I need your help - feat Jonathan Rowle

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Sujet: I need your help - feat Jonathan Rowle | Jeu 5 Avr - 17:35
Novembre 2000. Déjà ! Il était tellement occupé ces derniers temps qu'il ne voyait absolument pas le temps passer. A vrai dire, il se demandait par moment s'il ne perdait pas le fil du temps. Nombre de ses activités se déroulant la nuit, cela n'arrangeait pas les choses. Il vivait décalé au reste du monde, dormant lorsque les autres travaillaient, et travaillant lorsque ceux-ci étaient blottis dans les bras de Morphée. C'était toutefois ce que voulait le job. Il était employé à monter la garde, à escorter des personnes, des marchandises, à veiller à la sécurité de certaines personnes, à en menacer d'autres. On ne lui avait pas encore demander de faire taire définitivement qui que ce soit et il était plutôt satisfait qu'il en soit ainsi. Il était déjà obligé de prendre beaucoup sur lui pour exécuter les jobs qu'on lui donnait - qui allaient à l'encontre de tous ses principes, de tout ce pourquoi il s'est toujours battu - mais tuer allait bien au-delà de tout. Son infiltration valait-elle le coup d'ôter la vie ? Détruire Magit Is Might et sauver des dizaines, voire des centaines ou des milliers, de vies en potentiel était une mission qui importait plus qu'une vie ? Il n'était pas assigné aux tâches habituelles des Pions de l'organisation. Il avait démontré ses capacités, ses compétences, faisant de lui un atout pour le groupuscule et ses instances dirigeantes. Seul Merlin savait combien de temps il devrait rester ainsi en sous-marin, endossant pleinement sa nouvelle identité, avant de pouvoir jeter MiM au grand jour. Réussirait-il un jour à réunir suffisamment de preuves pour exposer les membres les plus importants et entraîner la dislocation du collectif sorcier ? Seul le temps le dira.

Toujours était-il que ses crises d'angoisse ne s'amélioraient pas et n'iraient probablement pas en s'améliorant. Les flash des violences qu'il commettait ou dont il était témoin surgissaient par moment de sa mémoire, droit devant ses yeux, obnubilant et attaquant son esprit démuni. Il ne savait comment les calmer, comment s'en prémunir. Il le fallait. Il ne pouvait risquer que l'une d'elles se produise lors d'une situation dangereuse, autant pour sa vie que pour la réputation qu'il avait construite. Toute son opération, tout ce qu'il avait fait ces dernières semaines pourrait être compromis si les mauvaises personnes étaient témoins d'une crise, ou s'il était arrêté ou tué à cause de l'une d'elles. Non, il fallait qu'il arrive à les refreiner, qu'il trouve quelque chose qui l'aide à davantage contrôler ses crises. Et il connaissait quelqu'un qui pouvait l'aider en ce domaine. Quelqu'un qu'il n'avait vu depuis longtemps, quelqu'un dont il avait toujours apprécié la compagnie et les précieux conseils, un véritable modèle pour lui depuis qu'il était entré au Bureau des Aurors : Jonathan Rowle. Il savait que ce dernier souffrait également de troubles mentaux tels que les siens, ou du moins des tortures mentales liées aux scènes de violence du passé. Peut-être pourrait-il l'aider.

Matt avait longtemps hésité avant de se décider à prendre contact avec Jonathan. En le rencontrant, il montrait à quelqu'un qu'il n'était pas mort, exposant ainsi sa couverture. Matt espérait sincèrement que l'ancien Auror comprendrait sa mission et saurait taire les informations qu'il obtiendrait lors de l'entretien à n'importe quel prix. Toutefois, le rapprochement et l'intensification des crises lui faisaient craindre pour sa santé mentale et pour sa vie. Il devait prendre ce risque, il devait rentrer en contact avec Jonathan.

Vêtu d'un sweater, le visage plongé dans la pénombre qu'offrait la capuche, il se déplaçait dans les couloirs de l'UPA. Pour l'occasion, il avait user de ses connaissances en Métamorphose afin d'allonger quelque peu sa barbe de quelques jours. Il arborait maintenant une barbe plus dense, mais ne dépassant pas vraiment de son visage. Les cheveux plus longs qu'à l'accoutumée lui tombaient sur le front, venant camoufler ses yeux, eux-même modifiés, colorés à l'aide de lentilles. Il était méconnaissable, du moins difficilement reconnaissable. Il se mouvait de plus dans la foule des étudiants, se cachant dans la masse. Il avançait d'un pas assuré vers son objectif, qu'il atteignit après plusieurs minutes de marche. Il savait que le Professeur serait en cours à ce moment. Après avoir vérifié derrière lui que personne ne l'épiait, il pénétra dans le bureau de celui qui formait les nouvelles recrues au métier d'Auror. Rapidement, il se déplaça vers le bureau et y posa une feuille pliée en deux. Sur celle-ci on pouvait lire :
Mesage:
 
Il ressortit aussi vite qu'il était entré et disparut en rejoignant les foules qui peuplaient les couloirs. Il était encore tôt.

Il était en avance. Il voulait être sur les lieux avant l'heure du rendez-vous, notamment pour prendre connaissance de l'environnement, vérifier qu'il n'était pas suivi, qu'aucun guet-apens n'était prévu. Il attendit alors sagement dans la pénombre, métamorphosé en loup, que le Professeur pointe le bout de son nez.
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Sujet: Re: I need your help - feat Jonathan Rowle | Sam 7 Avr - 7:42

I need your help
John & Matt
Je me craquais le dos, en essayant de ne pas encore plus me faire mal. Ce matin, Annie avait décidé de me sauter dessus et j’avais dû courir tout autour de sa chambre en criant "Accroche toi, spider monkey !" pendant une bonne demi heure, oubliant au passage mon âge et mes vieux os rouillés. Pas besoin d’être malade pour avoir l’impression d’avoir deux pieds dans la tombe : je mourrais déjà. Tous les jours, chaque seconde, je m’en approchais. Je vieillissais. J’avais entendu parler d’une bonne kinésithérapeute qui exerçait dans le centre-ville, une certaine Grace Hamilton, et je songeais de plus en plus à prendre rendez-vous : mais pour l’instant, je devais survivre à cette journée de cours. Heureusement, je n’aurai pas besoin d’énormément bouger, étant donné que je n’avais que des cours théoriques dans les amphithéâtres de l’UPA, mais il faudrait absolument que je me raccommode le dos avant la prochaine séance de travaux pratiques, car même si mes élèves faisaient, bien entendu, le gros du travail, je devais bien souvent leur faire des démonstrations de positionnement et de figures.

J’arrivais, pour l’instant, à masquer le fait que je n’utilisais pas mes pouvoirs magiques, même dans le cadre de mon métier de professeur. J’avais essayé, pourtant. Il y avait une semaine, alors que ma nièce était couchée et que je fixais depuis une bonne heure ma baguette, je l’avais soupesé une énième fois dans ma main, sentant l’énergie glisser le long de mon bras. Allez, John, m’étais-je dis. Fais quelque chose de simple, un Accio, ou quelque chose du genre, tu peux y arriver. J’avais pointé le bout de bois vers ma tasse de thé, pour qu’elle atterrisse entre mes doigts, mais le mot latin n’était jamais sorti de ma bouche. A la place, ma main s’était mise à trembler de manière incontrôlable, et j’avais revu, dans mon esprit, l’expression de mon frère qui tombait, abattu de ma main, sur le champ d’honneur de la bataille de Poudlard. Pendant quelques instants, c’était comme si j’étais revenu dans le passé. Je pouvais sentir l’odeur de brûlé, entêtante de par son horreur, des corps de mes camarades de l’Ordre du Phénix, calcinés par des Mangemorts, par des Sang-Purs avec qui j’avais grandis. Je pouvais entendre les cris déchirants d’adolescents qui tombaient sous les coups de sortilèges impardonnables, qui avaient eu le courage de se battre pour leurs convictions, les menant à leur propre perte. Je pouvais voir, tout autour de moi, désolation et carnage, destruction et ravages. Le flash dura seulement quelques secondes, mais pour moi, il sembla durer des heures, interminables, intolérables, et une pellicule de sueur froide se forma sur l’ensemble de mon corps tremblotant. La baguette tomba par terre, et je ne pus la ramasser que le lendemain, lorsqu’Annie me la tendit en me disant, de sa petite voix aigue, que je devais faire plus attention à mes affaires, singeant mes propres paroles habituelles.

Lorsque j’avais parlé de cet épisode à ma psychomage, un événement qui s’ajoutait à la longue liste de mes crises chroniques, elle m’avait dit que c’était parfaitement normal, que le chemin de ma guérison serait encore bien long et semé d’embûches, mais que le fait d’admettre que j’avais un problème était le plus important. Je ne fuyais pas mon trouble, je l’affrontais : c’était ce qu’elle me disait, en tout cas. Je me sentais surtout pathétique, à devoir me gaver de potions de sommeil pour pouvoir m’endormir sans faire de terribles cauchemars, à ne pas pouvoir utiliser ma magie, à devoir mettre sur mon visage un sourire de façade pour ne pas inquiéter ma nièce, et à devoir parler à une inconnue bardée de diplômes de ce que je ressentais, chaque semaine que Merlin faisait.  

Les trois heures de cours, consacrées aux techniques d’interrogatoires dispensés par les Aurors, se déroulèrent sans accroc et, après avoir rangé mes affaires dans ma sacoche en cuir, je me dirigeais vers mon bureau, afin de corriger quelques copies dans le calme avant de rentrer chez moi. Les couloirs étaient, comme à leur habitude, remplis d’étudiants qui se rendaient aux différents bâtiments de l’université, et j’étais comme une ombre parmi leur lumière. Je savais que j’avais d’ores et déjà acquis la réputation d’être quelqu’un de sévère, de revêche, après tout, je ne souriais pratiquement jamais et ne participais à la vie du campus que lorsque c’était strictement nécessaire. La seule de mes collègues avec qui je prenais un réel plaisir à discuter était Aldabella, que je connaissais depuis mon implication dans l’Ordre du Phénix, et si elle n’était pas là, je pense qu’on m’aurait déjà donné l’étiquette d’ermite. Je pénétrais dans mon bureau, avant de fermer la porte et de m’asseoir dans mon siège, soupirant. J’avais hâte de me coucher.

Un papier, soigneusement plié, attira mon attention. Est-ce qu’un élève était venu déposer un mot ? J’avais pourtant spécifié que je préférais passer par hibou pour la correspondance… Curieux, je dépliai le parchemin et parcouru des yeux les mots tracés à la plume, ne comprenant pas instantanément leur sens. Ce n’était pas un élève, j’en étais sûr. MC… Je ne reconnu pas immédiatement cette signature. Après tout, cela faisait des années que je n’avais pas vu Matt Clickerly, un ancien jeune Auror avec qui je me plaisais à discuter entre deux missions, lorsque j’appartenais au Bureau, avant la guerre. Mais était-ce réellement lui ? J’avais appris, via mes vieilles connaissances chez les forces de l’ordre magiques, qu’il avait été déclaré mort depuis plusieurs mois maintenant.

Je relu une dizaine de fois le mot, pour essayer d’y démasquer un sens caché. De nombreux Mangemorts avaient réussis à échapper au baiser du Détraqueur ou à Azkaban grâce à la langue acérée de leur avocat (notamment ce diable d’Humphrey Bowman) ou en plaidant l’Imperium, et ce rendez-vous pouvait être un piège de l’un d’eux, une embuscade pour se venger de mon implication durant la guerre. Je n’avais aucune certitude. Mais si Matt était en vie… Il ne me contacterait pas si ce n’était pas une urgence. Nous autre, Auror, savions fort bien qu’une couverture était parfois tout ce qui nous protégeait d’une mort certaine, voir pire, et il était inconcevable que, dans le cas où c’était bel et bien lui qui avait déposé cette note, il risque de se dévoiler pour une broutille. Ma décision était prise. C’était peut-être une terrible erreur, mais je me rendrais à ce rendez-vous. Maudit complexe du héros, maugréais-je, regrettant déjà ce choix. Le visage d’Annie passa dans mon esprit. Et si je n’étais pas le héros ? Et si j’étais… le méchant ? Après tout, s’il m’arrivait quelque chose, la petite orpheline perdrait son oncle, et serait envoyé en foyer. Je secouais la tête. Jamais je n’abandonnerai un collègue en détresse, même si j’avais quitté le Bureau : les réflexes d’Auror étaient profondément ancrés en moi.

***

J’avais quitté l’appartement en silence, ma nièce dans les bras de Morphée. Je ne savais pas ce qui allait m’attendre, dans les souterrains de l’université, et je serrais ma baguette entre mes mains. Je ne me faisais aucune certitude, et je savais qu’elle me serait inutile en cas de combat, à cause de mon traumatisme et de mon manque d’entrainement, surtout contre un Mangemort énervé, mais peut-être que la dissuasion serait suffisante. Je sentais que quelqu’un était là, même si je ne pouvais pas le voir : certains appelaient ça un sixième sens, pour moi, c’était simplement l’expérience qui parlait. J’éclaircis ma voix. Elle ne fléchit par lorsque je prononçai ces quelques mots, inflexibles et remplis d’une menace sous-jacente :

« -Cessez ce petit jeu, et montrez-vous. Vous m’avez donné rendez-vous, me voilà. »


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Sujet: Re: I need your help - feat Jonathan Rowle | Dim 8 Avr - 17:19
Tapi dans l'ombre, il attendait. Il était sous sa forme Animagus - un magnifique loup gris d'Europe - afin d'être davantage invisible aux yeux des curieux. Et, si jamais certains l'apercevaient, la rumeur de Scotus Lupus ferait probablement fuir ceux la connaissant. Quoiqu'il en soit, il se tapissait dans l'ombre, tel qu'il l'avait appris en formation, en attendant son ancien collègue. Il avait eu vent de ses problèmes depuis la Bataille de Poudlard - ce qu'il comprenait parfaitement. Lui-même avait encore des visions de cet horrible évènement qui émanaient par flash de sa mémoire. Cela se produisait notamment lors de ses crises. La Seconde Guerre Sorcière s'était achevée sur une abominable scène de guerre, où l'horreur était autant visuelle qu'auditive. Les cris torturés et ceux des blessés venaient se mêler aux bruits des explosions, des pierres éclatant sous l'impact de sortilèges filant à travers l'air, le sang des victimes coulait et collait au sol. Matt préférait ne pas repenser au pire moment de sa vie, la fine fleur de la jeunesse sorcière ayant combattu - souvent au péril de sa vie - les forces du Mal que le gouvernement, les Aurors tout particulièrement, n'avait pas été fichu d'arrêter.

L'ancien Auror, présumé mort depuis plusieurs semaines, ne savait combien de temps il allait rester ainsi. Il n'était même pas sûr que Jonathan ne viendrait au rendez-vous. Peut-être aurait-il des empêchements et ne pourrait donc venir. Il devait juste se montrer patient et rester caché en attendant celui qui lui avait servi, durant toutes ces années, de modèle en tant qu'Auror. Tout en restant alerte, il se remémorait ses années de formation et ses premières années en fonction. Il se souvenait notamment d'un de ses instructeurs en formation aux infiltrations. Il se souvenait s'être fait engueulé pour être resté trop honnête lors d'un exercice. Il n'avait pas été le seul d'ailleurs. Il se souvenait encore des mots de l'instructeur : "Je vous ai appris à tricher, truander, resquiller et vous redevenez honnête dès que j’ai le dos tourné". Ce qu'il avait appris auprès de ce formateur, c'était qu'un Auror, bien que représentant de la loi et de l'ordre, se devait de ne pas toujours respecter les règles et les lois si cela permet de stopper un mage noir ou un ennemi de la société de manière générale. Le Ministère de la Magie avait d'ailleurs autorisé les Aurors à faire usage des sortilèges impardonnables contre les Mangemorts, contre tous partisans de Lord Voldemort qu'ils combattaient. C'était un principe qu'il continuait d'appliquer aujourd'hui encore. Il n'en venait peut-être pas à utiliser les sortilèges impardonnables, mais il n'hésitait pas à entrer dans l'illégalité si cela permettait d'apporter davantage de  sécurité à la société. La mission qu'il s'était donné, à savoir démanteler le groupuscule MiM, nécessitait l'usage de techniques peu conventionnelles. En effet, les forces de l'ordre n'arrivaient à rien en les attaquant de front, et il pensait que le résultat pouvait être autre en réunissant les preuves au fur et à mesure et en exposant l'intégralité des instances dirigeantes du groupuscule au moment opportun. Mais cela ne pouvait être accompli sans sacrifice, sans enfreindre les règles. Sans effectuer des actions qui vont à l'encontre de ses principes non plus.

Et c'était bien cela le problème. A force de vivre une vie qui n'était pas la sienne, à effectuer de sales besognes tout en usant de violences, son âme se déchirait de ce paradoxe quotidien auquel elle faisait face. Voilà pourquoi il avait besoin de rencontrer Jonathan, quitte à être obligé de lui faire confiance quant à sa couverture. Mais Matt se faisait peu de soucis sur ce point, il savait que son ancien collègue saurait tenir sa langue. Et c'était parce qu'il avait besoin de lui quant à ses crises d'angoisse qu'il l'attendait en cet instant précis et qu'il l'attendrait toute la nuit s'il le fallait. L'avantage des mines de sel en cette heure avancée était l'obscurité qu'elles offraient ainsi que le doux bruit du fracas des vagues, le tout offrant une planque parfaite. Matt restait allongé, la tête posée sur les pattes avant, observant la salle qui se présentait devant lui. Nul doute que Jonathan ne tarderait à arriver, ce n'était plus qu'une question de minutes maintenant.

Et il avait raison. Ses yeux, plus nyctalope que sous sa forme humaine, repérèrent le Professeur aussitôt était-il arrivé dans la pièce. Il ne manqua pas de voir qu'il avait sa baguette à la main. Il n'avait pas l'air serein, et il avait raison de ne pas l'être. Il n'était pas impossible qu'un mage noir ait monté un tel plan pour l'embusquer et le tuer pour se venger de ses actions au cours de la Seconde Guerre Sorcière. Heureusement pour Jonathan, Matt n'avait aucune intention de lui nuire. Il se releva et s'étira, avant d'avancer à pas feutrés jusqu'à ce que son museau dépasse légèrement de l'obscurité. Les mots du plus âgé résonnaient encore à ses oreilles. Il se lança en avant tout en reprenant sa forme humaine, arborant la même allure que celle qu'il avait lorsqu'il s'était baladé dans les couloirs de l'université cet après-midi pour aller déposer le message. Il se doutait qu'il pourrait être difficile pour Jonathan de le reconnaître ainsi, mais si son aîné faisait bien attention il pourrait le reconnaître. Il n'avait pas vraiment envie de prendre sa véritable allure afin d'éviter de compromettre davantage sa couverture. Il prenait déjà énormément de risques à rencontrer Jonathan.

- Je suis là, Jonathan. Cela faisait longtemps. Accepterais-tu une petite visite des mines de sel avec moi ? J'ai besoin de te parler de quelque chose d'important. De vital !

Si Jonathan était d'accord, Matt s'apprêtait - afin qu'il puisse comprendre ses crises d'angoisse - à lui raconter sa couverture, car finalement c'est dans le mensonge que la vérité commence.
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Sujet: Re: I need your help - feat Jonathan Rowle | Ven 13 Avr - 14:43

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John & Matt
Je me rappelais sans mal la première fois que j’avais vu Matt Clickerly, un jeune homme plein d’avenir et de motivation, arpentant les locaux des bureaux des forces de l’ordre magiques, lors du premier jour de sa prise de fonction. Tout comme moi, il était un ancien Serdaigle, et tout comme moi, il avait cru aux idéaux du bureau des Aurors : je ne me souvenais pas exactement, par contre, de comment nous en étions venu à discuter, un jour de pluie, alors que je venais de rentrer de mission, et qu’il s’apprêtait à partir pour l’une de ses toutes premières. Il était angoissé, réaction parfaitement normale lorsqu’on débute dans le métier, et j’avais cru lire dans ses yeux celui que j’avais été, à mes débuts de jeune Auror. C’était un ami de Léandre, mon élève, et son stress évident se lisait sur tout son corps, ses membres tendus, son visage fermé. Je lui avais soufflé quelques mots qui, je l’espérais, réussiraient à apaiser cette tension qu’il ressentait, et, lorsque je l’avais revu quelques jours plus tard, il semblait bien plus détendu. Les premières épreuves étaient passées, le pansement avait été arraché : et cela devint comme un petit rituel, impromptu mais courant, que de s’asseoir à la table de l’autre pour échanger des considérations sur la politique, sur notre travail, sur les événements habituels qui se déroulaient au sein du Ministère. Je l’appréciais, c’était quelqu’un d’intéressant et d’agréable à côtoyer, pas vraiment un ami, mais pas vraiment une connaissance non plus.

L’homme que j’avais devant moi était méconnaissable. Je connaissais l’appétence de Matt pour la métamorphose, et je me doutais que son talent avait fait acte ici : mais il semblait que, tout comme moi, la guerre, ou en tout cas les épreuves de la vie, l’avait changé. Il était assez facile pour moi de remarquer cette lueur un peu hagarde dans les yeux, ce langage du corps fermé, cette distance indicible qu’il plaçait entre lui et les autres : je la voyais moi aussi tous les jours, lorsque je me regardais dans la glace. Qu’était-il arrivé au jeune homme que j’avais rencontré au bureau des Aurors ? Etait-il, tout comme moi, mort au moment de la bataille finale, ou bien son mal différait-il ? Je savais qu’il avait été porté formellement disparu, l’histoire devait donc être plus profonde que ce que je ne pensais. Ma curiosité était vive, je devais l’avouer, mais je gardais ces pensées pour moi.

Je me contentai de ranger ma baguette dans ma manche, sachant que je ne courrais aucun danger en compagnie de Matt. Quand bien même il se serait tourné du côté des forces des ténèbres (ce dont je doutais fortement), comme certains de mes collègues avant lui, je savais que je ne ferai pas le poids face à lui. J’étais plus expérimenté, certes, mais il était bien plus jeune, et le duel aurait été probablement égal et difficile, si seulement l’idée même de lancer ne serait-ce que le plus basique des sorts ne me retournait pas les entrailles, au fond de mon ventre.

« -Cela fait longtemps, en effet, mon ami. Je dois t’avouer que ton mot a soulevé mille questions dans mon esprit. Il n’est pas banal qu’un homme mort fixe rendez-vous à un ancien collègue…

Nous commençâmes à marcher, côte à côte, le long des couloirs des mines de sel, nos pas résonnant doucement contre les parois claires, les éclairages vacillants rendant la scène encore plus surréaliste. Je n’étais pas encore arrivé à Atlantis, lorsque ces lieux furent témoins de l’enlèvement du patron de la compagnie moldue Apple, mais j’avais lu, bien entendu, le rapport à ce sujet, et je savais que Matt avait été, en grande partie, tenu pour responsable de ce fiasco. J’avais levé un sourcil, interloqué, quand j’avais lu cette information : je me doutais que les quelques phrases relatant l’événements ne révélaient pas réellement ce qui s’était passé, dans les sous-sols d’Atlantis. L’Auror était tout sauf laxiste, et, sans lui, probablement que la soirée se serait terminée de manière bien plus tragique…

-Je me doute, bien entendu, que cette simulation de décès fait partie d’une bien sombre histoire, Matt. Tu n’es pas en danger, j’espère ? J’ai certes quitté le bureau, mais je pourrais probablement t’aider à te sortir du mauvais pas dans lequel tu t’es peut-être fourré. »

Car je ne voyais pas d’autres explications à cette mise en scène, à ce rendez-vous secret. Je n’avais connu le jeune homme que dans un contexte professionnel, je me doutais donc que cette rencontre avait un rapport avec une mission, qui avait peut-être mal tournée : j’attendais donc patiemment qu’il me délivre la véritable raison de notre présence ici.


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Sujet: Re: I need your help - feat Jonathan Rowle | Dim 22 Avr - 18:48
Jonathan était enfin arrivé, il avait compris son message et avait accepté ce rendez-vous des plus étranges. Matt rangea également sa baguette, montrant patte blanche à Jonathan, lui indiquant qu'il n'avait rien à craindre de sa part. Même si tous les signaux indiquaient que Matt pouvait avoir tourné et intégré pleinement les forces du Mal, ce n'était pas le cas. Il était toujours au fond de lui le même homme, le même utopiste que Jonathan avait connu au Bureau des Aurors de Londres, le même jeune homme qu'il avait conseillé et réassuré à de maintes reprises pendant leurs pauses, autour d'un café.

Ils se mirent à marcher l'un à côté de l'autre dans les couloirs des mines de sel, la lumière vacillant au rythme des vagues qui venaient s'entrechoquer contre les parois rendant cette scène surréaliste. Ce spectacle visuel serait d'autant plus beau pour lui si les souvenirs de la soirée d'inauguration n'arrêtaient de resurgir dans sa mémoire. C'était difficile pour lui. Le gouvernement l'avait tenu et continuait de le tenir pour responsable de l'enlèvement du fondateur et PDG de l'entreprise à la pomme. Et ce même s'il avait martelé manquer d'effectifs pour assurer la sécurité lors d'une telle soirée. Il n'avait jamais remis les pieds aux mines de sel depuis la soirée et les souvenirs ne cessaient de faire irruption dans son esprit, alors qu'il devait parler d'autre chose avec Jonathan. Alors qu'ils avançaient dans les couloirs, des fantômes apparaissaient devant ses yeux, il revoyait parfaitement l'emplacement des opposants, l'intensité des combats auxquels il avait participés. Il fallait qu'il évite de trop y penser, il devait se concentrer sur l'instant présent, sur l'aide qu'il était venu chercher auprès du Professeur.

Les mots de ce dernier résonnaient toujours dans sa tête. Effectivement, Matt était toujours officiellement mort. Il avait d'ailleurs entendu parler de ses obsèques, qui auraient lieu d'ici peu. Cela faisait bizarre d'entendre parler de ce genre de choses. Mais la mission qu'il s'était donné importait plus que ses sentiments personnels. La neutralisation des groupuscules était une priorité pour la sécurité de tous les citoyens, et puisque le gouvernement semblait incapable de les stopper - ou ne le voulait pas, il fallait bien que quelqu'un d'autre s'y colle. Et c'était pour cela qu'il avait monté tout ceci, parce qu'il était prêt à le faire, à sacrifier tout un pan de sa vie pour réussir ceci, pour apporter plus de sécurité aux citoyens sans empiéter sur la moindre de leurs libertés. Mais il avait besoin d'aide, psychologique notamment. Il avait de plus en plus de mal à tenir face à ses crises d'angoisse et c'était pour obtenir l'aide de Jonathan qu'il était sorti de l'ombre, qu'il s'apprêtait à révéler toute son opération à quelqu'un. A partir de ce soir, Jonathan serait la seule personne au monde à savoir qu'il était toujours bel et bien vivant.

Matt écoutait attentivement les mots de son ancien collègue. Effectivement, cette mise en scène de son décès n'était pas raison. Et puisqu'il n'avait pas fait quelque chose de mal, c'était donc bien pour une mission qu'il se faisait passer pour mort et qu'il endossait pleinement une autre identité. Ce qui n'était pas évident tous les jours. Et cette bien sombre histoire que présumait Jonathan risquait de le "choquer". Peut-être n'approuverait-il pas la manière de faire du présumé mort. Mais il n'avait pas vu d'autre alternative efficace à celle-ci, et maintenant il était trop tard pour faire demi-tour. Il n'avait d'autre choix que d'effectuer son infiltration jusqu'au bout, d'être James Finnerty jusqu'à ce qu'il ait accumulé toutes les preuves dont il avait besoin afin d'exposer le groupuscule au grand jour et que son démantèlement se fasse par la force des choses.

- Je sais que tu peux m'aider, Jonathan, mais je ne souhaite pas être aidé vis-à-vis de cette mission. C'est extrêmement dangereux et je ne veux pas que tu fasses encourir des risques de représailles à tes proches ou à toi-même. Les gens avec qui je traite ne sont pas des enfants de chœur et ne reculent devant rien pour arriver à leur fin.

Il n'avait encore rien dit de son histoire, de la mission qu'il s'était donné. Toutefois, il avait annoncé la couleur. Jonathan, bien que toujours dans l'ombre de ce qui se tramait ainsi que de la raison exacte de ce rendez-vous, devait savoir dans quoi il pouvait mettre les pieds s'il l'aidait effectivement. Si sa proposition d'aide était appréciée, Matt ne voulait rien lui cacher, il voulait être parfaitement honnête quant à la situation dans laquelle il s'était fourré.

- C'est pour cela que je préfère ne pas t'en dire plus. Nous risquons déjà tous les deux très gros si une mauvaise personne nous voyait maintenant. D'où l'excentricité du lieu de ce rendez-vous, ainsi que toutes les précautions que j'ai prises pour sécuriser la zone. J'ai besoin de toi, mais je préfère mourir que de te mettre en danger pour cela. Si tu insistes vraiment, je pourrais te parler de ma situation, mais il faut que tu prennes bien conscience des dangers encourus, ainsi du fait que tu ne pourras absolument pas parler de quoi que ce soit à quelqu'un d'autre. Si j'ai mis en scène ma mort, tu te doutes bien que c'est parce que la situation l'oblige.

Ils continuaient de marcher. Matt restait sur le qui-vive. Il épiait le moindre recoin, la moindre zone d'ombre dans laquelle un ennemi pourrait se cacher. Aucun risque ne devait être pris. Il en profita également pour marquer une pause dans son discours et observer les réactions de Jonathan. Il savait qu'il en faudrait plus à l'ancien Auror pour être apeuré - tout comme lui il avait vécu les horreurs de la Bataille de Poudlard. Mais la situation n'avait rien à voir avec la guerre. Les actions clandestines menées par un groupuscule étaient bien plus vicelardes et bien plus ciblées qu'une guerre conventionnelle ou qu'une guerre menée comme une guérilla telle la Seconde Guerre sorcière. Voldemort avait parfaitement démontré la dangerosité des actions menées clandestinement dans le but de saisir le pouvoir. Et pourtant, le Ministère semblait toujours être autant dans l'incapacité de stopper de tels groupes clandestins. C'était la raison même de sa mission personnelle.

- J'ai besoin de tes conseils, de ton expérience. J'ai de plus en plus de crises d'angoisse, je me mets à suer, j'ai des flash visuel, des scènes violentes qui ressurgissent de ma mémoire, j'ai du mal à tenir debout, je perds la perception de mon environnement. Et plus le temps avance et les scènes violentes s'enchaînent, plus les crises s'intensifient et deviennent plus fréquentes. J'ai essayé plusieurs choses mais rien ne fonctionne, je ne sais plus quoi faire. Et si jamais une telle crise se produit au mauvais moment, je risque gros, ma vie entre autre. J'ai besoin de toi, de tes conseils pour soigner ce mal psychologique dont je souffre.
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Sujet: Re: I need your help - feat Jonathan Rowle | Sam 28 Avr - 13:44

I need your help
John & Matt
L’une des raisons pour lesquelles j’étais resté célibataire et sans enfants, outre mon caractère renfermé qui était bien peu avenant pour la gente féminine, était le potentiel danger que représentait le métier d’Auror. Faire parti des forces de l’ordre était, en général, une carrière prenante et tout sauf sécuritaire, mais si le Bureau représentait l’Elite des représentants de la justice magique, c’était bel et bien parce que les Aurors étaient confrontés à des situations bien plus risquées, bien plus sombres. Pour expliquer aux moldus à quoi cela correspondrait, ce serait comme comparer un policier avec un membre des services secrets, comme le FBI : notre mission principale était de lutter contre les mages noirs, qui utilisaient leur magie pour faire subir les pires horreurs, mais nous étions aussi spécialisés en espionnage, en investigation, en combat. Le couteau-suisse du Ministère de la Magie, qu’on envoyait à chaque fois que la situation était trop tendue pour les tireurs de baguette magique. Leurs chiens de garde. Leur main armée.

Je ne savais pas ce qui était arrivé à Matt, mais je ne doutais pas une seule seconde que sa "mort", qui n’en était pas une, appartenait à un plan minutieusement préparé. Sa présence ici devait faire partie de l’engrenage : mais quel serait mon rôle là-dedans ? J’avais quitté le Bureau, et j’avais bien fais comprendre que je n’y remettrais jamais les pieds. Kingsley était de mon côté, comme il l’avait toujours été, et il aurait fait comprendre que je ne voulais pas me mêler de quoi que ce soit relevant de près ou de loin à une mission. Alors que signifiait ce rendez-vous ? Pourquoi ces secrets, ces faux-semblants ? Mon cerveau tournait à vive allure, contrastant avec le rythme tranquille de notre marche à travers les couloirs de l’ancienne mine de sel.

Et puis Matt me répondit, des mots simples qui pourtant m’interpellèrent. S’il ne voulait pas m’impliquer dans cette affaire, la raison de cette prise de risque de sa part était insensée. Sa prévenance à mon égard était touchante, et surtout justifiée (je n’avais aucun mal à l’avouer, il était difficile de nier à quel point je n’étais plus que le reflet de l’homme que j’avais été), mais elle me plongeait dans une profonde perplexité. Que venait-il faire ici ? Une alarme retentit dans ma tête : quelque chose clochait. Peut-être que j’avais tort, peut-être que tout ceci n’était qu’une embuscade mise en place pour endormir ma méfiance et mieux m’ôter la vie. Peut-être que l’Auror était passé à l’ennemi, après tout. Cela me semblait invraisemblable, surtout lorsque je me souvenais des longues conversations que nous entretenions dans le passé, notamment sur l’idéologie de Voldemort, mais les gens changeaient, j’étais bien placé pour le savoir. Quelle autre raison pouvait-il y avoir, quant à sa présence à mes côtés ? Je choisis mes mots consciencieusement, ne voulant pas m’exposer à plus de dangers que nécessaire en lui faisant comprendre que je me méfiais.

« -Je ne vais pas t’apprendre que je comprend ta situation, pour l’avoir déjà vécu. Une couverture est une chose précieuse, en effet… Sache en tout cas que mon offre tient toujours, et que si tu te retrouves acculé dans une situation où tu aurais besoin de moi, je répondrais à l’appel.

J’avais l’impression d’être pris dans un étau. D’un côté, j’aurai confié ma vie à Matt, sans soucis : en tout cas, le Matt que j’avais connu, ce jeune Auror talentueux avec qui je prenais plaisir à deviser. De l’autre, je n’avais aucun moyen de savoir si cet homme que j’avais connu existait toujours, s’il n’avait pas succombé à l’appétence enchanteresse de la magie noire. Dans tous les cas, je devais garder le même discours : c’est alors qu’il m’apporta une réponse à ma question silencieuse, qui me désarçonna encore plus que la précédente.

J’avais essayé de cacher, du mieux que je le pouvais, mon mal-être. L’une des raisons pour lesquelles j’avais déménagé à Atlantis était pour éviter de croiser, à Londres, des anciens collègues qui m’auraient pris en pitié, en voyant ce que j’étais devenu : si j’avais fais une crise d’angoisse devant le Ministère, nulle doute que la nouvelle aurait fait le tour de l’institution plus vite qu’il ne fallait de temps pour dire "dépression". Je savais néanmoins que les rumeurs couraient à mon sujet, et qu’il aurait de toute façon été difficile pour les rares personnes qui connaissaient mon état, de garder leur bouche fermée bien longtemps : tôt ou tard, le Bureau entier saurait ce que j’étais devenu, et la raison pour laquelle je n’avais jamais repris mes fonctions après la fin de la Guerre. Visiblement, ce temps était arrivé plus vite que prévu, si Matt parlait aussi librement de ses propres problèmes avec moi : car jamais nous n’avions évoqué quoi que ce soit de ce genre, auparavant. Et c’était évident, après tout, il est impossible de parler réellement de ces sujets sans l’avoir vécu soi-même, d’avoir un proche dans cette situation, ou d’avoir une formation de soignant adapté.

Ce qu’il me décrivait résonnait en moi. Parce que c’était ce que je vivais chaque jour, depuis la fin de la Guerre. C’était ce dont j’essayais de lutter pour m’en sortir, pour pouvoir offrir une vie décente à Annie et une enfance la plus normale possible. C’était ce qui me caractérisait dorénavant, j’en étais persuadé. L’expérience, c’était le mot. Mais étais-je le mieux placé pour aider quelqu’un qui souffrait de la même chose que moi ? J’étais persuadé être un cas désespéré, même si je suivais une thérapie assidue (qui m’avait de toute façon était ordonnée par la juge qui m’avait confié la garde de ma nièce), alors comment faire pour apporter des conseils à quelqu’un qui voulait s’en sortir ? Je ne savais pas si j’en serais capable : mais surtout, je pensais n’être aucunement légitime dans mes propos.

Les mots sortirent pourtant de ma bouche sans que je ne puisse rien faire pour les en empêcher. C’était presque irréel, de parler de ça avec quelqu’un de mon passé, moi qui essayait de le fuir à tout prix.

-Je… Oui, je sais ce que c’est. Cette guerre, elle a prit le meilleur d’entre nous je crois. Ma psychomage soigne de nombreuses personnes qui souffrent de trouble de stress post-traumatique, alors même qu’elles n’ont pas pris part aux combats eux-mêmes. Je regardais doucement l’homme à mes côtés, empathique dans mes phrases comme dans mon ton. Ce n’est pas un syndrome à prendre à la légère, Matt. Je pourrais te donner tous les trucs du monde, rien ne vaudra jamais une thérapie : on ne soigne pas une blessure par balle avec de l’homéopathie, on ne soigne pas une maladie mentale avec un simple discours.

Je m’arrêtais dans notre marche. Je comprenais pourquoi il était venu à moi, d’autant que notre relation avait toujours été porté sur le conseil, le soutien. Mais je savais également à quel point il était difficile de faire comprendre à quelqu’un l’importance d’accepter de se faire prendre en charge par un professionnel : j’avais moi-même été des plus réticents, il y avait de cela quelques mois à peine. J’avais fini par rendre les armes, pour Annie, mais la situation de Matt était bien plus complexe. Sa couverture ne devait pas sauter.

-Même si je te fournissais en médicaments, les même que je prends, cela serait non seulement insuffisant, mais dangereux. Je ne suis pas spécialiste, je ne connais pas la posologie nécessaire à ton mal, ou si c’est même contre-indiqué dans ton cas. Chacun est différent, la TSPT est bien plus sournoise qu’une bactérie où il faudrait simplement prescrire un antibiotique. Je plantais mon regard dans ses yeux, pour bien lui faire comprendre ce que je disais. J’aimerai t’aider, Matt. Mais je suis moi-même en souffrance permanente. Des conseils, je peux t’en donner, mais cela ne rimera pas avec ta guérison. Ce serait comme mettre un pansement sur une brûlure. »


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Sujet: Re: I need your help - feat Jonathan Rowle | Dim 6 Mai - 11:07
Le Bureau des Aurors les formaient à beaucoup de choses. Ils étaient formés au combat, qu'il soit magique ou physique, aux arrestations, aux investigations, à l'espionnage. Ils étaient formés à être l'élite des forces de l'ordre magiques, à être le bras armé de la Justice et du Ministère de la Magie. Ils étaient de véritables spécialistes, agissant pour le bien commun, pour protéger l'ensemble de leurs concitoyens, assurer la sécurité de leur société. Toutefois, il y avait une chose importante à laquelle aucun d'entre eux n'était formé. Il suffisait d'observer l'attitude des effectifs du Ministère après la Seconde Guerre Sorcière. Nombreuses étaient les personnes qui, même si elles n'avaient pas participé directement au combat, avaient développé des syndromes de stress post-traumatique. Et le Ministère de la Magie avait mis en place un accompagnement thérapeutique pour toutes les personnes en ayant besoin. Les syndromes ne se révélaient pas de manière identique chez chacun, ni même ne se développaient au même rythme ou n'avaient les mêmes effets. Les psychomages de Sainte-Mangouste avaient donc un certain surplus de travail à la suite de cette terrible guerre, ayant tout de même vu la disparition de Lord Voldemort, amenant ainsi les perspectives d'une période de paix généralisée.

Les mots de John résonnaient en lui. Il appréciait vraiment l'aide proposée par l'ancien Auror mais ne pouvait accepter qu'il mette ainsi sa vie en danger, de même que celles de ses proches. Matt avait mis en place sa disparition de la surface de la Terre pour éviter justement ce genre de risques de représailles. Toutefois, cette situation lui imposait d'autres contraintes, difficiles à vivre et potentiellement à l'origine des maux dont il souffrait. La plus difficile d'entre elles était de n'avoir plus aucun contact avec ses proches, qui lui apportaient bonheur et équilibre mental auparavant. Malgré les horreurs dont il avait pu être témoin, notamment la tristement célèbre Bataille de Poudlard, il arrivait à conserver un certain équilibre mental. Mais depuis le début de sa mission d'infiltration et l'éloignement qu'il s'imposait avec ses amis et sa famille, cet équilibre était perturbé et tendait à vaciller. Matt ayant eu ouï dire des problèmes de John, il avait souhaité le rencontrer pour obtenir ses conseils, comme de par le passé.

Et les mots de John ne vinrent pas le rassurer, confortant plutôt l'idée qu'il avait de sa situation. Il était coincé entre devoir révéler la nature de sa mission, pourtant complètement illégale, à un professionnel de santé mentale et ne pas le faire risquant donc d'autres crises d'angoisse. John avait raison, Matt devait se faire suivre. Mais comment ? En qui pouvait-il avoir une telle confiance pour révéler ainsi les risques qu'il prenait, les horreurs qu'il voyait et commettait, afin de dominer ses crises ? Ne serait-il pas moralement jugé, voire même dénoncé, pour ce qu'il faisait ? Il le savait lui-même qu'il y avait des choses révoltantes dans ce qu'il faisait, qui allait à l'encontre de sa propre éthique, d'où l'aggravation de ses crises d'angoisse. Toutefois, il fallait qu'il ne lâche rien, qu'il continue à amasser des informations et des preuves contre les membres de MiM, notamment les plus hauts placés, afin de pouvoir entraîner le démantèlement du groupuscule.

- J'avais l'espoir que tu détiennes un remède miracle. C'était stupide de ma part, mais j'ai besoin d'espérer, car je ne vois pas à qui je pourrais parler de mes problèmes sans risquer ma couverture, ma mission ou même ma liberté et ma vie. Je suppose que, pour que je puisse aller mieux, je devrais parler d'absolument tout à la personne me suivant, et je crains du regard que me porterait ce psychomage, sans parler du risque de la révélation de mes actions aux autorités.

Il détourna ses yeux de ceux de John. Cette dernière phrase prononcée était lourde de sens. Il avait honte de ses activités d'une part, mais surtout venait de révéler à son ancien collègue l'illégalité la plus complète de sa mission. Il s'avança vers une paroi de l'ancienne mine de sel, posant sa main sur celle-ci. Il avait le regard perdu dans les lumières vacillantes qui léchaient la roche, ainsi que leur visage. Il respira une grande bouffée d'air, fermant les yeux. Il en avait trop dit. Il ne savait pas ce que John allait penser de lui, de ce qu'il faisait.

Matt écoutait le bruit que provoquait le choc des vagues contre la roche salée. Il avait peur qu'une crise ne se déclenche suite au stress qu'il venait de s'imposer en révélant ses activités clandestines à John. Il craignait sa réaction, faisant travailler son esprit, où les idées se bousculaient. Matt se concentrait sur le bruit des vagues pour essayer de se calmer. Il ne savait quoi faire, il était complètement désarçonné.
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Sujet: Re: I need your help - feat Jonathan Rowle | Dim 13 Mai - 11:04

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"Les vrais vaincus de la guerre, ce sont les morts." Enfin, il paraît. C’était ce que l’un de mes professeurs, lorsque j’étais un tout jeune Auror (il y a donc bien longtemps, presque une vie entière), me répétait très souvent. En pleine première guerre sorcière, on avait tendance à ne pas prendre de gants avec les jeunes gens assez fous pour partir au casse-pipe, à s’engager dans un Bureau qui commençait déjà à vaciller : surtout un Sang-Pur comme moi, surtout faisant partie des 28, surtout lorsque l’entièreté de ma famille ne cachait aucunement ses accointances avec le Seigneur des Ténèbres. Des morts, j’en ai vu. Beaucoup trop. Mais à l’époque, j’étais encore jeune, naïf, je n’avais pas encore expérimenté la vraie douleur, celle qui prend aux tripes et qui ne vous lâche jamais. Alors, j’écoutais ce genre d’adages, et j’y croyais dur comme fer. Celui-ci, en particulier, ne cessait de tourner et retourner dans ma tête, comme une litanie impossible à contrôler : je savais qu’elle n’était pas de lui, c’était tiré d’un livre d’un philosophe français du 19ème, dont je n’arrive pas à me rappeler le nom, mais elle m’intriguait par les conséquences qu’elle engendrait. Aujourd’hui, j’ai pris du recul, et j’ai conscience que le monde n’est pas aussi simple. Dans une guerre, il n’y a pas simplement un gagnant victorieux, qui saute de joie et qui est acclamé par tous, tout comme il n’y a pas un perdant misérable, haï universellement, qui ne reviendra jamais pour prendre sa revanche. Il y a des soldats brisés. Des civils traumatisés. Des martyrs dont les noms sont à jamais oubliés. Des décorés qui ne méritent pas leurs galons. Des victimes qui auraient pu être sauvées, mais qu’on a préféré mettre de côté. C’est jamais beau, la guerre. Mais ça a le mérite de parfaitement démontrer la pluralité de l’existence.

"Les vrais vaincus de la guerre, ce sont les morts." Pourtant les morts, il ne souffrent plus, pas vrai ? Les vivants, eux, doivent continuer d’arpenter la terre en sachant pertinemment que leur salut a été entaché, et ce, pour le reste de leur existence. Il y a ceux qui croient au concept du pardon, mais qui peut bien pardonner, lorsque la preuve du méfait est enterré six pieds sous terre ? A cette question, certains répondent Dieu. Mais quand on a rencontré l’horreur, quand on l’a vécu des mois, des années, on a tendance à abandonner l’idée même du concept divin. Il en existe, cependant. J’espère de tout cœur, pour ces pèlerins dont la foi est si forte qu’elle arrive à transcender les traumatismes, et l’odeur suintante de la condition humaine, qu’ils arriveront à pousser les portes du paradis. C’est beau, la foi, c’est rassurant. Moi, je suis seul avec mes pensées, je suis seul avec mes hontes, mes fautes, et je dois apprendre à vivre avec.

"Les vrais vaincus de la guerre, ce sont les morts." Des belles paroles, émises pour des jeunes qui devaient croire. Croire qu’un monde de paix était possible, croire que tous les ennemis pouvaient être vaincus, croire que s’accrocher à la vie était la seule solution pour être heureux. Sauf que nos professeurs n’avaient pas prévus que certains d’entre nous seraient vainqueurs. Qu’après la guerre, des hommes qui ne savaient rien d’autre qu’être des soldats se retrouveraient à arpenter les rues, à chercher d’autres ennemis à abattre, et, n’en trouvant pas, se retourneraient contre eux-mêmes. Se blâmeraient pour des actions qu’ils n’avaient pas le choix d’entreprendre à l’époque, se détruiraient la santé pour rejoindre ces vaincus qui, malgré les apparences, n’avaient pas tirés la courte paille. Je suis l’un de ces hommes. Matt aussi. Et j’ai du mal à croire qu’une simple thérapie puisse nous venir en aide.

"Les vrais vaincus de la guerre, ce sont les morts." Certains pourraient dire que nous sommes les vrais morts. On erre, sur notre bonne vieille Terre, en se demandant si ça vaut encore le coup, ou s’il vaut mieux rejoindre ceux qu’on a abattus sur le champ de bataille. Certains se raccrochent à leurs familles, ceux qui en ont encore, d’autres à leur travail. Je ne savais pas ce qui poussait Matt à vouloir continuer, à chercher une solution auprès de moi ou de quiconque voudrait bien l’entendre, mais c’était forcément quelque chose de fort. Et il me regardait avec les yeux écarquillés, comme si j’avais les réponses aux questions qu’il se posait alors que j’étais tout aussi perdu que lui, sinon plus. Il était jeune. Peut-être se remettrait-il plus facilement de ses stigmas.

« - "Les vrais vaincus de la guerre, ce sont les morts." Je sais pas si, à ton époque, on avait l’habitude de dire ça aux nouvelles recrues du Bureau, mais c’était mon cas. J’ai honte de me dire qu’on a pu mettre des conneries pareilles dans la tête de jeunes gens qui avaient encore la tête plein de rêve et d’espoir d’un monde meilleur. Après cette réflexion bien trop sombre, je mis ma main sur son épaule, ancrant mon regard dans le sien. Essayant de lui faire comprendre que tout n’était pas perdu, même si, moi-même, bien souvent, j’avais du mal à y croire. On est peut-être pas morts, Matt, mais nos blessures sont réelles. Et seul un médecin est capable de te soigner, pas un gourou, pas des drogues, et surtout pas moi. Tu as raison d’avoir peur. Je ne pense pas que j’aurai mis un pied dans le cabinet d’un psychomage, si le juge ne m’y avait pas obligé, pour que je puisse adopter ma nièce, une orpheline de guerre. Tu te retrouves face à un choix, et le meilleur n’est vraiment pas le plus facile. Un silence. Cette conversation était terriblement importante, et le contexte, l’ambiance fermée de l’ancienne mine de sel, ajoutait encore plus de dramatique à la situation. Je souriais, pour apaiser la tension qui commençait à bien trop s’accumuler, avant de lâcher son épaule. En tout cas, les médecins sont tenus au secret professionnel. Je ne sais pas ce que tu fais, mais je sais que tu es une bonne personne, que tu ne prévois pas de tuer quelqu’un ou quoi que ce soit de ce genre. Un psychomage ne dira rien aux autorités, à part s’il croit que tu es un danger pour autrui. »

"Les vrais vaincus de la guerre, ce sont les morts." Une phrase qui avait son petit effet, une phrase dangereuse, cependant. J’espérais de tout cœur que Matt avait conscience d’à quel point il ne fallait pas l’écouter, se battre, et ne pas croire une seule seconde que son mal était à prendre la légère, sous prétexte que tant étaient décédés alors que lui-même était en vie.


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Sujet: Re: I need your help - feat Jonathan Rowle | Lun 21 Mai - 14:14
"La tête plein de rêve et d’espoir d’un monde meilleur". Voilà ce pour quoi il se battait, au quotidien, depuis une dizaine d'années. Assurer la sécurité de ses concitoyens, notamment face à la menace des mages noires, était certes son activité première, mais ce n'était pas sa motivation première. Il ne s'était pas détourné d'une carrière dans la Métamorphose pour une autre au sein des forces de l'ordre, si ce n'était pour ce rêve, cette utopie d'un monde meilleur. Bien sûr, ce n'était probablement pas réaliste et pour beaucoup il s'agissait d'une peine perdue. Et pourtant il s'y accrochait, il ne lâchait rien, il ne perdait cet objectif des yeux à aucun moment. Dès qu'il avait le moindre doute quant à ses actions, il repensait à ce doux rêve, à cette utopie qu'il poursuivait. Ses méthodes n'étaient peut-être pas approuvées par certaines personnes, mais il était persuadé qu'il était nécessaire de se salir les mains lorsque l'on fait ce qu'il fait. Même s'il n'a jamais aimé la violence - sous toutes ses formes - il avait dû s'y résoudre. Il avait été formé à cela : user la violence lorsque cela était nécessaire. Oui, les Aurors étaient formés à bien d'autres choses. Enquêter, interroger, observer, infiltrer. Matt avait toujours aimé cette formule de John pour décrire ce qu'ils étaient : le couteau-suisse armé du Ministère de la Magie. Mais il y avait une chose à laquelle aucun d'entre eux n'était formé, n'était prêt à faire face. La culpabilité. Le remord. Chaque jour que Merlin faisait, ils devaient vivre avec le poids de leurs actions sur les épaules, noircissant leur âme. Qu'ils aient suivi les ordres, qu'ils aient stoppé un dangereux criminel. Peu importait la situation, peu importait le nombre de vies qu'ils avaient sauvé, peu importait la sécurité qu'ils avaient apporté à leurs concitoyens. Ils devaient vivre avec les conséquences de leurs actes. Et rien n'effacerait ces conséquences, ces remords, cette culpabilité qu'ils pouvaient ressentir d'avoir tué quelqu'un, d'avoir violenté quelqu'un. Ces images resteraient gravées dans leur esprit jusqu'à leur trépas. Et comme John le lui disait en cet instant précis, il n'y avait pas de remède miracle. Seule une thérapie pouvait les aider à aller mieux, à alléger leur peine, leur douleur, dans l'espoir d'un jour guérir de ces terribles maux dont ils étaient victimes. Même un Auror aussi fort - autant physique que mental - tel que John en souffrait. Lui qui lui avait servi de modèle au sein du Bureau, qui lui avait montré la voie.
Des traumatisés de guerre. Voilà ce qu'ils étaient. Une guerre qui ne s'arrêta pas le 2 mai 1998 à Poudlard, non. Leur guerre à eux, elle n'avait pas de frontière, pas de limite temporelle. La guerre, c'était leur quotidien. Ils montaient au front tous les jours, combattant l'injustice, la violence, le Mal. Voilà ce pour quoi ils avaient été formés, ce pour quoi ils s'étaient engagés. Ce n'était qu'une fois en poste qu'ils découvraient la terrible vérité sur leur métier, le terrible poids à porter, loin des idéaux qui les avaient amenés à s'engager.

- Justement, John. Je suis un danger pour autrui. Je suis obligé. La violence est mon quotidien, bien plus que durant celui que j'avais au Bureau.

Il marqua une pause. Ses yeux avaient fui ceux de John avant qu'il ne lui réponde. Il s'était détourné de lui. Il observait les halo de lumière qui caressaient la paroi. Il était comme hypnotisé par cette scène surréaliste. Avant qu'elle ne vacille dans la violence. Des affrontements, des sorts qui volent à travers les couloirs, la roche qui se brise, les corps qui tombent. Bon sang, pourquoi avait-il choisi ce lieu ? Il se saisit le crâne de la main droite, la main gauche s'appuyant contre la paroi, lui permettant de garder un semblant d'équilibre. Il secoua la tête, ressaisissant son esprit. Les visions s'évaporèrent, renvoyant ses souvenirs dans sa mémoire. Il ne savait combien de temps s'était écoulé depuis qu'il avait arrêté de parler. Ces crises, bien que parfois très brèves, le coupaient de la réalité. Il n'avait plus la conscience habituelle qu'il avait de son environnement.

- Je comprends maintenant. Tu sais, on dit souvent que l'on a du mal à comprendre le détachement avec lequel agissent et parlent ceux que l'on arrête. C'est pour ne pas subir les maux dont nous sommes malades John. En se détachant de leurs actions, leur âme ne s'encombre pas de leurs actions, ni de leurs conséquences. Ils font ce qu'ils font sans le moindre remord parce qu'ils ne peuvent plus en ressentir. Quand la violence est ton quotidien, tu n'as que deux choix. Ne la vivre qu'avec une certaine distance, comme en mode automatique, pour ne pas voir ton âme se déchirer sous le poids de tant d'horreurs. Ou alors la subir, comme nous l'avons fait, avec les conséquences que nous connaissons trop bien sur l'âme.

Les morts n'étaient pas les seules victimes de la guerre. Eux aussi l'étaient. Ils devaient vivre tous les jours avec les horreurs qu'ils avaient vues et commises, pour s'en sortir, pour ne pas mourir, pour vivre, pour que tout le monde puisse vivre.

- Je ne peux me faire suivre, John. Je ne peux raconter ce que je fais à un psychomage. Ou même un psychologue. Pas le moindre médecin ne pourrait se taire après avoir entendu ce que j'ai fait, ou ce que je ferai. Et ils auraient parfaitement raison de ne pas se taire. Je suis en soi un danger pour autrui. Mais un danger nécessaire. Tu le sais très bien toi-même. Il n'y a pas de Mal et de Bien. Il faut parfois commettre des actes effroyables pour faire le Bien. La vie n'est pas blanche ou noire. C'est une nuance de gris qui varie au fil du temps et de nos actes.
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Sujet: Re: I need your help - feat Jonathan Rowle | Sam 26 Mai - 4:47

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J’avais toujours été foncièrement persuadé qu’un homme ne nait ni bon, ni mauvais. Il ne pouvait y avoir des catégories de personnes, arpentant la terre avec pour seule idée fixe la destruction et le chaos, tandis que d’autre seraient seulement destinés à lutter contre les fléaux de ces impies. Non, je n’adhérais pas à cet avis bien trop manichéen, et qui ne pouvait saisir la complexité et la pluralité de l’existence. Ce sont nos décisions, l’influence de nos proches et de nos rencontres, qui forme un tout et qui fait ce que nous sommes. Les naïfs peuvent croire qu’une force supérieure -qu’ils appellent ça le destin, le karma, ou même la volonté divine- gouvernent leur vie, mais je pense que ce n’est qu’un moyen de se dédouaner de leurs actes. Chacun est responsable de sa propre existence. Si moi-même, j’en étais ici aujourd’hui, aussi misérable, l’ombre de l’Auror que j’avais été et que j’aurai pu continuer d’être, c’était parce que, quelque part sur mon chemin, j’avais fais de mauvais choix, entrepris des actions qui n’avaient pas été assez réfléchies. C’était moi qui avait décidé de lever le bras, qui avait tenu la baguette lançant l’Avada sur mon propre frère. C’était moi qui avait commis ce crime. Et c’était toujours moi, à qui on avait remit une médaille pour ça, alors qu’il s’agissait d’une infamie inqualifiable. Personne d’autre. Je n’étais pas homme à rejeter ma faute sur mes pairs, ou sur les aléas de l’existence.

Je saisissais parfaitement les maux de l’âme de Matt. Même si je ne connaissais pas sa situation, que je ne pouvais comprendre ce dont il essayait de me parler à demi-mot, car il restait secret à ce sujet, je pouvais, par contre, entendre les sonorités de détresse que sa voix faisait projeter sur les murs blancs de l’ancienne mine de sel, vidée de toute âme. Ces pensées qu’il me confiait, c’était celle d’un homme à bout, et je les avais moi-même expérimenté lorsque j’étais au plus mal. Aujourd’hui, si j’étais toujours en souffrance constante, si, sans Annie, je me serais, depuis bien longtemps, procuré l’un de ces revolvers moldus et tiré une balle dans la tête, j’avais réussi à prendre du recul, et avoir un œil neuf sur ma situation. Il y avait d’autres alternatives. Difficiles à entreprendre, certes, et encore plus à concevoir, lorsqu’on se trouve au bord du gouffre, mais elles étaient bien présentes.

« -Il y a une part de vérité dans ce que tu dis, Matt, dis-je en choisissant avec attention mes mots, comprenant qu’ils étaient importants, et surtout, pouvaient avoir un impact sur la décision de mon ami. Oui, les criminels ont leurs raisons, de vivre cette violence, et c’est vrai qu’ils se détachent de la violence de leurs crimes pour ne pas finir de simples coquilles vides, aspirées de leurs âmes. Mais ce ne sont pas les deux seules possibilités. De se briser, ou de devenir plus froid et insensible qu’un boucher conduisant à l’abattoir de pauvres créatures apeurées… La rédemption existe, Matt. Pas au sens chrétien du terme, je ne t’apprendrai pas ne pas être croyant, mais plutôt… Je réfléchis quelques instants, cherchant le terme approprié plutôt que le sens de ce que je voulais dire. Nous avons tous le choix. Parfois, nous faisons le mauvais, et cela nous entraîne vers des eaux bien troubles. La guerre, le crime, probablement, cette mission dont tu rechignes à me parler, et je ne sais quoi d’autre. Toujours est-il que ces mauvais choix n’effacent pas toutes nos bonnes décisions passées, et n’invalident pas celles du futur. C’est à nous de prendre notre destin en main. C’est affreusement difficile, certains diraient surhumain, mais je te connais, Matt. Tu peux le faire. Tu es suffisamment fort. Maintenant, c’est à toi de choisir de te faire suivre ou non, et quelle que soit ta décision, ce sera la tienne.

Et c’était diablement ironique, parce que je tenais le discours, à peu de chose près, que ma psychomage m’avait déclamé lors de l’une de mes toutes premières séances, lorsque j’étais au plus bas. Je ne l’avais pas cru, sur le moment, je n’étais pas sûr encore de le croire, et il était pratiquement certain que Matt ne me croirais pas non plus. Le chemin est bien long avant de comprendre qu’on peut être sauvé. Mais il fallait encore que j’ajoute une dernière chose. La plus importante. Et je ne savais pas si cela fonctionnerait, ou même, si cela n’allait pas encore plus l’enfoncer dans sa décision de continuer à endurer son fardeau, à se débrouiller tout seul pour se soigner, sans aide extérieure.

-Tu sais… Vraiment, je ne veux pas sembler cavalier, je ne veux pas te presser sur cette mission, sur ce danger nécessaire que tu me dis être devenu, bien que, je l’avoue volontiers, cela m’inquiète. Pas pour le Bureau, pas pour les civils, mais pour toi. Mais il y a une chose que je dois te dire. J’ai longtemps cru que ce qui importait le plus, c’était mon travail en tant qu’Auror. Que je faisais le bien, que… je sauvais des vies innocentes, même, que j’étais un héros. Je me trompais : et ce n’était pas à cause de mon employeur, bien que, nous savons tous les deux que les actions entreprises par le Bureau n’étaient vraiment pas des actes bénévoles et gratuites, dans le simple but d’aider autrui. J’aurai pu être dans l’humanitaire, trouver un remède contre le cancer, ou, abattre, à moi seul Voldemort lui-même, ça n’aurait rien changé. Tu ne seras jamais heureux si tu restes seul, Matt. Et tu n’as pas à être un martyr de la société, au nom d’une quelconque mission que tu t’es assigné. Je soupirai. J’avais conscience que mes paroles étaient dures, mais j’étais persuadé qu’elles étaient vraies : et j’espérais qu’elles auraient l’impact que j’espérais. J’ai rencontré ta femme. Emilia, c’est ça ? J’ai vu ses larmes d’angoisse, j’ai vu l’amour qu’elle avait dans son cœur. Je sais que des gens tiennent à toi, comptent sur toi. C’est auprès d’eux que tu devrais être : peu importe la raison, mais en les repoussant ainsi… C’est ça, qui va réellement te détruire. Et ça sera bien plus douloureux que n’importe quel sortilège Doloris. »

Moi qui avait été seul toute ma vie, qui avait renié ma famille et mes amis, j’en étais la preuve vivante. Aujourd’hui, Annie me donnait la force d’avancer, mais pourtant, la solitude continuait de m’étreindre. Quand on s’est habitué à fermer son cœur, il est difficile d’en retrouver la clé.


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Sujet: Re: I need your help - feat Jonathan Rowle | Mar 5 Juin - 14:56
INTRIGUE
Carved

Les voix de Jonathan et Matt se répercutent sur les murs de la mine de sel, assourdies par le bruissement des vagues qui roulent et se brisent. Les alentours sont calmes, propices à leur conversation.

Pourtant, s’ils décident de perdre leur regard vers l’une des parois lissées par le temps de la mine, ils pourront y remarquer une gravure profonde, sans âge.

S’ils décident de s’approcher, ils reconnaîtront la forme d’une salamandre – ou peut-être est-ce un lézard ?

Sinon, la gravure demeurera invisible, perdue dans les dédales des mines.

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Sujet: Re: I need your help - feat Jonathan Rowle | Dim 17 Juin - 17:46
Le choix. Dans la vie, tout était une question de choix. John ne pouvait avoir davantage raison qu'en cet instant. La situation dans laquelle chacun était, la vie que chacun avait, n'était finalement que la résultante de l'ensemble des décisions prises, ainsi que de leurs conséquences. Il n'y avait pas de hasard, ou assez peu.  L'univers dans lequel ils vivaient était déterministe, n'en déplaise à certaines personnes. Chaque évènement, chaque situation, chaque action se déroulait du fait des actions d'autres personnes ainsi que des forces physiques et magiques qui agissaient à travers le monde. Tout ce qu'ils avaient à faire, c'était d'être acteurs du monde plutôt que de simples spectateurs. C'était à eux de dessiner le monde dans lequel ils voulaient vivre et qu'ils voudraient laisser aux générations futures. C'était la décision que Matt avait prise en se lançant dans cette mission, en se construisant une nouvelle identité et en agissant tous les jours pour le compte de MiM. Il comptait les jours depuis qu'il était plongé dans obscurité permanente, chaque jour le plongeant plus profondément dans les noirceurs de son âme, ayant l'impression de s'éloigner toujours plus de la lumière salvatrice, celle qui sauverait son âme. Cette lumière, c'était la fin de sa mission. Une fois cette dernière terminée, il pourrait vivre à nouveau, revoir tous ceux qu'il aimait sans craindre que des représailles ne planent sur eux.

Les mots de John étaient forts. Ils résonnaient profondément en Matt, faisant trembler les fragilités qui imprégnaient son âme depuis plusieurs mois maintenant. John avait raison. Il avait besoin de se faire suivre également, il en allait de sa santé mentale. Toutefois, il était difficile de trouver quelqu'un qui accepterait une telle tâche. Les choses affreuses qu'il avait à expier de son âme étaient noires, terribles, qui ne devraient être dites. Il avait besoin d'un psychomage le temps de sa mission afin de maintenir l'équilibre vacillant de sa santé mentale. Mais ce spécialiste ne pourrait ébruiter un mot de ce qu'il entendait. Bien plus que de protéger le secret médical établi entre le médecin et le patient, Matt représentait un danger pour autrui. Pas lui à proprement parler, mais James Finnerty était brutal et violent. Il était parfois difficile de ne pas le laisser prendre complètement les rênes. Il était des fois plus facile de succomber à son appel, mais il devait l'éviter à tout prix. C'était pour cela qu'il avait besoin d'aide. Mais là où John avait le plus raison, c'était sur l'importance du contact qu'il devait avoir avec ses proches. Les proches étaient effectivement ce qui les motivaient le plus au quotidien, ils étaient la raison d'être de leur métier, de leur combat.

Mais comment pouvait-il les voir régulièrement tout en conservant son identité secrète et par là même sa couverture. Il ne voyait pas comment cela était possible. S'il l'avait pu, il aurait cherché à le faire au sein du Bureau des Aurors, en ne mettant au courant que son chef direct, sans faire remonter à la hiérarchie pour éviter les fuites. S'il l'avait pu, il n'aurait pas mis en scène sa mort, passé autant de temps dans les bas-fonds de Londres et d'Atlantis à se construire cette nouvelle identité et la réputation associée. Il avait travaillé dur, était impitoyable pour que les gens craignent le nom de James Finnerty, pour que MiM vienne le chercher lors d'un duel pour le recruter. Avec tout ça, comment pourrait-il garder contact avec ses proches ? Avait-il seulement le choix que de rester éloigné de ceux à qui il tient pour qu'aucun mal ne leur soit fait ? Il était absolument hors de question que du mal soit fait à ses proches pour faire pression sur lui.

- Je comprends ce que tu dis, John. Mais que se passerait-il s'ils me voyaient avec les personnes auxquelles je tiens, mes amis, ma famille ? Qu'arriverait-il à ces personnes que j'aime ? Hein ? Je t'ai dit, ce ne sont pas des enfants de guerre que j'essaye d'infiltrer. Ils n'hésiteraient pas un instant à leur faire du mal afin de faire pression sur moi, de me faire plier, de m'obliger à me rendre à eux. Qu'il m'arrive quelque chose, ça fait parti des risques du métier. Mais qu'il arrive quelque chose à ma famille ou à mes amis, il en est hors de question, je ne me le pardonnerai jamais !

John recommença à parler. Toutefois, l'attention de Matt était ailleurs. Un détail, infime à vrai dire, avait attiré son œil. Son regard se concentra sur cette marque qu'il venait de distinguer, tout comme le reste de son esprit. Les mots de John résonnèrent dans la mine, mais Matt n'en distinguait pas le sens. Il était trop concentré sur cette marque. Il s'approcha pour mieux la distinguer. Elle avait une forme de salamandre - ou bien était-ce un lézard ? Toutefois, il y avait bien une chose à remarquer : c'était la profondeur de la gravure et la qualité de celle-ci. Nul doute qu'elle avait été faite récemment, ou avec la magie. Une gravure, à même la roche naturelle, ne pouvait paraître sans âge autrement que par ces deux moyens. Du moins, il n'était pas expert sur la question. Mais c'était les premières choses qui lui venaient en tête. Alors que le mot "Doloris" réveilla son attention, le ramenant à sa discussion avec John, il se retourna et lui demanda :

- John, viens voir. Tu reconnais cette marque ? Elle me paraît bien récente, non ? Sa présence ici est bien étrange. Je me demande ce que ça représente.

Il reprit sa baguette en main. Il attendait l'avis de John avant de lancer un sort de révélation, afin de s'assurer de la nature magique de la gravure.
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Sujet: Re: I need your help - feat Jonathan Rowle | Mar 19 Juin - 15:07
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Matt disait me comprendre, entendre mes arguments (qui n’en étaient pas vraiment, d’ailleurs, puisque je n’essayais en aucun cas de le convaincre, simplement, de lui exposer mon point de vue et qu’il en tire les enseignements qu’il jugerait les plus pertinents), mais je savais que ce n’était pas le cas. Parce qu’il répondait à côté de mes questions, s’accrochant à ce qu’il semblait être juste, plutôt qu’à la dure réalité de la vie. Je comprenais ce qu’il traversait, je l’avais moi même vécu plusieurs fois, durant ma carrière. De penser que la mission venait avant tout, et qu’il était invraisemblable, impossible, de penser l’abandonner au profit d’une vie privée, pourtant bien plus épanouissante. Pourtant, si le bien et le mal n’existaient pas, comme il l’avait si bien dit auparavant, n’était-il pas vain de lutter ? De se sacrifier sur l’autel d’idéaux, certes louables, mais aussi désespérément naïfs ?

Encore une fois, je ne savais pas ce pour quoi se battait mon jeune camarade. Si je me permettais d’y réfléchir quelques instants, cela avait probablement un lien avec la situation tendue du Royaume-Uni, en particulier d’Atlantis, s’il se trouvait encore dans l’enceinte de la ville. Peut-être même était-ce lié aux attentats survenus durant l’été, ou encore, cette agitation constante que reportait le Breakfast Chronicles. Mais il aurait pu vouloir empêcher le retour de Voldemort lui-même que ma position n’aurait pas changé : il n’avait pas besoin de porter le poids du monde sur ses épaules. Tout n’était qu’une question de choix, et s’il continuait sur ce chemin, cela finirait par le détruire, inévitablement. C’était ce qui m’était arrivé, et je n’aurai souhaité à personne de vivre avec le fardeau que je portais moi-même, tous les jours que Merlin faisait.

Je soupirai. Notre conversation devenait stérile, il resterait sur ses positions. Matt était venu me parler pour une raison, et une seule, c’était de me demander des conseils vis-à-vis de ses crises, causées par le même traumatisme que moi. Je lui avais apporté ma réponse : et si elle ne lui plaisait pas, je n’en avais malheureusement pas d’autres à lui offrir.

« -Tu réponds à côté de ce que te dis, Matt. Tu te cherches des excuses. Je ne doute pas que tu penses que tes sacrifices valent le coup, que ce que tu fais est suffisamment important pour couper les ponts avec ta famille, mais… rien n’est plus vital que tes proches. Rien du tout. C’est toi qui choisis de ne pas les faire passer avant cette mission qui t’est investie.

Et le voilà maintenant qu’il s’effaçait, encore, en se focalisant sur une chose aussi triviale qu’une marque sur un mur, plutôt que sur les vérités que j’essayais de lui transmettre. Je voulais aider Matt, de toute mon âme, mais je commençais à me lasser de ce serpent qui se mangeait la queue. Cependant, le ton dans sa voix me poussa à y regarder de plus près, me disant qu’il s’agissait probablement d’un mécanisme destiné à détourner mon attention, pour qu’il puisse plus facilement s’échapper de ses responsabilités. Je le connaissais bien, ce mécanisme de défense : j’en étais passé maître.

Devant moi se trouvait une gravure, représentant un lézard, ou, quelque chose de la même famille, en tout cas. Récente ? Je ne saurai dire. Elle aurait pu être faite hier, comme il y avait des centaines d’année. Mais quelle importance, au final. Une salamandre n’était pas importante, pas quand ce qui se déroulait entre nous, notre conversation, s’en retrouvait entachée.

-Je ne sais pas Matt. En fait, je m’en fiche. Ecoute moi, un peu. Tu m’as demandé mon aide, tu m’as demandé de venir ici, et… je ne sais pas pourquoi, si tu t’obstines dans tes retranchements. J’ai une petite fille à la maison, qui dort du sommeil du juste, et je ne veux pas la laisser trop longtemps sans surveillance. Si tu préfères t’occuper de gravures sur le mur plutôt que de tes propres problèmes… Je soupirais une énième fois. Je passais probablement pour un moralisateur de première, mais au final, je n’en avais que faire. Je vais rentrer, je pense. Je t’ai dis tout ce que j'avais à dire, et visiblement, cela n’a pas eu grand effet. »

Je ne m’occupais pas de sa baguette tendue, de cette marque sur le mur, et commençait à tourner les talons. Peut-être m’arrêterait-il, peut-être pas : ce n’était pas ça, l’important. Tout ce qui comptait, c’était que je lui avais délivré ma vérité, et c’était maintenant à lui de décider s’il la trouvait valable.  
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Sujet: Re: I need your help - feat Jonathan Rowle | Mar 19 Juin - 18:30
Alors qu'il s'apprêtait à lancer un sort de révélation sur cette étrange marque, il entendit les pas de John contre le sol de la grotte. Il ne s'approchait pas. Et ses mots, résonnant encore au sein des tympans du trentenaire, lui faisaient mal. John avait peut-être raison, probablement même, que la famille - les proches de manière générale - était le remède à tous ses maux. L'amour, voilà quelque chose qui comptait ! Toutefois, son aîné semblait tout aussi imperméable à ses inquiétudes que lui pouvait paraître sourd aux propos de John. Ses derniers dires piquèrent à vif l'ancien Serdaigle, qui fit volte-face et lança une bulle de protection autour d'eux, les isolant parfaitement des oreilles extérieures. Agitant sa baguette en direction du Professeur, il s'exclamait :

- Tu dirais la même chose si tu étais à ma place ?! Pense à ta nièce, pense à quel point tu l'aimes. Maintenant, imagine que des criminels, que tu es censé infiltrer, au point qu'ils te considèrent comme l'un des leurs sans le moindre doute, s'en prennent à elle parce qu'ils l'ont vue avec toi et comprennent que tu leurs as menti, que tu les as trompé. Comment tu réagirais dans ce cas, hein ? Crois moi, j'ai envie de les revoir, tous, mais je ne peux pas. Ce serait un risque trop grand pour eux. Aussi méticuleux que l'on puisse être, on ne peut pas écarter tous les risques. Comment pourrait-on ? Une organisation aussi déterminée, autant organisée, ne recule devant rien, pas même surveiller ses propres membres. Pourquoi crois-tu que tout le monde les craignent autant ? Même le gouvernement n'arrive à les stopper !! Comment je protège mes proches dans ces circonstances ?

Il était énervé. John le connaissait, il le connaissait bien même. Il savait pertinemment que Matt n'était pas du genre à lâcher sa famille et ses amis, bien au contraire. Même ses collègues, il ne les lâchait pas. Comment pouvait-il imaginer qu'il ait pris toutes ces dispositions s'il n'y était pas obligé ? Comment pouvait-il imaginer qu'il s'inflige une telle distance par pur plaisir, ou pour une simple mission ? Ce n'était pas par gaité de cœur qu'il s'était isolé, qu'il s'était créé cette nouvelle identité, qu'il s'infligeait à vivre une vie aussi noire, aussi violente. Certes, c'était pour une mission, qu'il s'était lui-même approprié qui plus est. Mais avait-il vraiment le choix ?

La santé et la sécurité de ses proches, c'était ce qui importait le plus à ses yeux. S'il n'y arrivait pas, non seulement il ne pourrait pas se regarder dans le miroir le matin, ni même pourrait-il poursuivre un quelconque idéal. Mais comment pouvait-il défendre ses proches, sa famille, face à des criminels de la trempe des membres de MiM ? Il était James Finnerty, parfois surnommé le caméléon de par les nombreux accoutrements et déguisements qu'il pouvait utiliser, autrement Scotus Lupus, le loup écossais, de par sa forme Animagus qu'il arpentait lors de duels clandestins et qui avait permis de construire sa réputation. Il était un homme qui n'hésitait pas à user de violence pour arriver à ses fins, qui ne reculait pas, mais qui savait être juste quand il le fallait. Finnerty n'était pas un monstre, bien que son système de valeurs était bien différent de celui de Matt. Qu'arriverait-il donc s'il était surveillé et que MiM le voyait avec ses proches ? Que leurs arriveraient-ils ? Ils enquêteraient et dès qu'ils se rendraient compte qu'il n'était pas celui qu'il paraissait être, ils agiraient. Et là, seul Merlin savait ce qu'il adviendrait de ses proches. Seraient-ils torturés, capturés pour faire pression sur lui, le forcer à se rendre avant qu'ils ne soient tous tués ? S'il avait pris ses précautions pour rencontrer John, il n'était pas non plus à l'abri de ne pas être observé à l'heure actuelle. Et John n'était certainement pas le genre de personne que Finnerty aurait parmi ses connaissances et encore moins parmi ses amis. Il le saurait bien assez vite de toute façon.

- Mais éclaire moi, John. Dis moi comment tu protègerais ta petite si tu étais dans ma situation. Tu as bien vu de quoi ils étaient capables cet été ! Quel sort réservent-ils aux traîtres à ton avis ? Les Mangemorts ne reculaient pas devant ça, penses-tu qu'eux ne le feront pas ? Bien sûr que si ! Voilà pourquoi je suis obligé de couper les ponts.

Il avait laissé échapper, plus ou moins volontairement, un énorme indice sur l'identité de l'organisation qu'il infiltrait. Il avait beau les avoir mis dans une bulle isolatrice, il ne voulait pas balancer le morceau à John. Un tel indice devrait largement lui suffire. S'il voulait en parler, ils le feraient dans une certaine mesure. Mais moins John en saurait, mieux ce serait pour lui. S'il s'en mêlait trop, il pourrait lui arriver quelque chose, à lui et à Annie. Et il en était hors de question. C'était bien pour cette raison qu'il se faisait passé pour mort, pour que ses proches ne le cherchent pas désespérément, ni ne posent trop de questions sur ses activités. Cette mission était bien trop dangereuse pour quiconque s'y frottait.
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Sujet: Re: I need your help - feat Jonathan Rowle | Mer 27 Juin - 5:12
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En fait, ce qui devenait problématique, outre la situation, presque risible, de deux hommes matures qui se déchiraient pour des faits sur lesquels ils n’avaient aucun contrôle, c’était la tension qui commençait à se bâtir, peu à peu. Je n’en voulais pas à Matt, et je me doutais qu’il était dans le même cas que moi. Ce n’était pas pour ce que nous pensions, ce que nous disions, que les tons s’élevaient. C’était surtout un cri rebelle contre le sort. Pourquoi donc des personnes telles que nous, qui n’avaient jamais eu de mauvaises intentions (ce qui ne minimisait pas certaines actions passées, mais qui les expliquaient, au moins), devaient se retrouver dans de telles impasses ? D’anciens Aurors, qui se bâtaient pour survivre dans un monde qui semblait se liguer contre eux, mais, tel des sables mouvants, à chaque mouvement que nous faisions, nous nous enfoncions plus profondément dans nos problèmes. J’ai un peu honte de l’avouer, mais, à ce moment là, alors que Matt commençait à parler de ma nièce, de ce que j’aurai fais à sa place, de cette problématique qui lui étreignait le cœur et que je ne pouvais pas aider autant qu’il aurait voulu, je commençai à hausser le ton. Ce n’était pas de la colère, plus de la lassitude, comme un sursaut d’égo de l’homme que j’avais été et qui n’était plus.

« -Tu me prends pour un idiot, Clickerly ? sifflais-je presque sardoniquement, utilisant son nom de famille, comme nous avions l’habitude de le faire au Bureau, le remettant inconsciemment dans un statut de collègue et non d’ami. Tu crois que je ne vois pas clair dans ton jeu, que tu ne brandis pas tes idéaux comme des boucliers pour te protéger de chimères ? Quoi, que tu sois avec Gloriam, avec Magic is Might, ou je ne sais pas qui encore d’assez fous pour semer mort et désolation dans cette putain de ville, tu vas me faire croire que tu es suffisamment naïf pour croire qu’à toi tout seul, tu vas les démanteler ? Que tu vas faire régner la paix, et que tout ira bien dans le meilleur des mondes ? Après Voldemort, après la guerre, tu n’as toujours pas compris qu’il y aura toujours quelqu’un de pire qui viendra prendre la place de ceux que tu as abattu ? Lorsqu’on coupe une tête de l’Hydre, deux repoussent. Alors tu veux protéger tes proches, oui. Et ne m’insulte pas en croyant une seule seconde que je ne comprends pas ce que c’est. J’ai tout perdu, Matt. Tout ce que j’étais, tout ce qui faisait de moi un être humain normalement constitué, et si j’avais une vague chance, même illusoire, de revenir dans le temps, je le ferai à la seconde. Tu pars en croisade, seul, tu reproduis les même schémas que le Bureau nous a appris, et tu essais de faire passer ça pour ton devoir. C’est juste le syndrome du héro.

Je soupirai, passant mes doigts sur les arêtes de mon nez, comme pour essayer de bloquer la petite voix, à l’intérieur de ma tête, qui me criait que ce n’était pas contre mon ancien collègue, que j’étais réellement en colère. C’était contre moi-même. Je parlais à mon moi du passé, et Matt ne méritait pas que je lui crache au visage ces sentiments que je sentais bouillir à l’intérieur de mon corps, plus destructeurs qu’un Avada Kedavra. Il fallait que je me calme, et mon cœur, qui s’affolait dans ma poitrine, semblait d’accord avec moi sur ce point. Je secouai la tête. Tout ça prenait des proportions bien trop importantes.

-Ecoute, je… je suis désolé. Je ne voulais pas dire ça, je me suis emporté et… Ma voix était trainante, fatiguée. Si j’étais navré de la tournure qu’avait pris la situation, je restais néanmoins fidèle à mes mots : si j’aurai dû mettre les formes avant de les prononcer, j’étais toujours persuadé de leur bien-fondé. Matt. Tu m’as demandé de l’aide, j’ai essayé de le faire, du mieux que j’ai pu. Je ne dis pas que j’ai raison ou tort : j’ai suffisamment vécu pour savoir que la vérité universelle n’existe pas, et que, pour avancer, il suffit de se contenter de sa propre vérité. J’ai dis ce que j’avais à dire, et, si je le pouvais, je ferai disparaître tes ennuis, qu’ils soient mentaux, physiques, ou que sais-je encore, d’un coup de baguette magique. C’est impossible, malheureusement. A toi de réfléchir sur toi-même, à ce que je t’ai dis, à la situation dans laquelle tu te trouves. Si j’étais croyant, je prierai pour que tu trouves, si ce n’est la solution à tes problèmes, au moins, un moyen de les rendre supportables.

Je tournai ma tête vers mon jeune ami. J’espérais qu’il me considérerait encore en tant que tel, après mes mots si durs, si cinglants, mais dotés des velléités les plus pures. Etait-il un être de chair, devant moi, le fantôme qu’il prétendait être, ou simplement le reflet de mes propres contradictions ? Peut-être les trois à la fois. Je cachai ma main dans ma manche, qui commençait à trembler légèrement, comme un rappel de l’état dans lequel je me trouvais. De celui que j’étais : certainement pas en position de donner des leçons.

-Bonne nuit. Et bonne chance, sincèrement. Merlin seul sait si ça va s’arranger, Matt : mais si tu n’aides pas le destin, ce n’est pas lui qui va t’aider. »

Des mots justes, qui résonnaient dans le couloir vide. La salamandre, toujours présente, étant la seule témoin de cette discussion entre deux hommes qui avaient perdus une partie de leur âme, dans les affres d’une guerre dévastatrice.
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