Prendre soin de ... Vous ? | Ouvert à tous

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Sujet: Prendre soin de ... Vous ? | Ouvert à tous | Sam 17 Fév - 8:25
Le 17 octobre 2000, au matin.

En se levant, ce matin, Torvi s’était sentie étrangement bien. Détendue. Légère. Le sommeil s’étiolant à peine derrière ses paupières closes en des rêves diffus et agréables. Pourtant, maintenant que son regard se portait sur son environnement, elle ne se souvenait pas exactement de la nuit passée.

Il ne lui en restait que ce sentiment doux et porteur, qui la motiva à se préparer et à quitter au plus tôt le logement partagé avec Irvin.

En chemin, elle chercha encore à discerner les élancements chimériques qui persistaient ici et là dans sa conscience. Sans pour autant réussir à y mettre le doigt. Songeuse mais pas soucieuse. Il n’y avait rien d’inquiétant, de toute façon, en l’état. Seulement des interrogations privées de réponses. Seulement des pensées qui n’en finissaient pas.

La sorcière s’était finalement résolue à ne pas chercher davantage la clé de son sommeil. Parfois, le plus simple était de ne pas insister. De ne pas tout détailler. Si pareille office était tolérable pour sa propre vie, Torvi ne permettait pas de telles facilités pour les jeunes âmes qui déambulaient à l’université.

Au contraire, malgré son statut encore bâtard, elle faisait tout son possible pour suivre scrupuleusement la santé des uns et des autres. En entrant dans l’infirmerie, c’est d’ailleurs ce qu’elle fit : consulter le registre des entrées et des sorties de la veille. Pour se remémorer l’information, d’une part, mais aussi pour se préparer à d’autres visites. La journée ne faisait que commencer, après tout.

Elle s’installa donc dans son fauteuil, un dictionnaire Suédois-Anglais prêt à être compulsé à côté du registre.



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Sujet: Re: Prendre soin de ... Vous ? | Ouvert à tous | Sam 17 Fév - 10:20
C'était la fin.

Quittant le cours qui n'avait pas encore commencé, elle mit un terme à ce qui n'avait pas encore de début. Elle abandonna. Et en même temps, errant dans les couloirs d'un pas rapide, elle avait l'impression que ça irait mieux. Rien n'allait, et ça allait déjà mieux. Oui. C'était illogique et clair en même temps. Ridicule et tellement encourageant. Elle arrêtait. Elle lâchait. A quoi bon persévérer dans une voie qui ne faisait que la blesser, la mâcher, la meurtrir ? Pourquoi s'évertuer à se faire du mal ? Manadh, Atlantis, l'UPA. Caliban, même. Tout ça, c'était fini. Ça ne servait plus à rien. Elle s'en moquait de ces connaissances absurdes et hors de portée. De cette société dérisoire à laquelle elle devait soi disant se mêler. De tout ce qu'on lui vendait comme une potion dont le goût âcre dissimulait le remède à tous ses maux. Un pansement sur une jambe de bois.

Oui, cette fois c'était terminé. Elle avait de nouveaux projets, de nouvelles ambitions. Dans un contexte où la moindre étincelle provoquait d'incroyables explosions, qui pouvait encore croire que le savoir était indispensable ? Elle n'était pas si bête de toute façon, même sans tous ces professeurs, ces devoirs, ces études. Et si elle ne pouvait plus trouver refuge dans la grange familiale, si elle ne pouvait pas reprendre l'exploitation, tant pis. Il y avait plein de gens qui se contentaient d'une vie moyenne. Plein de gens qui mettaient de côté leurs rêves, qui les conservaient pour leurs heures perdues. Rangés jusqu'à la nuit. Elle s'en moquait, des rêves.

Arpentant les couloirs de l'aile administrative, elle se dirigeait droit vers le bureau qui la délivrerait. Elle allait leur dire d'un ton bien clair et assuré que leur université ne lui apportait rien, qu'elle n'avait plus rien à y faire, qu'elle préférait laisser la place à d'autres. A n'importe qui, tant que ce n'était pas elle. Au fond, avant Atlantis, avant ces histoires un peu dingues de mixité absolue, d'université magico moldue et compagnie, on ne leur demandait rien, après Poudlard. C'était bien un signe qu'elle n'avait pas besoin d'être là non ?

Elle poussa une porte, déterminée. Et elle craqua.

« Je sais pas comment je vais faire, je vais jamais y arriver. »

Elle n'était pas dans un bureau administratif. Personne ici ne lui délivrerait de sésame, ne lui permettrait de fuir encore. Il n'y avait que l'infirmerie, cette femme et sa détresse.

« Je sais que c'est ridicule, mais c'est vraiment, extrêmement difficile. Et ça va bien au fond. Enfin je veux dire il n'y a rien de grave alors que j'imagine que vous devez en voir des trucs bizarres ici. Des membres arrachés, des potions foirées tout ça. Et je suis vraiment désolée de vous embêter mais je ne sais plus du tout du tout quoi faire. Et j'ai essayé pourtant. Enfin pas vraiment mais je ne sais pas comment essayer en fait. Est-ce qu'on peut essayer d'essayer ? Est-ce que c'est si important d'être ici ? »

Tout en crachant sa détresse avec un débit à peine humain, elle piétinait dans l'infirmerie, tournant en rond, n'accordant pas même un regard direct à celle sur qui elle déversait son mal être. Passant une main dans ses cheveux grisâtres, elle enchaîna, sans même laisser le temps à Torvi d'en placer une.

« Je sais que vous allez dire que c'est important. Mais vous n'avez pas trop le choix, et vous n'êtes pas objective. Mais j'ai pas vraiment choisi d'être ici. Enfin si mais non en même temps et puis on peut apprendre autrement et en même temps c'est pas vous que je venais voir je voulais juste me désinscrire, ou signer un papier quelconque qui dirait que je suis pas étudiante, que je me dégage de toute responsabilité ou je sais pas quoi mais je sais pas pourquoi quand j'ai vu votre porte je suis entrée et voilà. Je sais plus quoi faire. »

Et finalement, elle la regarda. Elle accrocha son regard délavé à celui de l'infirmière et elle ne la lâcha plus des yeux, comme si ce contact visuel lui était indispensable pour survivre.
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Sujet: Re: Prendre soin de ... Vous ? | Ouvert à tous | Mar 20 Fév - 7:48
Le regard de la sorcière glissa sur la première page du registre quant aux passages de la veille. Tout semblait en ordre. Le pire cas ayant été ce petit coup de froid chez un étudiant moldu : on était en plein automne, après tout. Rien de très étonnant sur ce point. D’un lent mouvement de la main, elle tourna la feuille pour en lire la suite. Une petite consultation sur la sexualité. Un mal de tête tempéré par un petit médicament.

Rien de très inhabituel, en somme. Tout allait pour le mieux, du coup, n’est-ce pas ? Tout le laissait présager, en l’état. Une autre journée quiète en perspective.

Torvi leva sa baguette et la pointa en direction de la radio installée au fond de la pièce. Mais elle ne trouva pas le temps de poursuivre son intention car on poussa la porte de l’infirmerie. Un peu vivement. Un peu brutalement. Je sais pas comment je vais faire, je vais jamais y arriver. Avec lenteur, la sorcière laissa sa férule retomber contre le bureau. Le regard rivé, désormais, vers l’inconnue en plein désarroi qui se dressait au-devant d’elle.

En pleine détresse, même. Je sais que c’est ridicule, mais c’est vraiment, extrêmement difficile. Elle n’osa rien dire, surprise par le débit employé et l’amoncellement des informations énumérées. Et je suis vraiment désolée de vous embêter mais je ne sais plus du tout du tout quoi faire. Stupéfaite mais pas larguée pour autant : elle s’efforçait de répéter dans sa propre tête les mots utilisés. Pour ne pas perdre le fil de cette diatribe déversée-là dans un geste de désespoir évident. Pour ne pas méprendre les besoins de la jeune femme. Parce que c’était un appel à l’aide tout ce qu’il y avait de plus criant.

De plus strident. Est-ce qu’on peut essayer d’essayer ? Est-ce que c’est si important d’être ici ? Un cri du cœur dans lequel s’emmêlait un tas de choses. Une infinité de détails que Torvi ne connaissait pas mais qu’elle devait supposer. Au moins pallier. Essayer de pallier. C’était bien le cœur de la problématique, n’est-ce pas ? Essayer. L’inconnue – l’étudiante ? Elle paraissait jeune – ne faisait que répéter ce mot. Peut-être même inconsciemment.

Psychologue ? L’interrogation de Mia, posée des semaines auparavant, vint heurter la mémoire de Torvi comme un écho. C’était si difficile de soigner les âmes plutôt que les corps. C’est pour ça qu’elle n’avait pas emprunté ce chemin, d’ailleurs. Trop sensible. Trop empathique. Pas assez distante. Et puis ce fichu don qui s’ancrait dans autrui… Mais n’était-ce pas ce dont avait besoin son interlocutrice ?

Courte pause. A peine quelques secondes avant la reprise des paroles véloces et craintives. Je sais que vous allez dire que c’est important. Qu’est-ce qui- Mais je n’ai pas vraiment choisi d’être ici. Ah. Enfin si mais non en même temps et puis on peut apprendre autrement et en même temps c’est pas vous que je venais voir je voulais juste me désinscrire. Torvi expira doucement, très doucement, pour se concentrer et parvenir à suivre le long déroulé des pensées de l’inconnue. Je sais plus quoi faire.

La tension sembla enfin se stabiliser.

La Suédoise s’avança sur son siège sans quitter du regard la pauvre âme ébranlée, délaissant même sa baguette pour en saisir en silence une petite boite qui trônait dans un tiroir de son bureau. Cette opération, lente et précautionneuse, lui laissait le temps d’encaisser toutes ces choses prononcées. Il était question d’angoisse. D’envie de fuite. De tentatives échouées ou difficiles. De peur. D’incapacité à s’adapter. Des éléments qu’il fallait désamorcer le plus calmement possible en… Neutralisant l’aspect urgent de la situation. « Rien ne presse, nous pouvons en discuter maintenant ou plus tard. Je suis là. » Ses doigts ouvrirent la boîte et poussèrent cette dernière sur la surface du meuble en direction de la jeune femme. Elle contenait … Des chocolats. De toutes sortes. De toutes saveurs.

« Ils sont très bons. »  Maintenant que la sorcière pouvait s’exprimer pleinement, elle voulait dédramatiser et amoindrir le sentiment d’étouffement qu’elle supposait chez l’étudiante. Tout en lui donnant la possibilité d’exprimer ce qui l’étreignait. « Qu’est-ce qui vous donne cette impression ? »



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Sujet: Re: Prendre soin de ... Vous ? | Ouvert à tous | Jeu 22 Fév - 7:53
Elle était dépassée, dévastée. Perdue au milieu de ses sentiments contradictoires, de ses aspirations désespérées. Elle ne savait plus ce qu'elle voulait et quand elle parvenait à discerner quelques bribes d'ambitions, elle était incapable de déterminer si c'était l'espoir ou la dépression qui s'exprimait. Et dans la tourmente, elle faisait n'importe quoi. Que pouvait-on déduire de cet acte manqué ? Elle n'avait pas envie d'y penser, elle n'y trouverait que des points négatifs de toute façon. Suspendue aux lèvres de l'infirmière, attendant sa sentence, elle tâchait de ne songer à rien. Ce n'était pas une grande réussite, de toute évidence. Elle se sentait comme en apnée, s'efforçant de toutes ses forces de retenir les sanglots ridicules qui menaçaient de la faire flancher. Elle était fière, elle était forte, elle y arriverait. Ou pas.

Malgré tout, elle tint bon, du moins jusqu'à ce que Torvi ne prenne enfin la parole. Andromeda avait la tête qui tournait, les poumons en feu. Elle avait l'impression qu'il y avait une éternité qu'elle était rentrée dans ce bureau, que des vies entières s'étaient écoulées pendant qu'elle vomissait sa déroute et que la sorcière face à elle préparait sa riposte. Elle lâcha le regard rassurant pour fixer les doigts sur la boîte, sur le bureau. Au ralenti, comme dans un film. Ou n'était-ce que dans sa tête ? Et bientôt, tout reprendrait à toute vitesse et elle se ferait avaler de nouveau dans sa propre tempête. Bientôt la dérive, de nouveau. Mais avant…

Andromeda s'avança avec précaution, sans avoir particulièrement conscience de sa façon d'être. Elle fixait la boîte, frottant rapidement son pouce contre son index dans un geste machinal, un réflexe primaire pour se réconforter, se donner du courage. Elle ne lâcha pas les chocolats des yeux alors que Torvi se voulait rassurante, enregistrant le moindre mot, le répétant silencieusement pour l'assimiler, l'analyser. Pour ne surtout pas y répondre trop vite, pas tout de suite. Elle craignait qu'ouvrir la bouche ne revienne à ouvrir les vannes, et elle avait peur de ce qui pourrait s'échapper.

Elle avait besoin de contrôle, de réflexion, de maîtrise. Elle avait besoin de savoir. Ce qu'elle allait goûter. Ce qu'elle allait dire. Ce qu'elle allait faire. Mais par Merlin, qu'est ce qu'elle allait bien pouvoir faire ? Torvi ne parlait plus, et Andromeda ne pouvait pas arrêter de se taire. Elle tendit la main vers un chocolat, changea d'idée, laissa ses doigts survoler toute la boîte et abandonna finalement. Il y avait une réplique comme ça, dans un film. « La vie, c'est comme une boîte de chocolat ». Cette boîte de chocolat, en tout cas, était comme sa vie : Elle n'avait pas la moindre idée de ce qu'elle allait choisir. Quant à savoir si ensuite elle aimerait ce qu'elle aurait… Si elle pourrait le finir…

« Je suis nulle, » lâcha-t-elle d'une voix un peu nouée. « Je… »

Elle leva les yeux vers l'infirmière, dans un élan de désespoir, de peur panique. Résolument dépendante de cette femme qu'elle ne connaissait pas et qui elle aussi devait avoir son lot de tracas et de mauvais choix. Contrairement à ce à quoi elle s'était attendu, elle ne pleurait même pas. Elle était simplement… vide, en quelque sorte.

« Je croyais vraiment que j'allais y arriver. C'était minable avant de toute façon, alors je pensais que je ne pouvais que faire mieux que ça, mais c'est trop difficile. Je ne sais rien faire, je ne peux rien faire, je suis nulle, résolument nulle. Je ne comprends pas pourquoi, pourtant. Et je ne sais pas ce que je vais pouvoir faire si je n'y arrive pas. Alors je préfère arrêter. Et faire autre chose. Mais je ne sais pas quoi, et je ne sais pas… si je n'y arrive pas ? Si c'est pire ? Comment je vais faire ? Si je ne suis jamais bonne à rien d'autre que la médiocrité dans laquelle je me vautre, qu'est ce qui va se passer ? »

Là, les larmes s'imposèrent. Silencieuses, discrètes. Tranquilles. Elle débordait, tout simplement. La pression était trop forte. Atlantis, la ville de la mixité, la ville de l'avenir. Elle n'était pas assez bonne pour l'avenir.

« J'ai envie de vomir. Tout ça. Toutes ces choses qui avancent sans moi. C'est écœurant. Et je suis minable de le penser. Je peux pas rester là. »
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Sujet: Re: Prendre soin de ... Vous ? | Ouvert à tous | Mer 7 Mar - 4:50
HRP : Pardon pour le retard Supplice


Tenter de désamorcer le problème, c’était ce qu’il y avait de mieux à faire, pas vrai ? Réussir à le résoudre serait une franche réussite, même. Seulement, compte tenu des éléments à la disposition de Torvi, essayer serait déjà mieux que de ne rien faire. Mieux que de laisser l’étudiante s’enfoncer davantage dans la violence de ses émotions.

Les chocolats étaient un bon moyen d’initier l’interaction autrement que par des mots. Le mouvement de l’inconnue en leur direction vint ainsi rassurer la conscience de la sorcière. Elle pouvait peut-être réellement faire quelque chose, en dépit de tout ce qu’elle ne connaissait pas du domaine houleux de la psychologie. En dépit de tout ce qu’elle ne comprenait pas de la situation. Même si, maintenant que le souffle d’en face se faisait plus prudent et mesuré, elle parvenait à se remémorer les indices égrenés ici et là par son interlocutrice.

Au moins, à force d’observer les gens et de les lire parfois involontairement, son empathie avait gagné en efficacité. Et pour une fois, cet aspect positif de son don lui faisait espérer un peu plus que du réconfort pour aider l’étudiante. Un peu plus qu’une constatation éloignée. Avec un peu de chance, elle pourrait- Torvi pencha légèrement le visage sur le côté, le regard toujours rivé sur les traits de cette âme qui hésitait maintenant face aux chocolats. C’était bien de l’hésitation, exact ?

Je suis nulle. Les quelques termes énoncés, clairement douloureux, bousculèrent un peu la conscience de la Suédoise. Même en anglais ils étaient d’un limpide désagréable. D’une clarté vive et oppressante. Parce qu’ils étaient injustes, prononcés de la sorte, vis-à-vis de soi. Je- Parce qu’ils étaient particulièrement écorchés dans la bouche d’un esprit en détresse. D’un être vivant qui méritait tellement plus que ces rejets tremblants initiés par ses pensées. Malgré la lourdeur de l’accusation portée contre soi-même, Torvi se refusa à vaciller. La situation impliquait forcément qu’elle reste immuable et intouchable, pour tempérer un peu des troubles d’autrui. Semblable à ces rochers qui résistent aux aléas du temps et du ciel. Mais...  Elle ne pouvait pas s’empêcher d’en éprouver de la compassion et de la peine.

Je croyais vraiment que j’allais y arriver. En dépit de la panique apparente, presque contaminante, la sorcière parvint à lier ce désespoir aux autres informations précisées auparavant. L’inconnue avait essayé. Essayé de ... Partir ? Non. Elle avait évoqué le terme désinscrire. Elle avait essayé de rester. De rester à l’université ? Oui, c’est ça. Ici. Je ne sais rien faire, je ne peux rien faire, je suis nulle, résolument nulle. Ça ne pouvait pas être seulement une question de niveau scolaire. Alors je préfère arrêter. Un peu mécaniquement, tant elle l’écoutait avec intérêt, Torvi hocha la tête. Si je n’y arrive pas ? Si c’est pire ? Comment je vais faire ? Tant de crainte. Tant de frayeur. Si je ne suis jamais bonne à rien d’autre que la médiocrité dans laquelle je me vautre, qu’est-ce qui va se passer ? En fait, la réussite était clairement un enjeu ; mais pas que. L’intégration ? L’adaptation ?

Petit à petit, les yeux de son interlocutrice vinrent se troubler d’eau et de sel. J’ai envie de vomir. Violence corporelle pour véhémence mentale. Toutes ces choses qui avancent sans moi. C’est écœurant. Et je suis minable de le penser. Je peux pas rester là. Tant de souffrance, au final, dans ce corps qui lui paraissait soudainement si frêle. Si fragile.

« Je comprends. » Lentement, tout en prenant une longue inspiration, Torvi considéra son interlocutrice. « Ce que vous ressentez est normal. » D’un doigt précautionneux, elle indiqua son propre ventre pour souligner les nausées qui prenaient l’inconnue à la gorge. Il fallait dire que la panique, autrefois et sous une latitude différente, elle l’avait également enduré. « Inspirer par le nez et expirer par la bouche peut aider à soulager ce point-là. » Et que c’était toujours une affaire peu aisée à gérer. « Vous avez du mal à essayer. Je peux imaginer à quel point c’est dur pour vous, surtout avec toute la pression autour d’Atlantis et de son université. »

D’autant plus délicate qu’il lui manquait toujours des informations. « Toutes ces choses sont trop rapides ? » Et qu’elle avait besoin de déblayer un peu les pistes alentours pour espérer comprendre.



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