For the sinners to play as saints. + 18

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Adrasteia N. Rosieravatar
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Sujet: For the sinners to play as saints. + 18 | Sam 30 Déc - 15:33
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so we can build a playground. For the sinners to play as saints, you'd be so proud of what we've made.457 mots
For the sinners to play as saints


Centre-Ville, place du marché
20 septembre 2000, 21h 30, équinoxe d'automne
Températures fraîches, précipitations de plus en plus nombreuses
Dernier croissant, visibilité 57 %






V
oilà ! Ce sont les derniers papiers à signer pour aujourd’hui. Nous avons déplacé la plupart des rendez-vous au mois d’octobre, je vous ferai parvenir une copie de votre agenda dès que toutes les modifications seront finalisées. Autrement, nous faisons au mieux pour s’assurer du bon déroulement des rencontres qui ne peuvent être reportées. Voici également ce que vous nous avez demandé en début de semaine… Elles sont magnifiques ! »

La Slave s’exclama soudainement, levant son visage pour en observer le petit sac que lui tendait son adjointe administrative. Et si ses lèvres se faisaient indiscernables derrière le masques chirurgical enchanté, imposé par le centre médicale suite aux évènements du Moonrise Gallery, il n’en restait pas moins facile d’en déduire son excitation par ses pommettes rehaussées d’un sourire aussi visible par l’entremise de ses yeux. « Merci beaucoup Roksana! »

« Le Plaisir est pour moi mademoiselle Raventhrone… Ah … Mademoiselle ? Avec tout le respect que je vous dois… Ne me forcez pas à mentir à Monsieur Rosier lors de mes prochaines visites… Il serait sans doute plus sage d’écouter les consignes et rester à la maison… »

Et elle roula des yeux, la Slave qui transgressait encore les exhortations, poussant un soupire discret avant de libérer son interlocutrice du précieux paquet. « Trois semaines se sont presque écoulées… Ce ne sont que des auspices… » Avait-elle grommelé derrière son masque, levant doucement sa main en signe d’au revoir définitif. À n’en croire l’assemblée, des siècles s’écouleraient avant qu’il ne soit enfin sage d’en sentir les rayons du soleil sur sa peau naturellement basanée, déjà ternie par cet énième confinement. Et puis peut-être que s’ils lui faisaient le moindrement confiance, elle ne serait pas dans l’obligation d’attendre que Léandre s’absente travailler pour sortir clandestinement. Il était dérisoire d’en venir à se sentir comme une criminelle à la simple idée de faire une visite à l’UkRa … Et après, ils tentaient de lui faire croire qu’elle subissait des crises d’hormones ? Ils étaient bien plus en proie à la panique que cette chère reine hypersensible qu’elle avait toujours été.

Mutine, la Slave avait poussé la porte de l’immeuble pour en laisser sa bonne humeur la submerger au même titre que l’air frais du soir venait caresser les parcelles découvertes de son faciès. Et alors qu’elle posait pied sur la dernière marche de béton, la brune jeta distraitement une œillade au délicat petit sac qu’elle tenait entre ses doigts, tout aussi excitée qu’impatiente d’en découvrir le contenu. Quoi qu’il n’était sans doute pas sage d’en assouvir sa curiosité au beau milieu du centre-ville… D’autant plus qu’elle devait rapidement retourner à sa tour avant que quelqu’un ne constate son évasion ou pire encore… Qu’elle croise Léandre par la plus grande des calamités.

Soudainement anxieuse, la Raventhrone empressa le pas, se faufilant furtivement entre les dernières âmes qui peuplaient la place du marché. Son souffle se coupa toutefois, autant par culpabilité que par stupéfaction alors qu’une main s’agrippait à son bras frêle pour couper sa lancée. « Mademoiselle, pardons… T’aurais pas le temps de m’dire où c’est que les gens vont pour s’amuser ? » - Hésitante, la brune avait lentement tourné la tête pour observer l’interlocuteur qui s’empressait de hausser les sourcils pour l’inciter à répondre à sa question. « … Je dirais… Qu’il y a l’Atlantease club … Ou bien le Scottish Inn si vous préférez les bar aux boîtes de nuit… » Avait-elle finalement répondu d’une voix traînante tandis qu’elle tentait prudemment de se soustraire à la grippe de l’inconnu étrangement familier. « Ah bon je vois ! Et puis toi… Tu préfères quoi ? On pourrait aller prendre un verre ! J’connais pas beaucoup de monde ici … Et puis la soirée est belle. »

Déconcertée, ses lèvres s’étaient entrouvertes à la recherche d’oxygène, secouant faiblement la tête avant qu’une seconde voix n’intercède en sa faveur, détournant le visage pour observer dans la direction opposée. « Mais fiches lui la paix voyons… Tu vois bien qu’elle en a rien à foutre d’aller boire dans un bar avec toi ! ». Et si son soupir s’était fait discret, le soulagement qui s’en découlait n’en n’était pas moins notable au fur et à mesure que l’imposante main se soustrayait à son bras. « De toute manière, tu peux me dire d’où tu crois que passer la soirée avec une sale harpie en cloque, c’est l’idée du siècle ? » - Le rictus était prenant, désemparant, mais surtout gratuit au point d’en forcer la brune à baisser honteusement les yeux sans trop comprendre pourquoi. Et tandis qu’elle observait silencieusement les teintes de Prusse qu’abordait le chaud tissu qui recouvrait son corps, la démarche boiteuse du second inconnu l’interpella d’une manière singulière, éveillant au passage des questionnements apocryphes. Parce qu’à 18 semaines, elle avait évidemment été dans l’obligation de refaire sa garde-robe… Mais elle n’était pas non plus suffisamment avancée dans sa grossesse pour en percevoir systématiquement le galbe d’un ventre sous une redingote.

« Sommes-nous… Des connaissances ? Comment vous savez que… ради Бога … » l’appel à la clémence s’était échappé si naturellement, brisant la barrière de ses lèvres qu’elle constatait soudainement sèches à l’instant. D’une œillade furtive, la brune avait cherché âme qui vive pour lui venir en aide, en vain, avant de s’élancer dans une course plus ou moins habile en direction de l’UkRa, gravissant les marches à une vitesse folle avant d’en percuter les portes scellées en raison de l’heure tardive. Roksana avait sans doute fermé dès qu’elles en avaient eu fini de leur rencontre improvisée. D’un soupir à l’agacement plus qu’agressif, elle avait dévalé une nouvelle fois l’escalier extérieur dans une lancée hasardeuse. Et jamais n’avait-elle autant prié les cieux pour se faire surprendre par le roi paradoxe, prise au flagrant délie d’une frasque qui en déclencherait indubitablement des remontrances. Et jamais n’avait-elle eu autant souhaité subir la colère d’un dernier fils aux commandements qu’elle s’entêtait à contester aussi nonchalamment qu’un battement de cils. À bout de souffle, à souffle court, l’oiselle avait bifurqué à la première ruelle aux débouchés multiples qu’elle connaissait suffisamment pour s’y engouffrer sans additionner l’inconnu à l’équation. Sa main avait longé sa cuisse, attrapant sa baguette dissimulée dans sa botte haute, prenant l’espace d’un interstice pour en calmer l’anhélation qu’imposaient les changements des dernières semaines. Parce que la Slave au prénom de nymphe, n’avait jamais été – de près ou de loin - d’une forme olympique, encore moins olympienne. Parce que la Russe aux mélancolies divine, subissait déjà les dégâts de substances qu’elle avait cru bon consommer pour panser ses maux, et que ce pauvre petit cœur esquinté et éreinté s’époumonait maintenant pour deux.

L’ombre fut furtive, si aisément imperceptible… Et pourtant… Elle l’avait vu, tournant le coin d’une ruelle au bout de celle qu’elle avait emprunté. Et elle aurait pu jurer qu’il s’agissait de l’ombrage aussi louangée qu’implorée, d’un Rosier revendiqué et supplié à la fois. « Lé … LÉ- » avait-elle tenté de conjurer, une main se plaquant contre ses lèvres pour l’attirer maladroitement vers l’arrière. « Tu sais, j’aimerais dire que ce n’est pas personnel, mais ce serait te mentir… Et tu mérites un peu de savoir les conséquences de vos trucs de voodoo et autres conneries avant de crever. Après la quarantaine, j’ai longuement songé et puis j’en suis venu à la conclusion que… Tu resterais toujours au fond de ma tête, tu vois. Ma jambe est foutue, par ta faute… Et je ne peux pas laisser ça passer. Avec mon ami… On veut s’impliquer, tu vois… Être utiles et se débarrasser de vous tous pour qu’on soit en sécurité. Et si j’t’apporte … Peut-être que Gloriam voudront bien nous accepter. Une pierre deux coups. »




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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Dim 31 Déc - 3:19

For the sinners to play as saints
Derek & Adrasteia & Léandre
C’était dans les ruelles sombres et tortueuses que Derek se révélait. Dans le vrai monde, il montrait le visage du notable charismatique et cultivé, car après tout, c’est ce que les bonnes mœurs prenaient en exemple et montaient sur un piédestal, mais si l’américain était assurément ce riche philanthrope, ce n’était que la partie émergée de l’iceberg. Ses racines étaient bien plus mystérieuses, bien plus sombres : et, même s’il répugnait à l’admettre, c’était sa noirceur qui guidait chacun de ses pas, qui hantait ses pensées, qui dictait sa conduite. Il avait bon dos, le Sacramento. Derek oubliait parfois qu’il n’était pas seulement une entité criminelle imaginaire, mais bel et bien une partie intégrante de son être, que c’étaient ses mains qui faisaient ces choses horribles, qu’on aurait pu raconter aux enfants pour les effrayer. Il aurait été un sujet des plus intéressants pour n’importe quel psychologue.

Pourquoi était-il là, dans ce passage froid et obscur, lui qui se voulait pacha de ce monde ? Parce que comme tous les hommes, il ne pouvait cacher sa nature bien longtemps. Il avait été élevé dans la violence des gangs New-Yorkais, et lorsqu’il avait eu la chance de s’échapper, certes à cause d’un événement tragique (la mort de sa mère hantera à jamais sa mémoire), mais qui représentait néanmoins une porte de sortie, il ne l’avait pas saisi. Il avait préféré rejoindre les rangs plus sordides encore de la pègre : peut-être avaient-ils une réputation un peu moins vulgaire et sale, mais la seule différence étaient qu’ils se débarrassaient des cadavres qu’ils avaient créés, au lieu de les laisser pourrir dans la rue. C’était plus noble, mais aussi plus lâche.

Il rentrait d’une journée productive. Terrible pour l’humain lambda, une routine pour le truand qu’il était : il avait découvert que l’un de ses plus proches collaborateurs, Mikaël, travaillait en réalité pour la concurrence, et, après l’avoir torturé de longues heures pour découvrir tous ses secrets, il l’avait abattu sans remords. Un chien aurait probablement senti le sang qui se trouvait encore sous ses ongles. Il avait fait également l’acquisition d’un objet qui l’intriguait, et qu’il avait stocké avec soin dans sa collection d’objets magiques dangereux : une boite à Myrrhe. Qu’il était ironique qu’elle soit un symbole de la religion chrétienne, tant ce simple coffret pouvait se révéler si ignoble, mis entre les mauvaises mains… Mais lui ne pensait pas à ça. Lui rentrait chez lui, ses cheveux bouclés qui devenaient un peu trop long (cela devenait inconvenant, il fallait qu’il s’en occupe au plus vite) s’agitaient dans le vent automnal. Une ombre parmi les ombres.

Si, dans la fraicheur matinale des avenues d’Atlantis, Derek prenait plaisir à baguenauder et à admirer la géante fourmilière humaine, lorsqu’il était dans l’univers carmin de Sacramento, il préférait marcher droit. Le regard fixe. Les mains le long du corps, prêtes à faire leurs œuvres innommables. Il faisait corps avec les murs gris et sales, malgré son port de tête hautain et ses fripes richement décorées : on pouvait sentir qu’il appartenait à ce monde, même entre chien et loup. Son regard glacial était suffisant, et ses yeux sombres perçaient même le voile de l’obscurité. Mais personne ne venait le déranger, car les rues étaient vides. Les bonnes gens préféraient les grands axes, et les vauriens n’étaient visiblement pas de sortie : pourtant, un éclat de voix, une course, une respiration qu’on devinait anxieuse le dérangèrent. Sans doute des drogués qui se disputaient un peu de cames, et il n’avait pas la bassesse de s’adonner au commerce des vices. Il croyait sincèrement que l’empire qu’il avait bâti était plus respectable, bien qu’il se berçait d’illusions.

Mais les bruits s’approchaient. Il espérait qu’un junky ne viendrait pas à croiser sa route, car il n’avait pas la patience de le laisser s’échapper, pas lorsqu’il troublait sa quiétude, il était si difficile de remettre Sacramento dans sa cage, lorsqu’il était de sortie. Et c’est là qu’il croisa le regard de la fragile nymphe, alors que son chemin en coupait un autre. Il stoppa sa course. L’homme qui tenait la jeune femme ne devait pas l’avoir vu, car il était bien trop occupé à murmurer à l’oreille de sa victime des promesses qui empestaient la moisissure. Derek prit le temps d’observer la scène, avant de bouger le moindre de ses muscles. Son regard glissa sur la robe onéreuse de la poupée, descendant du coup gracile souillé par des pattes sales, jusqu’au ventre dont le rebond aurait pu presque passer inaperçu, s’il n’était pas posé sur un corps si mince et fragile. Elle avait sa main sur sa baguette, dans un espoir vain de protection. Mais que pouvait-elle faire, face à celui qui semblait géant devant sa frêle stature ? Un pas. Deux pas. Derek se décida à approcher. Sa propre baguette glissait de sa manche, au cas où. Mais avait-il vraiment envie d’utiliser la magie ? N’aurait-il pas plus de plaisir à délivrer la demoiselle en glissant ses propres mains autour du cou de l’ogre, lui rendant la monnaie de la pièce ? Il verrait. Il prendrait son temps, car c’était toujours plus distrayant. Avant toute chose…

« -Confundo, dit-il dans un murmure.

Car il avait besoin que l’agresseur soit suffisamment éloigné de la naïade pour qu’il puisse exercer sans contrainte son courroux, et la confusion était bien souvent le meilleur moyen pour qu’un homme lâche sa proie. Quel homme attaquerait ainsi un membre du sexe faible ? Pas un homme, donc, un couard. Le sortilège toucha précisément l’attaquant, frôlant la joue de la jeune femme, qui put sentir automatiquement l’étreinte se relâcher.

-Quoi… Qu’est-ce que… Hein ? »

Un babillage de convenance, pour une créature qui avait probablement moins de neurones qu’un enfant en bas âge. Derek ricana de pitié, mais il avait déjà décidé qu’il n’en ferait pas preuve. Il n’avait dans son cœur aucune once de miséricorde. Sans jeter un œil à la femme libérée, il s’approcha de sa future victime, qui regardait la ruelle autour de lui, sans comprendre ce qui lui arrivait. Sacramento plaqua l’homme contre le mur froid, son bras bloquant sa respiration. Il pouvait sentir la trachée s’affoler sous son coude. Un être moins habitué à la mort que Derek aurait compté les secondes avant que le pouls ne s’arrête, mais il n’en avait pas besoin, lui qui avait côtoyé bien plus de charognes que de vivants. Le corps sans vie s’effondra.

Mais Derek, dans sa soif de sang, avait omis un détail. L’assaillant n’était pas seul. Et le complice, le fou qui avait assisté à la scène, au lieu de prendre ses jambes à son cou, décida de sortir de l’ombre et de cibler l’américain. Celui-ci n’avait rien vu, contemplant avec une curiosité morbide le corps à ses pieds, et n’avait pas conscience du danger qui arrivait derrière lui, ni de la femme enceinte qui pouvait voir les pièces de l’échiquier se mettre en place…


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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Ven 12 Jan - 1:47
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For the sinners to play as saints

S
ous les sentences déphasées d’un interlocuteur à la démarche désarticulé, la brune fronçait l’arcade sourcilière. Parce qu’il était fou ce moldu. Complètement fou, tout du moins assez désaxé pour croire qu’elle lui assurerait quoi que ce soit. Que croyait-il exactement ? Qu’il suffisait de présenter une sorcière en guise de paiement à l’entrée et qu’on lui ouvrirait les portes dorées d’un établissement ? Et où comptait-il exactement la livrer ? Gloriam avait un club de rencontres dont l’adresse était disponible à qui voulait bien sous prétexte d’exprimer son désir d’intégrer ses rangs ? Et quand bien même qu’il fut en possession d’informations, n’avait-il pas le moindre doute sur la suite des choses ? Dans la situation la plus favorable, ils le remercieraient de l’offrande avant de le gratifier des pires conneries manipulatrices possibles. Autrement, sans doute, se serviraient-ils de lui pour porter le chapeau du sort qu’ils réserveraient à son encontre, revendiquant l’affront sous l’honorable sacrifice d’un misérable pion qu’ils n’auraient même pas eu à se délester concrètement. Son soupir se fit imperceptible, malgré son dégoût profondément envenimé, simplement parce qu’elle s’essoufflait si facilement dernièrement, et la main qu’incombait l’homme à ses lèvres l’empêchait de respirer suffisamment.

D’une colère sourde et naissante, la Nymphe perpétuellement – à son plus grand agacement – flagellée, resserra ses doigts sur la précieuse férule de pin. Et de ce qui s’avérait être l’ultime affront désopilé au creux de son oreille, la Slave s’était armé d’une canine perçante qu’elle osa planter avec force contre ces doigts qui se pressaient grossièrement contre ses lèvres. L’homme sembla surpris, poussant une plainte grave en réponse à sa bestialité sans pour autant lâcher prise. Et si le ciel avait semblé avoir entendu ses misérables prières, ce ne fut qu’à la soudaine sensation d’un zéphyr véloce contre sa joue, qu’il laissa mollement tomber ses mains contre son corps.

« Quoi… Qu’est-ce que… Hein ? »

À la fois stupéfaite et désorienté, l’oiselle aux plumes d’ébène n’avait su que d’en battre des cils à l’écoute d’un ricanement qui tranchait maintenant ce silence interdit. Et comme s’il s’agissait d’un miracle fallacieux, le rire se mouva sous ses pâles iris pour en dépasser sa position. La Slave, s’était retirée avec autant de précaution qu’en suggéraient ses appréhensions, reculant lentement jusqu’à ce que son dos se percute à la brique qui composait la façade d’un mur. Il lui semblait, à l’instant, qu’elle n’avait jamais été autant assénée d’émotions partagées, et si la moindre de ses cellules tremblaient devant une évidence aux apparences chimériques, elle n’arrivait pas à quitter la scène qui s’offrait à ses prunelles. Jusqu’à ce que ce soit la fin. Jusqu’à ce que le bruit sourd d’un corps inerte heurtant le sol résonne à ses oreilles et qu’elle n’en perce la nuit d’un halètement bouleversé. Tout s’était passé si lentement, presque calmement d’ailleurs, qu’elle donnait l’impression de péniblement se méfier ce qu’était la réalité.

Cette réalité, où le pire pouvait se produire pendant la plus simple des soirées. Les rues n’étaient plus sûres, la ville n’était plus que le reflet des espoirs qu’avaient inspirés ses fondateurs… Et le monde… Le monde ne tournerait plus jamais du bon axe. Plus jamais du bon sens, parce qu’il souffrait des désaxés aux idéologies insensées qui peuplaient ses terres. Parce qu’il n’était vraisemblablement plus possible de vaquer à ses occupations les plus candides sans n’en croiser un ou deux cadavres.

Elle avait été crédule la sorcière, s’obstinant dans cette logique qu’elle pouvait se rendre à l’UkRa toute seule pour récupérer le résultat d’un cadeau qu’elle avait naïvement quémandé. Et elle avait été bien trop stupide, à vouloir prouver qu’elle n’allait pas s’arrêter de vivre pour des vésanies hasardeuses. Mais surtout, oui surtout bien trop lente à comprendre, ses lèvres s’ourlant maladroitement pour en retenir les larmes qui menaçaient de perler sur ses joues. Et lui avait pris tellement de temps, de mois et de preuves… Que ce n’est qu’au moment où ses prunelles avaient croisé celles sans vie d’un moldu victime des douleurs du société malade, qu’elle pu sentir ses propres épaules s’affaisser d’une réalisation perçante. Léandre avait raison, il avait toujours eu raison. Elle n’arrivait même pas à faire un pas sans nécessiter l’aide des autres pour rester en vie. Et combien devait-il être pénible, d’en porter la lourdeur d’un poids aussi accablant qu’elle ne l’était. Et combien devait-il être honteux, que d’être dans l’obligation d’interdire à sa compagne d’en franchir la porte d’entrée, sous la crainte constante de la retrouver dans des situations aussi ahurissantes que déshonorables. Maintenant qu’elle y pensait bien, elle aussi aurait probablement préféré la dissimuler au risque d’en essuyer un énième scandale.

Sa main se porta à ses lèvres, abaissant brusquement ce masque enchanté qui l’empêchait d’arriver à s’oxygéner convenablement avant d’arrivée enfin à détacher son regard du corps inerte. Comme s’il n’en suffisait pas, la Slave sursauta d’un effroi brutal alors qu’elle le voyait enfin, cet ami en peine, cet ami en perte. Et il se tenait droit, le dernier survivant d’un duo qu’il affectionnait tant, bras tendu vers l’avant, le visage tordu de révolte douloureuse, appuyant sur une gâchette tendue au bout de son index. Ils avaient si peu travaillé le problème, quelques fois à peine, juste assez pour qu’elle réagisse, pas suffisamment pour qu’elle performe. Elle était bien plus une femme de tête qu’une femme d’action, et bien qu’elle sût parfaitement quoi répondre sur le plan théorique, ses réflexes défensifs flanchaient sous cette imposante angoisse qui l’avait toujours supplantée. Sa baguette s’était levée maladroitement et lorsqu’elle tenta de balbutier les sorts que Léandre lui avait explicitement indiqué de faire, seul le « Prolabor » avait semblé fonctionner. La Slave s’était finalement lancée vers l’avant, plaquant ses paumes contre l’opposant qui menaçait l’inconnu dos à lui, poussant de toutes ses forces pour empêcher l’inévitable. Et d’une détonation assourdissante, l’arme avait tout de même relâché sa balle, malgré ses tentatives d’en altérer l’inévitable destinée. Il lui avait bien toutefois semblé, avoir perçu l’étincelle du coup de feu, bifurquer juste assez pour qu’elle laisse ses espoirs miroiter une cible ratée. Son attention refusait néanmoins d’en quitter l’attaquant au sang désuet, retenant ce souffle déjà tremblant alors qu’elle venait à peine d’en affliger l’homme d’un second flipendo, ses doigts se resserrant contre sa baguette tendue vers l’avant au point d’en ressentir l’engourdissement picorer ses phalanges cruellement dépourvues de circulation sanguine. Et il titubait, l’homme percuté une nouvelle fois, s’emmêlant les pieds dans ses propres pas, n’arrivant pas à reprendre son équilibre - en raison du prolabor qu’elle avait lancé un peu plus tôt - avant de s’effondrer tout près d’un conteneur débordant de déchets, là, juste là… Au milieu d’un amas de sacs jonchant le sol.

Nul doute, que s’il n’avait pas été de ce hurlement d’une agonie tangible, même l’oreille la moins attentive n’aurait pas été en mesure d’ignorer ce bruit manifestement sordide. Non, plutôt… Une composition de sonorités diverses, qui se superposaient les unes et les autres dans ce qui semblait être une complainte funeste à la cadence lentement dictée par l’apesanteur du damné.

Et elle se courbait l’échine, la coupable, pantelante d’une terreur au souffle sonore. Et elle se désaxait les omoplates, la délictueuse, à tant recroqueviller ses épaules au gré de cette sensation affolante de sentir son propre cœur s’arracher pour n’y laisser qu’un trou béant. Les yeux écarquillés, la Nymphe ne manquait pas un seul millimètre parcouru du condamné. Et il était irréaliste de pouvoir prétendre, qu’il ne s’agissait pas d’un cauchemar, qu’elle ne se trouvait pas dans cette ruelle et qu’elle n’observait pas ce corps tressaillant qui s’empalait un peu plus, un peu lentement, sur ce qui avait l’aspect d’un étrange lustre. Il était peut-être même un brin dérisoire, que de se dire qu’elle se souvenait parfaitement avoir admiré l’objet il y avait si peu de temps… Fascinée par les détails que l’antiquaire lui énonçait, se laissant rêveusement emporter devant ce qu’il avait expliqué être un terrarium suspendu datant de l’époque victorienne. Et jamais n’avait-elle contemplé, malgré son éblouissement pour tout ce qui s’y référait, un objet aussi atypique que ce terrarium abordant l’aspect d’un lustre traditionnel, surmonté de cristaux titanesques trônant aux emplacements habituels des bougies.

Elle les avait effleurés, ces grands prismes hexagonaux, d’une œillade désirée et possessive. Elle les avait lorgnés, médusée qu’un tel artefact soit sous ses yeux, pourvus de cristaux imparfaits dont la taille dépassait celle de ses mains de plusieurs centimètres. Et le voilà qui se présentait devant elle, l’ombre de lui-même par tant de bris, ses pierres excentriques et spectrales se teintant d’un rouge distinct. Elle avança d’un pas rapide et malhabile, avant de s’agenouiller devant l’homme aux derniers spasmes musculaires, à tenir ses mains juste au-dessus du corps sans trop savoir que faire. D’une lèvre inférieur ourlée, elle inclina la tête par désolation, déploration, murmurant quelques excuses tout aussi désordonnées que ses mains qu’elle tentait de positionner autour des pieux improvisés comme s’il lui avait été possible d’en retenir le sang qui s’écoulait des plaies mortelles. Elle l’avait tué… Peut-être par accident, peut-être par malchance… Très certainement par légitime défense… Qu’elle croyait… Mais elle l’avait tué quand même. Et qu’en adviendrait-il lorsqu’elle devrait répondre d’un crime qu’elle n’arrivait même pas à s’expliquer ?

Peut-être, n’aurait-elle rien à expliquer. Peut-être, n’aurait-elle jamais à justifier ce qui s’était passé. Parce que l’homme… Il l’avait bien fait aussi n’est-ce pas ? Par choix, par envie, peut-être, peu importait. Peut-être, peut-être… Peut-être…

Un long soupire saccadé s’échappa de ses lèvres, se laissant mollement choir sur ses fesses pour en fermer ses paupières. À la recherche d’une accalmie imaginaire, d’une paix qu’elle devait impérativement se doter, pour penser convenablement, pour agir logiquement. Lentement, sous les caresses rassurantes qu’elle portait sur ce ventre rond, la Slave semblait avoir retrouvé une respiration plus ou moins stable, fragile mais stable. Elle papillonna des paupières, tournant promptement son visage à la recherche de l’inconnu. « S-souffrez-vous ? Êtes-vous blessé ? J’ai fait de mon mieux, mais… avez-vous été touché ? » s’était-elle inquiété d’un murmure à la voix cassée par quelques notes aiguë incontrôlée. « Je suis profondément désolée, j’aimerais pouvoir vous remercier… »

Il pouvait paraître étrange, sans doute, d’écouter ses paroles en présence de deux macchabées, mais il ne fallait pas négliger le fondement de la situation… Parce qu’il l’avait sauvé, n’est-ce pas ?


J'ai abusé. Mais .. wala.
Et parce que je suis pas certaine vous allez comprendre :
Spoiler:
 


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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Lun 15 Jan - 11:04

For the sinners to play as saints
Derek & Adrasteia & Léandre
C’était le coup de feu qui l’avait fait se retourner, par réflexe, un de ceux que seuls les hommes comme lui, ayant grandis dans la violence et la guerre des gangs New-Yorkais, ne pouvait jamais réellement effacer. Derek se souvenait lorsqu’il se faisait réveiller durant les heures les plus sombres de la nuit, dans le petit appartement du Bronx qu’il partageait avec sa mère, alors qu’il n’était qu’un enfant, par le bruit d’échanges de tirs pour quelques histoires sordides de drogue ou de territoire, et, parfois, ces échos sourds se mêlaient à ses rêves, lorsqu’il dormait trop profondément pour que sa quiétude ne soit dérangée. Peut-être que c’était l’une des raisons pour sa violence enfouie, son cerveau enfantin ayant absorbé, comme une éponge, le relent rance du chaos et du sang…

La douleur finit par arriver, sans toutefois qu’elle ne fut aussi insupportable que si la balle l’avait touché. Le coup avait été dévié sur la droite, et le projectile, qui aurait du se nicher non loin de son cœur, dans un tir sinon mortel, gravement dangereux, se contenta de frôler son bras, arrachant le tissu noble qui constituait sa manche et laissant une fine trainée de sang, avant d’arrêter sa course dans le mur de la ruelle. Les yeux de Derek, de curieux et fascinés par le corps dont il avait ôté les derniers souffles de vie, devinrent durs. Comment osait-il ? Cette vulgaire créature l’avait visé comme une vulgaire proie, lui qui était prédateur, roi des criminels, futur légende dont le nom serait à jamais gravé sur les tablettes de l’histoire. Il méritait de payer pour cet affront.

La vengeance vint, mais sous une forme dont il ne s’attendait pas. La nymphe fragile, qu’il avait sauvé des griffes de son assaillant, se révéla plus forte que son apparence frêle ne le présageait, bien que le léger renflement que ne pouvait totalement cacher ses vêtements pouvait laisser penser qu’elle était du genre à créer la vie, non à la prendre : parce que c’était elle qui avait lancé le sort qui provoqua la chute de l’immonde personnage, c’était elle qui regardait d’un œil apeuré l’homme glisser inexorablement vers son sort, c’était elle qui s’approcha du corps désarticulé transpercé de part en part par ce chandelier si particulier, posé là par un destin un peu trop implacable. Un sourire étira les babines du loup qu’était l’américain. Si pour lui, la mort n’était pas une affaire de femmes, elles bien trop pures et angéliques pour s’abaisser à de telles vilénies, il appréciait de voir une sylphide changer le cours de sa propre fortune, et ne pas se soumettre à une oppression qu’un homme aussi vil que le moldu pouvait braver à son encontre. Et elle était effrayée, la poupée. Derek pouvait voir le fumet si singulier de l’horreur s’échapper de l’épiderme de la jeune femme, plus puissant encore que le parfum d’agonie qui venait du cadavre.

Elle pressait ses mains sur la blessure, alors que des mains aussi dignes ne devraient en aucun cas toucher un fluide aussi impur. La langue de Derek heurta son palais, dans un signe de désapprobation évident, et son réquisitoire silencieux continua lorsque le liquide carmin tacha sa robe, tandis qu’elle caressait son ventre plein. Pas assez pour lever des soupçons, mais suffisamment pour ruiner l’étoffe. Ses mots suivants, cependant, furent si innocents, si bienveillants, qu’il ne put que se reprocher d’avoir pensé à une quelconque critique en l’observant. Il ne répondit pas tout de suite. Il préféra honorer sa douceur en tirant de sa poche un mouchoir d'un tissu blanc immaculé, où les initiales D.K étaient brodées sur les coins, un discret S se dessinant en son centre dans du fil ton sur ton : il s’approcha doucement de la jeune femme, lui prit les mains d’un geste qui n’aurait accepté aucune protestation, et essuya le sang qui souillaient les doigts graciles. La soie devint rouge, les mains devinrent propres. Comme si le tissu absorbait, en quelque sorte, le péché qu’elle venait de commettre. Enfin, il lui répondit.

« -Une égratignure seulement, mais j’apprécie votre sollicitude, Madame.

Son ton était révérant. Qui aurait pu imaginer qu’il avait été élevé dans la misère, lui qui s’exprimait comme un aristocrate ? Mais il n’avait pas choisi le nom de famille Knight pour rien. Il se voyait, quelque part, chevalier en mission, pèlerin d’une fortune qui l’emmènerait toujours à s’élever au dessus de sa condition. Et il prenait son temps, alors que n’importe qui aurait pressé l’inconnue, lui aboyant des ordres pour que leurs crimes ne soient mis à la lumière du jour. Mais ce n’était pas le premier corps qui tombait sous son joug. Il savait ce qu’il devait faire. Son esprit était des plus clair.

-Ne soyez pas désolé, surtout pas : je ne regrette qu’une chose, c’est que ces profanateurs n’aient pas davantage soufferts pour avoir eu l’audace d’essayer de blesser une innocente comme vous. Deux innocents, en réalité, dit-il en posant un œil sur son ventre nourricier. Les rues d’Atlantis ne méritent pas d’être souillés par le sang de ces pourritures, et vous encore moins.

Son pied tressailli, et presque par automatisme, il foula la main du macchabé de son talon, désacralisant l’enveloppe vide. Le mépris qu’il ressentait pour le commun des mortels était exacerbé par l’irrévérence de leurs crimes, et s’il s’écoutait, il aurait fait bien pire, arrachant la chair, répandant les organes sur le tarmac. Cela aurait été illogique, bien sûr, car il aurait été encore plus dur de dissimuler le crime, mais cela lui aurait fait un bien immense, aurait apaisé les pulsions sanguinaires que Sacramento lui insufflaient.  

-Et bien que rien ne me ferait plus plaisir que de les voir moisir à jamais au milieu des ordures, il va nous falloir les déplacer, au risque de… se voir rattraper par la réalité des gens bien pensants, qui pourraient penser que nos actes n’ont pas été effectués sous le coup de la légitime défense. Je peux m’en occuper seul, si vous le désirez. Des mains comme les votres ne devraient pas s’occuper de si viles besognes. »

Et au pire, s’il ne pouvait se débrouiller seul à transporter les cadavres, il appellerait Patrick, ou Klaus, pour qu’ils l’aident à se débarrasser des corps. Il avait l’habitude de leur confier bien pires tâches, de toute façon. Il n’osait pas imaginer la naïade si paniquée, si effrayée, prendre part à un sacerdoce si vulgaire.


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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Ven 19 Jan - 0:08
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For the sinners to play as saints

N
’y avait-il donc quoique ce soit de plus attractif que les finesses d’une galanterie aussi naturellement déployées ? Certainement pas à ses pâles iris, elle que l’on réputait d’une insolence véloce. Pourtant, n’avaient-ils donc rien compris ? Ils ne comprenaient jamais n’est-ce pas ? Et si l’oiselle se laissait si aisément subjuguer par la bienséance, les raisons qui l’animaient étaient les mêmes que celles qui la poussaient à se pourvoir d’une langue perfide. Trop d’années à fléchir l’échine devant l’œil d’un patriarche aux dénigrements si aisément proliférés. Plus jamais, elle se l’était promis.

Et elle pinçait ses lèvres avec tant d’énergie, simplement pour en dissimuler ce sourire avide qui se faisait taquineur, observant précieusement ses propres mains se départir de ses teintes criminelles pour en tacher l’étoffe délicate de l’homme. Les gestes étaient si attrayants, d’un paradoxe mêlant délicatesse à l’outrage. « Une égratignure seulement, mais j’apprécie votre sollicitude, Madame. » - Un sophisme désaxé qui lui rappelait l’innocence de ces deux enfants, nettoyant méticuleusement leurs petits doigts dans la fontaine du jardin, complices d’un ultime affront, victimes d’un mal-être qu’ils n’avaient jamais su guérir. À sa manière, il lui rappelait cet ami en cavale, perdu dans ses déboires jusqu’à l’abandonné malgré les promesses. Oui, à ses manières, il lui donnait l’impression de combler ce trou béant même s’il ne s’agissait que d’une croisade éphémère, sans doute, peut-être… N’est-ce pas ? « Ne soyez pas désolé, surtout pas : je ne regrette qu’une chose, c’est que ces profanateurs n’aient pas davantage souffert pour avoir eu l’audace d’essayer de blesser une innocente comme vous. Deux innocents, en réalité » - Peut-être un brin plus distingué dans ses paroles, un tantinet moins vulgaire dans ses véhémences et pourtant, les mêmes violences aux douceurs bienveillantes. « Les rues d’Atlantis ne méritent pas d’être souillés par le sang de ces pourritures, et vous encore moins. » - Et cette fois, son sourire ne pût faire autrement que d’en dévoiler ses dents sous les flatteries impétueuses alors qu’il éveillait inconsciemment de récentes blessures à peine pansées.

Et peut-être n’était-ce que des chimères, de pauvres utopies hasardeuses auxquelles s’accrocher se révélaient d’autant plus dangereuses que les ignominies mêmes. Toutefois, il semblait rédempteur de pouvoir déceler une infime justice en de telles circonstances. La mansuétude à sa tendresse la plus simple, reconnaissant les injures qu’avait incombé l’hérésie involontaire. Elle en profitait, délibérément, parce qu’au fond elle savait parfaitement qu’elle se retrouvait une nouvelle fois dans une situation impossible. Une fois de trop, nul doute, qu’elle devrait réparer, rapidement, avant qu’elle n’empire… Avant qu’elle ne se retrouve sous l’œil scrutateur d’un Rosier inexorable. S’il advenait… Que l’affaire soit découverte, il ne lui pardonnerait jamais. L’inévitable était enfin à leurs portes, cette fatalité qu’elle tentait si bien de déjouer… Il finirait par les regretter, ce eux qui n’existait que depuis peu. Il finirait par les haïr, elle et ce bébé improviste qu’il avait juré d’honorer… Pour le meilleur et pour le pire. Cette promesse de cœur à cœur n’avait rien de solennelle aux yeux de la société, bien qu’elle en crût fermement sa sincérité, il n’en restait pas moins que l’affaire dépassait les limites de l’entendement. Et son cœur se serrait douloureusement, ses fins doigts légèrement tordus – mais propres – pianotant sur la galbe de son ventre, devant l’oppressante idée de ne pouvoir offrir à cet enfant, un avenir déplorant l’amour d’un père illégitime. Ça aussi, elle se l’était promis… Qu’aucun monde ne serait pourvu d’un enfant de son sang, pour en souffrir des mêmes détresses que les siennes.

« Et bien que rien ne me ferait plus plaisir que de les voir moisir à jamais au milieu des ordures, il va nous falloir les déplacer, au risque de… Se voir rattraper par la réalité des gens bien-pensants, qui pourraient penser que nos actes n’ont pas été effectués sous le coup de la légitime défense. Je peux m’en occuper seul, si vous le désirez. Des mains comme les vôtres ne devraient pas s’occuper de si viles besognes. » - « Non ! avait-elle promptement répondu d’une octave un peu trop craintive, un soupire venant expier silencieusement cette résignation qu’elle avait d’ores et déjà fait maîtresse à ses songes. Je … Vous remercie pour votre bienveillance, mais il me serait bien trop angoissant que de vous laisser… L’affaire. Ne vous méprenez pas, je préférerais de loin pouvoir me délester de la situation. Seulement… Les enjeux me sont trop précieux pour en négliger ma responsabilité. S’il n’était qu’une question d’être la seule à courir le risque de conséquences… Mais je ne peux pas… Je ne me pardonnerais jamais s’il… »

Un discours bien décousu et pourtant bien trop facile à n’en saisir le message. La honte refaisait surface, impératrice qu’elle était, la forçant à baisser les yeux. Elle lui devait tant, à cet homme qui l’aimait à sa façon. Elle lui devait tellement, à cet enfant à naître qui payait déjà le prix de ses vésanies. Et cette petite famille, qu’elle se désespérait à rêvasser les bonheurs à venir, ne méritait pas d’être affligé de déshonneurs désinvoltes. Elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour s’assurer qu’il ne les considère jamais comme une regrettable erreur. Ses iris longèrent le sol, jusqu’à n’en trouver le premier corps ayant rendu les armes. « J’ai mordu l’une de ses mains… Je ne saurais dire laquelle… Peut-être assez pour laisser des traces… De toute façon, mon ADN se trouvera facilement sur les deux hommes. » Avait-elle informé d’une voix morne, notant une pause de quelques secondes à peine avant de lever les yeux vers l’étranger aux manières familières. « Par quoi doit-on commencer ? » Avait-elle finalement soufflé, ses prunelles semblaient l’implorer d’une aide quelconque, pour éviter d’idiotes erreurs d’un manque d’expérience aussi flagrant qu’évident.



Gonna love you until it hurts,
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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Sam 20 Jan - 10:09
Il pleuvait. Bon sang, qu’il pleuvait. Certainement la faute de l’automne triomphal qui s’annonçait sur Manadh. Les doigts de l’Auror saisirent les bords de sa capuche, rabattant sur son visage l’obscurité du service attendu. Et d’un pas véloce, quoi qu’implacablement maîtrisé, il s’enfonça dans les rues d’Atlantis.

Son regard pâle et inquisiteur glissant sur les environs dans ce qui semblait être une observation minutieuse. Rien de surprenant, toutefois. C’était lui qui se trouvait en charge du secteur, pour la soirée. Lui qui devait effectuer la ronde du jour pour s’assurer que les autorités de la ville n’auraient pas davantage de problèmes à songer.

Entre les exactions extrémistes des mois passés et la quarantaine du Moonrise Gallery … Les forces de l’ordre avaient en permanence une épée de Damoclès au-dessus du crâne. Un rien suffisait à provoquer des engueulades monstrueuses entre eux et les politiques : jamais assez, trop de failles, pas d’effectifs. A qui la faute ? Léandre soupira et s’engouffra dans une allée relativement calme.

Ce n’était qu’un supplément d’anxiété à toutes ces angoisses qu’il devait déjà gérer dans sa vie. Comme si le destin avait décidé de tout orchestrer au même moment : la folie de ces satanés moldus, les délires de grandeur des soutiens à la mixité et … La grossesse de sa compagne. Un rien de petits problèmes cumulés les uns sur les autres en une sorte de chappe de plomb qui pesait constamment sur ses épaules.

Profiter d’une soirée dans le plus grand calme était devenu un luxe beaucoup trop coûteux à ses yeux, tant le reste l’épuisait petit à petit. Tant son impatience se dévorait d’elle-même faute de pouvoir s’exprimer par une violence cathartique.

Deuxième soupir, lâché du bout des lèvres alors qu’il contournait négligemment un secteur qu’il savait toujours calme. Acte présomptueux s’il en est : car c’est dans ces parages sereins qu’il entendit le coup plutôt qu’il ne le vit. Répercussion scabreuse d’une réalité que l’orgueil avait presque dissimulé de son aura étouffante. Ni une, ni deux, Rosier fils dégaina son prunellier. Il était loin, toutefois, trop pour pouvoir y être sur l’instant. Il lui faudrait courir : et c’est ce qu’il fit, d’ailleurs. S’efforçant néanmoins de ne pas trop faire résonner ses pas sur le pavé, au risque de signaler sa présence aux auteurs du délit.

Parce qu’un coup de feu était rarement le fait d’une créature innocente, n’est-ce pas ? Il s’agissait forcément d’une infraction, proférée par une arme moldue de surcroît.

A quelques mètres de la ruelle qu’il soupçonnait être le lieu d’un esclandre et dissimulé derrière une intersection bienvenue, Léandre ralentit précautionneusement son avancée. Pointe de sa férule dirigée vers cet ennemi supposé qu’il craignait – un foutu moldu armé, qui d’autre ? – tandis qu’il contournait d’un pas félin quelques poubelles pour admonester son jugement vers les silhouettes dressées dans l’obscurité de la nuit.

Et alors que sa conscience se concentrait en un point d’un sort terrible qu’il maîtrisait avec la justesse de sa fonction, il lui sembla reconnaître une voix. Dans le même temps que ses yeux pâles prenaient conscience des corps allongés ici et là en de pernicieuses offrandes.

Par quoi doit-on commencer ? Il aurait tant aimé se fourvoyer, car il dévoilait désormais tout autant son attaque que sa présence. Le corps tendu à s’en rompre par la position de combat qu’impliquait leur rencontre. Sans un regard vers Derek.

« … Adra ? »

Et finalement, c’était comme si quelque chose s’était brisé en lui.



Dad's job

Spoiler:
 
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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Dim 21 Jan - 15:25

For the sinners to play as saints
Derek & Adrasteia & Léandre
Elle semblait si innocente dans ses paroles et ses pensées, si pure dans la fragilité de ses mots tremblants, qu’il était presque invraisemblable de croire qu’elle venait de tuer quelqu’un. Par accident, certes, mais cela restait un péché inadmissible dans la conscience collective, d’autant plus que sa première réaction n’était pas d’appeler les autorités. Tant mieux. Si elle aurait pu être sauvée, peut-être même graciée, par sa propre attaque, le manque d’intention dans son geste, et sa grossesse, Derek, lui, l’américain au passé trouble, qui avait étranglé sans hésiter l’assaillant, n’aurait pas pu s’en sortir : et si de sa bouche n’était sortie ne serait-ce qu’un simple "peut-être devrions nous prévenir la police", il n’aurait eu d’autres choix que de l’éliminer, elle aussi. Il ne pouvait se permettre d’être sous la moindre suspicion, et s’il fallait qu’il laisse une trainée de cadavres sur son passage pour éviter de se faire démasquer, il le ferait sans sourciller. Ça aurait été pourtant tragique de lui ôter la vie, elle si gracile, si frêle, et pourtant si fière : un simple gâchis. Alors malgré la situation qui aurait fait vomir ou paniquer le commun des mortels, Derek sourit. Doucement, presque d'une lueur réconfortante. Oui, les enjeux étaient précieux, il pouvait s’en douter sans même connaître la jeune femme, mais tout irait bien. Ce n’était pas son premier rodéo.

« -Très bien, si vous insistez, je ne m’opposerai pas à un peu d’aide de votre part. Vous me semblez, de toute façon, ne pas être une jeune femme impressionnable…

Un petit ricanement illustrait parfaitement l’ironie de ses propos. En tant normal, il aurait fait plus attention, aurait joué une comédie bien plus poussée pour cacher le côté le plus sombre de sa personnalité, celle qui se réjouissait du sang versé et des corps sans vie à ses pieds. Mais là, la situation ne se prêtait pas à la comédie : les masques étaient tombés lorsque le premier moldu était mort. Il pouvait laisser s’exprimer le Sacramento en lui, sans crainte de se faire inquiéter, risquant seulement, peut-être, d’effrayer la jeune donzelle.

-Il me semble judicieux, Madame, de connaître au moins votre nom si nous allons entreprendre ensemble cette… aventure.

Et alors qu’il posait cette question, une réponse lui fut donnée, mais pas de la bouche de la personne qu’il attendait. Par réflexe, il se retourna en pointant sa baguette vers le nouveau venu, qui regardait la scène avec une stupeur évidente, mais néanmoins dans une posture guerrière, vindicative. Et Derek connaissait le lion. Léandre Rosier. Un Auror qu’il avait appris à connaître de la même manière que tous les autres, s’enquérant de ses allées et venues, nouant la conversation, apprenant à le connaître. C’était si jouissif pour le trafiquant de se lier d’amitié avec les forces de l’ordre, un pied de nez ultime à ceux qui pensaient pouvoir un jour trouver l’identité de Sacramento. Et Mr Rosier aimait le poker, Derek aussi, Mr Rosier perdait beaucoup, et Derek gagnait avec humilité.

Un Auror certes connu, mais un Auror dérangeant. Car nul doute qu’en découvrant la scène, en voyant Derek la baguette levée, un duel allait s’engager entre les deux coqs, n’est-ce pas ? Après tout, c’était ainsi que c’était écrit : les forces de l’ordre devaient combattre les meurtriers, les enfermer entre quatre murs, les mettre en face du jugement de leurs pairs. Et pourtant. Si sa position était combative, ses yeux ne l’étaient pas, trop occupés à fixer la jeune femme dont Derek avait maintenant saisis le nom. Le destin avait toujours favorisé l’américain, après tout. Etaient-ils tombés sur le seul Auror qui connaissait sa compagne de crime ? Il semblait que c’était le cas, mais Sacramento n’abaissa pas sa baguette pour autant, incertain de sa future réaction. Mieux valait prévenir que guérir.

Derek s’apprêtait à lui lancer un sortilège, on pouvait sentir sa magie commencer à émaner de son corps, invisible et indicible, mais bel et bien présente. Le duel allait être sanglant, il le sentait, et peut-être que ce serait lui, ce soir, qui rejoindrait les deux moldus au sol. Peut-être était-ce la fin de l’empire criminel qu’il s’était créé. C’était un duelliste infiniment doué, même s’il pariait bien plus souvent qu’il ne participait réellement aux combats clandestins organisés aux quatre coins du monde, mais Léandre était entrainé à chasser des mages noirs, et ses compétences n’étaient pas à prendre à la légère. L’américain fit le vide dans son esprit : il était prêt. Le carnage allait recommencer.

Il ne lança pas l'Avada, pour deux raisons simples, et compliquées à la fois : il avait bien prononcé le nom de la jeune femme, et cela pouvait avoir des sous-entendus conséquents. Et si le lien qui les unissait était plus important que le crime commis ? Il ne pouvait pas passer à côté de l’éventualité de, potentiellement, voir un Auror déchu devenir complice d’un meurtre et se délecter de contempler sa conscience lutter contre son devoir. Et puis la deuxième raison… il fallait avouer qu’il aimait jouer avec ses proies. L’Avada, c’était facile, rapide, presque subtil : lui aimait voir le sang couler, la souffrance sur le visage, et surtout, la réalisation fulgurante que la fin est proche pour le futur macchabé. Il lança donc, pour commencer, presque pour s’échauffer, un maléfice qu’il aimait particulièrement utiliser.

-Flagellum. »

Et par un mouvement de poignet élégant, un fouet invisible mais terriblement vindicatif s’abattit sur Léandre.  


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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Lun 22 Jan - 0:48
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For the sinners to play as saints

S
ous le ricanement la brune pinca ses lèvres, fuyant son nouvel acolyte du regard pour en regarder une nouvelle fois les corps. Ce n’était pas la première fois, ce ne serait pas la dernière, n’est-ce pas ? La dernière fois, la chance avait été en sa faveur. La dernière fois, pourtant, n’avait pas été le fruit d’une défense quelconque. Elle pouvait parfaitement le revoir, droit comme un dieu, baguette tendue par vanité, avalé par des ambitions qui l’avaient avalées au même titre que celles qui avaient consumées le Lord. Arseni avait tenté l’impensable, l’incluant dans une histoire bien trop sombre pour ses propres valeurs. « J’ai vu des choses… » Mais elle se coupa net dans ses propres souvenirs, haletant alors qu’elle réalisait qu’elle avait passé si près d’en révéler ce qu’elle avait si bien préservé depuis cette dernière semaine de janvier. « Même la mort semble douce lorsque l’on passe sa vie à… - Il me semble judicieux, Madame, de connaître au moins votre nom si nous allons entreprendre ensemble cette… aventure.

« … Adra ? »

Et le monde s’arrêta. Une nouvelle fois, une énième fois. Et le monde semblait tourner si rapidement, si intensément, sa rotation n’étant plus qu’un vertige despotique, sans axes, la peur même sans apesanteur. Ses prunelles se levèrent si honteusement, le visage amorphe d’anticiper la suite du cauchemar. Elle avait été si stupide, d’en croire que jamais elle ne pourrait autant craindre son regard qu’après les attentats. Et si son cœur s’était pourvu d’un rythme défiant la vitesse de la lumière, sa voix en avait brusqué la course. Le battement qui s’en était suivit avait frappé avec tant de force, une fois, une seule fois… une explosion à ses propres oreilles, tant bien qu’elle eu suffisamment de temps pour se demander s’il battait encore, avant d’en entendre la prochaine détonation. La cadence était si lourde qu’elle en ralentissait le temps même, si lourde d’opprobre.

-Flagellum. »

La peur l’avait toujours mené, depuis qu’elle était si jeune, depuis qu’elle était monde. D’une multitude de couleurs, saveurs versatiles aux formes multiples. C’est la peur qui l’avait poussé vers le Rosier, pour y soulager ses angoisses sempiternelles. L’effroi qui l’avait incité à se donner, de rater cette chance qu’il s’échappe entre ses doigts. La crainte qui l’avait animé à braver les ordres, de n’être en réalité rien d’autre qu’un fardeau incapable de survivre. L’angoisse qui lui avait murmurer l’idée d’une offrande, pour soulager ce qui s’éternisait malgré eux. Et cette fois, de ses griffes acérées aux phobies aiguës, ce fut la hantise qui se déchaînait contre les parois de son crâne. Parce qu’il allait le tuer, évidemment, il le ferait, ne venait-il pas d’en tuer un devant ses propres yeux ? N’allait-il pas se départir de l’Auror aussi rapidement qu’il avait géré la situation ? Parce qu’il se montrait déjà empressé de se débarrasser des corps avant d’en payer l’affront de prunelles indiscrètes. Et comment ferait-elle, sans lui, pour endurer les maux persistant d’une grossesse qu’il calmait sans se plaindre. Et comment arriverait-elle, sans lui, à donner suffisamment d’amour à ce petit être qui subirait la perte d’un père avant même d’être monde. Et comment pourrait-elle seulement subsister, sous les jugements injustes de l’aristocratie, s’il fallait qu’elle s’évertue à soutenir cette petite victime, à l’éduquer de manière à rendre fier le souvenir d’un père, à honorer ce nom qu’il ne porterait pas. Comment ferait-elle, sans lui tout simplement, à culpabiliser sa perte qui serait déjà bien trop douloureuse comme ça. « EXPELLIARMUS »

La baguette était tendue, avec bien plus de stabilité cette fois. « Protego horribilis. » - Et elle reculait, lentement, en direction du Rosier sans en lâcher sa cible des yeux alors qu’ils pouvaient entendre le tintement d’une baguette tomber au sol. « Pas lui. Je ferai tout ce que vous voulez, je vous en conjure. » avait-elle soufflé, hochant finalement la tête comme pour lui témoigner qu’elle lui offrait le bénéfice du doute. Une confiance dénuée de certitude, autrement que de se baser sur les gestes qu’il avait portés en sa faveur quelques minutes plus tôt, en dépit de l’attaque qu’il venait d’obtempérer. Sa baguette retombant contre sa propre cuisse, la Nymphe s’était finalement tournée vers l’Auror, fronçant ses sourcils d’une inquiétude qui lui dévorait les tripes. Et elle murmura son prénom, à défaut de trouver les mots suffisants pour en exprimer ses excuses. Elle aurait tant voulu aller n’en vérifier de ses yeux, de ses mains, qu’il allait bien. Mais elle n’osa pas bouger. Tant désiré, d’en expliquer les faits, la chronologie des évènements pour obtenir quelconque pardon. Mais elle resta muette, incapable de montrer assez brave pour affronter l’avenir. Elle baissa finalement les yeux, pinçant ses lèvres pour en retenir une nouvelle fois ses pleurs. Parce qu’elle ne méritait sans doute pas sa pitié, parce qu’elle ne pouvait pas non plus oser lui demander de lui accorder une faveur.

Et si elle s’était promis de faire la distinction entre l’Auror et le Roi, elle ne pouvait faire autrement que d’en redouter les obligations du premier, d’en redouter les afflictions qu’elle imposait au second. N’était-ce pas l’Auror qui se trouvait devant-elle ? Ses mains tremblantes s’étaient levées, avant d’en tendre cette baguette qu’il lui avait déjà confisquée une fois. Elle inspira, soudainement éprise d’une angoisse qu’elle n’avait pas encore subie les déboires. Elle pivota d’un demi-pas, simplement pour offrir à Léandre la chance de garder la vue sur l’autre inconnu. « Un incident… Êtes-vous blessé ? Il m’est venu en aide. Ils voulaient… Rejoindre Gloriam et… l’un d’eux avait une arme. Avez-vous mal ? J’ai fait comme vous m’avez montré, il a tombé sur… Souffrez-vous ? »

Anxieuse, sans doute, incertaine de la suite, évidemment, inquiète de son état, sans équivoque... Honteuse et effrayée de son jugement, lui l'homme et non l'Auror, éternellement. Partagée, aussi, de ses propres idées qui lui frappaient l'esprit alors qu'elle se résignait à l'entendre avant tout. Et peut-être, qu'un oubliette était la solution. Pour lui, le protéger dans sa carrière et son affection pour elle. Pour l'enfant, s'assurer qu'il ne subisse pas les malheurs de sa mère, ne grandisse pas sans un père, ne croule pas sous la honte d'un parent absent ni par la mort, ni par sentence. Il était tout de même effrayant, de réaliser la portée de ses propres idées, lorsqu'il était question de protéger la chair de sa chair.


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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Mar 23 Jan - 8:21
Ses doigts s’étaient contractés contre le prunelier soudainement si vacillant, si fragile et si risible, alors que son regard restait fixé sur la silhouette qu’il connaissait tant. Et le prénom qui s’était presque étouffé dans sa gorge, lui prodiguait d’ombrageux frissons. De scandaleuses sueurs. Un peu comme s’il avait été trahi – mais n’était-ce pas le cas ? – et qu’il en découvrait la lame assassine au dernier moment.

Toute sa conscience obnubilée par ce fait unique, quitte à en dissoudre malencontreusement le reste chez lui qui voyait tout :  Adrasteia était là, debout sous la pluie, en présence de la mort elle-même.

Il eut du mal à respirer, l’Auror. Les poumons oppressés par cette sensation indicible qui courait dans ses veines, brimait l’air et lui rappelait un peu trop de cette bataille passée. De ce Poudlard calciné, charbonneux et en ruine dans lequel il avait combattu l’oppresseur accompagné de ses sbires. Il eut du mal à revenir à lui, le Rosier, coincé entre l’horreur de cette traîtrise qui lui arrachait les entrailles et les souvenirs qui fourmillaient en lui en d’extatiques appels vindicatifs. Parce que ne pas bouger, ce serait se laisser piéger, n’est-ce pas ?

Car il devait se défier d’elle, n’est-ce pas ?

La baguette de Léandre oscilla entre ses doigts nerveux. L’esprit prompte et attentif d’autrefois lui semblant infiniment loin. Infiniment inaccessible. Affaiblissant le templier comme il ne l’avait jamais été et laissant paraître l’homme perdu et tourmenté qu’il était, au fond. Terrassé, en vérité, par ce qu’il percevait de diabolique dans ce sacrifice à ciel ouvert. Chez cette nymphe indomptable qu’il chérissait mais qui se tenait Reine au milieu de corps inertes.

Il ne prêtait pas attention à Derek. Alors que sa conscience méticuleuse l’avait probablement repérée dès le départ, tentant vainement de l’avertir du feu et du soufre qui le guettait tantôt. Mais comment s’extirper de ces iris qui se levaient vers lui en une culpabilité évidente ? Comment s’arracher à la douleur qui lui brûlait l’intérieur des côtes pour se prévenir d’un mal plus grand ? Il n’y parvint pas.

FLAGELLUM. Et il était déjà sonné avant le premier coup. Le second ne le détrompa pas de ce sentiment ignoble qui lui persistait au creux de la bouche : et si c’était elle qui avait commandité ça ? Que disait Honoria, déjà ? Méfiance. Il n’avait pas été assez méfiant. Toujours trop orgueilleux, le Roi Rosier. Toujours trop fier pour estimer les risques qu’on s’amusa à lui planter traîtrise dans le dos plutôt que le cœur, pour l’en voir crever et s’en vider si lentement. Si abondamment. Qu’il n’en resta plus rien de royale ni de guerrier chez ce cadavre oublié.

Le sortilège finit par lui tirer un cri. Rauque et blessé. Et à le tirer définitivement de cette torpeur qui luisait, pourpre et cuivrée, sur ses bras levés en des fils rougeoyant visibles entre les pans de vêtements déchirés. Sans doute lui faudrait-il mener guerre envers et contre tout. Sans doute que son instinct de survie comptait d’abord. EXPELLIARMUS. La défense de Raventhrone s’était révélée plus rapide que la sienne. PROTEGO HORRIBILIS. Lui permettant de reprendre un peu ses esprits et de la voir s’approcher d’une lenteur dont il accusait encore le coup. Ayant presque ce mouvement de recul à se contact tant tout lui paraissait si nébuleux et douloureux à gérer sur l’instant. Pas lui. Et si les mots avaient un accent rassurant, il ne s’en sentait pas moins abimé. Pas moins écorché.

Son bras, profané par le sang et les coups endurés, conserva sa rigueur en direction de … Derek ? Cette fois-ci, ce ne fut pas vraiment l’étonnement mais la lassitude qui souilla ses lèvres. Un incident. La voix d’Adrasteia ne le détourna pas de cette silhouette familière qui venait de lui infliger offense. Il m’est venu en aide. Léandre lâcha un sifflement peu convaincu. Le corps raidit dans cette défiance qu’il continuait d’afficher. Souffre-vous ?

Peut-être que si son visage s’était tourné vers la nymphe, le ton se serait montré plus doux. Mais la peine lui saisissait toujours la bouche et transperçait chacun de ses mots d’un outrage qu’il ne parvenait pas lui-même à qualifier. « Vous … ÉTIEZ CENSÉE RESTER EN DEMEURE. » Et il rugissait, Léandre, baguette tendue et frémissante. Sans attaquer, néanmoins : car il s’agissait de forcer Derek à se calmer plutôt que poursuivre l’attaque.  « VOUS M’AVEZ DÉSOBÉI ADRASTEIA. DÉSOBÉI. » Car il s’agissait de pouvoir anticiper la suite des choses.

Et, quelque part, mieux valait que ses pâles iris, brûlantes de fureur et de souffrance, ne se trouvèrent pas davantage confrontées à celles de Raventhrone.

Le ton descendit d’un cran à l’égard du sorcier, en face. « Est-ce vrai, Derek ? Est-ce Gloriam ? Jurez-vous que c’est leurs cadavres sur le sol ? Que ce sont bien des moldus et que Raventhrone dit la vérité ? Si toutes ces choses sont réelles … JUREZ LE MOI ! »



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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Jeu 25 Jan - 18:50

For the sinners to play as saints
Derek & Adrasteia & Léandre
Ce fut la supplique qui le surprit, plus que le sortilège de désarmement. Bien sûr, il ne s’attendait pas à un quelconque danger de la part de la jeune femme, eux qui venaient de traverser ensemble une épreuve qui les avait liés intrinsèquement, bien qu’ils venaient de se rencontrer, et cet Expelliarmus, quelque part, résonnait comme un rappel de leur statut d’étrangers. Derek avait toujours tendance à penser qu’il était le plus intelligent, qu’il pouvait décrypter l’attitude et les intentions de n’importe qui, et c’était presque insupportable pour lui de se tromper à se point. D’avoir baissé sa garde. Elle aurait probablement subi son courroux si ses yeux et sa bouche ne l’avait pas supplié, non, imploré, d’épargner le Rosier. Parce que l’américain pouvait sentir que ce n’était pas une trahison qu’elle lui infligeait, c’était un cœur impulsif qui essayait, du mieux qu’elle le pouvait, de protéger celui qu’elle aimait. Ça ne pouvait être que ça, n’est-ce pas ? Ces regards enflammés, remplis de colère et d’effroi de la part de l’un, meurtris et accablés pour l’autre. Cette tension qu’il avait ressenti dès l’arrivée de Léandre, liant presque immédiatement son aura avec Adrasteia sans prêter plus que ça d’attention aux corps ou à celui qui aurait pu sembler être le principal suspect. Ce manque de précautions de la part d’un Auror entrainé, qui s’était laissé attaquer bien trop facilement. Derek, malgré son caractère déviant, restait un profond romantique. Il savait reconnaître l’amour quand il le voyait, et il comprenait que la jeune femme enceinte aurait tout fait pour protéger non seulement le père de son enfant (en tout cas, c’était la conclusion qu’avait tiré l’américain), mais surtout l’être qu’elle chérissait le plus au monde. Même si cela la mettait en danger.

Le Rosier n’avait pas baissé sa garde, malgré sa chair meurtrie et le sang qui perlait de ses blessures fraiches. Fier malgré son souffle court et souffrant, il contemplait toujours Adrasteia, comme si elle était un fantôme. C’était si intéressant pour Derek, d’analyser leur dynamique, de disséquer leur comportement et d’en extraire chacun de leurs éléments, lui l’amateur d’histoires humaines, le philanthrope qui croyait profondément qu’il y avait de la richesse dans chacun des échanges sociaux. Ces pensées étaient étranges, vu la situation critique, mais Derek n’en avait cure, comme à son habitude. Tant qu’il apaisait la voix de Sacramento dans sa tête, qui le poussait à voir les autres comme des rats de laboratoire, tout allait bien. Et la femme enceinte essayait d’expliquer, d’apaiser l’ambiance tendue, bien qu’un observateur extérieur aurait vite compris que le seul encore sur la défensive était Léandre (et à juste titre). D’ailleurs, les mots sortirent de sa bouche, plein de fureur, proche de l’aliénation. Le lion rugissait. Et pendant ce temps, sous cape, cachant tout l’amusement qu’il ressentait et qui aurait été perçu comme de la moquerie, la créature de la nuit qu’était Derek, ce nuisible qui se repaissait de carcasses, restait impassible. Il écoutait, simplement. La scène ne le regardait pas : les liens qui unissaient Adrasteia et Léandre semblaient des plus serrés, et lorsque viendrait le temps de troubler ces si charmantes retrouvailles, il s’exprimerait.

Il se contenta donc de s’épousseter les manches, nonchalant. Il n’essaya pas de récupérer sa baguette, pas encore (il aurait pu faire un accio informulé sans problème), il ne voulait pas troubler une situation qui, il le croyait fermement en tout cas, allait se dérouler en sa faveur. Car cela avait toujours été le cas, le destin récompensait toujours les rois, et Derek pensait être, plus encore que de la simple royauté, un empereur parmi les hommes. Les mots de Léandre contre sa compagne étaient durs. Probablement justifiés, mais pour en être sûr, l’américain devait recueillir plus d’informations sur les deux tourtereaux : si il n’aurait jamais, lui-même, traité une femme de cette façon, en particulier celle qu’il aimait (il restait après tout persuadé qu’un gentleman devait traiter le sexe faible avec révérence), il ne jugeait pas le Rosier pour sa fureur. Un Auror dans sa position… Si cela amusait le criminel, la conscience de Léandre devait être particulièrement mise à l’épreuve.

Enfin, on s’adressa à lui. Il avait un petit sourire sur le visage, presque indécent, tant il était déplacé. Mais c’est avec la plus grande des assurances qu’il répondit au Sang-Pur, en choisissant avec soin ses mots, pour qu’ils résonnent aux oreilles de son interlocuteur.

« -Je ne suis pas certain de leur appartenance à Gloriam : je n’ai entendu que des bribes de leur discours, mais ils me semblent bien plus être des petites frappes voulant jouer les durs et accéder à la cour des grands… Des lâches, assurément, pour attaquer ainsi une jeune dame. En tout cas, s’ils ne sont pas moldus, ce sont de bien étranges sorciers, à préférer sortir des armes à feu plutôt que leurs baguettes.

Il croisa les bras et s’adossa au mur, comme si la situation était anodine, ses mots badins. Lui qui vivait dans une violence constante était à l’aise dans cet environnement compliqué et sanguin. Il était le chaos, et le chaos était son incarnation.

-Nous ne nous connaissons pas tant que cela, mon cher Léandre, mais croyez-moi bien lorsque je vous dis ces mots : je vous jure que ces hommes ont attaqués votre chère et tendre, je vous jure l’avoir défendue au mieux de mes habilités, je vous jure qu’ils sont bel et bien morts mais que je n’ai aucune preuve de ce que j’avance. Si vous appelez vos collègues… Il fit une pause. Dramatique, théâtral, comme toujours. Je m’en sortirai en prison. Je ne suis pas si sûr que ce soit le cas de l’enfant, ou même de celle-ci. »

Un geste de la main vers Adrasteia. Lui montrant à quel point elle était tremblante, fragile, au milieu de ces éclaboussures carmins. Appelant à l’homme plutôt qu’à l’Auror, car c’était celui qu’il fallait amadouer. Le cœur ne répond pas à la raison, il répond à l’appel perçant de la détresse chez l’être aimé.  


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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Mer 31 Jan - 2:11
So heaven, if you sent us down,
so we can build a playground. For the sinners to play as saints, you'd be so proud of what we've made.457 mots
For the sinners to play as saints

V
ous … ÉTIEZ CENSÉE RESTER EN DEMEURE. » Elle avait frémi, ses paupières secouées de spasmes alors qu’elle n’osait toujours pas lever les prunelles. « VOUS M’AVEZ DÉSOBÉI ADRASTEIA. DÉSOBÉI. » - Et cette fois elle en avait fermé les yeux, hochant discrètement la tête alors qu’elle admettait la faute de ses frasques. « Vous avez raison… mais. » Avait-elle murmuré honteusement, avant de se raviser dans ses explications. Parce qu’au fond, aucune justification n’était suffisante pour venir contrer ces maux. Il lui semblait, avoir le droit de déferler sa colère. La situation en elle-même était redondante n’est-ce pas ? Il lui demandait de rester entre les quatre murs de sa forteresse familiale et elle s’éclipsait en son absence, ne pouvant faire autrement que de répondre en faveur de cette hystérie qui implosait d’un manque de liberté. « Vous avez raison. J’ai désobéi. » La voix était plus forte, affirmée, acceptant la responsabilité d’une faute qu’elle avait volontairement commise, mais toutefois sans malveillance ou d’une intention de lui manquer respect. « Est-ce vrai, Derek ? Est-ce Gloriam ? Jurez-vous que c’est leurs cadavres sur le sol ? Que ce sont bien des moldus et que Raventhrone dit la vérité ? Si toutes ces choses sont réelles … JUREZ LE MOI ! »

Et comment osait-il seulement insinuer la possibilité d’une telle traîtrise. La Slave avait derechef levé la tête en réaction aux dernières paroles, fronçant les sourcils d’une stupéfaction outragée. Sa confiance en elle était-elle si faible qu’elle passait aussi rapidement à la déclarer coupable qu’il devait obtenir l’assermentation du dénommé Derek afin d’en croire ses dires ? « Raventhrone ? … Est-ce que Raventhrone dit la vérité ? » Elle, qui portait le fruit de leurs péchés, la tête haute sous les murmures hypocrites des nobles. Elle, qui se montrait patiente et compréhensive à ce mariage qui ne venait pas malgré l’urgence, non seulement devant la possibilité de naissance prématurée, mais la réalité d’un Auror perdant la vie lors d’une mission quelconque. Elle qui n’avait pas hésité à le protéger, à l’instant, et qui précédemment avait endossé la responsabilité de l’horrible situation pour s’assurer qu’il n’en paierait pas les frais. Son regard avait bifurqué en direction du brun rédempteur, avant de revenir sur le roi paradoxe. Il dépassait bien plus que la limite de l’entendement, elle qui s’efforçait de faire au mieux pour ne pas envenimer la situation, se voyait foudroyée de la pire des insultes. Ses lèvres s’étaient ourlées par offense, libérant du fond de sa gorge, un rire amer qui exprimait sa consternation avant d’inspirer longuement pour tempérer cette tempête qu’il avait déchaîné. « Je ne suis pas certain de leur appartenance à Gloriam… »

Mais son rire se coupa ex abrupto, ses prunelles attirées dès les premières paroles de Derek, lui offrant toute sa concentration, aussi séditieuse et subversive pouvait-elle maintenant lui paraître. Avait-il simplement la moindre idée que chacune de ses paroles seraient décomposées et reformulées des centaines de fois par sa partenaire d’importune ? Parce que s’il en avait été possible, la Slave n’aurait pas hésité de sonder ses dires jusqu’à n’en disséquer ses poumons pour en mesurer ses souffles, ses pauses, et même la plus infime des vibrations qu’auraient ses cordes vocales. Parce qu’elle, déjà bileuse, n’avait même pas le loisir de profiter d’une parcelle d’espérance provenant de Léandre. Si fugace le Rosier, tellement à l’affût de tout et de rien qu’il anticipait si aisément d’instinct. Tant bien qu’il se fît juge, même mieux, prophète attribuant ses augures qu’il devinait par pressentiments. Et si elle ne lui avait pas demandé de faire fi de ses frasques, ni de lui accorder l’amnistie, jamais, n’aurait-elle cru possible que l’Auror se montre aussi tranché à son propos…

Et elle qui se tenait si près de lui, visage aux couleurs désaturées, vêtements aussi froissés qu’ensanglantés… la percevait-il assez perfide pour ne pas d’abord la prétendre agressée ? N’était-il pas, par le fait même, si risible de constater, qu’il se faisait si avide de la blâmer elle alors que Derek avait bien plus de raisons d’être jugé par ses gestes ?

« Nous ne nous connaissons pas tant que cela, mon cher Léandre, mais croyez-moi bien lorsque je vous dis ces mots : je vous jure que ces hommes ont attaqué votre chère et tendre, je vous jure l’avoir défendue au mieux de mes habilités, je vous jure qu’ils sont bel et bien morts, mais que je n’ai aucune preuve de ce que j’avance. Si vous appelez vos collègues… Je m’en sortirai en prison. Je ne suis pas si sûr que ce soit le cas de l’enfant, ou même de celle-ci. »

D’un soupir, la brune avait exprimé son agacement, détournant les yeux pour en observer le corps de celui qui avait périt par sa faute. Il était blessé, pour des centaines de raisons diverses, il n’y avait aucun doute sur le sujet. Seulement, Derek avait bel et bien marqué un point quelques minutes plutôt… et encore une fois, sa justesse venait trancher ses idées si confuses. « Soit. Je… Regrette de… La Slave nota une pause pour soupirer une nouvelle fois, comme s’il s’agissait d’une source même d’un courage quelconque. J’aimerais avoir le loisir de vous prouver une innocence quelconque. Préférablement, j’aurais même aimé ne pas avoir à… Vous avez toutes les raisons d’être fâché… Toutefois, Derek a raison. Et si votre position vous incombe de décisions à prendre, la mienne ne me permet pas de- Et je ne sais pas, ce qui se trame dans votre… ‘’Est-ce que Raventhrone dit la vérité ‘’ ? Êtes-vous sérieux ? Je… je ne vais même pas… de toute évidence vous ne semblez pas avoir suffisamment confiance en moi pour… Je… j’espère que. Je ne peux pas… vous- Léandre… jamais je ne vous mentirais… vous le savez… je suis peut-être trop stupide pour arriver à ne pas vous attirer d’ennuis mais certainement pas… Vous savez toujours lorsque je. Sa voix se coupa soudainement, visiblement incapable d’arriver à s’exprimer convenablement. Si complexe, si confuse. Et si elle n’arrivait pas à se montrer aussi forte qu’elle ne l’aurait souhaité, sans doute était-ce parce qu’elle se laissait bien trop dévorer par trop d’émotions contradictoires. Injuste, il était, sans aucun doute. Fautive, quant à elle, fidèle à ses fondements pour tous les forcer à finir par la haïr. Elle inspira, longuement, à tenter de se calmer sans trop y arriver. Qu’il était pathétique, d’ailleurs, de ne même pas arriver à se faire valoir par le père de l’enfant qu’elle portait.

Le souffle soudainement si court, la tête ombrageuse, la Slave due pincer les lèvres pour retenir ce haut-le-cœur qui menaçait de remonter sa gorge tant la panique se faisait à nouveau impératrice. Et elle due malgré sa bonne volonté, pivoter pour faire face à Derek, simplement parce qu’elle n’arriverait jamais à se calmer suffisamment pour la suite des choses. Je comprendrai parfaitement si vous décidez de faire le juste choix. Si tel est le cas, Auror, faites ce que vous avez à faire. Pour ma part, j’ai une famille à laquelle j’ai certaines obligations et le temps me manque cruellement pour réparer une erreur pour laquelle personne ne devrait subir les conséquences. J’ose seulement espérer qu’un jour, vous arriviez à comprendre votre importance à mes yeux. Et je ne nie pas que tout ça n’aurait pas arrivé si je m’étais montré plus obéissante, mais sans doute – si avenir il y a – serait-il plus sage de mesurer la portée de vos accusations à mon égard. En dépit du fait, que je ne porte pas encore votre nom, Léandre, n’oubliez pas que vous m’avez choisi… et ce n’est certainement pas parce que je vous semblais aussi perfide. »

Et elle était si calme, la Nymphe aux tourments sempiternels. Si anormalement calme. Et peut-être s’il avait été assez attentif, peut-être aurait-il pu noter les tremblements qui teintaient sa voix. Honteuse de le mettre dans une telle situation, blessée par l’opinion qu’il avait d’elle. Et peut-être s’il avait été apte à soutenir son regard, peut-être aurait-il pu déceler cette même enfant qu’il y a 7 ans. S’abandonnant à cette léthargie qui asphyxiait ce trop de tout. Elle leva lentement ses iris aux couleurs d’acier pour rencontrer le sorcier qui semblait être son seul allié. Elle hocha la tête, avançant finalement en direction de Derek. Peut-être qu’il partirait, peut-être qu’il lui pardonnerait… mais s’il était trop tard pour qu’il l’affectionne encore, elle ne pouvait pas se permettre de se retrouver en prison et qu’on lui enlève son enfant. Pas pour s’être défendue, encore moins par des moldus.
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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Sam 3 Fév - 6:53
Un carmin infime s’échappait désormais de ces lésions douloureuses. De ces déchirements de la chair, en des tracés sinueux et ensanglantés, le long des bras. Et il en souffrait probablement autant que de la trahison qu’il semblait discerner chez Raventhrone. L’esprit malmené par ce que le Rosier ne parvenait plus à distinguer de la vérité ou de l’illusion.

La baguette toujours tendue, néanmoins, dans la poursuite de cette survie qu’il devait imposer face à Derek. Vous avez raison. J’ai désobéi. Sans doute qu’il aurait grondé davantage de méprise et de fureur si sa concentration ne s’était pas portée vers le sorcier qui l’avait agressé. Sans doute qu’il se serait gaussé lui-même de l’infamie dont faisait preuve sa compagne. Désobéir à un commandement simple et protecteur pour s’en peindre le corps, finalement, de cadavres chauds et moldus. Désobéir. Toujours désobéir à ce qu’il lui imposait comme pour montrer qu’elle aurait le dernier mot.

Et maintenant qu’elle tenait entre ses doigts une lame traître, jouant entre lui et l’autre une mascarade dont il se méfiait, il hésita un instant à la neutraliser. Parce que ce serait probablement plus simple d’écarter Raventhrone de l’équation pour mieux l’assujettir et l’en punir ensuite. Parce qu’elle l’avait clairement trompé, pour le reste. Pour tout le reste. Comment savoir que tout ceci n’était pas plus une comédie pour l’amener à la défaite que ces tentatives malheureuses de justifier sa cavalcade ?

Au moins avait-elle eu le bon sens de désarmer Derek. Peut-être était-ce son unique salut face à la psychose presque viscérale qui tordait la conscience de l’Auror. Raventhrone ? Est-ce que Raventhrone dit la vérité ? A moins qu’elle s’osa à le défier d’autant plus. Car la patience lui restait difficile à déployer et le rire, moqueur et outré qu’elle s’efforça de déployer à son encontre, le fit siffler d’un avertissement cruel.

D’une réprimande qui présageait des blâmes brutaux et violents.

Seulement, c’était toujours Derek qu’il fixait de sa férule et de son regard tourmenté. Je ne suis pas certain de leur appartenance à Gloriam. Les premiers mots percutèrent les réflexions du Rosier avec inquiétude. Et la suite, plus détaillée, ne fit qu’appuyer sur la frayeur qu’il commençait à distinguer dans son sang et au creux de son ventre. Il s’agissait bien de moldus. Armés. Mais ils n’étaient pas suffisamment gradés ni offensifs, à en juger les corps inanimés, pour représenter une menace justifiable pour une défense … Mortelle.

Il pinça les lèvres, un frisson de douleur secouant ses épaules quant aux blessures qui défiguraient ses bras. Je vous jure que ces hommes ont attaqués votre chère et tendre. Je vous jure. Ces termes se multipliaient et pullulaient dans la bouche du tortionnaire à l’assurance détestable. Je m’en sortirai en prison. Évidemment. Et étrangement. Comme si toutes ces choses horribles qui parsemaient leur champ de vision ne représentaient rien pour Derek. Je ne suis pas si sûr que ce soit le cas de l’enfant, ou même de celle-ci. Et c’était un épilogue logique. Cohérent avec le reste.

Parce que Adrasteia, aussi infâme et terrible soit-elle, ne survivrait pas au huis clos des geôles. Et il lui restait encore trop de temps à endurer la grossesse pour qu’il s’autorisa le risque à perdre sa descendance par la même occasion.

Un court instant, les pâles iris de Léandre abandonnèrent l’observation de l’ennemi confortablement posé pour en détailler les expressions évidentes de Raventhrone. Pour en discerner les tourments ostensibles et les nouvelles tentatives, d’une voix périlleuse, de se disculper d’égarements agaçants. Je. Toujours des excuses, des suppliques et des douleurs à confronter. Car la Slave tremblait et tempêtait d’une inquiétude suffocante. Équivoque. Elle craignait pour l’avenir.

N’oubliez pas que vous m’avez choisi. Mots balancés à son visage pour s’en éloigner. Vous m’avez choisi.

Et c’était bel et bien le problème, maintenant. Il lâcha un grondement de colère et de frustration mêlées, sa main libre et souffreteuse ne laissant pas l’occasion à Raventhrone de s’éloigner. D’un mouvement tyrannique et oppressif, il lui en saisit le bras pour l’immobiliser et surtout la soumettre à son jugement. « Taisez-vous ! » La voix trahissait de cette fièvre ardente et fulminante, alors que la baguette était toujours levée vers la silhouette chaotique. « Ne jouez pas avec vos beaux mots, Derek. Ils ne m’intéressent pas. » Et que le regard, confus et hésitant, de Léandre se tournait de nouveau dans cette direction. « Vous connaissez les lois qui régissent Atlantis. Vous savez ce qu’il en coûte de donner la mort, même par légitime défense. »

Ses doigts serraient si fort le bras d’Adrasteia. La pression ne faisant que croître dans ses phalanges au fur et à mesure des phrases qu’il prononçait. « Même si ce sont … Des … Moldus … Des putains de moldus … Et des putains d’armes à feu… Je dois. Je devrais vous arrêter. » Son esprit tournait si vite. Si fort. « Mais … Elle y survivait difficilement. Je le sais, je ne suis pas fou Derek. »

Et l’option qui lui paraissait si aisée, si rapide, lui brûla les doigts. Il pouvait le tuer, n’est-ce pas ? Mais c’était une magie terrible. Qui abimait l’âme et corrompait le sorcier. Qui allait à l’encontre de tout ce pourquoi il luttait : et si briser la nuque d’un moldu lui paraissait justifiable pour venger Ariane, mettre sommairement fin à l’existence d’un sorcier le gênait davantage. Surtout devant Adrasteia. Est-ce que pareille dérive ne risquerait pas de leur coûtait à tous deux ? A tous trois, compte tenu de l’enfant à naître ?

« Je ne peux pas me permettre de la perdre. Mais vous avez tout vu, Derek. Vous avez participé, même, de ce que vous en dites. Vous êtes … Gênant. » Mais avait-il le choix ? « Vos respirations sont encombrantes, Derek. Et si je dois, moi, vous éliminer pour la préserver de l’enfer … Parce que, soyons francs, vous n’allez pas vous taire. » A moins qu’il se trompa sur ce point. Derek paraissant si… A l’aise dans la cacophonie ambiante. « A moins que … » Si menaçant de quiétude. « … Qu’elle utilité auriez-vous à survivre, Derek ? Surprenez-moi, j’écoute. »



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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Sam 3 Fév - 8:16

For the sinners to play as saints
Derek & Adrasteia & Léandre
Il était impressionnant de voir les différences de réaction entre les différents protagonistes face à cette sombre situation. La Raventhrone paniquée, désireuse d’une issue favorable, mais fière, droite. Derek le nonchalant, une lueur amusée dans ses yeux, en total décalage avec le sang qui coulait doucement sur les pavés. Et l’Auror et sa fureur frénétique, démesurée, probablement une réaction légitime, d’ailleurs. Il répondit à la supplique de sa promise d’une manière dure, que l’américain aurait qualifié d’impolie, mais le moment n’était pas venu de le reprendre sur la façon dont il gérait son couple. Car si l’attitude du criminel était décidemment candide, il avait conscience que le moment était critique. Que tout ce pour quoi il avait travaillé si dur pouvait s’arrêter en un seul instant, à cause d’un mot de trop ou un comportement qui aurait déplu au Rosier. Mais malgré tout, comme toujours, il était confiant. Tout irait bien, car il le fallait. Car le destin devait jouer en sa faveur, c’était écrit. Et il pouvait voir le cheminement de pensée que prenait Léandre, et il comprenait son tiraillement, et il ne pouvait s’empêcher de sourire doucement face aux mots si durs à son encontre. Il avait raison, l’Auror. Il était gênant. Il n’avait même pas conscience à quel point.

Derek se redressa, passant sa main dans ses cheveux, afin de prendre quelques secondes pour remettre un air sérieux sur son visage. Il ne voulait pas offenser Léandre, non pas dans un quelconque soucis de préservation, simplement par respect. Il avait conscience que sa réaction pouvait sembler moqueuse, même si ce n’était pas le cas : il était simplement dans son élément. Dans le chaos, dans l’aliénation, dans le sale et le sang.

« -Je pense que vous ne posez pas la bonne question, Léandre. La question n’est pas de savoir quel est mon intérêt à survivre, mais plutôt ce que vous perdriez si je venais à mourir. Mourir de votre main… Un Auror si respectable, si respecté de la communauté… Comment vous y prendriez vous ? Avec ces armes moldues ? Il était si simple de comprendre, à l’intonation méprisante de l’homme en colère, qu’il ne tenait pas en haute estime ces cadavres étendus sur le sol et leur nature. Car Gloriam ou pas, ces crétins n’auraient pas pu me tuer d’un Avada… Ne pensez-vous pas qu’il y aurait donc une enquête, si vous utilisiez votre baguette contre moi ? Qu’on poserait des questions un peu trop gênantes quant à votre… participation dans l’affaire ?

Et c’était la vérité des plus élémentaires : que ferait le Rosier d’un cadavre de plus sur les bras ? S’il les laissait pourrir dans la rue, leurs différences de statut et de cercles sociaux poseraient irrémédiablement des questions auxquelles il faudrait donner des réponses. Mais Derek savait que ce n’était pas suffisant. Il avait, de toute façon, encore des cartes en main. Voir même plusieurs cachées dans sa manche.

-Et donc, vous me tueriez, rompant vos serments d’Auror de défendre plutôt que d’ôter la vie, et éliminant celui qui a sauvé d’une mort certaine celle que vous auriez dû protéger vous-même. Serait-ce de l’orgueil, monsieur Rosier ? Auriez-vous préféré être celui donnant le coup fatal ?

Il le provoquait, c’était vrai. Mais ce n’était que pour le préparer pour ce qui allait arriver, la véritable raison qui devrait faire réfléchir Léandre. Il devait lui montrer qu’il n’avait en aucun cas, peur de son sort. Car l’assurance qu’il projetait, et qu’il ressentait de toute façon, montrerait à quel point il était sérieux dans ses propos. Il allait le menacer, bien sûr. Il n’était pas Sacramento pour rien. Léandre ne le savait pas, mais il était difficile de passer à côté de l’assurance ferme de Derek face à cette situation, ne signifiant qu’une chose : il n’était pas ce qu’il semblait être. Il était bien plus dangereux qu’un simple compagnon de poker, qu’un simple riche philanthrope. Il n’allait pas révéler la vérité, bien évidemment, il n’était pas encore suicidaire, et il savait que les soupçons de l’Auror seraient importants : mais si tout se déroulait comme il l’entendait, cela n’aurait pas d’importance. Son secret serait protégé par la certitude de devoir protéger une sournoiserie bien plus sombre encore.

-Mais comme mes beaux mots ne vous intéressent pas, j’arrêterai de tourner autour du pot. Si je venais à mourir aujourd’hui, dans cette ruelle anonyme… Vous êtes intelligent, Léandre. Vous comprenez que tout ça (et il balayait la scène de la main en parlant) n’est pas nouveau pour moi. Que si je venais à disparaître, la justice ne serait pas la seule à se poser des questions. Vous êtes un personnage public, un jeune Auror talentueux… Vous habitez avec votre sœur Ariane, n’est-ce pas ? Elle aussi une Auror, une si douce créature… Il y a Honoria aussi, et ne parlons même pas de la Raventhrone et de votre enfant à naitre. Peut-être que vous pourriez-vous protéger vous-même, des gens de l’ombre qui viendraient s’en prendre à vous. Mais pourrez-vous tous les protéger, alors que vous avez été incapable de prévenir cette débâcle d’arriver ?

Il s’approcha de Léandre, jusqu’à ce que la baguette touche son torse. Les battements de son cœur étaient calmes, son regard fixe. Il avait cessé de plaisanter. Car ce n’était plus Derek qui s’exprimait, c’était Sacramento, c’était celui qui avait brisé la nuque d’un moldu sans sourciller il y avait à peine quelques minutes. Son aura s’était entourée de ténèbres envoûtantes.  

-Vous avez vu la noirceur de ce monde, Léandre. Osez me dire que je bluffe, que je ne dis ces mots que par désir de sauver ma peau. Je suis sérieux. Si m’ôter la vie ne vous fait ni chaud ni froid, je ne suis pas sûr que vous pourriez en assumer les conséquences. Une ultime pause. Il n’y avait plus de jeux, plus de faux semblant. La menace avait était claire, et c’était maintenant à Léandre de prendre la décision, c’est la raison pour laquelle il murmura ses dernières paroles, comme si elles n’avaient pas vraiment leur place. Si je me trompe, allez-y, prononcez la formule. Sinon, nous avons du travail à faire et des corps à nous débarrasser.»


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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Dim 4 Fév - 17:13
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For the sinners to play as saints

I
nterdite, la Slave se laissa heurter par décontenancement, interceptée par une grippe qu’elle n’avait pas envisagé. « Taisez-vous ! » Et elle avait frémi, simplement parce qu’elle s’était laissé distraire par cette main qui exerçait sa tyrannie avec de plus en plus de conviction chaque seconde qui s’écoulait. Elle avait soupiré, d’un soulagement sans doute bien trop hâtif de constater qu’il l’avait tout du moins retenue. « Vous connaissez les lois qui régissent Atlantis. Vous savez ce qu’il en coûte de donner la mort, même par légitime défense. » Ni pardonnée, ni amnistiée pour la moindre de ses fautes, domptées sans doute au comble de l’humiliation… et pourtant la Nymphe ne pouvait s’empêcher d’y trouver un certain réconfort sous sa chaîne de chair et d’os. « Même si ce sont … Des … Moldus … Des putains de moldus … Et des putains d’armes à feu… Je dois. Je devrais vous arrêter. »

Elle recula de quelques pas, tête basse alors qu’elle se laissait à nouveau envahir par l’opprobre. Tant bien qu’elle n’osa pas se plaindre de la force qui s’exerçait sur son bras, si ce n’était que d’en laisser ses propres doigts venir recouvrir les siens d’un consentement silencieux à s’assujettir. « Mais … Elle y survivait difficilement. Je le sais, je ne suis pas fou Derek. » Ses lèvres se pressèrent d’entendement tandis qu’elle se plaçait finalement à ses côtés, peut-être légèrement en retrait derrière son épaule, se contentant d’écouter ce que le Rosier avait à spéculer. « Vos respirations sont encombrantes, Derek. Et si je dois, moi, vous éliminer pour la préserver de l’enfer … Parce que, soyons francs, vous n’allez pas vous taire. »

Cette fois, elle ne pût retenir ce hoquet en réaction aux paroles du Roi paradoxe. « A moins que… Quelle utilité auriez-vous à survivre, Derek ? Surprenez-moi, j’écoute. » L’infante aux avanies impardonnable en avait relevé son faciès, laissant ses iris miroiter le profil du Rosier d’une malepeur flamboyante. Et elle avait murmuré son prénom, d’une supplique angoissée qui s’accentuait d’ongles acharnés éraflant la peau de son poignet par frénésie. Il était fou, complètement fou… l’une des raisons principales qui l’avait motivé à accompagner Derek, découlait directement du principe qu’elle voulait s’assurer que la carrière de Léandre n’en serait point compromise. Et le voilà qu’il s’inculpait lui-même par menaces indubitablement incriminantes, à tenter le diable par profanations dirigées vers cet homme qui n’avait pas hésité à l’attaquer et ce même en connaissance de cause. « Vous vous laissez mener par vos émotions, Auror, être pernicieux ne vous servira à rien… Elle nota une courte pause, jetant un regard furtif en direction de Derek qui semblait mesurer ses prochaines paroles. Elle reporta son attention sur son promis pour poursuivre ses implorations murmurées, Léandre… vous êtes bien plus ingénieux. L’un de nous deux doit être irrépréhensible. »

« Je pense que vous ne posez pas la bonne question, Léandre. La question n’est pas de savoir quel est mon intérêt à survivre, mais plutôt ce que vous perdriez si je venais à mourir. […] » À cet instant, ce fut elle qui avait vilipendé ce sifflement qui avait tranché le silence ambiant, ses doigts se resserrant difficilement sur le bois de sa baguette en raison de la force obtempérée sur son bras. « Et donc, vous me tueriez, rompant vos serments d’Auror de défendre plutôt que d’ôter la vie, et éliminant celui qui a sauvé d’une mort certaine celle que vous auriez dû protéger vous-même. Serait-ce de l’orgueil, monsieur Rosier ? Auriez-vous préféré être celui donnant le coup fatal ? » Ses lèvres s’étaient ourlées d’offenses aux insinuations que le brun avait narguées. Et elle inspira longuement, sa patience rudement mise à l’épreuve alors qu’elle peinait clairement à comprendre la raison d’être de la joute. « [..] ne parlons même pas de la Raventhrone et de votre enfant à naitre. Peut-être que vous pourriez-vous protéger vous-même, des gens de l’ombre qui viendraient s’en prendre à vous. Mais pourrez-vous tous les protéger, alors que vous avez été incapable de prévenir cette débâcle d’arriver ? »

Elle n’avait pourtant pas bronché lorsque Derek s’était approché d’eux, son torse à bout portant, dans une ultime provocation. Il n’avait pas hésité à le blesser une fois déjà, ni tuer ce moldu… ses lèvres se pressèrent d’angoisses alors qu’elle repassait en boucle chacun de ses mots, pouvant sentir l’urgence pulser dans ses veines. Sur le qui-vive, l’indomptable avait dû faire preuve d’une force inattendue pour bouger son bras détenu par le Rosier, levant sa propre baguette en réponse aux menaces maintenant directement dirigées vers leur enfant. Si elle n’avait pas tenté de briser l’emprise, ce n’était certainement pas la griffe acérée du lion qui l’empêcherait de poser les gestes nécessaires. La pointe de sa baguette se pressa fermement contre la gorge offerte du ténébreux à la langue draconienne - « SUFFIT. »- dont elle ne tolérait plus les diatribes. Et elle bouillait, désormais, d’une fulmination agitée, irascible et vacillante dans le plus petit de ses souffles.

Tant bien que l’impétueuse en fit serpenter au sol l’infernale animosité qui la consumait, les flammes voraces qui se refermaient d’un cercle autour d’eux venant pratiquement lécher l’échine du protagoniste de son effervescence. « Sachez Monsieur, que ma reconnaissance à votre égard n’a d’égale que sa soudaineté. Mes aveux précédents n’ont pas bronché par la présence de Léandre, les enjeux me sont toujours trop précieux pour négliger ma responsabilité. Alors je vous conseillerais de vous montrer un temps soit peu plus convainquant s’il vous prend une nouvelle fois l’envie de me menacer moi ou ma famille. Dans la seconde, il me semble bien plus avantageux m’occuper d’un troisième corps aux risques de prétendues vengeances. Vous me semblez bien plus dangereux en vie, avec autant d’informations, que d’imaginer que votre disparition inciterait systématiquement vos amis à déduire toute l’affaire. Parce que présentement, les seuls témoins de votre chute ne possèdent pas vos talents d’orateur et semblent plus enclins à emporter notre secret dans la tombe. » avait-elle pestiféré, sourcils froncés et menton défiant. « Et si vos joutes verbales à savoir quel gentleman est le plus à craindre, vous sembles aussi importantes, vous aurez tout le loisir de les poursuivre pendant ou après l’affaire. Je suis déjà exténuée et j’ai sacrifié ma sieste d’après-midi pour signer une centaine de foutus contrats. Alors Messieurs, considérez qu’il n’y a rien de plus horrible qu’une femme enceinte qui n’arrive même pas à se supporter elle-même et qui ne peut pas s’étendre pour soulager ses courbatures. Vous disposez de trois heures, passé ce délai, aucun de vous deux ne fera le poids croyez-moi. »





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Sujet: Re: For the sinners to play as saints. + 18 | Mar 13 Fév - 8:41
Il était question de rationaliser la chose, maintenant que tous ses sens vacillaient et que ses pensées menaçaient de se briser. Vous vous laissez mener par vos émotions, Auror, être pernicieux ne vous servira à rien. Il s’agissait de trouver une voie alternative, surtout. Pour ne pas avoir le sang si précieux d’un sorcier sur les mains. Parce que dans le fond, Derek avait beau se dresser au-devant de lui tel un ennemi, il restait de cette race minoritaire que Léandre avait juré de préserver. L’un de nous deux doit être irrépréhensible. De ces âmes révérées qu’il devait protéger de l’engeance moldue. De la menace non-magique. Celle qui, risible et désuète, se magnifiait désormais à travers à ces corps inanimés ici et là. Empalés, brutalement, par une situation qui s’était dégénérée jusqu’à l’os.

Je pense que vous ne posez pas la bonne question.  Achevés, notamment, par cette esquisse presque malfaisante qu’il semblait discerner chez Derek. Si loin de l’homme maniéré et pondéré qu’il connaissait habituellement. Si obscur, finalement, dans ce qui paraissait être une mise en scène lugubre. Ce que vous perdriez si je venais à mourir. Et la langue étrangement acérée dans ce qui lui paraissait être des avertissements.

Or, Léandre n’aimait pas recevoir ce genre de commandements : c’était lui qui les donnait, ordinairement. C’était lui qui dictait l’ordre des choses. Un Auror si respectable. Si cette phrase, toute particulière, ne s’était pas glissée dans le phrasé sentencieux et théâtrale de son interlocuteur, sans doute que le Rosier aurait effectivement grondé.

Mais il resta étonnamment silencieux.

Car il était loin d’être aussi parfait et innocent que le supposait Derek dans sa diatribe.

Alors il le laissa poursuivre. Le visage toutefois crispé par la fureur. Par ce mécontentement brûlant qu’il lui restait de la désobéissance de Raventhrone. Par cette colère souffreteuse qu’il lui vrillait la chair au même titre que les coups encaissés et sanguinolents. Serait-ce l’orgueil, monsieur Rosier ? S’il savait. Auriez-vous préféré être celui donnant le coup fatal ?

Il y eut un frisson, soudain, le long de son échine. Comme si l’éventualité évoquée réveillait une infamie délicieuse au creux de sa conscience. Une disgrâce attirante et cathartique, convoquée par la bête primaire qui somnolait toujours en lui. Qui se comblait de sang et de suffisance à la moindre occasion : comme lors de ce soir perdu, ou il s’était approprié Adrasteia. Sa posture sembla ciller, l’espace d’infimes secondes.

Son regard trahissant sans doute, un peu, de ce trouble qui croissait et grondait au creux de ses veines.

La justice ne serait pas la seule à se poser des questions. Qui s’amplifiait sous la menace désormais évidente. Ariane. Honoria. Adrasteia. L’enfant. Évidemment. C’était si simple d’en venir à ces noms. Les muscles de son bras tendu tressaillirent sous ce qui semblait être … Une ondée rageuse. Irritée.

Définitivement agressive. Mais pourrez-vous tous les protéger, alors que vous avez été incapable de prévenir cette débâcle d’arriver ? Et sur ces allégations soufrées et acides, Derek s’était rapproché. S’était dévoilé en ce qui semblait être une prise de risque considérable. Était-il aliéné ? L’Auror éprouva un second frisson, excité par la proximité et la violence majestueuse qui se dégageait de leur mêlée imprévue.

Je ne suis pas sûr que vous pourriez en assumer les conséquences. Les phalanges se resserrent autour de la baguette, blanchissant progressivement sous la détermination souveraine du Rosier. Allez-y, prononcez la formule. C’était si tentant, quelque part, de s’y abandonner.

Mais Raventhrone avait bougé malgré l’emprise, plus efficacement et subtilement qu’il ne l’avait prévu. Profitant de ce duel qui s’enlisait entre les regards indélicats de deux mâles excessifs pour déployer son propre jeu. SUFFIT. Baguette nerveuse contre gorge implacablement nonchalante.

Et … Flammes. FLAMMES ?!

Léandre fronça les sourcils quant à ce cercle de feu qui se formait autour d’eux. Il ne relâcha pas sa vigilance pour autant, ni sa prise forcenée sur la férule prête à canaliser sa fureur. Mais il s’inquiéta distraitement d’Adrasteia. De l’indomptable et de ses paroles aux accents épuisés. Dangereux. L’était-elle réellement, finalement ?

Vous disposez de trois heures. « Soit. » Il avait bien assez laissé ses interlocuteurs s’exprimer. « Trois heures … » C’était à son tour de mettre les choses au clair. La main précédemment agrippée à Raventhrone la délaissant pour se concentrer en un poing fermé et rude.

En une force qu’il concentra avec véhémence avant de la lever. De la dresser et de la fracasser, avec vélocité et empressement, contre le visage de Derek. Le sourire qui tordit ensuite le visage de l’Auror se révéla anormalement satisfait. Tant le coup faisait vibrer agréablement ses propos os, comme pour s’en libérer d’une pression détestable et oppressante.

Tant l’impétuosité bestiale et sauvage qui animait ses nerfs lui plaisait. « … Considérez que… Nous sommes quittes. Mais ne vous montez pas trop la tête avec vos mots beaux et vides. Si vous êtes en vie, c’est uniquement car vous êtes un sorcier. »

Parce qu’un moldu, il l’aurait achevé. Ni plus. Ni moins.



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