We are meant to rise [feat Jonathan]

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Sujet: We are meant to rise [feat Jonathan] | Lun 9 Avr - 1:16
Il faisait froid ce matin-là. Rain attendait sur l'embarcadère sous sa forme féline, ainsi le vent ne venait pas taquiner sa peau. La finlandaise ne fuyait pas seulement le vent, elle fuyait aussi Verdi. Elle n’en pouvait plus. Ça faisait des jours qu'elle taillait dans la partition et qu'elle utilisait ses chutes pour lier la «sauce». Rain avait hérité naturellement de cette charge de travail et elle regrettait de ne pouvoir s’appuyer sur personne puisque ça la coupait des dragons et des autres pensionnaires plus petits, plus calmes de la réserve. Au moins, le léopard nonchalamment installé sur le ponton ne réfléchissait pas en tonalité, en changement de clé, en mesures... Et c'était reposant. Reposant comme le grondement sourd du tonnerre. Au bout d’un moment, une embarcation s’approcha du quai. Elle étira son dos et se leva. Un homme descendit. Jonathan. Elle était heureuse qu'il ait enfin pu trouver un moment pour suivre les conseils de sa thérapeute et venir tenter une thérapie via les animaux. Rain reprit forme humaine.

Bienvenue dans mon royaume! Comment allez vous?

Un large sourire chaleureux illumina le visage de la finlandaise. Son royaume, une île splendide, sculptée par les éléments, une île ancienne et solide. Rain avait apprit à l’aimer, chaque jour un peu plus, à chaque cage détruite, à chaque plaie nettoyée et recousue. Les premiers temps, elle l’avait détestée, à cause de toute la souffrance dont les lieux avaient été le témoin impuissant. Et puis, au fur et à mesure des profondes transformations et des jours passés à travailler, la détestation de Rain s’effacait, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que la fierté du travail accompli, des progrès des rescapés, des survivants de l’élevage. Aujourd'hui, cette île était son foyer. Il n’y avait pas d’autre endroit au monde où elle préfèrerait être. Elle avait prévu une matinée bien remplie, mit les petits plats dans les grands, nettoyé tous les enclos avec l’aide d’Emrys, puisque Charlie était de repos. D’ailleurs, peut-être que l’ancien Auror aurait préféré que ce soit son filleul qui passe cette journée avec lui plutôt qu’une inconnue… Elle se doutait bien qu'il avait fait son enquête sur elle, avant de venir, parce qu'il ne confierait pas sa santé mentale au premier dragonologiste venu, que Léandre avait dû dresser un portrait d’elle assez élogieux pour le convaincre de lui faire confiance et assez sombre pour ne pas la faire passer pour une sainte. Aurait-il poussé le vice jusqu'à interroger Molly et Arthur? Qu'est ce que ça pouvait bien faire de toute façon? Il était là, et c'était le principal. Et en plus, il lui donnait l’excuse parfaite pour glander niveau recherches. Que demande le peuple?

Je vous propose de commencer par une visite aux dragons. Nos bébés grandissent à vue d'oeil.

Bientôt, ils la dépasseront en taille et il sera temps pour eux de sortir de la nurserie et de devenir forts et puissants. Tout ce qu’un dragon devait être. Un jour, peut-être, ils pourraient même avoir l’autorisation de survoler l’île librement. Pour le moment ses dragons se retrouvaient cloués au sol grâce à un sortilège qui inhibait leur instinct d’exploration. Et dans certains cas, malheureusement, ce n’était pas plus mal.

Tout en invitant l’ancien auror à la suivre, Rain, rayonnante, lui faisait une rapide présentation des différentes espèces de dragons qui vivaient sur l’île. Trente dragons, huit espèces, dont plusieurs très rares en Europe. Il y avait encore de la place pour autant de pensionnaires, mais ils n’étaient que deux dragonologistes. Rain guidait Jonathan sur le sentier qui serpentait entre les enclos. Certains dragons dormaient, d’autres regardaient d’un air curieux un mouton rescapé de la veille paître innocemment. D’autres encore se toilettaient à la manière de gros chiens. Seuls les Boutefeu, comme à leur habitude dès qu'un humain inconnu se présentait, ne sortaient pas leurs adorables museaux de leur abri. Une journée calme en perspective, somme toute. Et c'était très bien comme ça.


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Sujet: Re: We are meant to rise [feat Jonathan] | Ven 13 Avr - 6:39

We are meant to rise
John & Rain
Sur le bateau qui voguait patiemment vers l’île de Rùm, je ne pouvais m’empêcher de tapoter distraitement mes doigts sur la balustrade qui me retenait de tomber dans l’eau salée. Qu’est-ce qui m’avait pris d’accepter cette thérapie ? Je n’avais rien contre, en pratique. Lorsque ma psychomage m’avait parlé de cette nouvelle méthode pour aider à soigner mes troubles post-traumatiques, qui consistait à s’occuper de créatures magiques, je n’y avais vu que des côtés positifs, moi qui détestait rester enfermé entre quatre murs, à discuter de mes problèmes et de mon enfance difficile avec une quasi-inconnue. Mais maintenant que j’étais mis devant le fait accompli, et que j’allais dans quelques instants poser le pied sur une île pour rencontrer de véritables dragons, je ne pouvais m’empêcher de me sentir diablement nerveux. En quoi m’occuper de créatures dangereuses et potentiellement létales me mettait sur la voie de la guérison ? J’avais plus de chance de me faire croquer un doigt ou de récolter une brûlure au troisième degré qu’autre chose.

J’avais envisagé au moins trois fois de faire marche arrière, avant d’embarquer sur le navire, mais j’étais maintenant mis au pied du mur. Je ne pouvais plus reculer : j’aurai certes pu essayer de transplaner, mais les côtes étaient maintenant bien loin, et je risquais d’atterrir la tête la première dans les flots, plutôt que dans le confort de mon appartement. Heureusement, Rain Kvelgen, qui gérait la réserve, m’avait prévenu que Charlie ne travaillait pas, aujourd’hui. Ce n’était pas que je n’avais pas envie de le voir, bien au contraire. Cela faisait maintenant plus d’un an que je ne l’avais pas vu, et mon filleul avait toujours été une personne importante dans ma vie, qui me manquait beaucoup, il fallait bien l’avouer. Mais je ne voulais pas qu’il me voie ainsi, pas encore. Je savais bien que tôt ou tard, je devrais affronter mes vieux démons et que j’aille m’excuser en personne de mon silence, de mon absence, une simple lettre n’étant vraiment pas suffisante. Mais dans le cadre de ma thérapie, dans cette île que je ne connaissais pas, entouré de dragons, je n’aurai vraiment pas été à l’aise d’organiser ces retrouvailles (et j’étais de toute façon passé maitre dans l’art d’éviter la moindre situation pouvant potentiellement déclencher une crise, cette situation en étant le parfait exemple).

Je ne connaissais pas Rain, enfin, pas vraiment. Je l’avais croisé quelque fois au Terrier, et bien sûr, j’avais entendu l’histoire entière de sa rencontre, de son histoire d’amour, puis de sa séparation avec Charlie de la bouche de Molly, mais aussi de Kingsley, toujours avide de potins (malgré mon manque flagrant d’intérêt pour les cancans, il trouvait toujours pertinent de me raconter avec moult détails la tragique histoire de la secrétaire du Ministre adjoint aux affaires moldues ou la chose incroyable que lui avait raconté sa voisine sur la double vie cachée d’une star du rock célèbre), mais je partais du principe que je ne pouvais me faire un réel avis sur quelqu’un qu’en le côtoyant. Je connaissais ma réputation. Celle d’un homme sévère, renfermé sur lui-même, aussi aimable qu’une porte de prison : et probablement que ce n’était pas sorti de nulle part, que je n’étais pas la personne la plus chaleureuse qui existait et certainement pas la plus extravertie, mais je savais aussi que mon portrait était plus nuancé. Le noir et blanc n’existait pas, après tout, chacun était composé de nuances de gris.

La sirène du bateau retentit soudainement, me faisant sursauter, plongé comme je l’étais dans mes pensées. Nous étions arrivés, enfin. Il n’y avait que peu de passagers sur le petit navire, et bien vite, je me retrouvais les deux pieds sur le quai, à essayer d’apercevoir le petit bout de jeune femme qui était censé m’accueillir. Je la retrouvai bien vite, et elle m’accueillit chaleureusement, un grand sourire sur le visage. Je me forçais à paraître un minimum enjoué, pour ne pas paraître totalement rustre.

« -Bonjour, Rain. Je vais… relativement bien, et vous-même ?

Demi-vérité, demi-mensonge. Elle savait pourquoi j’étais là, il n’y avait pas besoin de prétendre, mais je n’allais quand même pas sortir l’une de ces énièmes phrases dépressives qui passaient dans mon cerveau malade, j’avais conscience que ça aurait irrémédiablement rendu l’ambiance pour le moins… tendue. Je la suivais tout en écoutant attentivement son monologue sur ses dragons : je pouvais voir dans ses yeux à quel point elle était passionnée, et aimante avec ses créatures. En même temps, pour avoir la force de veiller sur autant d’entre elles, avec si peu d’employés, il fallait forcément aimer son métier, au risque de devenir fou. Je posais de temps en temps des questions sur les différentes espèces qui peuplaient les enclos, tout en les regardant, circonspect, d’un coin de l’œil. Je n’avais aucun problème avec la théorie, en bon ex-Serdaigle, je m’intéressais à la plupart des sujets et la zoomagie était un domaine de recherche passionnant. Je n’avais pas pris le cours de Soin aux Créatures Magiques en option, à Poudlard, préférant me consacrer à l’Etude de Runes et l’Arithmancie, mais je ne rabaissais aucunement cet art des plus complexe. Mais m’imaginer moi, en train de m’occuper d’un dragon ? Cela semblait peu probable. Je m’arrêtai devant l’un des corrals, où paissaient des moutons destinés, probablement, à servir de snacks aux créatures volantes, avant de m’adresser à Rain. Je préférai être honnête avec elle.

-Je suis extrêmement reconnaissant de ce que vous faites pour moi, Rain, de m’accueillir ainsi sur votre lieu de travail et de prendre de votre temps, que j’imagine précieux, pour m’aider dans le cadre de ma thérapie. Mais je dois vous avouer… Je ne sais pas si c’est réellement fait pour moi.

Je m’accoudais contre la barrière en bois, évitant le regard de la jeune femme pour me consacrer sur la mastication de l’ovidé, qui semblait plutôt content de son sort, à paresser au soleil. Je me sentais si égoïste, d’encore une fois, faire intervenir une tierce personne dans mes problèmes, et de me complaire dans ma détresse. Où était passé le fier Auror, le jeune homme plein de courage que j’avais été ? Il est mort en même temps que Thorfinn, me disais-je dans un souffle.

-J’essayerai du mieux que je peux, bien sûr, mais… j’ai bien peur que tout ça ne soit inutile. "On ne peut pas réparer la chair qui a été blessée, on ne se console pas de l'absence de nos morts." murmurais-je cette citation, plus pour moi que pour une tierce personne.

Je me retournai vers la jeune femme, un sourire de façade sur les lèvres : je ne voulais pas la rendre inconfortable, avec mes problèmes. Simplement qu’elle comprenne que ses efforts étaient vains, que j’avais été trop brisé pour être raccommodé, mais que ce n’était aucunement sa faute. J’avais lâché les armes, et accepté ma condition.


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Sujet: Re: We are meant to rise [feat Jonathan] | Mer 18 Avr - 9:25
Jonathan lui semblait sur le point de transplaner, nerveux. Alors, passant outre sa répugnance naturelle pour le contact physique avec des gens qu'elle ne connaissait que trop peu, elle glissa sa main minuscule dans le creux de son coude. Cela faisait tellement longtemps qu'ils ne s'étaient pas vus. La dernière fois, ce fut pour enterrer Sirius Black, et avant cela, elle avait dû lui sembler rien d’autre qu'une adolescente austère, qui passait beaucoup de temps cachée derrière un violoncelle ou un livre. Ou alors peut être la voyait il de la même manière que Charlie à l’époque: comme un havre de pays dans une maison sans cesse agitée par le joyeux bordel des jumeaux et les chamailleries des plus jeunes. Rain ignorait comment la tribu Weasley la décrirait aujourd'hui. Dans un sens, il valait peut-être mieux. La finlandaise faisait tout pour se montrer à la hauteur de son rôle d’hôtesse parfaite: elle répondait à ses questions avec précision, les illustrait par des anecdotes mignonnes. Et puis vint le moment des excuses sur l’inutilité du traitement, qu'elle perdait son temps. Rain lui fit signe que non, il n’abusait pas de son temps. Entre Verdi et lui, entre rester assise derrière un bureau et aider un homme qui en avait besoin, le choix était vite fait. Elle regrettait seulement qu'elle ne lui avait pas encore montré le moindre dragon qu'il renonçait déjà. Si Rain avait renoncé, comme quand sa mère avait menacé de la répudier si elle ne quittait pas Charlie, parce qu'elle n’aurait jamais pu supporter «le scandale» de savoir sa fille dans les bras d’un traître à son sang. Rain en avait rit et rétorqué que le scandale n’est jamais retombé que sur ceux qui le provoquent. Renoncé, comme ses parents l’avaient souhaité en sortant de Poudlard à élever des dragons, ou à remuer ciel et terre pour sortir de Finlande ou même à transformer cette île, parce qu'on ne bâtit pas une fortune en faisant de la conservation d’espèce. Rain se trouverait certainement enveloppée entre les bras de la terre, en train de se faire bouffer par les vers.

Ici, j’accueille des dragons qui ont subit de nombreux traumatismes. Benny a été saigné pendant des dizaines d’années et maintenu dans une cage si petite qu'il a perdu l’usage de la patte arrière droite. Le pauvre est aveugle et à moitié sourd, alors on fait ce qu'on peut pour qu'il ait une fin de vie aussi agréable que possible. Mes Boutefeu, Jingim, Kubilai et Jiao ont été cloués au sol pour leur bile. Avant que je ne les libère, ils n’avaient pas vu la lumière du soleil depuis leur éclosion. Ils ont encore peur de tout humain qui n’est pas moi. Les dragons les plus jeunes sont issus du trafic d’oeufs. Sur cette île, vous ne serez pas le seul à guérir, loin de là. Allez venez, les petits chéris nous attendent.

Même Rain guérissait à leur contact. Elle apprenait à ne plus se morfondre dans le passé, à être moins dure avec elle-même. Ce serait certainement plus simple si elle pouvait avoir le courage de d’avouer à … de lui avouer ce qu'elle ressentait, et peut-être se donner le droit de penser «Je suis dans un de ces moments où je vois si nette la piste du gibier qui s’appelle bonheur.»

La dragonologiste poussa la porte de la nurserie et le guida jusqu'à la salle où elle gardait les petits Opalœil. Ils étaient les plus calmes de ses dragonneaux, la présence de la petite Rosie handicapée par son aile atrophiée. Dès que Rain entra dans son champ de vision, la petite chose se précipita pataudement sur les barreaux de son parc. Rain la souleva du sol avec difficulté. C'est que ça devenait lourd tout ça. Bientôt, elle ne pourrait vraiment plus porter les bébés et les petits devraient comprendre qu'ils devenaient des adultes splendides.

Hei! Mitä kuuluu, minun kultani?

Elle berça un peu Rosie, et regarda son invité, un immense sourire béat sur le visage. Elle s’approcha de Jonathan, Rosie agrippée fermement a elle.

Vous pouvez la toucher si vous voulez. Elle n’est pas agressive. Laissez la simplement vous voir et s’habituer à votre odeur…

Rosie tendait le cou vers Jonathan, son petit museau humide en alerte, et ses mâchoires prêtes à mâchouiller tout ce qui passerait à portée de ses petites dents aiguisées. Ce qui était totalement adorable pour la dragonologiste qui, sans hésiter une seule seconde, autorisa le jeune dragon à mordiller sa propre main, heureusement gantée de cuir de dragon double épaisseur afin que le bébé ne se mette pas à mordre son invité.

Elle est encore jeune alors comme tous les bébés, elle pense que machouiller son environnement l’aide à le comprendre.

Elle disait ça, comme s'il s'agissait d'un adorable chiot welsh corgi, avec le même enthousiasme et lueur dans le regard que son premier mentor en ce qui concerne les créatures magiques. Le même air ravi que Hagrid quand il parle de ses acromantules.


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Sujet: Re: We are meant to rise [feat Jonathan] | Lun 23 Avr - 11:41

We are meant to rise
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« La peur est un concept étrange. Elle est naturelle, rebelle, et de l’ordre du réflexe. Personne ne peut juger la peur d’un autre, car tout le monde est effrayé de quelque chose, fatalement. La plupart des gens détestent des créatures comme les serpents, ou les clowns, d’autres ressentent de la terreur face à des choses plus sombres, plus floues. John a peur du passé, un réflexe que l’ex-Auror a trouvé pour protéger son cœur cassé. »

Je me rappelais encore de ces mots, chuchotés par un Kinglsey inconscient du fait que je pouvais parfaitement entendre ce qu’il disait. Nous étions au Magenmagot, pour un procès de Mangemort particulièrement difficile durant lequel nous avions été appelé à témoigner, et lors d’une pause, alors que je m’étais absenté quelques instants, un ancien collègue s’était questionné sur mon état de santé. Mon ami et Ministre de la Magie, avait essayé de lui expliquer, du mieux qu’il le pouvait, pourquoi j’avais quitté ma position d’Auror, pire, que j’en avais refusé la direction, tant cela pouvait sembler fou, inconcevable. Mais Kingsley avait parfaitement résumé la situation, bien qu’à l’époque, je n’arrivais pas encore à admettre ce poids qui me serrait perpétuellement la poitrine : le poids de souvenirs bien trop déchirants pour un seul homme. Il n’était pas rentré dans les détails. Il n’avait pas parlé de mon frère, pas parlé des morts, pas parlé de ma santé mentale vacillante, mais, à sa manière, avait réussi à faire comprendre ce que je n’arrivais pas à exprimer moi-même. Il avait ce talent inné, ce don oral qui me faisait défaut, parfait pour un métier aussi public que responsable du monde magique britannique. Il avait continué sa diatribe, sans se rendre compte que j’étais revenu près de lui, tandis que son interlocuteur, lui, semblait des plus nerveux en me voyant apparaître derrière mon ancien partenaire.

« Il est têtu. Il refuse encore de voir le problème, bien qu’il soit éhonté. Je m’efforce de rester positif. Je veux voir une guérison complète, et le chemin est long : je ne peux que le soutenir. Mes fonctions sont difficiles, et il est dur pour moi d’être toujours présent. »

Cette conversation avait été l’un des déclics, pour me faire comprendre que j’avais besoin d’aide. Kingsley n’était pas un homme à s’inquiéter pour rien, et il ne savait pas que je pouvais l’entendre. J’avais confiance en son jugement. Quelques jours plus tard, j’avais rendez-vous avec ma première psychomage, et j’y étais allé à reculons : mais je m’y étais rendu, et c’était au final le plus important. Ce ne fut que la première dans une longue liste de médecins que j’avais consulté, car il était bien plus ardu qu’on ne pouvait le croire, de trouver un psychologue auquel on pouvait avoir confiance et qui était apte à nous aider. Aujourd’hui, je pensais avoir trouvé ce docteur, mais je n’étais quand même pas sûr de la légitimité de cette idée : la guérison auprès de dragons. Quelle drôle d’idée. Je ne pensais vraiment pas que c’était fait pour moi.

Rain balaya pourtant mes angoisses d’un revers de la main, comme si elles n’avaient pas lieu d’être. La jeune femme ne semblait pas s’embarrasser de convenances ou de gants. Peut-être avait-elle plus l’habitude de côtoyer de gigantesques créatures volantes, plutôt que des humains : mais j’avais besoin d’un peu de dureté. Sans ça, probablement que j’aurai déjà quitté les lieux pour aller me réfugier dans mon appartement, ma zone de confort, où je savais que rien ne pouvait m’arriver, mais surtout, là où mes angoisses pouvaient s’exprimer librement.

Elle repartit dans son explication sur les différents résidents de la réserve. Ils avaient vécus des choses difficiles, eux aussi : comme je les comprenais. La folie des hommes était vaste, et, ayant moi-même mis sous les barreaux de nombreux criminels, je savais que la nature humaine était capable des pires horreurs. Les dragons étaient des êtres innocents. Des animaux certes extrêmement intelligents, mais qui subissaient les méfaits des braconniers et autres malfaiteurs, et heureusement que des personnes comme Rain en prenaient soin. Néanmoins, je ne répondis pas vraiment à son laïus, autre chose que des simples onomatopées de circonstance, pensif. Il était difficile pour moi de m’ouvrir, surtout dans cette situation si nouvelle pour moi.

Arrivé dans la nurserie, et alors que la jeune femme prenait un jeune dragon blanc dans ses bras, enfin, je sortis de mon quasi-mutisme. Quoi, elle voulait vraiment que je la touche ? Je n’avais aucune protection, et avec une nièce à la maison dont je devais m’occuper, je me voyais mal perdre une main, ou même un doigt, simplement parce qu’un bébé dragon avait décidé qu’il avait envie d’un petit casse-croute. Mon visage se ferma, en même temps que mes bras se croisèrent.

« -Je ne crois pas que ce soit une bonne idée… Ce n’est pas très… sécurisé, non ?

Mais la petite créature me regarda de ses grands yeux en poussant des petits cris aigus, visiblement intriguée par ce visage inconnu qui était le mien. Ses petites ailes, encore en pleines croissances, s’agitaient doucement, et on pouvait lire dans son regard une vive intelligence, ainsi qu’une profonde curiosité et une pointe de méfiance (ce qui pouvait parfaitement se comprendre). Je soupirais. Il fallait que je garde l’esprit ouvert, que j’essaye, sinon, comment être sûr que cette thérapie ne soit réellement inefficace ? J’approchais donc ma main de la tête du dragon, vigilant, au cas où il lui viendrait à l’idée de me grignoter la paume : heureusement, elle se contenta de me renifler, avant d’enfoncer sa tête dans les bras de sa "mère", apeuré par l’odeur inconnue que je dégageais.

-Vous faites un travail admirable ici, Rain, dis-je, impressionné par le lien que je pouvais deviner, entre elle et Rosie. Tant de dragons… Je me demande comment vous faites pour réussir à en gérer autant. Cela semble être un travail titanesque. »

Je pensais à Annie, à la difficulté que j’avais à l’élever, alors qu’elle était non seulement toute seule mais que c’était une petite humaine de 8 ans. Certes, ce n’était pas bien la même chose que de s’occuper de dragons, mais je n’en restais pas moins impressionné.


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Sujet: Re: We are meant to rise [feat Jonathan] | Jeu 3 Mai - 9:11
L’inquiétude toute légitime de Jonathan vis à vis de la sécurité la fit sourire. Avec un autre bébé que Rosie, oui, elle aurait prit plus de précautions,cependant, au moment où il lui posait la question, la petite protégée de Rain faisait son numéro de petite chose mignonne. Rain ne pu que fondre et Jonathan se laissait convaincre de la toucher brièvement.

“Les dragons de la nurserie sont habitués au contact humain depuis leur éclosion. ”

Le fait qu’ils soient nés dans un environnement adapté à la venue d’un dragon, et que Rain les avait nourri à la main depuis qu’ils étaient sortis de leurs oeufs rendait les bébés plus amicaux que des dragonneaux sauvages qui n’auraient jamais connus le contact d’un humain et moins dangereux que ceux ayant connu un contact humain non adapté… le souvenir du voyage avec Norberta avait été tout le contraire d’une sinécure se rappela  à elle… Hagrid et ses idées farfelues… Élever un Dragon à Poudlard... Il n’aurai pas pu le cacher comme ses Acromentules.  

Rosie vint se réfugier sous son bras et Rain la berça un peu en souriant. Comment ne pas changer de regard sur les dragons et arrêter de ne les considérer que comme des outils pour garder de l’or à Gringotts ou servir d’ingrédients pour potions?

“Bah alors? On a peur de tonton Jonathan?
Elle est moins timide avec Charlie… Faut dire qu’il sait y faire avec les bébés.”


En bon dragonologiste expérimenté, il n’hésite pas dans ses gestes, et c’est ce qui fait toute la différence. En hésitant Jonathan a rendu la petite nerveuse. Rien de bien méchant, elle s’en remettra, d’ailleurs, elle est déjà remise, Rosie: Elle a déjà commencé à s’agiter dans les bras de Rain pour lui signifier qu’elle en a marre d’être portée. Au grand soulagement de la Nordique qui commençait à faiblir un peu. Rain la remit dans son parc avec les autres.

“Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est un métier facile, mais les dragons sont heureux quand on leur laisse de l'espace physique et mental. Ils sont curieux, intelligents, et ont une très bonne mémoire.
Ils aiment qu'on les laisse faire des trucs de dragons. On ne les enchaîne pas.Outre les délimitations des enclos, les seules chaînes de l’île, c'est un charme d’inhibition sur leur instinct d’exploration et leur vol, justement pour des raisons de sécurité.”


Sa dernière phrase fit passer une ombre de regret et de tristesse dans son regard cobalt. Rain était consciente qu'il valait mieux pour tout le monde. Pour les boutefeu, surtout. Rain avait apprit à les amadouer, mais ils restaient trop agressifs pour le commun des mortels. Et rien que de les imaginer en totale liberté sur l'île la rendait nerveuse. Parfois, elle imaginait l'immense ombre rouge de Kubilai planant au dessus d’Atlantis et de ces milliers d’humains inconnus, volant avec majesté, et calme. Seulement le dragon était caractériel, et s'il décidait de se poser place du Marché et de terroriser la population de la ville, les préjudices seraient plus importants que les bénéfices.

“On a même le temps de faire de la recherche.”

Surtout depuis l’arrivée de Charlie. Avant, si elle avait le temps de s’asseoir vingt minutes dans la journée, c’était le paradis. Travailler avec quelqu’un en qui elle pouvait avoir confiance lui offrait un confort inédit depuis qu’elle était installée à Rùm.


“En ce moment, on étudie les effets de la musique sur les dragons. On tente de confirmer la théorie d’une équipe sud américaine. Et vu que c’est moi qui ait la formation musicale la plus poussée, j’ai donc hérité d’une grosse partie théorique. Et encore, c’est uniquement pour vérifier une hypothèse selon laquelle Giuseppe Verdi n’est pas un déclencheur négatif chez les dragons.”

Il n’y avait pratiquement aucune chance pour que l’ancien Auror sache qui était Verdi. Rain précisa simplement qu’il s’agissait d’un vieux compositeur moldu célèbre dans le monde entier pour ses opéras. Elle ne voulait pas l'embêter avec un trop plein de détails sur leurs recherches alors, elle finit par changer de sujet, pour quelque chose de moins technique.

«Vous voulez voir des adultes ou on passe aux autres habitants de l'île?»

Elle parlait de créatures magiques qui ne mettrait plus l'ex auror dans une situation de stress. Ils avaient des noueux et des niffleurs en ce moment. Mignons, petits, turbulents, mais pas féroces pour deux mornilles.


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Sujet: Re: We are meant to rise [feat Jonathan] | Jeu 10 Mai - 7:39

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Il était fascinant de regarder Rain manipuler ce dragon comme si c’était un nouveau-né, ou bien un animal de compagnie comme un petit chiot ou un adorable chaton. Il y avait une sorte d’innocence qui se dégageait de Rosie, c’était évident quand on la regardait mâchonner tout ce qui se trouvait à sa portait, une étincelle d’intelligence et de confiance dans le regard, mais il était difficile de passer à côté de l’idée que dans quelques années, elle se transformerait en créature gigantesque, capable de décimer des villages entiers et de démembrer un être humain comme si c’était une vulgaire poupée de chiffon. Non pas que j’avais particulièrement peur des dragons : j’avais conscience qu’ils étaient des êtres nobles qu’il fallait respecter et protéger. Lorsque je travaillais encore au Ministère, j’avais un ami qui travaillait au Département de Contrôle et de Régulations des Créatures Magiques, et il me racontait à quel point le braconnage était un problème, pour les dragonologues, vu les vertus qu’apportaient certaines parties du corps de ces bêtes ailées (et les Chinois adoraient, selon lui, transformer la membrane de leurs ailes pour faire des photophores), et la lutte contre ces criminels n’était pas de tout repos. Je me doutais que Rain, tout comme Charlie, avait du être confronté à ces problèmes et qu’une profonde passion devait la pousser à s’occuper de ces dragons. Cela ne voulait pas dire que j’avais particulièrement envie, d’à mon tour, de faire ami-ami avec ces bestioles. Je n’étais toujours pas convaincu de la nécessité de ma présence ici : ma psychomage avait parfois des bonnes idées, mais je n’étais vraiment pas sûr de celle-ci. Mais cela ne me faisait pas de mal de passer un peu de temps au grand air, sans la présence de ma petite nièce. J’aimais Annie du plus profond de mon cœur, mais passer son temps avec une fillette de 8 ans n’était pas de tout repos, d’autant plus qu’elle sortait d’une semaine difficile, ayant attrapée un staphylocoque, et j’avais du rester à son chevet pour m’occuper d’elle, tandis qu’elle combattait la bactérie.

« -C’est sûr que ça aide, de grandir entouré de 6 frères et sœurs… Mais j’avoue, j’ai encore parfois du mal à le voir autrement que ce gamin qu’Arthur m’a collé dans les bras, malgré mes protestations, alors qu’il venait à peine de naitre. Il était minuscule, et j’avais l’impression que j’aurai pu le briser en faisant un simple mouvement. Alors de me dire qu’il s’occupe de dragons tous les jours, c’est un peu surréel.

La nordique reposa finalement son gros bébé dans son parc, avant de se tourner vers moi pour continuer notre conversation. Elle parlait vraiment de cet endroit avec une flamme, la même que j’avais lorsque j’étais un jeune Auror et que je parlais de mon métier. C’était un temps révolu. Aujourd’hui, je n’avais plus que dédain face à une institution qui avait perdu ce qui faisait sa force, qui portait encore trop ostensiblement les cicatrices de la guerre pour être autre chose qu’une simple parade pour le Ministère. Je ne niais pas les efforts de Kingsley pour remettre d’aplomb le Bureau, mais c’était loin d’être suffisant, et je lui avais exprimé ma façon de penser de nombreuses fois.

-Oui, je me rappelle qu’avant la levée du Secret, la situation était bien différente, et des plus complexes. Les Oubliators s’arrachaient les cheveux lorsqu’un dragon échappait à la vigilance des dragonologistes, et, bien des fois, on a dû abattre certaines créatures, trop dangereuses et incontrôlables pour les garder cacher à la vue des moldus… Heureusement, ce temps est révolu, et des endroits comme celui-ci existent.

Elle continuait de m’expliquer les différentes recherches qu’ils effectuaient sur l’île, et, bien que quelque peu circonspect (je ne voyais pas bien l’intérêt de savoir si telle ou telle musique influençait le comportement de bêtes gigantesques qui crachaient du feu), j’acceptais parfaitement le fait qu’elle était l’experte et que moi, pauvre néophyte, ne pouvait comprendre tous les tenants et aboutissements de son métier. Tout comme elle, n’avait probablement pas idée de la portée des fonctions d’Auror, qui était, à la base, bien plus que de simples policiers magiques.

-Ecoutez Rain, je vous suis. Je suis ici en tant que visiteur et observateur, je vous avoue ne pas savoir si tout ceci est vraiment… ma tasse de thé. J’étais toujours incertain quant à la légitimité de cette thérapie, et je n’avais aucun mal à l’avouer. Je suis vraiment un novice en la matière, vous pourriez me dire que ces autres habitants de l’île dont vous me parlez sont des flamants roses, ça ne m’étonnerait pas moins que d’apprendre la présence de Gryffons.

Et c’était vrai, quelque part, bien que j’exagérai volontairement le trait. L’île de Rùm était un endroit remarquable : simplement, j’aurai été bien plus à l’aise chez moi, entouré de livres et de mon petit confort. Charlie, tout comme Rain (si je me rappelais bien les histoires que m’avaient raconté Molly) venait de la courageuse maison des Gryffondor, mais j’étais issu des Serdaigle, et bien souvent, je préférais largement la théorie à la pratique (ce qui pouvait sembler paradoxal, quand on connaissait mon ancien métier, mais être Auror comportait une part aussi importante d’investigation que d’action). Je me sentais comme un poisson hors de l’eau, ici. Mais ce n’était aucunement la faute de mon hôte, et je devais éviter de passer pour le ronchon habituel que j’étais.

-D’ailleurs, vous avez beaucoup de visiteurs, sur l’île ? J’imagine bien que vous devez avoir plusieurs élèves de l’UPA, étudiant le domaine de la magizoologie, qui doivent parfois venir vous quémander des stages, ou simplement de précieux conseils… »

Cette question était une diversion, un moyen pour moi de diriger l’attention vers Rain plutôt que vers mes propres problèmes. C’était facile, je le savais. Beaucoup plus facile que de me mettre face à mes contradictions.


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Sujet: Re: We are meant to rise [feat Jonathan] | Dim 20 Mai - 10:35

L'ex Auror commençait à s'ouvrir un peu à elle, et la finlandaise n'en perdait pas une miette. At fucking last. Comme quoi, les dragons, ya que ça de vrai pour tisser des liens avec les gens. Dans une certaine mesure ça fonctionnait toujours bien. les yeux pleins de tendresse amusée, elle écoutait cette anecdote mignonne sur son rôle de parrain.

“J'ai pas de mal à l'imaginer, ça.”

Et Rain parti de son rire cristallin, visualisant sans peine Arthur et Molly Weasley, épuisés mais rayonnants entourant un Jonathan Rowles, dépassé par les évènements, une minuscule crevette humaine dans les bras. Elle se reprit bien vite et continuait de le couvrir d'un regard doux. Elle se devait de rassurer un peu ce parrain inquiet pour son filleul. Il devait savoir ce que Rain pensait de lui, du point de vue de l’employeur et de l’amie de longue date. Et elle était certaine qu'il aimerait entendre ce qu'elle avait à dire.

“Il est doué et passionné, Charlie. Il aime être au contact des dragons plus que moi. Je suis sereine depuis qu'il est là. Il est la personne en qui je peux avoir une pleine confiance.  C'est lui qui, sans s'en rendre compte, m'a donné envie de faire ce métier. Dans d’autres circonstances je serais sans aucun doute en train de tourner folle derrière un bureau quelconque au ministère ou de m'ennuyer derrière mon violoncelle dans une salle de répétition sans âme.” 5 phrases sans adverbes #1

Parfois, elle se demandait ce que serait sa vie si elle avait renoncé aux dragons et qu'elle s'était trouvé une petite place tranquille dans un orchestre symphonique quelconque en Roumanie. Peut-être qu'elle se réveillerait toujours dans le même lit que Charlie. Mais les dragons qu'elle recueillait, ils seraient tous soit morts, soit mourants. Aurait elle pu supporter de ne pas suivre sa propre voie comme dragonologiste? Non. Rain avait une ambition qui l'empêchait de se laisser aller à de pareils sacrifices. Elle ne se voyait pas en mère au foyer, elle aimait trop le grand air pour rester enfermée toute la journée, et elle aimait trop la musique pour en faire son métier. Son expérience forcée de professeur de solfège et de violoncelle lui avait laissé un goût amer dans la bouche alors qu’elle avait adoré enseigner la guitare à Charlie. Sans doute parce que leurs sessions les avait rapprochés encore plus que leur amour des créatures magiques et que conscient du retard qu’il avait, Charlie s’était montré très appliqué. .

Les deux mains sur son flanc droit, comme prise par son éternel point de côté soudain, son sourire se figea une demi seconde. Il lui manquait. Ils avaient beau travailler ensemble tous les jours, il lui manquait au point où les choses devenaient insoutenables. Bien sûr, ils s'étaient un peu rapprochés, et leur complicité en tant qu’amis de longue date restait intacte. Heureusement. Heureusement, putain.  Au plus grand soulagement de Rain, la conversation se recentra sur les dragons.

Les dragons qui posent problème, sont des dragons qu’on emmerde. Il y a des élevages, des refuges qui passent leur temps à tenter de les manipuler, comme on le ferait avec des bœufs. le problème, c’est qu’ils restent profondément sauvages, peut importe le nombre de génération qui naissent dans des mains humaines. Je laisse Rosie me mâchonner la main parce qu’elle est encore trop petite pour me voir comme une proie potentielle.  

Bientôt la petite Rosie aura la force de lui arracher le bras en voulant jouer et Rain devait déjà commencer à couper le cordon entre la petite dragonne et elle. La sécurité devait passer avant tout. La finlandaise comptait bien ne pas avoir à porter une prothèse de toute se vie. Elle ne voulait pas voir sa carrière brisée par un excès de confiance et d'orgueil. Les dragons ne se domestiquent pas.

Rain haussa les épaules en voyant l’air pas convaincu de Jonathan. Elle ne s’attendait pas à ce qu’il comprenne l’utilité de ce genre de recherche. En dépit de cela, dans le cas où les recherches menées (quoique d’apparence superflue ou drôle à défaut d’être utiles) permettraient de calmer des dragons avec quelques notes de musique au lieu de sortir les baguettes magiques pour de les contraindre, Rain ne pourrait que s'en féliciter. Elle avait vu de nombreux de dragons se blesser en tombant sous les stupefix. A chaque fois que les sorciers pensent savoir ce qui convenait aux créatures magiques, les choses finissent mal. Il n'était pas difficile de savoir pour qui la balance penchait du mauvais côté. 5 phrases sans adverbes #2

Et maintenant, il essayait de noyer le poisson en lui parlant des jeunes qui venaient ici…

On en a quelques uns, oui. Mais s’ils ne veulent que des conseils, je les reçois autour d’un café au Scottish Inn. On a trop de problèmes de braconnage et on a pas eu beaucoup de chance avec certains employés. Alors les gens qui veulent travailler ici doivent montrer patte blanche.

Et elle faisait régulièrement ses grands yeux de chaton à Léandre pour qu’il vérifie les casiers judiciaires des gens qui postulaient à la réserve


D’un autre côté, on réfléchit beaucoup à ouvrir de temps en temps la réserve au public, un week end par mois, pour sensibiliser le grand public aux dragons. On ne veut pas trop les exposer non plus. Dans la nature, les dragons évitent le contact humain.

Rain entreprit donc de guider son invité vers le bâtiment où ils gardaient la plupart des petites créatures magiques que les gens leurs confiaient. En arrivant ils entendirent une voix féminine fulminer. “Oh c’est pas vrai… Rain va pas aimer ça.” Curieuse, mais aussi un peu joueuse, Rain ouvrit avec une douceur calculée pour ne pas faire de bruit la porte d’où venait la voix…

Pas aimer quoi?

La jeune femme sursauta. Quelques mèches brunes transparaissaient sous son hijab, son teint mat faisait ressortir ses yeux ambrés qui reflétaient en cet instant une surprise mêlée de panique. Elle ne s’attendait pas du tout à ce que Rain débarque sans prévenir, un invité sur ses talons. Elle s'empressa de ranger ses cheveux sous son hijab d'un geste nerveux en voyant Jonathan entrer. La dragonologiste eu un geste d’apaisement.

Détends toi Salima, tout va bien. Jonathan Rowles, Salima Barakat.

“La femelle fléreur a fait des jeunes cette nuit!”

Rain eu un petit rire devant l’air blasé de Salima. Des chatons fléreurs… On a vu pire, non? La jeune sorcière brandissait délicatement une petite boule de poils dans sa main. La finlandaise se tourna, vers l’ex Auror, un immense sourire mi attendri mi amusé sur le visage.

ne t’en fais pas pour ça. On leur trouvera de bonnes petites familles. Les moldus nous emmènent souvent des créatures magiques. Je râle pour la forme, parce que c'est souvent des femelles gestantes et désorientées. Allez, venez on a des noueux, des niffleurs, des Mokes, et quelques salamandres.  

Rain laissa de côté les sombrals qu’Hagrid lui avait refilé au mois d'Août. Des jeunes pour la plupart, qui demandaient peu de soins tant qu’on les laissaient tranquille et Rain qui n’avait pas spécialement une grande passion pour les équidés laissait Salima le soin de vérifier qu’ils étaient en pleine santé. Elle ne voulait pas confronter Jonathan au fait qu’il était capable de les voir pour toutes les fois où il avait pu entrapercevoir la Mort. la dragonologiste entraîna le professeur dans la pièce suivante, plus spacieuse, à la décoration bien plus organique que celle qu’ils venaient de quitter.. Le sol était recouvert d’un épais tapis de mousse et de lichen, et les murs en bois imitaient le relief des arbres. En les voyant approcher deux noueux partirent se réfugier sous une bûche disposée là pour enrichir leur environnement. Il faisait encore trop froid pour les mettre dehors. Le poêle, au fond de la salle méritait un peu d’attention, le feu qui y brûlait perpétuellement pour les salamandres commençait à manquer de bois. Dans leur Vivarium disposé sur la paillasse, juste à côté de l’éviter, Botrucs et Boursouffs regardaient Jonathan d’un air curieux. Et les niffleurs agitaient leurs petits nez derrière le filet magique de leur enclos de nuit.

J’espère que vous n’avez rien de brillant sur vous.

Rain ramassa un jeune niffleur qui avait visiblement envie d’être le centre de l’attention des deux humains et le tendit à Jonathan.



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Sujet: Re: We are meant to rise [feat Jonathan] | Jeu 24 Mai - 13:47

We are meant to rise
John & Rain
Une ombre passa devant mes yeux. Je m’en voulais terriblement, de n’avoir même pas pris la peine d’être venu visiter mon filleul alors que nous habitions tous les deux la même ville, à présent. La culpabilité me rongeait, mais en même temps, bien que je ne voulais pas vraiment l’avouer, j’avais peur de la réaction que pourrait bien avoir Charlie en me revoyant, après toutes ces années. Je n’avais pas de mal à imaginer son visage qui avait, probablement, encore mûri, ses cheveux roux, typiques des Weasleys, encore trop longs pour le goût de Molly, et ses mains burinés par son travail, mais moi… Je n’étais plus le Jonathan Rowle qu’il avait connu. Certes, j’avais les mêmes traits, la même silhouette maigre et osseuse, le même air sérieux qui me poursuivait, mais je n’étais plus qu’une coquille vide. La guerre m’avait aspiré jusqu’à mon essence, je le savais bien. Et d’imaginer l’expression de pitié sur le visage de ce gamin que j’avais vu grandir… Je ne savais pas si je pourrais le supporter. Alors j’étais reconnaissant que Rain me donne des nouvelles, même si ça ne valait pas, bien entendu, une rencontre face à face.

« -Oh, de toute façon, il en a toujours été dingue, depuis aussi longtemps que je me rappelle, murmurais-je pratiquement, tant je pouvais sentir un sursaut de nostalgie m’étreindre. C’est plus qu’une passion pour lui, c’est une vocation.

Je ne savais pas vraiment où en était resté la relation entre Rain et Charlie. Je savais qu’ils n’étaient plus ensemble, bien entendu, mais… D’entendre parler la jeune femme de mon filleul, j’avais l’impression de capter une flamme dans son regard, comme une étincelle qui ne pouvait tromper quant à la nature de ses sentiments. En même temps, ils travaillaient ensemble, se voyaient tous les jours, et peut-être s’étaient-ils rapprochés : à moins que je ne me trompe, bien entendu. Je n’étais pas des plus doués, c’était le moins qu’on pouvait dire, dans toutes ces affaires d’amour et d’élans du cœur, préférant toujours écouter la logique plutôt que les émotions, les faits plutôt que les sensations. Ma psychomage m’avait déjà dit plusieurs fois que c’était un mécanisme de défense pour m’empêcher de souffrir, un peu de la même façon dont je m’étais éloigné de tous mes proches après la fin de la guerre, où tant de gens étaient morts, dont mon frère, pour éviter de devoir subir ce deuil encore une fois. Peut-être que c’était le cas, je n’en savais rien, mais toujours était-il que je ne savais pas vraiment sur quel pied danser, avec ces deux-là. Dans le doute, mieux valait changer de sujet, pour ne pas embarrasser la scandinave : de toute façon, voilà que nous étions repartis dans notre visite, parfaite diversion pour changer de conversation. Sur le chemin, nous continuâmes notre discussion sur le métier de dragonologiste, sur l’île de Rúm, sur le quotidien de Rain : des mots bien plus faciles à prononcer, pour moi, plutôt que tout ce qui se rapportait à ma vie privée.

-On ne peut jamais être trop prudent, je comprends. L’espèce humaine est vraiment capable du pire, pour quelque chose d’aussi futile que de l’argent… Je haussai les épaules, en soupirant. Il était difficile d’être plus à cheval sur la loi que moi, c’était probablement un peu cliché, venant d’un ex-Auror, mais c’était le cas. Je ne méprisai pas les criminels, qu’ils soient voleurs et meurtriers, sachant pertinemment que personne n’est le méchant de sa propre histoire, mais je condamnais fermement leurs actions. Ces bêtes, elles n’ont rien demandés. C’est bien, qu’elles aient des gens comme vous pour les protéger.

Arrivé dans un nouveau bâtiment, nous entendîmes une voix féminine, que Rain me présenta avec politesse. Ses mains étant occupées par un minuscule chaton, qui avait encore les yeux fermés, signe de sa naissance il y avait bien peu de temps, je me contentais de la saluer d’un signe de la tête, et d’écouter le dialogue entre les deux femmes. Néanmoins, quand la dragonologiste me tendit un niffleur, je ne pus m’empêcher d’esquisser un sourire, tant la petite créature était mignonne. On pouvait deviner une vive intelligence, derrière chacune de ses actions, et elle gigotait dans tous les sens, visiblement enchantée d’être la star de l’instant. La remarque de Rain me fit réfléchir… Non, je n’avais rien de brillant, enfin rien qui ne me… Oh. Je me rendis compte de mon erreur à la seconde où la créature saisit entre ses petites pattes la chaine qui ornait mon cou, faisant sortir de sous le col de ma chemise, une chevalière en or que j’avais tellement l’habitude de porter chaque jour, que j’oubliais, bien souvent, son existence. Cette bague, qui avait appartenu à Thorfinn, car la mienne m’avait été reprise par mon père, peu de temps après mon enrôlement auprès du Bureau des Aurors, était le seul symbole qui me reliait à mon ancienne vie. Le blason des Rowle, avec le dragon du Pays de Galle (ironique, n’est-ce pas ?), surmonté de deux baguettes croisées et d’une couronne, ornait ce bijou précieux, que les gens de ma famille avaient l’habitude de porter à leur doigt, pour pouvoir montrer ostensiblement au monde la pureté de leur sang. Ce n’était pas mon cas. Ce bijou était le symbole de ma culpabilité, un rappel du meurtre que j’avais commis sur mon propre frère. Je ne le montrai jamais à personne, tant c'était un objet personnel et horrible, à mes yeux. Le niffleur le saisit délicatement, visiblement enchanté de sa brillance et son éclat doré enchanteur, sans se douter de l’impact qu’elle pouvait causer sur ma psychée fragile.

-Euh, je… commençais-je à bredouiller, avant de déposer rapidement la boule de poils entre les mains de Rain, l’arrachant peut-être un peu violemment de la chaine qui entourait mon cou, et de partir, en de petits pas rapides, vers la porte par laquelle nous étions précédemment rentré. Je dois prendre l’air quelques instants », expliquais-je, le dos tourné vers ma destination, en essayant de masquer mon souffle court, mon visage qui avait tourné au blanchâtre et mon expression de pure détresse. Une crise. Il avait fallu que je me tape une putain de crise, bien sûr.

Sorti du bâtiment, je m’assis contre le mur de bois, sans réellement me préoccuper si quelqu’un pouvait me voir dans cet état de faiblesse. Je n’étais pas vraiment en état pour faire quoi que ce soit, de toute façon, ma fuite ayant puisée dans mes dernières ressources. Dans ma tête, je n’avais qu’un seul visage en tête, celui de Thorfinn, mon propre frère, et de son visage presque paisible lorsque je lui avais lancé l’Avada. Cette vision était entrecoupée par celles de corps découpés que j’avais dû fouler du pied, sur le champ de bataille, et des cris de terreur des victimes de la guerre. J’enfouis mon visage entre mes mains, ne songeant même pas à prendre l’un de mes comprimés, tant la crise était violente. Je ne savais même pas si je pleurais, si je criais, si j’étais plus silencieux qu’une pierre. Je n’avais même plus conscience de mon propre corps, du bois contre mon dos, de la terre sur laquelle j’étais assis. Je n’étais plus que souffrance et désolation. Même plus un homme : rien qu’un grain de poussière pris dans une tornade, incapable de contrôler ses mouvements tant la puissance des éléments était dévastatrice.


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Sujet: Re: We are meant to rise [feat Jonathan] | Dim 10 Juin - 9:40
Si ce n'était pas les écailles, ce serait la fourrure. En confiant le jeune niffleur à son invité, Rain pouvait se féliciter d'être sur la bonne voie, en ce qui concernait les petites bestioles qui pourraient décoincer un peu Jonathan. Lui, qui paraissait se complaire dans son rôle de vieux ronchon de service. Le niffleur semblait bien se plaire entre les mains du professeur Rowle. Enfin… jusqu'à ce que cette petite boule de poils attendrissante ne se mette à tripatouiller innocemment la chaîne de Jonathan et à admirer la bague qui faisait office de pendentif, hypnotisé par l’éclat de l’or. L’Ancien auror avait de la chance, quand on leur avait apporté la petite portée, la mère avait pour butin l’intégralité d’une bijouterie dans sa poche ventrale. Certains d’entre eux avaient visiblement été arrachés à leur propriétaires légitimes. La finlandaise avait toujours, à sa grande surprise, un tiroir de son bureau regorgeant de bijoux non réclamés, comme s’il était honteux de dire qu’on avait été la victime d’un niffleur sans gêne.... Rain attendrait un an avant de les donner.


Il lui rendit l'animal précipitamment avant de sortir de la pièce comme s'il avait soudainement un dragon enragé à ses trousses. Sous les protestations du jeune niffleur, Rain le reposa dans son enclos… et suivit l’ex Auror dehors. Elle le trouva facilement, assis contre le mur en bois, juste à côté de l’entrée. Il exprimait une telle détresse… Rain senti tout le poids du monde lui tomber sur l'estomac. C'était sa faute, s'ils en étaient là. Elle l’avait poussé un peu trop vite dans son monde sans se douter que l’homme qu’elle accueillait était encore trop fragile pour tout ça. Elle ignorait ce que représentait cette chevalière, et elle doutait le savoir un jour. Rain hésita une seconde. Qu’est ce qu’on fait dans ces situations là? Est ce qu’elle devait appeler quelqu’un? Est ce qu’il devait prendre un médicament? Une potion?  

Elle s'installa à côté de lui, et s’assit en tailleur. Elle le fit doucement basculer contre elle.La jeune femme n’était même pas certaine qu’il ait simplement conscience de son geste. Rain entreprit de lui papouiller la tête, de masser son crâne jusqu'à ce que toutes les larmes et cris ne cessent. Il souffrait tellement que c'en était insoutenable pour elle aussi. Qu'avait il vu? Qu’avait il été obligé de faire? Comment pouvait elle seulement prétendre pouvoir calmer une telle tempête? Elle essaierait. Il le fallait. Il était moralement hors de question de le laisser ainsi, seul, face à cette douleur impossible à sonder. Elle ne pouvait pas faire grand chose, à part lui montrer qu'il n'était pas seul, qu'elle ne le jugeait pas et qu'elle le porterait à bout de bras s'il le fallait.

La finlandaise aurait bien aimé savoir qu’une crise de stress post traumatique pouvait se déclencher à n’importe quel instant, pour n’importe quelle raison. Ce n’était pas la faute de Jonathan. Mais sa thérapeute aurait pu avoir la délicatesse de prévenir Rain et de lui donner des moyen de gérer ces situations. Là, elle se sentait impuissante, totalement démunie, à le bercer, à le cajoler. Est ce que ça fonctionnait seulement?


Lailla tuulen hiljaisen, se tähän yöhön puhaltaa, mua uneen tuudittaa.
Le vent silencieux qui souffle dans la nuit apaise mon sommeil
Minä vielä huokaisen, väsyneen ja hiljaisen, yksinäisen rukouksen.
Je murmure , fatigué et silencieux, une seule prière.
Sinun päähäsi jätän sen
Je la dépose sur ton crâne

Untasi vartioimaan, ääniä yön kuulemaan
Pour garder tes rêves, écouter les bruits de la nuit,
Minä oottamaan jään, tarvitse en enempää
J’attendrai, je n’ai besoin de rien
(Extrait de “Minä jään” - Juha Tapio (1999) )



Évidemment, il ne pouvait pas comprendre les mots qu’elle chantait, il pouvait par contre en comprendre la portée, leur but, leur valeur. Elle le serra un peu plus. Il n’avait rien à craindre. Plus personne ne l’obligerait à se battre, à voir des horreurs qu’elle ne pouvait pas imaginer. Personne de ce genre ne pourrait l’atteindre sur son île. Pas sans en subir les conséquences. Le voir comme ça réveillait sa culpabilité. Elle n’aurai jamais dû repartir pour la Finlande après l’attaque du Ministère cinq ans auparavant. Au moins elle aurait pu se rendre utile et elle aurait pu allonger la liste des vies qu’elle avait prises, joindre son bras à ceux des opposants à Voldemort et espérer qu’elle aurait eu la capacité de protéger des vies avec la sienne.

Je peux pas comprendre, je peux pas imaginer, mais je peux encaisser la douleur.

Oui, ça elle pouvait le faire. la finlandaise glissa ses doigts dans la main de Jonathan. Elle le laisserai lui briser les os de la main tous les jours si ça pouvait l’aider rien qu’un peu à aller mieux, à supporter son stress, à surmonter le traumatisme.




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Sujet: Re: We are meant to rise [feat Jonathan] | Mar 12 Juin - 7:30


We are meant to rise

- Jonathan Rowle — Rain Kvelgen -


L'humanité devra mettre un terme à la guerre, ou la guerre mettra un terme à l'humanité.” John Fitzgerald Kennedy  

Lorsque j’avais une dizaine d’années, que j’habitais encore au Manoir Rowle, et qu’être Mangemort était simplement le nouveau moyen à la mode de montrer qu’on appartenait à la Haute Société des Sangs-purs (on oublie, bien souvent, qu’avant même la première montée au pouvoir de Voldemort, dans les années 70, il était presque commun, dans l’aristocratie sorcière, de se vanter d’être l’un de ses fidèles), j’avais pour animal de compagnie une grenouille arlequin, prénommée Charlotte. Elle était minuscule, même dans mes mains gantées d’enfant, et arborait fièrement des couleurs bariolées, son dos tacheté de jaune contrastant parfaitement avec les rainures bleues qui parcouraient son corps. Prendre soin de cet animal m’a appris la précaution, car le mucus toxique qui la protégeait des prédateurs la rendait impossible à manipuler sans équipement, mais aussi, c’était la première fois que j’avais la responsabilité sur la vie d’un autre être vivant. Si je ne la nourrissais pas, si je n’étais pas attentif à ses besoins, la petite Charlotte mourrait. Un jour, mes parents et moi sommes partis en vacances en Thaïlande, pour une petite quinzaine de jours, et mon cher père, qui ne voulait pas s’embarrasser à trouver quelqu’un pour s’occuper de la grenouille de son fils, me fit croire qu’il n’y avait aucun risque de la laisser sans surveillance, que si nous lui laissions suffisamment de nourriture et d’eau pour la durée de notre voyage, elle serait en parfaite santé lorsque nous reviendrions. C’était un mensonge, bien sûr. Lorsque j’ai couru vers le vivarium, et que j’ai contemplé son petit corps sans vie, je me suis demandé, pour la première fois, ce qu’il se passait, lorsqu’on mourait. A 10 ans, il est bien rare d’avoir des considérations sur le grand inconnu.

Aujourd’hui, j’ai vu tellement de morts que je ne pourrais tous les compter. Des visages connus et inconnus, des corps déchiquetés et d’autres qu’on aurait pu croire simplement endormis. Mais je ne me pose plus de questions sur leurs conditions. Je ne suis pas croyant. Lorsqu’on meurt… On meurt, c’est tout. Il n’y a pas de paradis, pas d’enfer, pas de rédemption, pas de réincarnation. Notre corps nourrit la terre, qui nourrit les insectes, qui nourrissent les animaux, qui nourrissent les hommes. Il n’y a pas d’autres sens de la vie que cet équilibre, et nous arpentons la terre sans but véritable, malgré ce que peut nous dicter notre cerveau. Probablement le moyen qu’a trouvé notre organisme pour ne pas qu’on devienne totalement cinglé, de nous faire croire que nous sommes plus que de simples corps destinés à mourir.

On aurait pu croire que cette philosophie rendrait ma vie, après la guerre, plus facile. Après tout, si nous ne servons à rien d’autre qu’à mourir, ne devrions pas nous y attendre, et voir les grands conflits humains comme de simples moyens d’arriver plus rapidement à notre finalité ? Mais non, ce n’était pas le cas. Car si notre conscience s’éteint lorsque la vie quitte notre corps, elle est bien présente, dès le moment de notre naissance : et ma conscience m’a toujours crié de fuir la mort, les horreurs, le carnage. Elle m’a appris ce qu’étaient le bien, le mal, et toutes les nuances de gris présentes entre ces deux concepts : c’est elle qui me tient éveillée la nuit, qui me déclenche ces crises, qui me fait me lever le matin. Tant que j’aurai une conscience, je m’en voudrais éternellement pour les actes que j’ai commis, et j’aurai peur de la mort.

Les images qui tourbillonnaient dans ma tête semblaient compéter pour savoir laquelle serait la plus horrible, et je perdais pied avec la réalité. Plus rien d’autre n’existait que la désolation et les cris. A moins que… Au milieu de l’horreur, j’entendais un son, qui n’était pas déchirant, qui n’était pas agonisant. Un chant. Je ne pouvais pas comprendre les paroles, il semblait être dans une langue étrangère dont j’avais du mal à reconnaître les sonorités, mais le ton apaisant et doux m’appelait. Je n’avais jamais été proche de ma mère, une femme froide et sèche, mais cette balade me rappelait celle que me chantait ma nourrice, une jeune fille répondant au nom de Lorietta, pour m’endormir le soir. Je sortais peu à peu de ma torpeur, m’accrochant à cette douce mélodie plutôt qu’à ces flashs de désolation. Je commençais à reprendre conscience de ma position, de l’endroit où je me trouvais, des larmes qui coulaient sur mes joues. Une présence près de moi, chaude, réconfortante, me serrait contre elle. Et enfin, quelques mots, alors que des doigts se nouaient aux miens. C’était la voix de Rain.

Presque automatiquement, je me raidis. L’orage était passé, et j’allais maintenant devoir en assumer les conséquences : elle m’avait vu à mon plus bas, lorsque j’étais plus pitoyable qu’une porte de chatons nouveau-nés qu’on s’apprêtait à noyer. Comment la regarder dans les yeux ? Comment expliquer l’inexplicable, un traumatisme dont j’avais moi-même du mal à comprendre les tenants et aboutissements ? Je n’avais pas l’habitude qu’on s’occupe de moi, en fait, ce n’était pas ce que je voulais. Tout ce que je voulais, c’était qu’on me laisse tranquille. J’étais persuadé que je pourrais guérir sans aide, et si ce n’était pas le cas, tant pis. C’était que je n’étais pas assez fort, pas assez méritant, et que je n’en valais donc pas la peine. Et cette étreinte, si je voulais m’y complaire (Merlin, que j’aurai aimé simplement lâcher prise, et supporter de rester, ne serait-ce que quelques minutes, dans cette douce chaleur), m’était insupportable de par ce qu’elle représentait. J’étais maintenant de ceux qu’on devait soutenir, et plus l’inverse. La guerre m’avait tout pris, jusqu’à ma dignité.

Mais ce n’était pas la faute de Rain. C’était une belle personne, qui voulait simplement m’aider. Alors, je la repoussais doucement, sans violence, en essayant de rendre mon regard le plus neutre possible. Il fallait que je dissimule ce qu’il venait de se passer, même si ça serait difficile et qu’elle verrait, probablement, clair dans mon jeu. C’était ma seule issue.

« -Je suis désolé, je… Je me suis senti mal tout à coup, et j’ai du sortir. Pardon pour mon impolitesse, je ne voulais pas vous inquiéter, tout va bien. Un faux sourire plaqué sur mon visage, forcé. Plus un rictus qu’autre chose. Ça doit être quelque chose que j’ai mangé ce matin, je pense, oui, je… Je me relevais, en époussetant mes habits tachés par la terre et la poussière. Je crois qu’il vaut mieux que je parte, je vais passer chez le médicomage, un peu de repos, et ça devrait aller. Merci pour tout, Rain. »

J’avais réussi à prononcer mes derniers mots sans laisser échapper de sanglots dans ma voix, et c’était un miracle. Car tout n’était que mensonges. J’avais honte, de moi, de ce que je disais, de ce que je faisais. Mais je ne voyais pas d’autres solutions.
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Rain n’avait jamais redouté les tempêtes ou les orages. Bien au contraire. Le grondement sourd et profond du tonnerre l’avait toujours apaisée. Sentir l’onde du son se propager le long de son sternum faisait partie de ses sensations préférées. Le son riche et grave du violoncelle, si proche de celui du tonnerre était sans doute la raison pour laquelle elle avait eu un immense coup de coeur immédiat pour l’instrument. Sans compter les vieilles légendes de Grand Mère Kvelgen qui contaient les exploits du Dieu du Tonnerre. Ce Dieu du Courage qui passait bien souvent sa rage en rendant la Justice Divine à coups de Marteau dans la mâchoire de ceux qui l’ont offensé ou qui ont offensé un innocent.

Rain avait souvent raconté ces histoires, quand elle était encore élève à Poudlard et que la plupart des tentatives pour calmer les plus jeunes échouaient. Elle choisissait souvent la même, celle qui amusait les enfants. Celle où ils pouvaient imaginer Thor, marteau en main, pourchassant Loki pour une broutille, et non pas Thor, marteau en main, luttant contre les géants de la Glace pour la sécurité des Mondes.

Juha tapio laissa la place à des chants traditionnels tantôt finlandais, tantôt norvégiens, tous survivants de la tradition chrétienne. Il se calmait, arrêtait de résister, il s'accrochait à sa voix, à elle tout court… ses efforts payaient, dieux merci. Dieux merci. La tempête n’était plus qu’un léger crachin. La finlandaise pouvait se détendre un peu. Le soulagement s’entendait jusque dans le silence entre les notes qu’elle chantait.

Il finit par la repousser doucement et se relever en lui sortant toute une panoplie d’excuses qu'elle ne voulait pas entendre. De quoi devrait-il s'excuser? Il n'y avait rien à pardonner. Rien. Ce n'était pas de sa faute si la guerre avait éclaté. Ce n'était pas de sa faute si Voldemort avait prit le contrôle du ministère et s'il avait attaqué par surprise une école pleine d’enfants en pleine nuit. Il n'était pas responsable de ça. Ni de ce qu'il avait vu cette nuit là. Ou même de ce qu'il avait dû faire pour survivre à cette bataille.

Vous n’avez pas à affronter ça tout seul. Peu importe ce que vous avez pu faire, vous ne méritez pas de vous punir en rejetant l’aide qu’on vous offre.


Rain ignorait tout de ce que John avait fait pendant la guerre. Et pour le moment, elle n’en avait pas grand chose à faire. Il lui importait plus de le rassurer et de le calmer que de voir les recoins les plus sombres de son passé. Elle même vivait avec un poids qu'il lui était impossible de déposer rien qu’un instant… un fardeau bien moins lourd que celui de son invité, mais un fardeau tout de même qui l’aurai écrasée sans le soutien de son frère et des quelques personnes qu'elle n'avait pas eu honte de contacter à son retour en Angleterre. Et ceux dont elle estimait qu'ils pouvaient disposer de sa vie.

Ne laissez pas vos blessures s’infecter. Peu importe ce qui les a causées.


Si il voulait partir, elle ne l’en empêcherait pas. Elle ne pourrait pas le contraindre à rester par la magie ou par la force: ce serait contre productif. Son but était de le voir revenir. Même si ce n'était que pour un café ou passer un moment à admirer les sirènes et les selkies qui profitaient des courants autours de l’île pour chasser et jouer à se poursuivre dans la houle. Il fallait qu'il revienne, qu'il se soigne. Personne ne devait rester dans une telle détresse.

Je ne pourrai jamais comprendre votre douleur. Je n’essaierai même pas. Seulement, sachez que cette île est la vôtre, et que je ne laisserais personne vous atteindre ici.


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Sujet: Re: We are meant to rise [feat Jonathan] | Sam 14 Juil - 4:58
We are meant to rise

- Jonathan Rowle — Rain Kvelgen -


L'humanité devra mettre un terme à la guerre, ou la guerre mettra un terme à l'humanité.” John Fitzgerald Kennedy  

Depuis la fin de la guerre, c’était comme s’il y avait en moi deux voix différentes qui se disputaient sans cesse. C’était peut-être un peu cliché, comme dans ces dessins animés que regardait Annie avec un diablotin, et un angelot sur les épaules du protagoniste, qui essayaient de le convaincre d’aller dans la direction du bien ou du mal, mais, à la différence de ces séries pour enfant, l’une comme l’autre n’était ni lumineuse, ni ténébreuse. Il y avait la voix de la raison, celle qui me dictait de cesser mes enfantillages, de reprendre les rennes de ma vie, de remettre le masque de l’Auror fier et droit, de l’homme fort dont on m’avait toujours dit que je devais aspirer à être, et la voix de cette coquille vide que j’étais devenu. Celle qui devait se protéger du monde extérieur, qui avait des plaies tellement béantes qu’elles commençaient à se nécroser, menaçant de se propager dans mon organisme entier et de me détruire définitivement. Si cette dernière semblait bien plus dangereuse que la première, ma psychomage m’avait pourtant dit que je ne devais pas essayer de la supprimer définitivement. Qu’elle ferait partie de moi, pour le reste de ma vie, et que je devais l’accepter : non pas refermer les blessures, mais les soigner. J’avais saigné, j’avais eu des bleus et des contusions, et s’il me resterait des cicatrices, elles ne seraient que les témoins de mes expériences passées, en tout cas, c’était ce qu’elle s’évertuait à me répéter. Je n’avais pas encore atteint ce stade, malheureusement. Je n’avais pas réussi à faire que ces deux voix s’entendent, à l’intérieur de ma tête, et donc, je me rebellais contre les deux.

Tout à coup, je me sentis en colère contre Rain. C’était injuste de ma part, je peux le dire avec du recul, mais sur le coup, ça me semblait tout à fait légitime. Comment osait-elle me dire ces choses ? Ne comprenait-elle pas que j’étais une personne horrible, un criminel de guerre qui méritait tout autant que les Mangemorts contre lesquels j’avais témoigné, de finir derrière les barreaux ? J’avais tué mon frère. J’avais tué d’autres êtres humains, des anonymes, certes, des adeptes du Seigneur des Ténèbres, certes, des meurtriers, eux aussi, certes, mais ils restaient des créatures de chair et de sang. De quel droit avais-je eu l’audace de leur ôter la vie ? Ils n'étaient pas pires que moi. Et toutes ces personnes que je n’avais pas pu sauver... J’avais été faible, c’était mon devoir, et j’avais failli. Non, je ne méritai pas l’aide qu’on essayait de m’apporter. Ça aurait été une injure contre les morts des champs de bataille, contre les pauvres âmes marquées par mes sortilèges.

« -Et qu’est-ce que vous en savez, hein ? Vous ne savez pas ce que j’ai fais, vous ne savez pas ce que j’ai vécu, vous ne savez pas… Vous n’étiez pas là, vous n’avez rien vu, en fait, tous ceux qui auraient pu m’accuser ne sont plus de ce monde, ou alors, ils ont été bannis de la société, grâce aux bons mots de votre serviteur. Je sifflais mes mots, j’assenais ce que je pensais être des vérités universelles. Une bête acculée mord même la main qui le nourrit. Alors ne me donnez pas de leçons, jeune fille, je n’en ai pas à recevoir de vous. Si Dieu, le destin, ou qui que ce soit qui dicte les règles de ce monde, n’a pas jugé bon de me punir pour tout ce que j’ai pu faire de mal dans ma vie, alors, c’est à moi de le faire, c’est tout. »

Je commençais à m’éloigner, trainant mon corps tremblant en direction de ce que je pensais être la sortie. Je m’en étais voulu au moment même où ces mots si vils, si méprisants, avaient passés la barrière de mes lèvres. Rain ne méritait pas de se prendre ma rage en plein visage, elle n’était pas fautive et faisait ce qu’elle pensait être judicieux pour m’aider. Mais c’était ce qu’elle n’avait pas encore saisi : je ne voulais pas être sauvé. Annie était la seule chose qui me retenait sur cette bonne vieille Terre, elle, et les potions de sommeil qui étaient le seul moyen que j’avais trouvé pour reposer mon esprit écorché. Mais je n’étais pas vraiment honnête avec moi-même. Si je ne voulais pas d’aide, je n’aurai pas accepté cette thérapie, je n’aurai pas voulu prendre ma nièce sous mon aile, je n’essayerai même pas de me lever le matin. Je me donnais des excuses, le fait que j’ai été obligé par un juge de me faire suivre par un psychomage, ou encore que je me devais de prendre mes responsabilités auprès de ma si blonde petite nièce, puisque c’était moi la cause de son statut d’orpheline. J’avais en réalité une troisième voix dans ma tête, plus faible que les autres, plus douce. Elle me promettait des jours meilleurs et me suppliait de tenir le coup, mais j’avais tendance à la balayer du revers de la main. C’est plus simple d’écouter des cris de colère, plutôt que des chuchotements d’encouragement, après tout.

Alors que je finis, un peu par hasard, par arriver près du ponton par lequel j’étais arrivé sur l’île, je me permis de me retourner quelques instants, pour saisir la beauté de la réserve une dernière fois. Probablement que je ne reviendrais pas : c’était inutile, et de toute façon, je me doutais que Rain ne voudrait plus d’un vieil homme qui piquait des crises de panique pour rien et qui, ensuite, lui criait dessus sans raison. La honte, la fatigue, tout se mélangeait en moi.

Et c’était ce tourbillon si familier, mais toujours aussi dévastateur, qui me fit tourner les talons.
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We are meant to rise [feat Jonathan]
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