plus fort qu’elle ; son pied gauche balançait un rythme inconnu dans le vide. Tout son corps hurlait l’appréhension. Après quelques secondes passées sur la chaise dos à la porte, elle se releva pour prendre la place d’en face. C’était mieux de la voir arriver. Plutôt que d’attendre l’angoisse de la pression d’une main sur son épaule ; ou même d’attendre de l’avoir dans son champ de vision. Savoir était plus supportable que l’ignorance. Même si tout était insupportable, à l’instant. Le silence figé de ce café vide, le passage des travailleurs dans la rue, l’aiguille des secondes qui courait sur l’horloge tandis que celle des minutes s’ébranlait à peine. Inconsciemment, elle serrait les mâchoires, ce qui lui donnait une tête franchement cheloue. Et comme prévu, l’arrivée de Siobhan lui retourna tripes et boyaux ; plus rien n’était à sa place, tout était mélangé. Un peu comme la situation de ces dernières années.

« - Salut, prononça-t-elle d’une petite voix, n’osant pas encore la regarder dans les yeux. Non, ce serait trop concret, trop réel comme contact. Tu veux boire un truc ? J’t’ai attendue, t’as vu comme je suis bien élevée. »

Petit rire gêné, masque du malaise. Bien vu, gagner du temps, tourner autour du pot ; précisément tout c’qu’elle avait prévu de ne pas faire. Bien joué, Kvelgen. Elle espérait très fort que sa maladresse serait attribuée à son incapacité à rentrer tout de suite dans le vif du sujet. Pas pour se désintéresser. Pas pour la tenir à distance. Trois ans qu’elles s’étaient pas vues, et à peine quelques mots échangés. La distance, elle avait déjà assez rongé leur relation comme ça. Et c’était pour ça qu’elles étaient là aujourd’hui, malgré leurs doutes, leurs questions, leurs rancunes même ; elles se rencontraient pour se redécouvrir en tant que femmes, sœurs et, soyons fous, amies.


 
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Sujet: Re: Wolf sister, where have you been ? | Jeu 3 Mai - 12:26


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A
utant son habillement que son teint jugés imparfaits avaient été une excuse pour retarder l'inévitable, pour passer un peu plus de temps dans son refuge sécurisant et moins dans ce monde extérieur où l'attendait la deuxième des Kvelgen, quand bien même cela signifiait faire face à ce regard dénué de toute clémence, de toute indulgence ; son regard, renvoyé par le miroir avec la force de cent soleils. Pourquoi s'infligeait-elle ça ? La gorgée nouée, les pensées en bordel baignant, en apesanteur, dans un nuage de fumée opaque, la blonde ne savait plus exactement ce qu'elle souhaitait dire à sa soeur. Tout ce qu'elle savait, tout ce qu'elle ressentait, c'était un masse informe pesant sur ses épaules aux noms de culpabilité et angoisses, avec pour visages ses actes et son incapacité manifeste - le croyait-elle - à changer les choses. Elle flippait alors que quelques jours plus tôt, à la réception de la lettre, elle était encore pleine d'espoirs. Oui mais seulement, entre temps, elle avait réalisé que tout ne se passait pas toujours comme on le voulait et que ses excuses pouvaient être un peu vide de sens après toutes ces années.

Elle était la seule coupable, et il ne lui appartenait pas de décider si les choses allaient s'arranger ou non, même si l'attitude de sa soeur donnait à son coeur un peu d'espoir.

L'angoisse maîtrisée, c'est dans les temps que Siobhan était sortie du manoir et avait marché jusqu'au café, focalisée sur son objectif. Quelque part, entre la peur et les sentiments nocifs, elle était heureuse de revoir sa blonde après autant de temps. Tant de questions défilaient dans son esprit. Comment est-elle ? A-t-elle changé ? Est-ce qu'elle devrait lui faire la bise ou la prendre dans ses bras, ou alors simplement la saluer et s'asseoir ? Qui des deux devrait lancer la conversation ?

La scandinave arriva enfin sur les lieux du rendez-vous et fixa la porte un instant, mais un instant seulement, poussée par une force qu'elle n'aurait su décrire autrement qu'en utilisant les mots inconscience et manque de jugeote, car elle allait au devant d'une discussion qu'elle avait envie de fuir, autant qu'elle avait envie d'avoir pour briser la glace qui s'était formée entre les deux, mais qui allait être éprouvante. Elle poussa donc la porte, la main fébrile, et pénétra dans le café avec un aplomb de façade, devenue professionnelle dans l'art de se faire passer pour ce qu'elle n'est pas réellement. Ses yeux cherchèrent une tête blonde et ils la trouvèrent rapidement, croisant son regard. Et, une fois encore, elle fut poussée à continuer d'avancer par une force invisible. Elle avait toujours été forte aux yeux de la benjamine, ce n'est pas aujourd'hui que ça allait changer... Ou peut-être pas immédiatement. Ignorant tout bonnement et simplement les autres individus, sans pour autant chasser de son esprit leur présence gênante quand bien même leur nombre était réduit, elle vint prendre place en face d'Ella avec un doux sourire accroché à ses lèvres, certainement un peu forcé.

« Salut. Je vais prendre un café noir avec deux sucres. souffla-t-elle en élargissant son sourire dès lors un peu plus sincère, plus naturel, se complaisant dans les banalités qu'elles échangeaient. Et c'est moi qui paye, puisque tu as eu la gentillesse de m'attendre ! » des banalités qui la rassuraient et la tenaient loin de ce qu'elle redoutait, même si elle mourrait d'envie de lui tomber dans les bras et de relâcher tout ce qu'elle avait sur le coeur. Car c'est comme ça qu'elle fonctionnait, la Siobhan. Aux émotions.
 
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Sujet: Re: Wolf sister, where have you been ? | Jeu 10 Mai - 16:29
Rien que le son de sa voix l’avait fait trembler jusqu’aux tréfonds de son âme. Puisque ça remuait les affaires du passé, pas si poussiéreuses que ça, même si le temps avait terni les souvenirs. Le truc un peu triste avec les souvenirs de disputes, c’est qu’ils baignent dans une cuve pleine de négativité. Les remords, les non-dits, la méchanceté gratuite, les regrets. Jusqu’à créer un parfait distillat d’amertume ; l’absinthe du rancunier, en quelque sorte. Et par Thor, on le savait qu’Ella avait dégusté avec délice ce précieux liquide. Pendant trois longues années, elle s'était soûlée de colère contre sa famille. Persuadée d’avoir raison, de les laisser moisir dans leurs torts. Et le résultat ? Du temps perdu, des sourires gâchés, des liens rompus. Là, elle subissait la monstrueuse gueule de bois de son alcoolisme imagé.

La cadette se sentait mal à l’aise de laisser payer son aînée. Son premier réflexe allait vers la protestation, mais elle se ravisa. Elle savait, quelque part, que c’était une façon pour sa sœur de faire un pas vers elle. Elle pouvait pas refuser son geste, ce serait comme refuser l’interaction. Avec un tout petit demi-sourire, elle la remercia. « - C’gentil Sio, merci. Moi je prendrais un café au lait, avec du sucre aussi, please. » demanda-t-elle. La tenancière du Holiday’s Coffee enregistra mentalement leurs commandes et alla s’affairer derrière le comptoir impeccable. Quoique, un petit coup de ponceuse rajeunirait le bois. Bref, focus.

Quelques secondes s’écoulèrent sans qu’un seul mot ne soit échangé. Fallait dire, c’était putain de compliqué. Qu’est-ce-qu’elle était censé lui dire ? Qu’elle s’était trompée ? Oh non, fallait pas déconner. La blonde conservait farouchement sa part de fierté ; les regrets étaient pas dignes d’elle, ni de son tempérament. Du moins, pas ouvertement. On était là pour avancer, pas pour s’accorder à reculer. Du coup y avait qu’une question qui lui venait à l’esprit. Simple, basique ; pourtant, fallait bien qu’elle sorte à un moment donné. Elle pouvait pas simplement lui balancer tout ce qu’elle avait loupé à la tronche. Sio méritait mieux ; elle avait le droit au répit et à la préparation. Ella lui devait au moins ça.

« - Comment tu vas ? » lâcha-t-elle, en osant enfin attraper son regard bleuté.

Et là, elle priait tous les dieux nordiques et même les autres tiens ; pourvu que sa sœur ait la bonté d’être bavarde. Pas juste un banal « ça va ». Ce genre de réponse pourrait définitivement faire chavirer son coeur, qui était à une artère d’un gouffre sans fond. Visiblement tendue, la Norvégienne profita de la distraction du service des boissons fumantes. Elle souffla et ferma ses yeux une fraction de seconde, comme quand on s’apprête à subir un choc. On anticipe la douleur physique qui va se répandre en écho dans les muscles et dans les os. Mais on sous-estime l’impact psychologique ; et c’était bien ça qu’elle redoutait le plus.


 
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Sujet: Re: Wolf sister, where have you been ? | Mar 29 Mai - 16:06


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L
a druidesse offrit un regard pleins de gratitude ainsi qu'un délicat sourire un peu gêné à la tenancière pour la remercier, puis ses yeux s'en détachèrent lorsque elle s'en alla chercher leurs cafés et vinrent tantôt scruter le décor du lieu, tantôt les clients qui avaient pour elle figure de fantômes, de rêves imprécis. Des visages indistincts, flous, brouillés par ses priorités ; se concentrer sur sa soeur et garder le contrôle d'elle-même d'une main de fer. Elle cherchait un point d'ancrage pour avoir en quelque sorte une safe zone, pour éviter le regard de soeur, mais au final c'est tout l'inverse qui se produit et elle ramena son regard sur les paupières de la seconde des Kvelgen pour ne plus s'en détacher. Elle dégageait une froide assurance et un calme courtois, tout ce dont elle ne ressentait pas.

Tandis que le silence s'était imposé et que les secondes s'écoulaient lentement, trop lentement, les questions se bousculaient dans son esprit noir de pensées s'entrechoquant et d'ordres destinés à garder le contrôle, à maintenir son masque ; est-ce que tu me hais ? pourquoi es-tu revenue ? tout va bien ? est-ce que tu m'as pardonnée ? Tant d'interrogations que Siobhan, dans son infinie sagesse - ou dans sa chance légendaire - n'avait pas prononcées. Elle mourrait pourtant de savoir, d'être fixée, alors que quelques minutes plus tôt à peine elle avait eu envie de fuir ; elle s'était jeté dans le bain et y était maintenant entièrement, alors autant avancer et se confronter à l'inévitable... mais encore fallait-il y mettre les formes. Alors, après quelques secondes, elle prit les devant avec la plus simple des questions.

La plus importante. « Comment tu vas ? »« Comment tu vas ? »

Le regard de sa soeur se relevant vers le sien avait fait vaciller son esprit et sa bouche était restée entrouverte tandis qu'elles avaient brisé le silence à l'unisson. L'espace d'un instant Siobhan avait voulu détourner le regard de sa cadette, affreusement gênée, mais elle n'avait pas cillé un seul instant, gouvernée par la force de sa volonté qu'elle avait entraînée et encore entraînée au fil des années ; pourquoi était-elle si dure, ici et maintenant ? Elle-même ne le savait pas en fait, mais il était bien plus sécurisant de faire croire que l'on a le contrôle plutôt que d'assumer que l'on est faillible, surtout lorsque l'on sait avoir été en tort ; surtout lorsque l'on est un agneau face à une louve. Surtout lorsque on se sent coupable et que l'on reconnait que l'autre est dans son bon droit de nous descendre plus bas que terre, quand bien même l'envie n'est pas à ça. Elle lâcha finalement un léger rire contrôlé, trop contrôlé, puis, voyant après quelques secondes qu'Ella restait silencieuse, répondit en premier à la question, se parant d'un calme absolument factice.

« Eh bien... Je vais très bien. » la vargynjur laissa planer un silence quelques secondes, le regard toujours fixe, et elle prit une longue et calme inspiration. Il était évident qu'elle contrôlait la situation et sa pensée quand bien même il paraissait étrange de s'arrêter à ce moment là ; comment pouvait-il en être autrement derrière ces iris aigue-marine et ce visage taillé dans la plus pure des opales ? Ce visage qui avait le don d'être naturellement dur, naturellement fort, et qui savait, si maîtrisé, dissimuler la moindre des faiblesse de cette âme à la sensibilité bien connue de ses proches ; qui savait mentir avec autant d'ardeur que ce que son coeur était sincère et sans filtre. Il avait au fil des années bien fallut apprendre à le contrôler, ce coeur, et au fil des années cela s'était traduit par un masque qui reflétait uniquement ses forces et cachait ses faiblesses ; un masque de valkyrie, de guerrière implacable, l'une des aînées de deux familles nobles et puissantes et future matriarche de surcroît. Elle avait la gueule de l'emploi pour sûr, mais la vérité, pour elle, ne se résumait pas qu'à ça. La vérité, c'est que derrière la façade, elle n'était qu'une femme rongée par le doute et les remords trop grand pour son âme bienveillante.

C'était drôle lorsque on y pensait. Le fait d'agir comme une reine de marbre et de glace lorsque elle avait pour seule envie que de laisser libre court à son coeur et assumer ses faiblesses, mais surtout, surtout, le fait d'agir comme ce qu'elle avait toujours voulu imposer à Ella sans prendre en considération qu'elle pouvait aspirer à autre chose. Se présenter à elle comme ce qu'elle devait sûrement détester.

Il lui avait fallut du temps avant de comprendre qu'elle avait eu tort et que sa soeur avait été bien plus courageuse que elle ne l'avait jamais été en quittant sa famille, en faisant ce que lui dictait son coeur. Car si la druidesse avait, elle aussi, toujours suivi son coeur, elle n'avait jamais dérogé à ses obligations aristocratiques, mieux même, elle avait toujours été fière de pouvoir correspondre à ce monde tout en ayant un coeur et des aspirations autres, à cheval entre deux univers, adaptées aux deux mais pourtant, elle le pensait, si libre et tellement mieux que tout ces aristocrates aux valeurs surannées auxquelles ils s'accrochaient sans être capable d'évoluer. Pas comme elle. Non, elle elle valait mieux que ça, elle incarnait l'espoir pour les générations future, le progressisme comme le conservatisme. Et au fond c'est ça qu'elle aurait dû transmettre à sa soeur plutôt que de la mettre de force dans un moule qui ne lui convenait pas.

Si hier elle s'était laissée aveuglée par ses propres valeurs, aujourd'hui elle comprenait le choix de sa blonde, et elle l'enviait pour la force qu'elle avait eu. Il faut du courage pour affronter ses ennemis, mais il en faut encore plus pour affronter sa famille. Elle, elle n'en aurait pas été capable.

« Ça me fait plaisir de te voir, et ça me fait du bien. » la tenancière revint et déposa leurs boisson sur la table, s'attirant de fait un regard de la louve qui se voulait pleins de gratitude mais qui, aussi, laissait comme comprendre qu'elle était gênée de sa présence, aussi courte soit-elle, et que celle-ci était de trop. Elle s'était tue, ne reprenant qu'au départ de la femme et venant retrouver le regard de sa soeur avec une aisance si parfaite qu'elle-même pouvait croire en sa véracité. Plus le temps passait plus Siobhan se détendait, et le silence d'Ella l'y aidait fortement. Sans doute les chose allaient-elle être autrement lorsque elle ouvrirait la bouche et que la conversation irait sur ce pourquoi elles étaient là aujourd'hui. « Et tout se passe bien. Hier j'ai aidé à accoucher un Abraxan, c'était magnifique. Enfin... Assez sale, mais mettre au monde pareil animal c'est beau. elle rit très légèrement ; comme si c'était franchement le moment de parler de ça. J'ai un emploi du temps bien remplis et je fais ce que j'aime, alors tout est parfait. Et sinon tout va bien. Et toi, comment tu vas ? T'as trouvé un logement ? Le froid t'a manqué ? »

Trop de questions. Siobhan se tut finalement, restant encore et toujours dans le contrôle pour masquer la gêne qu'elle avait créée. Tout ce qu'elle voulait à ce moment était se cacher sous la table. Par Freyja, qu'est-ce qu'elle devait avoir l'air à moitié stupide, pour ne pas dire bizarre.
 
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Sujet: Re: Wolf sister, where have you been ? | Mar 5 Juin - 15:02
INTRIGUE
LIGHT

Si l’une des Kvelgen se décide à regarder par la fenêtre, elle pourra voir la peinture rouge vif, assez récente, qui orne désormais l’uns des immeubles d’Atlantis – une salamandre, reconnaissable au feu qui semble jaillir de sa queue, a été taguée sur la façade d’une épicerie. Les mots « LIGHTING THE WAY » sont inscrits juste au-dessus d’elle.

Sinon, le tag demeurera ignoré un peu plus longtemps.

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Sujet: Re: Wolf sister, where have you been ? | Mar 12 Juin - 13:27
D’un effort surhumain, elle laissa tout l’espace à Siobhan pour parler la première. C’était qu’elle en avait des choses à raconter. Un petit pincement d’agacement piqua son calme affiché ; Ella était pas vraiment du genre à s’effacer pour laisser sa place. Surtout pas dans un moment comme celui-là, où faudrait que ça sorte, tôt ou tard. Mais bon, c’était vraiment si pressé que ça ? Me prend pas pour une conne, Kvelgen. Tu détestes déjà ce moment d’avance, de tout ton être. Une impulsion imaginaire pulsa dans son esprit, ses muscles, jusqu’au plus profond de son âme ; elle voulait se lever. Se lever, se tirer sans se retourner. Si seulement la vie était aussi simple, hein ? Et pourtant, elle n’avait pu s’empêcher de se le dire. A demi-mots, entre vous et moi ; clopiner avec sa canne jusqu’à la porte, c’était encore le meilleur moyen de mettre à jour son état auprès de sa sœur.

Elle allait donc très bien. Un imperceptible haussements de sourcils tira ses paupières, alors qu’elles se faisaient servir par la gérante. Deux secondes, deux toutes petites, précieuses secondes où l’insupportable et inévitable course du temps était suspendue, enveloppée dans l’odeur âcre d’un café noir. Ses mains vinrent accueillir la tasse avec soulagement. Comme si cet objet ordinaire, frappé d’un sceau de fabrication moldue, était un bouclier du plus résistant des métaux. Elle fortifiait ses défenses et maintenait ses appuis. Ouais, c’était la guerre ; une guerre interne, qui aurait filé des ulcères à n’importe qui. D’ailleurs, elle avait des remontées acides rien que de penser à prendre une décision. Dégueulasse.

Et dire qu’elle était venue délestée de sa rancoeur. Quelle conne. Comme si c’était si facile, d’expliquer, de résumer en quelques phrases toutes faites tout ce qu’il s’était passé. Siobhan ne se doutait de rien ; pourtant, sa canne était allongée sur le côté de leur table. L’avait-elle remarquée ? Probablement pas. Ou bien elle faisait comme si de rien n’était et voilait son regard au moindre doute d’une réalité autrement plus désagréable que ce qu’elle pouvait souhaiter à sa sœur. Après tout, jamais les Kvelgen ne s’étaient sciemment blessées ; bien la preuve de la force de leur lien. Mais la sorcière n’arrivait pas à le sortir calmement, ni ne l’envisageait. Non, ça devait sortir violemment, ça devait claquer, ça devait faire mal. Et cette réaction était le témoin parfait de sa frustration et sa colère pas encore digérées. Le silence avait assez duré. Fallait le rompre vite, comme un pansement trop longtemps collé à la peau. Ça faisait mal sur le coup, mais ça soulagerait.

« - Non… murmura-t-elle, en reposant un peu trop brusquement sa tasse. Non, ça va pas. Ses yeux s’embuèrent tandis qu’elle sentait une vague de chaleur monter à ses joues. J-J’ai plus de jambe droite putain, Sio. Boom, la bombe venait d’exploser à la face de son aînée. Tu crois que j’t’écrivais plus par plaisir ?! Tu crois que c’est FACILE ?! »

Le volume avait augmenté d’un coup, attirant les regards perplexes du peu de gens présents dans le café. Et l'utilisation du norvégien sur la dernière phrase devait pas aider. Elle ferma fort les yeux, libérant deux perles salées qui tracèrent un sillon mouillé sur ses joues rougies par l’émotion. Ses traits étaient déformées par la rage qui la secouait, ses yeux virevoltaient sur des points randoms, sans oser rattraper le regard de Siobhan. Son cœur débordait par ses mots, à ne plus savoir comment drainer tout ce bordel qui s’agitait en elle. Vous voyez une casserole d’eau qu’on aurait laissé bouillir trop longtemps ? Et bah pareil. Incapable d’exprimer son accident autrement, elle faisait des reproches qui s’adressaient à la mauvaise personne. En réalité, c’était à elle-même, qu’elle devrait s’adresser.


« - J’regrette... » Elle saurait pas dire si elle l’avait simplement pensé trop fort, ou si ça s’était échappé de sa bouche trop doucement. Ses doigts vinrent serrer ses yeux détrempés de douleur, alors qu’une inspiration haletante de sanglots retenus brisait, une fois de plus, la tranquillité du Holiday’s Coffee.


 
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Sujet: Re: Wolf sister, where have you been ? | Dim 1 Juil - 8:40


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L
e peu de confort qu'elle avait su trouver avait vacillé en une fraction de secondes, et son coeur, lui, avait cessé de battre pour ce qui lui avait semblé une éternité. Mais c'est bien l'incrédulité qui dominait sa psyché plus que l'inconfort ; le doute, l'incompréhension, la peur de ne pas saisir quand tout était pourtant clair. Il y eu un moment de latence, d'abord, puis un semblant de compréhension de la réalité, et puis une bouffée de chaleur étouffante qui précédait un déchirement soudain ; un déchirement aqueux, salé, traçant des sillons luisant sur les joues de sa cadette quand chez elle, tout restait sec. Tout restait sans saveur. Le choc sans doute. Le déni, peut-être. La volonté que tout ceci ne soit qu'une vaste blague et qui faisait de son visage une peinture aux émotions indistinctes et pourtant si limpides ; l'information arrivait à son cerveau, mais la réaction ne parvenait pas à se manifester. Pas tout de suite.

Elle avait voulu se pencher, voir en dessous de la table pour se confronter à la réalité dépeinte par sa soeur, avouée mais qu'à moitié crue. Comment cela se pouvait-il ? Ces choses là n'arrivent qu'aux autres. Aux autres et pas aux gens que l'on aime ; impossible.

Mais elle était restée droite, ou du moins aussi droite que l'on peut l'être après une telle révélation, la bouche entrouverte, les mots jugulés dans sa gorge serrée. Que dire de toute manière ? Dans son esprit alternaient un vide béant et des mots qui se bousculaient, des questions principalement, mais aussi des phrases sans queue ni tête. « J’regrette... » Qu'est-ce que tu regrettes ?

L'incompréhension de la situation avait laissé planer un silence gênant, inconfortable. Siobhan passa une main sur son visage comme pour revenir à la réalité. Une autre bouffée de chaleur, provoquée par les images qui lui venaient en tête ; par un semblant d'acceptation de ce qui pouvait être, mais aussi par la dissipation de l'effet de choc qui avait crée une barrière psychique destinée à la protéger. « Ce que tu me dis là... Je... » avait-elle soufflé dans leur langue maternelle, la voix portant les stigmates d'un combat pour ne pas craquer qu'elle était en train de perdre au fur et à mesure que la réalité prenait le pas sur son déni ; au fur et à mesure qu'elle luttait pour ne pas regarder sous la table. « J'ai du mal à y croire Ella, ça peut pas être vrai. Comment ça peut être vrai ? Pourquoi ? Comment ? J'veux dire... »

Et un sanglot. La barrière cédait, et finalement la seiðkona se recula sur son siège pour jeter un coup d’œil sous la table, croisant du regard ce qui se tenait maintenant à la place de la jambe droite de sa soeur. Un nouveau choc. La réalité crue. L'imposition avec violence d'une chose irréparable, définitive. Siobhan releva les yeux elle mais ne bougea pas de sa position, presque affalée dans son siège, toute la fierté de son allure de valkyrie disparue avec les minces espoirs candides que tout ceci ne soit qu'une farce. Sa grandeur, sa force naturelle n'était plus. Et pour la première fois depuis longtemps, Ella avait devant elle une Siobhan désemparée qui ne savait quoi dire, qui ne semblait plus avoir la situation en main et même pire, qui dépendait entièrement des réponses de sa soeur, accrochée à ses lèvres avec désespoir.

« Parle moi Ella... S'il te plait... » Et ses yeux étaient partis à la recherche des siens, comme s'il s'agissait de la seule source de stabilité qu'elle pouvait trouver. Et sa main était venue attraper la sienne, comme si c'était le seul moyen pour elle de retenir sa cadette, comme si c'était la seule façon d'attirer son attention.

Elle avait besoin d'explications, d'écouter Ella, de montrer qu'elle était enfin là pour elle. De comprendre, d'accepter et de commencer à faire son deuil. Ce n'était peut-être pas sa jambe, mais elle aimait sa soeur à tel point que la sensation était similaire à celle d'avoir perdue la sienne. C'est comme une partie d'elle qui s'était envolée et qui avait été remplacée par une prothèse froide et sans saveur. Un vide qui, commençait-elle à se dire, était sûrement de sa faute, car Ella ne se serait jamais blessée si elle ne l'avait pas faite fuir.
 
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Sujet: Re: Wolf sister, where have you been ? | Sam 14 Juil - 10:30
Bon, voilà, on y était arrivé. Au bout de quelques minutes ou mois, ça dépend comment vous comptez, c’était sorti. Et même si ça paraissait pas, le cœur de la cadette Kvelgen était au soulagement. Ouais, c’était pas évident vu sa respiration saccadée et ces larmes qui jaillissaient continuellement de ses yeux boursouflés. C’était le temps de libérer tout, tout ce flot de regrets, de frustration et de non-dits. Il valait mieux qu’il coule transparent sur ses joues plutôt que rouge sur l’asphalte ; elle était pas revenue pour ça. L’affrontement face à face, dans les yeux de cette crainte aveugle, qui lui avait bouffé tant de nuits tranquilles en plus de sa jambe droite. C’était fait.

Mais la parole se bloquait net dans sa gorge ; l’émotion faisait barrage. Pourtant Siobhan était là, elle n’avait pas bougé, et elle attendait qu’une chose ; que sa sœur lui parle. Qu’elle lui explique pourquoi, comment, où ? Ella savait même pas si elle en était capable, là, tout de suite. Rien que d’y penser, ça lui sciait les cordes vocales. Si elles avaient eu un lien télépathique trop stylé et magiquement cliché, ç’aurait été bien plus simple. Sans déconner, comme dans les films où les gens sont tellement proches qu’ils comprennent tout sans rien se dire. Ah oui, la magie du cinéma n’est-ce pas. On se réveille ma grande, c’est la vraie vie, en couleur et HD. Elle bascula en arrière en soupirant longuement, le regard vers le plafond. Sa voix encore étranglée, elle essayait :

« - T’sais, je t’avais dit qu’on m’avait prise chez les Foudroyeurs… Comme batteuse. Reniflement. C’était pendant un match cet été, contre les Guerriers. On voulait les massacrer. Petit rire nerveux ; ironie du sort, comme on dit. Finalement, c’ma jambe qui a été… »

Les images de l’hôpital, sur fond blanc aseptisé, lui revinrent en tête. Tous ces tubes, ces fils, ces piqûres. Ces voix sans visages, ces instructions sans buts. Et cette odeur de propre insupportable, factice pour cacher la misère et la décomposition de l’âme et du corps humain dans toutes les petites salles juxtaposées. Quelques membres de son équipe étaient venus, mais ils devaient assurer la saison. Elle avait dit qu’elle comprenait. Mais tous les soirs, la solitude la faisait sombrer dans de longues lamentations. En sourdine, parce que personne devait entendre. Aucun témoin de sa chute, aucun soutien dans sa lutte. La solitude pour seule compagnie. C’était p’t’être ça, qu’elle regrettait.

« - J’ai pas pu… J’ai pas pu vous appeler. Silence. Après tout c’qui s’était passé, j’ai pas osé, j’ai pas pu. Elle balaya une nouvelle larme d’un revers. J’aurais dû hein ? » lâcha-t-elle avec un sourire confus, piteux. Un sourire à l’envers, qui n’en était pas un.

L’ambiance s’était allégée, même si c’était pas non plus la fête du slip. Il faudrait du temps, pour que les deux sœurs digèrent et assimilent tout ça. Trois ans qu’elles s’étaient pas vues, et les retrouvailles seraient marquées de sentiments ambivalents. La blonde passa une mèche derrière son oreille avant de prendre la dernière gorgée de son café au lait. Ça avait le goût du réconfort après l’effort. Encore un peu secouée par la révélation, elle se moucha bruyamment. Ça avait pas été facile à sortir, mais sans doute que c’était pas plus simple à entendre. En tout cas, elle se promit intérieurement d’essayer de répondre du mieux qu’elle pourrait aux questions de son aînée, si elle en avait. Après tout, elle était aussi là pour ça. Mettre des mots sur ce qui avait été tût si longtemps. Et puis bordel, elles allaient pas non plus chialer jusqu’à Samhain prochain !


 
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Wolf sister, where have you been ?
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