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 For the sinners to play as saints. + 18
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Adrasteia N. RaventhroneSorcieravatarSorcier
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MessageSujet: For the sinners to play as saints. + 18   Sam 30 Déc - 15:33

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For the sinners to play as saints


Centre-Ville, place du marché
20 septembre 2000, 21h 30, équinoxe d'automne
Températures fraîches, précipitations de plus en plus nombreuses
Dernier croissant, visibilité 57 %






V
oilà ! Ce sont les derniers papiers à signer pour aujourd’hui. Nous avons déplacé la plupart des rendez-vous au mois d’octobre, je vous ferai parvenir une copie de votre agenda dès que toutes les modifications seront finalisées. Autrement, nous faisons au mieux pour s’assurer du bon déroulement des rencontres qui ne peuvent être reportées. Voici également ce que vous nous avez demandé en début de semaine… Elles sont magnifiques ! »

La Slave s’exclama soudainement, levant son visage pour en observer le petit sac que lui tendait son adjointe administrative. Et si ses lèvres se faisaient indiscernables derrière le masques chirurgical enchanté, imposé par le centre médicale suite aux évènements du Moonrise Gallery, il n’en restait pas moins facile d’en déduire son excitation par ses pommettes rehaussées d’un sourire aussi visible par l’entremise de ses yeux. « Merci beaucoup Roksana! »

« Le Plaisir est pour moi mademoiselle Raventhrone… Ah … Mademoiselle ? Avec tout le respect que je vous dois… Ne me forcez pas à mentir à Monsieur Rosier lors de mes prochaines visites… Il serait sans doute plus sage d’écouter les consignes et rester à la maison… »

Et elle roula des yeux, la Slave qui transgressait encore les exhortations, poussant un soupire discret avant de libérer son interlocutrice du précieux paquet. « Trois semaines se sont presque écoulées… Ce ne sont que des auspices… » Avait-elle grommelé derrière son masque, levant doucement sa main en signe d’au revoir définitif. À n’en croire l’assemblée, des siècles s’écouleraient avant qu’il ne soit enfin sage d’en sentir les rayons du soleil sur sa peau naturellement basanée, déjà ternie par cet énième confinement. Et puis peut-être que s’ils lui faisaient le moindrement confiance, elle ne serait pas dans l’obligation d’attendre que Léandre s’absente travailler pour sortir clandestinement. Il était dérisoire d’en venir à se sentir comme une criminelle à la simple idée de faire une visite à l’UkRa … Et après, ils tentaient de lui faire croire qu’elle subissait des crises d’hormones ? Ils étaient bien plus en proie à la panique que cette chère reine hypersensible qu’elle avait toujours été.

Mutine, la Slave avait poussé la porte de l’immeuble pour en laisser sa bonne humeur la submerger au même titre que l’air frais du soir venait caresser les parcelles découvertes de son faciès. Et alors qu’elle posait pied sur la dernière marche de béton, la brune jeta distraitement une œillade au délicat petit sac qu’elle tenait entre ses doigts, tout aussi excitée qu’impatiente d’en découvrir le contenu. Quoi qu’il n’était sans doute pas sage d’en assouvir sa curiosité au beau milieu du centre-ville… D’autant plus qu’elle devait rapidement retourner à sa tour avant que quelqu’un ne constate son évasion ou pire encore… Qu’elle croise Léandre par la plus grande des calamités.

Soudainement anxieuse, la Raventhrone empressa le pas, se faufilant furtivement entre les dernières âmes qui peuplaient la place du marché. Son souffle se coupa toutefois, autant par culpabilité que par stupéfaction alors qu’une main s’agrippait à son bras frêle pour couper sa lancée. « Mademoiselle, pardons… T’aurais pas le temps de m’dire où c’est que les gens vont pour s’amuser ? » - Hésitante, la brune avait lentement tourné la tête pour observer l’interlocuteur qui s’empressait de hausser les sourcils pour l’inciter à répondre à sa question. « … Je dirais… Qu’il y a l’Atlantease club … Ou bien le Scottish Inn si vous préférez les bar aux boîtes de nuit… » Avait-elle finalement répondu d’une voix traînante tandis qu’elle tentait prudemment de se soustraire à la grippe de l’inconnu étrangement familier. « Ah bon je vois ! Et puis toi… Tu préfères quoi ? On pourrait aller prendre un verre ! J’connais pas beaucoup de monde ici … Et puis la soirée est belle. »

Déconcertée, ses lèvres s’étaient entrouvertes à la recherche d’oxygène, secouant faiblement la tête avant qu’une seconde voix n’intercède en sa faveur, détournant le visage pour observer dans la direction opposée. « Mais fiches lui la paix voyons… Tu vois bien qu’elle en a rien à foutre d’aller boire dans un bar avec toi ! ». Et si son soupir s’était fait discret, le soulagement qui s’en découlait n’en n’était pas moins notable au fur et à mesure que l’imposante main se soustrayait à son bras. « De toute manière, tu peux me dire d’où tu crois que passer la soirée avec une sale harpie en cloque, c’est l’idée du siècle ? » - Le rictus était prenant, désemparant, mais surtout gratuit au point d’en forcer la brune à baisser honteusement les yeux sans trop comprendre pourquoi. Et tandis qu’elle observait silencieusement les teintes de Prusse qu’abordait le chaud tissu qui recouvrait son corps, la démarche boiteuse du second inconnu l’interpella d’une manière singulière, éveillant au passage des questionnements apocryphes. Parce qu’à 18 semaines, elle avait évidemment été dans l’obligation de refaire sa garde-robe… Mais elle n’était pas non plus suffisamment avancée dans sa grossesse pour en percevoir systématiquement le galbe d’un ventre sous une redingote.

« Sommes-nous… Des connaissances ? Comment vous savez que… ради Бога … » l’appel à la clémence s’était échappé si naturellement, brisant la barrière de ses lèvres qu’elle constatait soudainement sèches à l’instant. D’une œillade furtive, la brune avait cherché âme qui vive pour lui venir en aide, en vain, avant de s’élancer dans une course plus ou moins habile en direction de l’UkRa, gravissant les marches à une vitesse folle avant d’en percuter les portes scellées en raison de l’heure tardive. Roksana avait sans doute fermé dès qu’elles en avaient eu fini de leur rencontre improvisée. D’un soupir à l’agacement plus qu’agressif, elle avait dévalé une nouvelle fois l’escalier extérieur dans une lancée hasardeuse. Et jamais n’avait-elle autant prié les cieux pour se faire surprendre par le roi paradoxe, prise au flagrant délie d’une frasque qui en déclencherait indubitablement des remontrances. Et jamais n’avait-elle eu autant souhaité subir la colère d’un dernier fils aux commandements qu’elle s’entêtait à contester aussi nonchalamment qu’un battement de cils. À bout de souffle, à souffle court, l’oiselle avait bifurqué à la première ruelle aux débouchés multiples qu’elle connaissait suffisamment pour s’y engouffrer sans additionner l’inconnu à l’équation. Sa main avait longé sa cuisse, attrapant sa baguette dissimulée dans sa botte haute, prenant l’espace d’un interstice pour en calmer l’anhélation qu’imposaient les changements des dernières semaines. Parce que la Slave au prénom de nymphe, n’avait jamais été – de près ou de loin - d’une forme olympique, encore moins olympienne. Parce que la Russe aux mélancolies divine, subissait déjà les dégâts de substances qu’elle avait cru bon consommer pour panser ses maux, et que ce pauvre petit cœur esquinté et éreinté s’époumonait maintenant pour deux.

L’ombre fut furtive, si aisément imperceptible… Et pourtant… Elle l’avait vu, tournant le coin d’une ruelle au bout de celle qu’elle avait emprunté. Et elle aurait pu jurer qu’il s’agissait de l’ombrage aussi louangée qu’implorée, d’un Rosier revendiqué et supplié à la fois. « Lé … LÉ- » avait-elle tenté de conjurer, une main se plaquant contre ses lèvres pour l’attirer maladroitement vers l’arrière. « Tu sais, j’aimerais dire que ce n’est pas personnel, mais ce serait te mentir… Et tu mérites un peu de savoir les conséquences de vos trucs de voodoo et autres conneries avant de crever. Après la quarantaine, j’ai longuement songé et puis j’en suis venu à la conclusion que… Tu resterais toujours au fond de ma tête, tu vois. Ma jambe est foutue, par ta faute… Et je ne peux pas laisser ça passer. Avec mon ami… On veut s’impliquer, tu vois… Être utiles et se débarrasser de vous tous pour qu’on soit en sécurité. Et si j’t’apporte … Peut-être que Gloriam voudront bien nous accepter. Une pierre deux coups. »



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Derek KnightSorcieravatarSorcier
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MessageSujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18   Dim 31 Déc - 3:19


For the sinners to play as saints
Derek & Adrasteia & Léandre
C’était dans les ruelles sombres et tortueuses que Derek se révélait. Dans le vrai monde, il montrait le visage du notable charismatique et cultivé, car après tout, c’est ce que les bonnes mœurs prenaient en exemple et montaient sur un piédestal, mais si l’américain était assurément ce riche philanthrope, ce n’était que la partie émergée de l’iceberg. Ses racines étaient bien plus mystérieuses, bien plus sombres : et, même s’il répugnait à l’admettre, c’était sa noirceur qui guidait chacun de ses pas, qui hantait ses pensées, qui dictait sa conduite. Il avait bon dos, le Sacramento. Derek oubliait parfois qu’il n’était pas seulement une entité criminelle imaginaire, mais bel et bien une partie intégrante de son être, que c’étaient ses mains qui faisaient ces choses horribles, qu’on aurait pu raconter aux enfants pour les effrayer. Il aurait été un sujet des plus intéressants pour n’importe quel psychologue.

Pourquoi était-il là, dans ce passage froid et obscur, lui qui se voulait pacha de ce monde ? Parce que comme tous les hommes, il ne pouvait cacher sa nature bien longtemps. Il avait été élevé dans la violence des gangs New-Yorkais, et lorsqu’il avait eu la chance de s’échapper, certes à cause d’un événement tragique (la mort de sa mère hantera à jamais sa mémoire), mais qui représentait néanmoins une porte de sortie, il ne l’avait pas saisi. Il avait préféré rejoindre les rangs plus sordides encore de la pègre : peut-être avaient-ils une réputation un peu moins vulgaire et sale, mais la seule différence étaient qu’ils se débarrassaient des cadavres qu’ils avaient créés, au lieu de les laisser pourrir dans la rue. C’était plus noble, mais aussi plus lâche.

Il rentrait d’une journée productive. Terrible pour l’humain lambda, une routine pour le truand qu’il était : il avait découvert que l’un de ses plus proches collaborateurs, Mikaël, travaillait en réalité pour la concurrence, et, après l’avoir torturé de longues heures pour découvrir tous ses secrets, il l’avait abattu sans remords. Un chien aurait probablement senti le sang qui se trouvait encore sous ses ongles. Il avait fait également l’acquisition d’un objet qui l’intriguait, et qu’il avait stocké avec soin dans sa collection d’objets magiques dangereux : une boite à Myrrhe. Qu’il était ironique qu’elle soit un symbole de la religion chrétienne, tant ce simple coffret pouvait se révéler si ignoble, mis entre les mauvaises mains… Mais lui ne pensait pas à ça. Lui rentrait chez lui, ses cheveux bouclés qui devenaient un peu trop long (cela devenait inconvenant, il fallait qu’il s’en occupe au plus vite) s’agitaient dans le vent automnal. Une ombre parmi les ombres.

Si, dans la fraicheur matinale des avenues d’Atlantis, Derek prenait plaisir à baguenauder et à admirer la géante fourmilière humaine, lorsqu’il était dans l’univers carmin de Sacramento, il préférait marcher droit. Le regard fixe. Les mains le long du corps, prêtes à faire leurs œuvres innommables. Il faisait corps avec les murs gris et sales, malgré son port de tête hautain et ses fripes richement décorées : on pouvait sentir qu’il appartenait à ce monde, même entre chien et loup. Son regard glacial était suffisant, et ses yeux sombres perçaient même le voile de l’obscurité. Mais personne ne venait le déranger, car les rues étaient vides. Les bonnes gens préféraient les grands axes, et les vauriens n’étaient visiblement pas de sortie : pourtant, un éclat de voix, une course, une respiration qu’on devinait anxieuse le dérangèrent. Sans doute des drogués qui se disputaient un peu de cames, et il n’avait pas la bassesse de s’adonner au commerce des vices. Il croyait sincèrement que l’empire qu’il avait bâti était plus respectable, bien qu’il se berçait d’illusions.

Mais les bruits s’approchaient. Il espérait qu’un junky ne viendrait pas à croiser sa route, car il n’avait pas la patience de le laisser s’échapper, pas lorsqu’il troublait sa quiétude, il était si difficile de remettre Sacramento dans sa cage, lorsqu’il était de sortie. Et c’est là qu’il croisa le regard de la fragile nymphe, alors que son chemin en coupait un autre. Il stoppa sa course. L’homme qui tenait la jeune femme ne devait pas l’avoir vu, car il était bien trop occupé à murmurer à l’oreille de sa victime des promesses qui empestaient la moisissure. Derek prit le temps d’observer la scène, avant de bouger le moindre de ses muscles. Son regard glissa sur la robe onéreuse de la poupée, descendant du coup gracile souillé par des pattes sales, jusqu’au ventre dont le rebond aurait pu presque passer inaperçu, s’il n’était pas posé sur un corps si mince et fragile. Elle avait sa main sur sa baguette, dans un espoir vain de protection. Mais que pouvait-elle faire, face à celui qui semblait géant devant sa frêle stature ? Un pas. Deux pas. Derek se décida à approcher. Sa propre baguette glissait de sa manche, au cas où. Mais avait-il vraiment envie d’utiliser la magie ? N’aurait-il pas plus de plaisir à délivrer la demoiselle en glissant ses propres mains autour du cou de l’ogre, lui rendant la monnaie de la pièce ? Il verrait. Il prendrait son temps, car c’était toujours plus distrayant. Avant toute chose…

« -Confundo, dit-il dans un murmure.

Car il avait besoin que l’agresseur soit suffisamment éloigné de la naïade pour qu’il puisse exercer sans contrainte son courroux, et la confusion était bien souvent le meilleur moyen pour qu’un homme lâche sa proie. Quel homme attaquerait ainsi un membre du sexe faible ? Pas un homme, donc, un couard. Le sortilège toucha précisément l’attaquant, frôlant la joue de la jeune femme, qui put sentir automatiquement l’étreinte se relâcher.

-Quoi… Qu’est-ce que… Hein ? »

Un babillage de convenance, pour une créature qui avait probablement moins de neurones qu’un enfant en bas âge. Derek ricana de pitié, mais il avait déjà décidé qu’il n’en ferait pas preuve. Il n’avait dans son cœur aucune once de miséricorde. Sans jeter un œil à la femme libérée, il s’approcha de sa future victime, qui regardait la ruelle autour de lui, sans comprendre ce qui lui arrivait. Sacramento plaqua l’homme contre le mur froid, son bras bloquant sa respiration. Il pouvait sentir la trachée s’affoler sous son coude. Un être moins habitué à la mort que Derek aurait compté les secondes avant que le pouls ne s’arrête, mais il n’en avait pas besoin, lui qui avait côtoyé bien plus de charognes que de vivants. Le corps sans vie s’effondra.

Mais Derek, dans sa soif de sang, avait omis un détail. L’assaillant n’était pas seul. Et le complice, le fou qui avait assisté à la scène, au lieu de prendre ses jambes à son cou, décida de sortir de l’ombre et de cibler l’américain. Celui-ci n’avait rien vu, contemplant avec une curiosité morbide le corps à ses pieds, et n’avait pas conscience du danger qui arrivait derrière lui, ni de la femme enceinte qui pouvait voir les pièces de l’échiquier se mettre en place…

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He shall spurn fate, scorn death, and bear his hopes above wisdom, grace and fear: and you all know, security is mortals' chiefest enemy. William Shakespeare.
Adrasteia N. RaventhroneSorcieravatarSorcier
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MessageSujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18   Ven 12 Jan - 1:47

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For the sinners to play as saints

S
ous les sentences déphasées d’un interlocuteur à la démarche désarticulé, la brune fronçait l’arcade sourcilière. Parce qu’il était fou ce moldu. Complètement fou, tout du moins assez désaxé pour croire qu’elle lui assurerait quoi que ce soit. Que croyait-il exactement ? Qu’il suffisait de présenter une sorcière en guise de paiement à l’entrée et qu’on lui ouvrirait les portes dorées d’un établissement ? Et où comptait-il exactement la livrer ? Gloriam avait un club de rencontres dont l’adresse était disponible à qui voulait bien sous prétexte d’exprimer son désir d’intégrer ses rangs ? Et quand bien même qu’il fut en possession d’informations, n’avait-il pas le moindre doute sur la suite des choses ? Dans la situation la plus favorable, ils le remercieraient de l’offrande avant de le gratifier des pires conneries manipulatrices possibles. Autrement, sans doute, se serviraient-ils de lui pour porter le chapeau du sort qu’ils réserveraient à son encontre, revendiquant l’affront sous l’honorable sacrifice d’un misérable pion qu’ils n’auraient même pas eu à se délester concrètement. Son soupir se fit imperceptible, malgré son dégoût profondément envenimé, simplement parce qu’elle s’essoufflait si facilement dernièrement, et la main qu’incombait l’homme à ses lèvres l’empêchait de respirer suffisamment.

D’une colère sourde et naissante, la Nymphe perpétuellement – à son plus grand agacement – flagellée, resserra ses doigts sur la précieuse férule de pin. Et de ce qui s’avérait être l’ultime affront désopilé au creux de son oreille, la Slave s’était armé d’une canine perçante qu’elle osa planter avec force contre ces doigts qui se pressaient grossièrement contre ses lèvres. L’homme sembla surpris, poussant une plainte grave en réponse à sa bestialité sans pour autant lâcher prise. Et si le ciel avait semblé avoir entendu ses misérables prières, ce ne fut qu’à la soudaine sensation d’un zéphyr véloce contre sa joue, qu’il laissa mollement tomber ses mains contre son corps.

« Quoi… Qu’est-ce que… Hein ? »

À la fois stupéfaite et désorienté, l’oiselle aux plumes d’ébène n’avait su que d’en battre des cils à l’écoute d’un ricanement qui tranchait maintenant ce silence interdit. Et comme s’il s’agissait d’un miracle fallacieux, le rire se mouva sous ses pâles iris pour en dépasser sa position. La Slave, s’était retirée avec autant de précaution qu’en suggéraient ses appréhensions, reculant lentement jusqu’à ce que son dos se percute à la brique qui composait la façade d’un mur. Il lui semblait, à l’instant, qu’elle n’avait jamais été autant assénée d’émotions partagées, et si la moindre de ses cellules tremblaient devant une évidence aux apparences chimériques, elle n’arrivait pas à quitter la scène qui s’offrait à ses prunelles. Jusqu’à ce que ce soit la fin. Jusqu’à ce que le bruit sourd d’un corps inerte heurtant le sol résonne à ses oreilles et qu’elle n’en perce la nuit d’un halètement bouleversé. Tout s’était passé si lentement, presque calmement d’ailleurs, qu’elle donnait l’impression de péniblement se méfier ce qu’était la réalité.

Cette réalité, où le pire pouvait se produire pendant la plus simple des soirées. Les rues n’étaient plus sûres, la ville n’était plus que le reflet des espoirs qu’avaient inspirés ses fondateurs… Et le monde… Le monde ne tournerait plus jamais du bon axe. Plus jamais du bon sens, parce qu’il souffrait des désaxés aux idéologies insensées qui peuplaient ses terres. Parce qu’il n’était vraisemblablement plus possible de vaquer à ses occupations les plus candides sans n’en croiser un ou deux cadavres.

Elle avait été crédule la sorcière, s’obstinant dans cette logique qu’elle pouvait se rendre à l’UkRa toute seule pour récupérer le résultat d’un cadeau qu’elle avait naïvement quémandé. Et elle avait été bien trop stupide, à vouloir prouver qu’elle n’allait pas s’arrêter de vivre pour des vésanies hasardeuses. Mais surtout, oui surtout bien trop lente à comprendre, ses lèvres s’ourlant maladroitement pour en retenir les larmes qui menaçaient de perler sur ses joues. Et lui avait pris tellement de temps, de mois et de preuves… Que ce n’est qu’au moment où ses prunelles avaient croisé celles sans vie d’un moldu victime des douleurs du société malade, qu’elle pu sentir ses propres épaules s’affaisser d’une réalisation perçante. Léandre avait raison, il avait toujours eu raison. Elle n’arrivait même pas à faire un pas sans nécessiter l’aide des autres pour rester en vie. Et combien devait-il être pénible, d’en porter la lourdeur d’un poids aussi accablant qu’elle ne l’était. Et combien devait-il être honteux, que d’être dans l’obligation d’interdire à sa compagne d’en franchir la porte d’entrée, sous la crainte constante de la retrouver dans des situations aussi ahurissantes que déshonorables. Maintenant qu’elle y pensait bien, elle aussi aurait probablement préféré la dissimuler au risque d’en essuyer un énième scandale.

Sa main se porta à ses lèvres, abaissant brusquement ce masque enchanté qui l’empêchait d’arriver à s’oxygéner convenablement avant d’arrivée enfin à détacher son regard du corps inerte. Comme s’il n’en suffisait pas, la Slave sursauta d’un effroi brutal alors qu’elle le voyait enfin, cet ami en peine, cet ami en perte. Et il se tenait droit, le dernier survivant d’un duo qu’il affectionnait tant, bras tendu vers l’avant, le visage tordu de révolte douloureuse, appuyant sur une gâchette tendue au bout de son index. Ils avaient si peu travaillé le problème, quelques fois à peine, juste assez pour qu’elle réagisse, pas suffisamment pour qu’elle performe. Elle était bien plus une femme de tête qu’une femme d’action, et bien qu’elle sût parfaitement quoi répondre sur le plan théorique, ses réflexes défensifs flanchaient sous cette imposante angoisse qui l’avait toujours supplantée. Sa baguette s’était levée maladroitement et lorsqu’elle tenta de balbutier les sorts que Léandre lui avait explicitement indiqué de faire, seul le « Prolabor » avait semblé fonctionner. La Slave s’était finalement lancée vers l’avant, plaquant ses paumes contre l’opposant qui menaçait l’inconnu dos à lui, poussant de toutes ses forces pour empêcher l’inévitable. Et d’une détonation assourdissante, l’arme avait tout de même relâché sa balle, malgré ses tentatives d’en altérer l’inévitable destinée. Il lui avait bien toutefois semblé, avoir perçu l’étincelle du coup de feu, bifurquer juste assez pour qu’elle laisse ses espoirs miroiter une cible ratée. Son attention refusait néanmoins d’en quitter l’attaquant au sang désuet, retenant ce souffle déjà tremblant alors qu’elle venait à peine d’en affliger l’homme d’un second flipendo, ses doigts se resserrant contre sa baguette tendue vers l’avant au point d’en ressentir l’engourdissement picorer ses phalanges cruellement dépourvues de circulation sanguine. Et il titubait, l’homme percuté une nouvelle fois, s’emmêlant les pieds dans ses propres pas, n’arrivant pas à reprendre son équilibre - en raison du prolabor qu’elle avait lancé un peu plus tôt - avant de s’effondrer tout près d’un conteneur débordant de déchets, là, juste là… Au milieu d’un amas de sacs jonchant le sol.

Nul doute, que s’il n’avait pas été de ce hurlement d’une agonie tangible, même l’oreille la moins attentive n’aurait pas été en mesure d’ignorer ce bruit manifestement sordide. Non, plutôt… Une composition de sonorités diverses, qui se superposaient les unes et les autres dans ce qui semblait être une complainte funeste à la cadence lentement dictée par l’apesanteur du damné.

Et elle se courbait l’échine, la coupable, pantelante d’une terreur au souffle sonore. Et elle se désaxait les omoplates, la délictueuse, à tant recroqueviller ses épaules au gré de cette sensation affolante de sentir son propre cœur s’arracher pour n’y laisser qu’un trou béant. Les yeux écarquillés, la Nymphe ne manquait pas un seul millimètre parcouru du condamné. Et il était irréaliste de pouvoir prétendre, qu’il ne s’agissait pas d’un cauchemar, qu’elle ne se trouvait pas dans cette ruelle et qu’elle n’observait pas ce corps tressaillant qui s’empalait un peu plus, un peu lentement, sur ce qui avait l’aspect d’un étrange lustre. Il était peut-être même un brin dérisoire, que de se dire qu’elle se souvenait parfaitement avoir admiré l’objet il y avait si peu de temps… Fascinée par les détails que l’antiquaire lui énonçait, se laissant rêveusement emporter devant ce qu’il avait expliqué être un terrarium suspendu datant de l’époque victorienne. Et jamais n’avait-elle contemplé, malgré son éblouissement pour tout ce qui s’y référait, un objet aussi atypique que ce terrarium abordant l’aspect d’un lustre traditionnel, surmonté de cristaux titanesques trônant aux emplacements habituels des bougies.

Elle les avait effleurés, ces grands prismes hexagonaux, d’une œillade désirée et possessive. Elle les avait lorgnés, médusée qu’un tel artefact soit sous ses yeux, pourvus de cristaux imparfaits dont la taille dépassait celle de ses mains de plusieurs centimètres. Et le voilà qui se présentait devant elle, l’ombre de lui-même par tant de bris, ses pierres excentriques et spectrales se teintant d’un rouge distinct. Elle avança d’un pas rapide et malhabile, avant de s’agenouiller devant l’homme aux derniers spasmes musculaires, à tenir ses mains juste au-dessus du corps sans trop savoir que faire. D’une lèvre inférieur ourlée, elle inclina la tête par désolation, déploration, murmurant quelques excuses tout aussi désordonnées que ses mains qu’elle tentait de positionner autour des pieux improvisés comme s’il lui avait été possible d’en retenir le sang qui s’écoulait des plaies mortelles. Elle l’avait tué… Peut-être par accident, peut-être par malchance… Très certainement par légitime défense… Qu’elle croyait… Mais elle l’avait tué quand même. Et qu’en adviendrait-il lorsqu’elle devrait répondre d’un crime qu’elle n’arrivait même pas à s’expliquer ?

Peut-être, n’aurait-elle rien à expliquer. Peut-être, n’aurait-elle jamais à justifier ce qui s’était passé. Parce que l’homme… Il l’avait bien fait aussi n’est-ce pas ? Par choix, par envie, peut-être, peu importait. Peut-être, peut-être… Peut-être…

Un long soupire saccadé s’échappa de ses lèvres, se laissant mollement choir sur ses fesses pour en fermer ses paupières. À la recherche d’une accalmie imaginaire, d’une paix qu’elle devait impérativement se doter, pour penser convenablement, pour agir logiquement. Lentement, sous les caresses rassurantes qu’elle portait sur ce ventre rond, la Slave semblait avoir retrouvé une respiration plus ou moins stable, fragile mais stable. Elle papillonna des paupières, tournant promptement son visage à la recherche de l’inconnu. « S-souffrez-vous ? Êtes-vous blessé ? J’ai fait de mon mieux, mais… avez-vous été touché ? » s’était-elle inquiété d’un murmure à la voix cassée par quelques notes aiguë incontrôlée. « Je suis profondément désolée, j’aimerais pouvoir vous remercier… »

Il pouvait paraître étrange, sans doute, d’écouter ses paroles en présence de deux macchabées, mais il ne fallait pas négliger le fondement de la situation… Parce qu’il l’avait sauvé, n’est-ce pas ?


J'ai abusé. Mais .. wala.
Et parce que je suis pas certaine vous allez comprendre :
Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18   Lun 15 Jan - 11:04


For the sinners to play as saints
Derek & Adrasteia & Léandre
C’était le coup de feu qui l’avait fait se retourner, par réflexe, un de ceux que seuls les hommes comme lui, ayant grandis dans la violence et la guerre des gangs New-Yorkais, ne pouvait jamais réellement effacer. Derek se souvenait lorsqu’il se faisait réveiller durant les heures les plus sombres de la nuit, dans le petit appartement du Bronx qu’il partageait avec sa mère, alors qu’il n’était qu’un enfant, par le bruit d’échanges de tirs pour quelques histoires sordides de drogue ou de territoire, et, parfois, ces échos sourds se mêlaient à ses rêves, lorsqu’il dormait trop profondément pour que sa quiétude ne soit dérangée. Peut-être que c’était l’une des raisons pour sa violence enfouie, son cerveau enfantin ayant absorbé, comme une éponge, le relent rance du chaos et du sang…

La douleur finit par arriver, sans toutefois qu’elle ne fut aussi insupportable que si la balle l’avait touché. Le coup avait été dévié sur la droite, et le projectile, qui aurait du se nicher non loin de son cœur, dans un tir sinon mortel, gravement dangereux, se contenta de frôler son bras, arrachant le tissu noble qui constituait sa manche et laissant une fine trainée de sang, avant d’arrêter sa course dans le mur de la ruelle. Les yeux de Derek, de curieux et fascinés par le corps dont il avait ôté les derniers souffles de vie, devinrent durs. Comment osait-il ? Cette vulgaire créature l’avait visé comme une vulgaire proie, lui qui était prédateur, roi des criminels, futur légende dont le nom serait à jamais gravé sur les tablettes de l’histoire. Il méritait de payer pour cet affront.

La vengeance vint, mais sous une forme dont il ne s’attendait pas. La nymphe fragile, qu’il avait sauvé des griffes de son assaillant, se révéla plus forte que son apparence frêle ne le présageait, bien que le léger renflement que ne pouvait totalement cacher ses vêtements pouvait laisser penser qu’elle était du genre à créer la vie, non à la prendre : parce que c’était elle qui avait lancé le sort qui provoqua la chute de l’immonde personnage, c’était elle qui regardait d’un œil apeuré l’homme glisser inexorablement vers son sort, c’était elle qui s’approcha du corps désarticulé transpercé de part en part par ce chandelier si particulier, posé là par un destin un peu trop implacable. Un sourire étira les babines du loup qu’était l’américain. Si pour lui, la mort n’était pas une affaire de femmes, elles bien trop pures et angéliques pour s’abaisser à de telles vilénies, il appréciait de voir une sylphide changer le cours de sa propre fortune, et ne pas se soumettre à une oppression qu’un homme aussi vil que le moldu pouvait braver à son encontre. Et elle était effrayée, la poupée. Derek pouvait voir le fumet si singulier de l’horreur s’échapper de l’épiderme de la jeune femme, plus puissant encore que le parfum d’agonie qui venait du cadavre.

Elle pressait ses mains sur la blessure, alors que des mains aussi dignes ne devraient en aucun cas toucher un fluide aussi impur. La langue de Derek heurta son palais, dans un signe de désapprobation évident, et son réquisitoire silencieux continua lorsque le liquide carmin tacha sa robe, tandis qu’elle caressait son ventre plein. Pas assez pour lever des soupçons, mais suffisamment pour ruiner l’étoffe. Ses mots suivants, cependant, furent si innocents, si bienveillants, qu’il ne put que se reprocher d’avoir pensé à une quelconque critique en l’observant. Il ne répondit pas tout de suite. Il préféra honorer sa douceur en tirant de sa poche un mouchoir d'un tissu blanc immaculé, où les initiales D.K étaient brodées sur les coins, un discret S se dessinant en son centre dans du fil ton sur ton : il s’approcha doucement de la jeune femme, lui prit les mains d’un geste qui n’aurait accepté aucune protestation, et essuya le sang qui souillaient les doigts graciles. La soie devint rouge, les mains devinrent propres. Comme si le tissu absorbait, en quelque sorte, le péché qu’elle venait de commettre. Enfin, il lui répondit.

« -Une égratignure seulement, mais j’apprécie votre sollicitude, Madame.

Son ton était révérant. Qui aurait pu imaginer qu’il avait été élevé dans la misère, lui qui s’exprimait comme un aristocrate ? Mais il n’avait pas choisi le nom de famille Knight pour rien. Il se voyait, quelque part, chevalier en mission, pèlerin d’une fortune qui l’emmènerait toujours à s’élever au dessus de sa condition. Et il prenait son temps, alors que n’importe qui aurait pressé l’inconnue, lui aboyant des ordres pour que leurs crimes ne soient mis à la lumière du jour. Mais ce n’était pas le premier corps qui tombait sous son joug. Il savait ce qu’il devait faire. Son esprit était des plus clair.

-Ne soyez pas désolé, surtout pas : je ne regrette qu’une chose, c’est que ces profanateurs n’aient pas davantage soufferts pour avoir eu l’audace d’essayer de blesser une innocente comme vous. Deux innocents, en réalité, dit-il en posant un œil sur son ventre nourricier. Les rues d’Atlantis ne méritent pas d’être souillés par le sang de ces pourritures, et vous encore moins.

Son pied tressailli, et presque par automatisme, il foula la main du macchabé de son talon, désacralisant l’enveloppe vide. Le mépris qu’il ressentait pour le commun des mortels était exacerbé par l’irrévérence de leurs crimes, et s’il s’écoutait, il aurait fait bien pire, arrachant la chair, répandant les organes sur le tarmac. Cela aurait été illogique, bien sûr, car il aurait été encore plus dur de dissimuler le crime, mais cela lui aurait fait un bien immense, aurait apaisé les pulsions sanguinaires que Sacramento lui insufflaient.  

-Et bien que rien ne me ferait plus plaisir que de les voir moisir à jamais au milieu des ordures, il va nous falloir les déplacer, au risque de… se voir rattraper par la réalité des gens bien pensants, qui pourraient penser que nos actes n’ont pas été effectués sous le coup de la légitime défense. Je peux m’en occuper seul, si vous le désirez. Des mains comme les votres ne devraient pas s’occuper de si viles besognes. »

Et au pire, s’il ne pouvait se débrouiller seul à transporter les cadavres, il appellerait Patrick, ou Klaus, pour qu’ils l’aident à se débarrasser des corps. Il avait l’habitude de leur confier bien pires tâches, de toute façon. Il n’osait pas imaginer la naïade si paniquée, si effrayée, prendre part à un sacerdoce si vulgaire.

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A wicked man.
He shall spurn fate, scorn death, and bear his hopes above wisdom, grace and fear: and you all know, security is mortals' chiefest enemy. William Shakespeare.
Adrasteia N. RaventhroneSorcieravatarSorcier
http://www.catharsis-rpg.com/t283-adrasteia-n-raventhrone
MessageSujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18   Aujourd'hui à 0:08

So heaven, if you sent us down,
so we can build a playground. For the sinners to play as saints, you'd be so proud of what we've made.1000 mots
For the sinners to play as saints

N
’y avait-il donc quoique ce soit de plus attractif que les finesses d’une galanterie aussi naturellement déployées ? Certainement pas à ses pâles iris, elle que l’on réputait d’une insolence véloce. Pourtant, n’avaient-ils donc rien compris ? Ils ne comprenaient jamais n’est-ce pas ? Et si l’oiselle se laissait si aisément subjuguer par la bienséance, les raisons qui l’animaient étaient les mêmes que celles qui la poussaient à se pourvoir d’une langue perfide. Trop d’années à fléchir l’échine devant l’œil d’un patriarche aux dénigrements si aisément proliférés. Plus jamais, elle se l’était promis.

Et elle pinçait ses lèvres avec tant d’énergie, simplement pour en dissimuler ce sourire avide qui se faisait taquineur, observant précieusement ses propres mains se départir de ses teintes criminelles pour en tacher l’étoffe délicate de l’homme. Les gestes étaient si attrayants, d’un paradoxe mêlant délicatesse à l’outrage. « Une égratignure seulement, mais j’apprécie votre sollicitude, Madame. » - Un sophisme désaxé qui lui rappelait l’innocence de ces deux enfants, nettoyant méticuleusement leurs petits doigts dans la fontaine du jardin, complices d’un ultime affront, victimes d’un mal-être qu’ils n’avaient jamais su guérir. À sa manière, il lui rappelait cet ami en cavale, perdu dans ses déboires jusqu’à l’abandonné malgré les promesses. Oui, à ses manières, il lui donnait l’impression de combler ce trou béant même s’il ne s’agissait que d’une croisade éphémère, sans doute, peut-être… N’est-ce pas ? « Ne soyez pas désolé, surtout pas : je ne regrette qu’une chose, c’est que ces profanateurs n’aient pas davantage souffert pour avoir eu l’audace d’essayer de blesser une innocente comme vous. Deux innocents, en réalité » - Peut-être un brin plus distingué dans ses paroles, un tantinet moins vulgaire dans ses véhémences et pourtant, les mêmes violences aux douceurs bienveillantes. « Les rues d’Atlantis ne méritent pas d’être souillés par le sang de ces pourritures, et vous encore moins. » - Et cette fois, son sourire ne pût faire autrement que d’en dévoiler ses dents sous les flatteries impétueuses alors qu’il éveillait inconsciemment de récentes blessures à peine pansées.

Et peut-être n’était-ce que des chimères, de pauvres utopies hasardeuses auxquelles s’accrocher se révélaient d’autant plus dangereuses que les ignominies mêmes. Toutefois, il semblait rédempteur de pouvoir déceler une infime justice en de telles circonstances. La mansuétude à sa tendresse la plus simple, reconnaissant les injures qu’avait incombé l’hérésie involontaire. Elle en profitait, délibérément, parce qu’au fond elle savait parfaitement qu’elle se retrouvait une nouvelle fois dans une situation impossible. Une fois de trop, nul doute, qu’elle devrait réparer, rapidement, avant qu’elle n’empire… Avant qu’elle ne se retrouve sous l’œil scrutateur d’un Rosier inexorable. S’il advenait… Que l’affaire soit découverte, il ne lui pardonnerait jamais. L’inévitable était enfin à leurs portes, cette fatalité qu’elle tentait si bien de déjouer… Il finirait par les regretter, ce eux qui n’existait que depuis peu. Il finirait par les haïr, elle et ce bébé improviste qu’il avait juré d’honorer… Pour le meilleur et pour le pire. Cette promesse de cœur à cœur n’avait rien de solennelle aux yeux de la société, bien qu’elle en crût fermement sa sincérité, il n’en restait pas moins que l’affaire dépassait les limites de l’entendement. Et son cœur se serrait douloureusement, ses fins doigts légèrement tordus – mais propres – pianotant sur la galbe de son ventre, devant l’oppressante idée de ne pouvoir offrir à cet enfant, un avenir déplorant l’amour d’un père illégitime. Ça aussi, elle se l’était promis… Qu’aucun monde ne serait pourvu d’un enfant de son sang, pour en souffrir des mêmes détresses que les siennes.

« Et bien que rien ne me ferait plus plaisir que de les voir moisir à jamais au milieu des ordures, il va nous falloir les déplacer, au risque de… Se voir rattraper par la réalité des gens bien-pensants, qui pourraient penser que nos actes n’ont pas été effectués sous le coup de la légitime défense. Je peux m’en occuper seul, si vous le désirez. Des mains comme les vôtres ne devraient pas s’occuper de si viles besognes. » - « Non ! avait-elle promptement répondu d’une octave un peu trop craintive, un soupire venant expier silencieusement cette résignation qu’elle avait d’ores et déjà fait maîtresse à ses songes. Je … Vous remercie pour votre bienveillance, mais il me serait bien trop angoissant que de vous laisser… L’affaire. Ne vous méprenez pas, je préférerais de loin pouvoir me délester de la situation. Seulement… Les enjeux me sont trop précieux pour en négliger ma responsabilité. S’il n’était qu’une question d’être la seule à courir le risque de conséquences… Mais je ne peux pas… Je ne me pardonnerais jamais s’il… »

Un discours bien décousu et pourtant bien trop facile à n’en saisir le message. La honte refaisait surface, impératrice qu’elle était, la forçant à baisser les yeux. Elle lui devait tant, à cet homme qui l’aimait à sa façon. Elle lui devait tellement, à cet enfant à naître qui payait déjà le prix de ses vésanies. Et cette petite famille, qu’elle se désespérait à rêvasser les bonheurs à venir, ne méritait pas d’être affligé de déshonneurs désinvoltes. Elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour s’assurer qu’il ne les considère jamais comme une regrettable erreur. Ses iris longèrent le sol, jusqu’à n’en trouver le premier corps ayant rendu les armes. « J’ai mordu l’une de ses mains… Je ne saurais dire laquelle… Peut-être assez pour laisser des traces… De toute façon, mon ADN se trouvera facilement sur les deux hommes. » Avait-elle informé d’une voix morne, notant une pause de quelques secondes à peine avant de lever les yeux vers l’étranger aux manières familières. « Par quoi doit-on commencer ? » Avait-elle finalement soufflé, ses prunelles semblaient l’implorer d’une aide quelconque, pour éviter d’idiotes erreurs d’un manque d’expérience aussi flagrant qu’évident.


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just to get you I'm doing whatever works, that'll bring you to your knees, praise Jesus, hallelujah. I'ma make you beg for it, plead for it, I want you to fiend for it, wake up and dream for it, 'Til it got you gasping for air and you lean forward. If it's yours and you want it, I want it, promise I need that. 'Till I'm everywhere that you be at, I can't fall back or quit, cause this is fatal attraction, so I take it all or I don't want a shit
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