La peinture est une poésie muette ft. Kalis D.M Antoy

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Sujet: La peinture est une poésie muette ft. Kalis D.M Antoy | Sam 20 Jan - 11:47

La peinture est une poésie muette
Derek & Kalis
Le bruit des bottes de Derek résonnait sur le pavé dans la lumière du matin, impétueuses, gouvernantes. La ville lui appartenait, c’était en tout cas son sentiment tandis qu’il marchait vers les tours dorées, le jeune peintre le suivant sans un bruit. Dans son esprit, la foule s’écartait sur son passage, les gens murmuraient des méfiances à son encontre, la vie de tous tournait autour de sa propre existence. Sa désillusion était forte, assurément, mais elle lui fournissait un aplomb et une aura charismatique indéniable. Lion impérial dans la cité de jour, ombre ténue la nuit. Derek et Sacramento.

Kalis ne se rendait probablement pas compte de ce qu’il faisait. Il acceptait de suivre, sans crainte, un inconnu jusqu’à son appartement, dans le prétexte d’une peinture : certes, l’américain ne comptait rien lui faire subir, mais un homme de peu de foi un tant soit peu intelligent aurait déjà ferré sa proie. Ses parents ne lui avaient-ils donc jamais appris de ne jamais suivre ainsi un étranger ? Car si Derek ne lui voulait aucun mal, il était dangereux, assurément. S’il venait à être un peu trop curieux… S’il tombait sur un papier oublié sur une table basse, sur un objet magique dangereux posé sur un manteau de cheminée… Ce serait la fin du jeune homme. Sacramento n’était pas connu pour faire preuve de miséricorde. Il frapperait, sans hésitation ni remords, d’un seul éclair vert, et un corps sans vie tomberait sans faire de bruit, le son absorbé par les tapis précieux qui jonchaient l’appartement du gentleman cambrioleur. Ce serait un gâchis, mais un gâchis nécessaire.

La ville haute semblait juger le reste de la cité, de toute sa hauteur. L’appartement qu’avait choisi Derek était à l’image de son propriétaire, à regarder les gens de haut, à faire miroiter des splendeurs cachées tout en conservant une esthétique polie et racée. Ce n’était pas les logements les plus luxueux de la ville, plutôt abrités dans les salines ou dans les demeures de l’abondance, mais cela avait été un choix de la part du voleur : il préférait l’esthétique aérienne de cet endroit, et de plus, il préférait qu’on ne se pose pas trop de questions quant à l’origine de sa fortune. Etre un philanthrope ne payait pas les factures, et il ne pouvait pas se risquer de dévoiler la nature véritable de son business.

Sa tour, fière, droite, n’attendait que son propriétaire, qui glissa la clef dans la serrure, et ouvrit la porte sur une habitation meublée avec goût. Le style était peut-être un peu désuet, rempli d’antiquités magiques et moldues, mais il en dégageait une atmosphère noble et raffinée. On pouvait voir un gigantesque piano dans un coin de la pièce, bien qu’il n’en jouait pas, et sur la cheminée étaient posés, sous verre, plusieurs manuscrits de grandes œuvres littéraires, des originaux, bien sûr. Sur les murs, des tableaux, partout, nombreux : les œuvres qu’il s’était fourni de manière légale, les plus précieuses se trouvant dans un entrepôt dans la Marina. On pouvait quand même voir dans les signatures des peintures des grands noms, du Monet, du Van Gogh, du Dali. Tout ça valait plusieurs millions, si on pouvait bien sûr mettre un nombre sur la qualité inestimable de ces œuvres d’art.

Derek enleva son manteau et le déposa sur la patère prévue à cet effet, sans s’occuper de Kalis. Il se versa un scotch, dont la carafe en cristal l’attendait sur un guéridon déposé non loin d’un gigantesque miroir, avant de s’asseoir sur une grande bergère en velours vert, à côté de la fenêtre d’où se dégageait une lumière pure, presque angélique. Si éloignée de la nature de ce qu’elle éclairait.

« -Vous pouvez vous installer là, jeune homme. », dit-il enfin à Kalis, les premiers mots qu’il lui disait depuis qu’ils avaient quittés la place du marché, tout en lui désignant un emplacement non loin de lui.

Il n’avait jamais réellement servi de modèle pour un peintre, bien qu’il y ait pensé plusieurs fois, et s’il n’était pas aussi fatigué, il aurait probablement dégusté le moment. Il ne savait pas si le peintre serait à la hauteur, il était si jeune, trop jeune. Il verrait bien. Il n’hésiterait pas à lui faire subir un courroux des plus terrifiants s’il ne satisfaisait pas son appétit insatiable pour le beau.


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Sujet: Re: La peinture est une poésie muette ft. Kalis D.M Antoy | Ven 26 Jan - 13:15
Silencieusement, Kalis suivait l'homme qui le précédait le long des routes en direction des tours dorées. Sur son passage, il semblait lui entendre des murmures, qui venaient de toutes parts et qui pour une raison qu'il ignorait, semblaient tourner autour de la personne de Derek. Discrètement, il observait le profil de son aîné qui marchait d'un pas assuré  devant lui. Aux premiers regards, il n'avait rien d'un homme exceptionnel, il semblait même émaner de lui un calme profond, beaucoup de force et une contenance intimidante. Seulement, Kalis savait détailler et apercevoir même le plus petit des détails. Il ne connaissait rien de Derek, ni même de la personne qu'il était ou de ce qu'il faisait, mais il sentait que quelque chose clochait chez cet homme et il n'arrivait pas à savoir si c'était positif ou négatif. Et dans ces cas là, il préférait se méfier.

D'ailleurs c'est ce qu'il faisait depuis le début; mais maintenant qu'il se rendait compte qu'il était en train de suivre un inconnu dans la rue, pinceau à la main, matériel sous le bras; autant dire que sa barrière s'était renforcée. Crispant la mâchoire, son esprit se mit à s'imaginer tout un tas de scénarios plus tordus les uns que les autres. Et si en réalité, l'homme ne souhaitait rien d'autre que lui faire du mal ? Il n'avait pas peur, non; et quand bien même si c'était le cas, il savait se gérer, ne pas perdre pied, garder son sang froid. Quand enfin ils pénétrèrent dans la demeure, Kalis leva les yeux. Jamais il n'avait vu un endroit aussi beau ; malgré le fait qu'il vivait lui aussi dans des conditions et une maison des plus modestes. Il aimait peindre mais il était vrai qu'il ne s'était jamais réellement intéressé tant que ça au travail des autres. Mais devant lui se tenaient de véritable chefs-d'oeuvre; et ce qui l'interpella le plus furent les livres, posés sur la cheminée comme des pièces précieuses et unique.

D'abord, il observa minutieusement le travail effectué sur chacun des tableaux, qui portaient parfois la même signature. Les coups de pinceaux, et le reflet de la lumière extérieure qui éclairait chaque détails de la peinture lui démontrèrent qu'il s'agissait d'originaux. Cet homme devait être vraiment riche ; et il était rare, même impossible de deviner qu'il pouvait encore exister des sorciers amateurs de peinture moldue. Beaucoup trop absorbé par ses contemplations, il ne s'occupait guère de l'homme qui s'était déjà servi à boire, et avait prit place à la Lumière en attendant qu'il s'installe à son tour. Sa voix fut comme une piqûre et il se retourna subitement vers lui.

Oh. Oui bien sûr.

Tandis qu'il s'avançait et commençait à installer son matériel,  il ne pouvait s'empêcher de garder ses yeux fixés sur Derek. Plus les secondes passaient, plus il trouvait étrange de se retrouver avec un homme comme lui. Avant tout, il espérait être à la hauteur ; parce que face à un amateur d'art, il n'y aurait pas pire humiliation que de lui présenter un travail qui ne le satisfaisait pas. Il ne se désistait cependant jamais face à un défi et prenait cela comme une opportunité afin de s'améliorer.

Ou avez vous eu toutes ces oeuvres ? Ce sont des originaux, à moins que je ne me trompe.  

Il prit place sur son tabouret, les coudes sur les genoux, le menton au creux de ses mains. Maintenant que Derek se trouvait à la Lumière, et qu'un calme pesant régnait autour d'eux, il allait être plus simple de communiquer. Et ainsi installé comme ça, Kalis le trouvait d'autant plus intéressant à dessiner. L'homme paraissait plus grand encore, plus robuste, plus imposant. Il avait quelque chose que les autres modèles, malgré qu'ils aient été en sous nombre, qu'ils n'avaient jamais eu. Mais il ne savait pas quoi.



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Sujet: Re: La peinture est une poésie muette ft. Kalis D.M Antoy | Mar 30 Jan - 10:16

La peinture est une poésie muette
Derek & Kalis
Evidemment que le gamin est impressionné, pensa Derek, goguenard. Qui ne le serait pas devant des œuvres de cette qualité, devant ces coups de pinceaux précis, déposés délicatement sur leurs canevas par les plus grands ? Certes, les noms signés aux coins des peintures étaient impressionnants, mais le savoir faire l’était bien plus, pour qui avait un œil pour l’art pictural. Et Kalis, au milieu de ces tableaux de génie, avec son chevalet dans la main et son sac contenant son équipement de l’autre, semblait si frêle, si minuscule : pourtant, on pouvait sentir quelque chose en lui. La flamme ardente de la jeunesse et de l’ambition, comme s’il voulait s’apprêter à conquérir le monde. Derek ne savait pas s’il réussirait, car après tout, il était difficile pour lui de juger son génie après un simple coup d’œil sur une esquisse, et même s’il était véritablement doué, il aurait besoin d’énormément de chance pour être reconnu. Après tout, Van Gogh n’avait connu le succès qu’après sa mort, et c’était le cas d’énormément d’artistes…

De toute façon, il n’était jamais évident pour Derek de reconnaître les qualités des autres. Il se pensait tellement au dessus de la populace, lui l’esprit criminel si raffiné, lui le roi des voleurs et l’empereur de la cambriole, que n’importe qui lui semblait un manant, un moins que rien, comparé à son intelligence supérieure. Il n’était pas un artiste, loin de là, et ne pouvait s’empêcher de ressentir une certaine jalousie devant le talent créatif qu’arrivait à exprimer les peintres, mais jamais il ne l’aurait avoué, même pas à lui-même. Il se complaisait à penser qu’il était né sur cette terre en tant que généreux bienfaiteur des arts, et que ce titre était même plus important que les barbouilleurs eux-mêmes, qui se tâchaient les mains avec leurs acryliques et leurs pastels. Et les yeux fixés sur lui, ce regard quelque peu éberlué de Kalis, ne faisait que le conforter, encore une fois, dans l’idée qu’il était supérieur en tout point. Il ne pensait pas au décorum impressionnant, même à la situation totalement surréaliste. Il ne pouvait être que la source d’une admiration sans borne et éternelle, n’est-ce pas ?

L’américain reprit une gorgée du breuvage ambré, distillant la saveur complexe sous sa langue alors que le jeune homme s’installait tranquillement. Il était fatigué. En tout cas, son corps l’était, à cause du manque de sommeil et de l’adrénaline qui avait cessé de courir dans ses veines : son esprit, comme d’habitude, tournait à pleine allure. Derek pouffa en entendant la question qu’on lui posait. La réponse n’était-elle pas évidente ?

« -De ventes de musée, de charité, de collectionneurs privés… Tout est possible, tant qu’on est prêt à mettre le prix. Certains dépensent des sommes extravagantes dans des voyages, des manoirs… Je préfère investir dans le beau. C’est bien plus noble, selon moi.

C’était vrai. Toutes les peintures présentes dans la pièce avaient été achetées en toute légalité, aux quatre coins du monde, pour des millions de livres : car Derek n’avait pas de scrupule à dépenser son argent. Il se fichait d’amasser encore et encore des richesses sans but, et ne comprenait pas ces businessmen qui ne tiraient du plaisir qu’à voir de plus en plus de zéros à la fin de leur compte en banque. Mais ce n’était pas les seules peintures qu’il possédait, loin de là. Il aurait été impossible de se procurer certaines de ses œuvres préférées par des moyens légaux, et lorsque Derek voulait quelque chose, il l’obtenait. C’était la règle, une constante de vie.

Kalis commença à se mettre au travail, et sans vraiment s’en rendre compte, le criminel s’immobilisa, dans une posture à la fois décontractée et figée. Comme s’il avait fait ça toute sa vie. Après tout, il aspirait à atteindre la postérité, et savoir poser faisait partie intégrante de la célébrité, pas étonnant donc, qu’il soit instinctivement doué. Seule sa main bougeait, de temps en temps, pour boire son verre, mais son expression, les angles restaient les même.

-Dites moi jeune homme, à part peindre dans la rue et chez de parfaits inconnus… Vous étudiez cet art, ici, à Atlantis ? A ma connaissance, l’UPA n’offre pas de programme artistique.»

Il avait posé sa question dans un souffle, et seules les commissures de ses lèvres avaient tressaillies. Cette demande était légitime : on pouvait penser qu’un aspirant peintre essayerait d’étudier, au maximum, son art. Derek se souvenait avoir un jour discuté avec le directeur des Beaux-Arts de Paris sur la question : certes, il y avait des talents évidents, qui comprenaient les perspectives et les formes instinctivement, sans formation aucune, mais ils se comptaient sur le doigt d’une main, sur des millions de peintres. La plupart des véritables artistes ne naissaient pas, ils étaient créés. Après des heures de travail et des litres de sueur versés.  


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Sujet: Re: La peinture est une poésie muette ft. Kalis D.M Antoy | Sam 10 Mar - 10:25

Parmi toutes ces oeuvres d'arts; Kalis se sentait comme la tache de trop sur un magnifique paysage. Il ne doutait pas un seul instant qu'elle valait pour chacune d'entre elle bien plus chère que le manoir de sa famille. De plus, il n'était pas nécessaire d'être un artiste pour se rendre compte de la valeur de ces originaux. Il suffisait simplement d'admirer les coups de pinceaux; peu visible si l'on se tenait à quelques mètres mais bien plus précis si on s'en approchait et de là, on pouvait en voir chaque détail, ce qui était fascinant.  A vrai dire il n'avait pas la moindre d'idée d'ou est-ce qu'il avait bien pu dénicher de pareils trésors; une chose était sûre, il savait ou chercher. "Le beau"; qu'appelait ainsi Derek devait représenter la somme colossale d'argent dépensée pour décorer sa demeure. De son avis, la beauté était subjective. Finalement, elle pouvait se cacher partout; elle dépendait entièrement des points de vues et des styles différents.

Quand Derek se mit à poser naturellement, Kalis se redressa et s'étira bruyamment avant de prendre ses aises devant la toile blanche. D'abord, il traça le contour de son visage de vulgaires coups de crayons peu précis; rapide; pour la base. Il commençait toujours par un brouillon. Maintenant qu'il savait à quel genre d'homme il avait à faire; c'est à dire un homme qui semblait ne s'attarder que sur ce qui pouvait jouer en son intérêt bien plus que dans celui des autres,  il voulait lui montrer qu'il pouvait être à la hauteur de ses attentes. Seulement, qu'est ce que Derek  pourrait apprécier ou non dans sa peinture ? Il n'était ce.. Monet, dont il avait vu les signatures à maintes reprises sur plusieurs tableaux; mais rien d'autre qu'un gamin étudiant encore pour s'assurer un toit plus tard. Se mettant à chantonner, il se concentra quelques bonnes minutes avant que Derek ne touche le point sensible de sa vie secrète d'artiste.

Je n'étudie pas vraiment l'art, non, malheureusement. Disons...  

Il leva un instant son crayon de sa toile; les yeux dans le vide qui cherchaient ses mots.

Disons que inspirer à être peintre n'est pas forcément bien vu pour tout le monde. De plus, ce n'est pas réellement un métier. C'est comme les écrivains; il faut avoir un bagage pour s'assurer la sécurité. Je pense que vous voyez de quoi je veux parler.

Il lâcha un soupir en se remettant au travail. Derek devait avoir entendu ce discours des centaines de fois; car c'était le même que l'on répétait sans arrêt à tout ceux qui voulaient vivre de leur travail personnel. Cependant à l'heure d'aujourd'hui, il ne se voyait pas réellement dans la vie que lui décrivait ses parents. Oui il se fichait bien de l'argent mais il avait conscience qu'elle était tout de même la seule source qui permettait d'assurer une vie quelque peu calme et normale.
Il se racla gorge, gêné. Au fond, il se fichait bien de toutes ces sciences. La seule chose qui lui importait, c'est d'assurer que son travail n'allait pas rester éternellement dans l'ombre parce qu'il comptait bien en faire quelque chose.

Et vous, monsieur. Que faites vous dans la vie ?

Affinant les contours de son visage; il sortit d'une main sa tablette de peinture et sélectionna quelques pinceaux qui conviendraient pour la suite.



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Sujet: Re: La peinture est une poésie muette ft. Kalis D.M Antoy | Sam 17 Mar - 16:25

La peinture est une poésie muette
Derek & Kalis
S’il écoutait d’une oreille distraite, presque lascive, les réponses de Kalis, Derek se focalisait sur les traits de crayons nerveux, passionnés, qu’il pouvait entendre se tracer sur la toile. Bien qu’il fut novice, et décidément flatté d’avoir été choisi comme modèle, ce n’était pas ce qui importait à ses yeux : sa pose n’était qu’un moyen de savoir ce que valait vraiment le jeune homme, si l’étincelle qu’il avait cru déceler dans ses yeux était bien celle du talent, et non celle, bien plus subtile mais aussi bien plus décevante, d’une ambition naïve face à de maigres capacités.

Pourtant, bien que l’art fut le plus important, toujours, il était intéressé par le contexte, par ce qui animait l’artiste. C’était pourquoi il ne s’était pas contenté de dire à Kalis de lui envoyer ses œuvres, pour qu’il le juge simplement sur son coup de crayon : il voulait comprendre, disséquer le pourquoi pour mieux apprécier le comment. Est-ce que les tableaux de Van Gogh le toucheraient autant, s’il ne connaissait pas l’histoire tragique de cet homme constamment rongé par ses démons ? De même que Modigliani, Kahlo, Toulouse Lautrec : et s’il y avait quelque chose de fascinant à comprendre la démarche d’artistes torturés, il était tout aussi passionnant de comprendre pourquoi le lambda prenait vie, dans des œuvres comme celle de Renoir ou de Raphaël, comment des gens qui pouvaient sembler banals, presque ennuyeux, pouvaient se transcender pour créer quelque chose d’absolument extraordinaire. L’art avait cette propension fantastique d’élever n’importe quel être, du plus miséreux à l’aristocrate, de l’idiot au plus grand des génies, et c’était en partie pourquoi l’américain l’appréciait autant.

Il réfléchit quelques instants aux réflexions de Kalis avant de lui répondre. Des phrases emplies de pragmatisme, qui étaient loin d’être bêtes : et pourtant, Derek, persuadé d’être doté d’une aura quasi divine, ne se serait jamais arrêté sur de tels concepts. Bagage, sécurité… Il s’était élevé lui-même au dessus de sa condition, et, comme tout bon américain, partait du principe que si on pouvait, on voulait. Sinon, on coulait, parce que le destin avait décidé qu’on resterait toujours plus bas que terre. Les concepts de bourgeoisie, n’avaient, selon lui, pas de sens, puisque n’importe qui pouvait devenir l’homme le plus riche du monde, pour peu qu’il en avait l’ambition, et un sort favorable : et les puissants, bien souvent, tombaient de leurs piédestaux lorsqu’ils avaient le dos tourné, bien trop confiants en leurs statuts plutôt qu’en eux-mêmes. Ainsi, à travers l’histoire, une lutte qui était la même dans ses lignes principales se répétait sans arrêt. Pendant de longues périodes, la classe supérieure semblait être solidement au pouvoir. Mais tôt ou tard, il arrivait toujours un moment où elle perdait, ou sa foi en elle-même, ou son aptitude à gouverner efficacement, ou les deux.

« -Si vous êtes destiné à être peindre, vous peindrez. N’écoutez pas les statistiques qui disent que bien peu réussissent pour des milliers qui échouent : en réfléchissant ainsi, vous êtes condamné à rester dans l’ombre de ceux qui se sont concentrés sur leur art, ont pris certes un risque, mais un risque payant. Je pars du principe qu’il vaut mieux tomber en ayant tenté le saut, plutôt que de contempler le vide des heures durant sans jamais trouver le courage de mettre un pied en avant.

Le criminel finit son verre, comme si sa parole était un couperet, une vérité absolue et incontestable. Et pourtant, ses mots avaient les relents de celui qui avait oublié ce que c’était, d’être pauvre, et de ne pas avoir le luxe d’avoir le choix. Il l’avait été, il ne l’était plus, et c’était tout ce qui lui importait.

-Dans la vie… Il rigola doucement. Que cette question était amusante, quand on connaissait la vérité. Que pensez-vous que je fais ? Voyons si vous êtes un jeune homme perspicace : après tout, un artiste comme vous se doit d’avoir un œil avisé, une capacité de comprendre la nature humain d’un seul coup d’œil pour pouvoir la croquer sur le papier. »

C’était comme un défi qu’il lançait à Kalis, un sous-entendu de jugement de valeur. Le jeune homme ne trouverait pas la réponse véritable, bien sûr, mais selon s’il le prétendait boulanger ou roi, professeur ou scientifique, Derek verrait la vision qu’il avait du monde. Si, bien sûr, il ramassait le gant…


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Sujet: Re: La peinture est une poésie muette ft. Kalis D.M Antoy | Lun 16 Avr - 14:45
Si vous êtes destiné à être peindre, vous peindrez.

Par quels mérites pouvons nous commencer à considérer que c'est la grâce du ciel qui nous est tombée dessus si l'on réussit à atteindre le seul but pour lequel on vit et respire ? Tandis qu'il abaisse lentement un pinceau qu'il venait de lever,  et qu'il commence à lâcher ses légers soupirs signifiant qu'il était fatigué de ce genre de discussions, Kalis écoute attentivement Derek et se rends compte à quel point l'avis de cet homme pouvait tout à fait coller au sien. Oui, il était fatigué d'entendre encore et toujours les mêmes choses. Mais il ne l'était pas assez pour décider de déposer les armes.  Le jeune homme était du genre ambitieux. Il avait toujours pensé que cette volonté, qui guidait tant de gens, était la seule manière et l'arme la plus forte pour combattre le doute et la déception. D'un côté, nous avons les gens qui sont déçus en se retrouvant confrontés à l'échec d'un dur combat, d'un autre, nous avons ceux qui décident de recommencer, car rien n'est jamais perdu. Puis nous avons ceux qui se trouvent entre les deux. Ceux qui pensent que même en perdant, on gagne toujours un peu. Il ignorait dans qu'elle case il se retrouverait si, après avoir tenté, il échouait. Mais incontestablement, il était un philosophe dans l'âme,une âme perdue mais qui ne cessait d'y croire.

L'Espoir et la volonté étaient ses armes. Il s'en servait, chaque jour, pour avancer pas à pas dans un monde dans lequel il ne voyait même plus le chemin qu'il avait emprunté par le passé. Comme dirait un célèbre auteur français, il est "une force qui va". Certain avancent en ayant déjà une idée bien précise de l'avenir qu'ils s'offriront. D'autres marchent dans le brouillard, combattant corps et âme les obstacles qui leur barrent la route, dans la peur et l'incertitude, mais avançant quand même. Parce que quelques soit le moyen, il faut avancer. Coûte que coûte. Et il savait que la meilleure manière de vaincre ses peurs, avant même de les affronter, c'était de les comprendre. Il faut comprendre les gens. Sinon comment s'en sortir face à ceux qui nous veulent du mal ? Alors quand Derek le mit au défi de deviner ce qu'il pouvait bien faire dans la vie, son cerveau se mit en mode marche. Un, deux, trois, analyse en cours.

Décalant un peu son tabouret pour se retrouver face à Derek sans avoir sa toile dans le champ de vision, il posa ses coudes sur ses genoux, son menton au creux de ses paumes, et planta sur lui un de ces regards qui voulait dire, que oui, il était en train d'essayer de savoir de quoi il voulait bien parler. Derek avait une de ses allures charismatique et imposante qui donnait l'impression qu'il était bien un homme qui savait se faire voir et entendre. Il y avait quelque chose d'étrange chez cet homme, mais n'importe qui pourrait s'en rendre compte. D'ailleurs Kalis avait l'impression qu'il ne s'agissait que d'un seul détail, mais qui reliait tous les autres. Et cela le perturbait. Un jeune homme perspicace, et le fait qu'il le compare à un artiste, le flattait. Pour une raison qu'il ignorait, il voulait "plaire" à cet homme. Dans le sens, ou il voulait que Derek le considère. C'était dans sa nature, même inconsciente, de vouloir que les gens se rappellent de lui. Mais pour cela, le travail est le meilleur moyen de garantir ses réussites. Et la peinture sera t-elle synonyme de "réussite" dans son cas ?  Il ne voulait plus réfléchir à quelque chose, dont il était finalement si peur sûr.

En se redressant, il reprit le pinceau qu'il avait choisi. Les contours et la majeure partie des détails du visage étaient posés, maintenant il ne restait plus qu'à mettre tout cela en forme.

- Je pense que vous êtes différent des autres, voilà ce que je pense. Et qu'il y a quelque chose que vous possédez, mais dont vous seul connaissez l'existence. Et une identité qui change au dépend des personnes avec lesquelles vous vous trouvez.

Il lui lança un coup d'oeil furtif en lâchant un petit soupir. Et après avoir tourné une fois son pinceau entre ses doigts, opta pour la première couleur du tableau. Il n'avait aucune idée de ce qui l'avait bien poussé à penser ainsi. Il était persuadé cependant que Derek, à côté d'être un homme à l'air tout à fait normal, était autre chose. Quoi ? Oh il n'en savait rien. Mais quelque chose. Comme un masque, que l'on porterait tous les matins.



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Sujet: Re: La peinture est une poésie muette ft. Kalis D.M Antoy | Jeu 19 Avr - 9:50

La peinture est une poésie muette
Derek & Kalis
Ce qui était le plus intéressant, au final, c’était la propension presque mystique qu’avait Derek a, toujours, entortiller l’esprit des gens pour mieux les endormir, de sa voix grave et suave, enchanteresse. Parce que ce qu’il disait n’était pas forcément une vérité universelle, et pourtant, on aurait pu croire tout ce qu’il démontrait comme étant des faits immuables. C’était sa calme assurance, sa voix sans appel qui donnait à ses croyances une dimension irrévocable, et ceux qui auraient l’audace de questionner sa légitimité pourraient craindre qu’une pluie diluvienne, provoquée par un quelconque dieu vengeur, ne vienne les noyer pour leurs péchés. Fausses angoisses, bien sûr, puisque l’américain était seul à croire qu’il était un élu parmi les hommes, et si son charisme et son aura menaçante étaient impressionnants, il n’en était pas moins qu’un simple individu, parcourant la terre comme tout un chacun. Il restait lion face à l’adolescent qui peignait son portrait, roi dans sa propre maison, attentif au moindre mouvement sur la toile et au visage de l’artiste, qui semblait pensif face à ses propres convictions. Le verre qu’il tenait dans sa main faisait parti du cérémoniel. Même si le criminel avait fini l’alcool ambré, dont il pouvait encore sentir la morsure dans le fond de sa gorge, il continuait de le tenir dans sa main, dans des manières surannées qui correspondaient assez bien à son timbre sans âge et ses convictions archaïques. Un tableau était peint, en effet, car la scène qu’il offrait le méritait.

Kalis prit son temps pour répondre, et ça ne dérangeait pas Derek, loin de là. Ce qu’il avait dit méritait réflexion, après tout, et il prenait plaisir à voir les rouages, dans le cerveau du jeune homme, s’agiter à toute allure. Le temps n’était pas à l’action, et il valait mieux prendre un moment pour considérer la chose, plutôt que de laisser parler une langue trop vive, et dire des sottises qui diminueraient la qualité de la conversation. Enfin, lorsque les mots se déversèrent de sa bouche, le plus vieux les écouta attentivement, parfaitement immobile, idéal modèle sans s’en apercevoir. Et puis, le coin de sa bouche se souleva, dans un rictus narquois, loin de l’expression paternaliste qu’il affichait précédemment.

Il n’avait pas tort, l’artiste. Il avait même vu juste, sans toutefois se rendre compte de ce qu’il disait, de la portée de ses affirmations. Différent des autres. Derek l’était, assurément, mais pas de la manière dont Kalis l’entendait, en tout cas, il valait mieux pour lui. Le gentleman aux pensées ténébreuses. Derek à l’apparence si avenante, si convenante, et Sacramento aux mains si sales, si tâchées de sang. Il n’était pas étonnant que l’américain en venait à les voir comme deux personnes distinctes, tant il avait l’habitude de jouer sur les deux tableaux, et de séparer sa vie de jour et son existence de nuit, son identité criminelle et sa couverture de bon samaritain. Cette dualité n’était pas vraiment pathologique, dans le sens où il avait conscience qu’il était une seule et même personne, mais pourtant, il agissait comme tel. Il s’en servait comme œillères, comme si cela expliquait et atténuait ses crimes.

Derek sentait ses jambes s’agiter, et s’il n’était pas en train de poser, il serait en train de faire les cent pas autour de son appartement. Il appréciait cet exercice, de servir de sujet pour ce croquis que Kalis allait lui délivrer, mais il supportait mal que ses actions lui soient imposées. C’était le maitre, Sacramento, et seules des instances séraphiques auraient pu le contraindre à évoluer dans un milieu qu’il n’aurait pas choisi, ou à effectuer des gestes qu’il n’aurait pas eu envie de faire. Sa place dans ce fauteuil était sa décision, mais il pouvait sentir ses membres se raidir, et, bientôt, il faudrait que le jeune homme finisse sa peinture, s’il ne voulait pas que son modèle ne lui glisse entre les doigts.

Il répondit, enfin. Avec délectation et détachement, comme une panthère devant une proie prise au piège.

« -Vous dites des phrases bien longues, pour répondre à côté de ma question, jeune homme. Auriez-vous peur de ma réaction si vous répondiez à côté ? Soyez assuré que ce ne sera pas le cas. Je ne suis pas homme à prendre la mouche sans raison, tant que le respect est honoré par les deux parties, et la candeur sera toujours plus appréciée qu’une fausse  flatterie.

Il décroisa volontairement ses jambes, brisant sa pose. Il parlait de respect, et pourtant, clairement, il ne pensait pas qu’un équilibre de pouvoir avait lieu dans la pièce. Son sourire était presque abject dans son indécence. Il se disait paternaliste, il était condescendant. Derek voulait tester le peintre, voir quels étaient ses retranchements afin de mieux contrôler la situation, comme toujours.

-Ce qui ne veut pas dire que vous avez tort, ou raison d'ailleurs. Le fait étant simplement : être ordinaire n’est pas quelque chose qui m’intéresse, en effet. Mais vous non plus, n’est-ce pas ? Ou bien je me trompe sur toute la ligne, et faire parti de ce peuple décadent, qu’on peut voir errer dans les rues, est une de vos aspirations ? »

Il en devenait presque agressif, bien que son ton restait doucereux. Chien d’attaque, dont la mâchoire était bloquée.


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Sujet: Re: La peinture est une poésie muette ft. Kalis D.M Antoy | Jeu 17 Mai - 14:25

Les coups de pinceaux s'étaient voulus indécis au début, comme peur d'être posés sur la toile et plus corrigés par la suite. Ce qu'il fallut savoir, c'est que Kalis, au lieu de supprimer ses brouillons, les modifiaient. Ainsi il gardait les. premiers coups de crayons, et les cachaient ensuite de peinture, mélangeant ainsi légèrement la couleur grise du crayon avec celles de la palette. C'est ainsi qu'il aimait mélanger le propre au sale, au griffonné vulgairement, et qu'il prenait ensuite le temps d'affiner les contours de la silhouette.  D'abord plongé dans son travail, il n'avait pas répondu tout de suite à Derek : Non pas parce qu'il ne savait quoi répondre, mais justement parce qu'il savait ce qu'il allait lui dire, et qu'il voulait juste continuer d'avancer un peu avant de reprendre leur causette. Une causette finalement assez extravagante, pour des tons si naturels. Le dessin était déjà pas mal, c'était pas du Monet, ou du Delacroix, mais il y avait du progrès depuis la dernière  fois et assez de potentiel à son goût. Il leva de nouveau le pinceau, puis l'abaissa, en passant une main dans ses cheveux.

- Je n'ai pas peur non monsieur, dit il calmement, D'ailleurs, je pense que même si je devais avoir peur, ce ne serait pas la cas. Je me justifie : je n'ai pas peur du danger. J'ai peur de choses complètement banales. Et.. la peur m'enflamme, elle me fait vivre. D'autres pourraient bien rester plantés sur place à regarder le vide, incapable de bouger face à ça, mais moi, je suis vivant quand j'ai peur.

Qu'attendait il de Derek ? Pourquoi lui disait il tout ça ? Il l'ignorait, mais il y avait une part de reconnaissance qu'il semblait désirer de la part de l'homme et même s'il avait tous les éléments qui lui permettraient de comprendre pourquoi, il était certain de ne pas trouver la réponse.
Il s'était relevé, s'approchait de Derek, comme s'il voulait s'assurer que l'homme avalait chacun de ses mots. La pointe de son pinceau effleurait le creux de sa paume, y laissant quelques marques de couleurs, étant bien le signe qu'il était plus préoccupé par leur discussion à présent que par le travail qu'il s'était confié : le satisfaire. Mais les mots pouvaient bien faire ce travail si délicat qu'était d'attirer l'attention de quelqu'un. Et la sienne, en revanche, était particulièrement compliquée à satisfaire.

C'est en décidant d'affronter le regard de Derek qu'il comprit que tous deux marchaient sur ce fil fin, en équilibre, entre un monde qu'il fallait satisfaire en marchant droit et celui que l'on désirait conquérir et qui n'était malheureusement pas celui que l'on espérait dans la réalité. Il ne voulut pas jouer la comédie, parce que ce n'était certainement pas dans ses habitudes et que surtout dans ces moments là, avec ce genre de conversations, où il pouvait bien être juste.. naturel ? Lui même ?

- Pour tout vous dire, je suis de ceux qui suivent le chemin dans le brouillard si les autres choisissent celui empli de Lumière...

Il se racla doucement la gorge un bref regard en direction du verre d'alcool que Derek s'était servi et ill sentait déjà cette sensation si prenante du liquide qui lui brûlait la gorge. Il aimerait bien se bourrer la gueule jusqu'à l'aube , et ne revenir qu'à la prochaine nuit tombée.



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Sujet: Re: La peinture est une poésie muette ft. Kalis D.M Antoy | Dim 20 Mai - 17:25

La peinture est une poésie muette
Derek & Kalis
C’était si ironique. Si amusant. Roi dans son domaine, châtelain entre ces quatre murs, et toujours, maitre de chacune des pauvres âmes se trouvant à ses côtés. Derek, ce n’était pas le lion qui terrorisait les foules, ni le dresseur qui, avec maestria, pouvait contrôler les moindres faits et gestes de la bête sauvage. Non, c’était Maitre Loyal : il dirigeait le spectacle. Avait l’ascendance sur tout, menait à la baguette chaque numéro sans qu’on ait réellement conscience de son importance. Parce qu’il était si charmant, si innocent, Mr Knight, pas vrai ? On lui aurait donné le Bon Dieu sans confession. Il était difficile de seulement imaginer que sous ses airs avenants se cachait un être des plus abjects, tout comme il était invraisemblable de croire que les sourires du metteur en scène, dans un endroit aussi joyeux qu’un cirque, puisse avoir des relents âcres de désolation.

Mais la comédie avait assez duré. En fait, ce numéro du bon seigneur, auprès de ce jeune homme qu’il avait pêché dans la rue, par bienveillance, presque, par charité, commençait à le fatiguer. Il fallait rappeler qu’il n’avait pas fermé l’œil de la nuit, et que son numéro de modèle caressait, certes, son ego dans le bon sens du poil, mais… Il trouvait, au final, que les réponses du peintre étaient attendues. Alors comme ça, l’artiste torturé se pensait différent des autres ? Il arpentait les chemins de l’ombre, vraiment ? Enfin, du "brouillard", attention, la différence était des plus capitales. Mais que savait-il réellement de la vie, cet enfant qui croyait tout savoir, qui venait sans sourciller dans la demeure d’un étranger sans se douter de sa nature sous-jacente ? Que cherchait-il à prouver ? Avait-il donc besoin de crier à la face du monde à quel point il se sentait spécial, pensait-il vraiment ne pas faire partie de ce troupeau de moutons qui constituait le cœur fumant de la Terre ? Pathétique. Et cette diatribe sur la peur… Selon laquelle il s’en repaissait, il la cherchait par tous les moyens… Si Sacramento s’écoutait, il lui ferait goûter le véritable sens de la peur, et il comprendrait que le frisson qu’il avait recherché, qu’il pensait correspondre à l’épouvante, n’était qu’un ersatz de ce que Derek pourrait lui faire subir. Comme ces gamins qui croyaient dur comme fer qu’ils avaient les mêmes capacités que les adultes, et qui tombaient de leur piédestal lorsqu’ils se rendaient compte de leur impuissance, confrontés à un monde bien trop grand pour eux. Il renifla. La naïveté de ce jeune homme était sans borne, tant il était persuadé être en contrôle, en ce moment. Mais il n’en était rien. Derek, toujours, était le seul et unique, juge, juré, et exécuteur.  

« -Je vois, dit-il d’un ton si ironique, si sardonique, qu’il aurait pu couper aussi vivement qu’un poignard tranchant. Vous, Kalis, êtes si… différent.

Et son ton était semblable à un grand frère, se moquant de son cadet qui prétendait pouvoir regarder un film d’horreur sans souiller son pantalon. Le criminel posa son verre d’un geste vif sur la desserte, non loin de lui, faisant tinter le cristal sur le marbre rosé. Son attitude, auparavant lascive, était maintenant bien plus acerbe, bien plus agressive. C’en était assez.

-Le temps est écoulé, jeune homme. J’espère sincèrement que votre trait m’a fait honneur… je ne suis pas de ceux qui invitent des artistes chez eux, qui prennent la pose, et qui n’espèrent pas un résultat à la hauteur de leurs attentes. Je pourrais devenir… irrité, si ce n’était pas le cas. »

La menace était palpable. Probablement que, à présent, Kalis comprendrait que son hôte était loin d’être le gentleman courtois qu’il prétendait être.


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Sujet: Re: La peinture est une poésie muette ft. Kalis D.M Antoy | Mar 26 Juin - 15:11

Vous, Kalis, êtes si… différent. L'ironie dans la voix de l'homme ne le fit pas ciller. Kalis se fichait bien de ce qu'il pouvait penser vis à vis de ses paroles, ou de ce qu'il pouvait penser tout simplement de sa petite personne. Il s'était alors contenté de sourire en coin, un sourire feignant presque d'être désolé. Le jeune homme ne gâchait jamais sa parole pour rien, bien qu'a cet instant, il eut l'impression que ça avait été le cas. L'homme posa son point final, et nullement soucieux de ce qu'il pouvait bien attendre de lui, Kalis baissa son pinceau, et d'un geste vif, presque mécanique, fit tourner le chevalet face à lui, révélant son travail.

La peinture était soignée, les traits l'étaient aussi. Ce n'était pas du grand art, après tout il débutait, mais il pouvait se vanter d'en être assez fier. Son point assez fort, c'est que même en faisant deux choses à la fois, il pouvait être concentré sur les deux. Ainsi avait-il fait attention à chaque détail, ou du moins, à tout ceux qu'il avait réussit à capturer sur la toile. Le visage était ressemblant, la profondeur du regard l'était aussi. Certes, le fond était resté blanc, n'ayant pas jugé le temps assez long pour peindre le paysage autour de Derek. Kalis restait cependant confiant quant à ce qu'il avait fait.

Il restait droit sur son tabouret, en profitant pour dévisager l'homme qui lui faisait face. Lui, cet homme qui l'avait si chaleureusement accueilli dans sa demeure, et qui lui avait permis de s'entrainer à la peinture, en acceptant d'être le modèle de l'amateur qu'il était. Il ignorait totalement où pourrait bien le mener sa rencontre avec Derek. Dans un sens, il serait prêt à parier que cela n'aboutirait à rien du tout. Il n'avait pas à se justifier sur son travail, et c'est ce qu'il ne fit pas. Il commençait à cerner peu à peu le personnage, et Derek ne le laissait pas indifférent dans le sens où... mince, est-il de ces hommes qui pensent avoir déjà tout conquit ?

- J'espère que vous êtes un minimum séduit par mon travail, monsieur, lâcha t-il ironiquement en relevant le menton.

Ce n'était nullement une démonstration de force mais bien une réaction tout à fait naturelle pour le garçon qui voulait toujours s'assurer que la personne lui faisant face n'avait pas tendance à le sous-estimer. Parce que, n'importe qui, pourrait sous-estimer un jeune artiste en herbe, passant ses heures perdues à peindre le monde qui l'entoure. Par sa famille, et ses qualités d'analyse des gens implacables, Kalis savait qu'il ne fallait jamais se démoraliser devant personne, pas même devant le plus dangereux des adversaires. Tout est dans le moral.

En se relevant, il frotta mécaniquement son pinceau sur son tablier avant d'ôter celui ci, et de commencer à ranger ses affaires. Il attendait le verdict de Derek avec patience, sans réellement attendre de retour positif. Il voulait juste savoir. Quand bien même si le résultat n'était pas si bon, alors, il recommencerait.



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Sujet: Re: La peinture est une poésie muette ft. Kalis D.M Antoy | Lun 2 Juil - 11:50
La peinture est une poésie muette

- Derek Knight — Kalis D.M Antoy -


La peinture me harcèle et me tourmente de mille manières, comme la maîtresse la plus exigeante.” Eugène Delacroix
Ses yeux s’attardèrent longuement sur le croquis que lui présentait Kalis, sur le travail assuré de ce jeune artiste en devenir. Il avait un style, assurément : des traits précis, fins, qui ne laissaient pas place à l’improvisation ou au manque de rigueur, ainsi qu’une gestion des proportions qui n’avaient rien à envier à des peintres bien plus expérimentés. Mais on sentait aussi cette inexpérience, cette candeur qui avait, quelque part, attiré Derek comme un papillon de nuit près d’une flamme. Parce que la naïveté était une caractéristique qu’il n’avait jamais possédé, aussi loin qu’il pouvait se rappeler, et celle-ci la fascinait. Un rappel de la complexité de l’espèce humaine, et de son hétéroclisme.

Kalis attendait le jugement de l’américain. On pouvait capter sans trop de mal son souffle court, ses yeux écarquillés, et c’était normal, quelque part, que les mots qui pouvaient sortir de la bouche de son aîné, aussi implacables qu’objectifs, soient la source d’une anxiété assez importante pour lui. Un artiste ne peut jamais prendre suffisamment de recul sur ses œuvres pour juger de leur qualité, et le jugement de pairs, surtout lorsqu’ils sont avisés et connaisseurs, peut balayer d’un revers de la main le peu de conscience en lui qu’il a amassé au cours des années.

Mais au final, le plus important, pour Derek, ce n’était pas si le dessin était bon ou pas. Ce n’était pas une question de talent, car ça, depuis qu’il avait vu les premières esquisses de Kalis dans la rue et qu’il avait avisé son jeune âge, il était à peu près persuadé qu’il en avait : mais c’était surtout de savoir comment il réagirait à la critique, positive comme négative. Si l’américain écoutait le Sacramento enfouit en lui, celui qui s’agitait comme un lion en cage alors qu’une gazelle tournait sur la piste du cirque, il détruirait, méthodiquement et consciencieusement, chaque parcelle de motivation qui était encore allumée dans les yeux du jeune homme. Ça serait si drôle, de tellement le traumatiser et de le détruire psychologiquement, pour qu’il ne soit rien d’autre qu’une coquille vide, sans volonté propre… Mais ça serait du gâchis. Alors, Derek remis sa casquette d’humaniste, de philanthrope. Il fallait guider, et non émousser ; il fallait aider, et non consumer. Pour l’amour de l’art, pour cette curiosité dévorante qu’avait le criminel pour la psyché humaine, plus que pour une quelconque bienveillance de sa part.

« -Je ne vais pas vous mentir, jeune homme, vous avez encore du travail à faire. Etudiez les grands, et, sans les copier, développez un style qui vous sera propre et qui résonnera en vous. Il passa ses doigts sur le bord du canevas, comme pour l’ancrer dans une certaine réalité. Mais il y a quelque chose. Définitivement. Continuez sur cette voie, et je ne doute pas que, d’ici quelques années, je pourrais voir vos œuvres au MET, au Musée de l’Ermitage ou encore au Prado.

Enthousiaste ? Probablement un peu trop, mais il forçait le trait, non pas dans une tentative de charme ou de motivation, mais presque dans un sentiment protecteur, l’idée qu’il ait découvert un talent de demain faisant s'agiter, à l’intérieur de sa poitrine, le peu de cœur qu’il possédait. Un autre moyen de faire entrer son nom dans l’histoire, et s’il n’espérait pas, il était définitivement intéressé par l’idée.

Derek s’éloigna de la peinture, pour s’approcher d’une commode, située un peu plus loin. Il ignora les artefacts précieux, sous cloches de verre, disposés sur la surface, et s’intéressa au tiroir en dessous du marbre rosé. Il l’ouvrit, et, dans la petite cache, se trouvait plusieurs bourses remplies de Gallions, de l’argent sale, bien sûr, obtenu grâce à son trafic, mais ça, qui pouvait le savoir ? D’un geste nonchalant, l’américain sortit un petit sachet de velours, qui contenait une centaine de pièce d’or, ce qui équivalait à pratiquement 1000 livres. C’était cher payé, clairement, mais c’était également un moyen pour l’américain de démontrer qui il était, son pouvoir, son argent, sa position. Il déposa ce paiement entre les mains de Kalis.

-Demandez toujours un salaire pour votre travail, Kalis, qu’il soit reçu de manière positive ou non. On ne peut mettre un prix sur le talent, et quiconque vous dira le contraire, n’a pas compris l’essence divine de l’art.

Il sortit ensuite de sa poche sa baguette magique, et, d’un geste brusque, le dessin glissa du chevalet, avant de se rouler délicatement en boule et de s’envoler vers une pièce annexe, son bureau. Il ne demanda aucunement la permission de Kalis : car qui donc donne des ordres à un roi ? Puis, il se rassit dans son fauteuil, sans un mot, monarque et figure presque martiale.

-Maintenant, partez. Envoyez moi un hibou pour me tenir au courant de l’avancement de vos travaux, et, si j’en suis satisfait, je parlerais de vous à certaines de mes connaissances, qui pourraient vous aider vous à faire un nom. »

Un simple mouvement du doigt, vers la porte d’entrée. Pas d’au revoir, il se contentait de le congédier. Sa sentence était sans appel.  
code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 845 WORDS.



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La peinture est une poésie muette ft. Kalis D.M Antoy
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