Was it worth it after all ? [Cal]

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Sujet: Was it worth it after all ? [Cal] | Dim 18 Fév - 13:57
La baguette tournoyait comme un bâton de majorette, fendant parfois l'air avant de retomber légèrement dans la main de sa propriétaire. Et personne dans le couloir pour dire à la jeune sorcière de la traiter avec le respect dû à ses origines, à l'importance qu'elle méritait. Elle acheva un nouveau salto et, par un étrange enchaînement de gestes décousus, se retrouva pincée en étau entre les dents de l'étudiante le temps qu'elle tripote ses cheveux et les coince dans un chignon hasardeux. Finalement, la sorcière la fit glisser dans son sac et malgré le chaos qui y régnait, ce n'était peut être pas plus mal.

N'ayant plus rien à manipuler pour évacuer l'anxiété, Andromeda se mordit la lèvre. Elle jeta un coup d'oeil autour d'elle, hésita un peu et soupira. Le couloir était vide, mais à l'angle, pas très loin, elle savait qu'une salle était occupée. Un cours de mécanique, quelque chose comme ça. Une discipline moldue. Elle n'avait rien contre eux, et malgré ses incertitudes sur le bien-fondé de la création d'une université mixte, elle trouvait certaines de leurs disciplines plutôt intéressantes, notamment concernant l'élevage animalier. Mais le souci, c'est que malgré leur environnement empli de magie, les moldus avaient souvent un genre de curiosité un peu malsaine quand ils se retrouvaient face à certaines spécificités sorcières. Les dons magiques en particulier. Ses erreurs métamorphomagiques avaient tendance à attirer leur attention et il valait peut être mieux travailler sa concentration quelque part où elle ne craindrait pas qu'une envie pressante n'arrache un étudiant à sa classe et ne le place nez à nez avec elle.

Non. Ce couloir non plus ne conviendrait pas. Frottant l'aile de son nez, esquissant une moue un peu enfantine, elle tourna les talons, laissant ses doigts filer le long des murs frais. A droite, encore à droite, quelques marches, quelques pas encore. Parviendrait-elle à retrouver le laboratoire de métamorphose, maintenant ?

L'aile d'ingénierie était pour elle un véritable dédale, mais étrangement, l'alliance du métal et du verre, des ampoules à l'éclairage un peu trop vif créait chez elle une sensation apaisante, irréelle. C'était comme être dans une sorte de dimension parallèle, ça lui rappelait certains films futuristes, ces vieux machins moldus qui s'imaginaient un monde où les voitures voleraient et qu'elle regardait enfant, blottie entre sa mère et son père, retardant l'heure du coucher en étant aussi silencieuse et immobile que possible, comme si l'on pouvait ainsi l'oublier. Un mélange de vieux sentiments et de cocon donc, un peu hors du temps, un peu faux. Comme s'il n'y avait aucune conséquence à ce qui se passait ici. C'était faux, bien sûr, mais comme elle n'y connaissait presque personne et que tous ici étaient bien trop occupés pour s'intéresser à elle, il lui était possible d'y créer son propre univers, en quelque sorte.

Là, le couloir était absolument vide. Il n'y avait qu'une salle de classe d'où ne provenait aucun bruit et, quand elle s'était collée au sol dans une position tout sauf élégante pour regarder sous la porte, elle n'avait vu aucune lumière. Elle actionna la poignée mais la porte ne bougea pas et, avec un sourire ravi, elle avait décidé qu'ici, ce serait parfait. Dans l'une des larges fenêtres, elle trouva son reflet, un peu fade, un peu fané. Mais cela suffirait. Elle n'avait pas besoin de se voir à la perfection pour voir que sa peau était un peu grêlée, marquant un mal-être bien plus profond que ce qu'elle admettait dans les lettres pour Joan. Elle reconnaissait les cheveux ternes et plats qui n'avaient pas daigné reprendre le roux flamboyant de l'enfance depuis des années, et elle comptait de toute façon travailler sur des changements bien plus notables que la couleur de ses yeux, alors qu'elle puisse discerner ses iris ou non, ça ne comptait pas.

Elle ferma les yeux, inspira et se souvint des méthodes de détente apprises quelques mois plus tôt. S'imaginer être une flamme qui vacille mais ne s'éteint pas, que les courants d'air allongent et font danser. Légère. Fragile. Forte à la fois. Elle tâcha de se souvenir de ses jeux d'enfant, de quand elle voulait faire rire son père, épaté par ses prouesses magiques. Lui qui ne pouvait pas produire une étincelle sans un briquet. Lui qui ne pouvait pas se sortir d'une carcasse de voiture accidentée. Dans sa mélancolie, la flamme faiblit et elle sentit la barbe picoter ses joue, sa nuque frissonner tandis que ses cheveux raccourcissaient de leur plein gré en la découvrant. Papa. Elle ouvrit ses yeux et contempla son visage mêlé au sien, la réconfortant autant qu'il la terrifiait, qu'il l'anéantissait. Le nez s'allongea un peu et se fit fin, presque crochu. Un nez à fumer sous la douche, comme il disait. Elle déposa les doigts sur ses oreilles dont les lobes s'élargissaient, qui se décollaient un peu de son crâne. Ses lèvre s'affinaient et du bout des ongles raccourcis, elle frôla la cicatrice qu'il avait sur le menton, qu'elle avait admiré si longuement lorsqu'elle était encore la toute petite fille à son papa. Ses doigts commencèrent à s'épaissir, la pilosité gagnant du terrain sur ses bras et sur ses mains lui arracha une moue moyennement convaincue.

Elle s'en sortait bien. Mais ce n'était pas ça, ce n'était pas lui, le but. Ce n'était pas que la métamorphose prenne le pas sur sa volonté. Ce n'était pas que son don se sente libre de décider pour elle. Elle ne cherchait pas la métamorphose parfaite mais le contrôle de la métamorphose. Pourquoi prenait elle son apparence, d'ailleurs ? Elle sentit ses doigts caresser sa barbe maintenant bien fournie et sentit que sa peau changeait de nouveau. Des doigts plus petits, plus fins, plus doux, effaçaient ceux de son père. Et contre sa paume d'enfant, elle sentait sa joue à lui. Elle sentait cette chaleur qu'elle connaissait, celle qui l'envahissait quand elle était dans ses bras, quand elle posait ses tout petits doigts sur son visage rassurant et qu'elle plongeait les yeux dans les siens. Cette sensation de plénitude quand il l'arrachait au cauchemar qui la tourmentait.

Mais là, c'était différent. Le cauchemar n'avait pas de fin et il n'y avait que ses yeux à lui, plongés dans son regard de père. Dans son souvenir vaporeux. Fade. Fané.

Son risèd et son épouvantard. Son traumas et son réconfort. Elle posa une main sur le verre froid et tâcha de se concentrer. Les larmes perlaient au bord de ses paupières, s'accrochaient à ses cils et elle devaient être maline, plus maline. Un épouvantard. Un riddikulus. Le sort ne ferait pas fuir la peine, mais un exercice le pourrait. Ou du moins, il pourrait lui permettre de reprendre le contrôle. Et soudain, ses dents poussèrent, écartant ses lèvres. Deux incisives un peu jaunes s'allongèrent, prêtes à ronger. Ses oreilles s'allongèrent, fusionnèrent avec son crâne et semblèrent émerger un peu plus haut, plus vers le sommet de son crâne. Couvertes d'une douce fourrure grise, non, blanche. Rose ? Oui rose. Couvertes d'une douce fourrure rose, donc, elles s'agitaient pour capter les sons émis par d'éventuels ennemis.

Des pas. Des pas lointain, mais forts. Nombreux. Une multitude de pas qui se rapprochaient. Oreilles de lapin, oreilles de cocker, oreilles de chat ou de rat. Elle plaqua ses mains sur ces oreilles qui ne cessaient de changer et observa les alentours, à la recherche d'un abri. Il fallait qu'elle tourne au coin du couloir, qu'elle s'éloigne de la salle de classe. Il fallait qu'elle…

Une porte ! Le placard à balai. Elle tira avec force sur la poignée et s'engouffra, fouillant dans son sac en même temps pour y dénicher sa baguette. Elle s'empressa de verrouiller la porte et réalisa qu'elle manquait réellement de place. Il faisait trop sombre pour qu'elle parvienne à distinguer quelle serpillière ou autre machin prenait toute la place. Et sur quoi marchait-elle ? Dos à la porte, elle murmura

« Lumos »

Et là, d'un coup, comme un ballon qui éclate, tout revint à la normale. Ses oreilles décousues, ses cheveux courts, sa barbe incongrue, ses doigts, son nez, ses pommettes. De larges boucles rousses vinrent malgré tout remplacer sa tignasse terne et malade, comme avant. Peut être parce que lui, il était aussi là, comme avant. En plus grand. En plus beau.

« Merde. »

Caliban.
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Sujet: Re: Was it worth it after all ? [Cal] | Mar 20 Fév - 8:43
Merde. Voilà un mot résumant à la perfection la situation actuelle. S'il avait été habitué dans sa jeunesse à l'écouter débiter un flot intarissable dans lequel il adorait plonger, il ne pouvait à présent qu'apprécier sa concision. Mais commençons par retracer les événements ayant provoqué cette mésaventure.

Cela faisait des semaines que Caliban, en dehors des longues heures passées dans sa chambre à bricoler des prototypes d'inventions destinées à ne probablement jamais le jour, se contentait de déambuler d'un cours à l'autre, minimisant au maximum les interactions avec ses compères. Le garçon avait décidé d’interpréter le fiasco qu'avait constitué son voyage en Afrique comme le signe qu'il avait atteint l'apogée de ce dont il était capable en métamorphose et qu'il était temps de se concentrer sur autre chose. En l’occurrence, l’ingénierie magique. Son cursus principal à l'université était toujours passé en second plan, face à sa passion pugnace pour la matière enseignée par McGonagall à Poudlard. Cela allait à présent devoir changer, même s'il fallait se forcer la main. L'étudiant sortait d'ailleurs de la salle des machines où il avait passé plus d'une heure à se creuser les méninges pour adapter un moteur moldu à une propulsion magique et on pouvait encore l'entendre marmonner dans sa barbe, maugréant contre l'appareil. En dehors de l'animagi, l'apprentissage de la métamorphose s'était toujours fait pour lui comme une évidence. Malgré quelques difficultés et ratés, le Poufsouffle n'avait jamais mis bien longtemps à maîtriser un exercice. L'ingénierie s'opérait différemment. Malgré la compréhension (parfois approximative) de son objet d'étude, rien ne garantissait au garçon de parvenir à son objectif. Certes, le fait que cette matière soit relativement nouvelle n'aidait pas, mais ses résultats mitigés, malgré qu'ils soient dans la moyenne, avaient de quoi décourager un élève comme lui.

Entièrement absorbé dans ses pensées, c'est machinalement qu'il marqua un arrêt devant le laboratoire de métamorphose. Lorsqu'il s'en rendit compte, un sentiment proche de la culpabilité l'envahi et il se traita intérieurement d'idiot. A peine quelques semaines qu'il s'interdisait de pratiquer la métamorphose et voilà qu'il avait l'impression de faire des infidélités à Merlin sait qui simplement en se retrouvant devant la salle où il étudiait autrefois. La métamorphose était la seule constante qu'il avait vraiment connu, toutes ces années. C'était la première forme de magie qu'il put observer, enfant, sous cette table de réunion. Puis c'est son enseignante, qui s'était battue comme une lionne (ou au moins un chat) pour lui ouvrir les portes de Poudlard. Depuis, littéralement fasciné, le français s'était fixé pour but d'en découvrir toutes les facettes. Penser un jour tirer un trait sur ce rêve était aussi imaginable à l'époque que difficile à présent de le faire. Et pourtant.

Ce n'est qu'en secouant la tête pour se détacher de ses pensées et revenir au monde réel qu'il remarqua que le laboratoire était occupé. Se rapprochant de la fenêtre, il put constater que Rose s'y trouvait. Ce n'était pas très étonnant, à dire vrai. Elle aussi y passait pas mal de temps et les deux échangeaient souvent sur tout ce qui concernait de près ou de loin la métamorphose. Elle avait d'ailleurs été très jalouse de Cal en apprenant pour son voyage en Afrique et lui avait fait jurer de tout lui raconter dans les moindres détails. Rose releva la tête et leur regard se croisèrent. Dans un élan de productivité, deux des neurones du garçon se connectèrent et il réalisa que maintenant qu'elle l'avait vu, elle allait exiger qu'il tienne sa promesse. Caliban allait devoir raconter son échec. La jeune femme commençait déjà à se rapprocher. Que faire ? Quelqu'un là haut dans son cerveau appuya certainement sur un gros bouton gros, car le plan d'urgence se mit en marche tout seul. A travers la vitre, il tapota du doigt sur sa montre pour feindre un retard, salua de la main et détalla. Le tout en une seconde à peine. Avançant à grands pas, comme poursuivi par un détraqueur, il s'autorisa néanmoins un regard par dessus son épaule pour constater que Rose le (pour)suivait. Merde. Tournant à l'angle d'un couloir, il s'engouffra sans réfléchir par la première porte qu'il trouva et pénétra dans le placard à balai. Pathétique à souhait, mais cela ferait l'affaire.

Rose avait certainement dû abandonner, quelques minutes s'étant écoulé, mais Caliban se sentait tellement idiot qu'il décida de rester dans sa cachette de fortune, honteux de retrouver le monde réel derrière cette porte. D'autres trouveraient certainement cela idiot, mais ce voyage avait représenté son plus grand espoir de réussite. Il s'y était investi corps et âme. Malgré cela, ça n'avait pas été suffisant. Il n'était pas à la hauteur, ne le serait jamais et l'admettre devant les autres était une autre des choses dont il était incapable. Dans son esprit, il pouvait presque entendre la voix de son père résonner, lui expliquant que, s'il choisissait d'emprunter une autre voie que la sienne, il échouerait forcément. Un goût amer envahi sa bouche.

Mais ce n'était que le début. L'univers sembla juger que la journée du garçon n'avait pas encore été assez remplie, laissant débouler dans sa vie et dans son placard un fantôme de son passé. Au début, ce ne fut que confusion. La porte s’ouvrit pour se refermer aussitôt et son espace se réduisit alors qu'il se faisait pousser au fond du placard. De toute évidence, le nouvel arrivant ne se doutait pas que la cachette était déjà occupée. Au moins, il n'était pas le seul à fuir la réalité ou quelqu'un, ce qui n'était pas grand chose mais déjà ça. Conscient qu'il devrait signaler sa présence, il ne savait pour autant comment le faire sans apeuré l'inconnu. Entendre une voix dans le noir alors qu'on se pense seul peut être assez surprenant et l'étudiant préférait, si possible, ne pas se prendre un sort défensif venant d'un sorcier dégainant un peu trop facilement. Une tentative pour indiquer sa présence en touchant la personne présentait les mêmes risques, ajoutant celui de rentrer en contact avec une partie du corps non désirée. Cependant, il n'eut pas à pousser plus loin sa recherche car un lumos fut lancé et son cœur manqua quelques battements.

D'abord, le visage de celui qui avait le plus incarné le rôle d'un père pour Caliban. Aucunement lié par le sang, il était néanmoins celui qui avait permis au jeune garçon d'exister en tant que personne, d'être lui-même et non un pantin articulé se devant de répondre aux exigences d'un père ne s'intéressant pas à l'enfant mais à la création d'un être qui pourrait lui servir pour s'élever plus haut. Il avait été le premier à lui donner l'impression d'avoir le droit d'exister, de représenter quelque chose pour quelqu'un. Le premier à lui permettre de se sentir aimer.

Mais ce visage disparu pour laisser place à celui d'une jeune femme. Aucun doute possible, il s'agissait d'Elle. Ces cheveux roux, ces yeux clairs, ce doux visage, les transformations. Face à lui, son amie d'enfance. La revoir ainsi, si proche de lui, fut suffisant pour briser toutes les défenses que Caliban avait cru ériger toutes ces années loin d'elle. Il avait réussi à se persuader que la revoir un jour ne lui ferait rien, qu'elle n'était que du passé, qu'il lui serait impossible d'avoir un jour encore de l'emprise sur lui, qu'il était guéri et avait grandi. Mais ce n'était là qu'un réconfortant mensonge qu'il s'était plu à croire. Il était comme pétrifié, incapable de bouger, son esprit partant dans tous les sens et vide à la fois. L'homme avait l'impression d'être redevenu l'enfant qu'elle avait un jour décidé d'abandonner. Seul, fragile et blessé. Instinctivement, il recula d'un pas, ce qui, dans ce placard, se traduisit par une chute heureusement amortie par un tabouret rangé dans la remise. Après tant d'années, revoir deux visages de son passé, c'était trop. Quelques fois sur le campus, il lui avait semblé croisé une fille lui ressemblant, mais il s'était toujours rassuré en tentant de se convaincre que c'était impossible, que son esprit lui jouait des tours. Mais à présent, il savait.

Toujours assis sur son tabouret, l'esprit de Caliban tournait en boucle, ressassant toutes les questions qu'il avait pu se poser depuis qu'elle l'avait laissé, comme coulant d'une plaie qu'on croyait cicatrisée. Pourquoi était-elle partie ? Pourquoi n'était-elle jamais revenue ? Pourquoi ne jamais lui avoir expliqué ? Pourquoi ne pas tenir la promesse qu'ils s'étaient faits de toujours tout affronter à deux ? Pourquoi venir à l'université alors qu'elle avait fuit Poudlard ? Pourquoi réapparaître maintenant ?

Ses lèvres bougèrent à peine et dans la relative obscurité, on entendit seulement un murmure, une voix faible.

- Pourquoi ?


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Sujet: Re: Was it worth it after all ? [Cal] | Sam 24 Fév - 6:45
De la baguette d'Andromeda jaillit la lumière et pourtant, tout s'assombrit soudainement. Le temps se brisa. Rien n'importait plus. Le monde n'était plus en dehors de ce placard. Ils étaient l'univers.

« Shhh. »

Elle avait sa main plaquée sur la bouche du sorcier, et un sourire un peu dément qu'elle tâchait de retenir, d'avaler. En vain. Elle était euphorique. Elle savait qu'il dépendait d'elle, qu'il n'avait pas d'autre choix que de se fier à elle. Lui écouter, lui obéir. Elle était la petite reine de ce fichu placard, et il était… Pour le moment, il fallait bien l'avouer, il était surtout piteux. Un air de chien battu à vous faire craquer. Cet air qu'ont les chiots juste avant d'être adopté, qui vous laisse penser qu'ils ne pourraient pas vivre sans vous. Il avait cette expression qui la rendait indispensable. Puissante. Elle adorait cette sensation. Depuis qu'elle avait découvert ce sentiment d'importance et de contrôle, elle avait toujours aimé lire dans le regard de Caliban cette urgence, ce besoin. Est-ce qu'elle l'avait déjà mis dans une situation inconfortable juste pour qu'il ait besoin d'elle pour s'en sortir ? Très certainement. Mais là c'était différent. Elle s'était laissée distraire. Elle avait baissé sa garde. Ils avaient été séparés et elle était trop heureuse de le retrouver pour qu'on puisse lui reprocher quoi que ce soit. Elle le serra contre elle, dans l'obscurité de ce placard exigu, et elle murmura à son oreille.

« Est-ce que tu me fais confiance, Caliban ? »

Il avait hoché la tête, peut être un peu contraint, et elle avait eu se regard fier et très, très prétentieux. Elle s'était mordue la lèvre et lentement, ses cheveux roux avaient commencé à changer de teinte. D'un roux flamboyant, ils étaient devenus blonds, ils tiraient sur le châtain sans vraiment trouver la teinte parfaite. De toute façon, Andromeda ne s'inquiétait pas pour ça. Son ami était trop beau pour qu'elle puisse reproduire tout à la perfection et ses cheveux trop désordonnés pour que qui que ce soit ne remarque quoi que ce soit. Elle avait commencé à devenir lui, ignorant son regard suspicieux face au génie de la drôlesse, et quand elle lui ressembla presque en tout point, elle bomba le torse.

« Donne moi tes fringues, Cal. »

Elle rit pour toute réponse au sourire embarrassé de son camarade et ferma les yeux, prête à se faire plus impérieuse encore.

« Pourquoi ? »

Elle ouvrit les yeux, et tout avait changé. Il était grand, maintenant. Elle ne se sortirait pas de cette situation inextricable avec un ordre ou deux et une solution totalement ridicule. De toute façon à l'époque, ça n'avait pas fonctionné non plus. Elle avait eu une grande chance d'être attrapée par sa mère juste à la sortie du placard, parce que le fou rire naissant et le manque d'expérience ne lui permettait pas de maintenir la métamorphose assez longtemps. Elle s'était fait passé un savon phénoménale, heureusement atténué par le rire de sa mère en découvrant Cal qui s'était retrouvé obligé de porter la robe à froufrou de sa démoniaque amie. Là, sa mère ne sauverait pas la situation.

Elle était face à lui, impuissante. Elle lui brisait le cœur lentement, encore une fois. L'amour qu'elle lui portait n'y changeait rien. Elle ne pourrait rien y changer, elle le savait. Elle ne parvenait même pas à imaginer autre chose qu'elle le détruisant encore. Il avait pâli en la voyant, et elle réalisait qu'en l'espace de quelques secondes, d'une respiration à peine, elle l'avait forcé à faire face à deux fantômes. Jonathan avait sans doute terriblement manqué au garçon. Peut être même était-ce encore le cas. Peut être était-ce aussi pour cela qu'elle n'avait plus été capable de supporter la présence de celui qui avait été son meilleur ami et son premier amour.

Il souffrait quand elle n'arrivait pas à envisager qu'elle n'était pas la seule endeuillée. Que la foudre ne se soit pas abattue que sur elle, ça avait été trop difficile à comprendre. Impossible aussi d'intégrer que la douleur était comme l'amour, le fait que les autres souffrent ne diminuaient pas sa peine. Pourtant, elle ne pouvait pas assumer. Elle en avait été incapable, pour une multitude de raisons. Elle avait pu partager son père de son vivant, mais dès qu'elle avait vu la carcasse fumante de la voiture, dès qu'elle avait réalisé qu'il ne restait plus rien ne serait-ce que pour elle, il était devenu intolérable de partager quoique ce soit. Même son souvenir.

Et pourtant… Elle avait grandi maintenant. Elle savait que c'était ridicule. Elle savait qu'il aurait pu être son roc, quand plus rien n'avait de sens. C'était si loin, tout ça. Cette époque où elle avait été reine, où elle avait prouvé son importance, où il avait promis qu'il serait toujours là, qu'il lui ferait toujours confiance, qu'il la suivrait n'importe où… Tout était terminé. Elle avait juré de le protéger, comme un chevalier. Elle avait même signé un papier où elle l'avait noté en toute lettre, pour que le garçon ne se sente pas trop seul dans sa famille de moldus délirants. Mais aujourd'hui, elle était incapable d'esquisser ne serait-ce que l'ombre d'un geste quand elle le voyait basculer. Même ce satané tabouret était plus efficace qu'elle en retenant la chute du sorcier. Pathétique Andromeda.

L'homme qui avait pris la place de l'enfant dont elle rêvait encore était immobile. Vide. Aussi vide qu'elle. Plus encore, peut-être. Il restait là, bouche entrouverte, éberlué. Statufié. Et elle, face à lui, elle tremblait. Elle s'en rendait compte seulement maintenant, sans vraiment savoir quand ça avait commencé. Lentement, la lueur accrochée à la pointe de sa baguette commença à faiblir, et tandis qu'elle perdait son apparence originelle pour recouvrer ce masque de chagrin et de fragilité qu'elle portait depuis la moitié de sa vie maintenant, l'obscurité retrouva sa place dans le placard. Elle entendait la respiration lente de Caliban, et elle tendit une main hésitante vers lui, sans être trop sûre de ce qu'elle allait faire. Sans avoir la moindre idée de ce qu'elle devait faire.

« Caliban. »

Elle referma instinctivement la main quand ses doigts frôlèrent la barbe du sorcier, serrant le poing à en avoir mal. Il allait la haïr. Il allait tellement, tellement la détester ! Elle ne pouvait pas fuir, pas encore. Elle tâcha de se détendre et posa sa main doucement sur la joue de celui qui avait été son ami. Qu'était-il maintenant ? Qu'étaient-ils encore l'un pour l'autre ? Elle caressa sa joue du pouce, assourdie par sa propre respiration.

« Tu sais… Je ne savais pas que tu étais là. Dans le placard. Je veux dire… Je sais que tu es à Atlantis, je... »

Sa gorge se noua et elle avala la fin de sa phrase, difficilement. Elle toussota et déglutit pour pouvoir reprendre la parole, s'efforçant d'empêcher sa voix de trembler. Qu'allait-il dire, si elle faisait preuve de faiblesse ? Si alors qu'elle était celle qui s'était montrée cruelle elle était aussi celle qui pleurait ?

« Je suis désolée. Je ne sais pas ce que j'avais en tête. Je ne veux pas… Je me… Le placard, je ne m'y serais jamais cachée si j'avais su que tu y étais. Ce n'est pas un piège, je te le promets. J'étais… enfin tu as vu comme j'étais et j'ai entendu des étudiants alors… C'est que je ne voulais pas qu'ils puissent me voir comme ça. »

Elle repensa à son entrée fracassante dans le placard, à sa précipitation, à son apparence, à l'expression de Caliban et à sa tétanie depuis.

« Il te manque encore, n'est ce pas ? »
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Sujet: Re: Was it worth it after all ? [Cal] | Dim 25 Fév - 23:08
Tout comme Andromeda, Caliban était assailli par des souvenirs. Il se revoyait enfant, quelques jours seulement après le drame, dans le salon familial. Comme si de rien était. Comme si le monde n'était pas un peu plus sombre chaque jour depuis. Son père, plongé dans les annonces du journal, se plaignait d'à quel point il était difficile de trouver un chauffeur ponctuel de nos jours alors que l'enfant, dissimulé derrière le livre qu'il était censé étudier, laissait silencieusement couler des larmes qui n'auraient été tolérées. L'image devint flou et il se retrouva accompagné de Livia. Déjà à l'époque, il avait ressenti le vide laissé en elle par la disparition et n'osait imaginer l'épreuve qu'elle traversait. Il se souvenait comme si c'était hier cette envie brûlante de la supplier de le laisser voir son amie, simplement quelques minutes, car il avait toujours eu besoin d'elle et qu'elle aurait plus encore besoin de lui. Mais la veuve n'y était pour rien, le choix venant de la fillette et il ne pouvait se permettre de rajouter à sa peine les complaintes d'un enfant égoïste.

Les souvenirs s’accélérèrent. King's Cross, le jour de la rentrée. Andromeda le serrant dans ses bras, Caliban retenant son envie de l'implorer de ne pas le laisser seul. Un adieu déguisé en au revoir. Ensuite vint la vie à Poudlard sans elle. Ses amis essayant de lui redonner le sourire, lui préférant s'isoler. Les innombrables lettres qu'il avait écrit dans l'espoir d'une réponse. Ses amis insistant de moins en moins devant l'entêtement du garçon. Le Poufsouffle se raccrochant au fait que, l'été venu, il pourrait la revoir. Retrouver ceux qu'il considérait comme sa famille. L'été vint mais sans son amie. Livia, elle, était encore là pour lui, mais rien n'était plus pareil malgré l'affection qu'elle lui portait. Ce n'était plus là une famille. Peut-être n'en avait-il jamais vraiment fait parti. Lui qui avait encore son père et sa mère dans les faits, pouvait-il prétendre avoir perdu un proche au même titre qu'elles ce jour là ? Non. Sa peine était illégitime face à celle de la fille ou de la femme et il le comprenait trop tard.

Dans ce placard sombre, à peine éclairé à la lueur d'une baguette, souvenirs et sentiments qu'il pensait enfouis à jamais, face à elle, faisaient surface. L'espoir de voir sa meilleure amie revenir n'avait pas quitté l'enfant avant longtemps. Il était persuadé que, maintenant qu'il avait compris, elle pourrait revenir. Qu'il lui manquerait peut-être comme elle lui manquait, qu'elle voudrait le revoir. De nouveau, Caliban avait écrit. En vain. S'il parvenait à passer les journées à Poudlard sans rien manifester, il n'était pas rare qu'il craque lorsqu'il était certain que tout le monde dorme. Elle avait été sa première amie. La meilleure dont il puisse rêver. Elle avait été celle qui, alors qu'il n'espérait rien de la vie, lui avait fourni de quoi se libérer, même un peu, des fils que son père agitait au dessus de lui. Elle lui avait donné envie d'avoir envie, de s'autoriser à avoir des rêves. Et Merlin ce qu'elle pouvait le faire rire, même si cela impliquait d'abord qu'elle l'embarque dans des situations dont il était certain de ne pas pouvoir se sortir. Mais aujourd'hui, elle n'était plus là. Il ne comptait plus pour elle. Alors, il apprit à vivre malgré ça, comme il avait toujours fait.

Caliban avait tenté de tordre le cou de ses sentiments, plaidant la légitime défense. Il s'était forcé d'admettre qu'elle ne l'avait jamais vraiment aimé, qu'elle n'aimait en réalité que la façon dont il la faisait se sentir. Au centre de son monde, lui prêt à tout pour elle. Il n'avait été qu'un passe-temps, un amusement. Un pantin qui, lorsqu'elle n'avait plus été d'humeur à rire, avait été laissé dans un coin pour ne plus jamais la revoir. En aucun cas il ne parla de tout cela à Livia. Le garçon, malgré toutes ses résolutions, restait un enfant ne cherchant qu'à être aimé à nouveau et il savait que, face aux arguments de la mère, il pardonnerait toujours la fille. Mais les années passèrent et sa conviction se confirma, effaçant l'espoir pour ne laisser que la douleur lorsqu'il pensait à Andromeda.

La voir aujourd'hui était plus douloureux que penser à elle ne l'avait jamais été. La carapace qu'il avait cru s'être forgé avec le temps n'était en réalité pas plus efficace qu'un pansement sur une brûlure. La vérité était que jamais il ne s'était remis de l'abandon de celle pour qui il aurait tout donné, la première à qui il avait offert son aveugle confiance. Elle prononça son prénom et il sortit de sa catalepsie.

La douleur, même si elle ne diminua pas, laissa place à un sentiment d'injustice. Caliban s'en voulait d'être, encore aujourd'hui, affecté par cela. Il s'en voulait de ressentir cette souffrance puéril et stupide. Après tout ce temps, il semblait n'avoir toujours pas été capable de tourner la page du livre qu'elle avait clôt il y a des années. Il aurait tellement aimé que la voir aujourd'hui, après tout ce temps, ne l'affecte aucunement. Pouvoir faire comme si de rien était avant de trouver une excuse pour s'esquiver. Il était en colère contre lui-même, contre ce qu'il ressentait. Dans le noir, l'étudiant ne put voir la main s'approcher de lui. Qu'aurait-il fait, sinon ? Impossible pour lui de savoir. Lorsque le contact eut lieu, sa mâchoire se contracta comme s'il éprouvait une douleur physique mais il ne se déroba pas. Il ne voulait pas paraître faible. Pas comme avant. La jeune femme lui caressa la joue du pouce et la sensation d'injustice augmenta. Elle ne pouvait pas, après tout ce temps, revenir dans sa vie et s'attendre à ce qu'il accepte aussi facilement. Il n'était plus son pantin et son comportement était aussi illégitime que la peine qu'il avait pu avoir à l'époque pour son père. Alors, mettant autant de fermeté qu'on peut le faire dans ce geste, il écarta son visage de la main.

« Tu sais… Je ne savais pas que tu étais là. Dans le placard. Je veux dire… Je sais que tu es à Atlantis, je... »

Alors qu'elle bafouillait quelques mots, il la coupa. "Je ne savais pas que tu étais à Atlantis"", dit-il de la voix la plus neutre dont il disposait dans cette situation.

Ce qui n'était pas tout à fait vrai. Il lui avait plusieurs fois semblé la voir, mais il avait choisi de croire que son esprit lui jouait des tours. Caliban ne poussa pas plus la discussion, se contentant d'énoncer ce simple fait. Il ne lui devait rien. Si elle n'avait rien à dire d'autre, ce n'était pas lui qui la retiendrait ici.

« Je suis désolée. Je ne sais pas ce que j'avais en tête. Je ne veux pas… Je me… Le placard, je ne m'y serais jamais cachée si j'avais su que tu y étais. Ce n'est pas un piège, je te le promets. J'étais… enfin tu as vu comme j'étais et j'ai entendu des étudiants alors… C'est que je ne voulais pas qu'ils puissent me voir comme ça. »

Les explications n'avaient rien de clair mais il comprenait évidemment de quoi elle parlait. Les dons de métamorphomage d'Andromeda était la première forme de magie dont il avait été témoin et cela avait grandement contribué à son émerveillement et sa passion pour la métamorphose. Sauf qu'il ne comprenait pas bien pourquoi elle voulait s'en cacher, lui trouvant qu'il s'agissait là d'un don. Mais Caliban, comme un enfant vexé, ne voulait pas montrer de l'intérêt pour son premier amour ou ce qu'elle racontait. Même si c'était faux, il voulait qu'elle pense qu'il était passé à autre chose, que ce n'était que du passé révolu pour lui. Sauf qu'il ne s'attendait pas à la suite.

« Il te manque encore, n'est ce pas ? »

Le français déglutit difficilement, prit au dépourvu. L'évocation de Jonathan suffit à calmer la tempête que le garçon tentait de faire naître en lui. Il eut un pincement au cœur, pensant à lui et ce qu'il avait été pour lui. Par respect pour l'homme qu'il avait été, il ne pouvait pas ne pas répondre à Andromeda, se montrer méchant ou même mentir. Il ne le voulait pas si cela concernait son père.

- Je...

Caliban réalisa qu'il ne savait lui-même pas quoi dire. Il considérait depuis des années que la peine immense qu'il avait ressenti n'était pas légitimée car lui, ce jour là, n'avait pas vraiment perdu un père, malgré ce qu'il avait éprouvé. Pourtant, la seule réponse à cette question était que oui, il lui manquait.

- Oui, il me manque encore. Mais ce n'est rien comparé à la façon dont il doit te manquer.

Une part égoïste voulait qu'il s'arrête là, qu'il n'aille pas plus loin dans la conversation et qu'au contraire, il sorte du placard pour partir loin d'elle. Faire mal comme on lui avait fait mal, abandonner comme on l'avait abandonné. Mais même s'il n'avait pas le droit de les considérer comme sa famille, maintenant que Jonathan avait été évoqué, il ne pouvait plus le faire. De plus que, par extension, il pensait à Livia. Comme le père avait manqué à la fille, le mari avait manqué à la femme. Maintenant, il était réuni et si les deux manquaient à Caliban, cela était pire pour leur enfant. Une pensée traversa l'esprit du jeune homme et il sentit aussitôt le besoin de se justifier.

- Tu sais, j'ai été lui dire adieu. A ta mère, je veux dire. Je n'étais pas là, mais... j'ai été la voir ensuite.

Caliban n'était pas venu à l'enterrement, malgré le besoin qu'il avait ressenti d'y assister. Il avait toujours gardé contact avec elle et elle comptait énormément pour lui. Mais la mort du père l'avait séparé d'Andromeda, il ne voulait pas que la mort de la mère les force à se revoir. Alors, il avait attendu que ce soit passé et était allé se recueillir sur la tombe. Cela ne comptait peut-être pas vraiment pour Andromeda et lui rappeler le souvenir de sa mère morte était certainement idiot, mais il ne voulait pas qu'on le pense ingrat. Il reconnaissait volonté tout ce que Livia avait fait pour lui au cours de sa vie et lui en serait éternellement reconnaissant.

- Je.. Je suis désolé pour toi. Pour vous.

En quelques secondes à peine, Caliban était passé du choc profond à une colère pour embrayer sur de la tristesse. Il n'avait pas pardonné à Meda, il lui en voulait toujours et n'était pas sûr que cela puisse changer après tant d'années. Mais pour Livia et Jonathan et ce qu'ils avaient représenté pour lui, il pouvait se retenir de régler ses comptes ou d'ignorer son ancienne meilleure amie.


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Sujet: Re: Was it worth it after all ? [Cal] | Mer 7 Mar - 10:12
Un. Deux. Trois. Andromeda déglutit. Quatre. Ses doigts se serrèrent sur la bandoulière de son sac. Cinq. Six. Elle ravala ses larmes et toussota. Sept. Si elle parvenait à compter ainsi jusqu'à dix, dans une immobilité presque absolue, elle ne s'enfuirait pas. Huit. Et si elle transplanait ? Neuf. Est-ce que ce serait bizarre de sentir son odeur, juste dans le creux de son cou, juste pour se souvenir ? Dix. Elle avait toujours cette satanée envie de fuir. C'était plus qu'une envie d'ailleurs. Un besoin.

Une de ces nécessités qui vous prend au tripes et ne vous lâche plus.

Il était plus difficile encore de ne pas y penser que d'oublier un maudit hoquet. Elle ne bougerait pas tant qu'elle n'était pas prête à ne plus bouger. Comment ça, aucun sens ? Parce que Caliban, il en avait lui, du sens ? Par Merlin… Est-ce que quelqu'un pouvait faire taire cette petite voix nasillarde dans sa tête ? Non. Il fallait qu'elle compte encore. Qu'elle soit sage. Qu'elle soit calme. Dix. Elle ferma les yeux, inspira très longuement. Neuf. Ses poumons étaient pleins. Huit. Sept. Elle souffla. Six. Cinq. Quatre. Trois…

Non. Non, non, non, non et non. Non. Juste non. Non et non.

Elle secoua la tête. Calme toi Andromeda. Et compter de deux en deux ? Arrête Andromeda. De cent à zéro de trois en trois ? Silence, Andromeda. Calme toi. Respire. Regarde le. Fixe l'obscurité devant toi, Andromeda. Sais qu'il y est. Comprends que tu ne peux plus fuir. Tais-toi Andromeda. Surtout, tais toi. Ne lui dis plus rien. Shhht. Là.

De toutes ses forces, elle tâcha de ne plus chercher son contact. De refuser l'évidence. Elle avait voulu créer un nouveau lien, d'une certaine façon, et il s'était dérobé. Il la haïssait. Et il y avait tellement de n'importe quoi dans tout ça ! Étaient-ils tous les deux obligés de mettre dans leurs retrouvailles tant de drame et d'urgence ? Combien d'enfants se perdaient de vue au cours de l'adolescence pour se retrouver ensuite à l'âge adulte ? Étaient-ils si différents, eux, pour ne pas être capable de se remémorer les bons moments, bavardant innocemment autour d'une bièraubeurre ?

L'intervention du garçon lui fit l'effet d'un coup dans les côtes. Il n'avait rien dit de mal, pourtant. Il n'avait énoncé qu'une vérité mais cette voix, ce dédain qu'il ne pouvait s'empêcher de laisser transparaître… Compte Andromeda, compte encore. Pour ne pas tomber, au moins.

Elle avait tant bien que mal réussi à reprendre un tant soit peu de contenance, assez du moins pour ne pas lâcher le fil de ce qu'elle avait à dire. Peu importait combien c'était vain. Elle devait lui dire pourquoi elle était ici, avec lui, presque contre lui. Et alors qu'elle parlait, elle réalisé à quel point il était idiot d'expliquer à quelqu'un qu'on avait fui presque toute une vie qu'on n'aurait jamais mis les pieds sur son chemin si on avait pu l'éviter.

Mais Caliban ne réagit pas à ses excuses, ou du moins elle ne le vit pas, et sentant son cœur battre à tout rompre, elle lui demanda ce qui la hantait. Tandis qu'il bafouillait, elle se laissa glisser le long de la porte, s'assit au sol. Ses pieds butèrent contre ceux de Caliban et elle s'empressa de se recroqueviller, passant un bras autour de ses genoux pour ne plus le toucher, pour essayer de respecter son espace vital. L'évocation de l'enterrement de Livia lui arracha un soupir de mépris, un souffle chargé de colère, de regrets. Pas qu'elle lui en veuille de ne pas avoir assisté à la cérémonie, bien entendu. Elle n'était pas sa mère et même si Andromeda savait que Livia et Caliban avaient gardé contact, que sa mère s'était toujours considérée comme responsable de l'enfant et qu'elle aurait sans doute aimé savoir qu'il était là, qu'il trouvait sa place parmi sa famille pour lui dire au revoir, Andromeda ne pouvait attribuer son absence qu'à son bon sens, son respect. Et la peur de la voir, peut être. Ou l'impossibilité d'échapper à son fichu père, ce type malveillant, mesquin, mauvais et… peu importait. De toute façon, même si Caliban avait été là, elle n'aurait pas pu le savoir. Et c'était ce qui la mettait réellement en colère.

« Moi aussi, je suis allée la voir après. Je veux dire. J'ai pas pu y aller, tu sais ? »

Et étrangement, la peine, l'amour, les regrets et les remords… Tout ça se mua en rancoeur. Elle serra les poings, le fixa d'un regard noir que l'obscurité ne lui permettait de toute façon pas de remarquer.

« Comment t'as pu croire tout ça hein ? »

Est-ce que ce qu'elle disait avait seulement du sens ? Est-ce qu'il pouvait deviner qu'elle lui en voulait de ne pas avoir insisté, de ne pas avoir tout fait, de ne pas avoir été celui qui, pour une fois, s'érigerait en sauveur quand elle l'avait si souvent protégé ? Certes, il était encore un enfant. Elle l'avait rejeté, elle s'était éloignée, exilée. Mais pourquoi est-ce qu'il n'avait pas compris ? Pourquoi ne lui avait-il pas simplement laissé du temps, acceptant sa douleur, sa tourmente, son délire ? Pourquoi alors que c'était elle qui était en peine elle qui cette fois n'avait plus de père digne de ce nom… Pourquoi n'avait-il pas fait ce qu'il fallait ? Alors oui, l'âge, c'était une raison. Mais l'enfance ne durait pas et après ? Pas une seconde il n'avait essayé de reprendre contact. Après la mort de Livia, il aurait au moins pu essayer. Comprendre que de toute cette enfance idyllique, il ne restait plus que lui.

« Tu n'as même pas pu attendre. Tu n'as même pas pu revenir. Et maintenant… Maintenant quoi, Caliban ? On est des étrangers, toi et moi ? »

Elle soupira, secoua la tête, se cognant contre la porte et râla un peu. Est-ce qu'elle pouvait réellement se mettre en colère contre lui, là ? Est-ce qu'elle pouvait faire autre chose, en même temps ?

« Je suis contente que tu aies pu passer à autre chose, toi. Et je suis désolée de ne pas avoir supporté la mort de mon père. Et c'était horrible que tu ne sois pas là. Tu n'imagines même pas. Mais je suis contente. Tu es devenu grand. Fort et beau aussi, comme je te le disais. Et puis tu as l'air heureux. »

Elle eut un léger rire amer, un peu jaune.

« Enfin pas vraiment en ce moment, mais les quelques fois ou je t'ai vu… »
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Was it worth it after all ? [Cal]
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