For the sinners to play as saints. + 18

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Derek Knightavatar
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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Jeu 15 Fév - 14:59

For the sinners to play as saints
Derek & Adrasteia & Léandre
On aurait pu croire que Derek se sentirait colérique face à la réaction sans équivoque de la slave, ou bien déçu. Après tout, il n’avait fait que répondre à une menace non déguisée, certes par une menace à son tour, mais il n’était pas de ceux qui se laissaient faire face à la provocation. Ce n’était pas le cas. Il était plutôt amusé, à vrai dire, des plis sur le front de la jeune femme, symboles de son agacement profond, et même les sous-entendus d’une pseudo vengeance à son encontre. Il était tellement empli de conviction. Non seulement l’américain était persuadé que rien de grave ne pourrait jamais lui arriver, lui l’élu glorieux parmi la foule, le pacha du crime, mais cela lui semblait encore plus improbable que sa démise soit provoquée par un membre du sexe faible. Car pour lui, ces créatures certes délicieuses, certes fortes, certes complexes, resteraient toujours inférieures aux hommes, quoi qu’elles fassent : alors pour pouvoir toucher un cheveu de quelqu’un tel que lui… Cela était totalement impossible.

Il se contenta donc d’esquisser un sourire face à la diatribe d’Adrasteia, un peu comme ceux qu’on pouvait délivrer aux enfants qui essayaient désespérément d'imiter les grandes personnes, attendri, mais un peu condescendant. Le cercle de feu ne l’effrayait pas. Qu’est-ce qui pouvait réellement faire peur à un être dénué de sens commun ? Pour qui la violence était bien plus naturelle que l’empathie et la bienveillance ? Lui-même ne le savait pas vraiment. Dans les situations de conflit, confronté aux combats, au sang, à la mort, son esprit était si détaché et badin… Et Sacramento prenait le dessus. Se repaissant de la chair suppliciée et des cris de souffrance. S’il craignait quelque chose, ce n’était pas la douleur, ni même la mort en elle-même : c’était l’idée de mourir en vain, sans que son nom ne reste gravé dans les annales de l’Histoire. Une mort indigne du statut qu’il s’était lui-même attribué.

Léandre, lui, sembla considérer les paroles de sa promise, probablement à raison. Derek pouvait voir sur son visage toute sorte d’émotions, depuis qu’il avait cessé de parler pour laisser la parole à l’américain et à la jeune femme. Le criminel avait l’impression de pouvoir le lire comme un livre ouvert, raison pour laquelle il le dépouillait systématiquement au poker. Pourtant, le coup le prit par surprise. Il ne vit pas la main s’élever, ni les doigts se refermer, et il le regrettait, car le geste avait sûrement été pourvu d’une grâce guerrière qu’un esthète comme lui aurait sût apprécier. Mais même s’il avait décrypté l’intention de Léandre avant qu’elle ne s’abatte sur sa joue, il ne l’aurait pas arrêté. Après tout, il avait été le premier à faire couler le sang ici : à son avis, pour des raisons légitimes, mais son honneur le poussait toujours à accepter une expiation. Et l’expression sur le visage de l’Auror, après son châtiment, était tout aussi jouissive. Il était splendeur dans sa rage, le Rosier, magnifique dans sa position de juge et de bourreau.

La lèvre de Derek explosa sous l’impact des jointures, et se mit à saigner. Lorsque Léandre reprit la parole, il passa ses doigts sur sa blessure, son propre sang se mêlant à celui du moldu qu’Adrasteia avait abattu. Son expression folâtre n’avait pas quitté ses traits. A dire vrai, la douleur lui faisait du bien, comme si elle l’ancrait, quelque part, dans un réalisme bien plus pur.

« -Je n’en doute pas, Léandre, dit-il sur un ton amusé. Mais comme l’a dit votre bien aimée, nous n’avons pas le temps de nous occuper de ces puérilités, et si vous avez fini d’utiliser vos poings, servez-vous donc de votre baguette. Nous avons à faire : plus ces cadavres resteront ici longtemps, plus nous prenons le risque de laisser des traces derrière nous. Sans corps… l’enquête ne commencera pas, jusqu’à ce que les familles ne s’inquiètent. Et à ce moment là, j’aurai déjà envoyé des hommes pour m’en occuper.

Il eut une expression sans équivoque. Il savait qu’il n’était pas en présence d’idiots, et n’avait pas besoin de faire un dessin sur ses intentions : il avait l’habitude de s’occuper de ce genre de situations. Il s’écarta du joug d’Adrasteia, et regarda en direction de sa baguette, toujours posé sur le sol, près du mur de la ruelle. Toujours aussi irrévérencieux, il la pointa du doigt.

-Je peux ? Promis, je serais sage.

Et sans attendre de réponses, la question étant résolument rhétorique, il enjamba les flammèches qui, de brasier ardent, baissaient de plus en plus en taille maintenant que la situation entre les différents protagonistes s’était "réglée". Et leur tournant le dos, montrant inconsciemment qu’il ne les craignait aucunement, il continua à leur parler, exposant le plan qui commençait à se former dans sa tête.

-Nous allons effacer les traces et transporter ces cadavres, pour les enterrer quelque part où personne n’aura l’idée de les retrouver. Pas à Manadh, le lien pourrait être trop évident, et de toute façon, l’île n’est pas assez boisée pour nous masquer d’yeux un peu trop curieux. Nous transplanerons chez moi, et mon Armoire à Disparaître nous emmènera dans un entrepôt en Serbie, caché dans la forêt de Bojčin. Personne ne viendra nous embêter là-bas. Il se pencha pour ramasser sa baguette, avant de se retourner vers ses interlocuteurs, et son regard se dirigea particulièrement vers Léandre. A moins bien sûr que monsieur l’Auror n’ait une meilleure idée. Après tout, vous savez comment les forces de l’ordre opèrent, je prendrais donc toute… critique constructive. »

Il fit glisser sa baguette entre ses doigts, ressentant le fourmillement familier et apaisant de la magie qu’elle contenait. Derek savait que son plan était bon : ce n’était pas la première fois qu’il faisait un coup de ce genre. Mais pourquoi se priver de l’avis de Léandre, ou même de celui d’Adrasteia, si jamais une tête aussi jolie que la sienne pouvait comploter elle aussi ? Il était fier, mais pas fou, et savait que toute idée était bonne à prendre, pourvue qu’elle soit pertinente.


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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Dim 4 Mar - 0:21
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For the sinners to play as saints

L
L’hériter s’était une nouvelle fois dressé, « Soit., ultimement abrupte de ses paroles, Trois heures … et s’il ne semblait pas vouloir se départir de ses airs despotiques, l’auror avait cependant tranché en sa faveur. Manifestement peu enclin à lui accorder son appui par bienveillance, encore moins par récompense, sans aucun doute pour affirmer sa souveraineté. Parce qu’il n’allait certainement pas se laisser dicter par la Slave, n’est-ce pas ? C’était lui – le roi paradoxe au sang couronné de royauté, royalement titulaire d’une couronne légitime. - et lui seul, qui se prononcerait définitivement sur les conjurations du conciliabule. N’est-ce pas ? Évidemment. En admettant que le roi ne répondait plus aux droits de la Couronne, déloyal à ses serments qu’il justifiait avec justesses d’obligations pour cette promise revendiquée, ce n’était pas pour autant qu’il se départirait de son autorité justicière aux fondements désajustés. Pas plus qu’il ne cesserait d’oppresser sa désobligeance en blâmes injustement dirigés vers cette promise qu’il s’était approprié de promesses parjurées, jurées officieusement sous les cieux d’un dieu injurieux… et ce jusqu’à l’aube, toujours jusqu’à l’aube. Tant bien qu’elle n’avait pas besoin de poser l’ultime question pour en justifier ses songes, elle aurait pu jurer sans l’ombre d’un doute qu’il lui aurait vociféré sa parole d’honneur.

Tout aussi vigoureusement qu’il avait manifesté sa véhémence d’un poing final, percutant le sorcier au sourire suffisant. Un coût que personne n’avait calculé, pris au dépourvu, tant bien que la Nymphe avait échappé une plainte ahurie avant de reculer précipitamment. Jusqu’à ce que son dos n’en percute la benne à déchets, recouvrant systématiquement la galbe de son ventre de ses bras protecteur. Et s’il ne s’agissait que d’un coup-de-poing, bien mérité lorsqu’on y songeait le moindrement, la sorcière s’était écrasée sous les réminiscences constituant les fondements du moment présent.

Et le passé les rattrapait toujours, malgré eux, il en serait toujours ainsi. La panique en état d’urgence par les souvenirs résurgents de l’émeute qu’avaient été déclenchés par les victimes d’aujourd’hui, autrefois instigateurs factieux. Et si la Slave accusait déjà – silencieusement - le dernier fils de lui faire payer son affront au long terme, elle ne pensait pas qu’il puisse en pousser la punition par la même violence qu’il avait fait preuve auprès de Derek. Le reflex n’en n’était pas moins justifié, craintive alors qu’elle avait passé les dernières semaines clouées au lit en conséquence de s’être malencontreusement trouvée au mauvais endroit, au mauvais moment. Trop près d’une querelle qui avait rapidement dégénéré, percutée au niveau du petit protégé qu’elle portait. « … Considérez que… Nous sommes quittes. Mais ne vous montez pas trop la tête avec vos mots beaux et vides. Si vous êtes en vie, c’est uniquement, car vous êtes un sorcier. »

Elle soupira, finalement, ses muscles se décrispant aux paroles de Léandre. Soulagée d’autant plus par les réactions de Derek. Elle inspira, longuement, pour en réprimer les fascinations malsaines qui se voulaient conquises devant la beauté de sa barbarie. Parce qu’elle le savait draconien et impitoyable même avec elle, surtout avec elle, mais qu’elle n’avait jamais pu en constater concrètement l’étendu de son agressivité. Parce qu’il fallait admettre qu’il était excitant, de pouvoir l’admirer sous un angle différent, à satisfaire impulsivement cette fièvre impérieuse et primitive. La plus jeune avait finalement détourné les yeux, simplement pour en distraire le fil de ses pensées périclitant de perversités clairement inappropriées à la situation. « Sans corps… l’enquête ne commencera pas, jusqu’à ce que les familles ne s’inquiètent. Et à ce moment-là, j’aurai déjà envoyé des hommes pour m’en occuper. » Humiliée par sa propre indécence qui lui brûlait maintenant les pommettes, la brune s’était soudainement mouvé, portant son attention sur les corps inertes « Je peux ? Promis, je serais sage. » Avant de parcourir la courte distance qui la séparait de son élu accidentellement accidenté et de s’accroupir au sol puis d’entourer ses genoux à l’aide de ses bras. Un moment de répit, le temps que les deux alphas puissent trouver un terrain d’entente à ne pas s’entendre. Les flammes s’étaient dissipées au même instant, regrettant derechef sa stupidité. Surmenée, elle ne bougea pas aux paroles de Derek, l’écoutant sans détourner son regard du corps de l’empalé.

Elle avait ses propres préoccupations à mesurer. Derek avait effectivement marqué un point, un jour les familles se manifesteraient. Et si tel était le cas, l’incident de la galerie serait l’une des premières choses à être répertoriée aux dossiers criminels ou médicaux des moldus. « … Léandre ? … » - un peu trop soufflé, un peu trop atone… peut-être ne l’avait-il pas entendu puisque Derek avait tout simplement poursuivit de ses suggestions personnelles. Nous allons effacer les traces et transporter ces cadavres, pour les enterrer quelque part où personne n’aura l’idée de les retrouver[…] – tout nettoyer, tout absorber, tout purifier. La Slave avait acquiescé, bien plus pour elle-même que pour les deux protagonistes délibérants derrière elle. Et d’une langueur manifeste elle avait relevé sa baguette pour la pointer directement sur l’empalé et d’en produire un « Tergeo » murmuré. Les traces de sang d'abord, principalement pour nettoyer le corps par priorité. Ensuite quand ils auraient été bougés et prêts, ils pourraient effacer leurs traces par charme d’oblitération. « […] Nous transplanerons chez moi, et mon Armoire à Disparaître nous emmènera dans un entrepôt en Serbie, caché dans la forêt de Bojčin. Personne ne viendra nous embêter là-bas. »

Et elle s’était arrêtée, ressassant les paroles de l’Américain avant d’incliner la tête avec hésitation. « Je ne peux pas. » Avait-elle finalement énoncé d’une voix à la fois soucieuse et tranchée. Parce qu’elle ne pouvait pas laisser Léandre partir seul et qu’elle ne changerait pas sa décision, mais également parce que les déplacements étaient complexes pour ce qui la concernait. L’usage de portoloins étaient proscrit pour les femmes enceintes… et qu’elle subissait bien trop lourdement les contre-coups du transplanage pour les effectuer correctement. « Chaque fois, je subis un désartibulement… et si le bébé… »

Sa voix s’était rompue, laissant le reste de son explication en suspens. De toute évidence, il était facile d’en comprendre le reste. L’exténuée avait reporté son attention sur la source de ses inquiétudes, haussant les épaules par désespoirs. « Je serai dans les premiers suspects… Si les familles se manifestent, je veux dire. Si une enquête est ouverte, la première chose qu’ils constateront… c’est qu’ils ont déclenché le plus gros de l’émeute au Moonrise Galery. Que l’étranglé a provoqué une bataille avec des sorciers et que l’empalé m’a percuté le ventre et m’a fait tomber dans la mêlée. Et que je… j’ai eu très peur et j’ai perdu le contrôle de mes pouvoirs… C’est flou, mais il semble bien que j’ai tenté de les brûler vifs. »

La Nymphe nota une courte pause, avant de reporter son attention sur les deux hommes. « Si c’était suffisant pour eux de se faire justice… forcément les gens qui enquêteront auront la même déduction. Je m’occuperai des dossiers médicaux au plus rapidement, demain s’il le faut, il le faut… mais je ne peux pas transplaner. Pourquoi… pourquoi ne pas… il serait facile d-de faire passer le tout pour… avec ces Gloriam et le MiM … sans compter tous ces gens sans appartenance qui… vous n’allez nulle part sans moi. C’est ma faute et je ne peux pas désartibuler le bébé… »
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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Lun 5 Mar - 10:34
Le regard de l’Auror se perdit quelques instants vers les traces de ce sang percuté par sa rancœur. Chair contrariée pour chair malmenée. Quelques secondes. A peine. Preuves éphémères et glaçantes de ce trouble qui lui tournait l’esprit dans le mauvais sens. Toute sa concentration encore portée sur le point précis de cet impact imprévisible.

Salvateur, néanmoins. Etrangement. Agréablement. Je n’en doute pas, Léandre. Les errances faméliques de ses envies tantôt bestiales se désagrégèrent sous les mots énoncés par Derek. Nous n’avons pas le temps de nous occuper de ces puérilités. Redonnant aux expressions du sorcier cette rigueur qui caractérisait sa profession. Pas le temps. Ils en manquaient, n’est-ce pas ? D’autant plus maintenant. D’autant plus avec tous ces cris et grondements guerriers.

Il expira, de nouveau, agacé et préoccupé dans ce qu’il comprenait. Dans cette folie à laquelle son âme se vouait pour protéger Adrasteia – et son regard se perdit effectivement vers elle. Brièvement. L’enquête ne commencera pas, jusqu’à ce que les familles ne s’inquiètent. Et à ce moment-là, j’aurai déjà envoyé des hommes pour m’en occuper. S’en occuper. Le terme employé lui tira un sourire aigre. « Deux morts c’est déjà bien assez à gérer. Je pense qu’on se passera totalement d’en agrémenter la liste par le biais de vos … Hommes. »

Parce qu’il avait des sbires. C’est ce qu’il devait comprendre. C’est ce qu’il devait déduire. Les sourcils du Rosier se froncèrent mais n’osèrent pas exprimer davantage de ces points récoltés petit à petit par son esprit méticuleux. Mieux valait traiter un seul problème à la fois. Un seul. Je peux ? Promis, je serais sage. Mais son interlocuteur n’attendit pas vraiment de réponse. Un grand classique. Il soupira.

Après la fureur et la frayeur, une lassitude lancinante se mouvait le long de ses nerfs. Éreintante. Piquante. De nouveau, l’intérêt du Roi bafoué se porta vers la silhouette de sa compagne. Presque recroquevillée. Atrophiée. Bouleversée. Comment en étaient-ils arrivés à de tels extrêmes ? Tout en écoutant les suggestions monstrueuses de Derek – il n’y avait pas d’autres mots pour ce plan scabreux – il s’approcha de la position de l’indomptable.  « Le bureau ne réagira pas immédiatement. L’affaire va prendre un peu de temps. Comme toutes les autres quand ça concerne la disparition de personnes majeures… Mais je doute d’être le seul à avoir entendu le coup de feu. Ils finiront par trouver l’endroit d’une manière ou d’une autre. Nettoyons et partons au plus vite. C’est tout ce que nous pouvons faire dans l’immédiat. »

L’adrénaline retombait doucement. Tout comme son ton. Désabusé. Mécanique. C’était tout ce qu’ils pouvaient faire. Limiter les dégâts. Préserver Adrasteia. Passer à autre chose. Seulement, arriverait-il à dépasser ça ? Lui, l’incarnation de la justice ? Les yeux de Léandre dérivèrent vers les corps inanimés. Très personnellement, il se moquait bien de la vie ou de la mort des moldus. Surtout si ces derniers voulaient rejoindre Gloriam. Pourtant. Au fond de son crâne, entre les colonnades écrasantes de ses obligations, il lui semblait discerner un manquement de sa part. Une erreur.

Je ne peux pas. Le visage de l’Auror se leva en direction de Raventhrone. Chaque fois, je subis un désartibulement. Et si le bébé- « Adra… » Je serai dans les premiers suspects. Il pinça les lèvres et s’approcha encore un peu plus d’elle. Il serait facile d-de faire passer le tout pour avec ces Gloriam et MiM. Ses mains se levèrent vers les épaules de la nymphe soudainement si fragile. Si vacillante. C’est ma faute et je ne peux pas désartibuler le bébé. « Respirez, Adrasteia. Respirez. » Sans lâcher sa baguette, il la saisit. Peut-être un peu brutalement. Peut-être encore un peu troublé par les minutes passées. « Les choses ne sont pas aussi simples. Magic is Might ne ferait pas ça aussi vulgairement. Je crains que Gloriam aussi. Ils prendraient leurs précautions. Le temps nous manque trop pour nous permettre de maquiller ça autrement. Et même si nous l’avions, je doute que nous soyons en possession des informations suffisantes pour vraiment rendre cette scène crédible. »

Il tourna ensuite son regard vers Derek. « Adrasteia va rentrer chez elle, sagement. Et nous, nous allons nous occuper de tout ce merdier. » Sans perdre davantage de temps, l’Auror pointa sa férule vers la victime imprévue de sa compagne. « Levicorpus. » La soulevant en des bruits disgracieux dont il se serait bien passé en d’autres usages. « Nettoyez la scène, Derek. Puis nous transplanerons en escorte avec eux. »



Dad's job

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Derek Knightavatar
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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Ven 9 Mar - 16:11

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Derek & Adrasteia & Léandre
Il aurait été faux de dire que Derek avait l’habitude de maquiller les scènes de ses crimes. La plupart de ses sbires trouvaient ça invraisemblable qu’un homme tel que lui participe aux cambriolages en personne, alors, s’il avait dû en plus participer à ces basses besognes, son autorité en aurait prit un coup. S’il participait aux casses, c’était surtout pour le sentiment d’invincibilité qu’ils lui procuraient, l’impression que quoi qu’ils fassent, quelles que soient les méthodes employées, les forces de l’ordre ne l’attraperaient jamais. Et de plus, il fallait bien l’avouer, il était sacrément doué pour ça : il avait grandit parmi les voleurs, et avait bénéficié de leurs plus précieux enseignements.

Mais ce soir là, Derek n’était pas Sacramento. Mr Knight n’avait pas endossé son apparence de seigneur du crime, bien qu’on pouvait en deviner les traits déformés derrière son masque d’homme du monde. Léandre ne serait pas dupe, bien sûr. Il pouvait sentir qu’il avait des soupçons, et c’était normal : mais l’Auror ne pouvait rien faire. Il était lié par ce secret que lui avait incombé sa promise, et ne pouvait plus y échapper maintenant qu’il y avait adhéré. Il était hilarant pour l’américain d’observer ses dernières réserves, de voir la lumière essayer de percer dans le voile d’ombre qui enveloppait le Rosier. Ainsi donc, il ne voulait pas plus de cadavres ? S’il savait que Derek, s’il le fallait, aurait assassiné sans vergogne des centaines, des milliers d’innocents. S’il savait qu’il se serait repu de l’odeur de sang et de charogne qu’il aurait lui-même créé : s’il savait ce qu’il était vraiment. Mais il ne savait pas. Tout ce dont il était au courant, c’était que l’américain ne craignait pas d’ôter la vie et qu’il était plus qu’il ne semblait être, mais de là à se douter que c’était le même homme dont le nom de scène ornait ses dossiers d’Auror les plus confidentiels… L’ironie du sort.

Mais ce n’était pas le moment de s’amuser des dilemmes moraux d’un brave homme soumis aux affres du destin. Certes, comme l’avait dit Léandre, les recherches ne commenceraient pas immédiatement, mais ils étaient bien trop exposés dans cette ruelle, et plus ils paressaient dans les parages, plus ils prenaient des risques inutiles. Adrasteia lança un Tergeo, Derek, lui, préféra un Evanesco, qui fit disparaître les dernières traces de sang des moldus. Quel dommage, dit la voix de Sacramento au fond de lui. Se débarrasser d’un si joli spectacle…

Alors qu’il s’apprêtait à faire s’élever dans les airs un premier cadavre, celui qu’il avait tué de ses propres mains, il fut interrompu par la supplique de la nymphe. Ses mots se bousculaient les uns après les autres, cascadant dans leurs inquiétudes et leurs questionnements. Les femmes avaient toujours tendance à se focaliser sur des détails, à défaut de voir la situation dans sa globalité : tout ceci n’était que détails et angoisses, rien qui ne valait de s’attarder ici. Elle ne voulait pas transplaner ? Qu’elle ne le fasse pas. Ils étaient deux et n’avaient pas besoin d’elle pour se débarrasser des corps. Il aurait prit plaisir à sa compagnie, à voir le couple d’amants maudits se déchirer autant que s’aimer, mais ce serait un caprice de sa part que de réclamer sa présence. Derek ne craignait pas qu’elle parle, elle était intelligente et connaissait les risques : la Serbie se ferait sans elle. Quant à ses questionnements par rapport à l’enquête… N’avait-il déjà pas répondu ? N’avait-il déjà pas promis de s’en occuper ? A moins que la naïade ne croit que l’autorité de l’Auror l’avait emporté sur la raison de Derek : malgré ses dires, il s’occuperait de la famille, et rien ni personne ne pourrait l’en empêcher. Si le Rosier avait des scrupules, ce n’était pas son cas, et il le remercierait lorsqu’il pourrait jouir de son mariage et de son enfant à naître, libre, et non derrière les barreaux.

Derek claqua sa langue contre son palais, comme ces maitres chiens qui utilisaient les claquements pour calmer leurs bêtes. Il reprit son œuvre, et son Mobilicorpus toucha le deuxième moldu, dont le cou brisé net s’agitait dans les airs comme s’il menaçait de se détacher du reste du corps, tel un pantin désarticulé. Pour être sûr de ne pas oublier le moindre élément, le moindre poil, la moindre goutte de sang, l’américain lança un Recurvite à la suite de son précédent Evanesco. Le coin de ruelle était maintenant immaculé, comme si quelqu’un y avait passé la serpillière pendant des heures : cela serait beaucoup trop suspect, ajouté au précédent coup de feu. La solution vint sous la forme de la bene à ordures, qu’il fit s’envoler à son tour à l’aide de sa baguette, avant de la retourner, pour que les déchets se répandent sur le sol : des tâches très suspectes de bouillie verdâtre s’étalèrent sur les pavés, ainsi que des cartons de produits ménagers moldus, et de vieilles canettes de bière galloise. L’illusion était parfaite. Son entreprise accomplie, il se tourna vers ses deux accolytes.

« -La décision vous appartient : il s’agit, après tout, de votre femme… son regard glissa sur la main, qui ne portait aucune alliance, d’Adrasteia. Enfin, malgré les apparences, glissa-t-il ironiquement. J’avais bien essayé de lui faire comprendre que de telles affaires ne concernaient pas une jolie petite chose comme elle, sans succès : mais après tout, cela doit être la raison pour laquelle elle est votre, n’est-ce pas ? Votre capacité à la... raisonner. Il se tourna ensuite vers la jeune femme. Si vous vous inquiétez pour votre enfant, écoutez donc monsieur l’Auror. Vous vous êtes suffisamment sali les mains pour la soirée, et je m’en voudrais si le stress de notre… escapade venait à perturber la vie qui grandit dans votre ventre.

Et ses mots étaient comme une mélopée doucereuse et cynique. A l’image de l’homme qu’il était, après tout : mélange de chaud et de froid, une créature de l’ombre qui se cachait en pleine lumière. Les deux corps qui flottaient non loin de leurs têtes ajoutaient à la scène une touche absurde, presque cocasse, et si le Rosier et son aimée n’étaient pas si terriblement sérieux, il se serait laissé aller à quelques plaisanteries sur le sujet.

-Et bien, allons-y, Léandre ? »

Mais il ne le regardait pas. Son regard était toujours fixé sur Adra : sans utiliser de mots, il la défiait du regard. Vous qui aimez jouer avec le feu, lui disait-il, allez-vous laisser s’éteindre votre brasier, avant même qu’il ne consume vos propres démons ?


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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Mar 3 Avr - 2:33
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S
es lèvres s’étaient ourlées avec anticipations sous les indications du sangbleu. Et ses sourcils s’étaient froncés, ses doutes renforcés par la poigne qui s’oppressait contre ses épaules. Parce qu’elle pouvait jurer que les prochaines paroles – aussi bienveillantes seraient-elles fondées – ne lui plairaient pas. Si la Nymphe désirait aller à gauche, le Templier dictait la droite. Si la Nymphe osait s’aventurer dans la moindre décision, le Templier en décidait autrement avant de lui reprocher de ne pas avoir quémandé son approbation. Le jour et la nuit, le justicier et la criminelle. N’est-ce pas ? « Les choses ne sont pas aussi simples… » Et sa langue claqua d’un agacement las, baissant les yeux alors qu’il venait confirmer ce qu’elle avait redouté, contredisant sa promise sans vergogne, fidèle à ses habitudes. « Adrasteia va rentrer chez elle, sagement. Et nous, nous allons nous occuper de tout ce merdier. » - « Pardons ? »

Le mot lui avait échappé, ahurie devant l’ordre si faiblement dissimulé, lèvres entrouvertes alors qu’elle fixait le Rosier qui poursuivait sans même prendre la peine de considérer sa présence autrement que par défaut. Tout comme Derek d’ailleurs, vaquant à ses besognes d’une nonchalance morbidesse. Et elle restait stupéfaite, la Slave au tempérament instable, aussi droite que possible et pourtant si désemparée, les neurones si actifs et pourtant décontenancés par l’injonction. Et elle aurait tant voulu se montrer despotique, impétueuse… Braver le Roi pour lui rentrer dans la tête – une bonne fois pour toute – qu’il s’était diablement fourvoyé s’il avait cru une seule seconde, qu’une fois mariés, elle se transformerait en irréprochable maîtresse de maison. Qu’à chaque fois qu’il exigeait obéissance, revendiquant prérogatives sur son libre-arbitre, il réamorçait l’implosion vindicte qui l’animait depuis l’enfance. Et pourtant, celle qui abordait divinement bien l’épiclèse de Némésis, peinait à surmonter les supplices qui se dressaient avec fatalité. Et si la Slave tentait l’impossible pour trouver les mots, il lui semblait que chaque instance se heurtait dogmatiquement à une nouvelle sentence.

Peut-être avait-il réussi, finalement, à discipliner l’indomptable. Avec patience et acharnement, peut-être, avait-il enfin muselé la Nymphe si profondément, qu’il en avait assujetti ses réflexions ? Ça ne faisait aucun sens. N’avait-elle pas toujours eu cette mauvaise tendance – encrée si profondément dans la moelle – à vilipender frénétiquement d’accusations lui portant préjudices – un fondement d’être, sa plus grande défense, à croire que c’était inné chez elle – coups après coups, sans relâches, jusqu’à ce qu’ils n’en puissent plus. Jusqu’à ce qu’ils s’insupportent du moindre de ses souffles pour exploser d’une colère venant justifier, malgré eux, les blâmes de l’oiselle. Parce qu’il était impératif, d’en dénoncer l’injustice et l’insuffisance qu’elle avait toujours subie de ceux qui l’avaient mal aimé. Parce qu’il était primordial, de vérifier qu’elle était rationnelle dans son pessimisme. Le droit d’exister, le droit d’importer… le droit d’être estimée, d’être considérée… entendue. Et pourtant, elle battait de l’aile. De toute évidence, la Slave heurtait des résistances si singulières, inapte à franchir par le manque flagrant d’expérience devant ces émotions nouvelles. La honte de soi aux yeux de l’autre. Elle avait échoué, dans ses propres promesses personnelles, de le combler par la fierté de l’avoir elle pour épouse. L’apothéose qu’elle avait tant priée pour cette union, privilégiée d’un sentiment d’honneur mutuel. Mais elle avait échoué, n’est-ce pas ? Et pas que là, pas qu’à cet instant. Elle avait fauté à nombreuses reprises, à bien des niveaux. Et encore, les prochaines semaines allaient lui apporter les réponses de répercussion inquiétantes, parce que c’était la seule chose qu’elle ne pouvait pas certifier, la gravité de ses manquements. Et maintenant, ils étaient brisés. Par sa faute, par sa connerie de fatalité. « Ne me faites pas ça… Léandre, je vous implore, ne me forcez pas à – Je ne pourrai jamais… »

Terrifiée à l’idée de rentrer seule, réellement seule. Parce qu’il n’y aurait pas toujours des Léandre, Jonathan et Derek pour lui venir en aide.
Pétrifiée à l’idée de les laisser poursuivre seuls, sans elle. Parce qu’elle n’arriverait jamais à se pardonner de l’avoir incriminé. Et lui ?
Terrorisée à l’idée de devoir l’attendre, à craindre le pire, à névroser chaque seconde, jusqu’à ce qu’il ne revienne jamais.


Et elle en crèverait, d’une agonie démentielle, s’il ne revenait pas. Elle se damnerait, à s’en rendre l’âme, de l’avoir laissé les enterrés ce soir-là. Pas les moldus, mais eux, leur union qu’elle avait massacré. « La décision vous appartient : il s’agit, après tout, de votre femme… »

Coupable. - « Enfin, malgré les apparences » - Coupable. Malgré les apparences. Ses prunelles avaient distraitement suivi les insinuations de l’Américain, tout autant que ses doigts en avaient caressés l’invisible qu’abordait son annulaire gauche, pinçant ses lippes d’un embarras manifeste. Il avait visé juste, droit au cœur, cette fissure qui s’aggravait depuis cinq mois maintenant. Elle s’était montrée patiente, elle lui avait donné toute sa confiance. Mais il restait difficile de ne pas souffrir des angoisses et remises en question que l’attente incombait. « J’avais bien essayé de lui faire comprendre que de telles affaires ne concernaient pas une jolie petite chose comme elle, sans succès : mais après tout, cela doit être la raison pour laquelle elle est votre, n’est-ce pas ? Votre capacité à la... raisonner. » Peut-être avait-il réussi, finalement, à la discipliner pour en faire sa soumise avant d’en faire sa promise. « Vous n’allez nul part sans moi, est-ce trop demander… pour une fois… de ne pas me considérer comme un fardeau…Léandre… et comment suis-je sensé apprendre à vivre, si vous passez votre temps à m’exclure entre quatre murs ? » - Sa langue claqua son palais par agacement alors que Derek reprenais la parole pour en couvrir ses suppliques murmurées à l’intention du Rosier. « Si vous vous inquiétez pour votre enfant, écoutez donc monsieur l’Auror. Vous vous êtes suffisamment sali les mains pour la soirée, et je m’en voudrais si le stress de notre… escapade venait à perturber la vie qui grandit dans votre ventre. » - Son nez s’était retroussé, ourlant les lèvres en réaction aux paroles abjectes du sorcier. Désespérée, sans doute, elle avait secoué la tête par objection - « Léandre… ne me faites pas ça. Et si je. Et si vous. Et si je n’arrivais pas à la maison. Et si - »

Et je m’en voudrais si le stress de notre escapade venait à perturber la vie qui grandit dans votre ventre – N’est-ce pas ? « Toutes mes excuses Derek. Assurdiato ! » - La baguette s’était pointée furtivement, bien trop furtivement pour qu’elle n’arrive à comprendre ses propres manœuvres, et pourtant la Slave ne semblait pas s’importuner autrement que ses propres états d’âme désaxés. Et tandis qu’elle délaissait sa cible américaine des pupilles, ses mains tremblantes s’étaient empressées d’en agripper celle libre du Rosier, faciès aux traits implorants. « Ça ne fonctionnera jamais ainsi Léandre. Vous ne pouvez pas, m’enfermer pour tout et n’importe quoi sous prétexte de veiller à ma protection. Tout, comme il m’est impossible, de dépendre de tout le monde. Et si vous mourez, demain ou la semaine suivante ? Vous n’êtes pas… toujours là. Et si. Vous n’étiez pas là. Et j’ai conscience que, c’est ma faute. Mais comment je peux. Protéger… ? Et je n’ai pas su, je voulais… je sais pas comment protéger, et si j’avais su, je ne voulais pas aller à la tour, mais j’avais peur et j’étais seule et et… j’arrive pas à sortir, même avec Sio, pour acheter une foutue robe, sans… je vais nous tuer alors que j’aimerais juste… et c’est pas ça le mariage, être un fardeau dissimulé honteusement à la maison. Le bébé est peut-être malade parce que je devais dépendre de tout le monde. Et j’vais nous tuer. Et vous finirez par me haïr. Et je m’en veux déjà tellement d’être un fléau. Je n’ai plus personne Léandre. Et si demain vous mourrez, je serai seule avec un bébé malade et illégitime que je n’arrive pas à protéger, sans famille, parce que vous préférez vous débarrasser de moi chaque fois qu’il vous chante. » Et elle était si rapide dans ses paroles, sans doute même trop, tant bien qu’elle peinait à suivre elle-même la logique de ce qu’elle tentait d’expliquer.

Mais le temps manquait. Et elle ne pouvait pas éternellement indisposer Derek sous le sortilège. Ses mains s’étaient resserrées sur sa prise, poussant un soupire tremblotant avant de guider la main jusqu’à la galbe de son ventre. « Tout ce que vous voudrez Léandre, sortir avec dix gardes du corps, uniquement les dimanches entre 8 heures et midi, manger sept repas par jour, me convertir catholique s’il le faut, je m’en fiche, je m’en contre-fiche. Juste, je ne veux pas tuer le bébé… je veux pas être une honte, je… ne me laissez pas, je suis terrifiée. Je veux juste apprendre à protéger la famille que je n’ai jamais eu. Je n’irai pas à la maison, toute seule. C’est lui ou bien vous, choisissez, mais quelqu’un va me transplaner. » avait-elle finalement balbutié, pointant sa férule une nouvelle fois sur sa pauvre victime, pour en finir son supplice. Au fond, elle n’avait pas besoin d’autrement que d’un oui. Hésitante, elle avait toutefois fait un pas en direction de l’Américain - « Je suis sincèrement désolée Derek… je.. Devais… je ne vais pas à la maison… »


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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Ven 4 Mai - 16:28
Pardon ? Il avait ignoré l’exclamation de Raventhrone. Si semblable à celles autrefois proférées. Si indisciplinée, l’hérétique nymphe, dans ce qui lui paraissait pourtant essentiel à abdiquer envers lui. Parce qu’il s’agissait désormais de la protéger. Quitte à appliquer, avec absurdité et déraison, sa fatale tyrannie. Ne me faites pas ça… Une seconde fois, il l’avait ignoré. Éreinté, sans doute, par tout ce qu’il était obligé de faire. Par tout ce qu’il devait anticiper, maintenant et demain. Léandre, je vous implore. Son regard avait hésité, une seconde, mais il s’était ravisé.

Il n’était plus question de jouer et de la laisser courir vers les tôles froissées et humides du bagne.

La décision vous appartient. Si son esprit ne s’échinait pas déjà à faire léviter la victime détestable de sa promise, Léandre aurait probablement haussé un sourcil. Marquant l’agacement épuisé et lasse qui courait encore dans ses veines à la mention de tous les enjeux de la situation. Soulignant, surtout, cet écho narquois qui en prétendait la toute puissance décisionnaire sans la reconnaître pleinement. Il ne haussa pas le sourcil. Ni ne soupira. D’abord par manque de temps. Ensuite par concentration. Il s’agit, après tout, de votre femme.

Par anticipation, peut-être, aussi, bien malgré lui. De cette pique. De ce jugement qui n’en disait pas son nom. Enfin, malgré les apparences. La langue de Léandre roula violemment contre ses dents. Sifflante et désapprobatrice. Comparable à ces avertissements félins, gorgés de fierté et d’orgueil à s’en briser la mâchoire face à un adversaire taciturne.

Sa femme. Elle l’était probablement plus que quiconque en ce monde. En dépit des manquements proférés des mois auparavant – et confirmés régulièrement au creux de leurs souffles esseulés. J’avais bien essayé- L’Auror s’autorisa à rouler des yeux, un brin exaspéré. Derek parlait tellement. Un peu trop pour son propre bien. Un peu trop tout court. Votre capacité à la raisonner. Le poing n’avait-il donc pas suffit ?

Fallait-il donc le provoquer, encore et encore ? Les dents du sorcier crissèrent les unes contre les autres, alors qu’il s’efforçait de ne pas dévier de sa concentration. Vous n’allez nulle part sans moi. Cette fois-ci, il laissa s’échapper un souffle amer. Offrant, en une expression lasse, son écoute aux plaintes successives de l’indomptable. Léandre ne me faites pas ça. Et elle continuait. Allongeait vers l’infini cet aigu déroutant dans sa voix. Toutes mes excuses Derek.

Le sortilège avait frappé. Vif. Pernicieux. Presque amusant, quelque part, tant il s’était magnifié dans l’imprévu et la précipitation sur ce pauvre Derek. Pas si pauvre que ça, d’ailleurs. Ni innocent.

Les phrases s’étaient alors enchainées. Perpétuellement. Vigoureusement. Entre les lèvres sèches et nerveuses de la Slave. Aussi désespérées que ces doigts qui serraient sa proximité en des prières qu’il n’avait pas le choix d’entendre faute d’avoir l’occasion d’en placer une. De toute façon, elle ne semblait pas disposée à lui obéir tant qu’il ne tolérerait pas sa présence pour ce foutu transplanage. C’est lui ou bien vous, choisissez. Il grogna. Longuement. Intensément. Jusqu’à ce qu’elle délaisse son emprise sur l’Américain pour s’en affaiblir de quelques vigilances. « Alors vous suivrez mes commandements sans chercher à contester mon autorité. Vous obéirez et surtout vous vous tairez. »

Et à force de tout percevoir, de tout enregistrer, il craignait de discerner désormais les prémices de céphalées douloureuses. « Et nous verrons, une fois cette affaire close, comment corriger vos envies de liberté pour qu’elles ne risquent plus de vous guider dans de pareilles ruelles. » C’était une menace. Vibrante de fatigue et d’exaspération. Parce qu’elle payerait, de toute manière, son audace. Ses étourderies. Son manque de respect. « Maintenant accrochez-vous et taisez-vous. Je ne veux plus vous entendre. Derek, êtes-vous prêt ? » De son bras libre, l’Auror acariâtre avait saisi la silhouette d’Adrasteia pour la plaquer contre la sienne.

Il avait choisi.



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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Sam 12 Mai - 9:55

For the sinners to play as saints
Derek & Adrasteia & Léandre
La frustration était immense. Pour qui se prenait-elle, celle qu’il avait sauvé, qu’il avait même défendu, à sa manière, face à ce fiancé qui ne voulait rien d’autre que l’écarter de leur petite "promenade" en compagnie du fruit de leurs péchés ? N’avait-il été pas clair dans son sarcasme, dans l’agacement qu’il avait voulu provoquer chez le templier, était-elle plus sotte qu’elle n’en avait l’air ? Ou bien, impudence extrême, croyait-elle qu’il n’était qu’un vulgaire laquais, qu’une de ces pauvres âmes que les Sang Purs pouvaient ordonner à leur guise. Blasphème. Il était Derek Knight. Sacramento. Le loup des bas-fonds, l’empereur de la pègre, un cauchemar parmi les cauchemar : et s’il avait été, jusque là, des plus cordial, il ne laisserait pas passer une telle insulte. Il aurait parfaitement compris si elle lui avait demandé poliment de s’écarter, s’ils désiraient parler en privé de leurs maux sentimentaux, de cette tension qu’il avait perçu entre les deux amoureux, et bien que sa curiosité et sa verve le poussait à tourmenter l’Auror, dont l’esprit, perturbé par le climat morbide de la scène, devenait de plus en plus torturé, il restait un gentleman. L’américain aurait été leur obligé. Présentement, il avait été traité comme un chien qu’on mettait à la porte, la nuit venue. Et il ne laisserait pas le crime impuni.

Si ses traits étaient marqués par sa désapprobation, cependant, le châtiment ne s’abattit pas. Le moment n’était pas venu de s’abaisser à de la mesquinerie : ils avaient toujours des corps sur les bras, et si visiblement la slave pensait qu’ils avaient du temps à perdre en s’épanchant sur ses humeurs, la réalité les rattraperait bien assez tôt. Sa baguette le démangeait, il devait l’avouer. Sacramento appelait au sang, le monstre réclamait son dû. Lorsqu’enfin, il fut libéré de son insupportable condition, son regard était dur, ferme. Il attendrait patiemment une revanche, qu’il méritait.

« -Bien sûr que je suis prêt, répondit-il au Rosier, son regard toujours fixé sur la jeune femme, brûlant, porteur d’une menace perceptible. Je ne suis pas celui qui s’épanche sur sa vie affective alors que des cadavres attendent à ses pieds.

Il était amer, Derek, et ne faisait rien pour le masquer. De joueur, de provocateur, il avait repris le masque de sérieux qu’il avait l’habitude de prendre, face à ceux –les fous- qui osaient défier son autorité. Son statut d’être quasi divin. La rancune était une force puissante, et s’il considérait la jeune femme en faute, pour l’audace qu’elle avait eu envers sa personne, il ne songeait pas que l’épreuve qu’elle traversait était une punition suffisante. Il en oubliait même le profond respect qu’il éprouvait envers elle, et ne corrigea donc nullement les mots, durs, de son aimé : si seulement elle ne lui avait pas lancé ce sortilège, probablement qu’il aurait sorti quelques mots bien placés, cyniques et empreints de réprobation. Ce n’est pas une enfant, ce n’est pas votre propriété, cessez de vous comporter comme un monarque, petit Auror soumis à la loi et aux affres de votre propre cœur. Non, ces pensées qui auraient pourtant été évidentes (sans être totalement véridiques), dans d’autres circonstances, restèrent bien sagement dans les confins de sa boîte crânienne.

Sans ajouter un mot de plus, il transplana avec le couple, serrant l’épaule de l’homme peut-être un peu plus fort que ce dont il y avait réellement besoin, et emportant avec eux les dernières preuves de leurs méfaits. Alors que la ruelle commençait déjà à s’évanouir pour laisser apparaitre les hauts murs de son appartement, couverts de tableaux de maitre, il songea à quel point il était paradoxal que Léandre, qui cherchait sans relâche Sacramento, son pendant criminel, son double diabolique, se trouvait dans la gueule du loup, sans même qu’il n’en ait conscience. Cela adoucit quelque peu son humeur, toujours entaché par l’irrévérence d’Adrasteia.

Il n’eut pas besoin de vérifier si tous ses organes étaient en place, totalement confiant dans ses compétences en matière de transplanage, et ne prit pas la peine de s’enquérir de l’état des invités dans sa demeure. Les corps, eux aussi, étaient intacts. Il préféra se diriger immédiatement vers une haute armoire, qui trônait, fière, dans le bureau où sa magie les avait directement conduit : elle serait leur salut, le moyen de s’échapper de la ville sans que les autorités ne suspectent quoi que ce soit. Il ne laissa pas le temps à l’Auror et sa future femme de faire le tour du propriétaire, d’admirer le mobilier racé, les œuvres rares de collection, les objets magiques de puissance volés, qui décoraient la pièce. Mieux valait qu’ils ne s’attardent pas, mieux valait qu’ils ne posent pas de questions. Léandre aurait suffisamment de soupçons, de toute façon, surtout s’il posait les yeux sur certains artefacts de contrebande ardemment recherchés par les forces de l’ordre magiques, qu’il conservait chez lui lorsque leur valeur était bien trop importante pour les confier à un entrepôt et que leur taille le permettait.

-J’espère que vous avez pris une petite laine, il peut faire froid à Progar, en cette période de l’année », dit-il d’un ton sardonique.

Derek ouvrit en grand les doubles portes de l’objet magique, dont la puissance pouvait se sentir dans chaque rainure du bois, dans chaque grincement des gonds. D’un geste de baguette, il amena à l’intérieur le premier moldu, qui voletait toujours à plusieurs centimètres du sol, dans une position presque comique, si elle n’avait pas été aussi intolérable, et fit signe à Léandre de faire de même.


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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Mer 6 Juin - 15:19
So heaven, if you sent us down,
so we can build a playground. For the sinners to play as saints, you'd be so proud of what we've made.457 mots
For the sinners to play as saints

U
n long frisson lui mordait la peau finalement. Autant par la pluie qu’elle semblait notifier par forfait que de subitement ressentir l’oppression de ses actes reprendre le dogme sur son corps. Et elle avait pincé ses lèvres, pour réprimer ces sanglots qui lui chatouillaient la gorge alors que le Rosier donnait l’impression d’avoir écouté ses complaintes, alors qu’en réalité, ses dires ne confirmaient qu’il ne les avait qu’entendu. Elle devrait se taire, maintenant, encore. Et qu’ils allaient corriger ses envies de liberté, parce que finalement, c’était par envie qu’elle se retrouvait dans ces ruelles. « Maintenant accrochez-vous et taisez-vous. Je ne veux plus vous entendre. Derek, êtes-vous prêt ? Mais elle n’avait pu s’empêcher, pu retenir pour faire changement. » qu’elle avait pesté entre ses dents, détournant les yeux à défaut de pouvoir s’écarter physiquement du brun pour en affirmer sa méprisante déception.

Et elle avait frissonné une nouvelle fois, baissant la tête alors qu’elle se voyait doublement vaincue par la mine qu’affichait le deuxième sorcier. Et elle avait silencieusement soupiré, découragée par la délicate situation, mais également par l’amertume qu’incombait l’idée même du regret qui lui perçait le cœur. Parce qu’elle se dégoûtait au fond, pas si profond, de déplorer son propre attachement en direction du sang bleu. Il fallait avouer qu’il aurait été bien plus facile de pouvoir rentrer tranquillement chez elle sans la moindre inquiétude plutôt que de s’écraser sous l’œillade vitupérée des deux alphas. « Bien sûr que je suis prêt »

Au mépris de l’autre, l’un trouvait divertissements devant ces démons que l’autre tentait d’enchaîner, déchaînés par les dérisions enchaînées de l’un. En dépit de l’un, l’autre semblait se repaître l’inavouable chaînon manquant d’un péché qui ne lui était propre, mains souillées d’un sang criminel et incriminant, mais pas source d’un des crimes commis pas l’un. « Je ne suis pas celui qui s’épanche sur sa vie affective alors que des cadavres attendent à ses pieds. » Au détriment d’une autre, l’un et l’autre s’ameutaient malgré eux pour enchaîner les offensives, la honnir d’un unisson hasardeux manifesté d’une complicité complémentaire. Parce que l’autre et l’un partageaient maintenant la perspective d’écraser une autre au nom de Talion respectifs.

Et puis si la Slave se montrait enfin docile aux commandements du Rosier – plus motivée par l’urgence qu’incombait le temps qu’ils n’avaient pas – il ne lui fut pas possible de contrer ce hoquettement subitement poussé d’une gorge qu’il déchirait au passage, s’accrochant finalement de toute ses forces au point qu’il aurait pu sembler que la brune tentait d’aller se dissimuler sous la chaire même du dernier fils. Et elle l’aurait fait, à vrai dire, s’il avait été possible de le faire. Parce qu’il était si fidèlement mémorisé, le souvenir désagréable provoqué au transplanage. Parce qu’il était amplifié, empiré, par ce qui n’était principalement qu’une réminiscence catalytique. Pour presque tout, sauf ce foutu transplanage, cet intolérable transplanage qui ne faisait qu’aggraver ce qui la tourmentait d’ores et déjà. La mort, la vie, l’importune infortune d’une existence éprouvante à laisser passer. Il lui semblait, même, que chaque expérience n’allait que de mal en pis, aspirée et avalée par l’avare Maelström qui proférait ses sentences. Étirée, comprimée et implosée, par le déferlement de la lame de fond. Et elle inspira, finalement, de manière si brutale, qu’elle aurait pût jurer que ses propres vertiges s’étaient chavirés sous l’afflux soudain d’oxygène.

Pourtant, elle avait scellé ses lippes, sans doute par réflexe d’anticipation, étouffant au passage la plainte qui n’avait pas manqué de lui perforer la gorge dès l’instant où ses pieds avaient percuté le sol sans heurter quoi que ce soit. Et ses ongles s’étaient plantés, enfoncés avec détresses contre la chaire de ces bras auxquels elle s’était accrochée, récupérant cet équilibre qu’elle n’avait pourtant pas égaré, et pourtant elle en perdait le pied, ses jambes brusquement mollasses sous son propre poids qui s’écrasaient par la sensation déphasée d’être enfoncée et bouleversée en même temps. Toutefois, et ce même si l’ironie était à son comble, elle n’avait pas hésité à délester l’une de ses prises imputée à son fiancée – Parce qu’elle lui faisait confiance, elle, malgré la colère et les reproches, qu’il ne la laisserait pas tomber - pour venir systématiquement toucher son ventre, baissant les yeux pour vérifier les catastrophes chimériques. L’apaisement fut de courte durée alors qu’elle redoublait d’inquiétude quant à savoir comment il était possible de s’assurer que tout allait vraiment bien. La respiration était véloce et tranchante, courte et rapprochée, la panique toujours la panique. Et les vampires. Et les morts. Et les radiations. Et les bombes. Et les blâmes, les accusations. Et les moldus, ces vils moldus qui ne s’arrêteraient jamais de les nécroser jusqu’à ce qu’ils aient incinéré le dernier des leurs. Légion vorace de lésions à proférer sur la gangrène.

Et puis sa main vint se plaquer contre ses lèvres, afin d’éviter le pire. Toilette.. »


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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Ven 22 Juin - 6:34
Elle s’était rebellée en des mots trop courts. Venimeux. Encore. A croire qu’il ne lui restait plus que cette perspective pour espérer l’énerver. Mais il l’était déjà, épuisé, par les réitérations abrasives de la Slave. A tel point qu’il avait juste eu le temps de lever les yeux au ciel pour afficher son mécontentement. Mécontentement presque continuel depuis qu’il avait dépassé la surprise et ce cruel sentiment de trahison qui persistait au creux de sa bouche. Pour faire changement. Oui. Il avait levé les yeux au ciel de lassitude et de nervosité. S’efforçant, en parallèle, de noyer la fureur par le dépit. D’amoindrir les céphalées par des soupirs exaspérés.

Si ce n’était pas Derek, c’est elle qui finirait par le tuer.

Bien sûr que je suis prêt. Au moins, l’Américain était plus prompt à réagir que sa compagne. Tant bien même que Léandre s’en défiait de plus en plus. Tant il lui apparaissait si loin du joueur de carte amusé et amusant. Tant il lui semblait étrangement à son aise dans ce chaos morbide. Quelque chose lui échappait. Clairement. L’instinct le lui disait d’un murmure plus qu’assuré. Mais l’Auror n’avait pas le temps de s’y pencher davantage.

Et il n’était pas certain de vouloir le faire dans l’immédiat. Les corps des moldus était un problème d’autant plus urgent à gérer que cet éclat d’excitation qui persistait chez l’autre face au sang. Un peu comparable au sien, finalement. Un peu dangereux, comme lui, aussi. Je ne suis pas celui qui s’épanche sur sa vie affective alors que des cadavres attendent à ses pieds. Immédiatement, il siffla sa désapprobation. Les commentaires de Derek l’irritaient. Quoi qu’ils éraflaient moins sa concentration que les mots d’Adrasteia et les maux de l’esprit. Après tout, il ne devait supporter son interlocuteur qu’un temps restreint.

La rancœur brûlante d’Adrasteia, c’était tous les jours qu’il l’affrontait. « C’est bon. Allons-y. » Et il avait soufflé ces quelques termes dans le vent. Exaspéré par la situation et par les sottises cumulées de Raventhrone.

En d’autres circonstances, le transplanage aurait été une étape aisée. Rapide. Mais tous avaient décidé de serrer et transgresser la proximité de Léandre lors de la voltige. Il en avait soupiré, définitivement lasse et désabusé. Il en avait même grimacé, l’espace de quelques instants, avant de se reprendre. Puis ils étaient arrivés. Dans la demeure de Derek. Et là-bas, tout semblait lui sauter aux yeux. Agresser son cerveau. Vivement, malgré les griffures proférées par Raventhrone, l’Auror porta une main nerveuse à son front. Quel bordel de- Il devait se ressaisir. Il aurait le temps de traiter toutes ces informations plus tard. D’abord le plus important. J’espère que vous avez pris une petite laine. Cette fois-ci, Rosier fils esquissa une moue sarcastique. « Mais oui, bien entendu. J’ai très hâte de planquer des cadavres dans un froid sibérien. C’est ma passion première. »

L’exaspération ne finissait pas de grignoter son peu de patience. Et à côté, un couinement plaintif lui rappela que les problèmes à affronter étaient multiples. Toilette. Bon Dieu. Cette situation ne faisait qu’escalader vers le pire. Léandre prit sur lui de laisser cette tâche ingrate à Derek pour faire entrer le deuxième corps dans l’armoire à disparaître. Ne cherchant pas à ménager ses mouvements tendus et les craquements désagréables qui suivirent son action. De toute façon, le moldu ne ressentait plus rien : il ne risquait pas de manifester son désaccord. « Progar, donc. Vous avez de quoi les dissimuler là-bas ? A la moldue ? Ce serait mieux pour nous. Si nous usons de magie pour dissimuler les corps, les traces pourraient être retrouvées. Autant éviter cette perspective. »



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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Sam 30 Juin - 15:28


For the sinners to play as saints

- Derek Knight — Adrasteia N. Raventhrone — Léandre Rosier -


Il est difficile, ici-bas, surtout quand on vit longtemps, de ne point encombrer sa conscience d'un petit péché par-ci, d'un petit péché par-là, plus ou moins consciemment.” Claude Bouchard
La demeure de Derek représentait parfaitement la partie la plus fastueuse de sa personnalité. Qu’importe où le regard se posait, que ce fusse vers les œuvres aux murs (acquises de manière légale, bien sûr, les œuvres qu’il avait dérobé dans les musées du monde entier et remplacées par des copies parfaites étant soigneusement dissimulées dans son entrepôt d’Atlantis) ou le plus simple des meubles en bois, on pouvait deviner que chaque vision avait été calculée. Le paraître avait de l’importance, pour l’américain. Il fallait qu’on le devine prospère, sans être dispendieux ; il fallait qu’on sache son goût raffiné, sans passer pour quelqu’un de précieux ; il fallait impressionner sans éveiller de soupçons. Si, dans l’étude où se trouvait son Armoire à Disparaître, se trouvaient de nombreux artefacts volés, il n’y avait rien qui aurait pu faire soulever de sourcils. Après tout, l’homme se présentait comme un philanthrope, et il n’était pas rare que les riches héritiers collectionnent des objets des plus exubérants : pourquoi pas des objets de pouvoir, puisqu’après tout, l’ostensible était des plus chic. Leur porte de sortie, leur transport vers la Serbie, pouvait faire poser quelques questions, mais après tout, personne n’aurait pu se douter que ce meuble à l’apparence plutôt banale, cachait une puissance magique insoupçonnée. C’est de l’autre côté de la porte que l’Auror comprendrait réellement que le joueur de poker avait bien des cartes dans sa manche. L’entrepôt qu’ils rejoindraient comportait certains talismans si dangereux, qu’ils devaient être protégés par des barrières dignes de la banque de Gringotts, mais après tout, après sa démonstration sanglante, Derek ne voyait plus l’intérêt de prétendre. Sacramento abaissait sa capuche, pour le meilleur, comme probablement pour le pire.

Il étouffa un soupir lorsque la slave laissa échapper un hoquet, signe visible de sa nausée. Les femmes étaient si douillettes, si fragiles. Peu importe qu’elle porte la vie au creux de son ventre : l’adrénaline provoquée par le meurtre parcourait son corps, et de se faire ainsi stopper dans son entreprise par quelque chose d’aussi trivial qu’un mal de ventre l’irritait fortement. D’un geste de la main, cependant, il désigna la porte.

« -Traversez la bibliothèque, et, sur votre gauche, vous trouverez une salle de bain. Dépêchez-vous, nous devons nous hâter : peut-être que Monsieur Rosier voudra vous tenir les cheveux.

Tant d’ironie, de moquerie sucrée dans sa voix. L’amour qui liait Léandre et Adrasteia, le sorcier le voyait comme une faiblesse. Parce qu’il devait constamment la tenir par la main, parce qu’il était capable de se damner pour ses beaux yeux, et parce qu’elle n’était qu’une poupée face à la stature imposante de l’Auror. Si jamais Derek devait se lier avec une femme, il prendrait soin de choisir quelqu’un à sa hauteur. S’il éprouvait le plus grand respect pour la Raventhrone, son esprit revanchard l’avait irrémédiablement ternie, à ses yeux, depuis qu’elle avait osée lever une baguette sur lui, alors qu’il venait de lui sauver la vie. S’il aurait pu l’appeler reine, enchanteresse, il y avait à peine quelques instants, il la voyait maintenant comme une simple petite sotte, capable de mordre la main qui l’avait nourrie.

Heureusement, son humeur fut rehaussée par le commentaire plein d’humour de Léandre. Ainsi donc, il était capable de faire preuve de dérision, même dans une situation pareille ? Certes, il devait être habitué à côtoyer la mort, mais l’implication d’Adrasteia l’avait rendu faible, et irrité : de le voir ainsi répliquer, plaisait autant à Derek que lorsqu’il l’avait frappé de son noble poing. Il voyait ces irrespects comme des tentatives –vaines, bien sûr- d’établir sa supériorité sur le criminel. C’en était presque mignon.

-Je savais bien que vous aviez des passions de ce genre, Léandre. Le poker, l’enterrement de cadavres… On s’amuse plus que ce que je le croyais, chez les Aurors. Il reprit un ton plus sérieux pour répondre à ses autres demandes, cependant. Ici, ils étaient relativement en sécurité, mais, une fois sur place, ils devraient faire vite : plus le Sang-Pur aurait main mise sur la situation, et plus les risques seraient moindres. Nous allons arriver dans un entrepôt que je possède, il y aura tout ce qu’il faut. Pelles, pioches… Même des paires de bras supplémentaires, si bien sûr, nous en avons besoin, et dont nous pourrons nous débarrasser une fois l’affaire faite. Il faudra dire à votre aimée, cependant, de ne toucher à rien là-bas, et ce, pour sa sécurité et celle de son enfant. Tout comme faire taire ses propensions au… drame. La forêt est profonde, sombre, et, la plupart du temps, déserte, mais on ne sait jamais ce qui peut se dissimuler derrière un arbre ou un rocher. »

Il n’y avait pas vraiment de jugement, dans le ton de Derek : c’était un simple fait. L’homme doit contrôler sa femme, bien sûr, c’est dans l’ordre des choses. Raison pour laquelle, aussi, l’américain n’était pas étonné de la propension de Léandre à vouloir s’impliquer dans ce crime. Il ne faisait que son devoir. Les corps rentrés dans l’armoire, attendant la slave, les deux hommes bien trop proches pour la bienséance (espace réduit oblige), la situation était tragiquement comique, et cela amusait le Sacramento enfouit en lui. Lorsqu’enfin, Adrasteia revint de son entreprise, il se décala légèrement sur sa droite, pour lui laisser un espace, entre lui, Léandre, et les moldus décédés. Drôle de compagnie.

La porte se referma dans un grincement, peut-être prophétique, quelque part, de la suite des événements. Ce qui était pratique, avec une Armoire de ce genre, c’était que le corps n’avait même pas le temps de se rendre compte de ce qu’il lui arrivait, et, il suffit à Derek de gentiment pousser la porte, pour qu’ils soient simplement à des milliers de kilomètres. Heureusement, le meuble n’était pas endommagé, sinon, ils se seraient retrouvés dans des sortes de limbes, un néant entre les réalités. Le spectacle, derrière les panneaux de bois, était impressionnant : des rangées de boite, de rayonnages, certains laissant apparaître leurs contenus, d’autres simplement étiquetés en des mots évocateurs "Inferi", "Feudeymon" et autres parchemins pouvant déchainer la magie noire la plus puissante qu’il pouvait exister. Derek avait l’habitude, cependant, de cette vision, et se contenta de faire un mouvement de baguette, pour libérer les cadavres qu’il transportait de leur prison de bois.
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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Dim 15 Juil - 20:14
So heaven, if you sent us down,
so we can build a playground. For the sinners to play as saints, you'd be so proud of what we've made.1 548 mots
For the sinners to play as saints

T
raversez la bibliothèque, et, sur votre gauche, vous trouverez une salle de bain. Elle avait hoché distraitement la tête, avant de précipiter le pas sous les directions du brun. Et d’un pied mal habile, d’un équilibre précaire tout autant que ne l’étaient ses idées, la Slave avait finalement pénétré dans ladite salle qu’elle avait piteusement quémandé, refermant la porte un peu trop brusquement sous son passage.

Inspirer, pour calmer les nausées. Expirer, pour laisser s’expier les maux. D’une œillade un brin rougie par l’irritation qu’imposaient les nombreux désagréments d’une soirée qui avait pourtant si bien débutée, ce fut la pharmacie au-dessus du lavabo qui attira son attention.

Et de ses phalanges chevrotantes, elle effleurait chaque contenant de soupirs aux airs de détresses désespérées. Parce qu’elle n’y voyait plus clair, parce qu’elle devait se débarrasser du trou béant qui se perforait un peu plus sous son plexus. Et sa tête s’oppressait. Et ses songes l’affluaient d’une douleur criarde qui semblait exploser au creux de ses tympans. Et son cœur s’imprégnait, d’une lourdeur qui fusait d’un peu partout, un peu ici, un peu là-bas… beaucoup d’avant et surtout d’éventuellement, mais bien pire encore du maintenant. Un peu de lui, un peu d’elle, un peu d’eux, un peu des autres. Ses paumes se plaquaient contre ses oreilles tandis qu’elle fermait ses paupières avec tellement d’épouvante, reculant jusqu’à percuter le mur de son dos pour s’y laisser glisser jusqu’au sol. Maudite, fanée jusqu’à la moelle, damnée jusqu’au dernier jour. Et c’était toujours ainsi, toujours comme-ci et comme ça. Il fallait endormir la peine, engourdir l’esprit. Mais il n’y avait rien, rien de suffisant dans cette pharmacie, rien de bon pour oublier, rien qui l’aiderait à les affronter sans souffrir de leurs remarques, de leurs rancunes, de leurs accusations. Rien qui pouvait l’aider à retourner les retrouver dans cette pièce et continuer ce qu’ils avaient à faire, rien pour calmer les nausées et expier les maux. Puis d’une dernière poussée, d’une dernière crampe au haut-le-cœur final, la Slave avait cambré la colonne jusqu’à l’impossible pour vomir le peu qu’il lui restait dans l’estomac dans la cuvette. L’inspiration qui s’en suivit semblait si douloureuse et salvatrice à la fois. Sans doute, avait-elle reteint son souffle bien trop longtemps sans même l’avoir remarqué. De ses épaules affaissées, elle avait faiblement poussé une plainte, soutenant cette lourde tête entre ses paumes le temps suffisant pour en reprendre ses esprits, à défaut de pouvoir brouiller ses cartes. Malgré tout, elle remerciait le ciel de n’avoir rien trouvé quelques minutes avant. Parce que manifestement, les vieilles habitudes étaient plus difficiles à se départir qu’elle ne l’avait cru. Parce que manifestement, le bébé n’aurait jamais survécu la charge qu’elle aurait cru nécessaire à soulager la crise.

Plus calme, elle s’approchait des deux hommes sans baisser les yeux, sans pour autant leur accorder un regard ni l’attention suffisante pour en écouter quoi que ce soit. Lourde, toutefois, elle avait l’impression d’être si lourde dans ses mouvements à la mollesse fulgurante. Étrangement, elle n’eut pas besoin d’une quelconque directive pour comprendre qu’elle devait entrer dans l’armoire, tout comme la Slave ne demanda pas la permission pour sortir et d’emboîter le pas de Derek. Et d’une démarche traînante, elle s’avança pour observer les lieux, n’accordant que très peu d’intérêt à la situation. De toute façon, il était évident qu’ils ne la voulaient pas entre leurs pattes, ni l’entendre, ni remarquer la moindre parcelle de sa présence. Elle avait le droit de présence, mais pas de participation, ainsi soit-il, qu’ils se débrouillent avec ce qui devait être fait.




Gonna love you until it hurts,
just to get you I'm doing whatever works, that'll bring you to your knees, praise Jesus, hallelujah. I'ma make you beg for it, plead for it, I want you to fiend for it, wake up and dream for it, 'Til it got you gasping for air and you lean forward. If it's yours and you want it, I want it, promise I need that. 'Till I'm everywhere that you be at, I can't fall back or quit, cause this is fatal attraction, so I take it all or I don't want a shit
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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Dim 12 Aoû - 10:49
Traversez la bibliothèque. Il avait acquiescé en écho aux mots énoncés par Derek. Plus par lassitude que par réelle volonté d’entériner les recommandations d’usage. Tout cela commençait à l’épuiser. A éreinter sa conscience déjà trop de fois malmenée depuis leurs retrouvailles brutales dans la ruelle. Peut-être que Monsieur Rosier voudra vous tenir les cheveux. Il leva les yeux au ciel dans une confirmation évidente de sa désapprobation.

Il n’accompagnerait pas Adrasteia pour une aussi basse besogne. Pas après ce qu’elle avait fait. Pas avec toute l’irritation qu’il percevait encore au creux de ses nerfs. Non, définitivement, il ne lui tiendrait pas les cheveux. Sans un regard, il s’intéressa à la suite. La nervosité visible dans les mouvements erratiques de ses doigts trahissait toutefois son agacement.

Il expira un peu brutalement alors que l’américain se gaussait une nouvelle fois de leur situation. -Que vous aviez des passions de ce genre. Il s’efforça de ne pas répondre. Serrant ses dents dans cette même sensation désagréable qu’auparavant. Toujours pleine d’une fatigue trop appuyée. D’un dégoût. D’une culpabilité avérée dans cette affaire sans queue ni tête au demeurant. On s’amuse plus que ce que je le croyais chez les Aurors.

Mais la perche était si fièrement tendue. Léandre esquissa un sourire amusé. Faux. Mais d’une éclatante moquerie. C’était une manière, bien indirecte, de répondre mollement aux propos de Derek. De susurrer un ouais c’est ça métaphorique. Sans y croire. Sans le dire. Il pouvait penser ce qu’il voulait, après tout. Qu’est-ce que ça changeait ? Qu’est-ce que ça pouvait changer, concrètement, maintenant, vraiment ? Ils avaient deux cadavres sur le dos. Les sarcasmes de son compagnon de beuverie ne représentaient qu’un poids infime sur toutes ces préoccupations nouvelles.

Sur tous ces foutus problèmes. Il inspira et accentua ce sourire aux accents surjoués. Du moins, brièvement. Jusqu’à ce que le sérieux le poussa à se reprendre et à prêter une oreille attentive aux allégations de son interlocuteur. La forêt est profonde, sombre, et, la plupart du temps, déserte, mais on ne sait jamais ce qui peut se dissimuler derrière un arbre ou un rocher. L’Auror hocha la tête, lentement, prenant conscience de toutes les indications dispensées. « Faisons au plus vite, avec le moins de personnes possibles. Deux morts, c’est déjà bien assez suffisant. Je prendrai une des pelles. »

Et c’était tout. Que pouvait-il ajouter de plus ? Adrasteia revenant, mieux valait clore ce chapitre de leurs échanges. Ils auraient besoin de leurs forces pour des devoirs autrement plus physiques par la suite.

La porte se referma. Quelques instants plus tard, ils se retrouvèrent dans l’entrepôt précédemment nommé. Sa magie de nouveau active, Léandre s’occupa du corps sans vie qui lui incombait, le faisant léviter. Pourtant, son regard se perdit vers la silhouette de sa compagne. C’est vrai qu’il faisait plus frais ici-bas. De sa main libre, toujours crispée et nerveuse, il retira son propre manteau de fonction pour le lui déposer sur les épaules. En silence. Ajustant l’étoffe pour que l’indomptable n’attrapa pas froid. Puis il s’intéressa une seconde de trop à leur environnement, réprimant un violent haut-le-cœur sous couvert d’une toux imputable à un abus de poussière ou d’agitation. Même s’il ne le voulait pas, son cerveau enregistrait le moindre détail avec une fulgurance douloureuse. Et il y avait trop de choses qui ne concordaient pas. Il y avait trop de doutes. Trop de mots et maux liés dans ce décor épouvantable pour le justicier qu’il était. Il secoua le visage face à ce constat amer et s’équipa en chemin d’une pelle toute trouvée. « Je te suis. »

Et c’était suffisant pour ouvrir le chemin et enterrer les corps dont ils souhaitaient se débarrasser au plus vite.



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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Mer 15 Aoû - 3:48

For the sinners to play as saints

- Derek Knight — Adrasteia N. Raventhrone — Léandre Rosier -


Il est difficile, ici-bas, surtout quand on vit longtemps, de ne point encombrer sa conscience d'un petit péché par-ci, d'un petit péché par-là, plus ou moins consciemment.” Claude Bouchard
Bien sûr qu’il y aurait des soupçons. Bien sûr qu’il y aurait des suspicions grandissantes, des regards en coin, des réalisations incrédules. Après tout, comment passer à côté de l’immoralité qui régnait en ces lieux ? Partout où l’œil pouvait se poser, on pouvait admirer un artefact potentiellement létal, chargé d’une magie si noire qu’elle aurait pu changer, par sa seule aura, les rêves d’un enfant en cauchemar sordide. Mais Derek n’était pas inquiet. Pas le moins du monde, en fait, car l’idée même qu’un Auror et sa dame grattaient du doigt la face cachée de l’iceberg que représentait son empire criminel, agitait dans ses entrailles ce Sacramento chasseur, qui aimait faire croire à ses proies qu’il était la souris et non le chat. Ce jeu qu’il entretenait avec les forces de l’ordre depuis des années, se liant d’amitié avec les plus purs d’entre eux, faignant l’innocence quand chaque os de son corps était teinté d’un relent d’horreur… On en arrivait à son paroxysme.

Trois hommes, tout de noirs vêtus, se précipitèrent à leurs rencontres : ses employés chargés de garder l’entrepôt, liés par des contrats magiques qui les aurait conduit à la mort, si jamais ils le trahissaient, comme la plupart de ses hommes. Patibulaires, ils commencèrent à pointer leurs baguettes sur Léandre et sa future, mais Derek les arrêta aussitôt, sa langue claquant contre son palais. Il se révélait, parmi ses semblables, et il était difficile de le reconnaître, sans son masque de parfait petit gentleman. Il leur intima, d’un ordre implacable, de baisser leurs armes.

« - остави их на миру. Они су поуздани.*

Et les gardes d’obéir immédiatement. Ils étaient bien dressés, ces serbes, après tout. Les meilleurs hommes de main que l’argent pouvait offrir : les gallions, mais aussi la promesse de participer à une entreprise bien plus noble que tout ce qu’ils auraient jamais pu espérer, et c’était important, dans leur culture. Derek se disait, bien souvent, que les gens de l’Est avaient le crime dans le sang, et qu’il aurait été inhumain de les priver de ce que leur instinct le plus primaire leur dictait. Son regard, mutin, se posa sur Adrasteia. Peut-être que ça expliquait leur situation, au final. Peut-être qu’il était écrit que la slave devait semer la mort et le chaos, à cause du brin le plus russe de son ADN. Après ces réflexions presque ethnologiques, il redressa sa tête, empereur, puis s’adressa une énième fois aux hommes en noir.  

- Багери. Пожури. И будите дискретни.*

On lui apporta ce qu’il avait demandé, d’un claquement de doigts. Et puis, les cadavres voletant toujours silencieusement derrière eux, Derek et le couple traversèrent la vaste salle, plus mortels encore que ce que les étiquetages annonçaient, un peu partout. Ils étaient les Ténèbres, et rien ne pouvait équivaloir leur sombre présence, même les objets les plus dangereux que pouvaient contenir cette terre. Arrivés à la porte, celle-ci fut ouverte par un employé obséquieux, et l’air frais et humide de la forêt envahit les sens de Derek.

Que de mystères pouvaient contenir des bois ombragés. Il n’était pas étonnant que, depuis des milliers d’années, ces labyrinthes sylvestres aient été les protagonistes de nombreuses histoires, plus incroyables les unes que les autres, tant ils dégageaient cette impression de profondeur, d’énigme, de surnaturel. Derrière un arbre mort, dont la carcasse majestueuse projetait des ombres dérangeantes sur le compost grouillant de vers, tout pouvait arriver, car la lune était si belle et l’atmosphère si paisible ; car l’obscurité était si terrifiante et la nature si dangereuse. Et encore une fois, la forêt allait être le théâtre de bien étranges événements, puisque Léandre, Adrasteia, et Derek, en foulaient le sol du pied.

-Si l'un d'entre vous pouvait avoir la bonté d'éclairer notre chemin... » ironisa-t-il.

Sans briser la concentration qu’exigeait la lévitation des deux moldus sans vie, l’américain jeta un sortilège d’Oblitération, qui permettait que les empreintes que laissaient leurs pas dans la boue, s’effacent aussitôt qu’elles ne soient créées. Et ils commencèrent leur périple à travers les bois sinueux. Tout était silencieux, et tout était bruyant. C’était comme si l’homme n’avait pas réussi son emprise sur ces lieux, car il était impossible d’entendre autre chose d’humain que les sons que projetait leur déplacement contre les gigantesques chênes de Bojčin. Mais la faune se libérait. Des oiseaux laissaient entendre leurs chants mélodieux, des grondements, un peu plus loin, provenaient probablement de sangliers, ou de bien pires créatures. Mais ce qui était le plus impressionnant, c’était le vent. Il rendait vivant ces bois, faisant onduler les arbres et claquer leurs branches les unes contre les autres. C’était un concerto magnifique, celui de l’inlassablement vivant.
Les odeurs, elles, étaient déconcertantes. Il y avait le pétrichor entêtant, un humus fertile rendu sain par la pluie, mais qui ne pouvait effacer l’odeur de champignon et de chair en putréfaction des multiples carcasses d’animaux qui peuplaient la forêt. On avait autant envie de prendre une grande inspiration, tant l’air était frais et rigoureusement tonique, que de vomir ses tripes et ses boyaux en sentant, au sens premier du terme, le cycle continuel de la vie.

Derek gardait le silence. Il leur fallait rester discret, et, de toute façon, il aurait été de l’ordre du sacrilège de troubler la quiétude de cet endroit où la nature régnait en maitresse incontestée. Il marchait, simplement. Son rythme était soutenu, sans vraiment se soucier de la femme enceinte derrière lui, qui avait, de toute façon, perdue ses grâces. Il s’arrêterait quand il l’aurait décidé, et rien ni personne ne pourrait le stopper dans sa marche impériale.

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