You ain't from this planet are you ? | Ariane

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Sujet: You ain't from this planet are you ? | Ariane | Mer 13 Déc - 15:26
Crumlin Road - 07 Mai 1997

Le vent siffle dans les interstices des vitres cassées de la grande bâtisse. Vingt-deux heures passées et le froid nous parcourait l'échine quelque peu. Le mois de mai avait amené son lot de surprise et de douceur, mais il faisait toujours un peu trop froid vers Crumlin Road. Le manque de visiteurs dans ce quartier malfamé entraînait sûrement un manque de chaleur. Entre un bar, une boîte, une maison d'accueil pour squatteurs et autres nuisibles, je ne savais pas vraiment comment décrire le bâtiment du Dragonclaw. Un repaire. Un terrier. Il était connu de tous, moldus mais surtout sorciers, pour être un coin peu fréquentable mais où au moins, personne ne jugeait les uns ni les autres. Une mine d'or en terme d'informations, également. C'est ici que j'avais tous mes contacts irlandais, ici que je les rencontrais tous. Une antre de débauche et de magouilles, laissant plonger chaque âme qui s'y perd dans le stupre et la déchéance, parfois trop brutale.

A côté de moi, Tony Blair s'impose à la tête du Royaume-Uni, l'IRA est toujours aussi virulente depuis le bombardement de Manchester il y a presque un an, mais dans ce chaos je me sens étonnement heureux. Complet. Mon père disait souvent que je me repaissais de l'anarchie et du désordre, c'est bien là une des seules choses sur lesquelles il avait entièrement raison. Je me sens comme épanoui au milieu de ces gens qui s'agitent, et plus calme que jamais, je me concentre encore mieux sur mes propres recherches. Car cette époque est aussi celle de cette rumeur qui court sur la création d'une ville, une Atlantide perdue au milieu des îles d'Ecosse, où sorciers se mélangeraient avec moldus. Comme si une telle histoire allait tenir... Il n'empêche que ces on-dit ont piqué ma curiosité où il le fallait. Ces derniers jours, j'en serais même presque à vouloir aller voir, goûter un peu de cette ville parfaite que l'on s’apprête à nous vendre, à remettre en question chacune de mes décisions jusqu'ici : ma fuite, mon déni total de mes racines. Ma vie entière, pour tout dire. C'est pour cela que je suis venu ici, pour retrouver un peu d'ambiance sorcière comme je la connaissais. Une curiosité bien déplacée pour qui j'étais devenu, celle de voir comment a basculé le monde en 15 ans.

J'entre donc dans le Dragonclaw d'un pas lent mais assuré. Je vais m'accouder au bar, demande un verre de whiskey irlandais et me retourne pour mieux voir les personnes autour de moi. Il y a des couples de junkies, quelques indépendantistes dans un coin qui rêvent de grandeur, un groupe d'ami au fond qui chante fort et boit beaucoup. Puis il y a une femme, une femme au regard noir qui m'interpelle. Elle semble se cacher dans un recoin, comme si elle n'était qu'une participante passive de l'acte de théâtre qui se déroulait dans la pièce. Elle ne fait qu'observer. Je ne sais pas vraiment si elle est seule, d'ailleurs, le mur me cache le reste de sa table où pourrait se trouver des compagnons à elle. Elle me dit quelque chose d'ailleurs, cette femme. Sa prestance. Je pourrais parier qu'elle est une sang-pur. Je dois savoir. Il faut que je sache. Ca devient subitement comme une obsession, tout juste délicatement poussée par les stupéfiants qu'on m'a donné quelques heures auparavant.

Alors sans la perdre du regard, je me lève, m'avance vers cette table et sans même regarder si la jeune femme est entourée ou non, je pose mon verre à côté du sien et attrape une chaise pour la rejoindre. « Ce n'est pas vraiment le lieu idéal pour une belle femme comme vous. Vous avez dû vous perdre ici, pas vrai ? ». Je lui souris quelque peu niaisement et continue de la regarder dans le blanc de l’œil. Elle a un effet hypnotisant que je ne saurais m'expliquer, que je dois comprendre. Vite. Comme une nécessité, un appétit à rassasier. Le même que ma curiosité déplacée pour les sorciers actuels. Alors dépourvu du moindre tact, j'avale une gorgée de mon single malt avant de murmurer à son encontre « Vous faîtes partie des 28... Non ? Je serais prêt à le parier. Je m'appelle Alistair Fawley, et vous êtes ? ».


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Sujet: Re: You ain't from this planet are you ? | Ariane | Mar 20 Fév - 19:11


↞ 7 Mai 1997 - Crumlin Road ; Dragonclaw ↠
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L'observation. Pour elle, c'était plus qu'une nécessité. C'était un jeu. Un jeu auquel la Rosier se prêtait avec malice et plaisir. Un jeu auquel elle aimait à deviner, à parier. Pour certain, c'était un talent. Pour d'autre, un acquis qui, même après des décennies d'entraînement, ne l'était pas vraiment. Pour elle, ce n'était rien de plus qu'un amusement. Un amusement qui pouvait lui sauver la vie -qui lui avait maintes fois éviter des déboires dramatiques- certes, mais un amusement quand même. Un passe-temps. Ce qui le rendait infiniment plus agréable à pratiquer que lorsqu'il s'agissait d'une contrainte vitale.

La jeune Rosier, en plus de l'affection malicieuse qu'elle portait au jeu -quel qu'il soit- se doublait d'une curiosité que certains pouvaient qualifier de malsaine. Pour elle, c'était le genre de curiosité enfantine et presque innocente qui pousse les enfants à jouer avec la flamme des bougies. Jusqu'à ce qu'ils se brûlent sans doute. Mais jusque là -et encore pour quelques années, lui soufflerait le futur- elle ne s'était jamais brûler le bout des ailes. Une chance avec son métier ? Peut-être. Mais pas de son point de vue. La prudence est mère de sûreté. Ce n'est parce que l'on souhaite connaître les sensations d'une chute libre que l'on s'y tente sans parachute... Ou en l’occurrence dans son cas, sans son précieux don de métamorphose.

En route vers le domaine familial, elle avait eut vent des déchirements qui animaient les rues britanniques. Et après un long déplacement outre atlantique, elle avait fait halte dans les méandres de Belfast, à l'abri des regards et des craintes. La nuit était tombé depuis longtemps quand elle avait passé les portes du Dragonclaw, le col de sa cape de voyage remonté sur sa nuque. L'endroit était parfait et un sourire ne tarda pas à naître au coin de ses lèvres alors que son regard balayait la pièce avec malice. Elle était de ceux-ci qui, malgré leur prestance et leur tenue, arrivait à se faire passer comme étant à leur place en n'importe quel lieux. Elle pouvait se fondre dans le décors aux yeux du monde. Mais certains observateurs chevronnés, avec ce même affect qu'elle de la curiosité des choses mystérieuses, ne manqueraient pas de la remarquer. Et c'est ce qui ne manqua pas d'arriver, une bonne heure après qu'elle se soit confortablement installée dans un recoin sombre...

Elle l'avait vu approcher, mais n'avait pas pour autant bouger. Elle le laissait venir, son regard azur se posant sur lui seulement au moment où il arriva en face d'elle. Un sourire joueur passa sur ses lèvres à sa première question, à laquelle elle répondit de sa voix rocailleuse, y distillant une légère dose d'amusement taquin. « J'aime me perdre dans des lieux comme celui-là. J'y fais souvent des rencontres... Intéressantes. » Elle attrape son propre verre d'une main désinvolte, en prenant une gorgée sans quitter son regard du sien, hypnotique. « Vous faîtes partie des 28... Non ? Je serais prêt à le parier. Je m'appelle Alistair Fawley, et vous êtes ? » Une brève surprise passa sur les traits de la Rosier. Quelques centièmes de secondes d'un étonnement presque sincère, sinon de la révélation de son intrigue. Plus intéressant encore que je ne le pensais... Rares étaient, parmi ceux de son espèce, à être initiés de la sorte. Le sourire moqueur revint doucement sur ses lèvres, alors qu'une nouvelle gorgée de son verre venait humecter ses lèvres. « Fawley... Un nom qui ne m'évoque rien... Vous me semblez joueur en attendant Mr. Fawley... Jusqu'où iriez vous si nous parions ensemble sur mon ascendance ? » C'était un pari injuste, elle le savait. Elle le laissait partir avec un handicap de taille. Mais c'était une bonne façon de voir où se trouvaient les limites de sa curiosité...

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Sujet: Re: You ain't from this planet are you ? | Ariane | Dim 15 Avr - 15:28
Crumlin Road - 07 Mai 1997

Au travers de la fenêtre, le vent continue de se lever. Les arbres dansent tandis qu'ici, je n'entends même plus la musique, cachée par les paroles de l'inconnue. Elle était finalement seule, je le remarque après quelques secondes déjà, tandis que je balaye des yeux les alentours lorsqu'elle parle de rencontres intéressantes. « Et alors, qu'attendiez-vous pour aller à l'encontre des gens ? ». Machinalement, je maintiens en suspens dans les airs mon propre verre, faisant tourner sur les parois le liquide coloré. Elle a un petit côté inquiétant et dangereux dans les yeux, je ne me souvenais pas que les sorciers pouvaient sembler être si intrigants. Peut-être que finalement j'avais tort. Il est possible qu'elle ne soit ni une sorcière ni une noble, tout juste une dame, voyageuse intemporelle irréelle. Une image de mon envie intérieure de retrouver un peu de magie dans mon quotidien, un besoin dérangeant. Et bien qu'y penser va me faire sombrer dans une déprime désolante, les anti-dépresseurs qui se faufilent dans mon sang auront au moins le bon côté de brouiller mes idées noires. Je pourrais même plus qu'apprécier cette fin de soirée, ce début d'aventure.

« Oh... Un pari ? Hm... », ma tête se secoue et se penche à la mention du petit jeu qu'elle me propose. La dernière fois que je me suis lancé tête baissée dans de tels risques, guidé par une femme comme elle, j'ai écouté mon cœur : résultat, j'ai eu mal aux fesses et à l'âme. La douce Sybil, une gitane qui m'avait fait rêver un soir de perdition, avait dérobé ma voiture aux siège de cuir moelleux et le semblant d'amour que j'avais pu éprouver pour ses beaux yeux envoûtants, me forçant à rentrer à Londres dans le coffre d'un vieux pick-up. J'hésite donc, retiens un rire, puis avale l'entièreté de mon verre. « Je suis capable d'aller très loin. ». Trop sûr de moi, ma mère me le disait souvent. La vanité me tuera. « Allez-y, énoncez les règles, je vous suis. ». Pour une seconde, je regrette déjà, Sybil a disparu de mon esprit bien trop vite, et la jolie brune a pris sa place trop rapidement.

Dans un geste lent, faisant grincer la chaise sur le parquet trop peu lustré, je recule ma chaise comme pour me préparer à ce qui va me tomber sur le nez. Puis après une respiration qui me semble avoir duré des heures, je coupe le silence - ou ses paroles si elle avait seulement commencé à me répondre sans que je ne l'écoute - pour finalement prendre les devants. « Oh, sinon, je sais. Si j'ai raison vous reprendrez un ou plusieurs autres verres avec moi, et si j'ai tort je... disparaîtrais aussi vite que je suis venu. Après un verre d'adieu, évidemment. ». Je lui souris puis me met à parler avec les mains, tendues tantôt vers elle tantôt vers l'extérieur venteux. « Allez, dîtes-moi au moins votre prénom. Ne pas savoir me déchire... ». Je n'étais pas habitué à l'inconnu de façon général, j'aimais être au courant, sûrement à cause de mon passé où l'on me cachait tout et n'importe quoi, important ou futile. La curiosité continue ainsi de me titiller, dépassant à présent sa famille, son statut de sang ou même sa vie privée. Je voulais tout connaître, y compris sa couleur fétiche et sa plus grande blessure. Le secret m'a déjà trop détruit, et s'il fallait parier pour que tout cela s'envole, j'y mettrais jusqu'à ma vie déjà broyée.


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Sujet: Re: You ain't from this planet are you ? | Ariane | Mar 26 Juin - 6:48


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« Et alors, qu'attendiez-vous pour aller à l'encontre des gens ? » Un sourire furtif passe sur les lèvres de la Rosier alors qu'elle le regarde par en dessous. Elle se penche légèrement pour lui répondre, murmurant plus qu'autre chose, dans ce ton suave et envoûtant dont elle est parfois capable, dont elle se délecte parce qu'il peut faire un certain effet. Un frisson parcourant la peau, hérissant les poils. Ce ne serait peut-être pas son cas, elle n'était peut-être pas aussi hypnotique qu'elle le pensait. Mais elle tentait sa chance, comme souvent. « Je préfère qu'ils viennent à ma rencontre, c'est beaucoup plus intriguant... » Elle se laissa retomber sur le dossier de son siège et laissa son regard vagabonder sur la salle à moitié pleine quelques secondes, avant de revenir sur l'homme. « Avoir le temps d'observer du coin de l'oeil ceux qui vienne à vous. Tenter de deviner ce qu'ils veulent, qui ils sont, pourquoi ils sont là. Chercher le moindre détail de leur vie dans leur démarche et leur regard. Sur certains c'est simple. Sur d'autre... » Elle laisse une seconde de suspend, se mordant légèrement la lèvre inférieure avant de doucement reprendre, plongeant son regard de braise dans le sien. « C'est plus difficile. N'êtes vous pas de cet avis ? »

Elle suit avec un amusement certain la réponse à sa proposition. Sa tête qui se secoue, se penche, son sourire furtif et le verre qui disparaît en un rien de temps. De la nervosité ? Peut-être. Ou peut-être autre chose. Gagner du temps pour mieux réfléchir à sa réponse, mesurer les risques, peser le pour et le contre. C'est là que la chose devient intéressante : sera-t-il assez courageux pour accepter ? Les risques sont-ils aussi grand que cela ? Peut-être oui... Elle les mesure mal, étant celle qui pose les conditions. Ou du moins, elle n'est pas objective et elle le sait. Mais là est tout l'intérêt. « Je suis capable d'aller très loin. » « Oh... » Intéressant. « Allez-y, énoncez les règles, je vous suis. » L'agréable surprise passe sur les traits de la jeune femme. Que va-t-elle bien pouvoir faire... Quelle condition peut-elle bien se permettre de donner à cet inconnu avec qui elle n'a passer qu'une poignée de minutes. Tout lui souffle sa conscience. Mais tout, est-ce bien raisonnable ? Bien sûr que ça ne l'est pas, mais en même temps, si elle a passé les portes du Dragonclaw, ce n'était certainement pas pour être raisonnable. Au contraire même...

Elle allait reprendre la parole pour lui répondre, souriant malicieusement face à son léger geste de recul, quand il reprit rapidement. « Oh, sinon, je sais. Si j'ai raison vous reprendrez un ou plusieurs autres verres avec moi, et si j'ai tort je... disparaîtrais aussi vite que je suis venu. Après un verre d'adieu, évidemment. » Un léger rire lui échappe. Sans doute était-il gagnant dans tout les cas, mais elle aussi, d'une certaine façon. « Allez, dîtes-moi au moins votre prénom. Ne pas savoir me déchire... » Elle sourit énigmatique, avec cette envie de faire durer un peu le suspense, au moins une minute... Mais se serait trop cruel de le faire attendre trop longtemps... Pauvre âme de passage... Son regard se fait vibrant, ses ongles tapotent son verre, le faisant chanter avec délicatesse. Elle adore ce son et ne s'en lasse jamais. Qu'il soit provoqué par sa colère ou par son côté joueur.

Un dernier sourire et elle vide son verre d'un trait à son tour pour le poser sur la table avec une certaine vivacité. A nouveau, le sourire carnassier et joueur anime son visage, illuminant son regard d'une étincelle curieuse. Le son mat du verre sur la table en bois était celui de la victoire : la sienne. Et elle ne fit pas durer le suspense plus longtemps. « Vous avez gagné monsieur Fawley. Je m'appelle Ariane... Ariane Rosier. » Elle lui laisse quelques secondes, le temps pour lui de savourer sa victoire sans doute, avant de doucement reprendre de sa voix rocailleuse, amusée. « Je dois bien avoué que je suis surprise. Agréablement surprise. Vous avez l'oeil je crois... Qu'est-ce qui vous a fait dire que je faisais parti des 28 ? » Elle était réellement curieuse de savoir ce qui l'avait, en un sens, « trahie ». Est-ce qu'elle ferait en sorte de le changer ? Bien sûr que non. Faire parti de l'une des plus prestigieuse famille de sang pur -prestigieuse... Tout était relatif quand on connaissait son père- était l'une de ses plus grande fierté et jamais elle ne ferait quoi que se soit pour le cacher, même si cela devait mettre sa vie en danger. Les Rosier ne manquaient pas de courage de toute façon et elle ne faisait pas exception à la règle... Elle attendait donc patiemment la réponse de cet intriguant inconnu -qui commençait à l'être un peu moins- curieuse de savoir ce qu'il allait dire et surtout curieuse d'en savoir un peu plus sur lui... Voir même beaucoup plus...

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